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Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback)

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MessageSujet: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Ven 2 Fév - 23:53

7 ans plus tôt

Artemis cherchait ses papiers dans ses dossiers en attendant l'arrivée d'un autre patient. La porte de son bureau était ouverte pour signifier au suivant qu'il pouvait entrer sans gêne. Les cheveux ramenés dans un chignon mal fait, la jeune femme chantonnait une chanson écossaise en mettant de côté des piles et des piles de papiers. Son bureau n'était pas à proprement parler « rangé ».  Dans sa tête, tout était en ordre, mais pour qui avait un œil extérieur, cela pouvait paraître tout à fait surprenant. Surtout pour une psychomage. Elle aurait pu tout chercher avec sa baguette, mais elle n'en avait pas très envie. Son bureau n'était pas très grand, mais assez lumineux, avec des tons tièdes qui agissaient surtout sur l'état anxiété des gens. Beaucoup de ceux qui venaient voir Artemis étaient dépressifs, et il ne servait à rien à son sens de les stresser davantage. En face de son bureau, deux chaises confortables brunes et une table sur laquelle se trouvait un jeu d'échec. Les pièces sur celui-ci se battaient entre elles, et la jeune femme su sans même lever les yeux que le cavalier blanc avait encore fait des siennes. A la fenêtre, il y avait plusieurs plantes en pots, deux fougères et un petit cactus au milieux, comme pour adoucir la clarté de la pièce. Dans la bibliothèque sur la gauche, une photo d'elle en habit de Quidditch avec la coupe de Poudlard, tenant son capitaine de l'époque par l'épaule, un sourire radieux aux lèvres. Elle évitait le plus possible les marques personnelles ici. Car si elle voulait aider, elle était consciente que certains de ses sujets pourraient utiliser les informations qu'ils voyaient. Elle avait prit soin de prendre une photo sans guère d'importance pour donner un aspect personnel à la pièce sans pour autant trop se trahir. La décoration d'intérieur, c'était tout un art. Artemis finit par trouver le dossier qu'elle cherchait, encore vide de toute trace puisque sa patiente n'était pas encore venue pour sa première séance. « Loud the winds howl, loud the waves roar, thunderclaps rend the air... » chantonnait-elle paisiblement en se saisissant d'un crayon parfaitement taillé. Lorsqu'elle se releva, la coiffure légèrement défaite, elle faisait face à une femme très belle. Artemis interrompit sa délicate musique pour saluer l'inconnue – dont elle connaissait pourtant le nom. « Bienvenue Miss Fawkes ! » lui dit-elle de sa voix chaude, en affichant un sourire tout à fait avenant sur le visage. Elle mit son cahier sous le bras, coinça son crayon derrière son oreille et lui tendit la main respectueusement. « Artemis Croupton » se présenta-t-elle tout naturellement.
Artemis aimait aider les gens en étant pourtant sensible à la vue du sang. Se diriger vers la psychologie avait été une évidence pour elle dès lorsqu'elle avait comprit qu'elle ne pourrait être un médecin lambda. Elle aimait faire plaisir et voir le soulagement sur le visage des gens qu'elle aidait. Il s'agissait parfois d'un travail de longue haleine, d'échecs, aussi. Car elle ne pouvait pas sauver tout le monde. Certains agissaient impulsivement et aggravaient leur situation. Souvent, elle les redirigeaient vers un psychiatre plutôt que de les garder ici. « Asseyez-vous, je vous en prie » l'invita-t-elle en fermant la porte. Artemis se retourna vers elle et ajouta, comme préoccupée : « Cela ne vous dérange pas que je ferme ? J'ai parfois des patients claustrophobes et je comprendrais si vous souhaitez pas être enfermée ». Elle lui fit un sourire sincère et affable, avant de s'asseoir en face d'elle, son cahier sur les genoux.

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Mer 21 Fév - 14:07

Tout s'effondrait autour d'elle. Depuis quelques semaines, Raven n'était plus que l'ombre d'elle-même, incapable de prendre la parole sans éclater en sanglots, sans retenir quelques larmes. Depuis quelques semaines, son cœur était vide et elle se sentait incomplète, comme abandonnée dans ce monde vaste. Son existence même n'avait plus d'importance à ses yeux et si elle avait pu, l'Auror aurait rejoint son mari dans les cieux. Elle s'étonnait d'ailleurs de ne pas être passée à l'acte dès qu'elle avait découvert son corps, un moment qui allait la hanter jusqu'à la fin de ses jours et que, pourtant, elle souhaitait oublier vivement. Car si les preuves étaient là, Raven était dans le déni, celui de ne pas croire qu'Elliot était vraiment parti, celui de penser qu'il allait revenir comme dans ces films moldus. C'était impossible, ils avaient été si bien tous les deux... Que diable avait-elle fait à Merlin pour mériter ça ? Elle qui avait travaillé durement pour en arriver jusque là, qui avait vaincu les foudres de sa grand-mère, on lui enlevait pourtant son premier et grand amour. La vie était injuste envers elle et Raven ne comprenait pas quelles en étaient les raisons. Pourquoi tout semblait contre elle alors que son attitude avait été exemplaire tout du long. Ils s'étaient tellement aimés...

Suite à son incapacité de travailler et Vince ne voulant pas qu'elle prenne en charge le dossier d'Elliot, la direction du Bureau l'avait sommée d'aller voir un psychomage pour l'aider quant à son rétablissement. L'Auror en avait besoin mais ne voulait pas se l'admettre. Comme toujours, Raven refusait l'aide qu'on voulait pourtant lui apporter, considérant que c'était son problème et pas celui des autres. Et pourtant, la voilà qui traversait les couloirs de Ste Mangouste à la recherche de la bonne salle, quelque peu obligée par ses supérieurs. Si cela n'avait tenu qu'à elle, vous pouvez vous assurer que la sorcière ne se serait pas déplacée. Les yeux rougis par les larmes, ses talons claquant contre le sol exprimaient la nervosité qui l'habitait et ses poings étaient crispés. Elle ne savait pas ce que le psychomage allait lui dire. Probablement les mêmes idioties que les autres. « Passe à autre-chose », « avance dans la vie », comment appliquer ces conseils lorsque sa moitié était assassinée quasiment sous ses yeux ? Malgré ses 29 ans et donc son jeune âge, ses traits étaient emprunts d'une plus grande maturité que celle des autres, comme si elle avait vécu le pire en deux fois. Ce qui était le cas, en quelque sorte.

Raven y était. La porte était grande ouverte, comme pour l'inciter à entrer, et une douce voix s'en échappait. Une femme, donc. L'Auror ferma les yeux, serra la mâchoire et entra la tête haute. Malgré ce qu'elle lui était arrivé, la sorcière aimait prendre soin de son apparence et ne voulait pas paraître comme faible aux yeux des autres. Elle arriva devant un bureau et balaya la pièce du regard. C'était loin d'être un endroit austère, même plutôt l'inverse, et le décor ainsi que les couleurs avaient quelque chose de plutôt chaleureux et apaisants. Cela n'étonnait pas la sorcière. Les psychomages savaient ce qu'ils faisaient. La psychomage leva la tête et lui fit un grand sourire tout en se présentant et en lui tendant la main. Son nom, cependant, engendra en elle un moment d'arrêt. Coupton. Était-elle la compagne de son ancien ami Bartemius ? Ou quelqu'un de sa famille ? La Poufsouffle et le Serpentard s'étaient perdu de vue à la fin de leurs études à Poudlard et ne s'étaient jamais revus, sauf parfois croisés à l'ESM. Mais l'Auror n'était pas là pour ça et elle lui serra la main sans lui sourire, toutefois. Toute trace de joie avait disparu chez elle. Elle n'était qu'une enveloppe corporelle dont l'âme était dévastée.

