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VACARESCO > Dear old Romania

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Razvan Vacaresco

Razvan Vacaresco


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptySam 21 Déc 2019 - 12:07

VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 W3qbZ

1977
extrait choisi


« Maman... ». Son doigt pointé sur sa silhouette ne fit pas vaciller son arme sorcière alors qu'il incantait : « Incarcerem ». Des cordes s'agrippèrent aux deux victimes de Razvan de manière violente pour les enserrer profondément  et laisser leur marque. Ses sortilèges étaient toujours diablement bien réussis. Ses yeux sombres se portèrent naturellement, non pas sur la victime qu'il devait tuer et qui était sa mission, mais sur l'enfant, à peine plus jeune que sa propre fille sans doute. La vie qu'il allait lui enlever ne connaissait-elle pas ce destin pour sauver celle de son propre enfant ? Tuer ne plaisait pas au roumain, mais tuer des enfants, c'était pire que tout. Sa conscience se trouvait paralysée devant le geste qu'il devait faire, tant et si bien qu'il n'entendait même pas les cris de détresse de la sorcière. Ses pupilles avaient accroché celles étonnamment calmes du petit garçon comme si, figés ainsi, ils se parlaient silencieusement.
Razvan vit dans les yeux de l'enfant un amour de la vie qui ne désirait pas s'arrêter si brusquement. Pas comme cela, pas avec tant de violence. Qui était-il, lui, un homme de trente-deux ans, pour retirer la vie d'un petit garçon de même pas cinq ans ? Si sa baguette ne tremblait pas en visant son visage pour lui ôter brusquement la vie, sans souffrance, tout le corps du mangemort semblait le retenir de faire une chose pareille. Sa conscience pleurait dans son esprit qu'il lui suffisait d'effacer sa mémoire pour le garder en vie. Mais qu'arriverait-il si ses collègues l'apprenaient ? Qu'est-ce qu'ils lui feraient ? Bien pire. Le roumain lui faisait une faveur essayait-il de se convaincre vainement, alors pourquoi se bloquait-il ? Des pas précipités derrière lui l'arrachèrent pourtant de sa contemplation morbide pour se poser fugacement sur un visage qu'il connaissait assez pour l'avoir assez côtoyé. Médusé, Razvan faisait face à un Octavius Martens vraisemblablement fou de rage. Ou peut-être était-ce de la peur dans ses prunelles claires ? Sans doute était-ce un étrange mélange des deux

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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptySam 8 Fév 2020 - 20:32

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1er janvier 1976


Haletant comme un asthmatique cherchant désespérément de l'air, Razvan transplana de suite après son meurtre chez lui, dans son appartement à Londres. Il n'avait pas prévu de réagir ainsi. Pourtant, c'était bien prévisible. Il venait d'assassiner un homme, que diable, un être humain en ce premier jour de l'année, qui seulement commencée l'avait déjà fini. La culpabilité ravageait ses membres tremblants alors qu'il laissait tomber sa baguette au sol pour se précipiter jusque dans la salle de bain. L'appartement, silencieux si l'ont excluait ses souffles enragés, semblait être habité du fantôme de cet homme vivant encore dix minutes auparavant. Les oreilles bourdonnantes du roumain se remplirent de ces cries qu'il imaginait venir de la maison qu'il venait d'endeuiller. Les gerbes d'eau qu'il se jetait sur la figure, le visage penché au dessus de son évier, ne pouvaient pas calmer les tremblements énervés de ses mains. Il s'agrippa à son mobilier pour relever la tête et faire face à ses traits. Tout ce qu'il voyait ce soir-là, c'étaient les traits d'un meurtrier. Un meurtrier en regardait un autre dans la glace, yeux noirs contre yeux noirs. Le verre ne pouvait qu'être un pont entre ces deux êtres, l'un plus vivant que l'autre, l'autre plus vivant que le mort laissé par le premier. Razvan avait été d'un calme olympien pendant toute sa mission, probablement que cela expliquait son bon travail. L'adrénaline qu'il avait ressenti en incantant le mortel sortilège redescendait maintenant pour le laisser errer sur les ruines de sa profonde culpabilité. Tout cela en valait-il la peine ? Oh il savait bien que oui, que pour Mihaela, il tuerait n'importe qui, qu'il irait jusque dans les nimbes des enfers pour y trouver Merlin lui-même et réduire à l'état de néant le résidu d'existence qui lui reste. Oui, il ferait tout cela pour sa fille, pour qu'elle, contrairement à lui, ait une vie sans soucis, une vie heureuse de petite sorcière qui n'a pas à payer pour les erreurs idiotes de son père. Mais cela n'enlevait pas le fait qu'il ait tué un homme, dont le visage choqué pesait sur la conscience de son meurtrier. Le roumain ne savait pas combien d'individus il allait être amené à assassiner pour le compte de ce groupuscule de fanatiques. Il préférait même ne pas savoir, mais restait convaincu, d'une manière ou d'une autre, que le regret puissant qu'il ressentirait à chaque instant, il le mériterait d'autant plus.

