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Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène)

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MessageSujet: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Jeu 9 Oct - 16:33

(Appartement de Raphaël,
Chinatown, quartier de Soho, Londres)


La pièce était sombre. À travers les persiennes tirées, le soleil peinait à percer et de minces filets de lumière tachetaient le mur d'en face. Allongé sur son canapé-lit, en caleçon et t-shirt, le jeune homme de dix-huit ans oubliait sa déchéance dans la lecture de Charles Darwin. Si les animaux entre eux étaient hiérarchisés, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les hommes ? Après tout, les événements de l'été avaient mis au grand jour un certain nombre de secrets précieusement gardés jusque là. Toutes les protections que l'adolescent avait longuement érigées entre lui et le monde pour éviter que son secret ne s'ébruite s'étaient désintégrées, après sept années de mensonges. Tous avaient découvert que loin d'être fils de deux sorciers d'une grande famille de sang-pur française, il était le cadet d'un couple de moldus. La déception et la colère qu'il avait lues dans les regards de ses amis, ainsi que la haine dans ceux de leurs victimes passées avaient achevé de réduire sa fierté à néant.
Pourtant, il n'avait pas été le seul à perdre son immunité et il s'était lié avec quelques parias. Les exercices et punitions corporelles avaient été pour eux, les menteurs et profiteurs du système. Lui, avait perdu son statut de serpentard sang-pur craint par les plus jeunes et les plus fragiles. Il en était devenu une cible, sur lequel s'étaient vengé ceux qu'il avait trompés. Oh bien sûr, il n'y avait eu que ceux de son ancienne maison pour appliquer littéralement leurs menaces mais les mots de haine proférés à son encontre ne l'en avaient pas moins blessé. Longtemps, le jeune homme s'était cru en retrait de toute blessure, incapable de ressentir autre chose que de l'indifférence. Les douleurs estivales avaient éveillé en lui une profonde humanité dont il s'était cru dénué – et avaient fini par secouer sa fierté. Il avait payé le prix fort pour ses sept années de mensonges et aurait à vivre avec leurs conséquences.

Raphaël balança son livre et se leva, passant un pantalon. D'un coup de baguette, le petit appartement se rangea, faisant place nette pour recevoir son invitée. Il n'avait pas vu Marlène depuis des mois et l'affaire Clevergrace avait fait de lui un autre homme. Sa fierté avait été ébranlée jusque dans ses fondements tandis que le mensonge sur lequel sa vie s'était construite avait disparu. À quel point avait-il changé, il l'ignorait. Seuls ses proches sauraient s'en rendre compte.
Il traversa le salon pour se rendre dans sa chambre. Son regard croisa le reflet du miroir, s'arrêtant sur la cicatrice en demi-lune qui courait de sa pommette droite, à la racine de son sourcil. Il fit courir son doigt sur la marque rouge infligée par l'un des membres de l'équipe de Clevergrace, pour le punir d'être venu en aide à un élève s'étant effondré lors d'un rassemblement forcé. La cicatrice sur son visage était la seule visible ; les autres couraient le long de ses nerfs, de ses muscles et dans son âme. Les Doloris et autres exercices pratiques ne l'avaient pas épargné, « l'impureté » de son sang étant l'unique justification d'un tel traitement. D'un naturel peu bavard, il en était devenu un habitué des grandes tirades inutiles, un moyen de cacher les séquelles de l'été et de donner le change. Personne ne saurait rien de la réalité de son état. Depuis son entrée à Poudlard, il avait toujours gardé la tête haute et glissé sur les critiques comme sur un miroir. Rien de tout ceci ne devait changer, même si tout espoir en l'Homme l'avait presque abandonné. Alors qu'il avait longtemps défendu les valeurs de sang-pur, il avait vu poindre en lui une haine profonde des Mangemorts et de leur combat. Il se l'était promis en rentrant à Londres, il ferait tout pour leur barrer la route.

Raphaël repassa à la cuisine après s'être rafraîchi. Il décrocha son téléphone et fit tourner la roulette, composant le numéro du chinois du rez-de-chaussée. Il commanda à manger pour deux. Faire la cuisine n'était toujours pas sa tasse de thé et il n'avait guère envie que Marlène se rende compte qu'il ne mangeait guère plus que le nécessaire pour vivre. Le pathétique de sa situation ne tarderait pas à lui éclater au visage, le forçant à réagir. Pour l'instant, Raphaël attendait avec impatience et un peu d'appréhension, l'arrivée de son amie.


