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L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961

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Randolf Spudmore

Randolf Spudmore


NEUTRE
Le silence est une opinion.

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MessageSujet: L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 EmptyDim 12 Jan 2020 - 0:30

Randolf n'était pas connu pour accorder beaucoup d'intérêt à des choses qui intéressaient tout le monde. A tel point même qu'il ne s'intéressait au Quidditch que d'un point de vue technique. Il était gardien parce qu'on lui avait demandé de jouer, mais il n'aimait pas vraiment cela. Le jeune homme préférait largement la création des balais sur lesquels s'élançaient les joueurs plutôt que d'être perché sur une branche de bois ensorcelée. Et parce que Randolf Spudmore était davantage un animal solitaire et studieux, il était bien rare de le voir aller en sortie à Pré-Au-Lard pour autre chose que ses renouvellements de plumes chez Scribenpenne. Les joyeusetés futiles dont l'épicentre était Zonko ne sauraient atteindre sa haute personne qui se trouvait au dessus de cela. Et si tout le monde le jugeait avec fermeté en le traitant de rabat-joie, ou de coincé, une seule personne dans cette foule d'êtres détestables semblait porter à son égard des sentiments différents qui la faisaient sortir du lot et il s'agissait d'Alizea. L'Allemand ne savait pas très bien quoi penser de cela. Il était habitué à agir avec détachement et froideur envers le commun des mortels, mais ne se sentait pas le courage d'accorder le même traitement à quelqu'un qui semblait le comprendre. La personnalité lumineuse de la sorcière semblait réchauffer le glacial tempérament du Serdaigle qui se trouvait incapable de la rejeter maintenant. La température au dehors de Poudlard était d'ailleurs aussi glaciale que la nature du sorcier qui sortait du château de Poudlard après les autres, pour aller au village sorcier où il ne mettait jamais les pieds. Il ne les traînait d'ailleurs pas et avançait d'un pas absolument conquérant vers l'agglomération, bien que son nez soit réfugié sous une écharpe de laine aux couleurs de sa maison.

L'Allemand avait proposé, en tout bien tout honneur, à Alizea de l'accompagner à Pré-Au-Lard sans n'avoir aucune arrière pensées. Il désirait simplement passer du temps avec elle et ne se sentait pas d'humeur à le faire dans le château. Il ne se sentait pas non plus d'humeur à la priver d'une sortie dont il était persuadée qu'elle attendait toujours impatiemment les dates. Et puis, il y avait autre chose... Une pensée plus pernicieuse que Randolf n'osait pas s'avouer car il ne la comprenait pas trop. S'il donnait rendez-vous à la sorcière un autre jour, elle irait au village sorcier. Et elle y trouverait sans doute Anselmus. L'étrange jalousie qu'il ressentait pour son cadet avait donc trouvé son point de chute dans ce rendez-vous donné à la sorcière, devant Scribenpenne qui se trouvait en face de la place Rufus Oldrige, seule boutique où il avait mis les pieds depuis le début de sa scolarité. Cette pensée lui rougit les joues et il se sentit, pour la première fois de sa vie, honteux du détachement profond qu'il ressentait vis-à-vis de l'école et ses environs. Ses rougeurs n'avaient pas complètement disparues lorsqu'il arriva devant la boutique, pile à l'heure, et qu'il n'y vit pas Alizea.
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Alizea Spudmore

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COTÉ DU BIEN
On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Re: L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 EmptyLun 13 Jan 2020 - 21:03

