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Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN

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MessageSujet: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Dim 26 Nov - 10:31


1967


Il faisait beau, dehors. Il faisait beau, les oiseaux chantaient, le soleil inondait le feuillage des arbres par sa douce lumière et le ciel bleu était ponctué de quelques moutons blancs dans le ciel. Tout était si calme, si paisible. Un si beau paysage laissait prévoir un été chaleureux. Et pourtant, tout était sombre et triste dans le cœur de Raven.
Elle faisait face à la fenêtre, regardant du haut de son étage toute cette petite vie qui grouillait au pied du Ministère de la Magie. Mains derrière son dos droit, le menton haut et fier, la jeune Auror âgée tout juste de 28 ans avait un regard vide. Tout ce qui passait ici-bas ne semblait pas capter son attention, encore fallait-il qu’elle s’en préoccupe vraiment. La jeune femme expira, retint un sanglot. Ces derniers jours avaient été synonyme de bouleversement au sein du Bureau des Aurors. Et pas des moindres. Toute l’équipe avait perdu leur chef, Callaghan Graves, durant une mission où il s’était fait bêtement touché par un sort. Bêtement… Non, ce n’était pas vraiment le mot. Si Raven était touchée, ce n’était pas seulement parce qu’un esprit familial unissait chaque membre du Bureau et qui les rendait si solidaires, non. Il n’y avait pas que ça. Callaghan avait été son tuteur durant ses années d’études à l’École Supérieure de Magie, son mentor, son soutien, son pilier. C’était grâce à lui si elle en était arrivée là aujourd’hui. Il avait été un des premiers à croire en elle malgré le fait qu’elle soit une femme. Et il était mort en voulant la protéger, elle. Raven. L’Auror ferma les yeux, crispa sa mâchoire. Elle ne pouvait pas croire qu’il était parti. Pas comme ça. Pas après tant d’années de complicité et de duo mortel en mission. Ce n’était pas… C’était impossible. Trois jours qu’il était parti. Trois jours. Trois jours qu’elle avait passés à pleurer dans les bras d’Elliot qui ne savait pas vraiment quoi dire pour la consoler. C’était la première fois que l’ancien Serdaigle la voyait aussi démunie. Et véritablement, les mots lui manquaient, même s’il faisait de son mieux.
Les yeux dans le vague, Fawkes entendit un léger bruit de tocage de porte. Elle se racla la gorge et répondit d’une voix ferme « Entrez. » La porte s’ouvrit et se referma en un grincement, suivit de quelques pas qui se rapprochaient. En soupirant, elle prit un regard déterminé avant de se retourner pour faire face à nul autre que… Kierán Graves. Le fils de son ancien chef décédé. Aussitôt, toute sa détermination retomba. Elle ne sut pas quoi dire. L’Auror connaissait bien l’homme qui se tenait face à elle pour lui avoir maintes et maintes fois parlé. Ils s’entendaient bien. Mais pas sûr que ça soit autant le cas après ce qu’il venait de se produire… « Mr. Graves. » Que dire de plus ? L’ancienne Poufsouffle savait très bien pourquoi il était là, dans ce bureau. Il fallait qu’elle soit forte. Parce qu’elle allait faire face, dans les prochaines secondes, à un véritable bulldozer…

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Dim 26 Nov - 22:01



Pleurer la mort d'un parent n'était guère quelque chose d'aisé. Pleurer la mort de deux parents était pire. Kierán fixait le plafond de sa chambre à Galway. La maison était plus silencieuse qu'elle ne l'avait jamais été. Trois jours. Trois jours et un enterrement. L'enterrement de leur dernier parent. D'aucun ne penserait que la mort de Callaghan affecterait autant ses enfants. Oona avait disparue et le jeune homme n'avait pas eu le courage de partir à sa recherche dans les vallées vertes de leur pays. Oona était sa dernière famille. Il était maintenant son tuteur. Sur ses épaules, l'ancien Serdaigle sentait le poids des responsabilités peser lourdement. Il était toujours étudiant. Il devait s'en sortir dans son cursus, il devait aussi s'occuper de sa cracmolle de frangine. Kierán devait la nourrir, la soutenir. Le reliquat de jeunesse qui parcourait ses traits semblait s'envoler lentement, tandis que la triste réalité lui éclatait à la figure.
Callaghan était mort, et il était le seul Graves sorcier qui restait. Le seul donc, à avoir des responsabilités envers leur nom. Il effaça d'un revers de main les dernières traces de larmes sur ses joues d'adulte. S'en était finit de l'amusement, de la vie tranquille. Tout ça, parce que son père était mort.
Depuis l'enterrement, il n'avait pas eu le courage d'aller dans la chambre de son père, pas plus qu'il n'avait eu le courage de regarder la photo de lui qu'il avait à son bureau. Il n'osait plus regarder le visage souriant de cet homme qui lui parlait encore de ses dossiers quatre jours plus tôt. Le jeune aspirant langue-de-plomb se releva et laissa ses yeux regarder par delà la vitre. Il s'attendait presque à voir sa jeune sœur dans l'herbe trempée, délavée par la pluie qui parcourait leur pays. Mais Oona n'était pas là. Elle avait autant besoin d'espace que lui avait besoin de compagnie. Et comme à chaque fois, il se préoccupait d'abord de son bien-être à elle avant le sien. Il n'avait toujours rien dit à Diana. Il ne lui avait pas répondu. Sa dernière lettre datait de la veille, cela faisait une semaine qu'il n'avait pas vu sa petite amie. Diana était si différente de lui. Si différente. Il l'aimait pour cela. Elle était tout ce qu'il n'était pas. En conséquence, il savait qu'elle aurait géré de manière bien différente un deuil tel que celui-là. Il ne savait pas comment lui dire, ni comment l'écrire. L'écrire aurait rendu la chose si réelle. Etait-il capable d'assumer cela ? Il avait beau avoir dit quelques mots au dessus de sa tombe, pâle comme le cadavre qu'on s'apprêtait à enterrer, il ne réalisait pas qu'il ne le verra plus jamais. Il s'approcha de son bureau en évitant toujours outrageusement la photo de son père souriant avec Oona et lui. Il prit une lettre et avec le peu d'encre qu'il restait, il rédigea l'adresse de sa petite amie, et écrit au dos seulement quelques mots : « Mon père est décédé ». Dans un réflexe, il releva ses yeux sur le souvenir de son père.
C'est à ce moment-là qu'il prit la décision d'aller voir le nœud du problèmes, l'épicentre du tremblement de terre de sa petite vie auparavant si tranquille. Il sortit de sa chambre en emportant avec lui sa cape et déboula dans le salon vide où une bouteille de Poteen à demi-entamée était abandonnée sur la table-basse. Ne résistant pas à l'appel que lui lançaient ses gènes d'alcoolique, il s'approcha de la bouteille et la saisit sans ménagement pour boire directement au goulot. Une lampée, deux lampées, trois lampées. Dès qu'il eu finit la bouteille il la laissa tomber par terre, et transplana illico presto.

Le Ministère. Cet endroit que son père avait tant de fois parcouru. Cet endroit qu'il avait parcouru il y a trois jours, une dernière fois. Être là serrait le cœur du jeune homme qui faisait maintenant face à certains regards désolés, voire même des poignées de mains qu'il n'avait pas prévu. Il ne voulait voir qu'une seule personne et ces gens l'empêchaient d'avancer. Il arriva finalement dans un ascenseur où il se réfugia avant d'appuyer sur un bouton. Il se rappelait que c'était son père qui lui avait dit à quel niveau il travaillait, un beau jour d'été.
« Eeh Papa, tu travailles où ? » avait lancé le petit Kierán qui tenait la main de sa petit sœur qui essayait de marcher à côté de lui. « Au Ministère » s'était amusé son père en passant sa grande main dans les cheveux châtains de son aîné. « Non mais oùùùùùù ? » avait reprit le petit garçon en attirant doucement sa sœur vers lui. Callaghan s'amusait de la curiosité déjà débordante de son fils, qui, il n'en doutait pas, allait être envoyé à Serdaigle pour ses capacités intellectuelles. Ses yeux bleus le fixaient avec amusement alors qu'il s'installait un peu mieux dans le siège dans lequel il était assit. « Au Niveau 2. Je travaille au Niveau 2, porte 5 ».