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Dernière édition par Raphaël A. Febvre le Mar 11 Nov - 18:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Ven 10 Oct - 23:23


22/09/1979

Depuis son retour de vacances, elle s’était rongé les ongles d’inquiétude. Elle avait passé deux mois loin de toute la folie de Londres et de la guerre avec Abraxas, tout ça pour apprendre à son retour la prise d’assaut des élèves, et tout ce qu’il s’était passé à Clevergrace. Un énorme malaise l’avait alors saisie quand elle avait réalisé que certains de ses amis avaient été torturés tous l’été alors qu’elle se prélassait au soleil, sans soucis… Raphaël, Swann, Daithe… Dès qu’elle avait appris la nouvelle, elle avait voulu aller les voir pour prendre des nouvelles, mais on lui avait dit d’attendre qu’ils aillent mieux, qu’ils se remettent. Il avait été dur pour elle de patienter, surtout quand elle avait appris que Swann était à l’hôpital à moitié amnésique. Elle n’avait pas encore pu aller le voir, mais comptait bien le faire bientôt. Pour ce qui était de Daithe, elle n’avait pu que lui envoyer une lettre et lui dire que quels que soient ses achats à sa prochaine visite au magasin, tout lui serait offert, et qu’elle espérait la voir bientôt. Et Raphaël… Et bien elle lui avait passé un coup de fil, et ils avaient fini par fixer une date de rencontre pour qu’elle dîne chez lui. Elle avait précisé à son fiancé qu’elle irait seule, car elle ne l’avait pas vu depuis longtemps, et qu’elle n’était pas très sûre de son état. Elle voulait pouvoir être là pour lui s’il en avait besoin. Car oui, elle était fiancée à présent. Si on lui avait dit auparavant qu’elle serait fiancée à dix-neuf ans, elle aurait sûrement rit de tout son cœur, et pourtant elle portait sa bague de fiançailles au doigt avec fierté. La jeune membre de l’Ordre aurait largement le temps de présenter Abraxas à son ami avant le mariage de toute façon.

Elle allait mieux. Si son état psychologique avait été très instable depuis qu’elle s’était faite attaquée par Nott et Carrow, elle avait à présent surmonté ses doutes et peurs, et était prête à reprendre son activité dans la lutte contre les forces du mal. Il y avait encore beaucoup à faire, et même si elle devrait à présent également jongler avec les préparatifs du mariage, elle arriverait à tout faire. Cela faisait officiellement un peu plus d’un an qu’elle avait reniée sa famille et vivait seule, et elle s’en portait très bien. Les premiers mois avaient été difficiles, mais elle s’en était sortie. Maintenant elle gagnait vraiment bien sa vie, et savait que de toute façon en cas de catastrophe, elle serait soutenue par ses proches. Depuis qu’elle vivait avec Abraxas, elle dormait un peu mieux la nuit, et avait arrêté de se réveiller en sursaut de peur que les Mangemorts l’aient trouvé chez elle. Elle avait toujours peur, et de violentes insomnies la prenaient encore de temps à autre du fait que la maison soit située près de l’allée des embrumes, mais elle était plus sereine.

La blonde sortit de ses pensées une fois prête à partir. Elle fit un crochet par le bureau où son fiancé écrivait son prochain roman pour l’embrasser et lui dire de ne pas l’attendre pour dormir au cas où elle s’éterniserait, et transplana à Chinatown, dans une petite ruelle proche de l’appartement de l’ex Serpentard. Soudain, une pointe d’anticipation naquit dans son ventre. Elle avait peur de le voir mal en point, et savait que si c’était le cas, elle ne devait pas dramatiser. Il ne devait pas avoir envie d’en parler, et elle voulait juste lui remonter le moral, être la bonne amie qu’elle avait toujours été pour lui. S’il voulait parler, elle l’écouterait bien-sûr, mais elle voulait juste être là pour lui, et pas lui rajouter un poids sur les épaules. Une fois devant la porte, elle rejeta sa longue chevelure blonde par-dessus son épaule, prit une longue inspiration et donna trois coups fermes sur la porte. Elle entendit des pas derrière la porte un moment avant que cette dernière ne s’ouvre. Son ami était balafré, mais elle fut heureuse de le voir debout, et ne put se retenir ne venir le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui un moment. – Tu m’as manqué espèce d’imbécile. Dit-elle, essayant de contenir son émotion. Il était bon de le serrer contre elle après la peur qu’elle avait eue pour lui. Elle se recula après une trentaine de secondes. – Désolée, je suis en train de t’étouffer.
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Dernière édition par Marlene McKinnon le Mer 19 Nov - 22:03, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Lun 20 Oct - 18:10

