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Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS

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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyJeu 4 Juin 2020 - 2:13

Il faisait étonnamment beau au Royaume-Uni ce jour-là. Étonnamment beau. Le soleil se couchait déjà, le ciel avait pris cette étrange mais nostalgique teinte dorée dont la luminosité s'amenuisait lentement mais sûrement en même temps que le déclin du soleil. Razvan était adossé à un pilier de la gare, les mains dans les poches. Il était juste en face de l'horloge. Le train avait vraisemblablement du retard, et il attendait quelqu'un. Il n'était même pas certain de savoir comment il se sentait. Soulagé ? Impatient ? Craintif peut-être ?
Le roumain était conscient qu'il n'était plus tel qu'il était lorsqu'il était parti de Roumanie. Neolina l'avait connu à une époque où l'homme qu'il était était plus apaisé, et paisible. Maintenant, il avait cet air dans le regard d'animal traqué qui ne sait où se mettre pour se protéger, lui-même et sa fille. Il avait changé, sans doute en mal. Les remords qui lui dévoraient le coeur, il ne les avait pas en Roumanie. Là-bas, sa vie avait été apaisée. Ici, sa vie était pressante, angoissante, pesante. Et cela se voyait autant que cela se sentait. S'il avait toujours été un homme au tempérament silencieux, cela s'était gravement aggravé depuis qu'il était à Londres. Et qu'est-ce qu'elle dirait de tout cela ? Est-ce que cela avait simplement de l'importance, de toute manière ? Sans doute que le fait qu'elle l'ait connu enfant y jouait dans cette étrange impression qu'il avait de pouvoir décevoir ce qu'elle s'attendait à voir. Les traits de Razvan avaient vieilli en six ans. Son regard s'était obscurcit, et ses tempes prenaient lentement mais sûrement une teinte de plus en plus poivre et sel. Finalement, il sortit un cigare et l'alluma pensivement avec une allumette pour le coincer entre ses lèvres.

Pour sa part, il ne savait pas franchement comment elle pouvait être. Il ne savait pas ce qu'elle avait vécu à Moscou, sinon ce qu'elle avait daigné lui raconter. Une partie de lui se doutait qu'il y aurait le même décalage entre les lettres et la réalité que pour lui. Mais peut-être qu'au fond, il espérait qu'elle soit toujours pareille que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, lorsqu'elle avait quitté la Roumanie pour aller chez le grand frère russe. Il expira sa fumée plus violemment que prévu. Il était partit à cause d'eux. A cause de ce qu'ils défendaient. C'était ironique qu'une des plus vieilles personnes qu'il connaisse, et une de celles qu'il appréciait le plus, revienne de ce pays-là... Mais elle n'y pouvait rien, et lui n'y pouvait rien, et beaucoup d'autres personnes n'y pouvaient rien non plus. Tout ce qu'il avait vécu après sa fuite de Roumanie, il l'avait vécu parce qu'il avait fait les mauvais choix, et il ne pourrait les imputer à personne d'autre que lui-même. Razvan était ravagé par un mal du pays qu'il traînait depuis quatre ans. Et les jours qui passaient, tout comme les mois, n'y changeaient foutre rien. Rien du tout. Il entendit finalement le bruit du train qui entre en gare, il tira encore sur son cigare sans bouger d'un pouce, en fixant l'horloge.
Il était vingt-heures dix-sept.


(520)

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyJeu 4 Juin 2020 - 3:11

Les paysages se faisaient de plus en plus familiers alors que le train quittait doucement la campagne pour s’engouffrer dans le coeur de la ville. Dans son petit imperméable bleu ciel, Neolina avait presque hâte de retrouver la pluie si caractéristique de Londres. Mais plus la capitale approchait, et plus le temps s’éclaircissait, comme si la ville lui sortait ses plus beaux atouts pour lui souhaiter à nouveau la bienvenue. Perdue dans sa contemplation, elle ne prêtait même pas attention aux autres passagers, qui étaient de toute façon bien trop occupés à papouiller Gabi. Le petit Croup s’en faisait une vraie joie, laissant sa maîtresse à ses rêves nostalgiques. Son année passée en Angleterre lui avait bien plu, et retourner au pays lui avait fait un peu de peine, vite effacée par les retrouvailles avec sa famille. Mais cette fois, personne ne l’attendait vraiment. Comme lorsqu’elle était partie à Moscou il y avait de ça six ans, pour se reconstruire un semblant de vie sur les cendres de la précédente.

Bien sûr, il y avait les connaissances de l’époque, il y avait de ça… Dix, douze, quinze… Seize ans. Oui, seize ans. Il s’en était passé des choses depuis. Des choses douces, d’autres qui tordaient un peu le ventre, mais globalement, la vie avait suivi son cours peu tranquille. Comme la Tamise. Tiens, elle avait envie d’y faire un tour. Et puis, il y avait aussi un vieil ami, que les coïncidences remettaient tout à coup sur son chemin. Razvan et elle avaient maintenu une correspondance régulière ces dernières années, faites de gentils mots et de mensonges par omission, car il y a des choses qu’on a pas forcément envie de dire par écrit. Lire les lettres de son ami d’enfance agrandissait toujours son sourire, et elle y répondait toujours avec cette même joie. Il faudrait qu’elle aille le voir vite. L’impatience de cette nouvelle existence se lisait dans son regard qui défilait en même temps que les briques derrière la vitre. Gabi ronchonna, signe que ses amis éphémères avaient quitté le wagon à l’approche du terminus. Sifflant la bête qui lui obéissait au doigt et à l’oeil, elle attrapa la jolie valise en cuir que sa soeur lui avait offerte, dans laquelle elle avait casé toute sa vie, et laissa poliment passer le flux de voyageurs qui se hâtait dans le couloir.

Quand enfin elle se fraya un chemin jusqu’à la plus proche porte, la dernière évidemment car sa politesse légendaire avait retardé sa descente, l’air de Londres lui sembla étrangement familier. Une marche après l’autre, elle fit le plus attention du monde à chacun de ses pas pour éviter que le premier pied qu’elle ne pose en Angleterre ne soit plus tenu que par une cheville foulée. Les voyageurs se faisaient déjà rares sur le quai, tous pressés par la vie, les obligations, le temps et le reste. Son regard ne cherchait personne et pourtant, trouva quelqu’un. Elle qui pensait que son sourire ne pouvait pas être plus grand fut surprise de voir que c’était possible. « Mais… » Posé contre un mur avec nonchalance, un cigare à la main, Razvan l’attendait. Était venue la chercher. Sans prévenir. Cette surprise fit bondir son petit coeur comme un kangourou, et elle trottina jusqu’à lui du plus vite que sa tenue lui permettait. Lâchant sa valise à 1 mètre du roumain - Gabi se posta à côté du bagage, le gardant comme si sa vie en dépendait - elle se précipita sur lui et lui offrit une étreinte spontanée, oubliant par là même que son vieil ami n’était pas aussi tactile qu’elle. Mais peu importait, son bonheur avait besoin de s’exprimer, oubliant la réserve et les souvenirs douloureux qui les liaient tous les deux. Machinalement, sa voix choisit les mots de leur pays natal pour s’adresser à lui. « Je suis si heureuse de te voir, si tu savais ! »

Une fois remise de ses émotions, elle se détacha de lui et se posta à une distance plus correcte  avant de dévisager cet homme qui avait, il fallait l’admettre, changé. Les épreuves qu’il avait vécues pouvait expliquer cela évidemment. Elle ne pouvait que comprendre. « C’est le plus bel accueil dont je pouvais rêver, c’est… » Vraiment, cette surprise lui ajoutait un tel baume au coeur qu’elle n’en trouva pas ses mots. C’était plutôt rare chez elle. Il fallait dire qu’elle avait toujours eu une affection particulière pour ce garçon de Sibiu avec qui elle avait grandi. Et le retrouver, ici, à Londres, c’était comme si la vie donnait une nouvelle chance à cette belle amitié qui pourtant, ne s’était jamais éteinte. Elle eut envie de lui dire tellement de choses, mais les mots seraient sortis dans n’importe quel ordre, alors elle se contenta de pencher légèrement la tête avant de le taquiner. « Tu as oublié la petite pancarte, mais ça va, je t'ai reconnu. » dit-elle avec un air faussement sérieux avant de rire doucement.
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyJeu 4 Juin 2020 - 3:42

Razvan était venu finalement, un peu spontanément. Il ne lui avait pas dit qu'il allait venir la rejoindre. Il était fort probable, toutefois, qu'une partie de lui redoute les retrouvailles et déserte s'il la croisait du regard. Peut-être même s'agissait-il, au fond, d'une vaine tentative pour se convaincre qu'il avait abandonné des choses en Roumanie et qu'elle en faisait partie. Qu'il était dur pour lui, à cet instant, de savoir comment il se sentait réellement. Les effluves de fumée  ne l'aidaient pas à comprendre mieux. Son regard vide était posé sur l'horloge dont la trotteuse avançait joyeusement. Il tirait sur son cigare de plus en plus fréquemment à mesure que le temps passait. Et enfin, un train entra en gare.

