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La maison gagne toujours | SUJET CLOS

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Evan Rosier



MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyVen 7 Déc - 13:40

L’alcool pur, autant que l’argent sale, coulait à flot au Royal Flint Casino. Et parmi la lie de l’humanité, Evan Rosier évoluait tel un prince. L’adolescent qu’il était à l’école avait longtemps rêvé d’un tout autre avenir. Il s’était figuré poursuivre une brillante carrière chez les Faucons de Falmouth - loin des mangemorts, loin de son épouse également - car il ne s’était jamais senti libre que sur son fidèle balai. Mais la roue de la vie tournait aussi rapidement que celle ensorcelée du casino et rares étaient les circonstances qui ne favorisaient pas la maison. Le soleil finissait toujours par se lever après la nuit de débauche et les badauds, invités à regagner leur foyer, réalisaient avec effroi que leurs poches se trouvaient vides. L’héritier avait donc troqué son juvénile sentiment de liberté - et plus durement la légèreté de ses mœurs - contre une allégeance au camp gagnant. Le Royal Flint Casino dont il était devenu l’associé était devenu le lieu parfait pour ses nouvelles affaires lesquelles n’avaient rien à voir avec de la saine villégiature. En contrepartie d’une belle part sur les bénéfices, lui n’offrait pas uniquement à ce haut lieu de la luxure la protection des mangemorts mais une commission sur tous les deals illégaux qui se scellaient par une poignée de mains dans le boudoir privé.

Le sorcier, au nom reconnaissable par le joyau représentant une rose rouge qu’il portait à la boutonnière, sortait justement de la salle farouchement gardée par un troll de sécurité. Les murs du casino étaient dénués de toute horloge - tout était fait pour que la clientèle perde ici la notion du temps comme de l’argent - mais les épaules de Rosier étaient lasses. Un coup d’oeil à sa montre lui confirma qu’il était déjà tard alors il se dirigea vers le bar pour se requinquer d’un verre de son alcool préféré. « Un rusty sickle » commanda-t-il. Les éclats de rires et le tintement des gallions et jetons résonnaient partout autour de lui aussi ensorcelants que le chant de sirènes. Le jeune homme ne semblait pourtant guère s'intéresser à autre chose que la croupe de la jolie serveuse occupée à verser la bonne mesure de drambuie dans le pur feu. Le tremblement de ses mains indiquait qu'elle était nouvelle et, dans son empressement, elle oublia les glaçons. Il se montra avec elle bien plus tolérant qu'il ne l'aurait été avec un elfe et porta le bout de sa baguette vers son verre pour en refroidir lui-même le contenu ambré.

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Dernière édition par Evan Rosier le Ven 17 Mai - 10:06, édité 1 fois
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Moran J. Powell



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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMer 12 Déc - 21:03

« DU PUR FEU MON GARÇON ». Moran avait du se résoudre à chercher du travail pour pouvoir vivre correctement. « Un whisky !». Il lui était intolérable de demander de l'argent à ses parents alors qu'il pouvait vivre de ses propres deniers. « Un malt pour moi et pour la demoiselle ce sera ...? ». C'est donc dans l'atmosphère étouffante de luxure et de transpiration des plus dépravés, que le jeune Écossais servait des alcools forts au bar du Casino Flint. Une large rasade versée dans un verre destiné à un alcoolique, qu'il observa avaler le contenu cul sec avec envie, lui rappela douloureusement combien il aimait l'alcool. Son abstinence était encore récente, et il se demandait si travailler dans un bar était une bonne idée. Il ferait mieux, à dire vrai, de plier bagage tout de suite pour ne pas mettre à mal tous ses bons sentiments. Gardenia, par ailleurs, ne savait pas qu'il avait une nouvelle vie après les cours qui le faisait rentrer plus tard. Sans doute pensait-elle qu'il profitait de leur vie de couple libre, et il aurait préféré que ce soit le cas. A la place, il devait abreuver de sombres alcooliques dans un casino sorcier de Londres. Il devait avoir l'air d'un parfait barman de la banlieue londonienne avec son chiffon mouillé balancé négligemment sur son épaule pour essuyer les verres qui ne se séchaient pas par magie. Son sortilège avait été lancé sans qu'il ne soit pleinement focalisé dessus, il fallait bien dire que la serveuse tout aussi nouvelle que lui avait des atouts que ses yeux de mâle ne pouvaient pas négliger. Malheureusement, elle semblait un peu nerveuse, ou gauche, il n'était pas encore certains, et elle faisait gaffe sur gaffe. Deux minutes avant qu'elle ne revienne, elle avait renversé la moitié du verre sur les chaussures en cuir de dragon d'un client et Moran avait dû s'excuser pour elle comme elle était devenue muette.

De loin, le jeune homme voyait des gobelins empocher mise sur mise, et il sourit devant la mise en scène des créatures qui étaient visiblement ravies de récupérer leur or. Leurs doigts ratatinés et gras étaient semblables à ceux qui s'enroulaient autour des verres qu'il servait à tous les clients qui s'asseyaient sur le tabouret. Alors qu'il écoutait un homme de cinquante ans lui raconter qu'il était chirurgien dentaire chez les trolls, il vit arriver au bar Evan Rosier. Le cynisme nouvellement développé du garçon, se trouva déçu de ne pas voir de séquelle des quelques coups de poings qu'il lui avait donné à la fin de l'année passée. Et Tabitha, la serveuse, gaffa encore en oubliant les glaçons dans le verre de l'ancien Serpentard. Moran commençait à se dire qu'il allait finir par avoir des problèmes à cause de l'incompétence d'une autre. Hélas, elle était déjà repartie et alors qu'un client mesurant six fois sa taille et deux fois sa largeur s'assit à deux sièges d'Evan, il dû se résoudre à s'approcher de lui. La commande laissa le jeune homme tout à fait circonspect mais il se contenta de servir le liquide ambré dans un verre sans rien dire, avant de s'approcher de Rosier. Il était au courant, et heureusement d'ailleurs, qu'Evan avait une part non négligeable dans le business qui s'était développé ici. Il doutait cependant qu'il en soit l'investigateur comme il lui avait paru que son cerveau était résolument vide. « Je suppose que pour toi, c'est la maison qui paie ? » grinça-t-il des dents en se saisissant d'un verre pour ne pas fulminer ouvertement devant l'héritier Rosier qui semblait adorer son verre de rusty sickle.


