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Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA

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Razvan Vacaresco



MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyVen 31 Mai 2019 - 0:00

Razvan cherchait désespérément l'objectivité d'un jugement qu'on lui avait enlevé dès lors qu'il avait été marqué. La marque sombre semblait désormais refléter son âme alors qu'il enchaînait les méfaits. Il était pire de tuer quelqu'un que de ramener un individu à sa famille légitime. Dans l'échelle de l'horreur, c'était significativement différent. La différence principale pourtant entre ces deux faits qu'il ne pouvait que blâmer devant la situation de Svetlana, c'était que lorsqu'il tuait, il ne perdait pas son temps en paroles pouvant le dissuader. Un meurtre était l'ordre le plus suprême et celui qu'il n'avait définitivement pas le droit de refuser. Alors il ne discutait pas, levait sa baguette pour incanter le sortilège de la mort de ce ton froid qui ne convenait pas  tellement à sa voix chaude d'Europe de l'Est. Là, comment ne pouvait-il pas essayer de comprendre ? Comment ne pouvait-il pas essayer d'affiner son jugement ? Svetlana semblait circonspecte devant son comportement et il pouvait bien l'entendre. Ses agissements étaient étranges pour quelqu'un portant la marque noire de Voldemort. Car si elle ne l'avait pas vu, il était facile de savoir qu'il était un mangemort comme son père. C'était évident, d'ailleurs. Pourquoi l'envoyer lui spécialement, sinon ? Son sang n'était pas pur, juste inconnu. Cela lui donnait le bénéfice du doute et son utilité en tant que médicomage n'était plus à démontrer depuis qu'il avait brillamment fait ses preuves. Il la suivit néanmoins du regard, calmement, concentré sur ses mouvements. Il était assez évident pour lui qu'elle n'aurait aucune chance en duel. Razvan avait été diplômé de Durmstrang en étant un des meilleurs duellistes de l'école, et si cela lui coûtait de le dire - et qu'il n'en retirait aucune fierté - il était également un mangemort diablement efficace. Ses sortilèges, en général, étaient toujours réussis avec brio. Elle ne voulait pas se mesurer à lui. Leurs armes se faisaient face, chacune le long du corps de leur propriétaire, comme prête à réagir à la moindre odeur de magie. La soviétique ne répondit pas à sa question tout comme lui avait refusé de le faire et il soupira. Ce dialogue de sourd ne faisait que faire gagner du temps à la jeune femme. Et que pouvait-il faire ? L'écouter parler. Elle n'essayait même pas de le supplier ou de le convaincre. Son regard paraissait devenir lointain et vague alors que sans doute, elle voyait des souvenirs se développer sous ses iris clairs. « Oui, il n'y a qu'un pas entre l'amour et la haine » répondit le roumain en comprenant qu'elle évoquait là son père, « que vous a-t-il fait ? ». Autant demander clairement pour avoir une réponse tout aussi claire. La question qui s'imposait pourtant dans l'esprit du médicomage était celle de savoir s'il désirait réellement entendre la réponse.

Non.

Razvan ne voulait pas savoir, mais il posait la question quand même. Avec cet espoir fou qu'elle ait fuguée dans une simple crise d'adolescence, et qu'il prêchait la bonne action en rassurant ses parents inquiets. Une partie de lui-même lui soufflait pourtant qu'il ne devrait pas se faire de pareils espoirs. Une jeune femme de l'éducation de Svetlana ne fuyait pas de chez elle pour si peu. L'avait-il frappé ? Peut-être. Il avait cependant l'impression que le problème était davantage moral, comme un blocage psychologique. Qu'avait-il bien pu se passer ?
Et là elle lui répondit, comme le couperet qui tombe sur le cou d'un condamné qu'elle voulait profiter de la vie avant de mourir. Razvan ne pu cacher autrement sa surprise qu'en lâchant abruptement : « Je vous demande pardon ? ». Le cynisme dont faisait preuve la soviétique le heurta d'autant plus que ses paroles suivantes lui retournaient la question. Un rire défait franchit ses lèvres devant ce trait de psychologie inversée. Néanmoins, pressentant qu'il aurait besoin de sa confiance pour avoir une réponse plus complète et moins évasive, le roumain se montra étonnamment sincère : « Je suis comme vous, Svetlana. Je fais des choses parce que je n'en ai pas le choix ».


