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Survivre est un devoir et non un désir — Razvan

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Gardenia E. Powell



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MessageSujet: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyVen 15 Fév 2019 - 23:10

Flashback — Mars 1975

L'enterrement avait eu lieu la veille. Tant de gens qu'elle n'avait pas connu et tant de gens dont le visage lui était familier avaient défilés dans le cimetière. Le temps ne s'était pas prêté à une humeur joyeuse de part la pluie et l'orage grondant dans le ciel, comme pour pleurer le départ précipité de celle qui était sa mère. Son humeur était sombre. Elle revoyait encore le patrons de l'Auror galoper dans la Grande Salle à sa recherche, son visage lorsqu'il lui avait annoncé la mort d'Eden Potter, elle s'effondrant contre le sol froid du château et Gabin ayant tenté de la réconforter avec difficulté. Elle était devenue orpheline et définitivement brisée. Ses cheveux blonds coupés irrégulièrement lui arrivait juste sous la mâchoire et accentuaient son air sévère, dur et le côté sombre qui s'était construit en elle, en quelques jours seulement. Mais le pire restait à venir : si la chute était profonde et facile, la remontée ne le serait pas autant. La haine demeurait apparente dans ses traits : haine envers le meurtrier, haine envers la fece de serpent, haine envers les aurores l'ayant prévenue presque un mois après le décès d'Eden Potter, haine envers l'hôpital.
Elle avait besoin de réponses et pour ça, elle ne voyait qu'une seule solution : se rendre là où tout s'était terminé. Sainte-Mangouste. Sa majorité non-acquise, elle n'avait pu transplanter et avait du faire appel à Garrick qui avait accepté de l'accompagné lorsqu'elle avait avancé "un mal de ventre abominable". Arrivée à l'hôpital, elle s'était dirigé vers l'accueil où elle avait dû hurler pour se faire entendre. Elle voulait des réponses, et foi d'Ollivander elle les aurait. Après trente deux minutes de calvaire pour les infirmières, celles-ci craquèrent en lui indiquant le service des pathologies liées aux sortilèges vers lequel elle s'était dirigé après un froid "merci". Il y a avait parfois du bon à avoir un côté Serpentard. « Bonjour. Je souhaiterai avoir accès au dossier d'Eden Potter Ollivander, s'il vous plait. » avait-elle dit sur un ton qui ne s'accordait pas avec sa politesse. Une image contrastante entre la jeune fille brisée et son attitude impassible. L'infirmière en chef ne voulant pas lui accorder sa requête, elle ne comprenait toujours pas. Pourquoi ? Que lui cachait-on à la fin ? La conversation monta dans les tour jusqu'à coque la jeune fille ne doive frapper son poing violemment dans le comptoir pour ne pas se voir trainer devant le tribunal pour agression. « Vous allez me le donner, ce troll de dossier, oui ou non ?! » finit-elle par hurler, son masque se fissurant complètement, toute la haine qu'elle conservait se retranscrivant dans son regard.


Dernière édition par Gardenia E. Powell le Sam 16 Mar 2019 - 18:02, édité 2 fois
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Razvan Vacaresco



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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyVen 15 Fév 2019 - 23:39

