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Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970

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Phil Crook

Phil Crook


COTÉ DU BIEN
On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyDim 3 Mai 2020 - 22:35

NOVEMBRE 1970


Phillipus Crook avait resserré son manteau noir autour de son cou, ajusté son traditionnel fedora sur la tête avant de sortir sur le chemin de Traverse. En fait, il remontait ce dernier pour aller à son spot habituel dans l'Allée des embrumes. Cette Allée connexe à l'Allée principale avait cela de beau qu'on y trouvait seulement du mauvais petit monde... Le genre que le sorcier lambda décrirait comme "infréquentable" mais que Phil décrirait quant à lui comme "authentique". Ce monde-là, c'était la vraie vie. La vie sale, les moeurs légères, les émotions brutes. Il préférait largement cela aux faux-semblants qu'il trouvait un peu partout. Il entra dans l'allée des embrumes sans gêne qu'on le voit et l'atmosphère changea presque du tout au tout. L'air était chargé de magie, pas la plus blanche dirait-il, la ruelle était sombre, peu fréquentée encore pour l'instant. Phil sortit une feuille de tabac de sa poche pour la mettre dans sa bouche et la mâcher sans gêne. Il s'approcha de son mur, l'endroit parfait pour écouter les conversations alentours. Le mur était une espèce d'alcôve mal-aménagée, qui servait au vieux pub d'en face à stocker toutes ses boissons dans des grosses caisses de bois humides qui sentaient la mort. Bien entendu, il s'assit dessus, le chapeau toujours vissé sur sa tête, alors que ses yeux bruns suivaient les passants alentours. Il serait intéressant de dire combien de temps il était resté là, mais Phil avait pour philosophie de ne pas regarder sa montre, sauf si c'était réellement nécessaire. S'il l'avait regardé, il serait déjà parti depuis un moment. Et il aurait raté la charmante petite scène qui se déroulait à deux pas de lui. Deux hommes, dont l'un très jeune - pour lui qui avait quarante ans, c'était un vrai minot - qui avait apparemment des informations forts importantes... Le nom de Yaxley fit dresser les cheveux bruns de l'escroc sur son crâne. Yaxley hein ? Un nom intéressant pour une bourse intéressante. Phillipus n'attendit pas que l'information lui passât sous le museau. Tout au contraire, il sauta de ses caisses avec une agilité admirable pour un quarantenaire en s'approchant du duo de son pas traînant : « J'te déconseille de piper mot de tes informations à ce mec » lança-t-il de but en blanc au gamin qui avait la langue bien pendue, « il va les utiliser à mauvais escient, et se payer le luxe de te rouler après. Pas vrai, Fred ? ». Phil retira son chapeau pour que le gosse voit bien son visage d'homme honnête : « Phillipus Crook, enchanté ». Il lui tendit fermement sa main avec un sourire entendu. Il comptait bien avoir l'exclusivité de l'info. Fred ou pas Fred.
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Athos Greyson

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NEUTRE
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMar 5 Mai 2020 - 1:13

L’allée toute entière empestait : vapeurs de substances illicites dans les airs, liquide jaunâtre au sol. Mais ce qu’Athos sentait le plus, c’était l’odeur de sa propre peur, pour ainsi dire. Si les gens qui fréquentaient ces lieux pouvaient la renifler, cela expliquerait pourquoi autant de regards étaient braqués sur lui à cet instant précis, augmentant ainsi son malaise, et donc sa peur, et donc… Le serpent se mordait la queue. Mais ces regards tenaient en une chose, et une seule : Athos dénotait complètement avec le lieu. Ses chaussures étaient propres, sa cape d’un noir qui n’était pas délavée, ses cheveux impeccablement bouclés, son visage tellement enfantin qu’on aurait cru qu’il s’était perdu. « Tu cherches ta mère, gamin ? » Le rire gras du type qui s’était adressé à lui lui tordit les entrailles. Sa mère… La nuit, souvent, il rêvait qu’elle venait l’extirper à sa condition misérable et qu’ils s’enfuyaient loin tous les deux, apprenant vraiment à se connaître, développant une relation que son père des années durant avait bloqué. Mais lui avait aujourd’hui la chance d’être libre. Ça n’était pas son cas.

Mais la liberté avait un prix. Celui d’être aussi pauvre que les manants qui erraient dans cette rue. Grisé d’être loin du manoir, loin de Poudlard, Athos avait dilapidé ce que sa mère lui avait confié durant ses voyages tout l’été. Shannon l’avait accompagné un temps, et leurs aventures avaient été suffisamment mémorables pour terminer de sceller une amitié déjà forte. Et puis, il avait aussi vadrouillé avec Addison un temps, se comportant comme les gosses de riches qu’ils étaient. Enfin, c’était avant l’ultime trahison. Avant que ce faux-frère ne lui tourne le dos au moment même où il en avait le plus besoin. Le retour à Londres avait été rude pour Athos. Son nouveau nom était comme une tache persistante qui floutait son identité encore en pleine construction, et ses repères n’existaient plus. Fuir à l’étranger avait été sa première idée. Se reconstruire ailleurs, loin de cette ville qui ne l’acceptait plus. Mais Athos Greyson était blacklisté des portoloins officiels. La cruauté de son père n’avait donc aucune limite.

Le jeune homme avait mis un moment pour réfléchir aux options qui s’offraient à lui. Le loyer n’allait pas se payer tout seul. D’abord, il avait songé à prendre un petit boulot dans un bar ou un restaurant, histoire de manger et ne pas se retrouver à la rue. Mais au fond de lui, une flamme enragée et dévastatrice le consumait. Lui qui avait refusé un boulot routinier au ministère n’allait tout de même pas s’engouffrer dans une carrière inintéressante et mortellement ennuyeuse, à servir des poivrots toute la journée. Il avait alors réfléchi des jours durant, analysant ses qualités et compétences, cherchant comment recycler ses talents dans un monde qui ne voulait pas de lui. Et il avait trouvé une réponse au moment où il s’y attendait le moins, un soir de solitude intense dans un bar miteux. Le nom de Yaxley était sorti de la bouche édenté d’un vieux type crasseux, et le tout jeune Athos avait prêté l’oreille à la conversation, utilisant un sortilège d’amplification du son pour espionner en toute discrétion. Son premier méfait officiel. Les deux mecs échangeaient sur une histoire de cargaison, et se plaignaient que ces enfoirés de bourges se gavent les poches sur le malheur des pauv’ gens, incapable de se payer leur marchandise hors de prix. À ce moment là, Athos avait réalisé que sa couverture santé était désormais un lointain souvenir. Et que c’était donc une très, très, très mauvaise idée que d’écouter aux portes ainsi, surtout vu la carrure des deux zig. Mais sa haine pour les Yaxley était désormais quasi aussi grande que celle pour son père. « Je peux vous aider. » avait-il lancé, enivré par la rage et l’alcool qui coulait à flot dans ses veines. Les deux types lui avait ri au nez, l’encerclant de leurs silhouettes menaçantes. « Mêle-toi de ton cul, niño, avant que je le déloge de ton tabouret à coup de pompes. » avait balançé le plus vilain des deux, avec un fort accent argentin. Athos était terrifié, mais ne pouvait reculer. « J’ai des infos sur le hangar où ils stockent leur marchandise. À Oxford Street. » Sa voix était étrangement assurée, et les deux colosses parurent étonnés qu’un gosse possède cette information. « Ça pourrait intéresser Fred… » Le second avait poussé un grognement, et sorti un couteau de sa poche, le calant contre le flanc d’Athos. « Demain, ramène ton cul dans l’allée des Embrumes à 17h. Cherche pas Fred, c’est lui qui te trouvera. Tu sens tellement le propre qu’on te renifle à des lieues à la ronde. » Athos avait dégluti et acquiesçé avant de filer sans demander son reste.

