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Galère après galère [flashback/Athos]

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Carina E. Hodgens

Carina E. Hodgens


NEUTRE
Le silence est une opinion.

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MessageSujet: Galère après galère [flashback/Athos] Galère après galère [flashback/Athos] EmptyMar 2 Juin - 13:37

Octobre 1973
Carina connaissait bien le propriétaire moldu de la ferme dans laquelle elle habitait. Ou plus exactement elle connaissait ses enfants. Ce qui lui avait permis de négocier un prix d'amis durant les vacances d'été. Elle avait trimé pendant plus de deux ans pour avoir un petit pécule et obtenir une certaine forme d'indépendance. Elle habitait dans la maison depuis quelques semaines seulement et il y avait encore quelques cartons ici et là. Pour ne pas faire tâche dans le paysage, elle recourrait le moins possible à la magie et emménageait comme une moldue. Elle n'osait pas vraiment le dire... mais elle était épuisée. Il fallait monter et descendre les escaliers plusieurs fois dans la journée. Fort heureusement, elle commençait à en voir le bout. Il ne restait plus grand-chose à ranger. A son grand étonnement, des voisins s'étaient proposés pour l'aider à emménager - elle soupçonnait ses amis d'être intervenus en sa faveur. Ils étaient venus sans prévenir le week-end dernier pour déplacer les meubles et même s'assurer que l'installation des canalisations tenait convenablement. Après cela, en remerciement, elle leur avait proposé une citronnade et ils lui avaient promis de revenir très prochainement. Et ils avaient tenus parole. Certains soirs, elle avait reçu des invité(e)s qui lui avaient proposés du matériel et même des livres pour l'accueillir dans le petit village.

C'était le week-end avant les vacances d'octobre. Cela signifiait une courte pause dans sa dernière année d'étude pour devenir médicomage. Elle avait négocié avec son employeur - elle travaillait toute l'année et les vacances aussi dans la même boite - pour obtenir son samedi et son dimanche contre cinq jours de travail. Ce qui l'arrangeait bien. Tout ce qui manquait à cette maison ? Sa nièce dont ses horribles parents avaient la garde. Oh bien sûr, ils avaient usé d’innombrables excuses pour avoir l'enfant chez eux : la jeunesse de Carina, son inexpérience - parce qu'il ne faisait aucun doute que tout futur parent avait de l'expérience n'est-ce pas ? - l'année durant laquelle elle avait disparu. Rien n'avait vraiment joué en sa faveur, elle le reconnaissait sans mal. Mais depuis, elle construisait sa vie. Elle étudiait pour devenir médicomage, travaillait dur dans un établissement sorcier pour obtenir un salaire correct et maintenant elle avait un logement, largement plus grand que le studio minable dans lequel elle avait vécu pendant les deux dernières années pour économiser au maximum. Elle vivait certes au milieu de moldus, mais comme tant d'autres sorciers, et savait se faire discrète. De plus, elle avait un petit ami qu'elle aimait beaucoup. Non vraiment, la vie lui souriait. Il lui manquait seulement sa nièce. Mais loin de se plaindre, elle continuait à se battre en rendant sa vie la plus stable possible.

Elle se trouvait dans sa cuisine à préparer son thé lorsqu'elle entendit le bruit de la machine à laver provenant d'une pièce à côté. “ Oui, oui, j'arrive. ” Elle posa la théière sur un sous de plat sur la table et se dirigea à petite enjambée vers la buanderie. Elle ouvrit la machine et en sortit les draps pour les mettre dans la bassine et attrapa des épingles à linge. Il faisait encore assez beau pour les étendre dehors - même s'il fallait attendre plus longtemps qu'en plein été  - mais il suffisait d'un coup de vent pour que le drap s'envole. Et la rouquine ne pouvait pas tolérer cela et ce même s'il suffisait d'un coup de baguette pour récupérer son linge. Elle traversa le couloir vers la porte d'entrée principale et nota la présence d'un carton au coin d'un meuble. Quand elle aurait fini de tout ranger, elle songeait sérieusement à inviter Phoebus ici et des amis aussi. Quand elle ouvrit la porte, quelqu'un l'attendait sur le paillasson - un truc bien moche disant "welcome" qu'un voisin lui avait refilé par charité certainement. “ Athos ?   ” S'étonna t-elle de le voir là. Elle en aurait presque sursauté tellement elle ne s'y attendait pas.

