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Pensine de Laomédon Rosier

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SERPENTARD
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MessageSujet: Pensine de Laomédon Rosier Jeu 18 Mai - 22:59


LAOMEDON PENSIEVE
EVAN ROSIER


Song of feelings:
 

Il s’agissait du second jour du mois de janvier mille neuf cent quatre-vingts. Evan Rosier prétextait toujours se rendre dans le comté de Gloucestershire pour s’en aller ‘célébrer son anniversaire avec son père’. Il transplana jusqu’au manoir situé au bout de Offa’s Dyke Path. Même s’il n’avait pas été protégé par un sortilège repousse-moldu, le chemin était tellement escarpé et la ville la plus proche de Lydney tellement lointaine à la fois, que personne ne s’y serait de toute façon aventuré.

Evan resta un moment devant les grilles du manoir sans pourtant y pénétrer. Il faisait encore nuit et un vent glacé et puissant poussait depuis des années quelques pins qui se déployaient de travers. Il avait lui aussi grandi sur ce sol aride jusqu’à ses dix-huit ans. Il ne s’y rendait aujourd’hui guère plus qu’une fois par an - l’unique jour où son fantôme quittait ses lieux - et s’était habitué à contempler ce paysage recouvert du manteau de la neige. La forêt de Dean était d’une blancheur diaphane en contrebas et se fondait dans la vallée. Evan ne parvenait à la distinguer que parce qu’il trouvait d’abord la rivière de Severn - seul élément non figé par la glace - qui serpentait à son orée. Il tourna la tête en entendant un bruit de pas dans les graviers et observa son père, de l’autre côté des grilles, quitter l’enceinte du manoir. Le jour de son anniversaire était aussi celui du décès de Cassandra Carrow Rosier et Laomédon se rendait toujours sur la tombe de sa défunte épouse pour voir l’aube s’y lever. Evan attendit qu’il soit suffisamment loin et poussa alors dans un grincement, de plus en plus sonore avec les années, la grille mal huilée.

Il ne se rendait jamais dans la partie du manoir dans laquelle il avait grandi car l’aile des appartements maritaux qui lui avait toujours été interdite l’intéressait bien plus. Tout y était bordélique et poussiéreux car la vie avait abandonné les lieux en même temps que la présence solaire de la maîtresse de maison. Seules les piles d’exemplaires de la Gazette du Sorcier qui s’accumulaient depuis ces vingt-deux dernières années rappelaient le temps qui s’écoulait. Evan traversa l’aile sans s’y arrêter pour se rendre directement dans le bureau de son père où un feu ronflait encore dans l’âtre de la cheminée. Il s’attarda à contempler le vieil arbre généalogique de leur famille. Ses yeux s’accrochaient toujours instantanément aux noms abîmés de Déméter Rosier et Grégory Brown qu’aucun sortilège n’était parvenu à effacer. Il y était indiqué que tous deux avaient disparu en 1920, le jour de leur honteux mariage - car Brown n’était pas un sang pur - et le mystère avait toujours plané dans leur génération de savoir ce qui s’était passé. Le couple était-il réellement décédé ou la date n’était-elle que symbolique ? Une rose rouge était tamponnée sur les noms de la famille que les droits du sang investissaient du statut d’héritier et les yeux d’Evan suivirent leur chemin jusqu’à son nom. Il eut un petit rire ironique. « Vieille relique poussiéreuse … ».



Il se dirigea à l’autre bout de la pièce et ouvrit grand les volets d’une armoire pour laisser la lumière blanchâtre de la pensine de leur famille éclairer son visage. Il se pencha au-dessus et respira quelques odeurs de son enfance. Des rires, mais davantage de cris, s’échappaient de l’eau calme. Il dirigea sa baguette sur sa tempe et se concentra pour tirer le fil de l’un de ses souvenirs et en éclaboussa la lumière familiale qui dansait à l’état liquide. Il sourit en regardant les images de son souvenir se fondre parmi ceux de son père. C’était la première fois que Evan se défaisait de l’une de ses pensées. Celle-ci lui était particulièrement précieuse et il ne tenait pas à ce qu’un legilimens de l’ordre puisse s’en emparer. Il allait repartir mais hésita car un rire doux et cristallin lui chatouilla l’oreille. « Allez viens, viens s’il te plaît … ». Il tressaillit en reconnaissant la voix de sa mère. C’était un souvenir dont il avait déjà été spectateur et il jeta un bref coup d’œil derrière son épaule en se demandant s’il était sage d’y assister une nouvelle fois. Mais tandis qu’il réfléchissait, son visage se penchait déjà vers le bassin …
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MessageSujet: Re: Pensine de Laomédon Rosier Ven 19 Mai - 10:17


