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Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood

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MessageSujet: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Dim 23 Aoû - 22:00

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Renvoyée. Comme la pire espèce d'indésirable. Humiliée. Et privée de sa baguette. Après les hurlements, après la fureur, le mépris glaçant des Moon, le bref, et lapidaire discours du ministère, la première chose que firent ses parents fut de lui retirer sa baguette. Et pour être certains qu'elle n'emploierait pas une quelconque ruse, ils la firent placer dans leur coffre à Gringotts sous le regard éteint de leur fille, qui contempla par la même occasion la maigreur de leur fortune familiale. La sorcière aurait pu leur avouer toute la vérité, et qui sait, obtenir le pardon, et peut-être même le réconfort dont elle rêvait. Mais parler revenait à incriminer Niclas Travers, et dénoncer Niclas Travers serait plus pénible et douloureux encore. Alors elle se tut, endossa la totale responsabilité de ce fiasco et ne dit plus rien de tout l'été. Depuis qu'elle n'avait plus sa baguette la jeune rousse dépérissait, elle se fanait, heure après heure, jour après jour. Mr et Mrs Moon n'y prêtèrent aucune attention les premiers jours, tout à leur colère, mais quand on leur fit poliment remarquer qu'elle ne mangeait presque rien, et plus suspect encore, ne parlait quasiment plus, ils eurent des doutes. Mais pas assez pour lever leur terrible punition. La rouquine s'enfonça plus encore dans une morne, et silencieuse peine, tout à la fois apeurée et révoltée par les gens comme Travers, furieuse du peu de sympathie que ses propres parents lui témoignaient.
Les vacances approchaient de leur fin, et exceptionnellement, et après une rude négociation, l'aîné des Moon, Mordred, avait obtenu qu'elle puisse passer quelques jours chez lui. L'arithmancien ne comprenait pas qu'on prive sa soeur de sa baguette, lui jugeait la réaction de ses parents disproportionnée, mais entre la fureur des géniteurs, et le silence de la jeune femme, il n'avait eu aucun moyen d'agir maintenant. Toutefois Mordred était convaincu de l'innocence de sa petite soeur. Certes elle pouvait faire preuve d'une terrible inconscience, mais jamais, oh non jamais, elle ne se serait mise en danger de la sorte.


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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Sam 29 Aoû - 23:36

Depuis quelques jours déjà, l'atmosphère n'était plus la même dans l'appartement londonien qu'occupaient Augustus et Mordred. Certes, les pièces baignaient toujours dans un silence propice au travail ou à la contemplation, et aucune des œuvres d'art que collectionnait Augustus n'avait changé de place - à vrai dire, personne n'aurait pu dire qu'il y avait pourtant quelque chose de nouveau chez les deux meilleurs amis.
Cette nouveauté n'était autre que la venue momentanée de Morag, la petite soeur de Mordred, qui était venue s'installer ici pour fuir la colère de ses parents. Colère méritée, selon l'avis du jeune Mangemort, puisque la presque septième année avait mis un beau bazar à Falkonera et, par conséquent, à pratiquement tous les Départements ministériels. Autant dire qu'il y avait eu du fil à retordre. La voilà désormais privée de baguette, ce que Augustus ne pouvait s'empêcher de voir comme une bonne idée.
Morag était un sujet de conversation récurrent - Mordred ne manquait pas de rapporter les derniers exploits de sa sœur, avec affection, certes, mais non sans malice et Augustus ne pouvait s'empêcher de lâcher un commentaire sarcastique.
Si Morag était là, c'était parce que l'appartement des jeunes hommes était vaste : une pièce, aménagée en chambre d'amis, servait à accueillir des amis ou de la famille. Néanmoins, la jeune fille n'était pas aussi bavarde qu'à l'ordinaire et sa présence faisait à Augustus l'idée de vivre avec une ado en rébellion.

Ce jour-là, Rookwood profitait de son jour de congé pour lire un récent ouvrage sur la divination des temps modernes, tandis que Mordred, après avoir passé une bonne partie de la nuit à plancher sur un problème d'arithmancie, s'était rendu à son travail, laissant le-dit problème en exposition sur la table basse du living-room. La baie vitrée donnait sur le Londres sorcier, ce qui en faisait une pièce agréable et employée en grande partie pour travailler. Le Langue-de-plomb laissa errer son regard sur le salon, tandis qu'il réfléchissait à un paragraphe particulièrement pertinent de son ouvrage. Soudain, ses yeux tombèrent sur le problème d'arithmancie... résolu.
Le jeune homme se redressa presque en sursaut. Mordred l'avait-il réussi ? Non qu'il doutât des compétences de son ami, seulement, il savait que si Mordred l'avait résolu, il aurait été mis au courant.

Il inspecta le parchemin, le rapprochant de lui. Il n'y avait aucune rature. L'écriture, ronde et fine, ne semblait indiquer aucune hésitation. Comme s'il ne s'agissait que d'écrire l'alphabet. Sans être arithmancien, Augustus avait quelques connaissances - ces dernières lui permettaient de comprendre à quel point le problème était ardu. Il regarda encore et arriva à la conclusion que ce n'était pas Mordred qui avait écrit tout cela. Quelques indices concernant la graphique des chiffres lui mettait la puce à l'oreille. Augustus était quelqu'un qui faisait attention à ce genre de détails qui n'en étaient pas. Mais, si ce n'était pas Mordred, qui était-ce ?
Quelques secondes seulement lui suffirent. Il se leva promptement et gagna l'extrémité de l'appartement à grandes enjambées avant de frapper quelques petits coups contre la porte de la chambre de Morag. Il écarta le pan de bois et se glissa dans la chambre. La jeune fille était allongée sur son lit, contemplant de plafond, dans une attitude représentant parfaitement une adolescente boudeuse.
Morag ? demanda Augustus de sa voix grave, est-ce toi qui as fait ça ?

