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there something inside you, it's hard to explain φ #MOON

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MessageSujet: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Dim 3 Aoû - 22:43


Poussant les lourdes portes du Buckley's, Demetrius dénoua les pans de sa cape, qu'il fit glisser de ses épaules. Rajustant sa cravate, qu'il desserra légèrement pour mieux respirer, il se dirigea droit sur le bar et s'assit sur l'un des tabourets face au comptoir, posant sa cape sur le tabouret voisin. Passant une main dans ses cheveux, il eut la satisfaction de les sentir légèrement emmêlés, et non plus bien peignés sur le côté, comme avant, comme l'adorait Mrs Flint. Un petit pas pour les sorciers, un grand pas pour l'émancipation de Flint dira-t-on... Faisant signe au serveur, il se fit servir un verre de whisky, et tant pis si sa gorge serait en feu à la minute où le brûlant liquide ambré passerait la barrière de ses lèvres fines. Une fois son verre à la main, Demetrius se retourna sur son tabouret, et fit face à la salle. Si de l'extérieur l'auberge des frères Buckley ne ressemblait qu'à un insalubre bar quasi à l'abandon, il faisait preuve à l'intérieur d'un faste incommensurable, où chaque soir se déroulait d'incroyables réceptions. Et ce soir ne dérogeait pas à la règle. La musique battait son plein, divinement jouée par l'orchestre de la soirée, et des couples dansaient, buvaient, parlaient et riaient tous plus fort les uns que les autres, cherchant à s'attirer l'attention. Le regard de Demetrius s'attarda un moment sur un couple de danseurs, détaillant l'homme dont le costume était similaire au sien, puis passant à sa cavalière dont la robe semblait entièrement rebrodée de plumes de paon, un bien étrange tissu qui lui fit détourner les yeux, et se perdre au dessus de la foule, sur un point flou bien plus haut que toutes ces têtes pourtant si altières et fièrement dressées vers le plafond. Sirotant son whisky, il mit un point d'honeur à prendre l'air le plus détaché possible tandis que sa boisson lui calcinait le palais, mais au bout d'un moment, il se sentit parfaitement anesthésié, beaucoup plus à son aise, et détendu.
Ce soir, il n'était pas resté à la résidence universitaire mais avait été convié à dîner au Manoir Flint, avec le reste de la famille au grand complet. Pour son plus grand soulagement, Demetrius avait passé la soirée en bout de table, assis à côté de Rebekka dont il ne se lassait de la bienfaitrice et envoûtante présence, et avait (presque) put échapper à la bêtifiante conversation de sa mère, extasiée de tout ce qu'il lui racontait de l'école supérieure de la magie, de toutes ces bribes insignifiantes de sa vie quotidienne estudiantine, en passant par la pénurie de papier dans les water du second étage de l'amphitorium principal, que la tâche d'encre que son professeur d'étude approfondie des philtres et élixirs éternels s'était coltiné toute la journée sur sa cape, jusqu'à sa dernière heure de cours. Autant dire que passée cette épreuve, le jeune homme avait envie de tout sauf de retourner à sa routine universitaire, et passer quelques heures au Buckley's l'enchantait plus que de rentrer se coucher seul dans sa petite piaule d'étudiant. Cette piaule, pourtant, n'était pas l'endroit le plus dépourvu de charme pour Flint, car elle avait l'avantage de symboliser plusieurs choses, dont les principales ; émancipation et liberté. Deux mots lourds de sens devenus aujourd'hui un véritable credo. Comme un mantra que se répétait chaque jour le jeune homme afin qu'il ne devienne plus un rêve, un but à atteindre, mais une réalité bien palpable. Cet objectif qu'il touchait enfin du bout des doigts.
Un nouveau verre apparut bruyamment à côté de lui. Sorti de sa torpeur, Demetrius mit quelques minutes à réagir. Fixant l'objet de ses yeux bleus impénétrables, il observa en silence le liquide irisé sans relever le regard ni même chercher à savoir par qui était-il arrivé là. Si mentalement le gamin avait évolué, le changement se faisait également remarquer physiquement ; ayant grandit d'un bon paquet de centimètres, d'un coup d'un seul, le garçon avait perdu ses traits ingénus d'enfant qui s'étaient désormais géométriquement affinés et donnaient des allures racés et plus anguleuses à son visage désormais plus viril. Quelqu'un l'avait-il remarqué ? Vue la bonhomie dont il faisait preuve depuis son arrivée à l'auberge (c'est à dire, autant de joyeuseté qu'un iceberg en plein Antarctique), il était évident que non. Et pourtant...
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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Lun 4 Aoû - 11:42

Été 1979, Londres moldu, Angleterre.


