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Retrouvez l'édition d'août de la Gazette des sorciers !

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Face the Dragon w/ Razvan

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Athos Greyson

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MessageSujet: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyMer 29 Avr 2020 - 0:47

L’immense bâtisse étendait son ombre sur celui qui n’en avait plus depuis maintenant plusieurs minutes. Dans une ruelle parallèle, Athos avait déployé son sortilège de dissimulation pour effectuer la visite qu’il redoutait. Le Londres magique était en ébullition depuis plusieurs jours, suite à l’attaque dévastatrice du chemin de Traverse. Dès qu’il avait appris, Athos avait rejoint son appartement et ne l’avait plus quitté. Avec ce genre d’événements, le Ministère et la Police se montraient bien trop curieux, et il lui fallait disparaître le temps que tout revienne à la normale. L’ennui le rongeait, mais sa survie était essentielle. Rattraper son sommeil manquant avait alors été sa principale activité, mais quelque chose le dérangeait. Un pressentiment, une intuition étrange qu’il s’efforça de faire taire. Et puis un soir où il avait besoin de picoler, il avait découvert ce dont il s’agissait. Shannon. Shannon n’était pas chez lui. Pas surprenant certes de la part de son ami. Athos l’attendit toute la nuit, et il ne vint pas. La nuit suivante non plus. Merde, Shannon, dans quoi tu t’es fourré ? Et il devait en avoir le coeur net.

Se faufilant à travers la lourde porte à la suite d’une infirmière, Athos pénétra dans ce lieu qui lui glaçait le sang. Il détestait les hôpitaux. Non pas qu’il ait souvent le besoin de s’y rendre - d’ailleurs, depuis sa reconversion, il ne fréquentait plus par ce genre de lieu, où on posait trop de questions - mais il y régnait une atmosphère trop pesante. Les émotions ici y étaient exacerbées, les pleurs trop visibles, le chagrin envahissant. Évitant les regards alors qu’il était invisible, il craignait plus que tout de lire la détresse sur le regard des gens. Le jeune homme évoluait avec grâce parmi la foule et atteignit ce qui semblait être un registre. Patientant quelques minutes, la réceptionniste finit par lui tourner le dos et il feuilleta l’épais livre, cherchant un nom qu’il espérait ne pas lire.

O’Mahony. Chambre 207. Les mots lui stoppèrent le coeur un instant, et il détala à toutes jambes jusqu’au second étage, esquivant de peu les gens sur son passage. Une fois arrivé devant la chambre, Athos, légèrement essouflé, marqua un temps d’arrêt. Dans quel état allait-il trouver son ami ? Peu lui importait, il lui fallait une réponse. Il lui fallait le voir. D’un pas décidé, Athos poussa la porte de la chambre, se moquant bien que quelqu’un s’y trouve. Au fond de lui, il savait que personne n’était à son chevet. Cela lui fendit d’ailleurs un peu le coeur. Mais il en aurait été de même si ça avait été lui sur ce lit d’hôpital. Personne ne viendrait le pleurer. Personne sauf Shannon.

La vision de son meilleur ami dans cet état lui fit un choc. Merde, mon pote… Il avait déjà vu Shannon salement amoché mais là, c’était pire que tout. Cette pâleur n’avait rien de normal pour un latino. Tirant une chaise, Athos prit place aux côtés de son ami et détailla son visage de longues minutes, l’émotion lui serrant la gorge. « C’est bien la première fois que t’es aussi longtemps silencieux, hermano» plaisanta-t’il, sa voix se brisant sur le mot espagnol. Il sentait un mélange de colère et de tristesse monter dans sa gorge, mais malgré le fait qu’il était le seul être conscient dans cette chambre, et que son invisibilité le protégeait, aucune larme ne franchit la barrière de ses yeux. Sa poitrine se soulevait à un rythme régulier, et il semblait si calme et paisible que c’en était effrayant. Posant une main sur celle bien mal en point de son frère de coeur, Athos resta de longues heures à son chevet. Comme il l’avait deviné, personne ne franchit la porte, à part une infirmière venue vérifier que tout se passait bien. Athos aurait voulu lui poser milles questions, mais son invisibilité le lui interdisait. Il l’observa, silencieux, jusqu’à ce qu’elle sorte et le laisse en tête à tête avec son ami de toujours. Les heures passèrent, et leurs deux silhouettes si immobiles offraient un étrange spectacle qui ne leur ressemblait pas. Et puis, enfin, la réalité rattrapa Athos qui s’était perdu dans leurs souvenirs communs, et il serra la main de Shannon avant de se lever. « Promis, je reviens demain. Je te laisse pas tout seul. »

La seconde qui suivit, Athos se retrouvait dans un lieu bien différent, en plein coeur de Londres. Un lieu qu’il ne connaissait pas encore très bien. Son transplanage n’avait pas été des meilleurs, et l’atterrissage fut difficile. Et bruyant. Quelle belle entrée en matière. Pourtant, il était pile à l’heure. « Razvan ? » Athos espérait que le sorcier reconnaîtrait sa voix et ne se mettrait pas sur la défensive. Cela aurait été bien légitime pourtant, car la prunelle de ses yeux n’était pas encore sous la protection du jeune anglais. Sa vue probablement un peu brouillée par ce transplanage raté, il balaya la pièce du regard, cherchant son client. Enfin, client… Vu les services que Razvan lui avait rendu ces derniers temps, le terme semblait galvaudé. Heureusement, Athos s’était remis de ce malheureux incident, grâce au sorcier aux longs cheveux blonds un peu taiseux qu’il avait rencontré.

Il lui semblait que de longues minutes s’étaient écoulées depuis son arrivée. Pourtant, l’horloge au mur indiquait bien l’heure précise à laquelle ils devaient se retrouver. La même heure que quand il avait atterri. Son esprit s’égarait un peu, et ça n’était pas le moment. Un pas lourd se fit entendre dans la pièce à côté, et finalement, la silhouette qu’il attendait se montra. Et elle n’était pas seule. Accrochée à sa jambe telle un koala, une gamine était tout sourire. Ça expliquait le pas trainant. Athos lui renvoya un sourire sincère qui illumina son visage. Sans qu’il ne puisse s’expliquer pourquoi, il était à l’aise avec les enfants. Bien plus qu’avec les adultes d’ailleurs. Et la mini Vacaresco avait une bouille adorable. « Hé,  bonjour toi. » lui dit-il d'une voix douce. S’accroupissant à sa hauteur, comme si elle était un adorable animal, Athos prit une posture plus détendue et ouverte pour que ce soit elle qui vienne vers lui. « Le voyage s’est bien passé, à ce que je vois. » adressa-t’il au slave, plus comme une formule de politesse que comme une véritable information. Son attention se porta à nouveau sur la petite. « Je m’appelle Athos. Je suis un ami de ton papa, alors toi et moi, on va se voir très souvent, mija. D’ailleurs… j’ai un petit cadeau pour toi. » Une incursion d’espagnol. Tiens, ça, c’était nouveau. Glissant ses mains dans ses poches, il leva un sourcil taquin. « Quelle main ? »
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L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyJeu 30 Avr 2020 - 0:19

La fête de Pâques était désormais passée et Razvan ne parvenait pas à libérer son coeur de la lourde culpabilité qui l'envahissait. Il avait tué des gens, plusieurs personnes, dont des enfants, parce qu'il n'était pas capable de dire non. Parce qu'il n'était pas capable de régler le problème en brûlant la racine. Le roumain n'avait qu'un seul meurtre à commettre pour se sortir de son bourbier. Et pourtant il n'osait pas, il n'y parvenait pas et se retrouvait condamné à tuer des innocents au lieu de tuer un coupable. Les parents Prewett, c'était Dolohov qui avait participé à leur tuerie. Et maintenant, il en provoquait d'autres par son chantage abject. Mihaela ne se rendait compte de rien, elle avait accusé son père, avec son esprit manichéen d'enfant qui veut son seul parent, de l'avoir abandonnée et de ne plus l'aimer. Pour lui qui faisait tout ça pour elle, le coup avait été difficile à encaisser. Ses beaux-parents qui gardaient la petite fille ne posaient pas de questions mais conservaient toujours un air grave sur leurs figures lorsqu'il venait les voir tous les trois. Ils aimaient leur beau-fils comme s'il était leur enfant, mais ils ne saisissaient pas la logique de ses choix tout en sachant qu'il n'en avait pourtant aucun. Razvan n'avait pas eu le choix que de quitter la Roumanie tout comme il n'avait pas le choix - sinon en commettant un autre meurtre - que d'assassiner des innocents pour le compte d'un homme violent qui se rêvait déjà Roi. Et il regardait désormais sa fille jouer dans sa chambre en affichant un sourire figé. C'était comme s'il ne la voyait même pas faire tous ces mouvements et déblatérer tout ce qu'elle avait à dire - parce qu'elle était très très très bavarde. Il ne l'entendait même pas vraiment. Les pensées sombres du médicomage envahissaient toute sa vie, n'importe quand. Il avait pâlit en voyant la liste sans fin de blessés à Sainte-Mangouste la veille, et il était parti en reconnaissant certains noms, parfois de collègues.

La douleur qu'il ressentait toujours à l'abdomen du fait du sortilège de Maugrey, il la méritait totalement et ce n'était même pas suffisant à dire vrai, pour l'expier de toutes ses fautes. Un prêtre aurait tôt fait de le traiter du nom du diable pour le maudire à jamais. C'était en faucheuse noire qu'il se figurait l'habit à porter, et c'était le rôle qu'il remplissait chaque fois qu'il était appelé. Pour autant, si aujourd'hui, il attendait quelqu'un, ce n'était ni Dolohov, ni Voldemort - Merlin merci - mais un jeune homme avec qui il avait passé un marché. Razvan y avait longuement songé - avait-il raison, ne prenait-il pas de risques ? - avant d'admettre que de toute manière, il faisait bien son travail. C'était vrai. Sa funeste entreprise, il la menait à bien, il faisait ce qu'on lui demandait sans rechigner, n'importe où, n'importe quand, sur n'importe qui. Son échec pourtant de tuer Octavius Martens, qui était son ami, revenait souvent dans la bouche de Dolohov, qui, semblait-il, lui en voulait particulièrement pour cela. Un fracas résonna dans le salon et Razvan sursauta en même temps que Mihaela qui le regarda avec des yeux ronds comme deux noix de coco. En se levant, elle en profita pour lâcher tout ce qu'elle avait entre les mains afin de se jeter sur sa jambe : « Tu vas finir par nous faire tomber » la prévînt-il, totalement blasé. La gamine répondit par un gros rire sans bouger et c'est avec prudence qu'il s'avança vers le salon en se tenant sur le mur - parce que le diablotin pesait son poids mine de rien. La voix d'Athos résonna et Razvan se demanda pourquoi il ne le cherchait pas, mais soit. Et qu'avait-il cassé en arrivant ?