Razvan passait des journées assez calmes ces temps-ci. Pourtant, cela ne changeait rien à l'humeur morose qu'il arborait sans cesse au Royaume-Uni. Il ne s'y plaisait pas. Il détestait le temps. Les gens étaient étranges. Et si ses progrès en langue étaient absolument phénoménaux - ses frasques à discuter avec un autre britannique sur le sol roumain étaient toujours bien ancrées dans sa mémoire - cela ne suffisait absolument pas à le satisfaire. Et que dire de la nourriture ? C'était terrible. Seul le thé parvenait à dérider quelque peu notre homme qui y trouvait cependant un réconfort tout relatif. Plus d'un an qu'il était en territoire hostile. Razvan avait été habitué à la vie simple d'un village de commères, dans un endroit où l'on ne se rapportait que les derniers ragots et de nouvelles plaisanteries amenées des villes par les gens du monde. Il s'était toujours satisfait d'une vie incroyablement simple, à cultiver sa terre tout en soignant gratuitement les gens qui venaient à lui. Il n'était pas un homme à désirer beaucoup de choses, il voulait la simplicité. Pourtant, à chaque fois qu'il posait son regard sur un anglais, sur une voiture, sur un quotidien de ce pays, il avait l'impression de venir d'une autre planète. Son métier de médicomage ou de médecin pour les moldus, avait quelque chose de routinier et de plaisant. Il avait bien peu souvent d'urgences, et il soignait généralement des gens qui en réalité avaient besoin de soins quotidiens. Ici, c'était bien différent. Une partie de lui-même était absolument ravie de mettre réellement en pratique ce qu'il avait étudié des millions d'années auparavant à l'université dans son cursus d'études supérieures, et de l'autre, il ne supportait pas l'ambiance de Sainte-Mangouste. Cet hôpital si réputé, ne valait pas grand chose en terme de relations humaines.
Il sortait du bloc un beau jour de mars 1975, lorsque ses tympans furent brutalement heurtés par la voix stridente et criarde d'une femme que les infirmières ne parvenaient pas à calmer. Il soupira en se disant qu'il n'avait vraiment pas besoin de s'occuper de ça, que de toute façon c'était le travail des infirmières et que lui n'était là que pour donner des médicaments et opérer. Pourtant  plus ça allait et plus cela criait. Allaient-elles appeler la sécurité ? Razvan reconnu son côté "patriarche perdu dans une ville de Transylvanie" lorsqu'il se dit que ce serait bien de rester pour voir comment allait évoluer la situation. Il se saisit d'un dossier sur un brancard vide pour l'examiner, sincèrement et pensivement, tout en gardant une oreille résolument tournée vers ce qui se passait non loin de lui. Pourtant et ce fut sans doute le moment le plus douloureux de son après-midi, il fut heurté d'entendre son nom réclamé par une des infirmières qui essayaient toujours de calmer la furie. Il fit mine de ne pas l'avoir entendu : « Docteur Vacaresco s'il-vous-plaît ? ». Il ne pouvait plus l'ignorer. Notre homme remit le dossier à sa place et s'approcha avec son air d'oiseau de proie vers la scène de ménage. « Bonjour » salua-t-il la jeune demoiselle qui créait l'esclandre du mois aujourd'hui, devant lui. Forcément, on allait lui refiler le problème : « Si vous le voulez, c'est à Monsieur que vous devez vous adresser ». Ah bon ? Il la regarda d'un air un peu figé avant de se tourner vers la jeune femme. Il essaya de sourire, sans grand succès. Gérer les crises, il savait faire, il n'en avait juste pas envie. Razvan se racla la gorge et l'invita à le suivre d'un geste. Ils parcoururent le couloir ensemble, évitèrent deux infirmières qui courraient après un homme qui possédait un troisième bras palmé et mauve et il ouvrit devant elle la porte de son bureau pour qu'elle y entre. Seigneur, qu'avait-il fait pour mériter cela ? Il pénétra dans la pièce à sa suite et s'assit derrière son bureau. Il n'était pas fou et il savait que mettre une distance de sécurité serait clairement la meilleure chose à faire pour conserver sa possibilité de procréer : « Razvan Vacaresco » se présenta-t-il sans exagérer son accent épouvantable, « en quoi puis-je vous être utile, Miss ? ».

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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyLun 18 Fév 2019 - 19:01