Son regard se détacha enfin de l'horloge pour le suivre du regard, jusqu'à l'arrêt. Du monde en descendit bien rapidement et il ne bougea pas d'un pouce lorsque, presque naturellement, son regard tomba sur elle et son imperméable bleu. Un sourire un peu vanné s'étira vaguement sur ses traits. Ça ne l'étonnait pas, qu'elle était un imperméable bleu. Pour autant, il ne s'avança pas vers elle, bien au contraire. Ses pieds restaient ancrés dans le sol comme si ce n'était-là que leur seule place pour la journée. Razvan fit tomber sa cendre au sol, alors qu'elle le remarquait. Toujours sans bouger, il la regarda trottiner dans sa direction avec son croup qui l'accompagnait toujours. Malgré lui, sans doute, il avait affiché sur le visage un fin sourire satisfait. Neolina et lui se connaissaient depuis des décennies, une trentaine d'années, facilement. Ses plus lointains souvenirs remontaient à la Roumanie et la jeune femme y était tout le temps. Il n'avait pas souvenir de s'être déjà disputé avec elle, ou d'avoir, d'une certaine manière brisé leur relation à n'importe quel moment. De toutes les personnes qu'il connaissait, c'était probablement avec elle et elle seule, qu'il avait la relation la plus constante. Aussi, lorsqu'elle le prit dans ses bras, Razvan ne ressentit pas d'autre besoin que celui, étrangement de refermer ses bras sur elle. L'étreinte était brève, mais six années sans se voir, c'était long. Surtout pour des gens qui se connaissaient depuis l'enfance.
Lorsqu'elle le lâcha pour retrouver une distance qu'il préférait lui-même de façon générale, il en profita pour la détailler davantage. Neolina avait, tout comme lui sans doute, changé. Mais pas forcément pour le pire semblait-il. Elle avait toujours cet inexplicable enthousiasme qu'il ne s'était jamais expliqué. Et ce grand sourire ravi. « Je n'avais pas forcément prévu de venir à la base mais je me suis dis que c'était quand même déprimant de débarquer dans un pays où personne ne nous attend » lui répondit-il gentiment avant de s'esclaffer à la remarque sur la pancarte. Il hocha la tête en tirant sur son cigare : « J'ai complètement oublié d'acheter un ballon en route, quelle épouvantable tragédie ». Razvan sourit encore. Ce n'était bien entendu pas son style, de débarquer avec une pancarte ou un ballon et elle le savait bien. Neolina le connaissait depuis assez longtemps comme ça.

Il y avait des amis avec lesquels la relation demeurait constante, en cela que les retrouvailles, même après plusieurs années sans se voir, n'étaient même pas bizarres. C'était comme cela qu'il percevait le regard de la roumaine et son sourire. Rien n'avait vraiment changé, au fond. Ils étaient toujours deux gosses perdus dans une ville roumaine de Transylvanie. « Je vois que tu n'as pas oublié ton croup » lui fit-il remarquer d'un ton amusé, sans ajouter, néanmoins, qu'elle oublierait plutôt sa valise que son animal de compagnie. La fraîcheur de la trentenaire était révoltante pour un homme qui passait son temps à regarder à travers les vitres de son passé. Elle faisait, étonnamment partie non seulement de son passé mais également de son présent, sans qu'il ne soit réellement capable à ce stade de déterminer si elle fera partie de son futur également.


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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyJeu 4 Juin 2020 - 12:47

Se retrouver ainsi dans les bras de celui qui, à une époque lointaine, lui arrivait à l’épaule lui fit un bien fou. Ce n’était pourtant pas dans les habitudes de leur relation de partager de telles étreintes. Ils les avaient réservées pour de rares et intenses occasions. Le diplôme de médicomage du jeune homme. Son mariage. Leurs mariages, d'ailleurs. Son départ pour Moscou. Et aussi, une étreinte silencieuse tandis que dans la pièce d’à côté, Mihaela pleurait déjà son arrivée dans le monde, amputée d’une maman. Neolina et Razvan avaient finalement toujours été là dans les moments importants de la vie de l'autre, comme les jalons invisibles de leur relation. Ces retrouvailles valaient bien un câlin, pensa-t’elle. Non pas qu’elle en ait besoin. Mais les plus belles choses étaient parfois celles qu’on attendait pas. Comme un visage ami sur le quai d’une gare.

Ainsi donc, l’insaisissable Razvan avait été lui-même surpris par sa propre surprise ? Ça n’était pas vraiment étonnant, et cela ne fit que l’émouvoir un peu plus d’un tel geste. Leurs visions de la vie différaient complètement, elle le sentit dès sa première phrase. Débarquer seule dans une grande ville n’était pas déprimant pour elle, mais plutôt signe d’une nouvelle page qui s’écrivait doucement. Mais Razvan n’avait jamais été un grand optimiste, de base. Les dernières années n’avaient pas aidé à lui faire voir les choses du bon côté, et son regard sombre semblait plus changé que tout le reste. Il était guérisseur dans un pays en guerre. Il était père célibataire. Il était seul, terriblement seul, seul au point de n’avoir rien d’autre à faire un soir de semaine que de chercher une vieille amie sur un quai enfumé. Merlin seul savait quels autres secrets se cachaient derrière ces pupilles ombragées.

Mais, et cela lui fit plaisir, Neolina était parvenue à le faire rire avec sa remarque digne d’un cliché Hollywoodien. Entendre ce rire répondre au sien la replongea quelques années en arrière, quand l'insouciance guidait leurs vies. Le sens de l’humour du trentenaire n’avait fort heureusement pas disparu. Cet air pince-sans-rire qu’il arborait quand il plaisantait avait toujours un peu fait son charme et était finalement très adapté à la culture anglaise. Si des gens avaient la chance d’être amis avec lui, ils devaient se régaler de ces petites phrases, un peu rares, mais d’autant plus précieuses, qu’il balançait sans crier gare avec l’air le plus sérieux du monde. Neolina ne put s’empêcher d’imaginer Razvan, une moue renfrognée, tenant un petit ballon rose orné d’un ridicule Welcome et bousculé par tous les voyageurs pressés. Elle pouffa malgré elle, sans méchanceté aucune. Son imagination était parfois trop fertile. « Tu es pardonné. Avec la chance que j’ai, j’aurais pu m’envoler ! » D’un simple coup de vent, ma fille… La voix de sa mère raisonnait souvent dans sa tête, tant elle lui manquait.

Le grand roumain fit finalement mention de son adorable boule de poils, et Neolina se tourna  légèrement pour apercevoir Gabi qui se tenait toujours à côté de la valise plus grande que lui, au garde-à-vous. Une lueur de fierté brilla dans les yeux de la jeune femme, comme à chaque fois qu’elle les posait sur son Croup. « Même si j’avais voulu, il aurait réussi à se glisser dans ma valise. » Il l’avait déjà fait d’ailleurs, une fois. Gabi était en effet un véritable pot de colle, même s’il se mettait parfois à être farouchement indépendant quand sa maîtresse requérait un peu de câlins. Il fallait que ça vienne de lui, vous comprenez ? « Quand il aura terminé sa mission de chien de garde, il est fort possible qu’il te fasse une attaque de mignonnerie. Désolée, c’est comme les enfants, moins on les aime et plus ils vous adorent ! » Neolina se souvenait que Razvan n’était pas spécialement fan des créatures, magiques ou non. Le fléreur familial que possédait les Siankov lui avait d’ailleurs flanqué une belle trouille plus d’une fois lorsqu’il était haut comme trois pommes. Elle ferait de son mieux pour tempérer les ardeurs de la bête, mais il était si affectueux avec les gens qui ne lui attachaient aucune espèce d’importance que ça en était indécent.