Le roumain émergea dans le salon pour découvrir qu'Athos, fort heureusement, n'avait rien cassé, avant d'afficher un sourire tendre lorsqu'il s'adressa à la petite fille qui le regardait comme s'il était la réincarnation du Christ. « Bonjouuuuuuuuur » s'étendit-elle sur la dernière syllabe, subjuguée, apparemment, par la vision d'Athos, qui demandait à son père si le voyage s'était bien passé. « Oui très bien » répondit Razvan de son accent coupant, « elle avait hâte de venir ». Et elle n'était apparemment pas déçue. La petite fille regardait le jeune homme qui s'était mit à sa hauteur pour ne pas la dominer de toute sa taille d'un air curieux, et le roumain sentit les mains de Mihaela se serrer sur son pantalon. Ignorant totalement la main de son père qui était sur sa tête - et elle détestait cela, elle le lui répétait tout le temps - la petite fille se décolla gentiment et silencieusement - miracle ! - pour s'approcher d'Athos. Il l'appela d'un mot en langue étrangère et Razvan fronça les sourcils sans rien dire. Depuis quand parlait-il une autre langue ? Il ne le connaissait certes pas très bien, mais le médicomage était prêt à mettre sa main à couper qu'Athos ne parlait pas espagnol. Parlant de main... Quelle main ? « Les deux ! » dit Mihaela d'un ton volontaire, le visage souriant mais déterminé, parce qu'elle avait l'esprit de compétition et qu'elle n'aimait pas perdre.  Le roumain ne put empêcher un ricanement de franchir la barrière de ses lèvres mais la gosse était toute concentrée sur Athos. Lorsqu'il ouvrit la main pour lui montrer le bracelet, elle écarquilla les yeux en se tournant vers son père l'air de lui demander si c'était une vaste fumisterie. Mais le britannique le lui enfila gentiment et Mihaela se jeta sur lui pour lui faire un gros câlin : « MERCI Athoz ! ».  Razvan affichait toujours un sourire un peu préoccupé. Il avait l'impression que quelque chose clochait, appelez cela l'instinct du médicomage qui se réveille après un long sommeil : « Tout va bien Athos ? Tu veux un thé ou quelque chose ? Tu as l'air un peu... Atone ».


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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyJeu 30 Avr 2020 - 1:14

La gamine avait ce je-ne-sais-quoi de foncièrement attachant. Cette façon de s’agripper au pantalon de son père, ses grands yeux ronds et sombres, cette spontanéité désarmante. Un lien invisible et si fort semblait la lier à son père. Athos en fut légèrement troublé. Sans doute était-ce ça qu’on appelait l’amour paternel ? Cette façon qu’avait Razvan de poser sa main dans la tignasse brune de sa fille, et de la laisser s’accrocher à lui comme à un papa ours. Le jeune anglais n’avait jamais connu ça. Les rares fois où son père l’avait touché, c’était pour remettre son noeud papillon droit, ou pour lui coller une gifle. La dernière en date, bien que datant de bientôt dix ans, était toujours si douloureuse dans son coeur…

La gamine avait l’air effectivement impatiente, et elle s’approcha docilement d’Athos qui fut surpris de voir à quel point elle était à l’aise. Michelle semblait l’apprécier, sans doute à cause de ce sourire qui ne le quittait pas. Un souvenir lointain lui revint, celui d’une vieille femme dont les yeux bleus malins se cachaient sous des plis de ride. Tu seras un bon père… C’est dans ton sang. Athos avait frémi à cette pensée. Vu le modèle paternel qu’il avait eu, il était persuadé qu’il ferait un bien piètre parent. Et puis, pour ça, il fallait trouver une mère. Une famille. Se poser. Des notions qui lui semblaient trop incompatibles avec son style de vie. Pourtant, il aurait pu… Ce n’était pas le moment de penser à ça.

Joueuse, la petite tricha sans complexe en décidant de ne pas choisir. Athos lâcha un petit rire en même temps que Razvan et sortit de sa poche droite un bracelet bien trop grand pour la petite. Ses yeux s’illuminèrent en le voyant, et elle échangea avec son père un regard surpris. Athos se souvenait du moment où il était allé acheter le bijou. Très à cheval sur les belles choses, il avait pris du temps et beaucoup de soin pour le choisir. Son attention s’était porté sur un modèle en argent vieilli et finement travaillé, gravé de spirales et de points qui donnaient l’impression qu’il avait été forgé par des tribus anciennes. Le modèle était destiné à une adulte, ce qui lui valu une remarque bien déplacée. « Madame sera ravie de votre choix. Monsieur a du goût. » Adressant un regard amusé au bijoutier, Athos n’avait rien répondu. Au moins, la deuxième partie était vraie. Mais il était encore bien loin, le jour où Athos offrirait un bijou à une femme en signe de son amour. Sans doute n’existerait-il d’ailleurs jamais.

Glissant le bracelet au poignet de la petite, Athos afficha une moue surjouée. « Hum, ça me parait un peu grand. » Aussitôt sa phrase terminée, le bracelet rapetissa doucement jusqu’à atteindre la taille parfaite. La gamine était ébahie, et elle lui sauta au cou pour le remercier. Surpris, Athos faillit basculer en arrière mais se retint in extremis d’une main, calant l’autre contre le dos de la petite. Cet élan d’affection le bouleversa. Depuis combien de temps quelqu’un ne l’avait-il pas serré comme ça ? C’était de l’amour à l’état pur, et c’était bien plus qu’il ne pensait le mériter pour un simple bracelet à vrai dire. Mais, plutôt que de se poser des questions, Athos ferma les yeux et profita de ce moment de douceur et de tendresse, bien trop rare dans sa vie. « Il te va bien, niña. Promets-moi de ne jamais l’enlever, d’accord ? Il te protégera aussi longtemps que tu le porteras. » C’était la stricte vérité, après tout. Une fois le bracelet enchanté, la petite serait invisible aux yeux de tous, même aux siens. Et puis, de toute façon, il lui était impossible de le retirer. Le sortilège de réduction l’avait parfaitement ajusté à son poignet, de sorte à ce qu’elle le porte sans que cela ne la serre, mais aussi sans qu’elle ne puisse le retirer.

La voix de Razvan le rappela à la réalité, et il se leva, laissant Michelle admirer son nouveau bijou. Il ne put masquer sa surprise, levant un sourcil à la fin de sa phrase. Atone ? Vraiment. « Nan, moi c’est Athos, compadre. » Peut-être que le voyage l’avait fatigué après tout, et il ne lui en tint pas rigueur. Mais il était aussi étonné de voir qu’il renvoyait l’image de quelqu’un qui n’allait pas bien. Peut-être que sa visite à Shannon l’avait marqué au point que cela se lisait sur son visage, après tout. « Désolé, je reviens de l’hôpital. J’ai un ami qui était au Chemin de Traverse et… » Peu habitué aux confidences, Athos décida de ne pas terminer sa phrase. Pourtant, Razvan avait peut-être soigné Shannon après tout ? Mais ne mélangeons pas tout. Il n’était pas là pour raconter sa vie autour d’un thé avec un mec qu’il ne connaissait même pas. « Je prendrai bien un café en tout cas. Pas trop infusé par contre. Mais avant… »

S’approchant du médicomage, il sortit un bracelet de sa seconde poche, et le lui tendit. Le modèle n’avait évidemment rien à voir avec celui de la petite. En cuir noir finement travaillé, il lui avait immédiatement évoqué Razvan quand il l’avait vu. Simple, brut, sans fioriture. Sombre aussi. Et cher. Mais ça, ça n’avait pas été un problème. Athos ne pouvait décemment pas offrir de la pacotille à un type qui s’occuperait de le rafistoler. « Je sais, il n’est pas aussi joli que celui de la petite. Mais je me suis dit que l’argent, ça jurerait avec ton teint. »
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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyJeu 30 Avr 2020 - 23:10

Razvan n'était pas devenu père par défaut, mais il était assurément devenu veuf sans s'y attendre. Ce genre de chose, ça nous tombait dessus comme la flotte pendant une après-midi d'août. Pour autant, contrairement à d'autres parents qui, pris par leur chagrin, faisaient porter le chapeau à leur progéniture, le roumain n'avait jamais considéré que c'était de la faute de sa fille - une enfant, donc forcément innocente - que sa mère était morte. Et pourtant, il avait beaucoup souffert et souffrait encore énormément de la mort de son épouse des années après l'avoir mise en terre. Il avait vécu des heures sombres et des jours malheureux, il s'était occupé de Mihaela du mieux qu'il l'avait pu, il était parti en Angleterre non seulement parce que la vie en Roumanie n'était pas une vie de rêve mais aussi à cause de ses problèmes. Mais surtout, il était parti pour la protéger elle. Et dans le joli regard de la petite fille, il retrouvait toujours l'espièglerie qu'elle tenait indubitablement de sa mère. Razvan était un homme au naturel doux, et tendre, sa femme était beaucoup plus extravertie et joyeuse, et Mihaela, de toute évidence, avait tenu beaucoup plus d'elle que de son père concernant sa manière d'être. C'était sans doute pour le mieux car le caractère parfois réservé du roumain l'avait souvent mis au ban de la société. Le regard malicieux de Mihaela, son père le trouvait attachant et il espérait qu'Athos ressentait la même chose en posant son regard sur la joyeuse petite fille qui attendait son cadeau. Athos fit glisser le bracelet au poignet de sa fille, et Razvan afficha un sourire amusé de voir son petit air ébahi. C'était avec tout autant de spontanéité qu'elle s'était de suite jetée dans ses bras pour le câliner, habitude que son père n'avait jamais réellement eu à coeur de lui faire passer. Il était bien conscient que certaines personnes pouvaient être mal-à-l'aise, mais il ne se voyait décemment pas la corriger pour quelque chose qui relevait du naturel d'un enfant si jeune. Il doutait qu'à l'adolescence, elle ait les mêmes sentiments.

Les gentilles paroles d'Athos firent sourire Razvan alors que la gosse admirait son cadeau avec le sourire honnête de l'enfant heureux. « Il est beau trop ! » affirma-t-elle joyeusement avant de disparaître du salon à la vitesse de l'éclair, sans doute pour aller chercher quelque chose devina son père. Néanmoins, Mihaela ne revînt pas tout de suite, laissant son géniteur avec Athos. Et perdre sa fille de vue ramena le roumain, d'une certaine façon, à la réalité de son salon. « Combien te dois-je pour les bracelets ? » lui demanda-t-il, un peu gêné. Il avait conscience qu'il s'agissait-là d'un beau cadeau et il se sentait imposteur à l'obtenir simplement en soignant ses bobos. Pourtant, ce n'était pas uniquement ce qui préoccupait le médicomage. Le jeune homme en face de lui s'exprimait de façon décousue, et Razvan allait poser une question lorsque son invité lui colla un violent uppercut. La gorge du médicomage se serra jusqu'à s'assécher et il ne trouva pas de mots à faire sortir de sa bouche pour parler. Athos connaissait quelqu'un, qu'il avait blessé à l'attaque de Pâques. Et maintenant, il abusait de sa générosité dans son salon, en profitait pour être un tant soi peu heureux en ramenant Mihaela en Angleterre. Athos n'avait aucune idée de la personne avec laquelle il parlait. Si son ami mourrait, il faisait affaire et rendait service à son propre meurtrier. L'ironie de la situation lui tordit l'estomac de la même façon qu'elle lui avait tordu la gorge. Mais le jeune homme, toujours atone, ne semblait rien remarquer et c'est lorsqu'il lui tendit son propre bracelet que Razvan comprit. « Attend, attend, attend, Athos, hé » fit Razvan en se mettant bien en face de lui pour le regarder dans les yeux. Il claqua des doigts devant son visage et afficha une grimace. « Tu te sens confus ? Bizarre ? Tu as du mal à trouver tes mots ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils toujours en inspectant son visage, avant de claquer de nouveau des doigts, « tu es sous sortilège de confusion, Athos ». Razvan sortit de sa poche arrière sa baguette qu'il montra distinctement au jeune homme pour qu'il ne prenne pas le geste comme une agression. Le sortilège de confusion pouvait faire beaucoup de mal, dont de mal interpréter les choses. Une fois certain qu'il ne lui sauterait pas à la gorge, le roumain pointa sa baguette sur lui et marmonna : « Finite Incantatem ».



