Poudlard est officiellement de retour ! Bonne rentrée à tous !
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L'une peut apprendre à l'autre [Raven]

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MessageSujet: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Jeu 11 Mai - 19:10

En général, pour les professeurs comme pour les élèves, les vacances étaient une période attendue. Alors forcément, la reprise l’était beaucoup moins. Pour Yelena c’était un peu différent. Elle ne prenait pas tellement de vacances, elle se contentait de changer d’activité. En effet, cette fois encore, elle était retournée en Russie. Revoir sa mère lui avait fait du bien en premier lieu. Comme toujours en même temps. Mais plus le temps passait, plus elle appréciait de la revoir. Cette femme n’était pas encore grabataire, mais les années commençaient à marquer son visage et elle ne pouvait plus tout faire comme avant. Ajoutez à cela les traces qu’avaient laissé la douleur il y a dix-neuf ans, à la disparition d’Ivan. La pauvre femme était marquée et Yelena ne pouvait que le voir et s’en attrister. Katherine Dratsena ne s’occupait plus des animaux depuis plusieurs années déjà, elle aidait de l’arrière. Elle vivait seule, malgré le clan. Parce qu’elle l’avait choisi. Sa fille avait toujours le cœur un peu serré en arrivant là-bas. Elles ne parlaient pas d’Ivan mais toutes deux y pensaient toujours. Katherine portait d’ailleurs sa chevalière en pendentif, mais elle la cachait sous ses vêtements. Par pudeur, par tristesse, ou simplement pour l’avoir un peu pour elle.

Yelena aimait retourner au clan, retrouver ses animaux, ceux qui étaient pour elle comme une famille. Mais elle avait pourtant toujours ce retour de pensées qui la rendaient si triste. Son frère lui manquait. Il manquait à tout le monde là-bas. Et aussi maladroit que cela puisse être, ils ne pouvaient pas s’empêcher de lui rappeler qu’il n’était plus là et depuis bien longtemps. Ils ne cherchaient pas à l’affecter mais ils se souvenaient, parlaient de lui. Retrouver l’école après être resté là-bas un moment était donc assez reposant au final. Sans compter que c’était bien moins dangereux.

La belle brune était, une fois encore, revenue un poil amochée. Rien de bien grave, un reste de griffure à l’épaule. Elle faisait avec, portait son sac de l’autre côté et puis voilà. Plus personne n’y prêtait trop attention maintenant quand elle revenait blessée. Elle la première. Parfois elle faisait un moment trop brusque avec le mauvais bras et s’en souvenait, laissant échapper un petit gémissement avant de passer à autre chose. Les griffure c’était le plus pénible. Elle préférait les brûlures à ce niveau. Déjà c’était plus simple à soigner. Et puis la douleur était un peu moins vive. Mais les griffure laissaient de belles marques. Ils avaient pour habitude de laisser les plus belles au clan. Il arrivait que lors de soirées un peu arrosées ils comparent leurs traces. Histoire de fierté. Ils racontaient des histoires par elles, se souvenaient de leurs bêtes (et inversement). Certains diraient que c’était une culture quelque peu barbare mais elle n’écoutait pas ce genre de remarques. Ils ne comprenaient pas.

Arpentant les couloirs du château, Yelena avait voulu se rendre à la salle des professeurs. Elle avait son journal, et elle espérait trouver l’une de ses collègues devenues des amies. Une petite conversation matinale ne lui ferait pas de mal. En arrivant devant la porte, elle fut assez contente d’entendre la voix de l’une d’elles. Soyle Hoover était professeur depuis moins longtemps qu’elle, mais son caractère pétillant contrastait tellement avec le sien qu’elles avaient fini par s’entendre et se compléter. En entrant la belle marqua un arrêt de surprise. Soyle n’était pas seule. Logique me direz-vous, puisqu’elle parlait un peu plus tôt. Elle n’était pas encore folle au point de se parler seule. Mais Yelena ne connaissait pas son interlocutrice du moment. Et comble, elles étaient seules. La dragonnière avait donc songé faire discrètement demi-tour quand Soyle la remarqua.

-Yely !

Dommage… Bon, sans ajouter un sourire à son visage pour autant, elle avança lentement vers les deux femmes qui avaient l’air de pourtant bien se débrouiller seules, sans elle. Les renforts en métal des lourdes bottes de l’enseignante cliquetaient à chaque pas et sa lourde robe balançait à peine avec son mouvement. Oui, toujours ce style si particulier, surtout en rentrant de Russie ! Inutile cenpendant d’être un grand détective pour deviner qui était avec son amie. Astérion faisait participer une Auror à ses cours. Sans doute une bonne chose, elle ne s’en occupait pas trop. Il devait s’agir de la fameuse Raven Fawkes. Yelena venait de revenir, elles ne s’étaient donc pas encore croisées.

- Raven Fawkes, Yelena Dratsena. Yely est notre professeur d’astronomie.

Yelena avança le bras pour serrer la main de cette mystérieuse interlocutrice qui semblait être au moins aussi détendue et conviviale qu’elle. Forcément, par réflexe, c’était le mauvais bras. Elle réprima donc une légère grimace avant de porter son autre main sur son épaule douloureuse. Non sans avoir été au bout de son geste auprès de Raven, tout de même, question de principes !

-Bon, Mesdames, ce n’est pas que je n’apprécie pas votre compagnie, mais je dois vous laisser. J’ai des étudiants à décevoir par ma présence !

Du grand Soyle. Yelena se contenta de sourire à sa phrase, lui faisant un signe de tête lorsqu’elle quitta la pièce. Bon, et bien c’était raté pour le soutien de la rouquine. Yelena alla se servir une tasse de thé avant de revenir autour de la table où était encore l’invitée de son collègue. Elle allait devoir lancer la conversation. C’était son devoir dans cette situation. Mais revenait cet éternel problème d’accent qui la gênait fortement. Son visage toujours assez fermé, elle s’efforça de trouver vaguement les formules habituelles pour ce genre de choses qu’elle ne maîtrisait décidément pas. Yelena n’était pas impolie, elle n’était simplement pas toujours très distinguée. A quoi ça lui servirait face à un Dragon hein ? Et bien voilà, c’était ça sa base !

- J’espère que vous vous sentez bien au château. Combien de temps devez-vous rester parmi nous ?

Si elle avait été plus sensible elle aurait sans doute rougi. Elle n’était définitivement pas très à l’aise. Mais elle tiendrait son rôle. Soufflant doucement sur son thé, elle s’assura tout de même que son interlocutrice avait ce qu’il fallait. En baissant les yeux elle reconnut encore les attentions de sa collègue. L’auror avait une tasse chaude devant elle et Soyle avait (encore) fait quelques pâtisseries. Cette petite polonaise l’amusait vraiment à jouer les mamans pour tout le monde. Mais il fallait reconnaître que c’était sympathique.

- Connaissiez-vous mon collègue personnellement pour qu’il vous demande d’intervenir dans ses cours ?