La port de l'ascenseur s'ouvrit sur le Niveau 2. L'Irlandais s'avança maladroitement, en regardant les différentes portes. Il eu un temps d'arrêt devant la porte 5. Elle portait le nom de son défunt père, que personne encore n'avait retiré. « Callaghan Graves, Chef des Aurors ». L'inscription était petite mais soignée et Kierán, dans un dernier espoir sans doute de se rattacher à ce qu'il restait de son paternel, essaya d'entrer. Porte close.
Il se recula. Il n'avait rien à faire là.
Il continua de s'avancer dans le long couloir avant de s'arrêter devant une porte. Il ne regarda pas le numéro, juste le nom qui était affiché. « Raven Fawkes, Auror ». Kierán eu un temps d'arrêt. Un temps d'arrêt de quelques secondes à peine avant de toquer. Une voix faible lui répondit, et il se découvrit brusquement un instinct vengeur. Il ouvrit la porte silencieusement, la referma dans le même silence, ses yeux si similaires à ceux de son père fixés sur la femme postée devant la fenêtre. Elle se retourna. « C'est comme ça que vous appeliez mon père ? » demanda-t-il de but en blanc. « C'est comme ça que vous vous êtes adressée à lui lorsque vous avez réalisé qu'il était mort par votre faute ? » continua-t-il. Kierán n'était pas violent dans ses mots. Il parlait avec une voix calme, presque douce. Il sentait son pouls pulser dans ses veines, dans ses doigts. Il sentait les flues magiques le parcourir de toute part. Mais il fallait qu'il se maîtrise. Pour lui, pour son père.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Lun 27 Nov - 18:02

Raven savait que cette discussion allait être houleuse, sinon pleine de tension. Elle qui ne perdait jamais son sang-froid et restait digne en toute situation, elle semblait cependant quelque peu affaiblie par la perte de celui qui avait été son chef et son tuteur, mais aussi son ami. Et faire face à son fils qui venait pour une raison dont elle se doutait était encore plus difficile. Mais la sorcière ne laissait rien paraître, gardant la bouche close. Elle le salua poliment, c’était la moindre des choses. Allait-il répondre de même ? L’Auror n’en était pas si certaine. Après tout, c’était pour l’accabler d’horribles accusations qu’il était dans cette pièce. Accusations fausses auxquelles la jeune femme avait fini par y croire. Elle avait fini par culpabiliser de la mort de Callaghan parce qu’elle s’était finalement dit que oui, c’était de sa faute. Alors qu’il n’en était rien. Au moment des faits, la sorcière aurait pu se protéger toute seule. Elle aurait pu. Mais le défunt avait risqué sa vie afin de sauver la sienne. Une mort dont elle se souviendrait à jamais tellement elle était dure à accepter. La réponse du jeune Kierán ne tarda pas à fuser, avec ce ton si calme mais qui cachait une émotion lourde. « C'est comme ça que vous appeliez mon père ? » L’Auror ne répondit pas tout de suite, affligée par sa question. Il y avait tellement d’accusations dans sa voix… Il lui en voulait terriblement. La sorcière comprenait tellement… Mais ce n’était pas sa faute. « C'est comme ça que vous vous êtes adressée à lui lorsque vous avez réalisé qu'il était mort par votre faute ? » poursuivit-il. La sorcière déglutit. Les prochaines minutes allaient être difficiles à vivre. Elle avait vécu beaucoup de situations demandant un mental d’acier, mais les moments comme ce qu’elle était en train de vivre maintenant… Aucune comparaison n’était possible. Raven baissa la tête un instant avant de la relever et plonger son regard triste dans celui qui venait de perdre son père. « Cal… commença-t-elle avant de se reprendre, je n’ai jamais souhaité la mort de votre père, Mr. Graves. Sur le terrain, tout s’est passé si rapidement… Je m’en veux tellement... Vous pouvez mettre son décès sur mon dos, vous êtes en droit de le faire. Je ne chercherai pas à vous contredire parce que vous ne m’écouterez pas. Alors accusez-moi autant que vous le voudrez… Qu’il en soit ainsi. » La sorcière ne savait tellement pas quoi dire d’autre… Elle se sentait dévastée. À la fois par la perte de son mentor, mais aussi par l’attitude de son fils. Comment continuer à vivre en sachant que des enfants l’accusaient pour le décès de leur père ? La réponse restait introuvable.
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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Mer 29 Nov - 11:32


C'était davantage pour soulager sa peine que pour savoir ce qui s'était exactement passé que Kierán était allé au Ministère pour voir Raven Fawkes. Il avait besoin, dans un geste de protection et de paix, de faire porter la charge de son désespoir à quelqu'un. Le jeune homme en voulait autant à elle qu'à son paternel. Lui qui ne ressentait jamais de la colère, lui qui cantonnait toutes ses émotions dans sa tête, il se sentait prêt à exploser. Il avait beau avoir toujours été un être solitaire, enfant comme adolescent, il n'avait jamais négligé la présence de Callaghan à ses côtés. Son père était différent de lui, ou plutôt il était différent de son père, mais il se sentait comprit par sa figure d'autorité tel que personne d'autre ne l'avait jamais comprit. Kierán était une équation incompréhensible de chiffres magiques et moldus, que personne à part son père n'avait jamais pu résoudre. Il semblait que les descendants Graves soient une espèce tout à fait spéciale et que l'union de leurs deux parents soit une grossière erreur d'assemblage. Miss Fawkes pouvait s'excuser, elle pouvait lui dire ce qui s'était passé. Il n'en avait franchement rien à faire. Qu'étaient-ce les excuses face à la mort d'un parent ? Qu'étaient-ce les excuses face à l'abandon ? Qu'étaient-ce les excuses face à la réalité ? Par la faute de Raven autant que par la faute de son père, il se retrouvait plus seul qu'il ne l'avait jamais été. « Il n'y a beaucoup de choses sur lesquelles je puisse vous accuser » dit-il en contenant toutes les mauvaises paroles qu'il voulait lui dire, « mais vous êtes assurément coupable de ce qui arrivera par la suite à la famille ».
Après tout, maintenant que le patriarche était mort – par sa faute – les enfants Graves étaient livrés à eux-même. Un jeune adulte pour s'occuper d'une adolescente à la vie si tôt compliquée. Raven les précipitait dans un ravin dont il n'était pas sûr de pouvoir échapper. Tout n'allait être qu'un vaste fiasco orchestré par une femme qui allait tout oublier par la suite pour vivre mieux. Kierán voulait lui faire porter le poids de ce fardeau sur les épaules. « Vous êtes coupable de sa mort, de ce que notre vie va devenir, Miss Fawkes, j'espère que vous n'arriverez pas à vivre avec cela » continua-t-il en appuyant ses mains sur le bureau de l'Auror. Kierán se mura dans un silence hypnotique sans que ses yeux clairs ne quittent la coupable présente dans la scène. Elle méritait autant Azkaban que tous ces gens qu'elle y avait enfermé. Callaghan avait toujours pu se déclarer être un homme droit et honnête, compréhensif et paternel avec ses enfants. Qu'avait cette femme pour sa défense ? Le jugement qu'en faisait le jeune homme était subjectif au possible, mais il ne pouvait pas croire que quelqu'un avec aussi peu de discernement ai ne serait-ce qu'un tiers des qualités de son défunt père. Il la voyait comme un fardeau pour le bureau des Aurors, et il en voulait à ce même bureau d'avoir engagé une telle incompétente. Le jeune étudiant savait que son père avait été son mentor, et il savait tout cela. Il savait que Callaghan y était pour quelque chose dans son embauche. C'était aussi pour cela qu'il en voulait à son père. Il avait embauché lui-même la personne qui allait causer sa mort. C'était d'une ironie et d'une tristesse infinie. Le seul réconfort que trouvait le jeune homme, c'était de se dire que son père était mort en bon Graves, qu'il avait honoré ses ancêtres pour toute sa vie. Il s'agissait là d'un réconfort bien maigre en comparaison de la peine qu'il ressentait. « J'espère que vous culpabiliserez toute votre vie » finit-il enfin en se reculant du bureau. Il n'était pas venu pour hurler en la pointant vulgairement du doigt. Non, Kierán avait toujours été au dessus des réactions primitives de l'être humain. Il préférait qu'elle souffre au moins autant que lui. Les mots les plus durs, les mots les plus froids, étaient assurément ceux qui faisaient mouche.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Mer 29 Nov - 13:41

