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back from hell + LUZIA (septembre 1979)

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MessageSujet: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Mar 7 Oct - 16:54

C'est fini, tout est fini. On nous a tirés de là. Qui, je ne sais pas vraiment. Des gens. Pas le Ministère, en tous cas, ça j'suis sûr : le Ministère, c'est celui qui nous a enfermés là-bas tout l'été, c'est ce qu'on nous répète depuis juin dernier. Décision ministérielle que de nous entraîner à subir le Doloris. C'est la Ministre qui a ordonné qu'on nous enferme tous à l'Institution Clevergrace pour l'été. D'ailleurs, elle ne s'appelle pas Clevergrace pour rien, cette abominable institution. Donc non, c'est pas grâce au Ministère qu'on est tous de nouveau entassés dans le Poudlard Express, à espérer que cette fois c'est pour rentrer réellement chez nous.  Comme ce qui aurait dû se passer deux mois plus tôt, en fait. Je suis encore un peu secoué, j'dois le reconnaître, tout est allé tellement vite : hier, on en était encore à plonger les mains dans des entrailles de pigeons morts, et le soir même, l'Institution se transformait tout bonnement en champ de bataille. Des gens étaient morts. Les Mangemorts étaient partis. Des gens étaient venus nous aider. Dumbledore était finalement venu. Mais on ne nous avait rien expliqué, on nous avait fait évacuer et à présent on nous ramenait chez nous. Comme ça. Tout simplement.

Le paysage défile par la fenêtre du Poudlard Express, et j'essaye distraitement d'en saisir les moindres détails. C'est tellement bizarre de se retrouver ici, alors que je m'étais presque fait à l'idée qu'on allait tout simplement rester à l'Institution jusqu'à la fin de nos jours. C'est vrai, au fond, on ne sait pas quel sort nous aurait été réservé si ces gens n'étaient pas venus nous délivrer. C'est peut-être ça, le plus étrange dans toute cette histoire. Le retour à une réalité différente de celle qui était la nôtre il y a deux jours, mais qui n'en reste pas moins une réalité. Je suis totalement perdu.

Soudain, quelque chose bouge sur mes genoux, et j'baisse les yeux vers la petite créature qui y a élu domicile pour piquer un somme. Papa nous a envoyé un Patronus à la libération de l'Institut, à Cornélia et moi, pour qu'on trouve la petite Jenny Gardiner, notre ancienne voisine, et qu'on la ramène avec nous. Je l'avais surveillée tout l'été du coin de l'oeil pour m'assurer qu'il ne lui arrive rien de trop grave, donc il n'y avait pas de souci, la gamine ne me quittait pas d'une semelle : on s'était installés tous les deux dans un compartiment, Cornélia ayant disparu entre temps je ne sais trop où, et cinq minutes plus tard elle dormait à poings fermés sur la banquette du train, épuisée par tant d'émotions. La Serdaigle avait la tête posée sur mes cuisses, le nez enfoui dans une écharpe aux couleurs de sa maison, et à intervalles réguliers je dégageais doucement son visage de quelques mèches folles qui glissaient sur son front et risquaient de la réveiller. Quant à moi, je m'empressais de remballer quiconque risquait de la réveiller : ici, c'était le compartiment dodo, point à la ligne.  


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Dim 12 Oct - 21:53

Depuis que le train avait démarré, Luzia ne tenait plus en place. Elle avait essayé de s'installer tranquillement avec les autres Poufsouffle dans un compartiment, tenté de dormir pour rattraper tout le sommeil qu'elle avait manqué cet été, mais sans succès. Impossible de faire taire en elle les différentes émotions qui la secouaient. Elle n'en revenait tout simplement pas, comme si elle se réveillait d'un rêve étrange. Ils étaient libres, et cette idée lui semblait plus tordue que le fait d'être retenu dans un établissement bizarre.
Autour d'elle, tout le monde parlait. A vrai dire, tout le monde s'était tu pendant des semaines, chacun s'était méfié des autres. Maintenant, la vie reprenait. Mais c'était trop brutal pour Luzia. Bien-sûr, elle n'avait qu'une hâte, c'était de retrouver sa famille, sa maison, son lit, de pleurer dans les bras de sa mère et de passer le reste de sa vie dans son lit, roulée en boule, protégée par sa couette et les murs rassurants de sa chambre. Tout bouillonnait autour d'elle alors qu'elle voulait juste être seule. Aussi prétexta-t-elle une envie de chocolat et s'extirpa-t-elle du compartiment sans demander son reste. Les couloirs aussi fourmillaient de vie. Les aurors montaient la garde, aux aguets, et d'autres, ceux qui étaient venus les délivrer, s'occupaient des élèves, les rassurant et leur proposant toute sorte de remontant. Des élèves se baladaient d'un bout à l'autre du train, courant après leurs animaux efflanqués... La jeune fille lâcha un long soupir, agacée. Jamais elle n'aurait la paix et cette idée était si frustrante qu'elle lui donnait les larmes aux yeux.

