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Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN

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Oona B. Graves



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MessageSujet: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Mer 12 Déc 2018 - 13:32

Les bruits qui courraient sur Azkaban et ses détraqueurs étaient nombreux et effroyables. Aussi les pas de la jeune soeur de Kierán Graves étaient prudents tandis qu’elle avançait, semblable à une aveugle, dans la lugubre demeure des monstrueux gardiens. Le sorcier du ministère qui l’accompagnait, baguette brandie par mesure de précaution, l’avait à plusieurs reprises invitée à lui saisir le bras. Et malgré la peur lancinante que Oona ressentait, elle s’était employée à le rembarrer. Elle ressentait plus violemment que jamais son incapacité magique. « Plutôt torcher le cul d'un troll que de toucher vos sales pattes de bourreau … » avait-elle préféré dévoiler à son escorte l’autre versant de la vérité. Depuis que son grand frère avait été jugé coupable par la communauté magique, la haine que portait la cracmolle aux sorciers - et plus encore à ceux de l’institution magique - se trouvait exacerbée. Elle passait devant de nombreuses cellules vides et avait des noms de personnes à soumettre - toutes moins innocentes que son frère - pour peupler chacune d’elles. Minchum, Croupton, Fawkes. Son hostilité ne l’empêchait malgré tout pas de ressentir tous les symptômes de la peur. Les enfants non sorciers appelaient les détraqueurs le croque-mitaine et tremblaient sous leur couette une fois la lumière de leur chambre éteinte. Les moldus grandissaient et apprenaient qu’il n’existait pas. La cracmolle avait grandi et appris qu’il existait. Cordialement invitée dans son antre, son coeur battait rapidement, ses jambes fourmillaient, son estomac était serré et sa bouche nauséeuse. Elle sursautait parfois au détour d’un couloir quand l’impression la gagnait qu’une cape noire la frôlait ou lorsque le sorcier à ses côtés esquissait un geste plus brusque que les autres.

Mais cette peur se transforma presque en hôtesse bienveillante lorsque le sorcier pointa du doigt la cellule de son grand frère au bout du couloir décrépi. « C’est ici » son invitée s’arrêta-t-elle instantanément. La crainte de trouver la tête pleine et l’âme tendre de son grand frère ravagées par les lieux se trouvait intolérable. La lumière blafarde du soleil - voilée par d’épais nuages gris - éclairaient un coin de la petite cellule. Oona ne s’était jamais trouvée dans la confidence des affaires de son grand frère. La vérité du procès lui importait guère. Car elle savait, mieux que personne, que son frère était un être innocent. Elle le savait mieux qu’aucune loi. Kierán Graves ne méritait pas d’être maintenu dans le plus abjecte endroit que les sorciers aient inventé. Ce sentiment la sortit de sa paralysie et elle avança d’un pas plus franc vers la cellule en se forçant à plaquer sur son visage livide et cerné un sourire placide. « Toi qui me reprochais que ma chambre pue la cage à vocifères … - ses yeux distinguèrent un subreptice mouvement dans le coin le plus sombre de la cellule et elle continua à parler aussi vite qu’elle le put pour empêcher sa gorge de se serrer en sanglots - Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre, je ne sais pas ce que ça dit de nous ! » finit-elle de claironner bien faiblement.

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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Ven 14 Déc 2018 - 0:14