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Dernière édition par Razvan Vacaresco le Sam 2 Mai 2020 - 0:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptyDim 19 Avr 2020 - 0:42

VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 X0p1p


17 mars 1976
partie 1


Alors que la nuit était avancée au dehors, une lumière était éclairée dans la chambre du roumain qui se précipitait d'un bout à l'autre pour attraper ses affaires. Il aurait pu préparer son sac d'un coup de baguette mais préférait ne prendre que le minimum. En Roumanie, il avait ce dont il avait besoin pour s'habiller, chez ses beau-parents. Il avait reçu, plus tôt dans la soirée, une lettre paniqué d'Aniela, la grand-mère de Mihaela. Sa fille avait contracté la dragoncelle, et tout bon médicomage qu'il était, il savait combien la maladie pouvait être mortelle. Un poids sur son cœur semblait l'avoir brisé en deux, comme si le coup d'enclume qu'il venait de recevoir lui faisait réaliser, enfin, à quel point il était passé à côté d'elle. Razvan s'était toujours inquiété pour la sécurité de Mihaela. Mais elle avait un système fort, et l'imaginer tomber malade n'avait pas traversé, curieusement, son esprit tourmenté d'homme qui ne cherche qu'à protéger sa fille de quelques hommes dangereux qui pourraient la tuer. Il ouvrit en grand son armoire pour prendre un pantalon malgré tout, et une chemise pour les balancer sur son lit. Sous celui-ci, il ouvrit sa mallette médicale. Il n'avait pas besoin de grand chose à priori, sinon des plantes qu'il pourrait trouver facilement en Roumanie. Pour l'heure, il avait surtout de quoi palier aux situations d'urgences, mais n'en était-ce pas une ? Il n'avait pas le temps de réfléchir, il n'avait le temps de rien ! Il attrapa toutes les fioles qu'il avait qui pourraient lui servir pour les faire glisser dans son sac de voyage. Il prit une pomme, croqua simplement dedans avant de l'abandonner sur la table, et il transplana avec son sac, laissant la lumière de sa chambre totalement allumée. Tant pis.

Il arriva à deux-heure quarantes en Roumanie, épuisé du transplanage, mais bien éveillé. Dans la petite maison d'Aniela et Jacek, le roumain pouvait voir la lumière du salon toujours allumée. Le coeur de Razvan se serra tellement fort qu'il cru un instant faire un arrêt cardiaque. Il ne prit pas la peine de toquer et ouvrit directement la porte. Assise en train de tricoter, avec un air pensif sur les traits, Aniela leva ses yeux bruns vers lui pour afficher une mou soulagée. « Razvan ! » s'écria la bonne femme en posant son tricot pour serrer son beau-fils dans ses bras, « viens, viens, Jacek est resté avec elle... » ; « vous ne devriez pas l'approcher. Si vous contractez la maladie vous risquez de... » ; « Tais-toi va ! Ne dis pas de sottises ! Jacek est immunisé, il l'a déjà attrapé ! ». La porte de la chambre de la petite fille était entr'ouverte et il vit le dos courbé de son beau-père assit à côté du lit de Mihaela. Le teint de Razvan était livide là où celui de Mihaela commençait à devenir vert. « Jacek ? » l'interpella le médicomage, alors que le vieil homme aux cheveux pourtant encore nombreux sur le crâne, mais blancs comme neige, se retournait pour afficher le même air soulagé que sa femme lorsqu'il aperçut son beau-fils. Après une discussion rapide sur l'état de la petite fille, ses deux grand-parents le laissèrent seul avec elle. Il se sentit impuissant devant l'état de l'enfant. Son sac de voyage sur l'épaule, il s'approcha doucement d'elle sans faire de bruit pour s'asseoir à la place que Jacek lui avait laissé. Il ouvrit doucement le sac pour en tirer un termomètre magique qu'il posa doucement sur la peau de son poignet pour évaluer sa température. Dans un petit bol d'eau, un gant, qu'on avait visiblement posé sur son front pour faire baisser la température. Il posa lui-même la main sur celui de la petite fille, d'un air pensif. Quelques secondes passèrent, puis elle ouvrit difficilement les yeux : « Pa-papaaaaa ? ».