Puis elle passa à côté d'un compartiment qui lui sembla vide au premier abord. Enfin. Mais elle remarqua aussitôt qu'il n'en était rien, et que les occupants n'étaient autres que Dowey et une Serdaigle bien plus jeune, à qui Luzia n'avait jamais parlé. Dowey, les yeux perdus dans le vague, avait la tête tournée vers la vitre tandis que, la tête posée sur ses jambes, la rousse dormait, le corps à demi-plié sur la banquette.
Luzia s'était arrêtée devant la porte et les regardait. C'était le spectacle le plus calme qu'elle n'avait jamais vu depuis... depuis un bon bout de temps. Doucement, elle ouvrit la porte du compartiment.
Aussitôt, son coéquipier tourna la tête vers elle, les sourcils froncés, et leva la main pour lui sommer de ne pas faire de bruit. L'Espagnole secoua la tête. Elle ne venait pas pour discuter. Elle voulait juste elle aussi se poser et savourer le silence. Prenant garde à refermer la porte coulissante sans faire de bruit, Luzia entra dans le compartiment et s'assit sur la banquette inoccupée, non pas en face du rouquin, mais contre la fenêtre, posant sa tête sur la cloison. Avec le train en mouvement, tout vibrait, et parfois, à cause d'un cahot, sa tête heurtait un peu brutalement la cloison, et elle se laissait faire.

Cependant, au lieu de regarder le paysage en mouvement, comme elle avait prévu de le faire, Luzia se mit à observer Dowey et la Serdaigle. Le jeune homme avait repris sa contemplation et la fille n'avait pas bougé d'un pouce depuis l'arrivée de la Poufsouffle. Elle constata que Dowey, comme beaucoup parmi eux, avait maigri. Son teint, beaucoup plus pâle que d'habitude, laissait ressortir ses cernes violacées et même les veines de ses tempes. Hormis cela, il incarnait à cet instant la sérénité la plus parfaite, respirant doucement, régulièrement. Luzia savait qu'il récupérait, que lui aussi avait besoin de silence - sinon, il aurait été avec Nolan et les autres. La jeune fille avait cru comprendre dans les couloirs de l'Institut que Dowey avait servi de cible pour le lancer de Doloris parce qu'il avait voulu résister. Elle n'en savait pourtant rien de plus, parce qu'elle n'avait pas cherché à en savoir plus...
C'est pourquoi, alors qu'elle le fixait du regard, elle eut honte. Honte d'avoir voulu fermer les yeux sur l'infortune d'un ami, d'avoir voulu éluder une telle nouvelle. Maintenant qu'ils étaient normalement hors de tous dangers, elle se rendait compte que le type de comportement qu'elle avait eu, cet aveuglement volontaire, avait aidé leurs geôliers à faire régner une terreur chez les élèves. Luzia savait qu'elle avait été peureuse et lâche - mais elle savait aussi que si elle avait levé le petit doigt, elle aurait pris cher. Swann et Sean en étaient de parfaits exemples... Et puis, n'avait-elle pas fait quelque chose, en essayant de contacter les familles ? Seulement, l'Espagnole avait beau se rassurer là-dessus, il n'empêchait qu'elle s'était montrée particulièrement indifférente envers Dowey...

Ce dernier tourna alors les yeux vers elle, comme s'il venait enfin de se rendre compte qu'il était observé depuis plusieurs minutes. Luzia baissa les yeux, un peu gênée, avant de les reposer sur le Jaune. Elle s'entendit chuchoter presque aussitôt :

- C'est vrai, pour le Doloris ?

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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Lun 13 Oct - 11:19

A cet instant, la porte du compartiment s'ouvre et j'tourne immédiatement la tête vers le nouvel arrivant avec ma mine des mauvais jours qui signifie que si j'attends le moindre bruit, attention j'ai ma batte de Quidditch dans mon sac, avant de réaliser qu'il s'agit de Luzia, et que celle-ci a déjà découvert la tête de Jenny qui dort. Pour la forme, je lève doucement ma main jusqu'à ma bouche pour poser mon index en travers de mes lèvres, mais l'Espagnole me fait savoir d'un hochement de tête qu'elle a compris le message et s'installe en silence à l'autre bout du compartiment, si bien que très vite, je retourne à ma contemplation. Mais j'ai l'esprit ailleurs, malgré elle Luzia me distrait, j'me rends compte que je ne l'ai pas beaucoup vue cet été, maintenant que j'y pense : faut dire qu'avec le bordel avec Troy, j'me suis habitué à la voir moins, mais il y a un pallier à franchir entre la voir moins et ne plus la voir du tout. Et cet été, j'ai beau me creuser les méninges, j'me souviens pas avoir échangé plus de trois fois avec elle, trois fois en deux longs mois tous les deux coincés dans une même Institution... ben ça fait pas beaucoup.

Je soupire en réalisant que cette Institution nous a transformés au point que je n'ai même pas été capable de me renseigner sur ce que mes amis devenaient, tout entier comme je l'étais à risquer ma santé mentale à transmettre trois pommes et un morceau de fromage à un mec que je connaissais à peine pour qu'il le file à une gamine que je ne connaissais même pas. Je parviens pas à le regretter, pas encore peut-être, mais j'me dis que j'aurais peut-être pu allier les deux, risquer ma peau et me montrer un peu plus présent envers mes amis... Soudain, en croisant son regard, j'ai envie de prendre la parole, de dire à Luzia que je suis désolé, lui demander ce qu'elle est devenue, comment elle va, qu'est-ce qu'elle va faire, tout ça. Mais elle est plus rapide que moi, et tandis qu'elle repose les yeux sur moi, son murmure emplit le compartiment :

C'est vrai, pour le Doloris ?

