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Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS

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SERPENTARD
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MessageSujet: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Ven 21 Avr - 18:15

Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie. Ce n’était pas exactement les termes qu’employait son sbire qui revenait une fois de plus bredouille de la volière mais c’était bien tout ce que l’héritier Rosier y entendait. Son grand-père Thanatos lui avait promis qu’il arrangerait son union avec Cassiopeia Yaxley mais il était pourtant sans aucune nouvelle de sa part depuis la rentrée de janvier. Lors du dîner qui agitait la grande salle ce soir-là, Evan ne participa à aucune conversation et ne toucha aucun couvert. Il fixa la jeune femme de son œil de rapace sans ciller et comprit tandis qu’il l’observait véritablement pour la première fois. C’était elle qui le faisait patienter.

S’il aurait sans doute été plus juste de dire que la famille Yaxley faisait patienter la famille Rosier, la prétention d’Evan occultait la majeure partie de ces enjeux car il avait fait de la délicate jeune fille l’objet de son caprice. La séduire blesserait autant Tsadkiel que Azelma, et cela lui plaisait à lui. Son père et son grand-père qui avaient été héritiers de son nom avant lui s’étaient pourtant réjouis de le mettre en garde. Ils le traitaient sans cesse comme s’il avait été le chien fou de la famille et non le porteur de leur illustre blason ce qu’il était pourtant par les droits du sang. Il ne supportait pas qu’on le traite comme s’il n’était que la moitié d’un grand nom. Aussi cette attente ne brûlait pas que sa patience mais bien son orgueil car elle donnait raison à ses fiers ascendants. Il avait brisé l’union ancestrale avec les Travers et n’offrait pas qu’aux Yaxley de prendre la main de leur fille, il leur offrait l’impétuosité et l’instabilité que redoutaient également toutes les grandes familles de leur monde. Qu’à cela ne tienne, il les tromperait tous autant qu’ils étaient ! Cassiopeia n’épousera pas le nom de son grand-père ni la fortune de son père, Cassiopeia l’épousera lui et Cassiopeia, cette bête Cassiopeia, n’aura que ses yeux pour pleurer !

Evan avait méthodiquement étudié la jeune fille les jours suivants et s’était tout naturellement mis à la sous-estimer. Il ne la jugeait ni plus ni moins que comme toutes les autres jeunes femmes qu’il avait déjà séduit par le passé. Elle était suffisamment faible pour se penser forte et ça lui convenait tout à fait à lui. Leurs yeux ne s’étaient jamais plus croisés depuis ce dîner où il avait pris l’irrémédiable décision de la faire sienne mais il avait en revanche pris l’inquiétante habitude de s’asseoir juste derrière elle en classe pour observer sa blanche nuque. Les élèves de première année qu’il ne jugeait pas dignes de leur clan étaient rabaissés à une condition d’elfe de maison et lui avaient tôt rapportés des informations sur la jeune femme. Elle aimait l’étude des runes - il avait souri impressionné - et jouerait une moldue dans une pièce - il avait tressailli de dégoût. Il avait attendu un cours de métamorphose - matière dans laquelle il excellait autant qu’elle s’empêtrait - pour transformer l’un de ses parchemins en pièce d’origami. Il l’avait ensorcelé pour que le cygne s’envole jusqu’à son pupitre. Il contenait une invitation tirée de l’idiote pièce à laquelle elle semblait vouloir s’associer. « A rose by any other name would smell as sweet. Rendez-vous dans la serre numéro 3 à 17h ».


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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Ven 21 Avr - 21:13

Dans l'ombre de la pièce, un rayon de soleil frappait le sol de bois brut. Sa lumière éclairait chaque rainures du sol, insistant par un jeu d'ombre et de clair, sur les reliefs boisés de la salle. Dans cet halo, une danse de particules fines, d'une poussière invisible sans l'action du soleil, se livrait un combat éternel. Mais lentement, toutes elles retombaient. La fenêtre était entrouverte, et un air frais frappa les sens de la jeune fille aux cheveux sombres et à la peau pâle, sa peau en fut parcouru, et elle frissonna. Son frisson lui fit reprendre conscience du cours auquel elle assistait alors. La métamorphose n'avait jamais été une matière où elle avait excellé. A dire vrai, elle s'était acharnée toute sa scolarité à apprendre par cœur tout ce qu'il aurait fallu pour qu'elle réussisse, mais indubitablement, il lui manquait le talent. Elle n'avait jamais eu la concentration d'esprit suffisante pour bien réussir ce genre de sort. Était ce parce que son père avait toujours pratiqué l'occlumancie sur ses filles pour les surveiller, et qu'à force elle avait si hermétiquement fermé son esprit, qu'elle était incapable de l'ouvrir suffisamment lorsqu'il l'aurait fallu ? Seul Merlin le savait, les choses étaient ce qu'elles étaient, elle n'était pas douée en Métamorphose, et ces cours étaient toujours d'une effroyable longueur.
A cela, aujourd'hui s'ajoutait le souvenir de la lettre qu'elle avait reçu en début de semaine, de son père. Il considérait les partis qui s'était proposé pour les fiançailles. Grand bien lui en fasse, pensa t'elle, il n'avait même pas fait semblant de lui demander son avis. Pour l'instant, il regardait plus au prestige, qu'à la psychologie. Elle savait qu'on lui demanderait un compte rendu de ces prétendants, leurs amis, leur comportement, ce genre de chose. C'était le seul moment où elle aurait une incidence minime sur son destin, alors il n'était pas utile de préciser, qu'elle s'en servirait bien.
Elle baissa ses yeux sur son livre de cours à la couverture d'un cuir sombre, qui était ouvert sur la page où elle écrivait les paroles hermétiques de l'enseignant, son écriture s'était arrêtée au milieu d'un mot, et l'encre sur sa plume avait séché. Elle poussa un léger soupire, et entreprit d'en nettoyer la pointe, et de reprendre l'écriture du cours. Alors qu'elle allait revenir sur sa feuille pour enfin prendre en note les informations pratiques qui étaient alors expliquées, elle constata la présence de quelque chose qui n'était pas là avant. C'était une figure faite en papier, représentant un animal, elle le prit dans ses mains pour l'observer et déterminer son espèce. Un cygne, dont le cou gracile était parfaitement réalisé. Elle resta interdite, qui avait pu lui envoyer un pareil objet, était ce pour la narguer ? Elle qui peinait tant à modifier l'apparence des choses en métamorphose ?
Alors qu'elle réfléchissait les sourcils froncés, le cygne ouvrit ses ailes, et dévoila son message :

« A rose by any other name would smell as sweet. Rendez-vous dans la serre numéro 3 à 17h ».

C'était une citation de la pièce où elle avait eu l'erreur de s'inscrire, et répartie dans un rôle humiliant. Mais, cela voulait dire que cette personne avait constaté sa présence dans cet événement. Un rendez-vous ? Elle n'avait à vrai dire pas l'habitude qu'on l'invite sans qu'elle sache qui l'invitait. Elle avait reçu beaucoup d'invitation, mais elle avait toujours accordé une importance capitale à toujours donner l'impression qu'elle faisait une faveur immense en s'y rendant. Celui là serait logé à la même enseigne que les autres. Elle se demandait si ce n'était pas un de ceux derrière elle, pas le Rosier, qu'à vrai dire elle n'avait jamais vraiment observé, mais le voisin de celui ci, un garçon au visage sec et au regard stupide. Ce serait amusant de voir ce qu'il pourrait dire, ce devait sans doute être un sang impur, mais cela ne serait que plus facile pour elle de l'éconduire, elle aurait un bon argument.
Avec un geste calculé, faisant en sorte qu'on puisse le voir de la table derrière elle, elle déposa avec un désintérêt digne de son rang le fameux cygne dans le sac de velours pourpre à ses pieds, qui lui servait à transporter ses cours, puis ajouta nonchalamment un imposant manuel d'arithmancie qui lui servirait de pierre tombale.
Elle irait, mais elle aimait penser qu'il douterait de sa venue. Cassiopeia n'est pas une rose qu'on peut saisir aussi facilement que les fades pâquerettes de basse extraction qui jonchent le sol.
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Lun 24 Avr - 11:40

Evan était adossé contre sa chaise de classe à la fois avec l’élégance de son nom et la nonchalance de son titre d’hériter. Il n’écoutait pas plus les inepties de l’impure professeure qu’il ne regardait le schéma qu’elle traçait sur le tableau. Toute son attention était focalisée sur Cassiopeia Yaxley dont il attendait de lire la réaction avec impatience face à son invitation. Les pieds de la chaise sur laquelle il se balançait retombèrent dans un claquement sec sur le sol en même temps que le livre scella le destin de son hardi origami. Alors que sonnait la fin du cours et que le camarade de maison qui partageait son pupitre l’affublait de commentaires aussi défaitistes qu’inutiles sur son premier geste de séduction, Evan rangea calmement ses affaires et le contourna sans le frôler et sans lui répondre. Seule Cassiopeia semblait digne de son attention aujourd’hui.

La journée s’écoula sans anicroche et il arriva à l’heure au rendez-vous qu’il avait fixé à la jeune fille car il ne souhaitait certes pas lui offrir une piètre première impression. Il n’aimait pas les serres du château. Il y faisait toujours plus chaud qu’au dehors - et même si en cette après-midi elles rendaient plus doux l’air frais d’avril - il n’appréciait pas cette embaumement de terre et n’était pas plus touché par les vifs pigments des fleurs qui vomissaient leur lumière. Il ne se défit pas plus de sa cravate que de sa droiture tandis qu’il parcourait les odorantes et colorées allées de la serre numéro trois. Il avait toujours été un bien mauvais élève en botanique. Une plante pourtant attira son attention et il remonta ses manches sur ses avant-bras avant de s’appuyer contre le bord de la table de bois qui supportait des jardinières de plantes à pipaillon. Cette plante dotait tous les siècles ses fleurs  d’un nouveau parfum pour éveiller les sens et attirer jusqu’à elle par ses douces effluves les sorciers les plus imprudents. Evan Rosier qui avait toujours eu la prétention de connaître la loi de la nature n’avait jamais compris l’utilité d’un tel stratagème. La plante aurait sans aucun doute été plus intéressante à ses yeux si elle avait été carnivore ou piégée d’une quelconque manière pour les proies qui l’approchaient de trop près. Mais ses fleurs ne se balançaient lestement au bout de leur tige que pour le bon plaisir des yeux béats d’une poignée d’idiots. Ridicule. Il arracha d’un geste sec l’un des bourgeons de la plante et l’écrasa entre ses doigts sous son nez pour tenter d’en déceler la future effluve mais n’y trouva rien.

Quand il releva les yeux, il croisa ceux de Cassiopeia. Elle était à l’entrée de la serre et un banc de plantes dont il ne s’était jamais encombré à retenir les noms latins comme vernaculaires les séparait. Il lui adressa un aimable et trompeur sourire pour la saluer. « Je suis soulagé de découvrir que mon crâne cygne a pu délivrer son message avant de finir écraser sous le poids du savoir ». Il n’avait en réalité jamais douté qu’elle honorerait son rendez-vous car il était par dessus tout ses défauts quelqu’un de très orgueilleux. Il se redressa et entreprit finalement de la rejoindre de l’autre côté de la serre d’un pas tranquille en détournant son regard de sa silhouette mais pas son attention. « Je me souviendrai de ne jamais t’envoyer de hiboux » se moqua-t-il gentiment de son stratagème avec un petit rire dans la voix. Il laissait également entendre que ce rendez-vous entre eux ne serait pas le dernier car il avait demandé sa main et entendait bien l’obtenir.

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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Mar 25 Avr - 18:14

Lorsque le cours de métamorphose enfin se termina, cela faisait déjà quelques minutes que Cassiopeia fixait désespérément la réalisation de sa voisine, qui bien entendu avait réussi l'exercice haut la main. L'espace d'un instant, elle douta des qualités magiques supérieures qu'on prêtait aux sang-purs, sa voisine étant au bas mot sang-mêlé, si ce n'était pire. Elle soupira discrètement, et s'empressa de ranger ses affaires avant que l'enseignante n'aperçoive son flagrant échec, chose difficile étant donné qu'elle se mettait systématiquement au premier rang à chaque cours. Elle put donc entrevoir avant de s'en aller d'un pas rapide le regard désapprobateur que jetait la professeure sur sa table, et sur l'absence évidente d'une réalisation que son cours aurait dû apprendre à créer. Elle se dirigea vers le dortoir de Serpentard, sans réellement prêter attention à ce qui l'entourait, ce chemin étant devenu si familier qu'elle pouvait le faire sans avoir à être consciente de sa marche. Plongée dans ses pensées, elle se demandait s'il ne pouvait pas y avoir un livre à la bibliothèque qui expliquerait des liens possibles entre l'occlumancie et la métamorphose. Elle s'interrogeait encore sur les raisons de ses difficultés en métamorphose, lorsqu'elle posa son sac et ses manuels sur son lit. Elle s'assit à côté d'eux, et passa une main dans ses cheveux, elle se sentait fatiguée, et lasse, si lasse de voir sa vie lui échapper, de n'avoir que si peu de contrôle sur ses compétences et sur son destin. Elle s'allongea et ferma ses yeux, s'endormant ainsi, encore habillée, les cheveux à peine dénoués.

L'ombre opaque glissait sinueusement sur l'herbe détrempée, un sifflement suraiguë résonna entre les arbres tordus qui peuplaient le marécage, des pas étaient audibles, un chuintement de mousses humides qu'on écrasait en marchant. Un sorcier au teint blafard et aux yeux noirs comme la nuit se glissait entre les arbustes épineux, sifflant des mots, des mots que seuls les serpents comprendraient.
Un bruit sourd résonna, mais il n'était pas dans ce monde, il désintégrait chaque élément de ce rêve alors qu'il se répercutait.