Elle croyait recevoir la venue d'un énième voisin lui apportant quelque chose, un plat ou lui informant d'une fête pour Halloween, mais certainement pas celle du jeune sorcier. Elle remarqua très rapidement la valise et le sac qu'il portait sur ses épaules. Quelque chose clochait. Et il valait mieux de ne pas rester sur le seuil de la porte. “ Viens, entre, ne restons pas là.  ” Elle se mit sur le côté pour lui permettre de se glisser à l'intérieur. Elle referma la porte et déposa la bassine sur le banc dans le hall d'entrée. “ La salle à manger c'est la porte sur la droite.  ” Le couloir n'était pas particulièrement long pour dire la vérité, mais suffisamment pour s'y perdre sans indication.  “ Est-ce que tu veux du thé ?  ” Elle ne le laissa pas répondre et se dirigea directement vers la cuisine pour récupérer des tasses, la fameuse théière, du sucre et du lait. Elle avait décidé de lui laisser quelques minutes de calme avant de l'asséner de questions... Car elle avait bien le droit à une explication. Mais elle avait bien une petite idée qui se formait déjà dans son esprit. Quand elle arriva dans la pièce avec son plateau, elle s'efforça de ne pas l'interroger de suite. “ N'hésite pas à t'installer. 
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MessageSujet: Re: Galère après galère [flashback/Athos] Galère après galère [flashback/Athos] EmptyJeu 11 Juin - 22:47

Un pas après l’autre. Ça, c’était quelque chose de facile à faire. Un geste mécanique, que le corps contrôlait sans même y penser. Pourtant, l’esprit du jeune sorcier se focalisait dessus presque comme si sa vie en dépendait. Ses bottines souillées par le temps et les épreuves étaient désormais toutes crottées par la boue, la pluie, l’herbe et autres taches typiques de la campagne. La ville lui manquait terriblement, et cela ne faisait pourtant qu’une semaine à peine qu’il l’avait quittée. Mais voilà, ça n’était pas un choix, et tout le problème était bien là. Malgré ses efforts donc pour se concentrer sur ses godasses dégueulasses, l’esprit d’Athos ne put s’empêcher de dériver un peu.

Le visage de Crook quand il avait saisi le portoloin était encore gravé dans sa mémoire. Le fait qu’il ne veuille pas le suivre était… logique. Mais son coeur avait encore aujourd’hui un peu de mal à s’en remettre. À nouveau il avait du fuir une vie qu’il pensait maîtriser, et à nouveau une figure paternelle l’avait laissé tomber. Oh bien sûr, depuis qu’il était dans le milieu du banditisme, le jeune homme savait que rien de tout cela n’était stable. Que du jour au lendemain, tout pouvait vaciller. Il en avait eu la preuve bien des années auparavant. Et puis, ça n’était pas la première fois qu’il avait une embrouille avec un gang, loin de là. Mais c’était peut-être bien la première fois que sa tête était mise à prix, du moins, qu’on proférait de nombreuses menaces de mort à son encontre. Le vent avait tourné, Athos avait merdé avec les mauvaises personnes et il en payait désormais le prix. Décider de fuir s’était fait rapidement, sans même qu’il n’en mesure les impacts. Son mentor l’avait aidé à quitter la ville sans laisser de traces, et Athos s’était donc retrouvé seul, en pleine campagne anglaise, avec sa valise, son sac à dos, et ses chaussures usées.

Tout cela avait un goût bien amer. Même s’il était désormais libre, du moins en apparence, il ressentait tout le contraire. Exilé, emprisonné à l’extérieur de la ville qu’il aimait tant, il se sentait comme un étranger dans son propre pays. Le monde entier s’ouvrait à lui et pourtant, il n’y avait qu’un seul endroit où il désirait être. Mais cela aurait été bien mal connaître Athos que de l’imaginer s’apitoyer. Alors, il avait marché. Pas transplané non, marché, de ville en ville, d’auberges en hôtels, essayant de remettre de l’ordre dans ses idées et de trouver un plan pour la suite de sa vie. Car au fond de lui, il savait qu’il n’était pas prêt de remettre un pied à Londres, et cette pensée lui brisait le coeur. Gallions, mornilles et noises s’amenuisaient petit à petit alors qu’il se rationnait pourtant, lui rappelant un douloureux épisode de sa vie qui s’était heureusement bien terminé, autour d’un plat de pâtes. Mais aujourd’hui, il était plus vieux, plus endurci, bien formé aux épreuves de la vie. Il lui fallait trouver un nouvel objectif pour retomber sur ses pattes, comme le fléreur de gouttière qu’il était depuis maintenant 3 ans.