Malgré moi, un frisson me traverse et je baisse les yeux vers Jenny afin de m'assurer qu'elle n'est pas réveillée et n'a aucune chance d'entendre ce que Luzia vient de demander. Moi-même j'ai pas spécialement envie de répondre, ce qui explique pourquoi je serre les lèvres et je plonge de nouveau le regard dans les profondeurs impénétrables de la nature qui entoure les rails du Poudlard Express. Sa question est sans doute légitime, et au fond de moi je sais pertinemment de quoi Luzia veut parler : j'suis pas le seul à avoir subi ce sortilège, ni à l'avoir prononcé, en revanche je suis le seul à l'avoir jeté sur Rodolphus Lestrange. Avec succès. Et à survivre. Ce qui n'est manifestement pas rien. Malheureusement pour moi, j'suis parfaitement conscient de ce que j'ai fait, et des conséquences que ça risque d'avoir, et pour tout vous dire, j'en fais des cauchemars toutes les nuits : j'me vois rentrer, avec Cornélia qui sait tout, et devoir annoncer à mon père que j'viens de lancer à nos trousses l'un des sbires de Voldemort... Salut Papa, j'ai endolorisé un Mangemort au camp cet été, il risque de passer te faire un coucou à la maison dans un futur assez proche. C'est Rodolphus Lestrange, tu sais, il paraît qu'il est lié à l'accident de Maman, quel joyeux hasard !

Le Doloris ? je demande à la vitre, comme pour gagner du temps, ou la forcer à ne pas avoir peur des mots. On a déjà suffisamment de choses à craindre, on va pas en plus s'inventer de nouvelles psychoses en n'appelant pas un chat un chat. C'est un truc qui m'énerve assez, ça. Et puis peut-être que j'me fais des illusions, après tout. Peut-être qu'elle ne sait pas qu'on a, dans notre majorité, servi de cobayes tout l'été. Peut-être que Luzia a passé deux mois dans l'aile des impurs, les mains plongées dans des entrailles de pigeon, et n'a jamais foulé le sol de l'arène. C'est possible, ça aussi. Mais il était impossible qu'elle n'ait pas vu l'état dans lequel certains de leurs amis étaient. Et Luzia, en plus de n'être pas aveugle, était loin d'être bête.


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Dim 19 Oct - 22:38

Dowey ne répondit pas de suite. Une expression de dégoût passa furtivement sur son visage avant qu'il ne le baisse vers la jeune fille endormie pour s'assurer qu'elle dormait toujours. Luzia savait qu'il voulait gagner du temps. Ça se voyait comme un nez au milieu d'une figure... La jeune fille n'insista pas, certaine qu'il cracherait tôt ou tard le morceau.

Le Doloris ? fit enfin le jeune homme en accentuant l'article défini.

Luzia attendit un petit moment, sentant bien qu'elle marchait sur des œufs. Il ne la regardait même pas, les yeux obstinément tournés vers la vitre. Elle prit alors conscience de sa maladresse et de son ignorance. Si Dowey avait été la cible lors de l'entraînement, il avait dû en recevoir plusieurs... Comment avait-il pu se trouver dans cette situation ?
Son esprit imagina le batteur encerclé par des élèves plein de haines, brandissant contre lui leur baguette, et lui jetant sans interruption des Doloris. Elle voyait Dowey s'effondrer au sol, se débattre et hurler de démence. Et puis, tout changea, les décors, les personnes... Le sol de l'arène devint carrelage, et les murs étaient cloisonnés de portes de toilettes. Il y avait une rangée de lavabo. Il y avait des petites flaques d'eau par terre. Il y avait elle-même qui ne pouvait pas bouger et sentait des sortilèges douloureux lui frapper le dos...

Elle cligna des yeux, reprenant pied avec la réalité, avec les bruits du train, avec sa tête qui heurtait parfois la cloison sans qu'elle n'y change rien, avec la chaleur du compartiment. Dowey ne la regardait toujours pas, et heureusement, car sinon, il aurait deviné son trouble. L'Espagnole se reprit alors, ravalant son angoisse, essayant de ne penser qu'à Dowey et non à elle.

En fait, avoua-t-elle la gorge un peu serrée, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé... Pourquoi as-tu été choisi comme cible ? Je veux dire, tu n'étais pas le seul à faire du grabuge, n'est-ce pas ? Je veux dire... Il y avait des rumeurs, comme quoi... Tu n'as pas été choisi par hasard... C'est vrai ?

Luzia sentit qu'elle avait posé une question clé. Elle n'en savait pas plus... Mais ça, c'était parce qu'elle n'avait pas voulu le savoir. Lyleïa avait été témoin de cet entraînement-là, et elle aurait pu tout lui raconter. Mais Luzia n'avait pas voulu savoir. Sur les genoux de Dowey, la petite Serdaigle bougea un peu, resserrant son écharpe autour de son cou. Un silence plomba le compartiment. Luzia et Dowey ne bougèrent plus même après qu'elle eût arrêter son manège...

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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Mar 28 Oct - 11:21

J'profite que la Jenny se repositionne un peu dans son sommeil pour moi-même replacer mes guibolles plus confortablement parce que j'ai des fourmis partout, ça me permet de trouver une petite contenance, de gagner un peu de temps, et au fond je sais que ça devrait pas se passer comme ça, parce que c'est Luzia qui pose la question, et que bon, c'est ce que les amis font, ils s'inquiètent, ils se questionnent. Ils veulent savoir. C'est normal. Sauf que parfois, leurs amis, c'est trop dur pour qu'ils en parlent. Et ça aussi, c'est normal. Mais ça, le fait que ce soit dur d'en parler, ça n'explique ni ne justifie pas tout, dans ma tête ça explique juste pourquoi j'ai des réserves, mais pas pourquoi j'lui répondrais pas : p'têtre que je le lui dois, je sais pas. Même si c'est pas le cas, on est des Poufsouffle elle et moi, on n'a pas besoin que l'autre soit endetté pour l'aider, c'est un truc de Serdaigle ça (ben non, le Serpentard, dette ou pas, ton aide, tu peux te la foutre là où tu sais quoi), bref, on est des Poufousffle, enfin, ex pour Luzia, mais ça change rien, ça change rien du tout.