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Svetlana Vassiliev



PRÉFET SERDAIGLE
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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyVen 31 Mai 2019 - 23:02

Qu’avait-il fait ? Il lui avait menti, mais si Svetlana lui répondait cela, Razvan lui rirait sûrement au nez en la traitant de petite fille pourrie gâtée. D’ailleurs, sa réponse plus qu’évasive fit naitre chez son bourreau une expression de surprise. Svetlana eut un petit sourire en coin. Pouvait-elle jouer cette carte de la ruse en déviant l’attention du roumain ? Qu’avait-elle à perdre après tout ? Cependant, sa réponse lui fit l’effet d’un retour de boomerang. C’était à son tour d’être surprise. « Vous n’avez pas le choix ? » Répéta-t-elle lentement en le sondant du regard. Pression ? Chantage ? Obligation ? Svetlana avait tendance à croire que l’on adhérait à cette sombre secte par conviction, et non par obligation. Mais peut être se trompait-elle ? Jusqu’à ce soir, elle croyait que les hommes de main de son père étaient sans scrupules, sans foi ni loi, mais pas lui.

La tsarevna demeurait droite, le bras le long du corps, serrant sa baguette comme si sa vie en dépendait. Seule sa liberté comptait. Mais... s'il voulait discuter, c'est qu'au fond il voulait avoir le choix. La jeune fille en était presque certaine. Ou elle voulait se persuader. Il fallait qu’elle joue cette carte. Jouer carte sur table. Par où devait-elle commencer ? Elle-même ne savait pas où elle en était. Que penser de cette histoire. Que faire. Que dire. « Je ne sais même pas par où commencer. » dit-elle avec un rire sarcastique. Toute cette histoire sordide était bien trop complexe. Devait-elle aller à l’essentiel. ? En dire trop peu ne jouerait pas en sa faveur. Il allait la prendre pour une folle, une pauvre adolescente qui s’est montée la tête.

Son regard coula jusqu’à sa baguette, guettant le moindre mouvement, la moindre contraction musculaire. « Avez-vous déjà entendu parler de la malédiction des Vassiliev ? » Svetlana avait finalement pris le parti d’y aller par étape, par des questionnements. Mais surtout, elle avait aussi envie de renvoyer la belle. « Mais avant… pourquoi êtes-vous obligé de faire ça ? » Il avait répondu la première fois... pourquoi pas la seconde.
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Razvan Vacaresco



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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptySam 1 Juin 2019 - 7:57

