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L'empire de la colère | ATHOS

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Shannon O'Mahony

Shannon O'Mahony


ORDRE DU PHÉNIX
La meilleure défense, c'est l'attaque.

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MessageSujet: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 0:29

Le départ de Shannon pour la Colombie avait finalement dû être repoussé de quelques jours en raison d'un problème d'ensorcellement de portoloin, ayant conduit curieusement un sorcier à y perdre un bras - que Sainte-Mangouste avait tôt fait de lui remettre, bien entendu. Le fait est que ces quelques jours supplémentaires avaient apporté leur lot de curiosités. Et c'était donc le cœur lourd que le sud-américain avait pris son transport en direction de la Colombie. Les trois semaines lui avaient faites du bien. Elles avaient apaisé un peu son coeur, quoique toujours meurtri par l'aveu terrible qu'il avait confessé sous l'empire de la colère. Shannon était un colérique. C'était comme cela, savant mélange génétique. Mais généralement, ses coups de colères étaient vides et ne laissaient pas transparaître le problème de fond qu'il ressentait lui. Parce qu'il était un très mauvais communiquant. Disons qu'il se sentait un peu trop fragile à exposer ses douleurs, parce qu'il avait grandi dans un environnement où la place pour les doutes n'existait pas. Il n'y avait de place que pour les expériences que l'existence attribuait à chaque marins. Il ne fallait pas penser à la hâte de retourner dans un port, ou à la hâte de revoir sa famille. On avançait, sinon on n'avançait plus. C'était sous cette philosophie de vie qu'il avait grandi et c'était celle-ci qu'il utilisait toujours. Une fois le pied posé en Colombie, Shannon ne s'était pas dirigé vers ses lieux habituels pour y rencontrer ses amis colombiens, non. Il voulait voir quelqu'un de très particulier et qui n'habitait pas dans les grandes villes. Rafael.

Rafael était un colombien, cent pour cent pur jus moldu, que Shannon avait rencontré quand il avait cinq ans. Ils se connaissaient donc depuis vingt-quatre ans. Pour ainsi dire, c'était clairement la personne qui se rapprochait le plus d'un père pour le presque trentenaire. Âgé d'une vingtaine d'années à peine quand il avait récupéré Shannon pour s'occuper de lui pendant quelques semaines, leur relation avait réussi à perdurer par l'envoie de lettres et de visites intempestives. Parce que micro-Shannon disait toujours, je cite : "Rafa est trop cool". Bref. Quoiqu'il en soit, c'était lui qu'il était venu voir. Ce n'était pas nécessairement le but premier de sa visite en Colombie - quoiqu'il envisageait de passer une journée avec son ami - mais après la violente mise au point avec Athos, l'irlandais s'était sentit le besoin de rester plus longtemps que prévu chez lui. Aussi lui avait-il tout confié. Pas avec la même appréhension que lorsqu'il avait parlé à Galaad, ou même Magda, ou même Athos tient. Shannon avait développé, de A à Z. Et bien correctement. Rafael l'avait écouté poliment. Il ne l'avait pas regardé avec pitié. Il ne l'avait pas jugé. Il n'avait pas montré de la tristesse pour lui mais au contraire une terrible compréhension de ce qu'il avait vécu en Angleterre. Oh, il n'avait jamais eu de bombe qui lui avait explosé dessus. Certes non. Mais sans aucun jugement, d'une façon étrangement factuelle autant que personnelle, il l'avait au moins convaincu d'une chose : Shannon ne pouvait pas laisser les choses demeurer telles qu'elles étaient avec Athos. Le premier bandage que Magdaleentje avait apposé sur la plaie grande ouverte de son coeur, cet homme l'avait néanmoins fait cicatriser un peu. Sans dire que Shannon quittait la Colombie en étant au meilleur de sa forme, il était au moins calmé pour avoir enfin le courage de parler à son ami.

Rentré dans son appartement vidé de toute présence humaine puisque la collocation avait pris fin, l'irlandais avait calmement rangé toutes ses affaires de voyage. Sa brosse à dent. Ses habits. De façon quasiment mécanique en attendant de se décider à mettre sa fierté de côté pour aller s'excuser. Il se sentait particulièrement honteux, pour être tout à fait honnête. Athos s'était excusé - de quoi ? Puisqu'il ne pouvait pas savoir - et Shannon l'avait envoyé chier. Il l'avait envoyé chier alors qu'il se sentait mal, lui avait confessé des envies suicidaires avant de partir dans un autre pays. Alors, une autre partie de lui prenait certes soin de lui rappeler qu'avoir un stress post-traumatique après avoir subit l'assaut d'une bombe, c'était normal et que se faisant, il aurait au moins dû se douter que quelque chose n'allait pas. Son "autre moi" s'empressait aussi toujours d'ajouter qu'il avait quand même des cernes épouvantables et qu'il devrait le connaître assez pour savoir qu'il ne savait pas parler de lui-même. Et malgré cette insidieuse voix dans la tête, il se sentait horrible, et coupable. Le teint d'autant plus basané par le soleil qu'il avait accumulé dans son pays, Shannon avait finalement pris son courage à deux mains pour transplaner jusque devant le nouvel appartement de son ami. Il pria pour qu'il soit seul et que Magdaleentje ne soit pas là. Il pouvait encaisser le regard d'Athos mais ne saurait en supporter un deuxième. Il toqua malgré tout après plusieurs minutes à fixer la porte. Il lui était très dur de mettre sa fierté de côté. Il se surpassait. Lorsqu'Athos vînt ouvrir, Shannon, qui était plus petit que lui de quelques centimètres, releva finalement son regard correctement pour le planter dans les yeux de son ami : « Il faut que je te parle, Athos. J'peux rentrer ? ».


