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Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS

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MessageSujet: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Jeu 5 Avr - 22:34

Un an en arrière.

C’est avec le teint cireux et pâle que Raven Fawkes arpenta ce long couloir de Ste Mangouste qu’elle connaissait maintenant par cœur à force de l’avoir emprunté sept ans en arrière. Chose étonnante mais relativement triste, c’était pour la même raison qu’elle venait consulter Artemis Croutpon. Enfin. Pour la même raison.
Pas exactement.
Sur les conseils de Caradoc Dearborn, le Médicomage qui s’était occupé d’elle pendant ces dernières semaines suite à l’incident du musée, la sorcière avait finalement accepté de retourner voir la psychomage. Selon Dearborn, elle pouvait l’aider comme elle l’avait aidée des années en arrière. Mais Raven ne voyait pas comment. Tout était fini, elle n’était plus digne de rien. L’auror, même si les mots du sorcier lui avaient redonné un peu de foi en ce qu’elle faisait, était à deux doigts de démissionner du Bureau pour incapacité à résoudre correctement une affaire. Elle ne pourrait plus rentrer dans son bureau, lire son nom sur cette plaque en or accrochée à la porte avec la même fierté qu’auparavant. La chute d’il y avait sept avait été rude et Raven avait mis presque toutes ces années-là pour se remettre du décès d’Elliot. Elle ne pensait pas s’en sortir un jour, et pourtant fut un moment où elle s’était rendu compte que sa blessure était presque totalement guérie.
Et voilà que l’incident du Musée était survenu. La chute avait été encore plus brutale, beaucoup plus dure et sans pitié. Cela l’avait anéantie. Toutes ces années à chercher les assassins de son ex-époux pour enfin tomber dessus, cette joie quant à la victoire du procès, cet apaisement lorsqu’elle les avait vu partir en direction d’Azkaban… Tout ça n’avait été que pure illusion, comme un mirage en plein désert. Et revenir à la réalité… Impossible. Il semblait à l’auror d’évoluer à présent dans un monde où tout ce qu’elle faisait n’était pas bien, que ce qu’elle disait n’avait aucun sens, comme si elle était tout simplement dans une autre dimension. Elle perdait complètement la tête.
Elle arriva devant la porte signée Croutpon, ouverte comme à son habitude, et rentra en fermant derrière elle. Puis, la sorcière se retourna pour faire face à sa psychomage.
« Miss Croutpon, la salua-t-elle d'une voix sans expression avec cette même politesse habituelle en lui tendant la main d’un geste fatigué, vous devez être au courant que c’est le médicomage Dearborn qui m’envoie. »
Il lui avait semblé, dans les paroles du sorcier, que la rousse et lui s’entendaient plutôt bien. Il avait donc dû la mettre au courant.
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Ven 6 Avr - 13:13

Artemis, comme toujours, avait une pause de quelques minutes avant son prochain rendez-vous. Ses séances étaient cadencées par sa montre, et par les pièces de son fichu jeu d'échec qui tuaient le temps en... se tuant entre elles. Aujourd'hui, la psychomage recevait dans son bureau une ancienne patiente qu'elle n'avait pas revu depuis qu'elle l'avait finalement laissée en paix, en décidant qu'elles en avait assez fait. Raven Fawkes était revenue de loin, et demeurait une des plus brillantes réussites de la rouquine. Elle avait été fière de ce qu'elle avait accomplie avec elle, bien plus fière que les résultats qu'elle avait obtenu avec bon nombre de patients. Mais elle avait sans doute été aussi aidée par le destin. L'Auror en effet, était douée d'un caractère exceptionnellement fort, et c'étaient toujours ces personnalités qui plaisaient le plus à la psychomage. Dire qu'elle s'était plus investie avec elle serait faux, mais peut-être y avait-elle mit plus de cœur. Artemis s'était attachée à elle, et si elle donnait tout pour ses patients, elle savait dès le début lesquels resteraient dans une situation d'échec. Cela n'avait pas été le cas avec elle. A peine l'avait-elle vu entrer dans son bureau la première fois, qu'elle avait comprit qu'elle accomplirait de grandes choses pour elle. Fawkes passa le pas de la porte en la saluant, et Artemis qui était assise derrière son bureau, laissa comme à l'accoutumée un sourire s'étaler sur son visage avant de lui tendre la main : « Oui, Caradoc m'a prévenu de votre venue » lui expliqua-t-elle gentiment, sans rajouter qu'elle connaissait également les conditions qui entouraient son retour. L'attaque au musée avait eut une onde de choc dans leur monde, et elle s'était félicitée de ne pas y avoir mit un pied. Finir dans une caisse, n'était pas sa priorité première. Pourtant, c'était là le travail des Aurors, travail qui était celui de sa patiente de l'heure. « Asseyez-vous » l'invita-t-elle en prenant place à sa suite. Le bureau, en sept ans, n'avait pas vraiment changé. Quelques bibelots avaient été remplacés par d'autres, peut-être. Mais les couleurs et l'atmosphère, étaient sensiblement les mêmes. « Je crois savoir que l'attaque au musée s'est mal passée pour vous » osa-t-elle formuler en tapotant sa théière comme toujours. « Je vous avoue ne pas très bien savoir ce qu'il s'est passé » ajouta la psychomage en relevant ses yeux vers elle. Bartemius avait beau avoir un bon poste au Ministère, il n'était pas non plus au courant de tout. Et de toute façon, ils parlaient bien trop peu pour qu'elle soit au courant de quoique ce soit.
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Lun 9 Avr - 18:45

