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"Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil]

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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Mar 25 Avr - 23:51


Tout était détruit en moi. Brisé, comme un vase vacillant trop longtemps sur un rebord de table avant de finalement se laisser tomber sur le sol. Comme fatigué de tenir la tête hors de l’eau. Comme épuisé de lutter pour, au final, finir avec le résultat que l’on craignait au départ. Peut-être que… J’en avais marre de me battre, moi aussi. Pour une cause qui était déjà perdue. Pour la première fois de ma vie, j’avais envie de baisser les bras. Pour la première fois de ma vie, j’étais défaitiste et pessimiste. Mais après tout, la vie ne m’avait-elle pas fait comprendre que tout ce qui m’arrivait n’était pas un hasard ? Que peut-être je le méritais ? Que je ne faisais qu’endurer toute cette souffrance à la place de mes parents ? Cela devait être ça. Ou bien ma raison essayait juste de donner une excuse à tous ces événements. Parce qu’en vérité, il n’y avait aucun élément pour justifier ce qui s’abattait sur moi. C’était comme ça, voilà tout. Et je devais l’accepter. Même si je n’y arrivais pas.

Ma discussion avec Carrow avançait, et plus l’on parlait, plus nous en apprenions plus de l’autre. Comme si, après des années de côtoiement, on se décidait finalement à se parler en adultes. C’était vraiment incroyable. Je ne nous pensais pas capable d’un tel exploit. Aaron aurait été sur le cul de nous voir nous parler avec un calme olympien, comprenant même ce que l’autre avait vécu. Mais ce qui m’avait le plus étonné depuis le début avait été d’apprendre un petit bout de son histoire, de son passé. Jamais je n’aurais pensé une seule seconde que lui aussi, avait vécu une enfance horrible, humiliante, douloureuse. Oh, j’y avais bien songé quelques fois lorsque l’on connaissait la réputation qu’avaient les Carrow, mais imaginer un seul instant que Basil en avait payé les frais… Ça non. C’était bien la seule chose que je ne me doutais pas. Et pourtant, c’était le cas. Vraiment, nous aurions pu nous entendre, nous consoler l’un l’autre, nous épauler durant notre jeunesse. Mais… Je ne regrettais pas, l’air de rien, toutes ces joutes verbales que nous avions échangées. Cette haine réciproque était presque devenue un jeu. Nous chercher, nous lancer des perches, nous titiller sur des points inutiles, c’était bien nous. C’était quelque chose qui n’allait jamais changer, malgré toutes les tentatives amusantes de Bladr pour nous réconcilier. Oh allez, il fallait bien un ennemi pour nous prendre la tête, de temps en temps. Mon quotidien sans Basil pour m’exaspérer au plus haut point ? Il ne serait pas le même. Il faut dire que ce cercle vicieux dans lequel nous étions pris durait depuis tellement longtemps…

« En effet, je n’ai pas souvenir qu’un de mes ancêtres ait échappé à la lourde loi de finir à Serpentard. Et si c’est le cas, il a dû être radié de l’arbre. »

L’arbre généalogique des Carrow, certainement. Les Fawkes devaient bien en avoir un, eux aussi, mais dans ce cas, notre branche s’arrêtait à mes parents. J’avais entendu dire qu’une partie de ma famille avait également immigré aux États-Unis. Un certain Wyatt Allister, américain que j’avais rencontré il y avait quatre ans, m’en avait parlé. Apparemment, les Fawkes s’étaient alliés aux Allister. Une bien étrange nouvelle pour quelqu’un qui ne connaissait quasiment pas les membres de sa famille.

« Nos ancêtres ont sûrement dû se rencontrer, dans ce cas. »

En y pensant, peut-être même que les Carrow et les Fawkes avaient été ennemis, tout comme je l’étais avec lui. Peut-être que cette lutte ne datait pas que de notre époque mais d’une période bien plus lointaine et ancienne. Dans ce cas, c’était cette haine réciproque qui s’était transmise dans nos gênes et qui apparaissaient à présent, en souvenir du bon vieux temps.

« Oui, échapper aux punitions je présume. Les Doloris le soir, un regard de travers et on s’en prend un à tout bout de champ ? Les punitions physiques, avec baguette ou non, sans doute ? Les mots durs, l’impassibilité, et notre propre impuissance. C’est vrai que dans ces moment-là parfois, on préfèrerait ne pas exister. »

Je restai sans voix. Je ne savais pas quoi dire et les mots restaient bloqués au niveau de ma tête. Toutes ces questions rhétoriques, qui n’attendaient pas de réponses… Elles étaient toutes justes. Absolument toutes. Les gifles que je recevais, les Doloris à longueur de journée, la dureté de ses mots, l’incompréhension de tous ces actes… Il avait tout résumé. En de simples questions. J’étais comme… Paralysée. Tentant de bloquer mon esprit à tous les souvenirs qui affluaient et qui tentaient de reprendre possession de moi. Non, pas une crise maintenant. S’il vous plaît. Je fermai les yeux et expirai bruyamment. Il fallait que je me calme. Tout de suite. Ou les flashs allaient finir par prendre plus d’ampleur.

« Exactement… » soufflai-je.

Je n’avais trouvé que ça à répondre. Je ne me sentais pas la force d’en rajouter plus. En même temps, que dire d’autre ? Tout était clair. Il m’avait cerné, je l’avais cerné. Point. Nous nous étions découvert un passé commun. Et il semblait en souffrir tout autant que moi.

