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L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS

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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyMar 29 Sep 2020 - 15:29

Quatre octobre 1978


Une semaine exactement. Une semaine semblait avoir suffit pour ravager un peu plus, si tant est que ce soit possible, les mains de Razvan Vacaresco. Depuis sept jours désormais, il était commun de voir le roumain tous les soirs dans la fameuse cave où il allait boxer. Il était commun de découvrir les jointures de ses doigts violacées par la violence des coups qu'il donnait. Il ne les soignait pas en général et aujourd'hui ne le faisait-il pas davantage. Vers vingt-trois heures ce soir-là, il s'aspergea le visage aux traits fatigués dans les vestiaires pourris attenant à la pièce principale. Il regarda pendant quelques secondes l'eau emporter le résidu de sang qu'il avait sur le visage et sur les tempes. Il releva le nez pour regarder ses traits durs d'homme d'Europe de l'Est. Comme à chaque fois qu'il se regardait - ce qui n'arrivait pas souvent - Razvan voyait l'ombre de la personne qu'il avait un jour été. Et c'était maintenant pire, que des cernes s'étendaient sous ses yeux. C'était maintenant pire depuis cette longue semaine. L'homme n'était pas connu pour être très sentimental, aussi n'en avait-il rien à faire d'avoir passé, probablement, la pire journée d'anniversaire de sa vie. Non vraiment, ce n'était pas important. Ses déprimes intérieures concernaient des choses plus terribles et plus violentes que cela. La vérité, c'était qu'il n'allait pas bien et que cela se voyait physiquement. Les traits tirés par une semaine passée avec peu de sommeil, il semblait que l'homme avait pris dix ans brutalement. Même Mihaela avait semblé voir le changement, lui demandant, somme toute fort innocemment "pourquoi il n'allait pas bien". Ce qui s'était déroulé avec Neolina le hantait tellement que l'on aurait sans doute pu y regarder le film dans le fond de ses yeux noirs. Et ce film, serait sans aucun doute saupoudré de ces regrets intolérables qu'il ressentait toujours. Il s'en voulait plus qu'il n'osait se l'admettre. Le roumain n'était pas un homme qui s'énervait facilement, aussi, lui-même était bien incapable de prévoir ses propres réactions face à la colère. Il faisait généralement le dos rond, ne disait rien. Pourtant là, il avait parlé et il avait réussi, seul, à ruiner une relation vieille de trente ans. Il n'en voulait pas le moindre du monde à Neolina. C'était lui qui les avait mis dans cette situation, c'était lui qui l'avait embrassé ce jour-là de juillet. Et c'était lui qui avait fait tomber le couperet la semaine précédente, tout comme encore une fois, c'était lui qui était partit en lui faisant bien comprendre qu'il coupait les ponts. Comment sa colère avait-elle pu le conduire à agir d'une manière si stupide ? Pire, comment sa colère avait-elle pu le conduire à être aussi désagréable ? Les mots qu'il lui avait lancé le hantaient parce qu'il s'en voulait. Elle ne méritait pas cela. Loin de s'essuyer le visage imbibé d'eau, Razvan sortit de son sac simplement ce qu'il prenait toujours pour ne pas se faire remarquer dans la rue en sortant. C'était le deal ici. Vous vous battez, on parie, mais dehors, personne ne doit savoir ce qui se passe dans cette cave. Une petite fiole violette idéale pour effacer toute trace de bagarre sur le visage des boxeurs. En quelques secondes à peine, le roumain retrouva son visage au teint terne. Il pouvait partir d'ici. En sortant du vestiaire, son regard sombre s'arrêta pourtant sur Athos. Il avait l'air de s'être fait un paquet d'argent. « J'espère que tu avais parié sur moi » lança Razvan comme seule préliminaire, sans afficher néanmoins l'ombre d'un sourire sur son visage qui semblait désormais incapable d'en afficher un seul.


(606)

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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyMer 30 Sep 2020 - 13:19

Autour de lui, la foule grognait tandis que l’adversaire au sol semblait être incapable de prononcer le moindre son après s’être fait mettre K.O. Visiblement, les gens étaient surpris - les imbéciles. Le gobelin qui gérait les paris se traîna jusqu’à lui avec un air dépité et lui tendit quelques bourses bien, bien remplies qu’Athos empocha avec un sourire victorieux. Ca grogna de plus belle. Mentalement, le jeune malfrat nota que ça lui paierait bien un mois de loyer sans effort. Parfait. Glissant les bourses dans ses poches, il les scella magiquement - hé, il connaissait les lieux et les individus qui le fréquentaient - et se fit la remarque que les sorciers avaient encore pas mal de choses à apprendre des moldus. Notamment en ce qui concernait la monnaie. Les billets, c’était quand même bien plus pratique que les gallions - et carrément moins lourd. Remarque de mec fortuné ça, qu’il se garda bien de dire tout haut pour éviter de se prendre une remarque ou pire, un pain.

Évidemment, Athos ce soir attirait l’attention. C’était en général ce qu’il préférait éviter mais là, impossible de faire autrement. Depuis plusieurs mois, ses apparitions se faisaient rares. Aussi, quand il venait… eh bien, ça murmurait sur son passage. Mais voilà, ce soir-là, Athos avait ressenti le besoin de revenir à ses premiers amours, et les jeux d’argent en faisaient partie. Bien sûr, être père, être amoureux, tout ça, ça le comblait. Mais ses activités en journée lui faisaient perdre un peu de terrain sur son royaume de la nuit, où il régnait autrefois. Il le remarqua tout de suite, en repérant de nouvelles têtes, trop nombreuses. Et surtout, en entendant une information qui lui avait échappé. Ce soir, Razvan se battait. Comme il avait fait toute la semaine. Hum, intéressant…  Lorsqu’il était passé pour enchanter les bracelets cette semaine, il avait effectivement remarqué un changement, mais préoccupé par ses propres affaires, pressé comme tout, il n’y avait pas prêté attention. Aussi, lorsqu’il vit le combattant en début de soirée, de loin, il se fit plus attentif, surtout suite aux rumeurs alentours. Les gens n’avaient pas parié une noise sur lui, estimant que l’usure des matchs avaient du le rincer, et que son adversaire du soir était trop coriace. Effectivement, Athos nota des signes de fatigue physique qui sauteraient aux yeux de n’importe quel pécore. Mais son attitude était nerveuse, presque sanguine, plus que d’habitude. Aussi, plus par conviction que pour ne pas faire comme tout le monde, Athos avait misé sur Vacaresco. Il misait toujours sur Vacaresco, et ce soir plus que jamais.

Le match n’avait pas duré longtemps. Et l’issue du combat alla à la faveur du roumain. La foule était hors d’elle, choquée de voir leur poulain se faire rétamer en quelques minutes par les poings furieux du médicomage fatigué. Athos avait misé sur le bon combattant, comme… et bien comme souvent. L’observation était un atout précieux quand on jouait avec de l’argent. Et Razvan semblait avoir besoin de se défouler, luttant probablement contre des démons intérieurs. Quand on avait cette forme de désespoir, on était prêt à tout. Mais surtout pas à perdre. « Bien joué Greyson ! » Une grosse main s’abattit sur son épaule, et Athos reconnut un habitué, Stanford, qui semblait d'humeur à parler. Sa baguette non loin de ses doigts, il était ravi d’avoir protégé son précieux butin car il connaissait sa capacité à laisser balader ses doigts dans les poches des autres. « Stan… J’ai manqué quoi, dis ? »

Il obtint du bavard quelques précieuses infos en sirotant une bière, la première de sa semaine. Décidément, la stabilité le rendait bien trop raisonnable. Du coin de l’oeil, Athos identifia quatre personnes qui le regardaient plus que les autres, sans doute des clients potentiels qu’il irait sonder quand il aurait réglé toutes ses affaires. Au loin, il aperçut celui qu’il cherchait. « Je reviens… » mentit-il, sachant que le bourru personnage trouverait vite quelqu’un d’autre à aller gonfler de ses paroles avinées. D’un pas agile et souple, il se posta devant le gobelin pour lui barrer la route, faisant poindre la menace de sa baguette sous sa cape anthracite. « Tu as cru que je ne savais plus compter ou quoi ? » Soupir en face, une pointe de peur, et une nouvelle bourse apparut, atterrissant dans la paume du sorcier. « En te remerciant. » lâcha-t-il avec un sourire narquois, se dégageant légèrement du passage pour que la petite créature puisse filer sans demander son reste.