Elle ne s'était jamais cru capable d'une telle violence. Jamais. Absolument jamais. La seule fois où elle avait dû frapper quelqu'un se résumait à quelques mois plutôt lors de sa dispute avec Moran. Elle se faisait peur à elle-même. Elle venait simplement de se briser. Elle voulait simplement des réponses et celles que lui donnaient les infirmières ne la satisfaisait certainement pas. Lorsqu'un nom franchi enfin les lèvres de l'infirmière en chef qui commençait sérieusement à se dire que la situation lui échappait, la jeune fille y vit enfin une lueur d'espoir se moquant de ce à quoi elle pouvait bien ressembler aux yeux des patients et membres du personnel. Elle regarda l'homme en blouse avec respect, respect qu'elle avait donné aux infirmières qui l'avait quelque peu écrasé. « Bonjour. » dit-elle d'un ton étonnement calme, contrastant avec celui qu'elle employait un centième de seconde auparavant, tandis que l'infirmière se débarrassait de son problème avec impatience, mais aucune subtilité. Pathétique. Son regard passa de nouveau à l'homme qui lui faisait face. Si elle avait les cheveux blonds de longueurs inégales s'arrêtant à sa mâchoire pour la plupart, lui, coiffait ses cheveux bruns d'une légère raie sur le côté gauche. Il n'était que très légèrement plus grand qu'elle contrairement à ce que l'on aurait pu penser, son corps plutôt bien entretenu trahissait la pratique d'un sport plus physique que du Quidditch. Intéressant. Si il tentait de sourire, elle restait presque impassible, elle ne pouvait tout simplement pas sourire et ne comptait pas en faire une tentative désespérée. Elle le suivit dans les dédales de Sainte-Mangouste, les cas des patients ne lui faisant ni chaud ni froid : elle était venue pour ses réponses. Rien d'autre. « Gardenia Ollivander » lui répondit-elle d'une voix éteinte en prenant place sur la chaise lui étant destinée, sans relever les origines de l'est du médicomage. « Je voudrais avoir des réponses, Monsieur. » continua-t-elle lorsqu'elle y fit invitée. « Concernant le dossier de... feu... Eden Potter Ollivander. » finit-elle par dire, en ayant gros dans la voix. Elle vouait en finir le plus vite possible, sortir d'ici et ne pas y remettre les pieds avant un long moment. « S'il vous plait. »


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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyMar 19 Fév 2019 - 13:54

Le bureau offrait au médicomage un bouclier contre la jeune femme qui semblait en avoir lourd sur le coeur. Elle avait hurlé dans le couloir comme aucune furie avant elle, et Razvan devait bien reconnaître qu'elle en avait dans le coffre. Ce n'était pas gagné en la voyant simplement comme cela. Elle semblait fragile, jeune, gentille, même. Il se demanda, lorsqu'il se présenta et qu'elle en fit de même, ce qui pouvait bien déclencher un tel courroux. Il espéra sincèrement que ce n'était rien. S'occuper des clients les plus réfractaires n'était certainement pas ce qu'il aimait le plus faire. Notre homme était un homme d'action qui aimait simplement faire son métier : à savoir, soigner des gens. C'était sa spécialité, ce pour quoi il avait travaillé pendant des années. Son travail, ce n'était pas de gérer les crises émotionnelles des patients les plus sensibles ou de leurs familles. Ses yeux sombres, qui avaient momentanément quitté la jeune fille pour se poser au hasard sur un dossier de son bureau, revinrent accrocher les iris plus clairs de Gardenia Ollivander. Il ne fallut guère plus de quelques secondes pour savoir que le dossier qu'elle demandait, il l'avait, à quelques centimètres de sa main dans un tiroir de son bureau. Il ne lui fallait pas plus de temps pour savoir qu'il n'avait pas spécialement le droit de le montrer pour l'instant. Il comprit tout aussi vite que cette personne devait être particulièrement proche de la jeune femme, puisque de toute évidence, elles portaient le même nom. Peut-être était-ce sa soeur ? Ou sa mère ? Ou sa tante, même. Razvan connaissait très bien ce dossier pour l'avoir lui-même rédigé dans son intégralité quelques mois plus tôt. « Je l'ai rédigé » l'informa-t-il comme s'il lui parlait du printemps qui était déjà là depuis un moment, « je n'ai pas le droit de vous le montrer, en... hum... Théorie ». Il n'était pas certain de l'expression qu'il venait d'utiliser, mais il croisa mentalement les doigts pour que ça veuille dire quelque chose et qu'il n'ait pas fait de traduction pure et simple du roumain vers l'anglais. Il ajouta, comme pour se justifier : « Ce sont les ordres du Ministère... Mais je peux essayer de répondre à vos questions, si vous en avez ». Razvan n'était pas assez fou pour ne pas proposer à la jeune femme une voie de secours pour qu'elle ne se mette pas en colère. Il répondra volontiers à ses questions, et il était prêt à l'écouter se plaindre du piètre personnel de Sainte-Mangouste. A dire vrai, s'il y avait bien quelque chose sur lequel il n'ait rien à redire, c'était bien l'efficacité des médicomages de cet établissement. Ils étaient tous très doués, dans une matière spécifique souvent, et le roumain prenait plus de plaisir que prévu à travailler en équipe. La mort de sa femme l'avait habitué à tout gérer seul, et si les premières semaines avaient été compliquées, maintenant, cela allait mieux. Bien entendu, il y avait toujours des cas désespérés pour qui on ne pouvait rien faire d'autre que d'apaiser les souffrances en attendant la fin. D'autres cas étaient plus nébuleux, et ils ne sauvaient pas tout le monde. Là était la terrible vie de tout médecin, moldu comme sorcier. Certains en réalité, comme Eden Potter Ollivander, n'étaient pas fait pour être sauvés.