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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyVen 1 Mai 2020 - 21:53

La gosse avait quitté la pièce comme un éclair sombre, sans doute les yeux rivés sur son bracelet qu’elle avait l’air d’adorer. Quand il l’avait choisi, Athos s’était demandé s’il ne s’agissait pas là d’un bijou trop précieux pour une gamine incapable de l’apprécier à sa juste valeur. Sans doute aurait-il pu prendre la première pacotille un peu brillante, et cela aurait eu le même effet. Mais son travail au casino lui offrait le loisir de se payer des belles choses. Il avait même bientôt assez d’argent pour déménager de son miteux logis qu’il occupait depuis bientôt 3 ans. Y passer les derniers jours l’avait débecté au plus haut point. L’endroit était vétuste, mal isolé et il lui était possible de suivre les échanges amoureux de ses voisins du dessous sans tendre l’oreille. À vrai dire, en temps normal, il se contentait d’y dormir, et d’y stocker sa garde-robe bien trop étendue. Le temps était venu de trouver un autre lieu où se ressourcer, un lieu bien plus à l’image de l’exigent sorcier qui l’habitait. Et cela, même s’il était le seul à en passer la porte. Son adresse était une information confidentielle qu’il ne partageait avec personne. Ni client, ni conquête, ni employeur d’ailleurs. Shannon était le seul à lui rendre visite de temps à autre. Shannon…

Aussi, quand Razvan lui proposa de rembourser les bracelets, Athos ne releva même pas. S’il avait du payer un médicomage de qualité pour prendre soin de sa santé, plus défaillante ces derniers temps que de toute sa vie ou presque, il aurait du débourser une petite fortune. Et puis, le sourire de la gamine avait été un paiement suffisant. En plus, il lui proposait de faire du café. Ils étaient quittes. La boisson lui ferait sûrement du bien, car il se sentait étrangement fatigué alors qu’il avait passé l’après-midi assis. Même si cela ne faisait que quelques jours, la situation le ramollissait sans doute, lui qui détestait passer plus de deux heures sans rien faire.

Mais son café ne risquait pas d’arriver tout de suite. Razvan se comportait vraiment bizarrement, et il se planta en face de lui, ses yeux dans les siens pendant de longues secondes. Le sorcier anglais leva un sourcil intrigué. La dernière fois qu’il avait regardé quelqu’un dans les yeux aussi longtemps, c’était avec des intentions claires de passer la nuit chez elle. Or, et ce malgré le fait que Razvan était plutôt bel homme et que ces pupilles sombres dégageaient une intensité rare, Athos n’était pas intéressé. S’il devait passer la nuit ici, ça serait pour récupérer après une bagarre qui aurait moins bien terminé que la dernière à laquelle il avait participé. Le souvenir de Shannon, aussi en forme qu’un Jack Russel enragé, lui tordit un peu les boyaux. Ce concours de regard devenait un peu gênant, et Athos ferma les yeux une seconde, s’apprêtant à sortir une phrase pour détendre un peu l’atmosphère. Mais Razvan prit la parole avant lui, claquant des doigts devant lui. À chaque claquement, Athos cligna, suivant les mains avec attention. Mais qu’est-ce qu’il se passait exactement ? « C’est toi qui es bizarre, amigo ! » Pourtant, le slave continua de le dévisager avec attention. Athos détestait cette sensation, sentant le poids de son regard se poser sur lui.

Razvan claqua à nouveau les doigts, et le son résonna comme un écho dans sa tête. Est-ce qu’il était en train de l’hypnotiser, ou un truc comme ça ? Peut-être qu’il n’avait pas été assez méfiant sur ce coup-là.  Peut-être que Razvan lui avait menti sur toute la ligne, et qu’il voulait juste l’attirer dans son appartement pour lui soutirer des infos, à base de techniques qu’il avait appris avec les gens infréquentables qu’il avait évoqué à leur rencontre. Quand il évoqua un sortilège de confusion, Athos recula instinctivement d’un pas. Quoi ? Mais qu’est-ce qu’il lui racontait là ? « Euh, pardon ? » Impossible pour lui de cacher sa surprise. « Je ne sais pas à quoi tu joues Razvan, mais je pense que je m’en serais rendu compte si on m’avait confusé… confusionné… conf… » Athos recula une nouvelle fois, perturbé par ce langage qui sortait de sa bouche. Le constat de Razvan était peut-être vrai. Tel les méchants dans les films, il lui annonçait, imperturbable, la sentence. Par contre, qu’il ait réussi à faire ça en claquant des doigts était une véritable prouesse, il fallait l’avouer. L’angoisse commençait à lui serrer la poitrine. Il fallait qu’il réagisse, et vite. Mais Razvan avait déjà sa baguette dans la main : le temps qu’il trouve la sienne, Vacaresco aurait clairement l’avantage. Il lui fallait réfléchir, mais se sachant désormais sous sortilège de confusion, il était conscient que ses pensées ne lui seraient d’aucune utilité. Il était foutu. Il recula encore d’un pas, et la table arrêta sa progression. Ne lui restait que les mots pour se sortir de là.

« Écoute, Razvan, je n’ai pas encore enchanté les bagues. » Si tant est qu’il avait réellement besoin de lui pour cacher la petite, qui n’avait peut-être été qu’un appât attendrissant. Les gestes de Razvan étaient calmes, presque empreints de douceur. Ça ne collait pas avec le contexte, avec ses conclusions. Peut-être faisait-il parti de ses sadiques qui prenaient plaisir à voir leur victime souffrir. « Ne fais pas un truc que tu pourrais regretter. » Les deux mains en avant, Athos adoptait une attitude de négociateur qui lui semblait être son dernier recours. Ce qui n’empêcha pas Razvan de lui lancer un sort. Fermant les yeux, Athos attendit que la douleur ne parcoure son corps. Au lieu de ça, une vague de chaleur bienfaitrice l’enveloppa, et quand il rouvrit les yeux, il était toujours debout, intact, appuyé contre la table. Finite Incantatem ? Quoi ? Alors, Razvan ne l’avait pas menacé, il l’avait… sauvé ? C’était impossible. Il n’était pas sorti depuis des jours, et il s’était rendu invisible.à Sainte-Mangouste. Comment, qui ? Décontenancé, il posa son regard sur le médicomage « Merci, Razvan. Encore une fois, merci. » Décidemment, ce type lui sauvait un peu trop la vie ces derniers temps. Lui qui pensait n’avoir jamais besoin de médicomage, il fallait croire que la réalité prenait un malin plaisir à le faire mentir. « Je ne comprends pas… Ce qui s’est passé. » Même si ses pensées se remettaient tout à coup en ordre à la vitesse du Poudlard Express, Athos détestait le fait de s’être montré si vulnérable devant quelqu’un. Encore plus devant quelqu’un qui lui confiait la vie de sa fille, et lui accordait donc sa confiance. Quelle image cela renvoyait de lui ?

« Comment tu as su ? » Les dernières minutes formaient un souvenir flou dans son esprit. Il se souvenait de la petite, de la sensation de bien-être qui l’avait envahi quand elle l’avait enlacé, du rire de Razvan, de doigts qui claquaient. Pour le reste, c’était un vaste brouillard étrange. Dans sa main, il tenait toujours le bracelet en cuir. Lui remettre les idées en place avait sans doute été plus important. Cet homme était décidément doué, et un allié de choix. Même si la méfiance restait de mise aux vues de ses fréquentations peu recommandables. Chantage ou non, Razvan était sans doute amené à prendre de terribles décisions pour la survie de sa fille. Cela ne le regardait pas, mais Athos savait bien qu’il ne fallait pas lui tourner le dos. Jamais. S’il n’avait pas été aussi confus d’ailleurs, sa baguette aurait été bien plus près de ses mains à son arrivée dans les lieux.
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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyLun 4 Mai 2020 - 0:24

Razvan était certes un médicomage, mais il avait pratiqué finalement la majorité de sa carrière comme médecin moldu. Cela faisait sans doute l'originalité de son cursus. C'était volontaire pour lui et son épouse de s'installer dans un village roumain de quelques trois cent âmes sans aucun autre sorcier dans les parages. Tous les deux désiraient simplement aider des gens, sans nécessairement être payés en retour. Vouer sa vie à sauver celle des autres pour que le destin le rattrape un jour en le faisant meurtrier de quelques centaines d'autres. L'ironie de la vie n'était même pas masquée, elle était profonde, réelle, inénarrable pour le roumain qui la subissait de plein fouet. Il n'aurait même pas dû être surprit en fait. Le destin s'acharnait contre lui depuis qu'il avait eu sa fille et il devrait simplement l'accepter, au lieu d'essayer de lui échapper. Ramener Mihaela au Royaume-Uni, malgré toutes les précautions prises, lui parut être brusquement l'idée la plus stupide à laquelle il avait pensé. La faute à l'amour paternel d'un père qui souffre de n'avoir personne avec lui. Ni sa femme, ni sa fille, sinon ses vieux démons qui hantaient son esprit tous les jours et toutes les nuits. Et même s'il avait beaucoup donné de lui dans sa vingtaine, pour aider les gens de son village moldu, on lui avait finalement assez peu renvoyé l'ascenseur, et il avait du fuir son pays. "Réfugié politique" avait-on inscrit sur son titre de séjour. Rien que ça. Mais s'il avait soigné des moldus pendant la majorité de sa carrière de médecin, néanmoins, sa spécialité c'était la médecine des sortilèges. C'était d'ailleurs à ce service qu'il était affecté en Angleterre. Il avait eu plusieurs choix en entrant à l'université, et il avait choisi cette voie. Les plantes l'intéressaient moins, contrairement à sa femme qui avait judicieusement choisi un chemin différent pour les rendre complémentaires. Alors forcément, il avait un flair à sortilèges de confusion. Athos était sans aucun doute sous l'emprise de l'un d'eux. Bien qu'il tenta de tempérer sa panique à la vue de sa baguette, rien n'y faisait. Mais l'anglais était trop confus pour sortir sa propre arme pour l'agresser. Et Mihaela disparue dans sa chambre... Il ne craignait pas grand chose. Aussi lança-t-il rapidement son sortilège sans autre discussion. L'effet sembla être instantané.

Razvan observa Athos se détendre et redescendre sur terre. « Ça va mieux ? » s'enquit-il de son état en rangeant sa baguette dans sa poche arrière. Le jeune homme le remercia et le roumain lui sourit en faisant un geste inutile de la main. C'était son travail de remarquer ce genre de choses. Rien d'extraordinaire somme toute. Pas d'intervention, pas de problèmes. Un petit sortilège et tout était de nouveau dans l'ordre. Il lui demanda comment il avait su. Cette question abrupte mais nécessaire, lui arracha un bref rire : « Je suis médicomage spécialisé en pathologie des sortilèges. Des sortilèges de confusion, j'en vois tous les jours. C'est beaucoup plus courant que tu ne peux l'imaginer, certains en lancent même juste pour s'amuser » lui dit-il gentiment avant de se diriger vers la sortie de son salon qui donnait sur la cuisine. Athos voulait bien d'un café, non ? En sortant, le médicomage manqua de se prendre Mihaela de plein fouet, elle revenait comme une bombe. « Fais attention Mihaela » lui intima-t-il en roumain alors qu'elle se précipitait sur Athos, quelque chose dans les mains. Razvan n'entendit pas vraiment la conversation depuis la cuisine, alors qu'il préparait le café du jeune homme. « J'ai pour toi ça ! » dit-elle à l'attention du britannique. La gamine, affichant un sourire radieux, lui tendait ce qui n'était autre qu'un bracelet... Scoubidou. Elle en était fière comme jamais. C'est à dire qu'il n'y avait que peu de choses qui occupait l'esprit de la petite roumaine. Elle se concentrait bien dix minutes avant d'exploser, son tempérament hyperactif la rendait difficile à canaliser. Mais les scoubidous, pour l'instant, ça lui plaisait bien. Le café dans une tasse, il revînt au salon pour la tendre à Athos : « Pour répondre de manière plus étendue à ta question » commença-t-il alors que Mihaela reprenait sa traditionnelle position koala sur la jambe de son père - « plusieurs choses m'ont mis la puce à l'oreille. Déjà ton transplanage était très bruyant. Tu es discret en général, c'est ce qui fait ton métier. Tu parlais en espagnol aussi. Sans oublier le fait que tu me disais des choses décousues, et tu avais le regard atone et vague ». Razvan souriait. Mais Mihaela, toutefois, fit un geste brusque. Cela lui provoqua une douleur violente à son abdomen récemment perforé par la tuile lancée à la vitesse d'une balle de Maugrey, et il porta sa main à l'endroit meurtri en fermant les yeux, le sourire effacé.
Il allait vraiment devoir régler ce problème.


