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Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar]

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MessageSujet: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Mer 28 Déc - 16:45


En rentrant du Ministère, Raven trouva la Gazette tel qu'elle l'avait laissé : plié et posé sur la table. Elle avait le souvenir de n'avoir lu que l'article concernant les Prewett avant de partir, aussi décida-t-elle de s'intéresser aux autres. Et quelle surprise lorsque l'Auror vit le prénom d'Asterion Funestar comme nouveau professeur de DCFM ! Ce vieil ami à qui elle n'avait pas parlé depuis des années... Raven était, bien sûr, allé à l'enterrement de sa femme et son fils, mais ils ne s'étaient plus reparlés depuis. C'était l'occasion.
D'un coup de baguette, un parchemin et une plume vinrent se poser devant elle et, sans attendre, la sorcière commença à écrire.


Cher Asterion,

Ou plutôt devrais-je dire Professeur Funestar, à présent ? Ne soyez pas étonné, j'ai eu vent de votre nouveau poste par la Gazette du Sorcier, vous me connaissez, moi et les journaux. Je voulais tout simplement vous féliciter pour cette admission. Après tout, vous le méritez bien.

J'aurais peut-être dû commencer cette lettre en vous demandant comment vous alliez,, après tout ce temps. Il est vrai que les souvenirs entre nous sont nombreux, et je regrette de ne pas avoir pris de vos nouvelles plus tôt. La routine du Ministère m'a très vite emportée dans ses engrenages les plus complexes, et en ressortir juste pour l'histoire de quelques heures m'a souvent paru insurmontable.

Comment sont vos classes, professeur ? Pas trop turbulentes, je l'espère pour vous. Je suis persuadée que vous faites un excellent enseignant.

Amicalement,
Raven Fawkes
 

L'Auror relut une dernière fois son message avant de l'attacher à la patte de son hibou qui s'envola aussitôt l'ordre donné. Elle espérait qu'il allait lui répondre et non pas l'ignorer comme tous deux l'avaient fait l'un envers l'autre depuis des années.

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Jeu 29 Déc - 15:40

Son hibou lui avait amené une lettre ce midi à l'heure du déjeuner. En l'ouvrant il avait rapidement jeté un coup d’œil à la jolie écriture féminine caractéristique et à la signature en bas de celle-ci. Raven Fawkes. Il n'avait pas vu ce nom depuis ce qui lui semblait une éternité. D'un air détaché, il enroula le parchemin et le glissa dans la poche de son manteau dans l'idée de le lire plus tard. Seul. Dans son bureau. Ce qu'il fit.
L'horloge sonnait 20 heures. La journée avait été longue et pénible pour Astérion. Surtout après le repas. Le nom en bas de la lettre n'avait cessé de tourner inlassablement dans son esprit, lui remémorant une période à la fois teintée de bonheur mais surtout marquée par la mort. L'enterrement de sa femme et de son unique fils avait été le dernier jour de son ancienne vie, celle qu'il avait fuie, celle qu'il avait enfouie dans son esprit. Et la douleur réapparaissait aujourd'hui, comme un poison après quinze ans de période de latence. Une dose non létale mais plus douloureuse encore. Il s'assit confortablement dans son fauteuil et finit par lire le parchemin envoyé par son ancienne amie. Elle le félicitait pour son poste et lui demandait de ses nouvelles. Le ton était courtois, amical mais pas mielleux. Il détestait cela de toute façon. Quand il eut fini, il hésita un court instant puis se décida :

Chère Raven,

Je vous avoue que je suis assez agréablement surpris de votre lettre. Avoir de vos nouvelles est tout à fait réjouissant et j'espère que vous ne m'en voulez guère d'avoir disparu de la circulation. La solitude et l'éloignement m'étaient nécessaires pour surmonter mon deuil. Je ne pouvais pas faire face à mon quotidien, à mes amis sans avoir le souvenir lancinant de ma femme et de mon fils. Ainsi je tiens à m'excuser pour mon silence. Je n'ai pas oublié nos belles années, mais elles sont à jamais marquées par la mort.