Le regard de Neo se posa à nouveau sur la silhouette familière du roumain tandis qu’elle affichait un air interrogateur. « D’ailleurs, tu n’es pas venu avec Mihaela ? » La réponse était une évidence même, mais il était plus facile de tourner la question d’une façon légère que de demander où était la petite, avec qui, regarde bien la lumière Razvan et réponds, maintenant, tout de suite. Les slaves comme eux avaient tendance à craindre les interrogatoires, allez savoir pourquoi… Toujours était-il qu’elle était étrangement soulagée que la petite Vacaresco ne soit pas présente. Oh bien sûr, elle avait envie de la revoir, elle qui devait être si grande aujourd’hui. Mais le début de vie de cette enfant était associé à deux très mauvais souvenirs pour les deux amis, et elle n’avait pas envie de penser à ça maintenant. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il ne l’avait pas emmenée. Ou alors, peut-être était-ce le fait que c’était une idée sur un coup de tête, comme il l’avait dit, et qu’il revenait du travail. Peu importait. Elle voulait simplement prendre des nouvelles de la fillette d’une façon détournée. Après tout, elle était importante pour Razvan. Elle était donc importante pour Neolina. Même si la rencontrer après toutes ces années réveillerait peut-être en elle un petit volcan de tristesse endormi.
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyJeu 4 Juin 2020 - 20:34

Razvan n'était pas franchement au fait des retrouvailles de façon générale. Il fallait dire qu'il avait bien peu d'amis ou d'individus qu'il pouvait qualifier comme tel, puisqu'il avait pour fâcheuse tendance à fuir les relations humaines. Le roumain avait toujours eu pour ambition d'avoir une vie simple, et jusqu'à cela, il ne parvenait à l'avoir. La vie à Londres lui déplaisait, pour toutes les raisons du monde. Le simple fait d'être un réfugié politique lui tordait le ventre, vivre dans une ville immense ne lui correspondait pas, et le fait est qu'il ne se sentait pas acclimaté à la vie anglaise. Rien ne lui plaisait ici, mais c'était peut-être le voile de son mal-être qui l'empêchait d'apprécier un tant soit peu l'Angleterre. Neolina lui rappelait un peu pourquoi il aimait son pays natal, et lui montrait sans doute sans le vouloir, tout ce qui lui déplaisait ici. Pour autant, elle allait habiter à Londres, et d'une certaine façon, il pourrait considérer que sa situation s'améliorait. Cela en éclipsant le fait qu'ils étaient en guerre.
Le ricanement de la sorcière fit lever les yeux du roumain au ciel. Bien sûr qu'elle l'imaginait avec ce stupide ballon, mais il ne répondit rien à cela, et se contenta tout au contraire, de secouer la tête de droite à gauche. Neolina avait cette frivolité parfois qui faisait du bien à Razvan. Ses réflexions passionnées sur son croup, il les accueillait comme elles venaient, sans rien répondre toutefois. Oh, il l'écoutait bien entendu, mais que pouvait-il dire, lui qui n'appréciait ni de près ni de loin les créatures magiques comme moldues ? La créature semblait bien dressée et prête à obéir au doigt et à l'oeil de sa maîtresse. Pour ainsi dire, les seuls animaux qu'il avait eu en Roumanie avaient fini par être cuisinés, ou s'étaient enfuis, ou étaient morts de façon curieuse. Il ne comprenait pas tant l'attachement des gens pour les bêtes de façon générale. Il avait assez de mal comme cela avec les relations humaines pour ne pas en rajouter une couche avec des animaux qui ne parleraient pas. Ils s'avancèrent ensemble en direction de la valise - et du croup - alors que la trentenaire lui posait LA question qui fâche.

Razvan s'était attendu à cette question et comme s'il se répondait à lui-même, il hocha la tête. Le médicomage prit néanmoins le temps de tirer sur son cigare. Il y avait mille raisons pour lesquelles il n'était pas venu avec sa fille. Il se rappelait, tout comme elle, des circonstances de leur dernière entrevue. Le roumain se serait sentit mal-à-l'aise, s'il lui avait été possible de venir avec elle, que de l'amener alors que Mihaela avait presque six ans. Ensuite, raison plus pratique, Mihaela était invisible aux yeux du monde. Mettre une personne de plus dans la confidence, quand bien même il s'agissait d'elle, ce serait dangereux. Et sa fille ne savait pas vraiment se tenir non plus, elle n'aurait pas pu résister à l'envie de faire peur aux gens en étant invisible. "Et pourquoi est-elle invisible ?" lui aurait-elle sans doute fort justement demandé. "Parce que je tue des gens et qu'on me fait du chantage ?". Razvan ne voulait pas de ce genre de choses dans sa discussion avec elle. Sans doute avait-il mis quelques secondes à répondre alors que la réponse - mensongère - était toute préparée dans son esprit : « Mihaela ne vit plus avec moi depuis longtemps. Je l'ai laissé chez ses grands-parents, en Roumanie. La vie est trop dangereuse ici ». C'était un demi-mensonge, cette réalité-là était encore juste quelques semaines auparavant. Il lui montra un sourire un peu triste avant d'inhaler une nouvelle gorgée de fumée. « Et comme tu le sais, je ne peux pas retourner en Roumanie pour l'instant alors... » - Razvan eut un rire défait. Il n'y avait pas que l'URSS qui l'empêchait de retourner chez lui. Il y avait également cette hideuse chose qu'il avait sur son bras, rendue invisible par un sortilège de désillusion. Rien que d'y penser, il avait quasiment la peau qui s'enflammait, ça en devenait invivable. Mais Neolina ne le savait pas. Et c'était mieux comme cela.


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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyVen 5 Juin 2020 - 0:11

Comme il était bon de retrouver une si vieille relation que l'alchimie mutuelle avait réussi à préserver. La réaction de Razvan à son rire, cette façon naturelle qu’ils avaient de se parler, comme s’ils s’étaient vus la veille, tout ça lui faisait un bien fou et réchauffait son coeur qui pourtant, était déjà en joie. Quitter la Russie avait été une fausse décision, puisque tout la poussait doucement vers la porte. Et puis en six ans, elle ne s’était jamais vraiment attachée à ce pays, regrettant parfois sa Roumanie oppressée. Mais là-bas, les gens avaient besoin d’elle, et elle mettait tout son coeur dans son travail pour protéger la communauté sorcière opprimée, et préserver en même temps ces pauvres moldus qui ne comprenaient rien à leur propre situation, mais aussi aux étranges phénomènes auxquelles ils assistaient parfois. Plusieurs fois, elle avait songé à partir. Mais quelque chose l’avait toujours fait rester. Jusqu’à ce que les hautes sphères ne soient lassées par ses méthodes jugées trop humaines et bienveillantes, même si bien sûr, on ne lui avait jamais dit ça comme ça. Elle perdait trop de temps. Alors elle s’était retrouvée à s’occuper des incidents mineurs, et à ne plus vraiment aider personne. Toutefois, elle ne posa sa démission que lorsqu’un contact à Londres lui promit une place. Neolina était certes changeante, mais pas inconsciente.

Attrapant sa valise comme la grande fille qu’elle était, elle caressa doucement Gabi au passage tandis que Razvan tardait à lui répondre au sujet de sa fille. Un instant, Neolina crut avoir mis les pieds dans un plat brûlant et délicat : est-ce qu’il avait omis de lui avouer un nouveau drame de sa vie ? Retenant son souffle, elle fut soulagée de savoir la petite en vie, même si elle était hélas loin de lui. Bien sûr, Neolina ne pouvait pas comprendre. Elle ne le pourrait jamais, d’ailleurs, et elle l’avait accepté depuis bien longtemps déjà. Mais elle sentait la peine qui envahissait Razvan l’envelopper elle aussi, et son sourire s’évanouit alors qu’elle posait sur lui un doux regard tandis qu’ils marchaient en direction de la sortie. Il évoqua alors son exil douloureux, qu’il lui avait raconté sans entrer dans les détails, et Neolina se rattacha à son mal du pays, même s’il était bien moins fort chez elle. La preuve, elle avait vu sa famille la semaine précédant son départ pour le pays de Shakespeare. Son pays l’accueillait encore à bras ouverts, même si la nouvelle de son travail en dehors de l’URSS ferait vite le tour et causerait bientôt quelques problèmes, elle le savait. Posant une main sur son bras qui ne tenait pas son cigare, elle afficha une vraie mine désolée. « Oh Razvan… La guerre ne dure pas toute une vie, nous sommes bien placés pour le savoir. » Ces paroles de consolation n’auraient sans doute que peu d’effets, mais Neolina refusait de croire que les jours sombres s’étendaient à perte de vue devant eux. « Je suis sûre qu’elle se sent bien, là-bas. Le pays est calme en ce moment. » J’y étais il y a encore trois jours… faillit-elle continuer, mais elle se refusa à lui faire plus de peine encore. Sa main retomba le long de son imperméable, et elle posa un regard sur son croup qui trottinait devant eux, ce qui lui redonna le sourire, bien que celui-ci soit plus nostalgique.

