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Echoes ft. Orpheus Goldsmith

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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Mer 29 Oct - 21:16

Les mains triturant ma mallette, j'aurais presque pu sembler calme et posé si je ne sentais pas que mon rythme cardiaque s’accélérait au fur et à mesure que je m'excusais. Mes yeux étaient plongés dans ceux de Minerva, pour lui montrer que j'étais bien sérieux et désireux de me faire pardonner, mais j'avais plutôt envie de me terrer chez moi. Je ressentais les hurlement de protestations de mon égo, qui m'imposait d'arrêter là cette humiliation publique, mais je me forçais à continuer et à finir mon monologue. Une fois cela fait, le silence s'abattit dans la pièce, et la jeune sorcière se contenta d'un "Oh." surpris.

Alors c'était tout ? Je sentais les vestiges de ma rancœur se rallumer peu à peu face à son silence. Pensait-elle qu'elle n'était pas en tord, elle non plus ? Elle n'était pas en droit d'arriver de la sorte au ministère et de piquer une telle crise d'hystérie. Ni de détruire mes documents, d'ailleurs. J'avais, moi aussi, droit à des excuses. Même si, au fond de moi, je savais que j'avais bien plus de choses à me faire pardonner. Ma lâcheté et mes mensonges en premier plan. Mais je décidai d'attendre les excuses de Minerva, qu'elle m'adressera surement en temps voulu. Comme son pardon, bien entendu. Aussi décidai-je qu'une touche plus légère s'imposait et tentai-je une pointe d'humour, ce dont la jeune femme se moqua avant de faire les cent pas dans le salon.

Elle était surement en train de peser le pour et le contre, mais vu l'état de de ses cheveux et de sa tenue, j'étais persuadé qu'elle n'avait rien de mieux à faire ce soir. Quoi que, peut-être que la solitude était pour elle préférable à ma compagnie... Mais elle se décida enfin et, m'ordonnant de payer notre sortie, fila à l'étage pour se changer. Je lui souris pour toute réponse, avant de perdre mon air léger quand elle me précisa que je n'étais toujours pas pardonné. Je hochai la tête en silence avant d'attendre, seul au rez-de-chaussée. Je ne prêtais guère attention à Fidel, qui rangeait le salon et les emballages de chocolat par terre. Puis Minerva revint, habillée en moldue. Je m'abimais quelques secondes dans la contemplation de la jeune femme, toute habillée de rose poudré. Je me ravisai vite et lui offris mon coude, avant de transplaner dans la petite rue derrière le restaurant. La pluie s'était arrêtée, laissant place à une légère bruine qui n'eut pas le temps de nous refroidir. J'ouvris la porte à Minerva, avant de suivre la serveuse qui nous installa à notre table habituelle. Au final, nous nous étions retrouvés plusieurs fois dans ce restaurant, jusqu'à la fin de l'été... J'ouvris la carte et la parcourus du regard, cherchant quoi dire pour meubler le silence gêné qui s'était installé entre nous. Mais il fallait que je trouve...

- Hormis la fin de ton voyage, comment était l'Inde ?

J'avais enfin réussi à trouver une question qui, pour le moment, restait neutre. Enfin, je l'espérais en tout cas.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Jeu 30 Oct - 22:27

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.


La situation était à la fois affreusement gênante, et tellement familière. Car avant cet été, du moins jusqu’au mariage de Melody et Loki nous avions nombre de fois partagé un thé, un déjeuner ou un dîner, que ce soit dans un salon de thé, un pub, ou ce petit restaurant italien. Notre restaurant. A force de s’y rendre, parce qu’on y mangeait bien à des prix raisonnables, et surtout parce qu’il se trouvait non loin du Chaudron Baveur, j’avais fini par le considérer comme notre restaurant. Et à vrai dire je n’y avais mangé avec personne d’autre qu’Orpheus. La réciproque étant probablement vraie. Je ne ressentais pas l’envie de partager cette adresse gourmande avec quiconque, tout comme je ne m’imaginais pas avec un autre interlocuteur, à notre place habituelle. Y songer me faisait invariablement grincer des dents, et m’insupportait. Plus encore si je l’imaginais y convier une autre que moi. Cependant je ne m’étais guère posée de questions, du moins jusqu’à cet été. J’étais ainsi faîte, d’une nature possessive et jalouse, attachée aux lieux, aux êtres, aux souvenirs et aux doux sentiments de bonheur et de bien-être.
Ne sachant trop quoi dire, et encore moins quoi faire, je passais mon bras sous le sien avant de transplaner. La sensation me retournait toujours autant l’estomac, et je restais quelques secondes accrochée à son bras, le temps que mon intestin retrouve sa place habituelle. La fatigue et le décalage horaire ne m’aidaient pas à encaisser le choc du transplanage, mais je fis tout de même bonne figure. Une fois dans le restaurant je le laissais passer devant, par curiosité, et aussi pour confirmer une théorie. En l’occurrence celle échafaudée concernant la serveuse. Celle-là même qui lançait toujours un immense sourire à Orpheus, sincère, et qui dans la foulée m’adressait un rapide « Madame » crispé. J’attendis donc, agacée et curieuse à la fois. Comme je m’y attendais elle  lui adressa un grand sourire, visiblement ravie de le retrouver, avant de se décomposer, littéralement, lorsque je fis un pas de côté, cachée que j’étais par Orpheus, pour me saluer, embarrassée. Elle bafouilla quelque chose comme « Cela faisait longtemps Mrs », auquel je répondis par un « Vous travaillez toujours là ? » faussement surpris et glacial à souhait. Garce. Je me fendis d’un large sourire, le regard perçant comme une lame s’enfoncerait dans sa cervelle, molle comme du beurre au soleil, et elle pâlit.
- Hormis la fin de ton voyage, comment était l'Inde ?
Une fois installés, et après la distraction offerte par cette garce de serveuse, je devais bien avouer que la gêne s’installait à nouveau, et je m’empressais de répondre à sa question, trop heureuse de ne pas aborder les événements de cet été.
- Et bien…
Soupirant à m’en fendre l’âme, et jouant avec une longue mèche rousse, je piochais dans les cacahuètes en attendant la carte.
- C’était bruyant, humide, chaud, très bruyant, plein d’animaux en tous genres ! Cela dit ils sont en pleine mousson. Les moldus indiens croient que les singes sont des dieux, et comme Bénarès est une ville sacrée pour eux, c’était juste horrible. Je n’ai rien contre les singes, ni les vaches d’ailleurs, mais Merlin, j’ai été agressée par des singes qui voulaient jouer avec mes cheveux ! Sans compter qu’ils volent la nourriture, et tout ce qui traîne. Enfin heureusement que le marchand chez qui je logeais vivait dans un ancien palais. Nos manoirs en comparaison ont l’air de vieilles bicoques glaciales et pleines de courants d’air, sans compter la décoration qui est merveilleuse, et ils ont le sens de l’accueil, et de la détente… fis-je rêveuse en songeant à cet aspect du séjour qui n’avait été que luxe et volupté.
- Tu devrais y aller, je te donnerai l’adresse de mon contact.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Dim 16 Nov - 18:28

Une fois entrés dans le restaurant, une vague sensation de nostalgie m'envahit, à la pensée des douces heures partagées ici. Le lieu était empli des souvenirs de nos soirées, de nos discussions longues mais toujours passionnantes, sur tout, sur rien. Je n'avais pas imaginé que ces soirées pouvaient autant me manquer et pourtant, les faits étaient là : je retrouvais ce lieu comme on retrouvait une vieille amie, et saluais la serveuse comme si j'étais venu hier. Trop occupé à me ré-imprégner des lieux, je ne remarquais pas l'échange froid des deux jeunes femmes derrière moi. Je me laissai guider vers notre table habituelle et m'assis, avant de prendre ma carte.

Mais malheureusement le malaise nous rattrapa bien vite et le silence se mit à peser sur notre petite table, lourd de sens et de rancœurs. Aussi, je me jetais à l'eau et lui demandai de me raconter son voyage en Inde. Et au vu de la rapidité de sa réponse, elle n'attendait que ça. Je cachais un sourire derrière ma carte, un mélange de soulagement et d'amusement en voyant que le malaise était partagé. Elle me racontait alors le voyage, les animaux, les bruits et les odeurs, et je souris de bon cœur, transporté sur les bords du Gange.