RISE AND SHINE
CASSANDRA CARROW
C’était le premier souvenir que Evan avait découvert dans la pensine que cachait le bureau de son père. Il était alors âgé de sept ans et intimement persuadé qu’il avait commis une bêtise - car cette salle du manoir était habituellement fermée à clé - il s’était précipité derrière la fontaine en apercevant le souvenir de son père fondre dans sa direction. Mais c’était dans les bras de la superbe Cassandra Carrow que se précipitait Laomédon Rosier. « Allez viens, viens s’il te plaît … Laomédon ! ».

Les choses n’avaient pas changées depuis. Le bureau de Laomédon lui était toujours interdit et Evan, bien qu’il soit maintenant âgé de vingt-deux années, avait pris l’habitude de toujours s’accouder à la balustrade de la fontaine pour contempler le souvenir joyeux de ses parents en train de déjeuner dans le jardin de leur domaine. Il s’agissait de la seule image qu’il avait de sa mère et également de son père aimait-il penser. Car au contact de la jeune femme blonde à la silhouette mince, presque fébrile, Laomédon était un homme différent. Il ne se tenait pas courbé en traînant dans son sillage le poids de sa mélancolie, il levait le visage vers le ciel bleu et lui souriait en dévoilant toutes ses dents. « Lève ta tête vers le soleil, tu le sens qui réchauffe ta peau ? C’est ma sensation préférée ! » lui avouait simplement Cassandra Carrow en l’incitant à s’exposer corps et âme à l’astre brûlant. Laomédon Rosier riait avec elle en se prêtant au jeu avant de pencher son visage vers le sien pour lui voler un tendre baiser. « Le soleil est vraiment ta sensation préférée, Cass ? Tu ne penses à rien d’autre ? ». Et il lui caressait l’avant-bras avec l’une des roses qui poussait en grand nombre dans le jardin. Cassandra frissonnait malgré la chaleur de l'été avant de le repousser et de confirmer sa dévotion entière à Hélios. « Quelle diablerie que mes ancêtres, dans leur fascination pour la mythologie grecque, ne m’aient pas appelé Hélios ! ». L’héritière Carrow lui lançait un regard compatissant. « Tu n’as jamais aimé partager ton prénom avec ton grand père, n’est ce pas ? » lui demandait-elle en lui volant sa fleur pour en arracher les pétales sous la pulpe de ses doigts blancs et fins. « C’est un vieux fou qui ne vit que pour pour le souvenir de ses heures de gloire aux côtés de Grindelwald, qui voudrait de son prénom ? ». Cassandra haussait vaguement ses épaules. « Ton frère ? Que tu l’acceptes ou non, ce prénom symbolise ton titre d’héritier … ».