Avoir en face de soi le fils d’un défunt était quelque chose que l’Auror avait déjà expérimenté. Huit ans qu’elle faisait partie du Bureau, en si peu de temps par rapport à certaines carrières d’autres collègues, elle avait pu néanmoins assister à des scènes qui lui brisaient le cœur tellement elles étaient difficiles. Souvent, à la fin de la journée, les larmes tombaient discrètement, séchant dans le pull d’Elliot qui était toujours là pour la rassurer quant à ce métier difficile que Raven pratiquait. Heureusement qu’il était là. Elle n’aurait pas su comment faire, sinon.
Mais la situation actuelle était des plus différentes. Différente, parce que Kierán lui en voulait à elle. Dans sa tête, la seule responsable de la mort de son père était l’Auror Fawkes. Personne d’autre. Et rien ne pouvait lui faire enlever cette idée de l’esprit. Jusqu’à la fin de ses jours peut-être, il verrait le visage de la sorcière comme une image à faire brûler en enfer. L’ancienne Poufsouffle en était tellement désolée, elle ne savait pas comment l’exprimer autrement. Elle était consciente que toutes les excuses du monde ne valaient pas la perte d’un parent, loin de là. Mais c’était tout ce que Raven pouvait faire. C’était tout ce qui était en ses moyens. Ramener à la vie quelqu’un était impossible, c’était bien connu. Effacer les erreurs du passé l’était aussi. Fawkes était perdue. Elle ne savait pas où se mettre et pourtant, devait faire face à son destin, à ses responsabilités. Lors d’événements tragiques comme celui-là, il y avait énormément de remises en question. Est-ce que l’on était fait pour ce métier, véritablement ? Est-ce que l’on méritait sa place au sein du Bureau ? Les risques n’étaient-ils pas trop grands ? L’Auror savait que si Callaghan était parti avec quelqu’un d’autre ce soir-là, ça n’aurait pas été dans son bureau que son fils se tiendrait maintenant. Mais le destin était ainsi fait, avec ses hauts et ses bas.
Les mots du jeune homme, tout juste âgé de la vingtaine, étaient durs. Durs sans qu’il hausse le ton de sa voix. Mais il n’y avait pas besoin que les éclats de voix fusent pour qu’elle en comprenne le sens. Raven ne détachait pas son regard du sien et, avec un regret de plus, se rendit compte que le fils avait les mêmes yeux que son père. Comme si ce n’était pas suffisant… Est-ce que Callaghan lui en voulait, de là où il était ? Lui pardonnait-il ? Seul Merlin le savait. Ses mots la percutèrent comme un électrochoc, mais elle n’en laissa rien paraître, demeurant professionnelle. Elle n’avait pas à transcrire ses émotions, son visage restait donc impassible. On pouvait cependant apercevoir sa mâchoire se crisper de temps à autre sous le flot d’émotions qui envahissait sa tête. « J'espère que vous culpabiliserez toute votre vie. » Elle tressaillit. Cette phrase la remplit d’un sentiment qu’elle ne pouvait décrire tellement il était destructeur. C’est déjà le cas, mon pauvre petit… Il avait huit ans de moins qu’elle. Ce n’était qu’un gosse. Un gosse qui avait perdu ses parents. « Ne vous inquiétez pas. Cet espoir est déjà la réalité, Mr. Graves. » Cela avait été dit d’une voix neutre. L’Auror le voyait reculer de son bureau. « N’imaginez pas une seule seconde que je vais passer à autre-chose. Puis, après une hésitation. Je sais ce que vous ressentez. » Il s’en fichait pas mal de ce qu’elle ressentait ou non, et sans doute allait-il l’envoyer paître. Mais elle voulait qu’il sache que même si pour lui, Raven avait envoyé son père dans le gouffre de la mort, elle n’était pas un être dénuée d’émotions et de sentiments.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Jeu 30 Nov - 20:46


« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » disait Lamartine, très justement dans son recueil «L'Isolement ». L'Être solitaire et isolé qu'était Kierán pensait illustrer ce proverbe à la perfection. Le jeune homme avait beau avoir un couple stable qui durait depuis quelques années, il avait beau être un étudiant en pleine fleur de l'âge, il n'en demeurait pas moins particulièrement vieux dans sa tête, et seul son père était à même de lui rappeler qu'il n'était encore qu'un « fils de » et pas un « père de ». Pourtant avec la récente mort de Callaghan, Kierán avait hérité du statut de « tuteur de ». Raven venait de détruire la dernière part d'enfance d'un jeune homme qui n'était pas censé grandir et mûrir si vite. Sa réaction d'ailleurs, loin d'être inappropriée compte tenu des conséquences, soulignait bien l'enjeu de cette réunion improvisée. Graves par sa visite, détruisait son statut d'enfant, qu'il avait pourtant rejeté en l'enterrant en même temps que son défunt père. Il se sentait plus seul que jamais, et si ce sentiment était auparavant présent, il le cachait assez bien et arrivait à l'oublier dès lors qu'il échangeait des lettres avec son père. Maintenant que pouvait-il faire ? Parler à un fantôme qui n'était pas là, à une âme qui n'existait plus ?
Kierán eut un gloussement proche du ricanement lorsqu'elle lui dit qu'elle culpabilisait déjà. Un tel dédain déclaré aussi promptement, n'était pas particulièrement dans ses habitudes, lui qui se complaisait dans l'ignorance la plus totale de ceux qu'il ne respectait pas. Bien entendu qu'elle allait passer à autre chose. Mais il était un homme respectueux. Callaghan l'avait élevé de manière tout à fait correcte, et s'il était dévasté par le chagrin et rongé par la rage, il n'allait pas lui couper la parole. « Mais bien sûr que si, Miss Fawkes, c'est exactement ce que vous allez faire » répondit-il immédiatement d'une voix presque douce lorsqu'elle eut finit, « vous allez passer à autre chose pour vous sentir mieux et pour avancer. Vous allez oublier et cantonner cette journée dans les tréfonds de votre conscience pour ne pas être destabilisée sur le terrain, pour ne pas pleurer dans le bureau bientôt vide de mon père. Vous allez faire cela, parce que vous êtes comme tout le monde ».
Qu'il était dur pour un Auror de s'entendre dire qu'il était simple. Qu'il n'était qu'une personne normale, sans particularités propres. Kierán voulait rappeler à cette femme qu'elle n'était rien de plus qu'un nom sur la porte d'un bureau dans lequel personne n'entrait. « Vous ne savez pas ce que je ressens Miss, vous ne le savez pas, parce que vous ne savez pas la relation que j'entretenais avec mon père. Vous ne vous imaginez pas ce qu'il était pour moi. Je ne connais pas votre histoire personnelle, et je ne m'amuserai pas à faire de sottes supositions. Mais vous n'êtes pas moi, et je ne suis pas vous. Vous ne savez pas ce que je ressens » siffla-t-il brusquement. Comment osait-elle même sous-entendre qu'elle le comprenait ? Avait-elle eut une relation fusionnelle avec un de ses parents, mort finalement par la faute d'un autre ? Se sentait-elle en décalage avec la société tel que c'était son cas ? Sans doute pas. Comment dès lors, osait-elle lui dire cela ? Comment osait-elle dire cela à quelqu'un qui venait de perdre un proche, comme si c'était juste un sentiment anodin qui s'effacerait avec le temps ? Miss Fawkes se faisait décidément remarquer par son indélicatesse, là où Kierán essayait de trouver les mots juste pour l'accuser de la vérité. Malgré sa position, il ne parvenait pas à être soulagé de l'accabler ainsi. Son père n'aurait pas été fier. Mais de toute façon, qu'est-ce que cela pouvait faire ? Il était mort.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Ven 8 Déc - 16:42

