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Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS

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Razvan Vacaresco

Razvan Vacaresco


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMar 15 Déc 2020 - 18:18

Le 16 décembre 1978


Razvan avait pensé au rendez-vous de dix-sept heures toute la journée. Après une nuit de service, il était rentré tôt et avait dormi miraculeusement quelques heures, bien que ce sommeil bien peu réparateur n' avait effacé ni ses cernes, ni son teint maladif. Cela faisait un peu plus de deux semaines que Mihaela était rentrée en Roumanie et malgré les lettres envoyées par son beau-père une fois par semaine, il savait bien, hélas, qu'elle ne lui avait pas pardonné ce qu'elle vivait dans son esprit d'enfant comme un triste abandon. La lettre de Neolina était donc arrivée à point nommée, dans un terrible moment de faiblesse où il avait pu accepter sa proposition. Il avait besoin de voir son amie d'enfance, il avait besoin de ne pas être seul. Cela devait faire un mois qu'il lui avait parlé pour la dernière fois dans la rue si proche de l'hôpital. Un long mois pendant lequel sa santé s'était encore dégradée, si c'était possible, un long mois pendant lequel il s'était de nouveau amaigris et où il avait frôlé le K.O sévère pendant une soirée dans la cave désaffectée où il boxait. Malgré tout, il y avait une certaine détermination chez l'homme à faire comme si tout allait bien, comme s'il n'avait pas le cœur en miettes, comme si sa fille ne lui manquait pas, comme si tout était comme avant. Razvan avait envie de prétendre qu'il ne faisait que rejoindre sa meilleure amie et pas la femme pour qui il avait des sentiments, il avait envie de prétendre que non, la situation ne le touchait pas tant. Hélas, il ne piégerait personne et surtout pas lui alors qu'il regardait ce que lui renvoyait le miroir : un homme au teint blanchâtre, aux joues légèrement creusées et aux cheveux en bataille.

Le roumain enfila non pas une cape mais un manteau noir qui lui tenait bien plus chaud que ce par quoi juraient les sorciers, bien que cela soulignait un peu plus son teint si pâle en comparaison de son teint habituellement plus mâte. Tant pis. Debout devant la table de son petit salon, le médicomage fixait deux paquets, l'un pour sa fille, l'autre pour Neolina, se demandant s'il était raisonnable qu'il prenne avec lui le second. Il ne voulait pas que ce soit mal interprété, bien qu'au fond, c'aurait été merveilleux que ce soit mal-interprété justement. Peut-être que cela réglerait bien des problèmes, qu'ils arrêteraient tous les deux de se voiler la face et qu'ils avanceraient ensemble. Neo avait choisi un lieu public qui n'était pas sujet à des sous-entendus. Heureusement, ou malheureusement ? Allez savoir. Il glissa malgré tout les deux paquets de petite taille dans ses poches avant de prendre sa baguette pour sortir de chez lui. Il avait décidé de ne pas transplaner pour laisser le froid de l'hiver lui transpercer les joues. La nuit était déjà tombée sur l'Angleterre alors que, se dirigeant vers le parc, il ne croisait désormais plus grand monde. Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, Razvan ressentait une espèce de joie démesurée dans son quotidien bien sombre à la seule idée de revoir Neolina. Il avait besoin de sa présence, il avait besoin de la voir et de lui parler. Pourquoi ? Retourner la baguette dans la plaie ? Oui, mais pas que. Elle avait toujours été d'un soutien tout particulier pour lui. Et si, sans le vouloir, elle était maintenant un peu à l'origine de ses tourments, ça le rendait heureux de la revoir. Peut-être était-ce aussi la faute à ce stupide sentiment amoureux, allez-savoir. Un vent glacé s'occupa de brouiller encore ses cheveux noirs qui se confondaient dans la luminosité qui manquait. L'arche de Wellington n'était plus bien loin et il baissa ses yeux vers sa montre pour constater avec surprise qu'il était déjà dix-sept heures. Razvan avait l'habitude des retards de Neolina mais était à ce moment persuadé qu'elle ne serait pas en retard, sans savoir se l'expliquer. Il ne savait même pas pourquoi il y pensait, lui qui d'habitude composait avec cette manie de la trentenaire sans guère de difficultés. Finalement, il arriva avec cinq minutes de retard pour poser son regard sur elle.

Le roumain n'avait pas anticipé que son coeur et son estomac soient broyés de la sorte à la simple vision de la roumaine, mais ce fut le cas. Il s'approcha néanmoins sans ralentir le pas, l'air de rien. L'air de rien. Pensait-il innocemment. Arrivé devant elle, il maudit leur dernière conversation qui les empêchait sans doute de se laisser aller à un rapprochement physique, même léger. Son envie première pourtant, fut de se baisser légèrement pour lui embrasser la joue, mais il se retint, le cou bien droit, en affichant malgré la fatigue qui tirait ses traits, un sourire sincèrement ravi de la voir : « Bonsoir Neolina ». Les mains fourrées dans ses poches, il détailla pendant quelques instants son visage, en se disant que s'en tenir à de pareilles banalités ne leur ressemblait pas : « Ça me fait plaisir de te voir ». Peut-être qu'il n'aurait pas dû dire cela, mais c'était probablement la spontanéité qui avait parlé, lui qui pourtant tournait presque sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Ses yeux dérivèrent malgré eux vers celles de son amie d'enfance avant de se détourner. Il ne servait à rien de se faire mal davantage.


(898)

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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMar 15 Déc 2020 - 22:00

« Vous avez pris votre après-midi, miss Siankov ? » clama d’un ton sec un de ses supérieurs dont elle avait oublié le nom, un mini Morfin en puissance qui se prenait pour un petit chef. En temps normal, Neolina aurait sans doute rebroussé chemin et se serait confondue en excuses, mais pas là. Plus de six mois qu’elle travaillait au Ministère, six mois qu’elle faisait ses preuves, travaillait sans relâche, peut-être un peu trop même. Alors, au vu de ses heures supplémentaires non payées, bien que ça ne soit pas son genre de penser ainsi, elle estimait que pour une fois, une fois oui, elle avait bien le droit de partir plus tôt. Après tout, bon nombre de ses collègues londoniens pure souche se le permettaient, et on ne leur disait rien ! Alors oui, en temps normal, elle aurait cédé à cette ridicule pression mais aujourd’hui, ils pouvaient bien la virer qu’elle ne se retournerait pas. Cela faisait plus de 24 heures qu’elle attendait ce rendez-vous là, et pour une fois, elle n’avait pas envie d’être en retard. Certainement pas.