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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyVen 28 Déc - 14:57

Lorsque la voix trop familière du barmaid chatouilla les oreilles de l’homme d’affaires, celui-ci grimaça en reposant son verre comme si le contenu ambré s’en était instantanément mis à tourner. « Moran Powell - identifia-t-il en pivotant légèrement sur son tabouret le sorcier en noeud papillon comme celui qui avait ce don de lui gâter décidément tous les plaisirs les plus voluptueux de la vie - Toujours du côté perdant de la frontière » conclut-il son introduction avec un sourire sardonique. Le pur face au traître, l’anglais face à l’écossais, le patron face à l’employé.  « Je lève mon verre à ça ! » exécuta-t-il le geste comme un doigt d’honneur sans prendre la peine de répondre à sa question rhétorique. Rosier, dont le positionnement politique se rapprochait chaque jour de l’absolu, trouvait pathétique son interlocuteur. Et il était intolérable de s’être fait rouler par quelqu’un que l’on dépréciait de manière si véhémente. Le muscle de sa mâchoire se contracta tandis qu’il portait ailleurs son regard clair. Il ne prévoyait pas pour autant de sortir la baguette pour répéter l’esclandre qui avait clôturé leur scolarité. Le mangemort avait trouvé d’autres hippogriffes à fouetter depuis et cela n'aurait pas été malin pour ses nouvelles affaires. Virer son ennemi ? Son sort ne lui aurait de toute façon guère paru, pour l’héritier élevé dans l’opulence, plus enviable que celui qu’il embrassait actuellement. Il servait après tout des verres avec à peine plus d’élégance qu’un elfe de maison.

Il était néanmoins difficile de résister à l’envie de tourmenter l’impatience de l’impulsif sorcier qui lui faisait face. L’adolescent devenu homme n’avait pas foncièrement changer. Il restait un prédateur qui s’amusait avec ses proies … le plus souvent du bout de sa baguette et caché sous un masque ces derniers jours. Il était devenu plus sombre qu’il ne l’était écolier. Le teint plus blême que diaphane et les cernes sillonnant son regard attestaient d’un rythme de vie qui lui était devenu détestable. Rosier n’était peut-être pas du mauvais côté du bar mais appréciait-il pour autant sa vie adulte ? Il porta de nouveau son verre de rusty sickle à ses lèvres, il ne percevait plus aujourd’hui sur le bout de sa langue que le goût cendré du contenu ambré. C’était son oncle - aujourd’hui torturé au fond d’une cave par son autre oncle - qui avait éduqué son palais aux meilleures cuvées fut un temps à la fois proche et lointain. « Tes compétences en métamorphoses doivent t’être foutrement utiles pour - et il fit tourner sept fois son verre dans sa main pour réellement réfléchir au moindre talent de sorcier que nécessitait le travail de barmaid - transformer l’eau en vin en fin de service peut-être ? » finit-il par suggérer sans desserrer les dents de la jugulaire de celui qu’il accusait, et accuserait toujours, de sa présente déchéance.

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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyLun 31 Déc - 22:33

L'atmosphère qui régnait au Royal Flint Casino était toute particulière. Assurément différente du genre de pub qu'il fréquentait, lui, un Écossais pur souche. Ceux dans lesquels il allait s'échouer ▬ au moins avant qu'il ne s'arrête de boire ▬ étaient peuplés d'une population plus pauvre, plus simple et plus, il fallait bien l'admettre, alcoolique. Ce qu'il voyait défiler, en posture de barman ici, lui commandait certes le même type d'alcool que ce qu'il buvait lui-même pendant ses propres périodes sombres, mais ils savaient se réfreiner. En tout cas le pensait-il sincèrement, jusqu'au moment où un individu douteux tituba jusqu'à lui pour lui demander du scotch. Moran lui aurait bien dit non, pour épargner sa conscience, mais pour du scotch, il ne savait jamais dire non. Comment pouvait-il le refuser à un homme, lui-même qui se le refusait et qui le vivait tout particulièrement mal ? Malheureusement, il aurait mieux fait de le lui refuser, se disputer, et le jeter du Casino à coup de poings ▬ pour finir viré deux heures plus tard ! ▬ car maintenant, il devait se farcir le visage mauvais d'Evan Rosier. Il haïssait ce garçon du plus profond de son âme. Son sourire nasillard lui donnait de furieuses envies de meurtres, qu'il canalisa dans un essuyage consciencieux de son verre. Ses yeux verts s'accrochèrent à ceux gris de son ancien camarade de dortoir, à qui il répondit tout d'abord par un sourire narquois : « Enfin, ça dépend du point de vue, froggy ». Le jeune homme n'en revînt pas lui-même de son audace. Après tout, il pouvait être viré d'un claquement de doigts... Mais depuis qu'il avait appris sa future paternité, et depuis qu'il était marié, l'Écossais n'en avait plus rien à faire. Il pouvait être viré, battu, il s'en foutait royalement. L'ordre de ses priorités avait été revu, depuis sa sortie de Poudlard. Toutefois, outre cela, une révolte sourde bouillonnait à l'intérieur de ses veines et elle désirait exploser à la figure du jeune homme qui sirotait son rutsy sickle. Il s'était tut pendant sept avant de lui rendre l'appareil d'une manière dont il n'était pas peu fier. Mais Evan n'avait certainement pas oublié l'affront. Quelle serait donc sa revanche ? Moran déglutit tout en l'observant du coin de l'oeil pendant qu'il versait du cognac à une dame d'un âge tout à fait respectable. Il pensa, en la voyant, à sa grande tante Ann. Même carrure, mêmes cheveux... Fort heureusement, sa tante tenait mieux l'alcool et avait un accent plus dramatiquement incompréhensible !
Les paroles de Rosier l'arrachèrent cependant à sa contemplation étrange, et il attrapa un verre pour le laver. Il s'esclaffa sans discontinuer : « Ah, tu penses que je ne fais que servir des alcooliques, hein ? ». Il s'amusa pendant quelques instants de cette naïve idée qu'avait émit Evan. « Je me sers en effet de la métamorphose pour régler les soucis en fin de service... Tout autant que je m'en sers au début pour permettre quelques économies. Cela dit, je ne sers des verres que pour me changer les idées » admit-il en posant un verre sur le bar. Il dû farouchement résister contre ses envies d'alcooliques. Le jeune homme en face de lui, de toute manière, se fichait bien de savoir ce qu'il faisait de sa vie, tout comme lui se fichait de la sienne. Cependant... « Félicitation pour ton mariage »ne put-il s'empêcher de le railler en y prenant du plaisir, alors même qu'il était sans doute dans le même état de détresse que lui. Il n'était pas étranger, en effet, aux affections toutes particulières de l'héritier pour les charmantes jeunes femmes. Néanmoins, il doutait sincèrement qu'une bague au doigt l'empêche de faire quoique ce soit.

