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Une blairelle égarée | LUZIA

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SERPENTARD
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MessageSujet: Une blairelle égarée | LUZIA Mer 14 Juin - 10:17

Aussi douce et charmante puisse être la jeune Mademoiselle Pomfresh, Evan commençait à se lasser de leurs rendez-vous récurrents. C’est qu’elle était devenue bien bougonne avec lui au cours de cette année. « Quelle idée de remonter déjà sur votre balais, Monsieur Rosier ! ». Le dit Monsieur Rosier serra la mâchoire de contrariété pour toute réponse et n’osa répondre que ce sport se trouvait être le point d’orgue de sa futile vie. Son éducation avait été négligée par un père absent et une famille défiante alors le jeune Evan s’était bâti tout seul à travers le Quidditch. Quand l’ensemble de ses cousins se réunissait autour du précepteur de la famille, il avait pris l’habitude, plutôt que de les observer d’un œil envieux de l’autre côté de la vitre, de monter sur un vieux balais qui traînait dans la remise pour faire des tours dans le jardin. Sa convalescence suite à l’humiliante blessure lors du premier match de la saison qui opposait les serpents aux aiglons l’avait privé de son niveau d’antan. Il avait dû faire montre de toute son hypocrisie avec cette idiote de Romansky pour qu’elle le laisse jouer ce dernier match. Et alors qu’il se réjouissait de pouvoir fièrement faire ses nouvelles preuves, il avait été fauché par un cognard de sa propre équipe. Moran Powell en plus d’être son colocataire se trouvait en effet être son coéquipier et une féroce animosité les séparait depuis autant de temps. Evan qui ne souffrait partager son illustre blason vert et argent avec un profil aussi peu serpentard aurait certes préféré que le batteur n’attende pas le dernier match de la saison pour essayer de lui prouver par sa fourberie sa juste appartenance à leur maison. Surtout que concernant Evan, on pouvait bien tricher et s’employer aux coups bas partout dans la vie sauf au Quidditch ! Il comptait bien faire payer cet outrage à son camarade et ne se contenterait pas cette fois de le réveiller toute une semaine à quatre heures au son de la cornemuse de sa patrie pour lui rappeler son statut de colonisé. « Ravalez votre air contrarié et retirez de suite votre maillot qu’on vérifie l’état de vos côtes. Deux côtes brisés la dernière fois, vous vous rappelez ? » le rabroua-t-elle tandis qu’il s’exécutait mollement. Il plissa les yeux par-dessous son maillot d’entraînement car au moment où il en retirait le col il lui sembla deviner dans le lit à côté la chevelure brune de la batteuse des blaireaux et amie, comme tous les bourbes et mêlés de cette école semblait-il, avec Moran Powell. Le rideau avait été tiré entre leur deux lits. Il se souvenait autant de l’affreux craquement de sa cage thoracique que de la douleur éprouvée à chaque respiration et savait qu’il n’avait pas les côtes brisés mais il ne souhaitait pas renoncer au plaisir de voir leur infirmière vérifier par elle-même alors il la laissa faire en bon patient. « Je n’ai rien d’autre que l’avant-bras fracturé mais puisque vous êtes décidée à vérifier par vous-même … » lui lança-il avec un regard que leur infirmière eut l’intelligence d’ignorer avant de s’éloigner en murmurant quelque chose à propos de sa bêtise dans son tablier amidonné.

Et aussitôt que Mademoiselle Pomfresh lui eut tourné le dos pour partir à la recherche de quelque potion et bandage dans la remise, il tira à l’aide de son bras valide le rideau qui le séparait de la présence solaire de Luzia Ozores pour la saluer d’un charmant sourire en faisant fi du désagréable picotement qui lui traversait son autre bras. « Me voir au tapis rend sans doute la défaite plus supportable, je m’en voudrais de te priver du spectacle ! » s’amusa-t-il à la provoquer en lui présentant sa piètre personne dont le visage était recouvert de traces de boue et les cheveux encore en bataille. Mais ses yeux luisaient eux encore de la fièvre du match et de la victoire. « Beau match ! » tempéra-t-il finalement en bon joueur car il avait toujours été meilleur vainqueur que perdant. « Même si j’aurais préféré me faire allonger par toi plutôt que par Powell … » précisa-t-il enfin d'un air magnanime car il était d’humeur à converser avec la préfète et particulièrement si cela lui permettait d’enfoncer leur connaissance commune.