« J’y pense, les filles te passent le bonjour ! » reprit-elle sur une note plus joyeuse. Toute sa petite famille, sa mère et ses trois soeurs, avaient été ravies de savoir que Neo allait retrouver Razvan, qu’elles avaient toujours beaucoup apprécié. Parfois, sa mère plaisantait en lui affirmant qu’enfant, tout le village était persuadé qu’ils se marieraient. Quelle idée… absurde ? Les deux amis n’avaient jamais eu une telle relation, mais une amitié entre un garçon et une fille, mignons tous deux de surcroit, avait de quoi faire jaser les vieilles âmes de Sibiu. Et puis, Razvan avait rencontré son âme soeur, Neo la sienne, et la vie leur avait offert un bout de bonheur avant de leur arracher, d’une manière bien différente mais douloureuse. Au fond, Neo savait que sa mère apprécierait d’avoir Razvan pour gendre. Si cela pouvait lui permettre de ne pas parler d’Andrea, et du gâchis que ce divorce représentait à ses yeux, Neo acceptait de l’entendre fabuler. « Ma mère, surtout. » lui dit-elle en lui lançant un clin d’oeil, avant de changer de sujet pour éviter de repenser à cette part d’elle-même qui lui manquait tant.

Tournant les talons, Neolina entreprit de marcher devant Razvan à reculons, comme une gamine un peu trop excitée. Entreprise oh combien risqué quand on connaissait la maladresse de la jeune femme. Ce sursaut d’enthousiasme leur ferait sans doute du bien, éloignant les fantômes de leur passé, même si Neo était consciente qu’aucune distraction ne pourrait apaiser réellement le roumain. « J’espère que tu ne comptais pas t’enfuir, parce qu’il faut qu’on célèbre ce moment ! Où est-ce que tu m’emmènes ? » Son grand sourire était réapparu. Elle connaissait la ville autrefois, mais avait tellement hâte de la redécouvrir. Tant de choses avaient du changer depuis tout ce temps. Et puis, elle n’avait pas encore d’appartement, n’occupant un logement de fonction que quand elle commencerait au Ministère quelques jours plus tard. Elle avait l’intention de louer une chambre, mais en attendant, elle avait surtout envie de profiter de ces retrouvailles inattendues, et de les fêter autour d’un verre de vodka. Euh, non de bière. Ou de vin peut-être ? Que buvaient les anglais déjà ? Oh, elle verrait bien !
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyVen 5 Juin 2020 - 0:41

Razvan s'était trouvé un pouvoir tout particulier pour éviter de devoir répondre à certaines questions. Il se contentait souvent d'un sourire un peu triste avant de dévier le sujet. Il ne se voyait pourtant pas faire cela à ce moment-là. Son amitié avec Neolina était authentique, et vieille. C'était le genre de relation qui ne s'écaille pas avec le temps, comme une muraille rocheuse que le vent n'abîme qu'au prix de terribles efforts. Six ans qu'ils n'avaient pas entendu la voix de l'autre, et tout semblait pareil, pourtant. Tout avait changé. Ils avaient changé tous les deux. Razvan avait le visage émacié par le temps, le regard plus sombre et méfiant. Neolina était toujours joyeuse, mais qu'en était-il réellement au fond ? Probablement qu'il ne la comprenait pas totalement. Il savait bien pourquoi elle était partie, mais il ne comprenait pas comment elle avait réussi à le faire. Fuir de son pays avait été un crève-coeur pour le roumain. Alors partir de lui-même ? La conversation s'était imposée avec sa femme, un jour. Mara qui ne désirait que cela de voir d'autres pays, de vivre ailleurs, peu importe où. Razvan n'aurait rien dit et l'aurait suivi si elle avait pu partir. La vie l'avait tué avant qu'elle ne vienne au Royaume-Uni. Et ce seul souhait de sa défunte épouse avait conditionné sa destination, mais non pas son départ. Rien, sauf la force - et sa femme - ne pouvait le déloger de Roumanie. Ce n'était malheureusement pas son épouse qui avait réussi ce tour de force, mais le carcan russe. Les paroles réconfortantes de son amie, de la même façon que sa main sur son bras, le médicomage les prit comme elles venaient. Des paroles et gestes qui visaient à combler le vide. Mihaela était bien en Roumanie, ce n'était pas spécialement faux. Mais elle avait besoin d'une figure parentale que ses grands-parents ne sauraient incarner. C'était surtout ça qui l'avait poussé à la faire revenir. L'entendre geindre à chaque fois qu'il repartait, ça lui ravageait le crâne. Il n'était pas agacé non, il s'en voulait, profondément, à chaque fois qu'il voyait ses yeux noisettes plein de larmes dans les bras de son grand-père. Il se sentait ignoble de lui infliger cela parce qu'il avait la poisse. Ignoble, et odieux. Mais pour Neolina, la petite fille était toujours là-bas. Il aurait été plus prudent, sans doute, qu'il la laisse au pays.

Lorsque la trentenaire évoqua sa famille, un sourire plus sincère se peignit sur les traits du roumain qui se rappelait très bien de la famille de la sorcière. « C'est vrai ? Elles sont gentilles, passe leur mon bonjour dans ta prochaine lettre » répondit-il gentiment. Il s'esclaffa sans répondre à la remarque sur sa mère. Il était vrai qu'elle avait toujours été particulièrement attentionnée à son égard. Razvan se souvenait bien d'elle, et en gardait par la même un agréable souvenir. Ils marchaient tous les deux vers la sortie et l'enthousiasme de son amie d'enfance, qui allait nécessairement lui attirer une chute, lui attira un air blasé - forcément : « Tu vas tomber » la prévînt-il du même ton paternaliste qu'il employait toujours avec Mihaela lorsqu'il savait que ses idées lumineuses n'en étaient pas. On ne pouvait pas vraiment nier que le roumain avait un instinct paternel assez fort. C'était un fait indéniable. Sinon, se ravagerait-il autant l'esprit pour protéger sa fille ?
Razvan enfila son bras ballant dans sa poche et porta de nouveau son cigare à ses lèvres alors que Neolina continuait. Il n'avait même pas particulièrement de réponse à cette question, en fait. « J'avais peut-être en effet espoir de m'échapper » plaisanta-t-il sans réellement le penser, « c'est à toi de décider. Même si j'ai la vague impression que tu n'as qu'une seule envie, celle de t'enivrer ». Razvan expira de nouveau sa fumée, amusé. Neolina et l'alcool c'était une dramatique expérience, il se rappelait très bien de cela. Entre autres choses. Lui-même ne buvait pas tant, mais partager un verre avec elle, il en serait ravi.


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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyVen 5 Juin 2020 - 22:27

Il avait suffit de, quoi, cinq minutes ? Cinq minutes seulement pour que chacun s’amuse des petits travers de l’autre, eux qui se connaissaient tellement par coeur. Habitué à voir cette jeune femme si gauche se casser le nez de façon tellement différente, et même parfois créative, Razvan n’avait pu s’empêcher une petite remarque paternaliste sur le fait que la jeune femme prenait des risques inconsidérés à tenter une marche arrière. À vrai dire, même en marchant normalement, la probabilité qu’elle se prenne les pieds dans sa propre jupe était bien élevée. Mais peu lui importait, cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas vu ce visage si familier qu’elle avait envie d’observer chacune de ses réactions. Aussi leva-t’elle les yeux au ciel d’un air mutin quand il la prévint de ce qui risquait immanquablement d’arriver. Franchement, si elle devait s’empêcher de faire des choses à cause de sa maladresse légendaire, elle serait contrainte à rester les fesses vissées sur une chaise toute la journée.