C'était pas un hasard, non, je lui réponds droit dans les yeux avant de lâcher un léger rire et me tourner de plus belle vers la fenêtre de la cabine pour constater que dehors, il commence à pleuvoir, comme si le ciel avait surpris notre conversation, c'est drôle. Et comme Luzia n'ajoute rien, j'continue un peu sur ma lancée, je choisis soigneusement mes mots dans ma tête parce que j'ai pas oublié la rouquine qui me ronfle sur les genoux, et j'm'y connais pas trop en sommeil, est-ce qu'il est assez lourd pour qu'elle ne surprenne rien, est-ce qu'elle fait semblant, comment le savoir, moi je sais pas, donc je fais attention. T'as raté un Dowey Spencer Junior de gala ma vieille, j'glisse avec un sourire pour essayer de détendre l'atmosphère, mais j'trompe personne, le sourire il est triste, j'me serais bien passé de péter un plomb comme ça, c'est pas spécialement dans mon tempérament de paisible Poufsouffle que de me mettre à hurler hors d'un terrain de Quidditch et lancer des Sortilèges Impardonnables sur les gens, c'est le moins qu'on puisse dire. Les crises de colère d'ordinaire je laisse ça à Marcus, mon frère aîné qui tient plus du troll des cavernes que de mes parents, mais pour le coup, ce jour-là j'dois reconnaître que je me suis surpassé... et j'le regrette plutôt amèrement. Un nouveau soupir m'échappe au moment où j'réalise que j'en ai trop dit, j'en ai pas assez dit, bref j'suis allé trop loin et Luzia mérite pas qu'on joue ainsi avec ses nerfs qui doivent déjà être à vif, comme tous les nerfs de moins de dix-sept ans dans ce train.

J'ai attaqué l'un des frères Lestrange, j'lui avoue finalement avec toute la fatalité dont je suis capable, tout en priant pour qu'elle ne flippe pas trop de se retrouver dans le même compartiment que le type qui vient de se mettre à dos les frères siamois psychopathes des sbires tous plus psychopathes les uns que les autres de Vous-Savez-Qui. Et même si c'était le cas, après tout, j'vois pas trop comment j'pourrais lui en vouloir : à sa place, c'est ce que je ferais, moi.  


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Lun 3 Nov - 23:16

Le silence durait, s'étirait, s'éternisait. Luzia avait cessé de regarder Dowey, parce qu'elle ne voulait pas lui mettre la pression. Elle essayait d'avoir une attitude détachée - pas indifférente - juste bienveillante et sereine *. Doucement, elle ramena ses deux jambes sur la banquette, évitant juste que ses chaussures ne touchent le tissu.

C'était pas un hasard, non, lâcha Dowey.

Luzia tourna la tête vers lui et son regard fut happé par celui du rouquin, grave et... troublé ? La dernière fois que l'Espagnole l'avait vu dans cet état-là, c'était lorsque, dans la salle commune, il lui avait raconté ce qui était arrivé à sa mère. Devait-elle s'attendre, aujourd'hui, à des révélations d'une importance similaire ? Que pouvait-il y avoir de pire que ce qui était arrivé à Mrs Gradubec ? Luzia se prépara à attendre le pire : elle ne bougea pas, mais bloqua un peu sa respiration.

T'as raté un Dowey Spencer Junior de gala ma vieille !

A ces mots, elle se détendit un peu. Si Dowey usait de l'humour, c'était que ça allait. Du moins que ça n'était pas trop grave. Et pourtant, son sourire figé le trahissait. Luzia sentit qu'il ne lui servirait pas une brève de comptoir. Elle là, pendue à ses lèvres, n'osant ni insisté, ni le lâcher du regard, comme si elle craignait qu'il ne change d'avis et qu'il ne lui dise plus rien.

J'ai attaqué l'un des frères Lestrange, finit-il par dire.

Le temps que la phrase arrive au cerveau de la jeune fille, qu'il en analyse le sens, que ce dernier prenne possession de tout son système nerveu, et Luzia avait manqué de bondir de sa banquette. Elle se retint de justesse. De bondir et de crier. Seuls ses yeux sortirent de leur orbitre, seule sa bouche s'agrandit, seul son visage fut marqué par l'épouvante.
Un des frères Lestrange. Si Luzia n'était pas parvenue à mettre un nom sur chaque geôlier au cours de l'été, il y en avait deux qu'elle n'avait pas eu de mal à identifier et, par la suite, à reconnaître - et c'était précisément ces deux frères. Mais comment Dowey avait-il pu attaquer l'un d'entre eux ? Il ne devait certes pas manquer de motifs, mais enfin, il fallait surtout avoir un cran monstre.

Sérieux, murmura-t-elle au bout d'un moment. T'as vraiment fait ça ? Dios... Mais comment as-tu pu faire un chose pareille ?

Néanmoins, le puzzle se mettait en place. Dowey avait été la cible des Doloris parce qu'il avait été puni, parce qu'il avait attaqué un des Lestrange... A ce point-là, le Poufsouffle pouvait se contenter d'une chose :

Est-ce que tu te rends compte que tu aurais pu être tué, tout simplement ?!