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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Ven 16 Juin - 19:40

Quand on était batteur, on avait moins de chance de se prendre les cognards. Si l'un d'entre eux vous prenait en chasse, ou si un batteur de l'équipe adverse vous visait, vous aviez toujours une batte pour renvoyer la balle folle plus loin.
Luzia Ozores, qui jouait dans l'équipe depuis sa troisième année, avait donc jusqu'ici évité les chocs avec les cognards - du moins n'avait-elle jamais été vraiment blessée. Il suffisait d'une fois. Eanna avait dévié sa trajectoire pour ne pas se prendre un cognard lancé par Moran. Luzia, qui ne quittait pas des yeux les deux attrapeurs poursuivant le vif d'or, avait reçu le cognard dans l'épaule. Le craquement, horrible et sonore, ne laissait aucun doute planer sur le diagnostique : sa clavicule était cassée.
Elle avait donc terminé le match en luttant contre la douleur, dirigeant son balai à une main et s'en voulant à elle-même de n'avoir pas été attentive. L'attrapeur des Verts avait gagné, ce qui était presque une bonne nouvelle.

Voilà pourquoi elle se trouvait à l'infirmerie, allongée sur un des matelas, essayant d'oublier la douleur et tentant pour cela de respirer avec le ventre. Madame Pomfresh lui avait administré une potion soud'os, il ne restait plus qu'à attendre qu'elle fît de l'effet. À présent, l'infirmière auscultait Rosier, dont le bras avait été cassé par un cognard - Luzia était presque sûre qu'il ne s'agissait pas d'un des siens.
Elle essayait de ne pas écouter les paroles échangées par Madame Pomfresh et par Rosier, de l'autre côté du rideau. Les autres joueurs n'avaient pas eu le droit d'entrer à l'infirmerie et la jeune Ozores en était résolue à prendre son mal en patience. Dans quelques heures, elle pourrait retrouver Hazel, Marlene et Maya pour le repas du soir.
Aucune position n'est confortable quand on se casse la clavicule et bouger réveillait la douleur... Ces heures promettaient d'être longues, d'autant plus que son compagnon de douleur ne lui était absolument pas sympathique.

Mais alors qu'elle broyait du noir, le rideau fut tiré, révélant le visage - agréable, il fallait dire, mais Luzia ne voulait pas se l'avouer - du Sixième année. Curieuse, elle tourna doucement la tête vers lui, s'attendant à recevoir une volée de bois verts parce qu'il avait son bras fracturé.
Il n'en fut rien. Madame Pomfresh avait regagné son bureau et, pourtant, Rosier lui adressa la parole de façon... aimable.
Me voir au tapis rend sans doute la défaite plus supportable, je m’en voudrais de te priver du spectacle !

Tout comme elle, il n'avait pas pris la peine de se changer et avait gardé son équipement de quidditch. Troublée par l'affabilité du Serpentard, Luzia ne sut que répondre. Elle parvient à sourire faiblement quand il fit remarquer qu'ils avaient partagé un beau match - il avait raison.
Même si j’aurais préféré me faire allonger par toi plutôt que par Powell, conclut-il.

Ah, c'était bien ce qu'elle pensait - ce n'était ni elle ni Dowey qui l'avaient blessé. Ouf, cela lui éviterait de passer un sale quart d'heure. Avec son épaule en vrac, Luzia ne se sentait pas de jouer la préfète.
L'Espagnole sentait que c'était à elle de parler. Déconcertée, elle devait quand même rester prudente.
On oublie plus facilement à quel point un cognard fait mal quand on est batteur, parvint-elle à dire. C'est donc Moran qui t'a eu ? Que s'est-il passé ?

Ce devait être une erreur, probablement. Aucun batteur normalement constitué ne défonçait ses coéquipiers !

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Ven 23 Juin - 11:07

Luzia lui demanda le récit de ses blessures et Evan dissimula sa gaieté sous un air faussement surpris. C’est que la facilité avec laquelle il conduisait la blairelle là où il le souhaitait lui paraissait presque déconcertante. Mais croirait-elle le poison qu’il entendait distiller dans ses veines ? Il n’en doutait pas car la duperie était la spécialité des Rosier aussi sûrement que le sadisme était celle des Lestrange.

Evan se redressa un peu dans son lit à la force de son bras valide et serra les mâchoires en ramenant son bras blessé contre lui pour commencer par lui rappeler la souffrance qu’il endurait courageusement. Non pas qu’il feigne ici la douleur mais Nell Conway lui en avait infligé une bien pire lors de leur précédent match … Il adressa un sourire charmant à Luzia pour conclure sa courte comédie et lui répondit enfin. « Il faut croire que Moran est moins bon batteur que toi » commença-t-il par la flatter sur son jeu qu’il n’avait en réalité jamais pris la peine d’observer. Il guettait davantage les cognards que les batteurs adverses lorsqu’il évoluait sur le terrain et sans doute n’était-ce pas une erreur suite à la douloureuse expérience qu’il endurait en cet instant. « Ou bien qu’il n’a pas un aussi bon esprit d’équipe » suggéra-t-il plus amèrement en détournant finalement son regard pour froncer les sourcils en faisant mine de s’interroger. Evan était persuadé que Moran avait parfaitement calculé la trajectoire de son cognard car aussi insupportable puisse être son coéquipier il était loin d’être mauvais pour manier la batte. Depuis que Rosier tournait autour de Blackstone, il avait l’impression que l’adolescent cachait moins facilement l’envie qu’il avait de lui faire ravaler son sourire à coup de cognards. C’est qu’elles paraissaient être peu nombreuses les jeunes filles importantes dans la vie du batteur. Daisy Blackstone, Luzia Ozores, Maddison Abbot, Gardenia Ollivander peut-être ? Si Rosier refusait à approcher cette dernière car il était encore plus dégoûté par la couleur non naturelle de ses cheveux que par l'impureté du sang de son interlocutrice, il se demandait plus volontiers comment arriver à ses fins avec les trois premières pour que son camarade se retrouve enfermé dans une furieuse solitude. « On ne s’aime pas beaucoup lui et moi et il paraît que l’honneur n’est pas notre principale qualité chez les verts …  » confessa-t-il finalement avec un petit sourire désolé et un haussement d’épaules fataliste. « Il suffit d’observer la manière dont Powell use de son blason de préfet pour savoir qu’il n’échappe pas à cette règle » digressa-il avec un regard appuyé vers la préfète des jaunes qui semblait tout au contraire embrasser ses fonctions avec un grand sérieux.

