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Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962]

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Stubby Boardman

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MessageSujet: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyDim 7 Juin - 22:38

Mrs. Ghazi, anciennement Boardman, vêtue de sa plus belle robe de soirée, chaussée de ses plus beaux souliers, et parée de ses plus raffinés ornements, était prête à partir en virée romantique avec son mari en cette soirée de Saint-Valentin. Mais elle s’attardait plus de raison auprès de son fils et de la jeune fille au pair à leur donner des dernières instructions pour la soirée de son accent libanais. De ce qu’elle avait laissé dans le réfrigérateur pour eux manger à l’heure du coucher de la petite Anna, huit ans.
«  Allons, Ayla. Ils n’ont pas dix ans, ils ne vont pas mettre le feu à l’appartement non plus. En tout cas pas tant que Neolina sera dans les parages. » la rappela à l’ordre son mari, déjà à la porte d’entrée.
Adossé contre le mur, les bras croisés et la mine renfrognée, Stubby regardait la scène sans piper mot. Il ne prit même pas la peine de relever la pique à peine dissimulée de son beau-père à son encontre. Il ne voulait pas lui faire ce plaisir. Ayla jeta un dernier coup d’œil à ses cheveux noirs coiffés en un chignon. Après quelques dernières indications de la part de la femme, le couple quitta l’appartement.

La petite famille vivait dans un petit appartement situé au deuxième étage d’un immeuble, juste au-dessus du commerce familial. Les Ghazi étaient couturiers – tailleurs dans un quartier chic de Londres. A côté des luxueuses habitations alentours, leur demeure paraissait très modeste. Elle était équipée d’une petite pièce de vie, d’une cuisine, d’une salle de bain et de trois chambres. Un bien petit appartement pour loger cinq personnes.
Ayla et Jagur Ghazi, au début de l’été 1961, avaient engagé une fille au pair d’origine roumaine pour s’occuper de la petite dernière. Et comme il avait fallu faire de la place pour l’accueillir, on avait déplacé la chambre d’Anna dans celle de Stubby qui était plus spacieuse, libérant ainsi une pièce. Encore auparavant, le jeune homme partageait sa chambre avec son demi-frère, Georges, de deux ans son aîné, qui avait quitté le domicile familial pour habiter avec sa petite-amie. Est-il vraiment nécessaire de décrire le désespoir mêlé de lassitude et de colère qui l’avait pris en apprenant qu’il allait devoir partager sa chambre avec sa petite-sœur ? Cela se passe de mots.

Le début de la cohabitation avec cette fameuse fille au pair, Neolina, avait été un peu compliqué. En parti parce que Stubby était encore agacé par rapport à cette histoire de chambre à son arrivée. Il s’était également senti blessé dans son égo. Ainsi sa mère et son beau-père ne l’avaient pas estimé assez responsable pour s’occuper de sa petite-sœur ? Non, bien sûr. Ils préféraient l’exploiter dans le commerce familial. Enfin, son beau-père surtout qui ne crachait pas sur de la main d’œuvre gratuite. Cela revenait moins cher de prendre une fille au pair qu’un employé à temp plein. Mais cela était vite passé. Quitte à vivre ainsi pendant une année, autant la rendre plus agréable en se montrant coopératif. Ainsi, il s’était surpris à beaucoup apprécier Neolina et a très bien s’entendre avec elle. Alors, cela ne le dérangeait pas de passer du temps avec elle.
Quand la porte se referma, laissant Neolina et Stubby seuls avec Anna, le jeune poussa un soupir et allant s’affaler dans le sofa.
« Quel con ! » jura-t-il en parlant de son beau-père.
Il singea en imitant Jagur de sa gestuelle jusqu’à son accent : « Allons, Ayla ! Ils n’ont pas dix ans ! Ils ne vont pas mettre le feu à l'appartement ! ». Anna, assise au sol, ne faisait pas attention à lui, vraisemblablement habituée, continuant son dessin. Stubby lança un regard à Neolina.
« Eh bah j’crois que ce sera une soirée passionnément platonique entre toi et moi. Enfin une fois qu’on aura couché le microbe. »
« Microbe toi-même ! »
C’était sûr et certain qu’il allait s’agir d’une soirée platonique.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyLun 8 Juin - 2:18

« Oui, Mrs Ghazi. » Neolina écoutait avec attention et toute la politesse du monde les indications que la maîtresse des lieux lui avait déjà données des centaines de fois. Cela faisait tout de même cinq mois qu’elle était là. « Bien, Mrs Ghazi. » Cinq mois qu’elle s’occupait de sa fille, avec qui elle avait nouée une gentille et douce relation. Elle ne s’était jamais blessée, elle ne s’était jamais perdue, n’avait jamais été kidnappée, ni ne s’était brûlé les sourcils… Rien de rien, aucun incident dramatique. Neolina était une jeune fille au pair très attentive, et surtout respectueuse. Aussi hochait-elle la tête docilement. « Comme toujours, Mrs Ghazi. » Mais c’était comme ça, la mère était inquiète, et Neolina trouvait cette attitude charmante. Elle lui rappelait un peu la sienne parfois. Son mari intervint finalement pour l’inciter à quitter les lieux. Ça n’était pas souvent qu’ils sortaient le soir, mais là, c’était la fête de l’amour des anglais, alors c’était une grande soirée. Neolina l’avait aidée pour sa coiffure, un joli chignon élégant qui dénotait parfaitement avec la coiffure de la jeune femme, qui avait relevé ses cheveux en une queue haute et ébouriffée, un bandeau bleu marine noué autour de sa tête. Elle était ravissante, et Neolina le lui avait dit. Ce compliment lui fit plaisir, mais elle ne le montra pas.

Quelques injonctions plus tard, la porte claqua et les deux nounous d’un soir adoptèrent immédiatement une attitude familière, comme une routine bien huilée. Tandis que Stubby partait s’affaler dans le canapé, Neolina s’était dirigée vers la cuisine d’où elle entendit l’injure proférée par le fils Boardman. « Langage… » soupira-t’elle, suffisamment fort pour qu’il l’entende. Bien sûr, elle savait qu’elle n’avait aucune autorité sur lui mais elle n’avait pas envie que la petite Anna n’emprunte le langage châtié de son frère, et que ça lui retombe dessus. De toute façon, elle le connaissait assez pour savoir qu’il ignorerait sa remarque. En arrivant ici, un peu perdue, Neolina avait tout de suite eu un très bon contact avec la petite qu’elle devait garder, ainsi qu’avec les parents qui appréciaient ses manières, sa gentillesse et sa retenue. Mais pour Stubby, cela avait été plus compliqué. Il lui avait fallu un peu de temps pour comprendre pourquoi il lui parlait si peu, et elle avait réalisé au bout de quelques semaines que son arrivée l’avait forcé à cohabiter avec sa petite soeur, ce qui n’était pas pour lui plaire. Forcément, avec dix ans d’écart… La petite se couchait tôt, trop tôt pour un grand ado, et lorsque Neolina lui avait proposé de squatter sa chambre avec elle s’il le voulait, il avait commencé à se dérider un peu. À force de temps et de sourires, Neo avait finalement par apprivoiser ce grand rebelle qui la fascinait un peu. Il n’avait rien en commun avec les garçons de Roumanie, rien du tout même. Il y avait en lui une fougue et une passion - la musique - qui le rendait si charmant que pendant quelques soirées, elle avait senti son coeur battre un peu plus fort. Surtout quand il jouait. Mais elle n’avait jamais rien montré des sentiments naissants qu’elle avait eu à son égard, qui s’étaient d’ailleurs vite évanouis au profit d’une toute autre relation, totalement amicale.

Ouvrant le frigo, Neolina attrapa une bière qu’elle remplacerait plus tard avec celles cachées sous son lit et lui lança un sortilège de dissimulation qui fit passer le contenant pour une canette de Coca. Habile technique qu’ils avaient développée avec le temps pour éviter que la gamine ne les balance aux parents. Pendant ce temps, Stubby s’affairait à imiter son beau-père avec qui il avait une relation conflictuelle. Jetant un coup d’oeil par l’embrasure de la porte, elle le vit gesticuler et laissa échapper un rire. C’était un peu mesquin, mais franchement, il l’imitait drôlement bien. Se baissant au niveau du congélateur, elle attrapa cette fois un pot de glace, dans lequel elle planta une cuillère, et revint dans le salon pile à temps pour empêcher un début de bagarre. « Stop ! » lança-t’elle, collant le pot de glace dans les mains dans la petite qui abandonna vite son activité pour déguster son repas du soir. C’était leur accord secret. Neolina la laissait manger de la glace à la place d’un plat équilibré et en échange, Anna allait se coucher sans faire de difficultés. Jusqu’à présent, ça avait marché. Il faudrait juste que Stubby et elle mangent pour trois. Mais vu la suite de la soirée, ça ne devrait pas poser de problèmes.

Passant au-dessus des grandes jambes de Stubby, elle lui tendit la bière déguisée en soda et s’installa en tailleur sur le canapé à côté de lui. Vu que la petite était encore debout, Neo évitait de boire pour l’instant, même si elle piquerait sans doute la cannette de Stubby pour y tremper ses lèvres quand même - ça serait presque comme s'ils s'embrassaient par métal interposé, d'ailleurs, non ? - histoire de célébrer le début de leur soirée… comment il avait dit, déjà ? « Tu as dit platonique . Qu’est-ce que platonique ? » l’interrogea-t’elle ? Son anglais s’était vraiment amélioré depuis qu’elle était arrivée mais évidemment, elle ne maîtrisait pas encore tout. Il parlait de la soirée, alors peut-être que ce mot qui lui était étranger voulait dire qu’ils allaient faire la fête ? Ou bien il parlait du philosophe ? Non, ils n’allaient pas philosopher, hein ? Quant à la deuxième partie du mot, et bien ça, elle savait ce que ça voulait dire mais... Oh, non, quand même !