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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 1:12

Shannon. Cela faisait trois semaines qu’Athos n’avait pas vu le visage de son ami, qu’il avait quitté dans de bien étranges circonstances, pour changer. Trois semaines, et son nom était toujours bien là, sur son bras. Athos s’y était habitué, pour ainsi dire, et sa colère avait laissé place à un tel sentiment de tristesse qu’il ne s’était pas résolu à le faire retirer. Pour l’instant. Assis sur le rebord de la baignoire, grimaçant, le malfrat s’affairait à évaluer sa blessure qui relevait d’une belle maladresse. Pas son genre, certes, mais quand on avait l’esprit aussi rempli que lui, les réflexes ralentissaient. Trébuchant sur l’un des milles jouets de Tobias qui envahissaient l’appartement, à son grand désespoir, il était tombé sur la table basse en verre, éclatée en morceaux. À coup de sortilèges, il retirait chaque bout, avec délicatesse. Son premier réflexe, toutefois, avait été de vérifier que le dessin n’avait rien. Le coeur encré était intact, à défaut du sien.

Trois semaines donc sans voir Shannon. Pas inhabituel, mais vu les circonstances, cela lui semblait une éternité. Conscient qu’il lui fallait prendre de la distance, Athos s’était traîné une peur au ventre des jours durant, les mots de Shannon tapant dans son crâne comme une litanie insistante. Athos, j'te garantis que la seule chose dont j'ai envie, c'est de sauter d'un pont. La phrase ne voulait pas partir, comme tatouée dans son esprit à jamais. Il s’en voulait d’être parti ce matin là, mais pourtant, il savait que ça avait été là la meilleure chose à faire. Les envies suicidaires de Shannon, exprimées de façon si brute, l’empêchaient à son tour de dormir, et il se réveillait parfois avec l’angoisse qu’il se soit exécuté. Des jours sans nouvelles, même quand il avait voulu checker de loin qu’il allait bien. Introuvable. Athos avait failli aller vérifier les registres des morgues, terrifié, mais Magda l’avait rassuré sans le vouloir : Shannon était parti en Colombie. Soulagé sans vraiment l’être, Athos avait repris le cours de sa vie, sachant que de toute manière, il ne pouvait rien y faire. Il fallait attendre, et cette impuissance le rendait malade. Il y avait des ponts aussi en Colombie. S'il faisait ça, oh s'il osait, Athos irait chercher son fantôme pour lui gueuler dessus. Le suicide, franchement. Peu de sujets mettaient Athos dans un état de colère aussi fort. Peut-être parce qu’il se souvenait avoir eu un jour ces pensées là, violentes, comme des flashs. Cela faisait longtemps maintenant, mais il se rappelait l’état de désespoir dans lequel il avait été à l’époque, quand il avait lu la lettre du Ministère. Qu’il avait ressenti la solitude au point de se dire que ça n’en valait plus la peine. Son excursion dans l’Allée des embrumes, et sa résolution heureuse, n’était-elle la preuve qu’il n’avait vraiment plus goût à grand chose à l’époque ? Athos se souvenait de Fred, de la sensation qu’il avait eu, celle de savoir qu’il aurait pu lui crever le bide en 3 secondes et le laisser mourrir. Il se souvenait aussi avoir pensé que ça n’aurait pas été une grosse perte pour le monde. Mais Phil l’avait sauvé, à bien des égards, et jamais, oh plus jamais il n’avait pensé ça de sa vie, compensant sa solitude déchirante par un amour de lui-même qui crevait le plafond, et l’empêchait de se connecter durablement aux autres. C’était sa façon de survivre à lui, malgré ce qu’en pensait Shannon.

La blessure ne saignait plus, et Athos nettoya le sang tranquillement avant de regagner les lieux du crime, où les morceaux de verre en vrac lui évoquait l’état actuel de son cerveau. Il la répara avec un sort, machinalement, et du sang était encore coincé entre quelques bouts de verre, marbrant la table. C’était étrangement beau. Il verrait ça plus tard, avant que Magda et Tobias ne rentrent. Pour l’instant, il n’avait qu’une envie : s’affaler dans le canapé et essayer de dormir un peu, car il était clair qu’il n’était pas en état d’aller s’affairer à l’extérieur. Son regard tomba sur une photo d’eux trois qui trainait sous la table, intacte, qu’il avait pris le soir de leur emménagement. Une jolie famille, au coeur de laquelle il se sentait bien, mais il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il fonctionnait trop mal pour que ça dure. Bah, ne pas penser à ça. Ses yeux se fermèrent, il était tellement épuisé que bientôt, il s’enfonça dans une sorte de rêverie étrange, sans vraiment y plonger toutefois, avant qu’un son ne l’extirpe de son demi-sommeil. Magda aurait-elle oublié sa clé ? Ou était-ce encore cette voisine invivable et ses sucreries pour le petit. Il n’en pouvait plus. Lui aussi avait envie de se barrer en Colombie, ou ailleurs où il ferait plus frais. Mais pas maintenant, alors que Magda et lui renouaient doucement. Enfilant son hoodie déchiré par le verre au niveau de sa récente blessure sans prendre la peine de le zipper, il traîna des pieds jusqu’à la porte et l’ouvrit, près à envoyer bouler sa voisine pénible. Mais non.