Son regard croisa alors celui de Razvan, qui était désormais bien plus qu’un client à ses yeux. Sans être un ami - on ne mélangeait pas tout - la paternité récente d’Athos l’avait amené à se rapprocher du roumain, à qui il accordait une forme de confiance. Désormais père, Athos comprenait mieux le désarroi qui l’avait poussé à se mettre dans pareille situation. En échangeant avec Razvan, il se sentait souvent un père moins merdique, parce qu’il réalisait qu’aucun père ne pouvait être parfait, même avec la meilleure volonté du monde. « Sur qui d’autre ? » répondit-il à sa phrase, notant tout de suite que le ton était différent. De près, malgré la pénombre, il eut tout le loisir de détailler son visage marqué par l’épuisement, et autre chose. Avec la vie qu’il menait, il avait du se passer quelque chose de grave pour l’abattre à ce point. Ca ne pouvait être la petite - Athos le saurait. Peut-être d’autres menaces de ses fréquentations ? Peut-être d’autres peines plus intimes, qui ne le regardait en aucun cas ? En tout cas, Athos reconnut tous les signes d’un homme dépassé par la situation, car il y avait dans son regard le même vide qui avait habité le sien il y avait de ça quelques mois. Athos, sans être la personne la plus emphatique du monde, eut tout de même de la peine à le voir comme ça. « J’ai largement de quoi te payer un verre. » dit-il en souriant, et en se dirigeant d’instinct vers le comptoir qui s’était vidé de clients dépités par leur échec au pari. « Ces abrutis pensaient que ton sixième match d’affilée sonneraient ta perte… » commença-t-il, songeant qu’il aurait été de mauvais ton de demander ce qui n’allait pas. De toute façon, vu sa capacité à consoler ou à compatir, mieux valait ne pas partir là-dedans. Il lui laissa juste une fenêtre pour parler de son acharnement à venir boxer s’il en ressentait le besoin. À part ça, c’était de la badinerie. « Je savais que tu les ferais mentir. » Athos ne disait même pas ça pour le flatter. C’était la pure, la plus brute des vérités. Ils commençaient à se connaître. Et jamais il ne se serait risqué à le brusquer en lui sortant des conneries pour rebooster son ego. Ca ne servait à rien. D’une main, il attrapa la bière qui était apparu après qu’il ait fait un signe au barman pour commander, et fit un geste léger envers Razvan pour boire à sa santé avant d’y tremper ses lèvres. Ses yeux sondaient ses expressions sans y paraître. Qu’est-ce qui le tourmentait ainsi ? Et surtout, combien de temps ce désespoir le porterait avant qu’il ne se fasse rouer de coups jusqu’à presque mourir sur le ring ? Au-dela du manque à gagner que cela représentait, Athos n'avait pas envie d'assister à la mise à mort de quelqu'un qu'il considérait. Pire, qu'il appréciait.
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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyJeu 1 Oct 2020 - 16:55

Razvan avait toujours eu une façon bien à lui d'encaisser les tracas de l'existence. Certains ne mangeaient plus, d'autres mangeaient trop. Certains pleuraient en permanence, ravagés par la mélancolie. Pour cet état d'esprit, le roumain connaissait, malheureusement, mais il n'était pas un homme à pleurer. Il ne pleurait pas pour les deuils, il ne pleurait pas pour les disparitions. L'homme encaissait, sans rien dire, mais ses changements d'états d'esprit se manifestaient sur son physique. Qu'il y mette du sien, ou non, la mort de sa femme sept ans auparavant avait eu des changements sur lui. Il ne faisait plus vingt-sept ans à l'époque, il en faisait déjà trente-cinq. Et il semblait que depuis une semaine, il avait pris des années supplémentaires, qui s'additionnaient lentement mais sûrement hélas. A la mort de Mara, le médicomage s'était mit à boxer avec plus d'assiduité, pas tous les soirs parce qu'il avait sa fille, mais il se débrouillait pour aller morfler quelques fois par semaines. Cela ne plaisait guère à Madame Lupescu, qui se serait probablement évanouie de savoir ce à quoi il consacrait toutes ses soirées aujourd'hui. Les mains guérisseuses de Razvan étaient bleues à force d'être sollicitées, et il avait mal. Un esprit censé se serait soigné, surtout qu'il était médicomage. On lui demandait souvent pourquoi il ne le faisait pas, le roumain se contentait de hausser les épaules pour ne pas répondre. De telles indiscrétions le mettaient mal-à-l'aise, en cela qu'elles touchaient à sa façon très intime de considérer ses problèmes. Le roumain avait besoin de souffrir pour aller mieux. C'était ainsi, cela avait toujours été cela. Se défouler c'était bien, expier sa culpabilité par la douleur, c'était mieux. Probablement que ce n'était pas quelque chose de très sain. Mais que voulez-vous, Razvan n'en avait rien à foutre. Le regard d'Athos accrocha le sien, aussi s'approcha-t-il de lui en le saluant de la manière la plus sommaire qu'il puisse faire. Le sourire du jeune homme ne dérida pas particulièrement notre homme qui se contenta d'obtempérer dans le silence le plus religieux - pour changer.

Le roumain en était, ainsi que le précisait le britannique, à son sixième match d'affilé. Pas de quoi l'inquiéter outre mesure, bien que lui-même commençait à fatiguer. Il le sentait. Ses muscles le tiraient de façon intolérable, ses mains souffraient de faire le moindre mouvement, même tenir une plume. Mais c'était nécessaire, Razvan le savait, il se connaissait bien. « Attend qu'ils voient le septième » répondit le roumain en esquissant, pour la première fois depuis un moment, un sourire en coin sur son visage ternit par la vie. Il se fit la réflexion qu'il allait peut-être faire une pause pendant quelques jours, ne serait-ce que pour ses poings. Mais la triste vérité, c'était qu'au fond de lui, il voulait continuer jusqu'à se prendre la branlée de l'année. « Ça faisait un moment que je ne t'avais pas vu » lui dit Razvan en empoignant sa bière - il ne lui demandait pas particulièrement d'une façon détournée pourquoi il ne venait plus, ça ne le regardait franchement pas, mais davantage pour faire la discussion et ne pas le laisser parler dans le vide « je suis content que ton retour soit marqué par un beau paquet d'argent. Mais je pense faire une pause après demain. De quelques jours, j'ai quand même besoin de mes mains pour travailler ». Encore une fois, il aurait pu se soigner, mais ce n'était pas dans ses moeurs. Il prit une lampée de bière. Ce n'était que par soucis du travail qu'il envisageait cette pause, tristement. Pas parce qu'il s'en sentait le besoin, certainement pas. Quelques jours ne seraient pas suffisants néanmoins, étant donné son rythme de vie et de travail, pour se remettre d'une semaine de soirées violentes.

(626)

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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyJeu 1 Oct 2020 - 19:39

Razvan avait vraiment sa tête des mauvais jours. Et pourtant, pour ce qu’Athos connaissait la vie du roumain, ou devinait en tout cas, il n’en était pas à son galop d’essai niveau difficultés. Quelque chose de grave avait du se passer. Sans prévenir, comme toujours, car les saloperies vous tombaient toujours sur le coin du nez sans vous avertir. L’agression de Magda l’avait lui-même plongé dans un tourment indéfinissable, et il avait réussi à reprendre pied uniquement grâce justement à cette merveilleuse femme qui avait accepté de faire à nouveau partie de sa vie alors qu’il l’avait allègrement sortie de la sienne à l’époque. La colère était toujours là, sous-jacente, mais bien moins visible. C’était mieux ainsi. S’il voulait résoudre ce foutu mystère qui lui résistait et l’animait plus que n’importe quelle affaire rémunérée, il avait besoin d’être en pleine possession de ses moyens.

Mais Razvan, lui, était dans la phase où toute sa douleur et sa peine se lisaient sur son visage. Enfin, pas tout à fait. Il fallait sans doute connaître un peu ces traits pour remarquer à quel point ils étaient tirés, vieillis. Tristes. Son déferlement de rage sur le ring n’était que la manifestation impulsive d’émotions trop fortes qu’il déchargeait comme il pouvait. Athos savait très bien ce que c’était, ayant lui même affreusement perdu son sang-froid un matin à s’en éclater la main. C’était d’ailleurs Razvan qui l’avait rafistolé. Sauf que là, Athos voyait mal comment lui rendre la pareille, à part en bavardant avec lui pour lui changer peut-être, le temps de quelques minutes, les idées. « Tu as l’intention de battre un record ? » répondit-il en s’embarquant sur le chemin de l’humour qui cachait autre chose, et ils le savaient tous les deux. Tourner en positif une vague d’auto-destruction n’était peut-être pas sain, mais essayer de l’enrayer était au-delà des compétences du sorcier.  Peut-être cela amènerait-il Razvan à s’étendre sur le sujet. Ou peut-être pas.

Etonnamment, le médicomage entretint la conversation et la relança, même. Dans leurs échanges précédents, Athos était souvent à l’origine des débuts de badinage, maîtrisant cet art avec une facilité déconcertante que l’expérience avait forgée. « Ça fait un moment, en effet. » Athos n’était pas le seul à être doué d’observation, évidemment, et la phrase était drôlement tournée quand on savait qu’ils se voyaient toutes les semaines depuis bien des mois désormais. « Je découvre d’autres façons d’occuper mes soirées ces derniers temps, mais je dois bien dire que ça m’avait un peu manqué. » Le malfrat se garda bien d’étaler à la gueule d’un type aussi malheureux son récent bonheur familial, pire, conjugal. Car peut-être était-ce une peine de coeur qui le tourmentait ainsi - même si Athos avait du mal à envisager cette piste, mais allez savoir.