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyLun 8 Juin - 23:17

Mr. Ghazi ne manquait jamais de termes pour qualifier son beau-fils. On parlait d’un beau et riche champ lexical ! Entre-autre : « irresponsable », « immature », « frivole », « paresseux » parmi bien d’autre. Il estimait néanmoins que le jeune homme avait un fort potentiel pour réussir dans la vie s’il montrait du sérieux, ce qui n’étais, selon lui, pas le cas. Jagur était un homme très travailleur et pour qui le labeur était une valeur importante. Il déplorait le fait que son épouse ne fut pas d’avantage ferme avec son fils pour le pousser à faire des études ou chercher sérieusement du travail, le laissant s’enterrer dans son rêve de devenir un chanteur célèbre. Malheureusement, ce n’était pas avec des rêves que l’on payait le loyer et que l’on remplissait son assiette.
Stubby, de toute évidence, n’avait pas du tout la même vision des choses. Le jeune homme estimait que la vie était faite pour cela : prendre des risques et tenter le tout pour le tout. Il était ambitieux et sûr que son talent allait le mener sur les plus grandes scènes. Sa mère n’avait pas fait tous ces sacrifices pour lui donner des cours de musique pour qu’ils ne servent à rien. Et le jour où il allait être célèbre et riche, il entendait bien faire vivre toute sa famille. Leur payer un manoir – voire deux, un elfe de maison et des études à Anna.
Ceci expliquait les fréquentes frictions entre le fils et le beau-père. Frictions auxquelles Neolina avait sûrement assisté de trop nombreuses fois. Plus loin les deux hommes étaient l’un de l’autre, mieux ils se portaient.

De fait, Stubby était ravi du départ du patriarche et s’amusa à le caricaturer. Il ignora totalement la réprimande de la fille au pair sur son langage. Anna avait beaucoup trop l’habitude d’entendre des gros mots de la bouche de son grand-frère, même s’il n’en prononçait pas si souvent que cela. Mais heureusement, Neolina avait accompli l’exploit de lui apprendre à ne pas reproduire ce vilain dialecte avant qu’il ne soit trop tard. La petite fille, à la moindre occasion, venait dénoncer son frère auprès de la jeune femme dès qu’elle l’entendait prononcer un mot vulgaire : « Stub il a dit un gros mooot ! ».
Après avoir pris un pot de glace du réfrigérateur et un soda – officieusement une bière, Neolina revint de la cuisine tandis que Stubby commençait à gentiment malmener sa sœur en lui emmêlant les cheveux, déjà bien emmêlés par nature (il s’en fichait, ce n’était pas lui qui allait les démêler). La jeune fille au pair les interrompit, appâtant Anna avec le pot de glace puis enjamba les longues jambes du jeune homme pour s’installer à côté de lui sur le sofa. « T’es parfaite. » commenta-t-il quand elle lui tendit son « soda ».
La soirée s’annonçait d’ors et déjà tranquille. C’était fort appréciable après les quelques soirées agitées qu’il avait passé au cours de la semaine. A trois reprises, il était sorti le soir et n’était pas rentré avant trois heures du matin. De quoi faire bondir sa mère et soupirer son beau-père. A croire qu’ils le prenaient encore pour un gamin de quatorze ans.
Neolina attira son attention sur le mot « platonique » qu’elle ne comprenait pas. C’était mal, mais Stubby fut mortellement tenté de lui jouer un mauvais tour sur la signification de ce mot. Mais il choisit de faire preuve de bonté.
« Euhm… C’est quand quelque chose est chaste. » Comprenait-elle le mot chaste ? « Quand il n’y a rien de… de sexuel en fait. »
Expliquer ce mot avec d’autres mots simples, c’était plus gênant que l’on pouvait l’imaginer. C’était moins gênant de faire des calembours à caractère n’aurait-ce été qu’un peu grivois quand on n’avait pas à les expliquer. Merlin merci Anna ne comprenait pas encore tout à fait ces choses là.
« Donc rien à voir avec nique. Mais Platon ouais, je crois. Mais c’est pas Platon qui.. Mince, j’ai même pas bu une bière et il est même pas 21h ! »
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyMer 10 Juin - 2:52

Non mais vraiment, expliquer un mot compliqué par un autre, il n’y avait bien que les anglais pour faire ça… Ou alors, c’était une caractéristique inhérente à Stubby, elle n’en savait rien. Toujours était-il que l’air qu’elle afficha à la mention du mot chaste poussa le jeune homme à trouver un moyen plus direct de lui faire comprendre. « Oh ! » s’exclama-t’elle quand elle comprit enfin, ses joues rosissant un peu car elle se sentait gênée qu’il ait eu à expliciter ce genre de choses. C’était bizarre, non, qu’il se sente obligé de préciser que cette soirée ne serait pas, de type euh… Enfin, serait purement amicale. Neo n’était pas très à l’aise avec ces choses là. Dans sa famille, on ne parlait pas de ça. En Roumanie, la parole n’était pas aussi libérée qu’ici. Son regard glissa jusqu’à Anna qui avait le nez plongé quasi littéralement dans son pot de glace vanille pécan. Elle avait l’air de ne rien écouter, et c’était tant mieux. Déjà qu’elle subissait le langage fleuri de son frère… Neo n’avait pas non plus envie d’avoir à livrer un cours d’éducation sexuelle à une enfant de moins de 10 ans, elle qui n’en savait pas beaucoup sur la chose. Et elle ne laisserait certainement pas son grand-frère s’en charger. Merlin seul savait ce qu’il pourrait lui mettre en tête…

Se pouvait-il que ce garçon anglais arrive à se glisser dans ses pensées ? Parfois, Neolina en venait à le penser, même si cette fois-ci, il y avait une explication tout à fait rationnelle. Stubby savait très certainement qu’elle avait l’habitude de décomposer les mots. C‘était ça, ou il avait le même esprit un peu bizarre qu’elle. Probablement ça d’ailleurs. Elle l’écouta avec attention, un petit sourire sur les lèvres. C’était quand même rigolo que ce mot qui voulait dire l’inverse contienne le mot nique, non ? Drôle d’anglais, comme toujours. Et puis, cette histoire de Platon… Décidemment. Elle souffla distraitement sur une mèche de ses longs cheveux blonds qui s’était échappée de son bandeau, louchant un peu avant d’éclater d’un rire cristallin quand Stubby remarqua qu’il était bien tôt pour ce genre de remarque. « C’est vrai ça, tu n’as même pas bu de coca, c’est dire… » Cette fois-ci, elle loucha de façon appuyée sur la cannette, un peu étonnée qu’il ne l’ait pas encore ouverte. À vrai dire, elle en boirait bien une petite gorgée pour effacer la légère gêne qui subsistait encore en elle.

Anna releva finalement la tête de son pot que Neolina supposa être déjà à moitié vide. Force était de constater que Stubby était passé par là : la pauvre petite était échevelée et ressemblait presque à une sauvageonne. D’un geste machinal, elle attrapa sa baguette posée sur la table basse et pointa la tignasse de la gosse qui se levait, prononçant une formule slave qu’elle connaissait par coeur, habituée à s’occuper de ses plus jeunes soeurs. Les mèches retrouvèrent une forme à peu près correcte, les noeuds se défaisant en douceur. Habituée, la petite ne releva même pas le geste de sa nounou et se rua presque sur Stubby pour lui piquer sa cannette. « Si t’en veux pas, moi oui ! » Neo fit de gros yeux, et cala son bras entre la petite et son frère pour éviter une malencontreuse altercation. « Alors direction cuisine, jeune fille ! » lui dit-elle d’un ton doux, mais suffisamment ferme pour qu’Anna obéisse en trépignant un peu. Ouf, ils avaient évité le désastre. De toute façon, même si ça avait été du soda, Stubby ne lui aurait sans doute pas donné sa canette par pure charité. Elle lui lança un regard et pouffa un peu, imaginant la petite chanceler sous l’effet de la bière. Plus rapide que l’éclair, la petite revint avec sa boisson, attrapa le pot au passage et se cala en tailleur au sol, entre les jambes de Neo, levant la tête vers elle en lui servant un grand sourire auquel il manquait des dents. Elle n’eut pas besoin de demander quoi que ce soit que la jeune roumaine s’exécuta, attrapant à la main cette fois quelques mèches de cheveux pour lui faire une tresse. Cette activité la détendait tellement qu’elle n’utilisait la magie que quand elle était vraiment pressée. Concentrée, elle s’adressa à Stubby, à qui elle faisait pleinement confiance pour la suite de la soirée. « On écoute quoi ce soir, dis ? » Neo aimait que ce mélomane passionné lui fasse découvrir son monde, son univers, et ses sons qu’elle ne connaissait pas. Elle aimait que chaque soirée passée avec lui soit rythmée par des notes nouvelles, qui reflétaient une ambiance, une atmosphère particulière. Elle aimait danser aussi, souvent quand l’alcool l’embrumait un peu et qu’elle se laissait aller. Une fois la tresse terminée, elle vola la cuillère d’Anna qu’elle colla dans sa bouche, déclenchant une adorable onomatopée de ronchonnerie. « C’est ma récompense ! » lui dit-elle en jouant avec le bout de sa tresse. Sa cuillère toujours plantée entre ses lèvres, elle regarda Stubby cette fois. Elle avait bien hâte de connaître la bande-son de leur soirée platonique.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyJeu 11 Juin - 18:55

Il n’y avait que très peu de sujet sur lesquels Stubby était pudique. Et il aimait rire de tout, même des sujets grivois. Après tout, l’on pouvait faire feu de tout bois. Et, jusqu’à preuve du contraire, ils vivaient dans un pays où ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient sans craindre de se faire condamner pour cela. Imaginez ! Se retrouver à Azkaban pour un jeu de mot à base de baguette !
Merlin merci, Anna n’était pas encore en âge de comprendre ce genre d’allusion. Elle ne s’intéressait même pas à leur conversation, trop absorbée par son pot de glace. Tout de même, il fit la remarque qu’il était encore tôt pour aborder ces sujets-là. Il fallait au moins attendre que la petite aille dormir. Au moins pour se donner bonne conscience et avoir l’illusion d’être un grand-frère responsable.
« Qu’est-ce que ça va être à la fin de cette cannette ? Pour mon intégrité morale, j’suis pas sûr de vouloir commencer à boire. » rit-il en regardant le récipient.
Ne comptez pas sur lui pour cela ! Il allait en boire le contenu jusqu’à la dernière goutte. Eventuellement, il allait avoir la générosité de laisser Neolina boire quelque gorgée de ce breuvage. Mais ces paroles ne tombèrent pas dans l’oreille d’une sourde : Anna laissa aussitôt tomber son pot de glace – bien la moquette ! pour aller essayer de chiper la cannette des mains de son frère. Voyant la menace arriver, ce dernier avait levé les bras pour mettre le coca hors d’atteinte des mains juvéniles de la jeune fille et brandit la jambe pour la tenir à bonne distance. « Tu rêves ! » fit-il tandis que Neolina s’interposa doucement, invitant Anna à aller se chercher sa propre canette dans le réfrigérateur. Elle obtempéra et fila à toute jambe vers la cuisine.