Alizea était connue pour accorder beaucoup d'intérêt aux choses agréables de la vie, et s’intéressait à tout le monde. Pourtant, il aurait été malhonnête de sa part de prétendre que l’intérêt qu’elle portait aux gens était égal, car chacun, à sa façon, la touchait d’une manière différente. Prenez par exemple ses copines de dortoir ; elle s’entendait bien avec, très bien même, mais elles avaient toutes ce côté un peu trop « filles » qui la faisait leur préférer en général la compagnie des garçons. Et en matière de garçons, il y en avait indubitablement un qui sortait du lot, le seul et l’unique : Anselmus Spudmore.
Dire de lui qu’il était son ami aurait été bien trop réducteur au regard de l’attachement qu’elle lui portait. Le qualifier même de meilleur ami n’aurait rendu justice à la profondeur du lien qui les unissait. Non, Spud était bien plus que cela ; c’était comme un frère, une âme-sœur. Il la comprenait la plupart du temps bien mieux qu’elle ne se comprenait elle-même, et parfois même, les mots étaient de trop, seuls des regards ou des expressions du visage constituaient cette conversation muette qu’ils avaient l’habitude d’utiliser.
Pour autant, très récemment, la jeune griffonne s’était surprise à laisser son intérêt se porter au-delà de son double, vers une personne sommes toutes pas étrangère à la famille… Car depuis qu’ils avaient officiellement été présentés, la sorcière semblait (re)découvrir l’aîné des Spudmore qui, jusque-là, n’avait jamais vraiment été que « le grand frère d’Ansel ». Il n’y avait en cela rien d’humiliant, puisqu’elle était à peu près sûre de n’avoir toujours été elle aussi que « l’amie de son frère ». Mais, la curiosité et l’intérêt aidant, et sa verve toujours joviale et optimiste un peu sans doute aussi, Alizea réussissait à gratter petit à petit les couches de vernis dont le grand blond semblait s’être fait une véritable parure, et s’étonnait d’être agréablement surprise de ce qu’elle découvrait dessous. Car de ce qu’elle pouvait en juger, Randolf Spudmore était loin d’être ce type rabat-joie voire hautain que certains dépeignaient de lui, bien au contraire. Il lui apparaissait sous un jour nouveau, et ce qu’elle découvrait de son tempérament, lui faisait ressentir un maelström d’émotions contradictoires. Était-ce mal d’éprouver de l’intérêt pour le frère de son meilleur ami ? Cela dépendait sûrement du type d'intérêt en question. Mais pour l’heure, la brunette n’était pas certaine de ce qu’elle ressentait. L’envie d’être en sa compagnie, sans aucun doute. Et c’était donc dans une excitation teintée d’une pointe de culpabilité qu’Alizea avait accepté l’invitation de l’aîné des deux frères.

Cela dit, il n’avait pas été aisé de justifier cette sortie en solitaire, elle qui d’ordinaire ne restait jamais plus de trois minutes seule. Il avait fallu ruser, feinter, et esquiver, ce qui ne faisait que renforcer cette sournoise sensation de culpabilité – faisait-elle seulement quelque chose de mal ? – mais qui, d’un autre côté, rendait la chose délicieusement attrayante. Tu joues avec le feu, ma fille, se morigénait-elle intérieurement, tandis qu’elle se hâtait jusqu’à la boutique de Scribenpenne. La queue de cheval filant haut dans le vent, elle arriva finalement avec dix bonnes minutes de retard, les joues elles aussi rosies de gêne, sans savoir trop s’il fallait mettre ça sur le compte de son retard ou de la vision de Randolf l’attendant patiemment devant la vitrine. Son cœur battit un peu plus vite, lorsqu’elle trotta jusqu’à lui. « Bonjour Randolf », fit-elle en lui faisant finalement face, desserrant un peu son écharpe rouge et or. « Je suis désolée d’être en retard, j’ai été un peu… retardée », s’excusa-t-elle, penaude, sans préciser qu’elle avait dû essuyer une avalanche de questions et quelques regards en coin suspicieux. « Mais je vais me faire pardonner ! » Ajouta-t-elle dans un grand sourire, dont elle seule avait le secret. « Tu… » Elle jeta un coup d’œil furtif vers la porte du magasin. « On entre ? »
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MessageSujet: Re: L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 EmptyVen 17 Jan 2020 - 21:20

Randolf et Anselmus se ressemblaient à peu près autant physiquement qu'ils n'étaient différents mentalement. L'enfantine adolescence de son frère, l'aîné la jugeait fermement, sans toutefois ne faire aucun commentaire à ce sujet. L'on attendait plus de lui que du benjamin, et si cette idée aurait pu - et aurait dû - flatter son égo, pour autant, ce n'était pas le cas. Pire, cela l'agaçait. Il ne comprenait pas très bien pourquoi c'était à lui de se plier à tous les désirs de ses parents alors qu'Anselmus était plus libre. Il ne savait pas pourquoi on attendait de lui qu'il travaille avec autant d'acharnement, il ne comprenait pas certaines choses qu'exigeaient ses parents. Et pour le serdaigle parfait qu'il était, c'était une interrogation qui le hantait chaque jour. Son frère attirait autour de sa charmante personnalité des gens qui lui étaient férocement fidèles. La fidélité, en amitié tout du moins, était quelque chose qui échappait totalement à Randolf qui demeurait solitaire. Son patronus aurait dû être un loup, pensa-t-il avec ironie alors qu'il s'agaçait naturellement du retard d'Alizea. Sa cadence et sa vie étaient chronométrées avec beaucoup de minutie, et l'Allemand s'était rendu pile à l'heure au rendez-vous. Mais elle n'était nulle part. Sa première idée fut de se dire qu'elle ne comptait pas venir, et qu'elle avait accepté uniquement pour se dégager de lui. Ses joues pâles rougirent à cette idée car il n'appréciait pas qu'on se paie sa tête. Il avait une grande fierté naturelle qui se reflétait tout à fait dans son patronus. Il regarda à travers la vitrine ce que le commerçant exposait pour l'hiver, jusqu'à ce que la charmante voix d'Alizea n'atteigne ses oreilles et fasse disparaître ses rougeurs. Elle ne lui avait pas posé de lapin.