Petit à petit, sa tête s’était mise à penser à Paris. Voilà une destination qui lui semblait tout à fait à sa portée, et il pouvait y voyager sans se ruiner. Pas de doute que là-bas, ses talents sauraient se révéler utiles. Il avait même un contact sur place, une vieille connaissance qui pourrait peut-être le remettre un peu à flot en attendant qu’il trouve une meilleure idée. Alors, il avait cherché une ville assez grande, où un portoloin illégal ne serait pas trop compliqué à trouver. Bristol. Ce nom lui disait quelque chose. Sa mémoire mit un petit temps à retrouver, avant qu’il ne songe à fouiller dans quelques lettres qu’il avait emportées avec lui, à peu près les seuls souvenirs personnels d’ailleurs qui se trouvaient en vrac au milieu de ses vêtements. Carina. Carina était dans le coin. Ne serait-ce pas le moment rêvé d’aller rendre visite à sa vieille copine, qu’il n’avait pas vue depuis une éternité ?

Au fil des indications des moldus alentours, Athos avait fini par trouver son chez-elle, dans un coin véritablement paumé qui avait mis ses chaussures à rudes épreuves. Ses plantes de pied le brûlaient à force, mais cette douleur là l’empêchait de penser à celle qui lui creusait le bide. Une fois devant la porte du charmant petit cottage, Athos hésita à rebrousser chemin. Était-il en état ? Avait-il envie de bavarder, de sociabiliser, alors que toutes les relations ou presque qu’il nouait étaient décevantes, en permanence ? À part Shannon, évidemment. D’ailleurs, il faudrait songer à lui écrire pour lui expliquer cette situation floue. Et Athos en était là de ses pensées, à hésiter, quand la porte s’ouvrit tout à coup, laissant apparaître le visage surprise de la jolie rousse. « Salut Carina. J’espère que je ne te dérange pas… » commença-t-il poliment. Un instant, il se demanda quelle image il renvoyait, posté ainsi sur un paillasson vilain avec un look déguingandé, une valise à la main, un sac à dos planté sur son corps fatigué. Est-ce qu’il allait passer pour un squatteur ? Oh non, c’était bien là une chose qu’il voulait à tout prix éviter. Faire pitié. Jamais, jamais, jamais.

La jeune femme l’invita à entrer, et il nettoya ses chaussures d’un coup de baguette pour éviter de salir son intérieur. Il la suivit docilement, écoutant ses indications pour se planter au milieu de la salle à manger, sa valise toujours dans sa main transie de froid. « Oui, c’est gentil merci. » répondit-il à sa demande de boisson chaude. Athos n’aimait pas tant le thé, mais déjà, il était poli. Et puis, il accepterait n’importe quoi qui pourrait réchauffer à cet instant précis son corps, mais aussi un peu son coeur. Son regard se promenant sur le charmant intérieur, Athos eut un pincement  en songeant à son appartement miteux qui lui manquait un peu. Quand elle revint avec son adorable plateau, il était toujours debout, comme un con, incapable de bouger vraiment. Et puis, elle lui parla de s’installer. Un peu gêné, il laissa tomber la valise, déposa son sac et posa ses fesses sur la chaise la plus proche, sans retirer son blouson d’aviateur. « J’étais dans le coin, alors je me suis dit, pourquoi pas passer ? » commença-t-il, conscient que son arrivée imprévue pouvait déstabiliser un peu la jeune femme. « Et puis, te voir dans ton rôle de fermière, c’était quelque chose que je ne pouvais décemment pas rater. » termina-t-il avec un sourire las. Carina et lui partageaient une détestation viscérale pour leur famille, et un avenir post-Poudlard totalement en désaccord avec ces mêmes principes familiaux. Il était amusant de voir à quel point l’un et l’autre avaient choisi des chemins différents. L'une fermière, l'autre voyou exilé. Mais ça, elle n'en savait encore rien.
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Carina E. Hodgens

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MessageSujet: Re: Galère après galère [flashback/Athos] Galère après galère [flashback/Athos] EmptyMer 1 Juil - 19:17

Recevoir des invités n'avait jamais été un problème pour la rouquine... lorsqu'ils étaient annoncés. Les dernières semaines avaient été assez difficiles. Des moldus inconnus avaient toqué à sa porte pour l'aider. Les deux qu'elle avait le plus de mal à accepter combiner en une seule action : des âmes charitables débarquant devant sa porte. Alors quand Athos parvint jusqu'à chez elle, habillé comme un baroudeur, elle n'était plus à ça près. Mais l'apparence de ce dernier était inquiétante et menait à des questions qu'elle finirait par formuler à un moment ou l'autre lorsque la surprise serait passée.  “Non, non, tu ne me dérange pas.” Sa lessive pouvait bien attendre quelques minutes voire heures - au besoin - de plus. Ses vêtements n'allaient pas disparaître. Elle l'invita à entrer et le guida à travers les couloirs jusqu'au salon.