Raven s’assit en silence. Elle n’était pas très bavarde et ne l’avait jamais été. Mais là… Encore moins. La nouvelle qu’elle avait apprise au musée l’avait totalement dévastée et la sorcière se sentait nulle comme elle ne l’avait jamais été. Se tromper à ce point-là… Elle avait juste l’impression de trahir Elliot, de ne pas lui avoir donné la justice qu’il méritait pourtant. Durant toutes ces années, son ancien compagnon avait dû se retourner dans sa tombe et rire d’elle et de son incompétence. Elle s’en voulait, ô combien elle s’en voulait… La sorcière n’avait pas été à la hauteur et avait vécu dans l’illusion d’une carrière montante alors qu’en réalité, l’une de ses plus grandes fiertés n’avait été que le plus réussi de ses échecs. Sa confiance en elle s’était évaporée après des années de reconstruction et Raven ne voyait plus bien comment se reconsidérer, à présent. Elle ne voulait plus aller travailler, quand bien même les paroles du Médicomage lui avaient fait beaucoup de bien. L’auror Fawkes avait l’impression que sa place n’était plus au sein du Bureau, du Ministère, mais bien dans la déchéance.
Après quelques secondes de silence, la sorcière hocha doucement la tête les yeux dans le vide.
« Je m’en doutais… Je m’en doutais, personne ne m’a écoutée… » commença-t-elle en murmurant.
Tout s’était passé extrêmement vite. Au début, l’événement se passait bien malgré la tension qui avait serré ses tripes, s’attendant à voir surgir du bout du couloir des hommes masqués. Plus les minutes avaient défilé, plus le cœur de l’auror avait retrouvé son apaisement en se disant que finalement, rien de grave n’allait arriver, que ça allait être un bon jour. Mais tout l’inverse s’était produit une heure après le commencement, engendrant une panique générale. Tous les sorciers, privés de leur baguette magique, avaient été pris au piège en ne pouvant rien faire. Ils avaient été impuissants face à la menace à cause de cette mesure idiote ordonnée par la direction.
« Les gens couraient de partout, miss Croutpon, continua-t-elle toujours sur le même ton, la mine défaite. Ils étaient comme des moutons pris au piège dans un abbatoir… »
Si, sept ans auparavant, il aurait été dur pour la presque quarantenaire de se confier, c’était tout à fait différent aujourd’hui. Les deux femmes se connaissaient et Raven se sentait beaucoup plus à l’aise en sa présence. Et puis, elle avait compris le bienfait de parler à quelqu’un. De toute manière, la sorcière était trop fatiguée pour résister à quoi que ce soit. Alors elle laissait son flot de paroles sortir sans s’interrompre.
Elle raconta ensuite comment elle s’était lancée à la poursuite d’un Mangemort dans l’une des salles reculées du Musée,  comment elle s’était retrouvée piégée puis blessée au dos, comment elle avait essayé de lutter pour les arrêter tout en sentant la force la quitter peu à peu, comment la douleur lui avait retournée le cerveau. Puis arriva l’épisode de ce Mangemort. Sa voix qu’elle n’oublierait jamais et qu’elle continuait à entendre dans ses pires cauchemars. Elle lui dit comment il s’était approché d’elle avant de lui murmurer…
« Savez-vous ce qu’il m’a dit, miss Croutpon ? demanda-t-elle douloureusement à la psychomage en relevant la tête, la voix tremblante. Savez-vous ce que j’ai appris, ce jour-là ? »
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Mer 11 Avr - 11:51

Artemis était une femme qui connaissait sur le bout des doigts, la notion de déception. Sans doute était-ce cet état d'esprit qui avait fait d'elle la personne nostalgique des années passées qu'elle se trouvait être aujourd'hui. En effet, elle avait eut des espoirs trop grands pour une vie finalement trop faible, et maintenant qu'elle se contemplait avec un regard d'adulte, elle se disait bien tristement que la maison Serpentard ne lui avait pas convenu. Les élèves de la maison Salazar ne devaient-ils pas être saisit d'une ambition dévorante et d'un rapport au pouvoir trop fort ? Ou bien transposait-elle simplement les qualités qu'elle retrouvait chez son époux afin de composer le parfait élève des Verts et Argents ? Artemis se trouvait bien indécise face à beaucoup de choses, et sa plus belle ambition était en réalité simple pour qui n'était pas comme elle : ouvrir un cabinet de psychomagie. Peut-être s'était-elle égarée dans ses études supérieures, peut-être aurait-elle dû faire du droit, ou du commerce. Peut-être aurait-elle dû devenir Auror comme sa sœur, et finir dans un cercueil comme elle. La rouquine devait faire face à ses regrets malgré sa passion pour son métier, et elle ne savait pas tout à fait comment le gérer. Si elle était psychomage, elle avait bien du mal à se psychanalyser. Ce n'était pas son rôle ou son devoir, et on le lui avait suffisamment répété à l'Ecole Supérieure pour qu'elle y croit : elle n'était pas là pour s'en sortir seule, mais pour aider les autres. Et d'autres comme elle, l'aideront un jour si besoin. Néanmoins, elle se trouvait bien sceptique désormais face à cette idée, alors qu'elle se tenait seule et décharnée devant ses propres démons.

Raven commença son histoire et Artemis l'en remercia sérieusement. Elle n'était à ce moment là, pas capable de se reconcentrer seule sur sa patiente et devait au contraire, être tirée de ses sombres pensées par quelqu'un d'autre. Sa patiente représentait une bouée de sauvetage tout comme elle représentait la même chose pour elle. C'était là une relation nourrie par un même besoin et  un même respect. La rouquine appréciait Raven comme une amie et non plus comme une patiente. Aussi fut-elle particulièrement touchée par les mots qu'elle employa. L'ancienne Serpentard était une femme sensible qui l'était au désespoir humain. Sa vie, elle faisait tout pour qu'elle soit droite sans être austère mais n'était pas encore arrivé à un pareil exploit. Lorsqu'elle avait entendu parler de l'attaque du musée, sa première réaction avait été la peine pour ceux qui y étaient décédés. Puis, on lui avait apprit le décès de sa sœur, et elle s'était plongée dans un silence révoltant chez elle. La psychomage s'était redécouvert une passion pour des objets oubliés qui la liait encore à une âme qui n'était de toute façon plus de ce monde. Les mots de Raven, plus que jamais, la touchaient. Et elle fut désagréablement mal-à-l'aise face aux détails de l'Auror. Artemis ne pouvait s'empêcher d'imaginer Eden prise au piège entre des mangemorts, avant de tomber raide morte. Néanmoins, son éducation de Potter avait au moins cela de bien qu'elle avait appris à se maîtriser pour ne pas se laisser surprendre. Tout au plus, ses mains étaient-elle légèrement crispées sur ses jambes. « Ce fut un carnage » appuya-t-elle tristement en essayant de contrôler sa voix, « vous avez du courage d'exercer votre métier, Miss Fawkes. Ce n'est pas tout le monde qui le ferait ». Et surtout pas elle. Artemis au moins, était aussi lâche la plupart des représentants de sa maison, et se cachait volontiers derrière un volontaire par peur de se faire attraper. Elle se souvenait bien de son alter-égo de Poudlard qui se décalait imperceptiblement derrière un élève plus âgé lorsque le concierge débarquait. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, elle n'était pas courageuse. Mais elle se disait pour se rassurer que tous avaient leurs propres défauts et qu'elle devait accepter les siens pour pouvoir un jour, les combattre convenablement. Artemis resta coite devant la question de sa patiente. Elle sentait une telle souffrance dans ses mots, un tel désespoir dans son ton, qu'elle ne put s'empêcher de lui répondre : « On vous a parlé de votre époux. Je ne me trompe pas ? » lui demanda-t-elle doucement. La rouquine n'afficha pas de sourire de circonstance ou de sourire défait. Elle se contenta d'une mine sombre et désabusée devant la détresse qui semblait toujours, vouloir rattraper Raven Fawkes avant qu'elle ne s'échappe loin d'elle.