Le temps passait et semblait étrangement se ressembler. Trente ans. C'était la peine qu'il avait reçu pour avoir collaboré avec les mangemorts, pour s'être cru plus intelligent que tout le Ministère et surtout, plus intelligent que Bartemius Croupton. La cellule dans laquelle il était depuis le verdict était bien différente de celle du Ministère. La lumière qui perçait l'ouverture qui servait de minuscule fenêtre laissait entrer un froid dévorant de décembre qui lui rongeait les os. Ces courants d'air glacés s'accompagnaient tristement du râle des détraqueurs qui passaient devant les cellules. Kierán avait mis du temps à s’accommoder à eux, il pouvait maintenant dire qu'il avait compris comment abréger le plus possible le désagréable sentiment qui envahissait son coeur lorsque leurs mains putréfiés s'agrippaient à ses barreaux. Recroquevillé dans un coin de la cellule ▬ ou de la cage selon son propre avis personnel ▬ l'irlandais se contentait de garder sa tête contre le mur pour fixer celui à l'opposé de lui. Ses yeux ne bougeaient guère que lorsque se faufilait un gardien de la prison, prêt à arracher à un prisonnier son âme. L'atmosphère de la prison des sorciers était indescriptible. Sans doute que les mots ne suffisaient pas à exprimer la détresse qu'il avait ressentit en étant jeté dans la petite pièce, qu'il avait dû apprendre à s'approprier car elle n'allait être que la seule chose qu'il verrait pendant les trente prochaines années. Trente ans c'était long. Il avait gâché sa vie et il l'avait compris dès qu'il avait vu la réaction ▬ satisfaction à demi-cachée ▬ du président du jury. Il allait sortir à l'âge où il devrait prendre sa retraite, si ce n'était pas pathétique. Sa vie serait gâchée et il ne serait plus qu'une ignoble coquille vide. Il déglutit.

Les lettres que Melody lui envoyait finissaient toutes dans le coin opposé du sien, après une lecture en diagonale. Kierán ne prenait pas la peine de lui répondre car la laisser s'accrocher à lui serait stupide, immature et dangereux pour elle. Qu'il ai gâché sa vie grâce à son éminente intelligente était un fait, qu'il gâche la sienne à plus forte raison en était une autre. Il comptait attendre d'en avoir dix pour les jeter par la petite ouverture de sa cellule. S'il osait se lever. A dire vrai, l'irlandais attendait patiemment que ses membres se raidissent et ne répondent plus pour végéter dans un état davantage proche de la mort. Ne serait-ce pas mieux pour lui de mourir en prison, plutôt que de vivre en attendant la fin de sa peine, annoncée si lourde pour s'assurer presque qu'il allait mourir en prison ? L'espoir fou, et vain de la cadette Fawkes ne faisait pas rêver Kierán qui l'observait, de son oeil hagard comme inacceptable. Brusquement, il entendit un mouvement, et la voix de sa soeur perça le sombre silence qui régnait dans Azkaban. Ce silence n'était généralement entrecoupé que de hurlements stridents qui réduisaient à néant les espoirs du jeune homme pour sortir d'ici en vie. S'il ressentit, pour la première fois qu'il était ici, un incroyable soulagement d'entendre le timbre familier de la voix d'Oona Graves, ce soulagement laissa brusquement place à une froide colère. Elle ne devrait pas être ici, ce n'était pas un endroit pour elle. Il était toutefois bien trop conscient de ce que pouvait ressentir sa soeur, et il n'eut pas le courage de lui dire de partir. Elle avait toujours été une immense faiblesse pour lui et il aurait sincèrement aimé pouvoir la prendre dans ses bras pour lui dire que tout allait s'arranger. Alors qu'il savait que c'était faux. Mais cet endroit était lugubre, dangereux pour une cracmolle. Elle ne pourrait pas produire un patronus pour se protéger des détraqueurs et lui non plus puisque sa baguette en bois de lierre lui avait été confisquée de trop longues semaines auparavant. La respiration retenue, il ne savait pas quoi dire sans paraître ou trop émotif ou trop sec. Il inspira longuement pour calmer ses émotions contradictoires et pour lui répondre, d'un air presque tranquille, un peu de celui qu'il utilisait toujours avec elle pour se moquer de ses frasques ou de ses habitudes vestimentaires : « Tu ne devrais pas être ici ».

