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There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE

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Grace Pham Le

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MOLDU
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MessageSujet: There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE EmptyVen 22 Mai 2020 - 16:50

C’était un drôle d’été à Manchester. Jusqu’au début du mois de mai, la moitié des fenêtres avait affiché des pancartes promouvant Margaret Thatcher, l’autre moitié des affiches anti Dame de fer. Et puis il y avait eu la finale de la FA Cup au Stade Wembley à Londres. Dans les cinq dernières minutes, Gordon McQueen, Sammy McIlroy et Alan Sunderland avaient renversé le match. Avec trois buts contre deux, Arsenal avait remporté la coupe contre Manchester. Et depuis ce jour, il n'y avait plus que des fanions rouge et blanc qui pendaient aux fenêtres …

Grace et sa petite soeur Felicity rentraient de leur classe de danse et évoluaient tranquillement dans leur nouvelle ville réconciliée par la défaite. La gosse de neuf ans fonçait sur ses rollers. La grande soeur l’accompagnait en faisant des zigzags sur la route, bougeant prudemment son guidon d’une bordure de trottoir à l’autre. C’était le mois d’août, en plein milieu d’après-midi, et pas un seul riverain n’y faisait rouler sa voiture. Felicity avait insisté pour garder son tutu et Grace s’amusait de la vue de ses deux cure-dents coincés entre deux gros rollers et son épaisse jupe de mousseline. Elle-même n’avait conservé que son strict chignon de ballerine, trop heureuse de retrouver un simple short en jean et un débardeur blanc après une douche bien fraîche. Elle portait sur son dos un sac avec leurs affaires et avait noué autour de ses fesses sa chemise à carreaux, il faisait chaud. « La route monte, Gracie ! ». La route n’aurait pu être plus plate, elle répondait à la même géographie parfaitement ennuyeuse de tout ce qu’on trouvait dans leur quartier. « Vraiment, t’es sûre ? Allez, on est bientôt arrivées, pense plutôt à la ice pop qui t'attend dans le frigo ! ». Mais la friponne avait déjà accroché ses mains sous la selle de vélo de sa grande soeur et écarté ses jambes de chaque côté de la roue arrière pour se faire tracter. Plus amusée que embêtée par la situation, la plus grande donna sans peine deux nouveaux coups de pédale avec ses flip-flops pour tirer sa nouvelle charge de quoi ? vingt-cinq kilogrammes ?

Elle accéléra un peu plus, profitant du semblant de fraîcheur que lui apportait la vitesse, en déclenchant chez sa petite soeur des cris faussement effrayés. Leur différence d’âge n’avait jamais empêché les deux soeurs Pham Le de s’entendre à merveille et, à bien des égards, Grace s’amusait plus avec elle qu’elle ne s’amusait avec Rupert. Elles tracèrent devant la maison des Diggory. Et alors que, pour une rare fois, les pensées de Grace n’étaient pas dirigées vers le mystérieux adolescent qui vivait sous le toit, une déflagration lui fit perdre le contrôle de son engin. BADABOUM ! La brunette eut trop peur de blesser sa soeur en freinant sec (alors même que celle-ci plus maligne avait déjà lâché la selle et finissait tranquillement sa course en étant accroupie). Elle tourna brusquement son guidon … tout droit dans la jolie haie fleurie !


Dernière édition par Grace Pham Le le Mar 26 Mai 2020 - 10:10, édité 1 fois
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Reginald Diggory

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MessageSujet: Re: There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE EmptySam 23 Mai 2020 - 22:51