Razvan avait toujours gardé son alliance. Même cinq ans après la mort de son épouse,  il ne s'était pas passé un jour où il ne l'avait pas sur lui. Comme un symbole de ce passé qu'il essayait contradictoirement de rejeter, le roumain ne s'était jamais senti capable de l'enlever. Il s'était marié à dix-sept ans et demi, jeune homme amoureux d'une jeune femme amoureuse et cela n'avait jamais cessé d'être le cas. Vivre dans le passé était quelque chose de particulier et de dangereux. Cela pouvait nous freiner dans notre avancée dans le monde autant que cela pouvait enrichir nos expériences. Il ne se posait pas franchement la question le concernant. Son toc de faire tourner son alliance lorsqu'il était pensif était le même que dans ses premières années.
De son union était née une petite fille que les mangemorts prenaient soin d'instrumentaliser pour s'assurer de sa loyauté.  Alors oui, conformément à ce qu'il venait de dire à l'adolescente, il n'avait pas le choix de faire ce qu'il faisait. Il ne le faisait certainement pas par plaisir et encore moins par idéologie. Il avait grandi dans une ville majoritairement moldue, avec de la famille éloignée tout aussi moldue. Dans son pays, il était devenu médicomage mais il avait bien peu de sorciers à y soigner. Son fond de commerce avait toujours été ceux qui n'avaient pas de pouvoirs. Pourquoi voudrait-il leur anéantissement ? Razvan ne le désirait pas. Mais dépossédé de ses choix, le roumain n'avait d'autre possibilité que celle d'obtempérer en silence. En discutant avec la soviétique, il faisait un pas vers elle, mais d'une certaine manière également, un pas dangereux vers sa propre liberté. Enchaîné comme un tigre dans un cirque, le pauvre homme exécutait sans contester ce qu'on lui demandait. On lui avait demandé de venir la chercher et il était venu. Tout ça pour qu'il finisse ridiculement par se dégonfler. Pourtant, ce n'était pas compliqué. Svetlana, aussi douée fusse-t-elle pour les enchantements - si elle était douée pour cette matière - ne pourrait pas venir à bout d'un sorcier confirmé, et entraîné par des années dures à Durmstrang et en Roumanie sorcière. Il passa outre sa surprise et attendit qu'elle lui réponde, sans réitérer ses propos et sans lui reposer de question. Celle qu'il lui avait posé était claire, et Razvan s'était toujours dit que le silence était probablement la plus belle des vertus. La russe savait ce qu'il voulait. Pourquoi donc se répéter ? Mais Svetlana était déterminée à le surprendre ce soir et elle l'étonna d'autant plus lorsqu'elle évoqua une malédiction. Loin de croire à ce genre d'enchantements destinés à inquiéter les enfants, le roumain se demanda si elle était sérieuse. Aussi répondit-il de sa voix neutre, toujours dans la langue de la jeune femme : « Votre père ne l'a pas mentionné. Les malédictions ne sont là que pour inquiéter les enfants une fois le soir ven... » - ne put-il finir sa phrase comme elle rebondissait directement sur son propre cas. La croyance désespérée qu'il croyait voir dans les yeux de la jeune femme le faisait douter de ses propres paroles, avant d'être à nouveau prit au vol par une des questions de la jeune femme. Razvan ne désirait pas se compromettre ainsi. D'un autre côté, il était bien conscient que son silence prolongé risquerait de la rendre dédaigneuse et il n'avait définitivement pas envie de la stupéfixer. Il n'était, pour ainsi dire, pas vraiment d'humeur. Il retint un soupir pour ne pas montrer sa désapprobation vis-à-vis de l'attitude revêche de la soviétique et répondit : « Chantage. Ma profession est précieuse pour eux ». Il la regarda attentivement avant de croiser les bras sur sa poitrine pour ajouter : « Mais je ne crois pas être le sujet intéressant ici, Miss Vassiliev ».


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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyMar 4 Juin 2019 - 21:07

Evidemment qu’il n’avait rien dit. Cette malédiction était inconnu de tous, restant dans le cercle bien fermé des Vassiliev. C’était un secret de polichinelle, bien là, caché, survenant sournoisement à la puberté. Là que pour inquiéter les enfants ? Inepties. Elle ne ne laissa pas terminer. Son cas l’intéressait… et il avait le don de détourner quelque peu son attention.

Il resta silencieux, un long moment. Peut être que ce jeu de questions réponses n’était pas le bienvenu. Déception. Mais, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas ? Alors qu’elle resserrait sa prise sur sa baguette, prête à tenter une nouvelle fuite, sa voix, enfin, brisa le silence. Chantage ? Sa tête s’inclina légèrement sur le coté, signe de sa curiosité. Comment pouvait-on faire chanter un homme comme lui ? Il paraissait ferme, talentueux, et il avait surement étudier à Durmstrang. Ses cousins, ceux restés en Russie, avaient développé à l’école des dons notamment en matière de duels. Et la profession de médicomage pouvait donc guérir les soldats noirs…