Prendre un poste de Professeur à Poudlard n'a jamais été dans mes ambitions. Il s'agit simplement d'un heureux hasard et de la volonté d'un Directeur de me voir sortir de ma tanière. Retrouver les couloirs et les escaliers qui ont bercé mon adolescence me fait parfois penser à vous lorsque nous en foulions les pavés. Les arches sont toujours les mêmes, l’atmosphère également et je me plais à arpenter le château comme au bon vieux temps, même s'il me paraît plus vide et moins vivant. J'explore avec curiosité la partie adulte et Professeur. C'est étrange d'être de ce côté-ci de la table durant les repas dans la Grande Salle. La bibliothèque regorge de livres et je peux compléter mes recherches passées et actuelles.

Quant à mes élèves, ils ne sont ni plus ni moins que de jeunes gens en soif ou non d'apprendre. Certains brillent par leur intelligence et d'autres par leurs ambitions, mais aucun n'est indiscipliné.

Et vous chère Raven, qu'en est-il de votre travail ? De votre santé et votre vie personnelle ? Pensez vous parfois à prendre du temps pour vous ?

Bien amicalement,
Asterion Funestar.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Ven 30 Déc - 14:44


Ploc. Alors que l'appartement était vide quelques instants auparavant, une femme apparut subitement, enlevant rapidement son manteau marron et le pendit à l'entrée. Cette journée avait été pleine de rebondissement, et l'Auror aurait voulu avoir plus de jours comme celui-là. Elle avait enfin bouclé une affaire, il ne restait plus que se lancer sur la piste des Mangemorts visés, les juger et les enfermer à Azkaban, même si leur passage à la cour du Magenmagot allait durer aussi vite qu'un transplanage. Alors que Raven allait se poser sur son fauteuil, elle aperçut un hibou arriver par la fenêtre et atterrir sur le rebord, une lettre accroché à sa patte. Raven se leva aussitôt, lui ouvrit et prit l'objet dont elle était la destinataire. Une fois libéré de sa mission, l'animal partit dans un grand coup d'elle. La sorcière suivit le rapace des yeux. Quelle grâce dans ces gestes...
Avec un soupir rêveur, elle ferma aussitôt la fenêtre avant de prendre froid et s'installa à sa table en ouvrant la lettre. Qui cela pouvait-il bien être...? C'est avec un sourire que Raven accueillit la réponse. Asterion. Le nouveau professeur lui avait répondu. Après une rapide lecture, la sorcière s'empressa de lui répondre.


Cher Asterion,

Je suis soulagée de recevoir votre lettre, et je pense qu'il me fallait vous donner de mes nouvelles. Ne pas le faire serait mettre en péril toutes nos années passées au château et les bons moments que nous avons partagé. Ne vous excusez pas, Asterion, j'ai moi-même été victime de la perte d'un être cher, je comprends les raisons de ce long silence. Sachez que je ne vous en veux pas, je reste la même personne compréhensive qu'autrefois. Même les années n'ont pas réussi à me détourner de mes amis, je crains. (NdA : À prendre avec humour)

Je m'en doutais bien. À l'époque, ce fut votre envie d'explorer le monde qui vous poussait en avant. Mais je conçois cependant que les livres peuvent-être une douce et enrichissante compagnie. J'ai encore ceux d'Elliot à la maison, si un jour vous êtes intéressés. La porte vous sera toujours ouverte, n'en doutez pas.
Pour revenir à Poudlard, je me demande quelle sensation cela me ferait de retourner là-bas. La nostalgie, sûrement, avec son lot de souvenirs et des lieux dans lesquels nous nous retrouvions. Vous souvenez-vous ? Cet endroit, près du Parc, ou nous parlions des heures durant ? La vie d'étudiant et l’insouciance de la jeunesse, voilà ce qui nous caractérisait à l'époque. Les épreuves font de nous ce que nous sommes aujourd'hui, je présume.

Vous m'en voyez réjouie. Si un jour vous avez besoin d'une Auror pour pimenter vos cours, vous savez à qui faire appel. Faire découvrir mon métier à de jeunes élèves serait un grand plaisir et un honneur. Peut-être trouverai-je des futures recrues pour le Bureau, autant dire que nous en avons grandement besoin en ces temps sombres.