Transplanant jusqu’à une ruelle discrète près du parc, Neolina marcha d’un pas qui se voulait calme jusqu’à la grande arche, avec tout de même plus de vingt minutes d’avance. Un exploit quand on la connaissait. Le temps d’atteindre le lieu, il lui restait un quart d’heure à tuer et pour calmer la nervosité qui lui engourdissait les jambes, elle fit quelques allers-retours dans les allées quasi désertes. Petite blonde perdue dans le noir, soufflant entre ses doigts gelés pour les réchauffer car, bien sûr, elle avait oublié ses gants avant de partir. Il fallait dire qu’elle avait la tête ailleurs depuis qu’elle avait reçu la réponse positive de Razvan, impatiente à l’idée de le revoir tout en étant terrifiée que son état n’ait empiré. Reprendre pied après la terrible scène à l’hôpital avait été difficile. Se savoir responsable du malheur de son ami le plus cher l’avait détruite, suffisamment pour mettre un peu de distance envers d’autres de son entourage alors même qu’elle aurait plus que jamais eu besoin d’eux. Doucement, elle avait réussi à surpasser cette culpabilité qui lui rongeait tout de même encore le coeur, et qui l’avait fait hésiter au moins cinq jours avant d’écrire cette fameuse lettre qui l’avait conduite ici aujourd’hui. Combien de brouillons dans sa corbeille ? Combien d’heures à se torturer pour trouver les bons mots, là où d’habitude, tout était si naturel ?

Le temps passait si lentement, c’était intolérable. Finalement, elle resta proche du monument quand ce fut bientôt l'heure, ne sachant pas trop si Razvan était ponctuel ou non parce qu’après tout, elle était d'habitude trop en retard elle-même pour connaître cette information. Son souffle ne suffisait plus à réchauffer ses paumes, alors elle flanqua ses mains dans les poches de sa cape courte, qui dévoilait ses collants en velours d’un gris doux. La petite blonde perdue dans la nuit attendit donc encore un peu, jusqu’à voir une élégante silhouette s’approcher. Son coeur manqua un battement ou deux, mais elle se ressaisit car après tout, c’était Razvan et le plaisir de le revoir surpassait largement sa peur. Et cette fois, plus de surprise, c’était lui et lui seul qui avait accepté de la voir et ce, malgré… Malgré.

D’un geste instinctif, et malgré toutes les barrières qu’elle avait tenté de dresser pour éviter de le mettre mal à l’aise, Neo sortit les mains de ses poches et eut un léger élan pour l’enlacer, qu’elle réfréna toutefois en les remettant au chaud contre elle. Comme c’était bizarre, elle qui avait toujours agi si spontanément avec lui, de devoir se retenir. Oui mais voilà, elle s’était promis de ne pas le blesser plus qu’il ne l’était déja, et peut-être si c’était possible, lui apporter un peu de soutien dans cette période qui ne pouvait qu’être difficile pour un père éloigné de sa fille. Tant pis pour son envie irrépressible de le serrer contre elle, il faudrait faire sans. « Razvan ! » lui répondit-elle avec un enthousiasme qu’elle ne put retenir, et qui allait de pair avec le sourire qui s’était invité sur ses lèvres. Elle le trouva plus maigre, s’inquiéta un peu - évidemment. Mais il y avait dans son regard quelque chose de plus vivant que l’autre jour.

Que répondre, mais que répondre à sa si douce phrase qui lui réchauffa le coeur ? Que le mot plaisir lui semblait bien faible tant cela lui semblait faire une éternité qu’elle ne l’avait pas vu ? Qu’elle avait trépigné les dernières vingt-quatre heures, que la journée s’était étirée avec une lenteur inexorable - vu son efficacité, qu’elle soit partie tôt n’était finalement pas un problème. « Moi aussi, si tu savais… » répondit-elle malgré elle, alors qu’elle aurait aimé s’arrêter avant la virgule qui trahissait peut-être trop son état d’esprit. Ils restèrent là finalement, à ne pas trop savoir quoi se dire et ça n’avait rien de normal pour eux, surtout pour elle. Alors quoi, allaient-ils rester là comme des imbéciles, s’échanger un paquet et partir ? « Tu veux qu’on marche un peu ? » demanda-t’elle pour rompre le silence, et aussi occuper un peu son corps immobile qui crevait d’envie d’aller chercher le sien pour une étreinte. « Oh, avant que j’oublie ! » Sortant une main de sa poche, elle lui tendit un long paquet soigneusement emballé. « Bon anniversaire Razvan. Un peu en retard… » dit-elle, un peu confuse sur la fin. Elle avait toujours regretté de n’avoir rien envoyé en même temps que ses voeux, un peu froids à cet époque, et à raison d’ailleurs. Aussi avait-elle arpenté le Chemin de Traverse sur sa pause du midi pour se rattraper. Le paquet contenait une très jolie plume, sobre et simple, à la pointe argentée. La couleur de la plume rappelait, sans qu’elle n’en soit consciente, ses cheveux d’un blond polaire. « J’ai été si contente de te lire, j’ai pensé que… » C’était peut-être idiot. « Que ça te rappellerait nos échanges épistolaires de l’époque. » Elle s’était dégonflée, évidemment. Incapable de lui dire qu’elle espérait que cette bête plume l’inviterait peut-être à lui écrire plus et à lui rappeler qu’elle répondrait toujours, oui toujours. Comme il était étrange qu’elle se sente si loin de lui, plus encore qu’à l’époque desdits échanges, alors que désormais, il n’y avait plus que quelques kilomètres qui les séparaient. Alors s’il fallait qu’il lui écrive pour avoir de ses nouvelles, et bien… Elle prenait. Quand il s’agissait de Razvan, Neo prenait tout ce qu’il avait à lui offrir. Du moins, ce qu’il avait encore la force de lui offrir, semblait-il…
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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 1:03

Les mois s'étaient étirés depuis leur dernier contact physique. Pas un contact physique simple de l'ordre d'une étreinte, mais celle plus profonde et passionnée qu'ils s'étaient échangés pendant l'été. Pourtant, le souvenir était encore terriblement prégnant, présent dans l'esprit de Razvan qui ressentait, aujourd'hui plus encore que d'habitude, cet étrange envie de repousser les barrières de la bienséance. C'était ce que Neolina provoquait chez lui, semblait-il, depuis ce fameux matin de juillet. Et penser à sa meilleure amie en ces termes le perturbait. Il n'était pas venu pour cela, bien entendu, il était celui qui avait imposé une distance entre eux, lorsqu'il avait ruiné son anniversaire, avant de réitérer le mois précédent. Il était un imbécile et plus que jamais, le beau visage de son amie d'enfance lui semblait mériter quelqu'un d'autre. Il se fit la réflexion qu'elle serait plus heureuse avec quelqu'un qui ne soit pas comme lui de toute manière, qu'il avait eut raison sans doute de faire cela. Oui, il avait eu raison. Non ? La preuve en était avec son visage aux traits affaiblis par une hygiène de vie qui se dégradait et une santé mentale qui dépérissait. Voir Neo était pourtant à cet instant une lueur de bonheur dans un quotidien bien sombre. Se retenant malheureusement de la prendre dans ses bras, il fut déçu qu'elle ait la même réaction que lui. La distance qui s'imposait faisait mal pour eux qui avaient passé leur enfance ensemble. Mais elle était nécessaire. Non ?
Alors il était heureux, certes, mais il faisait un effort pour faire comme si. Pas question de l'inquiéter pour qu'elle soit dans le même état que lorsqu'elle l'avait rejoint devant l'hôpital. Pas question de la tourmenter encore. Razvan ne voulait pas déranger ou être un boulet pour elle, c'était hors-de-question. Alors, il entretenait l'illusion, lui qui généralement, ne savait pas si bien mentir à la personne qui le connaissait le plus au monde. Il faisait un froid de canard dehors, mais c'était probablement mieux qu'ils se retrouvent là. Au moins, aucune tension ne pourrait pervertir leurs volontés - ou leurs inconscients - et ils ne détruiraient pas ce qu'ils s'étaient employés à construire. Aussi, bien entendu, Razvan ne releva pas la petite fin de phrase de la roumaine, quand bien même elle lui fit rater un battement de cœur. Il savait qu'il était important pour elle sans mesurer pourtant l'importance qu'il avait. Il négligeait souvent qu'on puisse l'apprécier sincèrement, lui, la personne tristement mutique, souvent froide et peu tactile. Bien qu'il ait montré, certes, une autre facette de sa personnalité à la trentenaire un peu plus tôt dans l'année. Il hocha la tête lorsqu'elle lui proposa de marcher, la voix coupée dans sa propre gorge avant que Neolina ne semble frappée par l'évidence pour lui tendre un long paquet. Son anniversaire...?