Merlin je n'en pouvais plus! Les pieds endoloris, avec cette impression désagréable de les avoir plongés dans une baignoire de glaçons, j'ôtai mes escarpins, pourtant confortables, pour me laisser choir dans mon fauteuil, les pieds posés sur le bureau. La tête en arrière, je demeurai là je ne sais combien de temps, avachie dans le fauteuil, les mains croisées sur mon ventre plein, repue après m'être gavée de jelly à la mûre chez Loki et Melody. Les yeux clos, je soupirai bruyamment, à la fois pour manifester mon contentement d'avoir fait un repas convenable et d'être presque, oui presque, au bout de ma journée. Journée qui n'en finissait plus cela dit en passant, et même si ce n'était pas dans mon habitude de m'en plaindre, car j'avais trop œuvré pour jouir d'une si grande liberté, dans l'immédiat je me sentais au bout du parchemin. Quelques minutes s'écoulèrent ainsi, dans un silence complet, minutes que je mis à profit pour clore mes paupières et réfléchir à tout un tas de choses, plus ou moins importantes d'ailleurs, mais un événement en particulier retint mon attention. Comme prévu j'étais passée chez ma cousine et son futur époux pour discuter des préparatifs de leur mariage, et comme nous avions tous trois un emploi du temps chargé aujourd'hui, ce n'était qu'en fin de journée, à l'heure du dîner que j'avais été en mesure de me libérer. Loki était égal à lui même, même après des heures de travail à gérer son département il trouvait encore l'énergie de se montrer drôle, facétieux et charmant, ce qui compensait l'air de détraqueur de Melody dont le ventre énorme ne cessait de gonfler. La métamorphose avait de quoi vous laisser sans voix, elle qui n'était pas très grande et assez mince se trouvait désormais lestée de plus d'une dizaine de kilos, peut-être même une quinzaine...
Nous avions donc surtout parlé logistique, car il s'agissait de générer des portoloins, sortilège délicat à créer et dont j'avais naturellement proposé de me charger. Nous en étions donc à discuter portoloins, poudre de cheminette et sortilèges de défense lorsque leur cheminée s'anima soudain de flammes vertes, laissant entrer Orpheus qui sembla aussi surpris que moi. Même Melody fit une drôle de tête, et un coup d'oeil à Loki renforça mes soupçons, mais par égard pour lui, et aussi parce que je souhaitais m'épargner une dispute avec Orpheus, je m'abstins de pénétrer l'esprit de Loki. Après tout il ferait bientôt partie de la famille, même si les Moon se seraient bien passés d'une alliance avec les McLaggen, influents certes, mais impurs.

Lorsque je rouvris les yeux le doute persistait, mais il était trop tard maintenant pour confondre Loki, seul une sorte de malaise demeurait. Je jetai un rapide coup d'oeil à la paperasse qui s'accumulait sur le bureau, saisis au hasard un parchemin avant de le laisser retomber en soupirant. Merlin j'avais envie de tout sauf me plonger à nouveau dans tout ça! Et pour égayer un peu plus ma morne soirée, un sentiment de vide, de solitude s'abattit sur moi, me filant aussitôt le cafard. L'absence de présence humaine me fit frissonner et regretter la soirée chez Loki, même Melody, qui avait passé la soirée à râler me manquait... C'était dire à quel point je me sentais seule! Je n'avais pas envie de rejoindre les Avery, et j'aurai bien été voir Marlene mais elle passait probablement la soirée avec Abraxas, alors dépitée, je me mis à considérer les options qui s'offraient à moi lorsqu'une idée jaillit, me redonnant aussitôt le sourire. En un rien de temps je me chaussai de mes escarpins, passai sur mes épaules ma cape en soie rose pâle, idéale pour les nuits d'été, avant de quitter la boutique et rejoindre l'Allée des Embrumes.
Une fois au Buckley's je laissai ma cape aux bons soins d'un jeune garçon, avant de rejoindre la fête, et me frayai un chemin parmi les couples jusqu'au comptoir pour commander une coupe d'hydromel à laquelle le serveur ajouta une tranche de citron, spécialité de la maison. Ici au moins je ne dépareillai pas dans ma longue robe kimono de soie rose pâle, ensorcelée pour que les branches de ceriser se meuvent, et que les fleurs traversent le tissu, comme poussées par une brise légère. D'ailleurs celle-ci ne manqua pas d'attirer quelques regards, auxquels je répondis par des sourires aimables, mais sans grand enthousiasme, pas le moins du monde intéressée par leurs regards appuyés sur ma silhouette.
J'en étais donc là, à siroter mon hydromel, lorsque je remarquai un jeune homme qui semblait fixer un point, et avec tout ce brouhaha et ces visages il me fallut quelques instants pour reconnaître Demetrius dont le verre semblait vide.

- La même chose pour Monsieur, commandai-je au serveur qui fit glisser un verre de whisky-pur-feu jusqu'à mon ami.
- On écume les bars à ce que je vois ? je m'étais glissée jusqu'à lui, dans un murmure de soie. Installée sur le tabouret haut, mes longues jambes croisées, en partie dévoilées, je lui tendis mon verre pour trinquer, avant de me pencher et déposer un baiser sur sa joue.
- Whisky-pur-feu ? Rien que ça! fis-je en lorgnant sur son verre, avant de sourire, puis rire, malicieuse et taquine, Ta gorge ne t'en veut pas trop ?