Que pouvait-il y avoir de plus délicieux que d'enfouir son visage dans les cheveux de son amie ? Raphaël ferma les yeux, tandis que Marlène resserrait son emprise autour de son corps. Enfouissant son nez dans la chevelure de son amie, le Français passa ses bras autour de l'ancienne gryffondor. Après tant de peines, de douleur, de colère et de faiblesse, l'été s'affaiblissait dans ses souvenirs douloureux, laissant place aux images colorées des rires, des embrassades, des blagues, des secrets qu'il avait partagés avec Marlène depuis qu'ils se connaissaient. Marlène était pleine de vie. Il y avait dans son sourire et dans ses yeux des étincelles que Raphaël n'avait jamais eues. Pourtant, les épreuves estivales avaient profondément bouleversé son être. Raphaël n'était plus l'adolescent froid et indifférent qu'avaient façonnés Poudlard et ses mensonges. Avec les événements de l'été, il s'était ouvert aux autres qui partageaient sa condition de rebuts de la société. Le Français avait découvert l'altruisme, l'entraide, l'amitié.
Il s'était rendu compte que ce picotement dans tout son être dès qu'il voyait Garance, ce sourire dépourvu de tout cynisme sur sa bouche quand il pensait à elle étaient des preuves de son amour. Oui, il l'aimait. Tout seul dans sa cellule, le corps meurtri et l'esprit en vrac, il avait enfin compris et avait trouvé la force de se lever pour le crier au plafond indifférent, aux gardiens inhumains, au monde là dehors...

Marlène le lâcha pour s'éloigner légèrement et avoir une vue d'ensemble sur les ruines humaines qu'il était certainement de l'extérieur. « Je préférerais que tu m'étouffes mille fois, plutôt que de revivre cet été » murmura-t-il avec un sourire triste. Il passa sa main sur la joue de Marlène. Leur couple n'avait été qu'un leurre, mais leur affection était on-ne-peut-plus réelle. Raphaël considérait Marlène comme la grande sœur qu'il n'avait jamais eue. Bien sûr il y avait son frère, loin de lui aux États-Unis – mais l'amour fraternel, le respect et l'attention qu'il avait pour Marlène étaient bien plus forts. L'adolescent avait toujours regardé son frère avec admiration mais voilà, Jonas était un dieu grec, qu'on adore et qu'on mystifie – pas une personne avec des sentiments. Jonas et Raphaël n'étaient pas si différents, finalement. Quoi que, ils avaient été semblables...

« Tu es toujours aussi belle » dit Raphaël en refermant la porte derrière elle. « Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de te voir » ajouta-t-il, sans pour autant se retourner vers elle. Il leva légèrement la tête et ferma les yeux, sentant des larmes poindre à leur coin. Il n'avait jamais pleuré depuis son entrée à Poudlard. Ses jambes flageolèrent. Il posa sa main sur la porte et inspira profondément. « Excuse-moi » murmura-t-il à l'intention de Marlène avant de se retourner pour lui faire face, les larmes roulant sur ses joues.
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Mer 12 Nov - 23:20