Son ton pouvait paraître un peu sec pour une oreille non habituée. Yelena était simplement nerveuse. Et certaines mauvaises langues diraient que tout paraissait agressif avec un accent slave si prononcé…

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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Sam 13 Mai - 22:59


C’était étrange que d’arpenter de nouveau tous ces longs couloirs interminables, d’effleurer les murs du bout des doigts en observant le plafond immense comme si c’était la première fois. Lorsque l’on revenait à Poudlard, cela faisait toujours la même impression. Celle de découvrir quelque chose que l’on n’aurait pas remarqué les fois précédentes. C’était ça aussi, la magie de cette école. On s’y sentait tellement en sécurité que quitter cet endroit était plus que difficile. Sept ans à fréquenter les mêmes personnes, sept ans à vivre sous ce toit, à y dormir, à y vivre de multiples expériences pour, au final, du jour en lendemain, ne plus revoir cet environnement. C’était cruel, mais c’était ainsi. Les choses qui nous étaient chères… Ne restaient jamais bien longtemps. Elliot et mes parents en étaient une preuve vivante. Enfin, façon de parler puisqu’ils n’étaient plus.

J’avais eu le grand plaisir de retrouver miss Hoover, jeune sorcière que j’avais sauvée d’une mort certaine il y avait quelques mois de cela. Cela me faisait plaisir de la voir en aussi bonne forme, la dernière fois que nous nous étions croisées n’ayant pas un excellent bilan puisque la jeune femme s’était évanouie sous mes yeux. Mais je l’avais laissée entre les… Hum. Bonnes mains –il me le coûtait de le dire- de Mr. Carrow qui, visiblement, n’avait pas eu autre-chose à faire que de me suivre même dans un appartement perdu au milieu de Londres. Du Basil tout craché. Il se trouvait tout le temps là où j’étais, c’était quand-même dingue. Néanmoins, après notre longue et cordiale, oui, vous avez entendu, conversation, il s’avérait que le regardais d’un œil différent. Oh, rassurez-vous, il y avait toujours ce mépris et ce certain dédain que je ne réservais qu’à sa personne, mais en voyant que nous avions eu un passé pas si différent que ça l’un de l’autre, je ne pouvais m’empêcher de le comprendre et de savoir que c’était un sujet à ne pas attaquer. Lui aussi l’avais compris, je le savais. Nous nous étions découvert des points communs étonnants durant cette entrevue à l’hôpital. Mais cela n’améliorait en rien nos relations conflictuelles.

La Salle des Professeurs était la même que dans mes souvenirs, si ce n’était quelques meubles déplacés ici et là. Il était étrange de se trouver à présent de l’autre côté du miroir, même pour quelques jours seulement. J’avais suivi la jolie rousse et celle-ci avait entreprit de me glisser un bon thé chaud comme je les aimais entre les mains, et présenta à moi ses délicieuses pâtisseries polonaises. Comme un air de déjà-vu, me direz-vous. J’avais gardé d’excellents souvenirs de ses gâteaux lors de mon passage à son domicile, et il n’était pas étonnant que miss Hoover fasse profiter de ses talents culinaires à ses collègues. Cela devait un peu détendre l’atmosphère qui se faisait pesante à l’extérieur. Il fallait de tout pour un monde, n’est-ce pas ! Nous étions dans une grande discussion lorsque mon interlocutrice interpella une personne. Je tournai aussitôt la tête et découvris une femme au style vestimentaire assez particulier. Elle s’avança vers nous avec un sourire et Soyle nous présenta l’une à l’autre. Mais dans ma tête, son nom de famille me fit tiquer. Dratsena. Se pouvait-il que… Il n’était pas impossible qu’elle soit la sœur ou la parente de l’un de mes dossiers, Ivan Dratsena. Et auquel cas, cela devait faire des années que la professeure d’Astronomie devait attendre les avancements de ledit dossier. Une éternité, même, puisque ce dossier avait été commencé bien avant le début de ma carrière. Mmh. J’espérais ne pas être trop embêtée par le sujet.
Miss Dratsena tendit le bras, visiblement le mauvais puisqu’elle réprima une grimace de douleur, avant de me tendre son autre main que j’entrepris de serrer, un sourire cordial aux lèvres.

« Enchantée de vous rencontrer. »

La phrase d’échappatoire qu’annonça miss Hoover me fit sourire et je me contentai de la suivre du regard lorsqu’elle quitta la Salle des Professeurs. Elle devait être une sacré bonne professeure et les élèves devaient grandement l’apprécier. En tout cas, je l’espérais pour elle. Faire ce métier, mais surtout enseigner cette matière était très difficile en ces temps troubles, la preuve de décembre. Les enseignants n’étaient pas à l’abri des dangers, bien au contraire. L’air de rien, Poudlard ne ressemblait plus vraiment à un havre de paix. Mais je comptais bien sur Albus et les professeurs pour protéger les élèves qui étudiaient dans ce château. C’était même primordial. Je tournai de nouveau la tête vers mon interlocutrice, interpelée par le son de sa voix.

« J’espère que vous vous sentez bien au château. Combien de temps devez-vous rester parmi nous ? »

Je lui souris et allai m’asseoir sur un fauteuil tout en lui répondant. Je fus surprise par la matière confortable du meuble qui, à première vue, n’avait pas semblé si accueillant que ça…

« Parcourir les couloirs du château et fouler le même sol que celui de mon adolescence est une sensation plutôt étrange et nostalgique. Mais revenir ici me fait grandement plaisir, bien sûr. Je m’interrompis un instant pour souffler sur mon thé chaud. Je reste à Poudlard quelques jours, tout au plus. »

Vint ensuite la fameuse question que j’attendais au moins de la part de quelqu’un en arrivant ici. Il est vrai qu’il était rare de voir une professionnelle intervenir dans des cours académiques, mais ce n’était pas moins intéressant, bien au contraire. Je trouvais dommage que les élèves n’aient pas plus de rencontres que ça avec des adultes qui leur parlaient de leur métier. Certains appréhendaient beaucoup cette question de l’avenir, et avoir des témoignages en temps réel et en vrai ne pouvait que mieux les aider. C’était l’une des raisons pour laquelle j’avais proposé mon intervention. Le ton sec de la collègue de Soyle me fit légèrement sourire. Je ne savais pas si c’était voulu ou non, mais elle n’avait pas l’air bien à l’aise. Son léger accent russe imperceptible mais pas assez pour tromper mes oreilles, sans doute. Une parente du regretté Ivan Dratsena, sans aucun doute.

« J’ai connu Asterion sur les bancs de Poudlard, nous avons étudié ensemble et nous faisions partie du même cercle d’amis. Nous nous sommes perdus de vue quelques années avant de reprendre contact récemment. »

Je lui souris poliment, soufflai de nouveau sur mon thé avant d’en prendre une gorgée. Succulent. Les elfes de Poudlard savaient vraiment comment allécher les papilles. Je posai la tasse sur mes genoux, la chaleur se propageant dans tout mon corps.