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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Lun 7 Jan 2019 - 16:04

Kierán était à moitié plongé dans la pénombre mais le coeur de sa cadette ne pouvait que se comprimer devant ce qu’elle voyait de lui. Ses jambes allongées - de la longueur de sa cellule ! - étaient faméliques. La partie de son visage qui lui était visible était émacié. Il lui rappelait leur mère sur les quelques photographies que leur famille avait conservé d’elle avant que la dragoncelle ne l’emporte, si bien qu’elle ne sut d’abord quoi lui répondre. Dans d’autres circonstances, après avoir remis la palme du colocataire le plus propre au chien, Oona aurait pu gratifier de celle de meilleur taulard le maître qui lui avait volé la vedette. Il était vrai que la remise de ce prix se trouvait surprenante comme chacun s’était plus souvent trouvé de l’autre côté des barreaux. La différence était que Kierán avait toujours su la sortir des pires situations dans lesquelles elle s’était empêtrée et que elle, elle ne pouvait rien pour lui. La cracmolle avait passé la plus grande partie de son existence à se plaindre de son impuissance, il lui semblait pourtant ne comprendre que maintenant le sens de ce mot. Elle était ravagée par la culpabilité et aveuglée par l’intolérable idée que, si leur rôle s’était trouvé inversé, lui aurait su la tirer d’affaires. De quoi avait-elle été capable sinon d’un attentat visant à le libérer, lequel avait lamentablement échoué, quelques jours avant son procès ? « Toi non plus … » gémit-elle les joues recouvertes de larmes sans avoir réalisé, avant de parler, qu’elle était en train de pleurer. Elle voulut se les sécher dans sa manche en reniflant mais d’autres abondèrent aussitôt. Les détraqueurs - même si leur présence était invisible pour elle - l’oppressaient de désespoir. Elle parvint pourtant, malgré sa voix chevrotante, à reprendre un peu du poil de la bête en passant outre la misérable apparence de son grand-frère. Il lui donnait plus que jamais envie de se battre. « Melody n’a pas arrêté de se battre tu sais - se cacha-t-elle derrière la juriste non sans sincérité car, par son statut de sorcière et ses connaissances de juriste, elle était plus propice à soulever des montagnes … et l’affaire graves en était une sacrée ! - Elle secoue même la confédération internationale des sorciers ! Ca pourrait marcher tu sais ? Je n’ai pas vraiment compris comment - le cheminement des explications de la blonde faites d’opaques termes juridiques et de jurisprudence et réglementation à gogo se trouvait présentement brumeux - mais ça pourrait ! » sa petite voix couina-t-elle avec espoir. « Albus Dumbledore dit partout qu’il est contre l’alliance des sorciers avec les détraqueurs et lui est à la confédération, pas ces crétins du ministère ! » lâcha-t-elle suffisamment fort pour que le sorcier qui l’accompagnait distingue bien ces trois derniers mots.
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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Ven 11 Jan 2019 - 12:58

L'obscurité, le froid, la faim. Le désespoir, la douleur et la tristesse. Il y avait bien trop de sentiments négatifs qui parcouraient la prison des sorciers, pour que Kierán Graves se risque à dire lequel était le plus pénible. La cellule qu'on lui avait attribué pour les trente prochaines années, était si petite qu'il n'y avait à peine que quelques centimètres d'écart entre ses jambes allongées et le mur. Il sentait comme prisonnier d'un placard à balai, et aucune de ses supplications, ni aucun de ses soupirs, ne pourraient le sortir de là. L'Irlandais n'avait pas pleuré une seule fois depuis qu'il était là, mais son caractère s'en trouvait plus blasé encore, comme si la pénitence pouvait changer en quelques nuits à peine, l'homme qu'il avait apprit à être ces vingt-neuf dernières années. D'un coup de vent, toutes ses certitudes s'envolaient, disparaissaient, n'existaient plus. Qui était-il maintenant qu'il avait un numéro de prisonnier sur le torse ? Qui était-il sinon un criminel ? Il n'était plus rien aux yeux de la communauté magique, seulement un chiffre que l'on aurait tôt fait d'effacer une fois qu'il serait mort ici. Il ne faisait aucun doute, pour un homme tel que lui, que la perspicacité rongeait plus que de raison, que les murs de la prison seraient les seules choses qu'il verrait jusqu'à sa mort. Les lettres de Melody, rejetées dans un coin de la pièce, ne constituait pas d'autre paysage que celui d'une femme folle et désespérée. Dès lors qu'il en aurait marre de voir le petit tas, il les jettera par la fenêtre, sans remords. Toutefois, s'il était capable de repousser la juriste, il se sentit profondément incapable de rejeter sa petite soeur, dont il ne reconnu pas le visage baigné de larmes.