Il lui tendit le problème et observa son visage, guettant sa réaction.

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Dernière édition par Augustus P. Rookwood le Ven 4 Sep - 21:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Dim 30 Aoû - 16:59

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Il n'y avait que Mordred pour croire à son innocence, mais même à lui elle ne pouvait se confier. A personne. Cette douleur elle l'enfermait en elle, à double tours, n'autorisant personne à en apercevoir les contours gémissants, car jamais Travers ne se faisait prendre. Jamais il ne commettait d'erreur, grossière, fatale. Et jamais elle ne se plaignait. En silence elle ramassait sa douleur éparse, la ramenait tout contre elle et l'enfouissait dans sa chair, dans sa mémoire. Niclas Travers n'avait plus rien d'humain. Lui qui se croyait si supérieur, lui qui affectait une respectabilité de façade... Moon voyait aussi clairement en son âme noircie qu'en plein jour. Il n'avait rien de bon en lui, rien à offrir, que chaos et misère, qu'une sombre promesse d'horreur, un ticket sans retour pour les abîmes grouillantes de monstres d'un monstre. La rousse le haïssait. Tout comme elle honnissait sa propre lâcheté.
Privée de sa baguette, elle se sentait affreusement impuissant. L'adolescente n'avait plus goût à rien. Les heures, les jours, les nuits s'écoulaient sans charme, sans saveur dans une indifférence déprimante. C'est à peine si Augustus Rookwood lui lançait un regard. Le beau sorcier ne lui témoignait qu'une politesse glacée, et cela, peut-être plus que tout, affectait son moral. Aussi loin que s'en souvienne la jeune fille, elle avait toujours éprouvé une admiration grandissante envers l'ami de son frère, et ce sentiment qui s'était mué en une adoration silencieuse au fur et à mesure qu'elle se développait, n'avait jamais éclaté. Moon se gardait bien de rechercher la compagnie de Rookwood, tout comme elle agissait avec discrétion lorsqu'il se trouvait dans les parages, glissant telle une ombre furtive, un éclair roux et puis plus rien.
▬ Morag ? Allongée sur le lit, les mains posées sur sa poitrine, elle avait tout l'air d'une défunte dans sa modeste robe blanche, sa chevelure de cuivre répandue sur l'oreiller. Son regard était fixe, perdu dans les détails insipides du plafond, empli d'une profonde mélancolie, est-ce toi qui as fait ça ?
Tirée de sa léthargie, l'adolescente se redressa, prise d'un léger vertige après une si longue immobilité. Bien sûr, c'était elle, qui d'autre sinon ? Mais elle nia pourtant d'une voix rauque, incertaine après avoir si peu parlé depuis son retour de Falkonera.
- Non, pour autant son regard clair ne croisa pas celui de Rookwood, elle se leva, lentement, et fit quelques pas instables, étourdie pour se poster à la fenêtre de sa chambre.
D'un geste absent elle écarta les rideaux pour laisser pénétrer la lumière du jour et observer la vie moldue qui s'épanouissait au-dehors. Soudain l'idée lui vint que c'était sûrement là sa place. Dehors, avec eux, parmi eux. Si elle partait ils ne pourraient pas la retrouver, et sans baguette elle ne pourrait faire de magie. Ce serait peut-être mieux ainsi...
- Mordred a résolu son problème, elle avait beau essayer de se maîtriser, d'être pour une fois une Moon, sa voix crevait d'une lancinante mélancolie, et c'était plus à elle même qu'à Rookwood qu'elle s'adressait.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Ven 4 Sep - 22:49

Augustus n'agissait jamais sur un coup de tête. Non pas que tout était planifié à l'avance et qu'il suivait fidèlement un plan bien ficelé - au contraire. Le jeune homme savait quand il pouvait suivre son instinct. Être Langue-de-Plomb vous apprenait à déterminer quelle intuition était la bonne et à la suivre jusqu'à son aboutissement. Là, en l'occurrence, alors qu'il était debout devant le lit de Morag, Augustus avait la certitude d'être sur une piste plus que prometteuse.
Il connaissait la difficulté du problème. S'il n'aurait jamais pu trouver la solution par ses propres moyens, il la comprenait maintenant qu'elle était inscrite noir sur blanc sur le parchemin. C'était brillant. Et ce d'autant plus que la graphie témoignait d'une assurance incroyable. C'est pourquoi Rookwood voulait arracher un aveu de Morag. Il sentait en lui monter une excitation sourde, lancinante, mais, comme à son habitude, il eut une attitude neutre, comme s'il était vaguement intéressé. Même son regard luisait mornement, comme s'il n'effectuait qu'une visite de courtoisie. La jeune Moon refusa de dire que cela venait d'elle.
Mordred a résolu son problème, lâcha-t-elle d'une voix basse.

Elle s'était pourtant redressée, comme piquée par la question. Attitude factice qui n'échappa pas au jeune homme.
Vraiment ? dit-il sur un ton calme, j'aurais pourtant juré que Mordred n'avait rien résolu en partant ce matin.

Il avança vers le lit où se trouvait Morag. Elle regardait ailleurs, fuyante. Pour la première fois alors, Rookwood la considéra vraiment. Elle ressemblait fortement à ses frères, avec des joues plus rondes, toutefois, et un regard plus acidulé. Son teint pâle contrastait du tout au tout avec le feu de ses cheveux, et ses paupières étaient bleuies par son cloisonnement contraint.
Augustus sut qu'il avait trouvé une perle. Non, mieux, un diamant. Une pierre transparente, qu'il fallait travailler un peu pour faire sauter les souillures et pour en révéler tout l'éclat. Morag, sous son apparence de fille maladroite et pas assurée, était un cerveau qui fonctionnait à toute vitesse, capable de surpasser celui non moins aiguisé de Mordred. Augustus voulut s'asseoir sur le matelas pour se rapprocher d'elle et sonder l'ampleur de son talent. Il resta pourtant de marbre devant elle, craignant peut-être son éclat. Comment avait-il pu passer à côté d'une telle acuité ? Morag passait souvent à l'appartement, dormant plusieurs nuits d'affilées. Elle avait toujours été à côté de lui, à portée de main. Et voilà qu'un hasard lui montrait combien il avait eu tort de la sous-estimer. C'était comme si, après avoir cherché des mois durant un pauvre gramme d'or, un chercheur d'or avait laissé tomber sa pioche par terre et rencontré alors un joyau d'une pureté rare. C'était une claque qui lui faisait l'effet d'un ébahissement.