Suite à son invitation, Raven s'assit sur l'une des deux chaises et posa ses mains sur ses genoux. « Faites, je vous en prie. » répondit-elle de cette voix cassée qu'elle portait maintenant en permanence à force de ne faire que pleurer. Malgré son dos droit, la jeune Auror avait son regard rivé sur le sol. Elle ne voulait plus se battre, juste... Tout abandonner.
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Ven 23 Fév - 22:26

Artemis aimait suffisamment son métier pour s'y adonner corps et âme. Elle avait besoin d'aider les gens qui venaient la voir, parce qu'elle aimerait qu'on le fasse tout autant pour elle si elle devait être dans une de leurs situations. Le remerciement dans les yeux des gens qu'elle aidait était la seule motivation qu'elle retirait de son métier, bien au delà de l'argent. Lorsqu'on avait grandit avec des moyens conséquents, dans une famille au nom doré, on ne pouvait pas s'en soucier outre mesure. D'autant plus que le parti qu'elle avait choisit d'épouser n'était pas en reste non plus. La femme qui passa le seuil de la porte avait l'air d'être davantage un esprit qu'un Homme. Il lui semblait métaphoriquement qu'elle fut une belle plage désormais balayée par les tempêtes et les marées, ce qui fit de la peine à la psychomage – qui néanmoins, ne laissa rien paraître. Selon elle, elle était un refuge pour eux et se devait d'être gentille et accueillante. Une attitude préoccupée, triste ou agacée, n'aidera jamais ces gens qui demandaient tacitement du soutient.  Artemis avait toujours l'habitude de se présenter et parfois, ses patients se présentaient à leur tour. Ce n'était pas le cas de Raven Fawkes, qui, au contraire, sembla avoir un temps d'arrêt en entendant son nom. La Croupton n'avait pas pour habitude que le nom qu'elle portait provoque un choc, ou un étonnement quelconque, malgré son rang. Aussi ne put-elle pas s'empêcher de lui demander : « Il y a un problème ? ». Elle afficha un sourire amusé, comme si seule une situation cocasse avait pu engendrer ce mini-choc chez cette femme qu'elle espérait pouvoir aider. En son temps à Poudlard, la jeune femme avait été une élève brillante, dotée d'une curiosité presque propre aux Serdaigles, maison dans laquelle elle avait faillit aller. Les mots encore frais du Choixpeau dans sa tête, venaient parfois la hanter pour lui rappeler qu'un peu plus, et elle aurait passé sa scolarité dans la tour des Serdaigles et non pas dans les froids cachots des Serpentards.
Artemis ferma la porte lorsqu'elle le lui autorisa et retourna s'asseoir en face d'elle, tandis qu'elle agitait sa baguette pour que la théière s'active. « Ne vous sentez pas obligé d'en prendre » lui dit-elle gentiment en se penchant en avant pour chasser le cavalier blanc des miettes du pions noir sur lequel il s'acharnait. Elle croisa élégamment ses jambes cachées sous une robe de sorcier. Sa blouse de travail, dans lequel elle était censée évoluer en permanence, elle l'avait laissé pendue au porte-manteau. L'hôpital était assez désagréable comme cela, et elle ne voulait surtout pas en rajouter une couche. Aussi la jeune femme était-elle tout à fait bien habillée pour une médecin, et ses cheveux roux flamboyants contrastaient assez avec le reste de sa robe. Son calepin vierge sur ses cuisses, son crayon toujours coincé derrière son oreille, Artemis observait gentiment la sorcière avec un sourire avenant. Elle avait l'air d'être une femme avec du caractère, mais taciturne. La jeune femme savait que la première impression était souvent la mauvaise, aussi ne se préoccupait-elle pas de cela. Elle décida d'annoncer plutôt ce qui allait se passer à la sorcière, parce qu'elle ne comprenait pas bien comment on pouvait être à l'aise avec quelqu'un qui ne nous disait rien. Selon la psychomage, la confiance allait dans les deux sens et ainsi, le patient ne pouvait pas être la seule personne à se dévoiler. Cependant, il y avait une manière de faire. De la main droite, on devait lâcher du mou, donner à l'autre quelques informations se rapprochant de la vérité, tandis que dans notre dos, la main gauche devait s’agiter pour ramener lentement le fil vers nous. Cette technique, Artemis l'utilisait depuis ses débuts. « Nous allons avoir trois sessions Miss Fawkes. Pour l'instant, en tout cas, je ne veux pas vous retenir plus que nécessaire dans des sessions qui ne nous serviront pas, que ce soit à vous ou à moi. Je ne vous forcerai pas à discuter avec moi, et vous me direz ce qui vous plaît et ce que vous voulez. Je ne vous dirai pas ce que nous ferons dans les deux prochaines séances, mais sachez que si tout va bien, je vous en proposerai d'autres. Cela vous convient-il ? » demanda la sorcière en prenant son crayon pour écrire la date du jour sur sa feuille. « J'aimerais par ailleurs vous demander si cela vous dérange que je vous dessine aujourd'hui. J'aime dépeindre la première impression que j'ai d'une personne sur un papier, et la dernière impression que j'en ai pendant la dernière séance, afin de mesurer d'une certaine manière, le travail et la confiance établie entre nous ».
Elle se pencha pour se saisir de sa tasse et la porta à ses lèvres pour en boire une gorgée avant de la reposer. Certains patient supportaient mal le fait d'être dessiné, et Artemis respectait tout à fait cela, consciente qu'il s'agissait là d'une manie assez étrange et peut-être pour certains, dérangeante. Elle pourtant, trouvait cela diablement intéressant. Le premier dessin était toujours sombre, parce qu'il s'agissait là de l'impression que laissait la personne. Le personnage était triste, quoique pas totalement ressemblant au patient, comme s'il s'était agit d'une autre personne aux traits pourtant très proches d'eux. Elle ne désirait pas leur donner l'impression que leurs problèmes l'emportaient sur tout le reste. Au contraire, à la fin de la thérapie, elle se permettait de brûler devant eux un dessin qui emportait dans sa fumée, tous les démons passés.

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Sam 24 Fév - 0:10

La vie après la mort était-elle plus paisible que leur monde actuel où joie et prospérité laissait place à violence et diffamation ? La mort n’était-elle pas qu’une passerelle entre un univers et un autre ? Que de questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponses. L’Auror espérait simplement que son mari, là où il était, trouvait le repos qu’il méritait et qu’il était heureux, là-bas. Elle n’avait aucun moyen de savoir si cela était vraiment le cas et, de toute façon, n’avait jamais été très forte en divination. Ses lèvres tremblaient à chaque pas et ses cernes étaient bien voyantes, conséquences de ces nombreuses nuits d’insomnie à pleurer et inonder son oreiller d’un torrent de larmes, conséquences de ses journées à fixer la porte d’entrée sans bouger d’un poil dans l’espoir que celui qu’elle aimait allait rentrer. Raven Fawkes n’était plus Raven Fawkes, mais un double, comme si on l’avait remplacée pendant quelques temps voire à tout jamais. Elle n’était plus celle que ses collègues et amis d’enfance connaissaient, ce n’était plus la même. Quelque chose avait changé, quelque chose s’était brisé et s’était effondré. Auparavant sérieuse mais néanmoins joyeuse depuis qu’elle était avec l’amour de sa vie, il semblait à présent qu’une ombre planait au-dessus de sa tête tel un Sombral n’attendant que de la happer.
Et pourtant, la sorcière était là, à traverser les couloirs de Ste Mangouste, évitant soigneusement les regards de certains Médicomages qui, l’œil attiré par son teint cireux, ne pouvaient s’empêcher de la fixer avec une mine soucieuse. Raven, comme tous les autres Aurors, était suffisamment connue pour que l’on se souvienne d’elle. L’aînée Fawkes ne voyait pas bien en quoi voir un psychomage allait l’aider, elle qui préférait être dans l’action que dans la discussion. Parler, c’était bien beau, mais cela n’allait pas lui ramener Elliot, cela n’allait pas lui rendre l’enfance qu’elle n’avait pas eu. Parler n’était qu’une perte de temps et elle ne savait même pas pourquoi elle accepté de suivre les ordres de ses supérieurs. Sûrement parce qu’ils étaient des ordres justement, et non pas des conseils ou des insinuations. Aller voir un psychomage, sinon quoi elle serait radiée du Bureau. Raven trouvait ce chantage abusif, et pourtant elle tenait trop à son travail pour prendre à la légère quelque avertissement qu’il soit.
« J’ai cru que… murmura-t-elle, interdite, avant de se reprendre en secouant la tête, laissez tomber. » La dénommée Croupton portait le même nom de famille que son ami d’enfance, si ce n’était pas une coïncidence. Souvent, les patients qui nécessitaient l’aide d’un psychomage refaisaient face aux démons de leur passé. Quelle ironie de faire face à ce passé en ayant devant elle la femme d’un ami de ce même passé. À croire qu’il se foutait ouvertement d’elle.
L’Auror prit place sur une des deux chaises comme convenu et autorisa son interlocutrice à fermer la porte. Ouverte, fermée… Plus rien n’avait d’importance à présent. Elle entendit de loin la théière s’activer, et malgré son adoration pour cette boisson, Raven ne répondit rien. Elle n’en voulait pas. Elle ne voulait rien. Juste… La paix et la tranquillité. Et Elliot. Et ses parents. Et son enfance gâchée. Et une vie loin de tout, loin de cette guerre et de ces meurtres, loin de ces gens fous qui ne pensaient qu’à tuer pour une cause anoblie par le sang qu’ils avaient sur leurs mains. Rien de plus. Rien de moins. La psychomage commença alors son petit discours et l’Auror releva la tête en plantant son regard dans celui de la rousse. Un bleu métallique sévère et brisé rencontra le bleu doux et rieur de l’océan.
« Faites ce que vous pensez être le mieux, souffla la sorcière sans grande conviction. Je suis ici sur ordre du Ministère, poursuivit-elle la voix brisée, non de mon plein gré alors… Faites, » termina Raven en baissant à nouveau la tête comme si le fardeau du monde se trouvait sur ses épaules. La jeune psychomage allait avoir du fil à retordre avec cette Auror anéantie.
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Dim 25 Fév - 0:46