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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyMer 6 Mar 2019 - 0:57

Orde du Ministère. Encore et toujours le Ministère. Dix ans plus tôt elle n'avait pas non plus su de qu'elle manière était parti son père, était-ce en mission ? Par accident ? Un Assassinat ?  Elle ne l'avait jamais su  et n'avait jamais cherché à le savoir., mais cette fois-ci : c'était différent. On lui cachait quelque chose, un évènement, l'Aurore n'avait rien voulu lui dire si ce n'était : désolé, et elle voulait savoir. Pourtant, là encore, on remettait le Ministère, ce fichu Ministère tout à fait controversable sur la table. Encore. Ses mains se resserrant sur sa cape, elle prit son courage à deux main pour ouvrir la bouche. « S'il vous plaît. J'ai besoin de savoir comment ma mère est morte. » dit-elle avec une détermination qui n'était pas propre à ce que devait ressentir une adolescente de seize ans. « Et seulement ensuite, je rentrerai à Poudlard. » finit-elle par se résigner. Elle devrait bien y retourner un jour, tout comme les élèves ayant perdus des membres de leur famille, elle n'était pas un cas isolé, bien au contraire. Elle devrait retourner s'enfermer dans le château et subir les regard pleins dentistes, de pitié ou de moquerie pour d'autres. La jeune blonde aux cheveux désordonnés soupira doucement avant de se reprendre, il fallait qu'elle garde son calme pour affronter les prochaines semaines, les prochains mois qui se profilait, ou au moins le laisser paraitre. Elle était orpheline, mais loin d'être solitaire et c'était ce fait unique qui la rendait moins pitoyable au yeux de son prochain. « Je m'excuse pour mon manque de tenue passé. » dit-elle sincèrement honteuse de son comportement devant les infirmières et tout le reste de Sainte-Mangouste.

HJ:
 


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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyJeu 14 Mar 2019 - 13:55

