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[ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus

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Gauwain Robards

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MessageSujet: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyLun 29 Juin 2020 - 19:44

Fin du suspens.

Si Gauwain avait espéré, sans y croire, une réaction mesurée de son père, le regard implacable qui l'avait accueilli à King's Cross scella l'affaire.

Qu'elle était loin, à présent, l'ambiance de Poudlard, le rire des plus jeunes dans les allées du train. Qu'elle était loin la douceur des baisers d'Amelia (la laisser sur le quai de la gare n'avait pas été très prévenant, mais avait définitivement été la stratégie la plus raisonnable ; au moins, elle n'assisterait pas à ce qui allait suivre).

Son père ne lui adressa pas un mot.

Cependant, il était venu le récupérer ; Gauwain décida que c'était bon signe, une preuve que ses cauchemars n'avaient pas été fondés. Son père était furieux, cependant, c'était à juste titre, non? Protester ne ferait qu’aggraver les choses. Son père n'était pas le professeur Martens. Le jeune homme accueillit donc les marques de colère glaciale de son père en s'efforçant de ne pas tressaillir, pour garder le menton haut, même si sa propre honte revenait mille fois amplifiée en mesurant l'ampleur de la déception qu'avaient générées, à juste titre, ses notes loin d'être parfaites.

Toujours en silence, ils se mirent en route, mais ne prirent pas le chemin du retour ; il devint rapidement clair que son père avait prévu un passage par le Chemin de Traverse.

Gauwain marqua une pause lorsqu'il le comprit, prenant un instant pour poser sa malle. Il avait été inspiré de laisser Canu faire la route par ses propres moyens, à son rythme. Ca laissait néanmoins plusieurs kilos d'affaires. Il allait devoir se trimballer l'encombrant bagage jusqu'à être hors de vue de Moldus. ....ça lui ferait sa séance de renforcement du jour. Et l'effort lui donnerait autre chose sur laquelle se concentrer, quelque chose d'utile, pas comme la boule qui lui broyait la trachée présentement.

La silhouette de son père s'éloignait déjà, plusieurs mètres devant. Il n'avait pas jeté un regard en arrière.

Le premier arrêt fut pour Gringotts ; son père s'entretînt avec un des employés brièvement avant de suivre le gobelin dans les profondeurs de la banque, sans plus s'occuper de son fils. Gauwain s'autorisa un long soupir.

Devinant qu'il avait un peu de temps devant lui, il décida de faire un retrait sur son propre compte. L'anniversaire avait plombé ses réserves mais entretemps, on avait atteint la fin du mois, et ses finances devaient être revenues au beau fixe. Il aurait besoin d'un peu de trésorerie pour les week-ends qui s'annonçaient.

Ce fut la deuxième douche froide.

Quand il revint dans le hall principal, il faillit se faire semer par son père, qui était sorti du bâtiment une fois ses affaires faites. Gauwain bouscula deux sorcières et s'excusa maladroitement, espérant ne pas les avoir blessées en les percutant, mais n'eut pas le loisir de discuter. Il parvint dehors juste à temps pour voir son père pénétrer au Chaudron Baveur.

L'adolescent l'y rejoint le plus rapidement possible, freinant le pas seulement une fois entré et confronté à nouveau au regard sombre. Gauwain déglutit.

"Désolé, je- je voulais retirer un peu d'argent, mais- Apparemment, mon argent de poche n'a pas été transféré dans mon coffre..."


Il avait essayé de garder une voix égale, en prononçant ses mots, cette question implicite, mais se doutait bien qu'il ne s'agissait pas d'une erreur.

"Parce que tu l'as mérité?"

C'étaient les premiers mots de son père depuis qu'ils s'étaient retrouvés.

"Tu prends tout pour acquis. Il est temps que tu t'assumes."


Cette fois, Gauwain baissa les yeux, contracta la mâchoire. Il avait fait ce qu'il pouvait pour affronter ça dignement, mais il le savait, ses épaules étaient basses. L'homme, de toute façon, ne s'attendait manifestement pas à une confrontation ouverte.

"Puisque tu n'es même pas capable de m'attendre sans bouger, tu restes ici. Je te récupèrerai quand j'aurai fini."

Il sortit sans rien ajouter. Gauwain se laissa tomber sur un banc, retira sa cravate aux couleurs vert et argent ; il se sentait vidé.

Il espéra que le patron ne le repèrerait pas tout de suite. Il avait à peine de quoi commander un jus de citrouille, et tant qu'à faire, il préférait garder ses dernières noises pour sa petite amie. ....l'eau était gratuite, ici, au moins?
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMar 30 Juin 2020 - 0:42

« Merci… » Le type s’enfuit aussi vite qu’il était arrivé, éloignant ses grands yeux mouillés et ses chaussures abimées loin d’Athos, qui s’en voulut presque de lui avoir fait payer pour lui annoncer une si mauvaise nouvelle. Presque, il ne fallait quand même pas exagérer. Dévisageant le tenancier qui haussa les épaules, comme trop habitué aux histoires triste, Athos réalisa qu’il n’avait même pas eu le temps de commander : le type était déjà au comptoir quand il avait poussé la porte du Chaudron Baveur. Le fait qu’il exerçait maintenant son activité à la lumière du jour lui amenait qu’autres clients, d’autres univers, d’autres histoires moins sordides, mais qui prenaient un peu plus aux tripes. L’homme était venu le voir avec une forme de désespoir qui flottait au-dessus de lui, comme un fantôme, et l’avait missionné pour répondre à une question qui lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Sans doute parce qu’Athos aurait tout donné pour ne jamais avoir de réponse à ce que lui se demandait. Et qu’il y avait encore de ça quelques mois, ça ne lui avait même pas traversé l’esprit. Une mèche de cheveux blond et un tour chez l’apothicaire plus tard, la sentence était tombée, sans appel. La gamine n’était pas la sienne, et de toute façon, un simple coup d’oeil à ses traits avaient suffi à Athos pour s’en rendre compte. L’amant n’avait rien à voir avec l’enfant légitime, mais l’espoir pouvait parfois nous faire commettre bien des absurdités, comme dépenser un argent dont il semblait avoir encore plus besoin que lui pour obtenir des réponses. À vrai dire, Athos aurait payé cher pour que l’enfant qu’il avait découvert quelques semaines plus tôt ne soit pas le sien. Du moins, à l’époque. Mais voilà, Tobias était bien son fils, et comme s’il avait fallu une troublante ressemblance pour qu’il accepte la vérité, le petit était quand même son portrait craché. Un bien bel enfant cela dit.

Depuis, Athos apprivoisait doucement son rôle de père. Sa discussion avec Shannon, malgré le taux d’alcoolémie élevé, avait eu un réel impact sur lui et il était évident que le jeune anglais avait une envie : celle de ne pas reproduire les erreurs que son géniteur avait commises à son encontre. Sans qu’il se l’explique, le gamin avait pris une place dans sa vie, lui qui était plus propice à fuir les problèmes qu’à les affronter, et cela posait quelques soucis dans son existence solitaire bien volontaire. Mais voilà, le gamin était là, Magda était revenue et il fallait faire face. C’était de moins en moins difficile, même s’il se sentait encore complètement perdu, naviguant totalement à vue. Pour la première fois de son existence, quelqu’un avait besoin de lui.