Cassiopeia sursauta, un des livres était tombé, et l'avait réveillé brusquement, celui qu'elle avait lu hier soir, une biographie de Salazard Serpentard, le premier directeur de sa maison. Elle respira un grand coup, encore un peu affolée par son esprit, qui hésitait entre rêve et réalité. Alors qu'elle fixait le sol, son regard croisa le cygne qu'elle avait reçu plus tôt, et elle s'affola, quelle heure était-il ? L'horloge indiquait 16h15, elle avait trois quart d'heure pour se recoiffer, se poudrer, et courir à la serre numéro 3. Cassiopeia avait rarement été aussi productive que cette fois ci, elle glissa les épingles dans ses cheveux pour tenir ses mèches avec des gestes rapides et précis, le regard déterminé, rien ne lui échappait. Elle maquilla simplement ses lèvres d'un rouge à lèvre d'un rouge traditionnel, seul maquillage un peu voyant qu'elle mettait, mais si classique.
Elle se releva, lissa sa jupe, et pris le chemin de la serre. Les serres de botaniques étaient assez loin des cachots des Serpentard à vrai dire, et elle n'était pas sûre qu'en un quart d'heure, elle puisse y arriver convenablement. Sur le chemin alors qu'elle s'apprêtait à s'y rendre par le deuxième étage, elle se souvint d'un raccourci, qui passait par la serre numéro 2, qui n'était théoriquement pas autorisée aux élèves, et interdite aux élèves du premier cycle.
En effet une de ses portes vitrées n'était pas verrouillée, depuis des temps immémoriaux, car la clef de celle ci avait été perdue par le précédent professeur de botanique. Elle l'avait découvert l'année précédente lorsqu'elle avait aidé le professeur Chourave à rempoter un polygonum à feuillage pourpre ; Polygonum Purpurum ; qui sans doute était plus vieux qu'elle. Alors qu'elle tentait de déplacer l'une des jardinières qui se trouvait à côté de la dite plante, elle avait glissé sur le sol, et s'était rattrapée à une poignée, qui à sa stupeur s'était ouverte, et l'avait faite s'effondrer dans une fange de boue. Le traumatisme de l’événement faisait qu'elle se souvenait désormais parfaitement de ce passage.
En quelques minutes, elle retrouva la porte, et entra dans la serre numéro 2, à l'atmosphère surchargée d'humidité et d'une bonne odeur d'humus capiteuse. Derrière ces deux sensations, on pouvait percevoir la lourde flagrance des asphodèles ; Asphodelus Reticulus ; qui venaient d'entrer en floraison en cette saison, et qui embaumaient la serre toute entière.
D'un regard, Cassiopeia embrassa la serre, et distingua derrière une branche de palissandre ; Dalbergia Nigra ; la porte qui lui permettrait de parvenir à l'entrée de la serre numéro 3. Pour cela elle devait descendre un étage, la serre numéro 2 ayant la particularité d'être assez haute afin d'accueillir des essences d'arbres.
Alors qu'elle descendait l'escalier en fer blanc, une tentacula vénéneuse ; Tentacula Venenosa ; lança hardiment une de ses branches sur son avant-bras, et s'enroula tout autour de celui ci. Cassiopeia n'ayant pas aperçu le geste de la plante, fut prise par surprise, et faillie s'effondrer sur les marches. Par chance elle se rattrapa de justesse à la rambarde et donna un coup sec sur le troisième bourgeon de son tronc, heureusement qu'elle était douée et assidue en cours de botanique et se souvenait du point faible de cette plante, son geste entraîna le rétractement de la tentacula vénéneuse, et avec elle, de sa tentacule. Elle massa son poignet un instant avant de se redresser précipitamment, cette agression l'ayant retardée.
Elle arriva enfin à l'entrée de la serre numéro trois, avec quelques secondes de retard, ayant préféré marcher calmement pour préserver son visage, sa coiffure et sa poudre, plutôt que de courir sur les derniers mètres qui la séparaient de sa destination. Elle se glissa à l'intérieur, et chercha celui qui l'avait invitée, ses yeux survolant la jardinière pleine d'armoise, nommée Artemisia Vulgaris en latin, qui barrait l'entrée.  
Son regard se posa sur la seule personne présente dans la serre, qui avait d'ailleurs tourné son visage pour lui sourire. L'espace de quelques secondes, elle réalisa l'énorme erreur qu'elle avait faite, il s'agissait de Rosier, Evan Rosier, et non le voisin sang-mêlé de celui ci. Elle venait d'arriver en retard au rendez-vous que lui avait fait un sang-pur, et prétendant, et n'avait même pas accordé une réponse à sa demande écrite. Durant un battement de cil, elle paniqua réellement, avant de reprendre son emprise sur elle même, reprenant le contrôle de son visage, de son regard, et de son allure. Elle dessina, en réponse au sien, un fin sourire d'une élégance calculé, sur son visage. Elle pensa un instant à son rouge à lèvre, qui devait décidément être admirablement mis en valeur par ses lèvres. Avant qu'Evan ne lui adresse la parole, et n'interrompe son auto-congratulation :

- Je suis soulagé de découvrir que mon crâne cygne a pu délivrer son message avant de finir écraser sous le poids du savoir

Elle battit des cils, se réservant quelques secondes pour élaborer sa réponse, le physique du jeune Rosier, qui avait hérité des qualités corporelles de sa famille, et d'un corps athlétique façonné par le Quidditch ne l'aidait décidément pas à garder le contrôle de sa pensée. Il était cependant vrai que sa créature de papier avait mérité son destin, la formulation de sa demande étant tout sauf délicate. Cependant ce n'était bien entendu pas ce qu'elle devrait répondre. Il s'avança dans sa direction, et entreprit de la rejoindre d'un pas tranquille et assuré, et tout en détournant son regard d'elle, ajouta d'un ton gentiment moqueur, avec un petit rire dans la voix :

- Je me souviendrai de ne jamais t’envoyer de hiboux 

Avec cette phrase, ses intentions devenaient plus que claires, il ne comptait pas s'arrêter à ce rendez-vous dans cette serre. Étonnant, sachant qu'il ne lui avait jamais parlé par le passé, et qu'il ne savait pas encore ce qui arriverait durant cette rencontre. La courtisait-il et avait-il demandé sa main pour son nom et son statut du sang plus que pour sa personne ? Très sûrement, mais en même temps, c'était ainsi qu'on faisait dans leur milieu. Elle formula sa réponse intelligemment, le temps qu'il avait pris pour la rejoindre lui ayant permis de la construire. Ainsi elle prit la parole d'une voix douce, se voulant agréable, mais tout aussi joueuse que la sienne :

- L'arithmancie est une science si particulière, on la pourrait croire hermétique, et pourtant elle préserve si bien les théorèmes, les paroles, et les mots ; qu'elle finit toujours par transmettre son message.

Après cette phrase, elle avança de quelques pas vers lui, assez pour se rapprocher de son espace vital et qu'il puisse espérer qu'elle le frôle. Délicatement, elle l'évita, pour s'approcher de la jarre qui contenait une jeune mandragore au feuillage dense et d'un vert luisant. Elle reprit d'une voix légère, et avec un sourire aux lèvres :

- La prudence est une qualité rare, mais je vois qu'on la préserve judicieusement chez les Rosiers. Je ne doute pas qu'un sort aussi funeste à chaque hibou, risque d'entraîner une hécatombe de ces volatiles.

Bien entendu, chaque mot de cette phrase avait été choisis au court d'une rapide mais efficace réflexion, et bien entendu, elle sous-entendait qu'il lui enverrait une véritable nuée de hibou avant la fin de l'année. Elle se doutait qu'il devait avoir l'habitude des petits poissons qui parsemaient Poudlard, et qui étaient désarmés lorsque l'orque s'approchait d'eux. Mais elle n'était pas un petit poisson.
Elle se souvint de son message écrit sur le cygne au destin tragique, et ajouta ensuite, avec un rire délicat :

- J'espère que ma participation à cette pièce ne t'inquiète pas outre mesure, je trouve utile de préciser que j'avais postulé pour le rôle de la mère Sang-pure, mais que cette Gryffondor a trouvé amusant de m'humilier en m'attribuant ce rôle dévalorisant

Elle laissa passer un petit silence avant de plonger ses prunelles dans les siennes, intensément, avant d'ajouter d'un air songeur :

- Cette pièce m'avait intriguée, je voyais un peu ça comme de l'étude de langue, celle des moldus en l'occurrence, mais finalement je suis déçue de ce que j'ai pu en voir.

Elle attarda ses iris fauves dans les siens, quelques instants, suffisamment pour que ce contact ne paraisse pas anodin, puis détourna gracieusement son visage en glissant une main dans ses cheveux pour en faire jouer les reflets. Finalement, ce rendez-vous s'annonçait plus passionnant qu'elle ne l'aurait pensé.
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Jeu 27 Avr - 12:11

Si le cygne avait délivré la première partie de son message sur le lieu de rendez-vous, avait-il échoué à transmettre la seconde portant sur son heure ? La jeune fille ne le fit pas languir longtemps mais il n’était pas pour autant habitué à devoir attendre. Au Château de Poudlard comme dans le Comté de Gloucestershire, il avait l’habitude de voir ses désirs exécutés dans un claquement de doigts. Cette différence ne l’agaçait pas - il pouvait se montrer patient quand l’enjeu était intéressant - mais elle l’intriguait. Et tandis que Cassiopeia le contournait lestement et qu’il suivait du regard son épaule qui avait failli le frôler il pensa que sans aucun doute l’enjeu de la séduire relevait de quelque intérêt sensuel en plus de celui de la peine qu’il infligerait à la fois à son cousin et à la promise éconduite. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres car il était plutôt enjoué qu’elle soit aussi d’humeur joueuse, cela lui aurait presque donné l’impression que les dés n’étaient pas pipés en sa princière faveur. Il resta dos au bac de fleurs près duquel ils s’étaient croisés et y resta appuyé avec ses mains. Il pouvait ainsi la regarder évoluer dans les lieux comme si elle avait été une plante parmi les autres dont les lèvres carmins étaient la principale fleur. « Est-ce mon nom ou l’heure que la science n’a pas su interpréter ? » s’amusa-t-il à lui demander sans que son regard ne cille. La citation n’avait pas été sélectionnée au hasard car la rose était l’emblème de leur famille. S’il était séduit par l’attente qu’elle lui avait imposée, elle n’était pas sans l’interroger. Cassiopeia était-elle suffisamment audacieuse pour avoir osé se présenter en retard devant un Rosier ? Ou Cassiopeia s’était-elle égarée sur le destinataire de ce message ? Il la trouvait encore plus joliment apprêtée que les autres jours et aurait été intéressé de connaître le nom des prétendants susceptibles de vouloir lui faire concurrence. Les jeunes femmes de sang pur étaient devenues une denrée rare, celles qui était jolies plus encore, il doutait être le seul à avoir demandé la main d’une Yaxley fraîchement mariable.

Si la prudence était en effet une qualité de leur nom, Evan n’en avait pas hérité. Il était jugé par ses ascendants comme un garçon léger et audacieux. Son grand-père Thanatos, patriarche de la famille, l’aurait condamné sans appel s’il avait appris que son petit-fils s’amusait ainsi à courtiser la jeune fille. Dans les grandes familles, les alliances étaient trop précieuses pour qu’on laisse les enfants jouer avec et les adultes préféraient généralement régler ça entre eux par voie de hiboux. Il dissimula sa malveillance sous un fin sourire car il était plutôt enthousiaste de relever le défi du nombre de hiboux qu’il enverrait à la douce Cassiopeia … le funeste terme d’hécatombe sonnait comme une douce mélodie à son oreille.

Evan écouta avec attention sa position sur la pièce Romulus et Julieta car elle était un excellent prétexte pour connaître son avis plus général sur la question des moldus. Il ne se présenterait certes pas à Cassiopeia sous le même jour selon l’avis qu’elle exprimerait. L’héritier Rosier apprit ainsi qu’elle avait postulé pour le rôle plus honorable d’une sang pure car elle avait souhaité ouvrir son esprit à l’écrit hérétique d’un moldu … avant d’être déçue. Il ne put réprimer un petit rire  amusé devant la déception qu’elle avait éprouvé car elle aurait certes pu s’y attendre. Sans doute aurait-il pu juger Cassiopeia comme une jeune fille curieuse, mais elle lui plaisait alors il préférait l’abaisser à la naïveté, c’était une qualité qu’il préférait trouver à une future épouse. « Un Rosier plus prudent te conseillerait sans doute de te méfier de ceux qui prônent la mixité … Ce n’est qu’un moyen de rabaisser nos grandes familles à la vulgarité ». Et d’élever les vulgaires au rang de grands se retint-il d’ajouter car sa pensée n’était pas uniquement celle de sa famille mais bien la sienne. Il se retint de justesse de lui proposer de régler son compte à la Gryffondor, il n’était pas certain qu’elle soit aussi haineuse que lui, et la pièce était de plus supervisée par des professeurs qui rendaient les basses attaques dont il était coutumier délicates. « Je trouve honorable que tu aies décidé d’éprouver cela par toi-même … » mentit-il plus farouchement encore pour mieux la flatter.

Il céda à son envie de l’approcher quand elle commença à jouer avec ses cheveux. Il attendit d’être en face d’elle pour pencher sa tête sur le côté avec un léger sourire. Il avança sa main pour retirer gentiment et sans lui toucher un seul de ses cheveux auburn une petite feuille verte qui s’y était glissée. Il ne reconnaissait pas la feuille de mandragore qu’elle avait approché mais ne se demanda pas d’où elle venait. Il ne recula pas et fit jouer sa trouvaille entre leurs deux yeux. « C’est le même sentiment qui m’a poussé à t’écrire plus tôt … ». Il se considérait quant à lui plus curieux que naïf mais il aurait été de mauvais goût d’insister sur ce point. « Je sais qu’il n’est pas coutumier de se rencontrer avant que nos parents ne le décident mais je souhaitais malgré tout t’accorder cette politesse » avoua-t-il en se la jouant bon prince. « Si cette proposition te paraît trop audacieuse de quelque façon, sache que ce n’est pas mon intention ». Il se trahit en forçant son regard fauve avec le sien dont la douceur vert gris mentait bien mal.

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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Ven 28 Avr - 17:08

Elle l'observa lui répondre du coin des yeux, tandis qu'elle étudiait les plants de mandragores qui se trouvait devant elle, avant de se retourner prestement vers lui, revêtant un délicat sourire sur ses lèvres pour l'écouter parler :

« Est-ce mon nom ou l’heure que la science n’a pas su interpréter ?» 