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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Mer 11 Avr - 15:16

L’auror hocha la tête silencieusement en fermant les yeux. Un carnage. C’était bien le mot. Elle revoyait certaines scènes en boucle sans qu’elle ne le veuille, voulait oublier tous ces cris sans qu’ils ne partent, voyait certains de ses collègues tomber comme des mouches, d’autres être pris au piège. Eden… Elle n’avait même pas pu aller à l’enterrement de sa défunte collègue. Raven espérait qu’elle était mieux, là où elle était, loin des atrocités du monde terrestre où tout n’était que sang et haine, et qu’elle avait rejoint son époux parti quelques années avant elle. Puis elle se souvint de la jeune Gardenia à présent orpheline de ses deux parents alors que le deuil de la mort de son père avait été extrêmement difficile pour elle. Il n’y avait rien de plus horrible et dévastateur que de voir ses proches se faire assassiner, aux yeux de Raven. Tuer dans le simple but de faire du mal aux autres et de détruire des familles, des amitiés, des projets de vie, voire même de briser la psychologie stable d’une personne… Ces Mangemorts n’avaient pas de cœur. Ils n’étaient même pas humains. Ce Lord Voldemort leur avait enlevé tout empathie car l’auror était sûre d’une chose, on ne naissait pas mauvais. On le devenait. Il n’y avait pas d’autres explications possibles.
« Je n’appellerais pas cela du courage, miss Croutpon… » répliqua néanmoins Fawkes, la gorge nouée.
Elle ne se considérait pas comme quelqu’un de courageux, mais comme quelqu’un faisant simplement son devoir de protectrice de la population sorcière et de chasseuse de mages noirs. Rien de plus, rien de moins. Raven était toujours flattée des commentaires époustouflés et admiratifs qu’on pouvait lui faire sans pour autant prendre la grosse tête. Elle n’était pas comme ça et ne souhaitait pas le devenir.
La suite de son récit était assez insupportable à raconter, et pourtant l’auror y alla sans réfléchir, déballant tout à pleine vitesse, comme semblant revivre le feu de l’action au milieu de la salle de la psychomage Croutpon. Jusqu’à arriver à cet incident qui l’avait désarçonnée que dis-je, détruite en mille morceaux – comme si elle n’était déjà pas assez comme ça. Ce Mangemort, ce Masque, cette voix d’homme qui avait semblé prendre un malin plaisir à la torturer de la sorte alors qu’elle était déjà au sol, sans défense… Raven allait s’en souvenir pour le restant de ses jours. Elle le voulait mort, l’âme aspirée par les Détraqueurs et son enveloppe corporelle pourrissant au fond d’une cellule.
L’auror répondit à la question de la psychomage par une autre question.
« Je me souviens être venue dans ce bureau, cinq ans auparavant, vous annonçant fièrement que je tenais les assassins d’Elliot et qu’ils étaient, au moment où j’étais en train de vous parler, en route pour Azkaban. Je m’en souviens comme si c’était hier, souffla Raven, le regard douloureux. Et pourtant… »
Elle ferma à nouveau les yeux tellement les paroles du Mangemort explosaient dans sa tête, tellement elle ne voulait pas affronter cette vérité. La sorcière se leva subitement de sa chaise et fit face à la fenêtre, les bras croisés et ses mains les serrant avec force. Sa mâchoire était crispée, tout son être était tendu et son regard vide fixait le loin avec une profonde détresse.
« Et pourtant je me suis trompée sur toute la ligne. Ceux que j’ai arrêté cinq ans auparavant n’étaient que des pions sous Imperium. Son souffle se faisait court et une rage naissante liée à une tristesse explosive prenait peu à peu le contrôle de son cœur. La tête pensante de toute cette opération, poursuivit-elle la voix tremblante, était cet homme. Pendant tout ce temps, il courait en liberté tandis que je me complaisais dans ma victoire illusoire. »
Elle s’en voulait, ô combien Raven s’en voulait. Il semblait que dès lors qu’elle pouvait être mieux, le destin s’acharner à l’enchaîner au passé pour qu’elle y reste une bonne fois pour toute.
« Je n’appellerais pas cela du courage, miss Croutpon, murmura-t-elle comme en écho au début de leur discussion, mais de l’incompétence. »
L’auror se sentait comme une bouse de sombral, comme au fond du gouffre. Et comme souvent, elle se rabaissait, encore et encore.
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Jeu 12 Avr - 11:14

Les individus qui venaient la voir s'imaginaient souvent qu'elle ne connaissait pas la peine. Qu'elle ne connaissait pas les problèmes. Qu'elle ne connaissait pas la haine. Artemis en réalité, était peut-être une femme perspicace et pragmatique, elle n'en restait pas moins humaine, avec des sentiments humains. Elle avait des problèmes. Des piles, même. Toute sa vie n'était-elle pas un problème, d'ailleurs ? Sa vie de couple avait disparu, sa relation avec son fils était à peu prêt aussi merveilleuse que celle qu'elle entretenait avec son père... Il n'y avait guère que ses amis pour lui remonter le moral. Caradoc était excellent pour cela, et la psychomage ne doutait pas qu'il aide aussi Raven de son côté à grimper la pente de la guérison. Artemis connaissait la peine. La mort d'Eden avait été déchirante pour elle, et avait malheureusement contribué à faire remonter de terribles souvenirs et de pénibles regrets. La rouquine n'avait pas eu un parcours sans faute et la mort de sa sœur le lui avait très bien rappelé. Considérant cela, elle connaissait aussi la haine. Elle admirait ceux qui face au deuil ne ressentait pas de haine. Elle détestait ses assassins, et elle les voulait en prison. Elle les haïssait pour lui avoir enlevé sa sœur, et elle les haïssait pour avoir laissé Gardenia orpheline. Artemis, plus que jamais sans doute, comprenait ce que traversait sa patiente.  « Appelez cela comme vous le désirez, Miss Fawkes. Choisir ce métier en sachant que l'on pourra ne pas y survivre, dans le simple but du don de soi pour protéger les autres, je considère cela comme du courage, et comme de l'altruisme. Croyez-moi, ce n'est pas moi qui oserait faire ce que vous faîtes tous les jours » lui expliqua-t-elle sa vision des choses.
Il était dur de faire entendre à Raven la vérité sur ce qu'elle faisait tant elle était modeste. L'Auror ne se vantait pas, elle constatait, choisissait d'autres mots pour ne pas paraître avec une pédante personnalité. Son profil était intéressant et avait du potentiel, la rouquine se l'était toujours dit, sans jamais le confier à voix haute à celle qu'elle psychanalysait. Il y avait une telle déception dans son être, qu'elle ne pouvait admettre la vérité. Artemis la suivit du regard tandis qu'elle se levait, le regard concentré, la moue légèrement crispée. La psychomage resta coite devant le dénouement de son récit, et plus particulièrement face au mot que Raven lâcha – ou cracha – sur elle-même, en réponse à ce qu'elle lui avait dit. Elle préféra ne pas se lever à sa suite et se contenta de la fixer un moment. « Ne vous rendez-vous réellement pas compte de ce que vous avez accomplis, Miss Fawkes ? » lui demanda rhétoriquement Artemis en croisant ses bras sur sa poitrine. « Ces gens-là ne sont peut-être que de vulgaires pions, je suis d'accord avec vous. Mais ils ont participé quand même, de leur plein gré ou non. Vous vous dîtes que vous avez vécut pendant des années dans l'illusion d'avoir vengé votre époux, et ce n'est peut-être pas complètement faux. Mais si ce n'est pas complètement faux, sachez au moins que ce n'est pas complètement vrai » lui dit-elle. Sa voix douce résonnait doucement dans la pièce comme l'eau dans un ruisseau tandis qu'elle attendait une réaction de la part de l'Auror. Elle comprenait son désespoir, elle comprenait sa tristesse. Mais Raven ne s'en rendait peut-être pas compte.
Artemis choisit ce moment pour se lever à son tour et la rejoindre près de la fenêtre. « Eden Potter était ma sœur, Miss Fawkes » lui dit-elle de sa continuelle voix douce, « ne pensez pas un seul instant que je ne comprenne pas ce que vous ressentez ».