Contrairement au reste de ses amis, Evan n’était pas connu pour faire de vagues à Poudlard et il n’avait pas eu à avoir souvent affaire aux préfets de leur école. Il n’avait le souvenir - et lointain car il était alors en deuxième année - de s’être fait coller qu’une seule fois avec Fabian Prewett après que les deux garçons se soient battus avant de partager une étrange et rivale amitié. Mais aussi intacte puisse être la réputation de Rosier, il n’y avait aucun mauvais coup dans sa maison dont il ne soit pas au courant. Depuis que Niclas Travers avait quitté leur école, il était devenu l’aîné des sang pur. Et quand il n’utilisait pas les plus jeunes et influençables élèves de sa maison comme instrument de ses manigances, il avait pris l’habitude de les entendre se vanter de leur plus viles actions. Alors il savait de manière tout à fait indirecte quel préfet il était bon ou mauvais de croiser lors de leur ronde et avait fini par faire le constat que les préfets qui exerçaient leur fonction avec sérieux n'étaient heureusement pas si nombreux. Luzia Ozores, digne descendante de la juste Helga Poufsouffle, étaient pourtant de ceux-là ... Alors Evan aurait été bien curieux de connaître son avis sur tout ce qu'il aurait pu lui raconter des pérégrinations nocturnes de son camarade de maison.

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Jeu 29 Juin - 22:59

Luzia essayait de cacher sa stupéfaction. Était-ce bien Evan Rosier qui lui parlait ? Jamais elle n'aurait cru pouvoir avoir un quelconque intérêt pour lui. Il lui parlait, sans dédain, sans méchanceté, comme si tous deux étaient parfaitement normaux. Peut-être que le coup de cognard lui avait remis les idées en place ?

Il avait mal à son bras et grimaçait parfois quand il changeait de position, tout en continuant de parler. Cela aussi étonna un peu la Poufsouffle - depuis quand les Serpentard montraient-ils qu'ils souffraient ?
Il faut croire que Moran est moins bon batteur que toi, glissa-t-il.

Oh ! Elle ne s'y attendait tellement pas qu'elle rougit. Ce qu'elle pouvait être idiote... Voici ce que lui faisait un compliment. Un mot bien placé et voilà qu'elle se couvrait de ridicule.
Non, réussit-elle à dire en détournant le regard, Moran est un excellent batteur. Vous avez juste joué de malchance.

Ce qui ne les avait pas empêché de gagner ! Et puis, pour les sorciers, qu'était-ce une fracture, une foulure, ou une plaie ? Mais Rosier continuait sur le sujet Moran : ils ne s'aimaient pas trop, et peut-être que Moran avait profité du match pour régler ses comptes avec Evan.
Luzia secoua la tête par la négative, mais ceci réveilla sa douleur à l'épaule, et elle ferma les yeux pendant deux secondes, s'obligeant à l'immobilité. Quand elle se tourna avec précaution vers Evan Rosier, ce dernier poursuivit :
Il suffit d’observer la manière dont Powell use de son blason de préfet pour savoir qu’il n’échappe pas à cette règle.

Luzia ne pouvait pas vraiment dire le contraire : elle avait surpris Moran à s'entraîner à la métamorphose, puis en train d'explorer un passage secret, alors qu'il aurait dû effectuer ses rondes. Mais Luzia n'était pas toute blanche non plus : depuis que Fabian Prewett lui avait montré le passage secret et qu'elle avait goûté à la transgression, elle comprenait à quel point il était facile de glisser sur les règles. Et puis elle avait promis à Moran qu'elle ne dirait rien à personne sur ses tentatives d'animagus.

Il lui fallait dire quelque chose et, si elle l'avait pu, l'Espagnole aurait haussé les épaules pour mimer un parfait détachement.
Il m'arrive de faire des rondes avec Moran, et, vraiment, je n'ai jamais constaté de manquement de sa part.

