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Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle]

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MessageSujet: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Dim 1 Jan - 21:28


Ça y est, c’était son tour. Voilà quelques jours que Soyle Hoover était sortie de l’hôpital Ste Mangouste, mais elle restait faible et surtout sous surveillance accrue. Une autre tentative de meurtre envers la jeune femme restait encore fortement possible, elle figurait très certainement dans la liste des victimes à éliminer. Raven avait eu la possibilité de lui parler un petit peu lorsqu’elle était allongée dans son lit d’hôpital, se remettant doucement de ses blessures, et avait pu constater que Soyle était une jeune femme comme on en croisait rarement. De nature douce et avenante, très gentille, avec une joie de vivre et un sourire permanent. Elle montrait tout le contraire de ce que montrait Raven, et cela perturbait énormément l’Auror qui n’était pas habituée à une personnalité aussi charmante. Et puis, elle avait réfléchi, et s’était dit que, finalement, on avait toujours besoin, d’une personne comme ça. Qu’il en fallait, et que dans ce monde où différence rimait avec méfiance, les personnes qui semblaient apporter des rayons de soleil étaient plus que les bienvenus pour ceux qui étaient engagés dans cette guerre.

Raven avait toujours su se montrer très protectrice envers les gens qu’elle aimait et n’hésitait pas à les secourir ou à les sauver du danger, peu importe lequel. Mais même si, le soir du réveillon, Soyle Hoover lui avait été totalement étrangère, l’Auror n’avait pas hésité une seule seconde. Elle aurait eu sa mort sur la conscience, une chose qu’elle voulait absolument éviter. Ainsi, la professeure était sortie de l’hôpital accompagnée et escortée. Le Bureau avait mis un système de rotation autour de chez elle avec des Aurors sous le commandement de Raven. Étant donné que la sorcière avait été celle qui lui avait sauvé la vie, il avait été tout-à-fait normal de lui donner cette responsabilité. Même si Aaron s’y était opposé, au début, ce que Raven comprenait. L’ancienne Poufsouffle était à présent dans la ligne de mire du camp opposé.  Mais elle avait rassuré son proche ami en lui disant que, de toute façon, sa tête avait été mise à prix depuis l’assassinat d’Elliot. Et là, encore plus. Au point où l’Auror était… Elle avait renchéri en disant que ce métier était dangereux, oui, mais qu’elle en mesurait les conséquences. Elle ne serait pas là, sinon. Raven savait très bien qu’elle était également en danger, mais après tout, qui ne l’était pas à présent ?

Un soupir. Pas un soupir de désespoir ou de fatigue, non. Un soupir de détermination. Raven était prête, plus que jamais, à mettre fin à tout cela. Mais cette lutte contre le Mage Noir était avant tout la protection de la population. Plus particulièrement ceux qui étaient visés par le camp ennemi, à l’instar du professeur Hoover. L’Auror ne pouvait plus laisser passer ça. Évidemment, elle savait que ce combat n’allait pas s’arrêter l’année d’après, ni l’année suivante. Ça allait être un combat long, dur, et douloureux. Une épreuve rude qui allait taper sur les nerfs et épuiser, mais malgré tout c’était là que l’on voyait avec qui on pouvait vraiment s’allier. L’Auror était certaine de sortir vainqueur de cette lutte incessante. Dans un futur plus ou moins proche, le règne du Seigneur des Ténèbres allait toucher à sa fin. Ce n’était plus qu’une question de temps, désormais. L’Auror rajusta sa cape noire autour de son cou, se regarda une dernière fois dans la glace en se regardant, les yeux sévères et glissa sa baguette magique dans sa manche droite. Elle pouvait en avoir besoin, et la baguette était la partenaire indiscutable d’un Auror. Dernières vérifications, puis Raven transplana.

La sorcière sentit l’air autour d’elle tourbillonner, puis sentit de nouveau la valeur sûre du sol sous ses pieds. L'appartement de miss Hoover se tenait non loin de là, elle avait juste à faire quelques pas. Sans attendre, elle rentra à l'intérieur de l'immeuble et monta au deuxième étage. Deux Aurors étaient postés devant la porte et semblaient être dans une grande discussion. Deux hommes. Au Bureau, la majorité des employés étaient de ce sexe-là et Raven était peut-être une des seules qui intimait autant le respect. Deux nouvelles recrues qui faisaient partie de l’élite. Des sorciers sérieux qui étaient réellement impliqués pour cette noble cause qui était de réduire au maximum l’effectif du camp adverse. Mais malheureusement, il en fallait plus des comme ça. Le Bureau était en sous-effectif et la menace était de plus en plus grande. Ce n’était pas bien équilibré…

« Nick. Mickael », salua-t-elle froidement.

Ils étaient de simples collègues de boulot, et Raven n’avait jamais été réputée pour être très chaleureuse avec les membres du Ministère. De toute façon, cela ne servait à rien. Ils collaboraient ensemble, ils travaillaient pour une même cause, ils échangeaient pour des dossiers importants, rien de plus. Ce n’était pas ce que la sorcière recherchait, de toute façon. Les deux firent un signe de tête respectueux. S’attirer les foudres de Raven n’était pas tellement la meilleure solution.

« Des nouvelles ? s’enquit-elle.
-Pas le moins du monde, répondit Mickael. Miss Hoover n’a pas quitté la maison. »

Elle resta un instant devant eux, perdue dans ses pensées. Elle réfléchissait. Est-ce que deux Aurors, trois maintenant qu’elle était là, suffisaient ? Mmh. Oui, ça allait suffire. Du moins, Raven l’espérait. Elle releva la tête et les regarda à tour de rôle.

« Ne quittez pas votre poste jusqu’à ce que deux autres arrivent. Ils ne devraient plus tarder.
-Entendu », dirent-ils en chœur.

Après un hochement de tête, Raven se dirigea vers la porte d’entrée et toqua trois petits coups. Elle ne savait pas si la professeure habitait seule ou non, mais l'appartement lui semblait un peu vide pour une seule personne. Enfin bon, l’Auror venait lui tenir compagnie, de toute façon. Prendre de ses nouvelles était important pour elle. La sorcière entendit une voix disant qu’elle arrivait et, quelques instants après, la porte s’ouvrit sur le visage encore marqué de la récente agression mais toujours pétillant de joie de la rousse. Contente de la voir, Raven lui sourit et tendit sa main.

« Comment allez-vous, miss  Hoover ? »  

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Jeu 5 Jan - 16:32

Soyle était une femme charmante. Ça, tout le monde semblait pouvoir s’accorder pour le dire. Ou presque. Oui presque, parce que le soir du réveillon de noël, elle avait eu une preuve flagrante qu’il existait quelques personnes pour ne pas l’apprécier. Pas du tout même. Assez peu pour tenter de la tuer, sans faire plus de sentiments. Une nuit qu’elle n’était pas prête d’oublier. Oh non, elle ne pourrait rien oublier. Ni ce contact avec les gants de son bourreau, ni son masque horrifiant, ni le froid qui mordait ses blessures, cette douleur horrible, ce rire qu’il avait parfois. Jamais elle ne pourrait oublier. En revanche, elle pouvait faire avec et continuer sa route. Et elle ne le faisait pas seule. Dès son arrivée à l’hôpital, elle avait été très entourée. Il y avait eu ses amis bien sûr, mais pas seulement. Le Ministère l’avait mise sous surveillance. Elle n’était dès lors jamais réellement seule. Il fallait voir le bazar que ça avait été que de la sortir de l’hôpital. Forcément, ils avaient eu peur qu’il se passe quelque chose à ce moment-là. Normal, ça aurait été facile. Alors ils avaient tout fait pour qu’il ne se passe rien. Soyle qui avait encore du mal à se déplacer avait au moins eu une sacré aide pour rentrer chez elle ! Il faut dire que vue le nombre de personnes présentes, il y en avait bien au moins une à chaque fois pour l’aider.

La belle devait bien admettre que tout ce système était rassurant. Devoir rester ici toute seule sans personne l’aurait sans doute inquiété bien plus, c’est vrai. Même si elle ne pouvait pas oublier que les parents de ce pauvre Gideon avaient été protégés eux aussi, et on savait comment ça s’était terminé.  Mais bon, ça restait des présences rassurantes tout ça. Et puis, il y avait derrière eux une femme qui avait l’air de très bien savoir ce qu’elle faisait. Raven Fawkes, celle qui l’avait sauvé cette nuit-là, c’était elle qui était derrière tout ça. Pour la rouquine ça avait quelque chose d’assez agréable de le savoir. Elle savait à qui elle avait affaire comme ça et lui faisait parfaitement confiance. Il faut dire qu’elles avaient un peu discuté ensemble. Et que Soyle avait trouvé cette femme tout à fait charmante. En plus d’être visiblement compétente. Tout allait plutôt bien en fait. Même si malgré tout, la jeune femme n’était pas encore totalement sereine, faisant des nuits agitées. Mais bon, il parait que c’était normal…

Ce jour-là n’était pas différent des autres. Des derniers qu’elle avait vécus en tout cas. Soyle était toujours chez elle, à Londres, elle avait encore mal, et elle ne sortirait toujours pas. Heureusement qu’on lui avait ramené son chat, autrement ça aurait été d’un déprimant ! Au moins Isis lui tenait compagnie. Elle faisait un peu la tête la minette, forcément, à rester dans ce petit appartement. Mais elle faisait avec et ne boudait pas sa maîtresse pour autant. Heureusement, cela faisait un peu de soutien. Parce que des amis venaient, mais elle ne pouvait pas leur demander de rester trop longtemps non plus. Pourtant elle, elle avait besoin de voir du monde. C’était pour ça qu’elle passait tant de temps dehors. Mais là, avec sa difficulté à se déplacer en plus, c’était exclue pour le moment. Alors elle restait à la maison. Elle faisait beaucoup de pâtisserie en fait. Ça l’occupait. Elle sortait parfois en proposer à ses gardiens, sans trop trainer pour autant, elle savait qu’ils n’étaient pas là pour ça non plus. Mais ça la mettait mal à l’aise de savoir qu’ils restaient plantés là, dehors. Alors quand on toqua à sa porte, elle avait lâché ce qu’elle était en train de faire en disant qu’elle arrivait. Le temps de prendre cette canne qui ne la quittait plus et de remonter le petit couloir. Pas grand-chose au final, alors heureusement elle était vite à la porte pour l’ouvrir. Il arrivait que les relèves se signalent, juste pour qu’elle soit au courant. Mais cette fois, son visage s’éclaira en voyant de qui il s’agissait. Raven Fawkes était venue jusqu’à elle. Oui, cela lui faisait plutôt plaisir, il fallait bien le dire. Alors même fatiguée et encore marqué Soyle lui souriait. Visiblement, Raven aussi était assez contente d’être là, elle souriait aussi. Soyle répondit à cette main tendue avec plaisir, bien que peut-être encore tremblante. Mais il semblerait que ça aussi c’était normal.

- Comment allez-vous, miss  Hoover ?

Elle avait vu mieux. Mais elle avait aussi connu bien pire. Raven était gentille de lui poser la question quand même. Elle n’y était pas obligée. Elle aurait pu se contenter de la déposer à l’hôpital ce soir-là, et elle aurait fait son devoir. Mais cette femme s’était intéressé à elle, semblait même s’inquiéter pour elle. Soyle ne pouvait qu’être touchée par cette attention.

- Bien mieux, je vous remercie.

Mieux que la dernière fois qu’elles s’étaient vues, c’était certain ! Le plus grand changement étant qu’elle tenait (à peu près) debout ! Il fallait quand même le souligner. Soyle se poussa ensuite doucement du milieu pour ouvrir un peu plus la porte.

- Mais je vous en prie, entrez ! Enfin, si vous le pouvez bien entendu…

Il était possible que Raven ne soit pas du tout là pour ça et qu’elle ait des consignes toutes autres. Même si la belle aurait bien aimé qu’elle entre, ne serait-ce qu’une minute. Elle avait prévu de lui faire parvenir un petit paquet, des petits gâteaux (parmi tous ceux qu’elle passait les derniers jours à faire) qu’elle avait pensé laisser à un de ses gardiens pour les faire arriver jusqu’à Raven. Mais puisqu’elle était là ! Soyle espérait qu’elle pourrait lui remettre directement. Pour cela il fallait que l’Auror soit disponible.
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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Jeu 5 Jan - 22:21


Raven était plutôt soulagée de voir la jeune femme debout. Enfin, debout… Disons plutôt que, grâce à sa canne, elle arrivait plus ou moins à marcher correctement, ce qui était déjà un bon début. Le reste allait prendre du temps, mais il ne fallait de toute façon pas s’attendre à ce que les choses se guérissent du jour au lendemain. Certaines douleurs ne guérissaient d’ailleurs jamais. Les blessures physiques pouvaient laisser des petites voire d’importantes séquelles, mais les douleurs psychologiques, elles… Ce type de blessure ne faisait jamais de cadeaux et, en général, oublier qu’elle était présente était une épreuve difficile et pensée souvent comme étant insurmontable. Certaines personnes résistaient, luttaient contre cela, et pourtant Raven savait pertinemment que ce genre de réaction était parfaitement inutile, pour l’avoir elle-même expérimenté. Au lieu de faire taire ce sentiment insupportable, comme si tout s’écroulait autour, le rejet devenait l’arme la plus puissante de cette douleur et la souffrance n’en était que plus grande. Finalement, il valait mieux accepter tout ce qui nous arrivait, même si cela était à contrecœur.

Mais malgré cela, ce petit démon intérieur frappait parfois de nouveau à la porte, faisant resurgir des souvenirs atroces en ricanant d’un air mauvais. Il venait quand il voulait, à n’importe quelle période l’année, de jour comme de nuit. Cette petite chose, l’Auror avait dû y être confronté quelques jours auparavant alors qu’elle avait été entourée par exactement deux personnes : Basil Carrow et Soyle Hoover. C’était survenu comme ça, d’un coup. Le petit démon n’avait pas prévenu et Raven s’était retrouvée à sa merci, n’ayant aucune arme pour se défendre. Le déclic s’était fait là, quand elle avait vu le bureaucrate s’asseoir près de la jeune femme. À cet instant, tout s’était joué. Les pensées les plus douloureuses avaient réapparu, et Raven s’était dit que, dans une autre vie, une vie où elle avait été plus intelligente que ça, Elliot aurait pu se retrouver dans ce lit d’hôpital et elle-même à la place de Carrow. Leur destin, son destin aurait changé. L’Auror n’avait pu tenir une seconde de plus et était immédiatement partie sans même dire au revoir aux deux sorciers. Après tout, miss Hoover avait été entre de bonnes mains, apparemment.

« Bien mieux, je vous remercie. »

Bon, visiblement son état s’améliorait. La sorcière était contente de l’apprendre, elle espérait que dans les prochaines semaines, la jeune professeure allait pouvoir faire tous les gestes quotidiens dont elle avait l’habitude. Mais pour l’instant, pouvoir marcher comme avant cet incident tragique était déjà une importante étape avant de passer à la suite. Chaque chose en son temps.

« Vous m’en voyez ravie. »

La dernière fois que les deux sorcières s’étaient vues, Soyle était encore dans son lit d’hôpital, à se faire manipuler par le docteur Hastings afin que ce dernier puisse lui remettre quelques os en place. Une bonne initiative, certes, mais non pas sans grands hurlements de douleur provenant de la rescapée, qui auraient pu hérisser les cheveux sur la tête. Mais Raven ne s’était pas laissée démonter et s’était même assise près d’elle pour la rassurer. Elle avait entendu et vu bien pire, ce n’était pas les cris d’une blessée qui allait lui faire faire demi-tour…

La professeure d’Études des Moldus se décala alors de l’ouverture de la porte, comme pour l’inviter à entrer.

« Mais je vous en prie, entrez ! Enfin, si vous le pouvez bien entendu… »

L’Auror tourna la tête en direction de Nick et Mickael. Elle avait entièrement confiance en eux, et Raven savait que si le moindre problème survenait elle serait immédiatement prévenue. Il n’y avait pas de crainte à avoir de ce côté-là. De plus, deux autres Aurors allaient venir prendre leur place. Raven se tourna de nouveau vers Soyle et lui sourit doucement. Elle n’était pas venue pour ça au départ, mais puisqu’elle lui proposait aussi gentiment…

« Ce ne sera pas de refus. Mes collègues veilleront sur nous, je leur fais entièrement confiance. »

La sorcière jeta un dernier coup d’œil aux deux sorciers, et tout deux répondirent d’un signe de tête. Ils avaient conscience de la responsabilité qu’ils avaient et savaient qu’il fallait prendre cette mission au sérieux. Sans attendre, Raven entra dans l’appartement du professeur Hoover et attendit que cette dernière ferme la porte. Elle la laissa passer devant et la suivit. Alors que l’Auror, en bonne âme charitable, penser l’aider à marcher jusqu’à son salon, c’est avec surprise qu’elle constata que Soyle allait vraiment mieux. Bon, ce n’était pas encore ça, mais la jeune femme avait l’air de plutôt bien se débrouiller seule et ne semblait pas demander une quelconque aide. Elle était sur la bonne voie de la guérison.