« Qu’est-ce qui vous a poussé à enseigner à Poudlard ? »

L’Angleterre était bien loin de la Russie. J’avais une petite idée de la réponse, et quelque chose me disait que j’étais en train de m’engager dans quelque chose de compliqué…

Fiche de RP (c) Miss Yellow


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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Jeu 20 Juil - 19:47

Yelena était habituée à un mode de communication particulier. Pour elle, les relations humaines avaient quelque chose d’un peu trop complexe dans cet environnement guindé que pouvait être l’Angleterre. Cela pourrait sans doute être la même chose en Russie ou tout autre pays du monde. Mais en Russie, elle ne connaissait presque que son clan. Où à son goût, tout était tellement plus simple. Les gens ici avaient des conventions précises, ils étaient distants, cachaient des choses. On ne pouvait jamais être vraiment sûr de personne. Au moins, au clan, quand quelqu’un était contre vous, il vous collait une châtaigne et c’était parfaitement clair. A l’inverse, quand il vous appréciait, cela passait par des contacts physiques comme vous prendre par la main, le bras, dans ses bras, et là encore c’était clair. Ici, c’était différent et bien plus subtil. La subtilité c’était justement pas son truc. Mais pas du tout. Oh elle essayait de s’améliorer, mais quand même. Elle était bien loin de maîtriser cet exercice.

C’était une fois encore flagrant face à la belle brune que sa collègue semblait connaître. Soyle par exemple, maitrisait parfaitement les subtilités de ces relations (ou semblait le faire en tout cas). Yelena l’enviait parfois pour ça. La belle rousse avait l’air presque à l’aise avec tout le monde. Quand elle avait l’air distante et même parfois désagréable, sans qu’elle l’ait voulu pour autant. Leur invitée au château était une femme qui semblait entre les deux. Pas particulièrement ouverte, mais toujours plus qu’elle en tout cas. La belle aurait volontiers laissé cette inconnue en compagnie de sa collègue rousse, mais cette dernière en avait décidé autrement et l’avait introduite. Faisant tout de même un effort, elle avait tendu la (mauvaise) main à la jeune femme devant elle. Raven Fawkes donc, très bien. Son épaule avait beau être douloureuse, la dragonnière avait fait sa part de conventions et serré la main de l’Auror. Elle pensait pouvoir s’arrêter là, mais une fois encore, Soyle n’avait pas semblé être de cet avis. Pire encore, les deux jeunes femmes se retrouvaient maintenant seules dans cette pièce. De quoi mettre Yelena fort mal à l’aise. Elle ne connaissait pas Raven, ne savait pas comment elle réagissait. Au moins, elle n’avait pas réagi à son accent, ce qui était mieux que certains. Mais ce n’était pas tout ce qui pouvait arriver. Une multitude de choses pouvaient couper court à la conversation et rendre l’une désagréable à l’autre. C’était ce qui inquiétait Yely, de sembler désagréable sans le vouloir. Parce qu’au fond, quand elle voulait signifier qu’elle ne s’entendait pas avec quelqu’un ou qu’elle n’était pas en accord avec, cela se remarquait très vite. Ça, aucun souci. En revanche, pour avoir un contact agréable, avec un inconnu, c’était une autre histoire… Alors elle s’était lancé, tant bien que mal, et se faisant vraiment violence. Après tout, ici, elle était un peu la maîtresse de maison, si l’on ose dire.

- Parcourir les couloirs du château et fouler le même sol que celui de mon adolescence est une sensation plutôt étrange et nostalgique. Mais revenir ici me fait grandement plaisir, bien sûr. Je reste à Poudlard quelques jours, tout au plus.

Raven semblait avoir de bons souvenirs de l’endroit. Comme beaucoup. Yelena elle-même n’avait pas étudié entre ces murs mais elle aurait sans doute gardé un bon souvenir également. Enfin, si elle était contente. Et elle en avait l’air. C’était en tout cas ce qu’indiquait son sourire. Et elle restait donc quelques jours. Très bien. Qu’ajouter de plus ? Yelena aurait pu enchainer sur ces souvenirs, l’ancienne maison de Raven, peut-être comparer avec son ancienne école à elle. Mais cela ne lui venait pas vraiment en tête. Elle avait l’impression que la conversation s’arrêter un peu là. Prenant une gorgée de thé un peu mal à l’aise elle avait essayé une autre approche avec son collègue et son lien avec la belle brune en face d’elle.

- J’ai connu Asterion sur les bancs de Poudlard, nous avons étudié ensemble et nous faisions partie du même cercle d’amis. Nous nous sommes perdus de vue quelques années avant de reprendre contact récemment.


Asterion. Ils se connaissaient donc assez bien pour qu’elle l’appelle par son prénom. Ce qui se comprenait en tant qu’anciens camarades et même anciens amis. Bon, là encore, c’était assez intéressant mais sans plus. Enfin, c’était des informations intéressantes, mais qu’ajouter ? Allez Yelena, cherches un peu, un petit effort.

-Il est… gentil. Enfin, quand il parle.


Et puis après une petit toux, elle avait complété sa remarque à voix basse.

-Enfin j’imagine qu’on peut dire de même pour moi…

Elle non plus n’était pas une grande bavarde. Ils se ressemblaient assez en fait. Elle n’avait jamais pour autant pris une réelle peine d’en apprendre plus sur lui. Au grand soulagement de Yelena, ce fut à Raven de  prendre le contrôle de la conversation.

- Qu’est-ce qui vous a poussé à enseigner à Poudlard ?

Poudlard et l’Angleterre, c’était incongru pour quelqu’un comme elle. Une dragonnière comme professeur, c’était inhabituel et même surprenant.

- Je suis venue en Angleterre pour… des raisons familiale dirons-nous. Etre professeur m’a permis de me stabiliser ici et d’exercer une autre passion. En Russie je suis dragonnière. Ici je m’occupe de mes chères étoiles.

Elle avait fait un bel effort de parole là. Mais rien de plus normal, elle adorait son métier, les deux même. Alors sa langue se déliait un peu plus. Pas forcément sur le sujet que Raven avait demandé à aborder au départ mais bon. Yelena ne parlerait pas de son frère décédé ou de son père inconnu comme ça. Pourtant, au départ Ivan était venu pour chercher leur père. Il était tombé au mauvais endroit au mauvais moment et avait été enlevé et tué. Elle-même avait pris le relai pour leur géniteur toujours non identifié, mais surtout tenter de retrouver ceux qui avaient fait ces atrocités à son grand frère. Mais elle n’allait pas déballer cela à une inconnue juste parce qu’elle lui demandait. Enfin, il était possible que Raven trouve un très bon prétexte pour délier sa langue une fois de plus. Mais ça, Yelena l’ignorait. Tout comme elle ignorait que cette femme devant elle était  justement celle qui était chargée de retrouver ces mêmes personnes.

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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Dim 23 Juil - 23:49

« Il est… gentil. Enfin, quand il parle. » J’émis un petit rire léger suite à sa remarque. Il était vrai que, même étudiant, l’ancien Serdaigle n’avait jamais vraiment beaucoup ouvert la bouche. Et c’était également le cas aujourd’hui. Les habitudes ne se perdaient pas, tel était le caractère de mon cher ami. J’avais toujours respecté ses silences, tout comme je respectais ses moments d’homme érudit. Asterion ne disait pas les choses pour rien dire. Toutes ses phrases étaient ponctuées par des éléments intelligents, et il ne perdait pas de temps dans ses explications qu’il savait présenter de façon claire et nette. C’était un ami précieux, et même dans le silence il restait fidèle. C’était une personne qu’il fallait connaître, malgré son envie parfois de rester solitaire, loin du monde, préférant observer, réfléchir, sans pour autant rentrer en action. La preuve lorsqu’il m’avait rendu visite à Ste Mangouste et m’avait déposé un présent sans vouloir me réveiller. Toujours de délicates attention également. Ce genre de personnes était devenu tellement rare de nos jours qu’il fallait savoir les garder proche de soi. « Enfin j’imagine qu’on peut dire de même pour moi… » Cette jeune professeure était ainsi peu bavarde, comme mon ami. Je ne fis aucune remarque là-dessus, mais me demandai comment devaient être leurs discussions, lorsqu’ils se retrouvaient tous les deux. Ce qui avait déjà dû arriver, non ?