22/09/1979

Elle le sentait différent. Elle venait à peine de le revoir et de le serrer dans ses bras pour la première fois depuis des mois, mais elle le sentait déjà différent. Il y avait quelque chose de changé dans la façon dont il la tenait contre elle, la façon qu’il avait de respirer l’odeur de ses cheveux, quelque chose de plus désespéré qu’avant. L’ancienne Gryffondor ne pouvait qu’imaginer les choses qu’il avait vécues à l’institut cet été, et son cœur se serrait à chaque fois qu’elle y songeait. Elle devait être là pour lui, rattraper son absence de cet été. Elle devait être forte pour lui, le soutenir, l’aider autant qu’elle le pouvait. Quand elle s’éloigna et qu’il lui dit qu’il préférait qu’elle l’étouffe que revivre cet été, la boule déjà présente dans sa gorge tripla en taille, et elle dut serrer fort son poing gauche pour ne pas se laisser submerger par l’émotion. Elle appuya son visage contre la grande main de son ami. Le couple qu’elle avait formé pendant près d’un an avec Raphaël avait certes été complètement monté de toutes pièces, l’affection qu’elle lui portait ne l’était pas, et elle savait que cela était réciproque. Elle tenait  Raphaël comme à un frère, elle aussi, et savoir qu’il avait vécu tant d’horreur, et qu’elle n’avait rien pu faire pour lui l’anéantissait. La jeune femme avait un frère aussi, Marvin, mais cela faisait une éternité qu’il ne lui donnait plus de nouvelle. Elle avait fini par croire que lui aussi, comme ses parents, avait fini par la considérer comme une traître à son sang. Il avait pourtant juré de ne jamais en arriver là. Au moins, la commerçante était certaine que Raph’ ne la laisserait jamais tombé.

Un sourire tendre s’écrasa sur son visage quand il lui dit qu’elle était belle. – Et toi toujours aussi beau. Rétorqua-t-elle en souriant tendrement. Il avait fermé la porte, et lui tournait à présent le dos. Puis elle vit son corps trembler légèrement, il agissait bizarrement. Sa voix faible lui mit la puce à l’oreille, et ses soupçons furent confirmés lorsqu’il se tourna vers elle les joues humides de larmes. Il ne fallut pas plus de quelques secondes à la blonde pour venir le prendre dans ses bras et le serrer fort contre lui. – C’est moi qui suis désolé, Raph’, t’as vraiment pas à t’excuser. Elle murmura, la voix clairement empreinte d’émotion. Plus les secondes passaient, plus il était difficile pour elle de garder son sang-froid. Elle n’avait encore jamais vu son ami dans un tel état. – Si j’avais su ce qu’il allait se passer cet été, je serais jamais partie. Quand je pense à tout ce temps que tu as passé là-bas, et aux horreurs qu’ils ont dut te faire subir, et que j’ai rien pu faire pour toi… Elle aurait remué ciel et terre pour aller le chercher pourtant, quitte à y laisser la vie. Elle n’aurait pas supporté de perdre le Serpentard. Elle avait beau s’en vouloir à mort pour ne pas avoir été là, elle ne voulait pas être égoïste et rapporter le sujet à elle alors elle murmura. – Si tu veux en parler, je t’écouterais. Si tu ne veux pas en parler, je trouverais autre chose à te dire, des trucs pour que tu n’y penses plus. Elle se recula légèrement et tira un mouchoir de son sac pour venir doucement éponger les joues humides de son ami, et se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser affectueux sur le front de son ami. Elle-même avait les yeux brillants d’émotion et rassemblait toute sa force pour ne pas pleurer. – J’suis là maintenant, j’suis avec toi, et j’vais t’aider. T’es plus tout seul. J’te laisserais jamais tombé, tu le sais ça ?
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Dim 16 Nov - 17:28

Jamais autant de sentiments ne s'étaient bousculés, dans le cœur de l'ancien serpentard. Il avait la sensation que cette salve d'émotions, décuplée par la présence et l'affection de Marlène, contribuait au chemin de croix qu'il entreprenait depuis la sortie de l'institution vers un renouveau. Raphaël était devenu un autre – en fait, il était devenu un homme, avec son poids de souffrances. La vie n'épargnait personne – pourquoi en aurait-il été autrement pour lui ? Pourtant, dans son malheur, il en avait tiré de grands enseignements sur sa vie et son entourage : Jonas s'était bien gardé de le rejoindre à Londres pour prendre soin de lui, alors que ses parents l'attendaient à la sortie de King's Cross et avaient passé une semaine avec lui, s'arrachant difficilement à lui pour retourner à leur vie parisienne. Depuis, le jeune homme les avait très souvent au téléphone.