Shannon. Shannon, là, bien vivant, bien bronzé, l’air sévère, mais quand même. Un soulagement intense s’empara de lui. Cet imbécile était vivant, putain. Partagé entre l’envie de le serrer dans les bras ou de le gifler, Athos resta immobile et c’était mieux comme ça. S’écartant de la porte, il laissa son ami entrer sans dire un mot. À quoi bon parler, après tout ? Tout ce qu’il disait faisait partir la situation en vrille, à chaque fois. Sans se l’expliquer, il était nerveux. Shannon voulait parler ? C’était nouveau ça. En général, l’un des deux s’excusait, l’autre disait ok, et voilà, sujet clos. Mais Athos savait que là, il ne s’agissait pas de ça. Pour masquer son trouble, il fit quelques pas dans l’appartement et attrapa son paquet de cigarettes et, s'asseyant dans le vieux fauteuil club qui était là quand ils étaient arrivés, joua avec quelques secondes avant d’en allumer une, ignorant l’interdiction de Magda de fumer à l’intérieur. Il évacuerait la fumée en un sort, ça irait. « Je t’écoute. » Son ton ne se voulait pas froid, mais il n’y mit toutefois aucune émotion, craignant de raviver une colère endormie chez tous les deux.
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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 1:45

Shannon ne s'était pas traîné jusqu'à l'appartement d'Athos, il y était allé d'un transplanage sec pour arracher le pansement. Il ne savait pas très bien ce qu'il allait dire, tous les speeches qu'il avait essayé de préparer dans sa tête s'étant évanouis en croisant le regard de son ami. En d'autres circonstances, l'irlandais aurait sans doute simplement dit "Pardon" et ils seraient passés à autre chose. Mais là, il était parti trois semaines quand même. Sans prévenir, sans donner d'indices. Il était vraiment un beau connard. Les bras ballants, Shannon entra alors que son pote s'effaçait pour le laisser pénétrer dans son appartement. Il préférait ne pas passer par quatre chemins. En général, il parlait peu, mais là, il sentait qu'il allait devoir développer, bien malgré lui, sans doute : « Je suis désolé pour ce que je t'ai dit. Vraiment j'ai été odieux, je n'avais pas à partir de cette manière après ça ». Il connaissait assez Athos pour savoir qu'il avait dû se faire des films sur lui se jetant d'un pont. En réalité, Shannon créchait dans un village perdu dans la jungle colombienne, prenait le soleil tous les jours, travaillait avec Rafael accessoirement. La parfaite petite vie rangée de moldus perdus au fin fond d'un pays. « J'étais... » - oh non Shannon, même pas en rêve - « Je suis à cran depuis le mois d'avril. Ça passe pas, ça passera peut-être jamais, j'en sais rien. Il n'empêche que ça fait plus de trois mois que je ne dors pas, que je n'arrive pas à ne serait-ce qu'aller au Chemin de Traverse sans me manger une attaque de panique et que oui, j'ai des envies suicidaires. Je - ... ». Laissez-le respirer, ça faisait beaucoup d'un coup, là. Il se mordit l'intérieur de sa joue. « Je n'aurais pas du sous-entendre que tu ne remarquais rien » - oh il ne la pensait qu'à moitié cette phrase. Shannon était quand même divisé en deux parties bien distinctes : l'une qui pensait que ce n'était pas de la faute d'Athos s'il ne remarquait pas que son meilleur ami tirait furieusement sur la corde du stress post-traumatique, et l'autre qui trouvait quand même qu'il déconnait un peu de ne pas avoir remarqué cela. Mais de toute façon, c'était bien son style non ? Faire passer les sentiments des autres avant les siens ? Il s'en voulait d'avoir pu le blesser d'une quelconque manière que ce soit, parce qu'il ne voulait pas donner l'impression qu'il imposait des obligations à son meilleur ami. Ce n'était pas un petit chien. S'il ne voulait pas arrêter de se regarder le nombril pour regarder les autres,  qu'y pouvait-il ? S'il revenait, n'était-ce pas que ça lui convenait ?
Oh Shannon était faible quand il était question d'Athos. La preuve en était qu'il venait jusqu'à s'excuser de choses qu'il pensait pourtant. Allez savoir pourquoi. Il n'était pas amoureux de lui, ça non. Encore heureux, même si le tatouage sur son bras pouvait induire en erreur n'importe qui qui ne les connaissait pas. Non, il n'était pas amoureux de lui. Cela dit, l'irlandais avait cette espèce de loyauté farouche dans le cœur, qui le poussait à s'effacer stupidement, même lorsqu'il avait de légitimes reproches à lui faire. Qu'est-ce qu'il était faible.  « Je n'ai pas envie de m'étendre sur ce qui s'est passé à l'attentat. Ca n'a aucune importance de toute manière » - phrase dangereuse mon biquet quand même - « je veux croire que ça n'a aucune importance. Si ça n'a aucune importance, je ne peux qu'aller mieux, non ? ». Shannon demandait cela sans attendre réellement de réponse. Le déni. Le beau déni. Bref. Il avait vidé son sac. Au moins en partie.