La honte frappa violemment Razvan dont les joues s'empourprèrent très légèrement. Il fixa pendant quelques secondes le paquet, soufflé qu'elle persiste à vouloir lui offrir un cadeau pour quelque chose dont il ne s'était même pas préoccupé. Il avait passé un anniversaire merdique, la lettre qu'elle lui avait envoyé ne l'avait pas aidé. Et là, elle rebattait les cartes, pour se rattraper peut-être, ou pour lui faire regretter de ne pas lui avoir répondu. « Je suis désolé de ne pas avoir répondu » lui dit-il malgré lui d'abord, avant ses remerciements. Il savait très bien qu'elle se rappelait de l'ignorance crasse avec laquelle il l'avait honteusement gratifié et il avait honte. Il avait honte qu'elle lui offre quand même quelque chose alors que son attitude avait été désolante. « Tu n'étais vraiment pas obligée » - il releva ses yeux bruns pour les poser dans les yeux de Neo avant d'afficher un sourire vague mais mélancolique pour l'ouvrir. La plume était très belle et lui serait utile, c'était un cadeau de choix et de qualité, qu'il ne méritait pas, se persuadait-il. Bien qu'il ne le montra pas, Razvan était bouleversé au fond de lui par ce présent. Déjà parce qu'un rien pouvait le bouleverser dans son état actuel. Mais également parce que ce cadeau simple était empreint d'une symbolique toute particulière, eux qui avaient entretenu leur amitié pendant des années en passant par l'écriture. Leur relation épistolaire n'avait pas détruit leur amitié, curieusement, alors qu'elle soulignait leur éloignement. C'était finalement lorsqu'ils s'étaient réunis qu'ils s'étaient le plus éloignés, et cette conclusion lui fit terriblement mal. « Merci, Neo » lui dit-il en préférant faire concis pour ne pas montrer le trouble qui se développait pourtant en lui, avant d'enchaîner sur une note un peu plus joyeuse, « échange de bons procédés ». Il sortit de sa poche un premier paquet, sobrement emballé pour le lui tendre : « Pour Mihaela » - avant d'en sortir un second, tout aussi sobrement emballé de papier kraft avec le nom de Neolina dessus, « et pour toi. Crăciun Fericit en avance, Neolina ». Joyeux Noël en avance, oui. A quelques jours près mais il voulait qu'elle ait son cadeau avant la fin du mois. Ne sachant pas si le hibou saurait se déplacer jusqu'en Roumanie sans perdre le colis, le roumain avait préféré prendre de l'avance. Et voilà. Dans ce petit paquet sobrement emballé se trouvait une jolie montre, tout aussi sobre que le reste. Elle ne valait pas une pile d'or en soit, certes. Mais comme souvent avec les cadeaux de Razvan et Neolina, ils étaient chargés en symbolique derrière. La montre, c'était le temps qui passe, le temps qui est passé et le temps qui passera. Libre à elle de comprendre la chose de la façon dont elle le voudra, mais Razvan ajouta : « Interdiction de l'ouvrir avant Noël ». Il referma brièvement sa main sur celle de son amie d'enfance avant de la lâcher en lui laissant le paquet. Il rangea ses mains blessées par la boxe dans ses poches et continua d'avancer, tranquillement, sur le chemin désert de Hyde Park.


(991)

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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 5:41

Désolé. Comme il était difficile, parfois, d’admettre ses propres erreurs devant une autre personne. Pourtant, au fond d’elle, Neo aurait aimé entendre d’autres excuses que celles-ci, car après tout, elle ne lui en avait jamais voulu pour cette lettre restée sans réponse. Elle-même avait été étonnée par la froideur de ses propres mots, de ce message si bref et exempt d’émotions, du moins en apparence. Le simple fait de lui écrire malgré leur douloureux échange en disait pourtant long et malgré cela, Neolina ne s’était attendue à aucune réponse de sa part. Que répondre à ça, après tout ? Il aurait sans doute mieux valu qu’elle range sa fierté à ce moment-là, et qu’elle aille le retrouver en mettant leur querelle de côté. Mais voilà, la blessure était encore fraîche les quelques jours qui avaient suivi son anniversaire, et celui de Razvan était bien trop proche du sien pour qu’elle ait eu le temps de digérer.

Et c’était pour ces paroles là qu’elle aurait aimé entendre des excuses. Pour ce moment où il lui avait délivré la plus belle des déclarations avant de la détruire en une seconde, d’anéantir le moindre espoir en la repoussant comme jamais auparavant. L’entendre lui dire qu’il aurait mieux valu qu’elle reste loin de lui l’avait blessée comme personne ou presque ne l’avait fait dans sa vie. Et malgré les apparences, et la responsabilité qu’elle prenait pour ses propres actes manqués, Neo n’était pas parvenue à lui pardonner ça. Leurs tentatives de réconciliation, pénibles, difficiles, étaient d’ailleurs empreintes de ce fardeau. Mais il fallait faire un pas vers l’autre, et c’était elle par deux fois qui avait fait l’effort. Pour elle. Pour eux. Et pourtant, ce cadeau n’avait pas pour but de le faire culpabiliser, non. C’était un pur acte d’affection, d’amitié, une sincère envie de faire plaisir et de rattraper sa froideur pourtant justifiée de l’époque.

La réaction du roumain ne la surprit pas une seconde. Ému, gêné, il y avait dans son merci bien plus que ça, et elle le ressentit sans le lui dire, essayant d’apaiser son trouble avec un sourire le plus sincère possible. Par contre, elle ne s’attendit pas à recevoir à son tour une surprise. D’abord, il lui tendit le cadeau de Mihaela, avant de sortir de sa poche un deuxième paquet qui lui fit hausser les sourcils sans qu’elle ne puisse rien y faire. Qu’est-ce que… ? Troublée, elle saisit doucement l’élégant paquet, incapable de prononcer le moindre mot, ni de détacher ses yeux du présent inattendu. Elle d’habitude si empressée ne pensa pas une seule seconde à le déballer, et c’était sans doute mieux ainsi car Razvan lui donna une consigne qu’elle respecterait, évidemment. Le contact de la main du médicomage sur la sienne la fit frissonner bien plus que le vent qui faisait voler ses mèches et le bas de sa jupe. Elle eut envie d’y entrelacer ses doigts, mais eut peur de faire tomber le cadeau et puis, de toute manière, il ne lui en laissa pas le temps. C’était sans doute mieux ainsi après tout.