Guère à l'aise avec le mensonge, la jeune fille savait qu'elle devait à tout prix bifurquer sur un autre sujet de conversation, tout en ayant l'air de rien.
D'ailleurs, fit-elle avec un petit sourire, je crois qu'il en va de même pour toi non ? Tu n'as jamais donné de fil à retordre aux préfets, que je sache.

Mentalement, elle salua son habileté mais, hélas, sous le coup du contentement, elle inspira un peu trop profondément, ravivant la douleur.
Pourvu que la potion fasse de l'effet, ça fait un mal de chien...

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Sam 1 Juil - 20:03

Luzia rougit de son compliment pour mieux vanter les mérites de son adversaire et Evan - dont l’esprit était perverti par des années de viles manœuvres - la regarda d’abord avec curiosité. Se pouvait-il que ce visage angélique dissimule un esprit plus manipulateur que le sien ? Il lui paraissait que personne ne pouvait être aussi probe et il était assez étonnant de constater que cette naïveté protégeait celle qui s’en défendait en refusant les prétendus excès d’intérêt à son égard. Il ne rêvait qu’avec plus de ferveur de la voir croquer dans la pomme empoisonnée. Le retour de Madame Pomfresh le divertit et le dérangea et il se retint de justesse de la foudroyer de son regard acier. L’infirmière lui tendit une potion dont l’odeur âcre le fit grimacer avant de s’asseoir à ses côtés sur un tabouret pour lui panser son bras. Il en descendit le contenu cul sec et sa gorge le brûla davantage que le premier jour où il avait goûté du pur feu. Il s’ébroua et, s’il ne chassa pas le terrible goût de la concoction, il retrouva au moins ses esprits.

Evan ne vit que du feu aux mensonges de Luzia sur les rondes de son homologue préfet et il se laissa en ce sens très facilement leurrer par l’intéressée. Il ne cria pour autant pas à la défaite et fronça les sourcils pour lui demander en feignant la naïveté. « Tu ne sais pas qu’il a agressé Rozen au bal du nouvel an ? ». Il espérait que cette idiote de McKinnon ait pour une fois utilement ouvert son grand clapet pour raconter l’anecdote à son amie. « Je ne trouve pas qu’il montre un bon exemple aux plus jeunes et c’est dommage pour un préfet … » ajouta-t-il plus sombrement comme si un être aussi démuni de compassion avait pu se sentir concerné par leur sort. Il feignait plutôt bien les émotions qu’il ne comprenait guère. Il releva finalement son regard vers la préfète quand elle se méprit sur son bon comportement et lui adressa un sourire sincère. Il était plutôt content que sa réputation soit intacte au château. « J’ai dû nettoyer pendant toute une semaine et sans magie les bassines de cette infirmerie en deuxième année après m’être battu avec Prewett … disons que ça m’a servi de leçon ! ». Il ne remarqua pas que Madame Pomfresh encore occupée à le panser dissimulait bien mal un sourire en coin et serra plus fort son bandage. C’est qu’il n’avait pas été l’élève puni le plus conciliant avec elle … La punition avait été tellement injurieuse pour Rosier qu’il avait envoyé dès le lendemain un hibou à sa famille pour demander son transfert à Durmstrang. « Enfin on s’entend bien depuis alors ça aura au moins eu cet effet ! » temporisa-t-il pour se vanter de cette amitié avec l’adolescent largement jugé par ses pairs comme un traître à son sang. C’est que Rosier était plus conciliant avec les traîtres qu’avec les bourbes.

Quand il vit Luzia peiner par la douleur qu’elle éprouvait, il se la joua bon prince et retira le coussin glissé derrière son dos pour le lui tendre. « Place le sous ton bras, ça t’empêchera de trop bouger l’épaule … ». Même Madame Pomfresh interrompit son activité pour lui lancer un regard plein d’étonnement. C’est qu’elle avait vu l’héritier Rosier plus infecte que quiconque à Poudlard. « Qui est-ce qui t’as eu ? » la questionna-t-il finalement sur sa blessure en espérant secrètement qu’ils partagent un agresseur commun pour diriger de nouveau la conversation vers Powell.

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Dim 9 Juil - 15:42

Quand elle ne bougeait pas, la douleur de son épaule était moins vive. Il suffisait aussi que Rosier prît la parole pour que, intriguée, elle délaissât sa blessure. Depuis le début de la conversation, elle était étonnée par la politesse du Serpentard. Certes, il ne semblait pas porter Moran dans son cœur, mais après tout, Luzia ne s'était-elle pas montrée méfiante envers lui quand ils s'étaient rencontrés ? Il lui avait fallu du temps pour lui faire confiance et l'apprécier. Ils s'étaient déjà disputés après que Luzia eut dénoncé Moran auprès de Thomas Avery lors d'un accident en cours de potions.
À vrai dire, Moran et elle n'avaient jamais parlé de Rosier, si bien que la jeune fille ignorait ce que son ami pensait de Evan. Elle se promit de mener, plus tard, son enquête.

