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Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS

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Razvan Vacaresco

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MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS - Page 2 EmptyLun 8 Juin 2020 - 1:39

Neolina et Razvan se connaissaient depuis trente ans mais la triste réalité, c'était probablement qu'ils ne se connaissaient plus. Ils ne s'étaient pas vu pendant presque une décennie et les gens changent, façonnés par les épreuves qu'ils devaient vivre. Elle en avait vécu une qu'il lui avait lui-même annoncé, et lui en avait vécu plusieurs successivement, pendant plusieurs années. Le roumain désormais, se sentait seulement empreint d'un terrible sentiment de tristesse qui l'accompagnait quotidiennement. Il posait ses yeux sur les choses d'un air pensif, et perdu et ce n'était pas seulement du fait de n'avoir pas la vie qu'il voudrait pour élever Mihaela. En réalité, c'était tout le contraire. Il avait eu beau la ramener de Roumanie, il s'inquiétait d'autant plus pour elle qui, pleine de vie, ne comprenait pas pourquoi il fallait que personne ne la voit. Et puis Razvan de toute manière, avait l'esprit ravagé par les remords, il se sentait seulement indigne de se sentir bien un moment à peine. Neolina ne le savait pas et elle ne le saura jamais. Ce que son ami d'enfance s'imposait, c'était l'austérité triste qu'il ne méritait que de ressentir. Outre le fait qu'il tuait des gens, le roumain se trouvait aussi face à sa montagne de sentiments qu'il n'avait jamais su gérer depuis la mort de sa femme. Son deuil, il n'en avait pas réellement vu le bout, en réalité et il n'était pas certain d'y parvenir un jour. C'était dur de se sentir stupidement coupable d'une mort qui n'aurait pu être évitée de toute manière. Mais son impuissance ce jour-là, il s'en souvenait encore très bien. Vouer sa vie à sauver celle des autres et être incapable de sauver celle de sa femme. N'était-ce pas aussi terrible qu'ironique ?

Neolina le sortit de ses pensées après l'épisode avec le croup d'une façon sèche qu'il ne releva pourtant pas. Une fois encore, il avait l'esprit qui divaguait loin d'ici dans des endroits qu'elle ne soupçonnait pas. Et il ne réagit pas plus lorsqu'elle s'excusa. Il n'aimait pas les animaux pour une raison qu'il ne s'expliquait pas. Sans doute était-ce dû à son tempérament hérité de traditions plus dures. Mais s'il ne trouvait pas plus d'intérêt que cela dans des êtres vivants qui n'étaient pas des Hommes, Razvan ne se risquerait toutefois pas à leur faire du mal. Sauf les poulets. Mais il fallait bien manger. Neolina ramena son regard sur elle en lui mettant le parapluie dans les cheveux. Il afficha un sourire un peu atone, avant de le prendre dans ses mains pour le regarder pensivement. Un étrange sourire triste s'égara sur ses traits avant de disparaisse avec fugacité. « Mm » répondit-il alors qu'elle lui attrapait les mains avec cette douceur qui ne concernait qu'elle, « j'espère que tu as profité du spectacle ». Il n'y avait aucun sentiment particulier dans sa voix, en réalité. Il n'était pas vexé, pas plus qu'en colère. Le rire qu'elle avait ne le fit pas flancher et il se dégagea doucement pour boire à son verre, en abandonnant le petit parasol sur la table. Son amie d'enfance venait d'être une bonne aparté mais la réalité le ramenait sur terre de plein fouet. Il n'avait pas le droit de se sentir réellement heureux. C'était comme ça, et il ne pouvait rien faire pour lutter contre cette impitoyable vérité. « Je suis désolé de ma réaction pour ton croup » lui dit-il pour détourner l'attention de cette conversation qui se faisait trop émotive pour qu'il ne plonge dedans, sans néanmoins commettre l'erreur de désigner la bestiole, qui avait un nom en plus, de façon méprisante « mais les animaux c'est phobique chez moi ».


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On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS - Page 2 EmptyMar 9 Juin 2020 - 20:01

L’ambiance à la table avait changé sans même qu’elle ne s’en rende compte. Sensible et ayant une forte tendance à s’accabler pour rien, Neolina se demanda un instant si c’était cette histoire de Boursouf qui avait gâché le moment, si elle était vraiment allée trop loin alors que pourtant, tout ça n’était qu’une blague, une raillerie comme ils avaient pourtant l’habitude de s’en balancer des tas à l’époque. Mais cela lui paraissait drôlement exagéré, même de la part d’un grand détesteur de bestioles. L’épisode du petit parasol lui sembla être une bonne manière de faire sourire son grand ami, qui n’y mit malheureusement pas du coeur, saisissant le petit objet d’un air pensif. Il avait l’air ailleurs, totalement perdu dans un monde qui était étranger à la jeune femme, et elle sentit sa peine dans l’atmosphère. Finalement, elle n’avait pas tant profité du spectacle, car elle aurait aimé qu’il soit accompagné d’un sourire sincère. Mais elle se garda bien de le dire, et lui adressa un petit signe de tête gentil en guise de réponse.