Et le voilà, à arpenter la rue la plus mal famée de la ville, sans savoir qui était son interlocuteur. Ses sens étaient aux aguets, et il serrait sa baguette dans sa poche comme si sa vie en dépendait. C’était le cas. Finalement, pour cacher sa nervosité, il trouva un coin relativement calme, avec un peu de passage tout de même, et s’appuya contre le mur poisseux. Il doutait que la foule lui soit d’un grand secours toutefois, comme le prouvaient les taches rougeâtres sur le sol. Au bout de longues minutes, une ombre qui le dépassait d’une tête lui cacha le peu de soleil qui parvenait à s’infiltrer dans la ruelle, et cracha à ses pieds. « C’est vrai ce qu’on dit, t’es aussi propre qu’un galion neuf, gamin. » Athos hésita sur la marche à suivre. Ignorer sa provocation ou surenchérir pour passer pour un dur, et obtenir un peu de respect dans un milieu qui semblait cruellement en manquer. « Je suis prêt à me salir un peu pour que les Yaxley payent leur arrogance. » Sa flamme dans son regard reflétait toute la haine qu’il ressentait pour cette famille. Le type découvrit une rangée de dents jaunies par le tabac et un manque d’hygiène flagrant. « Eh bé, il faut être sacrément couillu pour s’attaquer au Yaxley, gamin. Qu’est-ce que tu sais ? » Athos avait réfléchi à toutes les tournures que pouvait prendre cette conversation, et il avait convenu de ne pas tout balancer du premier coup. « Il y a une faille de sécurité importante au hangar. Je peux vous aider à vous y introduire. »

C’est alors qu’un nouvel interlocuteur apparut. Plus petit que le dénommé Fred, il portait sur lui la parfaite panoplie de l’escroc typique. Le chapeau était sans doute de trop d’ailleurs. Un vrai cliché, et un bagout hors pair. Il était bien moins effrayant que l’autre type, et Athos essaya de comprendre pourquoi cet homme faisait ainsi irruption dans des affaires qui ne le regardaient pas. Sans doute que le nom des Yaxley était un mot qui ramenait les vautours. Méfiant, Athos écouta sans rien dire, craignant que Fred ne prenne mal le fait d’être ainsi dérangé. Visiblement, il était coutume d’insulter les gens ouvertement ici. Ne voulant vexer personne, Athos lui serra la main tandis que Fred marmonnait des mots qui ne semblaient pas tendres dans une langue qu’il ne maitrisait pas. Mais étrangement, il n'éclata pas le crâne de l'intrus contre le mur. Peut-être qu'il attendait de voir la réaction d'Athos, afin de tester son potentiel de voyou de bas étage. Crook n'avait pas l'air de faire partie d'une bande, il avait plutôt l’air du type solitaire, qui faisait cavalier seul. Et surtout, il portait sur son visage une certaine forme de malhonnêteté qui dénotait un peu dans le quartier. Sans doute que le fait qu’il ait encore toutes ses dents y était pour quelque chose. Ça, et ses manières un peu plus gentleman que l’autre. « Athos. » se présenta-t’il, refusant de dévoiler son identité bafouée. Depuis qu’il était devenu Greyson, Athos n’avait jamais prononcé ce nom à voix haute. La blessure était encore trop fraîche, et son coeur pas encore cicatrisé.

« Messieurs, j’ai bien peur que l’information n’aille au plus offrant. » La réaction de Phil Crook ne prouvait qu’une seule chose : ce qu’il savait avait un prix. Et pour quelqu’un qui ne roulait plus sur l’or, ça voulait dire beaucoup. « Et à celui qui payera en avance. Car qui me dit que vous n’avez pas envie de me rouler, monsieur Crook ? » Fred ricana bruyamment. Athos se permettait un peu plus de liberté avec le quarantenaire, ne serait-ce que parce que ses yeux étaient à hauteur des siens. Et qu’il préférait se mettre à dos un escroc poli qu’un type qui avait failli cracher sur ses pompes hors de prix.
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMar 5 Mai 2020 - 23:23

Phillipus avait un flair de chien de chasse. Un sacré truc, donc. Il flairait les bons coups à des kilomètres à la ronde, il flairait les femmes avec lesquelles il pourrait aisément passer la nuit de la même façon. Mais surtout, il flairait les apprentis escrocs comme un niffleur flaire un gallion neuf. Et c'est forcément avec un air paternel sur le visage que l'escroc s'approchait de ce genre d'individus. Il leur fallait quelqu'un en qui ils pouvaient avoir confiance, quelqu'un qui les comprenne... Même si avec un patronyme pareil, c'était difficile de recevoir la confiance des autres. Cela expliquait grandement pourquoi ce jeune quarantenaire fonctionnait surtout tout seul. Oh, il traînait bien avec Mondingus des fois, mais rien de bien folichon. Le jeune avait de jolies bouclettes, il fallait bien l'admettre, d'ailleurs. Et il transpirait la jeunesse, donc l'inexpérience. Tout ce qui plaisait à Phil Crook, donc. Il lui serra la main avec énergie, le regard brillant de cette flamme intéressée qui était bien commune chez lui. « Dégage Crook, je suis prioritaire » ; « pas que je sache, l'ami ». Phil lui fit un sourire malicieux en reportant son attention sur Athos. Il croisa ses mains dans son dos, d'un air de pédagogue de l'antiquité grecque. Le garçon reprit la parole, et l'escroc comprit immédiatement où il allait aller avec son air de gamin plus intelligent que deux hommes qui roulaient les autres depuis des décennies. Phil décroisa les mains, donna un coup de pouce à son chapeau pour le relever légèrement et avoir une vision plus claire du petit groupe original qu'ils formaient. Son nom prononcé par le garçon lui attira un rire, somme toute, assez amusé. Bah voyons.
Ni une, ni deux, Phillipus avait sorti sa baguette pour la pointer entre les deux yeux de Fred : « Oubliettes ! ». Son regard changea du tout au tout. D'intéressé, il passa à complètement absent. Il la rangea aussitôt fait, et colla un coup de poing dans le nez de Fred qui s'effondra par terre. Au moins, ils auraient la paix. Mais il valait mieux ne pas rester dans le coin de toute façon. Philliupus attrapa sans ménagement Athos par l'épaule et l'entraîna à sa suite « Écoute moi bien Athos » - il lui faisait la conversation d'un ton tout à fait paternel, voire pédagogue - « demander à des escrocs d'être loyaux, c'est comme demander à une otarie de marcher ». Partant de là, demander à l'un ou l'autre de formuler l'offre la plus intéressante était stupide à souhait : « Enfin, ne t'en fais pas pour lui, il n'a pas oublié son nom. Sauf si j'ai raté mon sortilège. Il a juste oublié ton existence, et c'est ce qui pouvait t'arriver de mieux, j'te le dis ». Ah, sacré Fred. Le genre de mec qui t'égorge derrière une benne à ordure en prétendant que ce n'était pas ce qu'il voulait faire. Phillipus se retourna vers Athos en souriant : « J'adore tes cheveux vraiment, super classe ». Il lui fit un clin d'oeil pour le mettre à l'aise, et l'entraîna dans une ruelle encore plus étroite que la précédente, avant d'attraper le bras du garçon pour transplaner : « Attention à la marche ». Au moins, il l'avait prévenu.

Phil venait de transplaner sur le pas de la porte de l'appartement dans lequel il squattait. Les propriétaires étaient portés disparus depuis un demi-millénaire aux yeux du quarantenaire, et c'était tant mieux. Si un jour ils débarquaient, il transplanerait de toute manière. « Je vais te proposer un deal qui vaudra plus cher sur la durée que ce que tu t'attendais à recevoir ». Il ouvrit la porte et s'effaça pour laisser entrer le gamin : « Allez flippe pas, j'vais pas te manger ».


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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMer 6 Mai 2020 - 14:46

Bizarrement, dès qu’il avait évoqué l’exclusivité de l’information, le dénommé Fred avait retrouvé sa langue. Crook ne se laissait pas démonter, malgré le fait que le type pouvait lui broyer la gorge à mains nues. Il se dégageait de lui une telle assurance qu’Athos était réellement impressionné, lui qui faisait actuellement des efforts considérables pour que ses genoux supportent le poids de son corps, et ne tremblent pas. Il fallait bien avouer que le type avait un nom qui le prédestinait à l’escroquerie, même s’il était fortement probable que ce soit lui qui se le soit attribué tout seul. Athos s’était d’ailleurs posé la question un temps : fallait-il qu’il se trouve un nom de voyou ? Mais avant ça, il fallait peut-être qu’il sache s’il avait ce qu’il fallait pour en devenir un. Et au vu de la danse qui se jouait à l’intérieur de son ventre à l’heure actuelle, il n’en était pas franchement sûr.