« Il semblerait que nous ayons tous les deux eut une enfance similaire, c’est surprenant. »

Je ne répondis rien. Peut-être parce que je prenais le temps de réfléchir, de repenser à tout ce qui venait d’être dit. Je l’entendis bouger, mais je ne tournai pas la tête. Il changeait de position, très certainement. J’aurais bien voulu faire de même, moi aussi. Mais mon dos en avait décidé autrement. Un seul geste et je le regrettais à chaque fois. Donc je ne voulais m’aventurer dans quelque chose de dangereux.

« Je suis née de l’union d’un sang-pur et d’une née-moldue. »

Je ne savais pas pourquoi je faisais ça. Pourquoi je commençais à tout lui raconter. Peut-être était-ce un besoin. Un besoin que quelqu’un comprenne ce pour quoi je m’étais battue. Même si ce quelqu’un se trouvait être Basil Carrow.

« Une véritable honte pour ma grand-mère qui ne l’a jamais accepté. Pour elle, ma sœur et moi étions un véritable pêché. Lorsque mes parents ont disparu, je n’avais que cinq ans. Nous n’avons jamais retrouvé leurs corps et avons été à la merci de cette… femme. »

Le dernier mot avait presque été prononcé avec haine, une haine évidente et un désir de vengeance.

« Et puis vous avez été réparti à Gryffondor. Moi à Poufsouffle. La poubelle de Poudlard. La Maison où l’on met les élèves restant. J’étais déjà une honte pour elle, alors me savoir dans la Maison d’Helga… C’était encore pire. Kathleen m’a traitée de faible durant toute mon enfance. De lâche, aussi, « comme tes parents », disait-elle. Voilà pourquoi je me suis battue pour devenir Auror. Pour lui prouver qu’elle avait peut-être tort sur mon compte. »

C’était étrange. J’avais l’impression de me trouver face à un psychomage qui me faisait parler malgré moi. Mais c’était quand-même Carrow qui se trouvait à côté de moi. Mon rival de toujours, le nuisible par excellence, la liste des adjectifs pour le décrire était longue, et pourtant je lui racontais ma vie comme deux vieux amis qui ne se seraient pas vu depuis longtemps.

« Parfois, j’envie ma sœur qui n’a pas reçu le même traitement que moi, murmurai-je. Sans être pourtant la favorite, elle n’a jamais connu, elle n’a jamais vécu les Doloris, ces douleurs qui vous transpercent même à l’intérieur de l’os. »

Oh que oui, parfois je lui en voulais. Mais malgré tout, elle restait ma sœur, non ? Et les liens du sang étaient plus précieux que tout. Si seulement Kathleen avait compris ça, elle aussi…

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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Mer 26 Avr - 17:22

ft. ... & ...
Votre résumé.

"Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?
Comme quoi, les gens qui se ressemblaient n’étaient pas ceux qui étaient les plus proches. L’expression « qui se ressemble s’assemble » semblait à des années lumières de leur relation actuelle. Oui, ils avaient eu une enfance dure, tous les deux. Oui, ils avaient été torturés. Mais oui, ils se détestaient quand même, et au plus haut point ! Éprouver un peu de compassion pour l’autre n’effaçait pas la marque rouge de la haine entre eux. Basil le comprenait très bien. Oui, cela relevait du miracle qu’ils se parlent correctement, qu’ils se livrent chacun à leur tour. Oui, mais aucune dispute, aucune relation n’était constante. Il y avait des hauts, des bas, des virages, des points d’arrêts. Là, leur animosité avait baissé d’un cran, assez pour se parler correctement sans se moquer, sans se jeter sans siffler d’insulte au moindre faux pas.
Basil avait parlé de l’arbre comme si lui-même en était radié alors que pas du tout. Son visage figurait toujours à côté de son nom, sans brûlure, sans aucune marque de magie. Ollender avait bien voulu s’en occuper le jour même de sa répartition désastreuse, mais sa femme, dans le seul sursaut de lucidité qu’elle avait eu, l’en avait empêché. C’était son père lui-même qui lui avait confié cela, aux vacances qui avaient suivi. Comme pour le mettre en garde, lui faire peur et comprendre qu’il n’appartiendra plus jamais à la famille au moindre pas de travers. Raven avait répondu plutôt simplement, évoquant la possibilité que leurs familles se soient rencontrés. « C’est possible » dit-il avant de réfléchir un instant, « qui sait, peut-être que nos aïeux se sont rencontrés et détestés. Cela expliquerait notre querelle, nous aurions ça dans le sang ». Il s’était permis une légère boutade, comme pour détendre une atmosphère trop lourde pour lui. Les Carrow, par leur fortune, leur influence, et leurs liens familiaux avaient une grande place dans la société. Ils étaient riches, attiraient donc les plus petits poissons, désireux de se faire une place parmi les grands. Ils étaient influents, au Magenmagot ou dans d’autres département, chez les Oubliators, notamment. Ils avaient fait en sorte de lier leurs familles à d’autres toutes aussi prestigieuses, Rosier, Flint, Fawley et d’autres… Tout le monde les connaissait, au même titre que les autres familles du registre des familles sacrées.

