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Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR

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Artemis Croupton



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On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Mer 31 Oct 2018 - 22:08

31 octobre 1957

Le froid polaire semblait avoir envahi insidieusement l’Écosse depuis quelques jours, si bien que la moitié du château déjà, était malade. La brume tombait de plus en plus tôt, se levait de plus en plus tard, et un vent joueur mais glacial soufflait dans les branches des arbres, et entrait par toutes les ouvertures dans le château. De ce fait, les couloirs avaient perdu de leur chaleur naturelle. Même les lanternes étaient parfois soufflées par le vicieux vent du nord qui touchait Poudlard. Pourtant, la simple perspective de fêter dignement Halloween avait réchauffé les cœurs de la plupart des élèves qui s’étaient empressés de finir leurs devoirs pour être les premiers à arriver dans la Grande Salle. Une étrange rumeur avait animé les plus jeunes, certains disaient qu’il n’y aurait pas citrouilles cette année à cause d'une maladie étrange qui avait sévi dans les plants d’Hagrid. Pour autant, ce n’était pas le premier soucis d’Artemis. La jolie rouquine en effet, n’était pas parvenue à mettre la main sur la professeur de botanique, et revenait des serres avec les pieds crottés de terre, et les mains congelées. Le bout de ses doigts étaient si rouges qu’ils contrastaient avec la pâleur de sa peau, et bien qu’elle essayait de souffler dessus pour les réchauffer, rien n’y faisait. Il lui semblait que rien, et encore moins personne, ne pouvait réchauffer ses mains ainsi que son cœur. Car la jeune femme, depuis le début de l’année scolaire, se sentait embêtée sans pouvoir poser de mots sur ses démons, qui venaient l’accaparer tous les soirs jusque tard dans la soirée. Elle avait un temps pensé qu’elle était préoccupée par ses cours, qui se faisaient de plus en plus lourds, ou éventuellement par son avenir, mais elle avait fini, à force de raison, par comprendre que ce n’était pas là le problème. Et c’était d’ailleurs cette étrange préoccupation du nom de Bartemius Croupton qui occupait toutes ses pensées depuis bien trop longtemps. Les couloirs semblaient n’être plus habités que par les spectres qui se faisaient désirer au dîner d’Halloween, car il devait être bien douloureux pour eux – tout était relatif bien entendu ! – de voir autant de plats sans pouvoir en toucher un seul.

Un coup d’œil à sa montre lui fit comprendre que son retard n’était pas dramatique, que les portes n’étaient pas encore closes, et qu’elle pouvait se permettre de s’arrêter un instant à la lueur d’une torche pour essayer de venir à bout du froid glacial qui avait pénétré ses os. Le vent battait les vitres non loin d’elle, lorsqu’une rafale plus violente que les autres, ouvrit en grand la fenêtre au bout du couloir dans lequel elle se trouvait. La jeune femme observait ses mains se réchauffer peu à peu jusqu’à ce qu’un courant d’air vicieux ne souffle la dernière torche du couloir, c’est-à-dire celle contre laquelle elle se réchauffait les doigts. Ainsi démunie de toute lumière et de toute chaleur, Artemis n’eut comme seule réaction que celle de se maudire pour avoir oublié sa baguette dans le dortoir des Serpentards. La nuit sombre qui annonçait que la frontière entre le monde des morts et celui des vivants était plus fine que jamais, donnait des frissons pénibles à la rouquine qui ne se sentait pas à proprement parler, en sécurité dans ce couloir reculé de l’aile est.


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Bartemius Croupton Sr



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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Ven 9 Nov 2018 - 11:19