Je suis assis au milieu de mon salon, dos à la fenêtre pour permettre au soleil de bien coloré la peau de mon dos en rouge. J’aime bien sentir cette chaleur, malgré qu’elle commence à m’étouffer un peu…Manchester est en feu cet été, à croire qu’on l’a transplanné en Espagne. J’ai mon manuel des potions bien ouvert devant moi et la langue sortie – pour m’aider à lire – je déchiffre les ingrédients et étapes nécessaires à la préparation de l’Élixir d’Euphorie. On aurait pu penser que c’était pour utilisation illégale, mais rassurez-vous, je n’oserais jamais boire un truc que je concocte, des plans pour que je me transforme en crapaud violet avec une troisième patte sur le crâne. En fait, j’ai beaucoup réfléchi lorsque j’ai reçu mes résultats d’examens trolliques et j’ai décidé de profiter de l’été pour m’auto-enseigner les potions, étant donné que c’est la seule classe que je peux pratiquer sans m’attirer les foudres du Ministère. Je pourrais bien lire et relire mes grimoires, mais je fais ça à chaque année et visiblement c’est pas une solution de champion. Pourquoi pas potionner tout le cursus de la 6e année cet été? Du génie. J’suis partie avec quelques ingrédients qui sont un peu plus difficile à trouver, comme de la peau de serpent du cap, et une motivation dans le tapis. « Menthe poivrée c’est ajouté, jus de figue aussi, trop fort Reggie » je réfléchis à voix haute avant de prendre la cuillère de bois pour remuer dans le sens des aiguilles d’une montre, sauf que je suis tellement concentré que je remarque le mot « inverse » entre sens et aiguilles et je m’exécute correctement. « T’as vu Sluggy? » Non, notre gros professeur de potion n’est pas dans mon salon – quoique si Amos y était, il pourrait bien nous visiter – par contre, le très vraiment désagréable chat de mon aîné me regarde comme si je lui avais adressé la parole. Il se sent toujours visé celui-là et je vous jure qu’il prendre plaisir à m’agacer. « Ouste Patate, c’est sérieux c’qui s’passe ici » je tente de le congédier en lui bougeant ma baguette sous le nez. Échec, il ne bouge pas d’un poil, à croire que même lui sait que j’sais pas faire grand-chose avec ce bout de bois. Joie. Je me retourne pour ramasser les épines de porc-épine, mais ça me prend un moment, car c’est assez délicat et tu veux pas t’en coincé une sous l’ongle du pouce. Je parle d’expérience évidemment. « Patate! » je crie à l’imbécile félin qui se nomme en fait Patacitrouille – mais Patate c’est plus rigolo. Ce légume racine ne daigne même pas me regardé et exécute son plan machiavélique : il plonge sa patte dans mon chaudron. ALERTE PROBLÈME. La potion n’apprécie pas cette intrusion poilue et elle se met à bouillonnée et à bouillonnée et à gronder et désespéré j’ai à peine le temps de reculer d’une fesse que la potion explosion. BANG! Je suis aspergé d’un truc vert qui pu et je regrette tout de suite de m’être laissé charmé par l’été et d’avoir délibérément omis le T-shirt. Or, je suis le chanceux des deux, car le vil chat de mon frangin part à la voler et traverse la fenêtre d’un « MIAAAWWWWWWW » à glacer le sang d’une gargouille. « PATATE » j’hurle en me disant que mon frère va me trucider, si bien sur il reste quelque partie de mon corps une fois que ma mère m’aura découpé en morceaux et que mon père m’aura fait bruler sur le buché. Ironiquement, je n’ai jamais souhaité aussi fort que cette boule de poil soit en vie. J’saute sur mes pieds et traverse l’épaisse fumée brunâtre nauséabonde pour pousser la porte et sortir à l’extérieur « PATATE » j’hurle encore comme un fou alors que je suis témoin d’une scène presqu’aussi chaotique que ma potion : une fille – dans mes âges – vient de foncer dans la haie de fleure que mon père entretient avec plus de fierté qu’il en a jamais eu pour moi alors que le dit Patate s’enfuie en passant entre les deux roues de l’engin de la tueuse de pivoines (la pauvre, joli, mais c’tun nid à fourmis ces fleurs). « T’ES FOLLE PAS LES FLEURS DE MON PÈRE » je l’attaque en accourant tout près, pris de panique par tout ce qui se passait. C’est un désastre cet après-midi, il ne restera plus rien de moi dès que les trois autres renteront du boulot.  Contre toute attente, je me surprends à arracher une pivoine et à rigoler comme un débile d’un rire qui me fait carrément peur. Eh ben, l’Élixir d’Europhorie était peut-être plus réussi que je l’eusse cru. « T’as deux fourmis sur la cuisse » je me marre comme si c’était une blague de génie, c’est sur qu’elle va partir en courant. J’dois pas avoir l’air du mec le plus fréquentable en ce moment : j’ai explosé ma mon salon, y’a une épaisse fumée brun caca qui s’échappe du trou par lequel notre chat s’est envolé, j’suis vêtu que d’un short rouge criard, recouvert d’un liquide poisseux jusque dans les cheveux, j’ai une fleur à la main et je ris comme un dérangé. Salut ma belle, moi c’est Reginald Diggory.
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MessageSujet: Re: There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE EmptyLun 25 Mai 2020 - 9:28