Raven semblait retournée comme une crêpe face aux interrogations rhétoriques de Basil. Il lui semblait qu’il avait vu juste et que tout ce qu’il disait, elle aussi l’avait vécu, comme lui. Il finissait par se faire à l’idée et des deux c’était sans doute lui qui l’acceptait le plus. Il savait que les Fawkes étaient une grande famille et même s’il pensait sincèrement qu’elle avait eu une enfance joyeuse, cela ne l’étonnait pas tant qu’elle ait été punit comme lui. Elle lui répondit par un mot simple, mais ça valait bien la plupart des discours. Il avait l’impression que l’Auror ne respirait même plus, prise entre la surprise et l’incompréhension. Il pouvait comprendre. Basillius ne laissait pas les gens voir ses faiblesses si facilement, il ne criait pas sur tous les toits qu’il avait été torturé au lieux d’être simplement corrigé, qu’il avait développé un élan claustrophobique à cause de son père, ce père qu’il haïssait tant, maintenant. Les gens qui ne le connaissaient pas, ne pouvaient pas s’en douter. Et c’était, semblerait-il pareil pour Raven. Il n’avait pas imaginé qu’elle puisse le comprendre.
Mais l’ancienne Poufsouffle avait décidé de se livrer un peu, elle aussi. Basil tendit l’oreille en apprenant que sa mère était une né-moldue. Effectivement, cela n’avait pas dû plaire. Il eut un rire nerveux et ne sut pas si elle l’avait entendu. Ce qui allait suivre pourrait sans doute être proche du futur du Carrow, si sa relation avec Soyle Hoover durait. C’était une étrange sensation et il n’était pas certain de vouloir connaître la suite. Ses parents étaient donc morts. Basil l’ignorait, comme il ignorait à peu près tout d’elle. Il ne lui coupa pas la parole, pas plus qu’il ne lui demanda comment étaient morts ses parents. Il ne servait à rien de remuer la baguette dans la plaie. Il n’était pas là pour la faire souffrir plus, il n’était pas psychologiquement prêt à faire une bataille de mots avec elle. Alors il ne dit rien, il l’écouta juste, changeant juste de position pour assourdir le bruit dans ses oreilles. Sa grand-mère, d’après ce qu’il entendait, avait l’air d’être quelqu’un de tout à fait charmant (oui, c’est ironique). Il comprenait que cela l’ait galvanisé. Les pires mots étaient ceux qui nous touchaient le plus et qui nous forçaient à nous révolter.

Mais là où Basil eut un moment d’arrêt fut quand elle lui dit que sa sœur n’avait pas reçu le même traitement qu’elle. La ressemblance entre eux allait-elle si loin ? Était-ce possible d’être si proches mais pourtant si éloignés ? Il l’a fixa un moment de ses yeux sombres. Elle n’éprouvait pas de rage pour sa sœur, c’était beau. Peut-être parce qu’elle n’avait pas été peste comme ses frères l’avaient été avec lui. « C’est bien de ne pas éprouver de rancune pour votre sœur » commença-t-il en respirant un bon coup, « mes frères s’arrangeaient toujours pour que ce soit moi qui prenne, même et surtout lorsque je ne faisais rien » finit-il par dire d’une voix pâteuse. Oh oui, il les détestait tant. « Ils étaient les préférés de mon père qui les touchait rarement, juste quand il les prenait la main dans le sac et qu’ils ne pouvaient pas m’accuser. À la fin, ils savaient quand faire des bêtises et c’était toujours moi qui étais punit. Ils étaient turbulents… Redoublaient d’ingéniosité s’il fallait mettre notre père en rage ». Il marqua une pause, pesant le pour et le contre de ce qu’il comptait dire après. « C’est pour ça que je suis claustrophobe ». C’était tellement dur de l’admettre à voix haute. « J’étais punis tous les jours à la cave quand il rentrait du travail » dit-il d’une voix blanche, ses propres hurlements d’enfants dans ses oreilles. Basil aurait pu en dire plus, tellement plus. « Les Doloris, c’était quand il était dans ses bons jours. Il a beau détester les moldus, il aime bien leurs… méthodes ». Et ce fut tout. Basil s’enferma dans un mutisme, ses yeux toujours posés sur sa camarade de chambre.  Ses simples mots expliquaient absolument toute la psychologie de Basilius, depuis son enfance. Son entrée à Gryffondor, ses amis sang-mêlés, sa volonté d’être commercial, de quitter le pays, de faire rager son père. Toutes ses décisions étaient prises par rapport à son passé. Si son père avait été aimant, doux, il aurait pu être envoyé à Serpentard, il n’aurait pas eu autant envie de se rebeller, il aurait été heureux, parmi les sang-pur. Son père avait conditionné lui-même ce qu’il détestait par-dessus tout : un traître. Et maintenant, il devait faire avec, assumer. Mais avec ses œillères, il n’était pas capable de voir le type de monstre qu’il avait créé. Ce n’était pas un hasard si Basil était si impulsif et colérique. Ce n’était pas un hasard s’il détestait les lieux clôt au points d’en faire des crises. Rien, absolument rien n’était un hasard chez lui.

Il revoyait ces scènes quand il revenait à Oxford. C’était pour ça qu’il n’y retournait que sur ordre de ses parents. À peine entrait-il dans le corridor en claquant la porte qu’il se rappelait lui-même qu’elle faisait le même bruit lorsque son père entrait le soir, fatigué de sa journée, sachant éperdument qu’il allait découvrir une autre bêtise de ses fils. A peine s’allongeait-il dans son lit qu’il se rappelait dans quel état il finissait le soir, tous les soirs de sa putain de vie d’enfant. A peine s’asseyait-il sur une chaise de la cuisine qu’il revoyait les yeux sombres de son père, posés sur lui, attendant de voir s’il allait faire un faux pas.
Ollender n’avait jamais aimé son fils et il ne comprenait pas pourquoi. Il ne comprenait pas ce qu’il lui avait fait. Il était celui en lequel il avait le moins confiance. Ses fiançailles avec une fille de haute famille en étaient la preuve la plus humiliante. Fiancé à une enfant, pour qui passait-il ? Il avait eut l’impression de gâcher une enfance, de gâcher sa propre jeunesse, à lui. Non, Ollender n’avait jamais eu confiance en lui. Il n’avait jamais eut confiance, puisqu’il voulait lui-même choisir son métier, son futur. Peut-être ne désirait-il pas admettre sa propre erreur, sa propre création. Le bureaucrate ne savait même pas si ses parents avaient vraiment voulu de lui, à la base. Voulaient-ils seulement que quelque chose de bien leur arrive ? Leur notion du bien et du bonheur était à mille lieux de celle qu’imaginait Basil. C’était peut-être aussi ce qui le rendait humain. Cette idée qu’un jour la roue allait tourner, qu’un jour il allait être heureux. L’espoir. L’espoir le rendait homme.