Le banquet d’Halloween réchauffait autant les estomacs que les cœurs et les éclats de rire que provoquait le Moine Gras en dansant sa gigue résonnaient jusqu’au plafond orageux. Ce n’était pas l’exécution de sa danse, somme toute fort sérieuse, qui provoquait un vent d’hilarité ; mais bien son insouciance des parts de pains de viande et de tourtes aux panais en train de le traverser. Le petit jeu qui avait été lancé par ses camarades de maison paraissait glisser sur Bartemius comme de la pluie sur les plumes d’un hippogriffe. « On se réveille monsieur le préfet ? » lui lança son ami Baldr en passant une main devant ses yeux pour attirer son attention. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de dire quidditch, leur amie Raven était déjà intervenue pour mettre fin à la salissante activité de son autorité naturelle (celle-ci ayant bien manqué de se trouver amoindrie par une boule de sorbet lui frôlant les cheveux). Les deux adolescents se trouvèrent ainsi ensemble attablés à la table jaune et noir sans leur hôtesse. « Pssst ! Tu ne l’as pas vue ? » le griffon désigna-t-il d’un coup de tête la table la plus lointaine. Le coeur du Croupton se resserra tandis que ses traîtres yeux l’informaient qu’une jolie rousse manquait à l’appel. Ces détails futiles n’encombraient habituellement pas son palais mental élevé vers de plus hautes et ambitieuses considérations. « Qui ça ? » baissa-t-il instinctivement les yeux vers un ramequin de crumble à la rhubarbe dont il ne s’empara pour cacher son embarras. « La Dame Grise ! - plaisanta son camarade en l’imitant avec un fondant au chocolat sans pour autant perdre son inébranlable sourire - Tu sais bien qui … Artemis Potter ». Il était très désagréable pour le sixième année qui s’efforçait d’ignorer la jeune fille depuis la rentrée d’entendre sans cesse son nom lui être rappelé, cette évocation si frontale provoqua même chez lui une pointe d’agacement. « Je ne comprends pas pourquoi je devrais l’avoir vue » était-il bien surprenant de l’entendre commencer la moindre phrase de cette façon. « Barty ! Tu m’avais dit que tu lui parlerais ! - et l’intéressé s’étouffa avec la pâte trop sèche de son gâteau devant un mensonge aussi éhonté - Je te parie tous mes gallions que tous les autres n’attendent que la fin du banquet pour l’inviter au bal de noël ! ». Le serpentard fut contraint de boire une grande rasade de jus de citrouille pour glisser la dernière cuillère de la pâteuse pâtisserie dans son estomac déjà plein. « Personne ne s’intéresse au bal de noël ! » affirma-t-il et il aurait aimé pouvoir en dire autant de la flamboyante joueuse de quidditch. Le regard que lui lança son ami amouraché en retour se trouva fort sceptique. Il n’y avait pas une seule langue dans laquelle l’intelligence de Bartemius Croupton aurait pu entendre qu’une soirée dansante sous pétibulle entouré de filles aux tenues affriolantes se trouvait plus intéressante qu’une soirée d’études de la langue aquatique en la sévère compagnie de la bibliothécaire.

Bartemius n’attendit pas la fin du joyeux banquet pour se retirer. Les rouages paresseux de la grande horloge lui arrachèrent son premier sourire de la soirée. La bibliothèque qu’il devinait vide de toute âme ne fermerait ses portes que dans quinze minutes. Alors enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon en même temps que son menton dans le col de sa cape d’hiver, l’élève passa de érudit à hardi en grimpant les marches à la volée trois par trois. Les personnages des tableaux décorant le couloir célébraient la fin de saison autrement qu’au jus de citrouille car, tous occupés qu’ils étaient à trinquer, aucun ne parut remarquer son passage. Tandis que l’élève approchait de son but, les derniers éclats de rire s’effaçaient sous le sifflement d’un vent glacial qui s’insinuait entre les pierres du château aussi pernicieusement que entre les pans de sa cape. Il lui parut distinguer, déboulant au détour d’un couloir, le furtif mouvement d’une gargouille sur sa corniche. Il aurait juré l’avoir surpris en train de l’observer. Les battements de son coeur avaient accéléré sous la vivacité de son pas et il s’obligea à adopter une démarche plus mesurée. Le précautionneux élève tourna à l’angle d’un autre couloir plus sombre encore. Le son d’un carreau battant vivement la pierre lui confirma que les torches s’étaient trouvés soufflées. Il dirigea sa baguette vers la première avant d’avancer plus loin et informula un incendio pour l’allumer. La jolie figure de Artemis Potter lui apparut sous sa forme la plus spectrale à quelques centimètres de son visage et le surprit si bien qu’il en fit tomber son arme sorcière dans un cri étouffé. Si sa chevelure ne s’était pas trouvée si reconnaissable, il aurait bien pu penser avoir finalement rencontré la Dame Grise. Sa camarade lui avait flanqué une sacrée trouille et il se trouvait un peu honteux de l’avoir laissé entrevoir sur son visage l’expression d’un sentiment humain. « Je ne m’attendais pas à … - commença-t-il à expliciter l’évidence avant de se reprendre dans un raclement de gorge. Son regard vert le réchauffait davantage que la faible lueur de la torche et une partie de lui se maudissait d’être ravi de la croiser. Leurs discussions - au cours desquels ils étaient chaque fois incapables de tomber d’accord - lui manquaient. Il se pencha pour ramasser son morceau de bois.