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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 2:20

Ca chialait dans son coeur. Ça chialait fort, à torrents, et ça ne s’arrêtait pas. Étrangement, quand il s’agissait de Shannon, Athos se montrait d’une sensibilité certaine. Ou plutôt, n’en montrait rien, mais le ressentait fort. Leur amitié était indescriptible, elle aurait sans doute pu, du, voler en éclats des centaines de fois et pourtant, oh oui pourtant, il y en avait toujours un pour revenir. Étonnant que cette fois, ça ait été Shannon d’ailleurs, car Athos s’en voulait terriblement pour sa réaction de l’autre matin. Maintenant qu’il était père, son narcissisme avait pris un autre sens, révélateur de sa peur d’un jour vieillir. Il avait vraiment fait tout un plat de ce tatouage, qu’il gardait aujourd’hui sur son bras, même si Magda n’en savait toujours rien. Parce qu’Athos refusait de voir son corps changer, imaginez.

Toutefois, il écouta Shannon avec une grande attention, tirant sur sa cigarette par moment sans pour autant l’interrompre. Ainsi donc Shannon s’excusait, c’était… inattendu. Un court instant, Athos avait craint qu’il ne vienne pour lui dire que ça y était, c’était terminé maintenant, on arrêtait les frais. Leurs disputes étaient trop fortes, les conséquences étaient trop douloureuses, merci, bonsoir. Peut-être que ça aurait été pour le mieux. Peut-être aussi que son coeur ne s’en serait jamais remis, prouvant ainsi qu’il était incapable de garder près de lui bien longtemps. Après, il appréciait que ce coño réalise quand même que le laisser sans nouvelles avait été un peu cruel. Mais hé, au théâtre des petites cruautés, Athos occupait la plupart du temps la scène, alors qui était-il pour le juger. Sa jambe tremblait un peu, exprimant sa nervosité et son malaise. Ni l’un ni l’autre n’était doué pour se parler, si ce n’était pour dire des conneries ou des banalités. N’empêche que là, Athos se prenait en pleine gueule les états d’âme de son frère de coeur, et c’était douloureux. L’empathie n’était pas son fort, et pourtant, il avait l’impression de ressentir une once de sa peine, comme une dague plantée dans le palpitant qui peinait à repartir après tout ça.

Bien sûr que si. Bien sûr qu’Athos aurait du se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Il l’avait d’ailleurs un peu fait, sur son canapé quelques semaines plus tôt, mais trop soul, trop concentré sur Magda, Glinda, les filles en A, il avait ignoré l’information la plus importante, gageant que Shannon était un dur à cuire et que hé, il s’en était sorti, alors quoi ? Alors si, il était en tort. Il aurait dû comprendre, mais avec sa paternité récente, ses illusions qui volaient en éclat, il n’avait laissé aucune place à Shannon. Aucune. Quel ami faisait ça ? Raison pour laquelle il se taisait, craignant de tout péter avec une phrase à la con, une phrase qui ne voudrait rien dire ou au contraire, dont le sens serait si lourd que leur amitié ne s’en remettrait jamais. Aussi laissa-t-il Shannon terminer, s’enfonçant dans un déni terrible qui lui fit mal. Magda non plus ne lui parlait pas de ce qui s’était passé au Chemin de Traverse, foutu Chemin de Traverse qui voyait tant d’horreurs s’y dérouler. Le silence s’installa quelques minutes. Athos fixait Shannon comme s’il avait peur de le voir disparaître. C’était un peu le cas.

« Tu as tort. » lâcha-il finalement. Une bien étrange façon de commenter sa tirade, mais laissez-le finir. « Tu as le droit de me blâmer pour mon attitude. J’aurais du… être un peu plus perspicace. » Il y arrivait bien avec des inconnus, alors pourquoi avec Shannon, c’était aussi dur ? « Je suis désolé Shannon. Sincèrement. Désolé que tu ressentes ça, désolé de ne pas savoir quoi faire pour t’aider non plus. J’ai retourné ça dans ma tête des milliers de fois, et je ne sais pas quoi faire. Rien, sûrement. Tu me connais… » Il tira sur sa clope bientôt éteinte. « Je passe ma vie à résoudre des putains de mystère, mais celui-là, je peux pas. » Ca le tuait de l’admettre, mais c’était comme ça. Renoncer ne faisait pas partie de son caractère, mais il y avait des batailles qu’on ne pouvait gagner. « Mais je suis surtout désolé de ne pas avoir été présent pour toi. Ces derniers temps, j’veux dire, peut-être même avant. Même quand je squattais chez toi, j’étais pas vraiment là… » Il ne se souvenait pas de toute leur soirée déprime, mais il avait probablement monopolisé toute la conversation. Pour une fois qu’il avait ouvert les vannes, ça n’avait fait que dégueuler, avant que lui ne le fasse vraiment. « T’as le droit d’être en colère contre moi. T’as même le droit de me le dire. » Athos savait bien que Shannon taisait souvent ses ressentiments, sûrement pour ne pas le blesser, le vexer, qu’est-ce qu’il en savait ? Lui-même ne se privait pas pour le faire, alors… « J’te dirais bien que t’as pas le droit d’avoir tes pensées noires aussi, mais je suis personne pour te dire ça. Par contre, je préfère que tu me les claques en pleine gueule, que tu débarques chez moi à 4h, n’importe quoi, plutôt que tu te barres à l’autre bout du globe, comme ça, sans rien dire. » Il éteignit sa cigarette dans le cendrier, et souffla son ultime nuage de fumée. « Ça, désolé, mais t’as pas le droit. » Mais après tout, il s'était excusé pour ça, alors... Un léger sourire habilla ses lèvres, un peu triste, mais soulagé d'avoir un peu déballé aussi ce qu'il pensait, même si ça faisait un mal de chien.
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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 10:21