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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyMar 5 Mai 2020 - 19:51

Les pensées du jeune homme se remettaient enfin dans l’ordre, et son premier réflexe fut de réfléchir à la personne à l’origine du sortilège à son encontre. Était-il déjà sous l’emprise du sort quand il était dans la chambre avec Shannon ? À bien y réfléchir, le temps s’était alors étiré étrangement, et il ne se souvenait pas tellement de ce à quoi il avait pensé tout ce temps au chevet de son ami. Alors, qui ? Voilà une question à laquelle il n’aurait probablement jamais de réponse, et cela le frustrait au plus haut point. « Ca va, oui... » En fait, ça n’allait pas tellement. En ce moment, Athos cumulait les moments de faiblesse, et ça ne lui plaisait pas du tout. Sa survie dépendait principalement de son discernement : que faire s’il ne pouvait plus se faire confiance ?

Si la réponse de Razvan se voulait rassurante, le médicomage n’avait pas obtenu l’effet escompté. Savoir qu’il était au même niveau que le commun des mortels qui se laissait flouer ainsi, voilà qui achevait de saper sa confiance en lui. Aucun doute que sa paranoïa serait accrue les jours qui suivraient cet incident. Il lui fallait redoubler d’attention pour éviter d’être à nouveau pris au dépourvu ainsi. Peut-être que son isolement forcé avait atténué ses réflexes. Non, impossible. Alors quoi ? « C’est un sort de lâche, si tu veux mon avis. » Si Athos fuyait les problèmes la plupart du temps, il détestait les gens qui attendaient qu’un adversaire tourne le dos ou soit inattentif pour opérer. C’était une pratique odieuse. Aussi odieuse que les méthodes de ces mangemorts qui avaient profité d’un moment de joie populaire pour commettre un attentat. Razvan connaissait peut-être les gens qui en étaient les auteurs. Peut-être même avait-il soigné l’un de ces horribles terroristes, soumis au chantage. Mieux valait ne pas penser à ça. Moins il posait de questions, plus il avait de chances que cette relation avec Razvan soit bénéfique, pour l’un comme pour l’autre.

Razvan quitta la pièce au moment même où sa tornade brune de fille déboulait dans le salon, excitée comme une puce. Athos espérait avoir été gentil avec elle, malgré le sortilège de confusion. Son cadeau le conforta dans cette idée. S’abaissant à nouveau à sa hauteur, la gamine lui tendit un bracelet multicolore qu’elle avait fabriqué elle-même. En toute honnêteté, c’était plutôt moche. Mais les adultes ne pouvaient jamais se permettre de dire de telles choses tout haut, et seuls les enfants avaient le droit d’être aussi francs. Toutefois, le geste de Mihaela le toucha en plein coeur, et il ressentit une forme d’émotion nouvelle tandis qu’elle l’enfilait maladroitement autour de son poignet. « C’est… C’est gentil. » L’émotion lui coupa la chique. C’était bien l’une des rares fois où Athos Greyson ne savait pas quoi dire. Le plastique coloré ressortait sur sa peau pâle et jurait étrangement avec sa tenue. Pourtant, il y avait comme une sorte de beauté dans ce tableau. « C’est le plus beau cadeau qu’on m’ait jamais offert, Mihaela. Merci. » Et c’était vrai. Cela faisait des années que personne ne prenait soin d’Athos, à part lui-même. Les cadeaux, il se les offrait tout seul. Mais aucun n’avait de valeur sentimentale. Décidément, la famille Vacaresco était bien attentionnée envers lui, et cela le troublait. Même si les soins que le père de famille lui prodiguait étaient dû à un arrangement, la douceur du médicomage et sa façon de s’inquiéter pour lui avait quelque chose de particulier. Et la spontanéité de la petite était si attendrissante qu’elle fissurait un peu les barricades de son coeur.

Razvan revint finalement, et Athos troqua la tasse de café brulant qu’il lui tendait contre le bracelet en cuir qui lui appartenait désormais. « Merci… » Il ne se souvenait pas d’en avoir demandé, mais soit. La caféine lui ferait sans doute le plus grand bien à cet instant. Du coin de l’oeil, il vit la gosse s’accrocher à nouveau à la jambe de son père. C’était si mignon qu’il faillit presque ne pas écouter Razvan lui dresser l’horrible tableau d’un Athos déboussolé. « Espagnol, hein ? » Ça, c’était vraiment curieux. Déjà, le reste était étrange, mais il fallait croire que sa visite à Shannon l’avait plus affecté que prévu. « Ça devait être une vraie catastrophe. J’ai un accent épouvantable. » Véridique. Athos n’était pas doué pour les langues. Enfin… Pas pour les parler en tout cas. « J’ai dû emprunter ce tic de langage à un ami. Je viens d’aller le voir à l’hôpital. » continua Athos, incapable de se souvenir du fait qu’il en avait déjà parlé à Razvan. « Foutu attentat hein ? J’imagine que les journées à l’hôpital ont du être longues. » termina-t’il sans même se rendre  compte de la portée que ses paroles pourraient avoir sur son interlocuteur. Il essayait juste d’être compatissant. Toutefois, il fut étonné en voyant Razvan grimacer quand la petite tapa sans le vouloir dans son flanc. « Tout va bien ? » Pas son genre de poser des questions, encore une fois, mais ignorer ce comportement le ferait passer pour un psychopathe.

Après avoir bu une longue gorgée de café, le regard d’Athos croisa les scoubidous entremêlées sur son poignet qui lui rappelèrent ce qu’il était venu faire ici à la base. « Bon, il est temps pour moi d’honorer ma part du contrat. » Les quelques semaines qui étaient passées lui avaient permis de peaufiner son idée. « Je vais enchanter vos deux bracelets ensemble. Ainsi, vous serez tous les deux liés. » La tâche serait facile, étant donné l’amour qui liait le père et la fille. « Lorsque tu porteras le bracelet, tu seras le seul à pouvoir la voir. Et tu pourras l’enlever sans problème : le bracelet est lié à son porteur. » Athos avait peaufiné son enchantement pendant de longues journées pour garantir une sécurité maximale à la prunelle des yeux de Razvan. « J’enchanterai également un objet pour moi que je te confierai. Je ne le porterai que lors de mes visites, pour pouvoir reformuler l’enchantement. » Désignant la petite d’un signe de tête, Athos termina par la partie la plus importante. « Lui as-tu expliqué ce qui allait se passer ? » Vu le caractère de Mihaela, il allait être difficile de la canaliser. Et dès que l’enchantement aurait lieu, la petite serait immédiatement invisible aux yeux du monde. Quel genre de vie allait pouvoir avoir une enfant ainsi coupée des autres ? Il n'en savait rien. Il n'était personne pour juger, après tout. Mais il serait le seul désormais à pouvoir admirer ses créations en scoubidou.
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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyJeu 7 Mai 2020 - 1:35

Les sortilèges de confusion, Razvan n'en avait jamais vraiment lancé, mais il en voyait les dégâts. Certains se tuaient sous son emprise, les mangemorts l'utilisaient à foison parfois, pour donner une attaque. Mais le roumain, qui avait sur ses épaules un poids coupable, n'avait cependant pas encore la culpabilité d'en avoir lancé un à quelqu'un. Il comprenait que ce soit épouvantable pour Athos, qui devait être sur le qui-vive en permanence, de se retrouver faible en sa compagnie. Le médicomage aurait d'ailleurs pu se montrer méfiant, et revenir sur leur accord. Mais il avait trop besoin de l'enchantement du jeune homme pour reculer maintenant, même si la peur lui rongeait le ventre. Mihaela était trop heureuse d'être au Royaume-Uni, Razvan serait mort de voir la déception dans ses yeux, et son sentiment de trahison sincère et profond. La petite fille aimait certes ses grands-parents, elle avait besoin de son père. Avoir une mère morte était déjà un manque suffisamment violent pour elle qui avait besoin de beaucoup d'affection. En démontraient ses agissements avec Athos et de façon générale, avec les inconnus que lui présentait son père. La gamine aimait rencontrer du monde, elle était beaucoup plus sociable que lui ne le sera jamais. Les gens que Razvan fréquentait n'étaient que des gens auxquels il parlait par nécessité. Relation de travail, ou relation plus officieuse, comme celle avec Athos. On ne pouvait pas vraiment dire que le roumain avait des amis, ni même qu'il en désirait particulièrement. Sa nature faisait qu'il repoussait la plupart des gens avec qui il s'entendait un tant soit peu. Svetlana, Raven. Octavius, de façon fort ironique, ne pouvait plus faire parti de ses amis depuis que le médicomage avait pour ordre de lui tordre le cou et surtout, depuis que le britannique savait pour la marque sur son bras.

C'est vers ces pensées qu'il était tourné alors que Mihaela faisait un cadeau à Athos. Son père ne pouvait pas le voir, mais la petite fille n'avait que peu saisit le remerciement du jeune homme en langue anglaise. Aussi avait-elle décidé de lui offrir un grand sourire avec ses dents de travers, en tentant un bluff : « De rien Athoz ! ». Sur ces mots, le roumain revînt au salon avec une tasse de café pour la tendre à Athos, en affichant un regard attendrit en direction de Mihaela qui était, vraisemblablement, ravie de son effet. Il posa sa grande main sur la tête de sa fille qui revînt se blottir contre lui, à sa place traditionnelle, accrochée à sa jambe. Razvan sut, à l'expression qu'affichait le jeune homme, que la petite fille ne risquait rien en sa présence. Il avait l'air d'apprécier les enfants, peut-être avait-il un lien particulier avec eux. C'était un sentiment qu'il ne saurait réellement décrire, sinon une espèce d'assurance. Néanmoins, il était possible qu'il soit trop paisible pour le rester. La culpabilité l'assaillit d'autant plus lorsque le jeune homme évoqua de nouveau son ami. Il afficha donc, un pâle sourire et répondit : « Il doit compter pour toi » - sa voix était blanche mais il faisait de son mieux pour paraître bien - « tu l'as évoqué tout à l'heure... ». Entre autres choses. Athos était certes confus, il se rappelait de sa visite à l'hôpital et de la personne qu'il y avait vu. Le jeune homme continua, sans le vouloir, à remuer la baguette dans la plaie en évoquant les journées à l'hôpital. Razvan secoua la tête : « On a eu énormément de monde et il y a toujours énormément de monde à soigner. Je suis de garde cette nuit, d'ailleurs ». Le roumain haussa les épaules, dépité. Il avait lui-même envoyé ces gens là-bas. La moindre des choses, c'était maintenant de les soigner. Et de se soigner lui-même. Le geste brusque de Mihaela aurait pu le plier en deux si elle n'était pas accrochée à lui et il se contenta de se tenir le flan en grimaçant. « Ça va » répondit-il les dents serrées, « côte fêlée. Les aléas de la boxe... ». Ou le gros gros mensonge. Mais il ne pouvait pas faire autrement en l'espèce. Le roumain ne pouvait pas justifier une balafre pareille et une douleur de cette intensité par un simple bleu. Ce serait stupide, et suspect. Une côte fêlée en revanche, cela arrivait fréquemment, et c'était très douloureux.