Il savait qu'il ferait tout pour qu'elle devienne son apprentie, pour qu'il la débarrasse de sa carapace de victime boudeuse et qu'il la révèle au monde telle qu'elle était vraiment.

Augustus laissa tomber la feuille du problème devant les genoux de Morag.
Je suppose que tu n'as pas besoin de moi pour reconnaître ta propre écriture, ajouta-t-il en la fixant du regard.

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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Ven 4 Sep - 23:28

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Les moldus ne se doutaient de rien. Leur vie, leur mort... Tout cela se passait sans avoir idée de la magie toute proche. Et elle, l'âme en peine, les observant, enviant leur légèreté, leur insouciance, la placidité avec laquelle ils marchaient sur cette rue. Maintenant que cette idée avait jaillit, son esprit prompt filait déjà à la vitesse d'un sort, planifiant, inventant, inventoriant, créant, tuant dans l'oeuf une idée même pas encore formulée. Au final c'était peut-être Travers, et tous les gens comme lui, tous ceux qui lui répétaient qu'elle ne méritait pas son sang, son rang, jusqu'à sa propre famille qui se désolait de ce qu'elle n'était pas, qui avaient raison. Depuis le début. Car qui voudrait l'épouser ? Qui voudrait de Morag Moon ? Celle dont tout Poudlard se moquait. Qui voudrait s'allier aux Moon par son biais ? Tout Serpentard n'était pas sans ignorer l'aversion de Travers à son égard. Un trou se creusait dans sa poitrine, et ce même trou se frayait un chemin jusqu'à son estomac. Elle poussa un soupir discret, regardant une dernière fois les moldus, en se promettant d'étudier plus tranquillement ce projet. Après tout qui la retiendrait ? Elle vint se rasseoir sur son lit, docile, fuyant toujours le regard dAugustus Rookwood.
▬ Vraiment ? Mais que cherchait-il ? A la dénoncer ? Mais à qui ? Mordred ? Ce n'était qu'un malheureux problème d'arithmancie... Mordred ne lui avait pas formellement interdit d'y toucher, même s'il ne l'y avait pas non plus invitée. Un instant elle se demanda si ce n'était pas quelque chose de confidentiel, et cette pensée soudaine suffit à l'emplir de panique. Mais aussi d'un regret qui creusait plus encore le trou dans sa poitrine, j'aurais pourtant juré que Mordred n'avait rien résolu en partant ce matin.
- Je ne l'ai pas vu avant son départ, hasarda la sorcière de sa voix fluette, si discrète qu'il fallait tendre l'oreille, sûrement a-t-il trouvé la solution dans la nuit. Cela lui arrive souvent.
Pieux mensonge, mais maintenant elle voulait plus que tout éviter la brouille avec son frère. Le seul qui prenait toujours sa défense.
▬ Je suppose que tu n'as pas besoin de moi pour reconnaître ta propre écriture.
La sorcière fixa le parchemin, longuement, la gorge sèche. Oui, c'était bien son écriture. Une écriture ronde et fine, assurée, sans complexe, gracieuse et rapide, comme si ses pensées dépassaient ses capacités motrices. Mais elle ne voulait pas avouer. Si Rookwood insistait tant c'était non sans raison. Elle avait encore commis une bêtise.
- Ce n'est pas moi, nia encore une fois la sorcière sans oser toucher le parchemin, et après un moment elle ajouta, avec quelque chose d'un peu dur et mélancolique qui tranchait dans sa voix si insipide, Vous devriez savoir que je ne suis pas aussi intelligente que mon frère. Tout le monde le sait pourtant.
Moon se leva, doucement, se déplaçant avec une sorte de grâce silencieuse, habituée à raser les murs des couloirs de Poudlard, pour se poster à nouveau près de la fenêtre. Elle voulait qu'Augustus Rookwood quitte cette pièce, qu'il la laisse à son triste sort, préparer son plan de fuite avant que Mordred ne découvre tout. Car quitte à s'attirer la colère de son frère, elle préférait encore être loin. Perdue quelque part, parmi eux, les nuisibles, les sans-pouvoirs, les invisibles.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Ven 11 Sep - 22:31

Augustus ne comprenait qu'à peine le refus de la jeune fille à dire que c'était elle qui avait résolu le problème. Qu'est-ce qui l'effrayait ? Elle lui faisait l'effet d'une bête sauvage, farouche, évitant tout contact, ne prenant aucune initiative et regardant désespérément par la fenêtre. Rookwood prenait conscience de la différence de caractère entre Morag et ses frères. Elle n'avait ni l'enthousiasme de Merfin, ni le panache de Mordred. En fait, elle paraissait faible. Augustus l'avait considérée inconsciemment comme telle jusqu'à ce matin.

Ce n'est pas moi, faisait-elle.
Bien-sûr que si, trancha le Mangemort d'une voix basse.
Vous devriez savoir que je ne suis pas aussi intelligente que mon frère. Tout le monde le sait pourtant.