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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyVen 11 Jan - 11:43

Les origines françaises et classieuses de l’héritier se trouvaient suffisamment lointaines pour que le surnom dont le serveur l'affubla ne l’affecte autrement que par sa familiarité déplacée. Ce jeu ne se trouvait pourtant pas nouveau entre les deux jeunes hommes qui avaient toujours partagé, en plus d’une maison et d’un dortoir, une dangereuse animosité. Lorsque Moran se défendit de ne pas servir que des alcooliques, Evan resta encore railleur. Servir des verres pour se changer les idées ? Salazar Serpentard se serait retourné dans son tombeau. « Tu travailles aussi chez les moldus pour ton épanouissement personnel ? Ils offrent toute une gamme de hobbies de ce type faute de pouvoir compter sur les elfes ! » s’amusa-t-il en coinçant une olive entre ses dents carnassières. Il ne doutait pas que le serveur ait poursuivi d’autres ambitions, il aurait sinon été bien fou de s’en vanter devant lui. Le plaisir de l’insulter se trouvait simplement irrésistible.

Moran n’était néanmoins pas le seul à jour d’une destinée sans surprise, Evan lui-même avait logiquement embrassé celui d’époux après son diplôme. C’était mornille courante parmi les grandes familles, les mariages avaient été nombreux pendant l’été dans leur société, aucun n’avait par ailleurs défrayé la chronique. Il se trouvait évidemment dans l’ignorance de celui de son interlocuteur avec une traîtresse de longue date. « Le mariage est plus plaisant qu’il n’y paraît - constata-t-il tout simplement en retenant surtout le charme tout particulier que revêtait son épouse au lit - ce n’est ni plus ni moins qu’une sorte de prostitution consacrée ». La conception de l’héritier n’était certes pas des plus romantiques et, maintenant qu’il accédait librement au corps de celle qui avait si longtemps réfréné ses passions, il se donnait à coeur joie d'assouvir autant que d'asservir. Il ne put s’empêcher de rire doucement dans son col comme le monstre qu’il était assurément devenu. Il ignorait tout de l’amitié secrète que le serveur portait à son épouse, il se serait sinon évidemment plu à détailler toutes leurs frasques pour le remplir de malaise. « Mrs Rookwood doit en faire une sacrée ! » s’amusa-t-il plutôt à traiter leur ancienne camarade de prostituée pour mieux guetter la réaction de celui qui semblait toujours avoir eu une faiblesse pour elle.
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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMar 15 Jan - 20:48