Le coeur de Randolf se serra sans qu'il ne puisse dire à quoi cela était du. Son trouble ne s'afficha pas sur son visage qui s'illumina d'un sourire sincère : « Il n'y a pas de mal, Alizea ». C'était sans doute la seule personne sur terre à ne pas entendre de réprimande de la part de l'Allemand sur la ponctualité, qui était à ses yeux, la plus jolie vertu que l'on puisse attribuer à un être humain. Il découvrait pourtant en la regardant qu'il en existait d'autres qui seyait davantage à la jeune femme. « Tu as quelque chose à y acheter ? » demanda-t-il en lui ouvrant la porte pour la laisser passer, en ajoutant à son mouvement un geste de son bras libre vers l'entrée. Il s'engouffra à l'intérieur à sa suite en posant ses yeux clairs sur la sorcière devant lui, puis sur les étagères regorgeant de tout ce qui pouvait représenter la perfection aux yeux de tout serdaigle qui se respecte. « Je ne sais pas pourquoi je t'ai proposé de venir » avoua-t-il, perplexe de son audace autant que de son attitude, « je suppose que je dois jeter la faute sur ta compagnie distrayante ». Peut-être que pour elle, ce n'était pas un compliment très orthodoxe, mais Randolf était sincère. Et quiconque pourrait facilement témoigner du fait qu'il ne trouvait pas la compagnie de grand monde agréable...


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MessageSujet: Re: L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 EmptyJeu 23 Jan 2020 - 19:36

La jeune griffonne s’était attendue à une mine chiffonnée – et à juste titre – lorsqu’elle était arrivée au lieu de rendez-vous, mais pas à trouver un jeune homme l’attendant en souriant. Ce constat ne fit que confirmer son intuition d’avoir bien fait d’accepter la proposition du serdaigle, et elle nota intérieurement qu’il ne fallait jamais croire tout ce qui se racontait sur les gens, car la situation présente faisait mentir la tendance ; le sorcier qu’elle avait face à elle n’était ni aussi froid qu’un iceberg, ni aussi contrarié qu’il aurait dû l’être avec un tel retard. Ou bien jouait-il trop bien la comédie ? La brunette pensa à s’imaginer plutôt qu’il possédait un caractère enclin aux circonstances atténuantes, et ne se fit pas prier deux fois lorsqu’il l’incita à le précéder dans l’échoppe. Elle remercia sa patience d’un sourire lumineux, en se retournant vers lui par-dessus son épaule, puis se faufila plus en avant dans le magasin, promenant ses yeux noisette alentours. « Pas vraiment », répondit-elle à sa question en dressant rapidement en pensée une liste du matériel qu’elle possédait déjà. « Enfin, il me faudrait bien une nouvelle plume, celle que j’utilise commence à être un peu fatiguée », fit-elle, posant le regard sur chaque rayon et chaque étagère, déambulant au hasard. Ses yeux s’arrêtèrent finalement sur le rayonnage du Focifère. « Oh ! », s’extasia-t-elle dessus, les plumes éclatantes de l’oiseau africain étant très appréciées en tant que plumes fantaisie. Elle en désigna une du bout du doigt, à l’attention de Randolf. « Peut-être vais-je en prendre une comme ça aussi, pour un peu plus de fantaisie dans mes notes ! » Elle les observa toutes très attentivement, et en dénicha une dont les couleurs étaient si chaleureuses et chatoyantes qu’elles auraient pu à elles-seules réchauffer tout le château. « Qu’en dis-tu ? »
Entre temps, le frère de son meilleur ami l’avait rejointe. La sincérité tout à fait spontanée dont il fit preuve la fit sourire plus qu’il ne la surprit, d’une quelconque manière, car il ne fallait pas oublier que la jeune fille commençait à avoir une expérience certaine en matière de Spudmore. Elle pencha la tête sur le côté, et le regarda avec un sourire malicieux. « Mettons donc la faute sur cela, oui ». Son sourire se fit plus doux. « Je suis contente que tu m’aies proposé de t’accompagner, en tout cas ». Et c’était vrai. Alizea aimait les gens, et sa nature altruiste la faisait vouloir sans cesse découvrir de nouvelles personnes, souvent celles qu’elle avait juste sous le bout de son nez et auxquelles elle ne faisait de toute évidence pas suffisamment attention. Elle poussa l’audace à se confier, tout en détournant les yeux vers le matériel les entourant ; « je pensais que, peut-être, tu souhaiterais que ton frère soit présent aussi… » Ses joues rosirent légèrement, lorsqu’elle le regarda de nouveau. « Mais bon, ce n’est peut-être pas plus mal ainsi ? » La voilà maintenant qui voulait passer du temps seule avec le frère d’Ansel. Qu’est-ce qui clochait, chez elle ? Pour dissiper sa gêne, elle changea vite de sujet. « Enfin, est-ce que toi tu avais besoin de quelque chose en particulier ? Je peux t’aider à trouver ? »
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Randolf Spudmore