L’endroit où la rouquine vivait était plutôt petit, plus petit que l’appartement de Raven en réalité, mais cela importait peu. Tant qu’elle était satisfaite de cet endroit, tel était son choix. Après tout, chacun ne demandait pas toujours le même niveau de confort. Une odeur de pâtisserie atteint la narine de Raven qui, après en avoir respiré, la trouva absolument délicieuse. Ce n’est qu’en tournant la tête qu’elle aperçut tous ces petits gâteaux qui avaient été sûrement préparés par les soins de la propriétaire de l’appartement. Un petit sourire aux lèvres, l’Auror se tourna vers cette dernière.

« À ce que je vois, l’enseignement n’est pas votre seul  domaine de prédilection. Vous semblez aussi maîtriser cet art qu’est la cuisine. »

En effet, à l’âge de Soyle, Raven n’avait jamais vraiment su être une perle dans ce domaine. En général, Elliot prenait plutôt les devants, même s’il y avait bien un plat qu’il préférait qu’il soit cuisiné par sa femme. Mais  l’Auror préférait ne plus y penser. N’importe quel morceau de souvenir était encore rattaché au défunt Serdaigle, et Raven voulait profiter du temps présent, non pas vivre continuellement dans le passé. De toute façon, ce n’est pas ce qu’aurait voulu Elliot. Il aurait voulu qu’elle soit heureuse malgré son absence et qu’elle continue à vivre sa vie. C’est pourquoi, depuis maintenant quelques années, la sorcière avait énormément progressé en cuisine, se faisant toujours des petits plats quand elle avait la motivation. Et puis, comme on disait, « le travail porte toujours ses fruits », n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Sam 7 Jan - 0:39

Il y avait des rencontres dans la vie que l’on faisait sans trop savoir pourquoi. Et de manière assez imprévisible en plus. On pourrait se dire qu’avec des circonstances pareilles, il ne serait pas agréable d’entretenir cette relation qui n’était pas née sous la bonne étoile. Pour ce qui était de la toute nouvelle relation entre Raven Fawkes et Soyle Hoover, c’était assez difficile de dire que cela avait bien commencé. Elles s’étaient rencontrées alors que la belle était entre les mains d’un homme cruel, presque morte pour être honnête. Et puis Raven était arrivée pour la sortir de là. Bon, c’est vrai qu’au final c’était assez positif. Suite à cela, elles avaient passé un peu de temps ensemble dans cet hôpital. Une entrevue très agréable pour la jeune  rousse, même si cela s’était avéré plus compliqué pour l’Auror. En effet, elle avait été d’abord troublée par la présence de Basil Carrow. Un peu plus tard encore, il y avait eu autre chose pour la troubler, mais là en revanche Soyle ne savait pas de quoi il s’agissait. Elle n’avait pas même eu le temps de se poser la question que Raven était déjà partie. Tant pis, cela ne la regardait pas forcément en plus. Même si elle avait eu très envie de l’aider sur le coup, sans savoir comment.

Enfin, difficile de dire où tout cela pourrait les mener, mais en tout cas, ce jour-là, la belle Raven Fawkes était arrivée devant sa porte. Soyle était parfaitement ravie de la revoir. Elle était tout à fait charmante et était une personne très intéressante à coup sûr. Mais cela, elles n’avaient pas tellement eu le temps de s’en rendre compte. Quelques heures à l’hôpital ne pouvaient pas dire grand-chose. Pour le moment, elle était surtout infiniment reconnaissante pour cette vie qu’elle lui devait. Elle savait qu’elle n’avait fait que son devoir après tout, et elle le savait, étant amie avec deux autres femmes dans la même profession. Ce qui n’empêchait en rien le fait qu’elle lui devait la vie. Et que jusqu’à maintenant elle n’avait rien de négatif à lui attribuer. Alors forcément, là, devant cette porte, comment faire autrement que de lui sourire en répondant qu’elle allait bien mieux, pensant également que c’était en grande partie grâce à elle.

- Vous m’en voyez ravie.

Elle aussi ! Ce n’était pas encore parfait bien entendu mais Soyle avançait doucement sur une voie qui s’annonçait bonne. Pour le moment en tout cas elle était très motivée et pouvait avancer avec un peu d’aide. Cette aide que Raven lui apportait en organisant cette surveillance. Et la belle était là encore très reconnaissante. Alors forcément, elle lui proposait d’entrer. En espérant qu’elle dirait oui. Parce qu’elle tenait à la remercier, réellement. Quand après un regard à ses collègues elle semblait accepter l’invitation, Soyle étira son sourire.

- Ce ne sera pas de refus. Mes collègues veilleront sur nous, je leur fais entièrement confiance.

Oh là-dessus Soyle n’avait aucun doute et se sentait tout à fait en sécurité également. Vraiment aucun souci à ce niveau. Et elle avait une totale confiance en Raven qui de toute façon avait l’air tout à fait détendue. Pas de raison pour qu’elle fasse autrement. Alors parfait, Raven passerait un peu de temps avec elle. Elle la précéda dans son petit appartement. La belle marchait lentement, certes, mais elle avançait tout de même et pouvait tenir un moment sans avoir besoin de s’arrêter pour faire une pause. Elle s’en sortait de mieux en mieux. Enfin bon, c’était un peu fragile encore, il faut l’admettre. Mais elles passaient dans le couloir sans problèmes pour rejoindre le salon tranquillement toutes les deux. En passant devant la cuisine pourtant Raven avait l’air intriguée.

- À ce que je vois, l’enseignement n’est pas votre seul  domaine de prédilection. Vous semblez aussi maîtriser cet art qu’est la cuisine.

Ah ça ! La cuisine ! La pâtisserie surtout. Quand à parler de maîtrise c’était quand même un peu abuser. Soyle eut un petit rire. Il est vrai que sa cuisine avait pas mal tourné ces derniers jours. Il y avait plusieurs types de gâteaux dans plusieurs plats. Mais elle partageait avec toute personne passant cette porte.

- Ah, plutôt en pâtisserie en fait. Mais ça me permet surtout de faire quelque chose. Une habitude que je tiens de ma mère.

Petite, elle avait passé un certain temps en cuisine avec sa mère à faire de la pâtisserie. C’était sans doute ce qui expliquait la majorité de recettes polonaises. L’une comme l’autre ça avait tendance à les détendre. Même une fois adulte, elles avaient continué à partager cela. Depuis le départ de sa mère, elle avait gardé cette habitude sans être perturbée. Un peu au début mais quelque part ça lui faisait quand même de bon souvenirs. D’un coup de baguette les gâteaux qui étaient encore au four sortirent pour rejoindre leur plat. En temps normal elle le faisait à la main mais le temps d’y arriver, elle aurait laissé Raven trop longtemps à son goût. D’un nouveau coup de baguette les différents plats arrivaient sur la table du salon. Continuant sur sa lancé, elle récupéra le petit paquet qu’elle avait déjà préparé pour elle avant de lui tendre.

-Je tenais à vous remercier pour l’autre soir. Alors voici ma modique compensation pour les risques pris… Tout en espérant que vous aimiez la pâtisserie polonaise.

Elle était très sérieuse, elle voulait la remercier. Même si elle faisait passer cela sur le ton de l’humour. Enfin, elle voulait éviter que Raven ne le prenne mal aussi. Alors elle ne savait pas trop comment l’aborder. Mais elle enchaina assez rapidement tout de même, pour ne pas laisser s’installer le malaise.

- Je vous en prie, installez-vous. Vous prenez quelque chose ? Un café ? Une thé ? Ou tout autre chose ?

Prenant aussi place sur le canapé, sachant d’avance que la magie ferait le travail pour elle. Isis qui avait été dérangée par cette arrivée s’étira en baillant, laissant de ses longs poils blancs flotter un peu avant de quitter le canapé pour le rebord de la fenêtre. La minette norvégienne surveillait toute la scène d’un œil sévère.
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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Dim 8 Jan - 23:19


Raven partait toujours du principe que lorsqu’elle rencontrait quelqu’un, ce n’était pas par hasard. Ce n’était pas par coïncidence et il y avait forcément une suite plus ou moins longue à cette rencontre. Comme si ses membres et même sa pensée étaient accrochés à des ficelles, un peu comme une marionnette dans ces théâtres et que la sorcière était guidée par une chose qui s’appelait Destin. Il pouvait avoir bien d’autres noms, mais c’était celui-là qu’elle lui donnait. Destin survenait un peu quand il voulait, quand il avait envie, des fois pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Basil Carrow, par exemple. Pourquoi lui, par Merlin ? La sorcière se serait très bien passée de sa présence ou même de son existence mais non, il avait fallu que tous deux se retrouvent dans la même année à Poudlard, avec les mêmes amis, pour être dans le même lieu de travail, le Ministère, et pour finir dans la même pièce à Ste Mangouste. Destin pouvait être bien cruel parfois, Raven aurait préféré vivre sans cette cruauté. Car Destin lui avait enlevé bien des choses.

Cependant, Il pouvait faire de bonnes actions, quand il voulait. Raven avait pu rencontrer des personnes exceptionnelles durant ses 35 ans d’existence, des échanges riches et inoubliables, même si certains avaient pu parfois lui être retirés de force. Ses parents. Sa sœur, aussi, quelque part. Les deux n’étaient plus aussi proches qu’elles ne l’auraient souhaité. Certains collègues du Bureau qui étaient tombés aux mains des Mangemorts. Elliot. Elliot… Raven ne préférait plus y penser. Elle ne voulait pas sombrer dans la mélancolie encore une fois.

Mais il y avait parfois des rencontres étranges qu’elle faisait. Celle avec la jeune Soyle Hoover en était un exemple tout à fait concret, d’ailleurs. Quelques jours auparavant la professeure d’Étude des Moldus avait été confortablement installée dans un lit d’hôpital. Raven et elle avaient échangé quelques mots et la sorcière lui avait apporté un thé pour tomber nez à nez avec… Carrow. Destin, quand tu nous tiens… Mais pratiquement une semaine avant cela, c’était aux griffes de la mort que l’Auror l’avait arrachée. Ou plutôt sauvée. En effet, les deux sorcières s’étaient rencontrées dans une situation particulière et plutôt marquante pour la plus jeune. Même Raven n’avait jamais vécu ce genre de chose, et elle ne souhaitait ça à personne. Se faire torturer, rien que l’idée était atroce, mais par un Mangemort inhumain doté d’un sang-froid effrayant de surcroît…  L’Auror ne s’était pas laissée faire, après tout ce genre de situation faisait partie de son métier, et son mental de fer s’était renforcé au fil des années. Après 15 ans dans le Bureau, peu de choses lui faisaient réellement peur. Et ce n’était pas le petit Niclas Travers qui allait y changer quelque chose. Durant sa courte carrière, elle en avait vu des biens pires et des biens plus sadiques. Raven ne savait pas comment allait évoluer l’ancien Serpentard, mais ce qui était sûr c’est que ce n’était pas dans une bonne voie. Etre aussi jeune et pourtant prêt à commettre l’impardonnable… L’Auror ne savait pas quel était l’appât du Seigneur des Ténèbres pour embrigader des sorciers de plus en plus tôt, mais c’était un sujet plus que fâcheux.

Au bout de quelques jours, et malgré toute la rééducation que Soyle Hoover allait devoir traverser, cette dure épreuve de convalescence, la jeune rousse avait pu retourner chez elle non sans un groupe d’Aurors pour la raccompagner. Évidemment, tous avaient craint une nouvelle attaque et savaient à présent que la professeure de Poudlard était en danger à chaque instant, étant dans la ligne de mire du camp ennemi. Aaron, sous-chef des Aurors, avait mis en place un système de protection mais aussi de surveillance autour du lieu d’habitation de la jeune femme, et Raven avait insisté pour en faire partie. Malgré les refus du début, les arguments de la sorcière avaient eu raison de son supérieur, et ce dernier lui avait finalement confié des Aurors sous ses ordres. Et alors que deux de ses hommes s’étaient postés vers la porte d’entrée, Raven avait décidé d’y aller faire un tour afin de prendre des nouvelles de la petite blessée. Cette dernière lui avait ouvert et l’avait invitée à entrer, ce que l’Auror avait accepté avec grand plaisir. Refuser aurait été synonyme d’impolitesse, et Raven ne faisait pas partie de cette catégorie-là. De plus, la jeune professeure devait se sentir un petit peu seule, étant donné qu’elle ne pouvait pas sortir…

Les deux sorcières se trouvaient à présent dans le salon et la plus âgée sentit une douce odeur de pâtisserie dans l’air. En apercevant les petits gâteaux récemment confectionnés, l’ancienne Jaune et Noire en avait conclu que la jeune femme s’était trouvé un petit passe-temps, ce qu’elle ne manqua pas de souligner. Une remarque qu’accueillit son interlocutrice avec un petit rire.

« Ah, plutôt en pâtisserie en fait. Mais ça me permet surtout de faire quelque chose. Une habitude que je tiens de ma mère. »

Raven avait donc vu juste et apprit que la rousse avait partagé cela avec sa génitrice. Quelle chance elle avait…  L’Auror aurait bien voulu avoir quelque chose en commun avec sa mère, sorcière qu’elle avait peu connue. C’était un point que Raven regrettait énormément. Sa vie familiale n’avait pas réellement été synonyme de bonheur complet.

« Votre mère doit être une excellente cuisinière, dans ce cas. »

Sans vraiment savoir si ses parents étaient encore en vie, ce que l’Auror espérait pour la jeune femme, sa réponse avait néanmoins franchi ses lèvres pour se poser délicatement dans l’oreille de son interlocutrice. Cette dernière exécuta quelques mouvements de poignet, sa baguette magique dirigeant les gâteaux tout juste sortis du four vers des plats. Un sort de plus et ceux-ci lévitèrent pour se poser délicatement sur la table. La rousse ne faisait pas les choses à moitié, et cela se confirma lorsqu’elle lui tendit un petit paquet renfermant très certainement le même type de pâtisseries qui se trouvaient actuellement sur la table. C’est avec un sourire que l’Auror prit le présent.

« Je tenais à vous remercier pour l’autre soir. Alors voici ma modique compensation pour les risques pris… Tout en espérant que vous aimiez la pâtisserie polonaise. »

La pâtisserie polonaise ? Raven n’en avait jamais goûté. Mais il y avait une première fois à tout, comme on disait si bien. C’était donc l’occasion d’essayer et l’Auror était persuadée que ses sens ne la trompaient pas. Ainsi, elle rangea précieusement le petit paquet dans un compartiment secret situé sous sa cape. Aucun risque pour que la sorcière ne le perde. Cependant, Raven eut à peine le temps de la remercier que la rescapée enchaîna.

« Je vous en prie, installez-vous. Vous prenez quelque chose ? Un café ? Un thé ? Ou tout autre chose ?

L’Auror prit donc place sur le canapé, faisant quitter par la même occasion un joli chat qui y dormait.

« Ce sera juste un thé pour moi, merci beaucoup. »

Comme par magie, et c’est peu dire, une tasse vint à elle et la sorcière l’entoura délicatement de ses deux mains, la chaleur apaisante se propageant le long de ses bras. Après quelques secondes de réflexion, elle voulut cependant revenir sur la phrase précédente de Soyle et la regarda de ses yeux bleus métalliques.

« Vous n’avez pas à me remercier, miss Hoover. Je n’ai fait que mon devoir et les risques que je prends font partie de mon métier. Quant à la pâtisserie polonaise… Je crois bien que c’est la première fois que j’en goûte », rajouta-t-elle, le sourire aux lèvres.

La sorcière souffla légèrement sur son thé pour le faire refroidir. Il fallait s’armer de patience pour boire cette boisson, car l’eau mettait du temps avant d’atteindre une température normale. Raven avait encore le souvenir du nombre exorbitant de boissons chaudes qu’elle avait bues dans le repaire du Blaireau, à Poudlard. Après tout, rien de mieux qu’un bon thé chaud devant les flammes accueillantes d’un feu de cheminée pour combattre l’hiver. Tiens, Poudlard… En regardant la jeune femme plus attentivement, Raven eut l’impression de l’avoir déjà vu au collège. La professeure était, certes, plus jeune qu’elle, mais il n’était pas improbable qu’elles se soient déjà croisées. Bon, les deux femmes avaient énormément changé, passant des traits adolescents à ceux des adultes, changeant de coupe de cheveux, de taille, de tout ça à la fois, mais son visage lui disait quelque chose.