Sur le qui-vive, le jeune homme avait envisagé que tout cela allait dégénérer, avec une très forte probabilité pour que ça soit à son encontre. Détenir une information sans en avoir de preuves, après tout, ça ne constituait pas une assurance-vie incroyable. Mais il avait choisi une bien piètre position en se collant contre un mur, n’ayant aucune chance de pouvoir fuir, à part en poussant l’élégant escroc qui pesait deux fois moins que le balourd. Mais il n’en eut pas besoin. Crook, par la force de l’expérience probablement, géra la situation en moins de temps qu’il ne fallait pour transplaner. Le sortilège d’Oubliettes aurait suffi, pourtant, le quarantenaire décocha une droite à Fred qui fit se décaler Athos sur la droite par pur réflexe de défense. Le gros Fred s’effondra au sol et, comme il l’avait suspecté, personne n’y prêta attention. Le gamin qu’il était encore eut du mal à ordonner à sa mâchoire de se refermer.

Mais déjà, Phillipus l’emmenait loin des lieux du crime, l’attrapant par l’épaule. Encore un peu sous le choc, il se laissa docilement faire et lui emboîta le pas. Reprends-toi mon vieux… Ça n’était pas parce le type avait quelques manières que c’était un enfant de choeur, comme le prouvait la fulgurance de son poing. Étonnant que ses phalanges n’aient pas craquées sous le choc d’ailleurs. L’escroc devait avoir la peau dure. Mais l’instinct du jeune aristocrate déchu lui dictait qu’il valait mieux qu’il continue sa route avec Crook plutôt qu’avec l’autre gars, comme celui-ci le lui confirma. Certes, Fred ne se souvenait plus de lui, mais ses collègues de la veille, si. Athos allait devoir travailler son sortilège d’Oubliettes pour régler le problème avant que ça n’en devienne un.

Lorsqu’enfin ils s’arrêtèrent dans une ruelle encore plus sordide que l’autre, Athos hasarda un « Merci… » légèrement hésitant, ne sachant pas trop quelle attitude adopter avec cet homme énigmatique et, pourtant, étrangement charismatique. Mais ça, c’était avant qu’il ne fasse une remarque sur ses cheveux. Sans qu’il puisse s’en empêcher, Athos soupira et leva les yeux au ciel. Si ses bouclettes avaient été une bénédiction à Poudlard, lui conférant une gueule d’ange adorable et un certain succès auprès de la gent féminine, il doutait qu’il en soit de même avec les gens qui trainaient dans l’allée des embrumes. Et même si ces boucles étaient désormais plus courtes, disciplinées avec difficulté dans une coiffure un peu plus mature, Athos commençait à croire qu’elles le décrédibilisaient complètement. La preuve, Crook se moquait ouvertement de lui, comme le prouvait son clin d’oeil. S’il persistait dans cette voie où l’innocence inscrite sur son visage le pénalisait, il allait devoir se séparer de ces maudites bouclettes. Sa mère en aurait pleuré des litres. « Et moi, j’adore votre chap… »

Athos n’eut même pas de temps de finir ce qui était un faux compliment - ce chapeau, vraiment, c’était cliché au possible. Ça et le nom de famille bien trop explicite, ça faisait peut-être un peu beaucoup. Mais la fin de sa phrase se perdit dans les méandres d’un transplanage. Heureusement qu’il avait passé son permis, parce que tout ça aurait pu bien mal se terminer. Le temps très court du trajet, Athos se demanda tout de même où Crook avait bien pu décider de l’emmener. Mais finalement, qu’est-ce qui pouvait être pire que l’endroit où ils étaient, hein ? Finalement, ils atterrirent sur le pas de porte de ce qui semblait être un appartement. Et un appartement qui, déjà de l’extérieur, était bien moins miteux que celui qu’il occupait actuellement. C’est qu’il savait se faire plaisir, le bougre. Peut-être qu’après tout, une discussion avec lui était une bonne idée. S’il avait les moyens de vivre dans ce genre d’immeuble, alors Athos aurait sans doute un ou deux trucs à apprendre de lui. Mais, silencieux et hésitant, il marqua un temps d’arrêt quand Philippus lui ouvrit la porte. Mais après tout, il n’avait pas pris tous ces risques pour refuser de passer la porte d’un inconnu. Après avoir échangé 3 mots avec un pouilleux dans une ruelle crasseuse, la situation s’était nettement améliorée après tout non ?

En entrant dans l’appartement, Athos eut une étrange sensation. Passant une main nerveuse dans ses cheveux, il jeta un coup d’oeil à la déco qui ne collait absolument pas à la bribe de personnalité qu’il avait décelé chez ce fieffé escroc. Ça n’était clairement pas chez lui. Mais ça n’était pas non plus ses affaires. Il décida d’ignorer ce détail, et les photos d’inconnus sur les murs qui le fixaient d’un air mauvais. En parlant de manger, il crevait la dalle d’ailleurs. Il n’avait pas mangé depuis la veille, économisant ses quelques gallions restants en sautant des repas. La faim le tiraillait à cet instant précis, mais il l’ignora royalement. Se tenant au milieu de la pièce, Athos décida qu’il était temps de répondre à Crook, histoire de lui montrer qu’il n’était pas qu’un gosse avec du lait qui lui pendait au bout du nez. « Alors, que je résume la situation. Vous venez d’exploser le nez d’un type sous mes yeux, après l’avoir oublietté. Ensuite, vous avez clairement admis que vous n’étiez pas quelqu’un de loyal, et donc pas fiable. Et maintenant, vous voulez me proposer un deal ? » Athos leva un sourcil interrogateur, et un peu théâtral. « Je dois admettre que je suis partagé. Vous faites preuve d’une grande honnêteté dans vos mots, mais vos actes disent l’inverse. » Attrapant une carte qui trainait sur un meuble et félicitait un heureux couple pour leurs 40 ans de mariage, Athos la lui montra et afficha un visage étrangement sérieux pour quelqu’un avec un visage si enfantin. « Comment savoir que je peux vous faire confiance, Crook ? » Le monsieur avait disparu. Il avait perdu ce droit à la politesse au moment même où il avait parlé de ses bouclettes.
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyDim 10 Mai 2020 - 22:59

Phil avait la démarche traînante et lourde, spécialement depuis qu'il avait quitté Azkaban. Ne lui demandez pas pourquoi, il y était entré en étant un jeune homme avec plein de grandes idées derrière la tête pour en sortir avec l'esprit bien en place : la vie, elle est moche, elle schlingue et elle n'est sûrement pas juste en plus de cela. Une fois sa leçon apprise par cœur et avalée toute ronde, Phillipus pouvait dire qu'il allait mieux. Athos n'avait sans doute pas encore appris sa leçon. Cela se voyait à tout ce qui le composait comme être vivant. Son regard, sa voix, ses cheveux. Et son impertinence qui, loin de déplaire à ce quarantenaire, le faisait surtout sourire. Les regards que le gosse lançait à ses potentiels échappatoires, il les vit mais préféra ne pas en tenir compte pour lui faire la conversation sur l'art et la manière de converser avec les escrocs. C'était un métier comme un autre, et donc, ça s'apprenait. Il ne savait pas franchement s'il était réceptif, ce garçon, et il n'attendit pas d'ailleurs, sa réponse à la question. Ils transplanèrent brusquement pour l'appartement dans lequel Phil créchait. Bien entendu, il était trop parfait pour être le sien. A peine eut-il franchit la porte avec ses bottes dégoulinantes d'humidité qu'il envoya son chapeau à sa place sur le porte-manteau, sans plus de regard pour Athos.