Des années avaient beau s'être écoulées depuis qu'il avait rencontré l'héritier Rosier, Moran ne pouvait pas franchement dire que son avis sur son ancien camarade de dortoir avait changé. Il l'avait toujours trouvé imbuvable et cela ne changeait pas. Il fallait dire qu'Evan ne faisait aucun effort pour apparaître sympathique. Son regard provocateur et son sourire goguenard n'atteignait fort heureusement plus le jeune homme depuis qu'il avait eu l'occasion de mettre les points sur "i" avec lui l'année dernière. Il n'aurait jamais pu penser que régler ses comptes avec lui, par la voie des poings, pouvait lui procurer un si incroyable sentiment de satisfaction. En bon raciste comme il se plaisait à l'être, Evan lui servit le type de phrase typique qui amusait grandement Moran. Il sourit, en continuant d'essuyer ses verres, sans rien dire de prime abord. En réalité, il ne travaillait pas dans les pubs moldus. La magie lui était bien trop utile au quotidien - même pour servir des pintes ! - et il n'avait pas envie de passer une soirée sans pouvoir se sauver la mise. Ce n'était pas qu'il avait deux mains gauches, pas du tout même, mais casser un verre n'était pas rare non plus. Dans un pub sorcier il pouvait réparer son méfait d'un coup de baguette, chez les moldus... Ça partirait dans une "holà" dans le pub. « Jamais de la vie » répondit-il sur le même ton sarcastique que son ancien camarade, sans s'épancher cependant davantage sur le pourquoi du comment : « Cela t'irait bien, cela dit ». C'était sans parler du fait qu'il avait réellement la flemme d'aller faire le change de ses pièces et billets à Gringotts. Il regretta de ne pas pouvoir se servir un verre et devant l'absence de monde au bar, l'Écossais s'affala sur sa chaise, tout en sortant sa baguette pour organiser son espace de travail.
La réflexion qu'il n'avait pu s'empêcher concernant le mariage de son ancien camarade lui revînt en pleine figure devant le terme de prostitution consacrée. On ne pouvait pas dire qu'il partageait son avis alors qu'il avait lui-même une bague à son annulaire. Considérant sa propre relation avec sa femme, dans laquelle il n'y avait aucune pseudo-fidélité, il n'était pas forcément d'accord. Ou peut-être que si. L'expression d'Evan le laissait circonspect et il était trop tard pour qu'il s'épanche dessus. Mais Evan ne serait pas Evan s'il n'était pas capable de distribuer les coups bas, et la réflexion qu'il fit sur Daisy le saisit avec une telle virulence que c'était comme s'il était entré dans un lac gelé à moins trente degrés. Si ses joues blanchirent de rage, il veilla à rester calme pour se contenter d'un regard assassin. « T'as un problème avec elle » remarqua-t-il comme s'il était détaché de la jeune femme - ce qu'il était en fin de compte depuis qu'il avait mit fin à leur relation dans l'obscurité de leur salle commune - et qu'Evan ne l'était pas. A dire vrai, ces dernières années, sinon, pendant leur dernière année, il avait été particulièrement virulent avec lui concernant l'héritière Blackstone. Sans doute avait-il senti, avec son museau de prédateur sauvage, qu'il y avait quelque chose d'étrange entre eux qui avaient tendance à manger toujours à côté sans pourtant s'adresser un mot. Il fallait bien dire que d'explosions de disputes intempestives, les deux adolescents étaient passés à la vue de tous, à une relation franchement indifférente et platonique. Moran cependant, pendant tout ce temps où ils avaient été ensemble et même après qu'ils aient rompu, n'avait jamais pu s'empêcher de faire glisser un peu trop souvent ses yeux sur la future mariée. Ce que Rosier n'avait sans doute pas manqué de noter. « T'as fini ? » lui demanda-t-il en voyant son verre vide, priant pour qu'il ne quitte le bar et le laisse travailler tranquille, « ou tu veux peut-être que j'appelle Tabitha pour reluquer encore son derrière ? ».


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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMer 27 Fév - 10:50

Cela t’irait bien, cela dit. La chance voulut que la provocation du serveur fuse un peu en dessous - ou plus certainement loin au-dessus - du discernement de son interlocuteur. Evan se trouvait si farouchement empêtré dans les théories qui traitaient les moldus en race inférieure que la simple idée d’évoluer parmi eux ne pouvait l’atteindre. L’invitation était aussi absconse que l’aurait été celle de rejoindre un troupeau puant de veaudelunes pour braire sous la lune. Ce fut d’un air tranquille que l’héritier poursuivit la dégustation de son rusty sickle. Il était curieux de constater que la vue de son ancien camarade se trouvait moins intolérable depuis que chacun s’était employé à refaire le portrait de l’autre à coup de poings et de battes. L’héritier ne le considérait certes pas au rang d’égal - ni même n’entretenait pour lui le moindre résidu de respect - mais leur conversation lui plaisait pourtant en le plongeant dans un étrange sentiment de nostalgie. L’échange se trouvait d’autant plus délectable pour lui qu’il paraissait faire grincer les dents de son interlocuteur. Ils s’entendaient, encore et continuellement, comme chien et chat.

Rosier s’amusa à comparer Daisy Rookwood à une prostituée. Il lui semblait que c’était après tout en effet sous ce jour qu’elle devait apparaître à son époux dans son plus simple appareil. Le trentenaire n’avait à son sens pas trente six solutions - mais uniquement deux - pour glisser une femme aussi jeune dans ses draps. La prostitution et le mariage. Moran Powell, s’il ne lui fit pas le plaisir de s’étrangler de sa remarque, ne rigola pas pour autant non plus. Et il aurait été mentir de dire que son imperturbable faciès ne chiffonna pas un peu l’humeur joueuse de l’ancien poursuiveur de son équipe. « Détrompe toi - se défendit-il du problème pour mieux se confesser - Daisy est l’une des rares sorcières que je considère comme mon amie ». Dans un temps lointain au cours duquel il avait été lié à Azelma, Daisy avait été la meilleure amie de cette dernière. Il avait bien envisagé de la peloter lorsque ses fiançailles avaient été rompues mais elle avait presque aussitôt revêtue la robe maritale. « Je regrette simplement que notre amitié ne se soit jamais assortie de bénéfices du court temps où cela était encore possible ». Le serveur le pressa pourtant de finir plus vite d’épancher ses ridicules états d’âme. Les verres qu’il lui servaient étaient certes gratuits, c'était de bonne guerre. Un sourire séduit traversa le visage de Rosier lorsque Powell évoqua le postérieur de sa collègue maladroite. « Tu n’es malheureusement pas ce genre d’ami ou ton sens de la camaraderie m’aurait plus manqué » répondit-il simplement de son bon verbe en poussant vers lui son verre vide pour un refill. Ce fut alors qu’il remarqua l’alliance discrète qui brillait au doigt du serveur occupé à sa tâche. Cette simple observation lui insuffla une pensée plus cruelle et dangereuse. Le sang pur qui lui faisait face avait-il souillé son nom ? « Je peux te demander ce que tu fais quand tu ne nous amuses pas avec ton excellente imitation de l’elfe de maison ? ». Le ton du sorcier était encore léger mais quelque chose se trouvait pourtant sensiblement différent dans le timbre de sa voix.