« J’ai l’impression de vous avoir croisé à Poudlard… commença l’Auror en fronçant les sourcils. Puis, en passant sa jambe droite par-dessus l’autre, j’étais préfète, à cette époque. Je dois sûrement confondre avec quelqu’un d’autre, mais je dois vous avouer qu’une chevelure rousse telle que la vôtre ne s’oublie pas aussi facilement. »

Un peu comme Gardenia Ollivander, en fait. Toutes les couleurs de cheveux rares frappaient Raven et restaient inscrit dans sa mémoire, même s’il se pouvait qu’elle n’arrive plus à mettre le doigt sur le visage de leur propriétaire. L’Auror pouvait avoir une mémoire de gnome, des fois…

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Jeu 12 Jan - 0:12

La jolie rousse avait toujours été quelqu’un de joyeux. Ça avait toujours été une particularité chez elle. Même si elle ne l’avait pas toujours autant montré qu’aujourd’hui, elle avait toujours eu le cœur empli de joie de vivre, sans même savoir pourquoi. Après tout, pas besoin de savoir pourquoi avec ce genre de choses, elle se contentait d’apprécier. Ce qu’elle faisait. Tout en donnant à son entourage un peu de cette joie. Soyle avait cette fascinante et très agréable capacité à donner le sourire, à un peu tout le monde. C’était comme un pouvoir, qui touchait ceux qui étaient réceptifs. C’était vraiment particulier. Mais si elle n’avait pas le moral, de temps en temps cela pouvait toujours arriver, alors elle avait la toute aussi remarquable capacité à ne pas le montrer et ne rien transmettre. Elle savait faire illusion quand il le fallait. Elle voulait épargner les autres, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle ne l’avait jamais pu. Ce qui avait fait la fierté et le calvaire de ses parents.

Le retour à la maison avait été difficile. Elle était contente d’être dans un endroit qu’elle connaissait, tranquille, dans son petit coin. Mais en même temps, cet appartement à Londres, il était surtout un petit nid de secours. Juste quand elle avait besoin d’être quelque part et dans le coin. Autrement, elle se sentait nettement mieux en Pologne. La belle rousse avait dû faire un effort, pour faciliter un peu le travail des Aurors chargés de sa surveillance et sa protection. Ce n’était pourtant pas ce qu’elle aurait préféré. Mais bon, elle ne tenait pas à leur compliquer la tâche. Ils étaient déjà là pour elle, cela aurait été très malvenu de compliquer les choses.

Alors quand Raven avait accepté d’entrer un peu avec elle, de passer un moment même court avec elle, cela lui avait fait très plaisir. Ce qui devait se voir sur son visage qui, bien que fatigué, était rayonnant. Elle était ravie de pouvoir passer à nouveau un peu de temps avec elle. Sans compter qu’elle tournait un peu en rond toute seule ici. Et puis, de toute façon elle l’aimait bien cette Auror, et pas juste parce qu’elle l’avait sauvé. Non, Soyle sentait quelque chose chez elle, quelque chose de touchant et sympathique. Elle se trompait peut-être mais elle était curieuse.

- Votre mère doit être une excellente cuisinière, dans ce cas.


Alors oui, elles en étaient arrivé là en parlant des gâteaux. Effectivement, la mère de Soyle avait été une très bonne cuisinière. Avait été oui, car elle n’était plus depuis maintenant trois ans. Tout comme son père. Ils étaient partis tous les deux d’un coup. Mais ce n’était pas tellement le moment d’y penser, la belle rousse n’en avait pas envie. Elle préférait se souvenir de sa mère dans sa cuisine, sa petite fille près d’elle, à tout observer. La belle n’avait probablement jamais vu son père en cuisine d’ailleurs. Lui disait que c’était parce que sa mère était trop douée pour qu’il lui prenne la place. Mais au fond il ne devait simplement pas trop savoir faire. Tout le monde y trouvait son compte. Son père était tranquille pour ce qui était de faire la cuisine, sa mère s’occupait et profitait de sa passion, et Soyle pouvait observer et déguster à sa guise.

- Oh oui, elle était l’une des meilleures que je connaisse. Elle y passait un temps fou. On aurait dit qu’elle avait peur que l'on meurt de faim avec mon père.

Dès qu’elle avait pris son indépendance, Soyle avait commencé à recevoir régulièrement de petits paniers avec des gâteaux ou même des petits plats parfois. Une vraie mère poule. Enfin, c’était comme ça. La belle en avait appris ce qu’elle avait pu et aujourd’hui elle devait faire sans elle. Elle avait pourtant vite enchainé en remerciant sa bienfaitrice et en lui proposant à boire. Le tout en faisant bouger Isis qui semblait un peu vexée qu’on lui prenne sa place. La boule de poil blanche balançait lascivement la queue en méprisant du regard les deux femmes. Quel caractère…

- Ce sera juste un thé pour moi, merci beaucoup.

Parfait, un thé alors les tasses prirent leur envol pour venir se poser entre les mains des deux sorcières. Très vite un des thés sélectionnés par la belle (qui en faisait une véritable collection) se laissa infuser afin de rejoindre le creux de leurs mains. Enfin, de passer dans les tasses quoi. Posant sa tasse sur la petite table, Soyle pris deux petites assiettes où elle déposa une pâtisserie avant de les poser devant elles.

- Vous n’avez pas à me remercier, miss Hoover. Je n’ai fait que mon devoir et les risques que je prends font partie de mon métier. Quant à la pâtisserie polonaise… Je crois bien que c’est la première fois que j’en goûte

Elle lui répondit par un sourire. C’était sans doute l’occasion de voir pour les pâtisseries… Quant au reste, elle s’en doutait. Elle le savait même. Elle pensait pourtant que c’était important de savoir exprimer sa reconnaissance.

- Il me semble pourtant assez important de le dire. J’ai des amies dans votre service, de très bonnes amies. Je sais que vous êtes tous conscients des risques de votre métier. Mais vous sauvez des vies, et cela vaut bien quelques pâtisseries, non ? Pâtisseries qui sauront vous plaire d'ailleurs, ou en tout cas je l'espère.

La belle se faisait souvent du souci pour ses amies. Alice qui était comme sa petite sœur, et Audrey qui était sa meilleure amie depuis l’école. Elles aimaient ce qu’elles faisaient et Soyle ne pouvait qu’être heureuse pour elles. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle était sereine. Il pouvait leur arriver n’importe quoi.

- J’ai l’impression de vous avoir croisé à Poudlard… J’étais préfète, à cette époque. Je dois sûrement confondre avec quelqu’un d’autre, mais je dois vous avouer qu’une chevelure rousse telle que la vôtre ne s’oublie pas aussi facilement.

Il est vrai qu’elle passait rarement inaperçu, même à l’époque. Ce n’était pas faute d’essayer. Si aujourd’hui cela ne la dérangeait pas, à l’époque, elle n’aimait pas se faire remarquer. Cette remarque lui décocha un petit rire. Ses cheveux, elle en prenait soin, elle était très bien avec, peu importe les regards que cela pouvait lui attirer. Mais venant de Raven, elle ne le prenait pas mal du tout.

- Non, c’est possible. Il me semble que vous avez été à l’école en même temps que Basilius Carrow, non ? Je crois que c’est ce qu’il m’avait dit la dernière fois. Et je sais que nous avons eu une courte période pendant laquelle nous étions à l’école en même temps. Alors j’imagine que nous nous sommes peut-être croisé. Mais nous ne devions pas être dans la même maison. J’étais à Serdaigle et je n’ai pas souvenir de vous avoir eu comme préfète.


Ça l’aurait sans doute marqué elle aussi. Pas pour une couleur de cheveux particulière. Mais plus pour un air, une posture, ses yeux pourquoi pas. Raven n’avait pas l’air d’être le genre de personnes que l’on pouvait oublier, surtout si elle avait eu une certaine autorité sur vous à un moment ou un autre. Soyle n’en aurait pas été gênée, pas du tout. Mais elle n’en avait aucun souvenir.

- Pour ma part c’est votre nom qui me faisait écho, mais j’ai mis ça sur le compte de votre travail et d’une éventuelle réputation. Cela remonte peut-être à plus loin finalement.

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Lun 16 Jan - 21:44


Durant toute son enfance, Raven n’avait pas eu l’occasion de partager quoi que ce soit avec sa mère, et même avec ses parents en général. Ils avaient disparu de la circulation lorsque l’Auror avait atteint ses 5 ans, et personne n’avait retrouvé un signe prouvant qu’ils étaient encore en vie. Alors, sans vraiment chercher plus loin, ils avaient clôt le dossier et le couple Fawkes avait été présumé mort. De toute façon, vu le métier qu’ils faisaient, qui était de traquer les loups garous sur toute la Grande-Bretagne, un accident aurait fini par arriver un jour ou l’autre. Raven et sa sœur avaient donc grandi sans l’amour de leur parents pour les soutenir et, à la place, avaient eu droit à une tutrice sans moindre sentiment d’amour ou de générosité. En somme, tout le contraire de ce qu’auraient pu recevoir les deux petites filles de l’époque, devenues des femmes responsables à présent. Si Raven n’avait jamais été très cuisine, c’était pourtant quelque chose qu’elle aurait voulu partager avec sa mère. Soyle Hoover avait eu bien de la chance…

« Oh oui, elle était l’une des meilleures que je connaisse. Elle y passait un temps fou. On aurait dit qu’elle avait peur que l'on meurt de faim avec mon père. »

Était ? Ainsi, la mère de la jeune rescapée était décédée. Raven en était sincèrement désolée pour elle et, même si elle-même avait perdu ses parents très tôt, l’Auror se souvenait encore avec précision de ce sentiment de douleur et d’incompréhension face à autant d’informations d’un coup. En même temps, quand vous avez juste 5 ans et qu’on vous annonce que votre papa et votre maman ne vont jamais revenir à la maison… Au début, on se dit que le monsieur raconte n’importe quoi. Puis les jours passent, les semaines, les mois, et on se rend compte très vite qu’en fait, il ne racontait peut-être pas si n’importe quoi que ça… Cet état inquiet, cette préoccupation envers sa famille, cet amour qui semblait émaner des souvenirs de Soyle… Tout ça, l’Auror ne l’avait jamais vécu. Enfin si, durant 13 belles années, au côté d’Elliot. Mais la Mort le lui avait vite repris. Visiblement, Raven n’avait jamais été destinée à être véritablement heureuse. La sorcière s’était souvent demandée pourquoi. Pourquoi tous ces événements lui étaient arrivés. Puis, au final, elle avait accepté la chose malgré tout. Cela ne servait à rien de vivre dans le passé, autant prendre ce qui venait et laisser partir ce qui s’en allait, au lieu de tout le temps attendre quelque chose de la vie. Parce qu’au final, on était toujours déçu de ce que l’on récoltait…

Son hôte lui proposa alors une boisson chaude, et Raven lui demanda avec gentillesse un thé. C’était un trait typique des anglais, et l’Auror savait que c’était une image qui allait rester collée à la Grande-Bretagne pour l’éternité. Cependant… Il était vrai qu’une journée sans thé était une journée de perdue, ce n’était pas elle qui allait dire le contraire. Et puis, en cette période d’hiver qui rimait avec froid glacial du grand Nord, il fallait toujours avoir à proximité une petite tasse que l’on pouvait remplir d’eau chaude. C’était assez utile, si on ne voulait pas finir congelé sur place.
Alors que le thé venait à elle, Raven entoura la tasse de ses mains et sentit la chaleur se répandre en elle. Soufflant légèrement dessus, elle répondit alors au remerciement de Soyle. Il n’y avait pas besoin qu’elle la remercie, l’Auror n’avait fait que son devoir. Mais visiblement, la professeure d’Étude des Moldus ne sembla pas du même avis. Oh, après tout, c’était normal. Quand vous êtes en danger de mort et que quelqu’un vient vous sauver la vie… Tout ce que vous voulez, c’est la remercier car sans elle, vous ne seriez peut-être plus de ce monde.

« Il me semble pourtant assez important de le dire. J’ai des amies dans votre service, de très bonnes amies. Je sais que vous êtes tous conscients des risques de votre métier. Mais vous sauvez des vies, et cela vaut bien quelques pâtisseries, non ? Pâtisseries qui sauront vous plaire d'ailleurs, ou en tout cas je l'espère. »

De très bonnes amies ? Alors miss Hoover devait très certainement parler d’Alice et d’Audrey. Les femmes n’étaient pas nombreuses au Bureau, et Raven connaissait assez les deux jeunes femmes pour savoir qu’elles avaient à peu près le même âge que la rousse. Ou du moins, elle le présumait, rien n’était sûr. Les trois Aurors avaient formé le trio incontestable de femmes qui avaient su se faire respecter des hommes, Raven la première. C’était une fierté qu’on ne pouvait pas leur enlever. Mais la sorcière aux cheveux de jais décida de se lancer, tant pis si elle se trompait.

« Voulez-vous parlez d’Alice et d’Audrey ? Nous nous entendons très bien, toutes les trois. Il faut bien se serrer les coudes dans ce métier d’homme, ajouta-t-elle en soupirant. De très bons éléments, si j’ose dire. Quant à vos pâtisseries, je ne doute pas un instant qu’elles me plairont, » termina l’Auror avec un clin d’œil.

La sorcière prit une gorgée de son thé en savourant le moment. Par Merlin, qu’il était bon de sentir cette chaleur se propager dans son corps… C’est dans cet état d’un peu tête dans les nuages que Raven remarque cependant une chose. Les cheveux de Soyle. Et même son visage, en réalité. Soudainement, tout en elle lui rappela quelque chose. Elle fouilla au plus profond de sa mémoire, mais rien. L’Auror ne se rappelait plus dans quel endroit elle avait pu la croiser auparavant. Peut-être à Poudlard ? Malgré le jeune âge de son hôte, il n’était pas impossible qu’elles se soient aperçues là-bas.

« Non, c’est possible. Il me semble que vous avez été à l’école en même temps que Basilius Carrow, non ? Je crois que c’est ce qu’il m’avait dit la dernière fois. Et je sais que nous avons eu une courte période pendant laquelle nous étions à l’école en même temps. Alors j’imagine que nous nous sommes peut-être croisé. Mais nous ne devions pas être dans la même maison. J’étais à Serdaigle et je n’ai pas souvenir de vous avoir eu comme préfète. »

Oh, Basil Carrow. L’Auror eut un rire nerveux en entendant son prénom. Car oui, les deux sorciers avaient été non seulement dans la même année, mais également avec les mêmes amis, les mêmes cours. La même rivalité. Une confrontation ridicule au départ, qui avait pris des proportions inattendues, les poursuivant également dans leur vie d’adulte. Donc si Soyle s’était retrouvé à Poudlard pendant la scolarité de Carrow, alors il était certain que Raven l’avait croisée à ce moment-là. Mais… Elle était à Serdaigle. Or, durant ses années à Poudlard, le préfet des aigles n’avait été nul autre qu’Elliot Davis. Elliot. Le destin se moquait d’elle, ce n’était pas possible autrement…

« Pour ma part c’est votre nom qui me faisait écho, mais j’ai mis ça sur le compte de votre travail et d’une éventuelle réputation. Cela remonte peut-être à plus loin finalement. »

Raven lui envoya un sourire, presque triste malgré elle. Tous les souvenirs revenaient, bons et mauvais. Par Merlin, elle ne voulait pas revenir sur tout ça… La sorcière ne voulait pas replonger dans cette mélancolie qui l’avait étouffée quelques jours plus tôt, à l’hôpital. Aaron, Carolyn, Asterion. Elliot. Les fantômes du passé étaient continuellement en train de la narguer, pour lui rappeler chaque fois que le monde était dur et cruel.

« En effet, Carrow et moi étions dans la même année… Malheureusement, ajouta l’Auror avec un soupir. Il a dû vous raconter, je suppose. Je pense que l’identité des préfets était connue des élèves à l’époque, ce pourquoi vous pouvez en avoir quelques souvenirs. »

Elle reposa son thé lentement, prit un morceau de pâtisserie et en croqua une petite partie. Raven ouvrit des yeux étonnés par ce qu’elle goûtait. C’était incroyablement délicieux. Le goût était parfait, la cuisson l’était aussi, tout était très bien ajusté. L’Auror finit son morceau en prenant son temps et enleva les petites miettes qui étaient resté accrochées à ses doigts sur la table.