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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Ven 13 Avr - 0:13

L’auror ne trouvait rien à redire par rapport au point de vue d’Artemis Croutpon. Elle n’avait pas tort, dans un sens. Faire ce métier n’était pas donné à tout le monde et beaucoup baissaient les bras avant l’arrivée du concours tellement les nerfs de chacun étaient mis à rude épreuve. Cela devait être la voie la plus difficile, pour Raven. Il fallait simplement voir les conditions d’admission, ils ne prenaient que les meilleurs, et ce pour une très bonne raison. Les sorciers qui rentraient au Bureau étaient tous des têtes, conscients du risque qu’ils prenaient, conscients qu’ils pouvaient ne pas revenir d’une mission un jour. Etre passablement moyen ne suffisait pas. C’était même inimaginable penser devenir auror en étant moyen. Le Bureau était constitué seulement de l’élite sorcière et Raven faisait partie de ces têtes-là. Une grande femme qu’on pouvait difficilement ne pas admirer ou du moins, porter en profonde estime. Mais de ça, la sorcière ne voulait pas en entendre parler. Elle faisait son devoir, point barre. Elle n’était pas un héros et ne se considérait pas comme tel.
Voyant les nuages défiler, l’aînée Fawkes restait face à la fenêtre, le visage crispé par tant de souvenirs qui surgissaient dans sa tête. L’attentat du musée avait ressemblé à un champ de bataille, et pourtant Merlin savait qu’elle en avait fait, des missions sur le terrain. C’était peut-être le fait de voir tous ses collègues se faire assaillir toutes part, des voir ces sorciers en détresse qui, même s’ils avaient pu être d’excellents duellistes s’étaient fait avoir comme des rats parce qu’on leur avait confisqué leur baguette. C’était… Tellement un échec. Raven espérait de tout cœur que la Ministre Jenkins allait démissionner ; de toute façon elle voyait venir l’évènement à grands pas. Cette défaite allait faire grosse tâche noire au milieu de son CV, cela était sûr et certain. Qu’avait apporté Eugenia Jenkins durant son mandat ? Pas grand-chose de marquant, il fallait se l’avouer. À la limite-même de l’incompétence.
À sa question rhétorique, Raven serra ses dents. Qu’avait-elle accompli ? Rien de bien glorieux selon elle. Il était assez triste et agaçant pour certains de la voir se rabaisser et se minimiser à ce point alors qu’elle accomplissait des choses assez extraordinaires chaque jour. Les séquelles de sa dure éducation faisaient surface en ce moment même.
« Le verre à moitié plein ou à moitié vide, je suppose… murmura l’Auror. Kathleen doit tellement rire de moi dans sa tombe, » ajouta-t-elle la voix brisée.
Si la justice rendue à moitié à Elliot l’affectait énormément, c’était aussi le jugement que pouvait avoir le fantôme de sa grand-mère à son égard qui lui pesait lourd sur le cœur. Le fantôme de cette vieille dame colérique et sadique continuait à pourrir dans son esprit, même plus de vingt après. Cela pouvait sembler pathétique pour certains. Il fallait qu’elle passe à autre-chose à un moment donné.
L’auror, aux mots de la psychomage, tourna la tête vers elle les yeux horrifiés. Ainsi, elle était la sœur d’Eden. Eden, si souriante, Eden si agréable, Eden une si compétente coéquipière avec qui elle avait partagé nombre de missions. Toutes deux étaient dans la même peine.
« Je suis… Tellement désolée… Raven ferma les yeux, ravala à grand peine ce sanglot qui lui montait à la gorge et rappela à l’ordre les larmes qui menaçaient de couler. Lorsqu’elle les rouvrit, ceux-ci étaient un peu rougis. Eden était une personne formidable. J’espère qu’elle continuera à être fière du Bureau, de là où elle est. »
Sa défunte collègue pouvait enfin rejoindre son mari disparu des années auparavant. Au moins, ils étaient en paix à présent. Loin des horreurs du monde et de la violence terrestre, laissant cependant leur fille unique dans les déboires de cette société sans pitié. Gardenia devait être tellement dévastée, Raven n’osait même pas imaginer… Elle savait à quel point la perte de son père avait été dure pour elle.
« À quoi sert-on, miss Croutpon, demanda-t-elle soudainement, à quoi sert-on si nous ne pouvons même pas protéger ceux qui nous tiennent à cœur ? À quoi bon toutes ces capacités si nous ne pouvons même pas rétablir la justice pour nos morts ? »
En disant cela, elle pensait non seulement à Eden, mais aussi à Elliot qu’elle n’avait pas su protéger, à Gardenia qui devait être en plein deuil, aussi à la psychomage qui venait de perdre sa sœur, mais également à tous ceux qui étaient membres du Bureau et qui avaient perdu un proche. Ils étaient en guerre, il était évident que les pertes étaient nombreuses. Mais il y avait toujours cette remise en question lorsqu’on était auror, et c’était bien cette remise en question qui était le plus difficile dans ce métier.
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Ven 13 Avr - 13:22