« Tu étais dans mes pensées » affirma Raphaël pour que son amie ne culpabilise pas – elle n'était en rien à l'origine des horreurs qui s'étaient déroulées dans les salles sombres de Clevergrace. « Je t'ai imaginée me tendant la main pour m'aider à me relever toutes les fois où je suis tombé » ajouta-t-il, préférant cependant ne pas s'attarder sur les raisons de ses chutes. Il se tiendrait à son serment. Il ne voulait pas voir de pitié dans les yeux de son amie et le meilleur moyen pour l'éviter était de ne pas aborder en profondeur les agissements des geôliers de l'institution. « Tu ne m'as jamais laissé tomber » dit-il en prenant le visage de Marlène entre ses mains. « Tu ne pouvais rien faire pour éviter ça. Ne te fustiges pas de ne pas avoir été dans ce train » ajouta-t-il avec un faible sourire – il n'aurait pas supporté qu'on lui fasse du mal. « Te savoir en sécurité m'a changé les idées » Et comme à chaque conversation depuis son retour, Raphaël détourna sa souffrance en un baratin inutile. « Tu sais qu'on s'est retrouvés à porter des tenues absolument hideuses ! Imagine-moi, le roi du style français avec une tenue de bagnard. Autant ça allait à certains mais moi, j'avais l'air d'un parfait crétin. Un crétin impur... » finit-il à voix basse en faisant asseoir son amie dans le canapé avant de passer à la cuisine.

« Tu as l'air en forme » lança-t-il en posant la bouilloire sur le feu. « C'est un homme, qui te fait cet effet-là ? Rassure-moi, tu ne m'as pas trompé, tout de même ? » ajouta-t-il avec espièglerie en pensant à leur pseudo-couple qui en avait attrapé plus d'un, à Poudlard. Finalement, badiner ne semblait pas si difficile. Raphaël pouvait faire semblant et s'il passait toute l'après-midi à agir ainsi, peut-être finirait-il par croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? La négation était un processus de guérison comme un autre et si elle pouvait lui permettre d'éviter de se dévaloriser, tant mieux. Il pourrait ainsi éviter de s'enfoncer dans cet idéal de sang-pur qu'on lui avait subrepticement fourré dans le crâne depuis sa première année et qui avait mené à tant de mensonges et de souffrances. « Tu veux du thé, beauté ? » lança-t-il en passant la tête dans l'embrasure de la porte, un sourire vissé aux lèvres – elle éveillait en lui des trésors d'espoir et de joie et il venait de décider de s'y agripper comme un forcené.

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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Dim 11 Jan - 17:04


22/09/1979

En ce moment précis, rien ne pouvait effacer la culpabilité qui plantait le coeur de Marlène de milliers de petits couteaux. Le temps seulement saurait le faire, mais en attendant, elle ne se permettrait pas de faire peser sa culpabilité sur les problèmes déjà trop grands de l'ancien Serpentard. Elle serait la bonne amie qu'elle a toujours été, le soutiendrait pendant cette période difficile, et l’aiderait tant que possible à réussir à vivre avec le passé chargé tombant sur ses épaules. - Je n'étais pas physiquement avec toi là-bas, mais d'une façon ou d'une autre, je serais quand même toujours là. Elle sourit doucement, se résignant finalement à penser que de toute façon, elle n'aurait en effet rien pu faire de plus que ce qui avait déjà été fait. Elle était aussi soulagée que Raphaël ne lui en veuille pas pour ne pas avoir été là à la libération de l'institut.

- La tenue de bagnard devait jurer avec ton teint. Tenta-t-elle de plaisanter pour rester dans le ton léger de conversation qu'avait instauré son meilleur ami. Elle tiqua lorsqu'il parlait d'être impur, et Raph n'était pas sans savoir que ce genre de chose faisait tiquer la jeune femme. Mais pour cette fois, elle décida de ne pas s'attarder dessus, car elle savait que son ami était déjà en état de choc et, ne souhaitait pas en rajouter. Pour le moment, elle se contenterait d'être présente pour lui, et s'occuperait de lui parler de sujets plus importants une autre fois. Si il se considérait encore comme un être impur, Marlène comptait bien exterminer cette idée de ses pensées, à long terme.