- C'est un tout autre univers, je n'en doute pas. Tout comme la nourriture, apparemment. J'ai entendu dire qu'ils mangeaient très épicé...

Je souris légèrement quand elle me proposait de me faire part de son contact, avant d'appeler la serveuse d'un geste discret de la main.

- C'est gentil, mais ça ne sera pas utile. Je voyage assez peu, au final...

Une fois la serveuse à côté de la table, je commandais un risotto aux aubergines et un Rosso Piceno, avant de regarder Minerva, en attendant sa commande. Je n'osais pas parler un peu plus, non seulement parce que je ne voulais pas faire de faux pas, mais en plus parce que j'estimais que j'en avais bien assez dit. A elle de parler si elle le souhaitait...
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Mer 19 Nov - 13:14

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.

Une fois lancée, difficile de m’arrêter. Particulièrement volubile, et encore imprégnée du souvenir de l’Inde, j’étais trop heureuse d’avoir un inépuisable sujet de conversation. Car il fallait bien se l’avouer, revenir ici, après ce qui s’était passé au cours de l’été, et plus encore notre échange venimeux du matin, me laissait une étrange impression. Bien sûr j’étais heureuse de retrouver ce petit restaurant, sa chaleur, sa simplicité, et notre table, mais ce n’était plus comme avant. Difficile de définir cet étrange sentiment qui me laissait un goût si amer. C’était comme si… Comme si le charme avait été rompu. Et c’était bel et bien le cas. Plusieurs fois j’étais passée devant l’enseigne, sans jamais oser la franchir, de peur d’y retrouver Orpheus, assis à notre table, avec cette inconnue que je haïssais. Et maintenant que j’y étais, et que c’était bel et bien moi face à lui, et pas une autre, j’étais très déçue de ne pas ressentir une joie plus grande. Alors pour ne pas laisser transparaître ce malaise, et mon amertume, je mis un point d’honneur à meubler la conversation sans laisser une seule seconde le silence plomber un peu plus l’ambiance.
- C'est un tout autre univers, je n'en doute pas. Tout comme la nourriture, apparemment. J'ai entendu dire qu'ils mangeaient très épicé...
- Merlin oui ! Certains plats sont même immangeables… Mais ce n’était pas mon premier séjour, disons que cette fois j’ai évité les plats trop épicés, fis-je en souriant, satisfaite de mon voyage malgré les conditions météorologiques désastreuses. Et pour conserver un peu de l’Inde et ses couleurs auprès de moi, j’avais rapporté une grande quantité d’épices, de châles, d’encens et tapis pour mon chez moi. Il était temps de refaire la décoration maintenant que mère m’avait officiellement cédé la maison victorienne pour demeurer au manoir Avery.
- C'est gentil, mais ça ne sera pas utile. Je voyage assez peu, au final...
- C’est dommage, il y a pourtant plein de pays fascinants à parcourir, répondis-je en repensant à une vieille conversation, où si mes souvenirs étaient exacts, il laissait sous-entendre le contraire. Enfin, peu importe, je n’avais pas envie de m’attarder sur ce détail.
- Je n’ai toujours pas eu l’occasion de revoir l’Irlande, ajoutais-je en souriant pour la première fois depuis que nous étions entrés ici, sincère et complices comme avant, Il y a sûrement des artisans qui peuvent m’être utiles là-bas.
La serveuse arriva pour prendre notre commande, toujours aussi mielleuse avec Orpheus, et strictement professionnelle avec moi. Cela dit le regard glacial dont je la gratifiai lui coupa probablement l’envie de tenter une blague malvenue.
- Spaghetti aux fruits de mer et penne sauce pesto. Les deux en petites portions. Et vous rajouterez du vin blanc pour moi.
La serveuse masqua tant bien que mal son agacement, et alors qu’elle tournait les talons, pensant que j’en avais terminé, j’ajoutais d’une voix traînante et froide :
- Et cette fois n’oubliez pas le parmesan. Vous devriez savoir que ça s'allie parfaitement au pesto...
Elle marmonna un « Bien sûr Madame » hypocrite, fulminant certainement de se voir traiter comme un vulgaire elfe de maison, avant de nous laisser à nouveau. Orpheus ne semblait pas décidé à parler, et je n’étais pas venu ici pour nous regarder dans le blanc des yeux comme deux pitiponks frits.
- Alors, que deviens-tu… tentais-je d’un air détaché en jouant distraitement avec des cacahuètes que je m’amusais à disposer pour reproduire le signe des reliques de la mort. La question qui me brûlait les lèvres, même si je refusais catégoriquement de la poser, bien entendu était de savoir s’il était toujours ou pas avec cette goule. Cela n’avait plus la même importance qu’au cours de l’été, Julius était là, même si je ne l’aimais pas. Mais j’avais besoin de savoir. Ne serait-ce que pour le plaisir perfide et petit de savoir qu’ils n’étaient plus ensemble.


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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Dim 18 Jan - 17:36

Souriant légèrement en suivant le petit monologue de Minerva, je remarquai ses efforts pour maintenir la conversation et ne laisser aucun silence s'immiscer entre nous. Je ne dis cependant rien, laissant à la jeune sorcière le soin de terminer son récit sur l'Inde. Son regard était encore emprunt de la nostalgie du voyage, et des couleurs de l'Orient. Ses paroles m'entouraient du bruit, de la chaleur, des odeurs indiennes, et me donnait presque envie de visiter ce pays exotique où je n'avais jamais mis les pieds.

- Lorsque que nous ne sommes pas natifs d'un pays, c'est vrai que certains plats ou épices sont... Un peu trop forts à notre goût. Même après de nombreuses visites. Heureusement que certains sont plus adaptés à des personnes peu habituées. Tu as ramené des souvenirs de là-bas ?

Mes réponses venaient naturellement, et ma curiosité revenait sans que je ne me force. Peu à peu, je me détendais, mais l'atmosphère était loin d'être aussi chaleureuse et conviviale que lors de nos premiers repas ici. Où tout était plus simple, mais aussi plus mystérieux et ambigu. Il y avait dans nos conversations une note enjouée, une touche d'inconnu qui donnait à nos conversations une toute autre saveur. Mais après cet été, et suite à toutes nos rencontres, ces sensations s'étaient ternies jusqu'à finalement ne ressembler à rien de ce que j'avais pu ressentir pour la jeune femme rousse en face de moi. De la rancœur, et beaucoup de culpabilité. Si on m'avait un jour dit que cela allait m'arriver, je n'y aurais pas cru...

Mais je chassais ces pensées torturées lorsque Minerva aborda le sujet de mon pays natal, l'Irlande. Je souris légèrement, fermant le menu que je posais à côté de moi.

- C'est dommage, mais l'automne est maussade et l'hiver trop rigoureux en Irlande. Le mieux, c'est d'attendre la fin du printemps ou d'y aller en été. Le soleil y est un peu plus présent et la pluie moins soutenue. Si tu cherche du lin, ou de la poterie de qualité, il faut que tu y fasse un tour. Préviens-moi, et je te ferais préparer une chambre dans le manoir Goldsmith. Je pourrais même t'accompagner quelques jours pour te faire visiter quelques lieux si tu le souhaites...

Ma proposition semblait disproportionnée après nos échanges plus tôt dans la matinée, mais elle m'étais venue naturellement. J'étais presque étonné moi-même... Je toussotais, avant de préciser :

- J'ai eu l'habitude de voyager pendant un temps, mais à présent, le ministère m'envoie de moins en moins dans d'autres pays... Et vu ma future promotion, ça ne risque pas de s'arranger.

Je souris légèrement, commandai mon repas et attendis que Minerva fasse de même. Je baissai les yeux devant l'air froid et délicieusement méprisant de la sorcière, avant de hausser les sourcils quand elle rappela à la serveuse l'unique fois où elle avait oublié d'amener le parmesan lors d'un de nos repas. Je me retins cependant de lui dire qu'elle avait été un peu dure, mon regard brillant d'amusement m'aurait contredit. Je préférais donc rester muet, du moins pour ce sujet-là, et me redressai quand Minerva me demanda ce que je devenais.