Laomédon ressemblait alors davantage à ce qu’il était aujourd’hui tandis qu’il courbait sa soucieuse échine pour se frotter la nuque en se délestant d’un triste soupir. Evan grimaçait en contemplant ce tableau qui le révulsait. Son père lui ressemblait alors trop à son goût, il avait avant lui et comme lui, chéri et haï le nom de Rosier dont il était l’héritier légitime. « J’ai rendu à ma vieille famille - désargentée à force de guerres stupides ! - sa fortune d’antan. Tout ce que je veux maintenant, c’est vivre ici avec toi et uniquement avec toi. Loin de l’agitation de la capitale, loin d’eux par dessus tout. Est-ce que c’est trop demandé ? ». Cassandra ne dit mot et quitta simplement sa chaise pour venir s’asseoir sur les genoux de son amant. Elle se lova contre lui et cacha son fin sourire lorsqu’elle enfouit son visage sous le sien. Elle continuait a déshabiller la rose de ses attraits pour n’en laisser qu’un bâton d'épines. Evan se demandait quel âge avait sa mère à cette époque car elle paraissait jeune face à son père dont la barbe était naissante. Il se souvenait avoir questionné son oncle Basil à son sujet quand il était encore enfant. Celui-ci la qualifiait sans cesse de petite fille même quand il parlait de ses derniers jours où elle avait eu vingt ans. Elle appartenait à ces beautés qui n’ont pas d’âge. Avec sa silhouette fluette, son regard doux et naïf, elle ressemblait en effet plus à une enfant qu’à la jeune femme qu’elle était pourtant devenue. Elle se relevait finalement pour caresser la joue de son amoureux dans un geste maternel qui rendait encore aujourd’hui le curieux spectateur qu’était son fils jaloux. « Tu sais que ce n’est pas possible … ». C’était une conversation qu’ils semblaient souvent avoir partagé car Laomédon lui lançait un regard plein d’incompréhension en se dégageant doucement de ses bras. Ses parents étaient alors jeunes et amoureux et avaient leur tête pleine de rêves d’émancipation. « Et pourquoi pas ? ». Comme si elle avait été douée d’un pouvoir sur les cieux, le visage de Cassandra s’était voilé de l’ombre d’un nuage qui passait devant le soleil. « Je ne peux pas t’offrir d’héritier Laomédon … ». Mais son père était incrédule et agitait la tête de droite à gauche pour empêcher cette idée de le pénétrer. « Épouse-moi Cassandra. On trouvera une solution, on trouve toujours une solution quand on est ensemble ! ». Laomédon s’emparait de ses doigts avant qu’elle ne les retire pour les embrasser. Il répétait sa demande, qu’il lui avait sans doute déjà adressé des centaines d’autres fois, encore et encore. « Épouse-moi ! ». Il lui adressait un sourire enchanteur et riait tandis que les deux mots prononcés continuellement finissaient par en perdre leur sens. Alors le rire cristallin de Cassandra se mêlait finalement au sien. « D’accord ! C’est d’accord ! Arrête s’il te plaît … C’est d’accord ! ». Et elle l’empêchait de continuer son jeu en écrasant ses mains sur ses lèvres. Ils s’échangeaient un regard long et complice et Laomédon se dégageait finalement de ses mains pour lui jeter un regard partagé entre la joie et le doute. « Tu es sérieuse ? ». Elle acquiesçait et sa sensibilité éclatait en sanglots tandis que lui se relevait et se précipitait vers le manoir. « Où est-ce que tu vas ? Alors quoi ? Maintenant que j’accepte tu t'enfuis ? » le grondait-elle à la fois rieuse et pleureuse. « Jamais de la vie ! Je vais chercher ta bague pour faire convenablement les choses. Cassandra Carrow Rosier, vous méritez que je mette le genoux à terre ! ». Et il courrait pieds nus en bondissant maladroitement sur la terrasse dont le sol lui brûlait la plante des pieds sous les éclats de rire de sa fiancée.

Tandis que Laomédon disparaissait et que Evan se retrouvait seul avec Cassandra et Hélios dont elle se protégea avec un chapeau de paille qu’elle noua sous son cou gracile, l’invité comprenait qu’il s’agissait du souvenir de sa mère. Elle se dirigeait souriante vers la balustrade de la fontaine. Elle posait une main sur son ventre recouvert d’une robe blanche et lui souriait comme si elle avait pu le voir de l’autre côté de la fontaine. Ses yeux vert gris étaient brillants de joie et de liberté et pétrifiaient Evan. Sa maman était magnifique.
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MessageSujet: Re: Pensine de Laomédon Rosier Ven 19 Mai - 17:34