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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Mar 5 Aoû - 19:18


– On écume les bars à ce que je vois ? Cette voix qu'il connaissait fort bien le fit tilter et parut le sortir de sa contemplative torpeur. Demetrius releva enfin les yeux du verre qu'il fixait pour tomber sur l'ovale d'albâtre du visage de Minerva. Minerva Violette Moon. Depuis quand ne l'avait-il plus vue ? Il n'aurait su le dire avec certitude, mais cela faisait un bon moment. Ses lèvres s'incurvèrent en coin, tandis que la rousse prenait place sur le tabouret haut avoisinant le sien, croisant ses longues jambes fuselées de sirène avec une désinvolture très calculée.
– Whisky-pur-feu ? Il lui rendit mollement sa bise, avant de reprendre une gorgée brûlante de sa boisson, lui accordant un regard amusé par dessus son verre. Ta gorge ne t'en veut pas trop ? Poursuivit-elle en riant.
– Minie Moon et son humour décapant un mardi soir au Buckley's, qui l'eut cru ? Répondit-il, ses yeux bleus pétillants de malice. Je ne pouvais espérer mieux pour achever ma soirée ! Ou l'achever tout court. Il reporta à nouveau son attention sur la foule, le coude appuyé au comptoir, détendu près de son amie de longue date. Elle avait changé, depuis Poudlard. Depuis qu'ils ne s'étaient plus vus. Elle attirait beaucoup l'attention (sans rendait-elle compte ? Si oui, elle était une admirable comédienne, tant elle semblait détachée de tout), dans sa fastueuse robe exotique rose, et ressemblait à une geisha des Highlands sortie droit d'un conte ou d'un tableau, avec ces mouvements du tissu qui captaient la lumière et les regards. Adressant un bref coup d'œil en coin à son agréable silhouette, il revint à nouveau au spectacle face à lui, passant de couples en couples, de sorciers en sorcières, reconnaissant tantôt quelques personnes du Ministère, tantôt quelques personnes que fréquentait sa famille et les dîners mondains dont il était coutumier depuis tout jeune.
– Tu es splendide, Min. C'est une Guipure ? Railla-t-il, taquin, les orbites sur la foule. Bien sûr, Demetrius savait pertinemment que non, et que ce genre d'étoffe ne pouvait provenir que de la boutique de Morgan Moon, car tant de beauté et de qualité réunie en une seule pièce n'avait jamais été vu nulle part ailleurs que chez Moon And Stars, foi d'un connaisseur. Il était d'autant mieux placé pour le savoir qu'il avait passé une bonne partie de son enfance et adolescence partagées entre la demeure et l'échoppe des Moon. Que Minerva ne l'ai jamais habillé en fille, ni maquillé même, l'étonnait d'ailleurs encore à ce jour, tant la fabrique de vêtements et la mode étaient importantes pour le clan des rouquines, et tant mère et fille avaient partagé cette passion avec lui malgré elles...
– Et ma gorge te remercie, jusqu'à présent tout va bien pour elle, elle a connu pire, fit-il avec un petit sourire mi-moqueur, mi-énigmatique. Ce n'est de toute façon que le premier... Haussa-t-il les épaules en désignant son verre d'un mouvement du poignet, faisant tinter les glaçons, toujours souriant. Qu'est-ce que tu fait ici ? S'intéressa-t-il.
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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Jeu 7 Aoû - 19:41

Été 1979, Londres sorcier, Angleterre.