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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Mer 26 Avr - 23:57


Quand j’y pense, mes années à Poudlard avaient été synonyme de liberté. Il n’y avait que cet endroit où j’arrivais à souffler. Alors que tous les autres élèves râlaient de la charge de travail, de la pression des examens, j’allais aux cours avec joie. Parce que les professeurs savaient de quoi j’étais capable, comparé à Kathleen. J’avais bien essayé de me mesurer à elle, de me relever, de crier par pur instinct de révolte. Cela n’avait jamais marché. Alors je m’étais contentée de subir en tentant vainement de comprendre tout ce qu’il m’arrivait. Les larmes avaient fini par couler en silence sur le sol dur et froid du salon. Sans cri, sans protestation. Je m’étais sentie tellement impuissante face à tant d’actes de violence. Face à tant d’attitudes de haine et de répugnance. Comme si je n’avais été qu’un fruit pourri juste bon à jeter. Mais… J’étais une sorcière comme les autres, non ? Je n’imaginais même pas si j’étais née Cracmol. J’aurais probablement été morte à l’heure qu’il est. J’aurais été enfermé dans la cave pour y vivre jusqu’à la fin de mes jours. Car je savais qu’elle en aurait été capable.
Alors pour tous ceux qui m’avaient dit comme quoi j’étais folle de travailler autant, lorsque j’étais à Poudlard. Ils n’imaginaient même pas tout ce que je vivais dès lors que je franchissais le seuil de la porte d’entrée du Manoir des Fawkes. Tout ce que j’endurais. Dès que j’entrais dans le hall d’entrée, mes épaules s’affaissaient, mes yeux devenaient inquiets, guettant le moindre mouvement, le moindre son indiquant qu’elle arrivait. Cette femme était devenue une réelle phobie. Mon Épouvantard, mon cauchemar à moi. Était-il possible de craindre une personne à ce point ? La réponse devait être oui, dans ce cas. Même lorsque je ne faisais rien, que mon attitude était irréprochable, elle avait toujours trouvé quelque chose à redire. Et dès lors qu’elle sortait sa baguette, c’était fini. J’avais juste à fermer les yeux, le corps tendu, prêt à encaisser une nouvelle fois la douleur. Je n’écoutais même plus lorsqu’elle prononçait le sort. Il n’y avait que le résultat que je ressentais. C’était horrible ce qu’une enfant pouvait vivre, hein ? Et bien oui. Les personnes que je côtoyais étaient loin de se douter de tout ce que j’avais vécu. Normal. Je n’exposais pas ma vie à n’importe qui. Et même, je n’exposais pas ma vie tout court.

« C’est possible. Qui sait, peut-être que nos aïeux se sont rencontrés et détestés. Cela expliquerait notre querelle, nous aurions ça dans le sang. »

Cela eut le mérite de me faire sourire, mais je ne répondis rien. En effet. C’était peut-être la source de notre mépris réciproque. Ma grand-mère ne m’en avait jamais parlé, probablement par orgueil. De toute manière, elle ne m’avait parlé de rien concernant ma famille. Dire que j’en avais aux États-Unis, cela ne lui était jamais passé par la tête. Mais peu importait au final, puisque cette branche inconnue des Fawkes semblait être d’accord avec les idéologies du Seigneur des Ténèbres. Et cela me suffisait pour que je les renie.
Je commençai alors à déballer une infime partie de mon passé. Je ne savais pas ce qu’il m’avait pris, mais cela m’avait fait du bien. Je pensais que Carrow allait s’en foutre comme d’habitude, mais pas du tout. Il ne me coupa même pas la parole, c’est pour dire. Il me laissa parler, me laissant exposer la source de tout mon mal être. Peut-être comprenait-il pourquoi j’étais devenue comme ça. Pourquoi j’étais devenue aussi autoritaire avec les autres mais aussi avec moi-même. La personne que l’on était devenu n’était que pur produit de notre passé. Sans doute pour ça que je m’étais protégée depuis toutes ces années. Que j’avais formé cette carapace autour de moi. Pour ne pas que l’on voit que j’étais faible. NON. Je ne l’étais pas. Je n’étais PAS faible. Sors de ma tête, Kathleen, pensai-je en fermant les yeux. Ce n’était pas le moment de rajouter son grain de sel.

« C’est bien de ne pas éprouver de rancune pour votre sœur. Mes frères s’arrangeaient toujours pour que ce soit moi qui prenne, même et surtout lorsque je ne faisais rien. »

Je sentais de la colère dans sa voix. Plus que du mépris, de la haine. Silencieuse, je le laissai continuer. Après tout, j’avais eu mon tour.