Je m'en sors, Asterion, plus que ce que je pensais en sortant de Poudlard. J'ai réussi à trouver ma place dans ce métier d'homme, malgré le chemin difficile pour y parvenir. À mes débuts, vous souvenez-vous ? Il fallait me battre pour qu'on daigne m'envoyer sur le terrain. À présent, je fait partie des Aurors à qui l'on fait confiance pour placer des sorciers sous leur responsabilité. Je m'y plais, et je me sens utile.
Du reste, je me porte assez bien. Je n'ai pas perdu de ma vigueur et de la motivation que vous me connaissiez. Il en faut, dans ce métier. Il y a 6 ans, Elliot a été assassiné par deux Mangemorts que j'ai moi-même arrêté et mis derrière les barreaux, l'année dernière. Je ne sais pas si vous aviez été mis au courant ou non. La période de deuil a été longue et douloureuse, aujourd'hui encore il me devient difficile d'en reparler. Mais je passe souvent chez Madame Guipure, comme autrefois, en quête des nouvelles collections. Cependant, je ne retourne plus aux Trois Balais mais au Chaudron Baveur, dorénavant. C'est plus proche du Ministère, même si la clientèle est douteuse, parfois.

Quelles ont été vos dernières lectures, Asterion ?

Amicalement,
Raven Fawkes
 

La sorcière relut sa lettre, pensivement. En échanger avec son ami de longue date était un sentiment particulier qui la plongeait dans une profonde nostalgie. Les souvenirs, heureux ou tristes, revenaient soudainement. Aaron. Carolyn. Asterion. Même Cooper ou Elliot. Tout. Les matières qu'elle détestait ou qu'elle appréciait. 18 ans qu'elle avait quitté Poudlard, cela avait semblé être une éternité. Renouer avec Asterion, c'était renouer avec le passé. Avec la peine et la douleur, mais aussi avec cette amitié qu'ils avaient encore l'un envers l'autre. Juste pour cette dernière chose, Raven avait envie de prendre le risque de face à ses vieux démons.

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Jeu 12 Jan - 10:52

Comme un petit rituel qu'il voulait instaurer, Asterion s'installa à son bureau pour répondre à Miss Fawkes. C'était samedi à 11h et il décidait que ce serait leur moment à eux. Il se prépara une tasse de thé et prit sa plume et son parchemin qu'il commença à noircir.

Chère Raven,

Loin de moi l'idée de vous attrister en évoquant mon sort. Je suis désolé de vous remémorer le votre. Nos moitiés si chères à nos cœurs sont partis beaucoup trop tôt et leur souvenir est toujours douloureux. Je vous rendrais volontiers visite et vous remercie pour votre proposition. La collection d'Elliot est riche et je pourrais sans doute les consulter un jour mais jamais vous en priver.

Je me souviens très bien de ce lieu, ma chère Raven, et je vous avoue m'y rendre parfois. Tout y est semblable, l'atmosphère, la brise s'y engouffrant. Certains élèves s'y regroupent parfois à la même place et je nous y vois. Ce souvenir tendre m'émeut beaucoup et son évocation m'est aussi douloureuse que nostalgique.

Votre venue au château serait une bonne chose. De nombreux élèves très brillants et passionnés embrassent déjà cette ambition et vous seriez une ressource précieuse pour leur vocation naissante. Je vous ferai savoir si cela est possible dans les conditions actuelles de sécurité.

Mon isolement m'a privé de nombreuses informations et vous m'apprenez donc les événements douloureux et leur dénouement qui ont ponctués votre vie. Vous m'en voyez sincèrement touché. Mon écoute bienveillante vous est offerte si vous en éprouvez le besoin, à moins que nous nous retrouvions pour noyer notre chagrin en nous enivrant jusqu'à l'oubli.(Il plaisantait bien sûr, ce n'était pas du tout le genre d'Asterion, il préférait de loin se noyer dans la recherche et dans les livres.. Pulsion épistémophilique).

Le métier d'auror doit être passionnant j'imagine, et toujours imprévisible. Si votre évolution a été difficile dans ce milieu d'hommes, je suis sûr que ce sont ces mêmes hommes qui ont su reconnaître en vous toutes les qualités que vous possédez. Le temps et vos talents ont eu raison de leur jugement.

Le temps passé au château me permet l'accès à des ouvrages inédits sur la DCFM, la matière que j'enseigne. Mais mes lectures s'orientent également dans le champs du temps et de l'espace. L'astronomie et les cycles qui régissent l'univers m'ont toujours passionné. Certaines conversation avec les Professeurs des autres disciplines sont également toujours très enrichissantes. Bref ma soif de savoir est abreuvée à la hauteur de mon envie.

Il est déjà l'heure de vous laisser, donnez moi très vite de vos nouvelles et racontez moi un peu l'atmosphère dans vos bureaux. Celle-ci doit être électrique par les temps qui courent ..