Elle ne se départit pas de son sourire, ainsi, il avait noté les quelques secondes de retard qu'elle avait eues, il semblait prompt à retenir. Cependant, cela ne semblait pas l'énerver outre mesure, l'amuser à la limite ? L'intriguer peut être ? Sa remarque semblait être plus un constat, qu'un reproche à dire vrai. Avait-elle trouvé un point intéressant ? Avait-elle réussi à le surprendre en lui refusant ce que tous lui accordaient au premier claquement de doigt ? Il ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui désobéisse, ou qu'on fasse preuve d'indépendance. Or, il était vrai qu'elle possédait un statut du sang, au moins égal, si ce n'est supérieur au sien. Après tout, sa grand-mère était une black ? Elle pouvait bien se permettre de le faire attendre, lui comme elle, savaient qu'elle en valait la peine. Cassiopeia laissa un petit silence s'installer, avant de répondre d'une voix guillerette, accompagnée d'un regard joyeux et taquin :

« Je n'ai pas l'habitude qu'on m'envoie des mots non signés, d'habitude les sang-purs qui s'y hasardent signent courageusement de leur nom, pour que je sache si cela vaut la peine que je leur accorde la faveur d'un regard. »

Cette réponse avait le mérite de rebondir sur l'absence notable de signature, mais surtout de présenter cette rencontre, comme une grâce qu'elle lui accordait. Elle avait conscience d'être un « bien » de valeur. Les filles de sang-pur, belles et ayant un pedigree comme le sien, se comptaient sur les doigts d'une main ces temps ci. Aussi, ce n'était pas les prétendants qui manquaient : Nott, Croupton, Travers. Alors, si elle accordait la victoire à Evan, ce serait sa faveur. Lorsqu'elle ferait son compte rendu, elle savait quels mots elle aurait à dire, pour faire d'Evan un prétendant éconduit, ou un époux. Il était temps qu'il s'en souvienne.
Elle s'attarda dans la contemplations des iris du jeune Rosier, y découvrant des nuances d'un vert pâle, qu'elle trouva charmant. Oui, définitivement, c'était un prétendant qui, physiquement, valait le coup. L'harmonie de ses traits, et sa stature lui donnait une apparence qui était largement au dessus de ses espérances concernant un fiancé, et pour dire vrai, le rendait attirant. Elle ne doutait pas qu'elle serait jalousée pour être mariée à un tel homme, mais cette perspective lui plaisait. Ce Rosier n'avait sans doute que rarement supplié, ou même démontré une passion qu'il ne contrôlait pas. Derrière ses yeux innocents et son sourire élégant, Cassiopeia se plût à imaginer qu'elle pourrait le conduire à sortir de son espace de confort, et le mener par le bout du nez. Après tout les chats sont plus joueurs avec leurs proies que les orques.
Aussi, elle rajouta, d'une voix faussement désemparée, feignant la naïveté pour l'amuser :

« Je ne pouvais savoir qui m'avait invitée ? Et une sang-pure ne doit pas accepter l'invitation d'un inconnu théoriquement… » Cassiopeia laissa planer un silence, avant de préciser, d'une voix plus douce, plus séduisante, accompagnée d'un sourire charmeur et d'un regard enjoué « Mais j'avais le pressentiment que la théorie ne rejoignait pas la pratique pour cette fois ».

Juste après qu'elle eut ajouté des précisions sur sa participation à la pièce de théâtre moldu, il eut un petit rire amusé, qu'elle trouva assez supérieur. Elle pouvait sentir le jugement qu'il avait d'elle sans qu'il le formule, elle avait l'habitude d'être dévalorisée à dire vrai, alors elle n'avait aucunes difficultés à percevoir lorsqu'on émettait un jugement à son égard. Aussi écouta-t-elle avec attention la réponse qu'il formula, se préparant à lui répondre.

« Un Rosier plus prudent te conseillerait sans doute de te méfier de ceux qui prônent la mixité … Ce n’est qu’un moyen de rabaisser nos grandes familles à la vulgarité ».

Elle laissa finalement échapper un rire à son tour, la prudence des Rosiers était à la hauteur de celle des Yaxleys, toute son enfance on lui avait inculqué la méfiance à l'égard des traîtres à leur sang. Ainsi, c'était assez coquasse qu'il lui conseille une distance qu'elle n'avait cessé de pratiquer, et qu'on lui avait tant seriné.
Avec une mine se voulant sérieuse, et dogmatique, imitant quelque peu la voix de sa tante Margaret, elle déclama d'un ton sentencieux comme pour répéter la leçon qu'on inculquait dans sa famille :

« Le sang ne saurait mentir, on ne peut pas rabaisser nos familles tant que celles ci restent pures. »
Elle rit ensuite, d'un rire sincère et honnête, avant de préciser sans se départir de son sourire et de l'amusement dans son regard :
« Les Yaxleys ont la même prudence, la mixité n'est pas dans mes habitudes, mais l'aveuglement non plus. L'ignorance est un défaut, surtout si elle concerne des ennemis, et même des amis. »

Peut-être dévoilait-elle trop sa façon de penser les choses, mais elle préférait exprimer avec sincérité son opinion sur ce sujet. L'ignorance est une faiblesse, et la connaissance est le pouvoir. Les mots et les choses sont des instruments, qui plus que la pureté d'un sang, prédestinent le destin d'une famille et d'une personne.

« Je trouve honorable que tu aies décidé d’éprouver cela par toi-même … » Evan ajouta-t-il

A ces mots, Cassiopeia acquiesça doucement avec un sourire, elle aimait les compliments. Cependant, elle ne se méprenait pas, elle savait que cette curiosité, aussi lucide soit-elle, n'était pas quelque chose que les personnes de son milieu pouvait apprécier. Aussi, prit-elle ce compliment tel qu'il était, sans pour autant considérer que celui ci révélait le point de vue d'Evan sur la question.
Alors qu'elle passait sa main dans ses cheveux pour en faire jouer les reflets, il s'approcha d'elle, ce qui à dire vrai ne lui déplut pas, et saisi une feuille qui s'était glissée dans sa chevelure.

« Je sais qu’il n’est pas coutumier de se rencontrer avant que nos parents ne le décident mais je souhaitais malgré tout t’accorder cette politesse » avoua-t-il d'un ton assuré. « Si cette proposition te paraît trop audacieuse de quelque façon, sache que ce n’est pas mon intention ». 

Alors qu'il parlait, elle posa son regard dans le sien, laissant fondre ses prunelles dans les siennes, pour mieux s'attarder sur l'éclat verdoyant de celles ci. Toujours attardée dans sa contemplation, elle lui murmura, d'un souffle, rendant sa voix plus délicate, et plus légère à l'oreille :

« Qui sommes-nous pour nous contraindre à la coutume ? La coutume devrait nous servir, et non nous asservir. » elle s'attarda dans ses iris pour déceler une réaction à ses mots, avant d'ajouter « Cette politesse est ravissante, t'accorder la faveur de ma présence, me semble être une réponse à la hauteur de ton geste hardi. »

Elle lui accorda un sourire ravissant, baissant son regard sous l'effet d'une délicate pudeur qu'elle savait particulièrement bien simuler. Cependant, la roseur de ses joues n'était pas une action qu'elle avait entreprise consciemment, l'intensité du regard du jeune homme l'avait troublée.
Néanmoins, elle doutait très sérieusement que cette proposition audacieuse ne soit pas une intention à laquelle il avait pensé, à dire vrai, elle voyait mal ce garçon rusé ne pas penser à chaque gestes qu'il pouvait faire. Durant l'espace d'un instant, elle souhaita au plus profond d'elle même réussir à le surprendre, à le faire agir sans qu'il ne puisse le prévoir. Cet orgueil fut éphémère et s'estompa, cela faisait longtemps que sa famille avait réussi à étouffer la fille naïve qui était en elle.
Aussi, elle prit le regard qu'on voulait qu'elle ait, et elle observa le jeune homme pour la première fois à la lumière de ce qu'il pourrait être en tant qu'époux, et en tant que père. Pour dire vrai, elle trouvait assez tentant de mélanger ses gênes aux siens, leur progéniture ferait tomber des empires et s'effondrer des mondes, s'ils héritaient du physique de leurs parents. Et puis il était vrai qu'envisager Evan en tant qu'amant, n'était pas pour lui déplaire. Mais en tant qu'époux ? Elle savait que son père faisait parti des mangemorts, les Yaxleys étaient tellement mêlés à ses derniers, qu'elle en savait plus qu'elle ne voudrait savoir. Alors qu'elle pensait ça, elle cilla, et elle comprit. Evan serait choisi par son père, elle en avait la certitude désormais. Pourquoi ? Parce le père Rosier et Yaxley étaient mangemorts, et qu'elle ne doutait pas un instant que le fils le soit ou le deviendrait. Leur mariage permettrait d'assurer la fidélité des Yaxleys et des Rosiers au Seigneur des Ténèbres, leurs enfants n'auraient comme destin que celui de le servir.
Il était si simple pour elle d'imiter la façon de penser de son père, s'était comme chercher à prévoir la réflexion d'un sanglier sournois. Un sanglier sournois qui se penserait plus intelligent que les autres. Seule Cassiopeia pouvait se "vanter" de connaître les tréfonds répugnants de l'esprit de son paternel.
D'un geste précautionneux et volontairement lent, elle attrapa délicatement entre ses doigts la feuille de mandragore, murmurant pour eux deux le nom latin, qui devint instantanément d'une rare sensualité : « Mandragora Officinarum Mobilis » elle ajouta, alors qu'elle la déposait dans son sac « Utilisée en conction, lorsque le plant est arrivé à taille adulte, elle soigne la pétrification des corps »
Alors qu'elle relevait son visage, elle enchaîna sur un autre sujet, parler de plantes n'avait rien de passionnant, même avec le ton le plus aguicheur. Il était temps pour elle de poser des questions plus personnelles, et qui dévoileraient les intentions du jeune garçon.

« J'apprécie l'attention que tu m'accordes, je dois dire qu'elle est même loin de me déplaire, mais je suis étonnée … Que sont devenues les fiançailles avec Azelma Travers ? »

Elle accompagna sa phrase d'un sourire élégant, et scruta son visage, sa bouche et ses yeux, en quête d'une réaction qui lui permettrait de juger de la véracité de la réponse qu'il donnerait.


Dernière édition par Cassiopeia Yaxley le Ven 5 Mai - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Mar 2 Mai - 17:23

Cassiopeia, peu soucieuse de collectionner les souaffles qu’il lui envoyait, se mit à les lui renvoyer. Et si son jeu était plus gracile que le sien il ne manquait pas pour autant de violence. Evan dissimula sa mince vexation sous un sourire ineffable - car il partageait l’orgueil des sorciers de son rang - mais laissa librement s’exprimer sa surprise sous l’arc de ses sourcils. Il ne savait pas vraiment s’il était plus surpris que sa dulcinée affuble les sang pur de leur maison de courage ou qu’elle ose supposer que lui en soit dépourvu. Non pas que Evan Rosier soit vanté pour son courage - pas plus qu’il n’était d’ailleurs raillé pour sa couardise - il n’était en réalité pas reconnu à Poudlard pour faire beaucoup de vagues. Et pourtant il en faisait car quand il jetait des cailloux dans la mare ils avaient la taille de pavés. Il agissait cependant davantage dans l’ombre que dans la lumière et n’était que peu souvent éclaboussé par ce qu’il initiait. Il ne sortait pour dire vrai sa baguette que lorsqu’il était publiquement outragé comme cela avait pu arriver lors de ses plus jeunes années ou lors de la répartition de sa cousine chez les blaireaux. Il avait suffisamment montré l’exemple pour qu’on le laisse en paix depuis. Il avait les qualités et les défauts de Salazar.

Elle venait néanmoins de répondre à sa question et l’éclaircit encore davantage s’il ne le fallait. Elle s’était présentée à un rendez-vous galant sans connaître son prétendant. Si cette légèreté lui plaisait dans l’immédiateté de leur relation, elle ne lui plaisait guère dans la perspective d’épouse qu’il se faisait d’elle. Non pas qu’il adopte lui-même des mœurs bien différentes mais il trouvait toutes les règles de leur société patriarcale - comme tous ceux à qui elles bénéficient - visant les femmes comme se devant être de strictes applications par les concernées. Evan n’avait jamais été un être très instinctif, il était au contraire quelqu’un de très terre à terre, et il n’acheta pas les mots de Cassiopeia sur son pressentiment. Il brûlait de connaître le nom de ses autres prétendants car il la soupçonnait de ne pas plaire qu’à son cousin. Il ne répondit pourtant rien car il n’aurait pas souhaité se présenter à elle sous le faible jour d’un jaloux.

Evan préférait ici se cacher sous Rosier - un nom qu’il chérissait autant qu’il haïssait - dont il savait jouer et Cassiopeia se cacha à son tour derrière un atout, celui de la pureté du son sang. C’est que leur famille les avait respectivement dotés d’un excellent jeu dans le boudoir asphyxiant de leur vieille et décadente société. Evan sourit et inclina respectueusement et docilement sa tête pour lui accorder son bon point. Celui-ci était d’autant plus facile à accorder à Cassiopeia qu’il se laissa momentanément enchanté par son rire délicat qu’il ne se souvenait pas avoir encore jamais entendu. Il avait quelque chose de plus pur encore que son sang - et de presque innocent - et cela lui plaisait bien à lui. Evan avait toujours respecté le sang bien plus qu’il ne respectait les hommes et respectait encore les hommes bien plus qu’il ne respectait les noms. Ainsi, s’il se montrait intransigeant avec tous les êtres non magiques et la vermine sang de bourbe qui en était issue, il avait toujours semblé plus conciliant à frayer avec ceux qu’on appelait largement les traîtres à leur sang. La connaissance de tout ce qui se rapprochait du monde des moldus ne l’attirait par contre guère - comme s’il avait craint qu’elle ne le souille - et il trouvait que étudier les moldus comme on le proposait au château ce n’était déjà que trop les considérer. Il était d’accord avec la maxime de Cassiopeia mais ne l’était pas pour l’appliquer aux moldus. « C’est une sage manière de penser … » mentit-il en conservant son regard dardé dans le sien, mais il ne put s’empêcher de laisser un franc éclat de rire lui traverser les lèvres. « J’ai malgré tout l’impression de compenser davantage ce défaut quand je traduis des runes que les élèves que j’entends disserter sur l’usage du canard de bain à la bibliothèque … » avoua-t-il finalement pour justifier son rire en se rappelant soudainement de la conversation insensée qu’il avait un jour surpris entre des élèves de troisième année. Il croisa les bras un sourire amusé encore aux lèvres. Il ne considérait vraiment pas les moldus comme dignes d’un intérêt plus grand que celui qu’il portait aux véracrasses.