Parce que si les frères Lestrange avaient marqué Luzia, c'est bien parce qu'elle avait vu qu'ils étaient complètement dangereux. Et fous. Chez eux, l'envie de faire du mal était plus forte que tout. Nul doute que s'ils avaient pu tuer tous les Impurs, ils l'auraient fait. Et après avoir commis le meurtre de centaines d'enfants, ils seraient simplement allés boire une tasse de café. Donc, effectivement, Dowey pouvait se vanté d'être encore en vie. Et entier. Du moins extérieurement.

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Dernière édition par Luzia Ozores le Dim 16 Nov - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Dim 9 Nov - 17:07

J'tressaille légèrement lorsque le visage de Luzia se fige, que sa bouche prend la forme d'un O, que ses yeux s'agrandissent, parce que j'ai les nerfs tellement fragiles depuis que ma mère a été attaquée qu'il me suffit de voir la réaction de la pourtant très zen Luzia pour avoir envie de lui demander de me tuer elle-même, sans rire. J'me reconnais pas, depuis que les ennuis de ma mère ont commencé, j'suis nerveux, genre tout le temps, j'dors mal, j'divague, mais ça allait encore jusqu'à l'Institution. Quand j'suis rentré là-bas, j'étais déjà un peu fêlé tu vois, mais là, à la sortie, c'est pas fêlé que je suis, c'est complètement déglingué.

Sérieux, souffla Luzia, pas de la voix de la nana qui me croit pas, non, je le sens qu'elle me croit, même si ça lui fout une frousse du tonnerre, elle me croit et c'est bien ça son problème. Moi aussi j'aimerais bien ne pas croire ce que je dis, des fois. Surtout maintenant, en fait. T'as vraiment fait ça ? Dios... Mais comment as-tu pu faire un chose pareille ? Est-ce que tu te rends compte que tu aurais pu être tué, tout simplement ?! poursuit-elle avec effarement, et c'est plus fort que moi, j'trouve son ton accusateur, et c'est normal, et j'me sens coupable, et ça aussi c'est normal, et ça me désespère.

J'ai pété un plomb Luzia, j'lui avoue en secouant la tête, les yeux rivés sur le visage serein de Jenny, il était juste là, à nous ordonner de torturer des elfes, et moi... ma voix se brise, j'sens un sanglot qui grimpe dans ma gorge, alors j'préfère me taire plutôt que de fondre en larmes, pas devant Luzia, surtout pas devant Jenny, et j'prends une grande inspiration, je tente de calmer mon coeur qui bat toujours autant la chamade quand je parle de ce fameux jour de juillet, et j'reprends d'une voix un peu plus ferme, je sais que j'ai eu de la chance, une chance monstrueuse, que si j'avais été mêlé j'serais sans doute pas dans ce train avec toi à te raconter tranquillement mon histoire... Bref, il m'a parlé... il m'a parlé de ma mère. Et j'sais bien que c'était une simple provocation, j'lui assure promptement en levant les yeux pour elle, comme pour l'empêcher de me faire ce reproche, comme les autres l'ont fait avant elle, mais ça m'a rendu dingue, totalement dingue, et...

J'm'interromps de nouveau, pas parce que j'ai de nouveau envie de pleurer, mais parce qu'aujourd'hui encore, j'ai du mal à expliquer ce qui s'est passé dans ma tête à cet instant précis. C'était comme si un autre Dowey avait pris ma place dans l'arène, et s'était rebellé là où moi, misérable Poufsouffle qui n'avait ni le courage d'un Gryffondor, ni l'ingéniosité d'un Serdaigle, ni même la fourberie d'un Serpentard, j'me serais contenté de subir, et peut-être même de faire semblant de jeter mon sort pour ne pas m'attirer les foudres de mes instructeurs. Mais au lieu de cela...

Et c'est sorti tout seul, je conclus simplement en haussant les sourcils, le regard de nouveau rivé sur la vitre du compartiment, tandis qu'autour du Poudlard Express le jour commençait à tomber.


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Dim 16 Nov - 22:02

Dowey baissa la tête. La jeune fille avait pensé se maîtriser, mais sa réaction avait fait pâlir le Jaune. En même temps, il lui était difficile de rester sans rien faire, alors que Dowey venait de lui avouer que, primero, il avait jeté un sortilège impardonnable sur quelqu'un et que, segundo, ce quelqu'un là n'était autre qu'un des geôliers les plus dangereux de l'institut. La réflexion n'avait jamais été le fort du rouquin - qui agissait la plupart du temps sur un coup de tête, excepté durant les cours de potions et les matchs de quidditch - mais là, il fallait reconnaître que c'était comme si Dowey s'était tiré lui-même une balle dans la tête. Du suicide. Du pétage de plombs, comme il le disait justement.

Je sais que j'ai eu de la chance, ajouta-t-il, une chance monstrueuse, que si j'avais été mêlé j'serais sans doute pas dans ce train avec toi à te raconter tranquillement mon histoire... Bref, il m'a parlé... il m'a parlé de ma mère. Et j'sais bien que c'était une simple provocation.

Une simple provocation... Luzia devait reconnaître que Lestrange avait su appuyer là où ça faisait mal. Pas étonnant que Dowey soit sorti de ses gonds. Cela faisait des mois que Mrs Gradubec était à Ste Mangouste car elle avait perdu toute sa tête, mais le sujet était encore sensible pour Dowey. Luzia le savait car elle évitait de lui en parler, ne demandant que de temps à autre des nouvelles, dans l'espoir d'une amélioration. Depuis le temps, toutefois, l'espoir n'était plus si fringuant. En revanche, le jeune homme ne semblait pas avoir fait le deuil de sa mère. Luzia savait que, le soir, dans la salle commune, il allait se coucher plus tôt, non pas pour dormir, mais pour ressasser tout cela.