Il y eu un temps de silence. Augustus pinça les lèvres, un peu agacé par le comportement pleurnichard de l'adolescente. Il y avait des gens qui ne cessaient de clamer haut et fort à quel point ils étaient intelligents, quand d'autres passaient leur temps à se cacher derrière la bêtise. Lesquels était les pires ? Augustus n'aurait su que choisir. Toujours était-il qu'ils semblaient tous deux dans un étrange statu quo. L'une, assise, le regard planant vers la fenêtre ; l'autre, debout, droit, le regard fixé vers la jeune fille. Il paraissait que l'un était aussi obtus que l'autre.

Je suis bien placé pour savoir que ce que tout le monde sait n'est pas forcément vrai.

Rookwood s'avança et récupéra le parchemin, qu'il fit semblant d'inspecter, les sourcils légèrement froncés.
Tu n'es manifestement pas aussi intelligente que ton frère. Tu l'es bien plus. Contrairement à toi, je l'ai vu ce matin. Il n'avait pas avancé sur ce problème. Ce n'est pas lui, ce n'est pas moi non plus, c'est forcément toi.

Oh, il y avait bien Girofle, l'elfe de maison qu'il avait hérité de sa grand-tante, mais le jeune homme l'excluait d'office. La créature ne manquait pas de bon sens, mais jamais elle ne s'intéressait aux papiers. Comme Morag ne réagissait pas davantage, il fut forcé d'enfoncer le clou :

Vraiment ? C'est bien étrange... Il va falloir que je parle à Mordred de cette résolution miraculeuse.

En fait, il ne comprenait pas pourquoi Morag avait écrit la résolution de l'exercice si ce n'était pas pour se la montrer... Au fond, Augustus en venait à penser que toute intelligence, aussi fine soit-elle, avait sa part de bêtise.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Lun 28 Sep - 13:33

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Pourquoi la tourmenter encore et encore avec des questions auxquelles elle ne voulait pas répondre ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire à lui, le grand, le beau, le si charismatique Augustus Rookwood qui jusqu’à présent n’avait témoigné qu’un intérêt poli à son égard ? La jeune sorcière ne comprenait pas la raison soudaine de son intérêt, à la fois tourmentée par cette attention et les funestes conséquences. Elle qui aimait tant l’ombre fraiche et protectrice, elle qui se plaisait tant dans le silence riche de ses pensées, voilà qu’on braquait un puissant lumos sur sa personne. L’attention de Rookwood aurait dû la ravir au plus haut point, elle qui avait tant de fois soupiré et rêvé d’un tel instant, de ce jour où il la verrait enfin, non pas en tant qu’ombre qui passe mais en tant que personne. Mais son doux songe prenait un bien cruel tour, et la jeune rousse regrettait bien amèrement d’avoir cédé à une pulsion. Merlin, elle s’ennuyait tant, les journées étaient toutes si longues, si tristes et mornes que ce parchemin lui avait fait l’effet d’une oasis dans le désert, et comme le voyageur tourmenté par la soif, elle s’était empressée de l’étancher, de tremper ses lèvres dans l’eau fraîche et de s’en repaître jusqu’à l’extase, l’inconscience.
▬ Je suis bien placé pour savoir que ce que tout le monde sait n'est pas forcément vrai.
La sorcière portait obstinément son regard loin devant elle, fuyant délibérément les prunelles de Rookwood. Elle ne voulait pas lui laisser une chance de fouiller son esprit. Car sous ses dehors maladroits son savoir ne se bornait pas au programme scolaire, elle savait que les langues de plomb étaient formés à la légilimencie, et dans son désir obtus de s’effacer, elle craignit un instant de laisser une prise au mangemort.
▬ Tu n'es manifestement pas aussi intelligente que ton frère. Tu l'es bien plus. Contrairement à toi, je l'ai vu ce matin. Il n'avait pas avancé sur ce problème. Ce n'est pas lui, ce n'est pas moi non plus, c'est forcément toi.
- Non, souffla doucement la jeune femme, sans grande conviction. Son mensonge, elle le savait, ne tiendrait pas une seconde face à Mordred, il comprendrait tout. Il comprenait toujours tout si vite…
▬ Vraiment ? C'est bien étrange... Il va falloir que je parle à Mordred de cette résolution miraculeuse.
- Non!
La rouquine ne put réprimer de la panique dans sa voix lorsqu’elle se retourna brusquement pour faire face à Rookwood, oubliant même tout principe de prudence face à un potentiel legilimens. Moon blêmit, déglutit avec difficulté, ses yeux s’emplissant tout à coup de larmes. Un grand sentiment d’injustice lui serrait le cœur, elle se sentit étouffer et recula d’un pas pour se laisser aller dos au papier peint du mur.
- Pourquoi vous acharnez-vous ? dit-elle avec une profonde tristesse dans la voix, blessée qu’il n’ait aucune compassion pour sa misérable personne.
Ne pouvait-il tout simplement fermer les yeux sur ce maudit parchemin ? Faire comme s’il ne l’avait jamais vu ? La sorcière voulait qu’il sorte de cette pièce, qu’il l’abandonne à sa solitude, elle qui avait tant espéré qu’il viendrait la réconforter, voilà que sa vue lui était douloureuse.
- Laissez-moi, sa voix fluette manquait cruellement d’assurance. C’était une supplication plus qu’un ordre car elle aspirait plus que tout à se murer à nouveau dans le silence, en elle-même, là où les voix ne pouvaient la tourmenter.


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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Mer 7 Oct - 22:43

La jeune fille perdait du terrain. Elle se retrouvait acculée contre le mur par les questions rhétoriques de Rookwood. Elle était vraiment telle une bête traquée, même si Augustus endossait le rôle du chasseur par défaut. Il n'était pas là pour l'embêter et, en réalité, la sœur de son meilleur ami n'avait pas à le craindre. Le jeune homme le cachait bien, mais il était vraiment admiratif de la prouesse intellectuelle qu'elle venait d'effectuer. Rien de l'extérieur ne laissait percevoir cette forte émotion qui l'irriguait tout entier - sauf peut-être sa main gauche, celle qui ne tenait pas le bout de parchemin - qui tremblait légèrement sous le coup de l'excitation. Il n'était pas du genre à se trahir de la sorte. D'ailleurs, il s'était toujours montré plutôt froid et distant avec Morag, dont le comportement avait tendance à l'exaspérer. Ce n'était pas maintenant que ça allait changer ; du moins pas de suite.