Les épaves qui faisaient chemin jusqu'à son bureau, Artemis en avait l'habitude. Et elle réagissait toujours de la même manière : avec douceur et des sourires gentils. Il n'était pas question de narguer l'autre avec une pseudo joie démesurée, il s'agissait de mettre à l'aise celui que l'on devait aider. Il était absolument impossible d'aider quelqu'un s'il n'était pas en confiance et elle comptait bien aider Raven Fawkes à se relever. Aller mieux d'une manière ou d'une autre. Une fois la porte clause, la séance démarrait. A côté de son fauteuil, il y avait ce petit sablier qu'elle retourna pour décompter le temps. Qu'il était poétique que ce qui touchait tout le monde avec plus ou moins de violence, soit seulement décompté par les grains de sable qui ne revenaient qu'à la terre. Ce sablier, Artemis y tenait particulièrement, puisqu'il s'agissait d'un cadeau que lui avait fait sa sœur des années auparavant. Maintenant qu'elles ne se parlaient plus, elle pouvait garder avec elle un bout de cette femme qu'elle avait aimé et dont elle se souvenait comme tel. Si elle était déçue de ne pas avoir l'explication de la part de Raven elle-même, la psychomage et ancienne Serpentard, avait deviné le problème. « Connaîtriez-vous Bartemius ? » lui demanda-t-elle le plus naturellement du monde. La jeune femme parfois, disait ce qui lui passait par la tête sans aucun filtre, et elle se gifla mentalement d'avoir lâché cela. Pas de proximité avec les patients. C'était une maxime qu'elle se répétait jour après jours, chaque matin devant son bureau avant de rencontrer la première personne du jour. Depuis qu'elle avait commencé ce métier, elle faisait tout pour ne pas y faire défaut. Donner à cette dame – une Auror, certes – un élément de sa vie privée, n'était pas la chose la plus intelligente qu'elle ai faite. Aussi passa-t-elle rapidement, pour esquisser ses premiers coups de crayons en écoutant ce que Raven avait à lui dire. Artemis releva la tête. De ses patients, elle ne connaissait que le nom et les grandes lignes de l'existence. Elle savait vaguement qu'elle avait perdu ses parents jeunes, vécut chez sa grand-mère et avait une sœur. Elle ne se souvenait pas d'elle à Poudlard, même s'il lui semblait qu'elle avait à peu près son âge. Assez étonnant. La psychomage ne supportait pas que le Ministère décide pour des gens s'ils devaient aller voir quelqu'un. « C'est contre productif » dit-elle enfin en fronçant les sourcils, « d'envoyer quelqu'un voir un spécialiste contre son gré, je veux dire ». Car franchement, qui se livrerait à quelqu'un qu'il ne veut même pas voir ? Comment se faire aider si on nie avoir un problème et si on ne veut pas d'une main pour se relever ? Cela compliquait son travail et elle détestait cela. « Le Ministère prend ses libertés avec ses employés tout comme l'hôpital le fait avec les siens, c'est assez inadmissible » continua-t-elle de manière paisible. Commencer une conversation par quelque chose de banal pour aller vers quelque chose de plus intime. C'était la base de tout. C'était la première chose que l'on apprenait à ceux qui se destinaient à devenir psychomage. Néanmoins, Artemis ne comptait pas enchaîner directement sur le métier de Raven. Laisser du mou avec la main droite, et tirer le fil avec la main gauche : « Je trouve le Ministère assez austère » confia-t-elle en traçant un trait vif sur son papier, sans relever les yeux vers sa patiente de l'heure, « quoique ce n'est certes guère mieux ici » continua-t-elle comme si elle se faisait une raison. Elle releva ses yeux clairs sur Raven pour lui adresser un sourire poli. « Vous ne me semblez pas être quelqu'un d'austère, Miss Fawkes » lui avoua-t-elle simplement, avant de reprendre son œuvre pour ne pas l'importuner d'un regard trop insistant, « aussi cela me mène à la question suivante : trouvez-vous votre compte, là-bas ? ». Car quelqu'un qui avait des problèmes au travail ne pouvait pas être totalement heureux. C'était bien pour cela qu'Artemis rêvait de décrocher une licence pour avoir son propre cabinet. Elle rêvait du jour où les années de bon et loyaux services à l'hôpital seront derrière elle. Dans un cabinet, elle n'aura nul besoin de forcer les gens à la voir, puisqu'ils viendront d'eux même vers elle. Toute cette scène grotesque n'aurait pas lieu d'être, puisque Raven de toute évidence, ne serait pas venue d'elle-même. Artemis s'affairait à dessiner le rond de sa tête pour se donner une base de travail. Déjà, dans les premiers coups de crayons, on pouvait voir l'ombre que dégageait la femme qui se trouvait devant elle, celle qu'elle traînait malgré elle dans son sillage, inondant de tristesse tout ce qui était autour d'elle. L'atmosphère de la pièce, chargée d'électricité et de peine déplaisait fortement à la Croupton qui n'en laissait pourtant rien paraître. Son rôle était d'aider et non pas de râler. Elle l'avait accepté dès sa première année d'étude et elle comptait bien s'y tenir, même si elle sentait étrangement que Raven Fawkes allait lui donner du fil à retordre.

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Lun 26 Fév - 23:19

Au nom de Bertemius, Raven marqua un nouveau temps d’arrêt. Ainsi, cette psychomage était bel et bien la femme de son ancien ami. L’ex-Poufsouffle était contente qu’il se soit trouvé quelqu’un, Croutpon n’avait jamais été très bavard et rejetait même plutôt les autres. Comme quoi, les gens pouvaient changer. Ou bien les gens changeaient pour eux. Si l’auror était persuadée d’une chose, c’était que quelque chose en elle s’était éveillé lorsqu’elle avait rencontré Elliot. Quelque chose de fort, de puissant qui avait enveloppé son cœur d’une chaleur jusque-là inconnue. Des sensations fortes avec cet homme, la jeune femme en avait connu et n’en regrettait aucun. Non, des moments qu’ils avaient partagés ensemble, Raven n’en éprouvait aucun remord, aucune peine, aucun mauvais souvenir. Non, les nuages noirs avaient été bien loin à l’horizon, et ce pendant quelques années. Pas mariés, ils avaient néanmoins filé le parfait amour. Raven avait trouvé celui que certains cherchaient pendant des années. Elle avait trouvé sa moitié, celle avec qui elle s’était sentie en sécurité, à qui elle avait pu confier ses craintes, ses peurs et ses angoisses, ou bien simplement raconter ses journées en sachant qu’elle serait toujours écoutée. Toujours, la jeune femme avait été gâtée de petites attentions alors qu’elle ne demandait rien : un hibou un matin qu’elle était au Bureau la tête plongée dans des dossiers, un petit thé déjà prêt à son réveil lorsqu’il partait travailler avant elle, un voyage surprise dans un pays voisin… L’auror en avait eu de la chance, c’était certain. Mais tout cela était derrière elle, à présent.
Son visage n’était plus qu’une photo qu’elle se forçait à conserver.
Ses baisers et ses caresses n’étaient plus que des souvenirs.
Son rire n’allait plus résonner dans leur appartement.
Ses mots n’allaient plus effleurer le creux de son oreille en chuchotant.

