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L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978

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Razvan Vacaresco

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L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyDim 13 Sep 2020 - 19:48

Devant l'hôpital Sainte-Mangouste, Razvan prenait sa pause. Un cigare dans la main, il le porta à ses lèvres pour l'allumer à l'aide d'un briquet. Une effluve de fumée s'éleva au dessus de sa tête et il expira de ses poumons l'empoisonnement auquel il se soumettait volontiers. Ses pensées dérivèrent malgré lui vers Neolina. Les yeux posés sur la rue d'en face où des moldus se pressaient, Razvan les regardait sans réellement les voir. Il avait du mal, ces temps-ci, à se sortir de la tête son amie d'enfance. Ce qui s'était passé au mois de juillet était gravé dans sa mémoire de la même façon que les conséquences de ce qui était arrivé. Leur conversation difficile, à l'instar de leurs retrouvailles à l'hôpital, le hantaient. Il ne fit pas réellement attention à ce qu'il faisait, mais accoudé contre un pilier, il aspira une grande taffe de fumée avant de se pincer l'arête du nez, pensif. C'était un homme du passé, Razvan, le type d'homme à vivre de remords, touché par une violente mélancolie qui lui pourrissait parfois la vie. Il vivait en se remémorant ses erreurs, en se fustigeant de n'avoir pas agi autrement. Il avait toujours été comme cela, et ce n'était pas à trente-trois ans que l'on changeait pareille habitudes. Ce méchant travers de son caractère s'était accentué lorsqu'il était arrivé au Royaume-Uni, immigré perdu, tenant dans ses bras une petite fille. Maintenant mangemort, c'était pire. Et même lorsqu'il ne cherchait pas les choses, les remords l'assaillaient tout autant.
Les gens entraient et sortaient de l'hôpital sans qu'il ne leur jette un regard, le sien toujours perdu sur la rue d'en face, le cigare se consumant négligemment au coin de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyLun 14 Sep 2020 - 0:26

Octavius avait longuement réfléchi avant de prendre cette décision. Il avait été balloté d’incertitude en incertitude depuis des mois. Il pataugeait dans l’incompréhension la plus totale. Razvan était devenu un mangemort. Et il avait tenté de l’assassiner. Il s’était longuement demandé si ce n’était pas qu’un malheureux malentendu. Comment cela était-il possible ? De la part d’un homme faisant preuve de tant de bonhomie ? Mais il lui fallait voir la vérité en face. Cela hantait l’esprit du jeune professeur depuis cette fameuse soirée de décembre. Il ne parvenait pas à en vouloir à son ami. Peut-être qu’il avait d’excellentes raisons de faire ce qu’il a fait ? D’ailleurs, pouvait-il encore le considérer comme son ami ?
Le bon sens lui criait de s’éloigner de lui, de le considérer comme un ennemi. Après tout, il n’avait pas seulement essayé de le tuer lui. Mais également sa sœur, son neveu et, sans doute, plein d’autres personnes. Et puis, en tant que membre de l’Ordre du Phoenix, ne s’était-il pas engagé à lutter contre le Seigneur des Ténèbres et ses mangemorts ? De ce fait, il aurait dû dénoncer Razvan comme étant l’un des leurs. Mais il ne l’avait pas fait. Car il ne pouvait pas s’empêcher de penser à sa fille, Mihaela. Qu’allait-elle devenir sans son père et unique parent ? Il ne voulait pas faire d’elle une orpheline.

Il avait besoin de réponses. Plus que jamais. Voilà ce qui avait poussé Octavius à se rendre à Sainte-Mangouste où travaillait Razvan. Il avait la boule au ventre. Il appréhendait ce moment. Il avait stratégiquement choisi un lieu public pour sa propre sécurité. Il savait – espérait – que le médicomae n’allait rien oser faire dans ces conditions.
Il faisait alors le pied de grue depuis une heure devant l’hôpital Sainte-Mangouste, ne sachant pas s’il devait entrer pour chercher Razvan ou attendre qu’il sorte. Au moment où il décida d’entrer, ce dernier sortit et se mit à fumer la pipe. C’était l’heure de sa pause. Avant de s’élancer à sa rencontre, Octavius eut quelques secondes d’hésitation. Quand il arriva face au roumain, il avait l’air grave. Cela changeait presque la physionomie de son visage tellement c’était inhabituel. Pas l’ombre d’un sourire, lui qui était d’un naturel si souriant et lumineux.
« Razvan, il faut qu’on parle. »
Tout dans cette phrase dénotait quelque chose d’exceptionnel. Pas de bonjour ni quelconque autre formule de politesse. Et il ne demandait pas : il exigeait. Le roumain, connaissant l’anglais et se sachant coupable, ne devrait pas trop avoir de mal à comprendre de quoi il en retournait. Et que c’était grave.