« Ils étaient les préférés de mon père qui les touchait rarement, juste quand il les prenait la main dans le sac et qu’ils ne pouvaient pas m’accuser. À la fin, ils savaient quand faire des bêtises et c’était toujours moi qui étais punit. Ils étaient turbulents… Redoublaient d’ingéniosité s’il fallait mettre notre père en rage. »

Ses frères étaient de véritables sadiques. Et je n’avais pas peur d’employer ce mot. Je l’avais su dès l’instant où l’un d’entre eux, Merrick, m’avait abordée à Poudlard pour me féliciter de mon affront avec Basil. Mais quel abruti… Un idiot de première. Je n’avais pas fait attention à lui et avais passé mon chemin.

« C’est pour ça que je suis claustrophobe. »

Oh. Là, je ne savais plus quoi dire et repensai à notre épisode dans l’ascenseur. Et dire que je m’étais moquée de lui, que je l’avais abandonnée sans même savoir ce qu’il avait traversé. J’étais pris d’un certain remords qui passa bien vite. Il s’agissait de Carrow, tout de même. De mon rival de toujours. Rien d’autre. Mais mon regard se fit un peu plus sombre lorsqu’il me dit que la cave de son manoir familial était la cause de cette phobie. Je n’étais pas une sans cœur non plus. J’arrivais à éprouver de la compassion envers lui simplement parce que je savais ce qu’il avait vécu.

« Les Doloris, c’était quand il était dans ses bons jours. Il a beau détester les moldus, il aime bien leurs… méthodes. »

Je comprenais ce qu’il voulait dire. La violence physique. Kathleen en avait utilisé, elle aussi. Mais pas aussi souvent que lui, je pense. En tant que femme, elle ne s’était jamais vraiment abaissée à ce genre de comportement.  Néanmoins, ses actes restaient impardonnables. Je fermai les yeux un instant. Nous baignions tous dans une souffrance qui n’était pas anodine. Plongés dans les souvenirs d’une enfance injuste. Je sentis alors son regard sur moi et je tournai la tête sans piper mot. Ses yeux étaient sombres mais pleins de sens. Je fus frappée par la gravité de son visage. Mais ô combien je le comprenais… Toute cette incompréhension, même à notre âge… Cela jouait sur notre personnalité actuelle.

« Vos frères étaient des idiots et des lâches. Vous avez raison de les haïr. Je fis une légère pause avant de reprendre. Si je ne haïs pas ma sœur, c’est simplement parce que je sais que mes parents ne l’auraient pas voulu. Mon père aurait voulu que nous restions soudées face à sa mère, à notre grand-mère. »

Mon regard bleu métal était plongé dans le sien, plus sombre. D’habitude, c’était avec mépris que je le regardais. Avec une détestation telle que j’évitais même de le regarder. Mais en ce moment, mes yeux exprimaient la compassion pure. C’était étrange.

« Lorsque j’ai rencontré Elliot, j’avais l’impression que la vie me souriait enfin. Que je n’avais pas enduré tout ça pour rien. Que j’allais pouvoir vivre une vie... normale. »

Je fermai alors vivement les yeux, prise d’un sanglot. Tout me revenait. Je tournai alors de nouveau la tête, mon visage faisant face au plafond.

« Et même ça, le destin me l’a pris… » murmurai-je, la voix brisée.

Je mis quelques instants avant de reprendre la parole, de rouvrir les yeux. Peut-être parce que quelque chose en moi venait de s’écrouler à nouveau. Peut-être parce que la carapace que j’avais construit venait de montrer ses faiblesses. Peut-être que mon coffre-fort n’était pas si solide que ça. Mes bras, hors de la couverture et le long de mon corps étaient crispés à m’en faire mal. Je sentais mes points se serrer avec une telle force… Je ne les contrôlais plus moi-même. Je sentais quelque chose s’enfoncer dans la paume de ma main, dure et coupante. La douleur était à présent réelle et physique. Un liquide glissait à présent le long de ma peau pour aller se figer dans le drap. Je rouvris brutalement les yeux et levai ma main au-dessus de moi afin de voir son état.

« Je suppose que notre passé fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui, » murmurai-je, la gorge nouée.

Sur le milieu de ma paume s’étaient enfoncés mes ongles qui avaient laissés quatre petites plaies sanguinolentes. Je fixais ces marques avec tristesse. Peut-être parce qu’elles étaient significatives. Une pour la perte de mes parents. Une pour les tortures de ma grand-mère. Une pour la perte d’Elliot. Une pour la déclaration de ce Mangemort. Ma vie n’était que synonyme d’échecs dans lequel la mort était roi. Rien de plus.

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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Jeu 27 Avr - 17:36

ft. ... & ...
Votre résumé.

"Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?
Basil n’avait pas l’esprit assez clair pour savoir comment manœuvrer Raven Fawkes, étendue ainsi dans son lit comme une victime fragile. Il ne savait pas du tout, et il ne savait même pas s’il arriverait à se gérer lui-même. Elle écouta attentivement son discours et le commercial se livrait presque sans retenue. Non, il ne comptait pas peindre en particulier ce qu’il subissait tous les jours quand il était gosse. Il ne voulait pas qu’elle ait de pitié pour lui, parce qu’après tout lui-même n’en avait pas pour elle. De la peine, pas de pitié, jamais. Lui avouer que son père lui-même l’avait rendu claustrophobe était dur pour Basil, qui peinait déjà à se l’admettre tout seul. Il y pensait souvent et même s’il savait que c’était à cause d’Ollender il n’arrivait pas à réaliser. C’était comme s’il y avait une barrière ou une entité supérieure dans sa tête qui lui disait que non, sa phobie était apparue toute seule et qu’elle serait apparue quoi qu’il arrive, peut-importe la famille dans laquelle il aurait grandi. Dans les yeux du bureaucrate, on pouvait y voir une tempête de sentiments : de la haine, des remords, de la souffrance, aussi. Il ouvrait cette brèche à l’Auror sans avoir peur de ce qu’elle pouvait y trouver derrière. Ce qu’il lui disait là, il ne l’avait même pas encore dit à Soyle qui ignorait tout de ses problèmes dans les endroits clos. Elle ne l’avait pas vu en pleine crise, Raven si. Mais l’ancienne Poufsouffle ignorait par contre ce qui se passait dans sa tête pendant ses crises, ces absences où il revivait un souvenir au hasard. Un souvenir de cette cave, d’une punition. Être ainsi condamné à revivre ces actes n’aidait certainement pas à rendre Basil plus net dans sa tête. Cela contribuait au contraire à son instabilité, cela nourrissait violemment ses envies suicidaires. Parce qu’il avait l’impression que son passé ne le quittera jamais, et qu’outre les marques sur sa peau, il avait aussi des marques dans la tête, tout aussi présentes que ces cicatrices blanches qui reposaient sur son corps.