Phil le laissa donc découvrir l'endroit où il vivait avec une pointe de fierté comme s'il s'agissait réellement de son chez lui. Il s'y était maintenant tellement habitué - cela ne faisait que trois semaines qu'il était rentré en Angleterre, c'était dire comme il prenait vite ses marques - qu'il se voyait mal être délogé. Mais si demain, les moldus revenaient, il s'en irait trouver un nouvel endroit tout aussi mignon où vivre. C'était ainsi qu'il menait sa vie de baroudeur de quarante ans passés. Une fois dans la cuisine il ouvrit le frigo pour découvrir ce que lui-même y avait mis. Ah bah tient... Il sortit un pot de fromage italien. La nostalgie de ne plus être à Naples le saisit, et il se demanda s'il avait bien fait de rentrer. Cette pensée l'occupa le temps de sortir une casserole pour la remplir d'eau avant qu'Athos ne reprenne la parole. Chassez le naturel, il revient au galop, Phillipus afficha un sourire moqueur en l'écoutant parler. Il posa sa casserole, alluma son feu et s'appuya contre son plan de travail, les deux mains posées à plat dessus pour regarder fixement le gamin. Sa question le fit s'esclaffer sincèrement : « Je vais être honnête sur la réponse » lui dit-il en dévoilant son grand sourire « tu peux pas. Comme tu peux faire confiance à peeeeersonne dans l'Allée des Embrumes pour les informations dont tu disposes ». Phil se détourna de lui pour mettre une grosse dose de sel dans sa casserole, parce que des pâtes sans sel c'était aussi dégueulasse que de l'eau gazeuse. « Le truc déjà c'est que j'aurai pu te saucissonner trente-fois depuis que tu es avec moi pour te soutirer tes informations et que je ne l'ai pas fait » continua-t-il de son ton tranquille, « à la place, je te fais des pâtes. Elle est pas belle la vie ? ».
De nouveau, l'escroc s'esclaffa et retourna au frigo pour sortir une bière qu'il envoya à Athos. « A la tienne ! » - même s'il pensait plutôt "A ma réactivité légendaire " - « j'ai un deal plutôt simple à te proposer en fait. Mais avant, je veux être certain de ne pas faire fausse route. Tu n'es pas juste un gamin perdu dans les rues qui croit avoir une information sérieuse, n'est-ce pas ? Tu veux apprendre, et t'en sortir, c'est pour ça que tu traînes dans les endroits louches ? ». Parce que sinon, Phil allait lui mettre un bon gros coup de pied au derrière, bye bye et bon courage.

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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyLun 11 Mai 2020 - 0:01

De toute sa jeune vie, Athos n’avait encore jamais rencontré quelqu’un comme Crook. Cet homme était un point d’interrogation vivant, un mystère qui déambulait dans la vie avec une démarche plus toute jeune, mais un regard encore fougueux. L’imprévisibilité de ses actes le désarçonnait complètement, et le voir évoluer dans cet appartement qui n’était clairement pas le sien avec une telle aisance était véritablement étrange. Mais après tout, qu’est-ce qu’Athos savait véritablement de la vie, lui qui avait vécu dans un cocon doré toute son enfance, et dans le giron maternant et protecteur de Poudlard toute son adolescence ? Il croyait que ses quelques voyages initiatiques l’avaient endurci, mais rien ne l’avait vraiment préparé à ce qu’il vivait maintenant. Sa logeuse l’insultait à chaque fois qu’il passait devant sa porte, ses voisins qui ne se croisaient que la nuit les occupaient avec des disputes tonitruantes, qui finissaient systématiquement en réconciliation sur l’oreiller. Les bruits de la rue achevaient de détruire son sommeil, peuplé de toute façon de cauchemars angoissants. Athos n’était qu’un gosse, un gamin innocent qui ne savait même pas quoi faire de sa vie. En revenant de voyages, il s’attendait à trouver une route déjà tracée, devenant un Auror redoutable, mettant ses compétences au service du bien. Mais tout ça avait éclaté en morceaux et aujourd’hui, il n'avait plus rien. Plus de famille, plus d’argent, plus de repères. Plus d’amis, ou presque. Plus vraiment de raison de vivre, au fond, si ce n’était cette furieuse envie de prendre sa revanche sur tous ceux qui lui avaient craché dessus, métaphoriquement. Et si ça incluait de se faire véritablement cracher dessus, alors il en serait ainsi.

Aussi, dans le chaos désastreux qui s’emparait de son monde, Athos n’arrivait pas à mettre une étiquette sur le comportement de Crook. Celui-ci s’affairait en cuisine, tandis que l’estomac d’Athos se manifestait en le voyant sortir des choses du frigo. Athos écouta l’escroc avec attention, qui confirma avec une honnêteté incroyable ce qu’il savait déjà. À vrai dire, c’était un miracle qu’il ne se soit pas fait péter le nez en dévoilant de façon aussi imprudente ce qu’il savait sur les Yaxley. Sa volonté était de fer, mais il n’avait jamais assez souffert dans sa vie pour savoir s’il était résistant à la torture. La réponse était, bien évidemment, non. Il aurait tout lâché en moins de quelques minutes. Alors oui, se retrouver dans cet appartement de squatteur, c’était peut-être la meilleure chose qui puisse lui arriver. Certes, Crook se foutait assez ouvertement de lui, ce qui aurait pu déclencher sa fureur en temps normal. Mais Athos savait lui-même qu’il n’était pas crédible, mal à l’aise dans ses pompes de riche totalement inadaptées à la situation. Il jouait une comédie ridicule qui ne convainquait personne, et surtout pas lui. Intérieurement, il crevait de trouille et savait qu’au fond, il allait probablement finir à essuyer des verres toute sa vie en regardant celle des autres se dérouler derrière le comptoir. Cet avenir pathétique lui tordait les tripes, et l’avait amené là où il était à cet instant précis. La belle vie, vraiment? Athos lâcha un rire incontrôlé, la gorge nouée. Le fait que ce parfait inconnu lui prépare des pâtes était sans doute la chose la plus gentille qu’on ait faite pour lui ces derniers temps.

Attrapant la canette au vol, Athos continua de suivre du regard l’escroc sympathique. Il ne pouvait certainement pas lui faire confiance. Mais il pouvait bien partager une bière avec lui, et écouter ce qu’il avait à dire. En cas de danger, il n’aurait qu’à transplaner. Après tout, Phillipus ignorait tout de lui, à part son nom et le fait qu’il était affreusement imprudent. D’un geste habile, il ouvrit la canette sur le rebord de la table en marbre, comme un type lui avait appris au Pérou, et la porta en l’air pour trinquer de loin avec cet étrange personnage. « À la vôtre. » Trop poli, Athos était incapable de tutoyer Crook, même s’il était conscient que ça n’était pas comme ça qu’il fallait se comporter. Mais les habitudes étaient tenaces, et ses manières encore bien ancrées en lui. D’ailleurs, jamais elles ne disparaitraient vraiment. Le ventre vide, le jeune garçon avala une longue lampée du liquide amer et désaltérant, écoutant avec une grande attention le deal que lui proposait Crook. Enfin, plutôt, la question qu’il lui posait. Perturbé par tant de franchise, Athos porta à nouveau la bière à ses lèvres, et but deux longues gorgées, vidant quasiment la canette d’une traite.

Bien sûr que si qu’il était perdu. Il était tellement paumé qu’il ne savait même pas comment il allait pouvoir payer le loyer le mois prochain. Trop fier pour le faire jusqu’à présent, il était à deux doigts d’aller gratter à la porte de Shannon pour le supplier de le loger. C’était très certainement comme ça que tout se finirait. Perdant ainsi cette indépendance qui lui était si chère, à vivre au crochet de son pote à peine plus débrouillard que lui. À piquer des bouts de pain à d’honnêtes marchands pour ne pas mourrir de faim, délestant les passants de quelques gallions pour survivre. Une nuit, il avait même transplané jusqu’au manoir, enrobé dans son sortilège de dissimulation, prêt à aller taper dans le coffre de son imbécile de père parce que c’était là tout ce qu’il méritait. Mais devant le porche, l’imposante et intimidante bâtisse le surplombant, il était resté tétanisé avant de finir par pleurer à chaudes larmes, incapable de bouger. Peut-être était-ce l’instinct maternel, ou une autre force, mais la silhouette de sa mère s’était alors découpée à la fenêtre, fixant l’endroit où il se trouvait alors que l’invisibilité l’enveloppait. Ils étaient restés ainsi de longues minutes, peut-être des heures, tandis que les larmes inondaient en silence le visage du jeune sorcier déchu. Jamais plus il ne la reverrait. Jamais plus il ne remettrait les pieds sur ces terres maudites.