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Moran J. Powell



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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptySam 2 Mar - 15:57

Les provocations entre les deux sang-purs allaient sans dire, et ils prenaient tous les deux un malin plaisir à provoquer l'autre pour avoir une quelconque réaction, qui les ferait rire. Evan, malheureusement, semblait plus doué pour faire sortir Moran de ses gonds que l'inverse. Il fallait dire que son bouillonnant sang des Highlands était sans nul doute beaucoup plus survolté que le pragmatisme qui coulait naturellement dans les veines du vil anglais. Depuis qu'ils s'étaient battus - presque à mort, notons-le - les deux semblaient vivre dans une espèce d'armistice. S'il était agacé de le voir ici et de savoir qu'il était son patron, l'ancien Capitaine ne ressentait pas particulièrement la même haine que celle qu'il avait à Poudlard. Sa nouvelle vie d'adulte, son futur statut de père et son occupation étudiante, le tenaient éloigné de ses envies de meurtre. Sans doute que voir moins souvent celui qui avait partagé son dortoir, y jouait pour beaucoup. Car en effet, depuis qu'ils avaient quitté Poudlard, les deux anciens élèves ne s'étaient pas vus. Ils n'auraient eu aucune raison de le faire par ailleurs, et c'était bienheureux comme cela. De plus, ne plus le voir s'approcher de Daisy l'aidait à se sentir moins jaloux. Moran n'avait pas ce genre de tempérament en règle générale, mais la nouvelle Madame Rookwood avait toujours su tirer de lui des réactions insoupçonnées, de telle manière qu'il vivait très mal son amitié avec l'héritier Rosier. Evan, qui était une mauvaise herbe qui repoussait partout, avait bien entendu remarqué la tendance agacée qu'avait son compagnon de dortoir de le regarder lorsqu'il les surprenait à discuter. Il lui avait tellement pourri la vie que le savoir ami avec cette fille qu'il avait tant aimé, le retournait de rage. « Tu as dans ce cas une façon bien particulière de qualifier tes amis » répondit-il d'un ton glacial. Il ne put empêcher un regard mauvais de s'attarder sur les traits du garçon. Sa médisance mériterait de lui revenir en pleine tête. Mais l'Écossais, hélas, n'avait plus vraiment de raison de s'énerver. Daisy et lui, c'était fini depuis début février. Il l'avait quitté alors qu'elle lui avait offert un délicat cadeau d'anniversaire qu'il portait à sa hanche puisqu'il s'agissait d'un porte-baguette. La phrase qu'ajouta son client ou son patron - tout dépendait comment on regardait le schéma - marqua un coup d'arrêt aux gestes du jeune homme. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-il en plissant les yeux. Moran n'était pas stupide, mais sa fierté de garçon encore amoureux le rendait irritable lorsque l'on mettait sur la table toute question qui touchait à son ex. C'est qu'il avait été au mariage sous un autre habit que celui d'un costume, et perché dans un arbre, il avait pu être aux premières loges pour constater la désastreuse conséquence de sa décision. Ce souvenir semblait le hanter comme le corps d'un mort que l'on veillait sur un lit, et il rangea ses verres, tout en pressant Evan de partir. Il ravivait avec plus de virulence que jamais des sentiments que le jeune homme désirait enterrer profondément. Ces sentiments l'avaient poussé vers l'alcool de manière déraisonnable, et si sa vie était maintenant un champ de ruine, c'était à cause de cela. Ainsi étaient les conséquences malheureuses de la rupture d'un couple non conventionnel. « Détrompe toi » s'esclaffa Moran en regardant justement Tabitha revenir pour lui commander deux Bloody Mary, « mais tu n'as jamais pu le constater, puisque nous ne sommes heureusement pas amis ».
Le jeune homme s'affaira à se saisir de sa bouteille de vodka et de son jus de citron, alors qu'Evan vicieusement, posait une question en apparence toute innocente. C'était sans compter l'anneau qui brillait à l'annulaire du garçon. Toutefois, il fit mine d'être stupide et répondit : « J'étudie à l'école supérieure. Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? » répondit-il rhétoriquement en ajoutant son jus de tomate. Affairé à sa tâche, il releva ses yeux sur Tabitha qui s'en allait en bougeant de manière admirable la zone de son corps que Moran observait.


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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMar 12 Mar - 10:08

Moran argua de leur inimité et Evan, portant théâtralement une main à son coeur, feint d’être blessé avant d’éteindre le début d’un rire dans le contenu d’une nouvelle liqueur. C’est qu’on avait jamais vu l’héritier - hormis pour tromper l’ennui en même temps que sa fiancée - fréquenter qui que ce soit dont la lignée et l’allégeance n’étaient pas réputées pures. Son ancien capitaine jouissait peut-être d’une heureuse naissance mais s’était au contraire appliqué à la ternir en s’entourant des mauvaises personnes. Il lui tendit bientôt la batte, quoi que non littéralement cette fois-ci, pour l’interroger sur ses attentes. « D’aucuns s’attendraient à ce que tu prennes des décisions stupides, tu expérimentais déjà à l’école -  offrit-il une réponse de bonne guerre avant de souligner un excellent exemple de la débilité de ses décisions - et vois à tenir quelle conversation te conduit aujourd’hui ton hobbie ». Il se pencha légèrement vers le serveur en vissant son regard le plus vicieux dans le sien pour continuer à le provoquer en parlant un peu plus bas. « Tu souhaites vraiment que j’explicite la manière dont j’aurais souhaité détourner mon amitié avec Mrs Rookwood ? - souffla-t-il entre ses canines - Ses courbes doivent vraiment te manquer pour que tu m’invites ainsi à les souiller avec mes palabres … on pourrait s’égarer après quelques verres et lancer le même pari pour elle que pour ton amie espagnole ! ». Et le garçon bien né - mal pensant - de reculer au fond de son tabouret dans un éclat de rire résolument amusé. Il évoquait cet acte cruel avec le serveur comme une joyeuse anecdote (et c’était bien après tout ce dont il s’agissait à ses yeux). La dernière fois que son camarade l’avait invité à partager ses pensées les moins honorables avec une femme, le jeu avait atteint une méchante limite. S’il parvenait à séduire la blairelle, il s’octroyait le droit de la faire souffrir. S’il échouait, elle échappait à sa cruauté de serpent. La conclusion qu’il n’avait certes pas vu venir était que sa fiancée s’érigerait en juge plus dangereuse encore. La seule insensibilité que lui s’était permise avec sa proie avait été, à la fin de l’histoire, de la traiter avec sa plus froide indifférence.

