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֍ Nos péchés ne sont que l'expression de notre liberté ֍ Aurora Beurk

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Aurora H. Beurk

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NEUTRE
Le silence est une opinion.

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MessageSujet: ֍ Nos péchés ne sont que l'expression de notre liberté ֍ Aurora Beurk ֍ Nos péchés ne sont que l'expression de notre liberté ֍ Aurora Beurk EmptyMer 2 Jan 2019 - 12:09

Bye bitches



La mâtinée touchait à sa fin dans les profondeurs de la Bulgarie rurale. Entre forêts et champs bordés de hais, un vieux châteaux datant probablement des croisades se dressaient dans la vallée. Si son apparence eut pu faire croire qu'il s'agissait d'un édifice d'envergure, il n'en demeurait pas moins dangereusement en ruine. N'importe qui aurait pensé que personne n'aurait osé y vivre, mais c'était ne pas connaître la confrérie qui habitait ces lieux. Composée d'un groupe de vieilles sorcières slaves qui avaient dépassé le centenaire depuis déjà un siècle, cet endroit n'était pas fait pour le divertissement ou l'épanouissement spirituel. Les jeunes femmes qui y étaient éduquées, ou plutôt retenues prisonnières, étaient là car elles avaient commis un acte terrible dans le monde étriqué des communautés sang-pures sorcières. Si l'écrasante majorité d'entre elles étaient des serbes, des grecques, ou mêmes des ukrainiennes, une étrangère semblait se détacher comme une tâche sur une feuille blanche.

Aurora Beurk n'avait pas été envoyée pour corriger ses tords, elle y avait été envoyée pour disparaître et ne jamais réapparaître en Angleterre. Elle avait commis un crime qui ne connaissait pas de repentance ou d'excuses pour sa famille, et sa destiné était désormais de vieillir et de mourir dans ce lieu perdu dans des terres étrangères.
La jeune femme si elle avait accepté placidement son destin, n'en demeurait pas moins extraordinairement nonchalante. Son amusement était désormais de pousser à bout psychologiquement ses geôlières, jusqu'à ce que peut être, elles la laissent partir par dépit. Ce matin là avait été consacré à la broderie de plusieurs nappes, à la main. L'avilissement profond de cette tâche manuelle leur était imposée comme la peine pour leur péché, mais il en fallait plus pour briser le caractère de petite peste de la jeune Beurk.

« Et du coup vous venez d'où ? » Demanda-t-elle dans un bulgare correctement formulé, les yeux fixés sur le motifs qu'elle brodait. Une tombe, sur laquelle elle s'efforçait de faire figurer les initiales de la directrice de l'établissement. La vieille qui la surveillait, une albanaise qui n'avait jamais cherché à maîtriser les langues slaves, lui répondit d'une voix rauque et bien peu engageante, malgré un sourire de contentement sur le visage de se voir demander une question personnelle : « Et bian, jé vians d'oune pétité villé dou soud dé Vlad-... » Aurora l'interrompit en relevant soudainement son visage, les sourcils relevés de surprise. « Oh, attendez … » Elle déposa sa main sur sa bouche, et lâcha d'un ton cassant : « Je viens de me rendre compte que je m'en fichais. » Son rire moqueur s'échappa de ses lèvres alors qu'elle rebaissait son visage sur son travail rébarbatif de broderies. Ciel, qu'elle aurait aimé pouvoir partir d'ici. « Auroura ! » L'interpella sèchement l'albanaise, mais la jeune fille regardait déjà ailleurs. Un homme tout à fait spectaculaire dans l'environnement alentour venait de rentrer dans la pièce, la mine grave. Il ôta son chapeau d'un geste bien trop élégant pour être celui d'un indigène des lieux, et s'adressa à la femme qui semblait la plus vieille et austère de la pièce. « Je recherche Mademoiselle Beurk, je suis chargée de la ramener à Londres en tant que notaire. » Instinctivement, l'homme s'était adressée à la responsable de cette communauté, à moins qu'il ne la connaisse déjà ? Il poursuivit sa phrase d'un air cérémonieux, tandis que la jeune blonde restait accrochée à ses paroles « Son frère cadet vient de décéder et elle est désormais héritière unique des possessions de sa famille. »