Les premiers mots du jeune adulte lui fit froid dans le dos. Exactement ce qu’elle allait faire… ? Non. Il ne la connaissait pas. Il ne pouvait pas se permettre de lui dire cela. 22 ans que ses parents étaient morts, et elle n’avait toujours pas fait le deuil. Elle n’était pas passée à autre-chose. La douleur était toujours présente, au fond de son cœur. Raven avait un peu ce défaut de trop s’accrocher aux choses, ne serait-ce qu’un souvenir. Et rien ne pouvait combler le vide béant de leur absence, pas même Elliot, et Merlin savait combien elle l’aimait. Alors qu’il lui dise qu’elle allait passer à autre-chose… Ça non, elle ne pouvait pas l’accepter. Pourquoi ? Parce que c’était grâce à son père à lui qu’elle en était là aujourd’hui. Grâce à personne d’autre. Elle lui devait tout, si ce n’était au moins sa carrière. Raven comprenait sa peine, sa souffrance, sa douleur. Elle était au courant de sa situation, de la situation de sa sœur, elle se doutait bien que sa vie allait être plus que compliquée, dorénavant. L’Auror était intérieurement détruite, tout comme lui l’était. Mais le ton insolent qu’il commençait à employer, s’il continuait, allait finir par l’agacer. « Je n’ai jamais prétendu que mon statut d’Auror rendait ma personne exceptionnelle, Mr. Graves. Nous sommes comme tout le monde, vous avez raison. Mais tout le monde ne réagit pas de la même manière. » Sa seconde réponse semblait encore plus sifflante que les réponses précédentes, ce qui eut le don de faire crisper la mâchoire de l’accusée. Elle n’avait jamais vécu ce qu’il ressentait en ce moment-même, non. Bien sûr que non, chaque situation était différente. Mais d’un côté, on pouvait dire que l’Auror avait vécu bien pire qu’une douleur psychologique liée à la perte d’un être cher. Elle, avait tout perdu. Ses parents, sa dignité sous les coups de sa grand-mère. Le jeune homme ne savait rien de la vraie douleur. Rien du tout. Il ne savait pas ce que c’était que de dormir dans la cave du manoir familial, d’être privée de manger, de devoir rester enfermée dans sa chambre toute la journée. Il ignorait tout de la réelle souffrance, celle qui vous transperçait les os. Un éclair de colère passa brièvement dans ses yeux avant qu’elle ne se reprenne. Il fallait qu’elle garde son sang-froid. Elle se racla la gorge. « Vous avez raison. Je ne sais pas ce que vous ressentez. Chaque situation est différente. Mais si je ne sais pas ce que vous ressentez, je comprends ce sentiment qui vous déchire. » L’Auror s’interrompit quelques instants avant de reprendre. « Je sais pourquoi vous êtes là, Mr. Graves. Je sais que vous voudriez me voir croupir à l’intérieur d’une cellule à Azkaban. Vous voulez me voir souffrir, pas me voir morte car cela serait trop facile, mais me voir détruite de l’intérieur et culpabiliser autant que votre peine. Mais je vais vous dire une chose. » Elle avança de quelques pas et posa ses mains sur son bureau puis prononça d’une voix blanche. « La souffrance et la culpabilité m’habitaient bien avant que je rencontre votre père, Mr. Graves, et je ne vais pas oublier son absence comme vous pouvez si bien le penser. Mon être était déchiré bien avant que vous ne rentriez dans ce bureau. » Les deux êtres s'échauffaient, et à force, ils allaient finir par monter le ton de leur voix. Les larmes allaient-elles couler ? Certainement, certainement pas. Les deux sorciers étaient bien trop fiers pour ne montrer ne serait-ce qu'une once de faiblesse.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Sam 9 Déc - 23:26


Kierán scrutait attentivement chaque réaction de l'Auror.
Sa première constatation dans son analyse scientifique fut de voir qu'elle maîtrisait parfaitement bien ses émotions. Il ne pouvait pas en attendre moins d'elle. Elle qui était confrontée chaque jour à un peu plus de violence, à un peu plus de deuils, à un peu plus de larmes, elle se devait d'être forte. Combien de temps allait-il mettre pour faire plier le roseau que semblait être Raven Fawkes ? Il allait assurément faire un bon langue-de-plomb. Mais elle n'était pas, à ses yeux de jeune homme dont les vêtements noirs reflétaient encore le deuil, une bonne Auror. Une bonne Auror n'aurait pas laissé mourir un supérieur, et son chef direct encore moins. Une bonne Auror aurait au contraire donnée sa vie pour lui. Ce qu'elle n'avait pas fait de toute évidence puisque Callaghan Graves reposait désormais au fond d'une caisse en Irlande. « Pensez-vous avoir bien accomplis votre travail ? » demanda-t-il brusquement, en ignorant tout à fait ce qu'elle venait de lui dire – et qui était pourtant une réflexion très juste et démonstrative de la présente situation.

Raven ne pouvait pas le comprendre. Elle ne savait pas ce que c'était d'être enfermé dans son propre corps. De n'être comprit que d'une seule personne, d'être ignoré et oublié des autres. Miss Fawkes ne connaissait pas sa douleur psychologique initiale, et elle ne réalisait pas la portée de la blessure qu'elle lui avait infligée. Il voulait lui faire admettre la triste vérité. Il voulait lui faire admettre son erreur pour que cette erreur la hante. Kierán n'était pas de ces hommes sadiques qui prenaient un plaisir presque sexuel à infliger la violence sur autrui. Kierán était juste un jeune homme blessé, cherchant désespéramment un coupable dans son deuil. « Je ne souhaite pas vous voir croupir à Azkaban, Miss Fawkes » lui répondit-il doucement en la regardant prendre appui sur son bureau. Un geste de faiblesse qu'il n'allait pas utiliser contre elle. Sa voix douce n'était pas agressive. C'était comme le murmure d'un enfant de bonne famille qui s'excuse pour son mauvais comportement. Il la laissa tout de même finir. Une femme telle qu'elle avait dû voir mourir bien du monde. Et son père ne devait pas être sa première victime. Il n'était donc pas particulièrement étonné qu'elle connaisse déjà la culpabilité. « Je souhaite vous faire culpabiliser, c'est vrai. Mais je veux que vous ressentiez ce que je ressens. Je veux que vous soyez enfermée dans votre propre tête sans personne pour vous aider. Mon père était là pour ça. Grâce à vous, il est dans une caisse dans la boue humide du sol Irlandais ». La voix sombre et pleine de ressentiment du futur langue-de-plomb détonait par sa sincérité. L'intelligence vive et complexe de l'Irlandais avait toujours été un mystère pour son père qui n'en laissait pourtant rien paraître de son vivant. Personne n'avait jamais comprit comment il fonctionnait, personne n'avait jamais saisit sa logique et tout le monde l'avait laissé croupir au fond de sa conscience comme s'il avait eu deux personnalités différentes. Kierán ne comptait pas lui dire ouvertement qu'elle le méritait bien. Qu'elle méritait toute cette culpabilité et cette souffrance. Parce qu'il n'était tout simplement pas comme cela, et qu'il marchait déjà en vent contraire de ses principes en venant ici pour l'accuser d'une chose dont il essayait lui-même de se persuader pendant le réquisitoire. Il ne comptait pas s'énerver, pas plus qu'il ne comptait pleurer.
Son sang de Graves lui donnait des principes et une fierté sans faille, qu'il avait longtemps mimé de son père avant de se l'approprier totalement. « Grâce à vous, Miss Fawkes, un homme pourri dans l'herbe verte, un nouveau nom s'est gravé sur une stèle, les portes d'une grande et belle maison sont fermées pour toujours, et deux orphelins se tiennent devant une tombe. Félicitation ». La conclusion funeste de ses paroles lui donna la chair de poule. Il se détourna d'elle pour s'approcher de la fenêtre. Son calme impérial détonnait avec l'activation de son esprit, qui ne pouvait s'empêcher d'analyser une chose, puis une autre, avant de revenir sur une autre chose. Son corps ne suivait parfois pas son intelligence complexe. Nul doute que Raven Fawkes ne la suivra pas plus que les autres.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Dim 10 Déc - 10:41