La roue avant en plein dans la haie, une flip flop perdue dans la mêlée, la moldue lâcha un juron en se laissant glisser de sa selle. Grace n’était pas tombée, ne s’était pas blessée. La haie fleurie par contre ! Sa farouche adversaire en extirpa son engin kamikaze pour lui donner meilleure allure, sans grande efficacité. « Tu vas avoir des problèmes … ». La solidarité entre soeurs, vous connaissez ? Felicity éclata de rire en avisant Grace tenter de redresser une fleur qui pendait tristement au bout d’une branche à moitié arrachée. « PATATE ! » s’entendit-elle alors insulter sans remarquer la boule de poils hérissés qui fila sous son vélo. L’adolescente se redressa finalement, sourcils légèrement froncés car un brin vexée, prête à s’expliquer. La première chose qu’elle remarqua fut le torse du garçon en face d’elle, il était d’un blanc éclatant (pire choix que de porter un short rouge). Mais ça aurait été mentir d’affirmer que seule sa blancheur troublait l’adolescente qui referma aussitôt sa bouche. Elle plongea à la place son regard, de manière plus indiquée, dans celui noisette de son voisin. Le torse nu était le premier, mais non le seul, des éléments distrayants du tableau et le fils Diggory raccrocha le premier les wagons. Il s’emporta devant la triste composition de la haie. En dépit de l’excentricité détonante de la famille, leur jardin faisait la jalousie du voisinage. Même Davies, la vieille veuve du quartier qui bavait tout un tas de médisance sur le compte de la famille, elle ne trouvait rien à redire quand on en arrivait à leur jardin ! Et Grace, bien naturellement, se mit à culpabiliser. Elle n’avait pas uniquement détruit une haie mais le rempart de la curieuse famille contre les calomnies du voisinage. « Oh, mince, c’est vos pivoines, évidemment ! ». Il avait fallu qu’elle tourne le guidon de son vélo dans leur royale haie, parmi toutes celles plus expendables du quartier.

Grace avait quelques fois fantasmé le contexte qui la pousserait enfin à parler à son voisin mais aucun ne se rapprochait de celui-ci. Ses rêveries romantiques tiraient plus leur inspiration dans les romans de Jane Austen que dans les sketchs des Monty Python. Reginald était maintenant à deux pieds d’elle, sa fureur ayant éclaté dans un drôle de rire. « Hop, hop, allez-vous en de là ! » chassa-t-elle les fourmis de sa cuisse du plat de la main avant de, enfin, savoir le regarder à nouveau du haut de son mètre soixante, la main en visière. « Je suis vraiment désolée pour euh l’aspect général de ta haie - c’était une façon à la fois vague et neutre de désigner le charnier de fleurs, on aurait dit une composition mortuaire s’auto-honorant ! - mais pour les fourmis, quelques cuillères de marc de café pourraient résoudre le problème » le renseigna-t-elle avec son ton accorte de vendeuse du rayon botanique. Felicity trouva alors bon de se réfugier derrière les jambes de Grace. « Bien vu Gracie, c’est les fourmis le problème ! ». La gosse de neuf ans adressait son plus beau sourire, appareil dentaire en prime, au voisin. Dur de savoir si c’était parce qu’elle l’aimait bien ou parce qu’il l’effrayait. La môme sagesse avait néanmoins marqué un excellent point. Les fourmis paraissaient en effet être un problème franchement secondaire tandis qu’une épaisse fumée brune continuait à s’échapper par le gros trou de la fenêtre. L’horrible goûter que Reginald avait dû préparer, à base de cette même mélasse hautement inflammable qu’il avait dans les cheveux, n’était-il pas en train de continuer à brûler ? La maison ne finirait-elle pas par exploser ? Grace qui était somme toute une jeune femme très terre à terre diagnostiqua finalement la soudaine euphorie de son voisin comme l’indice évident d’une terrible commotion cérébrale. « Tu veux peut-être que j’appelle les pompiers ? » proposa-t-elle avec une certaine prudence.
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MessageSujet: Re: There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE EmptySam 30 Mai 2020 - 22:36