Stubby se remit dans une position normale, ramenant jalousement sa boisson à lui en jetant un regard amusé à Neolina. Ils pensaient certainement à la même chose. Il n’aurait plus manqué qu’Anna finisse ivre. Sa mère aurait été furieuse et le père encore plus. Il but finalement une première gorgée de bière. A peine l’eut-il avalée que l’enfant revint au pas de course pour venir s’asseoir en tailleur au pied du canapé, près de la jeune fille au pair. Cette dernière comprit ce que ce geste voulait dire et entreprit de coiffer ses longs cheveux noirs et denses, semblables à ceux de Stubby au détail près qu’elle les avait légèrement ondulés.
Aux paroles de Neolina qui voulait savoir ce qu’ils allaient écouter ce soir, le jeune homme se leva du canapé après avoir posé son « coca » sur la table basse. « J’vais voir ce qu’il y a. » . Il enjamba sa sœur qui gênait le passage pour aller dans la chambre. Il passa en revue ses disques, à la recherche de quelque chose à écouter. Celestina Moldubec, Paul Anka, Billy Haley…  Après une minute de réflexion, il décida de partir sur du classique et indémodable : le King. Il glissa l’album sous son bras et entreprit de porter le tourne-disque, qui était bien lourd, au salon. Il le posa lourdement sur la table basse et alla le brancher à une prise. Prise située derrière le buffet, le contraignant à s’accroupir et à étirer son bras pour le passer derrière, cherchant la prise à tâtons. Il laissait échapper des jurons, tantôt en anglais, tantôt en arabe. Il n’utilisait pas la magie car la dernière fois il avait cassé trois assiettes et deux verres à pied en déplaçant ce buffet et abîmé la moquette. Anna se moquait de lui en gloussant.
Quand ce fut fait, il se redressa péniblement et retourna dans sa chambre pour prendre sa guitare. Et seulement à ce moment-là, il revint s’installer sur le canapé.
« J’ai pas fait dans l’originalité ce soir, je t’ai pris du Elvis Presley. »
Il n’avait jamais fait écouter Elvis à Neolina. Mais il ne doutait pas une seule seconde qu’elle avait déjà entendue quelques morceaux de lui au moins à la radio.
« Je l’écoute pas souvent celui là parce que le disque est abîmé. » commenta-t-il en regardant l’objet avant de le mettre sur le lecteur. « J’espère que ça grésillera pas trop. »
Ce qu’il faisait souvent avec Neolina, c’était de chanter et de jouer de la musique par-dessus un morceau déjà existant. Il ne lui avait jamais joué de compositions originales. Pour la simple et bonne raison qu’il estimait que celles qu’il avait achevées devait encore être sérieusement peaufinées si ce n’était complètement à jeter.
Quand la jeune fille au pair eut fini de coiffer Anna, elle lui piqua une cuillère de glace. L’enfant se plaignait, mais elle était gentille ! Stubby aurait mangé le reste du pot. Il mit en route le tourne-disque. La mélodie de Jailhouse Rock résonna dans le salon. Mais elle était particulièrement grésillante, faisant grimacer le jeune homme. Quel son désagréable.
« Arg… ça rend pas justice au King, ça. »
Il essaya de régler l’appareil mais rien n’y faisait. Il sentait le regard de Neolina qui le regardait faire. Cela l'embêtait d'avoir galérer à transporter le tourne-disque et de s'être cassé la tête à le brancher pour ça.
« J'crois qu'on va changer de programme... J'ai Celestina Moldubec qui est pas mal aussi. »
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyVen 12 Juin - 13:08

La complicité entre l’innocente roumaine et le flamboyant anglais allait grandissant. Neo savait désormais anticiper ses réactions, notamment avec sa soeur, et pouvait aisément détecter ses pointes d’ironie qu’elle ne percevait pas toujours les premières semaines. Comme le fait qu’il hésitait à commencer à boire… Mais. Bien. Sûr. Elle rit en même temps que lui à sa remarque, et se sentait sur la même longueur d’ondes, bien que leurs caractères soient relativement différents. Le regard qu’ils échangèrent en imaginant la petite soûle était d’ailleurs tout à fait symptomatique de cette connexion naissante entre eux, car elle savait bien qu’ils avaient tous les deux la même image en tête. Cela aurait été un tel carnage, et synonyme aussi de son potentiel renvoi, qu’elle s’en serait terriblement voulu. Mais voilà, l’image mentale était drôle, et tant qu’elle ne vivait que dans leur imagination.

Stubby laissa les filles à leurs affaires capillaires pour filer dans sa chambre de mélomane. Neo tressait en silence les longs cheveux d’Anna, qui restait tout aussi calme, appréciant les papouilles sur son cuir chevelu. Elle aurait pu la coiffer des heures sans qu’elles ne bronchent, ni l’une ni l’autre. Cela était déjà arrivé d’ailleurs. Stubby déboula finalement dans la pièce, les bras bien chargés, et Neo faillit lui proposer son aide, mais sa maladresse légendaire aurait sans doute fait plus de dégâts qu’autre chose. « Je te laisse gérer, hein… » lui dit-elle pour ne pas se montrer impolie. Si elle lui cassait son précieux tourne-disque, elle n’aurait pas assez d’une année ici pour tout rembourser. Tandis qu’il s’affairait à brancher la chose, offrant à Neo une vue imprenable sur son fessier qui la fit légèrement rosir tandis qu’elle essayait de focaliser son regard sur la tresse de la petite, Anna se moqua de son frère dans un petit rire étouffé que tout le monde entendait. Ces deux-là, décidement… Stubby jura dans un langage qu’elle comprenait à moitié, mais elle ne releva pas. Il risquerait de s’énerver un peu plus. Et puis, quelques minutes après, il revint avec sa guitare, et Neo lui offrit un sourire de joie pure. Elle aimait que Stubby chante et joue pour elle. C’était un plaisir qu’il lui faisait tout en assouvissant son besoin de créativité, et cet échange de bons procédés la ravissait.

Elvis Presley, alors ? Ce nom lui disait quelque chose, sans qu’elle puisse se souvenir de quelque chose. Il semblait vouloir lui dire que ce type était connu, mais pour elle, c’était vraiment l’inverse. « C’est un classique, alors ? » demanda-t-elle innocemment. Les premières notes se firent entendre, dans un grésillement assez charmant et caractéristique des disques. C’était drôlement entraînant cette guitare, cette batterie et cette joie dynamique. Son pied battit la mesure maladroitement tandis qu’elle terminait son affaire capillaire. Mais Stubby ne semblait pas apprécier le moment comme elle, bien plus mélomane et l’oreille plus affutée qu’elle qui se contentait de peu. « Pfff, c’est nul ! » bouda Anna en entendant le rock’n roll. Neolina la connaissait suffisamment pour savoir que cette remarque avait pour seul but d’énerver son grand frère, aussi l’ignora-t-elle tandis que la petite se dirigeait vers sa chambre après son insolence. La jeune femme l’interpella avant qu’elle ne disparaisse de sa vue. « Quartier libre pendant 15 min. Après… » Anna l’interromput dans un soupir las. « Oui, je sais. Pyjama, salle de bain, au lit. » Neolina acquiesça et la laissa disparaître de leur vue.