Athos ne savait pas vraiment quoi répondre à Crook. Les deux phrases, dans sa bouche, semblaient s’opposer. Pourtant, elles étaient toutes les deux vraies. Comment était-ce possible ? Sentant les larmes brouiller un peu sa vision tandis qu’une colère froide montait en lui, son regard se porta un peu au-dessus de l’épaule de Crook. « J’ai plus rien à perdre. Rien. » Ni son nom, ni sa dignité, ni une personne qui lui était chère. Il ravala ses larmes pour faire bonne figure, les joues légèrement rosies par l’émotion qu’il ne canalisait pas correctement. Personne ne lui avait appris à le faire. Personne ne l’avait préparé à ça. « Je pourrais crever sur le trottoir, ça n’aurait aucune importance. » Il était passé du centre du monde de son père à l’anonymat le plus total. Longtemps, il avait cru que c’était ce qu’il souhaitait. Mais la dure réalité était la suivante : il était totalement seul. Et c’était peut-être ça qui l’empêchait de dormir. La colère faisait légèrement trembler sa voix tandis que ses poings se serraient. « Alors non, elle est pas belle la vie. » Athos fit volontairement référence à cette phrase désinvolte qu’il avait prononcée plus tôt, parce qu’elle l’avait marquée. « Elle est plutôt du genre à nous foutre un gros pain dans la gueule quand on s’y attend le moins. » Un pain qui faisait bien plus mal que celui que Crook avait servi à Fred plus tôt. Les yeux encore un peu humides, mais déterminés, Athos finit par regarder Phil. « Alors oui, je veux apprendre. Parce que je vais m’en sortir. » C’était une certitude absolue. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il fasse. Sa rage était telle qu’il serra plus fort encore la canette, qui éclata par la force de sa magie non canalisée. Des morceaux de verre vinrent se ficher dans sa paume, mais il ne cilla même pas. « Alors parlez-moi de ce deal, Crook. »
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyVen 15 Mai 2020 - 0:21

L'adolescence avait été le tournant de la vie de Phil, et il était tout à fait ravi aujourd'hui, à presque cinquante ans, d'avoir prit un virage à 180 degrés pour s'éviter une vie de malheur dans l'église anglicane. Il ne vivait certes pas dans le luxe, il n'était certes pas non plus un père de famille modèle, et il était probablement encore moins envié par qui que ce soit sur terre. Mais on pouvait aisément dire qu'il était heureux, avec son sourire goguenard et ses tempes légèrement grisonnantes. Sans doute fallait-il peu à Phillipus pour être heureux. Il ne savait pas si le jeune homme en face de lui avait la même façon de penser. Objectivement ils avaient sans doute une bonne vingtaine d'années d'écart, ils n'avaient pas vu les mêmes choses, rencontrés les mêmes personnes. Et puis, d'où sortait-il ? Il était trop propre pour avoir vécu dans la rue... Le londonien eut un pincement vague au coeur en se disant que peut-être, ce gamin avait été éjecté de chez lui, un peu à sa manière. Ce n'était peut-être pas grand chose, un plat de pâtes, mais bien cuisinées, elles réparaient un peu les cœurs cassés. L'escroc décapsula sa bière sans délicatesse aucune pour en boire une grande lampée bien fraîche. Il poussa un soupir satisfait en la reposant sur le plan de travail pour sortir un paquet de spaghettis d'un placard, alors qu'Athos semblait avoir tiqué sur un morceau de sa phrase. L'ancêtre l'écouta d'une oreille attentive, en le regardant avec la même attention. Il y avait une espèce d'émotion dans les yeux du garçon que Phil ne s'expliquait pas. Mais il tenait bon. Pas une seule larme ne roula sur sa joue alors qu'il semblait avoir franchi les portes du désespoirs. L'anglais faillit faire une plaisanterie sur le fait que s'il pleurait il allait pleurer aussi mais ravala sa langue. Il n'était pas stupide. Et il voulait ses informations. « Bienvenue au club des gens qui ont rien à perdre mon gars » - il afficha son sourire goguenard en augmentant un peu l'ouverture du piston de la gazinière pour que l'eau bout plus vite - « au moins t'es pas plein d'illusions sur ce que la vie ne peut pas t'apporter. Et ça, c'est drôlement cool. Les jeunes gens ont tendance à avoir des étoiles plein les yeux... Avant de redescendre vite de leur ballon ». Phil attrapa ses spaghettis et les plongea dans l'eau enfin bouillante.

Athos avait les crocs. C'était le cas de le dire. Il voulait prouver qu'il valait quelque chose, il sentait qu'il avait une position au moins égale à celle de l'escroc quarantenaire puisqu'il possédait des informations. Il avait peut-être encore une tête de foetus aux yeux de Phillipus, il était persuadé que ce garçon en valait la peine, tout au fond de lui. Appelez ça l'instinct du mec qui a l'habitude de flairer les bons coups - et les belles femmes. « Mon deal est simple. Je t'apprends l'escroquerie. Je te loge, je te nourris même. On taffe ensemble. Deux têtes valent mieux qu'une » - il sourit une nouvelle fois à son attention de cet air de dire que c'était quand même un deal plutôt séduisant - « ton information sur les Yaxley, je la veux, c'est une évidence. Mais je te donne aussi l'opportunité de participer à la chose. T'as l'air d'avoir la haine contre eux, mais enfin bref. C'est pas mon business. Ça te tente ? ». Phil avait planté ses yeux billes sombres dans les yeux tout aussi sombres que les siens, avant de se détourner pour ne pas lui donner l'impression qu'il l'agressait : « Et on se serre la pince avant que tu me dises ce que tu as comme informations, pour te prouver que j'ai un honneur, malgré mon nom. Mais d'abord » - il se saisit d'un chiffon qu'il lui lança depuis son spot dans la cuisine - « tu vas essuyer ta main. Je tombe dans les pommes quand je vois du sang ».


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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMer 20 Mai 2020 - 0:22

Effectivement, cela faisait bien longtemps qu’Athos ne se berçait plus d’illusions. Même lorsqu’il était dans le giron familial étouffant, il savait que la réalité était brutale. Mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle le percute de plein fouet. À l’époque, il avait encore des rêves. Aujourd’hui, il ne savait pas s’il pourrait s’autoriser un jour un tel luxe. Ce n’était pas des étoiles qui vivaient dans les yeux du jeune homme désormais, mais une flamme dévastatrice qui grandissait chaque jour, nourrie par sa rancoeur et ses désillusions perpétuelles.

Après s’être livré aussi ouvertement à un inconnu, Athos eut du mal à faire redescendre la rage qui l’habitait. L’adrénaline qui courrait dans ses veines atténuait la douleur naissante dans sa main, et il ne se rendit même pas compte, du moins dans les premières secondes, qu’il venait de se blesser assez sévèrement. Une goutte de sang perla sur sa bottine impeccable tandis que son poing restait serré, enfonçant un peu plus les éclats de verre dans sa peau meurtrie. Finalement, les nerfs firent leur travail et il sentit la douleur, vive et brute, comme la claque de son père quelques mois plus tôt. Que faire, comment réagir ? Il venait quand même de déballer son coeur et attendait une réponse, il n’allait quand même pas interrompre l’escroc cuisinier pour lui demander de quoi se nettoyer la main, ou pire, de le soigner. Il était bien trop fier pour ça.

Malgré la douleur donc, il écouta le fameux deal de Crook. C’était presque trop beau pour être vrai, même s’il n’y avait rien de franchement glorieux à embrasser une carrière dans le banditisme. C’était exactement ce dont il aurait besoin pour se sortir de la merde dans laquelle il était, car il n’y avait pas d’autres mots pour qualifier sa situation. Tout ça était séduisant, presque trop. Mais à en juger par ce qu’il avait observé de Phil Crook, ce type était un charmeur né. Ça se lisait sur son visage. Et ce qu’il lui offrait pour l’instant, c’était des mots, rien que des mots. Et bizarrement, les mots exacts qu’il avait besoin d’entendre. La vie lui avait mis de trop grosses claques récemment pour qu’il puisse croire qu’une telle générosité lui tombait comme ça, tout cuit dans le bec. Impossible.

Mais comme il le lui avait dit un peu plus tôt, la confiance dans ce genre de milieu ne pouvait jamais être garantie. Pourtant, la méfiance d’Athos n’arrivait pas à disparaître. Et cette maudite douleur qui l’empêchait furieusement de se concentrer… Il sentait le liquide poisseux s’insinuer entre ses doigts. S’il lui avait proposé de l’argent, pourquoi pas. Mais là, une… alliance, en quelque sorte ? Ils ne se connaissaient même pas. Crook n’avait aucune espèce d’idée de ce dont Athos était capable, ignorant tout de son talent pour les sortilèges de camouflage par exemple. C’était étrange. Bien trop étrange et généreux. Impossible, non.