- Comme je te disais, je vais bientôt être promu à un nouveau poste au ministère, toujours au même département. Mais c'est à peu près tout ce qu'il y a de nouveau dans ma vie de célibataire, même si j'ai quelques... Projets hors du travail.

Je ne faisais que sous-entendre certaines choses, comme mon envie d'entrer dans l'Ordre du Phoenix, ainsi que ma récente rupture avec mon ancienne petite amie. Je n'étais pas encore sûr de pouvoir aborder ce sujet avec elle, au vu des relations qu'elle pouvaient entretenir avec certains sorciers un peu trop louches pour être honnêtes.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Lun 19 Jan - 13:57

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.


- Lorsque que nous ne sommes pas natifs d'un pays, c'est vrai que certains plats ou épices sont... Un peu trop forts à notre goût. Même après de nombreuses visites. Heureusement que certains sont plus adaptés à des personnes peu habituées. Tu as ramené des souvenirs de là-bas ? 
J'acquiesçais en hochant positivement la tête, un sourire aux lèvres. Merlin oui c'était le cas de le dire ! La malle qu'il m'avait ramené en était pleine. Des étoffes aux couleurs chatoyantes, des motifs délicieusement exotiques, des épices par dizaines, des poudres pour réaliser différentes teintes et d'autres choses encore. C'était une véritable explosion d'odeurs et de couleurs.
- Des kilos ! La malle en est pleine! répliquais-je, tous sourires, impatiente à l'idée de déballer toutes mes affaires et de pouvoir les installer.
C'était étrange d'avoir à nouveau une conversation sans se hurler des insanités. Je réalisais alors que nous n'avions pas véritablement communiqué depuis cet été, et ça m'avait manqué. Ces dîners informels, parfois prévus ou le plus souvent décidés à la dernière minute avaient égayé mon quotidien, préservée de l'ennui, détournée de mes sombres obsessions. Toutes ces fois où nous étions installés à notre table, à parler de tout et de rien, à rire, étaient autant d'occasions manquées de ne pas me livrer à des expériences solitaires tordues et darengereuses. La magie finirait un jour par nous tuer...
L'unique mystère qui me triturait encore était de savoir qui de moi ou Norphene paierait la première le prix de sa curiosité.
- C'est dommage, mais l'automne est maussade et l'hiver trop rigoureux en Irlande. Le mieux, c'est d'attendre la fin du printemps ou d'y aller en été. Le soleil y est un peu plus présent et la pluie moins soutenue. Si tu cherche du lin, ou de la poterie de qualité, il faut que tu y fasse un tour. Préviens-moi, et je te ferais préparer une chambre dans le manoir Goldsmith. Je pourrais même t'accompagner quelques jours pour te faire visiter quelques lieux si tu le souhaites...
Merlin merci je n'étais pas occupée à me gaver de cacahuètes ! Nul doute que je me serais lamentablement étouffée en entendant sa proposition. Affreusement gênée, et songeant non sans crainte que Julius en ferait tout une potion s'il venait à ne serait-ce qu'avoir vent de cette conversation, je m'empressais après un instant d'incrédulité de clarifier certains points. Du moins celui-ci.
- C'est très aimable, avançais-je prudente, et sans savoir quoi dire pour ne pas être trop brusque, ou au contraire lui donner l'impression que j'envisageais sérieusement l'idée, J'y réfléchirai si l'occasion se présente.
- J'ai eu l'habitude de voyager pendant un temps, mais à présent, le ministère m'envoie de moins en moins dans d'autres pays... Et vu ma future promotion, ça ne risque pas de s'arranger. 
Soulagée de l'entendre parler d'autre chose, je lui accordais toute mon attention, curieuse de savoir ce qu'il devenait, et surtout de ce qu'il avait fait de cette insipide véracrasse. Qu'avait-elle de plus que moi ? Plus j'y repensais, et Merlin que je m'étais torturée avec ces pensées amères, et moins je comprenais comment il avait pu la préférer à moi. J'étais tellement au-dessus de cette goule...
- Une promotion ? Et bien, et bien...
Cette nouvelle m'étonnait d'autant plus qu'Orpheus n'avait jamais laissé transpirer en ma présence ne serait-ce qu'une once d'ambition. Son emploi au ministère n'avait pas l'air d'être une vocation, ni même une source d'inspiration. Cela suffisait à lui assurer une existence paisible et confortable, et jusqu'à présent il m'avait toujours donné l'impression d'un chat satisfait de son confort douillet.
- J'ai pris le contrôle de la boutique, annonçais-je fièrement avant de poursuivre, un ton plus bas, un sourire cynique en repensant aux conditions dans lesquelles je m'étais assurée de mon indépendance, J'ai racheté toutes les parts des Moon. Tu as désormais en face de toi un des membres les plus influents du clan.
- Comme je te disais, je vais bientôt être promu à un nouveau poste au ministère, toujours au même département. Mais c'est à peu près tout ce qu'il y a de nouveau dans ma vie de célibataire, même si j'ai quelques... Projets hors du travail.
L'insipide serveuse moldue partie, je m'apprêtais à lever mon verre à notre triomphe, histoire de porter dignement un toast à notre réussite personnelle, lorsqu'il prit la parole. Je retins difficilement un immense sourire victorieux en apprenant qu'il n'était plus avec cette goule. Toutefois cela ne me procura pas autant de plaisir que je me l'étais maintes et maintes fois imaginé. Il l'avait quitté, et en somme il était désormais libre comme l'air, mais j'éprouvais en cet instant l'impression dérangeante d'avoir loupé le coche.
- A ta promotion, le verre levé, je me forçais à sourire, à faire comme si je n'avais pas entendu. Loin de moi l'idée de lui parler de Julius. Je n'en n'avais tout simplement pas envie, cela relevait de ma vie privée, et pour ma part je n'avais pas encore atteint son degré de détachement.
- Et à ma réussite, ajoutais-je en masquant cette impression étrange qui s'emparait de moi derrière un sourire triomphant.
J'avais enfin atteint mon but ! Tout ce dont j'avais rêvé adolescente, lorsque j'étais encore entre les murs de Poudlard, se concrétisait. J'avais, pour l'heure, échappé à un mariage sinistre, j'avais obtenu l'indépendance en remplissant moi-même mon coffre d'or, les Moon commençaient enfin à voir en moi autre chose qu'une enfant trop gâtée, et j'avais même une sœur dorénavant. Mais alors, pourquoi me sentais-je aussi incomplète ?
- Alors, quels sont ces projets ? Demandais-je après une longue gorgée de vin en saupoudrant mes pâtes de parmesan.


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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Jeu 22 Jan - 16:54

La réponse ainsi que le sourire de Minerva la rajeunissait de quelques années, et j'avais l'impression d'avoir devant moi une jeune fille émerveillée par le nouveau cadeau qu'on lui avait fait, et non la jeune femme gérante d'une des boutiques notoires du chemin de Traverse. Difficile de croire, en la voyant ainsi, que la sorcière devait faire face à de nombreuses responsabilités. Et surtout, difficile d'imaginer qu'elle était capable de s'emporter, et de se transformer en véritable vipère lorsqu'elle était blessée ou déçue... Le souvenir de notre dispute de ce matin, encore fraiche, obscurcit la légèreté qui commençait à revenir dans nos échanges, mais je m'empressais d'étouffer ce souvenir pour ne pas gâcher nos efforts communs.

Alors, souriant légèrement, j'allai jusqu'à lui proposer de l'héberger dans le manoir Goldsmith alors que j'étais moi-même banni de cette bâtisse. Je remarquai cependant que cette proposition l'avait gêné, ainsi que la prudence qu'elle mettait dans ses mots pour décliner poliment cette invitation. Réfléchir à une proposition voulait souvent signifier la refuser, après tout. Je ne m'en vexais pas, loin de là. Je comprenais ses réticences, le moment était malvenu pour lui proposer une telle chose, et mon statut de fils indigne rendait mes invitations ou recommandations peu enviables. Oubliant mon faux pas, je hochai légèrement la tête quand elle évoqua la mention de ma promotion.