Ainsi donc, tandis que son interlocuteur se montrait plus bavard que d’habitude, Athos obtint la réponse à sa question, et se sentit vaguement rassuré à l’idée qu’enfin, Razvan allait sans doute se calmer un peu sur les combats. Voeu pieu, peut-être, mais qui semblait plus tenir de l’auto-persuasion que de la vérité. Mais après tout, la vérité n’était-elle pas quelque chose qu’on pouvait façonner à sa guise ? « Tu sais, je pense que tu m’as renfloué pour le mois. Un peu de repos pour mieux casser des gueules ensuite, ça ne peut te faire que du bien. » Encore une fois, Athos effleurait le problème sans y plonger corps et âme, minimisant sans doute une problématique dramatique car ça n’était pas son rôle d’aller fouiller dans les tréfonds de l’âme de Vacaresco. C’était déjà un miracle qu’il ait réussi à déceler un mal-être chez quelqu’un, alors qu’il avait cruellement manqué d’empathie et de jugeote envers son meilleur ami. Avec horreur et une pointe de tristesse, Athos réalisa à cet instant qu’il voyait sans doute plus souvent Razvan que Shannon ces derniers temps.

« Et puis, je préfère que tu prennes soin de tes mains magiques. Qui sait dans quel pétrin je vais encore me fourrer la prochaine fois ? » La phrase faisait référence à ces nombreux déboires récents, physiques. Quand Athos avait fait affaire avec Razvan, il n’avait pas imaginé avoir autant besoin de lui car les blessures se faisaient rare sur son corps dont il prenait grand soin. Mais récemment, la vie l’avait abîmé, et pas que de l’extérieur, certes. Mais c’était de ça qu’était chargé Razvan, le réparer quand l’enveloppe était cassée. Pour le reste… Il se débrouillait, merci. « Quoique les temps sont étrangement calmes en ce moment. Si ce n’est cette douleur persistante dans le tympan quand le petit hurle à chaque contrariété. Ça me tue presque de l’avouer, mais j’ai déjà été à deux doigts de lui balancer un Silencio pour me garantir une grasse matinée. » Oh, Magda l’aurait tué pour ça, il le savait. Mais franchement, il avait hésité. Et avec cette confession impromptue, sans doute cherchait-il à se rassurer auprès du seul modèle paternel à peu près de confiance qu’il connaissait. Les doutes concernant sa capacité à être un bon père ne s’étaient pas évanouis avec le temps. Sans doute ne disparaitraient-ils jamais d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptySam 3 Oct 2020 - 3:31

Razvan était un homme qui avait du vécu. C'était un fait, on pouvait dire aisément qu'il avait vécu plus que la plupart des gens, sans doute plus de malheur, également. Il fallait bien vivre sa vie. Tout lui tombait dessus, comment pouvait-il lutter contre l'évidence la plus absolue d'un destin destructeur ? La destruction de son propre corps était peut-être une chose à laquelle il ne devrait pas se laisser aller. Ce n'était pas comme cela qu'il pouvait espérer aller mieux dans un futur proche. Néanmoins, le roumain avait la peine trop récente, trop dure aussi. Il vivait ce qui s'était passé avec Neolina, en quelque sorte, comme un deuxième deuil. C'était probablement stupide, mais la réaction qu'il avait depuis une semaine concordait furieusement avec celle qu'il avait eu à la mort de sa femme. Peut-être même était-ce pire, Razvan se laissant aller plus que de raison à sa peine. De ses mains, il n'était presque plus possible de déterminer la réelle couleur de sa peau. Mais que voulez-vous. On affronte tous le deuil d'une façon différente, le roumain affrontait son deuil d'une amitié vieille d'une vie, n'était-ce pas une bonne raison pour se laisser aller ? Il se demandait souvent, quand il frappait quelqu'un, comment Neolina vivait la chose. Son lui intérieur se persuadait qu'elle vivait bien les choses, sans doute qu'elle ne pouvait pas le vivre aussi mal que lui, non ? C'était évident. Elle allait rebondir, comme toujours, ne s'embarrassant pas, au contraire de lui, de regrets inutiles issus d'un passé endeuillé. Sans doute que son ancienne amie d'enfance avait de la chance. Il avait bien essayé plusieurs fois de ne pas vivre dans la mélancolie, mais comme quoi, lorsque le fort intérieur voulait suivre son propre chemin, il n'avait pas trop son mot à dire. « J'aurais peut-être ma chance pour le record de cette cave » plaisanta l'homme à sa manière, d'un humour très noir.

Athos et Razvan se voyaient toutes les semaines, la faute à leur arrangement perpétuel qui, précisément, les arrangeait bien. Mais ils ne se voyaient plus vraiment ici. La paternité somme toute très récente du britannique y était sans doute pour quelque chose et le roumain s'était fréquemment fait la réflexion au fond, que c'était bien louable comme attitude. Il était probablement un père indigne de son côté. Mais l'indignité ne lui collait-elle pas à la peau ? Il n'était pas digne d'afficher ainsi ses blessures sans même daigner de les soigner. Il n'était pas digne de passer sa rage sur des types qui ne venaient pas pour repartir avec trois dents en moins. Ravagé par des sentiments passionnés qui ne lui ressemblaient pas, le médicomage avait l'attitude d'un roquet nerveux sur le ring ces derniers temps. Et cela aurait inquiété n'importe qui s'en faisait un peu pour lui. Mais personne ne s'en faisait, il était là le truc. Razvan hocha la tête concernant la pause qui s'imposait. Cela ne lui plaisait pas, mais il devait bien travailler. Et s'il aurait pu s'épuiser encore une semaine s'il daignait au moins soigner ses mains, ce n'était pas ce qu'il recherchait en premier lieu. Il voulait souffrir, c'était vrai. Mais en continu. Se soigner, ce serait essayer d'apaiser ses ressentiments et ce n'était certainement pas ce qu'il cherchait. « Dans quel pétrin ne t'es-tu pas déjà mis ? » rebondit-il avant de boire une gorgée de bière, « ah si, je sais. Je crois que je ne t'ai encore jamais réparé de nez ». Pour l'instant. Et heureusement d'ailleurs, puisqu'il semblait que le jeune homme tenait particulièrement à son physique. Il se rappelait encore lorsqu'il était venu chez lui sous sortilège de confusion... Étonnant.

L'anecdote sur Tobias arracha à Razvan un sourire que seuls les pères affichaient. Ce genre de sourire connaisseur - comment ne pouvait-il pas connaître ? - c'est-à-dire, le genre de sourire de la personne qui a vécu. Dans ses années de malheur, le roumain avait aussi connu la paternité. Et il ne regrettait pas cela, malgré tout ce qu'elle lui avait arraché. « Soyons honnête, je ne pense choquer personne dans cette cave en disant que n'importe quel sorcier sain d'esprit y a déjà pensé » répliqua-t-il en regardant Athos d'un air un peu amusé. Le barman non loin s'esclaffa, sans doute connaisseur lui-même. Le médicomage ne savait pas très bien si la mère était présente réellement dans la vie du jeune homme, mais avait conclu que c'était le cas : c'était brusquement que Tobias était entré dans sa vie et s'il passait autant de temps avec son fils, Razvan était prêt à mettre sur la table son pécule de ce soir pour parier que la mère était dans les parages. Lui, il avait été seul, avec un métier fatigant psychologiquement et une enfant qui, bien évidemment, avait ses propres besoins. Les premiers mois avaient été les pires, devant jongler sur un équilibre précaire entre son deuil, son enfant, et son travail. Complexe et difficile période, qu'il avait détesté du plus profond de son âme. « Ça viendra avec le temps » décida-t-il d'adopter une posture plus tempérée, « il a changé d'environnement aussi, ça y joue ». Razvan n'était forcément pas au courant qu'Athos avait déménagé, mais faisait surtout référence au fait que la mère ait décidé d'impliquer le père dans la vie du gamin. Un peu tard à ses yeux. « Mihaela me demande souvent si tu vas revenir avec Tobias ces derniers-temps. Je crois qu'il lui manque ». La petite fille, si sociable, n'avait malheureusement pas nécessairement l'occasion de beaucoup se socialiser ces derniers temps. Razvan la renvoyait au moins une fois par mois chez ses grands-parents pour qu'elle revoit ses amis roumains, mais cela ne rattrapait certainement pas le manque qu'elle subissait malgré elle et qu'il lui faisait vivre, au fond, malgré lui.