L’origine de toute vocation était, à mes yeux, très importante. Elle déterminait un peu comment était la personne, quel passé elle avait eu et comment elle comptait évoluer dans son milieu. Rien qu’à partir de ça, on pouvait en apprendre beaucoup. « Je suis venue en Angleterre pour… des raisons familiale dirons-nous. Etre professeur m’a permis de me stabiliser ici et d’exercer une autre passion. En Russie je suis dragonnière. Ici je m’occupe de mes chères étoiles. » Ma tasse s’arrêta à quelques millimètres de mes lèvres avant de reprendre le cours de son mouvement pour atteindre ma bouche. Sa phrase me laissait pensive et il y avait tant à dire. Ses raisons familiales, je les connaissais par cœur. Elles se trouvaient dans un dossier posé dans un de mes tiroirs, au nom d’Ivan Dratsena. Mort assassiné par un Mangemort. Un des premiers dossiers qui m’avait été donné lorsque j’avais eu mon diplôme en poche. L’un des dossiers de mon mentor, Graves, qui avait connu la mort sur le champ de bataille, se prenant un sort à ma place pour me protéger. Recevoir ce dossier avait été… Très symbolique. Mais rapidement, j’ai été dépassée par les événements, les affaires se succédant toujours plus nombreuses. Celui d’Ivan était devenu secondaire, mais je l’avais toujours gardé dans un coin de ma tête. Encore plus maintenant puisque je faisais face à sa propre sœur, qui elle ignorait que j’étais l’Auror en charge de ce dossier. En réponse, je lui souris en reposant ma tasse sur mes genoux. « Professeur d’Astronomie, n’est-ce pas. Je me souviens avoir pris cette option lorsque j’étais à Poudlard. Je marquai un temps d’arrêt pour prendre une gorgée de mon thé, puis continuai. Effort Exceptionnel lors de mes ASPICs. Cette matière ne me sert pas vraiment pour mon métier actuel, mais j’aime parfois en parler avec Asterion. » Je lui jetai une œillade complice. « Il adore aborder ce sujet. » Je lui donnai là un éventuel sujet de conversation entre deux personnes visiblement peu bavardes. Le professeur de DCFM m’avait beaucoup aidé au moment de passer cet examen marquant la sortie de Poudlard, malgré le fait qu’il ait déjà terminé sa scolarité ici. Nous avions beaucoup échangé par hibou, et son aide m’avait été grandement précieuse.

Je me raclai alors la gorge. Je n’en avais pas spécialement envie, mais il fallait que j’aborde le sujet de son frère, Ivan. Il fallait qu’elle sache que j’étais celle qui s’occupait de son dossier. Elle allait sûrement me passer un sacré savon, car voilà presque 20 ans qu’elle attendait un résultat. Mais le bout du tunnel n’était pas encore arrivé. Je ne savais pas vraiment par quoi commencer. Fallait-il que je sois directe ? Que je lui dise directement que je connaissais son frère ? Ou fallait-il que j’y aille un peu plus en douceur ? Les Russes n’étaient un peuple de faibles, ils étaient tous des durs à cuire. Oui, mais parfois, même le plus dur des cœurs en pierre pouvait renfermer une certaine fragilité à l’égard de certains sujets. Et je me doutais bien que parler de son frère était comme la dénuder de toute carapace. Disons que j’étais un peu ce genre de personne. Très froide en apparence, une attitude hautaine et fière. Mais dès lors que l’on parlait d’Elliot ou de mon passé… Là, ça se corsait. Les gens qui me connaissaient savaient que ces sujets étaient à bannir et n’en parlaient jamais. Ceux qui ne me connaissaient pas et qui m’en parlait… Je tâchai tant bien que mal de m’en sortir, mais ce n’était pas évident. C’était trop douloureux, et malgré tout on m’avait appris à cacher mes sentiments sous une façade souriante. Je n’exprimais rarement, voire jamais ma tristesse et mon âme brisée par le destin. Je la fixai alors du regard et lui déclarai de façon assez lointaine. « Votre nom me dit quelque chose. En réalité… Je me renfonçai dans mon fauteuil sans la lâcher des yeux. Il figure dans l’un de mes dossiers. Comment allait-elle réagir ? Allait-elle m’agresser, me gifler au visage ? M’insulter ? Piquer une crise de colère ? Ou bien, au contraire, assimiler cette déclaration du mieux qu’elle pouvait et tenter de se contrôler ? Votre frère, n’est-ce pas ? » murmurai-je. C’était une question rhétorique, mais j’avais tout de même besoin d’une confirmation. Je savais qu’elle était venue en Angleterre afin de trouver une réponse, réponse qu’elle n’avait d’ailleurs toujours pas trouvée. Une réponse que je cherchais également, mais les suspects que j’avais étaient bien trop haut placés pour que je puisse tenter quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Sam 9 Sep - 16:22

Faire connaissance avec une nouvelle personne c’était toujours délicat. Surtout quand on ne l’avait pas choisi. Yelena aurait sans doute salué Miss Fawkes en la croisant au milieu de ses collègues ou dans un couloir. Parce que c’était tout de même là la moindre des choses et règle de base de la courtoisie. Mais d’elle-même, elle ne se serait pas risquée à cet exercice périlleux. Chaque mauvais pas de côté pouvait lui coûter cher. En soi pas tellement, mais elle tenait à sa maigre réputation ici. Bon, à l’école ça allait encore. Mais dehors… surtout que leur invitée était Auror. Et elle avait besoin d’être bien vue dans ce bureau. L’affaire de son frère pourrait en dépendre. Morgan Sayre lui avait déjà fait la leçon, il s’agirait de ne pas l’énerver exprès non plus, on ne sait jamais. Si cette femme devait lui faire un mauvais retour cela serait peut-être pire. Alors Yelena faisait un effort. Mais ce n’était pas simple pour autant.

Pour le moment elles avaient facilement tenté le sujet commun le plus simple possible. Autrement dit, elles avaient parlé de la personne qu’elles semblaient connaître toutes les deux. A part Soyle, il y avait Asterion. Donc il était devenu leur sujet de conversation. Sans grand succès pour autant. Elles avaient vite fait le tour. Il n’était pas très bavard, et elle non plus. Alors elle le connaissait assez peu. Ou en tout cas, moins bien que son interlocutrice. Ils avaient déjà parlé tous les deux. Ils avaient même prévu d’aller à la recherche d’un dragon rare ensemble. Purement professionnel tout cela, mais très intéressant. Ils avaient tous les deux leurs motivations. Mais cette partie de la conversation ne menait pas à grand-chose si ce n’est son malaise de ne pas pouvoir en dire plus. Après tout elle était face à une amie de son collègue.