Athos était étrangement silencieux alors qu'il parlait. Shannon ne pouvait s'empêcher de noter avec un certain suolagement qu'il ne le coupait pas pour l'envoyer paître. Il en aurait eu le droit, c'eut été légitime qu'il le fasse. Le jeune homme était parti comme un voyou sans attaches. Il aurait pu lui laisser un mot. Mais l'irlandais, tellement aveuglé par ses ressentiments, ne l'avait pas fait. Il s'était sentit forcé de se justifier et il n'appréciait pas qu'on lui impose ce genre d'épreuves-là. Il avait été un gamin solitaire et un homme indépendant. Ce n'était pas dans sa nature de se laisser freiner par les relations humaines, même, tristement, par celle qu'il partageait avec Athos. Et d'ailleurs, ils ne se parlaient jamais de la sorte. Jamais. Peut-être même au final que leur amitié était profondément mensongère et superficielle. Ils ne se parlaient que lorsque le verre était trop plein, encore que. Shannon avait eu son verre bien plein pendant longtemps, cela ne l'avait néanmoins pas poussé à lui parler de ses problèmes. Il s'était enfermé dans ses ressentis pour se persuader qu'il allait bien, alors qu'il allait mal. Il allait tellement mal qu'il avait parfois des envies suicidaires. Et il n'en avait pas parlé. Même à Magdaleentje, il ne l'avait pas dit, parce qu'il avait honte de cela. C'était dur, pour quelqu'un d'habitué à ravaler ce qu'il ressentait, que d'admettre qu'on était vulnérable sous le regard des autres, parce que l'on arrivait pas à se remettre d'un élément survenu dans notre vie. C'était terrible que de se savoir impuissant face à une marrée de sentiments. Shannon avait vécu tellement d'expériences qu'il ne comprenait même pas pourquoi il en faisait autant avec le Chemin de Traverse. C'aurait dû être comme le reste. On y pense un coup et puis on y pense plus, on y pense un coup et puis on avance, on se tait, on oublie ou au moins, on surmonte. Mais il n'arrivait pas à surmonter cela, et sur l'autel de l'impuissance, il se sentait résigné, déphasé.

Il n'en aurait pas voulu à Athos de lui demander de partir, l'irlandais l'aurait même fait sur le champ sans rien dire. Il ne s'attendit pas, toutefois, aux mots qui franchirent la barrière des lèvres de l'américain. Alors il avait tort, hein ? Il ne voulait pas de ses remords, ça ne lui faisait bien ni chaud ni froid qu'il s'en veuille. L'irlandais avait compris depuis bien longtemps qu'il était une énigme pour le commun des mortels et il avait silencieusement accepté son sort. Comme, pensait-il à tort, ce qui lui était arrivé en avril. Quoiqu'il en soit et peut-être malgré lui, il était un peu soulagé qu'Athos s'excuse. Shannon en avait eu marre de lui en chercher. Pour autant, il ravala sa salive sans rien dire. Non, il n'allait pas lui faire de reproches. Hors de question. « Je ne suis pas venu pour te faire des reproches, ou pour que tu t'excuses » répondit Shannon d'un ton abrupt, « c'est moi qui ait initié cette situation ». Ce n'était probablement pas une bonne idée de dire cela. Probablement même que c'était justement le problème. Il ne pouvait pas raisonnablement en vouloir à Athos pour son comportement s'il ne lui disait rien par derrière. Parce que c'était gros, ce qu'il lui avait caché quand même.
Toutefois, la fin des mots du jeune homme lui firent particulièrement mal. Il n'avait pas le droit de partir comme ça, hein ? Probablement, qu'il n'avait pas le droit. Mais comme pour tout, l'irlandais s'octroyait le droit de faire au moins ce qu'il voulait. Si Athos affichait un léger sourire, Shannon aurait eu bien de la peine à lui en renvoyer un similaire, même s'il l'avait voulu. Aussi le regardait-il, silencieusement, interdit. C'était précisément parce qu'il détestait qu'on lui fasse des reproches qu'il n'en faisait pas aux autres, justement. Et celui-là, de reproche, il faisait mal. Il faisait bien bien mal. « Je vais être honnête avec toi, Athos » lui répondit-il en continuant de le fixer, les bras ballants, « j'avais besoin de partir. Je ne suis pas partis juste parce que j'avais envie de changer d'air. J'ai même songé à partir définitivement ». Il avait besoin de partir pour ne pas faire une bêtise qu'il n'aurait même pas eu le loisir de regretter puisqu'il serait mort. « C'était soit ça, soit je - ... » - hoplà, on parlait trop de lui, S.O.S - « bref. Laisse tomber, c'est bon. Je suis désolé de ne pas être capable de dire ce que je pense. J'ai pas été élevé comme ça et je sais que c'est difficile à vivre. Voilà. J'étais juste passé pour te dire ça ».