- Je me suis décidé à monter un peu dans le département, la suite nous dira si j'ai eu raison... Mes félicitions pour la boutique, et pour ta nouvelle position dans le clan. Tu as déjà réfléchi à des projets, maintenant que tu as plus de... Liberté de mouvement ?

Je laissai la serveuse nous donner nos plats, avant de hausser un sourcil devant l'air victorieux que prenait le sourire de Minerva. Qu'avait-je dit qui la mettait de si bonne humeur ? Je me refusais cependant à poser la question, et levai mon verre à son toast avec un léger sourire.

- Faisons en sorte d'assurer notre réussite, ajoutai-je doucement, plus pour elle que pour moi.

Je ne souhaitais pas plus que ce que j'avais déjà, comme toujours. Cette promotion allait être la seule pour une dizaine d'années encore, j'en étais persuadé. Je n'était pas vorace de reconnaissance, peu habitué à cela depuis mon enfance. J'étais passé d'enfant prodige à traitre-à-son-sang, qu pouvais-je espérer de ma vie après tout ? J'étouffais ses pensées en buvant une gorgée de vin, puis regardai Minerva qui me questionnait sur mes projets hors travail. Je ne savais pas si elle était au courant pour l'Ordre du Phoenix, et savais que je ne pouvais pas en parler librement. Aussi décidai-je de rester dans le vague.

- Après le terrible été qu'ont passé les élèves de Poudlard, je me suis décidé à faire quelque chose. Pas tout seul, bien sûr, mais je me suis promis d'empêcher par tous les moyens qu'une telle chose ne se reproduise en tout cas.

J'entamai sans me presser mon risotto, sachant ma réponse évasive, mais satisfait tout de même. Vu les penchants de la jeune femme pour la magie noire, je ne pouvais que me méfier, malheureusement pour elle. Ca n'était pas mon intention, mais plus les temps étaient sombres, plus je me méfiais de mon entourage...
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Jeu 22 Jan - 20:04

Prétendre que les hostilités n'étaient qu'un vieux souvenir aurait été erroné et prématuré. En dépit de nos sourires et de toute la bonne volonté évidente que nous mettions à réchauffer l'atmosphère, après notre dispute véhémente du matin, il suffisait d'un peu de jugeote pour comprendre que nous prenions chacun sur nous pour ne pas réveiller nos vieux démons. Mais ce n'était pas chose aisée. Même en ayant conscience de ses efforts, de son orgueil qu'il mettait de côté pour faire la paix, je ne pouvais oublier si facilement ses paroles du matin. Et il pouvait bien dire ce qu'il voudrait, il en avait certainement pensé, et pensait encore une bonne partie. C'était encore trop frais pour étouffer aussi aisément la rancoeur, et la blessure trop profonde pour cicatriser si vite. Il ne suffisait pas d'un dîner, comme au bon vieux temps, pour que tout redevienne comme avant. C'était même impossible, et je n'étais pas, au  fond, certaine de vouloir que tout redevienne comme avant.
- Je me suis décidé à monter un peu dans le département, la suite nous dira si j'ai eu raison... Mes félicitions pour la boutique, et pour ta nouvelle position dans le clan. Tu as déjà réfléchi à des projets, maintenant que tu as plus de... Liberté de mouvement ?
- Pourquoi la suite ne te serait-elle pas favorable ? Ajoutais-je doucement, nullement surprise de l'entendre si incertain quant à ses talents. Sinon pourquoi une promotion ?
- Éviter le mariage ? Un rictus en guise de sourire, et un rire froid qui ne me réchauffait pas le cœur. Depuis quand étais-je devenue aussi cynique lorsqu'il s'agissait d'amour ? Oh mais Merlin, que j'étais bête, le mariage chez les Moon n'avait jamais été une question d'amour...
- Je suis chargée de former des cousines qui ne sont pas de la branche pure de la famille, et ça va me prendre déjà bien assez de temps, fis-je évasive.
Merlin... Cela allait me coûter tant de temps, mais on m'attendait au tournant, je le savais, et plutôt avaler un bocal de cafard que de faire le plaisir à oncle Alphard d'échouer !
- Faisons en sorte d'assurer notre réussite, je me permis un sourire en coin, pensive.
- Oui, tu as raison, ses paroles avaient eu en moi un écho plus lointain que je ne l'aurais imaginé.
Ma réussite... A quoi la devais-je en fin de compte ? La mort m'avait sourit en m'offrant des coffres d'or et des biens multiples, mon grand-père m'avait assuré une certaine liberté en évitant une union hâtive avec je ne sais quel sang-pur. Mais dans tout cela, quelle avait été ma part? Ma réussite je la devais à des morts, et en quelque sorte au détrônement de ma propre mère. Car en la chassant de son siège, c'était un trône que je me créais, jour après jour. Cela me fit sourire, un sourire sans chaleur, pensif et quelque peu inquiétant...
Mon avenir je me l'étais définitivement assuré le jour où j'avais pour la toute première fois utilisé l'Imperium, et ainsi évité de moisir à Azkaban.
- Après le terrible été qu'ont passé les élèves de Poudlard, je me suis décidé à faire quelque chose. Pas tout seul, bien sûr, mais je me suis promis d'empêcher par tous les moyens qu'une telle chose ne se reproduise en tout cas.
M'aurait-il giflé ou envoyé son verre à la figure que mon retour à la réalité, loin de mes pensées, n'aurait été plus brutal. Mon couteau dérapa, crissant affreusement, et propulsant au passage une bonne partie du contenu de mon assiette au sol. Mais je demeurais stoïque, parfaitement immobile, le regard fixe, soudain glacial et pourtant si animé. Lèvres pincées, je serrais mes couverts à m'en faire pâlir les mains pour ne pas hurler ou lui balancer ce qui restait de mes pasta au visage.
- Nous allons vous apporter une nouvelle...
- Dégagez ou je vous transforme en limace, sifflais-je entre mes dents, glaciale, la voix rauque de colère en levant ma fourchette dans un geste autoritaire, le même que je réservais à mon  elfe, sans cesser de fixer Orpheus.
La serveuse sembla troublée par mes propos. Elle me prenait sûrement pour une folle, mais elle obtempéra très vite.
- Oh tu as donc décidé de rejoindre l'Ordre du Phénix, persiflais-je d'une voix basse, pleine de colère en faisant un effort surhumain pour ne pas laisser éclater la colère qui bouillait en moi.
- Et je suppose que tu ne me le dis pas clairement parce que je ne suis pas digne de confiance, n'est-ce pas ?
Cette fois je lâchais enfin mes couverts, et malgré tous mes efforts, ma voix atteignit un pic dans les aigus, nous attirant des regards embarrassés et pleins de curiosité. Les idiots s'attendaient sûrement à assister à une rupture...
- Oh je t'en prie, ce n'est pas la peine de faire cette tête, poursuivis-je, de plus en plus rouge, en vidant d'une traite ma coupe de vin qui ne me rafraîchit absolument pas la gorge, Tu crois que tu es le premier à me parler en devinettes ? Je n'ai pas eu besoin de lire en toi pour le comprendre, cette fois j'étais excédée et ma voix partait dans les aigus, ce qui n'augurait rien de bon alors que j'agitais mes mains, renversant au passage ma coupe de vin, Vous êtes tous tellement persuadés de faire le bon choix, c'est tellement noble de votre part de vous sacrifier, mais vous vous en foutez des autres. VOUS N'ÊTES QUE DES EGOÏSTES ! Hurlais-je en tapant du plat de la main sur la table, ce qui acheva la ruine de la décoration.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Dim 25 Jan - 15:05

Minerva semblait intriguée, mais à moitié seulement lorsque j'évoquais mes doutes sur le futur. Mon manque d'ambition n'était pas à prouver, après tout, tant que j'avais une situation stable et confortable, je ne demandais rien d'autre. Je n'avais jamais été reconnu durant ma vie, je ne cherchais donc pas à l'être même après toutes ces années. Mais je ne pus m'empêcher de sourire quand la jeune sorcière me parla de mariage. Ou plutôt, d'éviter le mariage.

- Voyons Min, je n'ai pas besoin de promotion pour éviter le mariage... Qui épouserait un déshérité ? ajoutai-je avec une pointe de sarcasme, faisant écho au cynisme de ma partenaire.