Elliot était mort. Mort.
Non, il n’était pas mort. C’était impossible. Elliot allait revenir. Il allait revenir à elle. Ce n’était pas possible autrement…

« Nous étions amis à Poudlard, » répondit finalement la sorcière en ne s’attardant pas trop sur le sujet. Ils avaient été proches fut un temps – enfin, tout dépendait quelle définition pouvait-on tirer de « proches » avec Bartemius – mais seulement pour les devoirs, la majorité du temps. Le Serpentard avait trouvé en la blairelle quelque chose d’assez similaire à lui : ce goût acharné pour le travail ainsi qu’une tête bien sur les épaules. Il avait su que Raven n’allait pas devenir n’importe qui.
La psychomage Croupton commença à la dessiner sans que l’auror ne la regarde. Même si la sorcière avait appris depuis l’enfance que baisser les yeux était un signe d’irrespect ou de faiblesse, Raven hésitait ici entre faire bonne figure ou bien porter le masque qu’elle arborait depuis quelques semaines. Elle ne savait plus qui elle était, ni ce qu’elle devait faire. L’aînée Fawkes était juste… Perdue, en plus d’être détruite en mille morceaux. Il lui semblait que ses piliers s’effondraient un à un, la laissant seule face à ce vaste monde. Elliot ? Parti. Son travail ? Elle n’était pas en état. Sa famille ? Il lui restait sa sœur mais voilà des années qu’elles ne s’étaient pas vraiment parlées. Melody était venue lui présenter ses condoléances dès qu’elle avait appris la nouvelle et la sorcière n’avait pu que renifler et hoqueter en réponse. Voilà, elle n’avait plus personne. Raven était seule. Ses amis étaient venus aussi, mais que valaient des amis face à un être aimé qui venait tout juste de perdre la vie ? Pour la jeune auror, la sienne avait perdu toute signification. Son chemin n’avait plus de but.
Les mots de la rousse glissaient sur elle comme un cours d’eau dévale une cascade et elle était aussi réceptive qu’un elfe avec de la cire dans les oreilles. Les phrases passaient d’un trou à l’autre sans véritablement s’enregistrer dans son cerveau et l’auror Fawkes entendait son interlocutrice lui parler mais de très loin.
« Trouvez-vous votre compte, là-bas ? »
Raven releva les yeux, perdue. De quoi… De quoi parlait-elle ? Son esprit fusa. Ministère. Condition de travail. Bureau. Elle hocha doucement la tête.
« Bien sûr, murmura-t-elle comme à bout de souffle, je me suis battue toute ma vie pour en arriver là. Mon métier me passionne et c’est peut-être la seule chose à laquelle je peux me raccrocher maintenant… » C’était la phrase de trop. La gorge de Raven se serra et une larme glissa silencieusement le long de sa joue, petite goutte d’eau salée qu’elle s’empressa d’essuyer d’un geste de rage. Elle ne savait plus quoi faire. Exploser ? Imploser ? La sorcière avait longtemps refoulé ses émotions, obligée de tout intérioriser de peur de se faire traiter, une fois de plus, de faible par sa grand-mère. Mais à présent, elle ne savait pas, ne savait plus. Kathleen Fawkes devait bien rire dans sa misérable tombe.  
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Jeu 1 Mar - 23:44

Artemis n'avait pas eu ce que l'on pourrait appeler un « coup de foudre », pour Bartemius. Non, ce qui s'était passé entre eux ce soir-là dans la bibliothèque de l'école, c'était quelque chose d'un genre tout à fait particulier qu'elle n'avait jamais comprit. Ils avaient été mis sur la route de l'autre par un hasard tout à fait surprenant, là, dans le lieu de savoir le plus surveillé de l'école. Ce qui s'était passé, c'était quelque chose se rapprochant étrangement d'un accord tacite passé entre eux. Ils avaient comprit en même temps qu'ils pouvaient s'entendre, discuter paisiblement à propos de l'histoire et de la philosophie tout comme ils pouvaient se détester en public, en oubliant même par fierté qu'ils appréciaient l'autre. Non, Croupton et Potter, cela avait été particulier, et ça l'était toujours, finalement. Ils ne se complaisaient guère dans la simplicité de la vie de couple mais au moins, devaient-ils se satisfaire d'en avoir une. Certains, malheur pour eux, ne connaissaient rien. La réponse qu'offrit Raven fit relever doucement la tête de la psychomage qui fronça légèrement les sourcils. Bartemius, peut importe l'âge n'était pas l'homme le plus amical du monde mais soit. Elle voulait bien la croire, surtout qu'elle évitait beaucoup le jeune homme pendant sa scolarité avant de finir avec lui.
Tandis qu'Artemis s'affairait sur ses traits, Raven parlait. Le ton vide, la voix rauque et dure. La psychomage reconnaissait bien là les traits d'un deuil que l'on acceptait mal. Qui donc avait perdu cette femme pour paraître si terne, alors même qu'elle devait auparavant être rayonnante ? Lui poser frontalement la question sera la dernière chose qu'elle fera. Les traits d'ailleurs qu'elle dessinait, étaient empreint d'une tristesse qui brisait le cœur de la jeune femme. Elle avait l'habitude de ce genre de cas, et elle savait la difficulté qu'il fallait surmonter. Pourtant, et c'était le plus incroyable avec les dessins de la Croupton, les premiers traits du visage de Raven ne montraient pas la tristesse. Ils dépeignaient très justement la beauté d'une femme cachée derrière un masque froid et déconnecté de la réalité. Elle releva vivement les yeux vers elle pour continuer et lui posa simplement une question, pour avoir son avis sur son travail. La manière dont l'Auror lui répondit la força à relever à nouveau les yeux alors qu'elle venait tout juste de les reposer sur son croquis. La voix, presque à bout de souffle de la femme, semblait être le prologue d'un long roman dont Artemis ne pouvait repousser la lecture. « Vous vous êtes battue toute votre vie » releva-t-elle pensivement. « En tant que femme, je suppose que ce ne doit pas être très facile, non ? » devina-t-elle simplement, comme si elle parlait de la couleur écarlate des coquelicots de printemps.
La suite de la réponse de la jeune femme fit s'arrêter le crayon pendant quelques fractions de secondes, mais Artemis se reprit bien vite pour tracer les traits de ses yeux en amendes. Elle savait combien se plonger dans son travail pouvait être dangereux. Elle le savait et se sentait bien triste d'avoir devant elle une nouvelle victime de la sphère travailliste. L'ancienne Potter voyait bien chez Bartemius cette farouche volonté de se surpasser dans son travail et si elle admirait son courage et sa force de caractère, elle ne pouvait s'empêcher de trouver qu'ils s'éloignaient tristement. Raven, si elle aimait son travail, ne pouvait pas refouler toutes les personnes qui comptaient pour elle. « Faîtes attention » la mit-elle donc justement en garde grâce à sa propre expérience personnelle, « le travail est la pire des barrières que l'on puisse mettre en place entre nous et les personnes que l'on aime ». Artemis fit comme si elle n'avait pas vu le geste rageur pour essuyer une larme. Son attitude pouvait désarçonner, vexer éventuellement. Mais Raven Fawkes ne lui semblait pas être une femme pleurnicharde et désirant du réconfort. Elle était là parce qu'on le lui avait ordonné et la psychomage ne doutait pas qu'elle s'en serait sortie seule. « Se renfermer sur son métier » commença-t-elle pensivement en faisant une pause, « vous fera oublier vos maux, cela est vrai. Vous oublierez votre peine, votre douleur, vous ne penserez plus à vos larmes. Mais une fois le soir venu, une fois face à la réalité, elle reviendra vous hanter de plein fouet. Et là, ce sera pire que tout » lui expliqua la jeune femme doucement en relevant ses prunelles vers celles bleutées de l'Auror. « Acceptez votre douleur entièrement, et elle s'estompera. Cantonnez la derrière les murs du travail et elle vous poursuivra toute votre vie ». Cette phrase sonnait comme une terrible prédiction, si bien qu'Artemis se sentit obligée de lui offrir un sourire avant de se remettre à dessiner.
Comme elle savait qu'il était tentant de ne penser à rien d'autre qu'au travail au bureau, à la maison, dans le lit. Comme elle savait que ça faisait du bien de se sentir normale le temps d'une journée ou d'une semaine. Mais n'était-ce pourtant pas pire de recevoir le boomerang en pleine figure après qu'il eut effectué son tour ?