« Le King ? » s’exclama-t-elle enfin, reportant son attention sur le jeune musicien alors qu’elle saisissait la cannette pour en boire une gorgée. L’amertume tapa son palais et elle évita de grimacer. La bière était une boisson à laquelle elle avait bien du mal à se faire. Elle conserva la cannette tandis que son propriétaire galérait avec l’engin technologique. La magie ne pouvait pas résoudre son problème ? « Oh non, laisse s’il te plait, j'aime bien ! » Le fameux King - était-il de la famille royale ? Elle n’osa pas demander - avait l’air si heureux de chanter que sa bonne humeur était communicative. Elle imaginait des prisonniers se déhancher, et cela l’amusait beaucoup. « Tu n’as qu’à accompagner le King. » proposa-t-elle, se posant en tailleur dans le canapé en attendant qu’il vienne la rejoindre et pose sa jolie voix sur cette mélodie entraînante. « Comme ça, tu seras le Prince ! » Ignorant au passage que ce serait le nom d’une future star et qu’elle avait quelques années d’avance en disant cela. Ses yeux se posèrent sur la guitare. Elle avait hâte de l’écouter gratter ses cordes et se laisser aller à sa passion, tandis qu’elle serait spectatrice silencieuse. Le voir aussi à l’aise la fascinait réellement, elle qui n’était pas très douée de ses dix doigts, et une chanteuse plutôt médiocre au passage. Stubby, lui, débordait de talent, même si son beau-père ne lui reconnaissait pas cette qualité. Le King chantait bien, mais sans objectivité aucune, elle préférait la voix de son ami. Est-ce qu’on pouvait dire que Neo était sa première groupie ? Peut-être un peu. Et elle adorait ça.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptySam 13 Juin - 19:25

Stubby avait commencé à être fasciné par la musique très tôt. Tellement tôt que l’on pouvait considérer que c’était depuis toujours. Sa mère l’avait élevé seule car son père était mort à la guerre. Elle venait tout juste d’arriver en Angleterre, ne parlait que très peu la langue et n’y avait pas d’amis. Son monde se résumait à sa maison et à son fils. Pour vivre, elle travaillait comme blanchisseuse et couturière à domicile. Il s’agissait de la seule façon qu’elle avait de gagner de l’argent sans devoir laisser son garçon entre des mains étrangères – qui lui aurait coûté d’avantage d’argent. Et à la maison, la radio était toujours allumée, comme pour combler une absence. C’était sûrement ce qui expliquait l’importance de la musique dans la vie de Stubby.
Pourtant, il n’avait appris à jouer d’un instrument qu’en entrant dans l’adolescence. Sa mère avait rencontré Jagur et s’était marié avec lui. Cela leur avait permis d’avoir une meilleure situation financière, permettant au jeune couple de lui payer des cours de musique et plus tard un instrument. Il avait appris les bases à une vitesse hallucinante, ce qui avait beaucoup surpris son professeur. Et depuis, il n’y avait pas un jour sans que le jeune homme ne chante ou ne joue de la guitare. Il savait aussi jouer du piano mais n’en possédait pas pour des raisons évidentes de places et de moyens.
Stubby était toujours ravi de faire découvrir à Neolina son univers musical. Force était de constater qu’elle était assez ignorante en ce qui concernait la musique anglaise et anglophone de manière globale. La jeune femme venant tout droit de Roumanie, le jeune homme imaginait que c’était normal. Il ne pouvait que supposer, cela étant. Il ne connaissait pas du tout la vie là-bas. Mais on disait qu’ils étaient communistes. Ce qui sonnait déjà très mal à ses oreilles.
« Un classique, c’est peu dire ! C’est un monument de la musique actuelle, je n’ose même pas imaginer le nombre de manoirs qu’il peut se payer ni même leur taille. »
Il enviait vraiment son succès et la reconnaissance de son talent qui en découlait. Il mit le tourne-disque en route. Anna manifesta son désacord. Stubby était certain qu’elle ne le contredisait que pour le contrarier.
« C’est que tu sais pas ce qui est bon. » répondit-il avec recul tout en se concentrant sur l’appareil qui ne produisait pas un bon son aux oreilles sensibles du mélomane.
De toute façon, la petite ne l’écouta pas et alla s’éclipser dans la chambre. Lui, il ne faisait pas attention au court dialogue entre elle et Neolina. A la place, il râla, ignorant au passage son interrogation sur l’énigmatique surnom d’Elvis. Ils ne pouvaient pas décemment écouter l’artiste avec un son aussi mauvais, n’est-ce pas ? Il proposa de changer de programme mais Neolina s’y opposa.
« Mais… » commença alors par protester Stubby avant de se faire couper.
Ah la la ! Que pouvait-on refuser à la roumaine ? Il la regarda silencieusement quelques secondes avant d’abdiquer et de retourner s’asseoir sur le sofa. Il prit sa guitare qu’il positionna correctement.
« Bon si tu veux. Par contre j’ai pas du tout timbre de voix profond et sensuel d’Elvis. Mais je pourrais toujours essayer de faire comme si. » Il s’éclaircit la voix et essaya de prendre celle du King. Le contraste rendait la chose amusante. « Hélas, je ne pense pas que ce sera très convaincant. Entends-tu l’effort que j’y mets ? » Il reprit sa voix normale. « Cela étant, si on ne s’aventure pas dans Can’t Help Falling in Love, on devrait être bon. »
Sa tessiture faisait qu’il se sentait nettement plus à l’aise à chanter dans les aigues que dans les graves. A vrai dire, il se sentait même un peu timide à l’idée de chanter des chansons qui le pousseraient dans le mauvais registre vocal même s’il y parvenait malgré tout. Sans aucun doute, l’entraînement allait l’aider à le mettre à l’aise.
Trêve de mondanités, après avoir gentiment pris la cannette des mains de Neolina pour en boire une gorgée, il trifouilla le tourne-disque pour arriver à Return to Sender*. En même temps que la musique résonna, Stubby commença à jouer de sa guitare en chantant avec le dynamisme approprié. En jouant et chantant, il bougeait un peu les épaules en lançant des regards à la jeune fille au pair et des petits sourires. Il espérait qu’au troisième « return to sender », elle allait le rejoindre.

*JE SAIS, c’est de 1962. Mais je trouvais que celle-ci passait bien. Pour un an, on va pas chipoter :red :
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Neolina Siankov

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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyLun 15 Juin - 23:24

Comme il était amusant de voir le regard de Stubby s’illuminer quand il parlait de ses artistes préférés. Le jeune homme avait une certaine ambition, une envie de percer dans ce milieu si particulier et tellement étranger à la jeune femme. Il l’avait emmenée quelques fois à des concerts, quand elle avait une soirée de libre, et l’euphorie ambiante l’avait toujours emportée. La musique avait cette faculté de la transporter dans un autre petit coin du monde de Neo. Il fallait dire que ce genre d’événements n’étaient pas tellement communs en Roumanie, en pleine Guerre Froide. L’art n’était clairement pas au coeur des préoccupations des jeunes gens du pays. Mais à Londres, tout était si différent. Le monde s’ouvrait à elle, et Neolina se délectait de chaque seconde car elle savait que d’ici quelques mois, il lui faudrait retourner de là où elle venait. Comme il serait facile de rester ici, de fuir ce monde en noir et blanc pour les lumières de la capitale anglaise. Mais voilà, sans qu’elle ne puisse se l’expliquer, elle avait le mal du pays. Ses soeurs lui manquaient, sa mère aussi, et tout le reste qui faisait l’étrange charme de sa Roumanie.

Ce qui amusa Neo, toutefois, c’était le fait que Stubby associe le succès de ce chanteur à la voix basse à l’argent qu’il devait gagner. Il était clair qu’il avait envie de quitter son foyer, mais l’amour de la musique n’était-il pas ce qui le guidait ? Pour elle, après tout, cet endroit ressemblait presque à un appartement grand luxe, comparé à ce qu’elle connaissait. Les Siankov vivaient de peu, et s’en contentaient bien. Quand elle parlerait à ses soeurs de cet étrange tourne-disque, elles seraient bien ébahies. Mais ici, c’était différent. Le capitalisme était une toute autre façon de voir les choses, et elle espérait sincèrement ne pas trop y prendre goût avant son départ.

Stubby n’eut pas l’air ravi qu’elle le supplie de laisser ce disque qui le dérangeait. Toutefois, sa protestation fut douce, et elle n’eut même pas à batailler que déjà, il cédait à son petit caprice. Malgré ses grands airs, le jeune musicien était quelqu’un de vraiment gentil, une fois qu’on arrivait à passer outre cette façade de garçon rebelle et un peu insolent. En tout cas, il ne se comportait pas comme ça avec elle, et elle espérait sincèrement que lorsqu’il serait une grande star - parce que oui, il serait un jour une grande star, elle y croyait réellement - il continuerait à se montrer aussi agréable. Mais visiblement, il était bien embêté de devoir chanter. C’était une première, ou presque. « Oh, allez ! » l’encouragea-t-elle avec enthousiasme, se demandant s’il voulait se faire un peu prier, ou s’il était réellement ennuyé par le fait que sa voix ne cadre pas avec celle du roi du rock’n roll. Mais les meilleurs chanteurs ne savaient-ils pas s’adapter hein ? S’il faisait sa mauvaise tête, la jeune femme savait qu’elle pourrait le défier un peu. Elle n’eut pourtant pas à aller jusque là, car il se livra dans une imitation désopilante du fameux King qui ne lui allait pas très bien. Elle rit de bon coeur, sans moquerie aucune, touchée qu’il y mette autant de coeur pour satisfaire son envie mélodique. « J’entends, j’entends. Mais je préfère Stubby Boardman à Stubby Kingman. » le charia-t-elle un peu, pourtant tout à fait honnête, son accent de l’est écorchant un peu les deux patronymes.

Elle avait si hâte, oh oui si hâte de l’entendre chanter qu’elle laisse docilement la cannette lui filer des mains pour lui donner un peu de courage liquide. Une nouvelle chanson se fit entendre, sur un tempo tout à fait différent, et entendre les notes émaner de la guitare de son colocataire lui déclencha un doux frisson qui parcourut son échine. Sa tête suivait le rythme doucement, sa queue de cheval ondulant au fil des notes, et ses yeux ne quittaient pas le chanteur amateur qui était bien trop modeste, car il maîtrisait très très bien la chose. Mais encore une fois, la jeune femme n’était ni objective, ni détentrice de l’oreille absolue. Elle l’écouta donc avec une fascination évidente, les yeux pétillants de joie, tandis qu’il narrait en duo avec la voix grésillante du King cette histoire de lettre qui ne trouvait pas de destinataire. Les drôles d’histoire de ces chanteurs l’amusaient beaucoup. Non vraiment, qu’on puisse écrire toute une chanson sur une action aussi insignifiante relevait tout bonnement du génie pour elle. Stubby faisait donc le show, et elle se risqua à fredonner vraiment tout bas pour ne pas gâcher le moment le dernier refrain, la mélodie un peu fausse de sa voix gommant son accent d’une façon étrange. Et puis, c’était déjà fini. Si court, non vraiment ! Enthousiaste, la jeune femme applaudit l’agréable spectacle et déjà, le disque partait sur autre chose, mais elle n’y prêta pas attention. « Oh, Stubby, c’était vraiment bien ! Tu mérites une autre scène que ce canapé ! » Pouvait-on être plus sincère qu’elle à cet instant précis ? Sans doute pas. Stubby ne se contentait pas de chanter. Il vivait la musique. Il la ressentait, comme si elle coulait dans ses veines, et c’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas comprendre. Mais y assister, c’était quelque chose de presque communicatif.