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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptySam 3 Oct 2020 - 22:17

Cela faisait 2 ans qu’Athos fréquentait assidument cette cave humide où les hommes s’adonnaient à des atrocités pour quelques pièces et surtout, pour la distraction de ceux qui n’avaient pas le courage de grimper sur le ring. Oh, le sorcier n’en rougissait absolument pas, lui qui déplorait en général la violence et ne supportait pas qu’on porte atteinte à son corps. Mais sans qu’il ne puisse se l’expliquer, il avait une forme de fascination pour les matchs de boxe, en particulier car il aimait analyser les combattants et miser sur celui qui lui paraissait le plus fourbe, le plus en forme, le plus enragé. Souvent, ses paris étonnaient la plèbe car parier sur un favori n’était pas souvent dans ses habitudes. Le record sur lequel plaisanta Razvan était de dix-huit matchs d’affilée. Athos s’en souvenait, car il avait parié sur l’homme qui avait interrompu cette lancée titanesque et s’était fait un beau paquet de gallions. Et sans vouloir offenser celui qui était bien meilleur combattant que lui, il le savait bien incapable, au vu de la fatigue qui rongeait ses traits, d’arriver jusqu’à ce chiffre. Aussi se contenta-t-il de sourire sans surenchérir. Heureusement, Razvan semblait préférer la voix de la raison, et en tant que médicomage, mais surtout en tant que père, c’était sans doute là une solution préférable.

S’accoudant au comptoir, Athos haussa les épaules lorsque Razvan mit effectivement l’accent sur sa capacité à s’attirer des ennuis en ce moment. Il était bien ravi que cela se soit calmé car depuis son retour d’exil, il excellait dans l’art d’esquiver les emmerdes pour éviter à nouveau d’avoir à fuir la ville ou pire, de se faire démolir la tronche. La mention d’un potentiel nez cassé le fit tiquer - ça devait être particulièrement douloureux. Pourtant, c’était ce qu’il avait voulu obtenir comme résultat sur autrui lorsqu’il s’était broyé la main, et les soins de Razvan lui avaient fait ce jour-là un mal de chien, il s’en souvenait. « Ne parle pas de malheur. Je n’ai pas ta capacité à encaisser les coups. » C’était vrai. Ne pas savoir se battre, c’était aussi ne pas savoir aussi bien supporter la douleur que les autres et Athos était sûrement douillet au regard de 97% de la population de cette cave.

Comme souvent avec Razvan, Athos mit donc le sujet de la paternité sur le tapis. Etrangement, il avait la sensation qu’il était la seule personne avec qui il pouvait en parler et pour cause… Avec qui d’autre ? Shannon était l’insouciance faite homme, l’incarnation même d’un homme qui fuyait ses responsabilités alors… et puis, il était surtout à l’autre bout du monde en ce moment. La lettre de son ami l’avait surpris mais il était rassuré que cette fois, il l’ait prévenu de son absence. En tout cas, il ne pouvait compter sur Shannon pour aborder ses doutes sur Tobias, et en ce qui concernait Magda… Athos aurait préféré se faire casser le nez que de lui avouer qu’il se sentait un bien piètre père à côté d’elle, feignant avec un certain succès la confiance en lui quand il s’occupait du petit avec elle. Leur histoire venait de redémarrer, et même si être en couple signifiait pouvoir s’appuyer sur l’autre lorsqu’on était pétri de doutes… Et bien, hélas, Athos ignorait ce que ça voulait dire, être en couple. Du moins, il était aussi maladroit dans ce domaine qu’avec son fils, voire plus. C’était dire si tout ça était nouveau, déboussolant, et totalement flippant.

Voilà, le tour des personnes de confiance de son entourage était fait. Razvan était donc la personne la plus proche de lui, et la plus capable de comprendre ses peurs, à qui il pouvait parler. La preuve, il le rassura en moins de dix secondes alors qu’Athos lui avait confié une sombre pensée qui le faisait presque se sentir comme un monstre. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire qui répondait à celui de Razvan, et il jeta un coup d’oeil sur l’assemblée désormais dispersée dans la pièce. « En même temps, qu’est-ce qui choquerait un public qui vient voir des gens se faire éclater les côtes ? » Athos ne sut si c’était cette réplique ou celle de Razvan qui fit rire le barman, mais peu importait. Parler de personnes saines d’esprit dans ce lieu de débauche était tout de même sacrément ironique. Mais Razvan était parvenu à l’apaiser, un peu. Juste, Athos était incapable de sombrer dans les confidences aussi vite, aussi à jeun surtout, aussi utilisait-il la fuite via ses mots pour essayer de retrouver une contenance. Mais le roumain était têtu, et persista à continuer de le rassurer. C’était bienveillant, une attitude qu’on adoptait peu avec lui, et il se sentit à la fois bien et mal à l’aise. « Tu as raison. » lâcha-t-il. « Mais je crois qu’il a surtout le niveau de décibels d’une mandragore. Il va falloir que j’insonorise l’appartement, sinon, j’ai peur que les voisins ne nous obligent à déménager, et j’ai autre chose à faire de m’intéresser à l’immobilier londonien. » Sous le prisme de l’humour, Athos minimisait une nouvelle fois les efforts qu’il avait du faire pour trouver cet appartement quasi parfait, et les magouilles aussi pour l’obtenir. Cela n’avait fait qu’ajouter à sa charge alors qu’il était déjà à l’époque au bord de l’implosion. En effet, hors de question de déménager après tout ça. Il préférait encore soudoyer les voisins.

Finalement, Razvan lui fit à son tour une confidence qui toucha le britannique au sang à moitié américain en plein coeur. Ça lui faisait ça, maintenant qu’il était papa, il était plus facilement touché quand on lui parlait d’enfants, surtout de Mihaela avec qui il avait un attachement particulier depuis qu’il avait lié leurs deux bracelets. Ce mini-dragon  à qui son père imposait une invisibilité qui la contraignait beaucoup. Pas étonnant que la gosse apprécie de voir son fils aux cheveux arc-en-ciel - ce n’était qu’en présence de la petite que les mèches de Tobias se tintaient de couleurs différentes, étrange. « Je le prendrais avec moi la semaine prochaine si tu veux. Tobias sera ravi de voir Mila comme il l’appelle maintenant. » Magda lui avait demandé de qui il s’agissait, et Athos avait répondu, laconique, que c’était la fille d’un ami. Pour l’instant, ça suffirait. Elle n’avait pas besoin de connaître les détails. Un ami, c’était un peu fort, mais bon… Malgré la façon singulière dont avait commencé la relation entre les deux hommes que tout semblait opposer, il fallait bien un point de départ à tout. Et au fond de lui, Athos se demanda si cette remarque a priori innocente ne cachait pas autre chose. Ces dernières semaines, le jeune enquêteur des ruelles sombres avait délaissé son ancien quotidien, son ancienne vie, au profit de sa famille, passant peu de temps chez Razvan. Et donc, sans Tobias agrippé à son cou. Et peut-être qu’en lui demandant de ramener son fils, Razvan sous-entendait implicitement qu’il apprécierait de passer un peu plus de dix minutes en sa compagnie, à parler avec quelqu’un qui était au courant de quelques uns de ses secrets et qui n’était ni un enfant de moins de dix ans, ni un de ses patients. Ou peut-être était-ce une interprétation, il n’en savait rien. « C’est une bonne chose, qu’ils s’entendent. » poursuivit Athos, ne sachant réellement s’il parlait des petits ou de leurs pères, en réalité. « Je crois bien qu’il a prononcé un mot en roumain l’autre jour. Ça promet. Déjà que je ne comprends rien quand il parle sa langue maternelle, je crois que tu vas devoir me donner un cours sur les bases ! » Un petit rire lui échappa qu'il noya en buvant une autre gorgée. « Et tu m’as entendu parler espagnol un jour, tu sais que le défi est de taille ! » C’était peu dire. Car malgré le fait que son meilleur ami était d’origine latine, et sa compagne néerlandaise, Athos ne saurait jamais parler qu’anglais à la perfection. On ne pouvait être bon en tout. Et malheureusement, la vie semblait prendre un malin plaisir à le lui rappeler en ce moment.
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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyDim 4 Oct 2020 - 16:52