Alors qu’il se demandait légitimement s’il était raisonnable de commander un verre d’alcool alors qu’il était à peine seize heures, son oreille fut happée par une conversation non loin de lui. Sans qu’il se retourne, il identifia aisément un ado et son père - tiens, tiens - entre lesquels une tension était palpable, alors même qu’il n’avait pas posé les yeux sur eux. Le paternel était d’une froideur qui contrastait avec l’ambiance chaude du bar et la conversation fut courte, mais lourde de sens. Décidément, le sujet de la paternité semblait l’entourer ces derniers temps, comme si le karma essayait de lui envoyer un message. La porte claqua et Athos lança finalement un regard à celui des deux qui étaient restés. Les yeux perdus dans le vague, le jeune homme affichait l’air triste de celui qui ne savait plus bien où il en était. Évidemment, cela lui rappelait quelque chose. D’un geste las, il ôta la cravate aux couleurs de son ancienne maison. Peut-être était-ce ça, peut-être était-ce aussi le fait qu’il se reconnaissait vaguement dans ce gosse perdu, mais Athos se sentit d’humeur généreuse. « Une Biéraubeurre pour moi s’il te plait, et une pour le gosse là-bas. » Le serveur acquiesça, remplissant les verres et Athos paya son dû. Peut-être que l’alcool chaud suffirait à réchauffer son coeur au moins un temps. Ou pas, peu importait. Tandis que le barman lui apportait sa boisson, Athos lança un regard au jeune garçon et trinqua à distance avec lui, quelques mètres séparant le comptoir et sa table. « Promis, je ne dirai rien à ton père. » Car Athos venait de lui donner une leçon en quelque sorte inverse en lui offrant un verre tombé du ciel. Bah, il aurait bien le temps de réaliser que la vie était une chienne. Cela lui rappela un plat de pâtes partagé qui avait changé sa vie à jamais. Le contexte était si différent, et pourtant. Un ainé qui tendait la main à un peu jeune, c’était quelque chose qui lui parlait. Même si c’était juste une Biéraubeurre, et une remarque anodine. Athos était bien mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit, mais il savait ce que c’était de décevoir son père. Tout bien réfléchi, c’était finalement l’inverse qui s’était produit d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMar 30 Juin 2020 - 12:54

Trop concentré sur ses pensées, il remarqua avec un temps de retard la Bièraubeurre qu'on venait de faire apparaitre devant lui. Il lança un regard interrogatif au serveur ; était-ce son père, qui avait eu un remords? Ou peut-être un camarade? ...Une camarade?

Mais ce fut un homme inconnu, installé non loin, qui leva sa propre chope, en un salut assez clair. Accompagné d'une promesse que cela resterait un petit secret. Euh....

Sorti de ses considérations moroses, Gauwain cligna des yeux, interdit. Il était à peu près certain de n'avoir jamais croisé cet homme de sa vie. L'élan de générosité était, de fait, assez surprenant. Sauf si... Est-ce que l'inconnu était bougre? Le mystérieux pourvoyeur d'alcool avait une gueule de star, et l'attitude qui allait avec, dégageant de la confiance en lui, une sorte d'amusement sombre, tout à fait le genre de type sur lesquels des dortoirs entiers de filles auraient parlé des heures. Et d'un regard, Gauwain jugea que le gars devait savoir se défendre. En bref, il n'avait pas l'air bougre, mais bon, ça ne voulait rien dire, non? En réalité, le Gallois n'en avait jamais vraiment rencontré : difficile donc de juger en se fiant uniquement aux clichés.

L'autre homme était clairement plus âgé ; est-ce que c'était courant, d'approcher des élèves sortis de l'école, dans ce genre de milieux? .....Attendez un instant ; est-ce que l'autre pensait que Gauwain était....? Est-ce qu'il donnait cette impression? Il fronça les sourcils, pas vraiment sûr de la façon dont il devait le prendre.

Quoi qu'il en soit, il lui parut important de rectifier le tir rapidement. Avant que son père ne revienne et pose des questions ; parce que si Gauwain était encore accepté dans la demeure familiale, il n'en serait sans doute plus de même après un épisode de ce genre pour couronner le tout. Abandonnant sa malle et ses affaires, il s'approcha de l'inconnu, la chope de Bièraubeurre en main.

"Désolé, je suis pas- Enfin j'ai une-"

Il s'arrêta là, réalisant bien que "j'ai une petite amie" n'était pas vraiment mieux que "je suis pas intéressé". Sans compter que l'homme n'avait peut-être pas envie d'attirer l'attention sur son état. Il se reprit.

"Je peux pas accepter. J'ai pas de quoi la payer."

C'était de toute façon vrai. Ni en espèces sonnantes et trébuchantes, ni... autrement. Quelque part, ça ne lui apportait pas vraiment de joie, réalisa-t-il en baissant les yeux vers la chopine. Maintenant que son esprit revenait sur des rails, la Bièraubeurre lui paraissait d'autant plus attirante, ne serait-ce que pour chasser momentanément l'amertume qui lui restait en bouche.

Merlin ce qu'il aurait donné pour le réconfort d'une gorgée chaude et gourmande! Juste de quoi s'auto-convaincre qu'il n'était pas à ce point dans la bouse d'éruptif. Juste de quoi trouver un petit boost d'énergie pour les semaines à venir.

Il laissa échapper un grognement dépité à demi-audible, mais reposa la chope devant l'individu, avant de réaliser qu'après tout, même si il ne retournait pas cet intérêt, et même si c'était pour des raisons un peu particulières, il aurait pu aussi prendre le geste de l'inconnu comme de la bonté désintéressée. Ce serait peut-être même cela, si cela ne faisait pas de différence pour l'autre homme, et s'il laissait boire Gauwain néanmoins, à sa santé.

Un peu trop tard pour qu'on puisse le considérer comme de la politesse spontannée, il ajouta, avec une grimace :

"Mais... merci."



NB:
 
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMar 30 Juin 2020 - 13:37

La générosité n’était pas une qualité que l’on pouvait facilement attribuer à un type comme Athos. Au contraire, il était un monstre d’égoïsme, mais en ce moment, il était comme à moitié lui-même. Et pas toujours dans le bon sens du terme, en tout cas, pas pour lui. Même s’il redevenait peu à peu l’homme qu’il était depuis des années, ne serait-ce qu’en reprenant un minimum soin de ses fringues et de son allure, Athos se surprenait de temps à autre à être touché par des histoires annexes à la sienne. Était-ce son nouveau rôle de père, même s’il avait du mal à se considérer comme tel, qui le rendait comme ça ? Erk, pourvu que ça ne dure pas. Mais bon, en l’occurence, il avait juste payé une chopine à un gamin qui trimballait un air triste et lui rappelait Athos White. Comme s’il offrait un peu de réconfort à un fantôme de son passé, en somme.

Le gosse le dévisagea de façon appuyée, et Athos n’eut même pas besoin de le regarder pour sentir qu’il cherchait à le sonder. Trop habitué à fréquenter des milieux infréquentables, Athos n’avait pas réfléchi une seule seconde à l’image qu’il pourrait renvoyer en agissant ainsi. C’était dire si ses capacités d’analyse étaient touchées par la situation actuelle qu’il vivait. Aussi, quand le gosse se leva pour le rejoindre, sa première réaction immédiate fut de regretter d’avoir été sympathique. Si c’était pour tailler le bout de gras, ça n’était pas la peine. Mais le jeune homme n’était sûrement pas au fait des codes sociaux dans ce genre de situation, où quand on te payait un verre, tu acceptais, disais merci et sirotais ton poison en silence, point. Il espérait sincèrement qu’il n’allait pas commencer à lui raconter ses malheurs. Mais au lieu de ça, il vit que le garçon était semblait-il perturbé, et qu’il bredouillait une forme de quelque chose qui ressemblait à une excuse. Athos ne comprit pas immédiatement pourquoi il agissait ainsi : était-ce de la fierté mal placée ? En fait, il trouvait sa prudence touchante, et pas bête du tout : lui même avait eu du mal à accepter de manger ce fameux plat de pâtes, des années auparavant, et il était quand même hautement plus désespéré à l’époque.