Bien amicalement,
Asterion Funestar.


Après s'être relu, le Professeur ouvrit la cage de son hibou et lui attacha son parchemin. Une caresse et un biscuit et le voilà parti vers son destinataire. Au loin, le voyant disparaître, il fila en direction de la Grande salle. L'heure du repas était venu et il se mit à table.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Lun 16 Jan - 22:39



Raven s’était levée de bonne heure ce matin. À vrai dire, elle avait su la veille ce qui allait l’attendre aujourd’hui : une nouvelle lettre d’Asterion Funestar, son ami de collège qui avait finalement pris le poste de DCFM  à Poudlard. Elle lui avait tout d’abord envoyé une lettre pour le féliciter, et cet échange avait fini par être quotidien. Travaillant au Ministère, la sorcière avait pris sa pause pour le repas de midi et avait transplané chez elle. Son courrier arriva quelques minutes après, et l’Auror s’empressa de l’ouvrir pour le lire, un sourire aux lèvres. Elle s’installa à sa table, sortit un nouveau parchemin et une plume et, en prenant une gorgée de son thé tout juste servi, commença à écrire.

Cher Asterion,

Ne vous en faites pas, mon métier me le fait constamment rappeler. Cela n’a pas toujours été facile, mais je l’ai accepté et je me porte beaucoup mieux à présent. J’ose espérer que vous aussi. J’habite toujours à la même adresse, elle n’a pas changé. Je peux cependant vous la rappeler si la mémoire vous échappe, cela remonte à longtemps après tout. Je crains que les livres d’Elliot n’aient pas vu la lumière depuis des décennies, cela leur ferait du bien de sortir de ces vieux cartons.

Vous m’en voyez réjouie. J’avais peur que cet endroit n’ait totalement changé. En pensant que les générations d’après ont suivi le même chemin que nous autrefois me remplit d’émotion. J’imagine le sentiment que vous devez parfois avoir, il m’aurait tout aussi envahi si j’avais été à votre place.

Bien, vous me tiendrez au courant. Je me tiendrai prête au moindre signe de votre part. Il est vrai que la situation actuelle ne nous permet pas grand-chose, mais je reste persuadée qu’Albus Dumbledore en verra l’utilité.

Je suis touchée par votre proposition, Asterion, et je ne manquerai pas de faire appel à vous en cas de besoin. Je pense que j’ai noyé mon chagrin dans le travail et que cette douleur a fini par s’apaiser, même si elle est encore là. Je suis devenue presque dépendante du Bureau, être active me permet d’oublier un peu, je présume.

C’est un métier en effet très passionnant, je m’y sens utile. Nous sommes délégués pour de nombreuses missions, toutes différentes et variées, mais généralement cela concerne principalement la protection de notre pays ainsi que l’arrestation des nombreux mages noirs en liberté. Je vous avoue que nous manquons cruellement de sorciers, au Bureau. Nous avons parfois jusqu’à cinq ou six affaires en même temps, si ce n’est plus.

Je me souviens de votre intérêt particulier pour l’astronomie ainsi que l’aide que vous m’aviez apportée durant mes années d’étude. Vous étiez déjà passionné à l’époque, et vous me voyez ravie que cela se perpétue à présent. Faire partie de l’autre côté du miroir et ne plus avoir cette place d’élève doit en effet être très enrichissant pour vous. Je reste persuadée que tout le savoir que vous avez accumulé durant toutes ces années ne pourra que vous servir et que vous découvrirez encore bien des mystères qui peuplent notre monde.

Vous avez raison, le Bureau se fait très tendu ces derniers temps. La paperasse ne fait qu’augmenter sur ma table, je n’en vois presque plus le bout. Nous avons sous notre tutelle deux nouveaux aspirants Aurors qui étudient encore à l’École Supérieure, mais ce n’est pas assez, il nous faut plus de sorciers si nous voulons réellement assurer la sécurité de la population. De plus, le Musée des Arts et Objets Moldus à Londres va très prochainement être inauguré, une pure folie d’après moi. Les salles seront bondées et la Ministre sera présente. Le Musée est une cible plus qu’évidente pour le camp ennemi, mais je me dois de suivre les instructions de mes supérieurs. J’espère qu’une mauvaise surprise ne nous y attendra pas. Viendrez-vous y faire un tour ?