« Celui-là était excellent, fit remarquer la sorcière. Vous n’aviez pas à vous inquiéter, vous possédez un réel talent pour la pâtisserie. »

Il venait du fond du cœur, celui-là. Raven complimentait rarement, mais lorsqu’elle le faisait c’était toujours avec des mots sincères. Ici, elle le pensait réellement. L’Auror reprit alors sa tasse thé et but rapidement une petite gorgée avant de la poser délicatement sur son genou, tenue par ses mains protectrices. D’un coup, son regard se fit pensif et elle fixa un point en face d’elle sans vraiment le voir. La sorcière semblait avoir perdu la notion du temps, oubliant même un instant qu’elle était l’invitée.

« Vous connaissiez cependant vos préfets à l’époque, je présume. Elliot Davis, cela vous dit quelque chose ? Préfet à Serdaigle en même temps que moi. Je faisais partie des rangs d’Helga Poufsouffle, mais entre préfets nous nous connaissions. »

Ses paupières ne s’étant pas fermées pendant de nombreuses secondes, la sorcière aux traits fins sentit ses yeux lui brûler et elle s’empressa de les cligner plusieurs fois avant de reporter son regard sur la surface lisse, douce et calme de son thé, pensive. Elliot et elle s’étaient connus depuis toujours. Enfin, presque. Ils avaient réellement commencé à se fréquenter lors de leur cinquième année, puis ils avaient fini par se mettre ensemble à leur dernière année de Poudlard. Se dire que tout ça était terminé… Soudainement, l’Auror se rappela de ce qu’il s’était passé à Ste Mangouste. Prise par un souvenir affreux, celui de la mort de son défunt époux, elle avait fait une totale abstraction de tout le reste, ce qui ne lui ressemblait guère. En effet, Raven avait habituellement tous ses sens à l’affut. Mais à ce moment-là, ça n’avait pas été le cas et elle était partie sans un mot, prétextant vouloir sortir. Or, elle l’avait vu dans le regard de Soyle, la jeune professeure avait compris que quelque chose n’allait pas. Mais sur le coup, Raven n’avait pas réfléchi. Elle leva brusquement les yeux vers son hôte en se redressant.

« Je… Je suis désolée, pour l’autre jour. À Ste Mangouste. J’ai été impolie de partir d’un seul coup. »

Elle s’arrêta un instant, hésitante. L’Auror ne voulait pas vraiment donner la vraie raison de son départ. Elle n’aimait pas importuner les gens avec son passé et ses douleurs, ne voulait partager ça avec personne. Raven ne voulait pas que d’autres souffrent pour elle car c’était un sentiment assez horrible pour qu’elle puisse dire qu’elle pouvait en être la cause chez quelqu’un. L’ancienne Poufsouffle baissa la tête et regarda à nouveau son thé, l’air soudainement affaiblie. Envolée, cette image forte et cette aura noble qui semblait être comme la signature de Raven.  À présent elle était presque comme vulnérable. Cela était survenu d’un coup, là comme ça. C’était quelque chose qui lui arrivait rarement, mais aujourd’hui était le cas.

« J’avais besoin d’être seule », murmura la sorcière.

C’était tout ce qu’elle avait trouvé à dire. Juste quatre mots pour justifier son départ brusque. Pour le coup, elle qui avait toujours trouvé quelque chose à répondre, ce n’était pas vraiment le cas. Et aujourd’hui, elle le regrettait bien, de n’avoir rien de mieux à sortir. Raven gardait ses yeux baissés, attendant la réponse de Soyle. À vrai dire, elle n’attendait rien de spécial. Des condoléances, des regards tristes et désolés, l’Auror en avait assez vu. Elle n’en voulait plus. L’état de fragilité dans lequel elle était à présent tombée n’était jamais survenu lorsque Fawkes était en compagnie de quelqu’un ! Mais apparemment, cela pouvait être le cas, même si elle n’y faisait pas vraiment attention. Ce dont la sorcière avait besoin, maintenant ? Des traits fatigués apparurent sur son visage. Elle ne savait pas réellement ce dont elle avait besoin. De son travail, très certainement. Sans le Bureau, Raven n’était plus rien. En fait, depuis le décès d’Elliot, Raven était devenue dépendante de son métier d’Auror. Comme s’il l’aidait un peu à garder la tête hors de l’eau et à se sentir utile. Comme si, à chaque fois qu’elle arrêtait un Mangemort, c’était rendre un peu justice à son mari. Pour qu’il se souvienne encore d’elle.

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Mar 17 Jan - 16:48

Soyle avait un réel et profond respect pour le travail qu’exerçait Raven. Elle comme tous ceux qui travaillaient avec elle étaient prêts à prendre tous les risques pour que les autres soient protégés et rassurés. Une vie très particulière et que la belle aurait sans doute beaucoup de mal à accepter. Au fond, elle trouvait cela magnifique de pouvoir ainsi donner de sa personne pour le bien commun. Mais elle était loin d’avoir toutes les qualités nécessaires. Alors elle avait choisi une autre voie. En tant que professeur, elle œuvrait plus discrètement mais tout de même. Chaque année, Soyle Hoover prenait sous son aile de nouveaux élèves, les guidait, leur apprenait ce qu’elle pouvait. Et tous les ans, certains de ces élèves qu’elle avait suivi quittaient l’école et partaient faire leur vie, pleins de ce qu’elle avait pu leur apporter, du mieux qu’elle le pouvait. Ce n’était pas du tout du même niveau que tout ce que pouvait faire Raven chaque jour. Mais Soyle espérait pouvoir être utile à tous ces jeunes et participer un peu à ce qu’ils pourraient être une fois dehors.

Et pourtant, malgré toutes ses responsabilités, tout ce qu’elle pouvait avoir à faire, Raven Fawkes passait un peu de temps avec la jeune rouquine. Elle prenait le temps de venir prendre un thé dans son salon et même à parler de Dominika Hoover, mère de notre jeune professeur. Dominika n’était plus là depuis plusieurs années déjà alors il avait été assez surprenant que les deux jeunes femmes en parlent. Mais en fait, puisqu’il était question de cuisine, ça avait été plutôt normal. Parce que c’était elle qui avait tout appris à sa fille. Et visiblement, assez bien pour pouvoir donner envie à Raven de goûter à ces pâtisseries. Oh elle serait servie à ce niveau. Assez rapidement même. Après avoir fait venir du thé jusqu’à elles, Soyle avait tenu à remercier son invitée. Simplement parce que pour elle c’était tout à fait normal. Et puis elle lui avait parlé de ses amies dans son service. Des amies proches alors forcément elles arrivaient naturellement dans leur conversation.

- Voulez-vous parlez d’Alice et d’Audrey ? Nous nous entendons très bien, toutes les trois. Il faut bien se serrer les coudes dans ce métier d’homme. De très bons éléments, si j’ose dire. Quant à vos pâtisseries, je ne doute pas un instant qu’elles me plairont.

Le clin d’œil de Raven agrandit le sourire déjà assez ouvert de Soyle. La belle appréciait la simplicité de Raven. Elle lui parlait franchement, sans trop chercher plus loin. Elle restait parfaitement polie et cordiale. Mais elle semblait se détendre avec les minutes et c’était des plus agréable. Effectivement, Raven avait trouvé. Soyle parlait en effet d’Alice et Audrey. Ses deux meilleures amies. Il est vrai qu’elles ne devaient pas être bien nombreuses dans ce bureau. Pas trop difficile donc d’essayer de deviner. Et c’était tout juste. Après avoir pris une première gorgée de thé, elle hocha un peu la tête avant de lui répondre.

- Oui, effectivement. Audrey et moi avons été à l’école ensemble et on peut dire que nous ne nous sommes jamais vraiment quitté. Avec Alice nous nous connaissons depuis… depuis toujours en fait, nos familles se connaissaient et nous avons grandi un peu comme des sœurs. Je suis ravie qu’elles puissent compter sur votre appuie au bureau des Aurors.

Pouvoir compter sur d’autres dans la vie était important. Et Raven semblait être un soutien fort agréable à avoir. Soyle en tout cas se sentait assez bien avec elle. Dans un premier temps, la belle Miss Fawkes savait être impressionnante. Mais plus elle se détendait, plus Soyle suivait. Elle n’avait jamais été jusqu’à la craindre. En même temps lorsqu’elles s’étaient rencontrées c’était Raven qui lui avait sauvé la vie. Difficile d’avoir vraiment peur forcément. Simplement un peu impressionnée. C’est qu’elle avait un certain charisme la belle. Et la rouquine était plus accueillante que réellement impressionnante. Enfin, rien de bien grave. Raven lui avait ensuite dit qu’elle avait un vague souvenir d’elle (ou plutôt surtout de ses cheveux, comme beaucoup). En fait, elles s’étaient peut-être croisées à l’école, tout comme Soyle avait fait avec Basil Carrow. Un nom qui avait provoqué une belle réaction chez Raven. Alors d’accord, ne plus parler de Basil. Ça avait définitivement l’air d’être trop tendu entre eux. Etrange mais bon, Soyle n’allait pas insister.

- En effet, Carrow et moi étions dans la même année… Malheureusement. Il a dû vous raconter, je suppose. Je pense que l’identité des préfets était connue des élèves à l’époque, ce pourquoi vous pouvez en avoir quelques souvenirs.

Donc effectivement dans la même année. Ce qui veut dire qu’elles avaient parfaitement pu se croiser. Tout comme le fait que les préfets étaient connus pouvait expliquer le fait que le nom de Fawkes parle tant à Soyle. Elle l’avait sans doute côtoyé à un moment ou un autre. La belle n’avait jamais eu de problèmes avec les préfets ou professeurs. Elle était plutôt calme et disciplinée à l’époque. Pas encore si joyeuse et ouverte d’ailleurs. Simplement discrète, la tête dans ses livres, souriante, et docile. Elle avait du caractère, mais n’avait pas tellement eu besoin de le montrer. La parfaite petite bleue. Alors qu’elle y pensait, Raven avait goûté une première pâtisserie. En la voyant Soyle avait attendu sa réaction, afin de savoir si elle s’était totalement planté en lui offrant un petit assortiment ou si cela irait. Le regard surpris de l’Auror rendait le suspens un peu plus stressant pour la pâtissière du jour. Et puis finalement ça avait eu l’air de plaire.

- Celui-là était excellent. Vous n’aviez pas à vous inquiéter, vous possédez un réel talent pour la pâtisserie.

Ouf, ça allait. Raven pourrait donc en profiter encore un peu une fois chez elle, grâce à ce petit paquet qu’elle avait caché dans sa cape. Touchée par le compliment, Soyle avait lâché un tout petit rire, juste pour laissé échapper un peu la petit pression qu’elle s’était mise.

- Je vous remercie, ravie que cela vous plaise.

Et puis d’un coup, comme ça, Raven avait pris un air bien pensif. Fixée sur sa tasse, elle avait l’air de repenser à quelque chose. Et de pas forcément joyeux. Un peu comme à l’hôpital l’autre jour. En moins fort tout de même. Alors dans le doute, Soyle ne dit rien, pour voir de quoi il s’agissait.

- Vous connaissiez cependant vos préfets à l’époque, je présume. Elliot Davis, cela vous dit quelque chose ? Préfet à Serdaigle en même temps que moi. Je faisais partie des rangs d’Helga Poufsouffle, mais entre préfets nous nous connaissions.

Elliot Davis, bien sûr. Elle l’avait bien connu. Soyle avait débarqué à l’école un peu timide et très envieuse de tout apprendre. C'était son préfet qui lui avait permis de trouver sa place. Un passionné lui aussi. Soyle l’aimait beaucoup et avait pu compter sur lui. Alors forcément, même si après qu’il ait quitté l’école elle l’avait perdu de vue, elle s’en souvenait parfaitement. Il avait pleins de projets et elle n’en avait pas suivi un seul. C’était un peu honteux mais bon, c’était malheureusement souvent comme ça.

- Oui, bien sûr, Elliot était adorable, je lui dois beaucoup.

Elle aurait pu en dire beaucoup plus, mais elle restait perplexe face à ce changement d’attitude de Raven. Soyle en avait peut-être même déjà trop dit. Sans trop savoir pourquoi. Mais en tout cas, elle avait l’impression que Raven glissait petit à petit dans de douloureuses pensées. Et puis d’un coup elle s’était redressé vers la rouquine qui lui offrait toujours un petit sourire bien qu’un peut plus timide.

- Je… Je suis désolée, pour l’autre jour. À Ste Mangouste. J’ai été impolie de partir d’un seul coup.

Ce n’était pas de sa faute, visiblement ça avait été nécessaire. Et puis, de toute façon, Soyle avait été complètement éteinte, pleine de potions, et elle s’était même endormie quelques instants plus tard. Endormie alors que Basil Carrow était encore près d’elle à lui tenir là main, c’est dire l’état. Alors elle aurait eu du mal à faire attention à Raven plus longtemps, même si elle en avait eu envie.

- J’avais besoin d’être seule

C’était vraiment étrange. Alors qu’elle était arrivée pleine d’assurance et de ce charisme incroyable, Soyle voyait maintenant une femme presque… fragile. Une autre personne aurait pu en profiter contre elle, cela devait être assez rare pour vouloir sauter dessus. Soyle elle n’était que pleine d’empathie et avait envie de faire quelque chose pour elle. La belle ne savait pas du tout quoi, mais elle avait envie de l’aider. Alors pour commencer, elle avait posé sa tasse de thé pour lui accorder toute son attention, celle qu’elle aurait aimé lui donner déjà la dernière fois.

- Vous n’avez rien à vous faire pardonner, je vous assure. On a tous besoin d’être un peu seuls parfois…

Soyle se sentait vraiment partagée. Elle ne connaissait pas vraiment Raven Fawkes, elles s’était à peine vu. Et en même temps, de la voir d’un coup si affaiblie, c’était vraiment étrange. La belle avait des instincts qui lui disaient de faire un geste, de dire quelque chose, de ne pas la laisser comme ça, même si elles ne se connaissaient pas. Alors dans un mouvement très téméraire, elle avait été poser sa main sur l’avant-bras de Raven, y déposant de douces caresses du doigt. Pour qu’au moins elle ne se sente pas totalement seule dans cet état. Quoi qu’il se passe, Soyle ne dirait rien, parce qu’elle n’y trouverait aucun intérêt, tout simplement. Et puis, elle lui devait bien ça. Alors s’approchant très légèrement, juste pour que son bras ne soit plus si tendu et qu’elle puisse parler plus doucement, elle avait osé reprendre la parole, cherchant un peu le regard de Raven.

- Je peux faire quelque chose ? Si vous voulez… parler de quelque chose… ça ne sortira jamais d’ici, je vous le promets. Ce n’est pas du tout mon genre…

Sans arrêter son geste qu’elle voulait doux, elle espérait que Raven ne le prenne pas mal. Soyle voulait simplement l’aider, elle était pleine de bonnes intentions. Rien de plus…

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Mer 18 Jan - 23:44


Si Raven n’avait jamais connu Alice à Poudlard, étant donné que sa cadette était plus jeune qu’elle de plusieurs années, l’Auror avait en revanche plutôt bien connu Audrey. Enfin, connu était un grand mot. Disons plutôt que la lionne téméraire avait eu droit à des réprimandes de la part de Fawkes. En effet, cette dernière avait été élue préfète dès sa cinquième année et avait eu à faire avec la fille Worthington. Après tout, elle n’avait pas été une Gryffondor pour rien, et cette Maison était assez bien réputée pour que ses élèves aillent à l’encontre du règlement. Au contraire, évidemment, de Raven qui avait toujours suivi le droit chemin. Après la fin de sa scolarité, la sorcière aux cheveux de jais était allée à l’École Supérieure afin de suivre une formation d’Auror et avait réussi les concours d’entrée avec brio. Ainsi, elle commença ce métier très jeune sans se préoccuper de son passé à Poudlard. Mais bien années plus tard, Raven avait aperçu un visage qui lui semblait familier, comme une impression de déjà-vu. Ce n’était improbable, puisque la personne en question n’était nul autre qu’Audrey Worthington. Ainsi, la courageuse Rouge et Or avait finalement rejoint l’élite des sorciers. Les deux femmes s’étaient reconnues et s’étaient très vite entendues, jusqu’à rigoler des affronts passés de la part d’Audrey. De jeune fille imprudente, elle était devenue jeune femme responsable. Et, avouons-le, Raven était plutôt ravie de cette transformation.

Pour Alice, c’était autre-chose. Elles s’étaient connues de par le Bureau, tout d’abord en tant que simples collègues. Et puis cela avait dérivé vers autre-chose. Les femmes Aurors avaient toujours été nettement en nombre inférieur par rapport à leurs homologues masculins, et Raven s’était toujours plaint de cette inégalité. Alors quand Fawkes avait vu débarquer la jeune femme, elle avait eu envie de l’aider à se faire sa place, comme l’Auror elle-même l’avait fait des années auparavant. Bien que personne ne l’ai pistonné ou donné des conseils, la sorcière s’était senti cependant responsable de leur nouvelle recrue qui s’avéra être un très bon élément. De toute façon, tous les sorciers ou sorcières qui étaient acceptés parmi l’élite du Ministère étaient toujours d’excellents duellistes. C’était indéniable, et ça n’allait pas être Raven qui allait dire le contraire, elle qui s’entraînait encore aujourd’hui sans cesse.