Sortant l’argument gallions, le garçon reposa la choppe en face de lui, et Athos le dévisagea à son tour. Il devait avoir tout juste quitté Poudlard, 6e ou 7e année probablement. La tristesse se lisait sur son visage, sans doute due à la récente conversation qu’il venait d’avoir avec son paternel méprisant. Était-ce donc une vérité universelle ? Les parents n’existaient-ils que pour flinguer leurs enfants en plein vol ? Soupirant, il posa lui aussi sa choppe et s’adressa au gamin encore à sa hauteur. « Je ne t’ai pas demandé de la payer. » C’était un peu sec, un peu froid, un peu Athos finalement. À cet instant, il réalisa ce que le gamin pensait et plutôt que de se vexer, il éclata d’un rire contenu, mais toutefois assez sonore. « Attends, attends… T’es mignon hein, c’est pas la question. Mais t’es clairement pas mon genre, comme c’est pas mon genre de payer pour ce genre de... faveurs » Non mais il le prenait pour qui ? En réalité, c'était vraiment drôle. Comme quoi, se montrer généreux de façon désintéressé n’était clairement pas une bonne chose, et qu’on y voyait toujours une forme d’intérêt. Merde, le jour où il en serait là, il préférerait encore se flinguer.

Malgré tout, le gamin avait une once de fierté, et refusait pour cause de pauvreté immédiate. Papa n'avait donc pas versé l'argent de poche ? Il connaissait bien là le problème, et se sentit le besoin de se justifier, chassant un peu le sourire moqueur que le malentendu avait laissé sur ses lèvres. « Écoute, tu as l’air malheureux comme les pierres de notre dortoir. Ton père t’a condamné à passer un moment ici, alors crois-en mon expérience, il n’y a bien qu’une seule chose à faire ici, c’est boire. » Le gamin lui donnait l’image d’un croup qu’on laisse devant une boutique pendant qu’on va faire les courses. « Alors tu prends cette choppe, tu vas te rassoir et tu noies ton malheur dans l’alcool. » C’était d’un cynisme à toute épreuve, certes. Mais déjà qu’Athos ne trouvait pas les mots pour consoler Shannon, son meilleur ami. Alors un gamin perdu dans un bar, c’était peine perdue. Pauvre, pauvre Toby. Il espérait être un peu plus diplomate quand il faudrait le consoler de ses chagrins d’amour, ou autres conneries émotionnelles du genre. Toutefois, il essaya un peu de se rattraper sur la fin. « Considère ça comme un geste désintéressé d’un Serpentard à un autre. » Devoir justifier sa générosité l’ennuyait un peu, mais bon. Si après ça, le gosse refusait sa boisson, il se contenterait juste d’en boire deux. Ca ferait beaucoup pour un début d’après-midi, mais après tout…
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMer 1 Juil 2020 - 12:43

Donc il n’y avait rien de louche dans cette générosité alcoolisée, seulement une solidarité inter-maison et transgénérationnelle ? Plus un mécène qu’un pygmalion ? Il ne s’attendait pas à ça mais à présent qu’il avait cette piste d’explication, il était tout prêt à l’accepter et à croire cette version, qui changeait pas mal de choses. Bon, il n’était toujours pas certain des inclinaisons de son bienfaiteur, mais… si c’était désintéressé… En revanche… il sentit son visage s’empourprer, en réalisant le spectacle pitoyable qu’il avait dû offrir, pour que l’inconnu le prenne en pitié. Il ne se sentait pas vraiment le moral au plus haut, malgré la séance de musculation improvisée, il fallait le reconnaitre. Ce simple rappel suffit à ramener d’un bloc toutes les ombres qui obscurcissaient actuellement son avenir à plus ou moins long terme. Il grimaça, luttant en vain pour présenter un spectacle plus digne, et oublia momentanément de se vexer à cause du rire et de l’emploi du terme mignon (quelque chose lui disait que ce n’était pas un compliment dans la bouche de l’autre homme). Après lui avoir asséné des vérités avec un ton où perçait une amertume affûtée comme une lame, l’inconnu se détourna à demi pour se reconcentrer sur son propre verre, laissant Gauwain planté là. Avec ces nouveaux éléments, cependant, le jeune homme eut peu de mal à prendre une décision. Peut-être aurait-il dû se montrer prudent et circonspect quant au contenu du verre mais… A sombral donné, on ne regarde pas les dents, non ? Il avait bien le temps d’apprendre à quel point ce dicton était faux.

Il fit glisser la chope jusqu’à lui, et avant même d’avoir plongé les lèvres dans la mousse épaisse, il sentit une partie de la crispation quitter ses épaules.

« Merci. »


Cette fois ci, ce mot était accompagné d’un sourire de gratitude non feinte ni forcée.

Malheureusement pour le sorcier, Gauwain était peu au fait de l’étiquette londonienne concernant les boissons de journées de déprime ; son éducation s’était presque exclusivement faite dans des rassemblements festifs gallois. Il suivit donc les instructions de l’homme en prenant quelques libertés néanmoins : prendre la chope, check. Se rassoir, check. A ceci près qu’il installa son séant sur un tabouret voisin de celui de l’homme. Celui-ci lui avait payé un coup à boire, il pouvait au moins le rembourser par une conversation décente, puisque c’était tout ce qu’il pouvait actuellement offrir ; et puis, quelque chose lui disait qu’il n’allait pas avoir beaucoup d’occasion de discuter avec d’autres personnes pendant les semaines qui s’annonçaient, autant ne pas rater l’occasion quand elle se présentait. Quant à la dernière partie du programme, elle lui fit hausser un sourcil circonspect.

« Ca aide vraiment ? »


Son ton sous-entendait clairement qu’il en doutait ; d’accord, l’autre homme avait l’air d’être un fervent pratiquant de cette méthode de gestion des problèmes, mais… Lorsque son père reviendrait (…il allait revenir, bien sûr, qu’est-ce que c’était que cette petite voix qui essayait de l’enfoncer encore plus ?), que pourrait-il se passer de bon s’il trouvait Gauwain incapable de tenir sur ses jambes ?

Mais il n’allait pas non plus s’enivrer d’une simple Bièraubeurre. Il prit donc sans remords une première gorgée et ferma les yeux pour mieux apprécier les notes dorées, épaisses et fondantes, le soupçon de miel, la trace de cannelle, qui le ramenaient à d’autres Bièraubeurres partagées, à des moments heureux. Une ombre de sourire passa sur ses lèvres. Quand il rouvrit les yeux, il jeta un coup d’œil à l’homme installé à côté de lui.

« Vous étiez à Serpentard, alors ? Vous en êtes sorti quand ? »

Il devait avoir la trentaine, non ? Moins ? Gauwain doutait d’avoir pu le croiser quand il était en première année, il y avait trop d’écart, c’était certain. Par curiosité, et peut-être pour se rassurer sur le fait qu’il existait d’autres carrières épanouissantes dans la vie, en dehors de celle d’Auror, il demanda également :

« Vous bossez dans quoi, maintenant ? »
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMer 8 Juil 2020 - 13:29

La question du gosse le fit rire. Un rire sec et sarcastique qui tordit ses lèvres dans un étrange rictus. Est-ce que picoler aidait vraiment à régler ses problèmes ? Athos aurait autrefois eut tendance à dire que non. C’était plutôt une façon de les enterrer et de penser à autre chose mais voilà, depuis sa soirée avec Shannon, le jeune malfrat devait bien reconnaître qu’il y voyait un peu plus clair. Il fallait dire qu’ils s’étaient envoyé des quantités astronomiques dans le gosier, au point de les rendre dans le caniveau ou la cuvette, devinez qui avait choisi quoi. Mais il avait bien fallu ça pour accéder à son subconscient verrouillé à triple tour, qui refusait de mettre des mots sur ce qui se passait en ce moment, sur sa relation avec Magda. « Si tu cherches des réponses dans ta choppe, ça n’aidera pas non. Mais si tu veux oublier un peu ce qui te tracasse, au bout de quelques Biéraubeurre, ça peut marcher. » Il s’en enfila une bonne lampée lui-même. « Mais je doute que ton paternel soit ravi de te retrouver te roulant au sol. » Athos eut envie d’ajouter que ce que les pères pensaient n’avait aucune importance, mais hé, ça n’était pas ses affaires. Il n’allait pas commencer à faire de la psychologie de comptoir avec un gamin paumé.