Chaleureusement,
Raven Fawkes

La sorcière se relut une dernière fois, plutôt satisfaite de sa réponse. Elle enroula alors le parchemin sur lui-même, l’attacha à la patte de son hibou et ouvrit la fenêtre pour que le rapace puisse s’envoler. L’Auror le suivit des yeux quelques instants, la referma et s’assit à nouveau en posant ses coudes sur sa table. Pensivement, elle finit sa tasse de thé. Il était l’heure de retourner au Ministère…

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Lun 23 Jan - 14:45

Asterion avait attendu la lettre de son amie avec impatience. Le rendez-vous hebdomadaire rendait sa semaine moins pénible. Non pas qu'enseigner ne lui plaisait guère. Simplement qu'il retrouvait le plaisir de parler avec quelqu'un, en somme une amie, comme avant. Comme si ils ne s'étaient jamais quittés. Comme si ils étaient encore les adolescents qu'ils avaient été tous les quatre.


Chère Raven,

On dit que le temps apaise la douleur, mais ne l'efface pas. Sans doute, je me porte un peu mieux à présent. Vous pouvez dès à présent dépoussiérer vos vieux cartons si cela ne vous gêne pas. Je pourrais venir vous rendre visite pendant les prochaines vacances si cela vous sied. Inutile de me rappeler vos coordonnées, ma mémoire est bien la seule à ne pas avoir désertée.

Vous avez l'aval du Directeur pour nous rejoindre en Février. Je me réjouis d'avance de votre venue en classe. Je ne doute aucunement que vos récits et votre charisme éveilleront de nouvelles vocations chez certains de mes élèves. Voir éclore et grandir celles-ci jusqu'à l'aboutissement seront pour vous une véritable joie, je vous l'assure. Lors de votre visite, nous pourrons nous promener au château au gré de vos souvenirs, des miens ou des nôtres... Cela me ferait plaisir.

Je suis inquiet par ce que vous me rapportez. Le fait même de manquer d'effectifs et de voir les affaires se multiplier me font dire qu'il se passe des choses qui nous dépassent tous. Les rumeurs d'un mage noir se multiplient. Certaines sont fantasques, voire totalement risibles. Mais nous savons bien que derrière celles-ci se cachent parfois un fond de vérité. Et si ce que disent la gazette ou les autres médias s'avèrent vrais.. Alors ce n'est que le début de quelque chose de bien plus grand. Vous risquez d'être submergés davantage. Ai-je des raisons de craindre à venir à l'inauguration de ce nouveau musée ? Avons-nous des raisons, selon vous, de craindre d'autres attaques plus massives et intenses ? Le service de sécurité sera sans doute important et assez dissuasif pour éviter une attaque d'envergure. Je me joindrais peut-être aux autres Professeurs qui ont prévu de s'y rendre. Nous nous y croiserons alors.

Bien amicalement
Asterion Funestar



Par écrit Asterion se trouvait bien bavard. Alors que dans la réalité physique, il était bien moins loquace. Mais être derrière un parchemin permettait de mettre la distance nécessaire au deliage de langue. La perspective de la voir en vrai l'angoissait. Le Professeur savait déjà qu'il devrait se faire violence pour participer à un événement tel que l'inauguration du Musée, mais aussi pour accepter des visites de son ancienne amie. Ses années de solitude lui avait fait perdre ses habiletés sociales ainsi que les codes usuels de la conversation. Il se montrait désormais maladroit et pas toujours adapté. Cette correspondance avec Miss Fawkes lui permettait de s’entraîner un peu, de garder un peu contact avec le monde extérieur. Hormis quelques Professeurs avec qui il bavardait cordialement et son neveu, Asterion restait le solitaire qu'il avait toujours été et cela lui convenait sans doute très bien.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Mar 24 Jan - 15:10



Le train de la vie quotidienne se remettait difficilement en marche, pour Raven. Trop difficilement, même. Cela faisait maintenant un peu plus d’une semaine que l’attaque au Musée avait eu lieu, attaque que l’Auror avait crainte et qui était finalement arrivée. Il y avait eu des blessés il lui semblait, des morts elle ne savait pas, et en tout cas ce n’était pas quelque chose dont elle souhaitait parler. Il y avait eu ce sorcier, au Musée. Cet homme, ce Mangemort. Dolohov. C’était lui, le coupable. Lui, qui avait organisé l’assassinat de son mari. Il l’avait dupée. Les sorciers à Azkaban n’avaient été que des pions. Le cerveau, ça avait été Dolohv. Et cela, Raven n’y avait jamais songé. Quelle piètre Auror elle faisait… Et il lui avait annoncé ça comme ça. Sans l’ombre d’un remord, même presque le sourire aux lèvres. Détruite. Cela l’avait détruit de l’intérieur, et une certaine Elise Lerouge avait profité de cet instant de faiblesse pour l’attaquer. Oui, Raven s’était littéralement effondré sur le sol, son sang commençant à se répandre autour d’elle.