C'est que les derniers membres de la famille Graves avaient une relation qui avait tendance à se complexifier avec le temps qui passe, et cela n'aidait en rien à les rapprocher. L'on ne pouvait pas dire qu'ils n'étaient pas proches, disons juste qu'ils l'étaient à leur manière. Une manière un peu brute et spéciale, sans doute. Les paroles pleines d'espoir d'Oona n'arrachèrent qu'un soupir blasé de son frère, qui s'enfonça un peu plus dans l'ombre. Peut-être qu'une fois qu'elle ne verra plus son visage, elle partira ? La réalité, c'était que la dépression le touchait plus durement ici qu'elle le touchait au dehors. Cet état d'esprit était sans nul doute exacerbé par la présence néfaste des gardiens de prison, qui pompaient jusqu'au moindre sourire de tous les prisonniers. Les détraqueurs rendaient fous, et Kierán le comprenait avec plus de virulence que jamais lorsqu'il entendait les hurlements déments dans les cellules juxtaposées à la sienne. « Melody est une idiote » asséna-t-il durement, « mettez vous dans le crâne que je ne sortirai pas d'ici vivant ». Son ton sec ne ressemblait sans nul doute à aucun autre. Le jeune homme ne s'était jamais adressé à sa sœur de cette manière-là, mais quoi de mieux qu'être cruel pour la libérer de ce fardeau qu'il était devenu, à l'image du boulet qui le maintenait au sol et qui s'assurait qu'il ne puisse jamais utiliser de magie, même sans baguette ? Il n'y avait plus grand chose qui comptait, pour lui. Kierán connaissait, mieux que n'importe quelle prophétie de la salle dans laquelle il avait travaillé toutes ces années, qu'il allait mourir comme un rat dans cette prison. Tout ce qui rendait une vie agréable sinon au moins passable avait disparu ici, et il se rendit compte, en bon ressortissant de son pays, que ce qui lui manquait le plus - à l'exception de sa soeur - c'était la liqueur de patate qu'il se plaisait à avaler tous les vendredi soirs.


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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Lun 14 Jan 2019 - 10:53

Kierán arracha un nouveau silence à Oona. Le prisonnier lui avait parlé avec un ton dur qu’elle lui connaissait mais qu’il n’avait jamais retourné contre elle en dépit de leurs nombreux affrontements. Elle s’était attendue à bien des afflictions en cheminant vers la prison sorcière. Elle ne s’était pourtant à aucun moment imaginé qu’elle peinerait à ce point à reconnaître le portrait autrefois illustre de son grand frère. Celui qu’elle connaissait ne lui aurait jamais parlé ainsi ni même insulté sa petite-amie d’idiote de la sorte. Et tandis qu’il dissimulait son visage dans l’ombre, sa voix paraissait sortir d’outre-tombe plutôt que de sa bouche. Loin de fuir pourtant, la cracmolle s’attacha à palier la distance dont son aîné se protégeait en refermant ses doigts autour des barreaux poisseux de sa cage. « Non, toi … toi tu t’enfonces dans ton stupide crâne de taulard qu’on arrêtera pas de se battre » asséna-t-elle moins pleurnicharde et plus virulente. « Je ne t’ai jamais écouté avant et je ne vais sûrement pas commencer maintenant que la solitude te fait perdre les derniers neurones ». Elle sentait bien que ce qu’elle appelait solitude n’était, en ce lieu de la désolation, qu’un doux euphémisme. Mais son vocabulaire n’était pas assez riche pour décrire autrement et justement l’effroyable sensation que renfermait ses murs peuplés de monstres invisibles. Trente années étaient une peine intolérable et les mots de son aîné ne seraient jamais plus cruels que le sort dont elle entendait le libérer. « Regarde moi quand je te parle ! » cria-t-elle d'une voix perçante en secouant les barreaux. Les détraqueurs répondirent à son cri par un sifflement aigu et, derrière elle, l’homme du ministère se tint au garde-à vous.