Tu ne sais pas qu’il a agressé Rozen au bal du nouvel an ?, lança le Serpentard tandis que Madame Pomfresh, de retour, lui administrait un breuvage au goût douteux.
Luzia fronça les sourcils. Bien-sûr qu'elle le savait. Il paraît même que c'était Fabian Prewett qui avait joué les arbitres. Si l'Espagnole désapprouvait la violence dont avait fait preuve Powell, elle songeait que Alexandre l'avait sûrement cherché. Elle se souvenait que trop bien de son attitude hautaine et provocatrice quand elle l'avait croisé dans les cachots, en train de malmener deux jeunes Poufsouffle.
Sûrement que Rozen l'avait mérité, souffla Luzia, qui n'ajouta rien de plus.

Inutile de se lancer dans un débat au sujet de Rozen. Dire qu'il avait été un pote, quand ils étaient petits. Quel gâchis. Toute à ses pensées sombres, elle ne releva pas ce que disait Rosier sur la non-exemplarité de Moran. Cependant, la retenue du Serpentard en Deuxième année, ainsi que les motifs de la punition, attirèrent son attention.
Disons que ça m’a servi de leçon, concluait-il.
Là était le but, répliqua Luzia en souriant.
Oui, elle venait de sourire à Evan Rosier. C'était dire la cordialité de leur échange !

Quand elle laissait deviner qu'elle avait mal à la clavicule, elle entendit Evan bouger sur son lit et lui tendre un cousin.
Place-le sous ton bras, ça t’empêchera de trop bouger l’épaule…

Hébétée, Luzia resta quelques secondes pantoise, regarda brièvement l'infirmière qui semblait tout aussi intriguée, puis tendit doucement son bras valide pour saisir le cousin et se caler précautionneusement. Bien plus stable, elle devrait moins morfler à chaque inspiration.
Merci, dit-elle simplement, touchée par l'attention de Rosier.

Elle n'osa plus le regarder ensuite, vraiment perturbée, et fixa son regard sur le bout de ses chaussettes blanches. Quand il lui demanda qui l'avait frappée, elle se tourna vers lui, mais ne put le dévisager, se contentant de glisser les yeux sur ses jambes à lui.
C'est Moran. Il voulait avoir Eanna, mais elle s'est écartée de la trajectoire. Je n'ai pas vu, je regardais les attrapeurs... Ça m'apprendra.

Quelle idée, aussi, que de se préoccuper d'autre chose que les cognards !
Et là, reprit-elle, malicieuse, je ne peux pas dire qu'il règle ses comptes.

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Mer 12 Juil - 21:02

Il n’y avait bien que Rozen qui soit suffisamment nigaud pour se mettre à dos la maison des serpents et celle des blaireaux en même temps - pensa sombrement le blessé. Il aurait pu s’amuser de la situation s’il n’avait pas été affligé qu’elle serve aussi mal sa noble cause d’intenter à la réputation de Moran. Aussi Evan resta-t-il sur cet échec car il ne lui semblait pas que sa nouvelle colocataire souhaite s’étendre davantage sur le sujet. Mais déjà le lumineux sourire de Luzia lui rappelait que d’autres moyens lui permettaient d’atteindre son objectif. Il n’avait pas que la langue fourchue d’un serpent, il en avait aussi le regard mystificateur. Il s’empressa de lui tendre un oreiller pour soulager sa peine et aussi parce qu’il pensait que la consciencieuse Madame Pomfresh lui en apporterait un nouveau. Sûrement la sage femme sentait-elle le pot aux roses car elle ne fut pas pressée de remédier à ce manque et préféra continuer à enrouler posément son bras dans un bandage. Avec quelle difficulté il contenait la noirceur de son regard et conservait l’affabilité de son ton … « Si tu continues à me faire bénéficier de ta sagesse, je vais me remettre à enfreindre le règlement dans l’espoir qu’on soit punis ensemble un jour … » lui répondit-il en lui rendant son sourire. « Tu as déjà enfreint le règlement ? » feint-il de vouloir savoir tandis qu’un sourire gentiment moqueur se dessinait déjà sur ses lèvres (c’est qu’il avait l’impression de déjà connaître la réponse politiquement correcte que lui délivrerait la sage petite préfète). Mais ce sourire perdit toute sa gentillesse à l’instant où elle fuit son regard et il leva même les yeux au ciel pour soulager un peu son intérêt bien simulé. La pauvre enfant devait certes rester un peu trop souvent avec Moran si elle pensait que ses autres camarades de maison puissent à leur tour s’intéresser à son impureté !