▬  Pourquoi vous acharnez-vous ? demanda-t-elle en risquant un coup d’œil vers le Mangemort.

Augustus sentit ses épaules s'affaisser. A croire qu'elle faisait exprès de paraître idiote. Il comprenait toutefois qu'il n'aurait jamais dû aller de manière aussi frontale avec elle. Elle se dérobait sans cesse - il devait être plus rusé.

Je ne m'acharne pas, assura-t-il de sa voix grave, et je te demande pardon si je t'embête, mais j'ai juste l'impression que tu ne sais pas ce que tu viens de faire.

Ses prunelles avaient cessé de fixer Morag et se déplaçaient le long de la pièce, qui, en la présence de la jeune fille, lui semblait inconnue : des grimoires étaient éparpillés dans la pièce, des vêtements parsemaient le sol, et un tas d'accessoires magiques trônaient sur le secrétaire. Rien à voir avec le calme habituel qui caractérisait la chambre d'amis. La métamorphose était probablement un autre talent caché de Morag.

Tu n'as pas à avoir peur de la réaction de ton frère, assura-t-il, en tirant vers lui la chaise du secrétaire et en s'y asseyant. Sur ce coup-là, tu lui ôtes une épine du pied.

Et c'était vrai. Mordred n'en pouvait plus de ce problème d'arithmancie... Elle ne disait rien. Toujours pas. Augustus se demanda alors ce que l'on avait fait à cette gamine pour qu'elle soit aussi peu partante à assumer ses exploits.

Ce que tu as fait là est brillant, finit-il par dire en la regardant de nouveau franchement. Tu devrais être fière de toi.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Mar 27 Oct - 12:14

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Maintenant elle regrettait amèrement son acte. Merlin comment pouvait-on faire preuve de tant de stupidité ?! C'était bien là la preuve flagrante qu'elle n'était pas comme les autres Moon, comme ses parents et ses frères. Elle n'avait pas leur prudence, leur ruse, leur instinct de conservation qui jusqu'à présent avait mis à l'abri de sérieux ennuis le clan. Rien de tout cela ne la caractérisait. Gauche, inconsciente, malhabile et trop réservée; voilà ce qu'elle était.
▬ Je ne m'acharne pas, incapable de soutenir le regard du sorcier, et ses yeux s'emplissant dangereusement d'amères larmes, elle détourna le regard, sa main gauche triturant nerveusement sa manche droite, et je te demande pardon si je t'embête, mais j'ai juste l'impression que tu ne sais pas ce que tu viens de faire.
Moon niait toujours, ne démordant pas de sa version. C'était certainement ridicule de démentir de la sorte, avec cette énergie désespérée, mais elle ne pouvait imaginer d'issue positive. La sorcière l'observa se déplacer, mal à l'aise qu'il évolue dans cette pièce en désordre. Encore une chose qu'elle faisait mal. Pourquoi ne pouvait-elle pas être aussi ordonnée que ses frères ? Merlin qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ? Le sol était jonché de livres, là où quelques heures plus tôt elle était encore allongée à se gorger de savoir.
▬ Tu n'as pas à avoir peur de la réaction de ton frère, suspicieuse, elle jeta un regard en biais à Rookwood, partagée entre l'espoir de le croire et une longue expérience de situations similaires qui lui avaient enseigné une chose : personne ne prenait la peine d'écouter ses arguments, Sur ce coup-là, tu lui ôtes une épine du pied.
La rouquine ne disait toujours rien, murée dans son silence. Les seuls sons produits étaient de brefs reniflements. Incapable de mettre Augustus Rookwood à la porte de son propre appartement, de hausser le ton, elle subissait tout simplement la situation avec la même faiblesse qu'elle témoignait à Travers. Mais visiblement Rookwood semblait voir quelque chose en elle qui lui échappait totalement.
▬ Ce que tu as fait là est brillant, au supplice sous le regard franc et déterminé de Rookwood, la sorcière se sentait pâlir, défaillir de secondes en secondes, Tu devrais être fière de toi.
Toujours incapable de soutenir le regard du sorcier, elle recula d'un pas pour finir par lui tourner le dos, ce qui restait encore sa meilleure tactique.
- Mordred est brillant, pas moi, les bras croisés, elle se posta à nouveau près de la fenêtre en écartant du pied les objets qui jonchaient le sol, Vous vous trompez Mr Rookwood, je ne sais pas ce que vous voulez, mais vous vous trompez sur moi. Je ne suis pas brillante, je ne suis pas intelligente, je ne suis rien du tout, et je ne suis pas fière, personne n'est fier de moi, alors fichez moi la paix! Laissez-moi! Dehors!