« Pensez-vous avoir bien accomplis votre travail ? » C’était une question que l’Auror n’attendait pas. Le jeune homme en face d’elle avait l’esprit vif et savait rapidement faire tourner une situation à son avantage. Il fallait qu’elle fasse attention ; dans ce dialogue se cachait un rapport de forces que chacun tentait de dominer. Pour le moment, il y arrivait très bien. Tout d’abord déstabilisée par sa venue, Raven n’avait rien dit. Mais elle n’allait pas se laisser faire. Son chef était mort par sa faute. Cela oui, elle le savait, même si ce n’était pas par sa faute directe. Il avait voulu la protéger. En quoi était-ce sa faute ? Certains auraient pu dire que Callaghan s’était donné la mort tout seul et que le seul à blâmer n’était autre que lui. Mais dans une situation comme celle-ci, le plus simple était de se défouler et de responsabiliser la personne qui restait : Raven. En effet, quoi de mieux et de soulageant que de savoir qu’elle allait vivre avec cette mort sur la conscience ? Pour le jeune Kierán, cela devait être jouissif. Mais ce qu’il ne savait pas, c’était que la psychologie de Raven était beaucoup plus renforcée que la sienne. La mort de son supérieur l’affectait énormément. Il avait été un pilier pour elle. Une présence essentielle. Et il n’était plus. Raven crispa légèrement la mâchoire. « Le décès de votre père est un échec, Mr. Graves. Ne croyez pas un instant que je l’ignore. » Qui croyait-il qu’elle était ? Son esprit était divisé entre la culpabilité, la souffrance, le déchirement, et cette tension qui grandissait en elle. Fawkes était partagée.

Elle parlait, elle parlait… Sans savoir si ses paroles atteignaient véritablement les oreilles de son interlocuteur. Une personne en deuil qui quémandait vengeance était une personne sourde et sans arguments. Néanmoins, Raven ne faisait pas face à quelqu’un de stupide. Il lui semblait qu’il était Lange-de-Plomb. Ce n’était pas pour rien. « Je souhaite vous faire culpabiliser, c'est vrai. Mais je veux que vous ressentiez ce que je ressens. Je veux que vous soyez enfermée dans votre propre tête sans personne pour vous aider. Mon père était là pour ça. Grâce à vous, il est dans une caisse dans la boue humide du sol Irlandais. » Il y avait dans ses paroles quelque chose de sombre et pourtant d’intelligent. Ce jeune homme-là savait où il allait. « Vous l’avez dit juste avant, je ne sais pas ce que vous ressentez. Mais être enfermé à l’intérieur de soi sans pouvoir en parler, je sais de quoi il s’agit, Mr. Graves » rétorqua-t-elle les yeux brillants. Il continua en lui balançant des paroles semi-ironiques, teintées de colère et de haine. L’Auror ne disait rien, fixant simplement la porte en face d’elle maintenant que Graves Jr s’était décalé pour faire face à la fenêtre. Son Félicitations de la fin ne faisait que croître la tension en elle, et l’Auror faisait tout pour se maîtriser. Aucune émotion ne transparaissait sur son visage, comme à l’accoutumée. Mais elle se faisait violence pour garder cette image. L’Auror se redressa et mit ses mains derrière le dos pour venir se placer aux côtés du fils du défunt. Elle observait le même paysage que lui, ces mêmes gens pressés qui allaient au travail, cette même petite fille qui venait de tomber et qui pleurait, ce même ciel gris et triste. Puis elle lui répondit calmement, le ton neutre. « Difficile serait un euphémisme pour décrire ce que vous traversez, Mr. Graves. Je sais le mal que vous endurez depuis le décès de votre mère, la responsabilité que vous avez avec votre sœur, et à présent le poids familial qui vous reste en l’absence de votre père. Mais croyez-moi… » L’Auror voyait ces images d’horreur défiler devant ses yeux. Les punitions, les coups, les Doloris, elle pleurant l’absence de ses parents, les corvées, la famine, sa grand-mère qui ne s’arrêtait jamais… « Vous ne savez rien de la vraie douleur. »


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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Lun 11 Déc - 12:40


Pour la première fois de sa vie, Kierán se sentait dépassé par les événements. Lui qui prévoyait toujours tout avec une affligeante précision, il s'était fait avoir par un fait auquel il n'avait jamais pensé. Callaghan Graves faisait tant parti de son paysage, de ses habitudes, il était tellement ancré dans son quotidien qu'il en avait oublié qu'il était un mortel comme les autres et qu'en conséquence, il allait mourir, comme les autres. La mystification de son père par le fils aîné avait commencé tôt, dès lorsqu'il avait comprit à quatre ans qu'il ne verrait plus jamais sa maman. Il aurait été plutôt naturel qu'il vive dans la peur de voir son paternel partir et mourir, mais non. La foi indéfectible qu'il ressentait pour l'ancien Auror maintenant cadavre avait empêché toutes les pensées funestes d'envahir son crâne. Il avait vécut dix-neuf années paisibles bien qu'il restait constamment désabusé par toutes les situations. Il n'attendait pas de réponse de la part de Raven Fawkes, parce que sa question ne méritait pas, à ses yeux, de réponse. Callaghan était mort parce qu'une Auror avait mal fait son job. Le terme « d'échec » était largement sous-estimé à ses yeux. « Un échec ... » répéta-t-il pensivement. « Le terme que vous venez d'utiliser en dit long sur la manière dont vous considérez sa mort, Miss Fawkes » répondit-il sans pourtant se mettre à l'accuser frontalement de ce qu'il venait de réaliser. Un échec veut dire que quelque chose nous tient à cœur, et que malgré tout cette défaite fait parti du paysage dans lequel on vit. Kierán se sentait désagréablement partagé vis-à-vis de la jeune femme – elle ne devait avoir que quelques années de plus que lui –  et il réalisait qu'il n'était maintenant plus question de l'accuser de sa mort mais bien de la lui faire réaliser.