Le Français était loin d'imaginer à quel point il avait raison lorsqu'il mentionna qu'une homme était entré dans sa vie. Sûrement trop perturbé par son expérience de cet été, il n'avait pas remarqué la toute nouvelle bague trônant à l'annulaire droit de la blonde, la bague de fiançailles offert par Elwïn. Le cerveau de Marlène marchait à mille à l'heure. Comment annoncer une nouvelle si importante et si inattendue à son meilleur ami ? Si elle avait pensé qu'elle allait devoir lui dire, elle avait aussi pensé avoir un peu plus de temps pour y penser, mais puisque le sujet était lancé, elle devait se jeter à l'eau. Ainsi, elle se leva, et se mit devant la porte lorsque le jeune homme lui proposa du thé, n'ayant pas dit un mot de plus depuis. - Avec plaisir. Dit-elle simplement, s'adossant à la porte pour le regarder s'affairer. - Et… Il y a quelqu'un. Finit-t-elle par dire, son regard tombant à ses pieds alors qu'une couleur rosée commença à teinter ses joues habituellement pâles. - Je… Je suis fiancée. Finit-t-elle par dire tout de go, ne trouvant pas de meilleure façon de le dire. - Et tu es bien entendu invité à mon mariage… Enfin… Si tu le veux. Je sais que… Il y a encore moins d'un an, j'étais cette jeune fille perdue qui pensait que l'amour n'était que pour les autres et que je n'étais faite que pour des histoires sans lendemain et puis… Elle s'embrouillait, ne trouvait plus les mots. Elle ne savait pas si il serait content pour elle, ou juste terriblement choqué, ou bien les deux.
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Lun 9 Fév - 14:37

Raphaël posa la bouilloire sur le feu et, tout en fouillant dans ses placards, entendit la réponse de Marlène à sa question lancée sur le ton de la plaisanterie. Il s'arrêta net et déglutit. Il fit volte-face, une boîte de thé dans les mains et porta immédiatement son regard sur la main de son amie. Une bague – comment n'avait-il pas pu la remarquer ? Elle flamboyait au doigt de Marlène. Un maigre sourire s'esquissa sur son visage lorsqu'elle ajouta qu'il était invité au mariage. Il se sentait hors du temps et de l'espace. Les événements de l'été l'avaient fait manquer l'un des moments les plus importants de la vie de son amie. Il s'en voulut de ne pas l'avoir contactée plus tôt. Il faisait un bien piètre meilleur ami...

Il posa le thé et rejoignit Marlène près de la porte, prenant ses mains dans les sienne. Un grand sourire, emprunt de franchise, d'affection et d'amour se peignit sur son visage et le bonheur irradia de ses yeux fatigués par tant de nuits à craindre le pire dans les ténèbres de sa cellule. « Je ne trouve pas de mots suffisants pour exprimer à quel point je suis heureux pour toi et ton fiancé, Marlène. Tu es une femme merveilleuse, attentionnée, d'une gentillesse sans égal, à l'esprit vif et à l'amour sans borne. Tu mérites ce bonheur plus que n'importe qui » dit-il, son regard vrillé dans les yeux de son amie. Si lui-même n'était pas heureux, il pourrait au moins se ressourcer dans le bonheur de Marlène. « Je ne te cacherai pas que je suis immensément jaloux de l'heureux élu » ajouta-t-il dans un éclat de rire. « Je crois que je ne le supporterai pas si tu me disais qu'il embrasse mieux que moi ! » dit-il avec un clin d’œil, faisant référence à l'époque, si lointaine, où ils formaient une couple à Poudlard. « Je suis tellement fier de toi » dit-il enfin, attirant son amie contre lui, trop heureux de pouvoir se réfugier dans une étreinte.
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Dim 22 Fév - 17:09


22/09/1979

La blonde vit le mouvement de son meilleur ami s'interrompre tout d'un coup, et quand il se retourna, elle savait qu'il vérifiait la véracité de ses propos en regardant sa main. Son sourire s'agrandit, un peu timide. Non pas qu'elle craignait la réaction de Raphaël, mais elle savait qu'annoncer une bonne nouvelle était assez délicat par ces temps orageux. La guerre qui faisait rage, et l'expérience de son ami à l'institut avaient fait que la sorcière avait longtemps hésité à lui annoncer la nouvelle si tôt. Elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle se fichait de ses problèmes, car cela était bien-entendu ridicule. Mais d'un autre côté, elle ne voulait rien lui cacher, et au fond d'elle, elle espérait que cette nouvelle lui remonte un peu le moral, qu'elle lui fasse oublier ses problèmes ne serait-ce que durant quelques minutes.