Mais ils n’avaient déjà que trop parlé de ces tristes moldus à son goût. Cassiopeia était digne d’un intérêt incommensurablement plus grand et il ne put résister à l’approcher de plus près. Elle semblait s’intéresser à la botanique et il espérait qu’elle soit plus pipaillon que mandragore malgré la feuille qui s’était logée dans sa chevelure. Sa voix suave le rassura car elle tintait davantage à ses oreilles comme les petites fleurs en cloche de la première plante traversées par une brise légère. La coutume était-elle une règle de droit ? Car en voilà une - et il pouvait également penser à quelques autres règles - de leur société patriarcale qu’il se serait bien plu à enfreindre tandis que son regard avait quitté ses yeux pour ses lèvres. Le mot de « ravissant » le refroidit car il doucha une nouvelle fois son égo. Et il accusa le coup d’un sourire aimable en relevant ses prunelles mais ne trouva plus que les paupières de Cassiopeia chastement baissées et son égo s’en trouva instantanément ragaillardi. Il ne recula d’un pas que lorsqu’elle s’empara de la feuille qui les séparait pour retrouver appui contre une table de travail tandis qu’elle lui offrait une leçon d’une manière plus séduisante que la directrice des jaunes ne l’avait jamais fait. Il se permit de lui lancer à la dérobade le premier compliment qu’il ne feignit pas. « Je serais bien meilleur en botanique si tu étais notre professeur … ». Et l’occasion de lui délivrer d’autres compliments où il la comparerait plus somptueusement à Azelma qu’à leur Professeure se présenta à lui. Il ne s’enfonça pourtant pas dans cette brèche et se trahit en l’observant quelques courtes secondes sous ses paupières plissées avant de lui répondre. De ses fiançailles brisées avec l’héritière Travers, il avait déjà eu à se justifier auprès des membres de sa famille puis auprès de l’éconduite. Et ses réponses n’avaient jamais été les mêmes et révélaient chaque fois un versant différent de la vérité. A son père et à son grand-père il avait répondu qu’elle était 'caractérielle', à son oncle il avait répondu qu’elle était 'jeune', à l’intéressée il avait vanté le 'fou divertissement' qu’offrait ce soudain revirement. Quelle autre part de vérité pourrait-il offrir à Cassiopeia ? Que lors d’un froid matin d’hiver il s’était distrait à la regarder à travers les yeux amoureux de Tsadkiel ? Que sa beauté l’avait frappée au point qu’il désire en arracher le vacillant espoir des mains de son faible cousin ? Peut-être oui … car c’était bien le dernier versant de la vérité qu’il était prêt à dévoiler. Jamais il n’avouerait à personne qu’il avait souhaité préserver la jeune Azelma Travers d’un mariage avec lui qu’il savait être aussi peu enviable que la plus funeste des condamnations. « Je t’ai réellement remarquée pour la première fois en six années un matin alors que tu étudiais à la bibliothèque alors j’ai rompu un engagement pris à la naissance d'Azelma par nos parents avant qu’il ne devienne immuable … » avoua-t-il de manière tout à fait sentencieuse en guettant sa réaction. Il se fendit finalement d’un sourire diablement amusé pour préciser avec le même fatalisme « … puisqu’il paraît que la coutume ne devrait pas nous asservir ! ». Ce qui l’amusait et le faisait ainsi sourire était la transformation que cachait ce ‘nous’ en ‘me’ car asservie à leur futur mariage, sans doute Cassiopeia le serait-elle bientôt. Et l’envie de la posséder plus comme un objet que comme une femme était grandissante dans le coeur du jeune Rosier. « Apprécies-tu toujours l'attention que je t'accorde ? »

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Dernière édition par Evan Rosier le Lun 15 Mai - 16:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Sam 6 Mai - 1:34

Un courant d'air traversa la serre, et elle tourna son visage vers le souffle qui soulevait ses cheveux dans un mouvement similaire à celui d'une cascade. L'air passa sur les traits de son visage et la vivifièrent, elle ferma momentanément ses yeux pour apprécier cet instant. Ce mouvement eut pour effet de réveiller partiellement son esprit, elle avait bien trop abaissé ses défenses face au jeune Rosier, et elle sentait qu'elle commençait à trop révéler ses cartes. Elle n'était pas la seule sous ces verrières à savoir séduire.
« C’est une sage manière de penser … » dit-il en conservant son regard dardé dans le sien, laissant échapper un franc éclat de rire. « J’ai malgré tout l’impression de compenser davantage ce défaut quand je traduis des runes que les élèves que j’entends disserter sur l’usage du canard de bain à la bibliothèque … » avoua-t-il finalement

Elle appréciait son rire, c'était le rire d'un homme sûr de lui, et certain de son talent de séduction et de ses qualités. Elle n'avait pas la prétention d'être le genre de femme à y résister hermétiquement, et elle resta dans l'écoute de celui ci quelques instants, la plaçant dans une position plus conciliante pour étudier sa réponse.
Elle se doutait que l'ignorance au sujet des moldus lui semblait bien plus confortable qu'un minimum de connaissance à leur égard, mais quid de leurs armes ? N'y avait-il donc qu'elle à s'inquiéter des possibles représailles que les sorciers subiraient ? Ce ne serait pas à coup de canard de bain qu'ils les lapideraient. Néanmoins, dans sa réponse elle eut le plaisir de constater que lui aussi étudiait les runes. Elle aimait voir des points communs, et sa fascination pour cette matière lui faisait temporairement oublier tout les défauts qu'elle avait pu entrapercevoir chez lui. Ainsi Cassiopeia releva ses prunelles sur Evan, un intérêt nouveau dans le regard, et lui demanda d'une voix intriguée :

« Tu apprécies l'étude des runes ? Je trouve que le Northumbrien tardif a quelque chose de plus chantant que le vieux norrois, qu'en penses-tu ?»

Au moins, elle saurait très vite si il était doué ou non en études des runes, le northumbrien tardif était notoirement plus compliqué à traduire que le vieux norrois. De part ses origines anglo-saxonne, elle s'était toujours sentie proche du Northumbrien. En effet, certaines tombes de sa famille, les plus anciennes et plus recouvertes de mousses, portaient des inscriptions dans cette langue. En tout cas, devant cet argument de force, elle ne pouvait que se ranger de son côté, l'étude des runes lui semblait infiniment plus intéressante que l'étude des moldus. Aussi lui répondit-elle avec un sourire approbateur et en acquiesçant délicatement :

« Néanmoins, tu as raison, entre les runes et les canards de bain, les runes l'emportent haut la main. »

Elle se doutait qu'il n'était pas le genre d'homme à aimer la contradiction, et elle avait suffisamment rétabli l'équilibre dans leur échange pour lui redonner une place dominante. Froisser l'orgueil d'un homme de son milieu était une entreprise périlleuse et qui généralement aboutissait à des conflits, conflits où en tant que femme, elle perdrait. Aussi, soigner son égo en lui accordant la « raison » était une action stratégique, cela lui permettait d'éviter de le froisser, et de le rassurer en lui permettant de croire qu'elle était comme les autres filles de son âge, faible et impressionnable. Sa réponse à son petit cours de botanique lui fit comprendre qu'elle ne l'avait pas laissé indifférent, ce qu'elle apprécia, et elle lui adressa un charmant sourire en retour, avant qu'il ne réponde à sa question.

« Je t’ai réellement remarquée pour la première fois en six années un matin alors que tu étudiais à la bibliothèque alors j’ai rompu un engagement pris à la naissance d'Azelma par nos parents avant qu’il ne devienne immuable … » déclara-t-il avant d'ajouter avec un sourire railleur « … puisqu’il paraît que la coutume ne devrait pas nous asservir ! ».

En entendant ce compliment, elle ne put empêcher un sourire ravie de s'épanouir sur ses lèvres comme une de ces fleurs de pipaillon qui étaient dans cette serre. Elle avait toujours aimé les compliments, et on lui en avait toujours si peu fait. Lorsque le goût d'une chose nous est rare, on finit par la surévaluer. C'était son cas, ce compliment lui rosit les joues, et elle fit l'erreur de relever son regard pour le poser dans celui d'Evan. Et rencontra ses yeux plissés dans une attitude qui ne laissant pas place à beaucoup d'ambiguïté. Elle resta absorbée durant quelques instants dans ses iris, suffisamment pour qu'il s'en rende compte, avant qu'elle ne comprenne qu'elle s'y perdait depuis presque une minute. Elle détourna alors son regard vertueusement, gênée. Elle ne voulait pas déjà être conquise par cet homme. Elle ne voulait pas qu'il l'obsède alors qu'elle n'était pas sûre de l'avoir sous sa propre emprise. Cassiopeia laissa son regard dériver vers les autres plantes de la serre qui se situait à sa droite, il lui serait plus simple de lui répondre si elle n'était pas hypnotisée par ses prunelles, et la contemplation de la flore lui redonnait toujours une plus grande maîtrise d'elle même. Sa réponse par rapport aux fiançailles lui semblait assez lacunaire, mais il lui semblait qu'elle n'arriverait rien à tirer de plus de lui, elle poserait la question à Niclas à l'occasion, lui avait dû en entendre parler. Elle laissa passer quelques instants, avant de recentrer son attention sur Evan, penchant légèrement sa tête sur le côté avec un sourire amusé en lui répondant :

« C'est une demande de cours particuliers ? » Demanda-t-elle innocemment avec une lueur enjouée dans le regard : « Je devrais étudier plus souvent en bibliothèque, maintenant que je sais l'effet esthétique de ce lieu … En tout cas, je suis flattée de t'avoir séduit entre deux dictionnaires de runes, et un rouleau sur les propriétés magiques d'un quelconque ingrédient » Elle accompagna sa phrase d'un petit rire sincère.

Elle se décida ensuite à répondre à sa question sur l'intérêt qu'il lui portait. En toute honnêteté, bien entendu qu'elle appréciait la cour qu'il lui faisait, mais d'un autre côté, le fait qu'il considère qu'il lui "accorde" quelque chose lui semblait insultant. Et en tant que Yaxley, elle avait du mal à ce qu'il puisse la prendre de haut, quand bien même profiterait-il de son statut masculin, ça ne l'excusait aucunement.

« C'est un intérêt réciproque, mais je doute qu'on me demande de l'apprécier » commença-t-elle, laissant un prudent silence passer avant d'ajouter : « Mais si il est question de mon avis, j'apprécie cette attention. » Elle posa ses prunelles affermies par la dignité et la certitude de son statut dans ses iris, rajoutant d'une voix douce mais déterminée « Mais cependant, tu m'accordes autant que je t'accorde, il s'agit de te démarquer d'une multitude de prétendants. »

Jouer avec la jalousie d'un homme était jouer avec le feu, elle le savait. Mais sa prudence à ne pas froisser l'orgueil du jeune Rosier avait ses limites. Vu l'argent que cette union lui rapporterait à lui, et vu son propre statut à elle, il aurait intérêt à manipuler ses mots avec plus de prudence. Néanmoins elle avait conscience que l'espoir, et l'égo du jeune Evan était une flamme qu'il fallait entretenir si l'on voulait la contenir. La souffler, la raviver, tout était question de mesure et d'équilibre. Ce pourquoi Cassiopeia rajouta, avec une voix chaste, et douce, un sourire au lèvre, et le regard un peu baissé sur les lèvres du jeune Rosier :

« Cependant, je dois dire que tu te démarques notablement des autres. »

Elle attarda son regard sur son visage, détaillant les courbes de ses yeux, l'arcade de ses sourcils, et la forme de sa bouche. Il était assez clair que physiquement, il l'emportait avec succès, mais pour le reste, il lui fallait encore en juger.
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Mer 10 Mai - 12:47

Cassiopeia aimait l’étude des runes selon les propos rapportés par l’un de ses sbires et ce n’était pas fortuit que Evan choisisse cette matière pour en vanter les mérites. Lui-même n’était en réalité pas vraiment mordu de runes. Depuis sa naissance - doublée d’un meurtre cruel - sa famille cherchait à l’écarter du nom de Rosier dont il était pourtant l’héritier le plus légitime par les droits du sang. Il n’avait ainsi pas bénéficié de la même éducation que ses cousins et on ne lui avait pas inculqué le goût de la lecture. Quand son cousin Achilles apprenait les lettres avec un précepteur ou Tsadkiel avec sa tante Phaedra, lui errait dans le jardin avec pour seule activité des cailloux à lancer dans l’étang. Il avait appris plus tard à lire grâce à son oncle Basil mais ne s’était jamais épanoui dans ce plaisir qui lui avait été trop longtemps défendu. Les seuls ouvrages qu’il avait jamais réussi à lire en entier sans s’ennuyer étaient ceux qui concernaient le quidditch et la métamorphose. Aussi il n’avait pas vraiment d’avis sur la question du vieux norrois et du northumbrien tardif hormis peut-être que le second dialecte lui paraissait - comme les notes qu’il avait déjà reçu sur ses devoirs en attestaient - plus hermétique que le premier. « J’aime bien l’idée de décoder les symboles pour percer les vieux secrets dont ils recèlent mais je ne sais pas si j’apprécie vraiment l’étude des runes. Pas autant que toi je pense si tu arrives à trouver le northumbrien tardif chantant … » avoua-t-il sans mentir - une fois n’est pas coutume - avec un sourire à la fois amusé et impressionné. Si les runes étaient comme des notes sur une partition son niveau à lui était encore trop piètre pour qu’il en entende la mélodie à la seule lecture. Il ne put s’empêcher de penser, un peu sadique, que son cousin et elle auraient été des partenaires de discussion idéaux. C’était une occasion qu’il n’était pas peu fier de leur avoir ôté.