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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 12:08

Les mots avaient une forme de puissance que très tôt, Athos avait appris à voir. Déjà, lorsqu’il était enfant, il assistait à des joutes verbales sans précédent, ou encore à des échanges si glaciaux et tranchants qu’il avait très vite compris le pouvoir qu’un simple mot pouvait avoir. Depuis, il avait appris à les maîtriser et savait faire mal à la simple force d’une phrase, d’une intonation. Faire du bien aussi, parfois, mais uniquement quand il s’agissait de mensonges ou de séduction, de jeux en somme. Pour le reste, il était comme bloqué, et il n’y avait qu’à voir son incapacité à réagir avec Magda et Shannon, les 2 personnes adultes qui comptaient le plus pour lui actuellement. Pourtant, il avait bien fait attention cette fois. Pesé chaque mot, pris son temps, réfléchi pour veiller à ne pas brusquer le sensible et susceptible irlandais, qui pouvait s’enfuir à la moindre contrariété, alors qu’Athos voulait qu’il reste. Pourtant, même comme ça, il semblait qu’ils ne se comprenaient pas. Shannon se flagellait pour cette situation comme il disait, alors qu’il en était une victime. Qu’il refuse de se voir comme ça, très bien. Ca n’était pas Athos qui allait le blâmer, il détestait le sentiment de pitié, ça n’était d’ailleurs pas ce qu’il ressentait à son égard. Shannon avait toutes les raisons du monde de lui reprocher des choses, il devait même en avoir un paquet en stock d’ailleurs. Ne serait-ce que répondre aux horribles choses qu’il lui avait dites au bord du lac, pour commençer…

L’honnêteté de Shannon était appréciable, en réalité. Athos était mal à l’aise, peut-être, mais il écoutait du mieux qu’il le pouvait, ne cherchant pas à répondre quand ça lui brûlait pourtant les lèvres de le faire. L’heure n’était pas à la répartie revancharde, au contraire. Peut-être qu’à force de se taire, Shannon finirait enfin par lui parler, par combler le silence avec des vérités. Mais ils étaient vraiment de bien piètres communicants. Seuls leurs actes exprimaient finalement leur ressenti, comme ce tatouage débile. Acte d’ivrognes, certes, mais n’était-ce pas le plus sincère de tous finalement ?

Mais si les mots faisaient mal, leur absence, parfois, était bien pire. Quand Shannon ne termina pas sa phrase, Athos était bien content de n’avoir rien sous la main, car il l’aurait explosé de rage. Soit je QUOI ? Fallait-il donc qu’Athos le pousse à bout pour qu’il dise ce qu’il avait sur le coeur, vraiment ? Qu’il avait envie de faire sauter le caisson, de sauter d’un pont, de crever à l’âge immémorial de 29 ans parce que, parce que quoi déjà ? Parce qu’il avait failli mourrir ? C’était quoi comme ironie ça encore une fois ? Survivre pour mieux se tuer derrière, qui faisait ça ? Il eut envie de le provoquer fort, de se lever et ouvrir sa baie vitrée pour l’inviter à sauter du 5e, si c’était ce qu’il voulait. En temps normal, il en aurait été capable. Mais la peur qu’il le fasse vraiment l’en empêcha. Pas sûr que son t-shirt de mauvaise facture soit suffisant pour le retenir, si jamais. Sa colère resta, mais il décida de ne rien en montrer. L'aveu de Shannon le radoucit, fort heureusement. Pas élevé comme ça. Lui non plus. Ca expliquait beaucoup de choses.

« Je sais. » 2e tirade. 2e clope. Il y avait des conversations comme ça, ne jugez pas. « Je sais ce que ça te coute de me dire tout ça, je te jure. Pour être franc, je pensais pas que tu viendrais me voir après ce qui s’est passé et… » Il aurait été prêt à faire le premier pas, encore une fois. « Je suis content que tu sois revenu. » Il était sincère. Même si le moment était pénible pour tous les deux, voir sa gueule toute bronzée là, qui contrastait sur les murs blancs de son appartement, ça lui faisait plaisir. « Il est peut-être temps que je sois honnête à mon tour. Après le… » Athos fut incapable de prononçer le mot, se rappelant tout à coup que Shannon ne voulait pas parler de ça. Oh pourtant, il allait le faire hein, mais le choix de vocabulaire lui semblait important. « En avril, j’ai… » Putain, ça ne sortait pas, c’était fou ça, d’être aussi bloqué émotionnellement. « J'étais avec toi à Sainte-Mangouste. Tous les aprem. » C’était sorti d’une traite, et il se sentit si con qu’il se leva pour faire face à la baie vitrée, incapable de regarder Shannon dans les yeux. « J’te l’ai pas dit parce que... Bref, ça n'a aucune importance. Mais te voir comme ça, ça m’a… » Détruit ? Un peu, peut-être. Encore une fois, Athos parlait de lui, c’était l’impression que ça donnait. Mais le suicide, toujours ça hein qui le trottait, c’était un acte égoïste, et s’il fallait montrer à Shannon qu’il comptait pour quelqu’un, alors il le ferait. Après tout, Athos aussi s’en baladait des traumas, même si ça n’était pas comparable. Il n’était qu’un spectateur silencieux de ces horribles choses, et c’était désolant. Est-ce risquer de perdre les gens qu'il aimait, sans pouvoir rien n'y faire, n'était pas une forme de traumatisme pour quelqu'un qui s'attachait si peu aux autres ? « Tu vois, moi non plus je suis pas capable de dire les choses. » avoua-t-il finalement, terriblement frustré par sa propre attitude.
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Shannon O'Mahony

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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 16:15