Razvan n'avait pas vraiment un profil, lorsqu'on le connaissait un peu, à se laisser aller au plaisir de frapper les autres. Médicomage convaincu, il devrait plutôt être celui qui réparait les plus graves blessures, pas celui qui les infligeait. C'était probablement une dualité supplémentaire dans la tête déjà malmenée de l'homme. Durmstrang avait été un premier marquage au fer rouge pour le roumain. Le programme scolaire était largement basé sur les duels, les faibles n'y avaient pas leur place. Il l'avait appris, tout d'abord à ses dépends, avant d'être un excellent étudiant. Le deuxième marquage au fer rouge, probablement le plus violent, avait été la mort de sa femme. Razvan avait difficilement réalisé qu'il avait une rage entretenue depuis longtemps qui n'attendait que cela de sortir. Et, il devait bien l'admettre, c'était beaucoup plus agréable de se battre avec ses poings plutôt qu'avec sa baguette. Il aurait très bien pu se contenter de frapper dans un sac de sable - c'était d'ailleurs vers quoi il s'était tourné au début, dégoûté de devoir blesser des hommes qu'il devrait peut-être rafistoler plus tard. Mais le fait est qu'il voulait s'infliger de la souffrance et seul un adversaire en était capable. En arrivant sur Londres, réfugié politique accompagné d'une gamine qui ne parlait pas plus anglais que lui, Razvan avait dès lors réalisé qu'il jouissait probablement d'un très mauvais karma. Troisième marquage au fer rouge, en même temps que la marque sur son bras. Les pièces du puzzle qui manquaient à n'importe qui étaient importantes pour comprendre sa psychologie. Maintenant plus que jamais. Il s'était tout seul infligé une dernière blessure qu'il ne pensait pas si douloureuse sur le moment où il en avait prononcé la sentence. Mais après coup, c'était douloureux. Le roumain avait songé à aller voir Neolina pour s'excuser sobrement, il était persuadé qu'elle ne s'en embarrasserait pas et passerait à autre chose, sans doute plus rapidement que lui. Il aurait pu, a minima, lui envoyer une lettre. Mais l'homme était d'une froideur légendaire dans ses courriers bien qu'il faisait de son mieux pour ne pas l'être - c'était dire ! - et cela n'arrangerait rien. Peut-être que ce serait pire, bien qu'il ne pensait pas cela possible. Il était donc dans une impasse. Il ne pouvait pas décemment aller la voir. Il n'était pas en colère contre elle mais contre lui-même et sa fierté mal placée l'empêchait de faire le moindre pas dans sa direction. Couper les ponts, pour lui, c'était quelque chose de clair et inébranlable. Si l'autre voulait faire un geste, soit, mais cela ne viendra pas de lui. Et puis, ce ne serait que mettre de l'huile sur le feu du problème. En une semaine, ses sentiments pour Neolina ne s'étaient pas envolés. Carrément pas. Retourner la voir serait remettre une dose de gêne dans une relation devenue fragile par leurs passions réciproques. Il ne pouvait pas faire cela et en fait, il ne pouvait rien faire du tout.

« On est parfois surpris de sa propre capacité à encaisser les choses, tu sais » répondit machinalement le roumain d'un ton un peu énigmatique. Oh, si à seize ans on lui aurait dit qu'il serait dans une cave londonienne à trente-quatre pour frapper d'autres personnes, il ne s'en serait pas cru capable. Et pourtant... Un nez cassé, cela faisait mal, il voulait bien le concéder. Mais un petit Episkey et on en parlait plus. Les côtes, déjà, ça c'était l'horreur. « Et je ne parle pas uniquement sur le plan physique ». Autant le préciser. Razvan avait encaissé bien plus que ce qu'il se pensait capable de pouvoir encaisser. C'était ainsi, la vie nous forçait parfois sur des chemins tortueux dont il fallait trouver la difficile sortie. Il aurait pu ajouter qu'il ne fallait regarder que ce qu'on avait réussi à encaisser et pas ce qui nous avait détruis. Mais c'eut été un aveu trop profond et il n'avait clairement pas assez bu. Athos était probablement le mieux placé pour savoir ce dont il était capable et ce dont il n'était pas capable. Son gros défaut était sans doute son besoin d'être parfait physiquement. Razvan n'avait pas ce genre d'embarras, il n'était pas superficiel pour trois sous. Il avait grandi dans un pays où on ne pensait pas à ce genre de choses, l'objectif était surtout de parvenir à vivre. Faire la queue pendant cinq heures pour un sac de pommes de terre. Ne manger qu'un plat parce que, définitivement, il fallait économiser les ressources. C'était ça, l'URSS. Les gens du Royaume-Uni qui n'avaient jamais connu cette vie-là pouvaient se permettre de penser davantage à des choses que lui-même jugeait sans importance. Mais il fallait de tout pour faire un monde et le roumain ne jugeait absolument pas Athos. Et de toute façon, ici, on ne jugeait clairement personne. A quoi bon ? Ils étaient tous ravagés par les problèmes, par la vie. La plupart, s'ils avaient des enfants, devaient se faire un plaisir de les faire taire à coup de Silencio bien placés. Le roumain parlait peu de lui, tout comme de ce qu'il avait vécu. C'était peut-être pour cela qu'il s'entendait si bien avec le britannique - au delà de leur arrangement, bien entendu. L'homme eut un sourire à la réflexion de son interlocuteur sur les décibels de son fils. Lui n'avait pas pu ne serait-ce qu'isoler sa baraque en Roumanie. Tous ses voisins étaient moldus, et tous savaient qu'il avait un nourrisson. Que lui aurait-on dit si on n'entendait même pas la gamine pleurer ? Il aurait pu se faire cette réflexion à voix haute, mais c'eut été parler de lui et ce n'était pas ce qu'il désirait. Surtout pas, alors qu'il faisait de son mieux pour oublier ces temps sombres qu'il avait dû traverser : « Demander à des parents de déménager parce qu'on ne supporte pas d'entendre les pleurs d'un enfant, je trouve ça un peu culotté » répondit Razvan en se faisant la réflexion qu'on pouvait ne pas être quelqu'un de très paternel ou maternel, mais accepter quand même la nature telle qu'elle est. Le monde occidental était-il à ce point dénué d'humanité ? Il était fort ironique au final que ce soit lui qui pense cela, alors qu'il tuait du monde à ses heures perdues. Mais finalement, il n'y avait parfois pas plus humain qu'un bourreau. Le médicomage était quelqu'un qui appréciait les enfants pour ce qu'ils représentaient : l'innocence. Une innocence que les adultes n'avaient guère plus, parce que la société et souvent leurs parents leurs avait enlevé. Il avait remarqué quelques changements depuis qu'Athos était devenu père, des changements dans le bon sens, s'était-il fait la réflexion. La paternité changeait certains hommes plus que d'autres, et c'était bien que cela ait changé le britannique dans le bon sens. Son fils était mignon et gentil, et naturellement, s'entendait très bien avec Mihaela. « Ça lui fera plaisir » sourit-il. Il prit une gorgée supplémentaire de bière, « même si, en réalité, elle est toujours très contente de te voir, que ce soit avec Tobias ou non ». Razvan eut un petit sourire. Il soupçonnait sa fille de vouer un amour inconditionnel à Athos. Il fallait bien dire que si elle était très sociable, c'était presque à l'excès avec le jeune homme. Et il suffisait de voir combien elle lui rabâchait les oreilles à son sujet pendant une demi-heure après qu'il soit parti.

La vérité, c'était qu'il appréciait quand même ce garçon vicelard qu'était Athos. Il était fin et intelligent. Il savait des choses et ne semblait pas le juger pour autant. C'était fortement appréciable pour un homme qui passait lui-même son temps à se juger avec tant de sévérité. Il s'esclaffa à sa remarque sur les langues étrangères : « Un enfant ça apprend vite. Je me suis décomposé lorsque Mihaela m'a corrigé sur une faute de langue l'autre jour ». Et pour cause. Il avait ramé pour apprendre l'anglais, alors que la petite fille apprenait vitesse grand V. En comparaison, il était un bien piètre linguiste. Athos était du même acabit.


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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyDim 4 Oct 2020 - 23:32

Le moins que l’on puisse dire, c’était que la relation entre les deux hommes était particulièrement singulière. Tout avait commencé avec une demande, une mission, un contrat, appelez-ça comme vous voulez. Bref, Razvan avait confié à Athos une partie de ses lourds secrets, sans s’y appesantir mais pourtant, il n’avait pas fallu longtemps à celui qui passait sa vie à résoudre des mystères pour relier les points qui séparaient les zones d’ombres. Razvan lui avait confié ses drames à demi-mot, et même plus, la vie de sa fille. Malgré l’alliance à son doigt, Athos avait vite compris que la bague n’était plus là que pour symboliser un engagement que la mort avait pourtant rompu. Exilé, veuf, père célibataire soumis au chantage, le roumain traînait avec lui quelques démons qu’Athos devinait, et évitait soigneusement d’aborder. À quoi bon après tout remuer le couteau dans des plaies qui de toute évidence étaient encore à vif ?

Ce fut ensuite au tour d’Athos de révéler quelques failles, et cela s’était fait presque le plus naturellement du monde. Un jour, il s’était pointé à la porte de Razvan avec son bébé à bouclettes multicolores dans les bras, et avait vaguement expliqué la situation. Ca avait suffi. Puis le médicomage avait su pour l’autre drame de sa vie, car c’était lui-même qui l’avait réveillé en pleine nuit pour le prévenir. Aussi, la phrase de Razvan ne pouvait que résonner en lui. Encaisser les coups au-delà du physique, il y était habitué. Et ce depuis sa plus tendre enfance, ou presque.  Toutefois, il fut surpris que le taciturne trentenaire dise les choses d’une façon aussi abrupte et franche. Sans doute avait-il envie de dévoiler des choses. Sans doute. Mais Athos préféra ne pas le brusquer, autant pour éviter une réaction imprévue en face que parce qu’il connaissait sa capacité très limitée à réagir face à des confessions un peu trop intimistes. « Ah ça, je ne peux qu’être d’accord… » conclut-il sobrement. Il était inutile d’en ajouter plus. Razvan et lui commençaient à se connaître. Et si le grave roumain avait envie de lui confier quelque chose, et bien, il faudrait qu’il le fasse de lui-même. Athos ne cuisinait les gens que lorsque cela servait son intérêt, bien souvent financier au demeurant.