Elle préférait passer sous silence sa période passée à Ste Mangouste. Elle ne voulait pas y penser. Cependant, la sorcière tenait tout de même à envoyer une lettre à son ami Asterion. Elle ne lui avait pas répondu à la précédente, mais le professeur de DCFM, apprenant la nouvelle, était venu la voir alors qu’elle dormait, déposant précieusement un présent qu’il avait acheté pour elle. Sans plus attendre, Raven s’attela à la tâche.


Cher Asterion,

Je m’excuse de mon retard. Je me remets doucement de cet incident au Musée, et reprendre la routine quotidienne me demande un effort considérable. Vous pourrez passer ces prochaines vacances, cela ne me pose aucun problème, même avant si vous le voulez. J’ai été interdit d’aller travailler au Bureau cette semaine, et je vous avoue que je n’ai pas l’habitude d’être aussi inactive.

L’autorisation du Directeur me remplit de joie, et j’espère que je serai remise d’aplomb d’ici février. Comptez sur moi pour captiver leur attention, je pense que ce ne sera pas très difficile. Le métier d’Auror est l’un des plus attirants aux yeux de la jeunesse, me semble-t-il. Je compte bien entendu rester quelques jours au château s’il y a une chambre où je peux dormir. Cela me permettra de me balader en votre compagnie dans les lieux de notre enfance et de discuter avec les élèves qui auront des questions à me poser.

Mais si je vous envoie cette lettre, Asterion, c’est pour une toute autre raison. Je voulais vous remercier de votre visite à Ste Mangouste. Je regrette simplement de m’être assoupie au moment de votre passage et de ne pas avoir pu échanger quelques mots avec vous. Votre présent me touche énormément, vous n’avez pas oublié mon goût pour la mode, même après toutes ces années. Je porterai ce tailleur lorsque nous nous reverrons à Poudlard. C’est un modèle comme je les aime.

J’espère vous voir prochainement.

Chaleureusement,
Raven Fawkes

Raven sourit en terminant sa lettre. Échanger avec son ancien ami était quelque chose d’étrange, presque amusant. Et elle appréciait les moments qu’elle prenait pour lui écrire. Cela avait fini par être habituel, comme un refrain dans une chanson. Une chanson qu’elle fredonnait à présent, alors qu’elle suivait des yeux son hibou prendre son envol…


Quelqu'un m'a demandé juste hier après-midi
Si je me souvenais de toi
Il m'a montré toutes ses photos d'amis
Et j'en ai vu trop de toi
Les clichés d'un week end en Angleterre
Quelques diapos d'un de nos anniversaires
Enfin juste de quoi tout remuer
Avec une envie folle
De te retrouver*


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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Sam 28 Jan - 14:49

Asterion avait vite compris qu'il s'était passé quelque chose de grave lorsque Raven ne lui avait pas répondu. Elle avait été blessée lors de l'inauguration et il ne regretta pas de ne pas s'y être rendu. Il était allé lui rendre visite à l’hôpital, mais n'avait pas attendu de la voir éveillée. Il s'était contenté de lui laisser un message avec un présent qui saurait lui faire plaisir. Il n'était pas très à l'aise avec les retrouvailles, ainsi cela lui avait convenu de la retrouver assoupie. Le semaine d'après ils avaient repris leur correspondance et Raven lui promis de venir au château, puisque en convalescence. En attendant il lui répondait :

Chère Raven,

J'ai eu très peur en apprenant ce qui vous étiez arrivée. Mes craintes étaient fondées, une attaque a bien eu lieu et je regrette que vous en ayez fait vous-même les frais. Vous avez réussi à me faire sortir du château. En vous rendant visite j'ai retrouvé la Raven de mes souvenirs. Vous n'avez pas changé, vous êtes toujours cette jeune fille aux longs cheveux bruns au visage paisible et un peu autoritaire il faut le dire.
Je suis content que cela vous ai plu. Comment oublier votre goût pour les tenues sobres avec le juste petit détail de fantaisie ? Vous aviez déjà à l'époque un goût très prononcé pour ce type de modèle, même si nous ne pouvions pas les porter à l'école.