Enfin, même cette tentative qui n’avait pas réellement abouti de façon concluante avait été mise de côté pour un sujet encore peu confortable pour la belle russe. La raison de sa venue dans ce pays était très claire pour elle. Ce n’était pas pour autant qu’elle pouvait l’exprimer aussi facilement, surtout devant une femme qu’elle ne connaissait pas. Cette partie, elle l’avait d’ailleurs rapidement passée pour se concentrer sur son travail, qui était sans doute la partie la plus stable de sa vie. Et donc celle dont elle pouvait parler le plus sereinement.

-Professeur d’Astronomie, n’est-ce pas. Je me souviens avoir pris cette option lorsque j’étais à Poudlard. Effort Exceptionnel lors de mes ASPICs. Cette matière ne me sert pas vraiment pour mon métier actuel, mais j’aime parfois en parler avec Asterion. Il adore aborder ce sujet

Cette femme semblait définitivement beaucoup plus à l’aise qu’elle. Elle lui envoyait sourires et regards complices quand Yelena semblait être coincée dans un rôle qui lui convenait bien peu. Faire la conversation comme cela avec une inconnue ce n’était définitivement pas sa spécialité, mais alors pas du tout ! On pouvait la prendre pour une de ces coincées prétentieuses, les jambes serrées et le dos droit comme un piquet sur son fauteuil. Elle écoutait pourtant avec attention et comprenait que sa chère astronomie n’était pas des plus utiles pour Raven. Mais peut-être tenterait-elle un jour d’aborder le sujet avec son collègue, puisqu’il semblait y être relativement réceptif.

-Une passion n’est pas toujours utile, pas plus qu’un centre d’intérêt.

Oui, c’était tout ce qu’elle avait trouvé à ajouter avant de rapidement porter sa tasse à ses lèvres pour essayer de dissiper un certain malaise. Vraiment ? Tu n’avais rien de mieux à dire ? Oh si, les étoiles sont d’une beauté telle qu’elles n’ont pas besoin de plus pour nous servir que leur observation avec ravissement. Ou peut-être que peu importait la matière, de bons résultats étaient toujours signe d’un grand sérieux, utile pour sa carrière. N’importe quoi plutôt que cette pseudo philosophie pas même convaincante pour un botruc !
Mais Raven semblait vouloir enchainer alors que Yelena s’en prenait à sa propre personne dans sa tête. Situation inconfortable. Mais qui n’allait pas s’arranger. Pas du tout…

-Votre nom me dit quelque chose. En réalité…

Vraiment ? Elle commença à chercher où elles avaient pu se croiser dans le passé. Elle ne l’avait jamais vu à son travail, ça c’était sûr. Pas non plus à l’école, elles n’avaient pas fréquenté la même. Peut-être Mr Carrow lui avait-il parlé ? Après tout, le ministère avait ces lieux de passage et ils pouvaient s’être croisé par hasard lors d’une conversation où son nom était apparu. Yelena allait lui proposer quelques possibilités mais la belle Auror fut plus rapide.

-Il figure dans l’un de mes dossiers.

Yelena se figea. Son visage se durcit d’un coup, elle sentait son cœur s’emballer et ses joues chauffer. C’était elle ? C’était cette femme qui était en charge du dossier de son frère ? Pourquoi ? Pourquoi elle ? Etait-ce vraiment la bonne personne pour un dossier qui semblait si complexe ? Et que faisait-elle là alors ? A l’école, alors qu’elle pourrait chercher encore ? La belle avait sans doute une réflexion qui ne convenait pas à la situation ou même à la réalité. Mais elle était comme souvent aveuglée par ses sentiments devenus trop forts avec le temps. Ses mains commençaient à trembler sous l’émotion. Mais elle ne faisait rien, ne disait rien pour le moment, trop prise de court par cette révélation. Elle baissa simplement les yeux quelques instants, le temps de remettre en ordre ces pensées qui fusaient. Son thé commençait à bouillir sous la chaleur que dégageaient ses mains. Cette chaleur qu’elle pouvait avoir parfois sans trop savoir pourquoi ni comment. Elle regardait les petites bulles venir s’éclater à la surface quand Raven avait continué.

-Votre frère, n’est-ce pas ?

La tasse éclate sous la chaleur et le liquide qu’elle contenait se répand au sol. Yelena est tendue, tous les muscles de son visage le sont également. C’est un regard noir qu’elle relève vers son interlocutrice, elle se contient à peu près, ayant un certain nombre de mots qui lui venaient en russe, pas les plus amicaux, mais elle les mis de côté.

-C’est donc dans votre tiroir qu’ils ont décidé de l’oublier maintenant ?

Le dossier changeait de main et personne ne l’avait informé. A aucun moment ni elle ni sa mère n’avaient été sollicitées. Pas l’un de ses amis n’avait été rappelé. Aucun témoignage n’avait été demandé. A croire qu’on l’avait simplement passé d’un bureau à l’autre pour faire prendre l’air à ce dossier qui était si cher à ses yeux. La belle se relève d’un bond, emportant la table qui se retourne dans son mouvement. Le ton monte d’un cran, et autant dire qu’elle se moquait bien des conséquences que son attitude pourrait entrainer (comme souvent me direz-vous).

-Ivan n’était qu’un gosse, à peine plus vieux que ceux qui sont ici. Ce qui lui ait arrivé était totalement gratuit et injustifié. Il avait des amis qui l’ont attendu des mois sans avoir la moindre nouvelle. Il avait une mère qui a toujours regretté de le laisser partir et refuse que l’on touche à sa chambre après tant d’années. Une semaine, il vous a fallu une semaine pour venir jusqu’à elle pour lui annoncer que son fils ne rentrerait jamais. Et encore quatre jours pour daigner l’apprendre à sa sœur. Et aujourd’hui vous vous passez le bébé dans le service, un dossier « non prioritaire », c’est cela ? Faut-il vraiment que je fasse votre travail à votre place pour vous faire réagir ? Croyez-moi Miss, si je retrouve ces gens avant vous, il ne vous restera plus grand-chose à poursuivre en justice. Vous ferez ensuite ce que vous voudrez, mais ne comptez plus sur moi pour attendre sagement en espérant que vous jetiez parfois un œil à son nom sur son dossier.

Une petite flamme avait pris forme au creux de ses main serrées comme jamais, commençant ainsi à roussir sa manche. Quand elle s’en rendit compte, Yelena lâcha un juron en russe avant de bouger les mains puis à les frotter frénétiquement l’une contre l’autre pour faire partir ces flammes. Elle n’avait jamais su contrôler cette chose qui venait parfois accompagner ses émotions les plus fortes. Le feu fini par disparaître plus par l’apaisement de sa colère que réellement grâce à ces gestes. Pour être sûr elle alla sans dire un mot les passer sous l’eau, laissant couler sur ses joues quelques larmes silencieuses.