Puis, son attitude changea. Plus fermée. Les bras croisés sur la poitrine. « Ce n’est qu’une question de point de vue. » dit-elle en haussant les épaules. « Mais je ne savais pas que le simple cas d’une fille fugueuse pouvait être intéressant, surtout que vous ne semblez pas croire à l’idée d’une malédiction. » Svetlana sentait petit à petit l’espoir s’échapper. « Si les malédictions sont destinées aux enfants, comme vous le dites, alors pourquoi ne m’en parler que récemment ? » Le jour de ces 17ans. Svetlana n’était plus une enfant que l’on effraie avec de simples histoires. D’ailleurs, elle avait cru en premier temps à une mauvaise farce de son père, une vieille légende ensuite, sans fondement. Et puis, elle avait compris. « Presqu’aucune fille descendant directement de la ligne Vassiliev n’est en vie aujourd’hui. » Elle était la seule. « Nous sommes vouées à mourir entre notre Dix-septième et notre trente-cinquième anniversaire… Et récemment, à Poudlard, nous avons tous subi des visions de nous, plus tard. Je crois que je n’avais pas vingt ans quand… » Quand la voiture la percutait de plein fouet. Rien que d’y penser, sa voix tremblotait, chevrotante. Faiblesse.

Svetlana inspira profondément pour reprendre ses esprits. Dans ces cas là, l’enseignement de son père sur le visage insensible et le contrôle des émotions était plus que bienvenue. « Vous savez, j’ai tout accepter pour ma famille. Je suis fiancée depuis mes sept ans, je suis la digne héritière lors des réceptions, j’ai suivi l’enseignement de la famille avec honneur. Quand on m’a intimé de rompre avec mon petit ami de l’époque, je l’ai fait. Quand on m’a dit que je fréquentais trop de personnes indignent de nous, j’ai cessé tout lien. Alors pourquoi ? Pourquoi serait-je partie, sans raison valable ? » Puis, elle enchaîna. « Pourquoi chercher une raison ? Pourquoi discuter ? Pourquoi êtes vous si différents de ce que vous devriez être ? Pourquoi ne pas exécuter simplement les ordres ? Que cherchez-vous réellement ? ».
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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyMar 4 Juin 2019 - 23:31