Phil planta son regard dans le sien, et il le maintint fièrement, essayant de sonder son interlocuteur. Mais ce quarantenaire était pour lui un mystère. Il avait l’air si sympathique, mais n’hésitait pas à cogner les gens. Il était accueillant, mais vivait dans un appartement qui n’était pas le sien. Il était charismatique, mais utilisait des expressions venues d’un autre temps. Un paradoxe insondable. Sans compter qu’il n’avait même pas cillé quand la bouteille avait éclaté. Quel niveau de flegme fallait-il posséder pour ignorer totalement cet événement ? Il finit par lui balancer un chiffon, terminant sa tirade qu’Athos retournait dans tous les sens par une remarque sur sa … peur du sang ? Vraiment ? Pour un voyou, c’était une phobie un peu handicapante. Enfin, si c’était vrai. Mais qu’est-ce qui était vrai finalement chez cet homme ?

Se concentrant sur sa plaie, Athos entoura sa main dans le torchon immaculé qu’il lui avait envoyé. Quelques éclats de verre étaient visibles sous sa peau, mais il se voyait mal commencer à les enlever un à un avant de répondre. Et depuis que les soucis l’avaient assaillis, ses ongles d’ancien guitariste étaient trop rongés pour réussir pareille opération. Il faudrait trouver une autre solution, mais après. D’abord, répondre. Montrer qu’il avait du cran, qu’il n’était pas qu’un bébé douillet. C’était un homme, après tout. Enfin, c’était ce que disait ses papiers d’identité.

« Je débute dans le milieu, mais je dirai que c’est un deal plus qu’honorable… Quoiqu’un peu déséquilibré. » L’info sur les Yaxley était précieuse, certes. Mais pas à ce point. Il le savait. Et Si Athos voyait ce que ce fieffé escroc pouvait lui apporter, il ne comprenait pas pourquoi il lui portait tant d’intérêt. Etait-ce le fait qu’il se soit livré à lui avec tant de sincérité ? Ou alors, était-ce le besoin de passer le flambeau à un petit jeune ? Ou alors, une habile manipulation. Son instinct lui dictait que ça n’était pas ça, mais il refusa de l’écouter. Il fallait qu’il s’endurcisse, et qu’il soit sur ses gardes. En permanence. Sinon, il finirait vraiment dans les faits divers de la Gazette du Sorcier. Quelle horrible fin ça serait.

Déterminé, Athos fit face à Phil, mais ne lui tendit pas la main. Après tout, elle était serrée dans ce simili bandage qui cachait encore le sang, mais s’en imbibait doucement. Et puis, le deal n’était pas scellé. Pas encore. Il y avait quelque chose qu’il avait besoin de savoir avant. « Dites-moi juste un truc, Phil. Est-ce que je vous fais pitié ? » Cela aurait été, pour lui, la pire raison de lui proposer cet échange de bons procédés. S'ils faisaient équipe, alors ça serait sur un pied d'égalité, ou rien. Il pouvait accepter beaucoup de choses, s’assoir sur une partie de sa dignité si besoin. Mais inspirer la pitié à quelqu’un, jamais.
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMer 20 Mai 2020 - 1:56

Phil avait la tranquillité des hommes qui ont vécu assez de choses pour que rien ne les choque, cette façon de marcher qui ne se pressait de rien même du plus terrible danger, et ce balancement paisible des épaules qui soulignait d'autant plus sa démarche pesante. Le londonien à l'accent cockney qu'il avait, avait construit son propre personnage au sortir de l'adolescence. Il avait appris seul, à la dure, son petit caractère auréolé d'une franche déviance fourbe qui le conduisait, naturellement, à la débauche. Il n'avait ressenti aucun espèce de regret à faire pleurer sa pauvre mère si croyante, et n'avait acquis aucune forme particulière de sagesse à la suite de l'épisode. Peut-être qu'il voyait en Athos le portrait un peu en retard de lui-même, gamin perdu dans les rues de Londres - le Londres moldu comme le Londres sorcier - sans un penny en poche, qui ne sait pas trop quoi faire mais qui espère pourtant un coup de pouce du destin. Phillipus ne savait pas, en voyant débarquer ce jeune homme, s'il voulait être son coup de pouce du destin. On ne pouvait pas dire que c'était une chance de connaître l'escroc, lui qui ne pensait qu'à sa propre satisfaction sans se soucier de la vie des autres. Glinda, sa propre fille, en avait subit ce terrible travers, bien qu'il l'aimât, à son étrange manière. Elle avait réussi à effriter son cœur de pierre lorsqu'elle l'avait rejeté, pour mieux le repousser encore dans les affres de l'égoïsme et de la fourberie la plus pure. Il remuait ses pâtes en attendant qu'elles cuisent avec la main sûre, de celle qui a l'habitude de cuisiner des pasta trois fois par semaines au moins.

Phil écoutait le gamin parler, il aimait bien qu'il comble le silence. Généralement, lui-même poussait ses vocalises pour combler le vide et s'il avait une voix agréable, ça le saoulait vite d'entendre la vieille mégère d'à côté taper contre le mur avec son balai. Il lui avait bien dit qu'elle allait finir par faire un trou dedans et traverser le mur, mais elle n'écoutait pas. Athos avait sa voix de jeune homme qui ne portait pas bien en comparaison de celle de l'homme mûr qu'il était déjà lui-même. « Déséquilibré ? » s'esclaffa l'ancêtre en prenant une fourchette pour la planter dans le ballet de spaghettis qui dansaient dans la casserole, « en es-tu bien sûr ? ». Il enroula une pâte entre les dents de la fourchette pour la porter à sa bouche et hocher la tête comme pour lui même. "Al Dente". « LEÇON NUMÉRO 1 » commença-t-il son petit speech de son air préféré de pédagogue de l'Antiquité - « évalue sur le long terme, vois sur le long terme. Pas la semaine prochaine, même pas le mois prochain. Vois... Loin ! ». Il écarta ses grands bras comme si une hais d'honneur allait surgir alors que pas du tout, c'était le vide, tristement, dans cette cuisine. Il attrapa sa poêle, y mis son bacon à frire. Athos reprit, d'un ton qu'il ne parvenait pas très bien à identifier. Etait-ce du dédain ? De la témérité ? Ou bien pire encore, ce gosse était-il déjà blasé comme lui ? Sa question le fit sourire, mais il ne poussa pas le vice à rire ouvertement. Pitié ? Personne ne lui faisait pitié. Ce n'était pas un sentiment qu'il connaissait véritablement il n'en avait rien à faire des autres, Phil. Pitié pour Glinda, pourquoi ? Pitié pour ce gosse, qu'il ne connaissait même pas ? Non plus. « La pitié n'est pas un sentiment qui te servira dans la vie, Athos, intègre-le maintenant ou tu l'apprendras à tes dépends ». Il retourna sur ces sages paroles son bacon sur la poêle.


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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMar 26 Mai 2020 - 1:46

L’attitude de Crook était décidément destabilisante. Le voir rire ainsi après ses phrases ne le mettait pas tout à fait en colère, mais le déconcertait au plus haut point. Cette désinvolture atteignait un niveau tel qu’il n’en avait jamais connu, à part peut-être chez quelques élèves de Poudlard qui voulaient se donner un genre. Mais chez Phil, tout ça semblait si naturel et insolent. Athos avait autant envie de le gifler que de boire ses paroles. C’était prodigieusement agaçant. Et fascinant. Il aurait aimé avoir cette décontraction, qui le caractérisait un peu durant ses dernières années à l’école. Mais depuis que sa nouvelle vie s’était imposée, il ne se souvenait pas d’un seul moment où il s’était senti détendu. Le moindre de ses muscles était presque ankylosé tant il était sur le qui-vive, en permanence. Même chez lui, il ne se sentait pas en sécurité.

Et puis, l’homme prit un ton plus sérieux, un chouia paternaliste, et Athos eut immédiatement une réaction de recul. Tout semblant de figure paternelle créait chez lui un rejet profond, et à juste titre. En général, Athos n’aimait pas tellement qu’on lui apprenne les choses de la vie, et qu’on essaye de penser à sa place. C’était ce qu’on avait fait pour lui toute sa jeune vie, et qui l’avait amené à s’opposer aussi violemment à son géniteur, au point de se retrouver ici aujourd’hui. Et puis, ce Phil Crook et son âge canonique pouvait bien parler de long-terme, Athos était bien incapable de penser à autre chose qu’au lendemain. Chaque jour passé en vie était une victoire. S’il avait cru un jour en être réduit à se réjouir de son réveil, il en aurait levé les yeux au ciel.