– Minie Moon et son humour décapant un mardi soir au Buckley's, qui l'eut cru ?
- Je me sentais seule, et c'était la plus pure vérité, mais je ris un peu plus, de bon coeur, mon rire cristallin se perdant dans le brouhaha ambiant, et me penchai sans me presser pour faire tinter ma coupe d'hydromel contre son verre de whisky-pur-feu.
- Je ne pouvais espérer mieux pour achever ma soirée !
- Et te raccompagner ? J'avais dis ça pour plaisanter, sans arrière-pensée ou du moins sans que ça ne soit une proposition, mais seul Demetrius qui me connaissait vraiment pouvait deviner que si je le raccompagnais ce serait uniquement pour le border, ou lui tenir la tête pendant qu'il vomirait ses tripes. Car ma voix caressante, plus basse, et le sourire mutin que je lui adressai avant de vider ma coupe d'un bon quart d'hydromel indiquaient bel et bien une offre.
Je profitai qu'il soit occupé à passer en revue la foule pour poser les yeux sur lui. Et ce n'était pas l'amie de longue date qui l'observait sous tous les angles, mais la jeune femme que j'étais devenue. Il avait changé, c'était indéniable. Je voyais bien que ses mensurations n'étaient plus les mêmes. Plus grand, les épaules plus larges aussi, mais c'était surtout son visage qui me surprenait le plus. Demetrius était ainsi bien plus séduisant, moins enfantin, quelque chose en lui, dans son regard, dans son attitude me donnait à penser que j'avais en face de moi non pas Dimie, mon Dimie de toujours, ou du moins plus tout à fait, mais l'héritier Flint. Et l'héritier Flint se trouvait être à mon goût.
– Tu es splendide, Min. C'est une Guipure ?
Cette remarque me coupa dans mes pensées, et eût le mérite d'ôter le petit sourire en coin qui fleurissait sur mon visage alors que mes yeux glissaient sur son corps, analysaient cet autre lui. L'héritier Flint avait beau muer en un bel homme, avec ses yeux clairs et ses cheveux sombres qui me donnaient une irrésistible envie de jouer avec, il restait mon Dimie, celui qui m'avait tenu les cheveux pour ma première cuite...
- Je suis toujours splendide, fis-je le menton haut, d'un petit air snob que j'avais déjà du temps de Poudlard, Et non, ce n'est pas une Guipure. Le tissu provient du Japon, c'est un yukata, un kimono d'été, et je l'ai moi même enchanté, pour bien lui montrer que ce n'était pas une vulgaire Guipure, et que l'enchantement rendait cette tenue on ne peut plus exotique et exceptionnelle, je quittai le tabouret pour me tenir devant lui, étendis la main, dévoilant la longue manche, et fis un tour sur moi même, les branches bougeant plus encore, comme si un vent imaginaire charriait dans l'air les fleurs de cerisier, Merveilleux n'est-ce pas ?
– Et ma gorge te remercie, jusqu'à présent tout va bien pour elle, elle a connu pire.
- La vie privée de ta gorge ne regarde que ta gorge Flint, je levai les yeux au ciel en retrouvant ma place sur le tabouret, et vidai ma coupe d'hydromel, jambes croisées, avant d'en commander une seconde.
- Ce n'est de toute façon que le premier... Je ne pouvais pas en dire autant de ma consommation d'hydromel, mon pêché mignon alors que je sirotai déjà ma seconde coupe.
- Qu'est-ce que tu fait ici ?
- Après une journée de dingue je n'avais pas le courage de répondre à une sorcière qui se plaint que sa robe la serre trop alors que je lui ai déjà dis qu'elle a pris du poids, et que forcément, les mensurations ne sont plus les mêmes, râlai-je, et pour bien faire je sirotai plus encore mon hydromel, Sans compter que j'ai du me farcir Melody et sa bonne humeur... Vivement qu'elle soit mariée, j'en ai marre de l'entendre râler pour tout! Pauvre Loki, il aurait mieux fait de s'envoyer un maléfice dans le pied plutôt que de la mettre enceinte, je soupirai, blasée, Alors tu vois le Buckley's n'est pas si mal!

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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Sam 9 Aoû - 10:59


Minerva, dans une lenteur à en faire pâlir toutes les lois de la gravité, vint choquer son verre contre celui de Demetrius et avoua se sentir seule.
– Vraiment ? Alors que ton agenda est plus chargé encore que celui du Ministre en personne ? Railla le jeune homme avec malice, reprenant une gorgée de sa boisson. Puisque la conversation bifurqua sur la fin de la soirée, la rousse, mutine, se proposa de le raccompagner chez lui, et le sourire de Flint s'agrandit ; il la voyait venir gros comme un chaudron.
– Minerva Violette Moon, sache que si tu cherches le lit d'un homme pour ce soir, tu sais très bien que le mien t'es grand ouvert, tu n'as jamais avant demandé la permission pour te glisser entre mes draps... Répondit-il d'un ton ironique et c'était bien vrai. Depuis qu'il connaissait son amie, c'est-à-dire depuis bien trop longtemps pour qu'il s'en souvienne (et les hommes d'une façon générale étaient fâchés avec les dates, c'était de notoriété publique), jamais Demetrius n'avait eu l'impression d'avoir besoin d'une quelconque intimité en regard de Minie Moon ; mais sans doute était-ce dû au fait qu'elle ne lui ait jamais vraiment laissé le choix. À croire que dès tout petit, le garçon avait été officiellement déclaré meilleure copine de Minerva. Imperméable au regard de cette dernière sur sa personne, il ne sortit de sa torpeur que lorsqu'elle vint se planter dans toute sa grâce et sa superbe face à lui, faisant tournoyer autour de son corps de liane sa superbe étoffe.
– Je suis toujours splendide. Et non, ce n'est pas une Guipure. Le tissu provient du Japon, c'est un yukata, un kimono d'été, et je l'ai moi même enchanté, Demetrius se retint de rire devant le petit air supérieur de la jeune femme, et afficha une moue appréciative on ne peut plus sincère. Merveilleux n'est-ce pas ? se rengorgea l'héritière Moon, et pour confirmer ses dires, le jeune homme attrapa de derrière lui une carte des cocktails de la maison et s'éventa avec, faisant voleter quelques mèches de cheveux sur son front ;
– Divine, Min, à en tomber par terre, tu m'en donnes des vapeurs ! Cependant, malgré sa taquine réplique, inutile de le nier, Minerva était devenue une beauté. En attestaient les regards qu'elle s'était attirée lors de sa petite prestation, de convoitise de ces messieurs, de jalousie pour ces dames. Et malgré cela, c'était avec lui qu'elle badinait.
– Après une journée de dingue je n'avais pas le courage de répondre à une sorcière qui se plaint que sa robe la serre trop alors que je lui ai déjà dis qu'elle a pris du poids, et que forcément, les mensurations ne sont plus les mêmes.
– Je vois que tu prends toujours autant de gant avec ta clientèle Moon, ta marque de fabrique pour la fidéliser c'est ça ? Mais elle poursuivit sur sa lancée, ignorant la pique ;
– Sans compter que j'ai du me farcir Melody et sa bonne humeur... Vivement qu'elle soit mariée, j'en ai marre de l'entendre râler pour tout ! Pauvre Loki, il aurait mieux fait de s'envoyer un maléfice dans le pied plutôt que de la mettre enceinte, Demetrius écoutait d'une oreille distraite et en profita pour siffler son verre et le poser derrière lui, vide. La Melody et son caractère cyclothymique, à vrai dire, il n'avait jamais vraiment put se l'encadrer.
– Alors tu vois le Buckley's n'est pas si mal ! Fit Minerva au bout d'un moment, et Demetrius haussa les épaules.
– Pas trop mal ouais, c'est vrai. Depuis le temps que tu m'en parles. Bekka aussi, d'ailleurs. On en discutait pas plus tard que tout à l'heure, c'est ce qui m'a décidé à venir, pour tout te dire...
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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Lun 11 Aoû - 13:34