La personne nostalgique qu'était Artemis la rendait particulièrement sensible au mal-être de ses patients, dans lesquels parfois, elle se reconnaissait un peu. Être une psychomage ne l'exemptait pas de problèmes malheureusement, aussi redoutait-elle comme tout le monde, de faire face à ses vieux démons. Au fil des discussions qu'elles avaient eu toutes les deux, la Potter devenue Croupton avait compris le mal-être de Raven Fawkes, et avait saisis toute la complexité de ses terribles sentiments. Une enfance difficile, un amour puissant qui s'était évanouit comme un soufflet avec la mort de celui-ci. Elle n'avait pas eu une enfance difficile, Artemis, bien au contraire. Elle avait été choyée, aimée, fut longtemps proche de sa sœur désormais décédée. D'aucuns diraient qu'elle ne pouvait pas comprendre l'Auror. Eh pourtant... Son empathie la rendait sensible au désespoir de l'Homme et aux problèmes de celui-ci, et parfois redoutait-elle que son métier ne la ronge trop comme cela était déjà le cas avec son mari. La rouquine luttait bien fort contre l'envie de tomber dans le vide, et de se laisser emporter par le flot de sentiments que provoquaient toujours ses patients chez elle. « Cette femme est morte, Miss Fawkes. Mais en pensant à elle et en vous souciant de sa réaction, vous continuez de la faire vivre » lui répondit doucement la psychomage qui replaça dans un même mouvement, une mèche derrière son oreille. Elle prit sa tasse pour la porter à ses lèvres, but une gorgée pour se donner du courage. C'était comme si son thé allait lui donner le courage d'affronter en même temps que sa patiente, les démons de celle-ci. Certains se trouveraient bien mal-à-l'aise de vivre avec leurs problèmes et d'éponger ceux de leurs patients, mais elle n'y faisait guère plus attention. Toutefois, évoquer le nom de sa sœur demeurait dur pour elle, tant cela lui rappelait qu'elle avait odieuse avec Eden avant de la quitter pour la dernière fois. Artemis avait très mal vécut sa mort, non seulement parce qu'elle perdait sa sœur, bien entendu, mais aussi parce qu'elle devait faire désormais face au regret éternel des non-dits et des actes manqués. Comment dire à un mort ce que l'on ressentait vraiment, comment exprimer correctement tout ce qu'on aurait voulu lui dire de son vivant ? L'enterrement de l'Auror avait été beau, et elle y avait parlé avec une voix forte car ce n'était pas une femme brisée que sa sœur aurait voulu voir. Tout ce qu'elle avait fait depuis, elle l'avait fait pour elle, et pour sa fille, Gardenia.
Voir Raven lutter contre les larmes lui donna l'impression d'être une insensible, mais il lui semblait hélas qu'elle avait bien trop pleuré sa mort pour avoir encore dans ses paupières quelques larmes à livrer. « Je ne doute pas qu'elle soit fière, Miss Fawkes. Et je ne doute pas que votre mari est aussi fier des efforts que vous avez toujours déployé pour lui » lui répondit-elle. Alors qu'elle était postée avec elle à côté de la vitre, Artemis posa sur l'avant-bras de sa patiente, sa main, qu'elle serra légèrement pour lui montrer son soutient. Voilà une humaine qui en aidait une autre. Elle finit pourtant par la retirer pour croiser ses bras et fixer le paysage qui s'étendait par delà la vitre. Faire d'une séance une conversation de confidence était la meilleure des choses qu'on pouvait avoir. Pas tous les psychomages en étaient capables, malheureusement. L'Auror en peine lui posa deux questions de manière si soudaine que la rouquine se retourna avec surprise vers elle. Elle fronça légèrement les sourcils, avant de répondre : « Je suppose que c'est le grand problème de la vie. Que doivent dire les moldus qui n'ont pas de pouvoir ? S'il y a bien quelque chose où les sorciers n'ont pas de pouvoir, c'est bien sur le destin, hélas ». Artemis fit courir ses yeux clairs sur le visage de sa patiente, sans rien ajouter d'autre, de prime abord. Mais les psychomages étaient des êtres souvent bavards, alors... « L'impuissance est le plus terrible des sentiments. Il ravage, créé des fossés entre les Hommes et à l'intérieur d'eux. Ne vous faîtes pas enlever par ses néfastes tentacules. Vous n'êtes pas impuissante, Raven. Vous n'avez peut-être pas enfermé la tête pensante de votre malheur, mais vous n'êtes pas impuissante. Aujourd'hui, maintenant, demain, dans un mois, vous pourrez partir à sa recherche, si c'est ce que vous désirez vraiment ».

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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Dim 15 Avr - 21:22

Le traumatisme lié à son enfance était encore bien présent dans la tête de l’auror. Ceci était indéniable. Elle était ce genre de personnes qui semblaient être inébranlables, dures comme un roc, fières comme des hippogriffes, courageuses comme des dragons et autoritaires comme le Baron Sanglant et qui, une fois qu’on leur enlevait tout ça, n’étaient que désespoir et destruction. Raven cachait bien son jeu mais surtout, cachait bien les sujets qui la touchaient véritablement. Il suffisait d’aborder la corde sensible qu’elle pouvait facilement sortir de ses gonds – comme il lui était arrivée de le faire avec Elliot, et elle regrettait encore certains de ses comportements avec lui. Le choc était tellement ancré en elle que difficile de l’en débarrasser. C’était comme si Kathleen Fawkes faisait partie d’elle, ou du moins lui avait jeté un sort pour que sa petite-fille pense constamment à elle dans les moments les plus obscurs. Le passé ne disparaissait. Au mieux il accompagnait, au pire il pesait comme un lourd fardeau. Et c’était avec ce poids-là que Raven avait décidé de continuer sa vie. Enfin, continuer. Plus par défaut que par choix, malheureusement.
La psychomage avait raison, la sorcière le savait. Elle le savait, mais entêtée comme elle était, Raven se persuadait du contraire.
« Elle a toujours été là, miss Croutpon, souffla l’auror en tremblant, je la sens toujours derrière moi, tout le temps, partout. »
Rien qu’à cette idée, elle frissonna de peur, comme si la Raven enfant se recroquevillait à l’intérieur de l’adulte pour ne pas recevoir d’autres coups. Cette sensation, l’aînée Fawkes la ressentait de temps à autres. Lorsqu’elle allait mieux, le fantôme de la vieille disparaissait. Mais en temps de crise – et les récents événements pouvaient en faire partie – son tortionnaire semblait reprendre vie. Bien évidemment, tout cela n’était que dans la tête de la pauvre Raven, beaucoup trop sous le choc pour se défaire de ce maudit souvenir.
Est-ce qu’Eden et Elliot étaient vraiment fiers ? Elle ne savait que dire. Alors elle ne répondit pas. Après tout, c’était la règle ici, non ? Répondez si vous le désirez, déclinez si vous refusez. Son regard rivé vers l’extérieur, Raven sursauta légèrement au contact de la main de la rousse, surprise par ce geste. Elle inclina la tête en remerciement, la boule au ventre. Les mots lui manquaient.
« Le destin est une chose bien vicieuse, si j’en crois mon expérience… » murmura la sorcière, les yeux perdus dans le vide.
La perte de ses parents. Kathleen. Poufsouffle. Basil à Poudlard. Basil à l’ESM. Basil au Ministère. Basil dans l’ascenseur. La mort d’Elliot. Le deuil pas réellement accompli. L’incident. La vérité sur la mort d’Elliot. Le fantôme de Kathleen. Tout semblait revenir à chaque fois, comme le refrain d’une chanson.
Le destin ne lui avait apporté que miséricorde alors que Raven n’avait rien demandé. Elle avait été, tout au long de sa vie, une élève et une personne exemplaire. Un peu comme un modèle. Elle avait juste fait l’erreur de naître au mauvais endroit au mauvais moment.
« Vous avez raison, admit-elle au bout d’un long moment. Il faut bien continuer à vivre après tout, n’est-ce pas… ? » Mais même elle n’était pas convaincue par ses propres mots. Elle avait perdu foi en toute idée de vengeance et de justice. Et ça ne lui ressemblait pas vraiment.
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Dim 22 Avr - 0:19