En vérité, et l'Espagnole le comprenait vraiment à cet instant, Dowey était à cran depuis l'automne. Pas étonnant qu'il ait réagi de façon aussi... violente.

Et c'est sorti tout seul, termina-t-il, le regard tourné vers le paysage qui disparaissait dans le crépuscule.

Luzia hocha la tête. Elle ne savait pas trop quoi dire. C'était juste tellement dégueulasse de la part de Lestrange d'avoir fait allusion à la mère de Dowey. A croire que chacun des adultes avaient fait une enquête sur chaque élève afin de mener efficacement une torture psychologique. Pour Dowey, ils avaient tapé dans le mille. Cora avait-elle reçu ce genre de remarque ?

Et ensuite, demanda Luzia, que t'est-il arrivé ?

C'était peut-être malsain de poser ce genre de questions. Mais Dowey savait qu'il pouvait ne pas lui répondre. Aussi la jeune fille enchaîna-t-elle avec une autre interrogation :

Tu crois qu'il en sait quelque chose, sur ta mère ? Je veux dire... qu'il en sait davantage que ce qui en est sorti de l'enquête officielle ?

Cette dernière n'avait rien donné de vraiment probant. Rien n'avait pu expliquer ce qui avait pu pousser Lucresia Gradubec à tuer le directeur du Département de Transport Magique. Même le père de Luzia, qui s'était intéressé de près à l'affaire et qui avait joué de ses relations au sein du Ministère, n'avait rien pu savoir. Du moins, c'était ce qu'il lui avait dit. Mieux valait peut-être que Luzia en sache moins que son ami, par respect pour lui. Mais au fond, cela ne l'étonnait pas que Gomez n'ait rien appris de nouveau. Il se passait des trucs tellement... suspects au Ministère que ça ne surprendrait personne que l'épisode soit classé top secret...


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Ven 21 Nov - 15:38

Ensuite, j'souris avec un air un peu moqueur, j'ai sauvé l'après-midi d'un elfe de maison en servant de cible à sa place. Mais c'était pas la mort, j'veux dire, c'était la première fois. Personne n'a trop réussi à lancer le sortilège. Et pourtant, pour certains ils étaient motivés, j'lâche en repensant à Carmichael et Simpson, qui avaient été les premières à s'essayer sur ma pauvre carcasse, sans résultat cependant. J'trouve ça bizarre de me dire qu'à cet instant précis, moi, Dowey Spencer Junior, le type le moins dangereux de Poudlard (sauf peut-être avec une batte  à la main), j'avais plus de haine dans mon coeur que toute cette bande de Serpentard fils et filles de Mangemorts, destinés à devenir des Mangemorts, entraînés par des Mangemorts.

J'suis déçu, j'ai pas été le premier à tâter de l'isoloir ; une Serdaigle, tu connais peut-être, Prue Bones, était déjà là-bas quand j'y suis arrivé. J'suis con, bien sûr que tu la connais... Bref, elle était là quoi. On a passé quelques temps ensemble, j'sais plus combien exactement. On se demandait ce que vous deveniez, vous tous... Et puis finalement, j'ai trouvé l'endroit assez sympa dans son genre donc j'ai essayé d'y retourner régulièrement au long de l'été, pour me ressourcer et tout, j'conclus sans faire allusion au passage à tabac par les frères Lestrange qui avait précédé mon atterrissage forcé à l'isoloir. Ni au passage à tabac qui avait accompagné ma sortie de l'isoloir, ni les menaces, contre ma soeur, contre mon père, ma mère, contre tous mes amis, j'ai pas parlé de mes larmes, du désir de mourir qui avait parfois été le mien, j'ai rien dit. A la place, j'attrape la perche que me tends Luzia pour changer de sujet - si on peut considérer que parler de ma mère, ça revient à changer de sujet, quoi.

J'crois que tout le monde en sait plus que ce qui est sorti de l'enquête officielle, Luzia, je lui rétorque amèrement en repensant au document officiel qui fait certes état d'un sortilège de l'Imperium, mais peut-être aussi d'un sortilège de Confusion, et surtout, qui ne faisait absolument pas allusion à un lien probable, potentiel ni même possible, entre ce drame et la volonté de Lord Voldemort. Autant dire que ce rapport officiel, certes il était officiel, mais alors pour la pertinence et l'utilité, il fallait repasser...

Excuse-moi de m'être emporté. Bien sûr que Lestrange en savait quelque chose, j'poursuis plus calmement, je sais pas quoi, je sais pas comment, mais il sait quelque chose. Mais j'crois pas que ce soit lui qui ait ensorcelé ma mère. Non, c'est pas lui. Il n'a rien à voir là-dedans.

J'parle beaucoup. Sans doute trop en fait. J'en oublie que y'a une gamine de treize piges qui se repose sur mes guibolles. Mais c'est toujours comme ça quand j'suis avec Luzia, elle a un genre de pouvoir pour te mettre à l'aise et t'inviter à ton confier, enfin non, c'est pas qu'elle t'invite, au contraire elle pose des questions parce qu'elle s'intéresse à toi, mais si tu réponds pas elle se vexe pas, jamais, et finalement tu lui racontes tout, même si elle te demande rien, c'est assez dingue, j'comprends toujours pas comment elle fait et pourtant j'la connais depuis un moment et... Bref, j'crois que j'ai jamais parlé autant de ce qui m'est arrivé cet été, avec personne. Et j'sais pas si ça va se reproduire, à vrai dire.