Été 1979, Londres sorcier, Angleterre.

J'avais beau râler, me plaindre de la clientèle et de leurs lubies étranges, voire débiles pour certains, j'étais sûre et certaine de ne pas vouloir d'une autre vie. Parce qu'une autre vie dans mon cas signifierait perdre le nom des Moon pour prendre celui d'un époux imposé, choisi pour son sang, son rang, que je l'apprécie ou pas. Et ça je n'en voulais pas. J'avais eu des doutes du temps de Poudlard, je m'étais même demandée si rêver d'autre chose ne constituait pas en soi une trahison, un acte de pure ingratitude envers les Moon, après tout ce qu'ils avaient fait pour mère et moi. Et Merlin sait à quel point j'en avais rebattu les oreilles de mon pauvre Demetrius avec mes états d'âme! Mais Demetrius était plus que mon meilleur ami, plus qu'un frère; quoi je n'en savais rien, il n'y avait pas de mots pour décrire tout cet amour que je ressentais pour lui, inconditionnel. Je pouvais tout lui confier, sans crainte.
– Vraiment ? Alors que ton agenda est plus chargé encore que celui du Ministre en personne ?
- Vraiment, je me contentai de hausser les épaules, avec élégance, et toute la nonchalance d'une chatte paresseuse qui étire ses membres souples. Mieux valait en rire qu'en pleurer, mais oui, je me sentais seule, et c'était plus profond que la désinvolture que je laissais paraître, mais je ne ressentais ni l'envie, ni le besoin de m'étendre sur le sujet. Demetrius n'ignorait rien de ma vie sentimentale, et de son néant actuel.
– Minerva Violette Moon, sache que si tu cherches le lit d'un homme pour ce soir, tu sais très bien que le mien t'es grand ouvert, tu n'as jamais avant demandé la permission pour te glisser entre mes draps...
- C'est vrai, je gratifiai Demetrius d'un petit rire mutin, espiègle et tendre avant de lancer un regard polaire au type qui me lançait une oeillade sensée être discrète, un sourire jusqu'aux oreilles. Pas besoin d'être legilimens pour savoir à quoi il pensait, il suffisait de suivre ses yeux porcins qui remontaient la courbe de mes jambes, longeaient mes hanches pour s'attarder sur ma poitrine. Ma baguette me démangeait, mais plus encore l'envie subite de déferler dans son esprit avec fracas et fureur pour lui donner l'impression d'avoir toutes les cloches de Londres sonnant à l'unisson dans son misérable crâne. L'inconnu détourna vite le regard, avec quelque chose comme de la crainte au fond des yeux. Tant mieux!
– Divine, Min, à en tomber par terre, tu m'en donnes des vapeurs !
Je souris, ravie de voir qu'il allait dans mon sens, même si je n'avais pas besoin de l'approbation de Demetrius pour savoir que j'étais loin d'être laide. Pas que je sois imbue de moi même, mais je ne pouvais ignorer les regards concupiscents qui glissaient sur ma silhouette depuis quelques temps déjà.
– Je vois que tu prends toujours autant de gant avec ta clientèle Moon, ta marque de fabrique pour la fidéliser c'est ça ?
Le sujet Melody lancé, je me contentai d'un geste vague de la main pour signifier à mon Flint favori que ça n'avait pas une grande importance qu'ils aient les oreilles qui bourdonnent ou pas. Il y avait eu trop de mauvais coups entre nous deux pour que son mariage arrange les choses. Et ce n'était pas parce que je faisais preuve d'une largesse que la hache de guerre était enterrée entre nous deux. Je ne pouvais pas me permettre de lui tourner le dos, pas maintenant, surtout que Loki occupait un poste nécessaire à mes ambitions, et puis elle demeurait une Moon, tout comme moi, et c'était dans mes principes de ne pas laisser tomber un Moon. Même contre l'avis des Moon...
– Pas trop mal ouais, c'est vrai. Depuis le temps que tu m'en parles.
- Je te l'avais bien dit!
– Bekka aussi, d'ailleurs.
- Rebekka Flint, née Lestrange ? Question purement rhétorique. Incollable sur la généalogie sorcière, pure du moins, je savais parfaitement qui était cette Bekka en question, et plus le temps passait, et plus je sentais que son emprise sur Demetrius grandissait. Ce qui avait le don de m'énerver.
– On en discutait pas plus tard que tout à l'heure, c'est ce qui m'a décidé à venir, pour tout te dire...
- Ah oui ? J'essayais de me donner un air détaché, mais mon regard flamboyant, luisant de jalousie me trahissait. Depuis le temps que je le tannais pour aller boire un verre au Buckley's! Et voilà que Bécasse Flint lui en parlait qu'il y accourrait! Je me forçai à un sourire, mais c'était juste histoire de se donner un air cool...
- Le petit Marcus va bien ? je vidai ma coupe d'hydromel, d'une traite, en sentant la bile me monter à la gorge, avec un goût acide de jalousie sur le bout de la langue, avant de prendre des nouvelles du jeune Flint. Histoire de ne pas avoir l'air totalement d'une mégère...