Ses propos provocants ne visaient pourtant qu’à agacer son interlocuteur pour lui faire commettre une basique erreur. Sa cible n’était certes pas plus son confrère mangemort que l’épouse de ce dernier. La question le taraudait de savoir à qui le liait l’alliance qu’il portait à son annuaire comme, sans doute, la réponse aurait été un excellent prétexte pour lui rendre une autre visite sous son masque de mangemort. La nostalgie qu’il entretenait de ces sept années à partager un même dortoir ne retiendrait pas sa baguette d’un funeste sortilège, bien au contraire. Le blason de leur ancienne maison n'en reluirait que davantage. « L’école supérieure n’est pas si chère, pourquoi travailles-tu ici ? » l’interrogea-t-il sans que la moindre trace d’amusement ne suinte plus dans sa voix.

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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyJeu 21 Mar - 13:12

Evan était très certainement d'une meilleure naissance que la sienne - bien que l'on eut pu considérer l'Écossais comme tout aussi pur que l'Anglais - et il jouissait de ce fait et dans son esprit tordu, d'une espèce de supériorité sur Moran qui ne s'en formalisait cependant pas. En effet, il avait toujours essuyé d'un revers de main les mots de son ancien camarade de dortoir, qui malheureusement, avait toujours beaucoup plus de choses à dire que de choses à penser. Mais ce soir, cette conversation semblait se diriger vers quelque chose le faisant passer pour un bouffon. Il en avait toujours été un aux yeux du jeune homme qui se plaisait à boire gratuitement ce qu'on lui servait, mais ses mots lui paraissaient aujourd'hui être autrement plus piquants qu'ils touchaient son ancienne petite-amie Daisy. L'ancien Serpentard n'avait jamais fait son deuil de cette relation, bien que son alliance pu prouver le contraire à quelques esprits sains et purs. Il serait toutefois plus juste de noter que cette alliance était le résultat de son incapacité à oublier son ex, et qu'elle pouvait symboliser cet étrange besoin qu'il ressentait de passer à autre chose. De ce fait, toutes les conversations qui trouvaient comme finitude l'héritière Blackstone avaient tendance à le braquer déraisonnablement, chose d'autant plus déraisonnable qu'Evan Rosier avait un talent incroyable pour frapper là où ça faisait mal. Il était assez incroyable qu'il ne soit jamais devenu batteur. Moran haussa les épaules quand il se moqua ouvertement de leur discussion et les paroles lubriques qu'il lui adressa en parlant de Daisy lui firent relever les yeux. Pour être tout à fait honnête, sans doute ne haïssait-il personne d'autre davantage que le garçon qui se tenait devant lui. La jalousie qui lui rongeait le cœur lorsqu'il songeait au mariage de la jeune femme n'était étrangement rien en comparaison de celle qu'il ressentait face aux vicieuses paroles du garçon. Il n'était pas stupide, Daisy était très jolie, très bien faîte et très bien née. Autant dire que contrairement à lui, elle avait tout à fait eu sa place parmi les Serpentards. Il n'était donc pas très étonnant qu'elle ait attiré les regards. Mais qu'elle ait attiré ceux du prédateur en face de lui l'emplissait de fureur et lui donnait envie de vomir. En fait, il était à deux doigt d'attraper la tête de l'héritier pour l'enfoncer contre le comptoir du bar, lorsqu'un ivrogne détourna un peu son attention pour le payer. Expirant toute sa frustration par ses narines, Moran répondit : « Te voir penser avoir une chance avec elle suffit à mon bonheur, en réalité ». Devant l'éclat du rire du garçon, l'Écossais se résolu à pourrir sa soirée d'une autre façon et non moins frontalement. L'air de rien, il continua : « Enfin tu aimes jouer avec le feu, je crois savoir que Cassiopeïa te tient plutôt bien en laisse » préféra-t-il détruire plus aisément sa masculinité, « une femme de caractère, de toute évidence ».

Il lui offrit un large sourire tout en faisant ses Bloody Mary. Il les tendit à la jolie serveuse, une oreille toujours résolument réservée aux palabres de l'associé du Royal Flint Casino. Moran releva ses yeux vers lui en s'arrêtant. Il sentait bien entendu son alliance qu'il avait oublié de retirer ce soir. Il s'habituait plus que de raison à l'avoir au doigt, et il n'y faisait plus vraiment attention. Ce n'était pas faute de la retirer généralement lorsqu'il travaillait, pour ne pas la perdre. Et il ne doutait pas que les yeux de charognard de Rosier n'avaient pas loupé le petit anneau à son doigt. « L'école supérieure n'étant pas une finalité, je préfère encore préparer correctement ma vie active » jugea-t-il sa réponse plus cohérente et drôlement bien trouvée pour le coup. Il s'affala sur son siège comme il n'avait plus rien d'autre à faire que de regarder Evan avaler goulûment les dernières gouttes de son rusty sickle.