La discussion sur les enfants semblaient plus légère, sans doute parce que c’était là le ton qu’Athos avait adopté volontairement pour dissimuler ses propres doutes, et les noyer derrière une dose de dérision. Pourtant, c’était un sujet des plus sérieux pour un homme comme lui, qui pour l’une des premières fois de sa vie, sentait qu’il n’excellait pas dans un domaine qui requérait de sa part qu’il soit le meilleur, ou du moins c’était l’idée qu’il s’en faisait. Fils d’un père froid, mauvais, destructeur, Athos s’était toujours figuré ne jamais endosser ce rôle par peur de lui ressembler un jour. Mais voilà, il n’avait pas eu le choix. Et aujourd’hui, il fallait faire avec, apprendre le tas. Lorsqu’il avait du se confronter à la vraie vie après la rupture avec ses parents, ça n’avait pas été tout à fait la même chose. Il maîtrisait quelques bases qu’il avait appris bien à l’abri dans un château qui faisait mine de cocon. Et surtout, oui surtout, c’était sa vie et sa vie seule qu’il avait entre les mains. Désormais, il devait être le modèle de quelqu’un, d’un petit-être donc il était responsable et sur lequel la moindre de ses attitudes aurait une influence considérable, il en était conscient. Tristement, Athos n’avait pas encore compris qu’il allait forcément foirer quelque part. C’était comme ça. Et Tobias s’en remettrait parce que les erreurs qu’il commettrait seraient sans doute bien moins lourdes de conséquences que ce que son propre père lui avait fait subir. Shannon le lui avait dit, et ses paroles émergeaient des souvenirs embrumés de cette soirée alcoolisée. Shannon… C’était gentil, c’était même étonnamment sensé, mais Athos ne pouvait s’empêcher de penser : qu’est-ce qu’il en sait ?

En tout cas, Razvan prit avec un très surprenant premier degré la tentative d’humour d’Athos. Sans doute était-ce un problème de culture, car il semblait évident au britannique que ses voisins n’allaient pas le foutre dehors parce que son marmot hurlait - surtout qu’il exagérait sans doute un peu le volume sonore du petit, par exaspération et fatigue. « S’ils posent problème, je t’en parlerai. Il parait que tu sais boxer. » Histoire d’appuyer que c’était une blague au cas où ça n’était pas clair, Athos rit doucement, un rire franchement joyeux qui dénotait avec ceux qu’il dégainait parfois quand il était sarcastique - c’est-à-dire, 90% du temps. Son sourire persista tandis que Razvan évoquait l’attachement de Mihaela envers lui, ce qui lui faisait chaud au coeur. La gamine était toujours surexcitée quand il venait, et ses genoux en avaient payé le prix car s’il avait le malheur de ne pas enfiler la breloque scoubidou assez vite, il se faisait rafler par une tornade invisible qui lui massacrait les rotules. « Elle est attachante. Et je ne dis pas ça parce qu’elle passe sa vie agrippée à ta jambe. » Quelle étrange habitude. « En tout cas, je crois que nous sommes les heureux parents des deux gosses les plus hyperactifs de Londres. » Il faillit ajouter qu’il était admiratif de Magda, qui avait réussi à s’occuper de Tobias toute seule la première année, mais cela faisait trop tristement écho à l’histoire personnelle du roumain. Et aussi hyperactif qu’ils soient, les deux enfants étaient hélas un peu trop entravés par leurs pères respectifs. Mihaela, c’était une évidence, en étant forcée à être invisible. Et Tobias, dont la chevelure changeante était de plus en plus difficile à cacher, l’enfant ne comprenant absolument pas pourquoi on lui vissait toujours un bonnet sur le crâne. Certes, c’était une problématique moindre, mais essayez de vous balader avec Tobias dans le Londres moldu plus de dix minutes sans péter un câble, et vous verriez que c’était presque une mission impossible.

Silencieusement, Athos détailla les traits de Razvan tandis qu’il parlait. Bordel, il allait mal, même si cette conversation semblait lui faire oublier un peu ses problèmes. Ça serait le temps de quoi, trente minutes ? Mais au vu du statut de leur relation, c’était déjà pas si mal quand on y songeait. Athos ne pouvait pas faire plus qu’être une source de distraction, même si en réalité, il cherchait des formes de réponses et de rassurance derrière sa désinvolture. « Et bien, on peut dire qu’ils n’ont pas leur pareille pour nous donner certaines leçons, n’est-ce pas ? » Athos ne doutait pas que d’ici quelques années, son gosse arc-en-ciel essayerait de lui faire parler sa langue du pays des moulins et le reprendrait ne serait-ce que sur la prononciation de son nom de famille. Au-delà des cours de langue, le tout récent père faisait allusion à bien des choses. Cela faisait à peine quatre mois qu’il avait accepté d’endosser le costume et déjà, il avait découvert bien des choses dont il se serait cru incapable. Notamment cet amour dingue qu’il ressentait pour ce petit être : ça ne s’expliquait pas. C’était impossible. C’était plus fort que le reste. « J’ai l’impression qu’il a plus à m’apprendre que l’inverse. Mais je suppose qu’on est jamais vraiment prêt à devenir parent. » Même quand on l’a voulu, faillit-il ajouter mais il s’y refusa. Car même s’il était à des kilomètres d’ici, Athos avait l’impression qu’en disant ça, le petit le sentirait. Même s’il n’avait pas désiré Tobias à la base, il refusait que cet enfant ne ressente ne fut-ce qu’un instant une sensation de rejet. Car il ne savait que trop l’empreinte indélébile que cela pouvait laisser sur un coeur d’enfant.
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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyVen 9 Oct 2020 - 0:26

Le manque était quelque chose de difficile à vivre. Il connaissait le manque, Razvan, trop bien, malheureusement. Il avait grandi sans ses parents, dans une Roumanie traditionaliste. Sa tante, aussi bonne fut-elle, ne pouvait pas remplacer la chaleur d'une mère. Plus tard, sa vie avait commencé à se ranger. Il avait épousé sa femme à la sortie de Durmstrang. Ils avaient fais leurs études ensemble, avait habité tous les deux, continuité naturelle d'une relation profonde qui les liait entre eux. Puis, Mara était morte. Deuxième manque et oh, celui-là avait été douloureux. Le plus douloureux de tous, peut-être, un des pires, à n'en point douter. Sa mort, il ne se l'était pas figuré, bien qu'il ait eu, dès qu'elle était tombée enceinte, cette étrange appréhension de ce qui allait suivre. Il avait mis ça sur le compte de sa future paternité, avait fait de son mieux pour ne pas y penser. Razvan aurait préféré que cette inquiétude ne soit pas un pressentiment, mais malheureusement, ça en avait été un. Il lui avait fallu du temps, beaucoup de temps, beaucoup de nuits de sommeil passées à cogiter pour s'en remettre. Le médicomage s'en était sans doute remis probablement parce que le temps avait fait son travail. Les traits du visage tendaient à se flouter, la voix à devenir plus distante. Il ne se rappelait plus de ses tocs, sauf parfois, où ça lui revenait soudainement en tête. Le manque oui, revenait souvent lorsqu'il se souvenait de tout cela. Aller au Royaume-Uni avait peut-être été pour lui un moyen de reconnecter avec elle, si tant est que ce fut possible. C'était sa femme et non pas lui, qui désirait vivre dans cet étrange pays. C'était pour réaliser le rêve d'une morte qu'il était arrivé avec sa fille, réfugié politique parlant un anglais basique. Mais au moins, s'était-il martelé l'esprit, il était avec Mihaela. Oui, mais voilà. Les choses ne se passent jamais comme prévu et bien vite, la jeune enfant a dû être renvoyée dans son pays à elle, alors qu'il était enfermé dans ce pays d'adoption, faucheuse noire de bien des gens. Troisième manque. Dès lors, Razvan pensait avoir tout vécu.

Jusqu'à subir le quatrième manque.