Si la retenue de Luzia la poussait à détourner le regard, la curiosité de Rosier avait l’effet inverse. Outre le fait qu’il était indéniable que la préfète lui plaisait avec son air ombrageux et farouche, son égo se mêlant à l’affaire, il aimait voir son propre reflet magnifié dans l’effet qu’il créait chez elle. Quand la jeune fille lui apprit finalement que c’était justement à Moran Powell qu’elle devait sa blessure, il résista durement à l’envie d’enfoncer le batteur - la jeune fille n’était pas de celles qui se défaisaient si facilement de leur loyauté - mais resta cette fois-ci bon prince - car il espérait aussi qu’elle se défaisait plus facilement de sa vertu - pour répondre avec mesure. « Il a sans doute voulu se faire pardonner en m’offrant une agréable compagnie pendant ma convalescence alors … quel saint ce Moran ! » s’amusa-t-il plutôt charmeur qu’ironique. Il ne s'était pas rendu compte que son bras était finalement bandé et ne se rappela de la présence de Madame Pomfresh que lorsqu'elle lui flanqua un oreiller sur le visage en même temps qu'un coup à son orgueil. Il ravala ses belles paroles pour afficher un air surpris - enfin une émotion non feinte - tandis que l'infirmière, heureuse de sa manœuvre, s'éloignait déjà vers un autre patient en dissimulant mal son sourire vengeur. C'est que Rosier lui en avait fait bavé ces dernières années ... « En parlant d'agréable compagnie ... » commenta-t-il cette fois-ci avec ironie en plaçant l'oreiller derrière son dos.

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Lun 17 Juil - 14:23

Encore sous le choc de la sollicitude dont venait de faire preuve le Serpentard à ses côtés, Luzia ne savait que penser. Jusqu'alors, Evan Rosier lui avait toujours apparu mesquin et orgueilleux. Elle savait pertinemment qu'il ne s'adressait pas à n'importe qui. Pourquoi, alors, lui paraissait-il si sympathique ? La jeune fille songea qu'il avait peut-être une idée derrière la tête - mais en quoi pouvait-elle lui être utile, elle, pauvre Poufsouffle de quinze ans ?
De nouveau, la Cinquième année s'en voulut d'attendre de lui quelque méfait. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle se méfiât des Verts et Argents ? N'était-ce pas ainsi que l'on consolidait les animosités entre les Maisons ? D'ailleurs, Moran n'était-il pas en train de lui prouver qu'elle se trompait en mettant tout le monde dans le même panier ? Se pouvait-il donc qu'il en fut de même pour Evan Rosier ?

Songeant qu'il était peut-être précipité de tirer une conclusion, elle l'écouta, s'obligeant à croiser son regard, qu'elle détourna aussitôt qu'il termina.
Et bien, non, je n'ai jamais enfreint le règlement, répondit-elle en rougissant. Je ne serais probablement pas préfète sinon.
Mais ça, c'était avant qu'elle ne suive le jeune Fabian Prewett dans les couloirs la nuit, et qu'il ne lui montre un passage secret. Ses initiales gravées à même la roche prouvaient qu'elle y était passée...
Avait-il vraiment suggéré se faire punir pour être avec elle ? Le cœur de la jeune fille tressauta dans sa poitrine. Est-ce qu'il flirtait ? Si oui, c'est qu'il avait reçu un sacré coup de cognard... Luzia préféra ne pas prêter le flanc en lui répondant.

Heureusement, Rosier bifurquait de nouveau sur Moran.
Il a sans doute voulu se faire pardonner en m’offrant une agréable compagnie pendant ma convalescence alors … quel saint ce Moran !
Luzia rougit derechef en constatant le sourire enjôleur du Serpentard. Elle remarqua ses dents pointues, blanches, parfaitement alignées, aussi éclatantes que l'azur de ses yeux.
À ce moment-là, Mme Pomfresh termina avec le bandage de Evan, s'écarta de quelques pas pour prendre l'oreiller d'un autre lit et le donna au blessé avec une telle vigueur qu'il le reçut dans le visage.
▬ ... En parlant d'agréable compagnie, plaisanta l'intéressé tandis que l'infirmière regagnait son bureau.

Luzia ne put s'empêcher de rire franchement, mais le regretta aussitôt en sentant la douleur se réveiller à son épaule.
Ahah... Aïe, ne me fais pas rire.
Mais il avait raison. Si Mme Pomfresh était une infirmière dévouée et compétente, elle n'était pas la plus chaleureuse des personnes.
Il n'empêche que, sans elle, nous en aurions pour plusieurs mois de convalescence... Au fait, tu n'as pas trop mal ?

Pour la première fois, la jeune fille s'inquiéta vraiment de l'état d'Evan Rosier.