La jeune héritière jetta à ses pieds son travail de broderie, sans même attendre la réponse de la supérieure, et se redressa, totalement transcendée par la nouvelle qu'on venait de lui annoncer. « Merci Merlin » souffla-t-elle dans un soupir incrédule. Elle qui avait l'impression d'avoir vécu une vie maudite, venait de voir son vœux le plus cher exaucé. Certes, au prix de la mort de la plupart des membres de sa famille, mais quelle importance ? Pendant ces quatre dernières années, c'étaient-ils seulement souciés d'elle ? Pas pour un sous. Si le destin leur avait laissé la possibilité, ils l’auraient laissée pourrir ici à jamais pour le prix de ses crimes. Elle se rappelait encore cette fois où quatre ans auparavant son père l'avait chassée, lui hurlant qu'elle serait la perte des Beurks. Force était de constater, qu'elle était le futur de cette famille désormais. Mais souhaitait-elle seulement sauver son nom ?

« Vos dévriéz avor rhonte dé vos. » Siffla alors la responsable, dans son accent albanais à trancher au couteau, l'air désapprobatrice de la réjouissance de sa jeune prisonnière. Mais si Aurora ne s'était contentée que de légère remarques, et d'une attitude vaguement bravache jusque là, le fait de savoir qu'elle était désormais libérée de ce lieu lui donnait des ailes d’arrogances et de confiance. Elle s'approcha alors de sa vieille geôlière et lui murmura d'une voix particulièrement suave et méprisante : « Je ne crois pas qu'une vieille fille au strabisme divergent soit bien placée pour me dire ce que je dois penser de moi même. » Elle lui sourit de toute ses dents, causant des fossettes sur ses joues, avant de déposer sa main sur sa bouche et d'ajouter : « Oups, peut être était-ce rude ? Moins rude que votre attitude néanmoins, pour sûr. » D'un mouvement elle se tourna vers le notaire, et s'approcha de lui. Il était son assurance de rentrer chez elle, et de partir enfin de ce lieu terrible. Il était tout à fait hors de question qu'elle le lâche des yeux. « Vous direz bien à ces garces qu'elles n'auront pas une mornille de plus de ma part. Elles peuvent bien s'étouffer sur les affaires que je leur laisse, elles n'auront rien d'autre. » lui murmura-t-elle, car il était tout à fait inenvisageable qu'elle dédommage les vieilles carnes pour son départ ou qu'elle retourne dans son dortoir chercher ses affaires. Elle connaissait bien trop la fourberie des gérantes pour ne pas craindre d'y finir enfermée. Son issue de secours était apparue, et elle n'aurait qu'une seule chance de l'emprunter, elle n'allait pas risquer de la perdre pour trois chemises en coton.

L'héritière adressa un geste de main impérial envers l'attroupement qui s'était formé autour d'elle et de l'homme à la mine rébarbative. Plusieurs jeunes filles la regardaient, toutes auraient voulu être à sa place et avoir sa chance.
« Bon courage mes colombes, et puisse Babayaga venir vous libérer des vieilles peaux. » scanda Aurora, avant de prendre la poudre d'escampette au bras de son notaire.


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MessageSujet: Re: ֍ Nos péchés ne sont que l'expression de notre liberté ֍ Aurora Beurk ֍ Nos péchés ne sont que l'expression de notre liberté ֍ Aurora Beurk EmptyLun 25 Fév 2019 - 21:06