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Ven 5 Déc - 22:55

Parler de l'histoire de Dowey évitait au moins une chose : Luzia ne parlait ainsi pas d'elle-même, ni de toutes les angoisses qui avaient refait surface depuis le détournement du Poudlard Express. Elle était redevenue aussi vulnérable que lorsqu'elle avait été torturée dans les toilettes en sixième année. Alors certes, elle était parvenue à rester aussi discrète que possible, mais cela n'avait pas été facile. Et puis, ce qui était arrivé à Dowey était si terrible que Luzia relativisait. Et enfin, c'est bien connu : s'inquiéter pour quelqu'un permettait de ne plus se préoccuper de soi-même.

J'suis déçu, poursuivit le rouquin, j'ai pas été le premier à tâter de l'isoloir ; une Serdaigle, tu connais peut-être, Prue Bones, était déjà là-bas quand j'y suis arrivé.

Luzia roula des yeux. Bien-sûr qu'elle connaissait Prue. D'ailleurs, elle avait eu aussi des pensées pour elle, connaissant sa fragilité. Elle avait beau être sortie avec Sean, ce genre de détail s'effaçait dans de pareils moments. Dowey reconnut alors que l'isoloir lui avait fait du bien. Voilà au moins une bonne nouvelle.

J'crois que tout le monde en sait plus que ce qui est sorti de l'enquête officielle, Luzia, trancha le Jaune alors qu'elle lui parlait de sa mère.

Avait-elle eu tort de dévier sur ce sujet ? Le ton sec de son vis-à-vis semblait le montrer. Elle ne réagit pas et laissa couler. A sa grande surprise, cependant, il continua :

Excuse-moi de m'être emporté. Bien sûr que Lestrange en savait quelque chose, je sais pas quoi, je sais pas comment, mais il sait quelque chose. Mais j'crois pas que ce soit lui qui ait ensorcelé ma mère. Non, c'est pas lui. Il n'a rien à voir là-dedans.

L'Espagnole inclina la tête pour lui montrer qu'elle ne lui en tenait pas rigueur. Elle resta un moment songeuse observant un groupe d'élèves qui passait dans le couloir, avant de ramener son attention vers Dowey.

Es obvio, souffla-t-elle alors, il n'a peut-être rien à voir, mais il connait probablement les coupables... Ceux qui ont tramé tout cela.

Les mots eurent à peine franchi ses lèvres qu'elle regretta de les avoir prononcés. En quoi cela allait-il arranger Dowey ? Ne donnait-elle pas l'impression de vouloir qu'il mène l'enquête, malgré les périls, et se venge ? N'empêche, si Lestrange était la clé de l'affaire Gradubec, jamais Dowey n'avait été aussi près de connaître la vérité...

Oublie, se reprit Luzia, l'important, c'est que ça soit terminé. On va rentrer chez nous, et ce sera comme si rien ne s'était passé.

A ce moment, une boule de larmes se coinça dans la gorge de la jeune fille qui, mal-à-l'aise, fit mine de changer de position pour paraître plus naturelle. Elle mourrait d'envie d'être déjà chez elle, mais elle savait que ça ne changerait rien. Certes, elle allait retrouver la sécurité de la maison familiale, mais... Même s'ils laissaient l'institut derrière eux, ils en emportaient tous quelque chose - qui désormais faisait partie d'eux-mêmes. Cependant, Luzia avait au moins appris une chose en la matière : elle avait appris à faire semblant. C'est avec cette conviction qu'elle se tourna vers la vitre, notant que la nuit avait englouti l'horizon, pour dissimuler les larmes qu'elle ne pouvait ravaler.


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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Mar 13 Jan - 16:34

Es obvio, il n'a peut-être rien à voir, mais il connait probablement les coupables... Ceux qui ont tramé tout cela, affirme l'Espagnole, et j'dois avouer que j'comprends pas trop ce qu'elle veut dire par là, ce qu'elle pense que ces mots peuvent avoir comme effet sur moi, et j'pose un regard pensif sur elle comme pour essayer de déchiffrer sur son visage le sens qu'elle veut donner à cette sortie. J'sais pas vraiment si elle est au courant que ce qu'elle me dit là ne m'est d'aucun secours, bien au contraire, j'sais pas trop si c'est pour m'encourager à chercher de ce côté-là, même si ça m'étonnerait fort étant donné qu'on parle quand même de Luzia, et qu'on parle quand même de Rodolphus Lestrange. Bref, j'sais pas trop quoi penser à cet instant. J'ai plutôt l'habitude qu'on soit sur la même longueur d'ondes, ou du moins, j'suis habitué à ce qu'elle se montre plus sensée que moi, genre tout le temps, plus mesurée, plus sage, tu vois ce que je veux dire. Mais là, j'dois avouer que j'la reconnais pas, j'la comprends pas, j'suis pas d'accord. Et c'est tout drôle.

Oublie, se reprend-elle à cet instant, l'important, c'est que ça soit terminé. On va rentrer chez nous, et ce sera comme si rien ne s'était passé, affirme-t-elle catégoriquement, et un éclat de rire amer secoue ma carcasse et la tête de Jenny qui dort. J'me reprends tout de suite et sans cesser de sourire de la bêtise de ma collègue je replace machinalement l'écharpe (qui avait glissé dans l'aventure) sur mes jambes, et la tête de Jenny sur l'écharpe, tout en ayant vaguement l'impression de me comporter comme un idiot. Même si pour le coup, c'est Luzia qui dit des idioties, pour une fois, pas moi. Décidément, l'Institut nous fait bien du mal, parce que j'la reconnais plus, et là, c'est comme si un mur venait de s'ériger entre elle et moi, au beau milieu du wagon numéro 7 du Poudlard Express tellement à cet instant précis j'découvre qu'on pense pas pareil. Depuis quand l'optimisme de Luzia s'est transformé en naïveté.