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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptySam 2 Mai 2020 - 0:31

VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 Z7KGr

10 avril 1978


Razvan transplana dans son appartement en urgence en explosant dans sa chute un petit meuble non loin de son fauteuil. A genoux par terre, le torse en sang, sa main gauche tenait fébrilement l'éclat de tuile qu'il avait reçu dans cette partie de son corps. Il avait eu de la chance. Aucune difficulté respiratoire, il avait évité le poumon. Ce n'était pas pour autant que la douleur était davantage supportable, bien au contraire. Il pissait le sang sur son carrelage et il se leva péniblement en se tenant à son fauteuil qu'il salit de la même manière. Le roumain tituba péniblement jusqu'à sa salle de bain où il dû se raccrocher au lavabo pour ne pas tomber de nouveau au sol. Le miroir lui renvoyait une blessure épouvantable et un juron slave franchit la barrière des lèvres de Razvan qui retira son haut pour avoir une vue d'ensemble. La douleur lui parcourait tous les membres mais il devait garder son calme de médicomage. Sa survie le demandait. Il extirpa le morceau de tuile de sa blessure à l'aide de sa baguette tremblante sans se blesser davantage - ce qui relevait honnêtement du miracle le plus profond. La tuile tomba par terre juste à côté de ses bottes et il s'affaissa sur le rebord de sa baignoire en se tenant l'abdomen qui l'inondait toujours plus de sang. Sa respiration se faisait de moins en moins soutenue, sa panique accélérait les battements de son coeur, et s'il ne se reprenait pas très vite, il allait mourir dans sa baignoire. Devant ce terrible constat, il se balança d'avant en arrière pour se donner de l'élan afin de se mettre sur pied. Il avait besoin d'alcool.

Il commençait vraiment avoir la tête qui tournait et il semblait au roumain qu'il lui avait fallu une demi-heure pour retourner dans sa cuisine, attraper un sucre, l'imbiber d'alcool et l'avaler directement. L'effet fut direct. Razvan eut une violence poussée d'adrénaline qui le remit sur pied suffisamment longtemps pour qu'il ouvre sa mallette contenant ses fournitures médicales. Bien heureuse avait été l'idée de l'oublier sur la table de sa cuisine. Il chercha frénétiquement ses herbes qu'il pilla grossièrement pour faire un onguent et se l'appliquer sur l'entaille. La brûlure qu'il ressentit en la mettant avait le mérite de prouver que l'onguent était utile, et bien fait, mais lui faisait également comprendre à quel point l'entaille était profonde. Appuyé de tout son poids sur la table de la cuisine, Razvan attrapa sa baguette pour jeter un sortilège à sa blessure et empêcher, de ce fait, que l'onguent ne s'enlève. Maugrey ne l'avait pas raté. Il avait de la chance de ne pas avoir été touché au poumon. Sinon, soit, il s'effondrait sur le toit, et était emmené par les Aurors, soit il mourrait chez lui, car incapable d'aller à l'hôpital. Un violent frisson lui traversa le dos, pour réaliser qu'il était en sueur, en sang également. Avec son bandage, il revînt à la salle d'eau pour se nettoyer, autant que possible le torse. Ce n'était pas très glorieux, il souffrait le martyr en plus de cela. Mais au moins, la douleur physique l'empêchait de se souvenir des hurlements qu'il avait déclenché dans la ruelle avec ses bombes. Il enroula son bandage du mieux qu'il pu autour de son abdomen, mais le travail était bâclé. Il n'y pouvait pas grand chose à ce niveau là. Le lendemain serait sans doute un jour meilleur, ou tout du moins, il l'espérait.

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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptyLun 15 Juin 2020 - 20:13

VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 AKAG0


18 mars 1976
partie 2



La nuit semblait s'éterniser sur la Roumanie. Razvan n'arrivait pas à trouver le sommeil. Comment aurait-il pu ? Il était arrivé quelques heures auparavant en Roumanie. Mihaela s'était brièvement réveillée pour lui dire bonjour, avant de sombrer de nouveau dans un sommeil malade. La gamine fronçait les sourcils dans son sommeil et son père se trouvait bien démuni face à sa dragoncelle. Il avait l'habitude de s'en faire pour elle, et il savait que cette maladie était surtout fatale lorsqu'elle était contractée par des personnes âgées. Mais on est à l'abri de rien, n'est-ce pas ? C'était cette phrase qu'il se répétait inlassablement. Il attendait qu'elle se réveille réellement pour lui administrer une potion apaisante. Mihaela avait un système fort, mais la dragoncelle c'était autrement plus virulent qu'une petite grippe. Ses grands-parents avaient eu la bonne idée de le prévenir rapidement. Il s'en voulait de ne pas être venu plus tôt mais il n'avait pas eu trente-six solutions. Une partie de lui se disait que s'il ne l'avait pas laissé en Roumanie, il se serait rendu compte plus rapidement qu'elle était malade. Pire, en Angleterre, elle ne serait peut-être pas tombée malade. Ces pensées le tourmentaient d'autant plus qu'il voyait le spectre de ses angoisses se métamorphoser en affreuses pensées funestes. Ses yeux noirs ne parvenaient pas à se détacher de la petite fille, dont la petite main droite tenait celle immense à côté de la sienne, de son père. La petite avait une fine pellicule de transpiration sur le front qu'il épongeait mais qui réapparaissait toujours. Le teint de la gosse devenait de plus en plus vert sans qu'il ne puisse guère rien y faire. Il n'y avait pas de remède miracle contre la dragoncelle. N'importe où dans le monde, cette maladie tuait les sorciers, parfois les plus combatifs, bien que souvent les plus âgés. Et personne n'y pouvait rien. « Papaaaaaa » - il reporta son regard sur son visage fatigué et elle enchaîna en commençant à pleurer - « j'ai maaaaaaal ». Razvan esquissa un petit sourire autant pour la rassurer elle que le rassurer lui avant de lever sa main pour lui caresser le front : « Je sais... Rendors-toi, Miha. Je serai toujours là à ton réveil ».