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Ven 2 Mar - 15:39

La vie pour devenir auror était difficile, être une femme dans le milieu l'était encore plus. C'était la même chose un peu de partout, les femmes n'étaient pas considérées à leur juste valeur et les remarques sexistes s'échappaient de temps en temps de la bouche de certains hommes. Si, au début, cela l'avait affectée car habituée à être rejetée depuis l'enfance et estimant que le Ministère était un lieu de sorciers matures – pas le cas apparemment –, Elliot lui avait vite remis les idées en place, celles de ne pas abandonner et de persévérer comme elle l'avait toujours fait. Alors la sorcière, bien consciente de la situation, avait redoublé d'efforts pour prouver à ses collègues qu'elle était aussi compétente et voire plus qu'eux. Au final, cela s'avérait vrai. Au bout de neuf ans tout de même, mais c'était déjà ça. On lui confiait d'importants dossiers et ses remarques étaient toujours pertinentes lors des breefings. Chose incroyable, on lui faisait confiance, confiance qu'elle n'aurait pas espéré ne serait-ce cinq ans en arrière. Cette évolution, Raven ne la devait qu'à son seul et unique travail. Mais pour cela, elle avait dû se renforcer, encore plus que ce dont elle avait été capable jusqu'à présent.
« Les débuts n'ont pas été faciles, effectivement, admit la sorcière, les yeux dans le vague. Mais j'ai à présent prouvé ma place au Bureau. »
Elle ne s'étala pas davantage. Elle ne voulait pas s'étaler davantage. L'aînée Fawkes avait été envoyée ici par le Ministère, ce n'étaient donc pas ses motivations qui l'avaient poussée à entrer ici. Tout ce que Raven ressentait n'était que destruction et déchirement interne. La jeune femme était comme effondrée sur elle-même. Elle ne voulait plus se relever comme après le décès de sa grand-mère. Son état ne le lui permettait plus. Le départ d'Elliot était le combat de trop.

Les remarques que fit la psychomage à propos du travail étaient vrais. Pas aux yeux de Raven qui avait un rapport assez particulier à son travail, mais la sorcière pouvait admettre qu'il s'agissait là d'arguments pertinents. Cependant, pour le moment, Raven ne voulait rien entendre. Elle était dans le déni du décès d'Elliot et s'il y avait bien une chose qu'il lui aurait fallu à ce moment-là, cela aurait été lui et personne d'autre. Elle ne pouvait pas croire qu'elle n'entendrait plus ses mots, ses conseils et ses phrases rassurantes. Elle se demandait encore ce qu'elle faisait ici.
Alors que l'Auror avait la tête baissé, elle la releva et planta la prunelle de ses yeux dans celle de la rousse. Son regard exprimait une peine encore plus grande, une souffrance qui pouvait détruire un cœur de pierre.
« Que savez-vous à propos de moi, miss Croupton ? » souffla la jeune Auror, la voix brisée.
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Dim 4 Mar - 19:49

Artemis n'était pas du genre à se faire des idées sur ses patients, à les sous-estimer ou les sur-estimer. Elle veillait à rester objective les concernant et peut importe ce qu'ils lui expliquaient. Raven s'était faîte une place d'après ce qu'elle comprenait, et Artemis trouvait donc en elle un esprit fort. Les esprits forts étaient appréciés et suivis, et la psychomage était ravie de voir que sa patiente en était un. Elle-même n'avait pas spécialement souffert de sexisme à Sainte-Mangouste, c'était même plutôt l'inverse. L'ancienne Serpentard avait l'impression de travailler avec plus de femmes que d'hommes, et peut-être que c'était mieux ainsi. Ainsi ne pouvait-elle pas comprendre réellement sa patiente et tout ce qu'elle pouvait faire en conséquence, c'était essayer. « Qu'avez-vous ressentis la première fois qu'on vous a fait une réflexion misogyne ? » demanda justement la psychomage sans relever les yeux vers l'Auror qui était assise en face d'elle. Les gens réagissaient différemment aux propos des hommes ou femmes sur leurs valeurs. Elle était bien curieuse de voir de quel bord était cette femme en face d'elle. La rouquine nota rapidement en haut de son dessin que Raven de toute évidence, ne souhaitait pas s'étaler davantage. Nétait-ce pas pourtant le but de son travail à elle ? La faire s'étaler, préciser des choses absurdes peut-être pour sa patiente mais pertinentes pour elle ? « Pourquoi ne pas avoir abandonné ? Pourquoi avoir persévéré ? Ce ne sont pas les gens ordinaires qui continuent envers et contre tout » nota simplement la psychomage en se penchant un peu sur son œuvre pour mieux dessiner une ombre. La grande majorité des gens abandonnaient face à l'adversité et si elle comprenait, elle n'était pas vraiment faite de la même trempe. La maison des verts et argents dans laquelle elle fut répartie, n'accueillait en son sein que des gens persévérant aux grandes idées, pas uniquement des prétendants à la maîtrise de la magie noire. La maison de Salazar souffrait de préjugés qui avaient handicapés la vie de la jeune femme pendant sa scolarité. Elle qui jouissait d'un cœur pur, elle avait été mise dans le même panier par nombre de gens, à son grand désespoir.
Artemis tenait à la mettre en garde sur le travail et sur les espoirs qu'elle posait en eux. Mais la réponse qu'elle obtint la laissa pantoise contre toute attente. Elle s'était attendu à ce qu'elle acquiesce, qu'elle se bat au contraire, contre ses arguments. Mais la psychomage ne s'était pas attendu à ce qu'elle lui demande frontalement ce qu'elle savait sur elle. Pourtant, cette question méritait d'être posée, et tous les patients en venant voir leur thérapeute, se la posaient. Elle posa donc méthodiquement son crayon sur la table pour se saisir de sa tasse, encore légèrement fumante, qu'elle porta à ses lèvres. Une fois qu'elle eut prit une gorgée, elle répondit : « Que pensez-vous que je sache, Miss Fawkes ? ». Répondre à une question par une autre question pouvait braquer certaines personnalités. Avant, elle était comme cela. Elle se vexait qu'on ignore ainsi sa question pour en poser une autre. Mais avec un époux comme le sien, elle était rodée à l'exercice. Ici pourtant, elle ne lui posait pas une autre question sans lien avec la première. Pire encore, elle allait lui répondre en conséquence de sa réponse. Se doutait-elle de ce qu'elle savait ? Faisait-elle une différence entre les informations qu'elle avait dans son dossier depuis qu'on le lui avait donné et entre les informations qu'elle avait devinées toute seule ? Car la perspicacité d'Artemis était aussi juste que son pragmatisme de bonne anglaise. Mais ça, Raven ne le savait pas.

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Sam 10 Mar - 18:58

Sa tête lui tournait et Raven avait du mal à réfléchir clairement. Tout ce qu’elle voulait, c’était rester en boule dans son lit, son visage enfoui dans son oreiller et ne plus penser à rien. Simplement se dire qu’Elliot allait revenir d’une minute à l’autre et qu’il lui avait fait une blague. Loin d’être drôle, certes, mais que son humour avait dépassé les bornes cette fois-ci. Et puis elle se rappelait l’enquête en cours, l’enterrement de prévu, et là l’auror se demandait sérieusement s’il n’était pas vraiment parti. À moins qu’à la dernière minute, il n’ouvre la porte du cercueil et s’écriant « c’était une blague ! » mais quelque chose lui disait que non. C’était fini.
C’était fini.
En se disant cela, l’auror Fawkes crispa sa mâchoire et tenta tant bien que mal de se concentrer sur la question de la psychomage. Ce n’était pas évident avec ces flashs qui lui éblouissaient la mémoire.

Un corps ensanglanté au milieu d’une rangée d’étagères tombées au sol, des livres aux couvertures déchirées faisant office de décor macabre à la scène. On s’était battu ici et violemment.