Celui-ci posa ses fesses sur le tabouret à côté de lui, et son regard sur sa silhouette. Athos était un mystère pour beaucoup de gens, il le savait et à vrai dire, il en jouait pas mal. Au premier coup d’oeil, il était tout bonnement impossible de deviner qu’il louvoyait dans les bas-fonds, au vu de son attitude et de ses vêtements de très bonne facture. Il avait tout du parfait Serpentard cela dit. « Huit ans. » répondit-il laconiquement. Cette époque là lui semblait tellement lointaine, et puis, il n’avait pas tellement envie de raconter sa vie. Il était un peu tôt pour ça, et de toute manière, quand il s’agissait de conversation, Athos ramenait assez peu le sujet à lui, alors qu’il en aurait eu des choses à dire. Il se tourna finalement vers le gamin quand celui-ci se montra un peu plus curieux que prévu. Alors quoi, fallait-il l’envoyer chier alors que c’était lui qui lui avait payé un verre ? Le regarder lui donna quelques indices : il venait sûrement de quitter les bancs de Poudlard, mais avait l’air totalement paumé. Cette expression là lui parlait un peu, même s’il avait du mal à comprendre exactement pourquoi le père était énervé, et le fils aussi terrorisé. Il avait encore un peu de mousse sur la lèvre supérieure totalement imberbe. Ca lui rappelait vraiment un gosse à bouclettes qu’il avait bien connu…

Était-ce une bonne idée, vraiment que de parler avec ce jeune Serpentard ? Athos avait une vision de la vie très très personnelle, et pas vraiment du type optimiste. Mais bon, la politesse lui imposait de répondre à sa question, avec ce qu’il fallait d’honnêteté sans pour autant lui révéler la troublante vérité. Même s’il était foutrement tentant de lui répondre qu’il bossait dans l’Allée des Embrumes, et d’observer le visage qu’il lui offrirait en retour. « Dans le mystère. Ou plutôt sa résolution. » La phrase en elle-même en était un, il en était bien conscient. Son manque d’intérêt ces derniers temps pour ses activités au Casino était telle qu’il n’avait même pas songé à passer par cette voie. Maintenant, il se concentrait sur son projet, si on pouvait appeler ça comme ça, personnel, qui était de toute façon bien plus lucratif. Mais il était difficile de donner un nom à ce qui remplissait ses journées, même si c’était bien moins illégal que la majorité des choses qu’il avait pu faire par le passé. « Disons que je suis la personne qu’on vient voir quand on a terminé de se souler, et qu’on veut trouver les réponses à des questions qu’on aurait aimé ne pas se poser. » Ça l’amusait d’embrouiller le gamin avec une définition un peu floue du genre. Pourtant, c’était relativement exact. Athos était l’alternative quand on avait pas envie d’aller voir un psychomage pour régler des soucis maritaux par exemple, ou qu’on souhaitait ne pas tremper soit-même dans des histoires un peu bizarres. Bref, quand les gens ne voulaient pas accepter leur triste sort, ils allaient voir le jeune Greyson, cet espèce d’ange du désespoir. Et putain, qu’est-ce que ça payait bien, le désespoir…
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyVen 10 Juil 2020 - 18:36

Le rire sombre de l'homme et les mots qui l'accompagnèrent ne constituaient pas en soi la meilleure publicité pour le marché des boissons alcoolisées. Gauwain eut une grimace ; les notes sucrées ne paraissaient plus si réconfortantes, tout à coup.

« Non, c'est certain. Je serais encore moins son fils préféré. »

Ah, une plaisanterie avec lui-même. Probablement pas drôle. Après tout, même s'il le répudiait, Gauwain resterait enfant unique.

« Et ça ne changerait rien à la situation. »

C'était cette philosophie qui lui avait permis d'économiser sagement sa bouteille de whisky pur feu : la conscience que la vider un soir de déprime n'arrangerait aucun de ses problèmes. De fait, il l'avait réservée aux moments vraiment particuliers, et l'avait dégustée à petit feu. Avait-il bien fait ? Aurait-il mieux dormi, si comme le disait l'homme, la délivrance se trouvait au fond de la chope ?  Mouais.

Il s'étonna que leur écart d'âge soit si léger, mais n'en fit pas état. L'inconnu dégageait quelque chose de plus usé, de plus amer. Etait-ce cela, devenir adulte ? Vieillir ? Est-ce qu'il se retrouverait lui-même, dans huit ans, assis seul au Chaudron Baveur, dispensant des bièraubeurres de confort à d'autres Serpentards ? …..Il baissa les yeux vers sa chope, réalisant qu'au vu de ses perspectives actuelles, c'était peut-être ce qu'il pouvait se souhaiter de moins pire. Merlin, c'était mal parti à ce point... ? A cause de- deux stupides notes, et pourquoi Martens avait refusé de l'écouter, il avait été attentif pendant sept ans en cours de Défense, il se foirait à UN examen, et on allait lui fermer les portes qu'il avait toujours voulu ouvrir ? C'était injuste. Il prit une nouvelle gorgée de bièraubeurre, avant de se rendre compte que l'inconnu peu loquace le détaillait. Il se raidit, mal à l'aise ; avait-il eu tort de prendre pour argent comptant les déclarations de l'homme ?

Mais l'autre n'avait pas de geste déplacé, et découvrir son occupation eut tôt fait d'accrocher l'attention de Gauwain, mettant un arrêt brutal à toutes ses pensées intérieures, qu'il s'agisse de son père, de Martens, de l'inconnu, de l'incertain. Il reformula, avec une sorte de fascination :

« Vous êtes détective ? Comme une sorte d'Auror en free-lance, quoi ? »

Gauwain n'avait pas pensé à cette possibilité. Une lueur particulière éclaira son regard, et il s'assit plus droit, se tournant vers l'homme sans lui laisser le temps de confirmer ou non l'interprétation qu'avait fait l'étudiant :

« Comment ça se passe, il y a un cursus particulier ? Il faut une licence ? C'est délivré par le Ministère ? »

Ce serait bien sûr moins prestigieux qu'un poste d'Auror officiel, mais- S'il oeuvrait sur des cas spécifiques, uniquement pour des clients qui méritaient de l'aide et que la justice ne pouvait aider officiellement, ce serait presque pareil, non ? Son père serait tout de même déçu, bien sûr, mais fier aussi, non ? Et son grand-père ne pourrait qu'approuver, il l'aiderait à convaincre son père de changer de regard !

« Vous recrutez ? »
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Athos Greyson

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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyLun 20 Juil 2020 - 17:16

À défaut d’avoir satisfait la curiosité de son jeune interlocuteur, Athos n’avait finalement réussi qu’à l’attiser. L’éclat dans le regard du gamin révéla une forme de fascination et à vrai dire, le jeune malfrat en fut un peu flatté. Non pas qu’il avait besoin du regard des autres pour valider ses choix, au contraire. Mais déceler une once d’admiration dans les yeux des gens flattait son ego qui pourtant, n’avait pas besoin de ça. Sauf peut-être un peu en ce moment ? Toujours était-il que ça arrivait souvent, en général lorsqu’il délivrait la réponse tant attendue à ses clients, parfois ébahis par sa rapidité, sa précision, son efficacité. Et parfois, ils étaient simplement dévastés par la mauvaise nouvelle qu’il lui arrivait d’annoncer, avec un tact tout à fait relatif, évidemment.