Le roumain écouta attentivement les explications d'Athos sans rien dire. Il hocha la tête, jusqu'à ce qu'il lui demande s'il avait expliqué les choses à Mihaela... Effectivement, il ne l'avait pas fait. Le médicomage fit mine de toquer sur la tête de la petite fille pour qu'elle la relève et le regarde enfin. Il la décolla gentiment de sa jambe pour s'agenouiller devant elle et il commença à lui parler en roumain : « Athos va ensorceler le bracelet qu'il t'a offert. Comme ça, tu pourras jouer à cache-cache tout le temps ! Personne ne te verra plus, sauf moi, et lui. T'es partante ? » - forcément proposer une partie de cache-cache en permanence à Mihaela, ça lui plaisait plutôt beaucoup, et alors qu'il lui remettait une mèche de cheveux bruns derrière l'oreille, elle continua - « tout le temps ? TROP BIEN ». Trop bien oui, uniquement pour elle. Razvan était déjà épuisé à la simple idée de devoir la faire garder. « Athos reviendra toutes les semaines, ça te va ? » ; « Ouuuuuui ! ». La gosse afficha de nouveau son gros sourire qui arrachait toujours un rire tendre à son père. Il la prit dans ses bras pour qu'elle tende sa main à Athos alors qu'il faisait de même : « C'est bon, tu peux y aller ».


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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyDim 10 Mai 2020 - 2:51

S‘il comptait pour lui ? Shannon était la seule personne dont la vie comptait autant à ses yeux que la sienne. Une amitié ancrée dans le temps, emplie de souvenirs tous plus improbables les uns que les autres qui n’avaient fait que les rapprocher toujours plus. Le voir aussi faible aujourd’hui l’avait complètement anéanti, même s’il garderait bien ce genre de sentiments pour lui. Les deux acolytes n’étaient pas du genre à se lancer dans des grandes déclarations, et quand il serait sur pied, Athos se contenterait de lui dire qu’il lui avait fait peur en le traitant de petit con pour masquer son émotion la plus profonde. Enfant unique, Athos avait trouvé en Shannon un frère. Celui-là même qui lui avait manqué toute son enfance. Pas étonnant qu’il en ait parlé durant son sortilège de confusion. Cela n’avait du qu’exacerber un peu plus sa peine. « C’est le mec le moins prudent que je connaisse, je pense. » ajouta-t’il pour éviter de sombrer dans une avalanche de bons sentiments devant quelqu’un qu’il connaissait si peu. « Mais c’est quelqu’un de bien. » En cela, Shannon et lui se ressemblaient. Ils n’avaient pas toujours fait les bons choix, leur passé ne les avait pas épargnés, mais ils n’avaient pas un mauvais fond. Pas comme ces enfoirés qui avaient déclenchés les oeufs. Si Shannon en était mort… Mieux valait ne pas penser à ça.

Athos ne pouvait qu’imaginer, après l’avoir entraperçue dans la brume de sa confusion, l’agitation qui devait régner à Sainte-Mangouste. «  J’ai cru que tu m’enverrais un hibou pour reporter, avec ce qui s’est passé. » Enfermé chez lui, il avait craint que la mission ne soit repoussée du fait de la masse de travail. « Mais c’est bien qu’elle soit là. Un enfant a besoin de son père. » Son coeur rata un battement en disant ça. Il fit un clin d’oeil à la petite qui le regardait avec de grands yeux. Sans doute son anglais était-il trop mauvais pour qu’elle puisse comprendre ce qu’ils se disaient. Et elle était aussi trop brute visiblement pour la blessure de son père. Athos tiqua légèrement, mais n’en montra rien. Comment un médicomage aussi doué que lui pouvait souffrir d’une blessure pareille ? Pourquoi ne se soignait-il pas ? Bah, ça ne le regardait pas après tout. Mieux valait ne pas savoir. « Hum… Je n’ose pas imaginer l’état du mec en face de toi, alors. » plaisanta-t'il pour éviter que la conversation ne devienne trop sérieuse ou étrange. Razvan était un excellent boxeur. Il n’avait pas entendu parler d’un adversaire suffisamment fort pour le mettre à terre. « J’espère que ça se remettra vite. Tes poings sont une bonne source de revenus, mine de rien. » ajouta-t’il, flattant au passage l’égo du roumain.

Une fois qu’Athos eut expliqué son plan au taiseux roumain, celui-ci ne trouva rien à y ajouter. Pas étonnant. C’était infaillible. Et cela garantissait sa protection. Le père commença alors un dialogue dans une langue dont il ne comprenait rien avec la petite. Il crut comprendre quelques mots, vestiges de ses voyages, mais ne fit pas l’effort d’essayer de les traduire. Tout ce qu’il put constater, c’était la complicité qui existait entre ces deux-là. Évidemment, Athos avait accepté le marché pour la simple et bonne raison que la contrepartie de Razvan était inestimable. S’il pensait un temps ne pas en avoir besoin, les récents événements l’avaient fait mentir. Mais savoir qu’il avait réussi à réunir ces deux âmes en manque l’une de l’autre lui réchauffait un peu le glaçon qui lui servait de coeur. C’était une bonne chose. Une bien meilleure chose que ce qu’il faisait d’habitude. Lorsque Razvan plaça une mèche de cheveux derrière l’oreille de sa fille, Athos convoqua inconsciemment le souvenir de sa mère, qui faisait la même chose avec ses longues boucles quand il était petit. Elle lui manquait encore, le temps n’y faisait rien.

La petite désormais dans ses bras, le roumain le sortit de sa nostalgie en repassant sur l’anglais. La gamine lui tendait le bras, souriant de toutes les dents qui avaient réussi à repousser tandis que Razvan faisait de même. Sortant sa baguette qu’il cala entre ses lèvres, Athos attrapa de ses mains fraîches les deux poignets qu’il colla l’un sur l’autre. Le cuir rencontra l’argent. Cette vision le conforta dans son choix de bijoux. Ils reflétaient chacun la personnalité de celui qui le portait. Reprenant sa baguette, il s’adressa à la jeune roumaine qui, étrangement, ne bougeait pas. « Bye bye, Mihaela. » Visant les deux poignets, Athos fixa son regard, concentré. « Abscondo.  » Un halo violacé sortit de sa baguette de pin, et vint s’entrelacer entre les deux poignets. Le sortilège était puissant, et il ressentit dans son corps une vague d’amour intense, celui-là même qui reliait père et fille. L’émotion le galvanisa, et le halo émit une lueur plus intense que d’habitude, illuminant toute la pièce. Lorsqu’au bout de quelques secondes, le sortilège et la lueur disparurent, la petite n’était plus là. La posture de Razvan n’en était que plus étrange, son bras posé dans le vide de la plus bizarre des manières. « Mihaela ? » surjoua Athos, comme s’il était en pleine partie de cache-cache avec la petite. « Hum, je serais triste de ne plus jamais te voir. » Il était temps pour lui d’enchanter son propre bijou.

Fixant les quelques bagues qui ornaient ses doigts, son regard se posa finalement sur le bracelet de scoubidou à son bras. Ne serait-ce pas symboliquement joli que de choisir ce cadeau qu’elle lui avait offert quelques minutes plus tôt ? « Mihaela, je veux que tu attrapes ton joli cadeau. » lui demanda-t’il, espérant que Razvan traduirait si besoin. Il avait amené son bras face à elle, du moins, si elle n’avait pas bougé. « Comme ça, nous serons amis. Pour toujours. » Au bout de quelques secondes, Athos sentit le contact des doigts de la petite sur sa peau tandis qu’elle empoignait le fragile bijou en plastique. Souriant sans même y réfléchir, il pointa à nouveau sa baguette, sur son poignet cette fois. « Abscondo. » De nouveau, la lumière violette apparut, moins vive que la première fois. Toutefois, Athos sentit à nouveau une émotion forte l’envahir, déclenchant un frisson le long de son dos. Peut-être était-ce les restes du sortilège de confusion. Ou peut-être était-ce quelque chose de bien plus fort. Le sortilège s’acheva, dévoilant à nouveau le visage béat de la petite. Athos attrapa sa main minuscule, qu’il serra dans la sienne, légèrement tremblante. « Amis. » finit-il par dire dans un sourire, encore un peu troublé par l’expérience.

Se reprenant finalement, il se concentra sur Razvan. « Elle n'existe qu'à nos yeux désormais. Tu peux souffler. ». Mais une pensée troubla son esprit. « Tu es de garde ce soir, non ? Alors tu devras la faire garder, je suppose. » Multiplier les bracelets, et donc les personnes au courant du secret, c’était dangereux. Mais le roumain n’avait sûrement pas le choix. Sa seule option était un jeune sorcier anglais ayant une expérience extrêmement limitée avec les gosses, et qui n’avait rien d’un baby-sitter. « Je n’ai pas prévu de bracelet supplémentaire, mais je peux me débrouiller. C’est une personne de confiance, j’imagine. » Prudent, comme toujours, Athos interrogea du regard le slave. La nounou allait-elle arriver bientôt ? Ils n’avaient pas parlé de ça, finalement. La seule faille de son plan résidait dans cette personne. Une inconnue dans l’équation que tout deux ne pouvaient se permettre.
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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyLun 11 Mai 2020 - 15:27

Razvan ne pouvait pas franchement dire qu'il avait beaucoup d'amis. Ils se comptaient peut-être sur les doigts d'une main, encore que certains doigts tendaient à disparaître. Il ne pouvait légitimement plus qualifier Octavius 'd'ami', tout comme Im était désormais un lointain souvenir puisqu'il l'avait lui-même tué. Certes sans le vouloir, mais les faits étaient là. Il n'était plus quelqu'un de confiance depuis qu'il était un mangemort, et se lier d'amitié avec certaines personnes demeurait dangereux pour tous les partis impliqués. Razvan avait, de toute façon, toujours été quelqu'un qui se complaisait dans quelques relations profondes, sans jamais ressentir le besoin d'avoir une flopée d'amis pour être heureux. Et maintenant qu'il était tout seul, avec Mihaela, c'était d'autant plus vrai. Il évitait Raven comme la peste noire depuis qu'il était marqué - à son grand désespoir par ailleurs - et vouait désormais sa vie au travail et à sa fille. D'aucun dirait que c'était une vie pénible et ce serait probablement vrai. Le roumain serait plutôt d'accord avec ça. Sa vie était profondément pénible et ce n'était pas dans ce genre de pétrin qu'il s'était projeté en quittant la Roumanie. S'il pensait, certes, vivre moins heureux en terre anglaise qu'en Transylvanie, Razvan toutefois, ne pensait pas que ce serait à ce point épouvantable. Il ne savait pas de quel milieu provenait Athos et donc s'il se retrouverait dans ses pensées s'il les entendait. Probablement pas. Les problèmes du médicomage étaient assez atypiques pour être comparables à d'autres et à dire vrai, il ne souhaiterait à personne de se retrouver dans la même situation que lui. Être obligé de faire disparaître sa propre gamine pour être sûr qu'il ne lui arriverait rien, vivre presque totalement coupé du monde pour ne pas mettre en danger d'autres personnes, c'était nul. Si Razvan n'avait pas été si réservé, il aurait sans doute moins bien vécu pareille situation.
« Ce son justement les événements de Pâques qui m'ont consolidé dans l'idée qu'elle devait vite revenir » lui répondit-il d'un ton grave, « quand bien même il y a beaucoup de travail à l'hôpital. La situation va vite dégénérer et je préfère avoir un œil sur elle lorsque ça arrivera ». Les bras croisés, Razvan reporta son regard tourmenté sur sa fille qui ne remarquait rien et ne comprenait rien à la conversation qui se déroulait entre les deux adultes. Les actions des mangemorts se faisaient de plus en plus violentes, et un esprit simple se dirait premièrement qu'amener un enfant dans un pays en guerre n'était pas l'idée du siècle. Razvan voyait plus loin que cela. La détermination qu'il sentait chez les terroristes avait le don de lui rappeler combien Mihaela n'était pas en sécurité dans sa famille, uniquement protégée par une moldue et un vieux sorcier d'une soixantaine d'années. Il suffirait à peine à Dolohov de lever sa baguette pour égorger les grands-parents de la gosse, et il tenait assez à ses beaux-parents pour ne pas leur infliger un pareil sort.