« Oui, effectivement. Audrey et moi avons été à l’école ensemble et on peut dire que nous ne nous sommes jamais vraiment quitté. Avec Alice nous nous connaissons depuis… depuis toujours en fait, nos familles se connaissaient et nous avons grandi un peu comme des sœurs. Je suis ravie qu’elles puissent compter sur votre appuie au bureau des Aurors. »

L’aînée de la pièce émit un petit rire léger, les yeux brillants. Peut-être qu’Audrey lui avait parlé de cette préfète tyrannique tout droit sortie de l’antre des Blaireaux, alors ? Non, certainement pas. Après tout, même si Raven avait pu se montrer sévère avec ses cadets lorsqu’ils dépassaient la limite, elle avait été et était toujours relativement gentille et agréable. Elle n’était jamais allée jusqu’à les punir abusivement. Préfète charismatique et autoritaire, certes, mais jamais trop.

Concernant le soutien que Raven pouvait apporter, la sorcière avait toujours été loyale envers personnes qu’elle estimait. Aaron et Carolyn étaient les premiers concernés, peut-être même les seuls à qui elle faisait entièrement confiance, et ce depuis bien des années déjà. Après, bien sûr que ses collègues de travail étaient importants pour elle. Chaque membre l’était plus ou moins, selon les affinités, et elle n’hésiterait pas une seconde à prendre un sort à leur place. Raven était prête à tout pour sauver des vies, y compris sacrifier la sienne. C’était son métier après tout, elle savait tous les risques qu’elle encourait.

« Audrey… Je me souviens l’avoir de nombreuses fois réprimandée lorsque j’étais préfète. À l’époque elle n’était qu’une élève téméraire et insouciante, j’avoue que la voir débarquer au Bureau il y a quelques années, motivée et déterminé, a totalement transformé l’image que j’avais d’elle. »

Raven fit une petite pause, juste le temps de porter la tasse à ses lèvres pour prendre une gorgée de thé. Elle n’avait spécialement envie d’en boire là maintenant, mais ce geste était simplement devenu un réflexe.

« Tous les Aurors ont mon soutien, miss Hoover, y compris les plus jeunes. J’espère leur transmettre toute l’expérience que j’ai accumulée depuis le début de ma carrière, c’est en partie grâce aux aînés que leur intégration dans le Bureau se fait plus facilement. »

Le Ministère était une structure complexe et l’Auror ne savait pas trop comment fonctionnaient les services éloignés au sien. Elle était plutôt bien informée de ce qui se passait au Département de la Justice Magique, étant donné que Fawkes était directement concernée par cet étage et que sa sœur était employée au Magenmagot, mais le reste… Dans tous les cas, le Bureau était soudé. Ils se connaissaient pratiquement tous les uns avec les autres et s’entendaient globalement très bien, tenant à ce que les aspirants fraîchement débarqués puissent se sentir à l’aise dans le monde du travail. Il était important qu’ils ne se sentent pas mis au ban dès les premiers jours de stage au Ministère. Par exemple, comment se déroulait l’intégration des jeunes au Commerce International ? Est-ce que Carrow leur remettait des tas de piles de dossiers afin d’en faire un rapport rapidement pour une réunion avec de grands investisseurs ? Oh, elle ne savait pas, à vrai dire elle s’en fichait pas mal de ses méthodes. Et tiens, puisqu’on en parlait !
Lorsque Soyle émit le fait que les deux rivaux avaient été dans les mêmes périodes de scolarisation à Poudlard, Raven sortit un rire nerveux. Les souvenirs avec l’ancien Gryffondor étaient nombreux, et Fawkes ne comptait même plus le nombre de coups foireux qu’ils s’étaient fait l’un à l’autre. Leurs vacheries avaient fini par devenir une habitude, comme le refrain d’une chanson que l’on apprendrait par cœur. Mais ce refrain avait pris des proportions presque nuisibles à leur santé mentale. Dès lors qu’ils se voyaient sans même se parler, le moment à passer devenait tout de suite un peu plus fatiguant à exécuter. Il fallait malheureusement faire avec, c’était ainsi.

Pensive, l’Auror prit un morceau de pâtisserie. En sentant le goût sur sa langue, elle ne regretta pas un instant d’avoir accepté le petit cadeau de la professeure. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose qu’elle avait goûté sur terre (en même temps, en 35 ans de vie il y avait quoi faire), mais pour une amatrice le résultat final n’était vraiment pas mal du tout. En tout cas, c’était bien loin de ce dont était capable Raven. La sorcière se contentait principalement de plats simples sans vraiment se casser la tête. Bon, avouons-le, elle ne mangeait pas non plus des masses et ne s’empiffrait pas le ventre. Elle parfois tellement occupée par son travail qu’elle en oubliait même de s’alimenter… Ce qui pouvait devenir problématique, dans un métier où il y avait presque que de l’action. Néanmoins, Raven ne s’empêcha pas de faire connaître son ressenti à la demoiselle en face d’elle, remarque qui eut l’air de la soulager et de lui faire plaisir.

« Je vous remercie, ravie que cela vous plaise. »

L’Auror lui lança juste un sourire amical, histoire de dire que ce n’était rien, que c’était normal. Après avoir bu une gorgée de son thé, son regard devint vide de tout sentiment, comme si la sorcière s’était trouvée à un autre endroit à ce moment-là. Car si elle avait été sûre d’avoir déjà croisé Soyle quelque part, elle avait été loin de se douter que la jeune femme avait appartenu à la Maison des Aigles. À l’instar de son défunt mari, Elliot Davis, un souvenir qui avait ressurgi malgré elle. La sorcière avait senti cette brume remplir son esprit et le sourire qui avait été accroché à ses lèvres quelques instants auparavant avait disparu, laissant à la place une mine de fatigue, de tristesse, mais surtout de fragilité. Par Merlin, que Raven pouvait être vulnérable dans les moments comme ça… En général, elle s’arrangeait pour que ce genre de situation n’arrive que quand elle était chez elle, mais là… L’Auror ne pouvait pas quitter l’appartement de son hôte comme ça, elle qui l’avait si gentiment accueillie en lui offrant des pâtisseries. Alors elle restait, espaçant de plus en plus ses paroles avec un silence nostalgique.

« Oui, bien sûr, Elliot était adorable, je lui dois beaucoup. »

Les mains de Raven se crispèrent autour de sa tasse qui presque, elle en était sûre, en tremblait. Le bout de ses doigts devenait presque blanc à cause de la pression, et c’est avec un effort surhumain que la sorcière réussit à se détendre. Enfin, c’était un grand mot. Cette simple phrase avait suffi à lui faire rappeler à quel point Elliot avait eu une bonne âme. Il avait été d’un grand soutien pour elle, toujours là quoi qu’il arrive. Altruiste et généreux, cela ne l’étonnait guère que Soyle en parle bien. En fait, peu de gens l’avaient réellement détesté. Il n’avait jamais cherché à être l’ennemi de quoi que ce soit. Mais lorsque Raven avait débuté chez les Aurors, elle avait encore le souvenir d’une période difficile dans laquelle tous ses supérieurs avaient été peu enclins à lui confier de gros dossiers. Durant tout ce temps, Elliot avait été là à la réconforter, l’encourager et insister pour qu’elle n’abandonne pas.

« Je lui dois beaucoup aussi », murmura-t-elle.

Et puis l’Auror s’excusa, pour l’autre fois. Elle qui avait été éduquée dans les codes de la société, dans la rigueur d’un comportement exemplaire, la sorcière avait failli à tout cela quelques jours auparavant. En soi, ce n’était pas grave. Mais pour Raven, elle avait fait preuve d’impolitesse. Juste pour cela, elle se devait de présenter ses excuses. Évidemment, Soyle n’allait pas dire la contredire. Voir quelqu’un dans cet état n’inspirait pas trop pour le faire. La jeune rousse posa délicatement sa main sur l’avant-bras de Raven qui ne fit pas un geste. En réalité, elle n’y faisait guère attention, se focalisant juste sur ses pensées afin qu’elles ne débordent pas. La sorcière aperçut juste au coin de l’œil son hôte se rapprocher, sûrement pour se sentir un peu plus à proximité de celle qui n’allait pas très bien.

« Je peux faire quelque chose ? Si vous voulez… parler de quelque chose… ça ne sortira jamais d’ici, je vous le promets. Ce n’est pas du tout mon genre… »

Raven tourna doucement la tête vers elle et plongea son regard bleu métallique dans celui de Soyle. La sorcière y voyait une réelle envie de l’aider à aller mieux, de la soulager de ce poids qui semblait être insoutenable, et l’Auror en fut réellement touchée. Pendant toutes ces années, elle avait verrouillé son cœur à double-tour, empêchant quiconque de s’en approcher de peur que l’on voie ce qui se trouvait vraiment. Au départ, Fawkes s’était bien sûr tournée vers ses amis les plus proches, Aaron et Carolyn. Mais au fil du temps, ne voulant plus importuner quelqu’un avec sa douleur et son incommensurable peine, elle s’était murée dans le silence, se donnant corps et âme à son travail afin d’oublier son passé. 6 ans. 6 ans qu’elle n’avait rien dit, que la sorcière ne s’était pas confiée, ses souvenirs enfermés constituant sa force. Qu’était-elle, sans cela ? Raven ne savait pas, elle ne savait plus. Peut-être n’était-elle plus rien… L’ancienne Poufsouffle fixa de nouveau sa tasse, imperturbable.

« Le Elliot Davis que vous connaissiez, commença-t-elle doucement, n’est plus. Cela va bientôt faire 6 ans qu’il nous a quitté. »

L’Auror ferma longuement les paupières avant de les rouvrir. Elle voulait continuer à parler, mais quelque chose en elle la freinait.

« Je… Nous étions mariés, il tenait une petite boutique de livres au Chemin de Traverse. Mais depuis que ma carrière en tant qu’Auror a été lancée, j’ai été la cible de nombreux Mangemorts. Ce n’étaient pas lui qu’ils visaient. C’était moi. Ils cherchaient à m’atteindre. Et ils ont réussi. »

Sa voix se brisa en fin de phrase. Continuer devenait de plus en plus difficile, et Raven ne savait pas si elle en était capable. Très ironique, elle qui était sans cesse confrontée au danger… Mais de par ses phrases précédentes, l’Auror sous-entendait largement qu’Elliot avait été assassiné par des Mangemorts.

« À Ste Mangouste, je me suis dit que j’aurais pu être dans cette même situation, il y a 6 ans. Elliot aurait pu se retrouver à votre place. Et j’aurais pu être à celle de Mr. Carrow. Les responsables sont à présent dans une cellule à Azkaban, envoyés de mes propres mains. Mais je me sens toujours coupable. »

Tournant sa tête, Raven plongea de nouveau son regard dans celui de son hôte. Déchirure et désespoir. Douleur et tristesse. Colère et culpabilité. Défilaient dans ses yeux toutes ces émotions, à la fois cruelles et inhumaines. Pour la première fois depuis 6 ans, Raven avait abaissé cette barrière de glace face à quelqu’un, une barrière qui l’avait protégée de bien des choses.

« Je ne devrais pas vous utiliser, mais vous sauver des mains de Niclas Travers m’a permis de me racheter à moitié d’une erreur commise dans le passé. Voilà pourquoi vous ne devez pas me remercier. L’espace d’un instant, j’ai eu l’impression de revenir 6 ans en arrière, à une époque où j’aurais pu changer le cours des choses… »


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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Sam 21 Jan - 19:07

A l’époque de ses études, Soyle avait été un parfait petit rat de bibliothèque, toujours là-bas ou presque. Du genre à faire ses devoirs à l’avance et à les rendre tout aussi tôt.  Le tout après les avoir vérifié trois fois. Elle avait eu de très bons résultats, toute sa scolarité. Elle se faisait plutôt discrète en général. Cela ne l’empêchait pas d’être remarquée de temps à autres. Elle s’était fait de très bons amis. Copper par exemple qui avait été dans sa maison, et Audrey aussi, qui était chez les rouges. Ils  étaient un peu plus animés qu’elle, c’est sûr, mais elle les adorait. Ils avaient passé un certain temps ensemble. Elle n’avait pas toujours suivi leurs petits coups d’éclat. Non, elle s’amusait de leurs histoires mais restait à l’écart en général. C’était plus leur truc à eux. Surtout Audrey en fait.

En reparler donnait un beau sourire à Soyle, c’était agréable de reparler de tout cela. Tellement de bons souvenirs. Et il semblerait que ce soit aussi le cas pour la belle Auror. Elle avait aussi le sourire, elle riait même parfois. Visiblement cette dernière avait bien connu Audrey à l’époque de l’école. En même temps, en tant que préfète, ce n’était pas très étonnant…

- Audrey… Je me souviens l’avoir de nombreuses fois réprimandée lorsque j’étais préfète. À l’époque elle n’était qu’une élève téméraire et insouciante, j’avoue que la voir débarquer au Bureau il y a quelques années, motivée et déterminé, a totalement transformé l’image que j’avais d’elle.

Oui, elle avait changé. Ils avaient tous changé depuis l’école. En mieux la plupart du temps. Soyle s’était ouverte au monde et se cachait beaucoup moins. C’était même peu dire encore. Ils avaient tous changé si bien de caractère que de physique. Bon, techniquement, Soyle avait encore ses cheveux roux, toujours à se balancer mollement dans son dos. Elle avait toujours ces yeux bleus clairs et doux. La belle avait un peu perdu de ces joues rebondies qui étaient généralement associés aux enfants.

- Oh ça ne m’étonne pas réellement. Elle tenait difficilement en place à l’époque. Avec votre métier je suis soulagé qu’elle ait changé à ce niveau.

Si elle était restée aussi téméraire et ingérable, cela aurait pu être assez dangereux. Mais Audrey était aujourd’hui une jeune femme charmante qui savait très bien se contrôler et surtout qui était tout à fait dévouée à la cause qu’elle servait. Soyle était très fière de ce que son amie faisait. Tout comme d’Alice d’ailleurs. L’une comme l’autre le savaient.

- Tous les Aurors ont mon soutien, miss Hoover, y compris les plus jeunes. J’espère leur transmettre toute l’expérience que j’ai accumulée depuis le début de ma carrière, c’est en partie grâce aux aînés que leur intégration dans le Bureau se fait plus facilement.

Oui, le système des anciens qui soutiennent les plus jeunes, c’était quelque chose qu’elle connaissait elle aussi. Pour la simple et bonne raison que les professeurs de Poudlard avaient le même fonctionnement. Alors oui, elle voyait de quoi voulait parler Raven et était ravie que ses amies puissent bénéficier d’un tel système.

- Je vois ce que vous voulez dire, et j’en suis ravie pour vos collègues. C’est un autre niveau, je le sais bien, mais nous avons la même méthode dans l’enseignement. Je trouve cette façon de faire tout à fait bénéfique, si bien pour les formés que les formateurs.

C’était toujours enrichissant, pour tout le monde. Un bon échange entre eux. Aujourd’hui elle avait pris ses marques et n’avait plus besoin qu’on la guide. Elle prenait maintenant sous son aile les jeunes professeurs. Et elle aimait pouvoir se sentir utile pour ces jeunes recrues. Tout comme elle aimait ce sentiment avec ses élèves. Décidément, elle aimait son métier…

Les deux jeunes femmes passaient un moment plutôt agréable. Jusqu’à ce qu’elles en viennent à parler de nouveau de l’école. Là d’un coup, les choses avaient changé. Raven n’avait pas l’ai bien, pas du tout. C’était assez étrange d’ailleurs. Alors Soyle tentait de maintenir la conversation, sans pour autant réellement savoir quoi faire. Vraiment Raven était bizarre d’un coup.

- Je lui dois beaucoup aussi

Elles avaient parlé de l’ancien préfet de la rousse. Elliot Davis, un jeune homme qu’elle avait apprécié sans pour autant le suivre jusqu’à après l’école. Dommage, comme souvent malheureusement. Visiblement par contre, Raven l’avait bien connu. En tout cas elle avait l’air très touchée par le sujet. Et tant qu’elle ne saurait pas pourquoi, Soyle ne se voyait pas tellement lui en parler. Ni même chercher plus loin. C’était compliqué et visiblement délicat. Raven s’était excusé auprès d’elle pour être partie rapidement de sa chambre d’hôpital. Ce n’était rien, vraiment. Mais il y avait bien plus pour Raven, beaucoup plus pour la gêner.