Pire encore pour le mettre dans le brouillard, elle affirma savoir ce que c'était de ne pas pouvoir parler. Non, elle ne le savait pas. Pas de la même manière, en tout cas. Ses yeux bleus fixaient maintenant les gens pressés qui marchaient dans les rues, et l'Irlandais ne bougea pas d'un centimètre lorsqu'elle vînt se placer à côté de lui. Il se contenta de soupirer en se demandant si le gamin qui luttait contre la pluie en bas de l'immeuble n'allait pas s'envoler avec son parapluie. Elle se remit à parler et le jeune homme avait la désagréable impression qu'elle le brossait dans le sens du poil pour ne pas le vexer. Cependant, Kierán gardait ses sens en alerte et écoutait tout particulièrement ses paroles. « Il me semble, Miss mais dîtes moi si je me trompe » commença-t-il immédiatement après qu'elle eut répondu, « que vous entretenez en vous une vision radicalement différente de la souffrance physique et mentale, comme si l'une était plus difficile à supporter que l'autre ». Il se tourna vers elle en flanquant ses mains dans les poches comme il avait toujours l'habitude de le faire lorsqu'il ne savait pas quoi en faire. Il posa ses yeux clairs sur son visage. C'était une belle femme, grande, mais tout de même un peu plus petite que lui. Kierán avait eu la chance de ne pas souffrir physiquement. Il avait eu une enfance joyeuse malgré le manque et la tristesse qu'il avait toujours ressenti face à l'absence de souvenirs de sa mère. Mais dans son esprit de jeune étudiant s'étendait une faille que Raven sûrement allait détecter – si ce n'était pas déjà fait –  à travers ses paroles. Il avait visité bien des cabinets de psychomages sans que jamais l'on ne puisse réellement poser de mots sur ses démons. « Vous semblez physiquement dépassée, peut-être et sans doute, avez-vous souffert » continua-t-il d'un air paisible alors qu'il bouillonnait à l'intérieur de lui, « mais avez-vous déjà été jusqu'à vous détester, Miss Fawkes ? ». Il fit une pause et ramena ses yeux sur le gosse qui luttait toujours avec son parapluie. « Je veux savoir exactement ce qu'il s'est passé ».

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Lun 11 Déc - 19:50

Si Raven, au tout départ, avait montré son visage énormément affecté par les récents événements, elle se maîtrisait néanmoins un peu mieux maintenant. La jeune femme n’avait jamais montré ses émotions à qui que ce soit, excepté peut-être Elliot, et encore. Elle gardait toujours tout pour elle, gardait ce masque impassible, ce froid que beaucoup de personne lui reprochait. On disait souvent qu’il leur semblait que l’Auror était dénuée de tout sentiment et qu’elle possédait un cœur de pierre. C’était loin d’être le cas. Les événements l’affectaient bien plus que certains pouvaient imaginer. Mais montrer son ressenti avait toujours été, pour elle, un signe de faiblesse. Du moins, sa grand-mère lui mettait cette idée dans la tête. Une larme coulait, un coup partait. L’ex-Poufsouffle avait donc appris à se retenir à montrer que le côté insensible de son être. Mais avec ce jeune homme… C’était difficile. Difficile parce qu’il l’accusait d’une mort dont elle n’était pas responsable, difficile parce que Kierán avait maintenant une responsabilité vis-à-vis de sa sœur qui était instable et loin d’être autonome, difficile parce que faire face à une personne en deuil était toujours compliqué, même après toutes ces années d’expérience. Raven voyait très bien ce que le Langue-de-Plomb voulait dire à travers ces paroles. Les mots avaient été mal choisis, certes. L’Auror voulait bien se l’accorder. Mais il ne s’agissait pas de dénigrer le départ de Callaghan. Cet homme avait tellement signifié pour elle… Autant sur le plan professionnel que personnel. Il avait été un pilier dès sa sortie de Poudlard et elle l’avait souvent entendu parler de son fils, une fois qu’elle était devenue officiellement sa collègue. Il savait ce qu’il représentait à ses yeux. Et elle se doutait bien de la perte qu’il venait de subir. Comme une partie de soi-même que l’on nous arrachait, laissant une plaie béante, un vide impossible à combler.

Leur discussion était devenue un peu plus calme, du moins en apparence. La tempête grondait certainement au fond des deux sorciers malgré leur visage calme et impassible. L’Auror tentait de lui faire comprendre, tant bien que mal, qu’il s’adressait à une femme plus âgée que lui, et donc avec forcément plus d’expérience, mais qui avait d’autant plus vécu ce qu’il vivait en ce moment en pire. Raven était loin d’être insensible à sa situation. Bien au contraire. Sans toutefois lui rappeler sa propre situation étant enfant, elle connaissait ce sentiment de tout perdre, y compris sa dignité. Qu’il ne lui fasse pas la morale sur le sujet… Car elle le connaissait assez bien pour en parler dans les moindres détails. Que ça soit les conséquences physiques ou même psychologiques qui avaient suivi toutes ces violences. « Vous entretenez en vous une vision radicalement différente de la souffrance physique et mentale, comme si l'une était plus difficile à supporter que l'autre. » L’une plus difficile à supporter que l’autre ? Certainement pas. Pour avoir vécu les deux, Raven pouvait affirmer avec conviction qu’aucune de ces deux souffrances n’était supportable. Il fallait simplement essayer de vivre avec, que son corps et son mental acceptent ce qui était en train de se passer. « Détrompez-vous. Ce n’est pas le cas. Bien souvent, elles vont de pair. S’il fallait choisir entre les deux… Raven serra les dents. Je préférerais ne pas choisir. » Son passé était trop sombre pour qu’elle s’étale dessus. Ce n’était pas son but. Elle n’était pas là pour se confier sur ses souffrances, plutôt pour lui faire comprendre que la mort de son père n’était pas de sa faute. « Avez-vous déjà été jusqu'à vous détester, Miss Fawkes ? » Raven bloqua sur la question. Elle se revoyait, enfant, les yeux baignés de larmes et le regard d’incompréhension, fixant la tapisserie de sa chambre, se demandant pourquoi elle n’était pas née sang-pur, pourquoi elle avait été envoyée à Poufsouffle, pourquoi elle n’était pas aimée de sa grand-mère. Elle qui se disait que c’était de sa faute. La Raven enfant s’en voulait tellement, oui. Se détestait pour ce qu’elle était parce qu’elle n’avait jamais été acceptée. « Plus que vous ne pouvez imaginer. » répondit l’Auror sèchement.

Le jeune homme lui demanda alors qu’elle lui raconte ce qu’il s’était passé exactement. Ce à quoi Fawkes répondit tout d’abord par un long silence avant de prendre la parole. « Votre père et moi devions partir en mission. Notre Service Informations du Département de la Justice nous avait signalé la présence de deux Mangemorts à proximité de l’Allée des Embrumes. Nous nous sommes donc dépêché d’aller à l’endroit indiqué. Il faisait nuit. Raven voyait encore avec exactitude comment cela s’était déroulé. Le ton pressé qu’avait pris Callaghan en lui demandant de l’accompagner, les pas qui résonnaient dans les couloirs du Ministère puis sur les pavés de cette allée sombre. Jusqu’à cet instant où les deux Aurors avaient réalisé que… Mais le Service Informations s’était trompé. Ils n’étaient pas seulement deux. Peut-être quatre ou cinq. Au moment où nous nous en sommes rendus compte, il était trop tard. Nous avons envoyé nos Patronus pour demander de l’aide, mais les renforts ne sont pas arrivés tout de suite. » L’Auror fit une petite pause. Les images défilaient à une telle vitesse dans sa tête que cela lui donnait un mal de crâne. Elle revoyait les flashs des lumières, des cris, des coups de baguette, de la voix ferme et grave de son chef. « Un Mangemort s’est retrouvé face à moi. Un geste et l’Avada partait de sa baguette. Je n’ai pas eu le temps de réagir que votre père s’est interposé. » Un long silence s’ensuivit durant lequel aucun des deux ne parlait, se laissant chacun le temps d’assimiler ce qui venait d’être dit. Pour sûr, le jeune Kierán allait encore plus lui en vouloir après la révélation qu’elle venait de lui faire. Ce n’était pas possible autrement. Il allait sûrement mal l’interpréter, un peu comme « vous n’avez pas été capable de vous défendre toute seule », elle s’attendait à ce genre réflexion. « Votre père m’a sauvé la vie, Mr. Graves. Comment pouvez-vous penser un seul instant que je passerai à autre-chose ? »