Artemis avait eu la chance de ne pas être une femme à l'enfance déplorable ou à l'adolescence pénible. Elle avait naturellement fait quelques pas dans la vie, avancé, continué son chemin sans guère se préoccuper d'autres choses. La rouquine suivait la route qui portait son nom sans réellement savoir où celle-ci l'entraînera un jour. Mais peut lui importait, elle marchait encore et toujours. La psychomage vivait les difficultés en les affrontant au jour le jour, ne se préoccupait pas de celles qui arriveront plus tard. Elle vivait naturellement et profitait de l'instant présent. Beaucoup enviaient une telle capacité et elle se rendait bien compte de la chance qu'elle avait. Sa vie n'était pas parfaite - était-ce seulement possible un jour ? - et elle savait qu'à un moment où un autre, il y aura des moments plus sombres, des moments plus tristes. Mais elle était prête à les affronter les yeux fermés s'il le fallait. Raven cependant, n'avait pas eu la même expérience de la vie, n'avait pas eu la même enfance ni adolescence, et n'avait certainement pas le même caractère. Artemis savait être plus délicate et fragile sans doute que ne le sera jamais l'Auror, qui peinait pourtant à s'en rendre compte. Il était cependant évident pour celle qui devait l'aider, qu'elle était plus forte que n'importe qui d'autre. Il suffisait juste de le lui faire réaliser. Pour laisser sa puissance éclater, pour la laisser être en paix, il fallait détruire le démon qui portait le nom de Kathleen et qui poursuivait la jeune femme à chaque instants de sa vie. Raven méritait le bonheur et la paix, tandis que cette femme méritait de rester dans cette tombe. La ramener à la vie - car cela était exactement ce que faisait l'Auror sans même s'en rendre compte - ne servait à rien. Cette ignoble femme ne le méritait pas. "Vous la laissez vous distraire, vous l'autorisez à vous suivre" lui dit doucement mais non pas moins fermement, la psychomage. Ses mots se voulaient doux mais déterminés. Raven devait voir cela comme un mur à bâtir. Elle avait une voisine ennuyeuse, et elle devait se couper d'elle, ni plus, ni moins. "Ne la laissez pas entrer dans une conversation. Faîtes comme si elle n'avait jamais existé. Lorsque vos pensées divaguent vers ce qu'elle était ou ce qu'elle vous a faite subir, effacez là. Dîtes vous que vous ne voulez pas la voir. Pensez à autre chose. Ne parlez pas d'elle, elle ne le mérite pas" continua-t-elle en croisant ses mains sur ses jambes. Artemis était peut-être une femme partagée par l'amour et l'instinct familial, elle n'en était pas moins intolérante avec ceux qui détruisaient la vie des autres. Cette femme avait détruit celle de Raven et continuait encore de la hanter par ses méfaits alors qu'elle était six pieds sous terre. La rouquine trouvait cela scandalisant.

Ce que lui dit Raven ensuite, la calma quelque peu mais la rendit un peu plus blême. Elle avait l'impression que la jeune femme lui demandait si elle devait oublier son mari, si elle devait juste l'effacer comme elle devait le faire avec Kathleen. Artemis ne sut pas pourquoi elle ressentit cela. Mais elle eut mal. La psychomage ne put s'empêcher de se mettre à sa place, comme toujours. Si Bartemius venait à mourir, aurait-elle le courage d'appliquer ses propres préceptes à elle-même ? Elle ne pouvait imaginer l'oublier, mais arriverait-elle à avancer, comme elle lui demandait de le faire ? Sans doute y arriverait-elle, c'était ce que tout le monde faisait, avec plus ou moins de facilités. "Je ne vous demande pas de l'oublier, Raven. Juste d'avancer. Il y aura toujours de la place pour lui dans votre vie, vous l'avez aimé. Vous pouvez continuer à chercher une revanche, mais je crains que cela ne vous enferme dans un cercle vicieux duquel vous ne puissiez sortir. Quoi de plus terrible que de s'enfoncer dans une quête au point d'en oublier de vivre ? Vivez, Raven, pensez à lui, pleurez pour lui. Mais vivez".