Derrière l’allure d’homme fort qu’il aimait dégager, Evan n’était rien de plus qu’un sale gosse capricieux et impétueux. Ce sentiment de privation qu’il avait enduré quand il était enfant lui avait donné envie de tout avoir, et par dessus tout, l’intelligence de Tsadkiel. Il aurait aimé la lui voler comme on vole un jouet. Il lui était déjà arrivé de spolier son savoir en l’obligeant à lui faire ses devoirs mais cela ne l’avait jamais rendu plus intelligent que cela n’avait rendu son cousin idiot. Alors il préférait l’emmener sur son terrain de jeu à lui en érigeant la douce Cassiopeia Yaxley en un trophée qui ne lui était accessible qu’à lui aîné parmi les aînés. Et il trouvait de nouveau amusant la perspective de faire écrire ses parchemins à son cousin en étude des runes car il comptait bien impressionner Cassiopeia en la matière lors des prochains cours. Se dissimuler sous une feinte humilité lui plaisait plutôt bien dans cette attente si cela lui permettait de concrétiser avec celle qu’il entendait bien voir devenir sa future épouse de nouveaux rendez-vous sous le couvert de cours particuliers. « Je crois aussi bien en ton pouvoir à rendre les cris de mandragore que le northumbrien tardif chantant … » la flatta-t-il encore avec un joli sourire dans l’espoir d’obtenir ses bonnes grâces. Il espérait bien la séduire en la sensibilisant à ses compliments. Il lui laissait même le loisir de choisir ce qu’elle souhaitait voir flatter à travers eux : son savoir supérieur au sien pour les runes et la botanique ou son minois plus joli que celui de leurs professeurs. Quant à lui, il savait déjà que ses lèvres carmin le distrairaient très sûrement de chaque mot qui s’en échapperait. Si l’esprit de Cassiopeia l’intriguait, c’était bien son enveloppe qui le séduisait. Et l’écrin dans lequel elle évoluait ne changeait rien à l’affaire car il la trouvait aussi belle à l’intime lumière d’une bougie à la bibliothèque que sous celle éclatante du soleil qui traversait le verrière de la troisième serre. Son rire et sa voix le séduisaient par dessus tout. « C’est bien une demande de cours particulier et si tu crains que la bibliothèque soit trop distrayante, je te suivrai où tu voudras » ajouta-t-il en baissant ponctuellement la tête en bon prince. Il savait où il souhaitait emmener Cassiopeia à la fin de la promenade qui se dessinait entre eux et si tel était son bon plaisir de choisir le chemin qui les mènerait de toute façon à l’autel, il se plierait volontiers à sa volonté. L’héritière Yaxley ne lui avait pas encore accordé sa main et s’il entendait obtenir sur elle un pouvoir de mari, il savait qu’il faudrait d’abord jouer de son pouvoir plus doux de séducteur.

Et son instinct joueur lui soufflait que Cassiopeia l’enjoignait également en ce sens tandis qu’elle lui rappelait qu’il avait des compétiteurs dans le jeu qui se déroulait entre eux. Les Rosier attendaient encore la réponse des Yaxley et c’était bien pour cette raison qu’il avait entrepris de les réunir lors de ce rendez-vous improvisé. Si Evan aimait jouer pour gagner, il n’aimait pas non plus gagner sans jouer. Il resta silencieux à l’observer en se demandant si l’agressivité de son jeu était de nature à l’effrayer ou à la flatter et s’il fallait qu’il la lui dissimule ou dévoile. Que ce soit sur un terrain de quidditch, dans les couloirs du château ou même des demeures de leur famille, l’héritier Rosier n’était pas plus réputé pour son honnêteté que pour sa pitié. Il se demandait ce qu’elle savait déjà de lui - était-elle au courant de ses frasques à Poudlard et chez les Rosier ? - et plus encore ce qu’elle souhaitait voir chez lui. Car il ne lui raconterait pas la même histoire. Il se trouva ainsi déstabilisé pour la première fois depuis le début de leur entrevue et se mit à marcher dans l’allée baignée de soleil pour mieux s’éloigner d’elle et réfléchir. Un mince sourire étira ses lèvres quand elle lui concéda sa supériorité car il usait suffisamment de la flatterie pour savoir la reconnaître. « Tes autres prétendants sont-ils trop timides ou trop audacieux ? » demanda-t-il finalement avec une pointe de curiosité dans la voix tandis que ses pas l’avaient emmenés à l’autre bout de la serre. Il contourna l’îlot central de diverses plantes et fleurs et continua à avancer vers elle d’un pas ferme en retrouvant son regard. « En existe-t-il dont je devrais me méfier d’après toi ? » demanda-t-il encore car si elle considérait que lui devait peut-être se méfier, il ne souhaitait pas admettre que lui-même éprouvait une quelconque méfiance à l’égard des autres prétendants. Il aurait pourtant été curieux de connaître leur nom pour pouvoir mieux les écarter. Le coeur de Cassiopeia battait-il pour les jeunes hommes comme son cousin qui l’observaient le nez dissimulé dans leur bouquin sans oser lui parler ? Cela aurait promis d’être tout à fait amusant ! Il arriva finalement de nouveau face à elle et ne trouva cette fois-ci aucune feuille de mandragore dans ses cheveux comme prétexte à leur proximité. Il baissa de nouveau son regard dans le sien pour ajouter avec douceur. « Sache que si jamais c’est toi qui te méfie de l’un d’eux, tu peux me faire confiance pour t’en débarrasser ». Il lui adressa un fin sourire dans lequel dénotait une certaine excitation et l’enjoignit d’un regard à lui céder un nom. Evan avait assez envie de s’amuser à détruire une bonne âme et ne s’encombrerait certainement pas de vérifier la véracité des propos de Cassiopeia. Il aurait été assez heureux de lui apporter n’importe quelle tête sur un plateau pour la beauté de ses yeux fauves. Ces dangereuses intentions étaient lisibles.

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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Sam 13 Mai - 19:11

Cassiopeia eut un sourire sur le coin de ses lèvres, il était vrai que c'était chose ardue de trouver quelqu'un qui aime plus les runes qu'elle ne les aimait. Si les runes étaient un instrument de musique, alors elle était une harpiste talentueuse, dont les doigts couraient sur les cordes avec l'élégance de l'assurance. Son éducation avait toujours été soignée, même si on lui avait préféré son frère, elle avait suffisamment d'écart d'âge avec celui ci pour n'avoir pas été directement en concurrence avec lui. Quant à sa sœur, son état mental n'avait jamais permis qu'elle puisse recevoir une éducation aussi poussée. Ainsi, seul espoir de la famille, tant pour les alliances, que pour la descendance en cas de mort de son frère, on avait tout misé sur une éducation classique et rigide, même si pour cela certaines matières magiques furent délaissées. En plus des langues académiques apprises pour l'étude des runes, les dialectes anglo-saxons et le vieux norrois, on lui avait posé très tôt entre ses paumes des manuscrits en grec ancien, écrit par des sorcières comme Calypso ou Circée, afin qu'elle se familiarise avec une culture plus pointue encore. Grâce à cela, Cassiopeia est l'image parfaite de la femme du monde, capable de tenir une conversation sur l'usage du locatif dans les écrits alchimiques en norrois, et de passer ensuite à un débat sur les guerres civiles gobelines des derniers siècles. Modeste, mais pas non plus aveugle, elle avait conscience de sa valeur, elle est un produit d'exception qu'on ne produit guère plus par les temps qui courent, et sa mère l'avait éduquée dans ce but. Berenice Croupton, fille de Charis Black, n'aurait pu supporter que sa seconde fille soit désespérément banale ou décevante, comme la première l'avait été.
Néanmoins, si il était vrai que pour apprécier la sonorité de ces langues, il fallait généralement posséder un niveau assez exceptionnel, le chant pouvait faire ressortir les intonations particulières, et il suffisait pour cela de posséder une audition convenable.

« Je te chanterai quelques extraits, si ça t'intéresse … Pour que tu puisses te faire une idée » proposa-t-elle avec spontanéité, sans arrière pensées.

Un sourire fleurit sur ses lèvres lorsqu'il la flatta, elle douta qu'il soit seulement possible de rendre chantant le cris mortel des mandragores. Aurait-elle alors le pouvoir de rendre tout ce qu'elle abordait doté d'une grâce et d'une harmonie agréables ? Elle aurait aimé souhaiter que cela soit vrai, mais elle faisait plus qu'en douter, et qu'elle soit plus agréable à regarder et à écouter que le professeur Chourave, Cassiopeia avait tendance à penser que c'était quand même la moindre des choses.
La suivre où elle voudrait ? Cette proposition semblait trop belle pour être vraie, mais si elle le prenait au mot, alors elle ne pouvait espérer que ça ne soit pas une vaine flatterie, car cela représentait à ses yeux l'idéal d'un couple.

« Quelle éloquence, heureusement que je suis une femme bien éduquée, sinon je chercherais à vérifier tes propos en traversant les forêts de Transylvanie, et les bois d'Illyrie, de nuit et sans baguettes pour constater ta détermination. » Elle accompagna sa phrase d'un rire, elle savait qu'elle ne pouvait que se contenter de ces mots, qui pouvaient très bien ne rien signifier aux yeux d'Evan. « Dans ce cas, je serai ravie de t'apporter mon aide, je trouverai un lieu pour que nous puissions travailler ... » ajouta-t-elle avec un sourire ravissant.

Elle avait conscience qu'elle venait de lui promettre une suite à ce rendez-vous, puisqu'elle ne se méprenait pas sur le but de ses cours. Mais au moins grâce à cela, elle gardait l'initiative, et reprenait la place de celle qui lui accordait une faveur. Place qu'en tant que Yaxley, et qu'en tant que femme forte, elle appréciait autrement plus que la place de soumission qu'on aurait voulu qu'elle ait.
En réalité, elle avait envie de croire que le bonheur était possible avec Evan, elle avait envie de croire qu'elle puisse envisager une vie conjugale mêlant les aspirations de sa famille et les siennes. Mais, ce n'était pas seulement de son ressort, le jeune Rosier était intelligent, et de son attitude déprendrait la sienne, elle espérait qu'il en avait conscience.
Après s'être éloignée d'elle, et qu'elle ait eu peur d'avoir franchi la ligne de sécurité, il lui répondit. Avait-il peur de la concurrence ? Avait-elle réussi à éveiller l'instant de prédateur en lui, craignant qu'on ne prenne sa proie ?

« Cela dépend, certains sont plus timides que toi, d'autres trop audacieux, mais à tous je dois accorder l'attention que mon père veut que je leur accorde. »

Il revint vers elle, d'un pas déterminé, son regard planté dans ses iris. Il était clair maintenant qu'il sentait le danger que représentait ces autres hommes, avait-il conscience que parmi eux s'en trouvaient au sang et au prestige si ce n'est égal, voire supérieur ? Peut être qu'il s'avouerait sa méfiance, et sa jalousie naissante. Sa réponse sonna comme une confirmation, partielle. Il présentait la menace, comme seulement formulée aux yeux de Cassiopeia. Elle n'était pas dupe, mais devrait-elle l'encourager dans cette pente ? Peut être un peu, mais elle devait faire attention à qu'il n'y plonge pas trop. Elle lui répondit de sa voix la plus douce, ses prunelles détaillant la couleur des iris d'Evan :

« As-tu besoin de te méfier de quiconque ? Je suppose que certains ont plus les faveurs de mon père que toi, mais Merlin seul sait ce qu'il se passe dans sa tête. Tu voudrais que je plaide en ta faveur auprès de lui ? »

Elle termina sa phrase avec un sourire désarmant, mêlant l'innocence et la détermination. Il s'avança encore un peu, diminuant encore un peu la distance qui les séparait, et baissa ses yeux dans les siens. Elle soutient son regard, ses iris s'adoucissant dans la contemplation de son visage, et à l'écoute de sa phrase. Si elle avait eu un ennemi, elle lui aurait envoyé le jeune Rosier, elle aurait été sûre que le conflit aurait été prestement réglé.

« Je ne me méfie de personne, mon sang suffit à écarter les opportuns, et calmer les aventureux. Mais si jamais on me manquait de respect, j'ai la certitude que ce ne serait que de courte durée, avec toi à mes côtés. »

Sa phrase était tournée consciemment dans le but de lui faire comprendre, qu'être à ses côtés pouvait lui plaire. Lui accorder l'espoir qu'ils puissent se marier était une façon de lui donner l'envie de continuer à la séduire. Peut être qu'à force de la courtiser, il finirait par se prendre à son propre jeu, et être séduit ? Elle avait conscience de jouer avec le feu, mais elle préférait tenter, que de se laisser aller aux aléas du destin.
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Jeu 18 Mai - 13:49

Si Evan avait invité Cassiopeia aujourd’hui, c’était pour obtenir de la belle héritière un second rendez-vous. L’adolescent la courtisait avec une certaine prudence car il ne souhaitait pas l’effrayer. Il entendait approcher la jeune fille et il était primordial qu’elle se fourvoie dans un sentiment de confiance à son égard. Aussi si elle souhaitait partager avec lui sa passion du northumbrien tardif il assisterait à ce concert en défaussant l’intérêt à la patience. Et qui pouvait dire s’il ne se brûlerait pas les ailes en souhaitant voler si près du soleil ? Une infime partie de son âme trouvait intriguant sa sincérité et sa spontanéité à aimer cette ingrate matière. Sous le dessin de ses boucles parfaites, Cassiopeia en avait peut-être plus dans le crâne que sa belle apparence ne le laissait penser. Il commençait déjà à penser qu’il avait eu tort de la considérer comme une jolie coquille vide à l’image des ennuyeuses héritières qu’il était trop souvent amené à côtoyer. Il ne la trouvait pas pour autant profonde ou alors uniquement comme des matriochkas pouvaient l’être  en cachant constamment le vide dont elles recélaient sous les jours d’une autre poupée. Quand elle lui parlait de paisibles voyages dans les terres balkaniques colonisées, lui rêvait un peu plus loin des murs rouges du Kremlin de l’envahisseur. Rosier ne souhaitait pas uniquement posséder la main de Cassiopeia mais son âme à morceler. « Les vampires ne m’effraient pas » répondit-il de manière suffisamment vague pour ne pas professer de mensonges. Son ton avait été incisif et il l’adoucit d’un sourire amusé. « Mais je ne suis pas certain que Canopus Yaxley voit d’un bon œil une retraite anticipée de sa fille avec son plus farouche prétendant dans une lointaine forêts de cèdres ». Il est bien connu dans leur milieu que les patriarches des familles sont plus dangereux que les plus révulsant des êtres magiques. Et tout Orestes que Evan était par son second prénom, il ne souhaitait pas voir la famille Yaxley se transformait en Érinyes. Il avait une position suffisamment soumise aux houles dans sa propre famille pour ne pas souhaiter attirer à lui d’autres vents contraires. Circonstancier leur lieu d’études à Poudlard, au moins jusqu’à la fin de l’année, ne lui paraissait pas être une mauvaise idée. Les forêts de Transylvanie devraient attendre sa présence jusqu’à cet été puisqu’il avait répondu présent à l’invitation de l’héritière Travers de s’y rendre. Il espérait qu’elle ait également invité sa cousine qui aurait ainsi une belle occasion de vérifier ses propos.