Tout le paradoxe de la vie de Razvan se trouvait réuni dans cette situation où on l'avait mit contre son gré. Le roumain avait toujours consacré son existence à aider le plus grand nombre de gens, allant jusqu'à dispenser les soins gratuitement. Il n'avait jamais rien attendu d'autre de la part de ses patients qu'un "Merci bonne journée". Il s'était dès le début considéré comme un médicomage esclave, devant faire son travail, non seulement par volonté mais également part serment. C'était pourtant un tout autre type de serment qui l'avait conduit à bloquer Svetlana Vassiliev dans l'arrière cour des trois balais. Un serment presque inviolable, symbolisé par le tatouage noir, apposé sur sa peau sombre. Il était dépossédé de libre-arbitre, et de volonté. C'était ainsi, il avait accepté. A contre-cœur, dégoûté par lui-même et par la vie qui s'imposait à lui, mais il avait accepté. L'homme d'honneur qu'il était s'en trouvait déboussolé. Alors il essayait, désespérément presque, de comprendre ce qui avait pu influencer l'attitude de la jeune étudiante devant lui, ce qui avait pu la convaincre de sauter le pas, et de partir enfin. De se libérer de chaînes qu'on lui avait apposé dès la naissance. Elle était courageuse et en un sens, notre homme l'admirait un peu pour cela. Quoique cela le conduise à faire. La jeune femme se remit à parler, à chercher des réponses chez son interlocuteur. Piqué, mais guère agacé par la rhétorique de l'héritière, il répondit sans décroiser ses bras : « Vous ne m'intéressez pas, Miss Vassiliev. On m'a demandé de venir vous chercher, et je suis venu ». Son explication était bancale mais elle était pourtant la stricte vérité, sans emphase, sans analyse. Vladimir lui avait ordonné de retrouver sa fille. Razvan, après avoir vu une photo et fait le rapprochement avec la serveuse aux trois balais, était venu vérifier s'il avait raison. Et c'était le cas. Svetlana se trouvait devant lui, en bonne santé et vindicative. Elle lui posa une question fort judicieuse. Elle avait raison, pourquoi ne lui en parler que récemment ? « Pourquoi vous en parler tout court ? » rebondit-il immédiatement en soupirant, pour ajouter finalement : « Le plus intelligent aurait été de ne pas vous le dire. C'est idiot de vous en parler, si c'est vrai. Pensez-vous votre père stupide ? ».
Il écouta ses explications en se passant une main dans les cheveux. Ses épis à l'arrière du crâne donnaient l'impression qu'il avait mal dormi, et c'était le cas. Il dormait peu depuis qu'il travaillait à l'hôpital. Il dormait peu, aussi, depuis qu'il était un mangemort. Le poids de la culpabilité semblait se faire plus fort une fois la nuit tombée, alors qu'il s'endormait seul, dans un appartement qui ne ressemblait en rien à ce qu'il aimait. Razvan aimait la nature, les maisons simples, petites, étroites. Les propriétés du village où il avait vécu pendant dix ans l'avaient suffisamment marqué pour qu'il ne veuille que vivre dedans. Pourtant c'était pauvre. Pas particulièrement joli. Sans doute que son tempérament mélancolique y jouait pour beaucoup. La nostalgie le poursuivait jusque dans ce métier officieux qu'il devait exercer. « Ne pensez-vous pas que certains auraient des avantages à perpétuer cette idée de malédiction ? » demanda-t-il à brûle-pourpoint. Définitivement, il ne croyait pas à un coup du destin, ou un coup de la magie. Les malédictions, cela ne pouvait pas exister. Hélas, il doutait de la convaincre et commençait à se dire qu'il allait devoir la ramener de force. Le roumain n'eut pas le temps de continuer pour lui demander de le suivre sans faire d'histoires qu'elle continua, farouche et déterminée, à lui expliquer le pourquoi de son départ, à lui poser des questions. Il était à peu près certain de se sentir davantage prit au piège qu'elle. C'était une sensation très désagréable. Ses yeux sombres se plissaient au fur et à mesure qu'elle s'exprimait, comme si elle désirait ardemment lui prouver qu'elle était saine d'esprit et non pas folle. Le médicomage ne la pensait pas folle. Crédule, tout au plus. Désespérée, sans doute. « La malédiction, si tant est qu'elle existe, vous poursuivra toujours. Vous pensez réellement que vous arriverez à vivre pleinement votre vie, comme vous l'avez dit, avec cette peur insidieuse que chaque jour sera votre dernier et loin de votre famille ? Vous vous êtes accommodée de cette vie qu'on vous a donné, vous y avez participé. Et au lieux de rester avec les Vassiliev - car je sais combien la famille est une notion importante pour la votre - vous fuyez ? Au lieux de profiter d'eux ? Si vous mourrez demain, vous ne leur aurez même pas dit adieu » déblatéra-t-il, incrédule. Il ne la jugeait pas. Son ton demeurait perplexe, circonspect devant la logique qui lui échappait. Razvan soupira. Il comprenait en un sens, ce désir d'une vie normale, simple et pleine de bonheurs naturels. Il l'avait vécu toute sa vie et il n'imaginait pas une vie sans. Svetlana avait certes vécu dans une prison dorée, mais comment ressentir le manque de quelque chose que l'on avait jamais vécu ? « Des gens meurent tous les jours entre leurs dix-sept ans et leurs trente-cinq. Nous avons tous une malédiction à porter, certains ne sont juste... Pas au courant » ajouta-t-il finalement.
Svetlana le rendait incrédule, c'était un fait. Lui aussi pouvait bien mourir demain et il n'aurait pas trente-cinq ans. Comment avaient-ils pu poser ainsi une limite ? Avait-on fait un calcul des âges les plus fréquents pour mourir ? Le roumain se sentait démuni par tout ce qu'elle lui disait autant que par les questions qu'elle ajouta à son tour. Il avait l'impression d'être dans un mauvais tournois d'échecs, où chaque coups était permis pour désarçonner l'autre une bonne fois pour toute. Toutes ces questions qu'elle lui posait à la suite étaient légitimes. Mais pour y répondre, il aurait fallu qu'il lui raconte sa vie, qu'il lui décrive son caractère. Il ne s'en sentait pas capable, il ne l'avait jamais été. Le roumain parlait peu de lui et de ce qu'il ressentait, on découvrait les choses au fur et à mesure qu'on le connaissait, en déduisant les faits la plupart du temps. « Je cherche à discuter parce que j'ai une conscience, Miss Vassiliev, quoique vous pensez de moi » répondit-il, lassé, « je suis suffisamment contraint comme cela de faire des choses qui ne me plaisent pas que je n'ai pas besoin d'en rajouter une ».