« J’espère qu’elle ne lui rendra pas sa lettre cette fois. » dit-elle, un peu rêveuse, la chanson l’ayant laissée un peu sur sa faim. « C’est une jolie histoire. Un peu triste, mais chantée gaiement. C'est si...  » Si la magie qu’ils pratiquaient en tant que sorcier était inexplicable, celle des paroles enchanteresses de ces sorciers mélomanes n’avait rien à lui envier. Saisissant la canette délaissée, Neolina y trempa à nouveau ces lèvres, mais ne put cacher sa grimace. Le liquide devenait un peu chaud, et ça n’était pas super bon. « Et toi, quand est-ce que tu vas raconter tes propres histoires, dis ? » S’accoudant sur le canapé, elle posa sa tête dans le creux de sa main et l’observa, les yeux toujours remplis de paillettes. Et ça n’était pas dû à la bière, promis.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyJeu 18 Juin - 23:02

Stubby avait vécu toute sa vie au Royaume-Uni. Il ne connaissait pour ainsi dire rien d’autre. Il n’était même jamais allé au Liban d’où était originaire sa mère. La cause, encore et toujours, à un manque de moyen. Tout ce qu’il savait de ce pays, c’était ce qu’elle lui en avait raconté. Et tout ce qu’il en avait hérité, c’était quelques traits et les brides d’une langue qu’il maîtrisait plus ou moins.
Par conséquent, il n’avait connu qu’une société d’après-guerre imbibée de capitalisme dans laquelle il avait constamment éprouvé la pauvreté. Tout le ramenait à ce fait. Pour lui payer des cours de musique, on avait dû faire des concessions. Comme laisser tomber l’idée d’aller en vacances à la mer, limiter le nombre de petits plaisirs comme celui d’aller simplement s’acheter un disque. La musique coûtait plus cher que le football, voyez-vous ? A l’époque où il avait commencé, la famille avait des moyens plus limités qu’à l’heure actuelle. Aujourd’hui, le commerce de Mr. et Mrs. Ghazi était rentable et leur permettait de vivre encore convenablement à quatre – cinq en comptant Neolina.
Cette dernière allait bien rapidement se rendre compte de l’importance de l’argent dans ce pays si ce n’était pas déjà le cas. Il imaginait qu’en Roumanie, les choses étaient peut-être différentes.

« Oui m’enfin là je suis plus Peasantman que Kingman. » rit-il de lui-même, admettant la médiocrité de son imitation.
Sans plus tergiverser, il sélectionna une des musiques d’Elvis Presley et l’interpréta par-dessus le son de mauvaise qualité du disque. Quand le morceau toucha à sa fin, Neolina ne tarit pas de compliments à propos du talent de Stubby dont l’égo se trouvait particulièrement satisfait. Il affichait un sourire au sous-ton vaniteux.
« Je le mérite et je vais l’avoir. N’en doute pas une seule seconde. » affirma-t-il, plein d’assurance.
Le talent et le travail devaient porteur leur fruit. Stubby combinait les deux. Si le public n’était pas capable de le voir, c’était qu’il y avait un gros problème dans l’industrie musicale. Le jeune homme était sincèrement convaincu que son talent allait lui apporter le succès. Et si cela pouvait paraître présomptueux, le futur allait lui donner complètement raison.
Neolina, songeuse, réfléchit sur les paroles de la chanson que Stubby et le king venait de chanter avec un enthousiasme dissonant.
« Si dissonant. Je trouve ça tellement cocasse. On est d’accord qu’on lui a mis un des pires râteaux de l’histoire à ce pauvre gars ? »
Il attendit que Neolina finisse de boire sa gorgée de bière pour lui prendre et en boire une à son tour. Il fit la même grimace qu’elle : le liquide était tiède. Ca réchauffait vite cette m*rde ! Mais il allait la finir quand même.
« Moi ? J’ai pas d’histoires à raconter. Je veux juste chanter. »
Il se sentait plus performeur et chanteur que parolier. Pourtant, il avait quand même des histoires à raconter comme tout un chacun. Mais mettre ses idées en parole de chanson n’était pas un exercice aisé pour tout le monde y compris pour lui. En écrivant des paroles, on exposait une part de soi au public. C’était un exercice impudique. Il se sentait un verbe maladroit.

Alors que l’on commençait à l’oublier, Anna fit irruption dans le salon avec son doudou – qui était une sorte de chiffon. « Neooooo ! » appela-t-elle depuis la porte de sa chambre. « Tu peux m’aideeeer ? » Elle voulait que la jeune fille au pair l’aide à se mettre en pyjama et à se laver les dents avant d’aller au dodo. Quelqu’un aidait toujours Anna à cela. Quand sa maman était là, elle s’en chargeait la plupart du temps. Régulièrement, c’était Neolina. Et auparavant, Stubby le faisait assez fréquemment quand il rentrait de Poudlard. Mais cela arrivait de moins en moins souvent depuis qu’elle commençait à comprendre qu’il était un garçon et non un être humain asexué. Cependant, il continuait toujours à venir la border le soir. A vrai dire, les soirs où le jeune homme n’était pas là pour accomplir cette tâche étaient les soirs où le coucher était le plus laborieux.
Même s’ils se chamaillaient énormément, Anna et Stubby étaient très proches. La petite fille était très attachée à son grand-frère. Parfois, à défaut d’aller à la mer ou à la piscine, Stubby remplissait la baignoire pour s’y baigner avec Anna et jouer jusqu’à ce que l’eau devienne froide – ou qu’il y en ait plus au sol que dans la baignoire. D’autres fois, on les retrouvait tous les deux endormis comme des loirs dans le canapé du salon. Cette proximité inquiétait parfois Mr. Ghazi là où son épouse y voyait juste une phase pour la jeune fille et une bonne chose.
Anna s’approcha d’eux avec sa cannette qu’elle tendit à Stubby l’air de dire « finis la ». Il la prit et constata qu’elle était à peine entamée.
« Nan mais t’abuses ! Ca servait à rien de demander une cannette si c’était pour pas y toucher. En plus je suis sûr que t’as bavé dedans. » La petite fit non de la tête avec ce regard malicieux qui la rendait coupable. « Crapaud ! »
Elle lâcha un rire amusé avant de filer vers la salle de bain dans l’espoir que Neolina la suive. Stubby dirigea son regard vers cette dernière, un moue résignée. « Je te laisse t’en occuper. Je vous rejoindrai dans la chambre. » Il se leva, posant sa guitare sur le côté, pour aller dans la cuisine vider la cannette de coca rendue tiède et avec certainement de la bave dedans.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyVen 19 Juin - 22:13

L’assurance qui se dégageait de Stubby était quelque chose qu’elle n’avait jamais vu avant. Il avait une telle certitude que les choses allaient marcher pour lui, certitude qu’elle partageait, qu’elle enviait sa façon de voir les choses. À 18 ans, là, maintenant, Neo n’avait aucune idée de ce qu’elle voulait devenir. Raison pour laquelle elle était venue à Londres, découvrir le monde, trouver une vocation peut-être ? Les gens comme Stubby l’inspiraient. Elle aussi avait envie de savoir ce qu’elle voulait devenir, mais cette inconnue dans sa vie ne l’angoissait pas outre mesure. Apprécier les choses comme elles venaient, voilà qui lui convenait plutôt bien. « Tu m’inviteras à tes concerts, hein ? » dit-elle d’un air rêveur, imaginant son ami enflammer la scène et elle l’admirer d’en bas, dodelinant de la tête au son de son agréable voix.

Sa réflexion sur le pauvre Elvis lui arracha un rire vraiment sonore. Quelle façon crue de mettre des mots sur cette chanson, vraiment. « Le pauvre, quand même… » dit-elle avec une empathie non feinte, comme si cette histoire était la réalité, comme si vraiment le pauvre garçon souffrait alors qu’il avait sûrement inventé ça de toute pièce. Elle était si admirative de ces gens qui avaient de la créativité à revendre, elle qui n’avait pas suffisamment vécu pour s’inventer des histoires pareilles. Oh, elle fait déjà embrassé un garçon, une fois. Mais de là à vivre une histoire d’amour… Les jeunes roumains n’étaient pas tendres avec leurs aventures, et elle en avait fait les frais. « Mais bon, c’est une chanson… » acheva-t-elle, essayant elle-même de se persuader que tout ça n’était que pure fiction, même si au fond, elle enviait ces vies des autres qui semblaient plus intéressantes que la sienne. Elle ignorait à l’époque qu’elle aurait son lot de drames à venir qui feraient de très bonnes paroles.

Chanter donc ? Pas de paroles de la part de Stubby ? Oh, elle aurait presque été déçue, si elle n’aimait pas tant l’écouter chanter. « Vraiment ? Tu vas devoir trouver un Elvis pour t’écrire tout ça alors ! » Neo ne se posa même pas la question de savoir si c’était bien lui qui écrivait. Peu importait après tout, non ? « Je suis sûre que tu as plein d’histoires en plus… allez, racoooooooonte ! » lui demanda-t-elle avec une petite insistance. Le monde de Stubby lui était parfois si étranger qu’elle avait envie d’y mettre ne serait-ce qu’un pied. Il cachait quelques secrets qu’elle commençait à découvrir, et vraiment, tout ça la fascinait un peu trop. Stubby semblait aimer les garçons. Ca, c’était quelque chose d’inédit dans sa vie. Un peu décevant, considérant qu’un temps elle avait songé à lui d’une manière pas très, comment disait-il déjà ? Platonique ! Mais tout de même, si ça, ça n’était pas une histoire !