A son tour, Cassiopeia se dissimula derrière l’autorité de son père. Et l’envie bravache prit instantanément Evan que sa houle se soulève en une grosse vague pour percuter ce nouveau vent contraire à sa volonté. Canopus Yaxley était-il aussi manipulateur et fourbe que Thanatos Rosier ? Son père Laomédon n’était que l’exécuteur de la volonté de son parent un jour, de son enfant le lendemain. Il signait et tamponnait les parchemins en se désintéressant complètement à leur contenu. Il aurait pu aussi sûrement signer le mariage que la condamnation de son unique héritier. Chez les Rosier, le véritable patriarche était bien Thanatos. Evan aurait été curieux de mettre la main sur la correspondance de son grand-père avec le père de la jeune fille pour connaître les mots que faisaient couler cette alliance. Lisaient-ils dans ce mariage un nouvel instrument de contrôle sur leurs enfants ou un aveu d’échec ? Une entente existait certainement entre les deux hommes qui irait ou s’opposerait au sens de sa volonté propre. Mais quelle que soit la fin de cette connivence, Evan entendait bien rester le seul maître de son destin. Il épouserait Cassiopeia envers ou contre tous. Il la détestait d’être aussi soumise à son père - comme il aurait paradoxalement souhaité qu’elle le lui soit - et trouvait écœurant le manège de ses fiançailles dans lequel elle semblait se complaire. Il désirait faire tomber les têtes de tous ceux que le père Yaxley aurait pu lui préférer comme il avait toujours souhaité sacrifier chacun de ses cousins avec lesquels il haïssant partager la pureté de son sang. Evan était violent et tyrannique et sa personnalité ne supportait aucune concurrence. Il ne répondit rien à Cassiopeia car il craignait de finir par vomir la violence de sa pensée s’ils s’avançaient trop sur ce terrain là.

La pensée qu’elle puisse plier la volonté de son père en sa faveur perça pourtant subrepticement sa haine pour apaiser sa sombre humeur et le réconforter. Il se trahit d’un haussement de sourcils étonné car ce bref jour éclaira une idée nouvelle. Cassiopeia avait-elle un réel pouvoir sur son père ? Il ne doutait pas à l’issue de ce premier rendez-vous qu’elle ait d’excellents talents de manipulatrice sur les hommes. Il avait l’intime conscience d’en être d’ailleurs la première victime bien qu’il ne sache pas encore dans quelle mesure. Un étrange sentiment le poussait en tout état de cause à penser qu’il serait plus fin de jouer dans le camp de la jeune fille que de celui de leurs aînés. Il aimait la manière dont elle le regardait et elle finit de l’adoucir. « Non » répondit-il enfin en fronçant les sourcils tandis qu’il se laissait surprendre par le sens d’une réponse qu’il n’avait pas réfléchie. Il recula pour retrouver appui contre le plan de travail afin de se défausser à son ensorcelante proximité. « Ou alors seulement si tu le souhaites … » reprit-il plus manipulateur avant de lui rendre son sourire désarmant car il entendait bien que Cassiopeia le choisisse lui et intimement lui.

Evan retint un léger rire quand sa promise lui indiqua qu’elle ne se méfiait de personne car il trouvait sa naïveté commode pour ses cruelles intentions. Il ne souhaitait pas l’épouser pour la rendre heureuse, c’était là sa dernière préoccupation. Lui souhaitait faire souffrir à la fois Tsadkiel et Azelma avec ce mariage mais n’oubliait pas que la victime principale - et pourtant tout à fait collatérale à son sens - serait sa future épouse. Le respect ? Voilà un mot qui serait tout à fait absent de leur future union car il ne pensait prendre chez Cassiopeia que ce qu’il souhaitait sans ne rien lui laisser d’autres que ses magnifiques yeux fauves qu’il brûlait de voir pleurer. « Je ne laisserais en effet personne te manquer de respect ou t’atteindre d’une quelconque façon » se plut-il à jouer avec les mots. « Et une partie de moi n’est pas mécontente d’avoir commencé avec la famille Travers … » ajouta-t-il avec une pointe d’amusement en croisant les bras. Evan se souvenait que Cassiopeia avait été promise à Niclas fut un temps. Cette alliance étant extérieure aux Rosier, il n’était pas dans la confidence de ce qui avait mis fin à cette possible union esquissée par deux des plus grandes familles de leur société. Ce qu’il savait par contre était que son revirement au sujet de ses propres fiançailles avec la cadette de la famille Travers avait été suffisamment soudain pour prendre à la gorge à la fois la jeune fille éconduite et l’entièreté de sa famille. Azelma frayait depuis avec un garçon qui n’avait pas même son nom sur le célèbre registre de Nott et Evan se plaisait à y lire de la détresse.

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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Lun 22 Mai - 0:28

Son ignorance au sujet d'Evan lui semblait, à mesure que leur rendez-vous se déroulait, une faiblesse qui l'empêchait de réussir à décrypter le sens derrière ses mots. Et elle ne doutait pas un seul instant qu'il y ait un second sens derrière les paroles séduisantes qu'il prononçait, car après tout, elle même utilisait le langage à son avantage. Par prudence, elle préférait accorder un crédit minimal à ses compliments, et une confiance précautionneuse à ses promesses. Là où elle était certaine de l'emporter, était dans l'ignorance qu'Evan avait d'elle. Cassiopeia n'avait jamais été un « personnage public » elle se confiait peu, et seulement à des amies de confiance qui généralement étaient des cousines par le sang. Aussi, elle ne doutait pas un seul instant, qu'il fut lui aussi dans une position difficile. Pour dire vrai, elle n'avait pas peur du jeune Rosier. Peut être un peu par orgueil, ou parce qu'elle avait la certitude d'avoir reçu un entraînement intensif à force de repousser les avances multiples et variées que son physique et son nom n'avaient pas manqué d'entraîner. Il n'avait pas peur des vampires ? On pourrait penser qu'il s'agirait d'une attitude sage, que de les craindre. Elle les craignait, car elle n'avait pas envie de mourir prématurément, peut-être lui devrait-il craindre la mort un peu plus. Son ton était incisif, son orgueil était-il si à fleur de peau, qu'une seule phrase pouvait réveiller la crainte de l'humiliation ? Cassiopeia trouva sa constatation surprenante, mais lui adressa un sourire de façade, Canopus Phineas Procyon Marcus Yaxley ne voyait pas d'un bon œil n'importe quelle action qu'elle eut pu faire sans son consentement direct. Et partir avec un prétendant, qui avait rompu des fiançailles et n'était donc pas fiable, dans une forêt située à plus de d'une dizaine de kilomètres d'un membre de la famille Yaxley, n'était définitivement pas dans les actions qu'il pouvait trouver acceptables. Elle garda la tête haute et son sourire, pour lui répondre d'une voix pragmatique :

« Je ne suis pas certaine que Canopus Yaxley voit d'un bon œil la moindre action de sa fille, en rapport avec un garçon, sans que celui ci ait reçu son assentiment officiel. »

Cassiopeia ne doutait pas un seul instant, que quoi qu'il arrive, son père ne pourrait jamais supporter l'homme qui épouserait sa fille, quel qu'il soit, quel que soit son nom, son sang, et l'officialité de leur fiançailles. Il était le genre d'homme, qui ne peut tolérer la présence d'un concurrent à son autorité. Et il était vrai, que derrière les apparences patriarcales de sa famille et la domination de son père, elle demeurait la seconde héritière et la plus probable. Son frère était parmi les mangemorts, et il était de notoriété commune, que se marier et avoir des enfants était une chose ardue lorsqu'on le passait la majorité de son temps libre à torturer des sangs-impurs. Aussi, tous avaient conscience qu'un jour ou l'autre, elle finirait par diriger la famille Yaxley, et si elle avait eu un cousin de son nom, nul doute qu'on le lui aurait déjà fait épouser. Ainsi, si son père se résignait à ce qu'elle épouse Evan, cela ne serait pas le sourire aux lèvres, et elle se doutait que leur contrat de mariage serait écrit dans l'intérêt de la famille Yaxley, qui par chance, coïncidait avec son propre intérêt.
Elle reporta son attention sur Evan, car celui ci à l'écoute de sa précédente réponse, avait contracté ses sourcils, il ne répondait pas mais une lueur froide et tranchante comme l'acier traversa son regard. Cassiopeia, un instant, eut peur. Elle détourna son visage, pour dissimuler le trouble que lui inspirait la vision de ses prunelles glaciales. N'avait-elle pas répondu ce qu'on aurait voulu qu'elle réponde ? Elle aurait dédaigné l'autorité du père et de ses prétendants, qu'il aurait sans doute été tout autant contrarié. Qu'attendait-il d'elle ? La modernité et l'indépendance, ou le traditionalisme et la soumission ? Elle n'avait pas envie d'avoir à passer le reste de son existence à traduire une texte de runes, d'une langue qu'elle ne comprenait pas. Si il s'enfermait dans l'hermétisme de ses désirs, sans les expliciter, et sans leur donner de logique, alors elle ne chercherait bientôt plus à les remplir, et à le contenter. Elle voulait bien lui accorder l'attention qu'un époux méritait, mais si en réponse elle recevait le comportement d'un chien enragé, alors elle n'aurait d'autre choix que de répondre à l'attaque par l'attaque. Et elle ne doutait pas un instant, que si les attaques d'Evan étaient fines, les siennes avaient eu le mérite de recevoir l'enseignement de décennies passées à obéir et à se venger dans l'ombre. Derrière sa douceur, elle ne manquait ni d'armes, ni d'un certain sadisme envers ceux qui pouvaient la faire souffrir. Si il cherchait à la détruire, alors elle prendrait soin de brûler l'entièreté de son existence avant. Mais si, il se découvrait l'âme fine, et l'esprit stratège, et qu'il comprenait que la paix et la tranquillité était tout ce qu'elle demandait, alors elle serait la plus douce et délicate des épouses ainsi qu'une précieuse alliée. Faire le bonheur de son mariage, était un objectif qu'elle se savait capable de se fixer, et apporter son soutien à son époux ou fermer les yeux sur un comportement décalé, du moment qu'elle avait accès à une certaine liberté, n'était pas hors de sa portée. Elle savait se contenter de peu, et voir son ambition à la baisse, mais il ne devait pas oublier que si les roses étaient belles et parfumées, elles ne manquaient pas d'épines acérées.
Elle attarda son regard sur l'armoise qui fleurissait à sa droite, une belle plante aux tiges solides et aux feuilles fermes, ses branches florales ployaient sous le poids des fleurs à la limite d'en rompre. Le parfum de celles ci se faisait de plus en plus entêtant, et même si elle l'appréciait, elle eut envie de changer d'air. Elle contourna plusieurs pots, le plan de travail ; et donc Evan ; pour se diriger vers un espace où l'air lui semblait plus pur, et moins alourdi par les senteurs florales. Satisfaite du lieu où elle se trouvait, elle se retourna, et déposa de nouveaux ses yeux sur le visage du jeune Rosier, il semblait s'être adouci, et ses sourcils étaient haussés, surpris qu'elle puisse intervenir en sa faveur. Si Cassiopeia avait un pouvoir sur son père ? C'était peut être un peu excessif de considérer qu'elle le contrôlait, mais elle connaissait sa manière de penser, et savait en jouer. Ce n'était pas difficile, son père malgré son sadisme et sa sournoiserie basse, avait des mécanismes qu'il répétait sans cesse, sans originalité. Ainsi, elle avait eu le temps de voir la presque totalité de ses capacités d'action et avait appris à le manipuler. Grâce à cela, elle avait réussi à arracher quelques parcelles de liberté dans le cadre étouffant des conventions de son monde. Si elle sortait sans autorisation, elle détournait l'attention de son père sur des rumeurs qu'elle avait pu entendre, si elle protégeait un elfe de maison de la fureur de son paternel, elle lui rappelait le prix exorbitant que valait ces créatures. Pour quelqu'un qui connaissait la psychologie de Canopus Yaxley, rien n'était plus simple que de le manipuler, mais encore fallait-il avoir cette connaissance. Cassiopeia pouvait se vanter de réussir à cerner les personnes qui la fréquentaient, et de parvenir à les analyser. Mais ce talent, ne semblait pas marcher sur Evan Rosier, son esprit lui échappait comme de la fumée qu'elle aurait voulu saisir entre ses doigts. A défaut, son délicat sourire acheva d'adoucir le jeune Rosier, le contrôle de son corps et la séduction qu'elle possédait, était peut être le seul de ses talent à marcher sur Evan. Il sembla refuser son aide dans un premier temps, s'écartant pour reprendre appui contre le plan de travail, avant d'ajouter finalement avec un sourire ravissant qui fit son effet sur Cassiopeia, une réponse qui lui laissait les clefs en mains pour le favoriser. A trop jouer, elle était piégée. Si elle répondait par l'affirmative, alors elle s'avouerait comme une proie déjà capturée, si elle déniait, elle l'outrageait

« Il faudra y réfléchir … Ce n'est pas le genre de chose à faire à la légère. » Commença-t-elle, avant d'ajouter avec un sourire joueur ;« Quelles qualités devrais-je mettre en lumière chez toi ? »

Elle haussa un sourcil délicat, lorsqu'il lui partagea sa joie d'avoir mécontenté la famille Travers. Soit il s'agissait d'inconscience, soit il n'avait pas mesuré la portée de son geste, on n'humiliait pas l'héritière et la famille Travers, sans en payer les conséquences. Jamais elle n'aurait osé rompre ses fiançailles avec Niclas, à sa place. Déjà parce qu'elle avait été sensible aux « arguments » de Niclas, mais surtout parce qu'il était difficile d'échapper à la colère de cette famille, dans leur petit monde. Un instant, elle se sentit pion dans son jeu, alors qu'elle se voulait reine. Elle abaissa momentanément son sourire, son regard jaugeant Evan à la hauteur de ce qu'il venait de faire transparaître. Était-ce pour elle qu'il avait voulu mécontenter les Travers ? Elle avait du mal à y croire. Mais une chose était certaine, cette humiliation lui semblait un obstacle à leur mariage, les familles Yaxley et Travers étaient si proche, qu'on aurait pu croire qu'elles ne formaient qu'un seul ensemble. Alors si son père devait considérer la prétention du jeune Evan à la lumière de cet incident, et à la hauteur de sa famille, il était plus que probable qu'il lui préfère une personne plus « contrôlable » et moins imprévisible. Cassiopeia, elle, n'avait à dire vrai qu'une certaine satisfaction à imaginer le cataclysme que ce mariage pouvait engendrer dans leur milieu. Elle n'avait jamais vraiment apprécié Azelma, alors elle n'allait pas pleurer sur son sort. Mais est-ce que ce plaisir valait la peine de risquer son destin dans les mains d'un homme capable de mécontenter sa famille, et l'une des plus puissantes de Grande-Bretagne ?