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désolééééée pour ce pavé Mdr
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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyMer 5 Juin 2019 - 17:24

Et si… Le doute se dessinait l’horizon. Jamais encore elle n’avait éprouvé ce sentiment. Dans son esprit cartésien, il n’y avait qu’une réponse possible, qu’une vérité. Pour elle, la malédiction existait bel et bien. L’annonce venait de la bouche de son père, son frère avait approuvé et la réaction distante de sa mère n’en était que plus compréhensive. Depuis qu’elle avait appris la lourde sentence, Svetlana avait vu des explications dans le comportement de sa famille.

Pendant de longues années, la jeune russe que le doute n’était qu’un jeu d’esprit, pour aventurer ses connaissances dans les moindres recoins afin de gagner en savoirs. Elle s’était amusé longuement avec lui au cours de ses études bien qu’à chaque fois, elle connaissait par avance la solution finale. Mais à cet instant, le doute devenait tel une maladie. Un mal persistant qui croissait lentement dans son esprit. Razvan avait amené ses pensées jusqu’au bord de cette muraille, fissurant ses certitudes, fermant toutes les portes pour n’en laissait qu’une, légèrement entrouverte, mais suffisamment pour que tout son esprit s’y engouffre. Et si son père avait menti. Une ruse pour qu’elle demeure dans la famille.

Le doute… son regard se balançait de gauche à droite, comme s’il cherchait une issue pour sortir son esprit de cette torpeur. « La malédiction, si tant est qu'elle existe, vous poursuivra toujours. » Svetlana planta son regard dans le sien. « Vous pensez réellement que vous arriverez à vivre pleinement votre vie, comme vous l'avez dit, avec cette peur insidieuse que chaque jour sera votre dernier et loin de votre famille ? » Par merlin... Que répondre après cela ? Son regard se fit plus clair. Son souffle se coupa. Elle était en apnée. Incapable de respirer. Son père qui l’aimait, dans le seul but de la garder près de lui, lui aurait tout avoué à propos de la malédiction, la condamnant à l’insomnie, la peur, le tourment éternel ?

Oui, il avait raison. Des gens meurent tous les jours. Mais elle, elle connaissait la fin de sa vie. Elle s’était vu, encore jeune, dans cet appartement londonien. Mais il touchait aussi un point sensible. Son amour pour la famille. Par Merlin, elle les aimait plus que tout. Mais… « Je ne peux pas. » lâcha-t-elle en même temps que sa respiration se débloquait. Elle était essoufflée. Le voix était tremblante. Elle avait peur, peur de cette épée de Damoclès qui pesait au-dessus d’elle. Oui, elle, la reine des glaces, au visage insensible, cette fille forte et noble, intouchable et royale.

Elle tâchait de retenir ses larmes, perles de tristesses, d’angoisse et de peur. « Si on vous annonçait que vous n’aviez plus que 3 ans à vivre, que feriez-vous ? » Son regard azuréen s’emplissait de larmes. « Je n’ai pas envie de m’enfermer dans une vie qu’on me dicte. Avec qui je dois être ou ne pas être. Qui je dois épouser, sans même aimer. » Une larme, seule, unique, colla le long de sa joue. Svetlana ne pleurait pas beaucoup, jamais pour ainsi dire. Elle n’avait craqué qu’une fois ces derniers temps, en présence du fils McFusty. Puis, son regard se durcit. « Je veux juste vivre. » Petit à petit. « Vivre ma vie, la mienne. » Pas celle que lui imposait sa famille. Pas par procuration. « Juste profiter du temps que j’ai. Et quand ma famille l’aura compris, alors je reviendrai. » Mais pour l’instant, ce n’était pas le cas. Son regard se planta et sa posture changea. Le corps légèrement de coté, les genoux souples. Son père lui avait inculqué quelques notions de duel qu’il avait apprises à Durmstrang, et elle avait également suivi les cours à Poudlard. Elle n’était pas excellente mais elle ne pouvait pas baisser les bras. Jamais.
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MessageSujet: Re: Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA Entre deux effluves d'un xérès | SVETLANA  - Page 2 EmptyMer 5 Juin 2019 - 23:15