Il pensait qu'un deuil ne pouvait se faire qu'avec la mort de la personne en face mais visiblement, le sentiment de deuil se manifestait également par la rupture. Non pas une rupture amoureuse - quoique ? - mais une rupture amicale, violente, sèche. Froide. Distante. Et après être tant de fois passé par le manque, c'était seul qu'il avait provoqué le quatrième. Et depuis il ressassait, comme si cela allait changer quelque chose, il y pensait, encore, et encore, et encore, et qu'est-ce que cela changeait ? Rien du tout ! Cela avilissait ses traits durs, fatiguait son visage, éreintait son corps et mettait à genou son esprit. Combien de temps faudrait-il pour qu'il ne craque ? Il ne savait pas, voulait croire qu'il ne craquerait pas. Il savait bien au fond de lui qu'il allait à un moment se retrouver sur la tangente, mais qu'est-ce qu'il y pouvait, hein ? Mihaela était sans doute la seule et unique raison pour laquelle il ne craquait pas (encore). Sa fille avait accepté la fonction d'ancre pour lui dès sa naissance. Bien malgré elle, la petite fille était finalement la seule véritable raison pour laquelle il respirait toujours. Qu'aurait-il fait si sa femme avait accouché d'une enfant mort née, avant de disparaître aussi ? La pensée était trop noire pour qu'il y songe de toute manière, mais l'analyse froide parlait pour lui. Si Mihaela n'avait pas existé, il serait mort depuis longtemps. Et d'autres gens seraient probablement toujours vivants. Il ne se serait rien passé avec Neolina non plus et il n'aurait pas le crâne vrillé de cette insupportable culpabilité dont il ne voulait plus. « Les plus hyperactives d'Angleterre tu veux dire... » marmonna-t-il sans daigner corriger sa propre faute de langue qu'il avait pourtant entendu au moment où il l'avait prononcé, « j'espère que tu sais que ça ne s'apaise pas nécessairement avec le temps ». Autant prévenir que guérir, Athos avait un gosse hyperactif, lui aussi, autant accepter dès maintenant qu'ils allaient être speed jusqu'à leur dernier souffle, probablement. Il porta sa pinte à sa bouche.

Le roumain détourna son regard de sa pinte en direction du britannique lorsqu'il lui dit que leurs enfants avaient des choses à leur apprendre. La maturité de cette phrase en fait, lui coupa la chique. Oh, il n'avait pas tort, il était même d'accord avec lui, au fond. Mais sa réponse allait, dans un sens, beaucoup plus en profondeur que la banale phrase qu'il avait lui-même dite pour combler le silence. Razvan ne savait pas s'il avait fais exprès, mais Athos avait raison. Les enfants vivaient leur vie comme ils l'entendaient. Ils vivaient dans ce monde paisible où leurs parents seront toujours là pour les protéger, ils ne sont pas encore pourris par la vie qui les attend en grandissant. Alors oui, ils ont des leçons à donner. « Et on les écoute bien peu... » - Razvan donnait plutôt suite à son propre fil de pensées plutôt qu'à la phrase du jeune homme. Ce dernier continua sur sa lancée et le médicomage plissa imperceptiblement les yeux. « Disons que l'on ne peut pas réaliser à quoi ça nous engage. Qu'on le veuille ou non » répondit l'homme après un moment de silence, « on ne s'attend pas nécessairement à tout ce qu'on doit faire pour eux. Pourtant, on le fait instinctivement. Et ça nous engage jusqu'à la fin de notre vie ». Il s'arrêta là. Instinctivement oui, il le faisait instinctivement. Il protégeait sa fille parce que son cœur lui disait de la protéger, parce qu'elle était une enfant, a fortiori, pure. Lui ne l'était plus depuis longtemps. C'était le besoin de protéger Tobias qui poussait Athos à enfoncer sur le crâne de son fils un bonnet pour cacher ses boucles colorées. Tout comme c'était ce besoin qui poussait Razvan à rendre d'autres enfants orphelins pour protéger le sien. Quelle douce ironie. L'homme baissa les yeux vers les jointures de ses mains avant de soupirer imperceptiblement. Le manque, la culpabilité et la paternité, étaient sans doute ses plus terribles fléaux.  


(1039)

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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyJeu 15 Oct 2020 - 1:39

L’hyperactivité était un mot assez galvaudé. Chaque parent, à moins d’avoir un marmot neurasthénique, devait sans doute estimer que leur gosse était bien trop vif, trop agité, criait trop fort, dérangeait tout, non ? Alors que c’était simplement là les caractéristiques de l’enfance et que les adultes, trop usés par la vie sans doute, n’avaient plus l’habitude de faire face à une telle débauche d’énergie. C’était ainsi en tout cas qu’Athos se rassurait, persuadé que le temps calmerait Tobias, même si quelque chose au fond de lui n’arrêtait pas de lui souffler qu’il avait tort. Razvan, lui, ne prit aucune pincette pour le lui dire. « Laisse-moi une lueur d’espoir, veux-tu… » glissa-t-il avec malice avant d’avaler une nouvelle gorgée de sa pinte. Comme toujours lorsqu’il avait une angoisse sur quelque chose, le jeune anglais se rattachait à sa propre expérience. Et Athos Greyson, au delà du patronyme, n’avait plus grand chose à voir avec le jeune Athos White. Pourtant, c’était bien à cet âge là que le caractère se formait mais ça, Athos l’ignorait car il aurait fallu qu’il ait des petites notions en psychologie et… regardez-le. La différence avait sans doute été plus flagrante chez lui parce que son père l’avait forcé pendant des années à être l’enfant parfait qu’il n’était pas - en même temps, enfant et parfait dans la même phrase, il fallait dire que ça dissonait sérieusement. « De toute façon, dans 10 ans, ça sera le problème de Dumbledore, pas le mien ! » Il rit doucement, réalisant bien que Razvan ne savait sans doute pas grand chose de Poudlard, mais le directeur était une telle sommité que ça devrait lui parler. « J’aimerais voir la tête de certains professeurs quand ils verront le fils Greyson débarquer. » Il fallut bien une ou deux secondes pour qu’il percute, et son coeur se fissura un peu. Athos n’avait jamais reconnu le petit. Ne le reconnaîtrait jamais, de sa propre volonté, du moins pas tant que son père à lui serait en vie. Il était hors de question qu’il connaisse son existence, ou puisse l’atteindre d’une quelconque manière que ce soit. Et même si le malfrat n’avait pas tellement l’intention de perpétrer un tel nom, ça lui faisait toujours quelque chose de se dire qu’il n’était pas officiellement le père du petit. Tout juste la personne à prévenir en cas d’urgence…

Toutefois, une pensée lui remonta le moral : le gosse était son portrait craché, bien qu’il ait aussi des airs de Magda évidemment. Aussi, sans doute, il espérait avoir suffisamment marqué certains esprits pour que ça leur saute aux yeux. Après tout, Athos n’aurait pu renier cet enfant, même s’il l’avait voulu. Et il ne l’aurait jamais voulu, bien évidemment. Car puisqu’ils parlaient de leçon, Tobias lui en avait appris une sacrée, la plus belle peut-être : l’amour était le sentiment le plus puissant sur cette terre. Lui qui avait toujours été détaché de tout, habitué à vivre seul pour le pire et souvent le meilleur, il avait aimé ce petit être dès qu’il l’avait vu. Ca n’avait aucun sens. Mais ils vivaient dans un monde où les balais volaient, où des bouts de bois crachaient des étincelles et où les cheveux d’un enfant pouvaient changer de couleur au gré de ses humeurs, alors…

Aussi, les paroles de Razvan résonnèrent forcément dans l’esprit et le coeur d’Athos. Un engagement pour la vie, il y avait de ça encore quelques mois, ça l’aurait fait fuir. N’avait-ce pas d’ailleurs été le cas avec la désormais femme de sa vie ? Quelle chance, mais quelle putain de chance qu’elle ait bien daigné lui en donner une seconde. Ca n’était pas tous les jours facile. Athos savait qu’il avait encore du chemin à faire pour être pardonné, que ce soit par Magda ou lui-même. L’auto-détestation lui allait mal, et l’avait plongé un temps certain dans le presque même état que le médicomage. « J’ai souvent l’impression de ne pas en faire assez… » avoua-t-il finalement, bien que ce fut pénible pour lui. Certes, son instinct fonctionnait, et bien si on en croyait et Magda, et sa nourrice, et Shannon même. Athos était doué avec les gosses, c’était un fait, mais avec le sien, c’était presque admirable quand on connaissait pourtant son ancien lui, plutôt froid, peu tactile, aussi affectueux qu’un rocher. Un truc en lui avait changé, s’était réveillé. Et pourtant, oh pourtant, il avait toujours cette sensation désagréable qu’il pourrait faire plus, aller plus loin. Être plus présent, fumer moins au balcon parce que c’était un exemple déplorable, être plus patient aussi, apprécier l’heure du bain comme les bons parents alors qu’il dé-tes-tait ça, lui faire découvrir plus de choses. Il fallait dire aussi que depuis qu’il était en couple, Athos avait pris un certain recul sur son style de vie. Il était un voyou, et ça ne posait de problème quand ça ne regardait que soi. Mais là… Quel impact cela aurait-il, sur sa relation peut-être, mais aussi sur son fils.? Et s’il était inconsciemment une mauvaise influence parce que des choses qu’il estimait normales n’étaient pas vraiment morales, ni éthiques ? Il n’avait pas vraiment connu de grosses divergences sur l'éducation de Tobias avec Magda pour le moment, mais ça viendrait sans aucun doute. Et Athos céderait, par peur d’être le petit diable sur l’épaule de son petit ange.