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Dernière édition par Bartemius Croupton Sr le Jeu 22 Nov 2018 - 15:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Sam 10 Nov 2018 - 14:02

Artemis se retrouvait dans le noir complet, congelée, avec un vent insupportable qui faisait claquer la vitre du couloir. Elle fut bien tentée pendant un instant d’essayer de se diriger vers elle pour la fermer, mais le résultat serait le même. Elle n’obtiendrait que peu de lumière de la part du ciel sans lune. La jolie rouquine avait été tellement pressée qu’elle avait oublié la seule chose qui lui donnait une réelle identité propre. La Serpentard était certes bien reconnaissable avec ses cheveux flamboyants, elle n’en demeurait pas moins une sorcière, qui de ce fait, devait avoir une baguette. Finalement, elle en vînt à la conclusion que tout le monde étant occupé joyeusement à festoyer – et cette simple pensée fit se rebeller son ventre dont la faim le faisait rugir – et que personne ne pourrait la faire sortir du couloir. Elle était prête à encaisser une humiliation pareille. Cependant, des pas qui se rapprochaient la firent se reculer, comme instinctivement, vers une torche pourtant soufflée. Et brusquement, un incendio vînt l’allumer.
Sans doute sursauta-t-elle autant que Bartemius Croupton en découvrant son visage, tant et si bien que la surprise lui fit lâcher sa baguette. Les joues aussi enflammées que ses propres cheveux, la jeune femme essaya de faire passer son malaise de la même manière que lui. De toute évidence, se racler la gorge n’était pas là quelque chose qui les aiderait à retrouver contenance : “Tu as bien faillis m’enflammer la tête” souligna-t-elle en étirant un petit sourire malin au coin de ses lèvres, “à quelque chose près, je finissais sur le bûcher comme les sorcières rousses du Moyen-Âge !”. Remarquant enfin que la baguette gisait au sol, elle se baissa en même temps que lui et s’en saisit la première. Il y avait quelque chose de très particulier à tenir en main la baguette d’un autre individu. C’était l’arme et l’identité de tout sorcier et c’était, à n’en point douter l’objet duquel ils étaient le plus proche. Alors qu’elle, elle oubliait la sienne sur sa table de chevet, quelle idiote ! Elle la lui tendit sans plus de cérémonie en lui demandant : “De quelle bois est-elle faite ?”, car elle n’avait que très rarement vu de baguette de cette teinte et de cette matière. La sienne était en tilleul, claire et vivace. Artemis ne ressentait pas la même passion que les ouvriers des baguettes pour celles-ci, mais elle leur reconnaissait bien volontiers un mysticisme qui leur donnait du charme. “La baguette choisit son sorcier” lui avait soufflé Monsieur Ollivander lorsqu’elle était venu lui acheter la sienne à onze ans. Elle lui avait confié craindre de ne pas en trouver une, mais l’homme avait eu des paroles rassurantes pour une petite fille soucieuse de bien faire. Finalement et à sa grande surprise, la première qu’il lui donna se trouva être la bonne.
La jeune femme consentit enfin à se réchauffer les mains contre la chaleur dégagée par la torche fraîchement allumée par le préfet. Elle se sentait à deux doigts de devoir expliquer sa présence sans lumière, sans torches, dans un couloir aussi reculé pendant le fameux banquet d’Halloween. Pour qui était un peu suspicieux, l’on viendrait tôt à se dire qu’elle préparait un mauvais coup. Mais qui donc pouvait dire cela d’Artemis Potter ? Artemis en effet, suivait les règles comme si elle les avait elle-même édicté, et jamais il ne lui serait venu à l’idée d’humilier quelqu’un du château. Elle se tenait bien au dessus de cela, et sans doute que c’était une qualité que l’on pouvait lui reconnaître bien facilement. La rouquine était une femme juste, et cela, même Croupton ne pourrait le remettre en cause.

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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Jeu 22 Nov 2018 - 14:56

Sans doute Bartemius Croupton aurait-il gagné à apprendre le second degré plutôt que le gobelbabil car la réponse sérieuse qu’il offrit à Artemis Potter et à son sourire amusé se trouva légèrement hors de propos. « Je ne doute pas que tu aurais su te protéger d’un sortilège de gèle-flammes » n’avait-il pas encore remarqué sa cruelle absence de baguette tandis que, plus rapide, elle ramassait déjà la sienne. Le compliment de l’adolescent - car il avait voulu vanter les talents de la sorcière  ! - se trouva de plus prononcé avec son ton de premier de la classe. L’asociale serpentard n’avait jamais fourni le moindre effort pour s’intégrer à ses camarades. Les quelques amitiés qu’il avait liées au cours de sa scolarité ne semblaient l’avoir été que par accident. Et son interlocutrice se trouvait être la première personne vers laquelle il ressentait l’envie - sinon le besoin - de faire un pas mais il manquait certes d’entraînement. « Artemis la Fantasque … » s’essaya-t-il à un trait d’humour de nerd de l’histoire de la magie en tordant ses lèvres en un difficile sourire. Il se sentait incroyablement stupide sous le regard clair de sa camarade et il se rappela pourquoi il avait pris la décision de l’ignorer depuis la rentrée. Le fait qu’il se trouve toujours planté droit comme un balai devant elle - plutôt que de lui avoir déjà tourné la cape - ne pouvait s’expliquer, d’après une hâtive conclusion mentale de l'adolescent, que par le fait que cette phase de développement ait révélé chez lui une nature profondément masochiste.