A presque trente ans, je ne me faisais pas d'illusions quant à mon futur amoureux. Des aventures, plus ou moins longues peut-être, mais certainement pas de mariage ou d'enfant. Une pointe de regret s'alluma dans mon regard alors que je buvais une gorgée de vin. Des enfants... J'en ressentais le besoin, l'envie d'en avoir, mais malheureusement, ma situation était telle que fonder une famille n'était pas envisageable. J'étais célibataire, sans prévision de relation sérieuse pour les années à venir. J'allais devoir me faire une raison.

Sortant de mes pensées sombres, j'expliquais à demi mots mon projet à Minerva, le nez dans mon assiette, quand un grincement suraigu me fit relever la tête. Je regardai Minerva, puis la partie de son assiette tombée au sol. Elle était neutre, blanche, mais je sentais venir une tornade colérique dont je n'allais pas ressortir indemne... Et la serveuse non plus, si elle revenait une nouvelle fois. J'accrochai son regard et lui fis signe que je m'occupais de ma jeune amie, et la serveuse fila sans demander son reste.

- Min, je ne peux pas en parler directement simplement parce que...

Mais je n'eus pas le temps de finir ma phrase, qu'elle enchaina crescendo et se mit presque à hurler sa rage, sa colère mais aussi, j'osais l'espérer, son inquiétude. Je n'en ai pas parler parce que l'Ordre est censé resté secret, aussi préférai-je parler vaguement et laisser aux autres le soin d'interpréter mes paroles. Mais, une fois en face de Minerva, debout et rageuse, je me rendais compte que je n'aurais pas du en parler du tout.

- Nous ne sommes pas égoïstes, nous essayons simplement d'agir à notre échelle. Je fais seulement ce que je peux pour améliorer la situation, enchainai-je sans sourire, mais calme et posé. Je le fais pour les élèves, les adolescents, pour leur protection. Je ne le fais pas pour moi, et je ne cherche pas à me mettre en danger sans réfléchir.

Après quelques instants de silence, je m'aventurai à poser ma main sur la sienne en signe de réconfort, priant Merlin pour qu'elle ne se rebiffe pas en plein milieu du restaurant.

- Min, nous ne faisons pas ça pour nous sacrifier. Tout va bien se passer, je te le promets.

Malgré mon ton apaisant, je n'avais qu'une peur : que mes tentatives pour la calmer n'alimente sa fureur. Si elle se remettait à hurler, nous allions devoir quitter le restaurant...
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Dim 25 Jan - 16:52

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.


La colère était bel le et bien là, il suffisait de m'entendre hurler et troubler le repas des clients présents, mais c'était bien plus profond. Et bien plus angoissant... Ses paroles m'avaient ôté tout appétit, pour un bon moment, et je me sentais nauséeuse, l'estomac lesté par un poids immense qui me retournait tout à coup les tripes, et le cœur battant frénétiquement. Dire que j'étais contrariée n'était qu'un doux euphémisme, et même si pour l'heure la colère dominait avant tout autre sentiment, j'étais assez lucide pour savoir que s'il évoquait l'Ordre en paroles sibyllines, c'était aussi en raison de mes fréquentations douteuses... Mais Merlin, j'étais ainsi faîte ! Je n'avais pas le pouvoir de chambouler le temps, ni un retourneur de temps en ma possession. Alors quoi faire ? Rompre tout contact ? Ne fréquenter que de nobles esprits et des cœurs vertueux ? Merlin ce n'était pas moi, pas plus que je n'étais prête à porter la marque ou rejoindre l'Ordre. Entre l'ombre doucereuse et trouble qui me grisait, me troublait et grignotait mon cœur, et la lumière, vive, douce, vers laquelle j'aspirais également il m'était impossible de faire un choix. Car j'aimais le pouvoir, profondément, ça me procurait un plaisir intense, inégalé jusqu'à présent, mais la souffrance occasionnée par l'excès de pouvoir me révulsait, et me retournait tout autant...
Mon cri venait du fond du cœur, c'était le cas de le dire... Ils n'étaient que des égoïstes qui ne comprenaient pas qu'en choisissant ce qu'ils estimaient comme la voie honorable, la voix la plus noble, ils entraînaient avec eux leurs proches dans la tourmente. Ils ne songeaient pas à ceux qui demeuraient à les attendre, le cœur inquiet, l'esprit torturé. Que croyait-ils ? Qu'ils pourraient se sacrifier, et que je me consolerais en me berçant de paroles toutes faîtes ? En cet instant j'en voulais terriblement à Orpheus de faire passer l'avenir d'inconnus avant mon inquiétude.
- Nous ne sommes pas égoïstes, nous essayons simplement d'agir à notre échelle.
- Bien sûr que si ! Répliquais-je entre mes dents, le visage à présent constellé de vilaines tâches rouges.
- Je fais seulement ce que je peux pour améliorer la situation.
Améliorer la situation... Merlin... Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre ! J'éprouvais une envie grandissante de l'attraper par les épaules et le secouer jusqu'à l'évanouissement, et plus je le voyais calme et apaisant, plus mon envie de hurler revenait, plus virulente encore.
- Je le fais pour les élèves, les adolescents, pour leur protection. Je ne le fais pas pour moi, et je ne cherche pas à me mettre en danger sans réfléchir.
- Oh non c'est vrai, tu cherches juste à mourir dans d'atroces souffrances, sifflais-je venimeuse alors que je sentais les larmes me monter aux yeux.
J'avais en tête les visages satisfaits de Julius, Evan, Severus, Avery ou encore Crabbe,Goyle et Malfoy qui se feraient une joie de livrer la tête du traître à leur maître vénéré. Et plus terrifiant encore, je me souvins de nos expériences sinistres avec Severus, et plus encore de ce sort, ou plutôt cet abominable maléfice qu'il avait inventé, et que nous avions « testé » sur le lapin d'un élève... Voir la malheureuse transpercée par des épées invisibles, réduite à l'état de passoire sanguinolente me donna soudain la nausée, et je détournais mon regard d'Orpheus pour ne pas vomir dans mon assiette.
- Min, nous ne faisons pas ça pour nous sacrifier. Tout va bien se passer, je te le promets.
- Vous dîtes tous ça, cette fois l'envie de pleurer était trop forte et l'émotion me submergea tandis que de grosses larmes roulaient sur mes joues, Mais vous n'avez pas idée de quoi est capable le Seigneur des Ténèbres ! Il, il, je tremblais, de terreur cette fois, la main tremblante sous celle d'Orpheus, il n'a même plus un visage humain, tu n'as pas idée de ce qu'il a du faire pour ça ! Il est plus puissant que Grindelwald, et il est certainement allé plus loin encore dans la magie noire. Pourquoi crois-tu que Dumbledore ne l'ai pas encore affronté ? Parce qu'il ne pourrait le battre ! C'est de la folie, je reniflais avant de poursuivre, un ton plus bas, Et tu n'as pas idée de quoi sont capables ceux que tu veux affronter, ils... Ils peuvent faire des choses horribles.
La nausée était toujours là, lancinante, dérangeante. Mais plus dérangeant encore était de songer que je côtoyais ceux qui portaient la marque, et que j'en savais probablement plus sur le sujet qu'Orpheus, Marlene, Molly et Arthur. Et je ne leur donnais aucun nom, je ne faisais rien pour leur faciliter la tâche...


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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Mer 4 Fév - 23:09

Minerva tempêtait, s'éventait en hurlant son incompréhension et sa désapprobation. Je la regardais faire, calme, même si intérieurement, la voir aussi bouleversée ne me laissais pas indifférent. Elle semblait concernée, torturée entre deux univers qu'elle savait inconciliables, et pourtant elle n'arrivait pas à faire un choix, à se positionner définitivement entre les ténèbres ou la lumière, entre le pouvoir sans limites ou la morale. Le souci, c'est que son entourage, lui, avait bien l'intention de faire un choix, quel qu'il soit. La sorcière ne pouvait empêcher ses proches, les gens qu'elle aimait, à qui elle tenait, de rester entre deux feux, de ne pas choisir un camp dans la guerre qui s'approchait dangereusement.