Et puis de l’autre côté, Neo savait que Razvan n’aurait jamais spontanément proposé de sortir : qu’il soit venu la chercher était déjà en soi une attention qui la touchait au plus profond de son coeur. Alors elle avait envie de prolonger ce moment et plutôt que de demander la permission, elle avait posé cette innocente question qui impliquait qu’il n’avait pas le choix. Elle savait que son enthousiasme était parfois moteur dans leur relation, et Razvan était rarement celui qui prenait des initiatives. Mais elle était persuadée qu’il n’avait jamais regretté, ou presque, les quelques aventures dans lesquelles elle avait pu l’embarquer par le passé. Et puis, surtout, le roumain souriait. Elle ne l’avait pas vu depuis longtemps, mais au vu de ce qu’il lui racontait dans les hiboux, et qu’elle devinait en sous-texte, ça ne devait pas arriver si souvent. Pas depuis que Mara était morte. Pas maintenant que sa fille vivait loin de lui. Alors, Neolina se sentait le devoir de continuer à lui donner un peu le sourire, même si ce n’était que pour quelques heures, même si au fond de lui la douleur continuait d’exister.

« Du Razvan Vacaresco tout craché ! » fit-elle semblant de s’étonner. Il la faisait rire, au fond, à lui dire de décider du lieu de leur aventure du soir. Seize ans qu’elle n’avait pas mis ses pieds maladroits dans un seul bar de Londres. Ceux qu’elle fréquentait à l’époque avaient certainement fermés, quoi que certaines choses ne changeaient pas, n’est-ce pas ? Mentalement, elle essaya de se remémorer quelques lieux où Stubby et elle avaient leurs habitudes, mais elle ne se souvenait pas bien. Était-ce le Chat Venimeux ? Le Chat Vénéneux ? Non, vraiment, elle ne savait plus. Mais pas de doute que son frère de coeur la traînerait à nouveau dans des lieux nocturnes grandiloquents quand elle le reverrait bientôt. En attendant, Razvan n’allait pas s’en sortir comme ça. C’était lui qui allait décider, point final. « Pas de pancarte, pas de ballon, et maintenant pas de plan pour la suite ? Je vais de déception en déception ! » enchaîna-t’elle avec un faux air de tragédienne grecque avant que ses lèvres ne la trahissent à nouveau. Elle ralentit un peu le pas, toujours dos au danger, réduisant quand même les chances de faire n’importe quoi. « Et je n’ai pas seulement envie de m’enivrer, comme tu dis. J’ai aussi envie de profiter un peu de toi. » Un esprit mal tourné aurait pu croire que Neolina faisait passer un message, mais l’idée même qu’elle puisse envisager Razvan de cette manière était ridicule ! Elle voulait juste, et bien, non pas rattraper le temps perdu car c’était une notion qu’elle trouvait ridicule. Juste, redécouvrir son ami, sa vie d’aujourd’hui, dans lequel elle espérait avoir une petite place. Et tout ça autour d’un petit verre, ça n’était pas de refus. Et un seul, sinon il faudrait que Razvan la porte jusqu’à l’hôtel le plus proche, et ce serait une bien étrange façon de commencer son second chapitre londonien.

« Mais c’est TOI qui décide où on va. » dit-elle en pointant son doigt minuscule en direction du torse du roumain. « J’ai juste 3 critères importants : pas trop de bruit, Croup accepté, et … » Elle avait commencé à tourner les talons pour se remettre dans le droit chemin quand Gabi décida tout à coup de faire un stop, pile dans les jambes de sa maîtresse.

1-4-6 Déstabilisée par cet arrêt soudain et non anticipé, Neolina tomba en arrière tandis que le Croup détalait pour éviter de se faire écraser. Ses fesses accusèrent le coup, mais elle bascula tel un culbuto, gambettes en l’air, renversant sa jupe qui fort heureusement avait un volant en dessous qui lui, resta en place. C’était à peine si on pouvait deviner la couleur de sa culotte. Violette, si vous voulez tout savoir. Malgré tout, l’incident la fit rire et elle replaça son vêtement d’un air naturel, levant la tête vers Razvan avec un air désinvolte. « Je refuse que tu dises que tu me l’avais bien dit. » Elle lui tendit alors la main pour qu’il la relève, comme il l’avait déjà fait mille fois.

2-3-5 Destabilisée par cet arrêt soudain, Neolina sentit son corps basculer en arrière. Heureusement, Razvan était proche et fit un pas supplémentaire, représentant alors une planche de salut pour sa dignité. D’un réflexe qui sortait d’elle ne savait où, elle lui agrippa la manche et se rattrapa in extremis, bien que ses jambes flagellèrent dangereusement. Son petit coeur battait vite, et elle resta agrippée au bras de Razvan comme l'aurait fait une amoureuse niaise de seize ans, reprenant un peu son souffle. Sans le regarder, elle continua sa phrase comme si de rien n'était. « Et pas d'obstacle sur la route du comptoir ! »  Gabi, dans un élan de spontanéité et de gratitude pour celui qui avait sauvé sans le vouloir sa gourde de maîtresse, entreprit de gratter la jambe du grand roumain avec enthousiasme.


Dernière édition par Neolina Siankov le Ven 5 Juin 2020 - 22:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyVen 5 Juin 2020 - 22:27

Le membre 'Neolina Siankov' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptySam 6 Juin 2020 - 0:47

Razvan ne comptait plus les fois où il avait vu Neolina tomber la tête la première dans une flaque, dans un lac, sur la glace, sur les pavés secs de Sibiu. Vraiment, on ne faisait pas plus maladroite qu'elle, mais cela lui donnait sans nul doute un petit quelque chose aussi. Quoiqu'il en soit, ça le faisait beaucoup sourire à chaque fois qu'il lui arrivait pareille mésaventure et son caractère protecteur le poussait à la prévenir d'une évidence que même elle connaissait. Il répliqua à sa moquerie en levant les yeux au ciel. Il venait de finir son cigare et en passant à côté d'une poubelle il le fit glisser dedans sans s'arrêter de marcher alors que la trentenaire continuait sur sa lancée. Elle était, comme toujours, beaucoup plus enthousiaste que lui. Il était sans doute assez étonnant que tous les deux s'entendent ainsi. Neolina avait un caractère solaire là où Razvan avait un tempérament réservé. Elle était enthousiaste là où il était totalement blasé. La sorcière était aussi blonde qu'il était brun. Leurs différences faisaient sans doute qu'ils s'entendaient de cette manière. Son aveu lui arracha un rire léger. Ce serait mentir que de dire qu'il ne désirait pas passer de temps avec elle. Mais le roumain gardait en tête qu'il n'avait plus les mêmes préoccupations qu'avant. Montrer ainsi qu'il avait changé, cela ne ferait-il pas fuir son amie d'enfance ? Oh, si elle était au courant de tout, il ne doutait pas qu'elle prendrait ses jambes à son cou et elle aurait raison de le faire. Cette triste réalité s'imposait dans son esprit et le poussait d'autant plus à accueillir avec une certaine tension l'idée de boire un verre avec elle. « Quelle délicate attention de ta part » railla-t-il ses états d'âmes. Ils se connaissaient depuis assez longtemps pour oser ce type de bravades de toute façon.
Neolina le pointa du doigt pour lui imposer de choisir leur lieu de beuverie de ce soir lorsque forcément, elle se prit les pieds dans le tapis. L'action se déroula assez vite, en réalité. Et même s'il avait pu, il n'aurait pas été assez vif pour la rattraper si elle ne l'avait pas fait elle-même. Razvan ne pu s'empêcher de rire d'un air blasé. « Tu me fatigue » affirma-t-il d'un air semi-sérieux en essayant d'empêcher un rire moqueur de s'afficher sur ses traits. Il ne poussa pas le vice à lui conseiller de regarder devant elle puisqu'elle affirmait qu'il n'y aurait aucun obstacle entre elle, et la route au bar.