Relevant finalement le nez, ses yeux atterrirent dans ceux si sombres et profonds de Razvan, qu’elle n’arriva pour une fois pas à déchiffrer. « Je… C’est promis. » bégaya-t’elle comme une enfant qu’on aurait surpris à faire une bêtise. Elle eut envie de lui dire tellement, et rien ne vint, pas même un simple merci et déjà, la silhouette du médicomage s’éloignait d'elle pour reprendre le cours de leur promenade dans l’allée. Ses pieds refusèrent de suivre, sans qu’elle ne sache pourquoi, et elle resta quelques secondes plantée là, son pouce frôlant le paquet comme elle le faisait habituellement avec la peau chaude de son si cher ami. Finalement, elle glissa le paquet dans sa poche gauche, pour le différencier de celui de Mihaela qu’elle avait déjà mis dans celle de droite. Et elle courut, du mieux que ses pieds un peu gelés pouvaient faire, pour le rattraper.

« Attends, Razvan ! » lâcha-t’elle une fois à sa hauteur, posant sa main sur son bras pour lui faire ralentir la cadence, ou plutôt, non, l’arrêter. Cette fois, Neolina laissa tomber ce ridicule contrôle d’elle-même qui ne lui ressemblait pas et, embarquée par son émotion, réduisit enfin la distance qui les séparaient en le prenant dans ses bras. Ça avait été plus fort qu’elle. C’était inexplicable, ce besoin de sentir son corps contre le sien le temps d’une étreinte qu’elle aurait voulu voir s’éterniser, là, au coeur du froid. Fermant les yeux à s’en froisser les paupières, Neolina le serrait contre elle de toutes ses maigres forces, ses mains calées derrière ses omoplates se rejoignant, comme si cela suffirait à le garder toujours là, contre elle. « Merci… » finit-elle par dire après elle n’aurait su dire combien de temps, la gorge nouée par l’émotion. Merci pour quoi ? Pour cette douce attention, déjà, qui l’avait bouleversée. Pour être venu, et s’être fait violence sans doute car Neo connaissait assez son roumain pour savoir qu’il souffrait toujours de ce qu’il lui avait confié à demi-mots cet autre jour. Pour faire partie de sa vie, aussi. Neolina avait tellement de raisons de le remercier, bien plus que de raisons de lui en vouloir d’ailleurs. Et elles seraient toujours bien plus fortes que la plus persistante des rancoeurs. Et même si cette étreinte était aussi douce que cruelle, pour Razvan comme pour Neolina, elle sembla faire disparaître au moins un instant les fantômes des souvenirs pénibles qu’ils avaient vécus dernièrement.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 12:35

Si Razvan ne prenait pas l'initiative de faire le premier pas, c'était qu'il avait ses raisons. Il avait ses raisons pour la maintenir éloignée de lui, lui qui avait une vie si difficile, si malsaine aussi. Il était un homme seul enfermé dans une vie à Londres qui ne lui plaisait pas, séparé de sa propre fille et soumit à un groupuscule de terroristes qui le poussait à tuer des gens. Non, vraiment, elle ne méritait pas cela. Et il ne méritait pas qu'elle soit son amie, elle aurait dû ressentir du dédain et du rejet pour lui. C'était ce qu'il méritait non ? Ce n'était pas vraiment comme s'il avait le droit d'être heureux. Neolina, en étant son amie, faisait souffrir son cœur qui n'avait pas besoin de soubresauts supplémentaires. Razvan était une personne qui aimait peu, mais passionnément lorsqu'il était éprit de quelqu'un. Et cela expliquait aussi, tristement, que peu de personnes aient réussi à s'infiltrer dans son cercle de relations. L'amitié du roumain était difficile à gagner, son amour d'autant plus. Neo avait fait l'exploit de passer par les deux cases et il souffrait assez de cela. Ce qu'il ne s'imaginait pas, toutefois, c'était combien le mal était partagé. Il ne pensait pas tant la faire souffrir, après tout, elle allait visiblement mieux que lui. Et pour lui qui n'était pas toujours perspicace, lire entre les lignes était parfois bien difficile. Il s'imaginait à tort que la page était plus facile à tourner pour Neolina qui ne subissait pas les mêmes sentiments que lui. Il ne savait pas si elle l'aimait et en doutait d'autant plus. De ce fait, le roumain avait honte de se trouver devant elle, lui qui avait craché ses sentiments dans cette cage d'escalier avant de disparaître. Son amie connaissait tout désormais des sentiments qui lui agitaient le cœur - s'ils avaient été partagés, elle aurait fait un pas vers lui, non ? Non ? Après tout, il ne réalisait simplement pas combien le rejet qu'il lui avait fait subir était violent.

Il se détourna pour continuer son chemin, peut-être aussi parce qu'il voyait le trouble sur le visage de Neo et qu'il s'en voulait de ne pas lui avoir envoyé le colis par hibou. Après tout, peut-être qu'elle l'interprétait mal, là où ce cadeau était avant tout le cadeau d'un ami avant d'être celui d'un ancien amant. Razvan ne la fuyait pas, pourtant. Il se détournait pour ne plus voir ce beau visage perturbé par son propre geste en s'avançant dans cette allée déserte, les mains dans les poches comme s'il ne voulait pas qu'elle voit, une nouvelle fois, la démonstration de sa propre destruction sur son corps. Le bref contact de sa main avec celle de son amie d'enfance laissait une marque chaude sur sa paume. Ils n'avaient jamais réellement su s'en empêcher. Tous les deux avaient toujours eu une amitié tactile, qui laissait peut-être sentir qu'il y avait quelque chose au dessous. Et pour quelqu'un d'aussi froid que lui, faire fondre le glaçon qu'il était relevait du miracle. Et on pouvait dire qu'elle en avait réalisé un grand. Lorsque le son de la voix de Neo parvint à ses oreilles, il ralentit le pas pour la laisser le rejoindre. L'écart physique qu'elle se permit lui fit autant de mal que de bien. Neolina le serrait fort dans ses bras alors qu'il ne pouvait s'empêcher de faire glisser ses mains dans ses reins pour la rapprocher de lui et enfouir son visage dans son cou. Razvan respirait son odeur, lui qui avait eu besoin de ce contact depuis qu'ils avaient brisé le dernier qu'ils avaient eu il y a quelques semaines de cela. Il n'était pas quelqu'un qui pleurait mais sa gorge était vaguement nouée alors qu'elle le remerciait. Le manque qu'il avait ressenti ses dernières semaines lui déchirait le cœur. « C'est moi qui doit te remercier » lui dit-il de sa voix étouffée par la cape de la trentenaire, « Mihaela n'est pas contente que je ne passe pas en décembre, elle m'en veut. Qu'elle ait au moins quelque chose de ma part allègera peut-être sa colère ». Et cela signifiait beaucoup pour lui, plus qu'elle ne pouvait se l'imaginer sans doute. Neo n'avait pas d'enfant et n'en aurait jamais, savoir que le sien nous en voulait était déchirant. Surtout que la petite fille était terriblement vindicative. Cela faisait maintenant de longues secondes qu'ils se tenaient dans les bras et il fallut bien se détacher, à contrecoeur, de cette étreinte qui lui avait tant allégé le sien. « Elle vit chez mes... » - Razvan fit une pause, comme frappé par la foudre, avant de se reprendre, « elle vit chez ses grands-parents. Tu verras, ils sont adorables ». Bien entendu, Neo savait qu'il n'avait pas connu ses parents, les grands-parents de Mihaela étaient nécessairement les parents de feue Mara. Etaient-ils toujours ses beaux-parents alors que sa femme était morte ? Il ne s'était jamais vraiment posé la question, mais le terme lui avait semblé maladroit avant qu'il ne franchisse la barrière de ses lèvres, pour une fois. Le médicomage rangea ses mains dans ses poches et lui tendit quand même le bras pour qu'elle le lui prenne et marchent ensemble dans Hyde Park. « Tu passeras mon bonjour à ta famille, hein ? » lui demanda-t-il sans oser reposer sur elle ses yeux noirs. Madame Siankov était très gentille mais ils ne s'étaient plus échangés de courrier depuis qu'il avait obtenu d'elle le fameux cadre qu'il avait offert à Neo lors de cet anniversaire raté. « Tu m'as manqué ». Il n'aurait peut-être pas dû dire cela.