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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Mar 2 Sep - 19:58


L'égo de Minerva, que ce soit dit une bonne fois pour toutes, avait toujours fasciné Demetrius. Aussi développé que sa chevelure était dense et rousse, aussi inébranlable que l'aura de confiance qui rayonnait autour de sa personne, aussi infini que les tâches de rousseur qui parsemaient sa peau pâle et douce. Il y avait là de quoi en faire une thèse. Aussi Flint la regardait-il avec un petit sourire, jeter tantôt une œillade glaciale au péquenot du coin, tantôt minauder telle une petite chatte. C'était ça, Minerva ; aussi femme fatale que femme enfant. Se cherchait-elle ? S'était-elle trouvée ? Dem l'avait toujours connue ainsi, toujours aimée ainsi. Mais les choses étaient-elles sur le point de changer ?
Lorsque la conversation s'orienta sur l'auberge qui les réunissait ce soir, et Rebekka Flint, effectivement, les choses changèrent. La première chose qui changea, ce fut l'attitude de Moon ; on ne la lui faisait pas, s'il vous plait, à Dem. Si à dix-neuf ans seulement, il ne pouvait pas prétendre connaître tout du monde, de Minerva Violette Moon, si. Ne s'étaient-ils pas quasiment élevés ensemble ? Morgan Moon pouvait se targuer, au même titre que Mrs Flint herself, de tout connaître du jeune homme, comme une seconde maman. Et vice versa. Car si les deux n'avaient, à proprement parlé, jamais prit de bain ensemble par exemple, c'était tout comme. Des années que ça durait, Min et Dem, Dem et Min. Les siamois, la main droite, la main gauche. Tout un poème. Cependant, la seconde chose qui changea, fut que ce changement de comportement ravit plus qu'il n'émut le garçon. Min avait l'air de ne pas y toucher, mais Flint n'était pas dupe quant à sa jalousie indéniable.
– Rebekka Flint, née Lestrange ? Fit-elle, toute étonnée alors que Demetrius aurait mis sa baguette au feu qu'elle ne l'était pas le moins du monde.
– La seule et l'unique, Min, répondit-il en reprenant une gorgée de son whisky-pur-feu, masquant derrière le verre son sourire jubilatoire. Rendre Minerva jalouse ? La faire enrager ? Encore plus délicieux que le plus pur des nectars. Maligne, et surtout très fière, elle tâcha de cacher son agacement derrière un intérêt feint.
– Le petit Marcus va bien ?
– Oh, mais très bien ! Trés vif, très vigoureux. Un phénomène. Au fait, peut-être ne le sais-tu pas ; Bekka voulait absolument que je sois son parrain. Ne pouvait-elle pas choisir meilleur tuteur, dis-moi ? Demetrius bomba le torse avec un petit sourire en coin, simulant l'auto-satisfaction. Quoique finalement, il ne simulait pas tant que ça. Évidemment, maman en a été émue aux larmes, tu t'en doutes. Bekka lui a fait une telle éloge de moi, que ma mère ne s'est plus sentie. On a même cru qu'elle allait faire un malaise ! La pauvre. Cependant, j'ai été réellement content qu'elle me choisisse comme parrain. Bekka, j'entends. Ainsi, le petit et moi, on ne partage plus qu'un prénom, mais un lien très fort. A l'image de celui que sa mère et moi avons, d'ailleurs. Demetrius enfonçait le clou, toujours sans avoir l'air de rien. Il débitait ça avec un ton si monocorde, en haussant les épaules et en sirotant son verre, qu'on aurait put croire qu'il parlait de la dernière brève qu'il avait lue dans la gazette du sorcier. Pourtant, même si sa boisson filait à vue d’œil, Dem avait encore toute sa tête, et elle fonctionnait à la vitesse de l'éclair. Enfin, je parle, je parle, et ton verre est vide, Min. Se tournant de trois quart en arrière vers le barman, il lui dit signe de la main de resservir à sa compagne la même chose. De quoi l'aider à avaler la pilule ? Demetrius prenait un malin plaisir à la voir fulminer intérieurement.
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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Mar 16 Sep - 13:13

Été 1979, Londres sorcier, Angleterre.