BORN TO BE WILD
LAOMEDON ROSIER
Le second souvenir commençait avec un cri perçant qui ne manquait jamais de lui glacer le sang et Evan se boucha les oreilles de manière inutile en souhaitant se dérober. La porte de la chambre de l’hôpital dans laquelle hurlait Cassandra s’était brièvement ouverte pour laisser sortir Laomédon dont la robe que lui avait prêté le service maternité de l’hôpital était recouverte du sang de son épouse. Son visage était contrit de douleur et ses yeux gonflés de détresse, un infirmier qui courrait à sa suite nettoya d’un discret coup de baguette sa robe ensanglantée. L’une des médicomages de Sainte Mangouste, une sage-mage, rejoint bientôt son père pour accompagner son pas titubant jusqu’à la salle d’attente où l’attendaient les regards inquiets - ou peu scrupuleux s’agissant de certains personnages - des familles Carrow et Rosier intimement réunis pour l’une des dernières fois. « Elle … Elle … » hoquetait Laomédon sans parvenir à articuler le moindre mot sous le regard défait de son père Thanatos et le sourire discrètement amusé de son frère Hypnos. La médicomage l’empêcha de continuer en prenant les devants. « Mrs Carrow est en train de mettre au monde un petit garçon en pleine santé. Mais les chances que sa santé fragile lui permette de supporter le choc de l’accouchement sont faibles, très faibles à ce stade … ». Adriel Carrow repoussa dédaigneusement l’épaule tremblante de Laomédon qui ne parvenait à hoqueter que des sanglots pour se dessiner son propre chemin jusqu’au médecin. « Vous dites que … » « ELLE EST EN TRAIN DE MOURIR ! NOTRE FILLE ! - explosa son épouse qui semblait seule partagée l’affliction de l’époux Rosier - Qu’est ce qui n’est pas clair dans ce que la médicomage vient de nous dire ? ». Sa voix étranglée par les larmes qu’elle retenait s’éteint et elle détourna un visage blême vers la fenêtre. Son époux lui coula un regard sévère mais la rejoint néanmoins et la salle d’attente retrouva son silence lourd. Tous avaient compris sauf peut-être le jeune Achilles Carrow qui releva un instant ses yeux encore innocents de son plateau de ‘basilics et échelles’ pour chercher du réconfort dans ceux de ses parents. La médicomage s’apprêtait à repartir quand la voix rauque de Laomédon s’éleva avec un calme glaçant. « Supprimez l’enfant ». La sage-mage prise au dépourvu laissa le temps à la surprise de s’évanouir de ses traits pour retrouver sa solennité professionnelle. « Ce n’est pas comme - les regards froids et déterminés des parents Carrow la firent vaciller - Votre épouse, et votre fille, elle a pris sa décision. » reprit-elle plus durement. « Cette décision ne lui apparient pas ! » se releva Adriel Carrow d’un air menaçant en sortant sa baguette de sa manche.  « Vous ne pouvez pas sortir votre baguette ici, Monsieur Carrow ! » s’indigna sans plus aucune douceur la médicomage à son tour. « Aucune vie de femme ne prévaut sur celle d’un héritier ! - gronda Thanatos Rosier à son tour - C’est un garçon Adriel, tu l’as entendu et tu sais ce que cela signifie ! » rappela-t-il au Carrow comme s’il se référait à quelque règle ancestrale qui n’existait que dans leur milieu désuet.  « Monsieur Carrow, je vous demande de ranger tout de suite votre baguette ou de sortir ! ». L’intéressé ignora complètement la médicomage pour plutôt regarder son égal en grimaçant de rage, il savait qu’il avait raison et que la vie d’aucune fille - pas même la sienne - ne prévalait sur celle d’un héritier. Ce fut son frère Ollender, fait d’une trempe encore plus dure que la sienne, qui intervint pour lui prendre sa baguette. « Ce n’est pas un héritier, c’est un monstre » susurra-t-il venimeux à l’oreille du Rosier avant de retourner s’asseoir défait aux côtés de son épouse.