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Jeu 14 Déc - 12:59


Kierán avait passé le stade des pleurs inutiles et des sursauts violents. Il était allé au delà dans l'expérimentation de la peine et de la douleur. Se réveiller au petit matin seul dans un Manoir qu'il ne fréquenterait bientôt plus, lui avait ruiné son moral. Se rendre compte que sa sœur avait déserté la maison, alors qu'ils étaient tous les deux en deuil, lui faisait mal. Plus seul qu'il ne lavait jamais été, il n'y avait bien que son cousin pour être un minimum présent à ses côtés. Mais étant ce qu'il était, avec l'occupation qu'il avait, cela ne lui permettait pas de passer beaucoup de temps avec ce cousin duquel il était si proche auparavant. Ils devenaient adultes, s'éloignaient par la force des choses que même une mort ne pouvait rapprocher. Le jeune homme ne pensait pas finir si seul, si isolé. Lui qui l'avait toujours été ne pensait pas qu'il fut possible pour lui de ressentir la solitude avec plus de violence encore. Eh pourtant, la mort de Callaghan Graves lui donnait tort et lui faisait tort. Il était assez ironique qu'il se soit dirigé vers le Département des Mystères. Après tout, les langues-de-plomb ne pouvaient divulguer aucune informations, tout comme les Auror qui, en moindre mesure, étaient un peu comme eux. Les langues-de-plombs étaient incompris, rejetés, mal-vus. Pourtant, aussi loin que l'Irlandais s'en souvienne, il avait toujours voulu travailler avec eux au Département des Mystères, à la grande surprise de son père. Callaghan ne lui avait rien dit, il n'avait rien contesté, tout comme il n'avait pas contesté l'arrêt de l'apprentissage du piano pour le saxophone. Kierán avec son père, avait été aussi libre qu'on pouvait l'être, et voyant à Poudlard certains de ses camarades, il se sentait chanceux. Maintenant que son paternel était mort, cela ne faisait plus grande différence de toute manière. Il était aussi libre que seul, après tout, n'était-ce pas là son destin ? Le jeune homme ainsi avait toujours souffert de sa psychologie décalée sur le monde dans lequel il évoluait. Les psychomages, il les avait vu. Il leur avait parlé. Mais c'était tout.

Il ne savait pas ce qu'ils avaient dits à son père, puisque son père ne lui avait rien répété. Là, était la grosse erreur de Callaghan Graves. Il n'avait rien dit à son fils et Kierán avait eu le temps de se faire de mauvaises idées sur sa psychologie. Le jeune homme ne se sentait pas à sa place, et la raison de ce mal-être n'était maintenant connu que d'un homme mit en terre. Raven ne préférait donc pas choisir entre souffrance physique et morale. Ses idées limitées lui arrachèrent un rire bien jaune sans pourtant, qu'il ne lui réponde. Là était toute l'ironie de la chose. Les douleurs physiques disparaissaient. Elles s'atténuaient. Mais elles laissaient des marques psychologiques qui ne s'effaçaient pas. Tout était lié, mais au fond, c'était le cerveau qui gardait les traces des marques disparues sur notre peau. « Si vous le dîtes... » répondit-il enfin sans pourtant expliciter sa pensée. Il n'était pas d'accord avec elle. Mais après tout, Kierán n'était d'accord avec personne d'autre que lui-même. Aussi, il s'amusa plutôt à lui demander si elle avait été jusqu'à se détester. Il espérait que ce soit le cas. Peut-être dès lors, pouvait-elle comprendre ce qu'il ressentait.
L'irlandais s'était tôt détesté d'être ce qu'il était. Il s'était détesté d'être différent, d'être décalé, d'être incompris. Il s'était détesté d'avoir des pouvoirs alors que sa sœur en était dépourvue. Il s'était détesté de n'être qu'une ombre vague d'un homme plus grand, l'ombre plus vague d'un père brillant. Lui demander au fond ce qui s'était passé, pouvait être un moyen pour lui d'accepter la vérité. N'était-ce pas aussi un moyen pour lui de détester son père ?
Kierán avait toujours admiré cet Auror fier et patriote, cet homme paternel et volontaire. Il avait aimé ce véritable père qui l'avait élevé plus que quiconque d'autre. Pourtant désormais, il lui en voulait. Il lui en voulait d'être devenu Auror et de s'être fait tuer. Le discours de Raven attira des rides sur le front soucieux du jeune homme qui continuait de fixer les gens par delà la vitre. Les mots de la jeune femme le piquaient et lui faisaient mal. Ils déclenchaient en lui un ras de marrée d'émotions contradictoire et le jeune étudiant ne savait plus laquelle écouter. Devait-il haïr son père et cette femme ? Devait-il lui pardonner, à elle, d'avoir provoqué la mort de son père ? Devait-il accepter le départ de Callaghan et aller de l'avant ? La dernière solution était la plus plausible mais aussi la plus difficilement acceptable. Il passa une main sur son menton tandis qu'elle lui demandait comment il pouvait penser qu'elle allait l'oublier. Ce fut le silence qui répondit à l'Auror et pendant un moment, personne ne dit rien. « Mon père était un fou » finit-il enfin par dire d'une voix tout à fait claire et sincère, « il était fou de penser pouvoir tout diriger. Au fond, je crois que vous sauver la vie était l'équivalent pour lui d'un suicide. Quoi de plus normal que d'envisager le pire, pour un homme qui a tout perdu ? ». L'acte héroïque de Callaghan était un suicide pour Kierán. Il était à mille lieux des idées des Gryffondors, si téméraires et courageux. Il ne comprenait pas cela, puisqu'il apparentait de suite cela à de la stupidité inutile. Mais il savait bien qu'il avait étédévasté par la mort de sa femme, il savait bien que de voir son deuxième enfant naître cracmol avait été un choc pour lui. Callaghan n'avait pas eu une vie facile. Comme dès lors son fils pouvait-il lui en vouloir ? Sous le coup de la douleur, peut-être lui en voulait-il un peu. Il se connaissait assez bien pour savoir que cela allait passer. Il n'était cependant pas certain que ses mauvaises idées lui passent concernant Raven Fawkes. « C'est le jour où vous perdrez tout, Miss Fawkes, que vous oublierez à votre tour » lui dit-il enfin, comme une triste prophétie de son futur funeste. Tant que tout allait bien dans sa vie, elle n'allait pas oublier, c'était certain. Mais le jour où elle n'aura plus rien, le jour où quelque chose de plus grave encore la touchera, qu'elle comprendra qu'au fond, il y a pire que perdre son supérieur et un de ses amis. Elle oubliera, parce qu'elle sera submergée par quelque chose de plus grand.

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Dim 17 Déc - 10:14

Le destin était une chose tellement incompréhensible pour Raven. Un coup il pouvait vous apporter tellement de bonheur, et du jour au lendemain, ne vous apporter que misère et douleur. Il avait suffi d’un sort, d’un geste de la part de Callaghan pour la sauver pour que l’existence de Raven soit nouée par la culpabilité. Elle avait entraîné la mort de quelqu’un. Ce n’était pas vraiment sa faute, elle n’était pas responsable des actes de son ancien chef, et si ça n’avait pas été elle, sûrement qu’une autre personne aurait été dans son état actuellement. Seulement, ce n’était pas le cas. Fawkes savait qu’elle n’avait aucune responsabilité dans cette affaire. Mais une petite conscience lui chuchotait qu’elle aurait dû pouvoir se défendre elle-même, quitte à mourir pour la bonne cause. Mais qui sait ? Si l’Auror était morte, son chef aurait été dans de belles capes, tout comme elle l’avait été lorsque son corps était tombé à terre. Elle ne savait pas bien comment elle s’était tirée de là. Raven se souvenait juste de ce sentiment de haine qui l’avait animée et des mouvements de baguette de plus en plus rapides, de plus en plus violents, de plus en plus secs. Puis, les secours étaient arrivés. Et elle s’était effondrée.