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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Dim 26 Nov - 15:57

La belle Auror se doute bien de la réaction que va provoquer sa révélation chez son interlocutrice russe. Mais elle se devait de le lui dire. Pourquoi pas avant ? Il n’y avait pas d’excuses possibles. Si seulement vous saviez le nombre de dossiers prioritaires que le Bureau renfermait… Des centaines, probablement. Et le Bureau était en sous-nombre. Pas assez de sorciers, pas assez de nouvelles recrues, pas assez de temps. Il manquait de beaucoup de choses en ces temps de guerre. Et, étrangement, cela n’arrivait qu’en temps de tension. Quand tout était calme et paisible… Tout était beau et tranquille. Aucun problème à l’horizon. Et, soudainement, lorsqu’un souci arrivait, celui-ci en faisait débarquer d’autres, toujours de plus en plus gros. Ce n’était pas drôle, sinon. Bien évidemment… Et si la sorcière aux cheveux de jais ne s’était pas attendue à une chose, c’était bien que la tasse que tenait miss Dratsena entre ses mains explose en un craquement sonore, répandant le liquide chaud au sol. Presqu’aussitôt, un elfe de Poudlard apparut et entreprit de nettoyer la flaque, en regardant prudemment le regard noir que la professeure relevait sur la sorcière. Le visage de Raven resta de marbre, comme souvent dans ce genre de situations. Elle ne perdait jamais son sang-froid ce qui, visiblement, n’était pas le cas de son interlocutrice en face d’elle. Pas une seule fois Fawkes avait éclaté de rage ou s’était permis de déborder excessivement. C’était un trait de caractère plutôt admirable chez elle mais qui arrivait parfois que l’on déteste. « C’est donc dans votre tiroir qu’ils ont décidé de l’oublier maintenant ? » L’Auror sentait le ton accusateur et décida de ne rien dire. Probablement que la dragonnière allait laisser éclater sa rage d’une minute à l’autre, et la sorcière ne voulait pas vraiment alimenter cette flamme destructrice. Elle n’avait pas jeté un regard sur la tasse qui venait d’exploser, ni même regarder la flaque avec stupéfaction, ni même l’elfe de maison qui était reparti en un claquement de doigt après avoir tout nettoyé. Raven avait juste regardé cette fille, cette sœur, cette amie qui avait perdu son petit frère des années avant que la tension ne parvienne à son apogée. Elle voyait bien le visage crispé qui retenait tout ce qu’elle avait envie de faire sortir, tout comme elle voyait cette douleur présente en ses yeux. Cette douleur, la sorcière aux yeux bleu métallique la connaissait bien. Elle la connaissait puisqu’elle était encore en elle, cachée sous cette carapace de glace qu’elle avait pris soin de construire depuis sa tendre enfance avec sa grand-mère. Cette même carapace chez Yelena Dratsena était en train de craquer ici même, dans la salle des professeurs. Et le ton ne tarda pas à monter, comme l’avait prédit Raven.


« Ivan n’était qu’un gosse, à peine plus vieux que ceux qui sont ici. Ce qui lui ait arrivé était totalement gratuit et injustifié. Il avait des amis qui l’ont attendu des mois sans avoir la moindre nouvelle. Il avait une mère qui a toujours regretté de le laisser partir et refuse que l’on touche à sa chambre après tant d’années. Une semaine, il vous a fallu une semaine pour venir jusqu’à elle pour lui annoncer que son fils ne rentrerait jamais. Et encore quatre jours pour daigner l’apprendre à sa sœur. Et aujourd’hui vous vous passez le bébé dans le service, un dossier « non prioritaire », c’est cela ? Faut-il vraiment que je fasse votre travail à votre place pour vous faire réagir ? Croyez-moi Miss, si je retrouve ces gens avant vous, il ne vous restera plus grand-chose à poursuivre en justice. Vous ferez ensuite ce que vous voudrez, mais ne comptez plus sur moi pour attendre sagement en espérant que vous jetiez parfois un œil à son nom sur son dossier. » Raven avait écouté avec attention tout ce que cette sœur en deuil avait eu à lui dire sans piper mot. Elle l’avait laissé parler, sans doute certains de ses collègues n’auraient pas fait de même. Sa nature Poufsouffle, sûrement. La professeure attendait-elle des excuses ? Des justifications ? Non. Ce qu’elle voulait, c’était de l’action. C’était que l’on retrouve le meurtrier de son frère. Point final. Et pourtant, des justifications, Raven se devait de les lui dire. Il fallait que miss Dratsena sache qu’elle n’était pas du tout la seule à être dans son cas. Qu’il manquait au Bureau des Aurors énormément de personnes, même si cette information était censée rester confidentielle. Il le fallait. La sorcière reste un long sans rien dire, sans bouger, avant d’émettre un mouvement. Doucement, elle se tourna afin de poser délicatement sa tasse sur une petite table de la salle. Puis, elle se retourna pour lui faire face à nouveau, mains derrière son dos droit. Sa posture habituelle. Elle expira un bon coup et commença à parler. Elle sentait que cette discussion allait être longue… « Je suis consciente que toutes les excuses du monde ne valent pas la douleur que vous avez enduré durant toutes ces années. Mais… Permettez-moi de vous le dire. Je suis… Tellement désolée. Je sais ce que représente ce dossier pour vous. » L’Auror fit une petite pause. Elle espérait que la professeure n’allait pas l’interrompre. Elle voulait qu’elle l’écoute jusqu’au bout. Espérait qu’une discussion calme était possible malgré la difficulté de cette affaire. « Inutile de vous préciser que le dossier de votre frère est beaucoup plus vieux que ma carrière au sein du Ministère. Mais cela n’excusera pas le retard de cette affaire. » Nouvelle petite pause avant de reprendre d’une voix beaucoup plus calme que la professeure. « Cependant, il faut que vous sachiez le nombre d’Aurors au sein du Bureau est loin d’être proportionnel au nombre de dossiers que nous possédons. Nous sommes débordés, Miss Dratsena, bien plus que vous pouvez le penser. Et ce, bien avant le décès de votre frère. » L’Auror hésitait quant à ce qu’elle allait probablement dire par la suite, mais après tout elle lancée, n’est-ce pas ? « Vous n’êtes pas la seule dans ce cas, miss Dratsena. Des dossiers prennent un peu plus de retard chaque jour, et nous n’y pouvons rien. Ce n’est pas normal, je le sais bien. Ce que je cherche à dire, c’est que vous n’êtes pas la seule à être une victime de la guerre. Que ce soit nous, nos proches… Tout le monde en est une. Tout le monde. » répéta-t-elle en accentuant ces derniers mots.

Elliot.

Lui était une victime de la guerre. Raven en était une. Les Prewett, les Ollivander, Ivan Dratsena, tout le monde. Personne n’était écarté de ce conflit. « Je sais ce que vous ressentez, reprit-elle, je le sais pour l’avoir ressenti moi-même. Pour le ressentir encore aujourd’hui. Je sais ce que cela fait de ne pas savoir qui a tué la personne qui nous était chère. D’être encore dans l’incompréhension, dans le flou. Je fais de mon mieux, miss Dratsena, pour retrouver le criminel qui a assassiné votre frère. Vous savez autant que moi que les Mangemorts sont presque invisibles aux yeux du département de la Justice Magique. Chaque dossier est prioritaire pour nous, et la direction ne nous écoute pas autant que l’on voudrait. » Raven ne savait pas si ce qu’elle avait dit avait servi à quelque chose, mais au moins elle avait essayé… Restait plus qu’à voir si son discours avait étouffé ou ravivé la flamme qui rugissait au fin fond de Yelena Dratsena.