Razvan comprenait la peine du deuil mieux que personne sans aucun doute, et il voyait dans le regard de cette jeune fille quelque chose qu'il avait vu dans le sien lorsqu'il s'était regardé dans le miroir à la mort de sa femme. C'était comme un spectre dansant dans les pupilles, quelque chose proche de la rage et du désespoir. Ajoutez à cela une farouche volonté d'avancer pour ne pas trop se perdre dans un univers que l'on ne connaissait pas, et l'on faisait face au regard d'un endeuillé. Elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle se perde dans un dédale d'espoir, de revanche et de haine et il ne comptait pas le lui en parler. Quoi de pire que d'essayer de réconforter quelqu'un qui avait perdu un proche, qui avait perdu sa mère ? Le roumain n'avait pas connu la sienne, probablement pour le mieux. Il avait vu des photos, ainsi que d'autres de son père, mais il n'avait aucune idée du timbre de sa voix et de l'expression joyeuse qu'elle aurait pu avoir. Cela le préservait de ce que cette jeune anglaise ressentait présentement. Malheureusement, seule une vie en ostracisme aurait pu le préserver de ce qu'il avait ressenti et ressentait toujours lorsqu'il repensait à ce qu'il avait vécu cinq ans auparavant. La peine ne partait pas avec le temps. Elle se faisait simplement oublier, ou on l'ignorait plus facilement. Il l'écouta lui dire combien elle avait besoin de savoir comment sa mère était morte, et Razvan ne se sentit pas le courage de lui refuser cela. Comment le pourrait-il ? C'était certes un dossier confidentiel, mais cela ne changeait rien au fait que cette femme, une Auror, était morte, emportée par le sortilège de la mort. Elle avait eu de la chance, mais comment le faire comprendre à son orpheline de fille, qui n'était pas encore sortie de Poudlard selon ses dires ? « Sortilège de mort » répondit-il sobrement, ses paroles funestement amplifiées par son intolérable accent de l'est, « dans la poitrine, il n'y avait rien à faire, Miss. J'en suis désolé ». Il l'était sincèrement, et c'était visible autant dans ses yeux sombres que sur son visage dur. Il n'était pas un homme insensible, hélas, certainement pas. Il était empathique, et ce qu'il ressentait vis-à-vis du drame que cette orpheline vivait n'aurait peut-être pas été supportable pour le commun des mortels. « Cela ne vous aidera sans doute pas de le savoir mais... » s'interrompit-il un instant en se demandant, un peu tard, si sa phrase n'allait pas paraître maladroite ou mal-avisée, « mais la plupart des victimes ont souffert. Et ce n'était pas le cas de votre mère ».

Les mains croisées sur son bureau, il la regarda calmement s'excuser pour son comportement, avant de secouer la tête. Quoi de plus normal qu'une réaction violente à un désespoir rampant ? Comment Razvan pourrait-il se dire qu'elle était folle, avec ce qu'elle vivait ? Il n'avait certes pas réagi pareil lorsque sa femme était morte, mais s'il y avait quelque chose qu'il savait bien, c'était qu'on ne pouvait vivre correctement un deuil qu'à sa manière. Si cette jeune femme avait besoin d'hurler, autant qu'elle le fasse, bien que ce fut désagréable pour tout un chacun. « Ne vous excusez pas, il n'y a pas qu'une seule façon de faire son deuil » préféra-t-il tempérer ses propos, en lui accordant un gentil sourire. Gardenia Ollivander allait sûrement passer par toutes les étapes comme tout le monde. La réalisation - sans doute l'avait-elle déjà vécu - la peine - elle devait le vivre - le manque et l'oubli. Non pas l'oubli du mort mais l'oubli de la peine. Il lui souhaitait, car elle semblait le mériter, de rapidement atteindre ce dernier point.


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Gardenia E. Powell



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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptySam 16 Mar 2019 - 18:21

Avada Kedavra. Tout simplement et purement un Avada Kedavra. Le Sortilège de Mort. Sa mère avait donc reçu ce cruel sortilège en plein milieu de la poitrine. Court. Sans aucune douleur. La Serdaigle fut quelque part soulagée par les paroles du Médicomage, elle ne baissa pas les yeux pour autant. La vie était désormais trop courte pour qu'elle perde du temps à baisser les yeux de chagrin. Elle avait fini de faire couler ses larmes en perdant de précieuses minutes à vivre. « Le deuil est un moment pour les morts et non pour les vivants, Docteur. » fit-elle sans aucun commentaire pour les phrases précédentes. Elle était parfaitement consciente que d'autres avaient plus souffert, que certains souffriraient jusqu'à leur mort, que certains s'étaient vu mutilés, rendus fous par la torture. Sa mère n'avait très certainement pas subi le Doloris ni aucun autre sortilège, et si elle l'avait subi, c'est une mort indolore qu'elle avait rencontrée. La jeune blonde sourit tristement au médicomage avant de laisser quelques paroles franchir la barrière que formait ses lèvres. « Mes condoléances. » dit-elle simplement avant de continuer avec simplicité. « Vous aussi, non ? Vous avez perdu quelqu'un, il y peut-être plus longtemps. Mais vous l'avez perdu. ». Si Gardenia avait appris quelquechose depuis la mort de son père, puis avec celle de sa mère, c'était que les yeux reflétaient l'âme d'une personne, et ce qu'elle voyait dans les yeux de l'habitant de l'est, ce n'était ni de la compassion ou de la pitié. Mais bel et bien de la compréhension. Un véritable compréhension qui la touchait peut-être plus qu'elle ne le voulait. « De mon point de vue, la mort est un huissier. Les maladies sont ses assignations. » dit-elle avec un détachement sans précédent qui ne l'étonnait même plus. « Vous savez pourquoi ? » termina-t-elle, le regard planté dans celui du docteur.
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Razvan Vacaresco