Laomédon qui avait assisté à ces violents échanges commençait à comprendre la finalité de la scène qui se jouait sous ses yeux et ne laissa pas un nouveau silence s’installer. Le conseil Carrow et Rosier ne venait ni plus ni moins que de trancher en défaveur de l’existence de sa bien aimée. « Non ! Supprimez-le ! Supprimez-le ! Je vous en supplie, rendez-moi Cassandra ! Laissez-moi la voir ! La raisonner ! Supprimez-le ! » hurla avec détresse le père d’Evan qui avait retrouvé toute sa voix mais perdait à chaque mot qu’il prononçait un peu de sa dignité aux yeux de ses pairs. « Reprend toi Laomédon, tu fais honte à notre nom ! » ne put s’empêcher de glisser Hypnos en détournant les yeux de son fils de ce spectacle de crainte sans doute qu’il ne puisse l’imiter un jour. Evan observait, comme le reste d’entre eux, le spectacle de son père - comme celui de toute sa naissance - avec répulsion. Il arrivait parfaitement à lister dans cette assemblée tristement réunie ceux qui souhaitaient qu’il voit le jour de ceux qui ne le souhaitaient pas. Les visages de tous ces soit disant grand sorciers habituellement drapés d’indolence et d'indifférence étaient tous lisibles en cet instant. Il y avait les traits tristes de ceux qui avaient scellé le sort de la mère et les visages tordus par la rage de ceux qui entendaient sceller autrement celui de l’enfant. Et puis il y avait Hypnos Rosier, le seul qui ne perdait pas une miette de la déchéance de son frère, dont un sourire indéfectible tordait le bout des lèvres. La pudeur d’Evan l’empêchait, tout comme le reste des spectateurs, de regarder son père qui suppliait les membres de sa famille de changer les règles d’un jeu qu’il avait espéré rejeter lorsqu’il s’était uni à la douce Cassandra. L’adolescent de vingt-deux ans dont le coeur battait la chamade contourna ce souvenir de son père et marcha jusqu’à son jeune oncle Basilius. Celui-ci vêtu de sa robe de sorcier de l’école supérieure de magie se tenait droit en regardant par la fenêtre le vide qui s’étalait à ses pieds. Il avait tourné le dos à toute cette mascarade, et à laquelle il était de toute façon trop jeune pour que sa voix y ait quelque importance. Evan était curieux de savoir ce qu’il lirait sur son visage. Tristesse ou colère ? Sa vie ou celle de Cassandra ? Mais le souvenir vacillait toujours avant qu’il n’arrive jusqu’à son oncle. Le cri de Laomédon, presque aussi perçant que celui de Cassandra qui ouvrait le souvenir, le clôturait.  « LAISSEZ-MOI VOIR CASSANDRA ! ». Le bruit d’un chariot de potions renversé et puis plus rien, le souvenir s'évanouissait en même temps que son père.
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MessageSujet: Re: Pensine de Laomédon Rosier Jeu 13 Juil - 20:42