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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 14:18

Combien d’étreintes Neo et Razvan avaient déjà échangées avant celle-ci ? Des centaines, des milliers peut-être. Beaucoup empreintes de joie, d’autres plus amères, ou tristes. Des embrassades pour se dire au revoir, parfois adieu, pour se retrouver, pour consoler l’autre après un drame. Et pour se découvrir autrement, même, parfois. Malgré tous ses efforts, Neolina ne parvenaient pas à se sortir de la tête les étreintes passionnées de cet été. Comment l’aurait-elle pu, après tout ? Depuis, plus rien n’était comme avant mais au-delà de ça, son corps se rappelait encore la sensation chaude de sa peau, et pas seulement celle de sa main, contre la sienne. Elle se rappelait tout ce qu’elle avait vu, touché, ressenti. Depuis, leur relation était comme cassée alors que pourtant, ils n’avaient jamais été aussi proches que lors de ces quelques instants-là, ça n’avait pas de sens.

Mais cette étreinte là, elle, en avait. Neo retrouvait, du moins un peu, le Razvan qu’elle avait toujours connu et qui parvenait à l’apaiser sans rien dire. Elle eut envie de se lover plus encore contre lui, glisser ses mains sous son manteau pour profiter de sa chaleur et se faire toute petite contre sa corps si protecteur. Mais voilà, c’était lui peut-être le plus fragile des deux, malgré les apparences, et alors que son souffle frôlait la peau de son cou nu pour cause d’oubli d’écharpe, cela lui apparut plus clairement que jamais. Razvan ne lui parlait pas souvent de sa fille, c’était comme ça, et Neolina n’était pas non plus encline à amener le sujet sur le tapis, pour des raisons évidentes. Au fond d’elle, elle sentait tout l’amour qu’il avait pour cette enfant qu’elle ne connaissait pas, et qui ne comprendrait probablement pas pourquoi une inconnue venait lui délivrer un cadeau de son père. L’instant serait dur à vivre pour Neo, mais elle pouvait bien endurer ça pour Razvan. Mihaela semblait être le parfait mélange de Mara et de son père, aussi, la voir ne pourrait que raviver des souvenirs certains. « Un jour, elle comprendra… » lui répondit-elle avec tendresse en passant une de ses mains le long de son dos avant qu’il ne se détache d’elle. Son corps entier eut envie de le ramener à elle, mais elle s’abstint.

Neo n’avait jamais bien réfléchi à l’endroit où vivait Mihaela. Peut-être Razvan lui avait-il déjà dit, d’ailleurs il lui faudrait une adresse, se dit-elle tout à coup avec une sacrée dose de pragmatisme. La façon dont il se reprit lui brisa le coeur si fort qu’elle eut envie de le serrer contre elle encore, comme si elle avait besoin d’une raison. « Je passerai le lendemain de Noël, d’accord ? Comme ça, tu peux les prévenir. Qu’ils ne s’étonnent pas de voir débarquer une inconnue. » Neolina n’avait aucune idée de comment ce petit rendez-vos allait se passer, mais ça n’était pas ce qui la stressait le plus. Oh non. C’était bien sa mère et ses questions incessantes qui lui faisaient peur. Tenant le bras que Razvan lui avait tendu sans trop réfléchir au pourquoi du comment d’un tel geste, elle esquissa un sourire un peu gêné lorsqu’il en parla de lui-même, fixant le chemin face elle plutôt que d’affronter son regard. « Bien sûr. De toute façon, ton nom sera forcément évoqué au bout de trente minutes, alors… » Et fort heureusement, cette rencontre allait lui simplifier un peu les choses, car elle n’osait imaginer comme affronter l’interrogatoire poussif de sa mère si elle n’avait pas revu le roumain après la séquence de l’hôpital. Au moins cette fois pourrait elle se montrer évasive sans pour autant ressentir comme un étau se serrer autour de son coeur.

Ce fut toutefois ce qui se produisit quand il prononça ces trois simples mots. Les trois mêmes qu’elle avait elle-même prononcé après ce premier dérapage incontrôlé, incontrôlable, et le souvenir lui revint tout à coup sans qu’elle ne puisse le chasser. Il lui manquait toujours un peu quand il n’était pas là, mais cette fois-ci, c’était différent. Elle comprenait, du moins dans son prisme à elle, ce qu’il ressentait. « Ça me fait tellement de bien de te retrouver… » lui répondit-elle, préférant se concentrer sur ce qu’ils vivaient là plutôt que sur le passé, philosophie de vie qui la différenciait tellement de lui. Inconsciemment, elle avait serré un peu plus son bras. Une nouvelle fois, ils semblaient incapables de ne pas être proches, réellement proches. « Depuis combien de temps on ne s’est pas baladés comme ça, hein ? » Une éternité. Oh ça oui. Depuis Sibiu, sans doute. À l’époque où ils étaient insouciants, et ignoraient tout des difficultés que la vie allait leur réserver. Chacun de leur côté, mais aussi ensemble, et c’était sans doute cette partie là que leurs jeunes eux auraient eu bien du mal à croire. « Depuis quand sommes-nous si sérieux… » continua-t’elle, un peu plus bas. Elle voulait dire tellement, cette phrase. Comme tous ce qu’ils disaient depuis le début de cette conversation rempli de sous-entendus, de demi-mots et de sentiments qui n’osaient pas se dévoiler.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 17:00

"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort".

Vraiment ?