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyLun 14 Sep 2020 - 0:52

Le regard perdu dans le vide alors qu'il tirait machinalement sur son cigare, Razvan n'eut aucune réaction particulière lorsqu'il entendit la voix d'Octavius. Neolina s'évapora de ses pensées comme de la fumée. Il détourna malgré tout son regard sombre dans lequel se cachaient de nombreux nuages pour le poster sur le visage à l'expression grave de cet homme qui fut son ami. Le roumain avait pris un coup de vieux, c'était le moins que l'on puisse dire. Il n'était plus vraiment cet homme jovial de Roumanie, qui voyait une dizaine de patients par jours, la plupart des amis. Il n'était plus cet homme qui, pour se faire un peu d'argent, allait boxer dans quelques caves mal fréquentées de Bucarest. Le médicomage avait constamment cet air austère qui montrait qu'il pensait trop. Beaucoup trop pour son propre bien. Des cernes sous les yeux, ce n'était pas le sommeil qui lui manquait mais il avait trop de mal à dormir bien. Il ne dormait plus correctement depuis qu'il avait effectué son premier meurtre. C'était finit ce temps où il ne pensait à rien, pouvait dormir en paix.

Oh, ce n'était pas de bon cœur qu'il avait agressé Octavius par deux fois. Ce n'était pas de bon cœur du tout. Malgré tout, il ne chercha pas à mettre la main sur sa baguette, ni à avoir une position agressive. Tout au contraire, il détourna son visage pour souffler la fumée loin de celui de son interlocuteur. S'il devait le tuer, ce ne serait pas en l'empoisonnant de la sorte. Le britannique avait les traits d'un homme tourmenté, d'un homme hésitant, aussi. Lui faisait-il peur ? Était-ce pour cela qu'il l'attendait dans une rue fréquentée ? Depuis combien de temps guettait-il sa sortie ? Que pensait-il de lui ? Oh, pour cela, le roumain n'était pas vraiment certain de vouloir réellement une réponse. Il fallait qu'ils parlent, sans doute oui. Ici ? Peut-être pas. Mais Razvan ne lui proposa pas de partir, sachant qu'il n'accepterait pas. « Tu commences enfin à mettre ensemble les pièces du puzzle ? » lui demanda-t-il d'une voix traînante, obscure, glaçante. Le roumain se persuadait autant qu'il le pouvait qu'il n'était pas fou, qu'il n'était pas un psychopathe avide de sang. Il n'aimait pas tuer des gens, ça lui tordait le ventre. Il avait toujours toujours abhorré la violence. C'était bien là la naissance de sa vocation de médicomage. Faire de lui un mangemort était sans doute la pire chose et la plus terrible ironie qui existait. Il baissa les yeux vers son cigare cubain sans regarder l'Anglais. Il redoutait ce qu'il verrait dans ses yeux. C'était ça le pire. Voir le regard des gens qui savaient, changer. Voir que les choses ne seraient plus jamais pareilles. Razvan avait peu d'amis. Il était réservé, il n'appréciait pas qu'on s'occupe de son existence. Et à ce moment-là, il sentait, plus que jamais, le regard de son ancien ami lui glacer les traits.