Dragées a écrit:
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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Ven 21 Juil - 20:00

Quand Luzia l’informa qu’elle s’était toujours employée à une application rigoriste du règlement de leur école, Evan acquiesça la tête d’un geste plus admiratif que surpris. C’est que lui avait toujours trouvé ce règlement très contraignant et tout particulièrement concernant les expressions de violence entre camarades. S’il n’avait eu aucun sbire heureux de prouver ses idéaux suprémacistes pour s’en aller violenter qui il voulait, leur école pleine d’impurs et de bourbes lui aurait paru insupportable. Rosier se complaisait de pouvoir régler ses problèmes de manière radicale tout en continuant à faire partie des élèves de sa maison qui préservaient encore un visage décent auprès de leurs professeurs. Il voyait bien les regards suspicieux que lui lançaient parfois McGonagall ou encore Slughorn au détour d’un couloir où on avait retrouvé un élève humilié mais il était suffisamment malin pour qu’on ne le prenne que très rarement la baguette dans le poche. C’était un jeu qui lui plaisait assez à lui qui n’avait jamais été suffisamment considéré au sein de sa propre famille pour qu’on lui impose des limites. Il aurait presque pu être préfet tout compte fait pensa-t-il non sans ironie. « Et il n’y a aucune règle que tu souhaites enfreindre ? Certaines sont plutôt amusantes à contourner … » insista-t-il d’un sourire diablement tentant. C’est qu’il ne la lâchait pas du regard.

C’est Madame Pomfresh qui vint mettre fin au flirt auquel il s’employait depuis qu’il avait tiré le rideau le séparant physiquement de sa camarade, faute de parvenir à briser le mur de préjugés qui les opposait. Il se força à rire avec elle car la niaiserie de toute cette scène le débectait. Evan était bien aise qu’aucun autre camarade de sa maison n’ait également été blessé pendant le match pour y assister. Voilà qui n’aurait que trop fait reluire sa terme et sombre réputation. Il était de plus toujours un peu vexé de s’être fait ainsi décoiffé par un coussin. Si la caractérielle infirmière n’avait pas été protégée par l’enceinte de leur école, c’est elle qui aurait connu de longs mois de convalescence pensait-il amèrement. La préfète le surprit à son tour en l’interrogeant sur son mal. Si la question était anodine, il ne l’avait que trop peu souvent entendu et elle lui parut tout à fait singulière. « Non - répondit-il davantage hermétique avant de préciser - c’est pas mon premier cognard ». Il se redressa finalement un peu en grimaçant sur l’oreiller qu’il avait ajusté derrière son dos et finit de s’exprimer dans un soupir. « Tant que ça me fait pas manquer le reste de la saison, je me fiche assez des blessures - il lui sourit à nouveau - j’aimerais bien jouer en professionnel après l’école ». Il connaissait l’effet que son rêve d’enfant pouvait susciter chez les jeunes filles alors il finit là dessus … plutôt que d’ajouter ça ou mangemort. « Et toi ? »
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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Mar 25 Juil - 22:37

Hormis l'excursion avec Fabian et Moran - mais sûrement était-ce déjà trop - Luzia avait toujours respecté les limites. En fait, elle avait toujours considéré qu'il était possible d'enfreindre les lois, à condition d'être suffisamment solide pour en assumer les conséquences. Or, la jeune Ozores, humble au plus haut point, ne se sentait pas de taille à subir d'éventuels retours de bâton.
Et il n’y a aucune règle que tu souhaites enfreindre, demanda doucement Evan en dardant sur elle ses prunelles claires. Certaines sont plutôt amusantes à contourner…

Elle resta un moment, le regard plongé dans celui de Rosier, un peu estomaquée par l'éclat et l'insistance avec lesquels il la regardait. L'avait-on déjà regardé ainsi ?
Et bien, commença-t-elle au bout d'un moment, je suppose que j'adorerais me promener à Poudlard la nuit. Il paraît qu'il existe de nombreux passages secrets. Ce serait drôle de s'y aventurer.

Hop, mine de rien, Luzia venait un peu d'atténuer son secret. Cela le rendait moins terrible. À son tour, elle se demanda à quels méfaits rêvait le Serpentard et allait lui poser la question, mais ce dernier, revenait à son bras, lui assura qu'il n'avait pas mal.
Ce n'est pas mon premier cognard, ajouta-t-il.
Peut-être, mais je trouve que ça fait si mal qu'on ne peut pas s'habituer au fait de se prendre des cognards...
Une fois de plus, Luzia se demandait comment elle faisait pour accepter de caillasser ses camarades. Certes, c'était le jeu, et elle adorait son poste de batteur - elle le trouvait essentiel, quoique annexe, car les batteurs pouvaient renverser la vapeur. Mais elle se rendait compte de la violence de son rôle, et ce d'autant plus qu'elle venait d'être blessée.
J’aimerais bien jouer en professionnel après l’école, avoua Rosier.