Le polyglotte sorcier fut prompt à ranger son bien le plus précieux dans la poche intérieure de sa robe. « Elle est en bois de sureau et extrêmement difficile à manier » ne put-il s’empêcher de retrouver son côté plus sauvage pour la mettre en garde. La dernière fois que sa baguette s’était retrouvée par inadvertance dans une autre main que celle de son propriétaire, elle avait montré à sa manière son plus franc désaccord. Artemis avait sans doute eu de la chance que l’accident ne se soit pas répété une seconde fois. Lui-même avait peiné à manier sa baguette lors de ses premières années d’études. Ce n’était que depuis sa cinquième année que son bois de sureau était enclin à lui prêter allégeance. « La tienne est en bois de tilleul - se rappelait-il avoir noté un jour où il l’avait vu opéré avec délicatesse un sortilège de lévitation - J’ai trouvé cela étrange. Je pensais qu’une baguette en bois de sorbier t’aurait plutôt choisie … » l’informa-t-il de réflexions mentales qui perdaient généralement la plupart de ses camarades. « Mais je ne parle pas le langage des baguettes après tout » corrigea-t-il pour l’une des premières fois de sa vie, et sans doute uniquement pour les beaux yeux de la sorcière, son caractère autrement pompeux. Elle n’avait besoin d’aucune baguette - en bois de tilleul ou de sorbier - pour l'ensorceler lui. Et l’adolescent hardi ressortit sa fidèle alliée de sa poche et un bocal de confiture vide de sa sacoche. « Si tu veux rejoindre tes amies sans mourir de froid, je peux … hum … attend ». Et il se concentra pour faire glisser du bout de sa baguette une jolie flamme bleue dans le bocal dont il revissa fermement le couvercle. La flamme de la torche paraissait en comparaison à la fois moins douce et moins vive. Il s’agissait d’un joli tour de magie dont il venait de faire la démonstration et son coeur battit un peu plus vite quand il le lui tendit comme un présent. Elle n’aurait plus du tout froid aux mains et pourrait arpenter le château aussi longuement que durerait la vivace petite flamme. « C’est moins instable qu’une bulle de chaleur et la flamme résiste à l’humidité des cachots » regarda-t-il son œuvre pour en expliquer les vertus de son ton le plus didactique. Une petite partie de lui - bien humaine - espérait néanmoins avoir impressionné la jolie sorcière.

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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Sam 24 Nov 2018 - 21:43

Ah, l’humour décalé – ou l’absence d’humour dira-t-on – de Bartemius Croupton. Artemis avait oublié cette facette tout à fait étrange de sa personnalité comme il lui avait semblé qu’il l’avait largement évité pendant les deux premiers mois de cette nouvelle année scolaire. Sans qu’elle ne sache pourtant pourquoi il agissait ainsi, la jolie rouquine avait dû être inventive pour essayer de lui adresser, ne serait-ce que deux mots. Néanmoins, loin d’elle l’idée de se rebuter pour ce manque d’humour et cette réponse sérieuse, elle rougit avant d’avouer son inattention : “Pour tout te dire, j’aurais bien eu du mal, j’ai laissé ma baguette sur ma table de chevet. Quelle idiote !” ajouta-t-elle d’un air théâtral. En effet, elle avait été bien bête de se déposséder ainsi de sa carte d’identité magique. Son camarade, par la justesse de son sortilège, montrait cependant qu’il ne faisait pas ce type d’erreurs. La jeune femme aurait pu se gausser en lui disant qu’elle avait été pressée de voir la professeure de botanique pour lui rendre un devoir supplémentaire approfondi sur l’utilisation de l’aubépine dans les cures magiques de Sainte-Mangouste, mais elle préféra taire cette information capitale – ou presque. Elle préféra éluder sa gêne d'ailleurs, par un franc éclat de rire devant la plaisanterie de son camarade : “La pauvre Gwendoline a de la concurrence avec moi” répondit-elle à son humour de féru d’histoire de la magie, “je compte bien être capturée cinquante fois et non quarante-sept”. Artemis ne se sentait pas particulièrement intimidée par son aîné, alors même qu’il lui paraissait être intouchable voire même inapprochable. Le solitaire Bartemius était bien différent de la Potter qui savait être entourée en permanence et qui, pensait-elle, était une élève bien simple en comparaison d’autres. Le sourire forcé du Serpentard lui donna davantage l’impression qu’il se forçait à lui faire la conversation pour être poli, et elle préféra de ce fait ne pas insister. Elle avait appris à composer avec le caractère changeant de son camarade et elle s’apprêtait à prendre congé de lui lorsqu’il se remit, à sa grande surprise, à parler.