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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptyDim 17 Mar 2019 - 1:19

Le sortilège de la mort avait quelque chose d'expéditif qui ne rendait la chose que plus réelle encore. Quelques mots, deux en fait, suffisaient pour ôter à quelqu'un toute son existence, tous ses souvenirs, toutes ses aspirations et ses amis. Sa famille disparaissait dans le néant, ses connaissances également, ses langues. Son existence entière était balayée par deux mots simples qui provoquaient avec eux un ras de marrée de chagrin. Razvan ne connaissait pas encore toute la portée de ces deux mots qu'il allait bien malgré lui devoir employer quotidiennement ou presque, dans un futur ridiculement proche. Moins d'un an plus tard, il aurait achevé quelqu'un, son premier meurtre. Comme ça. Pas pour en retirer un quelconque plaisir malsain, pas pour satisfaire quelque pulsion sanguinaire. Simplement sur l'ordre d'un autre bourreau qui était aussi le sien. Le roumain blâmait ceux qui utilisaient la magie noire, partait du principe qu'un Homme de bien n'avait pas à l'utiliser, ni même à en parler. La "magie noire" avait, ne serait-ce que dans son nom, une funeste connotation qu'il ne lui plaisait pas d'écouter. Notre homme tenait à s'en éloigner. Malheureusement, l'attitude la plus raisonnable, les sentiments les plus droits n'étaient pas suffisants pour le mettre à l'abri des plus dangereux individus du Royaume-Uni. « Je pense que c'est un moment pour les deux » répondit-il maladroitement, en dardant sur elle ses yeux, « car l'enterrement et le deuil sont certes en l'hommage de ceux qui sont morts, mais sont aussi une thérapie pour ceux qui restent. Et pour ceux-là, il convient également d'avoir une pensée, ne trouvez-vous pas ? ». Le roumain n'était certes pas un homme qui montrait aisément ses sentiments. Il était renfermé, préférait généralement ne pas parler, non pas par ennui des autres, mais pour justement ne pas les ennuyer. Il estimait qu'il n'avait rien à dire, rien à préciser, et entendait largement écouter les autres discuter. Son deuil, il l'avait vécu par d'intenses nuits blanches ponctuées des pleurs de sa fille de quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Il avait laissé Mihaela à sa voisine pour aller se battre dans des clubs de boxe clandestins. Cet argent lui servait à vivre, pour continuer à faire ses consultations gratuites. Le lendemain même de la mort de sa femme, il avait ouvert sa maison, y avait ausculté des gens, leur avait administré des soins. Le soir-même il avait laissé sa fille à l'atroce Madame Lupescu - qui n'avait de gentillesse que pour les enfants - pour aller prendre des coups. L'on vivait en effet chacun le deuil différemment et certains n'en sortaient jamais vraiment. C'était son cas.