« Quelle sera la prochaine victime ? » Demanda-t-elle avec un sourire à la fois innocent, et amusée, ajoutant ensuite : « Tu n'as mécontenté que la famille Travers, les tiens n'ont donc pas protesté à l'annonce de ce changement de … projet ?  »

Elle acheva sa phrase d'une voix mimant parfaitement le questionnement et la surprise, mais elle ne doutait pas instant que cet arrangement millénaire rompu avait dû provoquer une guerre civile à l'intérieur des Rosiers. Simuler l'innocence et l'ignorance était un acte stratégique à ses yeux, s'il la surestimait, elle ne paraîtrait que plus fade le jour où il ouvrirait les yeux. Mais si elle se révélait un peu plus complexe à mesure qu'il se rapproche, alors il y avait de fortes chances qu'il cherche à en savoir plus encore, et la poursuive de ses assiduités. Jouer avec ses fiançailles avait quelque chose d'intensément jouissif aux yeux de Cassiopeia, elle prenait plaisir à déceler le pouvoir que le moment le plus important de sa vie recelait, c'est à dire son mariage, mais aussi à expérimenter les libertés qu'elle pouvait se permettre pour la première fois de sa vie. Mais, elle doutait qu'Evan soit une personne avec laquelle on puisse jouer, et s'en sortir indemne.
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SERPENTARD
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Mer 24 Mai - 12:09

Les patriarches des grandes familles étaient pétris de qualités peu enviables mais l’une d’elles qu’on ne pouvait décemment leur retirer était d’être doués sinon de sagesse au moins de bon sens quand le sujet touchait à leurs petites affaires. Un fin sourire traversa le visage d’Evan quand Cassiopeia laissa supposer que son père serait défavorable à un rendez-vous des deux adolescents loin de sa vigilance. Et pour cause les intentions du jeune homme à l’égard de l’héritière ne se référaient pas toutes à la noblesse d’un mariage. Evan ne s’était pas embêté d’une demande officielle avant d’attirer la jeune fille jusqu’à ses angéliques filets aujourd’hui et il ne souhaitait pas changer cette coutume propre à son arrogance. Il avait toujours été plus à l’aise pour évoluer en dehors des conventions sociales de leur milieu qu’en dedans et il aurait aimé que Cassiopeia en ait également le goût. Le vent de liberté qui exhalait autour de l’étouffant carcan de leurs familles, quel héritier ne s’était jamais surpris à vouloir en sentir le souffle entre ses doigts ? Rosier soupçonnait les mœurs de la jeune fille d’être aussi pincés que ne l’était sa chevelure. Il aurait aimé lui ôter une de ses barrettes comme on fait céder le barreau d’une geôle et voir une mèche sauvage s’échapper de sa coiffure impeccable. Il était persuadé qu’elle n’aurait rien perdu de ses attraits. Il sortit de sa torpeur contemplative en clignant doucement des yeux pour redevenir un homme pragmatique. « J’ai été invité à passer une partie des vacances dans le château des Travers en Transylvanie, joins toi à la compagnie rassemblée par ta cousine et je te prendrai au mot. Canopus m’a tout l’air d’être un homme sage mais je doute qu’il soit omniscient » le sous-estima-t-il sans doute un peu comme chacun de ses adversaires car un père et un prétendant ne jouent jamais tout à fait dans le même camp.

Cassiopeia se déplaça et Evan ne la lâcha pas du regard car ses lèvres carmins étaient plus attrayantes que toutes les autres fleurs alentour. S’il la pressait du regard, il ne la pressait pas de ses mots. Il ne souhaitait pas lui donner l’impression de remplacer son patriarche par un époux.  La graine d’une pensée que l’on plante dans le terreau d’un esprit et qu’on laisse librement grandir est plus viable. Ainsi Rosier ne demanderait pas à Cassiopeia de plaider en sa faveur auprès de son père. Cette parole qu’elle aurait pour l’un de ses prétendants serait le pont entre son statut de fille et d’épouse et d’enfant et de femme. Il souhaitait la voir s’égarer hors de l’enclos et se tromper dans ce premier - et unique ? - acte de liberté qui accompagnait son existence d’héritière Yaxley. L’arrogant adolescent croisa les bras et se tourna complètement vers elle sans pour autant quitter l’appui du plan de travail quand sa camarade souhaita jouer à son tour. Rosier ne s’était pas attendu à se voir interrogé sur ses qualités et hésita un instant à se faire passer pour un saint homme. Le pari était risqué compte tenu du fait qu’il ignore encore ce que Cassiopeia connaissait ou pas de lui et de sa réputation. « Tu peux dire à ton père que je suis quelqu’un de très déterminé … » articula-t-il finalement avec sérieux avant qu’un sourire amusé n’adoucisse son visage. « Il serait sans doute préférable que tu taises mes autres qualités car je ne pense pas que ton père les considère comme telles ». Evan quitta finalement le plan de travail pour avancer vers l’espace où s’était précédemment tenue Cassiopeia. Les effluves de son doux parfum avaient été étouffées par celui des fleurs d’armoise et il glissa ses doigts comme un ciseau sur une tige avant de tirer dessus pour dépouiller la plante de ses fleurs qui sautèrent au sol comme une pluie de perles blanches. « Ce n’est pas ton père que je veux séduire mais toi … » confessa-t-il enfin avant de laisser un léger rire le traverser. « Tu m’excuseras auprès de lui car je suis persuadé que c’est un homme admirable mais je doute qu’il ait plus de la moitié de ta beauté et de ton charme ». Evan releva finalement ses prunelles vers celles de Cassiopeia pour lui adresser un sourire doux. « Et je te fais confiance pour le conduire lui, ainsi que tous les hommes dont tu croiseras le chemin, là où tu le voudras ». Mais il n’avait pas encore répondu à sa question et il était plutôt en position d’exécuter ses moindres grâces alors il lui répondit enfin après son numéro de beau parleur. « Et si tu me dis où tu veux aller Cassiopeia, il n’existe nul endroit où ma détermination, mon insoumission et mon impétuosité fine ou brutale ne sauraient t’accompagner. Et je ne parle pas uniquement des froids pays situés à l’Est … ». Il ne doutait pas que Canopus Yaxley préfère confier la main de sa fille à un pantin malléable et second au titre d’héritier comme son cousin Achilles. Le fils d’Hypnos, s’il était aussi féroce et impitoyable que lui, dirigeait sa colère contre ceux qu’on lui avait appris à attaquer. Le fils de Laomédon était premier au titre d’héritier et n’était pas un chien si bien dressé. Il grognait contre les moldus et mordait les sang de bourbe mais c’était la chair dont était issue la sienne qu’il rêvait de déchirer entre ses crocs. « Je ne désire pas me marier pour perpétuer les traditions de nos vieilles familles mais pour m’en émanciper » lui confessa-t-il en déposant ses dernières cartes sur le tapis. Il ouvrit finalement les bras comme s’il s’était ainsi mis à nu et lui adressa un sourire un brin provocateur. « Libre à toi de me défendre ou de me descendre auprès de ton père … ce qui me laisse penser que ta décision d’y réfléchir est sans doute la plus juste » conclut-il finalement pour agréer ses derniers propos.

Il avait bien fallu choisir un masque au cours de ce premier rendez-vous et l’héritier se sentait assez soulagé d’avoir brandi celui qu’il considérait comme étant le plus proche de la vérité. Evan était manipulateur et capable de mentir sur bien des choses pour arriver à ses fins mais son désir de marcher en dehors des traces de ses aïeux ? Le sujet lui était trop sensible pour qu’il ne se trahisse pas. Quand Cassiopeia lui demanda pourtant quelle était sa prochaine victime, il ne fut pas assez audacieux pour répondre par son propre nom de Rosier. Et puis il avait bien quelques noms en tête sur lesquels racler sa lame avant qu’elle ne soit parfaitement aiguisée pour percer son blason. Powell, Rozen, Wadge lui venaient en tête. Evan préféra s’employer à répondre à la seconde partie de son interrogation. « Les Rosier préfèrent voir mes fiançailles dissolues plutôt que de laisser penser que notre famille est dissolue … » répondit simplement le garçon par une vérité qu’il avait mis du temps à déceler. Lorsqu’il avait publiquement annoncé la rupture de ses fiançailles avec son amie d’enfance sans prendre conseil de son père ni de son grand-père, il avait pris la première décision unilatérale de sa vie et avait eu le sentiment enorgueillissant d’embrasser son titre. Rosier souriait car il n’avait pas encore payé le prix des représailles. Une fois que l’on sait sur quelle ficelle tirer, on devient le marionnettiste des quelques autres fous de la scène. N’était-ce pas cela être le patriarche d’une famille ? Que la mort emporte ce vieux Thanatos. « C’est aussi le cas de ta famille, non ? » la questionna-t-il avec une once de provocation au sujet de ses fiançailles brisées avec Niclas car il lui semblait qu’elle en avait été plus victime que maîtresse.

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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Sam 27 Mai - 12:15

Cassiopeia avait peu de rêve dans sa vie, peu d'ambition. Le seul désir qui sommeillait au plus profond de son âme, était de n'être jamais plus manipulée. Le bien et le mal, n'était pas des concepts qui l'intéressaient, elle avait sa propre morale. Celle ci se basait sur certaines considérations relevant de l'empathie, comme son dégoût du meurtre et de la violence irréfléchie, mais aussi sur une part de cynisme. Lorsqu'on est élevée, aimée, dans le seul but de fournir une descendance à une dynastie au sang pur. Lorsque la seule valeur que l'on possède, n'est que le liquide qui coule dans ses veines, et le ventre capable de porter des héritiers. Alors, on ne peut que se conformer aux injonctions d'une tradition qui a régi bien des femmes avant elle. Cassiopeia ne pouvait penser avoir une autre valeur, que celle qu'on lui avait inculquée. Bien sûr, elle s'imaginait libre et se souhaitait indépendante. Mais au fond d'elle même, les échos de l'éducation que toute sa vie elle avait reçu, résonnaient encore. Obéir à son père, et épouser un sang-pur lui semblait le seul moyen pour elle d'atteindre une existence heureuse, elle ne pouvait imaginer enfreindre cette loi. Mais néanmoins, elle n'obéissait jamais tout à fait, et comme sa psychologie était une synthèse entre des idéaux de liberté et de vieilles traditions, sa volonté d'épouser un homme était elle aussi à mi-chemin. Un sang-pur, oui, mais un sang-pur qui ne se conforme pas aux préceptes de sa famille. Elle avait trop lutté, trop enduré, et s'était trop tue, pour supporter de condamner son avenir à la répétition des schémas du passé. Ainsi, à ses yeux, Evan représentait cette possibilité. L'aimerait-elle ? Elle ne saurait dire. La respecterait-elle ? Elle ne saurait dire. Seraient-ils heureux ? Elle ne saurait dire. Mais une chose était sûre, si elle réussissait à imposer le jeune Rosier aux siens, elle gagnerait une bataille symbolique. L'émancipation, et le rejet des règles de son père, tout en préservant les apparences d'un conformisme sans tâches.
Elle aimait renvoyer une image classique, et fidèle aux règles de son milieu. Elle n'avait jamais aimé révéler son jeu, et ses convictions, avant de connaître les enjeux. Ce qu'elle pensait, restait dans ses pensées. Son père avait pris l'habitude de pratiquer l'occlumancie sur ses filles pour les surveiller mieux encore, et Cassiopeia pour se protéger, avait appris à cacher ses plus profondes réflexions dans un écrin inatteignable de son esprit.
Un instant, sans rien laisser paraître sur les traits aimables de son visage, elle désira rejoindre le groupe en Transylvanie. Une part de son esprit, lui susurra les délices qu'elle pourrait trouver dans le regard déconfit et blessé de sa jeune cousine. Mais, elle prit conscience des dangers qui la guettaient. Dans ce château, elle serait à la merci d'Evan, et si d'ici là elle n'avait pas déjà succombé aux charmes du jeune Rosier, elle ne doutait pas que cet endroit signerait sa perte. Peut être serait-il plus habille de laisser flotter le parfum du désir, et de la distance cet été. Et par sécurité, elle préférait se tenir à distance des manipulations de sa cousine, elle connaissait assez les Travers pour connaître leurs facettes les plus sombres.