Mais quoi qu’on dise, un psychologue ne pouvait rien pour lui. Sa méfiance naturelle, nourrit par l’éducation qu’il avait eue, l’empêcherait de dévoiler quoi que ce soit. Il pourrait parier tout son coffre de Gringotts que s’il disait tout cela à cette femme, c’était justement parce qu’elle savait ce qu’il avait vécu, et parce que tous les deux étaient abrutis de potions. Les paroles de Raven remontèrent un peu le moral de Basil, qui se sentait dépassé par sa propre existence. Ses frères étaient des salauds, il le savait, pourquoi donc cela lui faisait-il aussi plaisir de l’entendre de la propre bouche de Raven Fawkes ? Il l’envia, sur le coup. D’avoir été soudée avec sa sœur. Mais sans doute n’étaient-elles pas atteintes par la tare des Carrow. Parce que la consanguinité laissait ses propres marques. « Êtes-vous toujours aussi soudées, aujourd’hui, maintenant que le temps a passé ? ». Il n’avait pas pu s’en empêché, curieux à l’idée d’une véritable relation entre sœurs. Relation qu’il ne vivait pas, mit à l’écart par la proximité des faux-jumeaux. Le regard que la femme lui accorda ne mettait pas Basilius particulièrement mal-à-l’aise. En fait, c’était comme s’ils se comprenaient ensemble et partageaient leurs peurs et souffrances tous les deux. Il ne s’était pas rendu compte qu’il avait un tel besoin de parler de cela. Il l’avait déjà évoqué avec Aaron, avec Carolyn. Il leur avait dit. Mais pouvaient-ils réellement le comprendre ?
Lorsqu’il entendit le prénom de son défunt mari, Basil laissa tomber un bras du lit. Il le laissait pendre dans le vide, cherchant une position qui ne fera pas souffrir ses côtes mais qui fera taire le bruit de ses oreilles. Il continua de la regarder lorsqu’il la vit prise d’un sanglot. En d’autres circonstances, peut-être que le bureaucrate aurait pris un avantage de cette impuissance et de cette peine. Mais il ne pouvait pas. Cette fois-ci, il ne parvenait pas à la comprendre par du vécut, il devait imaginer les sentiments de la pauvre femme. Il ne savait pas si son imagination était assez fertile pour comprendre, lui que ne se sentait pour l’instant pas complètement lié à quelqu’un. Sa relation avec Soyle était encore fraîche et il s’agissait pour l’instant plus d’un tendre attachement qu’un amour fort tel que devait l’être celui de Raven et Elliot. « Vos malheurs ne conditionneront pas votre vie. Vous trouverez sans doute quelqu’un à qui vous attacher et vous trouverez le bonheur que vous recherchez depuis sa mort. Vous n’êtes pas condamné à vivre une vie dans l’ombre et il ne l’aurait pas voulu. Il faut savoir aller de l’avant, même si c’est dur » répliqua-t-il en pensant chacun de ses mots. Elliot n’aurait pas voulu qu’elle le pleure encore plusieurs années après. Et même s’il ne l’aimait pas, elle ne méritait pas de finir seule. Lui avait attendu combien d’années avant de trouver quelqu’un ? Avant de trouver une aide ? Il avait attendu ses onze premières années avant de rencontrer Aaron. Et partant de sa sortie de Poudlard, il avait attendu près de vingt ans avant de trouver une femme pour qui il éprouvait plus qu’une simple attirance. Des attirances, Basil en avait eu beaucoup, et pas mal d’entre-elles s’étaient concrétisées. Son caractère de coureur y faisait pour beaucoup, et il connaissait bien mal l’attachement sincère. Pour preuve il ne ressentait cela que pour trois personnes jusqu’à Soyle : Aaron, Carolyn et son neveu Evan Rosier. Les autres, n’étaient que des amis, des gens qu’il appréciait sans pourtant leur accorder une totale confiance. Maintenant il fallait rajouter une quatrième personne, la jolie rousse, professeure d’études des moldus à Poudlard et pour qui il avait renoncé à sa vie de débauche dans les jupons des femmes.