Les joues rouges, Moon faisait désormais face au sorcier, les yeux brillants de colère mais de surprise aussi. Un instant elle avait eu un tout petit peu de courage, assez en tout cas pour enfin hausser le ton, mais sa hardiesse retombait bien vite. Elle se sentait maintenant juste un peu plus idiote.
- Je suis privée de ma baguette, vous voyez bien que vous faîtes erreur sur la personne, asséna-t-elle d'une maigre voix, un brin distante, comme pour lui signifier que cet argument ultime ne pouvait que lui donner raison à elle, et lui tord. Car qui pourrait être fier d'une sorcière privée de sa baguette ?
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Mar 3 Nov - 21:48

La jeune Moon n'avait pas la réputation d'être une dure à cuire. Pourtant, elle s'obstinait. Heureusement, Rookwood avait une patience incroyable et l'attitude de la jeune fille ne l'agaçait pas encore. Il la voyait lui tourner le dos et il songea alors que, ce faisant, elle tournait aussi le dos à ce qu'elle était vraiment. Augustus était bien placé pour savoir à quel point il pouvait être difficile de s'accepter tel que l'on était vraiment. Le Mangemort éprouvait encore aujourd'hui beaucoup de mal à concilier sa vie d'employé du ministère avec son existence de malfrat. Une partie de lui se hérissait d'horreur devant les carnages qu'il faisait, tandis qu'une autre saluait avec dévotion l'artiste qu'il était... Morag mettrait un certain temps avant de comprendre, et ce temps, il le lui accordait.
Je ne suis pas brillante, je ne suis pas intelligente, je ne suis rien du tout, et je ne suis pas fière, personne n'est fier de moi, disait-elle.

Elle fit brutalement volte face, les joues rouges et les yeux sombres, tel une bête se hérissant, prête à mordre et à griffer :

Alors fichez moi la paix ! Laissez-moi ! Dehors !

Son accès de colère l'avait propulsée tout près d'Augustus, c'est-à-dire à moins d'un demi-mètre l'un de l'autre. Aussi soudaine que fut cette réaction violente, le Langue-de-Plomb, ne parut pas surpris. Il se contenta de fixer Morag dans les yeux, en serrant la mâchoire. Il attendait l’irruption du volcan.
Ce ne fut en fait qu'une petite gerbe d'étincelles. Décevant... Mais suffisant pour devoir lui montrer qui tenait les rênes ici.

Dehors, répéta alors sèchement Augustus. Je suis ici chez moi donc ce n'est pas toi qui décideras de si je dois prendre la porte ou non.
Puis il se rapprocha d'elle davantage, pour lui montrer qu'il ne s'éloignerait pas.
Je suis privée de ma baguette, plaida Morag, vous voyez bien que vous faîtes erreur sur la personne.

Rookwood roula des yeux vers le ciel. Comme excuse, il avait vu mieux.
Depuis quand a-t-on besoin de baguette pour résoudre un problème d'arithmancie ?, rigola-t-il, amer.

Il recula alors de quelques pas, comme s'il se dirigeait vers la porte, avant de dire :
Personne ne croit en toi, Morag, parce que tu sais te comporter comme une parfait idiote.
Augustus glissa le parchemin dans la poche de son pantalon. Puisqu'il n'était pas parvenu à faire cracher le morceau à la sœur de son meilleur ami, il garderait le silence là-dessus. Il devait réfléchir à la façon dont il pourrait s'approprier Morag et utiliser ses cellules grises. Mordred ne devait donc pas être au courant - il lui ferait croire que c'était lui qui était parvenu à la bonne réponse.
Posant la main sur la poignée de la porte de la chambre, Rookwood se tourna de nouveau vers ce petit être qui, les larmes aux yeux, paraissait davantage un animal vulnérable qu'à une jeune fille, et ajouta :
Et les idiotes finissent toujours par être oubliées.

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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Mar 24 Nov - 17:25

Fin août 1973, Appartement de Mordred Moon et Augustus Rookwood, Londres.


Son brusque éclat passé, la jeune Moon se laissa aller à nouveau à ses lamentations, bien incapable de voir dans l’intérêt du langue de plomb une véritable chance d’avenir meilleur. Au contraire, plus il insistait, et plus il lui devenait pénible de se contenir, car les larmes, nombreuses, gonflaient ses yeux rouges et fatigués. Et puis la honte aussi, dévorante, lui tordait l’estomac d’avouer son état misérable et la bien cruelle punition infligée par ses parents.
▬ Dehors, elle sursauta et par réflexe se tassa, cherchant à se faire plus petite qu'il n'était possible de l'être sans concours de la magie, Je suis ici chez moi donc ce n'est pas toi qui décideras de si je dois prendre la porte ou non.
De grosses larmes roulèrent sur ses joues en dépit de ses efforts pour en endiguer le flot. Moon savait qu'elle avait largement dépassé les bornes en élevant la voix sous un toit qui n'était pas le sien. Et pourtant ça avait été plus fort qu'elle sur le moment, inédit même, car elle se contentait toujours de subir, de se planquer dans les coins les plus oubliés, et lorsqu'elle protestait, ce n'était que du bout des lèvres. Il n'y avait pas la moindre volonté de s'opposer en elle, d'aller contre l'ordre établi.
▬ Depuis quand a-t-on besoin de baguette pour résoudre un problème d'arithmancie ?
Son rire la heurta et la fit trembler légèrement. Il y avait quelque chose de froid, de nouveau qu'elle percevait dans ce rire cruel qui lui laissait craindre le pire. Augustus Rookwood allait probablement tout dire à Mordred et elle, sombre idiote, ne pourrait s'en prendre qu'à sa propre bêtise.
▬ Personne ne croit en toi, Morag, parce que tu sais te comporter comme une parfait idiote.
▬ Et les idiotes finissent toujours par être oubliées.

La porte se referma, et lorsqu'elle claqua, Moon trembla violemment avant d'éclater en sanglots. La sorcière se laissa glisser au sol, dos contre le lit, et repliée sur elle même, genoux ramenés contre son front elle sanglota longtemps, sans retenue. Des heures s'écoulèrent ainsi jusqu'à ce qu'elle s'endorme d'épuisement, et à sa grande surprise, lorsqu'on vint toquer doucement à sa porte ce n'était que Mordred, visiblement soulagé d'un fardeau qui venait prendre de ses nouvelles. Augustus Rookwood n'avait rien dit, et les quelques jours qui restaient avant le départ pour Poudlard se passèrent dans une ambiance étrange.


Vacances de Noël 1973, Maison des Moon, campagne anglaise.