Razvan aurait pu s'énerver d'entendre pareille absurdité. Ce qui ne l'avait pas tué l'avait détruit à petit feu, pour le plonger lentement dans une dépression dont il ne parvenait pas à se sortir. Il savait que le bref rayon de soleil de retrouver Neolina aujourd'hui serait bien trop tôt éclipsé par les nuages du mal-être profond qui le rongeait comme un cancer. D'aucun aurait pu dire qu'il l'avait cherché, après tout ! Eh bien oui, il n'était pas parti lorsqu'on était venu lui faire cet horrible chantage, il s'était soumit à lui. Totalement soumit, parce qu'il avait trop vécu et subi avant et qu'il ne saurait tolérer de prendre un seul risque avec la vie d'une enfant. Maintenant, cela l'avait poussé à faire des choses qu'il regrettait avec sa meilleure amie. Tout ce rendez-vous n'était-il pas étrange, là, au milieu de ce parc, comme si c'était le seul endroit où il ne pourrait rien se passer ? Fallait-il qu'ils prennent à ce point des dispositions pour se voir, ou bien Neolina était-elle trop méfiante ? C'était ça, alors, leur relation ? De la méfiance de l'autre ? Même si l'étreinte de la jeune femme savait effacer légèrement ses craintes, elles étaient toujours là. Comme la honte de s'être mit à découvert pendant cette foutue soirée du 28 septembre, parce qu'emporté par la colère, il lui avait balancé la vérité crue et dure, qui le dévorait depuis le mois de juillet. Et il savait que tous ses mots et tous ses gestes étaient toujours empreints de cette tendresse qu'il n'arrivait pas à retirer. La lente caresse qu'elle fit dans son dos, comme pour le réconforter ou le rassurer, lui fit du bien mais ce n'était tellement pas suffisant pour alléger sa peine. Razvan avait besoin de plus, tellement plus, qu'elle ne pouvait pas lui donner. La torture semblait à son comble, il n'en pouvait plus. Mais non, il n'allait pas pleurer. Jamais.

Le roumain ne répondit pas à Neolina, ne sachant pas si sa fille comprendrait réellement pourquoi il faisait ça, ou non. Non pas qu'elle était stupide mais elle semblait être aussi têtu que lui. Et il comprenait à sa manière combien ce trait de caractère pouvait s'avérer être insupportable. « Je les préviendrai » lui assura-t-il simplement sans attarder son regard dans les yeux noisettes de la roumaine, « et je t'envoie l'adresse par hibou ce soir ». Une promesse de lui écrire de nouveau, alors ? Peut-être qu'il y avait de ça. Après tout, ils pouvaient bien entretenir une relation épistolaire, ils ne risquaient rien, n'est-ce pas ? C'était donc à cela qu'ils étaient réduits tous les deux ? Une relation épistolaire qui succédait à leurs ébats physiques ? Ou alors peut-être qu'ils avaient besoin de s'apprivoiser de nouveau, comme deux bêtes sauvages qui ne se connaissaient plus. « Dis donc, trente minutes, elle s'améliore » plaisanta-t-il en faisant comme si le réel sujet là-dessous n'était pas l'espoir terrible de Madame Siankov de voir sa fille finir avec lui, « avant elle n'en tenait pas cinq ».

Alors, oui, la phrase était tombée, comme un couperet et il ferma les yeux pendant quelques secondes juste après avoir prononcé les mots qu'il n'aurait pas dû prononcer, se traitant d'imbécile dans le plus profond de son être. Pourquoi remuer la baguette, pourquoi diable se faire autant de mal ? Mais se serrant un peu plus contre lui, elle lui avoua aussi qu'elle était contente de le revoir et son cœur, paradoxalement, s'allégea autant qu'il s'alourdit. Neo était heureuse de retrouver son meilleur ami, elle était là, la vérité. Là où lui... Sa meilleure amie lui manquait, mais Neolina de façon plus générale, lui manquait. La personne qu'il avait redécouvert en juillet lui manquait, la personne avec qui il pouvait échanger des gestes tendres lui manquait. Mais voilà, autant qu'elle comprenne ce qu'il avait dit sous l'angle plus innocent. Cela lui faisait du mal, mais au moins elle, elle ne serait pas comme lui. « Je ne sais pas, depuis la Roumanie, sans doute » répondit-il d'un ton plus tranquille que ne l'était son esprit. La Roumanie, oui, à cette époque où ils étaient tous les deux mariés à des personnes qu'ils aimaient profondément, avant que la vie ne leur arrache leur bonheur à sa manière. Razvan ne repensait à la Roumanie qu'avec énormément de regrets et de mélancolie. Lorsqu'il pensait à son pays et à Neolina en même temps, la succession des actes manqués défilait devant ses yeux et le faisait souffrir. Ce n'était pas le moment d'y penser, surtout pas. « Nos nous adolescents seraient sans doute horrifiés de nos conversations maintenant » dit-il en affichant un sourire en coin, « à toujours penser qu'on ne serait pas comme tout le monde et que ce serait nous contre le reste du monde ». "Nous contre le reste du monde" semblait être devenu un "nous, l'un contre l'autre". Mais il n'ajouta pas cela, comme pour laisser planer le mythe de cette phrase qui désormais, ne valait plus trois kopecks.


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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 20:45

Aller de l’avant. Depuis son adolescence, Neolina avait toujours pris ses décisions en suivant ce credo simple, efficace, qui lui avait permis depuis de braver bien des situations. Il n’était pas tellement dans ses habitudes de se laisser aller à la nostalgie, ce sentiment doux-amer qui emprisonnait les gens dans un passé qu’il valait parfois mieux laisser derrière. Razvan, lui, semblait en avoir fait sa seconde épouse, trimballant à ses côtés les spectres de son ancienne vie comme s’il ne pouvait s’en détacher. Neolina était une fille du présent, qui regardait son futur avec réalisme, mais sans s’appesantir jamais par le poids des souvenirs. Razvan, lui, lui tournait le dos en fixant son passé comme s’il avait une chance de pouvoir rattraper des choses sur lesquelles il n’avait plus aucun contrôle, n'en avait peut-être d'ailleurs jamais eu. Comment ces deux-là auraient pu avoir un avenir ?

La mère de Neo, puisqu’elle avait été convoquée comme souvent dans leur conversation, avait toujours cru la chose possible. Sans doute se serait-elle évanouie de bonheur en découvrant que cet été, il y eut une fenêtre d’espoir qui venait lui donner raison. Longtemps, Neo avait justifié l’obsession de sa mère par le fait que l’amitié fille-garçon était une chose inhabituelle, que les gens ne comprenaient pas, ne comprendraient jamais. Mais il semblait que l’instinct de Mămică Siankov avait su flairer quelque chose qu’eux-même avaient ignoré pendant des années, jusqu’à cette révélation des plus inattendues, pour eux du moins. « On peut faire un pari si tu veux. » plaisanta-t’elle sans y mettre vraiment du coeur, sachant très bien qu’elle avait exagéré sur la demie-heure car sa mère était la fan numéro un de Razvan. Elle l’avait toujours préféré à Andrea, ce qui avait souvent mis Neo en colère par le passé. Parfois même, elle osait lui dire des phrases qui commençait par : Şi dacă… Et si Neolina avait épousé Razvan plutôt qu’Andrea? Et si elle s’était rendue compte de son erreur et était restée en Roumanie pour devenir une maman pour Mihaela ? Et si elle même était devenue vraiment mère en portant l'enfant de Razvan ? Chacune de ces suppositions la mettait en colère et la peinait à la fois. Avec des si… On refaisait le monde, et le monde ne tournait pas comme ça.