Toutefois, il réfléchit un tant soit peu à cette fameuse leçon… Penser à long-terme, d’accord. Mais en quoi un gamin paumé pouvait être un atout longue durée pour un type pareil ? Immédiatement, son esprit se mit en ébullition. Mais qu’est-ce que ce fieffé escroc pouvait bien avoir en tête pour lui sortir pareil discours ? Cela faisait à peine un quart d’heure qu’ils se connaissaient, et déjà il lui parlait d’avenir. Avec le minimum de recul que la situation permettait, Athos ne pensait qu’à une seule conclusion logique : Phil voyait en lui une petite chose fragile à exploiter. Et si sa vulnérabilité était plus qu’évidente, il refusait de l’admettre clairement.

Car malgré la situation, la fierté du jeune Greyson ne pouvait se taire. Raison qui le poussa à amener la pitié sur le tapis. Une seule once de condescendance dans sa voix, et Athos transplanerait loin de ce lieu où pourtant l’odeur de nourriture réconfortante l’incitait à rester. Son regard était plus déterminé que jamais, même si tout son être tremblait intérieurement. Phil était si imprévisible qu’il ne savait comment il allait réagir. Il eut juste le droit à un sourire. Un sourire qui le troubla un peu. Il lui répondit quelque chose d’étrange, mais qui le rassura. Athos partageait, peut-être pour la première fois, son point de vue. La pitié, c’était pour les faibles. Les lâches. Il refusait que l’on ressente ça pour lui. Phil était déjà retourné à sa cuisine quand Athos lui répondit. «  Mais alors quoi ? Vous ne me connaissez même pas, franchement, à quoi ça rime tout ça ? «  Athos ne réfléchissait même plus, il parlait, laissant s’exprimer sa plus grande confusion. « Vous avez plein de trucs à m’apprendre, je le sais. Mais dites-moi, Phil, qu’est-ce que j’ai à vous offrir, sincèrement ? » Tentant un quelque chose qui s’apparentait à un bluff, Athos risque le tout pour le tout. De toute façon, il était impossible de prévoir quoi que ce soit chez lui. Le jeune garçon savait très bien quelles étaient ses forces. Ses dons en dissimulation épataient ses professeurs, et lui avait permis d’éviter bien des retenues. Il avait ce qu’il fallait pour réussir, au fond. Mais Phil n’en savait rien. Rien. Il lui jouait ses grands discours mais au fond, Athos le sentait, il ne parlait que de lui. Et pas de ce gamin perdu qui lui faisait face.

Sa main lui faisait mal. Trop mal. Phil n’avait même encore répondu, et pourtant sa douleur qui battait dans sa paume le fit soudainement complètement décrocher. Il sentait presque chaque bout de verre lui percer la peau et entamer sa chair. Ce fut si soudain que même lui ne comprenait pas. Sans réfléchir, il dénoua le bandage à toute vitesse, révélant la peau à vif et le sang bien trop présent. Prenant deux longues inspirations, il comprit qu’il lui était impossible de soigner sa blessure manuellement. Ignorant le reste, il attrapa sa baguette et tenta tant bien que mal de se souvenir de ses cours. Les soins, ça n’était pas son fort. Sans réfléchir à ce qu’il prononçait, essayant de se remémorer un cours sur les plaies ouvertes, il prononça une obscure formule.

1-3 - Les bouts de verre quittèrent miraculeusement sa paume, tombant au sol sans un bruit. Mieux, sa peau cicatrisait déjà, et le sang arrêtait enfin d’affluer. D’un geste, il balaya les quelques gouttes restantes et fixa Crook, dans l’attente d’une réponse.


2-5 - Le sortilège de soin fit son possible, mais la peau cicatrisa par dessus les bouts de verre. L’hémorragie eut beau s’arrêter, la douleur était plus intense encore. Serrant les dents, Athos masqua sa douleur du mieux qu’il put.

4-6 - Visiblement, sa mémoire lui faisait défaut. Faisant pire que mieux, les morceaux de verre s’enfoncèrent plus encore et malgré lui, un léger cri de douleur s’échappa de ses lèvres tandis qu’il se tenait le poignet, essayant de masquer ce qui se passait, alors que c’était peine perdue. Quel abruti. Quel aveu de faiblesse. Il se détestait.


Dernière édition par Athos Greyson le Mar 26 Mai 2020 - 1:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMar 26 Mai 2020 - 1:46

Le membre 'Athos Greyson' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyMer 27 Mai 2020 - 0:16

Phil Crook avait l'instinct paternel d'une palourde, autant dire que ça ne volait franchement pas haut. Glinda en avait fait les frais elle-même, subissant un père qui ne savait pas en être un, mais qui essayait quand même de sauver les meubles. Il faut rendre à Phillipus ce qui est à Phillipus. Il avait adoré sa petite princesse et si toutes les journées n'avaient pas été simples, il avait essayé du mieux qu'il l'avait pu de ne pas trop se faire passer avant elle - qu'il était dur de la servir d'abord alors qu'il mourrait d'envie de manger la casserole, en vrai. Mais bref. L'homme était un égoïste profond que sa raison ne parvenait pas à rappeler à l'ordre. Toute sa vie, il la voyait sous le prisme de son propre intérêt, sans remords, ni regrets. Regretter était le plus beau moyen de ne pas vivre et de se pourrir l'existence en de vieilles pensées débiles. Ce n'était pas son habitude. Phil vivait pour l'élaboration d'un futur sur des semaines à venir. Bien entendu que pour Athos, c'était impensable. Ce pauvre gosse devait juste penser à l'endroit où il allait crécher le lendemain. « Tu peux t'asseoir, tu sais » lui fit-il d'un ton même pas moqueur. Il remarqua qu'il s'enlevait les verres à la baguette et il marmonna quelques paroles inaudibles à base de "crétin" ; "petit impulsif" tout en cherchant dans la poche de son manteau échoué sur la chaise, un petit flacon. Une fois qu'il eut posé ses doigts dessus, il releva la tête pour alpaguer le jeune homme : « Attrape ! ». Sans guère plus de cérémonie ni d'inquiétude pour sa main, Phil lui envoya le flacon d'essence de dictame.
L'escroc ne le regardait même plus, il fixait son bacon d'un air profond avant d'attraper son pot de mascarpone pour le vider dans la poêle. Une délicate odeur s'éleva dans la cuisine et il s'approcha de ses pâtes pour enfin les libérer de leur eau d'un coup de baguette en bois de sequoïa. Deux minutes plus tard, elles rejoignaient la poêle pour satisfaire le piètre cuisinier qu'il était de façon générale. Il leva sa baguette pour que deux assiettes se dirigent vers la table avec leurs couverts et il s'approcha d'Athos avec son pas lourd, le plat fumant enveloppé d'un wingardium leviosa pour qu'il ne se brûle pas les doigts.

Phil mourrait d'envie de le prendre de haut mais il devinait assez qu'en fait, il le ferait fuir à faire cela. Aussi le regarda-t-il calmement, sans doute de la façon la plus posée dont il était capable à ce moment-là. Il ne faisait même pas attention au chiffon rougit que le gamin avait enfin abandonné. Phillipus l'observait, tranquillement. Cela dura sans doute quelques secondes, l'anglais eut pourtant l'impression qu'il l'avait analysé pendant une éternité. Il n'était pas psychomage, il n'était pas non plus un grand perspicace. Il se retrouvait, pourtant curieusement, dans l'allure paumée de ce gamin. « T'as déjà à m'offrir tes informations sur les Yaxley » lui fit-il remarquer en attrapant les deux spatules en bois pour se servir d'abord - Athos avait deux mains, il pouvait se débrouiller tout seul. « Je suis sûr que tu n'es pas stupide » commença-t-il abruptement, « me demande pas pourquoi je te dis ça, y'a des trucs que je sens. Tu as l'air d'avoir envie de t'en sortir, ça se sent. Encore une fois, deux cerveaux valent mieux qu'un, les occasions d'agir seul sont parfois plus rares que celles pour agir à deux... A deux, on est plus en sécurité. Qu'on se le dise, je n'ai pas atteint ce grand âge en restant seul toute ma vie dans la rue. C'est donc forcément un avantage pour toi, comme pour moi ». Phil attrapa sa fourchette pour la glisser entre deux pâtes d'un air expert avant d'avaler tout rond la bouchée parfaite. « Ce que j'ai à y gagner c'est un partenaire jeune que je peux former. Tu ne te rends pas compte de ce que ça fait d'avoir besoin de léguer un peu de métier, je pense. Sans vouloir te vexer, t'es un peu jeune pour comprendre » continua-t-il d'un air badin, « les jeunes comme toi, qui veulent apprendre des choses, avec fougue, ça ne court pas les rues. Libre à toi de me croire ou non ».