La douleur que lui infligea Mihaela sans le vouloir, le médicomage ne sut la maquiller autrement que par un mensonge presque grossier au vu de son métier. Mais il n'avait pas su faire autrement, car il ne pouvait légitimement pas lui dire qu'il avait manqué de se faire tuer par une tuile lancée à la vitesse d'une balle dans son abdomen. Le souvenir était aussi douloureux que la blessure qu'il avait encore, et que la petite fille avait réveillé malgré elle avec son geste brusque. Le compliment d'Athos arracha néanmoins un bref rire au roumain, sans qu'il n'ajoute quoique ce soit. Il était maintenant temps d'ensorceler les deux bracelets pour qu'il puisse être le seul à voir la petite fille. Cette dernière souriait de toutes ses dents et sa joie simple le rendait heureux. Mihaela vivait toujours très mal que son père ne passe la voir qu'une fois dans le mois et elle lui en voulait toujours plus à chaque fois. Elle ne l'avait d'ailleurs pas cru de prime abord. Et cela lui avait brisé le cœur parce qu'il avait la nette sensation à cet instant qu'il avait perdu sa confiance. Un an et demi avait suffit pour cela. Une lumière violette embrassa les deux bijoux et... Razvan, logiquement, la voyait toujours. Athos ne la voyait plus de toute évidence. Il lui faisait assez confiance pour ne pas remettre en cause ses talents. « Tu me vois pu ? » s'extasia-t-elle, ravie apparemment de son effet. Elle avança timidement sa main pour lui faire une pichenette sur le poignet. Un monstre venait d'être libéré. Le roumain traduisit les paroles d'Athos pour qu'elle comprenne ce qu'il convenait de faire et elle hocha la tête... Ce que seul son père pouvait voir. Elle tendit sa main vers le poignet du jeune homme, l'air ravi : « Je savais que mon cadeau, il lui plairait ! » affirma-t-elle en roumain à son père, d'un air fier. Forcément, il s'esclaffa en regardant le sortilège agir. Mihaela lui serra la main avant de gigoter pour qu'on la repose par terre.

Il ne fallut pas longtemps à la gamine pour disparaître comme une tornade. Razvan la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle soit hors de sa vue, avant de reposer ses yeux sombres sur Athos. De nouveau, il croisa ses bras en hochant la tête. La garde, ce n'était pas le pire. Sa vieille voisine était une cracmolle qui adorait les gosses. Elle l'avait gardé quand elle avait trois ans, et il lui avait déjà demandé si cela la dérangerait de s'occuper de la gamine pendant ses soirs de garde. Le roumain n'avait pas manqué de lui préciser, néanmoins, que la gamine serait invisible. Il avait déjà prévu une solution pour palier à ce problème. Quelque chose de fort utile et de foutrement moldu, mais qui devrait marcher s'il ne s'était pas trompé. La prévenance du jeune homme le fit sourire sincèrement néanmoins : « C'est gentil Athos, mais j'ai prévu le coup déjà » lui dit-il gentiment, « ma voisine est une cracmolle et elle adore Mihaela ». Razvan sortit de sa poche un bracelet phosphorescent moldu qu'il montra à Athos. A priori, rien de bien particulier, mais dans le noir, il s'illuminait tout à fait. Sortilège de désillusion, comme pas de sortilège de désillusion. « Ce truc est vraiment ingénieux. Dans la lumière du jour, on dirait un bracelet normal, mais quand tu éteins la lumière, tu ne vois que ça. J'ai déjà essayé sur moi en me jetant un sortilège de désillusion. Ça suffira. Ne t'embête pas avec un autre bracelet, Athos ». Le roumain lui sourit à nouveau en rangeant l'objet dans la poche de son pantalon. On lui avait souvent dit que les choses les plus simples étaient parfois les plus efficaces. Avec ce objet moldu, en tout cas, il n'en doutait pas.


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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyLun 11 Mai 2020 - 17:06

La gamine ne mit pas longtemps à disparaître de leur champ de vision, petite boule d’énergie invisible aux autres yeux que les leurs. Athos la trouvait diablement attachante, avec son anglais approximatif, son sourire de traviole et ses cadeaux pas très beaux. Le sortilège avait révélé la pureté du sentiment de l’enfant à son égard, ce qui avait laissé sur lui une empreinte elle aussi invisible, mais étrangement persistante. L’innocence de l’enfance était si forte qu’elle pouvait cacher un immense pouvoir. Pas de jugement hâtif, pas de préjugés, pas de contrainte. C’était vraiment beau. Mais pourtant, Athos savait qu’il ne fallait pas qu’il s’attache trop à cette petite. La relation qu’il entretenait avec Razvan n’était pas amicale, ne le serait jamais doute jamais. Trop d’inconnu et de secrets persistaient pour qu’il lui fasse une confiance aveugle. Et le monde dans lequel le roumain évoluait ne l’attirait pas du tout, au contraire. Avoir accepté cette mission était déjà dangereux en soi. Si on y ajoutait le facteur Mihaela, cela pouvait le devenir plus encore. Mieux valait garder ses distances.

Appuyé contre la table, Athos cogitait en silence sur la meilleure façon de faire pour que la petite soit gardée dans de bonnes conditions. Multiplier les sortilèges ne le ravissait pas, mais il n’y avait pas tellement d’autres solutions. C’était la meilleure option, prendre les exactes mêmes précautions qu’il s’imposait à lui-même. Razvan était un homme censé, qui semblait suffisamment faire confiance à ses talents en la matière pour l’écouter. Pourtant, la suite de la conversation allait lui donner tort. À son grand désarroi. Visiblement, la babysitter serait une voisine. Une cracmolle. Soit. Le fait que la nounou n’ait pas à se déplacer de beaucoup assurait une certaine forme de discrétion qui lui plaisait bien. Le fait que ce soit une personne sans pouvoirs était un peu plus problématique. Incapable de défendre la petite en cas de menace. Il allait donc falloir redoubler d’efforts pour que la protection soit optimale.

Quand Razvan sortit de sa poche un bout de plastique aussi laid que le bracelet qu’il avait au poignet, Athos le détailla en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que c’était que ce truc ? Dans la faible luminosité de l’appartement, il brillait légèrement, mais d’une façon qui n’avait rien de magique. Le roumain, d’un calme olympien, lui expliqua alors son ébauche de plan, et le jeune anglais eut bien du mal à masquer sa surprise. Pardon ? Non, impossible. C’était forcément une blague. De très mauvais goût, comme ce bracelet ridicule d’ailleurs. « Attends, tu plaisantes là ? » Athos ne prit même pas la peine de masquer le mépris qui transparaissait dans sa phrase. Razvan n’était peut-être pas si malin que ça après tout, car à juger son expression, il avait l’air d’être le plus sérieux du monde, sans doute extrêmement satisfait d’avoir trouvé une solution ingénieuse pour garder la petite.

C’était ce qu’on appelait saloper le boulot. Vraiment, il n’y avait pas d’autres mots. Depuis des semaines, Athos s’était creusé les méninges, avait peaufiné son sort, réfléchi à la meilleure option pour que l’enfant et le père soient le plus sereins possibles, sans entraver trop les libertés si importantes à cet âge. Il avait envisagé toutes les possibilités, réfléchi aux risques et aux conséquences de chaque choix, muri sa réflexion qui datait du club de boxe pour vérifier que tout tenait la route. Et c’était le cas. Et là, Razvan tenait vraiment à tout flinguer en faisant confiance à un objet moldu aussi grossier et, surtout, absolument pas discret ? C’était inconcevable. Une sensation bien familière, une colère froide, s’installa dans son ventre tandis qu’il croisait les bras, fermé pour la première fois à la conversation depuis qu’il avait transplané.

« Tu es en train de me dire que tu vas glisser ce truc phosphorescent au poignet de Mihaela, à la vue de tout le monde, pendant ton absence ? » Athos n’aurait même pas eu assez de salive pour lister le nombre de failles de ce plan débile. « Donc, en ta présence, la petite sera 100% protégée, mais quand tu seras loin, tu lui colles un signal lumineux pour que tout le monde puisse la voir ? » C’était tellement inconscient qu’un instant, Athos regretta franchement de s’être donné tout ce mal pour quelqu’un qui visiblement ne saisissait pas la portée de ce qui se passait. Pas étonnant qu’on lui fasse du chantage s’il était aussi vulnérable. Et pas étonnant non plus qu’il ait eu besoin de lui pour ramener la petite. Sinon, elle serait sans doute morte dans la semaine. « Qui plus est, avec quelqu’un qui ne pourra pas la défendre ? » C’était trop. Non, vraiment trop. Athos n’aurait su dire si c’était sa fierté, son ego ou sa foi en l’humanité qui en prenait un coup. Il soupira, secouant la tête. Il n’avait pas vraiment envie d’énerver le médicomage, mais il fallait qu’il comprenait l’impact de ce qu’il venait de lui dire.

« Si tu me proposais de soigner une plaie ouverte et que je te sortais un pansement moldu à la place, qu’est-ce que tu me dirais hein ? » Agaçé, Athos ne lui laissa même pas le temps de répondre. « Je vais être clair Razvan. Tu es venu me chercher parce que je suis le meilleur dans mon domaine. Et tu as eu raison. » Ce n’était pas le moment d’être modeste. « Aucune des personnes qui a un jour cherché à me nuire n’a réussi à me retrouver. Jamais. Et il en sera de même avec ta fille si tu me fais confiance. » Clairement, l’ego. Oui oui, c’était son ego qui avait été touché. On ne faisait pas appel à Athos Greyson si s’était pour ensuite trouver des solutions foireuses de son côté. S’il pensait lui rendre service, il s’était trompé. Sa voix, froide et tranchante, avait perdu de la gaieté que Mihaela avait instillée dans son coeur. « Alors tu vas me donner ce simulacre de bracelet, et on va faire les choses à ma manière. C’est ça, ou notre arrangement s’arrête ici. » Il était hors de question qu’Athos risque les foudres de Razvan s’il arrivait quoi que ce soit à la petite alors que ça n’était pas sa faute. Sinon, ils s’arrêtaient là. Athos ne bluffait pas. Pas cette fois. Ca n'était pas une partie de poker qui se jouait. Lui tendant finalement une main, paume vers le haut en attendant l’offrande en plastique moche, sa voix se radoucit légèrement pour essayer de faire repartir les choses sur de meilleures bases. « L'imprudence n'est jamais un choix valable. Demande à mon pote qui est à l'hopital. »
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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyLun 11 Mai 2020 - 18:39