Mr et Mrs Moon lui en voulaient plus que jamais de ne pas être à la hauteur de leurs espérances. L'adolescente avait reçu peu avant les fêtes de Noël un courrier d'une extrême froideur, sans concession, sans pitié lui annonçant qu'aucune famille pure de Grande-Bretagne ne voulait d'elle. Ils avaient tous décliné, les uns après les autres, certains sans explication, d'autres lâchant au passage quelques confidences consternantes. Mr et Mrs Moon n'ignoraient plus désormais quelle réputation désastreuse leur fille s'était forgée à Poudlard. Ils lui avaient donc ordonné de rentrer pour les vacances de Noël, et depuis ne lui adressaient plus la parole que pour des raisons purement pratiques. Toute la petite famille expérimentait désormais d'étranges et dérangeants sentiments à l'égard de l'unique fille de la fratrie qui pour sa part s'était murée dans un mutisme quasi total. La jeune femme pensait essuyer toute l'amertume de ses parents, des cris, au lieu de quoi elle s'était heurtée à deux visages de glace qui affectaient de ne pas la voir.
Alors malgré la neige épaisse qui recouvrait le pays, Moon s'était préparée quelques sandwichs aux oeufs dur soigneusement emballés, puis s'en était allée marcher, le plus loin possible de chez elle. L'air pur serait toujours plus chaleureux que l'ambiance chez les Moon. L'adolescente avait laissé un parchemin griffonné sur la table tout en sachant pertinemment que ses parents n'y prêteraient pas attention. Ils ne prenaient même plus la peine de l'appeler pour le repas, ce qui du reste la soulageait.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Lun 14 Déc - 22:19

Une fois encore, Morag, la sœur du meilleur ami d'Augustus, séjournait à l'appartement pendant les vacances scolaires. Pour un peu, le Mangemort aurait exigé une contribution de la part des parents de Mordred. Mais ça, c'était avant qu'il ne comprenne tout l'intérêt que représentait la jeune fille à elle seule. Il n'avait pas oublié leur confrontation de la fin des vacances d'été. Mordred était toujours persuadé que c'était lui qui avait résolu le problème d'arithmancie et cette affaire était classée depuis belle lurette.
Lorsque Morag était revenue, Augustus l'avait trouvée triste et pâle. Il ne fut guère attendri, mais il décela dans l'attitude de Morag une faiblesse dont il pourrait tirer avantage. Elle s'était de nouveau parquée dans sa chambre, dans laquelle il n'avait pas essayé d'entrer. Mordred travaillait et les journées d'Augustus connaissaient un emploi du temps assez étrange à cause des congés de Noël. Il travaillait très tôt le matin, mais était très souvent libre l'après-midi. Il profitait de ces moments pour flâner dans Londres ou pour arranger l'appartement et gérer son agenda.
Ce jour-là, il décida pourtant d'aller la voir. Un collègue avait amené au travail une tonne de chocolat de chez Honeyduke et chacun avait été obligé de prendre une part conséquente. Rookwood en avait donc suffisamment pour remplir un petit saladier.
Il se posta devant la porte de Morag et tendit l'oreille. Aucun bruit ne lui parvenait. Il s'imagina qu'elle lisait, ou bien qu'elle rêvassait, abandonnée à son malheur. Puis il frappa quelques petits coups et se permit d'abaisser la poignée et de passer la tête dans la petite ouverture.
Bonjour Morag.

Le visage neutre, mais la lèvre abandonnée dans une moue aimable, c'était bien en paix que venait le jeune homme.
J'ai récupéré pas mal de chocolat, ajouta Augustus en montrant le saladier en verre, tu en veux ?
Il semblait ne guère accorder d'attention à la jeune fille, faisant comme s'il accomplissait un acte de pure politesse. Il avait cependant une autre idée en tête...
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Mar 22 Déc - 20:34

Vacances de Noël 1973, Appartement de Mordred Moon & Augustus Rookwood, Londres.


La sorcière avait préparé son sac dans un silence fébrile, trop heureuse d'être récupérée par son frère et ainsi mettre les voiles. L'ambiance se glaçait chaque jour un peu plus chez les Moon, s'épaississait jusqu'à atteindre son paroxysme. Mr Moon, n'y tenant plus d'être par la faute de son incapable de fille l'innocente victime des foudres de sa femme, dont la rancoeur et la mauvaise humeur enflaient comme une vilaine plaie, avait fini par prier son fils de garder sa soeur quelques jours. Naturellement cela arrangeait toute la petite famille. Voilà pourquoi en ce paisible après-midi la jeune sorcière était dans la chambre d'amis de son frère occupée à rédiger un brouillon pour son devoir de métamorphoses. Plusieurs livres formaient une pile aussi haute qu'instable à vue d'oeil, mais par un astucieux sort ils étaient maintenus en équilibre. C'est à peine si la jeune rousse leva le nez de son parchemin lorsque l'on toqua doucement à sa porte.
▬ Bonjour Morag.
La voix d'Augustus Rookwood tira la jeune femme malgré elle de ses calculs complexes. Sans quitter sa chaise elle tourna simplement la tête par politesse.
- Bonjour Mr Rookwood, dit-elle d'une voix effacée, visiblement mal à l'aise en présence du langue-de-plomb. Lui faisait comme s'il ne s'était rien passé cet été, mais elle ne pouvait oublier son attitude déplorable. Et cette honte, cuisante, lui pesait toujours.
▬ J'ai récupéré pas mal de chocolat, son regard se posa un instant sur le saladier plein de délicieuses gourmandises de chez Honeydukes et l'éclat bref d'une sincère envie anima ses yeux avant qu'elle ne se mette à soudain trouver ses mains d'un intérêt capital, tu en veux ?
- Non merci, j'en ai déjà mangé sur le Chemin de Traverse, ce n'était qu'une demie vérité.
Moon s'était bel et bien rendue sur le Chemin de Traverse plus tôt dans la matinée, mais faute d'argent de poche suffisant, elle s'était simplement contentée de dépenses ses quelques économies en accessoires pour réaliser des cadeaux personnalisés. Le plus cher avait été celui réservé à Mordred.
La rouquine ignorait si Rookwood avait eu vent de sa désastreuse situation, et bien qu'elle soit sincèrement plus heureuse chez son frère que ses parents, Moon se sentait tout de même un poids. Alors ces chocolats, même si gentiment proposés, elle ne pouvait les accepter. Elle ne méritait pas tant de bonté.
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Sam 2 Jan - 21:51