- Le Elliot Davis que vous connaissiez, n’est plus. Cela va bientôt faire 6 ans qu’il nous a quitté.

C’était un choc. Soyle s’en voulait d’un coup de ne pas s’être intéressé plus à lui une fois sorti de l’école. Six ans c’était long, très long. Et elle n’en avait rien su. Elle se sentait un peu honteuse, et triste, vraiment. Elliot avait été tellement gentil, tellement généreux. Et lui aussi avait été pris, comme ça. Vraiment, Soyle était touchée.

- Je… Nous étions mariés, il tenait une petite boutique de livres au Chemin de Traverse. Mais depuis que ma carrière en tant qu’Auror a été lancée, j’ai été la cible de nombreux Mangemorts. Ce n’étaient pas lui qu’ils visaient. C’était moi. Ils cherchaient à m’atteindre. Et ils ont réussi.

Alors c’était ça. Quelle horreur. Forcément cela expliquait beaucoup de choses. Et en ayant connu Elliot, Soyle se sentait forcément triste pour elle, pour eux. C’était vraiment horrible. Malgré elle, sa main se resserra légèrement sur le bras de Raven. De tristesse, de douleur, et par volonté d’être avec elle. Finalement elle avait relâché cette pression de quelques secondes, sans lui lâcher le bras pour autant. Mais elle était touchée, vraiment.

- Je suis sincèrement désolée…

C’était peut-être bateau comme phrase, mais c’était honnête. Soyle se sentait mal pour elle. Sans compte qu’elle était encore un peu sous le choc. Pauvre Elliot, c’était injuste. Il ne méritait vraiment pas ça. Raven non plus d’ailleurs.

- À Ste Mangouste, je me suis dit que j’aurais pu être dans cette même situation, il y a 6 ans. Elliot aurait pu se retrouver à votre place. Et j’aurais pu être à celle de Mr. Carrow. Les responsables sont à présent dans une cellule à Azkaban, envoyés de mes propres mains. Mais je me sens toujours coupable.

Soyle ne pouvait pas vraiment dire qu’elle comprenait. Mais elle imaginait pouvoir entrevoir ne serait-ce qu’un peu à quel point la situation de l’Auror pouvait être difficile et douloureuse. La belle avait été confrontée à la mort par le départ de ses parents… ce n’était pourtant pas comparable. Elle n’avait jamais aimé, n’était pas mariée, ni même en couple. Seulement pour ce qu’elle en savait, c’était tellement spécial comme lien qu’elle ne pouvait sans doute réellement comprendre. Elle ne pouvait que voir à quel point c’était difficile. Raven avait relevé son regard vers le sien. C’était tellement horrible. Elle était visiblement effondrée, détruite, à des années lumières de ce qu’elle avait montré jusqu’à présent. Très loin de la femme très sûre d’elle qu’elle était en arrivant. Cette souffrance qu’elle y voyait c’était impressionnant. Soyle sentait son cœur son serrer, en compassion pour elle.

- Je ne devrais pas vous utiliser, mais vous sauver des mains de Niclas Travers m’a permis de me racheter à moitié d’une erreur commise dans le passé. Voilà pourquoi vous ne devez pas me remercier. L’espace d’un instant, j’ai eu l’impression de revenir 6 ans en arrière, à une époque où j’aurais pu changer le cours des choses…

Soyle ne s’était pas sentie utilisé, jamais, à aucun moment. Et elle était profondément reconnaissante envers Raven pour être intervenue, peu importe pourquoi. Le résultat était là : Soyle Hoover était encore en vie. Alors n’écoutant que son instinct le plus simple, la belle s’était approché de Raven pour la prendre dans ses bras. Ce n’était sans doute pas correct, elle pourrait mal le prendre. Mais elle ne se sentait pas de la laisser seule face à un sentiment si fort.

- Vous n’avez pas à vous en vouloir pour moi. Je ne me suis pas sentie utilisée, et peu importe comment ou pourquoi, je vous dois tout de même la vie. Et vous n’avez pas à vous sentir coupable pour ce que vous avez fait pour moi, bien au contraire…


Soyle essayait de mettre dans son étreinte tout le soutien possible. La pauvre Raven semblait s’effondrer et même changer de façon assez impressionnante. La belle était vraiment impressionnée. Et elle avait vraiment envie de l’aider, comme elle le pouvait, du haut de leur petite connaissance. Elles ne s’étaient pas vraiment parlé encore. Mais c’était comme ça, plus fort qu’elle, sa façon de gérer la chose. Ce n’était peut-être pas la bonne et Raven ne serait peut-être pas réceptive. Pourtant aux yeux de Soyle, tout le monde pouvait avoir besoin de cette douceur de temps à autre, d’avoir un soutien présent, peu importe de qui il venait. Enfin, elle verrait bien…

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Sam 21 Jan - 23:34


Ah, Poudlard. Poudlard et ses souvenirs, Poudlard et son passé. Les multitudes de petites histoires que Raven avait écrites là-bas étaient à tout jamais inscrite dans les murs de cette école. Le château avait vu défiler bien des élèves et professeurs, vu son sol se faire piétiner par tant de sorciers que même Gringotts n’aurait pu contenir autant de chiffres. Raven ne se souvenait même plus en quelle année ce collège avait été construit, l’Histoire de la Magie étant bien loin derrière elle, mais elle avait encore le souvenir de cette ambiance d’ancienneté en foulant les marches d’escalier. Durant toute sa scolarité, elle avait été une élève exemplaire aux yeux des autres élèves et des enseignants, allant rarement à l’encontre du règlement. Il lui arrivait parfois de se faire reprendre en cours, mais la sorcière n’avait jamais eu un comportement abusif. Déjà à cet âge, la droiture des choses faisait partie de son sang. Pas étonnant d’ailleurs qu’elle soit nommée préfète, à l’instar de Basil ou Elliot. Ainsi, elle put corriger certains dépassements de la part de ses cadets –ou de ses aînés, tout compte fait-, mais Raven n’avait jamais utilisé son autorité pour faire autre-chose que ce qu’on lui avait demandé de faire.

Cependant, il y en avait bien quelques-uns dont la tête restait gravée dans sa mémoire, à force de les croiser. Toujours les mêmes, à faire les mêmes bêtises, tellement que cela devenait lassant, à force, de devoir répéter la même chose. Même si, avouons-le, cela était parfois assez amusant de les voir tenter et retenter. Audrey, par exemple. Raven ne comptait même plus le nombre de fois qu’elle avait dû la réprimander pour je ne sais quelle raison. Dehors après le couvre-feu. Farces. Risques pris sans penser aux conséquences. C’était bien une Gryffondor, la petite Worthington. Parfois, Fawkes la laissait s’échapper en levant les yeux au ciel car, de toute façon, son cas était irrécupérable. Ou du moins, c’était ce qu’elle avait pensé à l’époque. Mais qu’allait devenir la petite lionne ? Allait-elle se rendre compte un jour qu’il allait falloir qu’elle travaille pour réussir dans la vie ? Que toutes ses pitreries n’allaient pas lui servir ? Mais en sortant de Poudlard, Raven s’était plus préoccupée de son avenir que celui de ses cadets. C’est pourquoi, en voyant Audrey débarquer au Bureau, cela lui avait fait un choc. Une agréable surprise, plutôt. Pendant les années où elle ne l’avait pas vue s’était opéré un changement radical de comportement. Ainsi, la jeune lionne avait fini par avoir ce déclic et à prendre son destin en main.

« Oh ça ne m’étonne pas réellement. Elle tenait difficilement en place à l’époque. Avec votre métier je suis soulagé qu’elle ait changé à ce niveau. »

La sorcière lui sourit. Il était vrai que devenir Auror influait beaucoup sur le caractère de chacun. De petits rigolos, ces anciens élèves turbulents devenaient des adultes responsables qui savaient où ils allaient et en quoi consistait leur rôle. Une fois qu’ils captaient, ils devenaient de parfaits Aurors. Pour Raven, ses études avaient surtout consolidé cette aura qu’elle dégageait qui  lui donnait une telle prestance, un tel sentiment d’autorité et de froideur. Mais cela n’avait en rien changé son caractère de base. Raven avait toujours été ce genre de personne qui suit toujours le règlement à la lettre. Même s’il faut parfois aller à l’encontre parce qu’on ne trouve pas certaines lignes logiques ou qu’elles sont injustes.

« Devenir Auror nous rend beaucoup plus responsables, miss Hoover, et je pense que ma jeune collègue l’a très bien compris à son arrivée. Ce métier nous transforme tous, de différentes manières certes, mais le changement reste visible. »

Plus on restait dans le Bureau, plus notre ancienneté se faisait ressentir. De par le regard, la posture, la manière de parler. Chez Raven, c’était l’expérience, la façon dont elle s’adressait à ses supérieurs ou même aux plus jeunes. Dans ses traits, on comprenait que, malgré son jeune âge (oui, 35 ans c’est jeune), elle avait vécu énormément de choses. Il y avait ces débuts de rides de fatigue qui imposaient le respect et ce regard sévère et autoritaire qu’elle portait face à ses ennemis et qui faisait tout son charisme. Au début de carrière, Raven n’avait pas porté autant d’histoires sur son visage. Les plus jeunes du Bureau non plus, n’avaient pas encore ce poids sur leurs épaules. Mais cela allait arriver, surtout au vu des temps sombres qui se profilaient à l’horizon. Et Fawkes comptait bien enseigner à ses cadets le plus possible, à les aider autant qu’il le fallait pour qu’ils y soient préparés.

« Je vois ce que vous voulez dire, et j’en suis ravie pour vos collègues. C’est un autre niveau, je le sais bien, mais nous avons la même méthode dans l’enseignement. Je trouve cette façon de faire tout à fait bénéfique, si bien pour les formés que les formateurs. »  

Elle hocha la tête, tout à fait d’accord avec son interlocutrice. À son avis, le métier d’enseignant, peu importe la matière, était l’un des plus beaux métiers qui soit. Même si certains n’aimaient pas aller à l’école, c’étaient grâce à eux qu’ils savaient autant de choses aujourd’hui et les deux côtés de la barrière, que ce soit le personnel ou les élèves, en apprenait chaque jour de l’un et de l’autre. Oui, ce métier était magnifique en termes d’échanges humains.

« Vous faites un métier plus que respectable, miss Hoover. J’admire beaucoup les membres de l’enseignement, et je trouve qu’ils font du très bon travail. Les élèves ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vous avoir, »
ajouta la sorcière en riant doucement.

Mais son sourire s’évanouit aussi vite qu’il était apparu. Depuis quelques instants, les deux sorcières avaient abordé un sujet particulièrement sensible pour Raven, à savoir, Elliot. Douleur du souvenir, quand tu nous tiens… Car si l’Auror avait fait son deuil il y avait bien longtemps, parler de lui s’avérait parfois difficile. Voire trop difficile pour qu’elle puisse rester en compagnie de quelqu’un d’autre. Ces épisodes la plongeaient dans une espèce de bulle où d’innombrables images apparaissaient sans cesse dans sa tête, comme la refaisant vivre des scènes vécus des années auparavant. Pendant des moments plus ou moins longs, la sorcière était captive des griffes du passé, étant visiblement vouée à ne pas l’oublier. Qu’est-ce qu’elle redoutait ces périodes… À chaque instant, dès lors que quelqu’un prononçait le nom d’Elliot ou qu’elle revoyait quelque chose lui ayant appartenu, chaque muscle de son corps se contractait, s’attendant au pire. Et cela s’était produit aujourd’hui, en compagnie de la jolie professeure, la plongeant dans un bain de nostalgie où le temps n’existait pas. Car si l’Auror ne savait pas à quel point Soyle avait été proche du sorcier défunt, elle savait en revanche pourquoi cette dernière en parlait avec autant de bien. Sans savoir la raison exacte, bien entendu, mais Elliot avait été le soutien de nombreuses personnes et avait été l’incarnation du pilier principal dans la vie de Raven. Si sa carrière avait eu une suite brillante, c’était bien grâce à lui et à personne d’autre. C’était pour lui qu’elle avait continué. Parce qu’il l’aurait voulu.

La nouvelle de la mort d’Elliot sembla énormément toucher son interlocutrice qui, pendant un instant, ne pipa mot. 6 ans, oui cela faisait longtemps. Soyle devait certainement se remémorer les moments qu’elle avait passé en compagnie de son préfet, et se dire que cela allait faire 6 ans qu’il n’était plus là… Le choc était inévitable.

« Je suis sincèrement désolée… »

Raven ne trouva rien à répondre. Non pas qu’elle n’en avait pas envie, simplement parce qu’elle n’en avait plus la force. Ce genre de phrases, l’Auror l’avait maintes et maintes fois entendue au fil des années et à force, les phrases qu’elle donnait en retour étaient à chaque fois quasi identiques. Mais aujourd’hui, sa mémoire semblait s’être envolée. Ce dont elle se souvenait par contre, était cette scène qui s’était déroulée juste devant ses yeux, à Ste Mangouste. Ces regards, échangés entre eux. Ces petits gestes timides qu’ils s’étaient échangés, baignant dans un amour peut-être encore inexistant à leurs yeux mais pourtant bien présent. Tout cela, elle aurait pu le vivre 6 ans auparavant, et Raven n’aurait sûrement pas été la même actuellement. Elle n’aurait pas été prise de ces tourments habituels  qu’elle combattait à chaque instant. Peut-être même Fawkes serait resté Davis et qu’il y aurait eu plein de mini-Raven et de mini-Elliot autour d’eux, peut-être que Soyle n’aurait pas pu être sauvée parce qu’il y aurait eu des enfants à s’occuper et que son nom aurait figuré en gros titre sur la Gazette du Sorcier, peut-être qu’alors Raven n’aurait jamais eu à croiser Carrow dans une chambre d’hôpital et qu’elle ne serait jamais venue dans cet appartement au milieu de Londres. Avec tous ces « Si » et ces « Peut-être », Fawkes aurait pu refaire sa vie, elle aurait pu refaire son passé, son présent et son futur.

« Vous n’avez pas à vous en vouloir pour moi. Je ne me suis pas sentie utilisée, et peu importe comment ou pourquoi, je vous dois tout de même la vie. Et vous n’avez pas à vous sentir coupable pour ce que vous avez fait pour moi, bien au contraire… »

L’Auror ferma les yeux en secouant doucement sa tête. Non, ce n’était pas ça… Malgré toutes les bonnes paroles que Soyle pouvait lui dire pour lui remonter le moral, Raven pouvait être têtue quand elle le voulait. Il était vrai que la sorcière lui avait sauvé la vie, ce qui n’était pas rien et que, en faisant cela, elle avait pu en quelque sorte se racheter de sa faute commise des années auparavant. Vous le savez bien sûr, Raven n’était pas fautive dans la mort de son mari. Les seuls coupables étaient à présent à Azkaban et ils n’allaient plus jamais en ressortir. Mais dans sa tête, elle aurait pu tout faire pour empêcher tout ça. Elle aurait pu avoir l’idée de se délier les ailes, l’idée d’aller lui faire une surprise un peu avant la fermeture de la boutique, que sais-je encore ! Dans tous les cas, c’était sa faute car elle avait les capacités de protéger les personnes qu’elle aimait.

« Etre Auror est un métier formidable, miss Hoover, murmura la sorcière, et vous ne vous rendez pas compte à quel point j’ai de la chance de faire partie de cette élite de sorciers. »

Hors contexte, on aurait pu croire que Raven partait sur un sujet complètement différent, peu enclin à vouloir parler de cette douleur qui la hantait. Cependant, cette phrase était intimement liée avec tout le reste et Fawkes savait pertinemment ce qui sortait de sa bouche. Elle soupira de nouveau, lasse cette fois-ci. Elle se sentait réellement dépassée par les événements.

« Nous sommes les protecteurs de la population, nous sauvons des vies et nous risquons la nôtre, nous œuvrons pour que l’effectif ennemi soit le plus faible possible, et pourtant… »

Trop, c’était trop. La pauvre Auror n’allait pas tarder à exploser, dans tous les sens du terme. S’arrachant soudainement au contact physique qu’avait créé Soyle en posant sa main sur son bras, Raven se leva vivement pour faire face au mur en entourant ses bras de ses mains comme si elle se protégeait d’une quelconque menace. La sorcière avait besoin de bouger, de ne pas rester statique. Elle avait besoin de respirer. Serrant sa mâchoire jusqu’à en avoir mal, Raven se tourna alors vers la professeure qui ne devait plus rien comprendre. Ses yeux criaient à l’aide, plus qu’elle ne voulait se l’avouer, et l’Auror se rendit alors compte que son deuil n’était peut-être pas totalement achevé. La douleur avait simplement attendu le bon moment pour refaire son apparition. Fini l’image de la femme forte et charismatique. Elle paraissait tellement faible et vulnérable que la sorcière aurait pu subir d’innombrables Doloris sans résister. Fawkes était bien loin de la carapace qu’elle portait habituellement.