Shannon était bien conscient que tous les sentiments qu'il avait accumulé depuis avril, seules des personnes ayant vécues des événements similaires puissent le comprendre. Il ne s'attendait pas à ce qu'Athos comprenne, peut-être même que ça le mettait hors de lui de l'entendre parler de ses envies suicidaires. Pour autant, ces envies-là, il n'en avait parlé à personne avant lui. N'était-ce pas une forme de confiance qu'il lui accordait finalement ? Son ami ne se rendait sans doute pas compte combien il coûtait à sa fierté de dire ces mots. Il avait honte. Tellement, tellement honte de ne pas être capable de passer au dessus, de se remettre de ça. Shannon s'était quasiment fait exploser dans une rue marchande. Il était passé à côté de la Mort et c'était curieusement ces envies de suicides qui le rattrapaient, comme pour le rapprocher d'elle. Comme s'il n'avait pas correctement embrassé son destin, peut-être. Qu'importe. Sans doute qu'Athos méritait des explications. Pour l'heure, pourtant, il semblait que l'irlandais lui avait coupé son sifflet chantant, puisque son meilleur pote était jusqu'à incapable de terminer ses phrases correctement. Qu'il lui dise qu'il était content qu'il soit revenu lui faisait plaisir. Shannon n'avait pas l'habitude qu'on lui dise qu'on appréciait un minimum sa présence, puisque c'était généralement l'inverse qui se produisait. L'irlandais allait prendre congé sur ces paroles, en estimant qu'il ne fallait pas trop en faire. Il ne désirait pas s'attarder de toute manière. Mais Athos le surprit en voulant se montrer honnête. Les mots moururent pourtant dans la gorge de l'américain et Shannon soupira. Deux handicapés des sentiments. « Je me doute que tu es venu » répondit-il d'un ton hésitant, « et je t'en remercie ». Il le pensait. Vraiment.

Par l'incapacité de son ami à lui dire ce qu'il pensait vraiment, l'irlandais compris qu'il n'aurait en fait jamais dû évoquer ses tendances suicidaires devant lui. Ça ne servait à rien de l'alarmer. Pourtant il l'avait fait. Et que devait-il penser de ses tendances ? Comment devait-il le juger ? Il était soulagé qu'il n'ait pas réagit avec violence, et il lui paraissait évident qu'il allait contre nature en parlant comme cela. Quel imbécile. Il n'aurait jamais dû lui en parler. Il aurait voulu lui dire qu'il ne désirait pas que ça l'alarme, mais le mal était fait. Et Athos lui avait bien dit qu'il était ouvert pour lui en parler, qu'il préférait qu'il le fasse plutôt qu'il passe à l'acte. En parler rendait l'acte plus chimérique, alors même qu'il était bien présent dans l'esprit de Shannon, sans qu'il n'ait, ne serait-ce qu'osé se promener sur un pont la nuit. Il craignait que ses pensées morbides ne l'entraînent sur un terrain dangereux dont il ne saurait revenir. L'irlandais n'était pas, généralement, quelqu'un d'égoïste. Mais vivre avec ce qu'il avait vécu, c'était dur. Ce serait peut-être lâche de partir, peut-être que ce ne serait pas digne d'un Gryffondor. Pourtant, qu'est-ce qu'il en avait envie. Sous le regard de son ami, il se sentait d'autant plus atroce. Horrible. Intolérable. « Je ne vais pas te faire croire qu'il m'a seulement fallu trois semaines dans un bled colombien pour aller mieux, parce que c'est pas vrai » lui dit-il simplement, avant finalement d'ajouter : « mais s'il te plaît ne débarque pas chez moi le matin en ce moment ». C'était quand même parti de là, à la base. C'était ridicule. Mais au fond, cela avait peut-être été nécessaire pour que les choses sortent, au moins un peu. Loin de lui l'idée de provoquer son ami, Shannon ajouta pour changer de sujet : « Alors, tu te l'es fait retirer ce tatouage ? ».


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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 17:26

Voilà pourquoi il n’en avait pas parlé. Son merci, il n’en voulait pas. Oh, non pas que ça ne le touchait pas hein, au contraire. C’était foutrement émouvant, et il était bien content que Shannon ne puisse pas voir l’expression affectée qu’avait pris son visage, même si le reflet dans la vitre pouvait le laisser deviner. Athos n’était pas allé là-bas pour récolter des remerciements. Il y était allé parce que c’était comme un besoin vital, parce qu’ils n’avaient à l’époque que l’un et l’autre sur lequel compter. Parce que si Shannon disparaissait brusquement de sa vie, il n’aurait plus eu une seule personne importante dans sa vie. Et il aurait été seul, plus seul qu’il ne se plaisait à s’en vanter d’ordinaire. Aujourd’hui, ça n’était plus pareil, il y avait Tobias, et Magda. Mais surtout Tobias, quand même. Cet amour-là ne s’évanouirait jamais. Mais il n’empêchait que si Shannon mourrait, le trou dans son coeur ne se refermerait sans doute jamais. « C’est normal… » se contenta-t-il de souffler en même temps que sa fumée. Normal ? Rien de tout ça ne l’était. C’était juste une formule de politesse d’une banalité extrême, qui cachait la vérité. C’est normal… Comme s’il était normal de se planquer sous un Dissimulio tous les après-midi, le cul vissé sur une chaise inconfortable, à fixer le visage de son ami qui reprenait doucement des couleurs. Et puis, à son réveil, de ne pas en parler, de faire comme si de rien n’était, de juste lui dire C’est cool que tu sois pas mort, mon pote. Qu’est-ce que ça avait de normal, ça ?