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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Mar 1 Mai - 23:37

La psychomage Croupton avait raison, Raven le savait. Elle faisait vivre continuellement sa grand-mère, cet être qui lui avait fait vivre l’enfer sur terre avec une âme pourrie jusqu’à la moelle. À croire que Kathleen avait voulu poursuivre sa petite-fille même dans les pires moments de son existence, pour lui rappeler qu’elle n’avait jamais été une enfant désirée par le reste de la famille Fawkes et qu’elle ne le serait jamais. Même à trente-six ans et des années de psychothérapie, l’auror ne parvenait pas à tirer un trait définitif sur son passé. Peut-être pour cela qu’elle passait autant de temps à son travail. Pour évacuer ses pensées, ses idées noires, ces questionnements qui la bouleversaient toujours autant, par moments. Pour oublier aussi, certainement. Maison. Ministère. Chaudron. Madame Guipure. Maison. Ministère. Chaudron. Madame Guipure. Sa vie n’était qu’une routine incessante qui se déroulait comme un tapis qui dévale un escalier : toujours plus bas. Depuis qu’Elliot était partie là-haut, ses gestes n’étaient devenus qu’automatisme. Il n’y avait guère que les dossiers différents les uns des autres qui pouvaient encore ponctuer son quotidien devenu monotone. Et puis les nouvelles du Musée étaient arrivées. Nouveau bouleversement. À croire que cela n’allait jamais s’arrêter. Que son existence était vouée à des échecs tous aussi cuisants les uns que les autres.
« Elle ne le mérite pas… murmura-t-elle avant de clamer un peu plus fort, essayant d’être plus sûre d’elle, Elle ne le mérite pas. »
Kathleen ne méritait pas que l’on s’intéresse à elle, elle ne méritait pas que l’on ait juste une simple pensée à son égard. Cette vieille bonne femme n’avait aucun mérite, rien, pas même son petit instant de gloire à elle. La mégère méritait juste la tombe et le chaos. Jamais Raven n’avait voulu la mort de quelqu’un aussi fort que sa grand-mère. Jamais. Sauf peut-être le meurtrier d’Elliot, celui qu’elle venait tout juste de retrouver. Il était dangereux en temps qu’auror de céder à ses pulsions, mais si ces deux personnes s’étaient en ce jour retrouvées devant elle, Raven les aurait, d’un coup de baguette, envoyés tout droit vers les Enfers, les vrais cette fois-ci.

Les paroles de la psychomage lui faisaient énormément de bien même si l’auror répliquait de manière négative et pessimiste. De ces mots-là, elle en avait besoin, plus qu’elle ne le laissait entrevoir. Raven n’était pas de ces personnes qui disaient tout haut qu’elles avaient besoin d’aide Cela se lisait dans le regard au moment où elles étaient le plus démuni. Ce genre de moments où elles n’étaient que faiblesse face à l’adversaire. Raven ne se pensait pas aussi forte que certains pouvaient le croire et cachait énormément de choses. La communication envers les gens qu’elle aimait n’avait jamais été son fort, mais cela avait été sur la bonne voie lorsqu’elle s’était mise avec Elliot. Après… Tout avait chuté. Mais les mots de Croutpon eurent le don de la raisonner. Elle avait raison. Une fois de plus. Tout ça, l’auror le savait déjà, mais il fallait parfois que les choses soient dites à voix haute pour que le déclic s’enclenche dans le cerveau. La psychologie humaine était tellement complexe… Vivez. Avait-elle vécu ces dix-sept dernières années ? Avait-elle réellement vécu pleinement sa vie ? Ou avait-elle fait semblant ? Raven ne savait plus et le doute augmentait au fur et à mesure que ses pensées progressaient. La sorcière était complètement perdue, mais Artemis avait touché en plein dans le mille. L’auror n’avait pas vraiment vécu. Et maintenant, il fallait qu’elle se prenne véritablement en main. Elle avait trente-six ans. Il lui restait encore tant d’années devant elle et… Elle ne profitait pas de cette vie qui s’offrait à elle. Peut-être que c’était le moment ? Raven ne savait pas.
« Vous avez raison, souffla-t-elle, mais il faut que je rende encore justice à Elliot. Lorsque cela sera fait, seulement là je me sentirai libérée de ce poids qui me pèse depuis des années… Raven releva la tête pour aller planter ses prunelles dans les yeux de la rousse. Comprenez-vous… ? »
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Ven 18 Mai - 20:42

Artemis était une femme qui se plaçait au dessus du concept de la haine. Elle la comprenait, mais elle ne la ressentait pas. Elle avait déjà détesté quelqu'un, mais avait-elle haït un individu ? Elle n'en était pas sûre et cela était sans doute dû au fait que la rouquine n'ai jamais été la victime personnelle de quelqu'un. A Poudlard, elle avait certes été moquée, elle avait certes reçu des réflexions assez misogynes, elle avait été jalousée, mais pas au point de ressentir la puissante et farouche haine qui semblait animer Raven. La psychomage comprenait sa douleur et comprenait la haine qui découlait de celle-ci. Il lui était possible d'entendre cette haine là, mais elle ne comprenait pas ceux qui haïssaient pour rien, pour des principes de vie particuliers, pour une différence. Elle trouvait cela beau, la différence, et c'était sans aucun doute quelque chose qui l'avait séduite chez Bartemius. Il détonnait tellement sans le vouloir, chez les Serpentards. Si austère et seul, si appliqué et studieux, si différent des autres. Elle avait aimé cela chez lui et elle adorait cela maintenant. Ils étaient eux-même tout à fait différents l'un de l'autre, et ce n'était pas un problème particulier pensait-elle.
Raven aussi, était une femme différente. Mais pour des raisons diverses. Artemis savait pour avoir écouté son histoire pendant des années, qu'elle avait eut une enfance dure et déraisonnable.  Elle savait que cela l'avait forgé, et qu'elle était si "étrange" pour certains à cause de cela. Elle était aussi différente pour sa haine envers sa grand-mère, et envers le meurtrier de son époux. Comme la rouquine trouvait cela impressionnant de ne pas ressentir de haine pour le meurtrier de son enfant, pour le meurtrier de son mari. Elle était convaincue que si elle avait toujours été au dessus du sentiment de la haine, elle s'y perdrait malheureusement face à un tel événement. Elle n'ajouta rien aux paroles de l'Auror sur sa grand-mère. Raven savait qu'elle ne méritait pas son attention et le lui répéter encore et encore ne servait plus à rien. C'était un travail qu'elle devait faire sur elle-même désormais. Elle devait laisser le fantôme sur le perron de son esprit sans se soucier de lui. Un fantôme par définition était mort. Cela ne serait-il pas terrible qu'il continue de nous hanter dans la mort ?