NEVER SURRENDER
BASILIUS CARROW
Six années après la naissance d’Evan, le manoir de la famille semblait être l’objet de quelque malédiction rampante. Les pieds des rosiers, autrefois si bien entretenus par Cassandra, commençaient à étirer leurs épines jusque sur les colonnes de la terrasse. Si aucune voix ne s’était élevée de la fenêtre entrouverte de la bibliothèque, le lieu qui se décrépissait lentement aurait pu paraître abandonné. « L’homme sage apprendra sans doute que la plus terrible arme de l’autre, l’ennemi, est de lui ressembler sous certains traits et qu’il devra doublement s’en méfier » récitait le précepteur à ses cousin Achilles et Tsadkiel qui recopiaient chaque mot de la dictée en les grattant sur leur parchemin. Evan reconnaissait l’enfant qu’il avait été assis sur le banc sous la fenêtre. Il s’assit à côté de lui et l’observa curieusement. Il était ébouriffé, ses ongles étaient noirs de terre, du pus suintait d’une plaie qui lui ouvrait la joue. Lui qui était aujourd’hui toujours d’apparence soignée ne reconnaissait l’enfant qu’il avait été qu’en regardant au travers de ses yeux couleur acier. Son visage était fermé et ses mâchoires serrées tandis qu’il jetait des cailloux aussi fort que le lui permettait son bras dans la fontaine éteinte et vaseuse. L’étendue de l’eau vit un galet plat rebondir sur sa surface plane avant de couler. « Oncle Basil ! - s’écria l’enfant en bondissant de son banc pour trouver refuge dans les jambes de l'adulte qui venait de rejoindre le jardin - Comment vous avez fait ? » fit-il émerveillé. « On ira du côté du lac, je t’apprendrai à faire des ricochets » s’amusa l’adulte en retour avant de s’accroupir à hauteur du garçon et de froncer les sourcils en remarquant la blessure non soignée qui lui ouvrait la joue. Ne laissant pas paraître autrement son inquiétude, il lui passa une main complice dans ses cheveux déjà ébouriffés. L’enfant hocha négativement et tristement la tête pour faire comprendre à son aîné qu’il n’avait plus le droit de s’y rendre. « Qu’est-ce qui s'est passé ? ». Le visage d’Evan s’éclaira de malice quand vint le moment de raconter ses aventures. « J’ai trouvé un vieux balais dans le grenier et j’ai volé avec, j’ai monté haut, très haut ! J’étais au lac et j’ai monté plus haut que le grand sapin quand … » « Et t’es tombé ? » « Quand je suis tombé oui et Proserpine a tout raconté mais j'ai eu le temps de cacher le balais ! » « C’était quand ? » « Lundi » « Et c’est là-bas que tu t’es fait ça ? ». Le petit garçon cacha honteux la blessure que venait de pointer son oncle de son doigt. « Attend, pourquoi tu la caches ? C’est fantastique ! C’est une vraie blessure de joueur de quiddtich, c'est même une blessure d'aventurier ça ! » plaisanta-t-il en rendant aussi facilement que cela à l’enfant son sourire fier. « Comme celles que vous avez dans le dos ? » « Comme celles que j’ai dans le dos - il approcha sa main de celle que l’enfant conservait collé contre sa joue - Tu me laisses voir ? ». Et comme Basil était bien le seul adulte que l’enfant adulte daignait écouter, il se laissa faire et fut patient le temps qu’il le soigne. Il chercha du bout de ses doigts une cicatrice car si son oncle avait des blessures d'aventurier, il en voulait au moins une aussi. « Tu sais où se trouve ton père ? ». Sans doute le jeune Evan n’aimait-il déjà pas à cet âge parler de Laomédon car il s’enfuit immédiatement pour lancer de nouveaux cailloux dans la fontaine. Son père il se trouvait toujours enfermé à double tour dans son bureau. « Choisis les cailloux plats si tu veux faire des ricochets ».