Aujourd’hui aura été la toute dernière journée de ma triste et courte existence : mes parents et mon frère vont me tuer. Primo, Patate s’est fait la malle et ne reviendra surement jamais après avoir vécu un tel traumatisme et Amos n’acceptera jamais que son vil chat était le seul responsable de son malheur, ayant mis ses pattes là où il le fallait pas. Deuzio, j’ai éclaté la fenêtre du salon et surement niqué le divan – encore la faute de l’horrible boule de poil – mais je pratiquais quand même illégalement une potion et je crains que ma mère ne soit pas attendrie par le fait que l’intention derrière était d’arriver enfin à me dégotter des notes acceptables. Tertio…bah la haie de papa hein. Bonne chance lui dire que c’est la faute d’une moldue, il me croira jamais. Les moldus de la rue sont passés maîtres dans l’art de faire un détour pour ne pas trop s’approcher de notre maison de fous furieux. À leur défense, c’était pas le premier truc que je faisais éclaté. Je pousse un soupir et j’passe mes deux mains dans ma tignasse gommante, notant à peine comment la meuf était cool de pas s’en faire pour des fourmis.  Je lâche un autre rire incontrôlé qui reflète bien mal mon état d’esprit et j’espère bien fort que l’effet des effluves de ma potion ratée và s’estomper assez vite. « T’en veux vraiment à cette haie…leçon numéro un de botanique : ne jamais chasser les bestioles qui nourrissent les plantes, même moi j’le sait, c’est pas sorcier! »  Ou peut-être que si? Ils apprennent la botanique les moldus? Je sais plus trop si Prof Hoover nous a parlé de leurs plantes, alors je fronce les sourcils en examinant la réaction des deux filles devant moi. C’est là que je note un truc de fou. Mais de fou. Alors la mini elle a un truc dans les dents, c’est vraiment pas mignon. Est-ce que tous les gamins moldus naissaient comme ça? Peut-être que c’est comme nos dents de bébé et ça tombe avec le temps? Je détaille la dentition de la plus vieille, nada. Tout semble normal. Pourtant il me semble qu’en Étude des Moldus on a conclu que sur le plan physique et les moldus et les sorciers c’était pas mal la même chose, à par peut-être que le manque de magie les rend un brin plus fragile. « Euh… elle a un truc dans les dents » je dénonce à la plus vieille pour qu’elle s’occupe de la gamine, p’t’être qu’elle avait chopé une maladie moldue. Je me rends compte qu’elle m’avait posé une question que j’ai ignorée, trop obnubilé par le machin disgracieux qui ornait la dentition de la cadette. « Les pompeux? Dérange personne y’a pas d’feudeymon dans le lac! J’ai juste…euh… fait éclater la citrouille? » c’était plausible pas vrai? Une citrouille qui chauffe trop ça doit péter non? « je l’ai mis dans le truc là, euh, pour cuisiner, et ça d’vait être trop chaud, ça a fait BOOM! » À cet instant précis j’espérai vraiment que les moldus étaient un peu plus faible d’esprit que les sorciers et qu’elle allait gober mes conneries, mais y’avait ce truc dans son regard qui me donnait l’impression qu’elle avait la baguette assez affutée. Bombabouse. « Au fait, moi c’est Reginald » j’lui dit avec un grand sourire charmeur pour faire diversion et je lui tends la main – que j’essaie maladroitement d’essuyer sur mon torse tout aussi collant. Je note le serpent que mon père a acheter pour faire genre qu’il arrose sa haie de la même manière que ses voisins – même s’il doit pas trop comprendre comment l’utiliser – et je me penche pour le ramasser du sol. Ça s’appelle une hose selon ma rouquine de prof et suffit que de presser le truc pour actionner « tu veux bien m’arroser un peu? » Ce serait fichtrement brillant de ma part de ma dégommer un peu avant de remettre les pieds dans la maison de ma mère. Curieux, je pèse sur la gâchette…un puissant jet d’eau – bien plus puissant que les aguamenti que j’arrive à produire – s’échappe du serpent et frappe de plein fouet la tueuse de fleurs. « Merde »
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MessageSujet: Re: There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE There is no alternative, comme dirait l'autre | REGGIE EmptyAujourd'hui à 13:06