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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Ven 2 Fév - 18:20

Yelena était d'un tempérament très sanguin, ce n'était pas nouveau. Un trait dans la famille il paraît. Famille élargie une fois de plus. À croire que grandir avec des dragons avait tendance à donner leur caractère. Ce qui n'avait pas que des avantages ! Mais Yelena restait dans les plus légers à ce niveau. Alors je vous laisse imaginer les autres... En temps normal cette femme plutôt discrète restait au pire assez froide et distante. Dans ses meilleures conditions elle pouvait être charmante. Mais là les conditions étaient loin d'être les meilleures. Elle se trouvait face à la détentrice du dossier de son grand-frère. Ce qui avait le don de mettre ses nerfs à vif. Elle n'avait rien particulièrement contre Raven, c'était plus un sentiment général. Cela faisait un moment qu'elle ne croyait plus tellement en ce bureau des aurors. Et l'incident au musée n'avait pas arrangé cette idée. Même si là encore ils étaient loin d'être les seuls à blâmer.

Yely avait pour ainsi dire cracher ce qu'elle avait sur le cœur. Ou en tout cas une partie. Elle ne pourrait jamais tout dire, elle-même refusait parfois de penser certaines choses. Elle traquait ces personnes. Depuis des années c'était comme une chasse. Mais même si elle en avait une vague idée, elle s'interdisait pour le moment de réfléchir à ce qu'elle ferait si jamais elle finissait par les trouver. Mais il semblerait que ce soit maintenant à l'Auror de répondre. Elle avait l'air tellement calme. Cela avait le don d'agacer Yelena un peu plus.

-Je suis consciente que toutes les excuses du monde ne valent pas la douleur que vous avez enduré durant toutes ces années. Mais… Permettez-moi de vous le dire. Je suis… Tellement désolée. Je sais ce que représente ce dossier pour vous.


Yelena ne répondit pas pour le moment. Un sourcil arqué, la mâchoire si serrée qu'on aurait dit qu'elle allait se briser, elle attendait, écoutait, indécise encore sur sa décision de se calmer ou non.

-Inutile de vous préciser que le dossier de votre frère est beaucoup plus vieux que ma carrière au sein du Ministère. Mais cela n’excusera pas le retard de cette affaire.

Là encore, elle n'en voulait pas particulièrement à Raven qu'elle venait à peine de rencontrer. Mais plutôt au service tout entier qui se refilait ce dossier depuis déjà bien trop longtemps. Elle était consciente que bien d'autres noms restaient dans la même situation que le sien, ayant chacun leur petite chemise, bien rangés dans les différents bureaux. Mais elle ne supportait pas de devoir attendre. Et puisqu'elle ne voyait aucun mouvement, alors elle préférait encore le faire elle-même.

-Cependant, il faut que vous sachiez le nombre d’Aurors au sein du Bureau est loin d’être proportionnel au nombre de dossiers que nous possédons. Nous sommes débordés, Miss Dratsena, bien plus que vous pouvez le penser. Et ce, bien avant le décès de votre frère.

Et qu'est-ce qu'elle devait faire maintenant ? S'excuser et plaindre la pauvre petite Auror débordée. Dans l'idée oui, mais elle ne le ferait pas. Ou en tout cas pas maintenant. Pas dans cet état où  ses tempes battaient et sa mâchoire commençait à lui donner des crampes.

-Vous n’êtes pas la seule dans ce cas, miss Dratsena. Des dossiers prennent un peu plus de retard chaque jour, et nous n’y pouvons rien. Ce n’est pas normal, je le sais bien. Ce que je cherche à dire, c’est que vous n’êtes pas la seule à être une victime de la guerre. Que ce soit nous, nos proches… Tout le monde en est une. Tout le monde


Yelena ne prétendait pas être la seule victime d'un immense complot, à plaindre absolument pour ses mésaventures. Non, elle était en revanche bien décidée à provoquer le sort. Elle irait le plus loin possible, avec ou sans l'aide du Ministère. Et si elle ne voyait aucune réponse de leur part elle continuerai, sans oublier de leur faire savoir qu'elle n'était pas satisfaite de leurs méthodes.

-Vous savez quoi ? Vous avez raison. Je ne devrais plus attendre autant de vos services. J'aurais du arrêter il y a longtemps déjà. Vos services sont toujours sur mes talons. Et au lieu de poursuivre c'est moi que vous ralentissez. La prochaine fois j'imagine que ce sera vous la prochaine fois qui viendrez à ma rencontre. Et bien j'en profite pour vous informer que ma réponse sera sans doute moins cordiale qu'aujourd'hui.

Le ton restait un peu moins haut qu'il avait pu l'être juste avant mais toujours si peu engageant.

-Je sais ce que vous ressentez,  je le sais pour l’avoir ressenti moi-même. Pour le ressentir encore aujourd’hui. Je sais ce que cela fait de ne pas savoir qui a tué la personne qui nous était chère. D’être encore dans l’incompréhension, dans le flou. Je fais de mon mieux, miss Dratsena, pour retrouver le criminel qui a assassiné votre frère. Vous savez autant que moi que les Mangemorts sont presque invisibles aux yeux du département de la Justice Magique. Chaque dossier est prioritaire pour nous, et la direction ne nous écoute pas autant que l’on voudrait.

Normalement il aurait fallu qu'elle se montre un minimum compatissante envers cette femme qui lui avouait là partager en quelques sortes la même souffrance qu'elle. Mais Yelena étant Yelena elle ne parvenait pas à passer outre son caractère ignoble pour compatir là où elle pouvait pourtant comprendre cette détresse.

-Alors quoi ? Il faut que je leur porte des chocolats en leur demandant de vous laisser faire votre travail ? Pardonnez-moi Miss, mais si vous aviez pris quelques instants pour regarder le dossier vous sauriez déjà qu'il était loin d'y avoir un coupable unique. Il a été retenu et torturé pendant trois mois par au moins 15 personnes différentes. Il n'a été retenu que dans un seul endroit pourtant, entravé de la même façon pendant des mois. Ils l'ont nourris et soigné, ils ont fait en sorte qu'il survive.  Ils voulaient quelque chose, même si je ne sais pas quoi. Mais je me rapproche un peu plus chaque jour. Et j'aurais sans doute déjà fini si vous ne cessiez pas de vous interposer dans mes recherches !

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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Mer 21 Fév - 19:11