Luzia hocha la tête, admirative. Il n'était certes pas le premier à dire cela, mais elle voyait sa détermination. Nombreux étaient ceux qui désiraient se lancer dans le quidditch professionnel, il fallait donc vraiment sortir du lot.
Si tu travailles d'arrache-pied, se contenta-t-elle de dire, tu y arriveras, j'en suis sûre.
Elle ne voulait ni lui promettre monts et merveilles ni être défaitiste.
Moi, je ne sais pas encore vraiment. Mais j'aimerais travailler dans la botanique, genre... Je ne sais pas, découvrir de nouvelles plantes magiques, de nouvelles façons de faire avec les plantes...
Mais pour cela, elle devait obtenir de bonnes notes à ses BUSEs et travaillait beaucoup pour mettre les chances de côtés pour un Optimal en botanique. Mais, en fait, c'était par amour pour cette matière plus que par ambition. Elle verrait bien où cela la mènerait, en fonction des opportunités qui s'offriraient à elle.
Mais, as-tu un plan B pour plus tard ? Imagine que Moran t'amoche trop au prochain match et que tu ne peux plus faire de quidditch, tu ferais quoi ?

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MessageSujet: Re: Une blairelle égarée | LUZIA Sam 12 Aoû - 21:27

Quel élève n’avait jamais souhaité arpenter les couloirs de l’école à la recherche de passages secrets une fois l’heure du couvre-feu passée ? Il s’agissait de l’une des manœuvres de séduction les plus efficaces pour séduire les jeunes filles du château avec les cours de vol improvisés sur le terrain. Et puisqu’il n’avait rien à apprendre à la blairelle en matière de quidditch … « Et si un élève particulièrement insolent - s’amusa-t-il en montant sur ses grand palominos ailés - décide de te provoquer en te communiquant l’heure tardive et l’endroit prohibé auquel il souhaite s’aventurer hors du règlement, est-ce que ton devoir de préfète te pousserait à le rejoindre pour le sanctionner ? ». C’est que Rosier ne demanderait jamais à une élève dont la droiture était aussi exemplaire d’enfreindre le règlement. Il n’avait parlé à Luzia que de contourner les règles et s’en tenait justement à ses propos. Il voulait obtenir un rendez-vous avec elle et ne s’ennuierait pas pour l’acheter avec quelques grains du sablier de sa maison si cela pouvait donner le sentiment à la jeune fille de rester dans le juste.

Evan continuait ainsi allègrement à flirter et ne réfléchit pas à la question de la douleur provoquée par le cognard que lui posa sa camarade. Ce n’était pas franchement dans ses habitudes de se lamenter devant une jeune fille qu’il entendait séduire. Il aimait également à penser en sportif né qu’il pouvait s’adapter et s’habituer à tout et même à la douleur. Le dépassement de soi était une thématique qui l’intéressait particulièrement. « Façon de penser intéressante pour une batteuse ! » souligna-t-il de manière tout à fait évasive en riant légèrement impressionné cette fois-ci. Luzia ne cherchait au moins pas à s’endormir la nuit en se racontant de jolies histoires. Il aurait bien aimé être batteur lui aussi mais s’était rendu compte lors des sélections qu’il était plus précis avec un souaffle qu’avec une batte dans les mains. Il détourna finalement son regard un peu gêné quand sa camarade fit valoir qu’il pourrait jouer dans une catégorie professionnelle à force d’acharnement. Il acquiesça ses propos d’un mouvement de tête discret et pudique. Le sport était bien le seul domaine qui lui faisait croire en la force du travail mais il se trouvait honteux de l’admettre tout serpentard qu’il était. Il était un imposteur hors paire en toute catégorie sauf en quidditch. « J’aime bien les Faucons de Falmouth - une équipe célèbre pour la brutalité de son jeu - tu y aurais sans doute aussi ta place vu ta façon de penser impitoyable en matière de cognards … ». Il la regarda sérieusement avant d’adoucir ses propos par un sourire plus amusé que railleur car il lui plaisait de déformer les propos d’une si angélique jeune fille. Il se retint d’exploser de rire quand elle lui parla de ses plans de botaniste car c’était une "science" qu’il ne parvenait pas à respecter … au même titre que le soin aux créatures magiques.

Mais la douce et pas si naïve Luzia le mit bientôt en difficulté. Lorsqu’elle souhaita connaître ses autres plans de carrière, il lui ne répondit d’abord qu’en se passant une main hésitante dans sa nuque. La seule chose dont il était certain était que si Moran l’amochait trop au prochain match, il en paierait le prix fort … Mais pour le reste ? Il voyait comme tous les autres enfants issus d’une illustre lignée l’étendard du seigneur des ténèbres flotter au-dessus de sa tête et il aurait fallu être soit stupide soit fou pour l’ignorer. Son libre arbitre lui tenait encore néanmoins à coeur. « Je ne sais pas » répondit-il sincèrement. « J’aimerais aller là où personne de ma famille n’a jamais été … alors hormis le quidditch - il eut finalement un petit rire et lui jeta un regard en coin - ou la botanique ! ». C’est que Rosier ferait un beau nom de botaniste pensa-t-il de manière bien ironique. « Mais vu que je ne partage pas la même passion que toi pour les plantes, ça ne me laisse aucune option… ».

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