Finalement, il fit à nouveau face à Shannon au prix d’un effort considérable. Ils parlaient quand même de ce qu’ils ressentaient, avec un calme désarmant, sans même avoir d’alcool dans le sang. C’était une première, et l’atmosphère était lourde, pesante, il n’aimait pas ça. Shannon et lui, la plupart du temps, c’était de la légereté et de l’insouciance, c’était ça qu’il aimait dans cette amitié improbable qui n’avait aucun sens. Leurs engueulades étaient nombreuses, souvent éphémères et d’autres, comme ce foutu tatouage, restaient pourtant marquées dans leur esprit. Aussi, quand Shannon lui rappela son attitude déplacée de l’autre jour, Athos se sentit gêné, ce qui n’était pas tellement dans ses habitudes. Alors plutôt que de s’enfoncer dans le pathos, il utilisa sa ligne de défense habituelle : le sarcasme. « Oh t’inquiète, je suis toujours pas matinal, ça risque pas. » Par contre, toi, si ça ne va pas, fais-le… Il ne répéta pas, il lui avait déjà dit, c’était imprimé. Du moins, il l’espérait.

Le changement de sujet fut assez peu subtil, et d’ailleurs, était-ce un changement de sujet, quand on savait ce à quoi pensait Athos désormais en regardant ce tatouage ? Un sourire fantôme passa sur son visage tandis qu’il se rendait dans la cuisine semi-ouverte et sortait 2 bières. Au passage, il en cala une dans la grosse paluche de Shannon, qui se tenait toujours debout, comme un con. Athos ne se priva pas pour s’assoir en tout cas. Il était vraiment crevé. « Non, je l’ai toujours. » Il refusait de lui dire pourquoi, aussi replongea-t-il dans sa stratégie d’auto-défense préférée. « Ce n’est pas comme si je n’essayais pas de l’égratigner pourtant… Mais on dirait qu’il y a un Protego autour de ce truc. » En disant ça, il avait jeté un oeil sur son hoodie déchiré, où malgré le foncé du tissu, on décelait quelques gouttes de sang. Dis comme ça, on aurait pu croire qu’il avait essayé de s’écorcher ou pire. Mais Athos savait que Shannon le connaissait assez pour savoir qu’il n’aurait ni intentionnellement déchiré sa peau, ou une de ses fringues, même basique comme celle-là. « Je me suis tollé, en même temps, regarde-moi ce chantier… » se justifia-t-il quand même pour éviter de passer pour un scarifié. Un mec avec des envies de suicide dans la pièce, c’était déjà suffisamment déprimant. « Et toi, tu… tu vas le garder ? » Il essaya d'adopter un ton désinvolte en sifflant sa première gorgée de bière. Après la scène de l’autre fois, il n’aurait pas paru étonnant que Shannon ait envie de dégager le prénom de son bras. Il espérait, étrangement, que ça ne soit pas le cas. Alors que pourtant, il était vraiment d’une laideur, ce tatouage. Comme quoi, la superficialité pouvait parfois s’effacer, quand d’autres choses restaient…
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MessageSujet: Re: L'empire de la colère | ATHOS L'empire de la colère | ATHOS EmptySam 25 Juil - 18:24

Si le voyage de Shannon en Colombie était prévu de longue date, il avait quand même envisagé d'en parler à Athos avant de partir. Jusqu'à leur dispute. A cause d'un tatouage stupide qu'ils avaient fait lorsqu'ils étaient ivres. La situation était risible. Les nerfs de Shannon avaient lâché sans raison apparente, il aurait dû comprendre que oui, pour son ami, c'était un drame national que d'avoir un tatouage sur "son temple". Ils étaient tellement différents. Comment pouvaient-ils entretenir l'illusion qu'ils étaient amis ? Comment pouvaient-ils se persuader que tout allait bien dans leur relation, et qu'elle était saine ? Cette relation amicale n'avait rien de saine. Ils se bouffaient l'un l'autre, étaient incapables de dire ce qu'il pensait sauf sous l'empire d'une explosion de colère. Athos le lui avait démontré au lac. Shannon, le lui avait démontré il y a trois semaines. Il se retrouva avec une bière entre les doigts et se demanda s'il était pertinent de rester ou non. Les bases entre eux semblaient encore trop fragiles pour qu'il ne s'attarde trop ici. Ils avaient besoin de respirer, pour imprimer ce qu'ils s'étaient dis. Une bouffée de chaleur le prit à la gorge et un décapsula sa bière. D'une gorgée, il en bu un tiers. Athos lui répondit qu'il allait garder cette horreur et Shannon eut un vague ricanement. Comme quoi, c'était lui qui avait défloré son temple. « Honnêtement, j'ai juste la flemme d'aller le faire retirer. Il me gêne pas, je m'en fou » répondit-il avec honnêteté. Il n'en faisait pas des caisses avec son corps de toute façon. Sinon, ça ferait un moment qu'il se serait cogné la tête à cause du nombre épouvantable de cicatrices qu'il avait ici et là. Il reprit une grosse gorgée de bière, fit une pause, et une dernière gorgée pour la finir. Il la posa sur la table et se dirigea vers la porte : « Désolé si j'te colle à la peau, maintenant, et merci pour la bière ». Sur ces mots, Shannon sortit et transplana une fois sur le pas de la porte. Il avait besoin de réfléchir et ne se sentait pas le courage de le faire devant Athos.
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