Neo n’aimait pas ce qu’elle voyait. Son empathie reprenait farouchement le dessus, et si les retrouvailles avaient été teintées d’une joie spontanée, elles prenaient désormais une tournure nostalgique et particulière, comme si l’homme en face d’elle devenait petit à petit un étranger qui cherchait une forme d’échappatoire dans sa tête remplies d’idées grises. Sous son chemisier, elle sentait son petit coeur mou se serrer alors que Razvan semblait insensible désormais à ses douces paroles, et elle craignait avoir sous-estimé l’impact des événements de ces dernières années sur le roumain. Peut-être aurait-elle dû être plus présente pour lui ? Peut-être aurait-elle dû lui rendre visite plutôt que de se contenter de vulgaires lettres, qui avaient pour elle une saveur pourtant si particulière ? Peut-être aurait-elle dû être une meilleure amie…

Étrangement, Razvan revint sur l’épisode Croup, s’excusant avec sincérité. Bien sûr, la jeune femme en fut touchée, mais elle sentait bien qu’il cherchait surtout un sujet qui l’éloignait de ses pensées qui lui donnaient un air si grave. Elle replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille, un sourire un peu triste elle aussi sur le visage. « Ça ne fait rien, tu sais. Je comprends que sa sauvagerie t’ait effrayé. » plaisanta-t’elle sans que le coeur n’y soit vraiment. Elle lança un regard sur son animal qui ronflait doucement sur sa cuisse, bavant légèrement. Heureusement que ce petit amour avait été dans sa vie ces dernières années, lui remontant le moral les jours où elle en avait besoin. Il était si important à ses yeux, tellement important qu’elle savait que Razvan ne comprendrait pas. Si elle avait dû laisser Gabi en Russie pour venir à Londres, elle aurait été si malheureuse. Alors elle ne pouvait même pas imaginer ce que l’absence de Mihaela pouvait provoquer chez son ami. Instantanément, elle s’en voulut de faire une analogie pareille, et de comparer cet enfant qu’elle n’avait pas vu grandir à un animal. Razvan l’aurait sans doute détestée pour ça. Et pourtant, pour elle qui ne connaîtrait jamais la joie d’être mère, Gabi était ce qui se rapprochait le plus d’un enfant pour elle. Elle en était responsable, en prenait soin. L’aimait, sincèrement. « Je ne t’imposerai pas sa présence la prochaine fois, promis. » lui dit-elle avec douceur, cherchant à croiser son regard fuyant qui se noyait dans sa boisson. La phobie de Razvan s’était-elle décuplée, ou bien l’avait-elle atténuée à cause du temps passé loin de lui ? Elle n’en savait rien.

« Merci d’être venu, Razvan. Ça me touche beaucoup. » Au fond d’elle, malgré l’atmosphère qui se faisait pesante, Neo ressentait tout de même une joie profonde d’être en compagnie de son plus vieux ami pour sa première soirée ici. Seule, elle aurait bien trouvé son chemin. Mais avec lui, elle se sentait plus forte. Peut-être était-ce un signe que ce chapitre de sa nouvelle vie s'écrirait d'une plume plus heureuse que les précédents. « Tu es un véritable ami. » Sans doute était-ce la tristesse dans son regard, la tournure de la conversation, mais Neo sentait les émotions lui serrer la gorge, et cela transparaissait dans sa voix. Ses yeux étaient légèrement mouillés : pas assez pour pleurer, mais suffisamment pour montrer à quel point elle était sincère. La roumaine n’était pas femme à baisser sa garde facilement. Mais c’était Razvan. Et Razvan avait gagné ce droit de la voir fragile.
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MessageSujet: Re: Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS Vingt heures dix-sept, et le train entre en gare | CLOS - Page 2 EmptyMer 10 Juin 2020 - 0:44

Razvan était conscient que son air morose contrastait grandement avec la joie qu'ils avaient tous les deux ressentis lorsqu'ils s'étaient revus. Mais d'une certaine façon, l'on pouvait dire que "le charme s'était brisé". Les vilaines pensées du roumain lui occupaient désormais l'esprit autant qu'à l'accoutumé, et le délicat sourire de Neolina ne suffisait pas à le tirer des abysses dans lesquelles il s'enfonçait. Le médicomage passait son temps à se flageller et à s'en vouloir davantage, il avait l'impression qu'il n'y avait aucune limite à ses remords et seulement des horizons lointains qu'il ne saurait dépasser un jour. Devra-t-il vivre avec cela toute sa vie ? Ou bien les choses suivent-elles leur court un jour ? En réalité, tant que la guerre n'était pas finie, il ne saurait le dire. Et il savait très bien que même s'il venait à purger une peine de prison pour ce qu'il avait fait, cela ne changerait rien. Il se connaissait assez comme cela. Pire encore, qu'il soit médecin aggraverait sans doute son cas. Mais il ne cauchemardait pas franchement d'un jury du Magenmagot pour tous ses assassinats. Après tout, il le mériterait bien. Comme le baiser du détraqueur.
Neolina reprit toutefois la parole en lui promettant de ne pas lui imposer sa présence. Il se fichait bien de la présence de l'animal mais il n'en fit pas part à la sorcière, de peur de relancer les hostilités. Il ne voulait juste pas que le croup le touche, c'était tout. Razvan veillait bien à ne pas trop regarder son amie. Il ne voulait pas qu'elle voit les ombres qui se promenaient dans ses yeux. Son regard, néanmoins, n'eut d'autre choix que de se reposer sur la sorcière lorsqu'elle lui dit qu'elle était heureuse qu'il soit venu. La suite de sa phrase lui valu un vague sourire pensif. Il était un véritable ami pour elle parce qu'elle gardait de lui celui qu'il était en Roumanie. Aujourd'hui, il n'était plus personne, sinon l'inconnu qui nous attend dans la gare.

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