Les baguettes en bois de sureau n’étaient pas fréquentes se fit-elle la réflexion en regardant l’objet qu’elle venait de lui rendre être rangé au fond de la poche du jeune homme. “Baguette de sureau, toujours un fléau… L’ont dit que les qu’elles portent malheur, mais c’est sans doute à cause du conte” préféra-t-elle une logique signification plutôt que d’accorder du crédit aux dires de certains alcooliques. Artemis cependant, ne s’y connaissait pas vraiment en baguettes. Ce n’était pas que cela ne l’intéressait pas, car tous les sujets l’intéressaient généralement, mais elle n’avait jamais vraiment eu le temps de se pencher sur la question. Elle était une Potter, non pas une Ollivander ou une Gregorovitch. “Je me plaît parfois à me demander quel type de baguette j’aurais eu en me rendant chez un autre fabricant” se fit-elle la remarque à voix haute, “plusieurs baguettes peuvent nous choisir au cours d’une vie pourtant, il faut souvent plusieurs essais avant d’en trouver une qui nous veuille… Je trouve cela fascinant”. Et elle le pensait. Combien de baguettes dormaient pendant des décennies avant de choisir enfin leur sorcier ? Combien restaient dans des boîtes pour toujours sans que l’on ne s’intéresse à elles ? La remarque de son camarade lui fit lever un sourcil impressionné. Ainsi donc il avait analysé sa propre baguette… “Du sorbier ?” s’étonna-t-elle franchement en fronçant cette fois-ci les sourcils, “pourquoi donc ?”. Elle marqua une pause avant d’ajouter : “Ma baguette m’est loyale…Je suppose qu’elle me ressemble”. Artemis en effet, était une jeune femme qui était loyale à son nom, à sa famille ainsi qu’à ses amis, sans aucun doute. Et sa baguette était très revêche avec ceux qui osaient s’en prendre à sa propriétaire… Un élève de Serdaigle de deux ans son aîné, en troisième année, avait eu le malheur de lui jeter un sortilège de  jambencoton et il s’était retrouvé avec des pustules sur le visage, sans comprendre comment. Elle l'observa un long moment, en détaillant ses traits, et la lueur emprunté dans ses yeux sombres. Mais son attention fut détournée, et la jeune femme fut captivé par le sortilège que lança Bartemius dans le petit pot à confiture. Elle s'en saisie, les joues toutes rougies. Elle fixa la petite flamme qui s'agitait dans le pot sans qu'elle ne lui brûle les doigts. Bien au contraire, celle-ci réchauffait ses mains, autant que son cœur. "Merci, vraiment" lui dit-elle sincèrement, "c'est un sortilège compliqué, tu es définitivement très doué". Elle eut un rire léger et commença à marcher dans la direction où son camarade se rendait avant qu'il ne tombe sur elle, cachée dans le noir. "Je peux peut-être t'accompagner ?" proposa-t-elle pleine d'espoir. Dans les yeux de la jolie Serpentard dansait une lumière joyeuse et déterminée, deux qualités qu'elle se plaisait à afficher devant l'austère préfet.


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Bartemius Croupton Sr



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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Ven 14 Déc 2018 - 14:22

Bartemius Croupton apprenait rapidement et plutôt que de présenter impérieusement à sa camarade le fond de sa pensée - à savoir que son comportement se trouvait en effet fort idiot - il resta droit et silencieux. Artemis avait un sourire radieux qui rayonnait dans bien des coeurs et ne se trouvait pas sans lien avec sa fulgurante popularité. Mais certains sorciers, particulièrement au sein de leur maison, la haïssaient avec la même intensité. La famille Potter, supputait le bout de certaines lèvres, dénotait dans leur société de sang pur. Le jeune homme lui aurait bien conseillé de ne plus réitérer l’aventure tout comme il l’avait déjà avisé, un autre jour, de ravaler sa témérité plutôt que de pousser les portes de la bibliothèque. Sans doute lui aurait-elle encore répondu ne pas avoir peur des goules. Le polyglotte, qui n’éprouvait que trop rarement le sentiment d’être compris, se trouva désarçonné par la réponse de férue d’histoire de la magie que lui offrit sa camarade et baissa un sourire pudique vers le bout de ses chaussures. Il n’aurait su plus longtemps plaisanter avec la rousse sans avoir le fâcheux sentiment d’encourager son comportement aventureux et préféra rester mutique. Il savait néanmoins, depuis la première conversation qui les avait réunis, que même un mage tibétain qui aurait fait voeu de silence se serait parjuré face à la sorcière.