Dire que Razvan sortait peu était un euphémisme. Il allait bien parfois aux Trois Balais, notamment lorsque Svetlana y travaillait encore. Il n'avait aucune idée d'où elle était par ailleurs, cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu, tout comme sa famille... Mais ce n'était pas l'objet de ses pensées. Le roumain n'était pas le genre de personnes à s'enivrer, sauf pour les grandes occasions - les mariages, surtout les mariages - et Neolina le savait pertinemment. Il se contenta de commander un Xérès à la suite de la commande de la jeune femme. « Je te préviens que si tu prends plus d'un verre, il ne faudra pas compter sur moi pour te porter jusque chez toi. Tu as un endroit où te loger, d'ailleurs ? » demanda-t-il. Il lui proposerait de venir chez lui si elle était à la rue, tout en se demandant comment gérer son mensonge avec Mihaela dans le même temps... Compliquée affaire qui pourrait se profiler mais il ne souhaitait pas y penser. Il ne la laisserait jamais à la rue. Razvan avait peu d'amis mais ceux qu'il avait, il essayait de leur être loyal. Sauf lorsque le destin le rattrapait. La vision du visage d'Octavius s'imposa dans son esprit et il détourna le regard vers l'entrée, pensif. Des choses le harcelaient continuellement et cela commençait à lui taper sur le système sérieusement.

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptySam 6 Juin 2020 - 1:31

Bizarrement, Neolina arriva en un seul morceau dans le pub que Razvan avait finalement choisi. Pendant encore quelques mètres, elle s’était tenu au bras de son ami pour retrouver une once d’équilibre après avoir grondé gentiment son Croup et l’avoir rappelé à l’ordre pour qu’il arrête d’embêter son ami qui ne partageait pas son amour des bêtes. Son air blasé suite à sa presque gamelle la fit rire une nouvelle fois. Elle était fatiguante, certes, et pourtant il était là, à l’accompagner pour cette première nuit, car cet attachement qu’ils avaient l’un envers l’autre faisait fi de tous leurs défauts. Mieux, ils appréciaient chaque partie de leur personnalité, même les moins reluisantes. Se balader ainsi dans les rues de Londres au côté d’une personne qu’elle aimait profondément lui avait fait du bien, et ses grands yeux s’étaient promenés sur chaque façade comme si elle était dans un parc d’attraction moldu. Après avoir vécu dans l’austérité de Moscou, Londres était en effet un véritable Disneyland pour elle, même si elle n’y avait jamais mis les pieds. Tout était plus beau, plus coloré, plus vivant finalement, et un vent de liberté soufflait dans ses cheveux blonds mi-longs. Il faisait si beau qu’elle ouvrit son imperméable, et fit la conversation à Razvan pendant le court trajet.

L’endroit était joli. Et surtout, respectait ses 3 petits critères qu’elle avait évoqués. Gabi se rua sur une gamelle d’eau dans un coin qui avait du connaître l’assaut de plusieurs truffes, et ils trouvèrent un table un peu isolée où les discussions pourraient se faire sans lever la voix. Neolina ne savait pas faire ça. Quand le serveur vint prendre la commande, elle n’avait toujours pas fait son choix. Comme toujours, elle était incapable de prendre une décision aussi simple que ça, aussi demanda t’elle l’aide du serveur. « Hum, vous me conseillez quoi ? » Demanda-t’elle dans un anglais presque parfait, si ce n’était son accent de l’est qui la trahissait. Le jeune homme lui fit le détail complet de leur carte des bières, fier comme jamais de sa patrie qui brassait de bonnes bulles. « Oh, euh… Finalement, je vais prendre ce cocktail rose, là-bas. » fit-elle en souriant, un peu gênée, désignant une table un peu plus loin où une femme sirotait un truc qui avait l’air beaucoup trop sucré. Le serveur leva les yeux au ciel et lança un regard de détresse à Razvan qui commanda sans réfléchir lui.

Quand le patient garçon quitta la table, Razvan continua son attitude protectrice, se remémorant sans doute les fois où il avait dû la coucher pendant quelques soirées étudiantes, transplanant sans bruit jusqu’à sa chambre, avec cette capacité de ne pas réveiller sa soeur qui dormait tout à côté. Il avait été à cette époque son ange gardien, l’empêchant sans doute de faire des bêtises ou de mourir bêtement dans un lac gelé, l’alcool décuplant évidemment sa maladresse. « Je ne compte pas me prendre une cuite pour ma 1e soirée ici, ne t’inquiète pas ! » À vrai dire, vu la taille du verre qui semblait peu alcoolisé, elle mettrait si longtemps à le boire que le commun des anglais auraient eu le temps de boire 3 pintes. Et avec sa bienveillance habituelle, il s’inquiéta de la question du logement. « Oh, j’habiterai bientôt dans un logement du Ministère. En attendant, je vais bien trouver un hôtel dans le coin. Ca me fera du bien de me faire bichonner pour ma 1ère semaine ! » Neolina adorait aller dans les hôtels, où du linge propre l’attendait chaque jour, et où les corvées étaient effectuées par quelqu’un d’autre qu’elle. Si en plus, ils servaient le petit-déjeuner, elle serait aux anges. Et puis, elle avait quelques économies en poche. En Russie, les loisirs se faisaient rares, et son argent lui permettait de vivre, point final. Le reste, elle le gardait précieusement, mais nul doute qu’elle se ferait un peu plaisir dès le lendemain à arpenter la ville pour faire un peu de shopping. Il lui avait semblé important de préciser qu’elle avait une solution en tête, car connaissant son ami, il lui aurait sûrement proposé son appartement. Mais elle ne voulait pas abuser, elle n’aimait pas ça. Non pas que cette démarche aurait été des plus sincères, mais Neo et Razvan étaient tous les deux assez pudiques et n’avaient jamais partagé une chambre ni un quelconque espace privé. Et puis, avec Gabi, elle ne voulait pas non plus lui imposer une contrainte supplémentaire.

Le serveur arriva avec les verres et Neo lui offrit un joli sourire avant de regarder Razvan, levant son verre bien haut. « Aux vieilles amitiés qui ne mourront jamais. » dit-elle d’un ton presque solennel, un peu émue par le moment. Elle aurait bien trinqué à ce qu’elle considérait comme une liberté retrouvée, mais elle savait que cet endroit était une prison pour le coeur de son ami. Pas la peine d’insister. Posant ses lèvres sur la paille du cocktail un peu trop sophistiqué, elle qui avait l’habitude des shooters de mauvaise vodka, la décharge de sucre lui monta à la tête. C’était bon. « Alors, est-ce que ton anglais s’est amélioré ? » lui demanda-t’elle, repassant dans la langue de Shakespeare qu’elle savait maîtriser bien mieux que lui après son retour de Londres à l’époque. Malgré le fait qu’elle ne pratiquait plus depuis longtemps, et que certains mots lui manqueraient sans doute, ses lettres envoyées régulièrement à ses amis anglais avaient permis de maintenir son niveau. Du moins elle l’espérait. « Pas que ton métier soit une question de vie ou de mort après tout, mais je suppose que c’est plus pratique de comprendre les patients pour les sauver. » le charia-t’elle, repoussant les coups de langue de Gabi qui venait de grimper sur la banquette à côté d’elle.
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptySam 6 Juin 2020 - 2:10

Assit en face de la trentenaire, Razvan la regardait, sans ciller, agacer le serveur avec son incapacité à faire jusqu'au choix le plus simple d'une boisson alcoolisée. Nulle envie de l'aider, le roumain préférait se délecter de ses hésitations alors que le jeune homme s'impatientait. Même le croup semblait blasé de ce laps de temps incroyable qu'il fallut à Neolina pour décider, enfin, qu'elle allait prendre "le cocktail rose, là-bas". Il expulsa un soupir amusé de ses poumons. Le roumain buvait, en de lointains temps, des boissons plus fortes qu'un Xérès mais discuter avec Raven Fawkes aux Trois Balais l'avait finalement, petit à petit, habitué à prendre la même boisson qu'elle. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Il fallait dire aussi qu'il l'évitait grandement depuis qu'il était marqué. Et puis, il avait entendu dire qu'elle fréquentait son collège médicomage Caradoc Dearborn, alors... « Tu aurais pu te risquer à prendre comme moi » lui dit-il d'un ton moqueur, « où tu avais peur de mes goûts en matière d'alcool ? ». Ses deux grandes mains à plat sur la table, Razvan se foutait ouvertement d'elle. Neolina avait l'habitude, de toute manière. Trente ans qu'ils passaient leur temps à s'envoyer des vacheries. Celles du médicomage étaient néanmoins moins piquantes que celles de l'oubliator, peut-être qu'il n'était pas d'humeur au fond, à se laisser entraîner dans les vieilles habitudes qui faisaient parties de son ancienne vie.