Il comprit rapidement pourquoi le gamin qui n’avait pas de prénom était aussi émerveillé par ce qu’il avait dit. Déjà, il n’avait retenu que ce qu’il avait envie d’entendre, et n’avait absolument pas décerné le cynisme et l’amertume dans ses paroles. Ce que faisait Athos de ses journées était certes relativement légal mais bien souvent, c’était moche. Fouiner dans les secrets des gens pour mieux les révéler, devenir maître dans l’art de l’indiscrétion quand lui même désirait tout à fait l’inverse… Clairement, Athos ne répondait pas au bon vieux dicton : ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. Il se mêlait de la vie des gens, de ce qui ne le regardait pas, avec certes un détachement qui faisait qu’il s’abstenait bien de toute forme de jugement - même si parfois, c’était vraiment difficile. Mais tout de même, c’était une activité plutôt sale, éthiquement parlant. Et pourtant, il avait déjà fait bien pire.

Le jeune Serpentard donc l’assimilait à un corps de métier bien particulier, et l’analogie était oh combien ironique. Athos lâcha un rire expiré terriblement sarcastique, et but une nouvelle gorgée, plus longue celle-là. « Auror ? Laisse-moi rire, je suis bien plus efficace que ces ridicules pantins noyés dans la bureaucratie et freinés des quatre fers par le Ministère. » C’était sa rancoeur qui parlait, il le savait, lui qui aurait pu tout sacrifier pour accéder à ce titre. Qu’on lui avait refusé. Depuis, et même s’il savait que c’était l’oeuvre de son père, il avait gardé une profonde haine envers ce métier en particulier, le Ministère en général d’ailleurs, car ils incarnaient cette institution, reflet d’un monde sale et perverti, qui l’avait rejeté à l’époque et l’avait forcé à emprunter une voie encore plus trouble. Comment pouvait-on prôner l’intégrité quand un simple pot de vin d’un ambassadeur américain suffisait à rayer de la liste un pur talent motivé comme lui ? Il aurait pu faire de grandes choses. On l’en avait privé. Mais ses ambitions avaient trouvé un tout autre moyen de s’exprimer, et quand il voyait l’inefficacité de ces guignols auréolés, franchement, il se demandait si ça n’était pas mieux comme ça.

La posture du jeune garçon avait changé en tout cas. Il semblait vouloir bien présenter, comme pour impressionner son interlocuteur. Athos trouva l’attitude d’une naïveté exemplaire, mais ne pouvait qu’apprécier qu’on se tienne un peu droit face à lui. Lui-même n’était jamais vouté, relique de son éducation ultra stricte où un dos courbé valait une bonne gifle. Merci papa, encore une fois. Son innocence transparut plus encore quand il l’interrogea sur son parcours. Merlin, quel brave petit soldat il tenait là. « Si tu attends que le Ministère valide tes choix, alors tu risques fort bien d’être déçu. À moins d’avoir les dents qui rayent tellement le plancher que tu seras prêt à te salir pour accéder à ce que tu veux. » Malgré des notes ASPIC presque exemplaires, on lui avait fermé les portes. Il aurait pu ramper, essayer de soudoyer lui aussi, implorer ses anciens professeurs. Mais il avait eu bien trop de fierté pour ça, et il avait été à une autre école, celle de la vraie vie. Certes, ça avait été violent, mais si formateur qu’au fond, il ne regrettait rien. « Je n’ai peut-être pas de diplôme, mais j’ai du talent, et c’est quelque chose dont les gens qui délivrent ces fameux parchemins officiels sont dépourvus, tu peux me croire. » Athos était persuadé d’une chose, avec une certaine forme de mauvaise foi : plus on grimpait les échelons, moins on était réellement doué. À part peut-être en politique. Il n'y avait qu'à voir son père, un parfait exemple qu'il avait voulu reproduire sur lui. Mais le talent magique, le vrai, celui qui devait se confronter au terrain, ne supportait pas de rester planqué derrière un bureau. Et c'était cette différence d'opinions qui l'avait amené là où il était aujourd'hui.

Finalement, Athos délaissa sa Biéraubeurre, trop sucrée à son goût, et fit un signe au barman pour qu’il lui serve une bière, une vraie, une rafraîchissante. La conversation réveillait de vieilles blessures pas tout à fait guéries. Quand le môme lui demanda s’il recrutait, il se sentit flatté comme jamais. Dommage, il n’avait pas la grandeur d’âme d’un Crook - hum hum - et n’avait jamais voulu d’un jeune à former. Être seul, c’était mieux. C’était ce qui le protégeait désormais. « Je ne recrute pas, non. J’ai parfois besoin d’informateurs cela dit mais, sans vouloir t’offenser… » Il détailla le visage innocent du jeune homme. Il était certes tristounet, en confrontation avec papa, mais pas assez désespéré pour tremper dans ce qu’Athos pouvait éventuellement lui proposer. Rien que sa tirade proprette sur les études supérieures avaient suffi à le cerner. « Tu n’as clairement pas le profil. » Au moins, c’était clair. Le gosse serait capable de le balancer aux autorités une fois le pas de la porte passé si Athos révélait la moindre activité illicite, alors le mêler à tout ça… Quelle bonne blague. Sans doute le voyait-il comme quelqu’un de bien, après tout. Comme c’était mignon…
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Gauwain Robards

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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyLun 27 Juil 2020 - 11:41

La réponse de l'inconnu fit déchanter Gauwain de façon brutale.

Le geste de fraternité de l'autre homme et son choix de carrière lui avait laissé penser que l'individu était le genre de Serpentard qui vous rendait assez fier d'appartenir à la Maison argent et vert : ambitieux mais soutenant le groupe, sa souplesse lui permettant de se réinventer et de tracer une route vers l'accomplissement. Un modèle, en quelque sorte.

Mais le rire sec et les mots crachés à la simple mention du métier d'Auror dépeignaient à Gauwain un autre tableau. Il en avait entendu, ces dernières années, dans la Salle Commune, concernant le symbole des institutions au pouvoir. Nombreux étaient les élèves de sa Maison à avoir une certaine idée sur les Aurors. Sur la politique du Ministère. Sur les Nés-Moldus et les Moldus en général. Gauwain avait-il été trop vite en besogne, trop prompt à faire confiance ?

D'un autre côté, les critiques à l'égard du pouvoir en place n'était pas l'apanage des plus fondamentalistes. Sa conversation la plus récente avec Octavius Martens en témoignait. ...tout le monde avait un truc à reprocher aux Aurors, semblait-il.

Le jeune homme se rembrunit un peu, reposa lentement sa bièraubeurre ; sa soif lui était passée. Son visage se fit plus neutre, mais il laissa l'homme rager tout son saoul contre l'institution et ses représentants, avant de commenter prudemment :

« Je sais pas. Ils ont aussi accompli des choses importantes, non ? L'attentat évité, il y a deux ans, c'était quelque chose. Et... Alastor Maugrey est presque une légende ! Quant à Miss Fawkes... vous allez pas me dire que vous ne la trouvez pas incroyable. »

Il aurait du mal à le croire, aurait du mal à concevoir qu'on puisse ne pas la regarder avec l'admiration qui était due à cette femme, magnifique et talentueuse.

« D'ailleurs.... Raven Fawkes... elle s'est élevée dans la hiérarchie grâce à ses compétences. »

Ce qui était bien la preuve vivante du fait que le bureau des Aurors était composé des sorciers et sorcières les plus compétents. Ce qui n'empêchait pas d'avoir... certaines prétentions.