Il se figea donc logiquement lorsqu'elle lui présenta de manière abrupte ses condoléances. Elle ne savait pas pour qui, mais semblait avoir étrangement comprit qu'il comprenait, plus qu'il ne le dira jamais, ce qu'elle ressentait. Et en effet, il avait un affreux étau autour de son coeur, un étau qui se refermait contre son gré, alors qu'il l'écoutait parler. Razvan ne parlait pas de ses sentiments, ni même de son vécu, ce n'était pas vraiment dans sa nature. « Quelle personne n'a pas vécu un deuil ? » préféra-t-il répondre rhétoriquement sans bouger d'un millimètre de sa chaise, les yeux toujours posés sur la jeune femme. Elle était jeune, c'était une enfant, orpheline. Elle ne pouvait rien faire d'autre que pleurer et attendre que ça passe. Cette idée lui fit de la peine. Lui n'avait perdu personne jusqu'à ses vingt-sept ans. Il était mature, bien que jeune père, lorsque sa femme était morte. Elle, elle avait vécu beaucoup plus intensément que lui déjà, une vie qui ne faisait pas de cadeaux. Elle ajouta des choses avec des mots qu'il ne comprit malheureusement pas. Il plissa légèrement les yeux, en demandant poliment : « Expliquez-moi donc ». Il l'invita d'un geste à développer son sentiment, son idée vis-à-vis de ce qu'elle voulait dire. Razvan voyait dans ses yeux une lueur intéressante d'intelligence. Quelque chose de radicalement différent avec la furie qu'il avait vu précédemment, quelque chose de plus paisible, de plus déterminé aussi. Cette jeune femme était décidément radicalement différente de lui.


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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptySam 13 Avr 2019 - 16:16

La mort était décidément quelque chose, un entité, à laquelle Gardenia se voyait liée pour le restant de ses jours. Elle avait l'impression de se voir condamner à voir à quel point l'existence de ses proches était courte — et Merlin seul savait à quel point elle avait raison. nombre de deuils qu'elle avait vécu ces huit dernières années lui rappelait sans cesse que la mort planait sur la Grande-Bretagne et que les choses n'allaient et n'iraient certainement pas en s'arrangeant les années qui suivraient. Le deuil était un moment qu'elle avait suffisamment expérimenté pour se dire qu'au final chacun était différent, chacun le vivait différemment, pour elle il se résumer à enfermer tout les souvenir dans des cartons et les mettre dans un hangar en attendant d'être prête à y faire fasse. Non pas pour elle, mais par respect pour les défunts, elle ne voulait pas pleurer pour eux, elle voulait qu'ils partent heureux. Ce que disait le médecin avait pourtant du sens à ses oreilles. « Certes. La façon dont vous connecter les choses à énormément de sens.» dit-elle légèrement pensive, avant de continuer ses propos. « Mais je pense que le deuil est une façon de rendre fiers les défunts, je pense que rester fort et continuer est un moment important. Mais chacun vit son deuil à sa façon, non ? » dit-elle en haussant les épaules. Elle avait coupé ses cheveux, emballer des cartons et encore des cartons contenant les effets personnels d'Eden Potter, pour finalement en arriver à ne plus y mettre les pieds pendant quelques temps. Mais elle n'avait pas pleuré, seulement enduré la colère qu'elle ressentait vis à vis de ceux qui n'avait fait qu'attendre encore et encore avant de l'informer de la mort de sa génitrice. La colère avait été présente jusqu'au bout, mais avait fini par s'atténuer devant cette secrétaire très peu conciliante.
Elle regardait l'homme lui faisant face, qui semblait si distant et pourtant si compatissant, elle ne savait pas réellement comment réagir face à un tel comportement si ce n'était de soulever des questions qui lui trottait dans la tête, sans pour autant s'attendre à ce qu'il comprenne ses mots si étranges. « Dès notre naissance nous sommes mariés à la mort, elle vient réclamer sont dû. » dit-elle la voix grave. « Elle nous rappelle seulement nos engagements envers elle à travers la maladie. » termina-t-elle tandis qu'elle se laissa aller le dos contre le fauteuil. Elle ne savait pas vraiment si cet argument tenait la route du point de vue médical, mais pour elle, c'était une philosophie qui avait germé pendant qu'elle emballait les effets personnels de sa mère. L'heure tournait et malgré cette discussion qu'elle trouvait tout à fait passionnante, la jeune fille avait eu la réponse qu'elle attendait en transplantant à Sainte-Mangouste. Il était temps pour elle de prendre ses congés. « Médicomage Vacaresco, je vous remercie pour le temps et les réponses que vous m'avez accordées. » dit-elle en se levant avec douceur de sa chaise pour tendre la main à l'homme en blouse blanche. « Mais mon portoloin pour Poudlard m'attend. » dit-elle d'un sourire, avant de passer la porte de la salle blanche.
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Razvan Vacaresco



MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Survivre est un devoir et non un désir — Razvan Survivre est un devoir et non un désir — Razvan EmptySam 13 Avr 2019 - 23:12

Razvan n'était pas le genre d'homme ou de médecin insensible, intransigeant et sec. Bien au contraire. Bien qu'il n'eut jamais suivi de cours de psychomagie, il était toujours parti du principe qu'écouter ce que ses patients avaient à lui dire - et qui n'était pas forcément en lien direct avec leur présence dans son cabinet - était quelque chose de primordial dans la relation de soigneur à celui de soigné. Comment peut-on instaurer une réelle confiance entre deux êtres qui n'étaient pas destinés à se connaître et à s'entendre ? Notre homme avait toujours tendance à discuter simplement pendant cinq minutes, parfois plus si ses patients étaient bavards. Car s'ils l'étaient, c'était qu'ils avaient besoin de parler, et c'était de ce fait, d'une certaine manière, aussi à lui de les écouter. C'était le même phénomène qui s’opérait maintenant avec la fille de feu Eden Ollivander. Elle ne venait pas pour une thérapie. Elle venait pour des réponses, et faisait durer une conversation que n'importe quel médecin normal aurait farouchement repoussé, de même que les réponses aux questions qu'elle posait. Il les lui avait donné, vaguement, et cela avait semblé lui aller. Étonnamment, d'ailleurs il dirait. Mais là n'était pas la question, tout le point de ce raisonnement était qu'elle lui parlait, l’interrogeait parce qu'elle en ressentait le besoin, et que Razvan n'était pas un homme à couper court à ce genre de confidence. Alors il l'écoutait, lui répondait, guettait ses regards pensifs et ses sursauts vifs. Il acquiesça silencieusement lorsqu'elle demanda son assentiment sur la question de savoir si chacun ne vivait pas après tout son deuil comme il le désirait. Le roumain ne pouvait qu'être d'accord avec elle, lui qui, à la mort de sa femme s'était contenté de continuer son métier, de laisser sa fille à la vieille voisine le soir pour aller taper sur des gens dans des caves qui n'étaient évidemment pas déclarées au siège du parti du communiste de Tureni.

Les soirées dans les caves, tout le monde était au courant, que ce soit pour lui ou pour les autres participants. C'était le moyen facile d'avoir de l'argent sans passer par les traditionnels assentiments soviétiques, mais c'était extrêmement mal vu par la moitié de la population, qui ne voyait là qu'une vulgaire activité de voyous. Razvan était tout sauf un voyou, mais sa voisine Madame Lupescu ne s'était pas faite prier pour le recadrer sèchement sur ses clandestines activités. Son deuil, c'était comme cela qu'il l'avait vécu. En frappant et en étant frappé, comme pour évacuer la douleur psychologique de la perte en douleur physique qui se traduirait par des hématomes que tout le monde verrait. Gardenia releva quelque chose d'intéressant qui le fit sortir de ses pensées, comme si elle jouait le rôle de la lumière qui s'allume brusquement au milieux d'un couloir obscur et sombre. « Peut-être » préféra-t-il la prudence devant la logique de la jeune femme, certes implacable mais dérangeante pour un médecin comme lui. Elle se leva à la suite en le remerciant et troublé, il lui sourit en se relevant pour ouvrir la porte du bureau dans lequel ils étaient tous les deux précédemment en train de discuter. « Bon retour à l'école, Miss » la salua-t-il de son accent violent, tout en souriant gentiment. Il referma la porte derrière elle et retourna s'asseoir derrière son bureau, tout en affichant un air pensif. Après quelques secondes à observer d'un regard vide le dossier qui se trouvait en face de lui, Razvan se ressaisit et s'en saisit pour l'étudier. Gardenia l'avait troublé, sans doute plus qu'elle ne devait l'imaginer.

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