« Le dernier sorcier célèbre qui en possédait une a tristement confirmé cet aphorisme - acquiesça-t-il dans un premier temps aux mots professés par la jeune fille qui revenaient de droit à sa baguette - alors heureusement que je ne suis pas superstitieux ». Une bourrasque de vent particulièrement glaciale rouvrit brusquement la fenêtre et  fit trembler la flamme de la torche mais pas l’échine de notre sorcier. L’obscurantisme - dont la superstition n’était que l’une des nombreuses expressions - lui déplaisait farouchement. L’idée germait doucement dans la tête du futur politique de devenir l’antithèse de toutes les croyances auxquelles les familles dites sacrées s’attachaient désespérément. Mais il n’était encore qu’un jeune homme de seize ans et se trouva légèrement rougissant devant la franche interrogation de la jeune fille pour laquelle il en pinçait secrètement. Les baguettes en sureau ont toujours de profondes affinités avec les maîtres d'une baguette en sorbier, se souvenait-il avec clarté des propos du fabricant Garrick Ollivander lorsqu’il lui avait remis la précieuse petite boîte. « Les baguettes de sorbier sont attirés par des sorciers à l'esprit clair et au coeur pur - préféra-t-il se dédire à peine plus habilement - mais notre époque me pousse à admirer la loyauté davantage que la pureté » conclut-il le coeur battant car il s’était laissé séduire par la jolie façon que la sorcière avait de parler de son précieux bien. Et cette curieuse exaltation le poussa bientôt à opérer un brillant tour de magie pour ses beaux yeux verts. Leur couleur redoublait d’intensité à la lumière de la flammèche bleue et il resta quelques secondes stupéfait lorsqu’elle s’éloigna. La question qu’elle lui posa - dont la réponse se serait trouvé facile et anodine pour tout un chacun - le plongea lui dans un rare embarras. « Je me rendais à la bibliothèque mais les portes sont sur le point de se refermer - avisa-t-il le cadran de sa montre qu’il savait pourtant casser avant de maugréer dans sa moustache encore inexistante - Je doute que tu souhaites te retrouver claquemurer entre deux étagères avec moi une seconde fois ». Il ne pouvait s’empêcher de se répéter comme un éternel refrain que jamais une fille comme elle ne s’intéresserait à un garçon comme lui. « Et tu dois être affamée » tenta-t-il encore de la rejeter … avec sympathie … sans y parvenir. « C’est donc moi qui t’accompagnerai - décréta-t-il brusquement de son ton de préfet - Tu ne devrais vraiment pas arpenter les couloirs seule et sans baguette ». Bartemius lui tourna finalement la cape pour partir dans l’autre direction de son pas dirigiste. Les pensées contradictoires qui se heurtaient dans son esprit habituellement si dichotomique lui insufflait la saugrenue idée de se taper la tête contre un mur. Mais l'exécuter aurait plus durement encore heurté son intelligence. 

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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Mar 18 Déc 2018 - 19:44

Artemis, en lui avouant avoir oublié sa baguette dans le dortoir des filles de Serpentard, pensait recevoir de la part de son préfet un regard sévère et au moins une remarque. Pourtant il n'en fit rien, et la rouquine se garda bien de lui faire remarquer qu'il avait su faire évoluer son étonnante franchise. Elle devait renvoyer, pensait-elle, l'image d'une fille hagarde et inconsciente, car elle n'était pas sans connaître la haine qu'elle parvenait à susciter chez ses pairs. En effet, si elle était populaire à Poudlard, elle ne l'était certainement pas chez les Serpentards, tout comme Bartemius qui se complaisait tout au plus dans un groupe d'amis minuscule. Il valait mieux être seul que mal accompagné lui avait-on un jour dit, et elle ne saurait dire aujourd'hui si elle était d'accord, ou non avec cet adage. Artemis, si elle n'avait que peu d'amis proches, avait l'habitude pourtant d'avoir une certaine cour, et elle connaissait tout le monde. Du petit première année de Serdaigle qui a avalé une veracrasse par inadvertance au septième année populaire jouant au Quidditch, la rouquine avait ses relations et ses connaissances. Et la serpentard avait vite remarqué, à force de l'observer, que son préfet n'était pas tout à fait pareil. Il était, à dire vrai, son exact opposé. Ses cheveux étaient aussi noirs qu'elle était rousse et sa personnalité aussi austère que la sienne était lumineuse. Et de manière tout à fait surprenante, sans qu'elle n'accepte de se l'avouer cependant, le regard vif d'Artemis Potter se trouvait souvent attiré par son camarade à la table des Serpentards, sans qu'elle ne vienne, cependant lui parler. « Tu ne t'en porteras que mieux » appuya-t-elle judicieusement son point de vue, en l'accompagnant d'un gentil sourire. Elle ne croyait pas vraiment que le sureau en lui-même porte malheur, mais elle se disait que si la baguette du conte existait - ce qui aurait été surprenant considérant son origine - elle porterait logiquement malheur à son triste propriétaire. La jeune femme ne pensait pas particulièrement, d'ailleurs qu'elles correspondent "caractériellement" parlant à leur propriétaire, bien qu'elle doive admettre que la sienne lui était plutôt similaire. Si elle avait pu parler, que lui aurait-elle dit ?
Artemis, au lieu de se concentrer sur cette question, fut désintéressée de sa pensée par les paroles suivantes de son camarade, qui la firent rougir. Mais, Artemis ne serait pas Artemis si elle ne savait pas se montrer malicieuse au bon moment et à la moindre occasion. Aussi accrocha-t-elle un sourire malin sur ses lèvres, pour lui répondre le regard brillant : « Cela signifie-t-il que tu m'admires, Bartemius Croupton ? ». Elle accompagna sa réflexion d'un rire pour lui signifier qu'elle plaisantait, avant de commencer à marcher dans la direction où il se rendait, sans néanmoins être suivie par le préfet. Elle n'attendait pas particulièrement de réponse à ce qu'elle venait de lui dire, pour être honnête. La rouquine nota plutôt qu'il semblait embarrassé mais préféra ne rien dire de plus pour ne pas le faire fuir. Il restait un animal tout à fait mystérieux pour elle, et elle ne parvenait pas réellement à le cerner... Autant dire que tenir une longue conversation avec lui se trouvait être une tâche absurde pour la sorcière, comme il devait être le seul capable de se comprendre lui-même. De même, elle en était venue à la conclusion qu'il était tout aussi circonspect face à elle. La sorcière éclata de rire tout naturellement à sa référence à leur petite soirée passée derrière les portes closes de la bibliothèque : « Détrompe toi, j'en garde, malgré la punition, un bon souvenir » avant d'ajouter gentiment « tu n'es pas vraiment le genre de garçon que je chercherais à fuir sans raison ». Cela dit, le ton avec lequel il s'exprima ensuite, lui fit plisser les yeux sans qu'elle ne dévisse ses pieds du sol. Elle ne comptait pas du tout le suivre. « Pourquoi donc ? Le prix pour ma tête a augmenté, ce mois-ci ? » demanda-t-elle en l'observant partir, « qu'est-ce que cela peut te faire, de toute manière ? » ajouta-t-elle encore, légèrement provocatrice. La petite flamme entre ses mains brillait toujours et lui réchauffait agréablement les doigts. Bartemius, décidément, s'enfonçait dans l'ombre lorsqu'elle préférait rester dans la lumière.