J'avais fait mon choix. Même si j'étais un enfant de sang-purs intégristes, porteurs de la marque, j'avais bien vu ce qu'apportait ce sombre pouvoirs. Porter à mon tour la marque aurait permis de redorer le blason de la famille, de retrouver un peu de considération auprès de mes pairs, mais je n'en avais pas la moindre envie. Cette soif de pouvoir à tout prix, cette obsession de la pureté du sang, tout cela était nocif, ne menait à rien de bon. Je ne voulais pas embrasser un tel dessein. Et, pensée que je garderais cachée à la connaissance de Minerva, je préférais mourir mille fois de la baguette d'un Mangemort que de devenir l'un des leurs. Aussi, conservant mon calme, je laissai Minerva quitter sa colère pour laisser place à de l'angoisse, terrible, insidieuse, qui la laissait tremblante face à moi. Je serrais sa main un peu plus fort pour la rassurer, refoulant au fond de moi l'envie irrépressible de la serrer contre moi.

- Min, je te promets que je serais le plus prudent possible. Je ne souhaite pas que quelqu'un soit mort d'inquiétude lorsque je pars en mission, s'il te plait. Fais-moi confiance, je te reviendrais en un seul morceau après chaque mission.

Mon sourire rassurant cachait mon léger trouble. Mes paroles étaient dignes d'un soldat quittant sa promise pour retrouver le front, et après nos altercations et surtout l’événement de cet été, c'était malvenu. Lorsque la serveuse, une fois la tempête passé, s'approcha pour proposer un autre plat, je secouai négativement la tête en laissant Minerva à son trouble. Elle n'avait pas l'air d'avoir faim, et si c'était le cas, il valait mieux la rappeler plus tard. La jeune rousse n'avait pas besoin de s'énerver contre une pauvre jeune femme qui n'avait rien fait.

- C'est pour cela que nous nous rassemblons. Un sorcier, aussi puissant soit-il, ne peut rien contre la puissance du Lord, mais peut-être qu'à plusieurs... Peut-être qu'on a plus de chances.

Je murmurais ces quelques paroles, ne perdant pas l'habitude d'appeler le Seigneur des Ténèbres "Lord", appellation que j'avais entendu dès mon plus jeune âge chez mes parents. Pourtant, il ne m'inspirait aucun respect ou dévotion, au contraire, mais les habitudes étaient tenaces malgré les années...
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Ven 6 Fév - 20:33

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.

Après une si funeste confidence il m'était impossible de lui tenir encore rancune. J'avais désormais trop peur pour cela, et la nausée me serrait suffisamment les tripes et le cœur pour balayer le ressentiment. J'avais peur aussi, terriblement peur. Et un poids aussi, un de plus venait alourdir mes épaules affaissées alors que cette conversation se gravait pour longtemps dans ma mémoire. A portée d'un bon legilimens... Cette pensée me glaça, et je ne tremblais pas que pour Orpheus, mais aussi pour moi. Moi qui pouvais donner des noms, à un camp comme à l'autre. Oh Merlin ma situation était si inconfortable !
- Min, je te promets que je serais le plus prudent possible. Je ne souhaite pas que quelqu'un soit mort d'inquiétude lorsque je pars en mission, s'il te plait. Fais-moi confiance, je te reviendrais en un seul morceau après chaque mission.
Irritée par ses paroles qui se voulaient rassurantes, comme s'il pouvait me consoler en me berçant d'illusions, je dégageais brusquement ma main, ne pouvant supporter une seconde de plus d'être peau contre peau. Et plus saugrenu, et que je ne pouvais m'expliquer, l'envie de rire était là, tapie au fond de ma gorge. Oh non, pas un rire joyeux, mais un rire empli de cynisme, un rire froid où résonne juste la colère, et il fallait bien l'admettre, une grande déception.
- Ne fais pas de promesses que tu n'es pas certain de tenir, répliquais-je d'une voix blanche, éraillée par les sanglots qui me nouaient la gorge, bloquaient les mots qui sortaient difficilement.
J'avais envie de lui jeter au visage ce qui me restait de mon assiette, de le gifler, de le secouer jusqu'à l'évanouissement, ou encore de sortir ma baguette, et tant pis pour le secret magique international, et le réveiller à grand renfort d'aguamenti. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse qui coulaient, mais des pleurs d'incompréhension, de colère, et de hargne, et de peur. Mes nerfs lâchaient. Le contrôle de moi même que je m'efforçais de toujours conserver, ce masque qui pouvait me faire passer pour hautaine et froide, volait en éclats. J'essuyais d'un revers de la main les larmes, brûlantes et salées qui gonflaient mes yeux et m'irritaient la peau, avec cette envie lancinante de vomir qui revenait en force alors que je songeais, malgré moi, à notre première rencontre.
- C'est pour cela que nous nous rassemblons. Un sorcier, aussi puissant soit-il, ne peut rien contre la puissance du Lord, mais peut-être qu'à plusieurs... Peut-être qu'on a plus de chances.
- A plusieurs ?
C'était si... Noble de sa part. Oui, noble. C'était la première chose qui me vint à l'esprit en l'écoutant me servir son baratin. Mais depuis quand la noblesse pouvait s'inviter dans une guerre ? Face à la fourberie, à la brutalité, à la perversité la noblesse ne valait rien.
- Plus de chances ?
Cette fois j'éclatais d'un rire purement nerveux, troublé par les sanglots. Merlin ! Il en était encore à croire que la chance avait quelque chose à voir avec tout  ça ? Ce n'était pas la chance qui rendait le Seigneur des Ténèbres si puissant, mais la magie. Oh oui, une magie d'une puissance inégalée, plus sombre encore que Grindelwald.
- Mais qu'est-ce que tu crois Orpheus ? Tu es sourd ou quoi ? Il n'a même plus un visage humain ! Même Grindelwald n'est pas allé aussi loin dans la magie noire, c'est, c'est, j'enrageais, littéralement, et mes mains s'agitaient de frustration avant de le pointer d'un doigt accusateur, Tu le saurais si tu avais ne serait-ce qu'un début de connaissance en magie noire, on ne peut pas altérer son âme sans subir de transformation physique ! Mais bien sûr, tu ne comprends rien de ce que je t'explique, parce que tu n'en sais strictement rien ! Tu ne sais même pas bloquer ton esprit et tu veux t'engager dans une telle guerre ? Oh mais non, ça ne t'es pas venu à l'idée que dans le camp d'en face ils ont des legilimens et des occlumens ? Tu ne t'es jamais dit qu'ils peuvent utiliser autre chose que des sorts approuvés par le ministère ? Si je peux le faire, ils le peuvent aussi ! Comment crois-tu que j'ai appris sans passer par le ministère ? Et je me suis entraînée comment d'après toi ? Sur des lapins, comme à Poudlard ? Non, sur des moldus, pauvre idiot !
Je ne pleurais plus, les larmes avaient cessé de couler sur ma peau désormais écarlate. J'avais le souffle court, mes yeux lançaient des éclairs, et voyant qu'il ouvrait la bouche pour répliquer, je le menaçais en le pointant du doigt, avec au bout de mon ongle rouge l'envie de lui griffer le visage :
- Et ne me dis surtout pas de me calmer ! Tu n'as aucune idée de quoi ils sont capables, et si tu penses vraiment avoir plus de chances à plusieurs, alors il vaut mieux pour toi qu'ils ne tombent pas dessus seul. S'ils ne veulent pas te tuer ils réduiront ton appartement en cendres comme ils ont détruit la boutique de Marlene. Et ils n'auront même pas besoin d'un doloris pour obtenir des informations de toi. Il leur suffira de lire dans ton esprit, et tu seras incapable de résister à un imperium une fois tes barrières mentales inexistantes brisées.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Mer 25 Fév - 17:37

Au fond de moi, bien enfoui, je ressentais un sentiment étrange de satisfaction à l'idée de voir Minerva dans un tel état. Savoir qu'on pouvait s'inquiéter, se faire un sang d'encre à l'idée de ma perte, c'était quelque chose de nouveau mais de grisant, de presque excitant. Je ne comprenais pas, et cherchais à peine à le faire, tout ce qui m'importait c'était de lire cette peur, cette angoisse sourde au fond des yeux de la sorcière. J'en tirais presque une joie perverse, et imaginais que pouvait être la réaction de Minerva si je revenais blessé, par la faute de ses amis peu fréquentables. Peut-être, peut-être même que... Qu'elle s'éloignerait de cette magie noire qui commençait à s'imprégner en elle ?