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Athos Greyson

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Le silence est une opinion.

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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptySam 6 Juin 2020 - 2:42

S’assoir, hein ? À ce moment précis, Athos avait d’autres préoccupations, et n’entendit sa sollicitation que d’une oreille vague. Le sortilège de soin avait fonctionné, et il se sentait un peu mieux. Il avait à peine eu le temps de passer un doigt fébrile sur la plaie cicatrisée que Crook attira son attention, lui balançant une fiole. Dans un réflexe inespéré, Athos l’attrapa au vol. Les Serpentard lui avait demandé un temps de devenir leur attrapeur, mais il avait toujours refusé. Le Quidditch, ce sport de débile… Oh bien sûr, il n’avait jamais dit ça à haute voix hein. Il trouvait toujours des excuses bidons, mains convaincantes. Déchiffrant l’étiquette, il fut content du geste de Phil, qui n’était peut-être pas si égoïste finalement. « Merci… » lui répondit-il, versant quelques gouttes de la potion sur sa plaie quasi cicatrisée déjà. Une fumée verdâtre s’échappa et quand elle fut évaporée, sa peau semblait presque aussi impeccable qu’avant, à l’exception d’une cicatrice en forme d’étoile près de son index, qui ne partirait jamais vraiment.

Tandis que Crook cuisinait et ne répondait pas à sa question - qu’Athos avait de toute façon oublié, obnubilé par sa blessure - le jeune garçon s’affairait à coup de Wingardium Leviosa pour nettoyer son carnage de bouts de verre, qui trouvèrent le chemin de la poubelle. Avec le chiffon, il essuya les gouttes de sang au sol et prit la direction de l’évier un peu plus loin de Crook pour se laver les mains, comme un garçon bien poli. Retournant près de la table, hésitant à s’assoir réellement, Crook vint finalement à sa hauteur avec un plat, et Athos comprit qu’il avait cuisiné pour deux, vraiment. Ce geste le toucha au plus profond de son coeur de gosse abandonné par la vie. Le vieil escroc le dévisagea silencieusement, et Athos fit de même, soutenant son regard maintenant que sa main n’était plus douloureuse. Il ne savait pas bien quoi penser de tout ça. Il était fatigué après tout, ses nuits étant tellement courtes et agitées que les cernes sur son visage se creusaient jour après jour.

Son estomac rompit le silence, grondant de façon désespérément bruyante. Ça sentait si bon, en même temps… Athos fit une moue un peu gênée et finalement s’installa après que Phil ait posé ses fesses d’ancêtre sur une chaise. L’aîné se servit en répondant finalement à sa question, lui sortant un long monologue durant lequel Athos eut le temps de se servir et de commencer à manger. C’était un peu impoli de ne pas attendre que son interlocuteur fasse de même, mais franchement, c’était ça ou saliver abondamment au point d’en perdre sa concentration - et sa dignité au passage. Coupant ses pâtes en ignorant totalement les règles italiennes en vigueur, qu’il ne connaissait pas, il en avala une bouchée et la chaleur du plat si réconfortant lui fit du bien. C’était la première fois depuis des jours qu’il mangeait un truc aussi bon. Aussi chaud. Aussi généreux. Il s’efforça de ne pas se gaver, car c’était le meilleur moyen de se rendre malade. Étonnamment, Phillipus mangeait avec bien plus d’élégance que son look et ses manières de gredin ne le laissaient paraître. La bouche pleine, Athos se sentit un peu honteux et se redressa machinalement.

Phil évoqua l’info sur les Yaxley. Bon, ça d’accord. Et le fait qu’il ne le prenait pas pour un gamin débile, c’était aussi une bonne chose. De toute façon, une fois qu’on avait partagé un repas avec un type louche qu’on avait croisé dans une ruelle, ça voulait dire qu’on était prêt à faire équipe avec lui, non ? Visiblement, Phil avait besoin de transmettre son savoir, et Athos lui lançait des petits coups d’oeil en mangeant pour lui montrer qu’il l’écoutait quand même. Le maître voyou cherchait un élève ? Athos était preneur, clairement. Le côté gagnant-gagnant de cette alliance lui apparaissait, et surtout, il eut l’impression que Phil se sentait vieux. Bizarrement, Athos ne le voyait pas vraiment de cet oeil. Il avait quoi, quarante ans à tout casser ? Mais peut-être que dans le milieu du grand banditisme, c’était vieux. Et aussi étrange que cela puisse paraître, le jeune homme ne se vexa même pas quand Phil évoqua son jeune âge. Oui, il avait tout à apprendre. Et sa fougue semblait avoir tapé dans l’oeil du vieux briscard, il n’allait pas s’en plaindre.

Une fois qu’il eut avalé une énième bouchée - son assiette était déjà à moitié vide - Athos entreprit de répondre à cette tirade qui avait l’air bienveillante, même s’il se doutait bien qu’il ne fallait pas faire aveuglément confiance à un type comme Crook. « Je vous crois. » C’était vrai, son discours avait l’air sincère. Ou tout au moins, une partie. « Je pense que vous avez des choses à m’apprendre en effet, et je pourrais vous être utile. J’ai failli… » devenir Auror, faillit-il terminer, mais la phrase mourut dans sa gorge. C’était trop dur de l’admettre. « J’ai quelques spécialités, disons. Notamment la dissimulation. Je suis sûr que c’est pratique quand on veut faire quelques coups en douce ? » Athos leva un sourcil, l’air un peu plus confiant. Le fait d’avoir l’estomac plein le revigorait aussi. Tendant une main à son interlocuteur, il eut bien l’intention de sceller le marché dignement, même si cela devait se faire au-dessus d’un plat de pâtes. Sa vie était devenue bien étrange, de toute façon. Il prononça alors une phrase qui allait changer sa vie à jamais. Mais ça, il l'ignorait encore. « Marché conclu Crook. »
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MessageSujet: Re: Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 Business is business kid | ATHOS | FLASHBACK 1970 EmptyDim 7 Juin 2020 - 14:40

Phillipus faisait abstraction, autant que faire se peut, de la manière dont Athos mangeait ses pâtes. C'était quand même une entreprise difficile lorsqu'un homme à l'esprit résolument italien en voyait un autre couper ses pâtes sans ménagement. Il ne lui fit pourtant pas de réflexion et fit ce qu'il peut pour se concentrer sur son propre plat sans lui montrer sa médisance. Il allait falloir qu'il lui apprenne, en plus de tout ce qu'il comptait lui apprendre, à se comporter comme un gentleman face à SON plat de spaghettis à la mascarpone. Phil était peut-être un escroc, il était au moins élégant lorsqu'il mangeait à table, vieux souvenir de son éducation stricte d'une famille moldue londonienne qui ne vivait presque que pour les messes. C'est donc, bien entendu, après s'être tapoté les lèvres qu'il avait répondu à Athos concernant le pourquoi du comment de sa proposition qui sortait de nulle part. L'escroc n'avait pas franchement l'habitude de rendre des comptes mais ce gamin était plus prudent qu'il n'y paraissait de prime abord. Son petit air angélique hérité de ses boucles brunes, c'était de la gnognotte. Le britannique le regardait bien calmement en attendant qu'il décline ou non sa proposition. La chose était assez simple, en réalité. Si ce gosse disait non, il se prendrait un bon gros coup de pied au derrière de la part de l'ancêtre et byebye que j'te revois plus.
Mais Athos, peut-être curieusement, semblait le croire. Il ne lui demanda pas de lui donner la fin d'une phrase qu'il avait interrompu peut-être malgré lui. Ils ne se connaissaient pas encore très bien, et Crook préférait se montrer prudent face à un tempérament qu'il n'avait pas encore tout à fait cerné. Et en coinçant de nouvelles pâtes avec élégance entre les dents de sa fourchette, il afficha un sourire amusé sur les compétences en dissimulation : « C'est en effet bien utile » - il prit sa fourchette dans sa bouche avant d'avaler les pâtes presque tout rond - « et cela s'améliore avec de la pratique ». Il le provoqua d'un clin d'oeil avant de remarquer que le jeune homme lui tendait la main pour qu'il la serre. Quelle ironie que de sceller un contrat au dessus d'un plat de spaghettis.
Phil lui serra la pince énergétiquement avant de lui sourire. Ils feraient de grandes choses tous les deux.

fin du premier souvenir
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