Le thé avait été la première chose qui lui était passée par l'esprit quand elle se rendit compte qu'il semblait tout à fait frigorifié. Les jours et les nuits commençaient effectivement à se refroidir. L'automne était bien installé, sa saison préférée pour ainsi dire. Les feuilles prenaient des teintes rougeâtres et orangées comme pour annoncer la fin d'une ère, des grandes chaleurs. Tout en déposant le plateau sur la table, elle écouta ce que Athos pouvait bien lui dire. Elle ne pompa pas un mot, choisissant de le croire pour le moment. Si elle avait toujours été douée pour cacher des secrets, elle n'était pas toujours très douée pour lire entre les lignes, même si elle devait avouer que cette excuse était assez faiblarde. Toujours silencieuse, elle versa le liquide dans les deux récipients. “Malheureusement, je n'ai pas le costume qui va avec mon rôle de fermière.” Rit-elle doucement en s'installant finalement sur la chaise en face de lui. “Du sucre ?” Demanda-t-elle en lui montrant le sucrier. Si ses parents voyaient sa maison, sa ferme de manière générale, ils en feraient une crise. Ils devaient certainement râler entre eux. Et elle s'en fichait royalement. Ils pouvaient bien la mépriser autant qu'ils le souhaitaient. Elle avait choisi de ne plus prendre en compte leur opinion depuis sa sortie de Poudlard. “Il me manque les bottes en caoutchouc et le tablier bien évidemment pour que le tableau soit complet.

Carina avait vécu des années, toute son enfance en ville, à Londres, mais elle était dans le cœur une véritable campagnarde. Elle n'aimait pas le bruit des cris, des pots d'échappement ou l'odeur nauséabonde qui s'échappait des égouts quelques fois. Elle ne portait pas les trains dans son cœur non plus. Et pour rien au monde, elle ne quitterait à nouveau les champs à perte de vue et les vastes espaces pour s'entasser dans un lieu comme la capitale britannique. Puis en tant que sorcière, elle possédait un avantage considérable sur ses voisins non magiques. Il lui suffisait de remuer sa baguette pour se déplacer en quelques secondes et se retrouver dans la ville voisine. Elle pouvait lier sa cheminée au réseau pour voyager entre sa maison et l'école supérieure magique. Tout aussi pratique, les porteloins existaient... Ces réflexions la menèrent à penser à nouveau aux fréquentes visites de ses voisins. “Les moldus sont très sympathiques par ici. Le paillasson devant ma porte vient d'un voisin. Mon réfrigérateur est rempli de petits plats qu'ils ont préparé à mon intention. Je n'ai pas à me plaindre.” Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de tiquer à cet élan de gentillesse. Peut-être devrait-elle s'y habituer et accepter d'être aidée.

Carina haussa alors un sourire quand elle se rappela la tonne de nourriture qui se trouvait dans sa cuisine. “Ah mais oui...” Murmura-t-elle oubliant presque qu'elle était en pleine conversation avec quelqu'un. La sorcière avait quelques défauts sur lesquels elle devait travailler... Parler toute seule en était définitivement un. Des paroles qui n'avaient pas toujours de sens par-dessus le marché. “Est-ce que tu as faim ? J'ai une tarte aux pommes dans le frigo si tu veux.” Ou autre chose qu'elle avait oublié. Elle n'était pas gourmande et ne mangeait pas beaucoup. Son alimentation se composait essentiellement de légumes, d’œufs et parfois d'un peu de viande. Les sucreries et autres pâtisseries n'avaient pas vraiment sa place dans son quotidien. Elle n'achetait que des bonbons pour Halloween, une célébration qui approchait à grand pas. “Si tu n'en veux pas, je crois que je serais forcée de la jeter à la poubelle.” Du chantage ? Pas vraiment. Mais elle pensait qu'il était important de le prévenir. Puis si cela le convainquait d'accepter et de se nourrir, c'était une petite victoire. Elle n'était pas dupe. Athos n'était pas vraiment au sommet de sa forme.    
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