« À quoi notre métier sert-il, miss Hoover, si nous ne pouvons même pas protéger nos proches ? À quoi bon continuer ? J’avais les capacités pour me battre contre les agresseurs d’Elliot, j’ai bénéficié d’une des meilleures formations qui soit… Et pourtant, il est mort. Comme ça. »

Ses paroles sonnaient plus comme un supplice qu’une véritable question. C’était la première fois que Raven en parlait vraiment, et elle ne savait pas si cela lui faisait plus du bien que du mal.

« Si je suis devenue Animagus, miss, c’était pour que ce don puisse me servir comme il l’a fait lorsque je vous ai porté secours. Si je l’avais utilisé cette nuit-là, elle entendait par là le soir de l’assassinat de l’ancien Serdaigle, j’aurais pu empêcher ce massacre. Mais cette idée ne m’avait même pas traversé l’esprit, » ajouta-t-elle avec un amer regret dans la voix, en tremblant.

Après le départ d’Elliot pour le royaume des cieux, Raven s’était sentie tellement inutile qu’elle avait, pendant un temps, arrêté de travailler avant d’y replonger, persuadée que son boulot allait l’aider à passer le cap, tourner la page. Mais visiblement, elle en était toujours à la même ligne…  

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Dim 22 Jan - 18:12

Il y avait des métiers comme ça, qui faisaient rêver plus que d’autres. Chez les sorciers aussi il y en avait. Finalement, ils étaient peu d’enfants à rêver devenir un grand responsable des fournitures de bureau du Ministère… On pouvait le comprendre. En revanche, les Aurors faisaient rêver, les grands joueurs de Quidditch aussi avaient de quoi donner envie à de jeunes esprits pleins de rêves. Son propre travail aussi avait encore quelques charmes. Soyle était enseignante dans l’une des grandes écoles de magie que ce monde portait fièrement. Une place qui avait de quoi faire rêver. Ils n’étaient pas si nombreux à pouvoir obtenir une telle position et elle avait vraiment travaillé dur pour l’obtenir. Mais ça valait largement la peine. Aujourd’hui elle pouvait se détendre plus facilement. Elle pouvait prendre plus de temps que lorsqu’elle était encore étudiante. Après tout, elle n’avait plus à faire ses preuves et elle maîtrisait son sujet. C’était plus simple maintenant.

En fait, ils changeaient tous forcément avec le temps et l’âge. Trouver un travail c’était une grande étape dans toute vie et cela faisait prendre conscience de beaucoup de choses. Plus encore lorsqu’on avait atteint ses objectifs. Soyle l’avait fait. Audrey également. Et de toute évidence, Raven aussi.

- Devenir Auror nous rend beaucoup plus responsables, miss Hoover, et je pense que ma jeune collègue l’a très bien compris à son arrivée. Ce métier nous transforme tous, de différentes manières certes, mais le changement reste visible.

Oui, chez eux c’était sans doute plus évident encore que chez les enseignants. Les professeurs après tout ne faisaient pas grand-chose de bien compliqué. Pas même d’excessivement difficile. Ils avaient été formés et savaient quoi faire face à leurs classes. Soyle hochait la tête. Elle était tout à fait d’accord avec son invitée du jour. D’ailleurs, si ils ne changeaient pas, elle aurait sans doute de plus nombreux souvenirs de Raven. Elles avaient ensuite parlé de cette expérience qui circulait des plus anciens aux plus jeunes. Soyle comprenait très bien ce système. Elle en avait profité à ses débuts et commençait à pouvoir prendre la place de ceux qui donnaient de leur expérience.

- Vous faites un métier plus que respectable, miss Hoover. J’admire beaucoup les membres de l’enseignement, et je trouve qu’ils font du très bon travail. Les élèves ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vous avoir,


Soyle rit avec son interlocutrice. Oui, ses élèves étaient nombreux à pouvoir se réjouir lorsqu’elle était absente. D’ailleurs, avec cette histoire d’attaque, elle allait rater quelques cours, pour leur plus grand plaisir. Certains pourraient trouver cela assez ingrat d’ailleurs. Les professeurs donnaient de leur temps et de leur énergie rien que pour ces élèves qui étaient les premiers à se réjouir lorsqu’ils n’étaient plus aptes à leur faire cours. Quelle tristesse… Mais Soyle les comprenait un peu. Les heures où elle n’était pas là étaient des heures de tranquillité en plus pour eux…

- Je vous remercie. Mais effectivement, je peux déjà prévoir une vague de joie parmi mes élèves lorsque je ne serai pas présente à la rentrée.

Ils seraient contents d’avoir un peu de liberté. Elle avait le vague espoir que certains trouveraient au moins un peu triste qu’elle se soit faite attaquer comme ça. Mais bon, il ne fallait pas rêver non plus. Ils seraient majoritairement heureux d’avoir un peu la paix et de manquer quelques cours d’étude des moldus.

Le sourire qu’elles avaient toutes les deux suite à cette petite plaisanterie ne dura pourtant pas beaucoup plus longtemps. Soyle l’avait même pris entre ses bras après ses confidences. Raven avait peut-être l’air d’une femme forte et indépendante, en ce moment elle avait surtout l’air totalement vidée. Elle avait l’air faible, anéantie, comme si on venait de lui apprendre la nouvelle. De toute évidence, cette blessure était encore grande ouverte. Raven semblait ne faire que compresser cette plaie depuis six ans, sans jamais arriver à la refermer. Ça devait être tellement douloureux. Cela se voyait d’ailleurs, rien que dans ses yeux.

- Etre Auror est un métier formidable, miss Hoover, et vous ne vous rendez pas compte à quel point j’ai de la chance de faire partie de cette élite de sorciers.


Soyle avait suivi ses amies jusqu’à leur entrée dans ce bureau. Elle était consciente de tout ce que cela pouvait représenter et de la difficulté d’y parvenir.

- Nous sommes les protecteurs de la population, nous sauvons des vies et nous risquons la nôtre, nous œuvrons pour que l’effectif ennemi soit le plus faible possible, et pourtant…


Raven s’était levé d’un bon, rompant tout contact avec elle. Soyle ne s’en formaliserait pas. La belle Auror devait se sentir bouillonner, avoir un trop plein de cette douleur et de cette rage qui ne demandait qu’à sortir sans qu’elle ne sache comment le faire. La belle rousse connaissait cela, avec ses parents. Elle se souvenait de ce déchirement, cette colère refoulée, de tout ce qu’elle aurait aimé sortir d’un coup dans un flot de larmes et de ces cris de douleur qui libèrent quelques instants. Raven devait se sentir un peu dans ce cas la pauvre, et Soyle ne lui en voudrait pas de le faire. Alors elle attendait. Raven s’était retournée vers elle. Cette vision était déchirante.

- À quoi notre métier sert-il, miss Hoover, si nous ne pouvons même pas protéger nos proches ? À quoi bon continuer ? J’avais les capacités pour me battre contre les agresseurs d’Elliot, j’ai bénéficié d’une des meilleures formations qui soit… Et pourtant, il est mort. Comme ça.

Des questions normales. Soyle aussi en avait eu. Et pourtant, elle avait appris qu’elles ne servaient à rien. Cela ne faisait que trois ans que ses parents étaient partis, et elle était toujours aussi triste à cette idée. Mais elle semblait avoir fait un plus long chemin que la pauvre Raven.

- Si je suis devenue Animagus, miss, c’était pour que ce don puisse me servir comme il l’a fait lorsque je vous ai porté secours. Si je l’avais utilisé cette nuit-là, j’aurais pu empêcher ce massacre. Mais cette idée ne m’avait même pas traversé l’esprit,

La pauvre femme semblait prête à s’effondrer, là, dans son salon. Et c’était vraiment horrible à voir. Soyle se sentait assez mal d’ailleurs. Mal pour elle, de ne rien pouvoir faire. Elle ne pouvait qu’essayer de la calmer pour le moment, ou à défaut d’y arriver, lui permettre de se laisser aller totalement, au moins une fois, sans qu’elle n’ait le moindre risque que cela se sache ou qu’elle soit jugée. Ce n’était pas Soyle qui pourrait se le permettre. Elle avait été bien trop  mal à son époque pour pouvoir redire quoi que ce soit à Raven.

- Vous n’êtes pas responsable, vous ne pouviez pas prévoir une telle chose. Je doute même que vous aillez pu l’envisager. On ne pense pas à ce genre de choses avec les personnes que l’on aime…

Avec difficulté, une grande difficulté, et avec un grand renfort de sa canne, Soyle s’était levé à son tour, doucement. Lentement et de son pas chancelant, elle s’était approché de Raven qui semblait prête à sombrer, lâcher ce qu’elle avait sur le cœur, fondre en larmes peut-être, mais en tout cas elle allait sûrement faire quelque chose. Et Soyle voulait être prête à réagir pour elle, pour ne pas la laisser seule…

- Miss Fawkes, vous avez toutes les raisons du monde d’en vouloir à ces gens, de vous poser toutes ces questions. Mais je vous assure que vous n’y êtes pour rien. C’est profondément injuste que quelqu’un d’aussi bon qu’Elliot ait été touché par ces histoires.  Mais cette torture que vous vous infligez, je doute qu’il aurait été pour…


Soyle ne savait pas trop comment allait réagir Raven. Il y avait une petit chance pour qu’elle le prenne très mal et lui en colle une. Mais il était aussi possible qu’elle accepte simplement et réagisse bien. Elle pouvait accepter totalement. Ce qui avait peu de chances d’être le cas tout de même mais bon, on ne sait jamais. Et puis il y avait cette possibilité qu’elle ne fasse ni l’un ni l’autre et se laisser tomber dans ses pensées, se lâchant un peu plus sans trop faire attention à Soyle qui était encore près d’elle. Ou alors qu’elle se repose sur elle, qu’elle accepte d’inverser les rôles. La rousse attendait sa réaction, elle verrait bien. De toute façon, elle espérait simplement que Raven ne se sauverait pas comme la dernière fois. Soyle espérait qu’elle accepterait au moins un peu son aide…
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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Mar 24 Jan - 14:25


Raven se souvenait bien de ses professeurs à Poudlard. En même temps, les têtes n’avaient pas trop changé et il y avait toujours eu les mêmes, sauf au poste de DCFM. On avait toujours dit que cette matière avait été maudite et qu’aucun professeur n’y restait plus d’une année. Son ami Asterion allait-il devoir quitter son poste l’an prochain ? Ce n’était pas ce que l’Auror espérait pour lui. Ce métier lui permettait, en quelque sorte, de créer des liens avec le reste du monde alors certes, ce n’était que des élèves et quelques adultes, mais c’était déjà un début. Bon, l’ancien Serdaigle avait toujours été un peu solitaire, ne causant que très rarement, mais Raven avait toujours apprécié sa compagnie et sa gentillesse. Le genre d’amitié assez particulière mais qui, pourtant, lui tenait à cœur.

« Je vous remercie. Mais effectivement, je peux déjà prévoir une vague de joie parmi mes élèves lorsque je ne serai pas présente à la rentrée. »

L’Auror sourit à la remarque. Oh, elle avait bien le souvenir d’avoir eu ce genre de comportement, elle aussi, en étant plus jeune. Non pas que la sorcière trouvait les cours ennuyants et sans grand intérêt, bien au contraire, simplement que des heures de repos de temps en temps… Ça ne pouvait pas faire de mal. Même si, dans ce cas, Raven aurait été inquiète de savoir qu’une de ses professeurs s’était faite attaquer par un Mangemort, d’autant plus pour le réveillon de Noël.

« Nous avons tous eu ce genre de comportement, miss, et je suis sûre que vous aussi », se permit d’ajouter l’Auror.

En y pensant, Raven se dit qu’elle n’aurait jamais pu être professeur à Poudlard, ou n’importe où ailleurs, soit dit en passant. Non pas qu’elle n’aimait pas enseigner, car après tout la sorcière aimait bien donner quelques astuces aux plus jeunes, elle aimait les voir progresser et évoluer chacun à leur manière, les voir se construire et s’affermir pour enfin rentrer dans le monde des adultes. Mais côtoyer chaque jour des élèves qui, pour certains d’entre eux, avaient une motivation proche de l’inexistence… Non merci. Si un jour elle devait enseigner, ce serait pour des élèves motivés et intéressés par la matière. Par pour gesticuler au milieu d’une pièce et faire face à des réactions stupides et irrespectueuses. Raven pouvait être calme et patiente, quand elle le voulait. Mais l’Auror pouvait tout aussi bien réagir au quart de tour, habituée à intervenir très vite et à rentrer rapidement dans l’action dans son métier. Malheureusement, il y avait parfois des couacs, et certains ne faisaient pas de quartier…

Par exemple, il  y avait ce fameux dossier sur l’affaire d’Ivan Dratsena. 19 ans qu’elle était en cours, 15 ans que Raven l’avait entre les mains sans parvenir à la boucler. Il n’y avait pas photo, cette affaire était de loin la plus complexe, comme si l’Auror avait été perdue dans un labyrinthe sans parvenir à en trouver la sortie. Mais son supérieur avait été clair et net, il voulait que ça soit elle et personne d’autre qui trouve la finalité dans cette histoire. Elle avait des pistes plus ou moins vagues, dont une suspecte concernant Mr. Blackstone, le chef de la Brigade de la Police Magique. Super. Raven n’avait pas peur de mettre son nom dans le dossier, mais s’il s’avérait que cette piste était fausse… Elle allait avoir des comptes à rendre à ses supérieurs. Car accuser un sorcier ayant un poste haut placé était plus que risqué. Il fallait avoir de solides preuves pour oser en parler à quelqu’un. Et, chose étonnante, mais elle n’osait pas prendre de risque avec celui-là. Malgré tout le respect qu’elle lui accordait, Raven le trouvait froid, pire qu’elle, calculateur et tout le lot. Il y avait quelque chose qui la bloquait, et à cause de ça l’affaire traînait.

Autre cas qui l’avait détruite : Elliot. Alors même si ses assassins étaient maintenant derrière les barreaux d’Azkaban à se faire bouffer l’âme, cela n’enlevait en rien la culpabilité que Raven se mettait sur la conscience depuis toutes ces années. Lui avoir fait justice n’avait rien changé en elle. Oh, si. Juste devenir plus forte. Et encore, c’était une piètre conclusion puisque la jolie sorcière se tenait à présent face à Soyle Hoover, tous ces sentiments négatifs bouillonnants en elle. L’Auror s’était levée si brutalement que la pauvre professeure n’avait pas dû bien comprendre. Mais elle avait eu besoin de respirer un peu d’air, de ne pas se sentir étouffée.

« Vous n’êtes pas responsable, vous ne pouviez pas prévoir une telle chose. Je doute même que vous aillez pu l’envisager. On ne pense pas à ce genre de choses avec les personnes que l’on aime… »

Raven lui sourit tristement. Il était vrai que jamais ne lui était passé par la tête d’un jour son mari allait se faire assassiner. Jamais. Oh, elle avait bien eu des doutes, mais sa carrière avait été lancée depuis bien 8 ans, la sorcière avait donc pensé que, si les Mangemorts avaient voulu s’en prendre à elle, ils l’auraient déjà fait depuis longtemps déjà. Ainsi, cette idée qui lui avait effleuré l’esprit était partie aussi vite qu’elle était apparue. Quelle erreur… Certainement la pire de toute sa vie. Une erreur qui lui avait valu la perte d’une personne chère. Encore combien d’erreur la Bureau avait-il fait pour avoir sur les bras le décès de dizaines de sorciers ? La sorcière ne supportait pas… Elle ne supportait plus tout ça. Pourquoi le monde ne pouvait-il pas être en paix, tout simplement ? Pourquoi avait-il fallu que ce sorcier noir joue avec la vie des personnes comme on joue à un jeu ? Alors oui, même après 6 ans, l’Auror se posait la question.

En voyant la jolie rousse tenter péniblement de se mettre debout, la sorcière se sentit mal. Tout ça pour venir la voir et la réconforter, alors que ce n’était certainement pas la meilleure solution pour guérir. Tout ça parce qu’elle avait laissé parler son cœur,  parce que tout en elle avait explosé et que son passé avait eu le malheur de refaire surface.