Gauwain avait des principes, bien sûr. Et il comprenait la critique de l'homme vis à vis des gens aux appétits démesurés. Mais... il ne voyait pas ce qu'il y avait de mal à se battre pour obtenir ce que l'on visait. Créer sa chance, quelque part.

On était pas assuré de gagner, mais au moins, on aurait essayé.

« Etre ambitieux, ça n'interdit pas d'avoir du mérite par ailleurs. »

Pour le reste, cependant, il était d'accord avec l'homme, et hocha la tête. Il se rendait bien compte que la formation théorique ne faisait pas tout. Il respectait et admirait les Aurors pour leurs actions sur le terrain tout autant que leur méticulosité dans la constitution des dossiers. De même qu'il avait admiré les récits des opérations de guérilla souterraine de son grand-père, il considérait comme essentiel le rôle joué par son père, dans les instances plus administratives du Ministère.

« Pourquoi vous avez pas essayé d'avoir un diplôme ou une accréditation ? Je veux dire... Ca vous donnerait une reconnaissance plus grande. Même si vous êtes pas fan des gens qui travaillent au Ministère.... y a beaucoup de sorciers qui ne pensent pas pareil. »

Il espérait, tout du moins, même s'il voyait bien que la population se montrait critique. Il comprenait pourquoi ; ils avaient débattu à plusieurs reprises avec Amelia de cette institution séculaire. Il reconnaissait sans mal que certaines règles et lois devaient être réformées ; toutes les créations humaines étaient perfectibles. Mais... Les critiquer sans proposer d'alternative paraissait stérile.

Il lança un long regard à l'homme, tandis que l'autre passait à de la bière, loin de la saveur douce et sucrée de la bièraubeurre.

Mais finalement, il finit par confesser, en relevant légèrement le menton.

« Mon père travaille pour le Ministère. …je crois que les gens ne se rendent pas compte des difficultés auxquels les équipes de fonctionnaires doivent faire face. C'est pas si facile. »
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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptySam 1 Aoû 2020 - 4:53

Il était mignon, le gosse, avec ses rêves et ses espoirs. Décidément, ça lui rappelait bien quelqu’un, quelqu’un qu’il n’était plus depuis longtemps toutefois. Avec du recul, il était presque ravi qu’on lui ait fermé les portes du Ministère, tiens. Là-bas, on aurait sans doute connu son nom, comme ce gosse qui lui citait des “légendes“ comme il disait si bien. Ah oui, et elles étaient où les légendes, quand il y avait eu un attentat ? Elles faisaient quoi les légendes, à part se battre contre des moulins à vents ? Alors Maugrey, Fawkes et compagnie, c’était peut-être des gens bien hein, pas de souci. Mais les hautes sphères les empêchaient de briller et de faire leur travail convenablement, avec des méthodes propres. On ne gagnait pas une guerre en étant propre, c’était ainsi. En tout cas, le gamin avait des étoiles plein les yeux, sans doute qu’il collectionnait des cartes Chocogrenouilles de ses héros, ou qu’il les dessinait si elles n’existaient pas. C’était vraiment… attendrissant, si tant était qu’Athos pouvait être attendri par ça, alors qu’ils évoquaient un sujet qui le crispait. « Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Il y en a bien qui s’en sortent, mais combien d’exploits pour combien de défaites ? Oh, ça, ils ne s’en vantent pas, mais c’est un fait. »

Et puis, du haut de son jeune âge, du lait encore au bout de son nez, le jeune Serpentard confondait tout. Ambition et mérite ? Agaçé, Athos soupira sans même le cacher. Heureusement qu’il avait une patience d’ange. À vrai dire, il se demandait même ce qu’il foutait encore là, à parler avec ce mini-lui venu du passé. Ne serait-ce pas là une sorte de réponse, tiens ? « Ce n’est pas un ancien Serpentard qui critiquera l’ambition, tu t’en doutes. Et le mérite qui va avec, d’ailleurs. Mais la corruption, les passe-droits, les pots-de-vin, tu crois que ça n’existe pas ? » Il en avait eu la preuve, la terrible preuve qui avait anéanti tout ce en quoi il croyait. La naïveté dont il avait fait preuve à l’époque n’avait pas eu le temps de se déliter petit à petit, non, la réalité l’avait frappé fort, en pleine gueule, à lui décrocher la mâchoire et le coeur. Le jeune lui aurait sûrement le temps de se confronter aux choses, peut-être que c’était tant mieux pour lui ? Quoiqu’en réalité, la brusquerie de sa condition avait permis à Athos de gagner quelques années de maturité d’un coup et ça, quand on savait à quel point la vie était courte, c’était précieux en soi.

Et le voilà qui repartait dans ses histoires de diplômes, non mais vraiment… Qu’est-ce qu’il fallait qu’Athos fasse pour lui expliquer que les diplômes, ça ne servait à rien, si ce n’était à faire joli sur un mur ou à faire plaisir à papa ? Sauf que ses murs à lui, il était le seul à les voir, et son père, il aurait préféré le voir mort, alors. « Est-ce que j’ai l’air d’avoir besoin de reconnaissance ? Est-ce que tu penses que c’est vraiment un but ultime dans la vie, qu’on te fasse une caresse dans le dos, qu’on te file un biscuit tout en resserrant bien la laisse ? » Il se garda bien de lui dire que le Ministère l’avait renié depuis qu’il avait ce nom sali. Il ne comprendrait pas. Et puis, Athos ne parlait jamais de ça. Surtout pas avec d’aussi innocentes créatures.

La vraie bière lui fit du bien, oh ça, c’était tellement plus savoureux que la Biéraubeurre, franchement. Il ne se reconnaissait pas d’avoir commandé ça, comme il regrettait un peu d’avoir eu une once de compassion pour cet enfant qui s’accrochait à son saint Ministère avec l’énergie du désespoir. Il avait voulu être sympa, et voilà où ça l’avait mené. Ca lui apprendrait, non vraiment. Mais ce qu’il dit lui fit légèrement hausser un sourcil. Bouhou, pauvres petits fonctionnaires, qui avaient un travail fixe, la sécurité de l’emploi, des horaires de bureau, sortez les mouchoirs ! Aucun d’entre eux n’avait connu l’angoisse de ne pas savoir quoi bouffer le midi, de ne pas savoir où dormir, la peur de mourrir au détour d’une ruelle. Alors ses difficultés, il pouvait les remballer. Mais au lieu de ça, Athos choisit une autre voie, bien plus intéressante, bien plus tortueuse que la simple répartie cinglante à ce sujet. « Ton père tu dis ? » Athos pivota légèrement sur son tabouret pour lui faire pleinement face, buvant une gorgée avant de poursuivre pour créer une petite pause comme il aimait faire. Sans doute aurait-il fait un bon acteur dans une autre vie. N’était-ce pas d’ailleurs un peu ce qu’il était, finalement ? « Tu veux parler de cet homme délicieux qui t’a laissé tout seul dans un bar après être venu te chercher sur le quai 9 3/4 ? Ton père qui n’arrive visiblement pas à te regarder en face parce que tu l’as, laisse-moi deviner, déçu ? » C’était dur, oh ça, il le savait. Et ça n’était pas son genre de déballer des conseils, au contraire, mais là, il était bien placé. Peu importe qu’il l’écoute ou pas. « Je ne te dis pas ça pour te juger. Au contraire, je vais te dire une chose que j’ai apprise. Plus tu grandiras en essayant d'être toi-même, plus tu décevras ton père parce que tu sais quoi : ce n’est pas ton bien qu’il veut. Pas quand il te dit des trucs en invoquant le mérite ou des conneries du genre. Ce qu’il veut, c’est que tu sois le reflet de son ambition, à lui. » Son cynisme à ce sujet était bien pire encore que concernant le Ministère, bien que tout ça soit un peu lié. Son sourire en disait long d'ailleurs. « Et toi, jeune Serpentard, c’est quoi ton ambition, à part bosser dans le même endroit que ton très cher père ? »
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Gauwain Robards

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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMer 12 Aoû 2020 - 9:51

Gauwain écouta les arguments de l'homme, tout en jouant distraitement avec sa bièraubeurre. Au moins, son compagnon de boisson n'avait pas remis en cause les talents de ses Aurors favoris. Mais à côté de ça... le jugement que portait son interlocuteur sur ce corps d'élite demeurait sévère. C'était comme avec Monsieur Martens l'autre jour. Comme si tout le monde ne retenait que les catastrophes que les Aurors n'avaient pas su prévoir. Mais alors, pourquoi ne pas blâmer le département Divination du Ministère de la Magie?