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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMer 27 Mar - 11:43

Moran argua de son bonheur mais le bout de ses oreilles rouges de rage - qu’on aurait presque pu s’attendre à voir fulminés - ne tarissait pas l’hilarité de Evan. Mais il expia bientôt son dernier rire dans un soupir lorsque le sorcier derrière le bar évoqua sa propre fiancée. Ce dernier aimait sans doute plus que lui jouer avec le feu. « Tu en sais quelque chose, n’est-ce pas ? » répondit-il sereinement. Le mangemort s’était interrogé de savoir comment sa fiancée avait pu avoir vent de son aventure avec la petite impure et, même si le garçon qui lui faisait face avait été le seul au courant, il ne l’avait tout d’abord pas soupçonné. L’écossais parlait beaucoup mais n’agissait jamais … jusqu’à la sournoiserie qui avait clôturé leur scolarité en les conduisant à se battre comme des animaux moldus. Il se trouvait depuis le principal suspect du secret éventé. « Ton amie sait-elle qu’elle a frôlé la mort par ta seule faute ? » distilla-t-il son poison avec un sourire réjoui en faisant tourner son verre entre ses doigts. Il ne quittait pas sa proie du regard car il lisait plus habilement la vérité dans les réflexes humains que dans le fond des mots. « Mais pour répondre à ta question - ajouta-t-il avec un soupir blasé car il avait toujours préféré joué offensif que défensif - elle ne me tient pas en laisse, je gage qu’il s’agit plutôt d’une pratique coutumière des moldus et impurs pour tenir leurs pourceaux d’enfants dans la boue où ils naissent ». C’est que, dans un excès de confiance, le mangemort soupçonnait son ancien camarade d’avoir lié quelque union impure. « Tu es resté trop longtemps avec eux » conclut-il en buvant une autre gorgée de l’alcool qui acidifiait ses propos en même temps que le fond de son estomac. Cette dernière passa moins bien que les autres et il grimaça légèrement.

L’envie inexplicable le prenait de tuer son interlocuteur. Elle n’était pas motivée par la rage ou la frustration comme lors de leur dernière altercation. Il envisageait au contraire la chose avec une froideur qui ne lui était guère familière. La doctrine du lord était maintenant fermement enfoncé dans son crâne et il se disait que le monde sorcier se serait trouvé un endroit plus propre sans l’existence du barmaid, de son épouse moldue, de leurs enfants impurs. Il ne les voyait pas autrement que comme les bêtes qu’il avait décrit. Il était soucieux d’anéantir la vie que le barmaid préparait correctement mais il manquait encore pour l’heure de quelques informations. Il retourna son verre vide sur la table sur la table pour signifier qu’il ne souhaitait pas être de nouveau servi. Il ne jouait plus vraiment. « Et quelle vie active ? Ton épouse ne saurait pas s'entretenir elle-même ? Merlin, on pourrait presque croire qu'elle est de sang pure ! ».
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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyLun 8 Avr - 15:48

Moran ne répondit pas à la question rhétorique de son ancien camarade de dortoir, de peur de se trahir et de mettre Daisy dans une situation délicate. Personne à part Darius du côté du jeune homme, n'était au courant de son amourette de jeunesse avec la jolie sang-pure, personne, et surtout pas Evan. Que ce dernier soit au courant de cette délicate histoire donnait envie au garçon de vomir rien qu'en y pensant. La perversité de l'ancien Serpentard était trop malsaine pour que l'Écossais ne s'amuse ainsi à jouer avec. Il n'était pas, et il ne voulait pas que Daisy soit mal-à-l'aise en raison de sa langue bien pendue. Alors, il prit sur lui-même pour calmer sa rage et le rougissement de ses oreilles. C'est que l'ancien Serpentard tenait moins bien ses nerfs depuis que la puberté avait fait son oeuvre, et l'envie était bien présente d'attraper la tête du jeune homme en face de lui pour l'éclater contre le bar. Mais rien ne semblait arrêter Rosier, qui s'amusa de nouveau d'une provocante question, non pas sur Daisy, cette fois-ci, mais sur Luzia.
Moran n'avait pas oublié que par sa faute, la jeune femme était non seulement tombée entre les griffes de loup-garou du pervers narcissique en face de lui - il avait en effet privilégié la remontrance brusque à la lente manipulation - mais qu'elle avait également failli mourir parce qu'il avait cafté l'aventure d'Evan... A sa délciieuse fiancée, Cassiopeïa Yaxley, avec laquelle il entretenait parfois et sans qu'il ne semble le savoir, une relation épistolaire. Pour toute réponse, il leva les yeux au ciel en répondant avec flegme : « Je ne suis pas aussi malhonnête que toi ». Il préféra laisser tomber ce pan-là de la discussion de peur de se trahir à nouveau, car en réalité, Luzia ne savait pas comment elle avait pu l'apprendre. Et il craignait de se prendre une gifle si elle l'apprenait - gifle qu'il mériterait. Sa volonté de vengeance sur Evan avait prit le dessus sur son amitié, et il s'en voulait sincèrement. Ses besoins de revanche justement, sur l'héritier Rosier, trouvèrent un point culminant à la comparaison du petit chien qu'il lui paraissait être avec sa femme. Aussi s'esclaffa-t-il de sa réponse, ouvertement moqueur avant de répondre : « C'est ça, rassure toi comme tu peux, tu y es presque ». Attaquer pour ne pas défendre était la maxime de son ancien camarade de dortoir, et Moran ne pouvait que trop le concevoir. Il n'avait que trop de fois subi ses attaques pour ne pas savoir qu'il s'agissait de la stratégie préférée d'Evan. A ce moment précis, l'Écossais était prêt à parier que l'un comme l'autre se sentait dévoré par la terrible envie de s'en prendre à son interlocuteur. Il ne savait pas vraiment comment, ni pourquoi. C'était sans doute quelque chose qui avait remplacé l'atmosphère lourde par une tension dans celle-ci. Tension exacerbée par leurs mutuelles provocations et moqueries.