Raven était dans une position délicate. Elle faisait face à la sœur de celui qui faisait partie de leurs plus anciens dossiers du Bureau. Mais son tempérament d’adaptation était assez fort pour qu’elle ne perde pas ses moyens face à la fureur de la professeure. Ainsi, face au regard de feu (lol) que lui renvoyait la russe, l’Auror ne perdit pas son sang-froid et garda un visage de marbre. Dans ce métier, il fallait absolument maîtriser tous ses sentiments pour ne pas se laisser submerger par le flot d’émotions. Quelque chose de difficile qu’ils apprenaient non pas pendant leurs études dans une salle de classe mais bien sur le terrain lorsqu’ils étaient enfin diplômés. Les esprits de chaque Auror se renforçait de jour en jour et certains pouvaient même oser dire à haute voix que ces derniers n’avaient pas de cœur et se contentait d’exécuter les ordres. Cependant, la vérité était bien loin de toute cette supposition. Ne parlaient que ceux qui ne savaient pas à quel point leur travail était difficile, autant physiquement que psychologiquement. Plus d’un finissait brisé en étant incapable de ressentir quoi que ce soit. C’était le côté triste d’être Auror, mais les plus forts mentalement tenaient. Ces derniers obtenaient leur diplôme avec une haute appréciation des examinateurs, catégorie de personnes dont Raven avait et faisait toujours partie.
Elle se défendit tant bien que mal, non pas simplement pour se défendre mais aussi pour faire comprendre à miss Dratsena qu’ils faisaient de leur mieux pour que tout rentre dans l’ordre mais que rien n’était facile. Etre en temps de guerre n’était pas chose aisée et les pertes étaient nombreuses. Tout le monde dans cette population avait été touché d’une manière ou d’une autre. Sa mâchoire se crispa lorsque son interlocutrice mentionna cette petite partie du dossier que l’Auror connaissait par cœur. Oui, elle savait déjà tout ça. Elle savait même qu’il n’y avait pas qu’une seule personne impliquée mais à la tête de tous ces gens se trouvait certainement l’un des hommes les plus influents du Ministère, à savoir Edgar Blackstone, chef de la police magique. De par son nom on savait déjà sa position au sein de la société, et de par sa position on se doutait de son influence envers ses employés. Ce n’était pas chose aisée que d’accuser un homme aussi puissant et aussi haut placé. Cependant, l’Auror fronça les sourcils suite à l’une de ses phrases, peut-être l’une de ses seules réactions depuis que toutes deux avaient abordé le sujet houleux. « Miss Dratsena… Qui donc s’est interposé dans vos recherches ? » Ce que l’Auror ne savait pas, c’était que son ancien supérieur, Morgan Sayre, était venu plusieurs fois à la rencontre de la dragonnière afin de lui sommer d’arrêter ses recherches. Mais à l’époque, comment une simple Auror même très respectée qu’était Raven aurait pu se douter de certains agissements des membres de la direction ?
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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Ven 11 Mai - 19:20

Ce dossier c’était toute sa vie. Le sujet sans doute le plus sensible avec la belle brune. Yelena cherchait depuis tellement longtemps, elle tenait tellement à savoir… il était donc forcément un peu délicat d’aborder la question. Surtout en tant qu’Auror, ceux qui avaient ce dossier à traiter et n’y parvenaient pas. Au fond, elle se doutait que ce n’était pas un manque de volonté. Mais à défaut d’avoir les coupables, c’était un peu sur eux que Yelena passait ses nerfs. elle voulait des réponses. Elle les voulait tellement. C’était devenu presque vital. Et plus le temps passait, plus elle avait l’impression de se rapprocher du foyer. Mais elle se rapprochait aussi du danger. Ce qui lui valait de se faire sermonner régulièrement par le bureau des Aurors.

Yelena avait bien du mal à se tenir face à l’invitée du château. Raven était une femme forte et pleine de qualités. C’était ce qu’elle en concluait à voir le comportement de sa collègue rousse un peu plus tôt. Si Soyle lui faisait confiance, elle avait sans doute de bonnes raisons. Même si Yelena lui avait déjà dit plusieurs fois de faire attention à son comportement avec certaines personnes. La rouquine allait beaucoup trop facilement vers les gens aux goûts de la russe. Mais elles avaient abordé le mauvais sujet, et sans doute de la mauvaise manière. Le professeur s’était donc un peu lâché sur cette pauvre Auror qui n’avait pas demandé un tel déchainement…

-Miss Dratsena… Qui donc s’est interposé dans vos recherches ?

La question loin de la calmer avait au moins eu le mérite de ne pas l’énerver un peu plus. Yelena en était persuadée, si elle avait pu mener ses recherches tranquille, elle aurait sans doute déjà trouvé les coupables. Mais avec les risques venaient les remontrances. Une personne en particulier occupait souvent ce rôle. Morgan Sayre lui avait appris la nouvelle à l’époque. Il n’avait ensuite pas cessé de la surveiller.

-Vous voulez dire à part chacun de vos collègue que j’ai eu le malheur de croiser? Je dirais que mon plus important chaperon est Morgan Sayre. C’est simple, je ne peux plus faire un pas sans qu’il ne me tombe dessus.

Elle en était à se demander comment il savait à ce point ce qu’elle pouvait bien faire. Dès qu’elle sortait de ses activités normales, elle avait droit à un nouveau sermon, voire même des menaces. Il voulait qu’elle arrête. Il avait été plus que clair à ce sujet. Si Yelena avait eu une certaine affection pour lui à une époque, il commençait maintenant à sérieusement lui taper sur les nerfs.
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MessageSujet: Re: L'une peut apprendre à l'autre [Raven] Lun 9 Juil - 23:53

Morgan Sayre.
Raven resta pensive un instant. Son ancien supérieur avait posé sa démission en même temps que la Ministre Jenkins sans qu’ils ne comprennent pourquoi il avait acté ainsi, la sorcière la première. Le poste de Directeur du Département de la Justice était à présent disponible et Raven savait que les candidats étaient nombreux. Mais elle avait été loin de se douter que le sorcier s’était mêlé des affaires des Aurors, surtout en intervenant auprès de la famille d’une victime. En aucun cas ses actes n’auraient dû être son travail. Etre Directeur de Département donnait un certain grade, une certaine prestance, un certain droit, mais aussi certains devoirs. Que chacun reste à sa place. La sorcière aux cheveux de jais avait encore le souvenir d’un de leurs entretiens et de ses yeux bleus hypnotisant. Elle avait été attirée fut un temps, oui. Mais cette aimantation avait été de courte durée depuis cet incident au Musée où tout avait viré au drame. Elle ne lui devait rien et était bien contente qu’il soit parti loin de leur Ministère. À cause de lui, le Bureau des Aurors s’était fait une ennemie.
L’auror secoua la tête en fermant les yeux et en soupirant avant de plonger son regard dans celui de la professeure. Mieux valait lui dire la vérité. Après tout, Yelena méritait de savoir.
« Mr. Sayre a posé sa démission il y a quelques semaines, miss Dratsena. Je vous assure que plus personne ne viendra perturber vos recherches. »
Avec ces mots, Raven espérait que la dragonnière allait retrouver son calme. Elle venait toujours dans un esprit pacifique – excepté sur le terrain où il fallait souvent attaquer les premiers – et ne souhaitait en aucun cas s’attirer les foudres d’une personne qui en savait peut-être plus qu’eux. L’auror reprit sa tasse pour prendre une gorgée, le visage calme et paisible comme ces grands lacs froids de Russie. L’eau était toujours étonnamment chaude. La magie des elfes de Poudlard. La sorcière releva alors la tête. Il fallait qu’elles trouvent un terrain d’entente.
« Voici ce que je vous propose. Je pense que nous avons des éléments à nous apporter l’une à l’autre. Posez-moi les questions qui vous semblent essentielles, je vous y répondrai. Quant à vous… Raven pencha un peu la tête, pensive. Si vous avez la moindre information que vous pensez susceptible quant à l’avancée de cette enquête, je suis toute ouïe. »
Ce n’était pas vraiment ni dans les règles, ni dans le règlement tout court du Ministère. Mais c’était la seule manière pour Raven de redonner du sang-froid à la russe. Et si ce dossier pouvait être enfin classé et le coupable, arrêté…  


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Désoooo pour l'impardonnable retard Cry en plus ma réponse est pas ouf
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