Les accusations de corruption le firent tiquer un peu plus.  Pour autant, les propos de l'homme restaient assez génériques, flous, un peu comme certains des articles de la Gazette. Beaucoup de mots graves, employés sans la moindre preuve, uniquement pour créer des gros titres qui feraient vendre, et tant pis si on devait rétablir la vérité trois numéros plus tard.

"Vous pensez à quoi, au juste?"

Les affirmations gratuites contre le Ministère, il en avait entendues beaucoup. Elles avaient toutes été non étayées, ou basées sur des sources non fiables. A force, Gauwain s'était résolu à n'y prêter que peu attention, surtout s'il s'agissait d'un avis personnel et non de faits. En l’occurrence, l'ancien Serpentard n'avait exprimé qu'un avis, même s'il était amer ; cependant... l'homme s'était présenté comme une sorte de... de quoi au juste, puisque le terme d'Auror le hérissait? Disons comme une sorte d'enquêteur? Alors... est-ce qu'il avait des informations dont ne disposait pas le public?

Ou bien... n'était-ce que le discours d'un citoyen lambda, agacé par une loi quelconque, cherchant la petite bête? Par les temps qui courraient, beaucoup de choses auraient pu être présentées comme de la corruption, pour peu qu'on veuille créer un petit scandale ou qu'on soit mal informé. Gauwain était certain que, s'il avait eu des notes exemplaires à ses ASPICs, et qu'on avait su où travaillait son père, on aurait accusé ce dernier d'avoir fait jouer ses rela-

Son processus de réflexion s'arrêta tout net sur cette pensée. Les mots de l'homme, les remarques que s'était faites Gauwain intérieurement, leur appartenance à la même maison...

Merlin, c'était bien sûr!

Pour la deuxième fois depuis le début de cette conversation, il entrevoyait une porte de sortie. Et cette fois... il pouvait y avoir une chance que ce soit une sortie par le haut. Si Merlin était clément et que l'une de ses connaissances acceptait de lui faire une ENORME fleur.

Tout à son illumination, un sourire sur le visage, il faillit ne pas prêter l'oreille au reste du discours de son interlocuteur. Une étincelle nouvelle dans le regard, il reprit une gorgée de Bièreubeurre, et la savoura peut-être plus que les premières. Il fit une moue neutre, même si l'image employée par l'homme avait ce petit côté piquant, insultant, qui figea un instant le sourire du garçon :

"C'est un peu facile de ne s'en remettre qu'à son propre jugement pour juger de sa valeur, non? Une certification ou- ou l'approbation de ses pairs, ça a quand même plus de poids. C'est plus compliqué de l'obtenir, mais on a plus de mérite."

Ce qui n'était peut-être pas exactement la meilleure chose à dire, au vu de ce qu'il savait du profil de son interlocuteur, mais, ah- trop tard.

L'instant d'après, le breuvage reprit un goût plus âcre. L'inconnu avait un talent certain pour doucher les enthousiasmes naissants, à grand coups de vérités. Gauwain baissa les yeux, sentant l'humiliation revenir lui réchauffer les joues. Sa main se crispa sur sa chope.

"....J'ai raté le niveau minimum pour être accepté dans la filière de mon choix à l'ESM."

Ces quelques mots lui parurent suffisants pour que l'autre homme comprenne tout, de la situation dans laquelle se trouvait Gauwain à la colère glaciale et légitime de son père. La déception, oui.

Curieusement, le jeune homme n'éprouvait toujours pas de ressentiment envers son père. Il réalisa dans le même instant qu'il n'en avait jamais ressenti. Il avait redouté la réaction de son père, oui, mais la colère de Gauwain ne s'était dirigée contre personne d'autre que lui-même.

Se trompait-il de cible? C'était ce que semblait sous-entendre son interlocuteur, avec une joie sombre. Le jeune homme secoua la tête, mais sans aplomb :

"N'importe quel père voudrait que son fils réussisse, non? Devenir Auror c'est- c'est être à l'abri du besoin, avoir une place dans la société... C'est contribuer à changer les choses et à protéger des vies. Quel père pourrait ne pas vouloir ça, pour son enfant?"

Il regarda l'homme dans les yeux, même si le coup avait été rude, et même si sa dernière phrase tenait plus du vœu pieux que de l'affirmation pure :

"Je veux devenir Auror. Et pas que pour mon père."

La fin de cette tirade ralluma des signaux d'alerte dans son esprit. Il s'était laissé endormir, s'était fait emporter et avait été imprudent, en dévoilant toutes ses cartes. On n'était plus à Poudlard. Qu'est-ce qu'il connaissait de cet homme, au juste? Pas grand chose, à part qu'il n'était pas fan des équipes d'élite du Ministère. Qu'il payait des coups à des élèves tout juste sortis de l'école et leur tenait un discours un peu particulier. Gauwain s'était déjà fait stupéfixer une fois par surprise, cette année. Lentement, imperceptiblement, il rapprocha sa main de sa baguette. Juste au cas où. Fichu holster qu'il n'avait toujours pas acheté...
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Athos Greyson

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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyMer 30 Sep 2020 - 14:31

À quoi il pensait ? Le gosse était une usine à questions, et sa curiosité serait un défaut qui lui porterait sans doute préjudice à l’avenir. Déjà, avec Athos, c’était là une bien mauvaise idée que d’essayer de percer les mystères de son esprit tortueux. Aussi ignora-t-il la question avec tout le flegme dont il était capable, car la patience avait beau être une de ses vertus, il détestait qu’on le soumette à toute forme d’interrogatoire, aussi innocent soit-il. Athos n’aimait pas la politique, s’en désintéressait franchement. Prendre le parti d’une cause, c’était se mettre à dos tous ceux qui soutenaient l’autre. Et quand on exerçait une activité comme la sienne, il fallait savoir jouer sur tous les tableaux, c’était ainsi.

Lorsqu’il aborda les pots-de-vin, il s’attendait à une réaction forte de l’autre côté, mais le Serpentard se perdit dans ses pensées, et ne sembla revenir dans la conversation que lorsque la question de la validation d’autrui revint sur le tapis. Pauvre, pauvre âme qui attendait qu’on lui tapote le crâne parce qu’il savait donner la patte. Ca lui faisait de la peine. Poudlard n’était pourtant pas une école qui invitait à se fondre dans le moule, du moins, l’institution n’avait pas eu cet effet sur lui. Ses Aspics, Athos les avait réussi haut la main, terminant premier de sa promotion, et pour quoi ? Pour voir ses rêves voler en éclats, comme sous l’effet d’un puissant sort qui brisait les illusions. La réponse du jeune garçon l’irrita profondément, et ça n’aurait pas du. Un peu facile, disait-il ? Putain, qu’il fallait avoir été protégé toute sa vie pour penser pareille connerie. Sa réputation, Athos l’avait gagné à la sueur de son front, chaque jour que Merlin avait fait depuis qu’il avait été renié. L’approbation de ses pairs, il s’asseyait dessus. Les diplômes, on s’en foutait, c’était les résultats qui comptaient. Et côté résultats, Athos était le meilleur. C’était indéniable. « Je ne te permets pas de juger ma vie, comme je ne le permets à personne. » Sa valeur, Athos la connaissait. Il était seul juge, seul maître de ce qu’il était.