Elle continua en lui disant d’une voix nouée que sans doute cela faisait d’eux les personnes qu’ils étaient désormais. Mais était-ce une bonne chose ? Cela avait semblé rendre Raven forte, la transformer en une femme au tempérament impétueux qui aurait plût à Basil s’il n’y avait pas eu cette rivalité entre eux. Mais lui ? En quoi cela l’avait-il transformé ? En quelqu’un de bien ? « Peut-être… Peut-être que sans cette enfance je serais dans les rangs du Seigneur des Ténèbres » commenta-t-il sans grande volonté. Une telle déclaration devait hérisser les cheveux de Fawkes, mais il pensait ses paroles. « J’aurais peut-être été réparti à Serpentard, j’aurais pu participer avec mes frères au harcèlement de gamins plus jeunes que nous. J’aurais pu devenir Langue-De-Plomb et je vous aurais cloué le bec dans l’ascenseur en Novembre au lieux de m’effondrer par terre comme si je n’étais capable de rien » lança-t-il ne sachant pas lui-même si sa dernière phrase était une plaisanterie ou non. Il remarqua le regard qu’elle jeta à ses mains et devina qu’elle devait avoir les ongles particulièrement coupant. Il ajouta donc simplement : « Ne vous faîtes pas de mal pour ces sombres pensées. Je crois avoir compris que vous avez déjà assez subit ».




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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Sam 29 Avr - 17:48


Je me souvenais encore des moments que j’avais partagés avec Melody. Même si elle n’avait jamais reçu le même traitement que moi, elle restait ma sœur. Et puis, contrairement aux frères de Basil, elle n’avait jamais été sadique envers moi, au contraire. Dès qu’elle le pouvait et surtout que Kathleen n’était pas présente, elle m’aidait. Nous avions beaucoup parlé, et même si je ne m’étais pas énormément confiée à elle, Melody avait été l’une des premières à comprendre pourquoi j’étais devenue aussi autoritaire. Et un jour, je m’étais rendue compte d’une chose. Dans ma façon de me tenir, mon port de tête, mon dos droit, ma façon de regarder les gens… Je lui ressemblais de plus en plus. Et cette attitude devenait de plus en plus accentuée d’années en années. J’étais en train de devenir la personne que j’avais le plus haï dans ma vie, quelque chose que je ne voulais pas. Comme quoi, on finissait toujours par devenir comme la personne qui nous avait éduqué… Pourtant, Melody n’était pas comme ça. Je ne comprenais pas. Elle avait été aux premières loges, pourtant. Elle avait assisté à tout. Je m’étais longtemps interrogée sur ça, mais au final, j’avais compris. Melo était l’exact opposé de moi. Souriante, une petite boule d’énergie presqu’enfantine, avec de l’humour… C’était sa manière à elle de se protéger. De ne pas penser à toutes ces années sombres de sa jeunesse. Elle avait connu nos parents moins que moi, mais des photos avaient suffi pour qu’elle imagine leur présence à nos côtés.

« Êtes-vous toujours aussi soudées, aujourd’hui, maintenant que le temps a passé ? »

Je souris tristement. Oh que non. Cela devait faire bien cinq mois que je ne l’avais pas vue. Mais nos relations restaient très cordiales, et nous étions contentes de se voir à chaque fois. Elle me reprochait alors, en rigolant, ce manque de sentimentalisme en moi lors de nos retrouvailles, et je ne pouvais m’empêcher de sourire à ses paroles. Il est vrai que, de nous, j’étais la moins expressive. Sans doute parce que m’exprimer lorsque j’étais plus jeune était sévèrement puni et que j’en avais gardé des séquelles sur mon caractère actuel… Cela devait justifier bien des choses, chez moi.

« Oh, non. Nous ne sommes plus du tout proches, mais cela ne nous empêche pas de rester cordiales l’une avec l’autre lorsque nous nous croisons. Votre frère doit la connaître, je pense, étant donné qu’elle travaille au Magenmagot. »

Néanmoins, j’étais quand-même fière d’elle. Dans son milieu, Melody était un peu comme moi au Bureau. Vive. Perspicace. Un élément important pour son secteur. En ça, nous n’étions pas vraiment différentes. Il n’y avait que dans le caractère et dans l’attitude. Mais nous avions principalement les mêmes valeurs et les mêmes façons d’agir.
En parlant avec Basil, j’avais été comme dans une petite bulle, oubliant un peu toute ma souffrance. Mais reprononcer le nom d’Elliot… Cela m’avait comme un coup dans la poitrine. Je regardais à présent ma main marqué de ces quatre marques d’un air profondément triste et impuissant. Je ne pouvais rien faire contre tous ces sentiments qui déferlaient en moi. En fait… Je n’avais plus envie de lutter contre quoi que ce soit. Je voulais en finir avec cette misérable existence qui m’avait apportée que souffrance et solitude. Qui pouvait bien mériter ça ? Même la pire des personnes ne pouvait gagner une telle vie. Une vie maudite par le destin.

« Vos malheurs ne conditionneront pas votre vie. Vous trouverez sans doute quelqu’un à qui vous attacher et vous trouverez le bonheur que vous recherchez depuis sa mort. Vous n’êtes pas condamné à vivre une vie dans l’ombre et il ne l’aurait pas voulu. Il faut savoir aller de l’avant, même si c’est dur. »

Je ne répondis rien. À quoi bon ? Il avait raison. Pendant des années, j’avais essayé de passer à autre-chose, et pendant des années ça n’avait pas fonctionné. Peut-être que, comme il disait, je n’avais pas encore rencontré la bonne personne ? Qu’il fallait que j’attende, mais que j’allais forcément tomber sur la bonne personne ? Honnêtement, je ne savais pas. Ça faisait bien longtemps que j’avais cessé de croire au destin, pas après tout ce qu’il m’avait enlevé. Ce n’était pas possible. Alors je me contentais de vivre un peu au jour le jour sans vraiment attendre quelque chose de spécial. Les choses allaient sûrement bouger, à mon âge.