En arrivant à Londres, le roumain avait tout abandonné, sauf sa langue. Avant qu'il ne renvoie tout d'abord sa fille en Roumanie, il lui avait parlé en roumain et il continuait aujourd'hui de le faire. La gamine avait parfois tendance à faire des micmacs linguistiques qui l'amusaient plus qu'ils ne l'inquiétaient. Si elle avait la chance de grandir bilingue, qu'ainsi soit-il. Pour sa part, la langue de Shakespeare était parfois un peu plus compliquée... Les verbes irréguliers, c'était coup-ci coup-ça, quand même, il avait l'impression qu'à chaque fois qu'il en maîtrisait un trio une dizaine de plus apparaissaient inévitablement comme une hydre. Il se pinça les lèvres en sachant qu'elle refuserait de toute manière s'il lui proposait de dormir chez lui. Neolina refusait de s'imposer et il appréciait cela tout particulièrement dans son caractère. Il n'avait clairement pas besoin de ça dans sa vie, il était déjà incapable de dire non à la moindre heure supplémentaire qu'on lui demandait de faire... Et comme l'hôpital ne jugeait que par son alliance qu'il avait au doigt, sans lui demander s'il avait en plus d'une épouse, un enfant, il se permettait de lui demander, parfois, la lune. Et il acceptait tout le temps. Que ce soit d'enchaîner plusieurs jours d'affilés des gardes de nuit, ou des urgences, ou même de s'occuper de patients habituels qui n'étaient pas les siens, il acceptait sans rechigner.

Tout ça pour que certains médicomages se paient des réflexions racistes à son encontre.

Le serveur interrompit le cheminement de ses pensées en revenant avec leurs boissons. Il leva vaguement le verre comme elle avant de s'incendier la bouche d'une gorgée, qu'il aurait pu recracher sur la jeune femme en constatant, avec horreur, qu'elle lui parlait en anglais. Il bougonna à sa provocation suivante. Razvan, ce n'était une surprise pour personne, parlait mieux roumain qu'anglais. C'était un fait. Il ne comptait certainement pas lui faire le plaisir de se ridiculiser avec son accent ignoble et il leva un sourcil sans sourire, en continuant dans leur langue natale : « Court toujours pour avoir la démonstration de mon accent épouvantable Neolina » répliqua-t-il. Il n'afficha pas de sourire et se contenta de la regarder de l'air qu'il affichait toujours lorsqu'il ne voulait pas flancher. Elle pouvait rêver !


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Neolina Siankov

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COTÉ DU BIEN
On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptySam 6 Juin 2020 - 3:55

Alors comme ça, monsieur Vacaresco était d’humeur taquine hein ? L’indécision chronique de Neolina était source de nombreuses moqueries de son entourage, et Razvan ne faisait pas exception en la matière. Toutefois, même si Neo se fichait bien d’avoir le dernier mot, elle ne put s’empêcher de rebondir sur sa remarque, prenant un air faussement choqué. « Qu-oi ? » Quelle audace, non mais vraiment. « Dixit celui qui attend que je commande pour dire ce qu’il boit. C’est quand même fort ça. Encore plus fort que de la vodka ! » Elle finit par lâcher un rire. Clairement, le Xerès n’aurait pas plu à son palais, elle le savait. « Oh allez, avoue que ça t’a manqué. » Elle parlait aussi bien de cette façon qu’elle avait de faire tourner les serveurs en bourrique que du fait qu’ils se taquinaient l’un l’autre sans arrêt. À vrai dire, Neo était rarement aussi joueuse avec son entourage, mais avec Razvan, ce n’était pas pareil. Leur relation était unique en son genre. Sûrement parce qu’elle était la plus bavarde des deux, là où en général, elle préférait écouter les gens. Mais déjà, le fait que le grand roumain mystérieux décroche des phrases de plus de trois mots avec elle était en soit miraculeux. Elle adorait le charier, tout comme elle aimait cette façon qu’il avait de se moquer d’elle, parce qu’elle savait que ça n’était pas méchant. C’était leur drôle de façon de s’aimer. C’était aussi une manière de ne pas parler des choses douloureuses de leurs vies. Le malheur prenait déjà trop de place, autant ne pas lui en accorder plus.

En abordant le sujet de l’anglais, Neo savait que Razvan allait sortir son air le plus ronchon. Et elle avait tapé dans le mille. Le voir bougonner la faisait toujours jubiler, surtout quand elle en était à l’origine. Déjà, lorsqu’il avait commandé, elle avait remarqué que son accent était à couper au couteau. Quatre ans qu’il était ici quand même, vraiment, il exagérait. Le fait qu’il n’ait pas envie d’être ici ne devait pas aider à s’acclimater certes, mais quand même ! En un an, Neolina n’avait pas totalement réussi à faire disparaître son accent, que les garçons trouvaient à l’époque absolument craquant, bien qu’elle ne s’en rendait jamais vraiment compte. Neo et les garçons, c’était quand même quelque chose. Même si elle avait toujours été plutôt perspicace, la jeune femme ne remarquait jamais ou presque qu’on la draguait. Habituée à porter plus attention aux autres qu’à elle-même, il lui était difficile de se rendre compte quand on lui portait un quelconque intérêt. Ce qui donnait lieu à des situations plutôt… cocasses. Andrea avait mis 2 mois à lui faire comprendre, et pour ça, il avait dû laisser tomber les sous-entendus et lui demander, cash, si il lui plaisait. Elle avait ri, comme souvent quand elle ne savait pas comment réagir. Quand enfin elle avait compris que ça n’était pas une blague, le rouge lui était finalement monté aux joues, et ils avaient enfin pu vivre un vrai rendez-vous. Ce souvenir lui plaisait. Elle chérissait toujours ces souvenirs avec lui, d'ailleurs.

Toujours était-il que pour en revenir à la question de la langue, elle ne doutait pas qu’il freinait des quatre fers pour faire des efforts. Mauvais caractère de roumain borné ! Razvan affichait un air totalement sérieux et un peu vexé, refusant de lâcher leur langue natale tandis qu’il prenait tout ça vraiment très au premier degré. S’il croyait qu’il allait s’en sortir comme ça ! Il faisait son têtu mais clairement, elle n’avait pas dit son dernier mot, au contraire. Comment allait-elle bien pouvoir l’agacer un peu plus ? D’abord, elle repassa au roumain, l’air faussement compréhensif. « Je comprends, Razvan. Ce n’est pas facile après tout de parler une nouvelle langue, surtout après quatre ans dans le pays. » Elle lui attrapa la main avec une fausse sollicitude. « Mais je vais t’aider, mon ami, ne t’inquiète pas. » Elle lui lâcha la main et se désigna des deux index, parlant alors en anglais en détachant volontairement chaque mot. « Répète après moi : je m’appelle Razvan et je suis un gros Boursouf têtu. » Le comparer à une bestiole, qui en plus n'était pas l'incarnation de la virilité, allait l’énerver, elle le savait. Ça, et le prendre pour un demeuré aussi. Le fixant de ses grands yeux avec intensité, ils entamèrent un combat de regard pendant lequel elle s’efforça de se retenir de rire. Qu’il était ridicule ! Et qu’elle pouvait être agaçante dans ces moments-là.
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Razvan Vacaresco

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L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyDim 7 Juin 2020 - 2:26