Lorsqu'il prit ses mains dans les siennes, elle effectua une légère pression affectueuse en le regardant, un sourire léger planté aux lèvres. Elle était heureuse de l'avoir près de lui, l'année durant laquelle ils avaient été séparés car il était encre à Poudlard avait été longue, et les quelques visites de sa part n'étais pas suffisantes. S'ils avaient correspondu très régulièrement par courrier, cela ne remplaçait en rien les nombreuses soirées qu'ils avaient put passer à discuter dans une salle de classe vide, essayant d'échapper aux rondes des préfets le mieux possible. Elle rit doucement à ses paroles et le serra dans ses bras tendrement. - Merci, Raph', mais tu me donne bien trop de qualités, tu sais. Elle rit doucement, et s'écarta pour prendre le visage du jeune homme entre ses mains, le regardant dans les yeux. - Et tu mérites le bonheur toi aussi. Les temps sont graves, alors il faut trouver la joie dans les petites choses. Elle déposa un baiser sur son front avant de perdre son sérieux et de reprendre son comportement habituel, donnant un petit coup de coup de dans ses coudes. - Bon, et ce thé alors, ça vient ? Dit-elle en riant, se posant sur une chaise pour le regarder s'affairer. - Et toi ? Tu ne vas pas me faire croire qu'il n'y a personne qui t'a tapé dans l’œil. Marlène essayait de garder un ton léger, histoire de ne rien dramatiser et de garder la bonne humeur au rendez-vous. Si il ne voulait pas parler de ce qu'il s'était passé cet été, elle avait quand même du temps à rattraper avec son meilleur ami, et voulait tout savoir.
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MessageSujet: Re: Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène) Lun 16 Mar - 11:14

Ses parents le lui avaient maintes fois répété depuis son enfance, on pouvait puiser son bonheur dans celui des autres. L'égoïsme de son caractère l'avait empêché de s'en rendre compte mais en ce jour d'éclatant bonheur pour son amie, Raphaël comprenait enfin les paroles de ses parents. Il en avait compris le sens en voyant leur sourire et leurs larmes de joie en le voyant descendre en vie du train qui les ramenait d'Enfer ; il en comprenait à présent toute la dimension. Le mariage de sa meilleure amie posait un jalon dans leurs vies. Il marquait le début d'une nouvelle vie pour Marlène, il inscrivait une courbe dans celle de Raphaël, qui se prenait presque à rêver de bonheur. Et de Garance.

Lorsque Marlène pris son visage dans ses mains, le jeune homme lui adressa un de ces sourires francs dont il découvrait doucement l'existence – un sourire emprunt d'amour, de fierté, d'attachement et de loyauté. Il éclata de rire et alla récupérer la bouilloire. Il la posa sur la table, s'assit et se releva aussitôt en se rendant compte qu'il avait oublié les tasses. Et le thé, qui lui valu un aller-retour de plus. Il ne jeta pas un regard à sa baguette, posée sur la console de l'entrée. Depuis son retour de l'institut, Raphaël faisait tout son possible pour ne pas se servir de la magie. La cicatrice marquant son visage était due à un sortilège et sa fascination adolescente pour la magie s'était transformée en aversion profonde. Et en peur viscérale, mais il aurait été bien incapable de le reconnaître.

Une fois assis, il saisit la bouilloire et entreprit de servir le thé. La question de Marlène provoqua un raté de son cœur. Le thé déborda de sa tasse et forma une petite flaque sur le revêtement en verre de la table. Raphaël lâcha un juron et s'affaira de nouveau, tentant de calmer les battements de son cœur et cherchant comment formuler ce qu'il avait aussi d'important à dire. Il n'était pas question de cacher son inclination plus longtemps, mais il n'avait guère réfléchi à la façon d'introduire le sujet. Marlène le prenait de cours. Une fois de nouveau assis, les deux tasses servies et toute excuse envolée, Raphaël se racla la gorge.

« À vrai dire, je voulais t'en parler depuis longtemps mais je n'ai jamais trouvé l'occasion, ni les mots » répondit-il sans quitter la contemplation de son thé. Il releva la tête, inspira profondément et continua. « Il y a quelqu'un. Je crois qu'il y a toujours eu quelqu'un, en fait. C'est juste que j'étais trop occupé à m'aimer pour le comprendre. J'ai eu le temps de réfléchir, là-bas – de beaucoup réfléchir. » L'angoisse étrangla sa voix. La peur d'y retourner courait dans ses veines, quoi qu'il fasse. Un frisson parcourut son corps. Il inspira de nouveau et but une longue gorgée de thé brûlant. « Je suis amoureux de Garance Folkhart » conclut-il dans un murmure, les yeux dans le vague et le visage de l'ex gryffondor dans la tête.

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Les malheurs d'enfants du siècle (Marlène)

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