Toutefois, Anna, avec son sens du timing incroyable, coupa court à la conversation en braillant, interrompant ce moment croustillant que Neo avait cherché à provoquer. Soufflant sur une mèche de ses cheveux, Neo se leva tandis que frère et soeur se chamaillaient  -oh oui, encore, elle commençait à être habituée - avant d’embarquer la petite sous le bras direction salle de bain. « Allez hop, finis les sucreries !» lanca-t-elle joyeusement, la gamine étrangement docile à ses côtés. Le rituel prit place, et la petite frotta ses dents sans broncher tandis que Neo lui chantait une vieille comptine roumaine qui faisait pile les trois minutes réglementaires, de sa voix un peu fausse. Anna se déhancha maladroitement, Neo l’imitant un peu, leurs reflets ridicules hilares face au lavabo. Une fois tout ça terminé, la petite enfila son pyjama préféré, qui sentait bon la lessive et Neo l’embarqua sur son dos jusqu’à sa chambre, ne serait-ce que pour lui faire plaisir. Elle lâcha le colis sur son lit, et la petite trépignait en attendant son grand frère qu’elle prétendait détester, mais c’était si faux. Leur liberté était proche finalement, et Neo borda la gamine consciencieusement en attendant que le flamboyant Stubby ne débarque. « Tu ne partiras pas, hein, Neo ? » La jeune roumaine sentit son coeur se briser en entendant sa supplique inattendue, et elle balaya une mèche de ses cheveux qui s’étaient échappés de la tresse en cherchant quoi répondre. « Tu seras toujours dans mon coeur, suriorira… » lui chuchota-t-elle dans un souffle, un peu émue. Anna avait pris une telle place dans sa vie qu’elle ne s’imaginait pas loin d’elle et pourtant, un jour, elle savait qu’elle devrait la quitter. « Peut-être que tu te marieras avec Stubby ! » lâcha la gosse enthousiaste en ignorant le moment émotion, et Neo laissa échapper un rire cristallin tandis que la silhouette dudit musicien se découpait dans la lumière de la veilleuse. « Vous êtes ma famille maintenant… » répondit-elle doucement pour éluder la question ridicule. La petite était loin de se douter de tout ce qui se cachait derrière cette phrase. Mais il était vrai que Stubby et Neo, ainsi assis au bord du lit, avaient des airs de papa-maman un peu étrange. Elle adressa à son presque frère un sourire tendre, le laissant prendre la relève. Il fallait dire que son coeur était un peu lourd à cet instant précis.

Suriora = petite soeur en roumain
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptySam 20 Juin - 0:07

« Pas seulement à mes concerts, mais dans les backstages aussi ! Dans les studios d’enregistrement ! Aux séances photos ! Je te mettrai aux premières loges. »
Le monde de la scène faisait rêver Stubby. Toute cette ambiance, cette atmosphère que rien ne pouvait imiter. Sentir les éclairages braqués sur lui, l’adrénaline prenant doucement possession de son corps. Cette idée lui faisait l’effet d’une caresse faisant naître un besoin qui lui paraissait urgent, lui procurait un frisson qui parcourait tout son corps jusqu’au bout de ses doigts. Quand on ne l’avait pas vécu, on ne pouvait pas comprendre.
Stubby n’avait pas encore envisager la façon dont cette célébrité et la reconnaissance de son talent allaient venir à lui. De toute évidence, il allait devoir les chercher. Il avait parfaitement conscience que ce n’était pas en composant et chantant solo dans sa chambre ou sa salle de bain qu’il allait parvenir à quoique ce soit. Il devait s’exposer, tenter des choses. Il ne se doutait même pas encore qu’il n’allait pas vivre sa célébrité seul mais en groupe.
Le jeune homme ne s’était encore jamais produit en public, ni sur une scène. Il aurait pourtant aimé. Mais il ne se sentait pas assez accompli pour cela. Il y avait toujours quelque chose qui sonnait mal. Et aussi déterminé qu’il pouvait être, il lui semblait devoir gravir les plus hauts et intimidants sommets pour des choses qui pourtant n’étaient pas aussi difficile que cela.

« Il ne m’en faudrait pas qu’un d’Elvis, mais deux ! Peut-être trois. »
Il avait bien essayé d’écrire des paroles de chanson. Mais à chaque fois, à la relecture, il les trouvait tellement personnelles. Si personnelles qu’il ne pensait pas bon de les exposer et que cela n’allait parler à personne. Neolina insistait pour qu’il lui raconte des histoires sur lui. Il savait parfaitement quel genre d’histoire elle voulait entendre. Et malheureusement pour elle, elle allait être très déçue.
« Non non, vraiment. J’ai vraiment une vie ennuyeuse à raconter. » soutint-il en souriant sous la pression qu’elle lui mettait.
La jeune femme insista encore. L’air qu’elle affichait ressemblait à celui d’une enfant beaucoup trop curieuse. Stubby évitait de la regarder en buvant le reste de bière pour ne pas céder. Cela ne fut pas très efficace. Il consentit à raconter une anecdote. Il s’installa plus confortablement dans le canapé, repliant ses longues jambes sous lui et contre lui.
« Euhm… Quand je devais avoir 13 ou 14 ans... On venait d’emménager dans le quartier… Et y’avait une fille qui me plaisait… »
Anna n’avait jamais aussi bien tombé ! Elle débarqua presque en trombe dans le salon, interrompant Stubby dans son récit à peine entamé. C’était l’heure du coucher. Par conséquent, le devoir appela Neolina qui alla dans la salle de bain avec la petite fille.
En attendant, le jeune homme débarrassa un peu le salon avant de se reposer dans le canapé. Pour tuer les minutes, il se saisit de sa guitare et gratta calmement quelques notes. Il entendait les filles rire depuis la salle de bain. Il les laissait à leur moment complice entre elles. Peu après, il les vit passer dans le salon pour aller dans la chambre.
Il attendit encore quelques minutes en jouant une mélodie simple avant de mettre de côté sa guitare, se lever et aller voir ce qu’il se passait dans la chambre. Celle-ci était tout juste éclairée par la lueur de la veilleuse. Il eut juste le temps d’entendre son prénom. « Ca parle de moi ? » fit-il en venant s’asseoir au bord du lit – beaucoup trop bas pour lui. Il n’attendait pas de réponse. Il adressa un regard à Neolina. Puis il resta silencieux quelques secondes en regardant sa sœur avant de venir lui chatouiller la plante des pieds qui dépassaient la couverture. Comme d’un réflexe, elle ramena ses jambes à elle pour mettre ses pieds à l’abri en riant.
« Tu seras sage cette nuit ? » La petite fit oui de la tête. « Tu viendras pas m’embêter, cette fois-ci ? » Elle réitéra le geste.
La nuit précédente, elle s’était réveillée et était venue embêter Stubby dans son sommeil juste pour lui dire qu’elle avait envie de faire pipi. Naturellement, le jeune homme l’avait envoyé balader. Après tout, elle savait où étaient les toilettes et y aller toute seule, même la nuit. Elle avait semblé obtempérer dans un premier temps. Puis, elle était revenue et avait squatté le lit de son grand frère. Encore naturellement, ce dernier l’avait envoyer balader. Il dormait, merde ! Mais lassé, il avait fini par la laisser faire ce qu’elle voulait. Il voulait juste qu’on le laisse pioncer.
Et savez-vous ce qu’elle avait fait ? Pour se venger de Stubby qui avait pas voulu l’accompagner aux toilettes ? Elle avait pissé dans son lit. Intentionnellement. Autant dire que tout l’immeuble avait dû entendre le jeune homme jurer et râler.
Fallait croire que le caprice c’était de famille.
« Si tu le fais pas, tu sais ce qui va arriver ? » Non de la tête. « Le croque-mitaine viendra te manger les pieds quand tu seras profondément endormie. »
« C’est qui le croque-mitaine ? »
« C’est moi. Compris ? »
Elle fit oui de la tête. Sur cet avertissement, il lui adressa quelques paroles gentilles, remonta la couverture sur elle. Il lui déposa un baiser sur le front et lui dit bonne nuit avant de se lever pour la laisser dormir. Neolina l’attendait, appuyée contre l’encadrement de la porte. Stubby poussa la porte, la laissant légèrement entrouverte.
Puis, les deux jeunes gens retournèrent dans le salon. L’anglais se dirigea vers le réfrigérateur pour prendre deux bouteilles de bière. « Quartier libre ! » se réjouit-il en décapsulant les bouteilles. Il tâchait de ne pas parler trop fort tout de même.
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Neolina Siankov

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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyLun 22 Juin - 2:11

Cette enfant avait vraiment le chic pour débarquer quand il ne fallait pas. Non vraiment, c’était une compétence rare, que même Neo dans sa grande maladresse ne possédait pas. Alors que Stubby était sur le point de lui révéler une histoire croustillante, avec une fille en plus, elle avait déboulé au pire des moments, vraiment. Mais ça n’allait pas se terminer comme ça, oh non. Elle n’en avait pas fini avec lui. Et puis, quand on voyait la petite comme ça, aussi attendrissante à écouter les bêtises de son frère, c’était tellement difficile de lui en vouloir. Après avoir déposé un baiser sur son front, elle avait cédé la place à Stubby, regardant la scène à distance tandis qu’il lui collait des idées dans la tête. Bah, qu’il fasse. Ça serait lui qu’elle réveillerait en pleine nuit si elle faisait des cauchemars. Et c’était son lit qu’elle mouillerait. Neolina se souvenait de la scène qu’il avait faite la veille, quand la petite avait eu un petit accident dans ses draps. Oups. Elle avait rappliqué dans la chambre et géré la situation à toute vitesse, les complaintes de Mr Ghazi comme un avertissement que s’il se levait, Stubby allait prendre cher. Certes, elle n’était pas sa fille au pair, mais si elle pouvait lui éviter un nouvel affrontement, elle le faisait avec plaisir. Anna avait fini la nuit dans sa chambre à elle, Stubby dormant dans le lit de la petite qui lui était sec. En y repensant, c’était quand même drôle. Mais mieux valait ne pas en reparler, au risque qu’il ne voit rouge, le croque-mitaine.