De plus en plus agaçé, la suite n’était pas pour arranger le malfrat qui venait de terminer sa bière. Pauvre petite chose qui avait raté son diplôme. Voilà pourquoi il pensait que c’était difficile à obtenir, hé, la bonne blague ! S’il n’avait même pas le niveau pour réussir de banals examens, alors la vie allait lui mettre de sacrées claques dans la gueule. Pas étonnant que son père le traite aussi mal. Son père… Voilà un sujet qui remplissait Athos d’amertume, et pour des raisons plus que légitimes d’ailleurs. D’où sa longue tirade sur les géniteurs ingrats et castrateurs. Mais le culot du gamin semblait n’atteindre aucune limite.

Il lui était impossible de savoir à quel point ce qu’il disait résonnait en Athos, et surtout, à quel point c’était blessant. Le traumatisme de son rejet familial était derrière lui, du moins le pensait-il souvent. Mais entendre pareil mots, prononcés de cette exacte façon, fit monter sa colère sans prévenir. Quel père pourrait ne pas vouloir ça ? Athos avait un nom en tête, un nom qu’il refusait de prononcer. Le gamin ne comprendrait pas. Sa fermeture d’esprit le rendait fou, et il lui fallait abréger la conversation au risque de s’emporter. Athos détestait perdre son sang froid, surtout en public. Mais là, le discours tenu le chamboulait trop pour qu’il puisse continue d’encaisser pareille naïveté. Du coin de l’oeil, il remarqua que les doigts du jeune garçon se rapprochait de sa baguette. Athos, lui, avait sa main gauche fichée contre sa baguette, planquée dans sa poche. C’en était trop. « Je comprends pourquoi notre maison t’a accueillie. Tu partages avec bon nombre de mes anciens camarades une profonde fermeture d’esprit. Si tu veux un conseil, il vaut mieux parfois prêter attention aux opinions des autres plutôt que de s’écouter parler. »

D’un geste du pied, il fit tanguer le tabouret sur lequel elle était assis le garçon, le déstabilisant suffisamment pour créer une distraction d’une seconde. Le temps pour Athos de sortir sa baguette. « Silencio. » Le ton de l’ancien aristocrate était froid, glacial, aussi tranchant qu’un scalpel. Le sort avait deux avantages : empêcher le gamin de formuler un sort d’attaque, et de continuer à proférer des conneries plus grosses que lui. « Voilà qui devrait t’y aider. » L’instant d’après, Athos s’était volatilisé dans un nuage de fumée, prêt à vaquer à des activités plus dignes de son intérêt.

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Gauwain Robards

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On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Re: [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus [ATHOS] 1er Juillet 1978 - Les bons conseils sont rarement les bienvenus EmptyDim 4 Oct 2020 - 17:03

Qu'est-ce qui était passé par la tête de cet homme ?

Tout était allé très vite. Ca avait commencé de façon imperceptible. Comme le bruit du tonnerre au loin : l'inconnu avait esquivé les questions mais s'était vexé à la remarque anodine de Gauwain concernant les diplômes. Ce qui avait été un élément de discussion avait apparemment fait des dégâts, que Gauwain n'avait pas anticipés.

Mais le tonnerre n'était qu'un annonciateur. C'est de l'éclair que l'on doit se méfier.

De fait, l'homme s'était emporté d'un coup, avait détourné l'attention de Gauwain d'une façon habile mais peu élégante (sauf qu'on n'était plus au Club de Duels ; un adversaire ne saluerait plus poliment avant d'attaquer). Gauwain avait beau avoir eu la main sur sa baguette et avoir été sur ses gardes, le déséquilibre ne lui avait laissé aucune chance de lancer un Protego, ou même de se pencher pour esquiver.

L'éclair ayant frappé, les choses étaient revenues au calme : l'individu avait fui.

Gauwain demeura interdit, à fixer l'endroit où l'autre s'était tenu. A quoi tout cela rimait-il ? Deux hypothèses lui venaient spontanément à l'esprit.

Pour commencer, l'impression qui était venue à Gauwain quelques instants plus tôt était peut-être la bonne. L'homme s'était montré étrangement amical, avec sa boisson « offerte », puis son humeur était devenue sérieusement instable, et pour finir, carrément agressive, lorsque Gauwain avait affirmé clairement son intention de devenir Auror. Ca ressemblait aux réactions habituelles de sangs-purs, tout en les dépassant d'un cran. Pouvait-il s'agir vraiment d'un rabatteur ? Un homme usant de son sourire et de sa belle gueule pour approcher des jeunes isolés, dans le but de les faire basculer dans une direction, de les gagner à sa cause ? Au vu de sa réaction finale, pas difficile de comprendre pour quel camp il roulait. Gauwain n'avait sans doute pris qu'un sort aux impacts minimes parce qu'il y avait des témoins. Il se demanda s'il devait faire un signalement aux autorités compétentes.

Cependant, une autre version de l'histoire lui venait également à l'esprit. Le gars avait semblé se fermer au fur et à mesure que Gauwain parlait carrière ; ça avait culminé dans l'explosion verbale, ce petit éclat de fierté piquée au vif, interdisant qu'on « juge sa vie », puis insultant autant Gauwain que leur maison commune, ce qui était bien peu caractéristique de la fierté régnant chez Salazar. Oui, tout ça, ça n'était pas des réactions classiques de sangs-purs. Gauwain n'avait même pas pu répondre que l'autre s'était mépris, face à ce qui n'était qu'une simple discussion, pas un procès. Chill, man. Qui s'énervait pour ce genre de choses ? Il se demanda si l'homme, derrière ses airs assurés, n'était pas simplement à vif, son égo prêt à exploser, en proie à des démons plus graves et plus sombres que ceux de Gauwain. Ca aurait expliqué ce qu'il foutait à picoler en plein après-midi, et pourquoi il trouvait normal d'oublier ses problèmes dans l'alcool, plutôt que de les affronter.

Quelle que soit l'explication, était-ce le problème de Gauwain, hormis la question du signalement officiel ? L'homme était parti trouver d'autres ados à séduire ou à saoûler, peut-être les deux en même temps.

De son côté, Gauwain n'avait pas reçu d'Impardonnable, et il avait cessé un moment de broyer du noir à cause de sa situation. Mieux, il avait gagné une Bièraubeurre, et il entrevoyait une façon de s'extirper d'une situation a priori inextricable. Il avait appris une leçon (éviter les tabouret quand votre interlocuteur n'est pas clair), et avait gagné une idée d'activité pour ses premiers jours de vacances (travailler son temps de réaction). Il sembla au jeune homme qu'il était gagnant, dans l'histoire, tout bien considéré ; ou bien c'était l'effet de la Bièraubeurre qui lui faisait voir les choses sous un autre angle. Cette explication n'était pas à exclure : c'était comme ça qu'avaient commencé bon nombre de cas d'alcoolisme.

Il faillit attendre d'être rendu à St Davids, où il pourrait demander l'aide de sa tante pour un contre-sort. Après tout, il ne risquait pas de partager une longue conversation parent-enfant, au vu des circonstances. Mais ce serait sans doute pire, s'il devait expliquer les raisons de son mutisme à son père, lorsque celui-ci reviendrait.

Aussi, il fouilla dans ses affaires de cours, de façon à pouvoir passer à la plus jolie des serveuses un petit morceau de parchemin, sur lequel était inscrit « Finite Incantatem ? Smile ».
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