« Miss Fawkes, vous avez toutes les raisons du monde d’en vouloir à ces gens, de vous poser toutes ces questions. Mais je vous assure que vous n’y êtes pour rien. C’est profondément injuste que quelqu’un d’aussi bon qu’Elliot ait été touché par ces histoires.  Mais cette torture que vous vous infligez, je doute qu’il aurait été pour… »

L’Auror la prit par le bras et, avec elle, retourna s’asseoir en l’aidant à se remettre sur le canapé avec douceur. Il ne fallait pas qu’elle reste plus longtemps debout, déjà que cette convalescence était difficile, si en plus Raven en ralentissait le processus… Ce n’était pas ce pourquoi la sorcière était venue. Alors qu’elle avait juste voulu lui tenir un peu compagnie, voilà qu’elle était en pleine crise, plongée dans ses mémoires. Quelle ironie. Heureusement, les mots de Soyle eurent raison d’elle, et même si cela n’enleva pas tout ce chagrin et toute cette douleur en elle, cela eut au moins le mérite de la calmer un petit peu. Quelques instants avant, elle avait semblé être prête à exploser, au sens littéral du terme.

« Sûrement, lui répondit Raven en s’asseyant près d’elle, les yeux dans le vague. Il ne m’aurait pas laissé le choix. Pendant 6 ans, miss Hoover, je me suis donnée corps et âme à mon travail, pensant que cela allait m’aider à surmonter cette épreuve. Cela m’a aidé à devenir cette Auror que le Bureau respecte, surtout. Mais la douleur n’est pas partie. Elle est juste… en moi. J’ai appris à vivre avec. Mais quelques fois, elle refait surface et dans ces moments-là, je m’arrange pour être seule. »

Raven ferma les yeux, sentant les larmes monter, et joignit ses mains. Il ne fallait pas qu’elle craque. Elle ne le voulait pas. La sorcière refusait de se montrer ainsi, par simple principe d’orgueil. Il y avait tellement à dire, et pourtant l’Auror ne se montrait pas très bavarde. Certes, elle parlait, mais c’était à peine le quart de ce qu’elle renfermait en son grand intérieur. Il était aujourd’hui impossible pour elle de tout déballer d’un coup alors que cela faisait 6 ans que Raven avait tout gardé à l’intérieur de son être. Impossible.

« Je le sens en moi, chuchota l’Auror. Il ne m’a pas quittée, il est toujours présent. »

Elle tourna la tête et regarda la rousse avec une douceur infinie, un sourire triste accroché aux lèvres. Raven savait très bien de quoi elle parlait. Un morceau de l’âme d’Elliot n’était pas partie avec le reste, et ce morceau était toujours resté avec elle. Comme pour lui rappeler qu’à un moment, elle avait pu goûter au bonheur avant que celui-ci lui soit enlevé.

« Je vais vous montrer. »

Se levant de nouveau, la sorcière sortit sa baguette et fit le tour de la table basse pour lui faire face. Ce sortilège… Certainement celui qu’elle maîtrisait le mieux. Il suffisait de deux mots pour faire naître en elle quelque chose d’incomparable, une image que la sorcière aimait observer durant des heures juste pour rallumer cette flamme en elle. L’Auror leva sa baguette à hauteur d’épaule et fit un grand geste.

« Expecto Patronum. »

Presque instantanément, un aigle majestueux dans un voile bleuté sortit de l’extrémité du bout de bois, voletant autour des deux femmes. C’était, de loin, l’un des plus beaux Patronus que la sorcière avait invoqué. Il agressait presque la vue tellement le rapace était éblouissant et parfois, on pouvait sentir un vent léger fouetter le visage lorsque l’aigle battait des ailes. Il était magnifique, et tout en ce plumage lui rappelait son mari décédé. Un aigle. Serdaigle. Le symbole d’une Maison, d’une centaine de générations d’intellectuels et de créateur. Un animal qui signifiait tout, pour elle.

Le rapace plana un instant, proche du plafond, poussa un cri déchirant à l’instar de ce qu’il passait à l’intérieur de Raven, et partit d’un mouvement d’ailes. L’Auror regarda quelques secondes l’endroit où son fidèle ami avait disparu et reporta son attention sur la professeur.

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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Jeu 2 Fév - 18:06

Les sentiments étaient une chose délicate. De petites choses fragiles et instables. On ne pouvait pas tellement se fier à ses sentiments. Ou du moins pas toujours. On voulait croire au bonheur et en la joie. Même si au fond on ne pouvait pas les suivre non plus. A l’inverse, on fuyait généralement la colère et la peur. Mais ils nous submergeaient bien trop facilement. Leur céder était parfois plus qu’une option, une véritable obligation. Mais Soyle préférait généralement être optimiste et céder aux meilleurs sentiments, au risque de recevoir une déception par la suite. Mais qu’importe, elle aurait profité, peut-être fait une bonne action, et en tout cas eu un peu de bonheur en plus.

Avec Raven, la conversation était agréable et Soyle s’y plongeait avec grand plaisir. L’Auror était une personne très agréable, malgré ses airs un peu distants au début. Et puis elle pouvait avoir l’air un peu froide au premier regard, mais ce n’était qu’une façade, et Soyle l’avait bien compris. Elle l’avait compris dès leur entrevue à l’hôpital. Raven était resté un peu près d’elle, elle lui avait pris les mains pour la soutenir dans sa douleur, avait posé sur elle un regard compatissant et bienveillant. Oui, la rouquine s’était senti assez bien avec elle au final. Même si elle pouvait être peu engageante au départ. Alors forcément, qu’elle accepte d’entrer chez elle pour bavarder un peu était agréable. Et puis, elle lui devait vraiment beaucoup. Raven lui avait sauvé la vie, rien que cela.

Elles en étaient venu à parler de leurs métiers. Normal, c’était un sujet facile quand on ne se connaissait pas très bien. La belle Fawkes lui disait apprécier le travail fournis par sa jeune interlocutrice et ses collègues. Les professeurs n’avaient pas toujours la vie facile, mais Soyle adorait sa place. Réellement. Elle était donc plutôt flattée par cette remarque. Forcément, elles en étaient ensuite arrivées aux élèves de la belle rousse. Ses petites têtes blondes qui seraient sans doute ravies qu’elle soit absente à la rentrée. Mais c’était normal, ils avaient tous au presque cette réaction. Pas forcément parce qu’ils ne l’appréciaient pas. Plus simplement pour le temps libre que cela leur donnait en plus.

- Nous avons tous eu ce genre de comportement, miss, et je suis sûre que vous aussi

Si elle avait été une bonne élève, la jeune Hoover n’avait pas été parfaite non plus. Il lui était bien entendu arrivé d’apprécier une absence de professeur. Alors après un petit elle lui avait répondu en toute franchise.

- Oh oui, bien sûr, et je ne leur en veut pas d’avoir ce comportement, c’est presque une tradition depuis le temps que nous le faisons tous.


Et oui, en tant qu’élève, ils le faisaient tous. Maintenant qu’elle était enseignante, forcément, elle ne pouvait que changer son point de vue. Mais le résultat était le même et elle aurait bien aimé pouvoir apercevoir leurs petites frimousses quand ils apprendraient son absence. Au final, elle ne savait pas vraiment quand elle pourrait reprendre ses cours. Pour le moment elle avait encore vraiment mal et même elle savait que cela ne serait pas raisonnable. Rien que les escaliers, c’était un calvaire rien qu’en y pensant. Non, effectivement, même si c’était un peu triste, elle était sans doute mieux pour le moment dans son petit appartement. Et puis, elle avait des visites. Comme Raven.

Seulement la pauvre Auror n’avait pas l’air bien. Pas du tout. Elle lui parlait de son mari décédé. Elliot. Un homme que Soyle aussi avait rencontré. Et il avait effectivement été un homme particulièrement charmant. Mais Soyle ne pouvait que compatir. Pour elle, ce n’était pas juste. Comme beaucoup d’autres choses. Raven était une femme adorable et Elliot était une si belle personne. C’était triste, réellement, et la belle brune ne semblait pas s’en remettre. Le professeur essayait de lui parler calmement pour tenter de la détourner de ses sombres idées. Mais c’était vraiment difficile. Soyle s’était même relevé, péniblement, pour à son tour venir près d’elle. sans tellement savoir ce que pourrait être sa réaction, mais tant pis, Raven avait l’air d’avoir besoin d’aide et la rouquine était souvent celle qui en offrait, comme ça, sans qu’on ne lui ait rien demandé. Parfois c’était mal pris. Bien souvent c’était l’inverse et elle arrivait à apaiser les esprits. Ce qu’elle espérait pour cette pauvre Raven. Voyant qu’elle s’était levé, l’Auror sembla un peu se calmer. Ou en tout cas se détourner de ses sentiments pour s’occuper d’elle. Ce n’était pas le but initial de la manœuvre, mais pourquoi pas. Raven la pris doucement par le bras pour l’aider à se rasseoir. Et il est vrai que cette aide était appréciée. Entre Raven qui la retenait, et sa canne sur laquelle elle s’appuyait encore largement, elle avait fini par y arriver sans trop se faire mal quand même. Raven avait repris place près d’elle et Soyle continuait à la regarder, presque tendrement même.

- Sûrement. Il ne m’aurait pas laissé le choix. Pendant 6 ans, miss Hoover, je me suis donnée corps et âme à mon travail, pensant que cela allait m’aider à surmonter cette épreuve. Cela m’a aidé à devenir cette Auror que le Bureau respecte, surtout. Mais la douleur n’est pas partie. Elle est juste… en moi. J’ai appris à vivre avec. Mais quelques fois, elle refait surface et dans ces moments-là, je m’arrange pour être seule.

C’était quelque chose qu’elle pouvait comprendre. C’était toujours moins agréable d’être devant les autres pour se mettre dans un tel état. C’était déjà assez désagréable comme cela. Raven était assez chanceuse quelque part. Soyle était le genre de personnes qui pouvaient ne poser qu’un regard bienveillant sur ce genre de comportements. Elle n’était pas du genre à juger et profiter de ces instants de faiblesse, bien au contraire. Alors voyant son aînée retenir ses larmes, visiblement, les mains crispées, Soyle passa une main douce dans son dos, sans rien ajouter. Juste un geste apaisant dans un moment compliqué.

- Je le sens en moi. Il ne m’a pas quittée, il est toujours présent.

Soyle lui sourit à cette idée. Oui, il était probablement toujours là. Tout comme elle-même pouvait encore sentir la présence de ses parents. C’était un sentiment rassurant et auquel on aimait se raccrocher. Une belle pensé qu’elle était contente de voir chez Raven. Lorsqu’elle avait tourné la tête vers elle, son regard semblait bien plus calme. Soyle et Raven se répondaient dans leur tendresse un peu mélancolique.

-Il sera toujours là, quoi qu’il arrive.


Elle en était sûre. Tout simplement parce qu’elle voulait y croire pour elle-même. Elles avaient mérité toutes les deux de pouvoir compter sur ce mince sentiment.

- Je vais vous montrer.

Lui montrer ? Raven s’était levé. Soyle la suivait du regard, et doucement elle pensait comprendre ce qu’elle allait faire. Et ça ne rata pas. Raven lança un patronus magnifique, visiblement très inspiré. Un aigle, le symbole d’une maison, celui de Soyle, mais surtout celui d’Elliot. La rouquine regarda l’animal avec des yeux brillants. Oui, il était magnifique, très réussi, et sans doute très puissant. Soyle n’avait jamais douté des qualités de sorcière de Raven. Mais ce patronus était vraiment magnifique. Pour tellement de raisons.

-C’est magnifique Miss Fawkes.

Inutile d’en dire beaucoup plus. Elle voyait très bien où elle voulait en venir. Un sourire simplement admiratif planait encore sur son visage. Les sentiments de Raven étaient magnifiques de pureté.

- Le temps n’efface pas tout, et je comprends que ce soit très dur. Mais vous renfermez tellement de choses, très franchement j’ai peur qu’un jour vous ne puissiez plus porter tout cela.

Elle savait bien qu’elle entrait là sur un terrain privé et Raven pourrait lui couper la route. Mais Soyle avait envie de l’aider, de la soutenir comme elle le pouvait de sa place encore peu assurée. Elles ne se connaissaient presque pas après tout.
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MessageSujet: Re: Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle] Lun 6 Fév - 22:49


Il y avait des choses que la sorcière n’arrivait pas à expliquer, ou même juste à comprendre. Dont le cerveau de l’être humain. Il faisait ce qu’il voulait, quand il voulait et où il voulait. Sans demander l’avis de son propriétaire. Parfois, Raven aurait voulu qu’il arrête de contrôler ses émotions, ses souvenirs, juste la laisser tranquille, un peu. Elle ne demandait que ça… La paix. Juste oublier son passé, sa douleur, sa tristesse. Et continuer à vivre sa vie. Mais c’était trop simple, n’est-ce pas ? Il avait fallu que tout soit compliqué sans raison. Pour pimenter un peu la chose. Quelle ironie… Mais à travers de ce chemin complexe il y avait des points de repères qui surgissaient. Comme une lumière à laquelle s’accrocher pour ne pas sombrer. Tout d’abord, il y avait son travail. Véritable phare au milieu d’un océan déchaîné. Puis, ce fut un sort. Un seul.

Expecto Patronum.

Tellement cliché mais pourtant tellement essentiel pour elle… Ce n’était pas pour rien si son Patronus avait pris la forme d’un aigle. C’était bien pour une raison, et ceux qui la connaissaient ainsi que son histoire savaient pertinemment ce que le rapace signifiait. On disait toujours que le Patronus corporel d’un sorcier faisait passer un message sur sa personnalité. Et Raven était d’accord avec cela. Ce n’était pas elle qui allait contredire cette idée, elle qui avait vécu tant d’horribles périodes…

« C’est magnifique Miss Fawkes. »

L’Auror répondit en un petit merci, tête basse, sans voir le sourire qui ornait le visage de Soyle. Elle était, pour le moment, plongée dans ses pensées, songeant à ce qu’elle venait de faire quelques instants plus tôt. Tout avait été tellement… fluide et lourd de sens. Comme un instinct, une envie pressante de faire ressortir tout ce qu’il y avait au fond de sa personne. Voir cet aigle l’avait, l’espace de quelques secondes, apaisée. Mais la sorcière savait très bien que sa vieille douleur et son passé n’allaient pas tarder à revenir. Pour l’instant, elle était à bout de souffle.

« Le temps n’efface pas tout, et je comprends que ce soit très dur. Mais vous renfermez tellement de choses, très franchement j’ai peur qu’un jour vous ne puissiez plus porter tout cela. »  

Raven lui offrit un petit sourire triste. Cette phrase, elle l’avait déjà entendue. Fawkes était le genre de personne sur qui l’on pouvait compter, qui allait vous soutenir coûte que coûte mais qui ne se livrait jamais ou très rarement, renfermant en elle tout ce poids qu’elle avait accumulé. Alors de temps à autre, cette boule au fond du ventre finissait par exploser, et tout pétait. Cela avait été une manière pour elle de s’exprimer loin des autres sans qu’un regard indiscret ne se pose sur sa carapace ouverte. Comme un secret que l’ancienne Poufsouffle ne voulait pas que l’on découvre.

« J’ai vécu tellement d’années ainsi, miss Hoover, vous en seriez vous-même étonnée. À force, j’ai appris à me gérer à contrôler tout cela. Seulement, il y a parfois quelques… incidents de la sorte. »

L’Auror regarda légèrement à sa droite pour voir l’horloge accrochée au mur. Par Merlin, il était l’heure et elle ne devait pas trop tarder pour aller au Bureau. De la paperasse l’attendait, hors de question que la sorcière ne s’accorde une minute de répit. Elle reporta son attention sur la jeune professeure. Raven semblait avoir… changé d’allure. Comme si on lui avait mis une nouvelle pile pour la rebooster en énergie. Elle se tenait un peu plus droite, comme à l’accoutumée, avait de nouveau cette allure fière qu’on lui connaissait si bien. C’était une manière à elle de se cacher. Une façade, en quelque sorte. La Raven démunie avait disparu de cette pièce et était retournée dans sa caverne.

« Je ne vais pas vous importuner plus longtemps, commença-t-elle, je pense avoir légèrement abusé de votre temps et de votre gentillesse. Vous avez sûrement besoin de vous reposer, vous en avez bien besoin. »

La sorcière rangea sa baguette dans sa manche droite et attendit patiemment la réponse de son hôte. Elle ne savait pas si la jeune rousse allait faire une remarque concernant son changement d’attitude, mais Fawkes n’était pas prête à se remontrer aussi faible qu’elle l’avait été juste avant. Elle se promit de ne plus se montrer ainsi de nouveau devant quelqu’un. Cela n’était pas bon pour personne, autant pour l’Auror que pour les gens autour d’elle…  

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Surveillance, réveillon et chocolat [Soyle]

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