Toutefois, le jeune homme préférait cent fois ces dernières à l'interrogatoire qu'il subissait de la part du Rosier. Tout ce qu'il voulait, c'était rentrer chez lui, manger et se coucher. Rien de plus, rien de moins. Était-ce trop demandé ? Son dédain pour les moldus, nés-moldus et sang-mêlés, Moran le connaissait. Et il ne s'étonna donc pas de voir qu'il le pensait marié à quelqu'un "d'impur". Malheureusement pour lui, il allait tomber de sa chaise haute, si toutefois il acceptait de lui en parler... N'était-ce pas, dans un sens, une odieuse manipulation pour en savoir plus ? Le forcer à reculer pour mieux sauter ? Moran n'était pas débile, mais à peser le pour et le contre, il préférait mille fois la satisfaction de lui couper le sifflet à celle de garder pareil secret. Alors il se mit à rire, ouvertement, et lorsqu'enfin son jeu d'acteur le poussa à avoir les larmes aux yeux, il répondit : « Je gage qu'elle est plus pure que toi. Tu dois être bien mauvais au poker, parce que tu es bien peu efficace à deviner les secrets des gens ».


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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyJeu 18 Avr - 10:04

Lorsque Moran se défendit de malhonnêteté, Rosier retint un nouvel éclat de rire. « Ce n’est pourtant pas l’ambition qui t’a ouvert les portes de la maison de Salazar … » le toisa-t-il derrière son bar. Il croyait encore moins à l’intégrité de son ancien camarade qu’aux prédictions de la voyante du casino. Le barmaid ne se targua d’aucune autre défense, et sans cesser de l’observer, le mangemort le jugea silencieusement coupable. Aussi, lorsque ce dernier l’inculpa à son tour d’être soumis à son épouse, Evan ne répondit rien. Il ne se vanterait pas une seconde fois de ces aventures adultères devant le pathétique mouchard. Il lui semblait qu’il était bien le seul à vouloir se rassurer. Et le magnanime anglais s’amusait doucement de la rage sourde de son adversaire. La seule corde qu’il avait autour du cou se trouvait être celle du seigneur des ténèbres et depuis, il semblait toujours finir par s’ennuyer des jeux dépourvus d’un enjeu de vie et de mort. Il se mit naturellement à élever ceux de leur conversation en enquêtant sur quelque défaillance de son interlocuteur qui aurait pu pousser leur cercle à délibérer de son éradication. Et devant son interrogatoire, le sorcier ne semblait rire plus fort que pour s’empêcher de le frapper plus fort. Les sourcils haussés par la curiosité, un sourire emprunt de sadisme sur les lèvres, le mangemort était tout à fait attentif. Il se trouva néanmoins sincèrement étonné d’apprendre que Mrs Powell se trouvait de sang pur. Plus pure que lui ? Moran parlait beaucoup trop pour quelqu’un qui n’avait pas sa place parmi les vingt-huit, car il n’était pas difficile de deviner que son épouse devait elle y figurer. « Et je gage que la famille de ton épouse est plus désespérée que pure, et aussi qu’elle doit être bien mauvaise dans l’art de survivre ! » sourit-il de toutes ses dents à son interlocuteur qui devait bien avoir envie de les lui péter. Il continuait doucement à refermer l'étau et s’appliqua à prononcer avec lenteur ses prochains mots, comme s’il s’était amusé à enfoncer et tourner une lame dans son estomac pour en vider le fond de bile. « Dis moi, Moran, par quel acte stupide vaudras-tu à ton épouse de faire la une de la gazette façon Prewett ? ».
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MessageSujet: Re: La maison gagne toujours | SUJET CLOS La maison gagne toujours | SUJET CLOS EmptyMar 23 Avr - 14:05

La remarque de Rosier sur son admission dans la maison des verts et argents arracha un soupir dépité à Moran qui préféra ne pas répondre. A dire vrai, il ne comprenait pas pourquoi il continuait d'exciter le sadisme malsain de ce garçon qui se moquait continuellement de lui depuis ses onze ans. On lui avait bien longtemps rabâché qu'il aurait du être un Serdaigle et non pas un Serpentard, et le choixpeau lui-même avait hésité. Et il ne savait pas ce qui l'avait finalement décidé. Peut-être était-il fourbe comme le reste de ses camarades et qu'il ne s'en rendait même pas compte - ce qui rendrait la chose d'autant plus pathétique, entre nous soit dit. S'il pouvait être manipulateur, il l'était moins qu'Evan, et cette vérité générale lui sauta d'autant plus aux yeux lorsqu'il comprit son impair d'en avoir trop dit à propos de Madame Powell. Les paroles de son ancien camarade de dortoir firent froid dans le dos du jeune homme qui attarda ses yeux sur l'horloge qui le délivrerait de son service dans une dizaine de minutes. Tiendra-t-il jusque là ? Rien n'était moins sûr pourtant, alors qu'il saisissait pleinement la menace derrière les mots d'Evan. « Tu ne seras certainement pas celui qui m'ôtera la vie » tempéra-t-il les ardeurs du garçon, en levant un sourcil, sans se rendre compte combien il avait raison de tenir ces propos, « alors arrête de rêver à tes quelques fantasmes macabres ». Evan avait toujours eu ce quelque chose de fou et d'angoissant qui caractérisait son sourire autant que son caractère invivable. Très tôt, l'Écossais l'avait catégorisé en psychopathe et il n'avait toujours pas changé d'avis. Il aurait préféré fuir, mais c'était sans compter l'humeur provocante de son interlocuteur ce soir qui lui adressa un coup plus violent que l'ancien batteur n'espérait pas. Il avait épousé Gardenia par obligation et non pas par amour. L'entraîner dans sa honte et dans sa mort n'était pas dans ses plans, et le jeune homme s'en voudrait même une fois sa vie ôtée d'avoir entraîné celle de son épouse. Aussi préféra-t-il noyer le poisson en affichant un sourire torve pour répondre au garçon : « Tu verras bien le jour J ». L'horloge sonna et marqua la fin de son service. Moran jeta son chiffon sous le nez d'Evan avant de se détourner de lui, sans lui souhaiter, bien entendu, la bonne nuit.

Spoiler:
 

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