Terminé, hein, j'répète d'une voix dure en toisant Luzia du regard avec un mélange d'amertume et de dédain, mais ma vieille, atterris, ça ne fait que commencer, j'lui assène avant de replonger mon regard par la fenêtre.

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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Mer 21 Jan - 22:00

Dowey la fixait comme si des tentacules de strangulot avait pris la place de ses cheveux. Luzia savait qu'elle le poussait à faire des trucs dangereux - ce qu'elle ne faisait jamais d'habitude. Là, c'était vraiment parce que Dowey avait peut-être une chance de comprendre ce qui était réellement arrivé à sa mère. Connaître les coupables. Ils pourraient aller en prison. Et Dowey aurait vengé sa mère.
Vengeance. Voilà un mot qui ne faisait guère partie du vocabulaire de l'Espagnole. Et pourtant, n'avait-elle pas envie, elle, de démasquer ceux qui l'avaient torturée ? De connaître leurs noms et leurs motivations ? Si elle avait été en possession d'une moindre piste, elle aurait tout fait pour tenter de remonter le fil...

Le visage tourné vers la vitre du compartiment, Luzia entendit rire le garçon. Ce n'était pas son rire insolent de coutume, non, c'était un rire un peu forcé, jaune. Comme s'il avait un peu avalé quelque chose de travers et qu'il essayait de faire passer la pilule.

Terminé, hein, mais ma vieille, atterris, ça ne fait que commencer.

Dowey lui lança un regard qui blessa Luzia, avant de regarder lui aussi la vitre. La jeune fille demeura un moment sans rien dire, songeant aux paroles de son ami. Paroles dures, mais pleines de vérité. Un frisson parcourut son échine tandis qu'elle se rendait compte de tout ce que cela voulait dire. Ils n'auraient aucune trêve. Tous les Impurs étaient menacés : enfants comme adultes.

Je sais, soupira Luzia, à contrecœur. Je le sais, Dowey.

Elle se frotta les yeux, fatigués par la longue veille qui avait suivi la libération, et laissa ses paupières papillonner le temps de se réhabituer à la lumière blanchâtre que diffusait les néons du compartiment.

Tu as de la chance de rentrer à Poudlard. Vous serez en sécurité, là-bas.

Luzia se demanda cependant comment les élèves retrouveraient la paix. De nombreux Sangs-Pur avaient martyrisé des Impurs. Les tensions entre les SERPENTS et le reste des élèves étaient déjà vives, qu'est-ce que cela donnerait, désormais ? La rentrée risquait d'être compliquée.
La sienne aussi. Luzia allait devoir affronter une rentrée d'adulte, vivre à Londres, se gérer toute seule. Rien ne l'angoissait plus que de se retrouver seule. Heureusement que son père travaillait au ministère... Enfin, secouant la tête puis la laissant reposer contre la paroi du compartiment, l'Espagnole souffla à Dowey :

Il faudra être prudent.

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MessageSujet: Re: back from hell + LUZIA (septembre 1979) Mer 18 Fév - 21:25

Allongée de tout son long sur la banquette, étendue sur le côté gauche, la tête reposant mollement sur une écharpe de Serdaigle et les genoux repliés dépassant un peu du rebord moelleux, la jeune Gardiner dormait de tout son saoul. Rien ne la troublait : ni les cahots du chemin de fer ni le bruit de la locomotive à vapeur. Au contraire, tout cela semblait la bercer, comme un remous régulier et bienfaisant. Il lui semblait qu'elle remontait parfois à la surface de sa conscience, prenant davantage en considération les bruits. Elle entendait des bruits de paroles, et tentait de s'accrocher aux mots. Mais leur sens s'effilochait et elle finissait par lâcher prise pour retomber dans ce sommeil qui l'écrasait. Elle se trouvait bien dans cette torpeur, au chaud. Elle se sentait en sécurité. Ses muscles étaient détendus, sa respiration calme.
Parfois, elle sentait qu'on la repositionnait. Elle devait parfois pencher dangereusement vers le bord de la banquette. Là encore, elle voulait se réveiller, mais ses paupières restaient hermétiquement closes.

Et puis il y eut une secousse plus impressionnante que les autres et Jenny fut forcée d'ouvrir les yeux. Elle se trouvait allongée, les doigts de sa main gauche effleurant le sol du compartiment. Le temps de s'habituer à la lumière blâfarde et la jeune Serdaigle se rendit compte de la présence d'une amie de Dowey, qui faisait également partie de l'équipe de Poufsouffle. Doucement, Jag se redressa, se tournant vers Dowey.

Désolée, je me suis endormie longtemps...

Elle avait remarqué que la nuit était tombée. Elle s'assit, frissonnant légèrement, enfilant son écharpe. Depuis que l'institut avait été libéré, Jenny n'avait pas lâché Dowey et Cora. Elle avait été séparée d'eux tout l'été parce qu'elle n'avait pas le sang-pur. Retrouver ses amis d'enfance lui avait fait l'effet de retrouver sa famille. Et si, depuis qu'ils étaient dans le train, Cora était partie retrouver des amies de sa maison, Jenny avait été incapable de s'éloigner du Poufsouffle. Le preuve elle était trop fatiguée.

Ça va, demanda Jenny aux deux autres. On arrive quand ?

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