Elle secoua légèrement la tête en fermant les yeux. Raven voulait que ces images, qui apparaissaient soudainement depuis quelques jours, lui fichent la paix. Elle ne voulait plus penser à rien, juste qu’on la laisse tranquille, elle emmerdait le Bureau et ses directeurs qui la forçaient à venir ici, elle emmerdait cette psychomage et ses questions, elle en voulait à la terre entière et pourtant, l’auror restait là, l’esprit détruit par tant de violence psychologique à avoir le regard rivé sur le sol.
« Cela m’a affectée au début, chuchota-t-elle, mais j’ai fini par les laisser parler et leur prouver que j’étais capable de faire mieux que ce qu’ils pensaient. Et j’ai eu raison, finalement. » Oh ça oui, elle avait eu raison de persévérer. Il suffisait de voir la place qu’elle occupait à présent, celle d’une des premières femmes Auror à avoir autant d’estime de la part de ses collègues masculins. Ce n’était pas rien et Raven était plutôt fière d’avoir une telle image. Si elle aurait pu se vanter d’avoir cette réputation, il n’en était rien et la sorcière poursuivait son chemin comme si de rien n’était. Modeste en plus de ça. Cela la rendait encore plus que respectable.
La seconde question posée par la psychomage eut le don de faire légèrement faire froncer les sourcils de l’auror. Elle ne s’était jamais considérée comme quelqu’un d’exceptionnel. Du mérite, oui, après ce qu’elle avait traversé le mérite était normal. Mais exceptionnel… ça, non. Raven n’avait pas été éduquée dans une image d’exception mais plutôt dans un statut d’erreur et d’échec de la nature, de honte et de silence. Elle n’aimait pas se valoriser et c’était quelque chose de profondément ancré en elle qui lui avait valu bien des remarques, parfois. Pourquoi avait-elle voulu persévérer ? Pour prouver à Kathleen Fawkes ce dont elle était capable. Un peu comme ses collègues misogynes. Pour leur faire ravaler leur langue, tous autant qu’ils étaient, pour leur montrer qu’une femme venant de Poufsouffle avec un passé difficile était capable de faire partie de l’élite sorcière de Grande-Bretagne. Et ce n’était pas rien.
« Alors les gens ordinaires sont sous-estimés, miss Croupton, » fit l’auror sans répondre à sa question. De son passé, elle ne voulait pas en parler. Encore moins que de la mort d’Elliot. S’il y avait bien un sujet tabou chez elle, c’était bien cela. Son compagnon l’avait compris et ils avaient dû aborder ça à de rares occasions. C’était quelque chose enfoui en elle mais qu’elle avait effacé de sa mémoire pour ne pas voir les choses en face. Pour ne pas se souvenir. Pour éviter de souffrir, peut-être. Ou plutôt pour éviter de se souvenir qu’elle n’avait pas été une enfant aimée, une fois ses parents partis.
La troisième question la prit un peu de court. Elle qui s’attendait à ce que la psychomage lui réponde naturellement, il n’en fut rien de tout cela. La tête toujours baissée, l’auror mit quelques temps à réagir. Au début, ce fut par un simple spasme des mains, comme si son propre corps lui faisait comprendre que oui, elle était toujours dans cette pièce et que son interlocutrice attendait une réponse. Puis, ce fut par un silencieux rire nerveux.
Il s’agissait d’une blague. Réellement.
« Ainsi, le Ministère m’envoie chez vous pour ne rien vous dire à mon sujet. Pathétique. » Après la tristesse, la colère. La rancune. Raven, depuis quelques semaines, naviguait entre ces états d’esprits qui la rendaient assez lunatiques. C’était… fatiguant, émotionnellement. Ces états la perdaient complètement. Elle se redressa, tourna la tête sur le côté afin de regarder distraitement par la fenêtre, sans sourire et la mine abattue. Même de profil, la sorcière était belle. Raven était belle, oui. Elle ne s’en rendait même pas compte. Elle ne s’en rendait plus compte à présent. « L’on a dû vous dire les grandes lignes, je suppose. Que mes parents sont morts alors que je n’avais que cinq ans. Que j’ai été élevé par… cette chose que l’on appelle grand-mère. Que j’ai une sœur. Elle tourna à nouveau la tête vers la psychomage, cette fois-ci en plantant ses yeux dans les siens. Je me trompe ? »
Quelque chose lui disait que non.
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Dim 11 Mar - 22:40

Artemis aimait étudier la nature humaine. Cette curiosité peut-être mal-placée avait été accompagnée d'une certaine perspicacité, qui pouvait rayonner et s'avérer tout à fait désagréable pour qui était un peu secret. La maintenant Croupton, ancienne Potter, avait longtemps pourtant essayé de déchiffrer les allures d'un homme qu'elle allait finalement épouser plus tard. Cependant, il était bien l'un des seuls de la race humaine à ne pas avoir un paragraphe clair à son sujet. Il était passé entre les mailles de son filet bien serré, et si elle avait été particulièrement agacé au début, elle s'y était faite et trouvait ce côté secret tout accueillant. Raven n'allait pas être, comme son époux, un mystère pour elle. La réserve qu'elle pouvait avoir avec Bartemius en le laissant jouir d'une liberté toute relative ne s'appliquait pas à cette femme qui ne faisait partie ni de son cercle d'amis, ni de connaissances. L'ancienne Serpentard comptait bien détricoter tout l'être de sa patiente, à des fins purement médicales, bien entendu. Si elle ne relevait ses yeux que pour, semblait-il l'observer afin de mieux la dessiner, c'était au contraire pour l'analyser discrètement sans la mettre mal-à-l'aise. La regarder fixement avec un crayon à la main, ne pouvait pas la mettre en confiance. C'était en tout cas une des raisons qui motivaient la jeune femme à dessiner tous ses patients.
Faire face à la misogynie disait beaucoup de choses sur l'Auror. Un tempérament fort, peut-être même impétueux. Un côté revanchard. Elle aimait bien ce profil. Il lui plaisait assez. Elle écouta attentivement la réponse de Raven tout en s'affairant à dessiner une ombre au coin de son œil. Mais Artemis ne répondit que par un « Mmh » qui signifiait qu'elle l'avait entendu. Un volonté de leur montrer qu'elle en état capable, alors ? La jeune femme était si habituée aux lubies de contrôle de Bartemius qu'elle s'étonnait presque que tout le monde ne soit pas comme lui. Aussi était-elle étonnée qu'elle ne veuille pas plus de reconnaissance pour avoir plus d'influence. Peut-être Raven ne voulait-elle pas l'admettre, aussi. Mais son petit doigt lui disait que ce n'était pas le cas. Sa patiente n'était pas une ambitieuse assoiffée de pouvoir, elle serait prête à parier sa baguette là-dessus. « Mais ce ne doit tout de même pas être facile tous les jours » fit-elle simplement, « certains peuvent avoir mille preuves devant les yeux qu'ils garderont le même point de vue ». Et elle en connaissait, des gens comme cela... Son désespoir de la nature humaine aurait pu la détruire si elle n'avait pas eu un côté optimiste aussi fortement ancré chez elle.
La manière dont lui répondit l'Auror sur les gens honnêtes arracha un rire amusé à la psychomage qui hocha négativement la tête. « Vous êtes modeste » comprit-elle aussitôt comme elle avait un esprit vif et intelligent, « c'est une bonne chose que les gens avec de l'influence le soient, mais c'est une denrée rare. Tout comme la persévérance, j'en sais quelque chose, si je peux me permettre » expliqua-t-elle platement avant de se remettre à dessiner les yeux de son modèle et patient. Artemis vit bien que sa question en écho à la sienne la prit de court et elle s'en amusa silencieusement. Ce n'était pas à une psychomage que l'on apprenait à raisonner, n'est-ce pas ? Cette question innocente de Raven ne l'était pas tant que cela aux oreilles de la rouquine qui prit sont de ne pas lever les yeux au ciel lorsque l'Auror qualifia leur Ministère de pathétique. Cela, elle voulait bien l'admettre. Mais laisser si facilement voir ce qu'elle pensait de la plus haute instance magique l'étonnait un peu. Enfin, si tant est que l'on puisse étonner l'ancienne Serpentard. « Les grandes lignes, en effet » acquiesça-t-elle paisiblement sans relever la perspicacité admirable de la jeune femme à peine plus vieille qu'elle. « Mais c'est seule que j'ai comprit que vous étiez en deuil » lâcha-t-elle après, en posant cette fois-ci son crayon pour faire une pause et soulager son poignet. Elle jeta un coup d'oeil à sa petite pendule qui marquait déjà la demi. « Dans quelle maison étiez-vous, à Poudlard, Miss Fawkes ? » questionna-t-elle avant de porter sa tasse de thé à ses lèvres, comme si elles étaient en banale discussion amicale lors d'une journée pluvieuse d'Août.