La jalousie est un vilain défaut. Et laid avec ça! Et pour cause, je le connaissais bien, mon compagnon intime, qui m'accompagnait de jour comme de nuit, où que j'aille. Semblable à la mythologique hydre, ma jalousie revêtait plusieurs formes. Coupez lui une tête, mille vous en repousseront! Rien ne l'étouffait, rien ne l'éteignait, rien ne l’anéantissait. Seule la jouissance absolue, le règne sans partage, un triomphe sans ombre pouvait l'apaiser une fois son courroux irrité. Et cette Bécasse Flint me volait MON Demetrius. Je le sentais, je le savais, j'en avais l'intime conviction, même que j'en aurai mis ma baguette au feu! Sans hésiter, sans ciller! Cette sale garce posait ses immondes pattes sur mon Demetrius, mon Dimie, et ça c'était intolérable. Qu'elle aille au diable, et qu'elle rôtisse en enfer comme une vulgaire saucisse! En cet instant je lui souhaitai mille morts, mille enfers, mille souffrances. C'était tout ce qu'elle méritait!
– La seule et l'unique, Min, je fis un effort surhumain pour ne pas lui arracher des mains son foutu verre et le secouer comme un prunier, ni m'étouffer avec ma gorgée d'hydromel qui manqua de faire une fausse voie. J'aurai eu l'air bien bête à m'étouffer...
- Evidemment, où avais-je la tête ? fis-je comme si de rien n'était, en affectant un sourire naturel qui en réalité... Masquait ma terrible jalousie. Depuis quand cette grue était-elle " la seule et l'unique " ? C'était MOI la seule et l'unique!
– Oh, mais très bien ! Trés vif, très vigoureux. Un phénomène.
- Merveilleux! Je me fendis d'un sourire ultra white, lui répondant avec une langueur calculée sur le même ton monocorde que ce cher Dimie chéri. En réalité je me fichais éperdument de ce gamin, qui cela dit en passant avait hérité d'une affreuse dentition chevaline! C'était à se demander quel aïeul avait bien pu lui laisser en cadeau une telle horreur! Mais puisque j'avais demandé des nouvelles du petit, il fallait bien je fasse semblant de m'y intéresser. Quelle misère!
– Au fait, peut-être ne le sais-tu pas ; Bekka voulait absolument que je sois son parrain. Ne pouvait-elle pas choisir meilleur tuteur, dis-moi ?
- Quoi ?! Merlin merci ma coupe était vide! Sinon je me serai étouffée à coup sur, ou pire, aurait lamentablement recraché le tout sur mon ami. Je le fixai, avec des yeux ronds, comme s'il m'avait annoncé avoir trouvé le secret de la pierre philosophale, ce qui me semblait aussi improbable que ce qu'il m'annonçait. Dépitée, et ma jalousie enflant comme une plaie purulente, je l'écoutai me débiter tout ça du même ton égal, comme s'il me parlait de la pluie et du beau temps.
- Félicitations! Je n'en pensai pas une lettre tant j'étais verte de jalousie, écœurée de constater que cette garce m'avait coiffé au poteau! Je fixai Demetrius, au bord de l'implosion, avec une violente envie de le secouer jusqu'à ce qu'il me jure sur ses  aïeuls, et sur la tête de sa mère s'il le fallait, qu'il renoncerait, que moi seule aurait le droit de le choisir pour parrain de mon fils. Et tant pis si je n'avais pas encore trouvé le père! Question de prérogative!
- Merveilleux, ajoutai-je, sans l'ombre d'un sourire cette fois, en battant mollement des mains avant de fixer ma coupe vide, désespérée! Merlin que l'alcool et la nébuleuse amnésie viennent à mon secours!
– Évidemment, maman en a été émue aux larmes, tu t'en doutes.
- Evidemment...
– Bekka lui a fait une telle éloge de moi, que ma mère ne s'est plus sentie. On a même cru qu'elle allait faire un malaise ! La pauvre.
- Oh oui, la pauvre...
– Cependant, j'ai été réellement content qu'elle me choisisse comme parrain. Bekka, j'entends. Ainsi, le petit et moi, on ne partage plus qu'un prénom, mais un lien très fort. A l'image de celui que sa mère et moi avons, d'ailleurs.
Merlin... Cette fois je le fixai, incrédule, avec un vague air de surprise, étonnée qu'on puisse débiter une telle quantité de foutaises creuses et insipides en si peu de temps! Mais ce qui me fit tiquer le plus ne fut pas tant le pseudo discours gentillet et enthousiaste de mon ami, mais la façon dont il qualifia le lien qui l'unissait à Bécasse Flint. Je ne trouvai rien à répondre tant ça me débecquetait et renforçait mon envie brutale et irrationnelle de faire brûler cette garce sur un bûcher.
– Enfin, je parle, je parle, et ton verre est vide, Min.
- Et bien, et bien... Que de réjouissantes perspectives en vue! fis-je après avoir vidé d'une traite ma coupe d'hydromel, histoire de vite sombrer dans l'ivresse et d'avoir une excuse valable pour lui vomir dessus.
- Une autre! Le barman s'exécuta, et je fixai à nouveau Demetrius, le regard insondable, Je suis navrée de devoir t'annoncer qu'il n'y a rien de nouveau dans ma vie...