Elliot au contraire, ne la hantait pas. Elle le considérait comme partit, envolé. C'était une définition que la rouquine ne parvenait à accepter. Lorsque sa sœur était décédée, Artemis s'était convaincue que son âme était quelque part et qu'un jour, un beau jour, elle la reverra. C'était particulièrement étonnant pour quelqu'un d'aussi terre à terre qu'elle. Elle s'en était convaincue en le répétant encore et encore, silencieusement comme à voix haute, perdue à sa fenêtre ou devant sa cheminée.  Cela l'avait grandement aidé à faire son deuil. Raven s'était-elle faite aussi la réflexion ? "Elliot n'est pas vraiment parti, Miss Fawkes, il reste dans votre cœur et il vit en lui" la rassura la psychomage. L'Auror releva la tête pour la regarder, et lui dire qu'elle avait besoin de faire justice. Artemis poussa un léger soupir. Bien entendu, qu'elle comprenait. "Je comprends, bien entendu, mais ne vouez pas votre entière vie à cela, n'oubliez pas que vous êtes une femme de chair et d'os, que vous vieillissez. Ne gâchez pas votre vie, ne vous oubliez pas. Est-ce que..." commença la rouquine avant de se taire. Était-ce la bonne approche ? N'était-ce pas un peu brutal ? Elle se convainquit de poser la question en qualité de psychomage : "Est-ce que vous avez déjà fréquenté quelqu'un depuis le décès de votre époux ?" la questionna-t-elle franchement. Peut-être que la poser devant la triste vérité allait lui faire comprendre ce dont elle essayait de la persuader, bien vainement, malheureusement.


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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Lun 9 Juil - 23:13

Dans sa vie, l’auror ne s’était pas attachée à tant de personnes que cela. À vrai dire, elle s’attachait rarement à ceux qui l’entouraient et rares étaient ceux qui pouvaient bénéficier de ce privilège. Ce nombre ne dépassait pas les doigts de la main, mais ce n’était pas un fait qui perturbait la sorcière. Cependant, lorsque quelqu’un venait à conquérir son cœur, Raven pouvait sentir toutes les fibres de son corps lui faire comprendre ô combien cette personne lui était chère et ce qu’il pouvait se passer si elle venait à la perdre. C’était exactement ce qu’il s’était passé avec son ancien époux. Et avec le temps, leur lien s’était renforcé de plus en plus jusqu’à se casser net, d’un seul coup. Tous deux n’avaient rien vu venir. Tous deux auraient eu encore tant de choses à vivre ensemble.
Oui, Raven vivait encore dans le passé. Chose bien triste quand un Auror se devait de protéger le présent et le futur de ses proches.
Il aurait pu mourir de maladie. Mourir de vieillesse. Elle l’aurait accepté car le corps humain ne pouvait résister aux attentats biologiques. Mais un assassinat, qui plus est par la faute de leur ennemi direct… Cela, Fawkes ne pouvait le concevoir. Car elle était intimement persuadée que tout était de sa faute. Beaucoup de ses collègues faisaient le choix de ne pas prendre de conjoint justement parce qu’ils pouvaient devenir la cible directe de ceux qui se nommaient désormais « Mangemorts ». Parce qu’aujourd’hui, aimer signifiait mettre en danger. Et cela, Raven ne pouvait plus se le permettre. Elle ne voulait plus mettre ceux qu’elle aimait en danger de mort comme ce qu’elle avait fait quelques années auparavant. Son parcours entier, bien que remarquable et honorable, était brouillé de deux grandes tâches noires qui resteraient à jamais ses plus grandes erreurs impardonnables. Elliot et Callaghan. Rien qu’en y repensant, Raven ferma les yeux. Leur point commun ? Ils étaient morts par sa faute alors que beaucoup avaient eu besoin d’eux.
Ne vous oubliez pas.
Mais n’était-ce pas déjà le cas ? Lorsqu’elle s’en allait, seule, boire son verre au Chaudron Baveur, n’était-ce pas justement pour oublier et pour s’oublier ? Il y avait à présent certaines questions dont elle n’avait pas la réponse, et à vrai dire elle ne voulait pas vraiment y penser. Peut-être par peur de découvrir ces réponses, justement.

La psychomage sembla soudainement hésiter pour reprendre sa phrase et Raven releva la tête en attendant la suite.
Une seconde suspendue dans les airs, une goutte d’eau qui s’écrase sur le sol.
En sept années d’existence, l’auror n’avait fréquenté personne. N’avait plus touché un seul corps. Plus de baisers échangés, plus de peau effleurée, plus de regards qui en disaient long. La jolie sorcière avait juste l’impression d’atterrir après sept ans de coma. Avait-elle vraiment vécu ces dernières années ? Si la réponse semblait évidente, Raven se sentait comme après un cauchemar. Une envie de se terrer loin de tout et de revenir en arrière. Elle baissa la tête.
« Non… murmura-t-elle en se sentant coupable, personne. Avant d’à nouveau plonger ses yeux dans le regard d’Artemis Croupton. Est-ce que… Raclement de gorge. Est-ce mal d’être fidèle à son époux, miss Croupton ? Quand bien même cela nous… Empêche de vivre ? »
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MessageSujet: Re: Sept ans après, rien n'a changé › ARTEMIS Mer 11 Juil - 14:28

Artemis aimait les progressions. Elle n'aimait pas stagner avec ses patients, les laisser s'enfoncer pieds nus dans une cohorte d'ombres, de fantômes et de terribles hallucinations. Elle était psychomage, elle était médecin. Elle avait besoin, pour sa propre satisfaction personnelle et professionnelle, de les soigner. Sa naturelle générosité la forçait à prendre soin de ses patients plus que d'autres l'auraient fait. Parfois, et c'était ainsi qu'elle voyait Raven, elle les considérait comme des amis. Des amis sincères avec elle, qui mettaient du coeur à la tâche, une volonté de s'en sortir. L'Auror pour l'instant, était toujours terriblement abattue, car elle avait perdu sa moitié, la personne la plus importante de sa vie, sans doute. Artemis était sensible à la détresse des autres, qu'ils aient des problèmes mentaux, ou bien aient perdu un proche. Artemis était sensible à leurs traumatismes. Cela l'aidait dans son métier à peu près autant que cela la rendait malade. Sa question posée à Raven avait pour but de lui faire prendre conscience de son problème, et de ce qu'elle pouvait en faire. Des opportunités s'ouvraient sur un grand boulevard pour elle, mais elle ne s'en rendait pas encore tout  fait compte.
La manière avec laquelle elle lui répondit d'ailleurs, était équivoque. Loin d'elle l'idée de montrer de la peine, de l’apitoiement. Dans ce genre de moments-là, Artemis montrait le professionnalisme de sa profession. "Je ne peux pas dire si c'est bien ou mal, je ne suis pas omnisciente, Miss Fawkes" lui répondit gentiment la rouquine, "mais cela vous fait du mal, quand bien même vous ne vous en rendez pas compte, et quand bien même vous ne l'acceptez pas". Artemis lui fit un gentil sourire, et se leva : "La séance est finie pour aujourd'hui, Miss. Nous nous reverrons la semaine prochaine, mais si vous désirez que l'on se voit plus tôt, vous pouvez m'envoyer un hibou ici". La rouquine l'invita paisiblement à sortir, tout en se disant qu'elle allait décidément avoir beaucoup de travail avec Raven Fawkes.


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