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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Mer 9 Jan 2019 - 11:51

Les affres de l’amour constituaient une étrange curiosité pour le talentueux élève qui ne parlait pas plus son langage qu’il ne comprenait sa sorcellerie. Et toute les questions que soulevaient l'impitoyable sorcière - en jouant si explicitement de provocations - ne lui rappelaient que trop bien son ignorance de la cruelle mélodie qui se jouait pourtant dans sa propre tête. Est-ce qu’il l’admirait ? Est-ce qu’il aurait été peiné qu’elle se fasse attaquer ? Il ne percevait aucune raison sensible pour expliquer pourquoi il aurait dû l’être mais se doutait que cette réponse fondée sur la pure logique se trouvait incomplète. Bartemius ne pouvait se résoudre à admettre qu’il ne haïssait point Artemis. Elle conservait un bon souvenir de leur rencontre dans la bibliothèque, lui s’en trouvait hanté chaque jour. Il n’avait jamais rendu à la bibliothécaire son ouvrage pour apprendre la langue des gobelins, il ne contenait pourtant pas un seul mot que sa mémoire eidétique n’ait consciencieusement enregistré. Le livre renfermait toujours, coincé entre sa dernière page et la quatrième de couverture, le dessin du lac de l’école que la rousse lui avait offert. L’adolescent n’osait pas le contempler alors il l’avait conservé dans son écrin et glissé sous son matelas pour que personne ne le soupçonne de ne pas vraiment avoir perdu l’ouvrage. Il s’agissait d’un secret qu’il ne partageait avec personne pour en ressentir la honte la plus vive. Bartemius méprisait en effet autant l’idolâtrie que la superstition pour être nées de la même mère : l’obscurantisme.

« Rien du tout » le sorcier se retourna-t-il d’un seul coup pour confronter sa camarade récalcitrante à le suivre jusqu’à la grande salle. Il aurait fallu, pour que son attitude soit cohérente avec ses propos, qu’il se retire sans n’ajouter mot.  Ses pieds restèrent pourtant vissés au sol et son coeur s’emballa plus férocement en la contemplant si farouche. Il l’admirait d’être si naturellement différente. Elle semblait être née indomptée quand lui ne savait s’éloigner de sa famille qu’en reproduisant le schéma dont il était le produit. Artemis provoquait chez lui à la fois de la joie et de la douleur, de l’excitation et de l’effroi. Les émotions qu’il réfrénait depuis qu’il était enfant resurgissaient du fond de son ventre quand il la regardait. « Mais il est de mon devoir, en tant que préfet, de faire régner l’ordre ». La raison, qui avait toujours été sa plus belle alliée, paraissait le trahir quand il s’adressait à elle. Et il avait honte de s’entendre professer ce qui sonnait à ses oreilles comme une terrible escroquerie intellectuelle. Et peut-être sa camarade l’entendait-elle aussi car elle ne lui semblait pas plus clémente à le suivre. Elle obligea le garçon bien plus intimidé qu’il n’y paraissait - il avait l’impression de rapetisser à chaque pas et de disparaître dans le costume, beaucoup trop grand pour lui, de son autorité - à se rapprocher d’elle. Elle lui paraissait tout au contraire faite de marbre comme si elle avait incarné au sommet du mont olympe la divinité qui lui avait volé son prénom. « Je ne considère, pas plus que je n’admire, les abrutis » asséna-t-il encore durement, mais quel autre matériel que le burin pour graver le marbre ? L'insulte était violente dans la bouche du garçon. « Tu arrêtes de jouer avec moi ! » lui ordonna-t-il enfin en lui saisissant abruptement le poignet. Ce contact ne dura qu’une brève seconde et il relâcha immédiatement la pression comme si le péché lui était apparu au moment de sa commission.