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MessageSujet: Re: there something inside you, it's hard to explain φ #MOON Dim 19 Oct - 19:01


C'en était presque triste à dire, mais Demetrius prenait un pied d'enfer. Et seul Merlin savait qu'il existait un millier d'autres façons de le prendre, mais que c'était bon ! Le garçon jubilait. D'où lui venait ce ressentiment envers Minerva ? Il était incapable de le dire, ou plutôt si, il avait à vrai dire un bon petit paquet de raisons, mais c'était étrange, car il la détestait à l'instant autant qu'il l'aimait, les deux à la fois. Quelle étrange relation ! Comment de l'amitié pouvait-elle être aussi forte et peut-être même plus passionnelle encore que de l'amour ? Car honnêtement, il n'avait jamais été question de ça entre eux. Même en essayant, ça n'avait jamais collé. Erreur de parcours, Minerva avait tout d'un canon, mais pas de ceux qui plaisaient à Flint. Question de morphologie peut-être. Pourtant, dans ce moment présent, ce que Demetrius ressentait pour Minerva, quoi que ce fut, était à son apogée. Lui, le flegmatique bonhomme, le doux garçonnet solitaire, presque déconnecté, était devenu plus brûlant et intempestif qu'une flamme, loin de ce qu'il avait toujours été. A quoi le devait-il ? Ou à qui plutôt ? Ses fréquentations avaient beaucoup changé, bien que l'héritière Moon restait bien cotée. Mais quand même... Ça faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient plus vus ! Le temps pour faire changer un homme ? Ou pour qu'un adolescent en devienne un ? Quoiqu'il en soit, Flint avait fait son petit effet. Presque créé un scandale même, car Minerva ne se donnait même plus la peine de cacher sa surprise et tout le dégoût que lui inspirait le côté « Lestrange » de la famille Flint. Ce qui d'une certaine façon tirailla le jeune homme ; d'un côté, la rousse avait longtemps - autant dire même presque une vie - été la seule et l'unique dans le cœur de l'ex-serpentard, mais Bekka y prenait de plus en plus une place considérable. Tout le monde le savait ; en plus d'être faible, le cœur d'un homme n'était pas aussi grand que son lit pour que deux femmes y tiennent, et la bataille que semblaient involontairement se livrer les deux tigresses promettait d'être un spectacle on ne peut plus divertissant pour Demetrius. Mais pour l'heure, il était en compagnie de sa vieille amie de toujours, et c'était sur elle qui l'avait envie de se concentrer.
– Et bien, et bien... Que de réjouissantes perspectives en vue ! Fit-elle, aussi amère que du vinaigre de xérès. Je suis navrée de devoir t'annoncer qu'il n'y a rien de nouveau dans ma vie... Poursuivit-elle lorsqu'un nouveau verre se matérialisa sous ses yeux. Demetrius éclata de rire.
– Allons Min, pas à moi ! Il se passe plus de choses dans une minute de ta vie, que dans la journée entière de certaines gens ! Tu es Minerva Moon, ne viens pas me faire croire que tu as rétrogradé au simple rang d'inconnue parmi la foule ? Bien sûr, sous la taquinerie se cachait une pique voilée. Mais loin d'être de la méchanceté, Dem s'amusait à la pousser dans ses retranchements. Jusqu'où son masque d'impassibilité pouvait-il tenir ? Jusqu'à quel point resterait-elle maîtresse de ses émotions ? Le cas Bekka Flint avait déjà amoché son mur de stoïcisme, était-elle sur le point de craquer ? Ou, la maturité aidant, il lui en fallait plus pour fissurer sa carapace de self-control ? Vidant à nouveau le fond de son verre d'un trait, il ne lui laissa pas le temps de répondre et lui attrapa la main en se redressant. En même temps, si tu n'as rien à me raconter, qui suis-je pour insister ? Viens avec moi, tu vas faire marcher autre chose que ta langue. Je t'emmène danser.
Et sans lui laisser le choix ni le temps de se dérober, il l'entraîna délicatement mais fermement à sa suite, au milieu des autres danseurs qui lançaient à la sculpturale rousse des regards envoûtés. Face à elle, il leva sa main qu'il tenait dans la sienne, et plaça l'autre à la naissance de ses reins, la surplombant de sa hauteur, commençant à la faire tournoyer. Ça aussi, c'était une petite victoire pour lui ; surplomber l'héritière Moon était une chose dont bien peu d'hommes pouvaient se targuer, tant la jeune femme était grande de nature et aimait porter des talons. Mais il fallait croire que manger sa soupe comme il se l'était entendu seriner par Mrs Flint toute son enfance durant avait fonctionné ; Demetrius avait poussé d'un coup, d'un seul. Et bien qu'il s'agissait uniquement de quelques centimètres - loin d'une dizaine -, sans doute même dus aux cheveux bruns dorénavant coiffés comme au saut du lit, Flint avait la satisfaction, enfin !, de pouvoir baisser les yeux sur sa belle amie.
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