Razvan se doutait bien que sa solution ne plairait pas à Athos. Aussi avait-il décidé de faire passer la pilule de la façon la plus douce possible. En réalité, il proposait cela surtout pour ne pas le déranger lui. Cela ne faisait pas parti de leur marché qu'il soit à sa botte en permanence, et il n'était pas connu pour être un homme qui profitait des gens. Tout au contraire, le roumain était généralement celui qui acceptait que l'on profite de lui. En Roumanie, il n'était pas payé pour une bonne raison, il ne voulait pas d'argent. Sa vie simple de presque paysan lui suffisait, vivre à Londres était la pire chose qui ait pu lui arriver. La colère d'Athos, il s'y était attendu. Car il avait bien entendu parler de sa susceptibilité légendaire dans les vestiaires des rings dans lesquels il allait. Aussi l'écouta-t-il religieusement, imperturbable, lui débiter son speech de jeune homme vexé. Oh, le roumain comprenait la vexation, et peut-être qu'à sa place, il aurait été vexé de la même façon. Mais il n'était pas impulsif comme lui. Alors, les mains croisées sur son torse, Razvan l'écouta, calmement. Il attendit qu'il finisse, la voix radoucie, mais ne le quitta pas du regard. « Je ne sais pas très bien pour qui tu me prends, Athos » répondit Razvan d'un ton calme pour apaiser la colère de son interlocuteur, « mais tu te trompes. Et je ne te prends certainement pas pour un con ». Il pouvait presque entendre la voix enragée de son interlocuteur dans sa tête lui dire qu'il le prenait pour un abruti fini. Le roumain se détourna de lui pour s'approcher de la vitre. Il pleuvait dehors, comme tout le temps ces temps-ci. « Je sais pour le vivre de l'intérieur comment ça fonctionne "chez eux" » continua-t-il. Il voulu ajouter, sans pourtant avoir le courage de le formuler qu'il avait tué des gens et en tuerait encore. Mais ce n'était pas le genre d'aveu qu'il ferait dans une conversation pareille, alors qu'il marchait sur des oeufs. Sa voix se faisait moins tranquille, plus tendue, « si tu penses que je vais laisser Mihaela sortir de chez moi pour aller dans la rue avec un bracelet phosphorescent, tu te trompes. Comme pour le reste ». La piqûre de rappel était nécessaire. Razvan se tut un moment. Athos était bien fou de penser que quelqu'un comme Razvan laisserait sa fille sortir dans la rue avec une cracmolle comme seule protection. Sa garde était ce soir, quelques petites heures. La gosse devait donc, fort légitimement dormir, même si elle était speed.

« Ces gens ont tellement de mépris pour les cracmols et les moldus qu'ils ne parviennent même pas à imaginer qu'on puisse réellement leur adresser la parole, sinon pour les dénigrer ouvertement. C'est objectivement, la dernière personne à qui ils penseraient s'ils apprenaient qu'elle est ici. L'appartement de ma voisine est non seulement insonorisé par un sortilège jeté par mes soins, mais on ne peut y transplaner par ailleurs. Elle est une moldue pour la face du monde non-magique et des sorciers » ajouta le roumain, toujours sans regarder Athos. Son regard se posa sur une voiture qui se garait maladroitement en bas de la rue et il fronça les sourcils en la voyant faire. Un vieil homme avec une canne en sortit, et il comprit. « Comprend bien que je fais cela pour ne pas te déranger davantage. Nous avions convenu de quelque chose, je tiens ma part du marché, tu as tenu la tienne, Athos. Tu fais bien plus pour moi que l'inverse quoique tu sembles penser » - Razvan se passa une main dans les cheveux d'un air pensif - « par ailleurs, ma voisine ne doit la garder que quatre petites heures, cette nuit. Autant dire, que ce n'est pas, ainsi que tu le penses, une prise de risque inconsidérée. Et je ne travaille pas toute la journée. Loin de là. Ce bracelet, Mihaela n'a vocation à le porter que la nuit, lorsque je ne peux pas être là pour la garder, afin qu'elle sache qu'elle est bien dans son lit. C'est tout ». Garder Mihaela en pleine journée était un autre problème non seulement s'il travaillait toute la journée, mais également si sa vieille voisine avait pour vocation de se déplacer de partout... Ce qui n'était pas le cas, du tout. Avec elle, la gosse ne sortira pas de l'appartement, qui n'était même pas le sien en plus de cela. Un confinement forcé, mais il n'avait guère le choix. Sa fille ne sortira qu'en sa stricte  présence. Quoiqu'il serait bien délicat de ne pas attirer l'attention en parlant tout seul, et en tenant une main dans le vide. La vie de Mihaela, ces prochains temps, ne serait pas très joyeuse. Le médicomage ne voulait pas d'un sorcier pour s'occuper d'elle parce que les sorciers attiraient l'attention. C'était un fait. Et comment s'assurer réellement de la loyauté de quelqu'un ? Une cracmolle, elle, ne saurait partager la cause des mangemorts. C'était un choix délibéré du "moins pire" qu'il faisait. Et cela ne le réjouissait pas, quoiqu'en pense le jeune homme en face de lui. Toutefois, il était bien conscient qu'il avait besoin de ses services, et il était tout aussi conscient que le seul moyen de calmer la fureur de ce garçon, serait de lui donner raison.
Razvan se retourna enfin en regardant directement d'Athos. « Une vie sereine, ça n'existe pour personne. Ni ici, ni ailleurs, mangemorts ou pas mangemorts » - il sortit le bracelet horrible de sa poche et le donna au jeune homme - « mais puisque tu es d'humeur généreuse et inventive, vas-y, fais en ce que tu veux ».


(954)

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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyMar 12 Mai 2020 - 13:02

Le poker n’était pas qu’un moyen confortable et divertissant d’arrondir les fins de mois du jeune malfrat. C’était aussi un bon moyen pour lui de pratiquer un art dans lequel il excellait : celui de juger les gens. Ses années passées à observer le monde dans l’ombre, planqué sous un sort d’invisibilité ou non, lui avaient appris à détecter des signes, des comportements, même quand ceux là même qui les adoptaient pensaient jouer la comédie. Razvan était certes une énigme, mais Athos savait au fond de lui qu’il le cernait bien plus que ce que le roumain ne pensait. Peut-être qu’il ne le prenait pas pour un con, comme il le disait si bien. Heureusement d’ailleurs, sinon Athos n‘aurait même pas pris la peine de lui répondre et serait parti sans demander son reste. Mais Athos ne se trompait pas sur son compte.

Si le médicomage se gardait bien de lui dévoiler la teneur du chantage que lui imposaient ses mauvaises fréquentations, Athos se doutait bien qu’il était sans doute obligé de bafouer certaines de ses valeurs pour s’y plier. Le long discours de Razvan sur la vision abjecte de ces extrémistes sur la communauté non magique ne le surprit pas tellement d’ailleurs. Le dégoûta, peut-être un peu. Ce qui était plus surprenant, c’était que l’homme prenne autant la peine de justifier son choix. Il ne l’avait pas habitué à de longs discours, et l’émotion de sa voix était à peine masquée. Athos comme Razvan étaient obligés de faire certaines choses pour survivre, des choses qui ne leur faisaient pas plaisir, c’était certain. Sur ce point-là, ils se ressemblaient pas mal, même si leurs caractères étaient relativement opposés. Razvan était aussi calme et modéré qu’Athos était vaniteux et impulsif. Enfin, quand il s’agit de choses importantes.

Même s’il eut par trois fois au moins besoin de se modérer pour éviter de lui couper la parole, Athos écoutait docilement son interlocuteur, les mains à nouveau croisées sur sa poitrine. Razvan, Razvan, Razvan… Cet homme si torturé faisait face à une situation telle qu’il était obligé de penser d’une manière qui avait été la sienne pendant bien longtemps : à court-terme. Et ça n’avait rien de bon. Certes, il avait mis en place un certain nombre de choses bien prudentes, qu’Athos n’avait pu deviner. Le deal était de protéger la petite, et donc, de se parler. Même si Razvan n’était pas le meilleur communicant qui soit, il allait falloir apprendre. Car ces quatre petites heures étaient l’arbre qui cachait la forêt. Athos voyait loin, bien plus loin que ça. Et demain, et les jours qui suivraient, et après ? Comme au poker, il ne fallait pas seulement jouer sa main, mais réfléchir à celles des adversaires. Et anticiper les coups à venir.

Car il y avait bien quelque chose dans le discours de Razvan qui avait fait tiquer Athos, lui faisant légèrement serrer les dents. Il ne voulait pas le “déranger“. Bien que cette façon de penser très altruiste avait quelque chose de touchant, elle était parfaitement stupide. La mission d’Athos était bien différente de celles habituelles, où il se contentait de faire une filature ou de faire passer de la marchandise. Service rendu, échange d’argent, et voilà. Non cette fois, le service rendu était sur le long terme, et impliquait une troisième partie. Une troisième partie très précieuse. Leur arrangement était équilibré de toute manière : Razvan lui offrait un service illimité, alors il était logique pour Athos de faire de même. De faire de son mieux. D’être plus que jamais le meilleur.

Décroisant les bras tandis que Razvan revenait vers lui, Athos attrapa l’immonde bracelet et ne lui prêta aucune attention, le fourrant dans sa poche. « Nous sommes bien d’accord. » Sa voix était plus calme et posée. Il voulait faire amende honorable, même s’il ne s’en voulait pas du tout de sa réaction qu’il jugeait plus que légitime. Repartir sur de bonnes bases. « Je ne peux pas te promettre une vie sereine pour Mihaela. Les gens comme nous n’y avons pas le droit. » Il était important que Razvan comprenne qu’Athos et lui étaient liés, par leur vie trouble, par leur arrangement, par la sécurité de Mihaela. Qu’Athos n’avait pas seulement été attaqué dans sa fierté, et qu’il comprenait les enjeux. « Mais je peux faire en sorte de prévoir l’imprévisible. » Razvan croyait que faire appel à une cracmolle était une protection supplémentaire. Il se trompait. Il croyait connaître son adversaire sur le bout des doigts en s’appuyant sur leur plus gros défaut et leur idéologie. Mais c’était une erreur. « Ta voisine n’existe pas à leurs yeux, a priori. Mais, elle existe. Et le risque aussi. Je ne sous-estimerai pas la fourberie et la créativité que ces gens-là peuvent mettre au service de leur cruauté. J'ai déjà commis cette erreur, une fois... » Athos avait sous-estimé son père en lui révélant ses ambitions. Il avait été des années durant la plus grande fierté d’Alastor White, comment celui-ci pourrait ne pas accepter les desseins de son fils ? Et pourtant… « Et cela m'a coûté cher.» Son nom, son identité, ses rêves. Un coût inestimable.

« Tu as pris bien des précautions, je n’en doutais pas d’ailleurs. Mais j’aurais aimé que tu m’en parles. Il faut que tu m’en parles, Razvan. » S’approchant de lui, il planta son regard dans le sien, pesant chacun de ses mots. « Toi et moi, nous avons plus qu’un marché. Nous avons un engagement. La seule différence, c’est que ce n’est pas de ta vie que je prends soin. » Il désigna d’un geste de la tête la pièce voisine où il entendait la petite s’affairer. Razvan l’avait touché en plein coeur lorsqu’il lui avait avoué que ce qu’il faisait comptait pour lui. « Alors je ne veux plus jamais t’entendre dire que tu me déranges. Toi et moi, nous n’en sommes plus là. » Comment aurait-il fini s’il avait eu peur de déranger Razvan la dernière fois qu’il était venu ?