Tout à coup, Athos se sentit bien vulnérable. La conversation n’était pas si difficile, mais il était quand même en train d’évoquer des choses fortes dans un lieu qui ne convenait pas du tout, et avec quelqu’un qu’il connaissait certes, mais qui n’était pas non plus un ami proche, du moins, pas encore. Mais Athos ignorait que c’était justement des conversations de ce genre qui menaient à nouer des amitiés. « Désolé de te déballer mes états d’âme. » Pour se redonner une contenance, il passa une main dans ses cheveux jusque là impeccables et but une nouvelle lampée. « C’est juste que c’est agréable de pouvoir en parler à quelqu’un qui comprend. » Une telle franchise aurait étonné n’importe qui qui le connaissait. Même lui en fut désarmé, bien qu’un peu apaisé, il fallait le reconnaître. A cet instant, il aurait aimé pouvoir aider Razvan, au même titre que celui-ci le soutenait, même si c’était probablement bien inconscient. Mais c’était ainsi que fonctionnait ces deux âmes solitaires, à leur propre manière.
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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyMar 3 Nov 2020 - 9:50

Razvan avait compris depuis longtemps que le temps libre, il pouvait oublier, avec la présence de Mihaela. Au fond, passer son temps libre avec elle était aussi synonyme d'une création d'un lien entre le père et sa fille. Mais comment créer correctement un lien et comment créer un environnement équilibré et sûr pour une enfant qui portait malgré elle une baguette de Damoclès au dessus de la tête, à seulement sept ans ? Le roumain se trouvait souvent face à ce non-sens, contre lequel il ne pouvait aller. Renvoyer la petite fille en Roumanie avait été, en soit, une meilleure idée que de la faire revenir. Dans le tableau des pour et des contres, il y en avait bien plus contre son retour à Londres, que pour. Mais que seraient-ils contre le seul pour consistant à permettre à une enfant de grandir avec son seul parent ? Athos était chanceux de ne pas être face à de tels problèmes. Certes, sa paternité avait été retardée, il voulait bien l'entendre, la mère de son fils était revenue, à ce qu'il avait compris, comme un cheveux sur la soupe dans sa vie. Certes. Mais au moins, il ne sentait pas sur ses épaules, à chaque jours qui passait, la crainte de perdre son enfant. Tout comme il ne vivait pas avec les remords de tuer des gens. Et tout comme, encore une fois, il ne vivait sans doute pas en sachant qu'il avait, par la force de son caractère désagréable, mis fin à une relation quasiment aussi vieille que lui. Ce n'était pas étonnant, prenant en compte ces paramètres, que Razvan boxe, et fume, et boive même, parfois. Qui pourrait juger les habitudes d'un homme se détruisant la santé pour oublier qu'il se détruisait l'esprit chaque jours un peu plus encore ? « Je suppose que tu n'étais pas un saint à l'école ? » glissa tranquillement le roumain, sans parvenir à se figurer de version miniature de cet homme. Effectivement, Athos avait l'air d'être un filou dans son genre. Mais peut-être se trompait-il ?

Sa scolarité à lui avait été ponctuée par un ternissement de plus en plus flagrant de sa propre personne. Il évoluait avec la détestation d'une école qui promouvait les combats plutôt que les livres, il évoluait au milieu d'autres étudiants qui semblaient beaucoup plus là pour se battre qu'autre chose. Comment grandir correctement en sachant cela ? Il était peut-être miraculeux qu'il ait un caractère si doux et réservé en sachant la manière dont on avait essayé de le formater. Mais rien, pas même la violence, ou les meurtres, ou les attentats, ne saurait remplacer la douceur intrinsèquement liée à sa propre âme. Razvan était un homme profondément bon, quoi que ses actions placées sous la coupe des mangemorts en disent. « Personne n'est parfait » répondit-il avec un flegmatisme qu'il se plaisait souvent à arborer, « sinon, ça se saurait et il n'y aurait plus de mauvais pères, ni de mauvaises mères, ni de mauvais enfants ». Plus vite on acceptait la terrible réalité, et plus vite on avançait. Athos devait le garder en tête. Le regard noir du roumain suivit le geste mal-à-l'aise de son interlocuteur dans ses cheveux. Il comprit qu'il était gêné de cette conversation et s'en voulu de l'avoir prorogé. « C'est dur de vivre sans partager son fardeau » se contenta-t-il d'une réponse bien énigmatique, « et ça ne conduit certainement pas à aller mieux ». Traduction : quand tu veux en parler, parle-en. En langage Razvan bien entendu. Le médicomage fit un léger sourire à l'attention du jeune homme avant de finir le contenu de sa bière d'une traite. Il se leva, remit sa veste et s'adressa à Athos : « Merci pour la bière. Et passe une excellente soirée ». Il lui tendit la main pour qu'il la lui serre, et transplana dans la foulée.


(645)

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MessageSujet: Re: L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS L'ombre du sang qui perle sur les remords | CLOS EmptyDim 8 Nov 2020 - 5:24

Repenser à Poudlard plongeait bien souvent Athos dans une mélancolie qu’il essayait par-dessus tout d’éviter. Le passé du sang-pur était sombre, bien plus que son présent quand on y songeait, et il détestait se rappeler les difficultés de son enfance qui avaient laissé sur lui des stigmates invisibles. Ne serait-ce que sa peur d’être un piètre père. C’était difficile pour lui de se voir comme un bon père alors qu’il craignait à chaque instant de reproduire les erreurs du sien. Pourtant, Athos n’avait rien à voir avec son odieux géniteur, déjà parce qu’il n’essayait pas de façonner son enfant dans le prisme de ses propres désirs. Tobias serait libre de grandir comme bon lui semblerait, et même si cet enfant avait envie de devenir joueur de Quidditch, ce qui le désespérerait au plus haut point, et que ça le rendait heureux, et bien Athos le serait aussi. De toute manière, vu ses choix de vie, il n’aurait rien à dire sur ceux de sa progéniture. Mais si Tobias tenait un peu de son père, ce qui avait l’air d’être le cas, et bien le monde avait intérêt à se tenir prêt. « Disons que j’ai dû marquer quelques esprits… » répondit-il, énigmatique. Le jeune Athos n’avait pas été un mauvais élève, au contraire. Quelques frasques bien sûr, mais un esprit relativement brillant, qui l’avait un temps promis à une belle carrière. Mais tout, ça, c’était derrière lui aujourd’hui. On ne refaisait pas le passé. Mieux valait changer de sujet.

Sujet qui n’était pas plus léger, certes, mais qui évoquait un avenir qu’il avait envie de vivre, même s’il avait la trouille. En parler à quelqu’un lui faisait du bien, même s’il savait bien que Razvan ne méritait pas le titre du père de l’année. Son amour pour Mihaela était évident, bien sûr, mais sa décision de faire revenir sa fille à Londres était terrible, quand on y songeait. A l’époque, Athos n’avait pas réalisé, et l’avait aidé car un peu touché par son histoire, il y avait surtout vu un intérêt. Et il ne regrettait pas son marché, car s’il avait souvent esquivé les coups par le passé, sa vie récente l’avait physiquement malmené. Comme si le karma avait attendu qu’il trouve un médicomage pour le rosser, sympa. Mais aujourd’hui, il ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’enfermer cette gosse dans une nappe d’invisibilité était une très mauvaise idée, pour elle, pour lui, pour eux. Mais c’était son idée, et il n’en avait pas trouvé d’autres plus sécurisante, alors il se taisait, évidemment. Mais les mots de Razvan ne furent jamais plus justes qu’à cet instant. En effet, lui comme Athos étaient loin d’être parfaits, et c’était en quelque sorte réconfortant de se dire qu’il n’était pas le seul à être dévoré par le doute. La suite de la conversation ne fut pas plus joyeuse, et Athos comprit à demi-mots combien les secrets qui rongeaient Razvan, au point que ça en devienne physiquement visible, devaient le peser. Il aurait aimé pouvoir l’aider, mais il savait bien que c’était impossible. Aussi acquiesça-t-il doucement. Sans doute aurait-il dû pourtant parler, exprimer à Razvan que sans partager son fardeau, il pouvait être une oreille attentive. Mais le jeune sorcier n’était pas doué avec ses choses là. « Merci de m’avoir permis de payer mon loyer. » répondit-il comme un imbécile afin de finir sur une touche légère, serrant la main ravagée par les coups de Razvan. Merci pour ton écoute, non, ça lui aurait arraché la gueule ? Mais après tout, le roumain n’était pas du genre à se formaliser pour ça, aussi Athos termina-t-il sa bière d’une traite avant de focaliser à nouveau son attention sur le monde environnant. Déjà, un sorcier qui n’attendait que la fin de sa conversation l’alpagua pour lui parler d’un problème qui lui parut bien futile face à ceux de sa propre vie, et du médicomage tourmenté.
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