(535)

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyLun 14 Sep 2020 - 12:13

Un individu, quel qu’il soit, finissait toujours par changer avec le temps et au gré de ses expériences. Il pouvait devenir plus mature, changer de mode de vie, développer de nouvelles passions ou de nouvelles peurs, ou encore avoir de nouvelles aspirations. C’était dans l’ordre des choses. Octavius acceptait d’observer ces changements chez ses proches, même s’il ne les appréciait guère parfois. Mais il avait du mal à encaisser celui, drastique, de Razvan. Cela remettait toute leur relation en question dans le sens le plus négatif qui soit.
L’homme qui fut un jour son ami affichait des traits fatigués et vieillis, comme s’ils s’affaissaient sous le poids de la sa culpabilité. Le professeur n’y vit pas le rayonnement d’un homme heureux et épanoui. C’était une bonne chose qu’il soit malheureux, se disait Octavius. Il y trouvait une dimension rassurante. Il n’aurait pas désiré le voir autrement que malheureux et ce pour de multiples raisons. D’abord, cela pouvait être un signe que Razvan ne partageait pas les idéaux des mangemorts et que ce qu’il était amené à faire avait un impact négatif sur sa personne (on aime savoir que notre ami n’est pas devenu un suprémaciste). Ensuite, une personne commettant de tels actes immoraux en toute conscience ne méritait pas d’être heureux et de toute manière, ce n’était pas une chose souhaitable pour elle. Enfin, il y avait cette petite envie égoïste et primaire de voir celui nous ayant causé du tort souffrir dont la réalisation menait à la satisfaction. Simple justice rétributive de base. L’illustration même de la phrase « C’est bien fait pour toi. ».

Octavius ne quittait pas Razvan du regard, réfrénant une soudaine envie de violence tandis que le roumain lui fournissait une réponse laconique. C’était tout ce qu’il trouvait à dire ? Non, il lui manquait plein de pièces à ce fichu puzzle !
« Je ne comprends pas Razvan. »
Il espérait de tout son cœur que son ancien ami ne partage pas les mêmes idéaux que les mangemorts dont il avait rejoint les rangs. Que son visage malheureux et pitoyable ne le trompait pas. Il ne l’aurait jamais imaginé comme un tueur alors qu’à côté de cela, il sauvait des vies. C’était presque inconcevable. Il avait passé quatre mois à cohabiter avec lui. Une durée suffisante pour dire qu’il n’avait aucune prédisposition.
« Pourquoi ? Pourquoi es-tu devenu ainsi ? Pourquoi moi ? Que t’ai-je fait pour mériter ça ? »
Octavius ne le disait pas clairement, mais le roumain savait exactement de quoi il parlait.
On pouvait lire toute la détresse et l’incompréhension dans son regard bleu. Il en venait à se demander s’il avait vraiment fait quelque chose ayant nuis à Razvan. Ou le voyait-il comme une menace ? Ironiquement, aujourd’hui plus que jamais, Octavius représentait une des plus grandes menaces pour le médicomage.  Il aurait pu le dénoncer aux aurors. Ou à l’Ordre du Phoenix. A partir de là, Razvan aurait pu écoper d’un aller simple pour Azkaban. Ou pour le cimetière.

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyLun 14 Sep 2020 - 12:50

Razvan n'avait pas anticipé cette conversation. Il n'imaginait pas qu'Octavius viendrait le voir. Lorsqu'il avait été découvert par le jeune homme, il s'était dit pendant un temps qu'il était perdu, qu'il verrait les Aurors débarquer chez lui pour lui confisquer sa baguette et l'envoyer subir un procès expéditif au Ministère. Et qu'il n'aurait pas le temps de voir la couleur de la salle d'audience du Magenmagot qu'il serait tué par un de ses semblables, au cas où il soit au disposé à donner quelques informations capitales. Le roumain aurait pu être un indic' pour le Ministère, mais il n'était pas assez fou et fourbe pour faire une telle chose. Jouer à ces jeux dangereux, c'était prendre le risque d'être découvert et les conséquences - non pas pour lui mais pour sa fille - seraient assez épouvantables pour qu'il n'en veuille pas. Il ne savait pas pourquoi le britannique gardait pour lui cette information, il ne savait pas du tout. Il pourrait se targuer d'avoir fait enfermer ou tuer un mangemort. Qu'est-ce qui le retenait ? Le médicomage poussa un soupir en entendant ses questions. Que pouvait-il lui répondre ? Que devait-il dire ? Il n'avait dit à personne qu'il avait été découvert, sachant que ce serait là un allez simple pour lui jusque dans la tombe. Et il avait, croyez-le ou non, moyennement envie de mourir. Il savait très bien que ça se passerait mal dès qu'il avait entendu son nom. Dès qu'on lui avait ordonné d'aller l'assassiner, il savait pertinemment que ça n'irait pas.