Glissant une nouvelle fois sa main dans sa poche, Athos en sortit un galion flambant neuf et le pointant de sa baguette, il murmura une formule à demi-mots avant de tendre la pièce qui désormais brillait d’une lueur bleutée à Razvan. « Pour ce soir, donne cette pièce à ta voisine. Elle ne brille qu’en présence d’une source de magie dans la pièce. Vivante ou non. Si Mihaela quitte la chambre, l’obscurité la préviendra. » C’était très insuffisant selon lui, mais il ne voulait pas chambouler tous les plans du roumain. Au moins, en cas de danger, la petite pourrait fuir et rester invisible. « Maintenant, parlons de la suite. Qu’est-ce que tu as prévu pour tes gardes de la journée ? » Razvan lui avait dit que la voisine ne serait qu’une babysitter nocturne. Athos avait déjà plusieurs idées, mais il ne voulait pas braquer le médicomage en lui donnant l’impression qu’il voulait tout diriger. Il préférait écouter la solution de Razvan, et lui apporter des améliorations. Après tout, il s’en voulait déjà assez comme ça de n’avoir pas pensé aux moyens de la garder. « Et si tu me sors encore un truc moldu de ta poche, je te préviens, il va me falloir quelque chose de plus fort que du café pour encaisser. » termina-t’il en souriant, essayant de détendre un peu l’atmosphère trop sérieuse de cette conversation.
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Razvan Vacaresco

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MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyJeu 14 Mai 2020 - 12:55

Razvan n'était pas quelqu'un ayant l'habitude de beaucoup communiquer, et cela se sentait. Non seulement il n'était pas natif de langue anglaise, ce qui pouvait le conduire à employer parfois de mauvais termes, mais il était en plus de cela doté d'un tempérament réservé qui le rendait mal-à-l'aise de prendre la parole. Aussi ne s'embarrassait-il généralement pas de long discours et celui qu'il servit à Athos pour calmer son agacement était probablement le plus long qu'il ait donné à quelqu'un depuis longtemps. Il fut étonné de ne pas être coupé une seule fois. Sans doute que le jeune homme maîtrisait un peu sa colère pour leur permettre de continuer paisiblement de discuter. Le roumain attendit - ou redouta - la prise de parole d'Athos. Calmer le jeu était quelque chose qu'il faisait souvent pour être quelqu'un qui évitait autant que faire se peut les conflits. Cela débouchait à donner souvent de lui l'image d'un homme couard, quoiqu'il ne fut certes pas bien courageux au départ. Le médicomage était quelqu'un de profondément bon et altruiste, et ses prises de décisions conduisaient fréquemment à de l'incompréhension. Qui irait se douter, après tout, qu'un homme tel que lui tuait des gens à la pelle une fois son service terminé ? Et ce n'était même pas dans une volonté psychopathe ou maladive, mais bien parce qu'il n'avait pas le choix. Et il devait vivre avec son malheur et ses regrets, seul. Les deux dernières années avaient été les pires de sa vie. Avoir Mihaela sous son toit l'angoissait certes autant que lorsqu'elle était en Roumanie, mais elle lui permettait surtout de ne pas sombrer dans la dépression la plus absolue. Il avait sans doute plus besoin d'elle qu'elle de lui. Pour autant, la situation allait s'enflammer au Royaume-Uni et une partie de lui se disait qu'il ne voulait pas lui infliger cela. Vivre allait devenir imprévisible, et la tuerie qu'il avait lui-même provoqué au Chemin de Traverse le montrait d'autant plus. Athos donc, ne se rendait pas compte qu'il ne pouvait prévoir l'imprévisible à moins d'être doté de prédispositions en divination. Mais cela soulignait surtout son caractère présomptueux. Ce n'était pas foncièrement déplaisant d'une certaine façon, de faire affaire avec un homme pareil. Il ne répondit pas aux regrets du jeune homme, tout au contraire, il s'enferma dans le silence, les yeux posés dans ceux de son interlocuteur, qui continuait. "Il faut que tu m'en parles". Cette phrase était tristement à contre-courant de tout ce qui faisait la personnalité de Razvan. Taciturne, voire mutique, Athos aurait pourtant dû savoir qu'il n'était pas dans les habitudes du roumain de s'épancher sur ce qu'il pensait. Le jeune homme, néanmoins, rappela les conditions de leur accord, en précisant qu'il n'était, d'une certaine façon, plus réellement question d'un marché. Ils étaient tous les deux liés par un accord qui les dépassait et qui visait à la seule protection de Mihaela. L'autorité dont fit preuve le jeune homme l'étonna, mais il n'en montra rien, et ne s'exprima pas de la même façon.

Razvan suivit l'incantation du garçon sur un gallion et le prit en le remerciant d'un signe de tête. La suite... Ah la fameuse suite. Le roumain devait bien admettre qu'il avait eu beau réfléchir à la chose, sa seule solution demeurait à ses yeux de faire modifier ses heures de travail. Hélas, cela ne ferait que transférer le problème sans le résoudre et devant ce casse-tête interminable, il soupira, en se passant une main à l'arrière du crâne pour s'ébouriffer les cheveux. La plaisanterie du jeune homme ne le fit même pas sourire à dire vrai, parce qu'il avait passé trop de temps à réfléchir à la question sans être capable de trouver de solution. « Je ne sais pas » avoua-t-il son échec - il se sentit profondément stupide de ne pas avoir réussi à trouver une solution - « je n'ai pas trente-six solutions, sinon de passer en travail majoritairement de nuit à l'hôpital. Et ça ne règle même pas le problème, je le déplace juste ». La vérité était terrible à penser, et terrible à entendre. Razvan n'avait guère pas d'amis au Royaume-Uni, et les seuls qu'il avait eu ne faisaient partis que du passé désormais. Im était morte et Octavius, fort logiquement ne voulait plus entendre parler de lui. Logique, puisqu'il avait essayé de le tuer. D'un air pensif, il posa ses yeux sombres sur le gallion. Il n'y avait ni bonne ni mauvaise solution.


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MessageSujet: Re: Face the Dragon w/ Razvan Face the Dragon w/ Razvan EmptyDim 17 Mai 2020 - 18:50

Tenter de détendre l’atmosphère n’avait pas eu l’effet escompté. Razvan affichait l’air grave de celui qui se rendait compte qu’il était totalement démuni. Pendant quelques secondes interminables, Athos s’en voulut de ne pas avoir pensé à ça. Sans doute était-ce dû au fait qu’il n’avait pas en tête le genre de contraintes qu’impliquait un enfant. Loup solitaire depuis des années, il menait sa vie comme bon l’entendait. Ce qui ressemblait le plus à une famille pour lui, c’était Shannon. Et ils étaient tous les deux farouchement indépendants, au point qu’ils ne comptaient jamais sur l’autre pour se sortir de situations pénibles. Seulement, maintenant, il avait vu la petite. Et la réalité s’était brutalement imposée à lui.

L’aveu de faiblesse du roumain le surprit. Il semblait terriblement mal à l’aise, comme le prouvait sa gestuelle. Athos partageait avec lui cette fâcheuse manie de désordonner sa chevelure quand il ne savait pas quoi dire ou faire. Une habitude bien pénible pour quelqu’un d’aussi à cheval sur le physique que lui, même si Razvan semblait bien moins précieux. Il se dégageait de lui une assurance et un charisme naturel dont il ne semblait même pas être conscient. Cela était sans doute dû au fait qu’il affichait une façade d’homme fort et impénétrable la plupart du temps. Mais le rempart semblait être tombé, et le simili-héros un chouia égratigné maintenant qu’il songeait au fait qu’il n’avait aucune solution qui s’offrait à lui. Et même si Athos était relativement doué pour décoder les gens, cette fois, impossible de savoir dans quelles pensées sombres se perdait le trentenaire torturé, qui fixait le galion d’un air pensif.

Soudain, son cerveau encore embrumé par le sortilège de confusion sembla comme sortir des limbes et lui imposa une solution qui était pourtant évidente. Enfin… Il doutait qu’elle ne convienne à Razvan, et pourtant, c’était une idée qui fonctionnait. « Je connais quelqu’un. » Restait simplement à trouver la bonne manière de présenter ça au père de famille. De toute évidence, le réseau d’Athos n’était pas blanc comme neige. Ils n’en étaient pas pour autant de mauvaises personnes, évidemment. Juste, des gens qui n’avaient pas eu le choix à un instant T de leur vie, et qui en étaient arrivées à un point de non-retour. Exactement comme lui, finalement. Exactement comme Razvan, aussi. Dieu seul savait ce que les mangemorts lui demandaient. Alors après tout, qui serait-il pour juger ?

« Elle garde déjà des enfants tous les soirs, et elle partage notre aversion mutuelle pour ceux qui pourraient attenter à la vie de ta fille. » Pire que ça même, elle les craignait et priait tous les jours pour qu’ils ne la retrouvent jamais. Lula était une belle femme, qui avait la très fâcheuse manie de se fourrer dans des embrouilles plus grosses qu’elle. Certes, elle n’était pas bien épaisse. Mais tout de même. « Un complément de salaire ne serait pas de trop pour elle. » Loin de là. La jeune femme avait un train de vie bien trop élevé pour sa condition, et faisait beaucoup de jalouses dans le lieu où elle exerçait en tant que babysitter de fortune. Mais ces récents problèmes l’avaient obligé à vivre un peu plus recluse du monde sorcier, ce qui n’arrangeait pas tellement ses affaires. Coucher avec la mauvaise personne, au mauvais moment, et voilà que votre vie pouvait voler en éclat.

Attrapant sa tasse dans laquelle baignait un fond de café froid, Athos la termina tout de même avant de reprendre. C’était dégueulasse. « Je sais que tu vas refuser mais… » Athos marqua une petite pause. Confier sa gosse à une inconnue, qui plus est une inconnue du même milieu qu’Athos avait tout pour lui faire peur. Pourtant, il lui faisait bien confiance à lui, et ils n’avaient pas franchement eu de conversation extrêmement profonde avant ce jour-là. Athos aurait pu le trahir à la moindre occasion, finalement. Beaucoup de gens, à sa place, aurait sans doute choisi cette option bien plus lucrative d’ailleurs. « Est-ce que tu as un autre choix ? » La réponse était bien évidemment, non. La vieille cracmole n’était qu’une pauvre rustine.

Il fallait convaincre Razvan, et seuls de bons arguments pourraient y parvenir. Athos fit carburer son esprit endolori pour trouver sur quelle corde sensible il pouvait appuyer pour faire flancher le taciturne parent. Lui indiquer qu’il était au pied du mur était une chose, mais il fallait trouver de quoi se connecter émotionnellement avec ce bloc de granit venu de l’est. Les sentiments étaient un territoire qu’Athos maitrisait peu, encore plus quand il s’agissait d’un enfant. Pourtant, il fallait qu’il se montre créatif. Et un tantinet manipulateur mais ça, c’était dans ses cordes. « Si j’avais un enfant, je lui confierai sa vie sans aucun problème. » C’était vrai, mais Merlin l’en gardait, il n’avait  pas ce genre de problèmes à régler. « Si tu veux bien lui laisser une chance, je peux te la présenter. Enfin, vous la présenter. » corrigea-t’il tandis qu’il entendait Mihaela dans la pièce voisine. Il lui faudrait juste briefer Lula pour éviter qu’elle ne balance ce qu’il avait volontairement choisi de taire. À savoir qu’elle était la nounou officielle du bordel le plus fréquenté de l’allée des embrumes, lieu où elle exerçait en tant que courtisane, pour dire ça joliment, avant d’avoir ses quelques ennuis. Et qu’Athos, soit dit en passant, n’avait jamais payée pour quoi que ce soit. Il avait des goûts de luxe, certes. Mais pour ce qui était des choses de l’amour physique, il comptait sur d’autres atouts que ses gallions pour en profiter. Merci la génétique : c’était bien la seule raison pour laquelle il était un peu reconnaissant envers ses parents.
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