Elle ne pouvait se résoudre à cesser de secouer l’acier mais il se trouvait aussi impossible à faire ployer que la sombre volonté de son grand frère. L’enfant capricieuse qu’elle avait toujours été ne supportait pas cet état de fait et sanglotait en vain pour le renverser. Il était terriblement injuste que son grand frère, seul homme qu’elle admirait, soit emprisonné quand elle était libre. Elle aurait tout sacrifié pour que leurs rôles soient échangés comme à l’accoutumée. Et si elle avait eu la conviction que des cracmols pouvaient se faire enfermer ici, elle aurait volontiers troqué sa liberté ne serait-ce que pour habiter la cellule voisine. Même quand elle avait fui la maison, Kierán Graves était toujours resté son point de repère. Sa petite soeur était tristement perdue sans lui. « Je te déteste ! » hurla-t-elle encore hystérique, arrachant rires et cris déments aux autres prisonniers, avant que le seul sorcier armé d'une baguette en ces lieux ne lui aboie l'ordre de se taire. Il ne tenait pas à devoir se tenir seul entre tous les détraqueurs et un tel buffet de fol espoir.
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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Jeu 17 Jan 2019 - 22:05

Dormir, voilà ce que faisait Kierán la plupart du temps pour ne pas avoir à penser. Ses idées noires de suicide, qu'il pensait accomplir avant d'être totalement rongé par la haine, la peur, le désespoir et le manque de tout ce qui rendait une vie vivante, le rongeaient. Il y songeait de plus en plus, à cette mort noire qui se tenait derrière lui et qui semblait vouloir articuler ses mains pour lui enserrer la gorge. Ses yeux bleus se posaient toujours sur le mur d'en face et non pas sur la petite ouverture qui lui servait de fenêtre et qui laissait entrer le vent, le froid, et la pluie. Cette cage était trop étroite, au sens propre comme au sens figuré, il se sentait de plus en de plus désagréablement enfermé dans sa propre tête. C'était un sentiment qu'il avait toujours, d'une certaine manière, expérimenté. Kierán Graves ne s'était jamais vraiment senti bien dans son corps et dans son esprit, et maintenant qu'il était enfermé dans une cellule minuscule, avec tous les détraqueurs autour de lui, ce sentiment était totalement exacerbé. Parfois, certains des sombres et glauques gardiens de prison se payaient le luxe de traverser les cellules et ces moments étaient les pires. Ça le rendait malade. Il guettait le bruissement de leurs capes et le souffle de leurs râles comme s'il s'attendait à mourir à chaque instants. Cette crainte de la mort, qui avait toujours caractérisé son épouvantard, le poursuivait encore aujourd'hui, et se faisait plus insidieuse encore maintenant qu'il avait envie de se suicider. Comment la détresse d'être enfermé ici le faisait penser à cette mort qu'il craignait ? Comment la prison pouvait-il lui faire désirer ce qui lui faisait le plus peur ? A cette pensée, il se passait toujours une mains sur son visage sale, lorsqu'il avait le courage de bouger. Ses muscles se raidissaient et il n'avait même plus envie de s'animer. Ses mots étaient durs, et froids, comme son environnement et Kierán ne savait plus parler autrement qu'avec cette désagréable voix rauque qui rendait ses mots plus pénibles encore. L'Irlandais ne parlait presque plus, se contentait de penser à sa désespérante envie de fuir pour retourner dans ce pays qui l'avait vu naître et dans lequel il n'allait pourtant presque plus lorsqu'il était encore libre. Il jeta un regard envieux à sa soeur qui ne pouvait pourtant pas voir cet éclat fugace dans ses yeux bleus. « Alors tu es une idiote aussi, Oona » s'agaça-t-il bien plus brusquement qu'à l'accoutumée. Il poussa un long soupir et se contenta du silence.