Razvan, au Royaume-Uni, ne parlait plus vraiment au point d'en arriver au genre de relation qu'il entretenait avec Neolina. Possiblement, ce type d'amitié n'était rendue possible que par des années et des années de connaissances, depuis l'enfance. Et de toute façon, ce n'était pas comme s'il entendait réellement s'intégrer en Angleterre. Le roumain ne voyait cela que comme une étape de sa vie avant qu'il puisse retourner chez lui, en Roumanie. Certes pas dans le même village où il avait vécu ces dernières années, mais au moins en Transylvanie. C'était l'espoir qu'il nourrissait tout au fond de lui pour palier à son affreux mal du pays. Peut-être avait-il peur au fond, de s'attacher trop à l'Angleterre, aussi. Mais comment s'attacher à un pays pareil ? Razvan était enfoncé jusqu'au cou dans les moeurs dans lesquelles on l'avait élevé, et elles n'étaient assurément pas les mêmes que celles des anglais. D'une certaine façon, la plaisanterie de Neolina sur la langue, c'était aussi un affront de ce point de vue là. Elle ne comprenait probablement pas qu'il n'entretienne pas de volonté de s'intégrer parce qu'il n'attendait que cela de repartir. La trentenaire n'avait pas la même philosophie de vie, elle vagabondait, elle bougeait volontiers. Lui, il était casanier, il avait ses habitudes et il en était ravi, vraiment.
La main gauche échouée autour du verre de xérès qu'il avait, il regardait d'un air fortement amusé le verre de l'oubliator, couronné d'un petit parapluie pour parfaire le cliché. Une roumaine qui ne savait pas quel alcool commander, c'était quand même une honte. Lui ne buvait pas tant, mais encore une fois il avait ses habitudes. Habitudes qui avaient d'ailleurs commencé à changer par la simple fréquentation de quelqu'un. Neolina prenait toujours un plaisir certain à se moquer de lui et la réciproque était vraie. Il était sur ses gardes lorsqu'elle lui prit les mains. Oh il la connaissait, la fourbe Neolina, il la connaissait depuis longtemps. Il attendait de ce fait la vacherie suivante avec, toutefois, une certaine appréhension. Et elle lui colla une gifle tellement sèche en le comparant non seulement à une bestiole, mais en plus de ça à une bestiole inutile et moche. Un ricanement complètement outré s'échappa de ses lèvres. Elle lui avait totalement coupé le sifflet. Razvan n'avait même pas envie de boire pour se donner de la contenance, il la regardait, bien droit dans les yeux, alors qu'elle se retenait de rire, plutôt fière d'elle. « Si tu n'existais pas il faudrait t'inventer » répondit-il un ton vexé avant de soupirer pour porter son xérès à ses lèvres et en boire une longue gorgée.

Razvan aurait sans doute pu lui répondre quelque chose de mauvais, mais il glissait quand même assez peu sur ce chemin-là. Il connaissait certes Neolina et son incapacité à se vexer avec lui, mais quand même. Elle savait très bien qu'il détestait les injures et les insultes de manière générale mais elle osait. Neolina n'avait pas de barrières et c'était probablement quelque chose qui plaisait à son ami d'enfance au fond. Elle avait toujours eu ce tempérament assez libre là où lui-même avait parfois tendance à s'enfermer dans sa propre tête. Elle était vraiment fière de son effet. Il secoua finalement la tête en levant les yeux vers le plafond, mais il ne s'avouait pas vaincu. « Le boursouf a le même avis que le médicomage, cours toujours ». La véritable bestiole présente parmi eux choisit ce moment-là pour manifester sa présence en collant sa grosse tête sur la cuisse de Razvan qui, ne s'y attendant pas, sursauta violemment avant de fixer la chose. Elle l'observait avec des yeux mouillés qui ne lui firent, honnêtement pas plus d'effet que cela. « Mm... Tu pourrais demander à ton croup de retirer sa truffe mouillée de ma jambe, hm ? » lui demanda-t-il sans perdre de vue l'animal qui avait quand même des dents sous ses babines tombantes, « s'il te plaît ? ».


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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS EmptyLun 8 Juin 2020 - 0:54

Qu’il était difficile pour la jeune femme de ne pas rire alors que sa réaction était exactement celle qu’elle attendait, ou presque. Il laissa échapper un son qui exprimait tout son agacement, et maintint son regard alors qu’une ombre de colère y passa. Finalement, elle pouffa comme un collégienne quand il lui fit ce qu’elle prit pour un compliment. Bizarrement, avec lui, elle régressait. Et ça n’était pas pour lui déplaire. Ils avaient dû apprendre à devenir des adultes si vite finalement. Et des adultes qui n’avaient pas trop de place dans leur vie pour l’insouciance. « Toi aussi tu m’as manqué, rabat-joie. » répondit-elle à ce qu’il pensait être une raillerie, mais qu’elle trouvait vraiment plaisant. Être unique, n’était-ce pas une vraie force ?

Razvan leva les yeux au ciel, toujours exaspéré. Est-ce qu’elle y était allée un peu trop fort. Oh non, quand même… Quand elle le chariait, c’était toujours avec la plus grande tendresse. Jamais Neo n’avait l’intention de blesser qui que ce soit avec ses paroles, elle était trop bienveillante pour ça. Il persista à parler en roumain, et elle fit une petite moue boudeuse en voyant qu’il n’était pas d’humeur à lâcher. Bon, pas la peine d’insister alors. Si elle aimait le voir râler, elle adorait surtout son sourire, surtout après autant de temps passé sans le voir pour de vrai. « C’est quand même plus marrant quand tu répliques… » Posant son coude sur la table, elle y appuya son menton et joua avec le petit parasol planté dans son cocktail sucré de fille. À Moscou, on n’en servait pas des comme ça. À Moscou en même temps, tout était austère et on ne gaspillait pas de l’argent durement gagné dans des petits artifices de cure-dents et de papier. Londres, c’était vraiment Las Vegas pour elle. Enfin, elle n’était pas plus allée à Las Vegas qu’à Disneyland, mais bon, l’idée était là.

Perdue dans ses pensées et captivée par le tournoiement du petit parasol assorti au liquide rose, elle ne remarqua pas que Gabi s’était glissé sous la table comme un sournois. Le bond de Razvan dans son champ de vision lui fit soudainement lever la tête, comme un suricate. Elle dut attendre sa phrase empreinte d’un certain mépris pour comprendre ce qui se passait. Soupirant sans faire attention, elle siffla son croup qui se mit à geindre comme un gros malheureux. Évidemment, Neo ne pouvait voir sa petite tête sous la table, mais elle savait très bien quel genre de numéro il était en train de jouer à Razvan, avec ses yeux tristes et sa queue frétillante. Elle ne connaissait que trop bien cet air. « Tout de suite. » dit-elle d’un ton ferme qui n’était pas habituel chez elle, mais qu’elle s’efforçait de conserver quand elle voulait se faire obéir. Déçu, le chien version sorcier grimpa à nouveau sur la banquette à côté d’elle et s’allongea, posant sa truffe sur sa jupe pour se faire pardonner. Elle le caressa avec tendresse, récompensant la bête pour sa réactivité. « Gabi. Il s’appelle Gabi. » lança-t’elle à Razvan sans perdre de son air sérieux. Elle n’avait pas trop apprécié la façon qu’il avait eu de parler de son animal, appuyant sur le mot croup comme si c’était une bête un peu répugnante. Bien sûr, elle connaissait sa réticence, et elle n’avait pas l’intention de lui coller son chien dans les pattes de force. Mais tout de même, elle était un peu blessée. Mais comme toujours, elle n’en montra rien et retrouva son gentil sourire pour éviter que ce petit incident ridicule ne gâche leur soirée de retrouvailles. « Désolée. Je t’ai dit, il adore qu’on le déteste. Tu vas devoir faire semblant de l’aimer… » Elle savait que c’était impossible, même si elle ne comprenait pas qu’on puisse être insensible au charme de cette boule de poils. Enfin, elle n’était peut-être pas tout à fait objective.

Glissant à nouveau ses lèvres sur sa paille, elle décela une drôle de tristesse chez son ami, peut-être pour la première fois depuis qu’elle était descendue de ce train. Pas question de l’énerver un peu plus, non vraiment. Objectif sourire. Attrapant son petit parasol rose, elle essuya le pic de ses doigts avant de se pencher au-dessus de la table et de le glisser dans la masse de cheveux noirs de son ami taiseux. La vision était si drôle, et pourtant, elle ne se moqua pas. Elle trouvait plutôt cela touchant. « Pour te protéger des nuages sombres qui obscurcissent tes yeux. » lui dit-elle avec un doux sourire nostalgique. Être exilé loin de sa fille devait être un crève-coeur, sentiment qu’elle ne comprendrait jamais. Elle n’en avait pas la prétention. Tant qu’elle pouvait être une amie loyale et présente, c’était suffisant. « Et te rappeler qu’il y a aussi des jolis souvenirs, comme celui qu’on fabrique maintenant. » Cette fois-ci, elle lui attrapa la main avec douceur, la serrant délicatement comme pour lui dire qu’elle serait toujours là. « Parce que franchement, cette vision, je m’en souviendrai toute ma vie ! » termina-t’elle dans un rire adorable, pour éviter que la tristesse ne s’installe avec eux à table.
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