« Peut-être… Peut-être que sans cette enfance je serais dans les rangs du Seigneur des Ténèbres. J’aurais peut-être été réparti à Serpentard, j’aurais pu participer avec mes frères au harcèlement de gamins plus jeunes que nous. J’aurais pu devenir Langue-De-Plomb et je vous aurais cloué le bec dans l’ascenseur en Novembre au lieux de m’effondrer par terre comme si je n’étais capable de rien. »

À cette dernière phrase, je me tendis légèrement. Je ne savais pas s’il plaisantait ou s’il était sérieux, mais je m’en voulais un peu. Juste un petit peu, en sachant l’origine de sa crise. En même temps, je n’aurais pas pris la peine de me renseigner. Je me serais bien fiché de ce qu’il avait vécu. Mais aujourd’hui était différent, comme ça l’était depuis le début de notre conversation. J’avais relevé sa remarque quant au Seigneur des Ténèbres, mais sans savoir pourquoi, je n’en tins pas compte. L’effet des potions, certainement.

« Avec des si, on pourrait refaire le monde, » murmurai-je.

Cette phrase était tellement vraie. Avec des si, j’aurais pu grandir avec mes parents, être aimée, être proche de ma sœur. Avec des si, Elliot ne serait mort et nous aurions aujourd’hui parents avec des enfants. Avec des si, il se serait tenu à cet instant à mes côtés afin de me soutenir et me réconforter. Tout aurait été tellement différent et… Mieux. Mais serais-je devenu la personne que j’étais maintenant ? Je ne pense pas.

« Ne vous faîtes pas de mal pour ces sombres pensées. Je crois avoir compris que vous avez déjà assez subit. »

Il ne se trompait. J’avais vécu trop de malheurs dans ma vie pour que je plonge à nouveau dans ce néant sans fin. Et dire que c’était Carrow qui me donnait des conseils… C’était tout bonnement impensable. Jamais une fois dans ma vie j’aurais pensé qu’une telle situation pouvait se produire. Bladr serait tellement fier de nous, en ce moment… Je tournai la tête, mais mon vieux rival avait fermé les yeux. L’effet des potions, encore une fois. J’émis alors un murmure qu’il ne pouvait entendre.

« Merci… »

Fiche de RP (c) Miss Yellow


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MessageSujet: Re: "Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil] Lun 1 Mai - 16:09

ft. ... & ...
Votre résumé.

"Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?
Basil sentait petit à petit ses forces le quitter. Il devait lutter pour garder les yeux ouverts sur sa voisine de chambre. Non pas qu’elle l’ennuyait parce que pour la première fois dans sa vie, il lui trouvait quelque chose d’intéressant… Mais il fatiguait. Son mal de crâne revenait au galop, mais ses paupières se faisaient quand même plus lourdes. Basilius n’était pourtant pas le type d’homme à avoir besoin de beaucoup de sommeil. Pas du tout, même, dormir cinq heures par nuit lui suffisait. Mais là, il ne savait pas. Une suite de l’accident ? Ou alors la potion que l’interne lui avait fourré dans la bouche sans ménagement ? Oui, ce devait être cela Pourtant, le commercial avait posé une question à Raven et il entendait bien avoir sa fameuse réponse.
Il ne faisait même plus attention aux réaction de l’Auror, il attendait juste que sa voix lui donne sa réponse. Ses sourires, ses mimiques, ses réactions, Basil ne les voyait plus vraiment. Sa vue se faisait trouble mais elle le sorti de son presque sommeil en lui disant que non, elles n’étaient pas proches. Il n’était pas désolé pour elle. Qu’elle n’ait pas de pulsions meurtrières à l’encontre de sa frangine était déjà un cadeau. « Probablement » répondit-il sans vraiment savoir si elle attendait une réponse. Merrick connaissait tout le monde, de toute manière. Merci papa.

Ensuite, dans un sursaut de lucidité il lui avait dit qu’il aurait eu un destin bien différent avec un père aimant. Elle lui avait répondu quelque chose qu’il avait à peine entendu.  Il était épuisé. Et pour cause, son bras pendait dans le vide et il n’avait ni la force ni le courage de le mettre sur le lit. Il l’avait vu s’enfoncer les ongles dans les mains et lui avait conseillé de ne pas trop s’en faire. Avancer. Lui-même n’y arrivait pas. Les meilleurs conseils n’étaient-ils pas ceux que l’on ne suivait pas nous même ? Basil n’était vraiment heureux qu’ailleurs. Oui, il avait ses amis au Royaume-Unis… Mais il en était arrivé à presque détester son pays à cause de son père. Trop de mauvais souvenirs. Trop de trop. Il aimait bien l’Allamagne, mais définitivement, il ne s’y verrait pas y vivre. Trop différent. Pareil pour l’Espagne. Un jour peut-être qu’il ira ailleurs, aux Etats-Unis, proposer ses services là-bas ? Un jour, il comptait bien claquer la porte de son Angleterre natale et partir pour ne plus revenir. Faire un pied de nez à son père. Solitaire. Mais des choses le retenaient, Aaron et Carolyn le retenaient, Soyle le retenait. Aura-t-il le courage de partir sans elle si elle relation durait ? Ne s’enchaînait-il pas plus avec des relations qui ne pourraient pas être fertiles ? Avec l’esprit lucide, il s’en serait voulu de penser cela. Parce que voilà, il aimait ses amis, il aimait bien Soyle. Basil quoi qu’il puisse dire, avait toujours aimé sa vie solitaire. C’était comme ça, il était comme ça. Un jour, il partira. Sur ces lointaines pensées, il ferma les yeux sans même écouter la réponse de Raven. Un jour, il partira.




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"Qui donc de nous deux a la situation la plus enviable ?" [Raven & Basil]

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