Elle était à son bureau, grattant un parchemin, tout en jetant de temps à autre un œil sur un épais grimoire ouvert à côté d'elle. Son visage était concentré, même lorsqu'elle se retourna vers Augustus. Lorsqu'il lui proposa des chocolats, son regard bleu vibra d'envie. Elle préféra pourtant refuser, baissant la tête.

Vraiment, insista le Mangemort en haussant un sourcil, ils sont pourtant vraiment bons.

Il s'avança dans la pièce et posa le saladier sur la pile de livres avant de farfouiller parmi les chocolats pour en choisir un dont le papier était d'une jolie couleur violette.
Je suis sûr que tu n'as pas goûté ceux-là, fit-il en faisant croustiller le papier tandis qu'il délivrait la petite boule de chocolat.

Il la goba et la laissa fondre sur sa langue. La douceur du chocolat laissa peu à peu place au piquant de la fleur de sel - probablement un des meilleurs chocolats magiques au monde au goût d'Augustus qui aimait les contrastes, fussent-ils culinaires. Avalant la sucrerie, il n'alla pas plus loin dans la tentative d'approche. Il était inutile d'insister et, de plus, Rookwood venait de jeter un coup d’œil sur le grimoire. Il portait sur la métamorphose et plus particulièrement sur les modifications internes des corps. S'attardant sur les paragraphes du bouquin, le jeune homme fronça les sourcils.

Hum... Tu dois rendre un travail à la rentrée ? Il est un peu dépassé, ce livre. Tout le monde sait à présent que les métamorphoses sur un long temps entraînent des modifications dans le corps d'origine...

La métamorphose n'était certes pas la spécialité d'Augustus, mais il possédait quelques livres sur le sujet et les avait lus avec grand intérêt.
Je dois d'ailleurs avoir un ouvrage sur le sujet, dit-il doucement en tapotant sur le bois du bureau comme s'il réfléchissait.

Mais il fit celui qui ne trouvait plus le nom du livre et s'éloigna de quelques pas.

Je te laisse travailler ainsi que les chocolats, déclara Rookwood.

Mais il savait pertinemment que, tôt où tard, elle viendrait lui demander le livre - et ce peut-être même avant qu'il n'ait franchi le seuil de la porte...
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MessageSujet: Re: Sous terre poussent les joyaux ft. Augustus P. Rookwood Lun 4 Jan - 23:08

La jeune sorcière aurait tant aimé être quelqu’un d’autre. Et pourquoi pas quelqu’un digne d’Augustus Rookwood ? Depuis longtemps elle admirait le sorcier, soupirait intérieurement au passage de l’homme. Augustus Rookwood semblait doté de tous les attributs, de toutes les perfections, et même lorsqu’il l’ignorait superbement, Moon ne pouvait le lui reprocher. Car comment aurait-elle pu lui reprocher de ne pas voir une insignifiant sorcière comme elle ?
▬ Vraiment, elle déclina poliment d’un léger mouvement de la tête en oubliant que c’était un gros mensonge, ils sont pourtant vraiment bons.
- Je n’en doute pas, elle se permit un infime sourire, la voix toujours aussi plate et dénuée de consistance, sans pour autant regarder les chocolats. Moon ne voulait pas que son envie ne la trahisse. C’eût été trop ridicule maintenant qu’elle avait décliné l’aimable proposition.
▬ Je suis sûr que tu n'as pas goûté ceux-là, le sorcier insistait tant et si bien que cela en devenait gênant pour la jeune Moon qui regrettait déjà la quiétude de sa chambre vide de toute présence autre que la sienne.
La rousse l’observa déposer le saladier dans un coin, envieuse, et tentant tant bien que mal d’affecter l’air le plus détaché possible, comme si tout ça, la délicate attention, les chocolats ne lui faisaient rien.
- Plus tard alors, dit-elle doucement, un peu gênée et ne voulant surtout pas froisser le langue-de-plomb en refusant franchement.
▬ Hum... Tu dois rendre un travail à la rentrée ? Il est un peu dépassé, ce livre. Tout le monde sait à présent que les métamorphoses sur un long temps entraînent des modifications dans le corps d'origine...
Moon pensait ne plus voir Rookwood après sa dernière remarque, mais elle se trompa et ne cacha pas sa surprise. Elle arqua un sourcil interrogateur, mesurant tout à fait l’impact de son observation sur la suite de son devoir.
▬ Je dois d'ailleurs avoir un ouvrage sur le sujet, ce n’était pas compliqué d’avoir un ouvrage plus récent songea la jeune femme en elle-même consciente des limites du matériau qu’elle employait.
▬ Je te laisse travailler ainsi que les chocolats, cette fois elle n’y résista pas, et avant même que Rookwood n’ai mis un pied en dehors de la chambre elle prenait des couleurs, son visage s’animant soudain.
- Oui, mais la question n’est pas étudiée à Poudlard. On se concentre sur la métamorphose, sur l’acte en lui-même et non pas les conséquences. Le devoir ne demande pas d’aborder cette question, et de toute cette façon, ça renverrait automatiquement à l’animagus, ce qui n’est pas non plus enseigné à Poudlard. Et puis qui dit modification ne dit pas nécessairement désagréments.
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