« Tu penses vraiment que j'aurais renvoyé Mihaela en Roumanie sans avoir une excellente raison de le faire ? » lui demanda-t-il brusquement, « tu penses vraiment que je me serais séparé de ma gosse si elle n'était pas réellement en danger d'une quelconque manière que ce soit ? ». S'il y avait bien quelque chose que l'on ne pouvait reprocher à Razvan, c'était qu'il était quelqu'un de particulièrement paternel. Sa fille, c'était toute sa vie. Et pour la protéger il devait prendre des décisions difficiles, y compris s'enrôler dans un groupuscule terroriste, marqué d'un tatouage hideux sur le bras qu'ils désiraient tous exposer comme un vulgaire étendard. Ça le dégoûtait profondément. Mais qu'est-ce qu'il y pouvait, hein ? Envoyer un russe jusque dans son bureau de l'hôpital, pour lui demander ce qu'il pensait du bien et du mal, ce qu'il pensait du monde dans lequel évoluait sa fille, ça avait fait mouche. On ne disait pas non à ces gens. On disait oui, ou on ne disait plus jamais rien. S'ils n'avaient pas eu de moyen de pression, Razvan serait juste un corps dans un fossé quelque part en Angleterre maintenant. Le roumain n'aurait jamais accepté si seule sa vie en dépendait. Mais là… Il se passa une main fatiguée sur le visage avant de regarder Octavius dans les yeux. Le médicomage finit par secouer négativement la tête en laissant échapper un rire défait. « Cette situation me bute, Octavius. Je n'ai plus rien. Ma femme est morte, je suis immigré politique dans un pays que je n'apprécie pas, ma gosse n'est pas avec moi, et j'ai même violé mon serment professionnel »  - il tira une taffe en se passant la main dans les cheveux. Razvan aurait pu s'excuser d'avoir essayé de le tuer. Mais à quoi bon ? De vaines paroles pour quelque chose de si terrible, c'était surtout tristement risible.


(612)

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyJeu 17 Sep 2020 - 17:51

Apprendre que Razvan était devenu un mangemort avait beaucoup fait Octavius se remettre en question. Etait-ce quelque chose qu’il aurait pu aisément déduire par lui-même ? Etait-il trop naïf envers ses proches ? Devait-il s’en méfier à l’avenir ? Il ne s’en sentait pas capable. Sans sa famille et ses amis, il était seul au monde. Dans le contexte actuel, c’était effrayant. Ne plus pouvoir compter Razvan parmi ses amis était très douloureux émotionnellement. Il se sentait trahi.
Octavius n’était pas fourbe. Il ne l’était que quand c’était urgemment nécessaire. Il ne voulait pas dénoncer Razvan à quiconque sans chercher à comprendre. C’était totalement irrationnel et irresponsable comme volonté. Immoral, même. Qui savait combien de personnes le médicomage avait tué ou combien de vie avait-il détruit entre temps ? Le professeur ne s’en rendait-il pas indirectement responsable ? Cependant il ne parvenait pas à se résoudre à prendre la bonne décision d’un point de vue moral. Il n’oubliait pas son amitié avec ce meurtrier, qui n’était plus. Il y avait Mihaela aussi.
Par ailleurs, le coupable fit valoir cet argument. Mais Octavius ne le trouvait pas pertinent. Certes, peut-être qu’on avait fait pression sur lui par le biais de sa fille adorée. Mais encore ? Ce n’était pas la réponse à la question qu’il avait posée.
« Ca ne m’explique pas pourquoi tu as rejoint leurs rangs. Pourquoi, toi, le pauvre roumain même pas pur quittant pour la première fois son pays natal ? »
Ce n’était pas de la condescendance. C’était la réalité dans laquelle vivaient les mangemorts. Selon toute probabilité, Razvan aurait dû leur paraître totalement indifférent. Une vermine à éliminer. Il n’était rien à leurs yeux, sa vie n’avait aucune valeur. Dans ce cas, il n’y avait pas de fumée sans feu. Le roumain avait dû faire quelque chose pour qu’on s’intéresse à son insignifiante personne. Et aussi, il aurait pu ne pas céder au chantage.
« Et tu aurais pu trouver d’autres solutions. »
Octavius avait l’impression que Razvan cherchait à se justifier. Alors qu’il n’y avait aucune justification à donner. Rien ne rendait ses actes excusables. Il commençait doucement à s’échauffer face à cette victimisation. Probablement que ce lent glissement de comportement était motivé par une rancœur refoulée, qui était tout à fait compréhensible, qu’il ressentait à l’égard de son ancien ami. Pourquoi il ne voulait pas le dénoncer déjà ? A cause de ses foutus souvenirs, à cause de Mihaela, à cause de ce foutu « Pardonne à ton prochain » !
« J’ai tendance à penser que rien n’arrive par hasard. Tu devrais y réfléchir. »