Les Diggory avaient le plus beau gazon du quartier, tout au contraire des Pham Le. Au milieu de leur parterre de mauvaises herbes, était planté un vulgaire toboggan en plastique brûlant sous le soleil. Cela dénotait, encore mieux que l’air de Grace tandis que Reginald faisait la promotion des fourmis, leur profond désintérêt pour la botanique. Son éducation la poussait en effet à acquiescer poliment. « Mmh ». Vivre dans un appartement à Londres dont les plantes se trouvaient uniquement entretenues par la femme de ménage, ça ne leur avait pas donné la main verte. Les choses changeraient peut-être. Mais ce ne fut pas pour jeter un coup d’oeil à leur triste terrain vague que Reginald se désintéressa finalement à sa haie. Le garçon qui fixait bizarrement sa petite soeur eut à son sujet un commentaire qui termina de la faire se cacher derrière ses jambes. Felicity était assez complexée par son appareil dentaire, comme on pouvait s’y attendre à la vue de ses neuf ans d'expérience de la vie. La gamine ne s’était pas laissée persuader par leur père du style des petits élastiques roses fluo qu’il avait glissés autour de ses bagues. « Ce n’est pas très gentil ». Grace défendit naturellement sa petite soeur, bras farouchement croisés, avec un regard plus déception que colère à l’encontre de son interlocuteur. Mais en même temps, est-ce que ce n’était pas un peu Fitzwilliam Darcy comme réplique ?

La fumée qui s’échappait par la fenêtre était moins épaisse, le combustible avait sans doute cessé de brûler. Grace se laissa ainsi convaincre de ne pas appeler les pompiers (il avait dit pompeux ?), les ambulanciers par contre ... « Une citrouille au mois de juillet ? ». Cette manière très moldue de refuser de voir la magie et de s’étonner à la place des éléments les plus futiles. Elle décida de lui laisser une toute nouvelle chance au moment où il se présenta. Malgré toutes les étrangetés qui l’entouraient (et qu’il constituait lui-même), Grace ne pouvait s’empêcher de trouver à Reginald l’air gentil. Il lui plaisait bien, tout simplement, sans qu’elle ne puisse autrement se l’expliquer. « Si jamais tu meurs de faim, on a des glaces à la maison, c’est celle avec le jardin … qui ressemble à rien … du coup » pointa-t-elle du pouce, derrière son épaule, sa maison vers laquelle la petite en tutu s’enfuyait rapide comme l'éclair sur ses rollers. Le mot glace avait apparemment suffi à lui faire oublier sa vexation. La conversation entre les adolescents se trouvait, pour elle, bien ennuyeuse. C’était au contraire avec un regard pétillant que l’aînée répondait au sourire charmeur de son voisin (dont elle savait déjà le prénom, avec sa curieuse oreille qui traînait …). Elle n’était pas certaine de la main à serrer (quoi que celle qu’il essuyait nonchalamment sur son torse lui sembla un choix plus intéressant que celle qui ramassait le jet d’eau) et se pencha un peu vers lui pour lui tendre la sienne et se présenter à son tour. « Grace, enchan … » SPLASH ! Son débardeur blanc, plus si propre et sec après sa course en vélo sous la canicule, se trouva complétement aspergé. Elle bondit trop tard en arrière et se débarrassa au moins de la dernière flip flop qui pendait entre ses deux orteils. Plutôt que de hurler (comme elle l’avait fait quelques jours auparavant contre son grand frère), elle explosa de rire. « Tu serais pas un peu maladroit par hasard ? ». La citrouille n’avait assurément pas péri de combustion instantanée, aussi inappropriée puisse-t-elle être à leur saison. Elle s’empara enfin du tuyau d'arrosage, plutôt que de sa main qu’elle ne pensait plus à serrer, et l’aspergea sans prévenir d’une gerbe d’eau bien fraîche sur le visage. « C’est toi qui m’a demandée, alors … ». Sa justification aurait sans doute paru plus légitime s’il n’avait pas été aussi évident qu’elle se retenait de rire devant sa tête toute dégoulinante (quoi que non plus de mélasse).
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