Finalement, la mission coucher fut une franche réussite, et voilà les deux jeunes gens prêts à commencer leur  soirée, à eux. Posée dans le canapé, Neolina se mit pied nu et détacha ses cheveux, passant la main dedans pour leur faire retrouver une forme à peu près convenable. Sa tignasse ébouriffée lui donnait un air un peu sauvage qui contrastait avec la douceur de ses traits et de son caractère. Tendant la main vers la canette que lui offrait Stubby, elle trinqua avec lui. « Liberté chérie, oui ! » Le liquide amer ne la régala toujours pas, mais il allait falloir qu’elle s’habitue, enfin si la chose était possible. Ils allaient enfin pouvoir retrouver le fil de leur conversation car oui, Neo n’avait pas oublié. Mais elle n’avait pas envie de braquer le fier anglais en lui rentrant dans le lard directement, aussi le regarda-t-elle d’un air tendre et entreprit de le flatter un peu. « Tu imagines, quand tu seras plus connu qu’Elvis… Je devrais te partager avec toutes tes groupies ! » Elle n’avait pas réagi quand il lui avait dit qu’elle serait aux premières loges, mais elle avait été touchée par l’intention. Sans doute ne pourrait-elle pas en profiter comme elle le voudrait hélas, avec cette maudite guerre froide, certes, mais diablement compliquée en terme de circulation est/ouest. Déjà, venir à Londres avait été une épreuve. Son oncle, basé dans la capitale occidentale, avait du faire appel à des trésors d’inventivité pour la faire arriver ici, via un portoloin pas super légal. À vrai dire, c’était un miracle que sa mère ait accepté qu’elle parte loin, dans une grande ville capitaliste, chez des inconnus qui plus est et n’avait cédé que parce que son frère avait trouvé les bons arguments. Neo avait soif de découvrir le monde, bien plus que ses soeurs et Katerina Siankov savait bien qu’elle ne pourrait pas la garder plus longtemps dans son giron. L’oncle prévenant connaissait bien Mr Ghazi, qui lui avait fait part de son besoin de nounou à domicile, et s’était donc porté garant. C’était lui qui lui avait donné quelques bases d’anglais à son arrivée, pour éviter qu’elle ne soit trop perdue, lui qui avait mâché le travail et pourtant, lui laissait une folle liberté dont elle jouissait avec joie.

Le retour en Roumanie serait difficile, elle le savait. Sans doute ne connaitrait-elle pas les débuts flamboyants de Stubby sur scène, ni les premiers amours d’Anna, l’obtention de son diplôme, l’émancipation de ce grand fou loin de la pression familiale. Il faudrait se contenter de hiboux, sûrement, quand il aurait le temps. S’il ne l’oubliait pas. Il ne ferait pas ça, hein ? « Enfin, tant que j’ai encore une petite place là, ça me va ! » dit-elle avec un sourire tendre, posant son doigt sur sa poitrine. Neo savait que le temps et la distance n’effacerait le visage de son ami, et le lien qui les unissait, du moins de son côté. Elle ne lui avait d’ailleurs jamais parlé de son futur et inexorable départ, et n’avait pas envie de le faire. Pas ce soir, en tout cas. Croisant ses jambes en tailleur, elle partit sur un sujet bien plus léger, fixant Stubby de son regard un peu inquisiteur. « Et sinon, cette histoire d’emménagement et de béguin… ? » S’il croyait s’en être sorti, il rêvait. La vie de la jeune femme était un peu vide côté sentimental, alors évidemment, elle se délectait de celles des autres. Et malgré ce qu’il disait, celle de Stubby en faisait partie. Elle avait envie de mieux le connaître, de tisser au fil des soirées leur délicate amitié. Et les déboires sentimentaux adolescents, c’était un bon début.
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyMar 23 Juin - 22:55

Stubby était prêt à se délecter de ce moment de liberté qu’il avait avec Neolina bien trop rare à son goût depuis qu’il avait quitté Poudlard. Ce n’était pas une liberté totale dans la mesure où Anna dormait dans la pièce juste à côté mais il allait s’en contenter. Neolina avait lâché ses cheveux comme pour devenir l’allégorie de leur liberté. Ils trinquèrent en l’honneur de cette chère amie.
« Mais… Faut partager ! Neolina ne serait pas partageuse ? C’est fort étonnant… » fit-il d’un air taquin. « J’aurais pensé que… nan laisse tomber. Oublie. » Il balaya ses propos d’un geste de la main négligé.
Il estima à la dernière minute que faire une remarque sur le communisme aurait été déplacée. Cette idéologie avait mauvaise presse dans ses contrées. Très certainement influencé par le géant étasunien et son soft power ravageur. Sans vraiment le réaliser, Stubby était un enfant du capitalisme qui, pour lui, était le modèle économique à adopter. Celui qui garantissait la liberté bien qu’il y avait très certainement un ou deux paradoxes à soulever. Hélas, il ne réalisait pas vraiment la chance qu’il avait d’habiter au Royaume-Uni. On ne réalisait souvent sa chance que lorsqu’on en était dépouillé. Neolina se contentait de peu. C’était une qualité que Stubby admirait tout autant qu’il ne comprenait pas. N’aspirait-elle pas à avoir plus ? Ne pensait-elle pas qu’elle le méritait ? Que la vie lui devait quelque chose ? Sa remarque le fit sourire.
« Je te promets que tu auras toujours ta petite place attitrée. » promit-il en souriant, regardant le doigt de la jeune femme sur sa poitrine.
Quand elle était arrivée au début de l’été, Stubby l’avait détesté. Le contexte n’avait pas joué en la faveur de la roumaine dans le cœur du jeune homme. Il ne s’était pas attendu à parvenir à tisser quelconque lien avec elle et n’en avait même pas l’intention. C’était à peine s’il lui disait bonjour le matin les premières semaines. Puis les choses avaient bien tourné. Même s’il ne s’était pas excusé pour son comportement, et ne semblait pas avoir pour projet de le faire, il l’appréciait énormément. Cela faisait du bien d’avoir une personne de son âge à la maison pour à peu près le comprendre. Depuis que son demi-frère avait quitté le nid deux ans auparavant, cela lui avait manqué.

Au moment où il commençait à oublier leur conversation précédente, Neolina remit le sujet sur le tapis avant un grand regard curieux. Il lâcha un rire résigné en baissant le regard, comprenant qu’il n’allait pas pouvoir y échapper une seconde fois. « Tu perds pas le Nord, toi. ». Il ne rencontrait pas le regard de la jeune fille au pair en continuant son récit, parlant avec les mains.
« Alors, comme je disais, on venait d’emménager ici. Et avant que ce soit la petite vieille d’en face… » Il parlait de la vieille voisine de palier toute mamie-gâteau qui peinait toujours à monter les escaliers. « Y’avait une famille. Et y’avait un g- euh une fille, pardon, qui me plaisait. J’étais pote avec son frère. »
Etait-il en train de modifier un peu la réalité ? Oh que oui. En quelques phrases, il avait déjà arrangé pas mal de choses. La fille en question était un garçon – et il avait failli se trahir. Et ce n’était pas le voisin de pallier mais ils habitaient néanmoins dans le quartier et n’avaient pas déménagé entre temps comme le suggérait Stubby. Et la vieille voisine occupait l’appartement d’en face depuis vingt années – espérons que Neolina n’en sache rien. Il avait essayé de modifier les choses pour que la jeune fille ne découvre pas l’affreuse vérité et encore moins les véritables acteurs de cette histoire qu’elle connaissait assurément.
« Et j’essayais de voir s’il n’y avait pas moyen de moyenner avec cette fille. On avait exactement le même âge en plus. Mais je crois qu’elle ne s’est en vérité jamais intéressée à moi. Je crois même qu’elle pouvait pas m’encadrer. Heureusement que son frère avait été là pour le me faire comprendre. Voilà voilà. C’est mon histoire. Elle est complètement nulle. Je te l’avais dit. »
Il était un peu gêné, il rougissait un peu. C’était difficile à avouer qu’on s’était plus ou moins pris un râteau. Et le fait de devoir mentir rendait la chose  plus compliquée encore. Malheureusement, il n’avait pas beaucoup d’histoire croustillante à raconter – enfin c’était ce qu’il pensait. Il ne lui était pas arrivé grand-chose.
S’il avait très tôt compris qu’il était d’avantage attiré par les garçons que par les filles, il ne l’avait jamais vraiment avoué et préférait continuer à faire croire le contraire. Il n’était jamais sorti avec un garçon de son temps à Poudlard. Juste une ou deux fois avec des filles mais ce n’était jamais sérieux ni durable. Mais en entrant dans le monde adulte, il s’était promis à lui-même d’aller vers les hommes. Il s’était alors mis à sortir dans certains endroits… Et il avait connu plus de déception qu’autres choses. Il comprenait dorénavant quand les filles disaient « Men are trash. ». Il avait flirté avec quelques beaux individus, d’à peu près son âge, c’est-à-dire entre dix-huit et vingt-et-un ans, parfois été un peu plus loin avec. Mais rien de concret. Ils finissaient toujours par faire quelque chose pour lui déplaire. Parfois, des hommes plus vieux l'abordaient. Mais il n'allait pas flirter avec des darons ! Si... ?
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptySam 27 Juin - 13:22

Neolina, adepte du partage ? À vrai dire, la toute jeune adulte n’était pas bien consciente de la notion de jalousie, ou d’appropriation de quoi que ce soit. Ici, à Londres, tout était différent de ce qu’elle connaissait toutefois. Il existait en cet endroit une notion de propriété qu’elle n’avait jamais intégré et en réalité, tout ce qu’elle souhaitait à Stubby, c’était qu’il rencontre le succès qu’il méritait et que nombre de femmes, hommes, jeunes et moins jeunes scandent son nom. Cela aurait été si égoïste de vouloir garder tout ça pour elle que ça en devenait inenvisageable. Pourtant, ça avait l’air de tracasser Stubby, et elle ne comprit pas ce qui se jouait en lui. «  Bien sûr que si Stubby ! Tu mérites tellement plus que ma simple admiration ! » Le monde entier méritait de découvrir son talent, sa voix.