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Sam 17 Mar - 14:13

Cela se voyait peut-être, mais Raven n’était pas très à l’aise en la présence de la psychomage. Elle ne savait pas sur quel pied danser, ne savait pas comment se comporter ni comment être tout simplement. Son esprit était tel un nuage de fumée, un brouillon dans lequel elle ne parvenait plus à suivre une ligne correctement. Le départ d’Elliot avait tout chamboulé. La veuve perdait tous ses piliers un par un, déjà qu’elle n’en avait pas eu beaucoup… Elle comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait, se demandait sans cesse ce qu’elle avait fait pour en arriver jusque-là, si une entité supérieure la punissait et auquel cas, pourquoi ? La sorcière n’avait pas fauté, pas une seule fois, elle avait d’ailleurs souvent eu la réputation d’être trop rigide du temps où elle était à Poudlard, un peu comme son ami Bartemius et Asterion par ailleurs. Souvent, elle avait essayé de prendre du recul par rapport à ses choix, à ses décisions, et avait fini par conclure que sa volonté de devenir auror avait été, au départ, un moyen pour elle de se donner un but pour avancer mais aussi pour prouver à Kathleen qu’elle était capable de mieux que ce qu’elle pensait. Et puis, au bout d’un moment, Raven avait fini par comprendre le pourquoi de cette injustice.
Elle avait simplement fait l’erreur de venir au monde.
Rien de plus. Mais même en sachant ça, la jeune auror ne pouvait pas accepter cette idée que sa seule présence avait pu engendrer tout le reste. Elle ne pouvait pas, parce que cette période sombre de son passé était justement bien trop sombre pour qu’elle le pointe du doigt. Parce qu’elle se voilait la face, qu’elle avait tout gardé à l’intérieur en faisant semblant que tout allait bien alors que dès que la sorcière rentrait au manoir Fawkes, elle savait d’avance qui allait se passer. Et pourtant, l’ex-Poufsouffle n’avait jamais été douée pour la divination. Il y avait de ces choses que l’on subissait sans pouvoir piper mot. Et pourtant, Merlin savait à quel point Raven avait eu envie de crier envers sa grand-mère, lui dire que c’était elle et non pas l’ancienne petite fille qu’elle était qui avait un problème. Mais elle n’avait jamais pu, l’image terrorisante de Kathleen Fawkes associée à celle des coups la paralysant plus qu’autre-chose.
Le cas Fawkes était sévère. Il s’agissait d’un mal être profond qui, malgré tout, l’avait endurcie pour les épreuves au sein du Ministère qu’elle avait dû traverser pour avoir sa place et gagner l’estime de ses collègues.
Mais face à la perte d’un être cher, le cœur d’aucun homme, d’aucune femme n’était préparé à une telle situation.
« Certains de mes collègues ont appris à se taire, miss Croutpon, » répondit simplement l’auror même si ses pensées se trouvaient bien loin. Elle avait encore en tête certains êtres masculins se moquer d’elle et ravaler leur langue lorsqu’ils croisaient son regard bleu sévère. Raven respirait l’autoritarisme aussi parce qu’elle avait éduquée par ça et qu’elle ne connaissait rien d’autre. Mais cela avait du bon malgré tout, y compris l’aura puissante qu’elle dégageait.
Elle ne voulut rien répondre à sa remarque suivante. Peut-être parce qu’il n’y avait, aussi, rien à rajouter et que l’auror ne souhaitait pas spécialement s’étendre sur la question. Les choses la concernant, Raven ne voulait pas étaler sa vie comme dans un livre. Elle estimait qu’il n’y avait là rien d’intéressant. Elle se trompait, et pourtant le mal qui était en elle pouvait se guérir si elle le souhaitait.
Répondre à une question par une question, voilà une méthode qu’utilisaient souvent les psychomages, mais les aurors aussi. En salle d’interrogatoire, les méthodes d’interrogations étaient assez semblables et l’on finissait par avoir ce que l’on voulait. Mais ce n’était pas toujours facile, la psychologie humaine était très complexe et Raven voyait bien qu’elle manquait encore quelques années d’expériences pour être totalement satisfaite. Ce n’était pas de l’autorité et de fermeté dont elle manquait, de cela elle en avait naturellement. De la méthode non plus, Raven n’était pas une personne qui en manquait. Simplement… De l’expérience.
En tout cas pour elle. Il lui manquait toujours quelque chose alors qu’elle se débrouillait extrêmement bien, en réalité.
Au mot deuil, l’auror rata un battement de cœur. Il semblait que le temps s’était arrêté autour d’elle et que plus rien n’existait excepté ce mot-là.
Deuil.
Cela sonnait comme quelque chose de doux, de mélancolique, de triste. Ça l’était. Elle ne parvenait pas à mettre les mots sur les émotions qui la submergeait en ce moment-même, ni même à dire ce que ce simple mot provoquait en son for intérieur. Elle crispa sa mâchoire, ne voulant pas répondre à cela. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas, sinon l’auror allait craquer et s’il y avait bien une chose que Raven ne souhaitait pas, c’était perdre la face en public.
« Poufsouffle. » répondit l’auror Fawkes plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Jeu 22 Mar - 13:16

Artemis avait longtemps été animée d'une douce joie de vivre que les premiers temps du mariage avait balayé comme une poussière sur une épaulette. Pourtant, c'était sous une apparente affabilité qu'elle allait travailler et plaisanter avec ses collègues, qui lui faisaient oublier, au moins le temps de quelques heures, à quel point les idéaux d'une union sincère demeuraient faux, voire idiots. Seul le plus grand des pessimistes pourrait imaginer un seul instant qu'une union désirée se finirait malheureusement mal, et comme la rouquine ne faisait pas parti de ces gens-là, elle n'avait pas vu le coup venir. C'était son empathie toute naturelle qui lui avait fait accepter sans trop lutter la déchéance à laquelle se livrait son mariage avec Bartemius Croupton. Elle voyait les briques tomber, les poutres s'éventrer et les fenêtres se briser, sans trouver quoi que ce soit à dire ou faire pour changer la situation. D'aucun pourrait penser que si elle n'était pas capable de résoudre son propre problème, elle serait bien incapable de résoudre celui de ses patients. Mais la compréhensive Artemis finissait toujours par trouver la solution qui échappait aux autres, quand bien même elle devait y passer des heures. Des heures à contempler le dessin de son patient, revoir les traits fidèles et flous parfois, d'un visage l'aidait  à comprendre un fonctionnement qui, s'il ne lui avait pas parut évident lui paraissait étrange. Raven Fawkes ne semblait pas constituer un problème compliqué pour elle. Elle ne semblait pas difficile à percer à jour, mais la psychomage savait mieux que personne que ceux qui paraissent faciles à comprendre sont en réalité ceux qui cachent le plus habilement les choses, par peur d'être découvert et étonnement aussi, par peur d'être comprit. Elle l'écoutait, cette Auror qui parlait avec la voix calme comme si cela fut un interrogatoire plutôt qu'une discussion. Prendre conscience de cela, la força à articuler doucement : « Si vous ne souhaitez pas répondre à une question, libre à vous. Libre à vous aussi, de m'en poser si vous le souhaitez ». Elle n'ajouta pas qu'il fallait voir cela comme une discussion et non une thérapie. Ce qui était évident pour elle ne n'était pas toujours pour les autres, et Artemis souffrait parfois de ce problème de ne pas savoir expliciter correctement le fond de sa pensée.
Elle s'était longtemps entraînée à cet art avec celui qui, à l'époque, n'était pas encore son époux. Cette époque où ils se parlaient davantage et se comprenaient peut-être plus que maintenant, finalement. Comme il était étonnant qu'un acte censé les unir, les avait mutuellement détruits. Elle continuait son dessin de manière tout à fait paisible et mesurée, posait ses questions tout en enregistrant ses informations, les croisant avec d'autres. Artemis essayait de cerner simplement sa patiente sans la brusquer et sans pénétrer son cercle privé. L'air hagard, la voix rauque et parfois sèche, le port altier mais néanmoins, légèrement moins superbe que celui qu'elle devait habituellement avoir, lui laissait penser qu'elle était en deuil. Et il lui semblait qu'elle devait lui dire qu'elle savait. L'ancienne Serpentard l'avait comprit seule, pas grâce à quelques lignes sur un dossier vulgaire et presque entièrement vide.
La réponse sèche de l'Auror sur la maison à laquelle elle avait appartenu à Poudlard fit froncer les sourcils de la rouquine qui comprit bien naturellement, que la réponse sèche était peut-être davantage une réponse à ce qu'elle avait dit précédemment qu'à la question qu'elle venait de lui poser. Artemis n'aimait pas faire cela, mais essayer de se mettre à la place de ses patients l'aidait parfois à les comprendre. Aussi se posa-t-elle simplement cette question : Comment réagirait-elle si son fils mourrait ? Si son époux trouvait la mort également ? La logique de clan de la rouquine et l'affection qu'elle portait à ses membres en conséquence, la poussait à se dire qu'elle ne le supporterait pas. Dépression, suicide peut-être. Sans doute ne serait-elle qu'une coquille vide, qui ne serait même plus impliquée par son travail qu'elle aimait pourtant. Elle s'imaginait porter un deuil toute sa vie, ne sachant pas quoi faire pour apaiser sa peine. Et plus que tout, elle n'aimerait pas qu'on lui pose des questions sur elle. Raven devait se sentir comme elle se sentirait. Mais il y avait fort à parier qu'elle répondrait d'un air absent, contrairement à l'Auror qui se taisait ou répondait sèchement. « Les Poufsouffles sont assez sympathiques. Plus que les Serdaigles et les Serpentards, d'après ce que l'on dit » commenta-t-elle assez justement, en posant son crayon à nouveau pour porter son thé à ses lèvres. Elle ne lui dit cependant pas sa propre maison. Chacune d'elles avaient ses défauts et ses qualités et elle avait été autant raillée pour la couleur verte de sa cravate que pour ses cheveux roux. « Mais chaque maison à ses qualités et ses défauts. Je trouve cela à la fois juste et inadmissible que l'on catégorise ainsi des individus. Certains ne correspondant pas à la norme devrait donc se retrouver dans une maison par défaut. C'est triste et cela ne permet pas de trouver justement sa place. Je suis persuadée que vous aviez trouvé votre place dans la maison d'Helga, et je suis tout autant persuadée que vous avez trouvé votre place au Ministère. Mais avez-vous trouvé votre place dans votre vie privée ? » lui demanda-t-elle sans relever ses yeux vers elle. Artemis posa sa tasse mais ne reprit pas son dessin, décroisa ses jambes et uni ses mains pour observer paisiblement l'Auror. Le travail de psychomage passait aussi par l'observation des visages et des tics de réaction. « Je ne vous demande pas de me dire qui vous avez perdu » adoucit-elle pourtant ses paroles pour rassurer sa patiente, « je voudrais juste que vous me disiez exactement ce que vous ressentez ».