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MessageSujet: Re: VACARESCO > Dear old Romania VACARESCO > Dear old Romania - Page 2 EmptyMer 22 Juil 2020 - 16:24

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30 avril 1977





« J'en sais plus que vous ne voudriez bien le croire » répondit-il de son air laconique. Mais la jeune femme le prit par surprise. Elle s'enfuit, et il la poursuivi. Razvan fut tenté, pendant un long instant de la stupéfixer dans son dos. Pourtant, quoique l'on dise et quoique sous-entende la marque sur son bras, il restait un homme d'honneur. Et à ses yeux de trentenaire, l'héritière restait une enfant. Aussi fit-il quelques pas avant de transplaner juste devant elle, pour lui saisir brusquement les mains en donnant un coup sec sur le poignet qui tenait sa baguette pour la faire tomber par terre. « Calmez vous, bon sang. Je ne vous veux pas de mal ! » siffla-t-il tout en essayant de la maîtriser. C'était pourtant exactement ce que dirait quelqu'un qui lui voulait du mal et Razvan comprenait bien que son attitude physiquement agressive voulait dire autre chose que des mots. « Je souhaite que nous discutions, Miss Vassiliev, c'est tout »

Lorsqu'il lui lâcha les mains, elle fit un commentaire auquel il ne répondit pas. Bien sûr qu'il était bizarre. C'était évident, non ? N'était-ce pas évident que le statut de mangemort ne définissait pas qui il était ? N'était-ce pas évident qu'il n'était pas à sa place ? Comme un adolescent de douze ans dans une classe d'enfants de trois ans, c'était risible, et infaisable. Un homme tel que lui n'avait rien à faire dans un groupuscule pareil, rien du tout. Mais qu'y pouvait-il ? Ses yeux sombres tombèrent sur les poignets de la russe et il demanda : « Vous ai-je fait mal ? ». Il était conscient que sous l'impulsion de l'adrénaline, sa force pouvait avoir tendance à être... Exagérée. Et cela n'était pas arrangée par ses années de pratiques sportives moldues en Roumanie. Ce n'était pas le mangemort qui posait la question mais le médicomage qu'il était. Razvan était censé sauver des gens, pas les blesser ou pire, les tuer. La jeune femme se montra assez revêche et vindicative à son grand dépit. « Votre père ne m'a dit que ce qu'il voulait bien dire, Miss Vassiliev »

Razvan ne voulait pas savoir, mais il posait la question quand même. Avec cet espoir fou qu'elle ait fuguée dans une simple crise d'adolescence, et qu'il prêchait la bonne action en rassurant ses parents inquiets. Une partie de lui-même lui soufflait pourtant qu'il ne devrait pas se faire de pareils espoirs. Une jeune femme de l'éducation de Svetlana ne fuyait pas de chez elle pour si peu. L'avait-il frappé ? Peut-être. Il avait cependant l'impression que le problème était davantage moral, comme un blocage psychologique. Qu'avait-il bien pu se passer ?
Et là elle lui répondit, comme le couperet qui tombe sur le cou d'un condamné qu'elle voulait profiter de la vie avant de mourir. Razvan ne pu cacher autrement sa surprise qu'en lâchant abruptement : « Je vous demande pardon ? ». Le cynisme dont faisait preuve la soviétique le heurta d'autant plus que ses paroles suivantes lui retournaient la question. Un rire défait franchit ses lèvres devant ce trait de psychologie inversée. Néanmoins, pressentant qu'il aurait besoin de sa confiance pour avoir une réponse plus complète et moins évasive, le roumain se montra étonnamment sincère : « Je suis comme vous, Svetlana. Je fais des choses parce que je n'en ai pas le choix ».

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