L’atmosphère était étrange, à la fois paisible et lourde, sans doute à cause de leurs paroles qui n’étaient pas dénuées de sens cachés et profonds. Cette balade là convoquait forcément un peu de nostalgie, et Neolina la laissa l’envahir alors qu’elle repensait à sa version adolescente, tout comme Razvan le faisait à cet instant. Qu’ils soient ainsi sur la même longueur d’ondes prouvait bien que leur si vieille amitié n’avait rien perdu de sa superbe, malgré ces conversations dures pour qui savait lire entre les lignes. La jeune Neo l’aurait sûrement copieusement grondé d’avoir mis autant de distance entre elle et Razvan. La jeune Neo n’aurait rien compris, parce qu’elle n’avait rien vécu. Et si la roumaine avait gardé en elle une part de l’enfant qu’elle était, une chose était sûre : elle n’était plus cette Neo là. Elle avait été bien des Neo depuis, et celle d’aujourd’hui était peut-être l’une des versions les plus tristes, malgré les apparences.

Convoquant leur phrase de jeunesse, Razvan ne réalisa sans doute pas à quel point il venait d’agrandir une des fissures qui parsemaient son coeur. Elle ne savait plus bien qui avait dit ça le premier, très certainement elle vu la tournure. Mais peut-être pas. Eux deux contre le reste du monde, cela résonnait comme une promesse, et ils l’avaient tous les deux rompue. Son regard ambré glissa sur lui, essayant de capter son expression çar sa voix n’en disait pas assez. « Il y a toujours un peu de vrai là-dedans. » dit-elle avec spontanéité. « Car là, maintenant, tu vois, j’ai l’impression que le reste du monde n’existe pas. » Impossible pour elle de quantifier le temps qui s’était écoulé, de savoir quelle direction ses pieds avaient empruntés. Aveu spontané, peut-être de trop vu la situation, mais si vrai. Quand Razvan était là, tout ce qu’il y avait autour devenait moins important, tout le temps. Aussi ne remarqua-t’elle pas le vieil homme qui croisa leur route, et posa un regard doux sur eux, se figurant sans doute qu’ils étaient un jeune couple. Lorsqu’elle laissa glisser sa main le long de sa manche pour venir trouver la sienne dans sa poche, et y entrelacer ses doigts, l’illusion n’en devint que plus parfaite encore. Le vieil homme poussa un soupir attendri, mais resta toujours aussi invisible aux yeux de la jeune femme. Quand Razvan était là, il devenait le centre de son monde, c’était comme ça.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyMer 16 Déc 2020 - 21:21

Qu'avaient-ils fait pour mériter cela ? Qu'avaient-ils fait pour en arriver là ? Leur relation devait-elle toujours faire des détours, tout ne pouvait-il pas être simple ? Depuis que leurs vies avaient dérivé sur un deuil et un divorce, tout semblait aller de mal en pis. Ils s'étaient disputés en quelque sorte lorsque Neo était partie en Russie. Son arrivée au Royaume-Uni avait été placée sous le sceau de retrouvailles douces-amères pour dériver finalement vers quelque chose d'étrangement fusionnel qu'ils se niaient l'un l'autre. Pourquoi se faisaient-ils autant de mal ? Peut-être qu'ils auraient dû ne pas ignorer les sept minutes dans le foutu placard qui les avait réuni pour la première fois à quinze ans. Tout aurait alors été différent, ils ne seraient sans doute pas en train d'avoir cette conversation. Razvan s'était souvent figuré sa vie avec des "si", tout spécialement depuis que sur son bras, dansait un tatouage macabre. Y penser lui donna l'impression qu'il s'agitait sur sa peau. Mais le reste du monde n'avait pas d'importance non ? Surtout lorsqu'ils étaient tous les deux. C'est ce qu'elle lui dit, cruellement autant que tendrement, et c'était ce qu'il ressentait précisément. A cet instant, peu importait qu'il soit mangemort, peu importait qu'il rentre ou non en Roumanie, peu importait qu'il lui ait dit qu'ils ne pouvaient pas être ensemble. Le médicomage voulait, pour une fois ces temps-ci, profiter de l'instant volé qu'il vivait avec elle sans se préoccuper du reste. Et ce, malgré les dangers que cela représentait pour eux-deux. S'abandonner à ce genre de volonté les avait conduit par trois fois à la faute, une quatrième fois au bord du gouffre. Mais pourquoi ne pas tomber dedans, après tout ?

Alors, forcément, la phrase de Neolina le bouleversa, elle le bouleversa si fort tant elle était en accord avec ce qu'il pensait lui-même. Le reste du monde n'existait pas, pourquoi prétendaient-ils se conformer à ses volontés, alors ? Pourquoi ne pas se laisser aller à ce qu'ils voulaient ? Ils ? Vraiment ? Ah, non... Razvan ne savait pas si c'était ce qu'elle voulait. Il n'en savait rien du tout et se dire cela le fit redescendre brusquement, durement, alors même qu'elle entrelaçait ses doigts aux siens. Doux supplice qu'elle lui infligeait sans s'en rendre compte. Et aussi dure fut la chute, le roumain serra tout de même fort sa main dans la sienne, comme pour se raccrocher à ce terrible espoir qu'elle nourrisse pour lui des sentiments sincères. Il tourna son regard vers elle en sentant le sien sur sa joue, la douleur n'en fut que plus vive encore dans son cœur et dans son ventre. Razvan ressentait un sentiment amoureux tellement fort et il était tellement incapable de faire un pas supplémentaire - tant sur le chemin de l'affection que sur le chemin qu'ils remontaient - qu'il s'arrêta brusquement. Neolina s'arrêta aussi, forcée par la main de l'homme qui ne se déchirait pas de la sienne. « Ce n'est qu'une impression » - malheureusement - « ton reste du monde est ton futur, mon reste du monde est mon passé ». Là était le plus grand paradoxe de ces deux personnes qui se rejoignaient dans des sentiments amoureux qu'ils ne s'admettaient pas. Leurs mains toujours liées, Razvan la rapprocha doucement de lui pour lui afficher un sourire un peu triste. Il devait se faire violence pour ne pas caresser ses joues de porcelaine alors qu'il en mourrait d'envie. « Et il n'existe plus pour moi non plus ». Sans même avoir remarqué qu'il faisait cela, son pouce caressait doucement la main de la roumaine qu'il tenait dans la sienne. Aussi proche fut-elle, Neolina lui manquait cruellement.

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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyJeu 17 Déc 2020 - 6:21

L’amour pouvait prendre bien des formes. Sentiment fluctuant, l’amour évoluait sans cesse, au rythme des battements de coeur de ceux qui l’éprouvaient. Et une chose était certaine : du plus loin qu’elle se souvenait, Neolina avait toujours aimé Razvan. Comme un ami, un substitut de frère, elle qui n’avait connu qu’une famille aux éclats de rire féminins. Elle l’avait toujours aimé, quelles que soient les épreuves, quelle que soit la distance, et le temps n’avait jamais réussi à éroder ça, au contraire. Plus les années passaient, plus il lui semblait que cette sensation si forte, qui l’avait envahie quelques mois plus tôt à la descente du train, ne faisait que s’amplifier. Neo aimait Razvan, c’était indéniable, et ça ne changerait jamais. Aussi difficiles soient les journées passées sans nouvelles, à se dire que bien d’autres s’enchaîneraient dans le même silence pénible - c’était une chose de ne pas avoir de nouvelles un temps, une autre de savoir qu’on n’en aurait pas - cette certitude ne s’était pas évanouie. La douleur n’effaçait pas l’amour, jamais. L’inconstance des coeurs fragiles modifiait son intensité, peut-être, mais il était toujours là, niché quelque part.