Evan, le jeune adulte, abandonna là la projection de son enfance pour emboîter le pas à son oncle Basil, celui-ci avait à peu près à l’époque le même âge que lui, il était amusant de constater qu’ils avaient la même démarche. Ils traversèrent d’un même pas le hall d’entrée avant de monter les escaliers d’honneur pour emprunter l’aile du manoir dans laquelle se trouvait le bureau du père de Rosier. Basil annonça sa présence en frappant à la porte mais aucune réponse ne lui fut adressée hormis le cliquetis caractéristique d’une porte déverrouillée. Basil qui semblait être habitué à ce froid protocole poussa la porte en saluant avec une grande sobriété celui qui avait longtemps été envisagé comme le futur et brillant héritier Rosier. « Laomédon ». L’intéressé ne leva pas son nez qu’il avait presque collé au parchemin sur lequel il écrivait présentement une missive. Il chercha d’une main tremblante le sceau familial et l’apposa sur le parchemin ainsi scellé par la plume et la rose. Basil qui s’était confortablement installé sur le grand fauteuil se racla la gorge pour rappeler sa présence. Sans doute fit-il bien car un sursaut surprit Laomédon qui releva son visage, sinon son dos voûté par le chagrin, vers le cousin de sa veuve. L’homme autrefois si babillant ne parlait aujourd’hui jamais pour ne rien dire comme si chaque mot avait été pour lui trop fatiguant. Malgré l’aversion que Basil éprouvait pour ce curieux personnage, il ne pouvait que savourer cette qualité trop rare. « Pourquoi ton fils ne se trouve-t-il pas avec le reste de ses cousins ? Est-ce qu’il a seulement une fois suivi les cours de votre précepteur ? ». La résolution de ces questions semblait être trop difficile à l’homme qui vieillissait précocement car il ne sortait de l’aile de son château que pour se restaurer de frugales dîners. « La qualité d’un bon précepteur est de susciter deux idées là où auparavant il n’y en avait qu’une seule, je crains que le précepteur choisi par mon frère ne réussisse l’exploit de ramener ce compte final à zéro » répondit-il calmement et comme il en avait l’habitude par une phrase qui n’aurait pas été sotte si elle n’avait pas été aussi inadaptée à la présente situation. « Est-ce qu’il apprend au moins à lire ? » demanda plus durement son oncle. Laomédon resta cette fois-ci silencieux. Ce silence était néanmoins parlant et Basil y répondit par un rictus ironique également évocateur. « Tu dois faire quelque chose ! Tu ne peux pas laisser Evan dans les mains de ton frère alors que tu sais qu’il ne lui souhaite aucun bien ! ». L’inertie dont dégoulinait Laomédon tordait le visage de l’impassible Basil dans une colère et une révulsion difficilement retenus. « Tu ignores ce qui se prépare » répondit Rosier en s’appuyant sur son bureau pour se relever et se diriger avec son courrier vers une vieille chouette effraie occupée à se gratter ses plumes depuis son perchoir. Son oncle alors âgé de vingt-cinq ans se leva à sa suite et marcha d’un pas plus Carrow que Basil. « Qu’y a-t-il Laomédon ? Que sais-tu caché derrière ton bureau que j’ignore ? » siffla-t-il. Laomédon caressa le bec de la chouette effraie avec un sourire un peu éteint et cela sembla adoucir un instant Basil qui retrouva sa chaise et ses mains pour accueillir son visage fatiguée. La chouette effraie était celle de Cassandra Carrow et couvait sur cette scène le même regard d’incompréhension qu’aurait très certainement couvé sa défunte maîtresse. Elle s’envola avec la mystérieuse missive dans le ciel frais et bleu de ce début d’automne dès que la fenêtre s’ouvrit. Laomédon dont son vol apaisait toujours le coeur meurtri l’observa silencieusement jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement. « Cassandra était intelligente et altruiste » lâcha-t-il douloureusement en laissant tomber son masque. « Evan pourrait être tout aussi intelligent si tu lui donnais les moyens de l’être ! » « Cassandra l’aurait rendue altruiste, il n’y a qu’elle qui l’aurait rendu altruiste ». Cassandra, irremplaçable à ses yeux, était celle qui l’avait lui-même rendu altruiste. La détresse de Laomédon sembla faire vaciller Basil qui pour la première fois de l’entretien fut celui qui ne répondit pas. « L’intelligence est dangereuse sans altruisme » conclut-il simplement avant de se diriger vers la porte de son bureau pour l’ouvrir et inciter le représentant de sa belle famille à lui rendre sa tranquillité. Cet entretien l’éprouvait durement. Mais si Basil se releva de son fauteuil, il ne quitta pas pour autant la pièce. « Je le constate en t’observant car tu en es dangereusement dépourvu à l’égard de son enfant ». Laomédon quitta le premier son bureau. Basil passa une main dans sa nuque, comme il lui arrivait à lui-même de le faire lorsqu’il était soumis à de violentes pensées, et jeta un coup d’œil par la fenêtre. La chouette effraie n’était plus visible. Il se retourna en entendant le plancher craqué et sourit en reconnaissant le regard caractéristique de son neveu dans l’embrasure de la porte. « Descend à la bibliothèque, je te rejoins ». Il se dirigea vers l’armoire qui dissimulait la pensine et ce souvenir, comme les précédents, se brouilla.
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