Mes espoirs volèrent cependant en éclats avant qu'ils se soient complètement formés. C'était impossible qu'elle abandonne ainsi le pouvoir, la puissance. Minerva était encore affamée de magie, qu'elle soit blanche ou noire, bonne ou mauvaise. Je la laissai parler, se dégager de ma main, me redressant légèrement. Toute à sa colère, à son mépris, elle en oubliait que, malgré mon aversion pour la magie noire, j'en avais les connaissances. Mes parents s'étaient très tôt appliqués à m'inculquer les bases de cette partie interdite par le ministère. Je ne la pratiquais pas, mais cela ne m'empêchais pas de savoir ce qu'il en retournait. Je n'étais pas tombé de la dernière pluie, même si Minerva semblait le croire.

- Minerva, ne me prends pas pour plus bête que je ne le suis. Tu ne m'apprends rien en me disant tout cela, la magie noire affecte le corps comme l'esprit, c'est bien pour cela que je ne m'en approche pas plus que les connaissances théoriques. Je sais aussi que la théorie n'est rien par rapport à des Mangemorts rompus au combat. Mais ça ne m'empêchera pas d'essayer de les stopper. Je viens d'une famille de Mangemorts, je connais un peu mon sujet tout de même.

Je me penchais vers elle, plongeant mon regard bleu métallique dans le sien. Je la fixai en silence, quelques instants, ne pouvant m'empêcher de savourer encore l'inquiétude qui brillait sous la colère. C'était un délice pour moi, une satisfaction presque sauvage qui m'amenait à des pensées bien plus tentatrices que les futures batailles contre les Mangemorts.

- J'apprendrais tout ce dont j'ai besoin pour les combattre, et j'ai bien plus de ressources que tu ne peux le penser, ajoutai-je en référence à mon troisième œil que j'avais gardé secret jusqu'ici. Je ne fais pas ça par gaité de coeur, il s'avère qu'en ce moment, la neutralité est un luxe que je ne peux plus m'offrir.

D'un geste fluide, je me redressai et demandai l'addition, décidant arbitrairement que notre repas se terminait ici. Vu le teint de la jeune sorcière, elle n'avait pas l'air d'être emballée par un dessert... Et un peu d'air frais nous aidera surement à me réfléchir à la révélation que je venais de lui faire.
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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Jeu 26 Fév - 0:24

Septembre 1979, Londres moldu, Angleterre.


Les larmes ne tarissaient pas, seul le flux se restreignait. L'eau, brûlante, salée, était pour l'instant contenue dans mes grands yeux rouges et brillants, et les gouttes étaient si nombreuses que je voyais Orpheus comme à travers un rideau aquatique. Flou, déformé, seuls les contours de son visage, familiers, me revenaient. Je sentais son regard peser sur moi, son silence indéchiffrable, toute la tension contenue et qui pourtant parvenait aisément à me raidir. Mais tout cela était très flou, indistinct, comme s'il était loin, loin. C'était affreux, mais je ne pouvais m'ôter cette image dérangeante d'un homme blessé, la robe de sorcier trempée de sang, et je revoyais également la silhouette familière de Sainte-Mangouste. Les souvenirs remontaient, d'une clarté éblouissante, crue, affligeante. Mais ce qui me troublait le plus était la colère qui montait crescendo, grossissait de secondes en secondes. L'asséner de paroles brutes n'avait rien apaisé en moi, bien au contraire. Plus la liste des reproches s'allongeait, et plus je me sentais dans le vrai, dans le réel. La magie noire pouvait le détruire, et par ricochet détruire bien d'autres vies. La mienne. Qu'adviendrait-il si les fidèles du Seigneur des Ténèbres venaient à apprendre que je trahissais mon sang pur ? Ma toute récente relation avec l'un d'eux ne me serait d'aucune utilité, j'en étais intimement convaincue. Julius Yaxley ne sacrifierait pas son ambition et sa dévotion.
- Minerva, ne me prends pas pour plus bête que je ne le suis. Tu ne m'apprends rien en me disant tout cela, la magie noire affecte le corps comme l'esprit, c'est bien pour cela que je ne m'en approche pas plus que les connaissances théoriques. Je sais aussi que la théorie n'est rien par rapport à des Mangemorts rompus au combat. Mais ça ne m'empêchera pas d'essayer de les stopper. Je viens d'une famille de Mangemorts, je connais un peu mon sujet tout de même. 
La mâchoire serrée, et les mains tremblantes de rage, tout comme mon visage qui écumait de colère, suait de tous les pores l'opposition farouche, je le fixais à la fois d'un air de pitiponk frit. Je n'en revenais toujours pas qu'il puisse se montrer aussi stupide et sûr de lui.
- Tu connais ton sujet ? Laisses-moi rire ! Ce n'est pas ton un peu qui va suffire, c'est pas de la théorie là, c'est de la pratique.
Lorsqu'il se pencha en avant, raccourcissant de ce fait la distance entre nos deux visages, je reculais, instinctivement, mais aussi, et surtout par esprit de contrariété. Ma colère n'allait pas s'apaiser aussi facilement. Je soutins son regard un instant avant de capituler, profondément gênée par l'intensité de ces deux pupilles qui me fixaient. Le rouge me montait aux joues, tant de colère que d'une confusion plus ancienne, plus sensuelle qui m'agaçait.
- J'apprendrais tout ce dont j'ai besoin pour les combattre, et j'ai bien plus de ressources que tu ne peux le penser.  JJe ne fais pas ça par gaité de coeur, il s'avère qu'en ce moment, la neutralité est un luxe que je ne peux plus m'offrir. 
Soulagée qu'il se décide à me fixer avec moins d'intensité, mais pas moins en colère, je levais les yeux au ciel, en soufflant. Merlin quel optimisme ! J'aurai trouvé cela épatant, et peut-être même admirable, mais dans son cas tant d'espoir confinait au douteux. Et si ce n'étaient pas les mangemorts qui lui faisaient la peau ce serait le ridicule qui se chargerait de finir le boulot. Je m'apprêtais à le rabrouer, à lui démontrer par a + b que tout son raisonnement ne tenait pas debout et qu'il finirait, d'une manière ou d'une autre, par tomber à l'eau et causer sa perte, lorsqu'il décida pour nous deux que le dîner avait assez duré. Vexée de ses manières si cavalières, et plus encore qu'il décide pour moi, même si je n'avais plus faim, je le laissais payer avant de le suivre au-dehors. Une fois à l'air libre j'explosais, ne retenant plus ma voix qui partait franchement dans les aigus.
- Ah oui ? Et quelles ressources ? Tu as une arme invincible planquée dans ton coffre à Gringotts ? Les Reliques peut-être ? Des supers pouvoirs ? Non vas-y, je t'en prie, éclaires ma lanterne, parce que là j'en doute tu vois ! J'ai vu ton appartement, et si tes ressources sont aussi limitées que les protections en place tu es dans la bouse jusqu'au cou.
De hargne je donnais un coup de pied dans un vieux journal moldu qui traînait au sol avant d'attraper brusquement Orpheus par le bras et de le forcer à me faire face. Cette fois j'étais toujours aussi écarlate, mais ma gorge me brûlait, mes cordes vocales n'avaient plus la force de produire un flot rapide de sons stridents.
- Si tu es menacé je peux te faire quitter le pays, j'ai quelques contacts à l'étranger qui t'accepteront. Tu pourras aller en France, le temps que ça se tasse, que l'Angleterre soit plus sûre, où en Italie si tu préfères.
Je sentais toute mon âme, toute ma chair à la fois mollir et se révolter. L'idée même qu'il puisse être loin me tordait l'estomac, et encore une fois, bien qu'à contre-coeur cette fois, je me sentais devenir faible, toute chose à son contact. Cette sensation, familière, troublante et pourtant si légère, me chatouillait et pourtant je la repoussais, de toutes mes forces, irritée de ma propre faiblesse.
- Je t'en prie, oublies cette idée, restes en dehors de tout ça.
Tout mon être fondait, je ne criais plus, sûrement trop fatiguée de l'avoir fait, et j'avais desserré la prise sur son bras. Je me sentis tout à coup submergée par une lassitude, aussi foudroyante que lourde. Je ne ressentais même plus cette main fourrager mes viscères. Aussi étrange que cela soit, en cet instant las, je ne m'étais pas sentie aussi sereine de la soirée, et même de la journée. Mes propres paroles me revenaient en un écho lointain, et plus proche encore la révélation de Marlene. Plus les sorciers et sorcières autour de moi choisissaient leur camp, et aussi cruel que cela soit, moins il me devenait difficile de l'admettre. Je criais, je m'étonnais, m'offusquais, pleurais, sanglotais, frappais, contestais mais... J'abdiquais, capitulais. Je soupirais, les mains dans les poches, en fixant le sol, consciente de mon impuissance à freiner son envie subite de mourir dans d'atroces souffrances.
Plus que jamais je me sentais faible, atrocement faible. Par un fabuleux miracle, j'en oubliais même à quel point j'avais pu le détester, et comme il avait lâchement assassiné mes espoirs naissants au bras de cette garce sans nom. Chaque fibre de mon être me poussait vers lui, et n'y tenant plus, je me rapprochais jusqu'à enfouir ma tête contre lui, le nez dans son écharpe qui jetait un voile sombre sur mes yeux.
- Tu es vraiment stupide.
Je demeurais un instant comme ça, collée à lui, les bras dans son dos, les mains aggrippant le tissu de sa chemise. Mon égo hurlait au massacre, et ma conscience n'était pas en reste, mais ma petite voix intérieure couvrait largement toute velléité, étouffant pieusement toute protestation. Merlin, pitié, encore une, deux, trois, quatre, cinq secondes... Mais non, cette fois c'était trop. Ma raison s'en mêlait, et je devais bien reconnaître que je venais de rouler dans la boue ma fierté, et de trahir tous mes serments de cet été. Alors, inspirant une dernière fois son odeur, je me reculais brusquement, comme s'il m'avait brûlé, en me jurant cette fois que c'était bien la dernière fois que je me laissais aller aussi bêtement.  
- Il te faut des bases en occlumencie, gênée de cette proximité dont j'étais l'instigatrice, et à laquelle j'avais brutalement mis fin, je m'efforçais d'avoir l'air sérieuse en le fixant durement, les mains dans les poches, et à bonne distance de lui cette fois, Et revoir les protections de ton appartement. Je suis sérieuse, elles ne sont pas suffisantes, je pourrais les faire tomber si je le voulais. Il va falloir aussi que tu habitues ta baguette à des sorts plus complexes, que tu te formes en soins d'urgences et que tu commences sérieusement à te pencher sur la magie noire.