Le jeune homme désirait vraiment qu'elle parte. Ce n'était pas un lieu qu'elle pouvait supporter, il la connaissait bien. Oona avait une personnalité et une histoire trop brouillée pour pouvoir contenir les affreux sentiments que provoquaient les gardiens de la prison des sorciers. Pourtant, même lui qui était plus tempéré, ne supportait pas plus l'endroit. Sans doute n'y avait-il pas de solution pour se faire sortir du crâne toutes ces douloureuses pensées et tous ces tristes souvenirs. Jamais il n'avait autant pensé à la mort de ses parents que depuis qu'il était ici. Qu'aurait-dit son père ? Serait-il venu ? Sans doute qu'il serait venu. Kierán ne se plaisait pas à imaginer la scène qu'il se jouait pourtant tous les jours, presque en boucle dans sa tête, où il voyait son père à la place exacte où se tenait sa soeur aujourd'hui, pour lui parler et lui donner de l'espoir. Son fils répondait toujours à ses mots par des "Va t'en" et des "Je te déteste" et il sentait bien que ces paroles qu'il ne pensait pas allaient finir par heurter les tympans de sa jeune soeur. Elle lui hurla de la regarder et pour toute réponse il se détourna un peu. Sa tête reposait contre la pierre froide, et il ramena ses jambes contre lui. Lorsqu'elle ajouta qu'elle le détestait, il marmonna : « Moi aussi » mais d'aucun n'aurait pu savoir s'il s'adressait à lui-même ou bien à elle. Oona ne devait pas limiter sa vie à la sienne qui se finissait en prison. Elle méritait, comme tout le monde, de vivre en paix et trouver enfin une stabilité intérieure. « Ne viens plus jamais. Ne penses plus à moi. Et apprends à vivre sans m'avoir dans ton dos » lui conseilla-t-il froidement, « va t'en, et rentre chez toi ». Le "chez toi" était en fait "chez lui", et il n'avait pas choisi ces mots au hasard. Son appartement n'était plus le sien, son chien non plus, son saxophone non plus. La prison avait scellé son cercueil et il préférait amplement signifier à voix haute le contenu de son testament plutôt que de la laisser le découvrir dans peu de temps.


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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Ven 1 Mar 2019 - 9:09