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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Jeu 29 Mar - 10:49

Ste Mangouste était une institution par laquelle la majorité des sorciers passaient. Cet établissement était riche de guérisseurs dont les métiers variaient entre prise en charge des blessures magiques ou désintoxication de poison, mais aussi séances de psychologie. Notamment ceux de la Justice Magique y avaient recours ; pas que, mais ce Département voyait des choses tellement dures à digérer parfois qu’en parler faisait beaucoup de bien. Raven, elle, n’en avait jamais eu besoin jusqu’à présent car son esprit avait été forgé bien plus tôt que ses camarades de promo. La dureté et la réalité de la vie, elle connaissait bien ça. Bien entendu qu’elle avait appris des choses sur le terrain. Mais là où ses collègues étaient tombés de haut, elle campait déjà à l’aise sur ses deux pieds. Peut-être pour ça qu’elle dégageait cette aura, aussi. Fawkes avait eu les traits d’une personne très mature dès ses débuts en tant qu’Auror. Une carapace s’était formée autour d’elle depuis qu’elle avait l’âge de sept ans ; Artemis Croutpon allait-elle être capable d’en venir à bout et de voir ce qu’il se passait réellement à l’intérieur ? C’était son métier, après tout. Mais Raven croyait en peu de choses, si ce n’était en rien.
L’auror ne répondit rien à sa remarque. Des questions ? Elle n’en avait pas à poser. Puis ce n’était pas son rôle. Elle était ici parce qu’on l’avait forcée de le faire. Si sa venue avait été motivée par une initiative personnelle, peut-être qu’elle aurait déballé sa vie et parlé à n’en plus finir parce que son histoire était bien loin que ce que devait vivre l’enfant qu’elle avait été. Raven était le genre de personne qui se concentrait beaucoup sur les autres et qui finissait par s’oublier parce que son contexte familial avait eu tendance à la faire passer après tout le monde. Lorsqu’elle se regardait dans le miroir, elle se reconnaissait à peine et, pendant longtemps, avait eu l’impression de faire face à une étrangère. Comme si la sorcière avait oublié qui elle était. Elliot lui avait redonnée cette confiance et cette estime d’elle-même longtemps disparue. Le préfet Serdaigle avait vu en son homologue quelque chose d’incroyablement intriguant qui l’avait aimanté dès le début et depuis, ils ne s’étaient jamais quittés. Des copains, Raven en avait eu quelques-uns. Mais aucune histoire n’était comparable qu’à ce qu’ils avaient vécu tous les deux. Rien.
Et maintenant, il n’y avait que le vide.
L’auror hocha la tête doucement.
« Ils le sont. » Elle ne s’épancha pas sur sa réponse quand bien même cette Maison lui avait procuré énormément de bonnes choses. Elle devait beaucoup à ses camarades qui l’avaient accueilli à bras ouverts alors qu’elle pensait se faire rejeter et avait surprise par tant de gentillesse émanent d’eux. C’est alors qu’en complémentarité de sa droiture d’esprit, Raven avait appris ce qu’était la douceur et l’altruisme, baignant dans cet amour dont elle avait été privée depuis tant de temps. Etre répartie dans cette Maison avait été une véritable leçon de vie.
La longue tirade que prononça la psychomage eut le don de lui faire crisper les mains. Miss Croutpon commençait peu à peu à savoir comment elle était, et cela l’effrayait. Elle avait peur, Raven. Malgré ses années à poursuivre des mages noirs sur le terrain, stimulée par une certaine vivacité, elle qui prenait toujours les devants et à qui l’on confiait de plus en plus la charge des groupes, aujourd’hui elle avait peur.
Peur de se connaître et de s’affronter.
Peur de voir les choses en face et de mettre les mots sur les faits.
Peur d’être à découvert aussi, d’être aussi nue qu’un escargot sans sa coquille.
Peur d’être fragile.
Raven n’aimait pas se montrer fragile peut-être aussi parce qu’on lui avait appris à ne pas l’être. Parce que Kathleen avait toujours été l’exacte opposée qu’une femme faible et soumise mais que la maltraitance que l’aînée Fawkes avait subi l’avait renfermée sur elle-même pour mieux cacher ses émotions. Il y avait un trop plein et ce qui dépassait commençait à se voir.
Elle ne répondit pas à la question. Après tout, c’était bien ce que la psychomage lui avait autorisée, non ? Raven possédait son libre arbitre. Tout cela allait, à ses yeux, beaucoup trop vite. Elle ne s’était jamais livrée de la sorte, surtout pas quand on la forçait – ici, par le Ministère. Son visage exprimait une certaine sévérité qui contrastait pourtant avec ses yeux au reflet chagrin et avec ses mains serrées.
L’auror baissa la tête en fermant les yeux. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas, elle ne voulait pas. Son être était tellement détruit, autant physiquement que psychologiquement, elle n’avait pas besoin d’aide. Elle ne voulait plus d’aide. Son cas était sans espoir. Tout était terminé. Et pourtant…
« Une chute libre, miss Croutpon. finit-elle par chuchoter en relevant la tête, les yeux fatigués. Voilà ce que je ressens. Une chute libre sans rien pour me retenir. »
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MessageSujet: Re: Sur un air de musique écossaise || RAVEN (flashback) Sam 31 Mar - 14:59

Travailler à Sainte-Mangouste n'avait jamais été le souhait le plus cher de la belle Artemis Potter. Ses envies d'indépendance se conjuguaient au contraire davantage avec l'idée d'avoir son propre cabinet pour recevoir ses patients, dans un lieu plus paisible, bien qu'elle eut fait son possible pour rendre son bureau agréable. Les couleurs qu'elle avait pris soin d'assembler étaient là pour calmer les plus actifs et éveiller les plus passifs. Raven semblait indécise, entre deux extrêmes. Il semblait à la psychomage qu'elle était de ces personnalités que tout le monde remarque pour ce qu'elles étaient. L'Auror ne semblait pas être simplement une femme de passage. Elle était là parce qu'elle le devait, mais peut importait finalement, puisque le résultat serait le même. Il y avait des patients pour lesquels Artemis connaissait déjà le résultats et c'était le cas avec Raven. Il y avait dans les yeux éteints de l'Auror, un soupçon de quelque chose que la psychomage pensait être la ténacité. Elle avait devant elle une personne qui, si elle était à terre maintenant, se relèvera un beau jour. Elle glissa un regard vers sa montre, elles arrivaient doucement à la fin de la séance. Néanmoins, elle était déterminée à finir cette discussion. Elles parlaient en effet des maisons de Poudlard, et la rouquine avait bien des choses à dire sur le sujet. Elle aimait autant qu'elle détestait le concept et se demandait parfois sur quel pied danser lorsqu'elle en parlait. Raven n'était pour autant pas aussi loquace qu'elle sur la question, et la psychomage était un peu scandalisée qu'elle n'abhorre pas comme elle cette sélection imaginaire, basée sur des traits de caractère susceptibles d'évoluer au fil du temps.
La description de ce qu'elle ressentait vis-à-vis de la perte de son être aimé, fit sourire tendrement Artemis. Elle ne souriait pas de joie, mais bien de lui avoir fait admettre la vérité. Pour certains, ce n'était rien. Pour d'autres, c'était énorme. Pour Raven, la psychomage était prête à parier que c'était tout à fait exceptionnel d'admettre cela. « Nous ressentons tous cela à la mort d'un proche. Une pierre qui tombe dans le ventre, les larmes qui coulent et cessent un jour de couler pour laisser place à l'incompréhension, et l'acceptation de la mort. C'est bien que vous l'admettiez, même si vous ne vous en rendez pas compte, Miss Fawkes. Certains, n'admettent jamais cela » lui dit-elle gentiment. Elle se releva, ferma son calepin et sourit à la jeune femme. « Nous avons finit pour aujourd'hui, Miss ».

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