Toutefois, sa réponse à sa demande un peu égoïste finalement lui fit chaud au coeur. Qu’elle ait toujours une place dans son coeur était important, même si ça paraissait futile. Neolina était d’un caractère facile et pourtant elle n’avait pas tant d’amis que ça. Ne m’oublie pas… La jeune femme ne savait pas à quoi sa vie ressemblerait, mais elle voulait toujours avoir sa place dans celle de Stubby, même de loin, même si ça lui faisait mal d’imaginer ça. À force de l’apprivoiser, elle en était venue à profondément l’apprécier, peut-être plus que ce que son rôle exigeait. Ce garçon était une perle, une pépite un peu brute qu’elle avait appris à connaître et qui dans l’intimité se révélait être quelqu’un de profondément doux et charmant. Elle était persuadée que ses parents n’imaginaient pas un seul instant le lien qui se créait entre eux, tenace et à l’épreuve du reste, de la vie, elle l’espérait. Dans sa tête, elle appréhendait fortement le moment où elle le laisserait seul face sa famille au sein de laquelle il avait du mal à trouver sa place, même si elle n’y occupait qu’un rôle très mineur, elle en était consciente. Mais au fond, elle avait l’impression d’être une forme de soutien, même infime. L’amour prenait bien des formes, et celui qu’elle ressentait pour Stubby était puissant. Au départ, elle avait laissé des sentiments la submerger mais avec le recul, et un peu d’analyse, elle avait compris que c’était peine perdue d’imaginer quoi que ce soit avec ce garçon oh combien complexe. Merlin, qu’elle l’aimait, à sa drôle de façon.  Les adieux seraient difficiles et elle préférait ne pas y penser. Ce garçon était devenu son frère, ou presque. Ressentait-il la même chose ? Peu importait, lui et Anne étaient aujourd’hui une part de sa famille de coeur, d’adoption. Jamais elle ne l’avait formulé, mais elle espérait qu’il le ressentait. La pudeur l’empêchait d’exprimer tout ça, mais peut-être que la bière aiderait…

Malgré une once de réticence, Stubby se laissa aller à des confidences. Sage et silencieuse, Neolina écouta son histoire qu’elle sentait enrobée dans une once de mensonges. Une fois, elle l’avait entraperçu en soirée, de loin, en galante et masculine compagnie. Non pas qu’elle en fut choquée, à peine surprise, et un peu déçue peut-être car son coeur était alors tout en émoi pour le joli garçon à bouclettes. Mais instantanément, elle comprit. Ça n’était pas dans les us et coutumes de son pays, et après ? Neolina avait en elle une ouverture d’esprit qui ne s’arrêtait pas aux frontières de ce qu’elle connaissait déjà. Un léger lapsus ne fit que confirmer son intuition première, mais elle resta respectueuse de la version de l’histoire qu’il lui servit et l’écoutait attentivement. En plus, la voisine d’en face lui avait suffisamment raconté sa vie pour qu’elle sache qu’une partie de l’histoire était fausse. Le mensonge n’était pas dans sa nature, mais ce que Stubby s’efforçait de cacher non plus, alors qui était-elle pour juger ? Elle ressentait sa gêne, car l’histoire ne se finissait pas bien, mais sûrement aussi pour autre chose. Avant de plonger le nez dans sa bière, elle lui répondit du tac au tac. « C’est cette fille qui est nulle. » Neolina plongea dans le mensonge à corps perdu. Si jamais il voulait lui en parler, un jour, il le ferait. Ça n’était pas à elle de faire la démarche. Et puis, elle pouvait toujours se tromper - ça ne serait pas la première fois.  

Toutefois, elle n’entreprit pas de lui faire une tonne d’éloges, parce qu’il avait quand même quelques problèmes de vanité parfois, et aussi parce que ça aurait peut-être été un peu gênant de dire tout haut ce que son petit coeur mou avait ressenti les premières semaines ici. « Et puis après ? Tu as essayé ! C’est déjà bien, non ? » Neolina était complètement nulle quand il s’agissait des choses de l’amour. Elle était bien incapable de capter les subtilités de la drague, et avait peut-être mis quelques râteaux sans même s’en rendre compte. La seule petite histoire qu’elle avait vécue, c’était avec un charmant garçon qui partageait sa compagnie avec d’autres filles comme elle, comme ça, pour voir. Alors, oui, elle avait été bercée au communisme, mais quand même… Elle avait rapidement mis fin à ces bêtises, tout en étant parfaitement consciente qu’il serait à jamais son premier baiser. « Et puis en vrai, l’histoire d’Elvis, elle n’est pas si… comment on dit déjà… » Même si elle cherchait de moins en moins ses mots, Neolina avait parfois du mal à s’exprimer correctement, encore plus quand elle commençait à avoir un coup dans le nez. « Bref, c’est une bête histoire. Mais racontée joliment. Tu feras ça toi plus tard, même si ça ne sera pas tes histoires, même si ça sera les mots des autres. Tu rendras les histoires plus jolies. »
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MessageSujet: Re: Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] Last friday night | Ft. Neolina [FLASHBACK 1962] EmptyDim 28 Juin - 23:00

Stubby était un garçon qui vivait l’instant présent sans penser au lendemain. Ou son attention était toute dirigée vers ses ambitions personnelles. Alors que ses études allaient imminemment s’achever, il n’avait pratiquement pas pensé à l’après de façon concrète. Il n’avait envisagé aucun plan d’étude – il n’avait pas le niveau de toute manière – ou d’insertion professionnelle. Cela insupportait son beau-père.
De fait, il n’avait jamais pensé au futur départ de Neolina. Savait-il même qu’elle allait partir d’ici quelques mois ? Rien n’était moins sûr. Cette idée ne lui avait pas traversé la tête et donc jamais fait ressentir de tristesse. Comme si elle allait rester au Royaume-Uni pour toujours. C’était comme s’imaginer le décès de sa mère : inconcevable – alors que cela allait bien arriver un jour.

A Neolina, Stubby consentait à se confier un peu. Il n’aimait pas se vouer à cet exercice, particulièrement quand les anecdotes qu’il racontait n’avait rien de glorieux ou de valorisant pour lui. Pourtant, il avait conscience que c’était souvent ces expériences qui faisaient les meilleures paroles de chanson. Et puis, les personnes à qui il daignait se confier se comptait sur les doigts d’une main. Sa mère n’en faisait pas parti, ni son beau-père, évidemment. Il avait l’habitude de se confier à son demi-frère, de deux ans son aîné. Avec Elias, quand celui-ci habitait encore à la maison, ils discutaient de plein de choses le soir, allongés chacun dans leur lit, fixant distraitement le plafond. De l’école. Des parents. De filles. De garçons. Ces moments manquaient à Stubby.
« Les filles sont toutes des c*nnes de toute façon. » Regardant distraitement jusque là sa bouteille de bière, il leva les yeux vers Neolina. « Sans offense. »
Quand était-il devenu si amer en amour alors qu’il n’avait eu aucune expérience ? Il ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi dur de trouver chaussure à son pied. Rendez-vous compte qu’on l’avait qualifié de « casse-cognard » ! Les hommes tenaient tellement à leur égo, ils ne supportaient pas qu’on leur dise non. Et puis il n’estimait pas être si exigeant que cela ! Au moins, le gars qu’il fréquentait en ce moment semblait être mieux. En tout cas, le feeling passait bien. Il but une bonne gorgée de bière désaltérante.
« Pitié Neo, ne me sors pas le truc type « l’important c’est de participer ». » fit-il avec un petit air gentiment moqueur. « Si on participe, c’est pour gagner ! »
Il arrivait souvent à Stubby de penser que Neolina était trop gentille et pure pour ce monde. Elle n’en demandait clairement pas assez. Elle devait d’avantage montrer les crocs et ce pour plusieurs raisons. D’abord, pour obtenir ce qu’elle voulait. Et puis pour se faire respecter. Elle naissait déjà avec un handicap dans cette société : celui d’être une femme.
« De toute façon, tu sais que tout ce qui sort de ma bouche est pure beauté. » minaudia-t-il avec une pointe d’humour pour détourner le sujet sérieux. « Même les plus viles grossièretés paraissent d’une élégance sans égal. »
En fait, il n’était pas si grossier que cela. La contrariété le rendait vulgaire. Le problème résultait plus dans le fait qu’il était facilement ronchon. Autrement, il savait s’exprimer convenablement, parfois même de façon maniérée dans sa façon de le dire.

La faim commençant à se faire sentir, Stubby posa sa bière sur la table basse et se leva pour aller chercher la nourriture soigneusement préparée par sa mère – un plat libanais comme bien souvent. « Tu as faim ? » demanda-t-il à Neolina tandis qu’il lançait un sortilège pour que le plat se chauffe tout seul. Elle était obligée d’avoir faim. Ils allaient devoir manger pour trois. Mais cela n’allait pas être une tâche difficile pour le jeune homme. Il en fallait du carburant pour alimenter ses pas loin de deux mètres – à même pas dix centimètres près !
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