À présent, elle gardait la tête haute et froide pour que ses émotions ne transparaissent pas. La mort de Callaghan l’affectait tellement… D’autant plus qu’elle était la dernière personne à l’avoir vu de son vivant. Même ses enfants n’avaient pas pu lui adresser une dernière parole, avoir une dernière discussion avec leur père. Et en voyant le lien privilégié qu’ils avaient tous ensemble… Cela lui fendait le cœur littéralement. Elle s’en voulait, oui. Quelque part, pour n’avoir pas été à la hauteur, mais aussi pour laisser des enfants sans une protection paternelle dont ils avaient tant besoin. Kierán sortait tout juste de l’adolescence. Sa sœur allait avoir une vie compliquée… Raven s’en voulait de laisser des orphelins à leur propre sort. Elle voulait tant les aider mais savait que son aide serait refusée ainsi que tout le reste. Pourquoi les deux enfants auraient accepté la main tendue de celle qu’ils tenaient responsables de la mort de leur père ? Leur réaction était tout à fait compréhensible, peut-être que l’Auror aurait agi de la même manière. Prendre du recul en période de deuil était quelque chose de relativement compliqué, surtout pour une telle situation familiale. « Quoi de plus normal que d'envisager le pire, pour un homme qui a tout perdu ? » Raven ne préféra pas répondre. Elle ne voulait pas remuer la baguette dans la plaie, là n’était pas son but. Callaghan avait tout perdu, oui. Sa femme, le fait que sa fille soit Cracmol… Non pas qu’il la reniait, mais l’apprendre avait été très difficile. Son chef avait été un homme brisé et il se raccrochait à ce qui lui restait de sa famille. « C'est le jour où vous perdrez tout, Miss Fawkes, que vous oublierez à votre tour. » Ses mots sonnaient comme une prophétie et eurent le don de crisper les muscles de l’Auror. Pour elle, elle avait déjà tout perdu. Ses parents, sa dignité. Que pouvait-il lui arriver de pire ? Elliot ? Non, c’était impossible. Personne ne pouvait s’en prendre à lui, il était tellement gentil et… innocent. Elliot ne voulait pas prendre parti dans la guerre. Pour Raven, il allait toujours être là. « Qui vous dit que je n’ai pas déjà tout perdu ? » rétorqua-t-elle le ton neutre et les yeux froids. Le jeune Langue-de-Plomb ne savait pas à qui il parlait, ni ce qu’elle avait traversé. Il ne pouvait se permettre de sous-entendre certaines accusations.


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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Dim 17 Déc - 14:40


Kierán s'occupait de bien des choses depuis la mort brutale de son père. Il devinait maintenant le rôle qu'il devait tenir pour faire honneur au nom de ses ancêtres. Ce rôle que Callaghan Graves avait embrassé lorsque son propre père était décédé, et ce rôle qu'il avait d'autant plus prit à cœur lorsque sa femme s'était envolée. Leur nom leur dictait d'être honnête. Callaghan l'avait toujours été et avait commandé à ses enfants de l'être. Si Kierán suivait ses ordres à la lettre, sa sœur, elle, n'en avait rien à faire. Leur nom leur commandait d'être altruiste. Callaghan une fois encore, l'était totalement. Ils ne devaient rien faire pour entacher leur nom. Leur nom, qui, à l'origine n'était pas Graves mais Reid avait été modifié grâce aux actions de leurs ancêtres. Le désormais défunt avait toute sa place aux côtés des tableaux et dans les livres familiaux. Son fils pourtant et sa fille encore plus, n'avaient rien accomplis et tout à créer. Il n'était pas certains d'être prêt à endosser seul un rôle trop grand pour lui. Raven avait saisit tout le problème et pour une raison inexplicable, le jeune étudiant lui en était reconnaissant. Il était davantage venu pour qu'elle comprenne que pour régler des comptes insensés. Il lui en voulait, il la considérait comme coupable. Mais il avait dépassé le stade d'un âge immature.  Kierán avait toujours été très mature, en avance sur son âge, en avance sur tout le monde, en avance sur son père. Il savait déceler par delà les mots, des sous-entendus, des failles et des blessures propres à chacun. Tout comme il avait su, très tôt, déceler les siennes. Grandes plaies béantes dans une peau fine et jeune. La réponse froide de Raven Fawkes sur l'analyse tristement simple du jeune homme le fit se retourner vers elle pour la toiser calmement. « Je le sais, c'est tout ». Les certitudes étaient des choses bien particulières. Kierán avait un instinct fort qui maintenait son cap de vie. Il était étonnant que sa propre baguette réagisse parfois à son insue. Il la sentait envoyer vers lui des signaux comme si elle était réellement vivante entre ses doigts. Le sorcier ne devait faire qu'un avec sa baguette et il était persuadé de ne faire qu'un avec la sienne. Le bois de lierre instinctif avait choisit un sorcier tout aussi porté sur l'instinct. Kierán réagissait avec ce qu'il sentait tout en réfléchissant à ce qui allait se passer par la suite. Ce n'était pas un hasard s'il s'était aventuré dans le bureau de l'Auror cette après-midi là. Il se détourna enfin d'elle pour se diriger vers la porte. Seul le bruit de ses chaussures résonnait sur le parquet, et il ouvrit paisiblement la porte avant de se retourner. Son nom, aussi, lui commandait le pardon. « Je vous pardonne, Miss Fawkes. Mais je n'oublie pas ».

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MessageSujet: Re: Il y a de ces blessures qui ne se referment pas ▲ KIERÁN Mar 19 Déc - 16:19

Lorsque le Langue-de-Plomb lui dit qu’il le savait, point final, Raven se tendit. Non, il n’en savait rien. Il ne savait pas ce qu’elle avait vécu étant enfant et les séquelles qu’elle avait eu sur sa personnalité. Il était à des années lumières de se douter de quoi que ce soit. Certes, Kierán était un jeune homme doué, perspicace, malin avec un grand sens de la logique et qui avait toute sa place au sein du Département des Mystères, mais il ne savait pas de quoi il parlait. Cependant, encore une fois, l’Auror se tut. Elle ne voulait pas envenimer la chose, la situation était assez complexe comme ça pour qu’elle la rende encore plus difficile à supporter. La sorcière le regarda se diriger vers la sortie sans broncher. Même de dos, il ressemblait à son père. Dans sa démarche, son allure… Peut-être un peu moins de charisme et un peu plus de mystère, mais il était bien le fils de son regretté père. Tranquillement, le jeune adulte ouvrit la porte avant de se retourner pour lui dire une dernière phrase. « Je vous pardonne, Miss Fawkes. Mais je n'oublie pas. » Et il parti sans que Raven ne puisse le remercier. Pourtant, elle aurait voulu lui dire qu’elle voulait lui proposer son aide en n’importe quoi, argent, soutien… Ce qu’il voulait. Mais Graves Jr n’aurait sûrement pas accepté. Il fallait s’en douter. Avec un soupir qui en disait long, Raven prit place sur sa chaise de bureau, les coudes posés sur sa table et le dos de ses mains soutenant son menton, le regard vague. La vie était parfois si dure et si exigeante. Même elle n’était pas vraiment prête aux dures épreuves qui pouvaient l’attendre. On ne l’était jamais vraiment. Il fallait juste avoir la capacité à prendre du recul, et cette capacité était de plus en plus performante au fil des mauvaises expériences. Après quelques minutes, la sorcière aux yeux bleu métal ouvrit un tiroir et en sortit une photographie noire et blanche. Avec un sourire nostalgique et les yeux brillants, elle contempla ce cliché au souvenir si précieux dans son esprit. À l’intérieur du cadre, elle en compagnie de Callaghan, tenant fièrement un diplôme fraîchement obtenu. Tous deux avaient les traits plus jeunes, le teint moins fatigué, l’air joyeux et vigoureux. Et il y avait une telle complicité dans ces regards… « Tu vas nous manquer, tu sais… » murmura-t-elle. Son fils avait tort. Comment pouvait-elle oublier tout ce qu’il avait fait pour elle ? Si sa place au Bureau était désormais définitive, c’était bien grâce à lui. À personne d’autre. Et pourtant, Raven allait découvrir que la prophétie de Kierán allait s’avérer bien plus juste qu’elle ne le pensait…
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