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MessageSujet: Re: L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 L'impuissance de nos remords | OCTAVIUS | FLASHBACK MAI 1978 EmptyJeu 17 Sep 2020 - 18:38

Razvan se sentait l'âme d'une souris prise au piège entre les pattes d'un gros chat affamé. Le regard d'Octavius, plus clair que le sien ne le sera jamais, le transperçait. Heureusement qu'il n'était pas dans sa tête et qu'il ne pouvait pas voir ce qu'il y s'y passait. Il aurait eu une fenêtre ouverte sur ce qu'il avait fait, les gens qu'il avait assassiné, froidement presque. Des innocents, tous, simplement parce qu'on le lui avait donné l'ordre. Le roumain aurait pu facilement retrouver Octavius et le tuer une fois la deuxième tentative ratée. Il ne l'avait pas fait. C'eut été la chose la plus simple, sans doute la plus logique à faire également. Razvan avait laissé couler, acceptant son sort : si Octavius le dénonçait, qu'il le fasse. C'était mérité. Mais il n'avait vu aucun Auror franchir le pas de sa porte, n'avait reçu aucun hibou particulier et surtout pas de la part du jeune homme. Qu'est-ce qui se tramait dans l'esprit du britannique qu'il ne lui disait pas ? Le cigare entre ses lèvres, le roumain ne perdait pas une miette de ce qu'il lui répondait. Sa blouse ne parlait-elle pas pour lui, au juste ? Il l'avait pensé clairvoyant, sans doute ne l'était-il pas, finalement. « Je suis quoi, Octavius ? » demanda-t-il de but en blanc en écartant les bras, « je suis médicomage. C'est utile pour beaucoup de choses, un médicomage, surtout lorsque l'on peut si facilement faire pression sur lui. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'ils viennent se faire soigner à l'hôpital ? ». Razvan eut un rire particulièrement amer. Ça lui aurait évité des problèmes, mais la vie n'était pas un monde tout rose, il avait correctement appris sa leçon.
Le roumain ne se considérait pas particulièrement comme une victime. Il subissait sa propre culpabilité en se répétant chaque jours que tout était de sa faute. Il n'avait pas besoin du jeune homme pour entendre cela une nouvelle fois, vraiment. Il dormait assez peu comme cela, non seulement en raison de ses gardes mais aussi à cause de ses activités nocturnes et plus encore à cause de ses remords. Le médicomage tira une nouvelle taffe. La phrase finale du jeune homme l'agaça particulièrement. « Quoique tu en penses, je n'ai rien fait de spécial pour demander ça » répondit-il d'un ton particulièrement froid, « et si tu penses que je suis un sadique, fais toi plaisir ». Razvan était connu pour sa bienveillance et sa profonde empathie. Il n'était pas un sadique, il ne l'avait jamais été et ne le serait jamais. Ce n'était pas un tempérament malveillant qui l'avait poussé à devenir médicomage. C'était son besoin d'aider son prochain. Voilà tout. « Tu peux me juger avec ta bienpensance toute chrétienne, Octave. Mais pourquoi tu ne me dénonces pas, alors ? Puisque je l'ai cherché, puisque je n'ai pas trouvé d'autre solution et puisque je fais ce qu'on me demande. Pourquoi tu gardes ça pour toi ? ».

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