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MessageSujet: Re: Echoes ft. Orpheus Goldsmith Dim 15 Mar - 15:44

Plus Minerva montait en colère et énervement, moins je m'acharnais à la raisonner, à essayer de lui faire comprendre mon point de vue. Elle était aveuglée par tous ces sentiments qui l'empêchait d'essayer de se mettre à ma place. De plus, pourrait-elle vraiment le comprendre, alors qu'elle avait vécue toute sa vie entourée de puissants mages noirs, à s'entendre dire qu'elle était une sorcière puissante, promue à un grand avenir dans le domaine occulte ? Elle n'était pas adepte des idées du Lord, mais son existence ne lui inspirait pas que de la peur. Je sentais parfois cette attirance confuse, redoutée en elle, vers ce mage qui a réussi à allier la puissance et les ténèbres, au détriment de son âme certes, voire de sa nature humaine, mais aujourd'hui craint de tous.

Aussi, délaissant mes explications inutiles, je demandais l'addition, payai et sortis du petit restaurant pour respirer l'air frais de Londres. Peut-être que la brise fraîche de ce milieu de soirée aiderait la jeune sorcière à reprendre ses esprits... Mais je compris qu'il n'en était quand elle explosait de nouveau, laissant à sa voix de crécelle le loisir d'emplir les rues pavées du quartier dans lequel nous nous trouvions. Stoïque face à ses remarques acerbes, voire vexantes, je la fixai de nouveau pour lui répondre :

- Je parle de quelque chose que je possède depuis longtemps et que j'apprends à maitriser depuis des années, et qui pourrait être un atout, j'en suis sûr.

Mon troisième œil n'était pas la chose la plus facile à maitriser, mais si j'y arrivais, il pourrait m'être possible de prévoir les actions des Mangemorts sans avoir recours inutilement à la légilimencie sur un sorcier particulièrement entrainé. Marchant calmement devant Minerva, je l'entendis donner un coup de pied dans quelque chose, avant de me force à faire volte-face. Je la fixai, surpris de sa brusquerie, avant d'éprouver un pincement au cœur quand elle me parlait de partir du pays. Quitter l'Angleterre ? Me cacher ? Non, ça n'était pas mon intention, et je n'en avais pas besoin. Aucune menace ne me pesait assez pour que je parte d'ici. Et puis... L'idée de devoir renoncer au regard acier de la jeune femme pour ma sécurité ne m'enchantais guère. J'avais cette impression confuse, diffuse, que si je partais d'Angleterre, elle m'échapperait, totalement et définitivement. Je la sentais glisser entre mes doigts, par ma faute, par ma bêtise, elle s'était éloignée, et il suffirait d'une étendue d'eau entre nous pour que je la perde entièrement. Aussi, étonné de cette constatation, je secouai négativement la tête.

- Je ne suis pas plus menacé qu'avant, et je ne veux pas quitter le pays. Il y a quelque temps, je l'aurais surement fait. Mais j'en ai assez d'être lâche. Hésitant un léger instant, je levai ma main pour remettre une mèche rousse derrière son oreille. Je suis désolé Minerva, mais je ne veux pas revenir sur ma décision.

Je souris légèrement, m'attendant à une autre explosion de colère, d'inquiétude, je dus retenir une exclamation surprise quand elle agrippa à moi avec l'énergie du désespoir, mais également une pointe d'abandon alors qu'elle cala son visage au creux de mon cou, dans les plis de mon écharpe. Mes bras l'enserrèrent naturellement, comme si sa place avait toujours été contre moi, et je posai par réflexe mon visage contre ses cheveux, en une ébauche de baiser alors que ma main faisait des cercles rassurants dans le dos de la jeune femme. Je ris malgré moi à son insulte, avant de relever la tête pour vérifier les passages dans la rue.

- Je sais, tu ne m'apprends rien de nouveau...

Minerva se détacha de moi et je dus faire taire l'envie impérieuse que j'avais de la retenir, de la sentir encore contre moi, mais aussi celle, enfouie au fond de mon esprit et brisée par ma conscience, de m'engouffrer avec elle dans la ruelle derrière le restaurant pour retrouver les sensations fiévreuses que nous avions partagé lors du mariage de Loki et Melody...

Plantée devant moi, les pieds ancrés au sol et le regard dur pour effacer les vestiges d'une émotion bien plus douce, elle me fustigea en me faisant la liste de tout ce que j'avais à apprendre pour être à la hauteur, ou en tout cas pour minimiser le danger face à l'armée noire que je m'apprêtais à combattre au côté de l'Ordre du Phoenix.

- Mais je suis prêt à apprendre tout cela, si je trouve un bon professeur, lui répondis-je avec un air amusé, conséquence de son brusque accès de tendresse et de sa gêne à présent.

Je lui tendis le bras pour que nous reprenions notre chemin, peu sûr que mon idée soit bonne : le moindre contact semblait réveiller en nous bien trop de réactions contradictoires pour se risquer à ce que nous nous touchions encore...

- Tu aurais quelqu'un à me conseiller ? Pour ce qui est des sorts de soins, je pense demander à Rory un peu d'aide, même si nous ne sommes pas dans les grâces l'un de l'autre... Il me doit un service depuis quelques années, il serait temps qu'il me renvoie hippogriffe. Mais pour le reste, je ne sais à quel sorcier me vouer.

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