J'ai retrouvé cette photo de nous quatre que je vous envoie (Asterion, sa femme, Raven et son mari à Poudlard). Le temps passé à les regarder me rappelle à quel point la vie est fragile, telle une flamme prête à s'éteindre à tout moment.

Votre venue au château m'enchante autant qu'elle me fait peur. Pourtant je n'ai aucune raison de la craindre. Sans doute est-ce la perspective de me replonger dans nos anciens souvenirs. Une chambre vous y attendra, ainsi que du linge propre et des repas chauds à la Grande table des Professeurs. Vous rencontrerez mes collègues. Peut-être en connaissez vous certains … D'autres sont toujours présents depuis que nous étions nous mêmes élèves.

Au plaisir de vous voir,
Asterion
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar] Dim 29 Jan - 14:34



La vie reprenait doucement son cours, même si cela était un peu plus difficile pour Raven. Elle se remettait lentement mais sûrement de l’attaque au Musée. La sorcière était retournée travailler ces derniers jours, même si à chaque fois qu’elle croisait un collègue, ce dernier la conseillait de rentrer chez elle et de se reposer. Conseils auxquels elle répondait en disant qu’elle voulait être utile et que les dossiers n’allaient pas attendre. Au final, elle avait toujours le dernier mot.


Cher Asterion,

Oui, nos craintes étaient hélas fondées. Tout s’est passé très rapidement, et je regrette que des innocents aient été touchés. Concernant les Aurors et la Police Magique, nous savons ce que nous risquons, à chaque minute passée sur le terrain. Mais je vous avoue que voir l’un d’entre nous se faire toucher accentue cette crainte d’ores et déjà présente. Si même l’élite des sorciers flanche, qu’adviendra-t-il du reste ? Aussi, j’ai des raisons de m’en vouloir pour ce petit moment d’égarement qui a failli me coûter la vie. Le camp adverse est sans scrupule et n’hésite pas à se montrer lâche, comme peut le montrer cette blessure qui me marque à présent le dos.
Je me souviens en effet avoir longtemps caché quelques vêtements dans ma valise, étant interdits à l’école. Même si les souvenirs y sont nombreux, en sortir m’a permis d’être totalement moi-même. Et si vous me dites que je suis telle que j’étais autrefois, je vous crois sur parole. Seulement, je ne devais pas être dans un état présentable lorsque vous m’avez rendue visite…

Cette photo me touche énormément, Asterion, et je ne peux que vous remercier de me l’avoir envoyée. Cette période fut bien éphémère  en effet, et s’il existait le moyen de revenir en arrière, c’est avec plaisir que je l’utiliserais.

Je vous comprends, et je vous avoue que la même appréhension m’envahit lorsque j’y pense. Certainement cette peur de faire face à notre passé. Mais ce sentiment se sera vite envolé lorsque je serai sur place, je l’espère.
Cela me fera étrange de me tenir face aux élèves. Ce n’est pas une place à laquelle j’ai l’habitude de me tenir. Je ferai la connaissance de vos collègues avec grand plaisir. Je connais effectivement miss Hoover, il me semble que vous savez ce qu’il lui est arrivé ces dernières vacances… Il est vraiment triste de savoir que même un professeur peut se faire toucher. Quant à nos anciens enseignants, il me tarde de les croiser à nouveau. Ils ont certainement pris un peu d’âge, avec tout le respect que je leur dois…

Chaleureusement,
Raven Fawkes

L’Auror avait réellement hâte de passer au château. Pour Asterion, pour Soyle, pour Minerva et bien d’autres encore ! Mais il était vrai que sa principale motivation à aller à Poudlard était, bien entendu, les élèves. Encore plus après ce qu’il venait de se produire, deux semaines auparavant. Plus elle motiverait des jeunes à se lancer dans une carrière d’Auror, plus la sécurité allait être renforcée et ainsi, assurer la sécurité dans ce genre d’événements.  



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Comme au bon vieux temps... Ou presque [Raven & Funestar]

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