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MessageSujet: Re: L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 L'expression de nos froides différences | ALIZEA | FLASHBACK 1961 EmptyMer 29 Jan 2020 - 22:28

Randolf se rendit compte lorsqu'il aperçut Alizea qu'il ne se sentait pas le courage d'être agacé avec elle comme il pouvait l'être avec son propre frère. Le regard et le sourire de la sorcière effaçait son énervement d'une manière qu'il n'avait, curieusement, jamais ressenti auparavant. L'Allemand parlait peu de ses ressentiments et moins encore de sa famille, de ce qu'ils faisaient et de leur réputation. Cela contribuait à renforcer sa nature solitaire mais si la Gryffonne lui avait posé des questions, sans doute n'aurait-il pas été capable de retenir tout un flot d'informations. Il la suivit dans le petit magasin et il se sentit bête de l'avoir fait venir ici. De toute façon, il s'agissait bien du seul endroit où il acceptait de pénétrer à Pré-Au-Lard. Pour cacher sa gêne, qu'il avait créé sans même le vouloir, il s'intéressa à une série de crayons et il se demanda s'il ne serait pas utile qu'il en achète de nouveaux pour ses croquis. Le grand secret de Randolf était sans doute le dessin, certes d'abord de balais et principalement de balais, mais il lui arrivait d'égarer sa mine sur le papier pour dessiner des natures mortes, ou des visages. Ses gribouillages, certes réalistes, restaient tout de même minoritaires. L'Allemand avait conscience que pour faire un bon balai il fallait un bon croquis et c'était la première règle que lui avait inculqué son père. A la suite, il s'était découvert un certain talent pour le dessin. Le jeune homme allait se saisir de la boîte lorsqu'Alizea poussa une exclamation, et il se retourna. La fantaisie qu'elle évoqua aurait sans doute arraché au studieux élève qu'il était un soupir blasé en temps normal mais il n'en fut même pas capable. Il se montra même - contre toute attente ! - intéressé par les propos de la sorcière : « Cela facilitera ton apprentissage » ne put-il s'empêcher de ramener sur le tapis ses préoccupations studieuses, « tu devrais en prendre une, en effet ». Randolf afficha un sourire et lui avoua qu'il ne savait pas pourquoi il l'avait invité à venir. Cette confidence lui fit oublier ses crayons pour faire face plutôt à la jeune femme qui souriait malicieusement en face de lui. Le cœur du garçon battait plus vite que sa cadence générale sans qu'il ne sache très bien identifier pourquoi.  Qu'elle lui dise qu'elle était contente d'être là l'aurait fait mourir d'une crise cardiaque si son organe était faible. Randolf ne répondit rien et la laissa s'approcher de là où il était. « Ce n'est pas plus mal» afficha-t-il le ton flegmatique qu'il utilisait toujours lorsqu'il était question d'Anselmus, « je sais que tu l'apprécies beaucoup, cela se voit comme cela se sent » - mais ce n'est pas un sentiment que je partage aurait-il pu répondre - « mais nous ne nous entendons pas vraiment, finalement ». Il fut surpris de constater qu'il ressentait plus de gêne à l'idée de l'avoir faite venir pour rien que de parler de l'étrange relation entre les frères Spudmore. Qu'elle rebondisse sur ce qu'il cherchait était la porte de sortie que l'aîné de fratrie attendait : « J'ai besoin de crayons » - l'Allemand eut un sourire un peu timide en prenant la boîte qu'il avait avisé précédemment - « et des plumes car je les use de manière déraisonnable » - il lia une nouvelle fois le geste à la parole en prenant cette fois-ci un lot de trois plumes qui allaient sans doute lui durer à peine trois mois. Il était conscient qu'il n'était pas très courant pour les sorciers d'user de crayons mais Scribenpenne, fort heureusement, en vendait malgré tout. Dessiner à la plume, c'était sans doute beaucoup trop trivial pour l'aîné Spudmore.


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