Les disputes étaient mornille courante entre le frère et la soeur, cette dernière se trouvait pourtant d’un autre acabit. Ce lieu maudit et ses habitants aiguisaient chaque mot virulent pour les rendre plus transperçant et blessant. Et malgré les injonctions de l’auror à retrouver son calme, la cracmolle ne cessa de secouer les barreaux que lorsque son frère lui avoua la détester. Sa faiblesse n’aurait su prêter un autre sens à ses mots. Les détraqueurs avaient été attirés par ce zèle d’espoir qu’elle avait manifesté dans leur haut lieu de désolation. Et avant que son escorte ne la protège d’un patronus pour chasser les démons invisibles à son oeil, elle put entendre la haine de son frère se répercuter dans tout son être et se joindre au propre dégoût que sa condition lui avait toujours inspirée. Et le front posé contre les barreaux glacés, elle ne sanglotait plus que comme une enfant. Les détraqueurs continuaient à affluer pour tenter de déjouer le buffle argenté. « On ne peut pas rester plus longtemps » commanda le seul sorcier armé avec plus d’aplomb que sa maigre constitution ne le laissait deviner. Kierán eut d’autres mots terribles qui la bercèrent comme une quantique, elle ne se réveilla que lorsqu’il évoqua leur foyer mais déjà le bras de l’auror se refermait sur son bras pour l’éloigner. Elle le surprit en retrouvant toute sa vigueur pour s’accrocher de nouveau à la cage. « Ce n’est pas chez moi, c’est toi mon chez moi, tu ne comprends pas après toutes ces années ? - couina-t-elle encore d’une petite voix aigüe - Tu es mon grand-frère, ma seule famille et c’est toi ma maison … alors tu as intérêt à rentrer parce que je te jure que je continuerai de venir et que je n’irai jamais ailleurs que là où toi tu iras. Même les deux pieds d’abord au fond de cet océan pourri ! ».

Et le patronus de chasser de ces cornes un détraqueur qui rapprochait ses doigts putréfiés de son épaule. L’auror murmura une incantation de sa baguette qui lui fit lâcher les barreaux qui passèrent de glacés à brûlants. Il ne lui laissa pas le temps de s’y accrocher de nouveau et, l’attrapant par le poignet, l’attira loin de ce lieu devenu trop dangereux. Les détraqueurs les cernaient de toute part et leur présence invisible la faisait trembler comme la dernière feuille que le vent d’automne tente d’arracher à un arbre. Son espoir flancha et, se répétant inlassablement les derniers mots de son frère, elle finit par défaillir.
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MessageSujet: Re: Spartacus gagne le prix du colocataire le plus propre | KIERAN Ven 1 Mar 2019 - 12:59

Oona et Kierán s'étaient toujours trouvés diamétralement opposés sur quatre-vingt dix-neuf pour cent des sujets. Ils étaient deux individus bien différents, la soeur bien affirmée, le frère plus renfermé, et si leurs différences les avaient conduit à presque s'entre-tuer la plupart du temps, il y avait cependant entre eux cette marque sanguine qui unissait comme un lien indélébile leurs deux noms dans leur arbre généalogique. Ils se disputaient tous les jours parfois même plusieurs fois dans la journée sans pour autant que cela ne les fasse dépérir. Cette prison pourtant dans laquelle il pourrissait lentement, était plus destructrice que n'importe quelle prise de bec entre eux. Il ne voulait pas la voir et il ne voulait pas qu'elle vienne. Néanmoins, il était clair comme de l'eau de roche que la plus jeune de la fratrie Graves allait, avec son bon verbe délicat, lui faire comprendre qu'il pouvait toujours courir. Et accrochée aux barreaux comme un singe derrière une cage, Oona couina sa réponse avec une vigueur désespérée qu'il ne pensait pas plus revoir chez elle. La dernière fois qu'il l'avait vu si excitée, s'était à l'enterrement de leur père. « Trouve toi une autre famille » asséna-t-il plus durement que jamais. La vigueur de sa soeur sembla le toucher déraisonnablement puisqu'il se retrouva sur ses jambes avant d'avoir pu prononcer une syllabe de plus. Il s'approcha des barreaux et passa son bras à travers pour attraper la jeune femme par le col. Kierán ressentait avec tellement plus de violence toutes les émotions qu'il avait l'habitude intolérable de ravaler, qu'il ne parvenait plus à les ignorer avec une nonchalence agaçante qui était pourtant une partie intégrante de son caractère paisible. « Dégage » dit-il avec virulence en la repoussant brusquement. Elle lâcha les barreaux et physiquement insensible à ses pleurs ou ses mots, il se rassit dans un coin en ne focalisant son esprit que sur le râle des détraqueurs qui s'amassaient désormais devant la porte de sa prison fermée.
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