« J'essayerai de m'y rendre, mais je ne crois pas avoir reçu d'invitation d'Azelma ; prononça-t-elle avec précaution, écartant de son esprit l'image de la lettre qu'elle avait reçu et cachée pour être convaincante, avant de poursuivre d'un ton plus doux et plus sincère ; Et je dois dire que remettre en question la limite des perceptions de mon père, m'enchanterait. »

Elle n'avait pas à dissimuler la lutte qu'elle avait avec son père. Evan partagerait son lit et son quotidien s'il se mariait, elle n'allait pas simuler une adoration aveugle envers son paternel. Elle aurait voulu la feindre, qu'elle en aurait été bien incapable, cet homme était d'un sadisme et d'une violence rare. Sa mère, suite à une « affaire » qu'elle avait eu après la naissance de ses trois enfants, avait subi le courroux de son père. Sa sœur et elle ne l'avaient pas revue pendant plusieurs mois. Et lorsqu'elle était revenue, son regard n'avait plus le même éclat. Comment un être comme lui aurait-il pu être apprécié, ou aimé ? Mais, le pire était sans doute la froide intelligence qui régissait ses actions, elle était mécanique, froide, et terriblement efficace. Entre le père et la fille, deux égaux se jaugeaient, Cassiopeia avait conscience d'être la seule de sa famille à posséder des capacités intellectuelles égales à celles de son père, et son seul défaut avait été d'être née avec le mauvais sexe.
Elle cilla, sortant de ses pensées pour reporter son attention sur Evan. Celui ci était adossé au plan de travail, les bras croisés, et semblait prendre son temps pour formuler sa réponse. Elle ne doutait pas un instant d'avoir trouvé dans le jeune Rosier, un égal dans la manipulation des mots et des esprits. Elle réprima un sourire distrait, lorsqu'elle imagina leur force s'ils s'alliaient. Quoi, ou qui pourrait alors leur résister ? Pour l'encourager dans sa réponse, elle releva ses prunelles dans les siennes, ne dissimulant pas cette fois ci un sourire appréciateur lorsqu'il mentionna son caractère très déterminé. Même si cela signifiait qu'il lui serait plus ardu de le manipuler que d'autres esprits plus faibles, elle trouvait un certain charme à voir en lui un individu fort et à la volonté ferme. Elle approuva d'un hochement de tête distingué la suite de sa réponse, se doutant que Canopus Yaxley ne verrait pas beaucoup de qualités dans son beau-fils. Elle suivit du regard le mouvement d'Evan, qui se dirigea vers l'endroit où elle se tenait quelques instants auparavant, qu'un instant elle regretta d'avoir quitté, et régla leur compte à la multitude de fleur d'armoise qui recouvrait une des hampes de la plante en pot. C'était un spectacle assez poétique, que de voir ruisseler sur le sol ces fleurs si fines, qui rebondissaient avant de s'éparpiller.
Il ajouta alors, à ce moment opportun, qu'il préférait la séduire, à son père. Elle laissa fleurir un sourire amusé sur ses lèvres, reconnaissant son bon mot, avant de répondre d'une voix laissant entendre un rire :

« Tu es excusé ; prononça-t-elle d'un ton volontairement cérémonieux et joueur, poursuivant ensuite en soutenant le regard du jeune Rosier : Peut être les conduirais-je à leur perte alors ? Même si je ne souhaite pas l'échec de tous … »
Elle maintint ses iris plongés dans les prunelles d'Evan, intensément, lui laissant entendre qu'elle souhaitait sa réussite. Suite à cela, elle détourna son visage chastement, sans pour autant détourner son attention du jeune homme, restant attentive à ses mots. Cela lui plaisait d'imaginer que le jeune homme puisse l'accompagner, et que tout deux ils puissent devenir une paire indomptable, parcourant le monde pour le découvrir. Elle espérait que ces mots ne soient pas prononcés comme des promesses vides de sens, car elles lui plaisaient. A l'écoute de ses dernières paroles, elle pencha son visage sur le côté, un délicat sourire sur celui ci, s'émanciper des anciennes traditions ? Cela ne pouvait que lui plaire. Elle avança d'un pas lent et élégant, longeant les pots et jarres débordant de fleurs et de plantes, s'approchant de lui pour lui demander finalement, de sa voix la plus énigmatique et douce :

« Comment ce mariage t'émanciperait des anciennes traditions ? Elle attarda ses yeux sur ses lèvres, avant de les remonter dans ses iris d'un vert si atypique, la curiosité perçant dans sa voix. Après un cours silence, elle se décida à révéler une part de son propre jeu : Je recherche la même chose dans ce mariage, mais comment apporterais-tu cette émancipation ? »

Cette dernière question était sans doute la plus importante qu'elle lui ait posé depuis le début de leur rendez-vous. La réponse à celle ci, déterminerait l'intérêt qu'elle lui accorderait, car elle portait beaucoup d'espoir dans Evan, et dans sa capacité à déstabiliser son monde et sa famille.
Si elle le descendrait ou l’élogierait ? Pour toute réponse, elle lui adressa un beau sourire. Elle même ne le savait pas encore, alors elle attendrait d'être sûre de ce qui lui serait le plus profitable avant de lui révéler ses intentions.
Cassiopeia laissa courir son regard sur l'ensemble de la serre, s'interrogeant dans ses pensées, si ce qu'elle avait montré d'elle depuis le début du rendez-vous avait été à la hauteur de ce qu'Evan attendait. Elle espérait sincèrement avoir dépassé ses attentes, et l'avoir surpris, tout comme le jeune Rosier l'avait surpris, et avait dépassé ses attentes. Elle reporta son attention sur ce dernier, qui évita de répondre à la première partie de sa question, ce qu'elle nota sans pour autant s'en formaliser, avant de l'éclairer sur quelque chose dont elle se doutait déjà. Les bienséances et l'impression d'ordre étaient primordiales dans leurs vieux mondes poussiéreux. On pouvait s’entre-tuer, on pouvait se combattre, mais officiellement toujours nous devions rester unis, et loyaux envers nos familles. Alors cela ne la surprenait pas que la famille Rosier applique cette sainte maxime. Elle ne s'attendait cependant pas à ce qu'il lui retourne la question, et un instant elle resta décontenancée. Ses fiançailles avec Niclas … Lointains échos d'un passé qu'elle aurait préféré oublier. L'humiliation qu'elle avait ressenti lors de leur rupture était toujours là, affleurant à la surface de son esprit. Oui, bien sûr que c'était ainsi dans sa famille, les Yaxley prétendaient à une élégance et un raffinement qui ne pouvaient aller de pair avec une guerre civile interne. Cependant, la situation était bien différente, la conclusion comme la rupture de ses fiançailles avec Niclas avaient été l’œuvre des deux paternels, qui étaient cousins par le sang, et frères par le mariage. Elle prononça sa réponse d'une voix précautionneuse, et pensive, fronçant délicatement ses sourcils :

« Ma famille préfère les arrangements à l'amiable, jamais des fiançailles n'ont été rompues sans l'accord inconditionnel de mon paternel. Tout est toujours calculé, prémédité, et rien n'échappe au contrôle de mon père, pas même sa fille, ou son neveu. »

Elle releva ses prunelles et son minois vers Evan, les traits songeurs. Elle se doutait qu'il lui avait posé cette question pour la mettre en difficulté, mais elle n'en était pas choquée. Après tout, elle n'avait cessé de jouer au même jeu. Cassiopeia décida de changer l'orientation de leur conversation, demandant avec un sourire intrigué, et sincèrement curieux :

« Que comptes-tu faire après Poudlard ? Et quelle place aurait une épouse à tes côtés ? »

Néanmoins, elle considéra que sa question était plus piégeuse qu'elle ne l'avait voulue, mais cela la satisfaisait, il lui serait intéressant de voir son point de vue sur cette considération. Pour dire vrai, la joute oratoire qu'ils exerçaient, dans le respect et le jeu mutuel, lui plaisait. Car pour époux, elle cherchait un égal, pas un inférieur. Et Evan était à ses yeux ce qui se rapprochait le plus de ce qu'elle recherchait.
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MessageSujet: Re: Je ne vois rien que le soleil qui poudroie | SUJET CLOS Sam 3 Juin - 20:34

La parfaite petite fille de grande famille joliment incarnée par Azelma Travers avait donc omis de convier Cassiopeia à son rassemblement estival ? Rosier qui n’était pas vraiment curieux de l’état des relations entre les deux cousines ne posa aucune question mais eut un mince sourire. L’idée que Travers se rebelle à son tour contre les dictats familiaux lui plaisait. Qu’en était-il de l’héritière Yaxley ? Son sourire s’agrandit plus largement tandis que la suite de la réponse parvenait à ses oreilles car il était heureux d’avoir vu juste et rien n’était plus séduisant qu’une jeune fille indocile pourvu qu’elle fasse de lui son instrument d’affranchissement. Il avait tôt gagné une réputation de séducteur et de beau parleur au château - encouragé par quelques idiotes qui consacraient leur temps à mener campagne contre lui plutôt que de le passer à s’exercer à l’incrédulité  - et savait balayer de quelques bons mots les principes des filles les plus prudes d'illustre lignée. Il souhaitait férocement courtiser celle dont il souhaitait faire sa promise en profitant de l’insouciance qui accompagnait des vacances d’été loin des manigances de leur patriarche. « Alors plie-la à ta volonté » l’encouragea-t-il. « Si tu ne le fais ni pour toi ni pour moi, fais-le au moins pour les hiboux car rappelle-toi du carnage qui menace leur espèce toute entière … » s’amusa-t-il avec un petit rire mais en lui lançant un regard entendu. Rosier était un garçon très déterminé et que la farouche Northumbrienne le gratifie ou non de sa présence pendant les vacances, il comptait bien lui écrire pour ne pas se faire oublier d’elle si facilement une fois qu’elle aurait quitté l’école.

Cassiopeia semblait avoir également un caractère joueur et le goût des mots et Evan appréciait sa manière de souffler le chaud et le froid. Elle ne se laissait pas intimidée ni atteindre comme d’autres et il éprouvait un véritable plaisir à voir ses avances ainsi encouragées comme n’importe quel autre garçon de son âge. La jeune fille était à bien des égards plus effacée et mystérieuse que de nombreuses autres élèves de leur maison. Evan commençait à réaliser qu’il s’était fourvoyé en se la représentant trop promptement comme une jeune fille frigide. Il s’était déjà égaré à regarder sa jolie silhouette les années précédentes comme de nombreux autres camarades de sa maison. Combien de fois avait-il entendu l’un de ses amis parier des gallions sur le fait qu’il la séduirait pour s’insuffler un peu de courage avant de lui courir après à la sortie d’une classe ? Evan courrait alors d’autres pouliches à ce moment-là qu’il qualifiait volontiers de plus pulpeuses auprès de ses amis mais qu’il pensait aussi à tort ou raison être des proies plus faciles aussi. Cassiopeia s’était toujours entourée d’une aura de froideur qui le décourageait. Il y avait généralement les filles un peu pestes comme Azelma, Daisy ou Astrid qu’il aimait affronter ; et les autres comme Lottie, Neil ou Luzia qu’il aimait séduire. C’était bien la première fois qu’il mêlait ces deux plaisirs en une seule conversation et il souhaitait la séduire violemment. Il fut décontenancé de la voir de nouveau se risquer à l’approcher en dardant son regard intense dans le sien. Sa respiration s’était faite plus rapide tandis qu’il se surprenait à rêver du baiser qu’il aurait pu arracher à ses lèvres surprises. Il écouta à peine ses propos et se laissa ensorcelé par le regard qu’elle baissa vers les siennes. Il esquissa un mouvement vers elle à l’instant où elle se retournait avec une nouvelle question. Il prolongea son mouvement pour venir poser sa main brutalement sur la table qui lui faisait face et accusa le coup en serrant les mâchoires. Le moment était passé aussi rapidement qu’un vif d’or. Et quel dommage car ce geste hardi était bien la seule réponse qu’il pouvait s’autoriser à lui dévoiler à ce stade de leur jeu …

Evan ne souhaitait pas seulement s’éloigner de sa famille mais la voir brûler sur l’autel de son ambition malsaine et démesurée. Son nom qu’il chérissait et haïssait il l’aurait aimé inconditionnellement si seulement il était seul à le porter. Le temps ferait vite le travail concernant son vieux renard de grand-père mais il n’aurait pas la patience d’attendre concernant son cousin Achilles. il se permit une longue inspiration pour chercher une réponse convenable. « Je veux aller là où ma famille n’est pas et ne m’attend pas » répondit-il avec une franche brutalité. L’ennui était que les Rosier étaient déjà présents partout dans les hautes sphères aussi bien dans celles du gouvernement que dans celles des investissements privés et même dans le rang des adeptes de ce nouveau lord dont personne n’osait prononcer le nom. Cassiopeia avait certes le don de dépeindre justement le portrait de sa grande famille parmi les plus grandes toutes tirées du même vieux modèle patriarcale. Il acquiesça sans parvenir à feindre un air triste devant le récit de ses fiançailles interrompues et elle-même ne semblait pas particulièrement touchée par la chose. Ils parlaient avec le même ton emprunt de fatalité et il lui adressa un sourire complice. « Pourquoi pas poursuiveur chez les Faucons de Falmouth ? » s’autorisa à rêver le petit garçon dont il conservait une dernière once dans son âme … Mais comme s’il savait déjà que cette vision de lui-même finissait de s’effacer, il ne croyait déjà plus en ce destin et l’absence de conviction dans ses mots le heurta au moment où ils franchirent ses lèvres. Il accusa le coup d’un sourire docile. Il excellait en sport et particulièrement sur un balais avec un souaffle entre les mains et sans doute aurait-il pu envisager une carrière dans une petite équipe anglo-saxonne. Il était un étudiant studieux - mais pas brillant comme son cousin Tsadkiel - et un bon duelliste - mais ne bénéficiait pas des connaissances en magie noire de son autre cousin Achilles - car son truc à lui avait toujours été le sport. Alors pourquoi ces propos sonnaient-ils si faux ? « Je ne crois pas qu’aucun Rosier ait jamais envisagé une carrière de sportif, le côté populaire j’imagine … » feint-il de s’interroger d’un air léger. « Tu es à l’aise sur un balais ? » voulut-il savoir avec une petite idée derrière la tête tout en se doutant que son éducation de jeune fille du monde avait dû l’éloigner de la chaleur des gradins de quidditch. Si les serres de botanique de la jeune fille étaient son terrain, le sien était plus aérien.

Qu’il se bâtisse un destin de sportif de haut niveau ou de riche héritier flagorneur, une chose était certaine, c’était qu’il ne s’était jamais dépeint dans aucun tableau où figurerait une femme à ses côtés. Sans nul doute le reliquat de l’éducation que seul lui avait prodigué son bon oncle célibataire … Mais puisque femme il avait choisi et pour ne pas gâcher la peinture de l’artiste, sans doute fallait-il supposer qu’elle se cacherait dans son ombre ? Quelque chose lui indiquait que ce n’était pas la réponse que Cassiopeia souhaitait entendre et il aurait été dommage de gâter ce premier rendez-vous en passe de devenir amoureux comme il l'espérait. « Je ne sais pas … traductrice de vieux ouvrages de northumbrien tardif ? Ou chef de chœur d’une chorale de mandragores ? A quoi t’autorises-tu à rêver ? » voulut-il savoir en s'appuyant avec son coude sur une table où reposait un rosier en fleurs. Il fit délicatement plier l’une de ses branches pour que les pétales de la fleur située au bout viennent caresser le bras à la blancheur diaphane de Cassiopeia. Sa peau était plus fine qu’un parchemin et il se retint pour ne pas jouer plus brutalement avec le petit arbre en fleurs. Le rouge était une couleur qui seyait parfaitement à la divine Yaxley et il aurait aimé gentiment écorcher sa peau avec une épine pour y voir poindre une goutte de son sang si pur … Si elle continuait à le faire mentir plus longtemps, sans doute faudrait-il qu’il scelle bientôt sa bouche bavarde d’un baiser. Maintenant qu’il en avait eu la violente idée, il était dur de résister.

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