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Artemis Croupton



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MessageSujet: Re: Sombre soirée d'Halloween | ANNÉE 1957 | CROUPTON SR Jeu 10 Jan 2019 - 19:14

Bartemius était un individu naturellement flou pour Artemis, qui parvenait cependant, petit à petit, à voir plus clair en lui. Elle ne se serait pas risquée à livrer une analyse professionnelle - qu'elle n'était pas encore capable de mener - tout comme elle ne se serait pas amusée à dresser un inventaire des penchants caractériels de son camarade. S'en ressentait d'ailleurs, sa façon de se comporter face à lui. La rouquine était une jeune femme qui se sentait suffisamment à l'aise et suffisamment enthousiaste pour se permettre d'être un peu provocatrice lorsqu'elle était gênée, ou ne savait pas comment tourner ses pensées. Et face à son camarade Serpentard, elle devait, malheureusement pour elle, l'utiliser souvent. Le sarcasme était tout autant une arme d'attaque que de défense pour elle, qui en usait et en abusait face à l'austère Bartemius Croupton. Elle avait toujours pensé, depuis qu'elle le connaissait, ne pas devoir en arriver à de telles extrémités. Mais le fait est que, depuis quelques temps, Artemis ne reconnaissait même plus ses propres attitudes face au préfet. Elle était certes toujours aussi joyeuse, certes toujours aussi souriante, elle se trouvait incroyablement confuse sous le regard de son camarade. Fort heureusement pour elle et pour ses joues qui avaient tendance à s'empourprer rapidement, elle parvenait bien à camoufler ses poussées d'émotion. Alors, elle qui était présentement dans une perspective d'amusement, se fit prendre au vol comme un oiseau victime d'un rapace, par le revirement de ton de son camarade. Si le sourire de la Serpentard se fana quelque peu, elle veilla à conserver un léger sourire malin. « Bah voyons » se mit-elle à rire devant sa déclamation de bon petit soldat. Il méritait son écusson de préfet à n'en point douter, se mit-elle à penser tout en le détaillant franchement, et il tenait à son rôle. Mais Artemis, elle, n'était pas préfète. Sa nature provocatrice se mit à se demander s'il oserait lui mettre une retenue.

Pourtant, ce qu'il se permit après défia largement la théorie de la retenue que la jeune femme commençait à envisager. L'insulte si promptement lâchée, obscurcit les traits délicats de la jolie Potter, qui ne s'était pas attendu à une réaction si ferme, et si dénuée d'humour. Ciel, comme les hommes peuvent être ennuyants ! pensa-t-elle avant d'être rattrapée par son ego, vexée d'avoir été si justement insultée. Elle n'allait pas relever sa phrase, et comptait simplement tourner les talons en balançant ses cheveux de droite à gauche, lorsqu'il se permit de s'approcher d'elle pour se saisir de son poignet. Il n'en fallu pas plus à la jeune femme pour qu'elle lui colle une baffe. « Crétin ! » dit-elle en le contournant, « je ne joue pas avec toi ! » s'écria-t-elle brusquement. La claque qu'elle lui avait donné ne valait rien parce qu'Artemis n'était pas une jeune femme violente. A dire vrai, c'était simplement pour la forme, et son geste avait à peine résonné autour d'eux. Son préfet avait peut-être à peine senti ses doigts. Vexée comme un hyppogriffe, la rouquine se mit à marcher justement en direction des serres dont elle venait pourtant, la flamme toujours entre ses doigts. Arrivée au milieux du couloir, toujours fulminante, elle se retourna pour être certaine qu'il n'avait pas bougé : « Tu ne comprends vraiment rien ! » lui fit-elle remarquer avant de continuer d'avancer. D'un geste rageur, elle posa le pot que le jeune homme lui avait offert - elle avait vraiment hésité à le fracasser par terre, mais elle s'était rappelée au moment de le faire que c'était tout de même un très joli sortilège qu'elle ne pouvait pas briser ainsi - et s'en alla les mains vides, s'enfonçant cette fois-ci, dans l'obscurité rampante du château.


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