Welcome home




Lorsqu'on a passé tant de temps loin de chez soi, nos souvenirs s'érodent et s’étiolent. Les caractéristiques des lieux deviennent caricaturales dans nos mémoires, et prennent l'apparence exagérée de ce qui fut un temps une réalité. Retourner en Angleterre pour la jeune Beurk n'était pas une source d'appréhension. Absolument pas. Elle avait hâte d'enfin revivre, elle qui avait été retenue dans un monastère pendant cinq longues années. Il était temps de tourner la page sur le passé, et d'ouvrir l'avenir.
« Bienvenue, Lady Beurk. » La salua son notaire, alors qu'il lui ouvrait la porte de l'hôtel particulier de sa famille. La jeune femme cilla, et passa ses mains sur ses avant-bras, un instant troublé de revenir là où tout avait commencé. « L'endroit est resté comme il était avant … Avant tout ça » précisa-t-il d'un ton composé « Fort bien, c'est donc resté désuet et outrageusement décoré. » lui répondit-elle alors vivement, en haussant ses sourcils, le visage baissé. Elle le redressa finalement, et s'engagea dans la demeure, ne montrant comme émotion que ses lèvres subtilement pincées. Le passé était une chose qui ne pouvait qu'être amère pour elle. Tant de fantômes peuplaient désormais ces murs, et ce n'était pas comme si elle les appréciait. Faire le deuil d'une famille alors même que le conflit était encore ouvert, que le secret était encore brûlant, et la trahison cuisante, était de l'ordre de la torture.

Elle gravit lentement les marches de l'escalier, sa main glissant sur la rampe en bois sombre. Elle s'arrêta dans le couloir du premier étage, s'approchant alors d'une fenêtre victorienne qui présentait une avancée extravagante sur la cour. Ses prunelles se fixèrent sur le coussin en velours d'un rose pâle qui était posé sur la petite avancée. « Je venais ici tout le temps lorsque j'étais une petite fille, je priais d'être ailleurs. » murmura-t-elle alors qu'elle effleurait du bout des doigts la vitre glacée. Un peu de poussière se déposa sur sa peau, et son demi-sourire s'effondra face à cette métaphore du temps qui passait et de la mort qui jamais ne tardait. « A cette époque, je ne pensais qu'à ce que je voulais, jamais à ce que j'avais. » continua-t-elle en pinçant ses lèvres, tandis que ses yeux parcourait le petit banc. Tout cela semblait si loin, et pourtant si près.

Comme si son notaire avait senti sa vulnérabilité, il avança une main qu'il posa contre son épaule, et tenta de faire une phrase réconfortante un peu sophistiqué : « Vous avez l'âme tendre, comme votre mère à votre âge. » La jeune blonde tourna alors son visage vers l'homme, les traits durs, et elle lui adressa un regard hautain des pieds à la tête, avant de laisser un rire cynique.  « Beaucoup de termes pourraient décrire ma mère. Tendre n'a jamais fait parti d'eux. » lâcha-t-elle sèchement, alors que d'une main elle retirait la sienne de son épaule. « Vous étiez bien aveugle à son égard si vous n'y voyiez que de la douceur, là où il n'y avait probablement que de la lâcheté et une bonne couche de suffisance. » continua-t-elle avec un ton amusé par la profonde naïveté de cet homme, elle se retourna alors d'un bloc et reprit le chemin de l'escalier pour le redescendre et sortir. Alors qu'elle descendait les premières marches, elle conclut sa phrase d'une voix ferme : « Je ne suis pas comme ma mère, je ne l'ai jamais été, et je ne le serai jamais.»

Arrivée sur le seuil de la demeure, les pieds dans la neige, l'insupportable notaire continua de l'importuner, en lui demandant d'une voix faussement affairée et compassée : « Vous souhaitez vous rendre au cimetière voir votre famille ? » La jeune femme chassa d'un geste de main fulgurant les quelques flocons qui tentaient de se poser sur elle, et l'idée soumise par l'homme par la même occasion. « Non, ce ne sera pas nécessaire, je suis certaine qu'ils y sont tous très bien logés. » soupira-t-elle sans l'ombre d'une compassion, la plus infime soit-elle. Elle se retourna pour observer de ses yeux bleus le notaire tandis qu'elle mettait ses gants qu'elle venait de sortir de son sac. « Vous n'oublierez pas de me transmettre les documents de la succession, je ne compte pas encore vendre. Bonne soirée, Albertus. » Sur ces mots, elle virevolta sur elle-même sans plus de cérémonie et transplana.


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