Razvan n'était pas là pour manipuler Svetlana. Il abhorrait la manipulation comme elle trouvait ses sources dans les bassesses de l'humanité. Le roumain souhaitait simplement lui faire comprendre son point de vue, et lui faire accepter qu'elle puisse, peut-être, avoir tort. C'était là le but de tout son laïus et de toutes ses paroles. Faire comprendre à la jeune femme qu'un point de vue, une idée ne pouvait pas être absolue telle que la sienne. Qu'il y avait toujours quelques données fluctuantes. Ces choses qui nous échappaient parce que l'on était borné. Il ne voulait pas lui faire la morale, ni la leçon. Mais peut-être qu'après tout cela, elle allait accepter de rentrer chez elle ? Tous les espoirs de notre homme furent balayés par l'étudiante en quelques phrases. Et il l'écoutait, encore et encore, muet comme une carpe, blasé. Et là, brusquement, elle lui demanda son avis. Qu'est-ce qu'il ferait s'il lui restait trois ans à vivre ? Pourquoi trois ? Il la regarda, perplexe dans un premier temps. Pourtant, tout en répondant, il afficha un léger sourire nostalgique : « Ça, c'est privé, domnișoară* ». S'il n'avait aucune contrainte et seulement trois ans à vivre, Razvan retournerait sans doute en Roumanie avec sa fille, en se faisant passer pour quelqu'un d'autre afin de n'être pas traqué par les russes comme en 1974. Il l'élèverait correctement. Déjà privée d'une mère, Mihaela se retrouvait aussi privée de son père, enfermée chez ses grands-parents maternels, pour sa sécurité. Et elle ne recevait la visite de son parent qu'une pauvre fois par mois, pour ne pas attirer les soupçons. Cette vie, il aurait aimé l'abandonner derrière lui, connaître la normalité et la simplicité d'une existence qu'il avait toujours désiré. « Pourquoi tant d'urgence ? » demanda-t-il. Elle avait dit "trois ans". Mais si elle disait vrai sur la malédiction, elle pouvait avoir jusqu'à trente-cinq ans. Qu'est-ce qu'elle ne lui disait pas ? Elle avait commencé une phrase plus tôt dont il n'avait pas relevé la fin. Elle n'avait pas vingt ans, avait-elle dit. Sans finir. Le roumain espérait qu'elle ne se fiait pas aux quelques visions d'une folle sorcière se prétendant avoir le troisième oeil ! Mais Svetlana continuait à plaider, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle dise finalement quelque chose qui le fit obtempérer. Une larme avait mouillé sa joue et toute la bonne volonté du médicomage se fissurait. Devant la faiblesse de son propre caractère, Razvan soupira en secouant la tête : « Je vais faire comme si je ne vous avais pas vu ce soir, Miss Vassiliev. Mais s'il-vous-plaît, ayez au moins la décence d'envoyer une lettre à votre famille. Ils s'inquiètent pour vous. Vraiment ». Le roumain rangea sa baguette, comme si la vue de son visage, qui s'affichait encore comme celui de la photo qu'on lui avait montré, allait le convaincre de changer d'avis et de la traîner de force chez sa famille. « Sachez que si ce n'est pas moi qui revient, quelqu'un finira par vous trouver. Et si l'on me presse trop, je n'aurai pas d'autre choix que d'obtempérer » la prévînt-il tout même qu'il s'agissait d'un sursis, et non pas d'un réel cadeau. Dans tous les cas, c'était finit pour ce soir. Mieux valait qu'il ne reste pas plus longtemps ici.

*Mademoiselle
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