Et alors qu’elle était certaine qu’il serait à jamais son ami le plus cher, elle était incapable d’être aussi catégorique quand à l’étiquette exacte de leur relation aujourd’hui, qui était venue s’y superposer. Poser des mots sur pareilles choses lui faisaient peur, surtout avec Razvan. Et alors qu’elle s’efforçait de la décoller pour retrouver, peut-être naïvement, ce qui avait toujours été, la colle côté Razvan semblait plus tenace. Cette fichue manie de s’attacher au passé les empêchait de passer à autre chose, peut-être d’ailleurs n’en avait-il pas envie. Et hélas, à force de gratter, Neo avait l’impression d’abimer l’étiquette du dessous, la base même de leur relation qu’elle essayait de préserver de toutes ses forces. Mais comme il était difficile de s’y atteler quand on avait l’impression d’être la seule à essayer. Razvan se laissait sombrer, c’était évident, et elle avait qui plus est la sensation d‘être à l’origine de sa chute. Pourtant, c’était lui qui avait mis par deux fois un point final dès la première phrase de ce qui aurait pu être un nouveau chapitre de leur vie. Hélas, là où Neo était généralement tenace, les choses d’ordre de la romance était sa faiblesse, et elle n’avait plus la force. De se battre contre elle, contre sa propre peur d’un jour tout gâcher comme elle l’avait fait avec son mariage. Car si demain elle perdait Razvan, comme elle avait perdu Andrea, alors elle ne saurait pas s’en remettre, jamais. Le courage de Neo s’évanouissait donc face aux risques qu’elle encourait, ne réalisant pas qu’elle était exactement en train de prendre le chemin qu’elle voulait éviter en blessant Razvan, en faisant tout l’inverse de ce qu’elle désirait. Elle se figurait que le mal était fait, déjà, avant même qu’il n’y ait quoi que ce soit, alors plus que jamais, surtout, ne pas tenter le diable.

Malgré tout, par petits bouts, elle tentait de recoller ce qu’elle pouvait. Cette rencontre sonnait plus que jamais comme de vraies retrouvailles, peut-être un peu timides oui, mais il semblait que plus la conversation s’étirait, et plus les choses se dévoilaient, et leurs corps comme aimantés se retrouvaient un peu. La main de Razvan tenait la sienne, comme ils l’avaient déjà fait mille fois avant, comme sans doute jamais des amis n’auraient du le faire. Peut-être que tout ça était mal étiqueté depuis le début, après tout… Naturellement, elle s’était calée sur les pas de Razvan, et s’arrêta donc en même temps que lui, lâchant brièvement sa main qu’elle sentait fraîche et abimée contre sa peau avant d'entrelacer ses doigts dans l’autre sens, dos à dos en quelque sorte, pour s’adapter à leur face à face. Et plus que jamais, alors qu’elle se plongeait dans ses yeux qu’elle devinait dans la faible lueur d’un lampadaire un peu plus loin, Razvan exprimait son sempiternel pessimisme. Il disait tout haut ce qu’elle pensait tout bas, évidemment, et parfois, oui parfois, elle aurait aimé braver tous ses principes pour le soulager. Utiliser son talent pour l’amnésie afin d’apaiser un peu sa peine, effacer les plus intenses douleurs pour qu’il se focalise enfin sur les souvenirs heureux et ose enfin leur tourner le dos pour faire face à ceux qui restaient à construire. Mais il aurait sans doute fallu pour ça qu’elle lui fasse oublier une certaine matinée de juillet dont elle serait alors devenue la seule gardienne du secret. Elle avait refusé d’utiliser ce pouvoir dévastateur sur bien des gens auparavant, qui pourtant le lui avait demandé. Jamais elle ne se permettrait pareille chose sur Razvan. Pas avec leur passé, qui bien qu’imparfait, n’appartenait qu’à eux, et eux seuls. Contre le reste de ce monde qui semblait ne plus exister pour lui non plus, et Merlin qu’elle le comprenait.

Sa main libre quitta sa poche pour venir se poser sur le sombre manteau dont l’air frais semblait avoir imbibé la moindre fibre, pile à l’endroit où elle aurait pu sentir battre son coeur si… « Le passé de demain se construit aujourd’hui, Razvan. » Cela semblait bien philosophique et pourtant, tellement vrai. À force de regarder en arrière, le roumain oubliait de profiter de l’instant. Sans rêver d’un avenir brillant, au moins aurait-il pu donner une chance au présent. Mais elle était bien mal placée pour lui faire la leçon, car après tout, n’était-ce pas son propre passé à elle qui la paralysait désormais ? Persuadée qu’elle allait réitérer les mêmes erreurs, ne s’accordant pas le bénéfice du doute qu’elle offrait pourtant à tous les autres, Neo était bien dure envers elle-même et par là-même, avec Razvan. Car après tout, plutôt que de chercher à lui faire oublier ce passé qui le pesait tant, elle aurait pu se référer à sa propre phrase, et construire là, maintenant, tout de suite, de futurs souvenirs qui leur réchaufferaient le coeur pour les années à venir. Sa main migra de son torse vers sa joue, qu’elle caressa de son pouce comme pour y essuyer une larme qui n’avait pas coulé, alors qu’elle lui rendait son sourire, empli sans doute d’un peu plus d’espoir que celui du roumain. « Mais pour l’instant, je pense que le monde peut bien continuer de tourner un peu sans nous. » Elle eut envie de l'embrasser. N'en fit rien. Et puis, soudain, le moment était passé. Passé, oui. Un acte manqué de plus à ajouter à la longue liste de leurs regrets à venir.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptyJeu 17 Déc 2020 - 13:26

Alors voilà, tout ça pour ça ? Tout ça pour quelques mots échangés sur un chemin de Hyde Park parce qu'ils avaient peur de se retrouver ensemble dans un lieu clos, tout ça pour s'échanger quelques mots aux sous-entendus puissants qui ne changeraient rien, pourtant, à la décision qu'ils avaient prise ensemble ? C'était décevant. Décevant que leur amitié ne soit plus qu'un simulacre d'une relation cordiale, où chacun de leurs gestes étaient teintés de l'affection de leur éphémère relation passée. Neo et Razvan avaient toujours été particulièrement tactiles ensemble, ce qui relevait du miracle puisque lui ne l'était généralement pas. Il ne l'était qu'avec les personnes qu'il aimait particulièrement, celles pour qui il avait des sentiments. Alors quoi, il avait toujours été amoureux d'elle ? Tous les deux n'avaient jamais reparlé de ce qui s'était passé dans cette armoire quand ils avaient quinze ans, pourtant ils auraient dû. Ils auraient dû et se seraient sans doute évités beaucoup de souffrances, beaucoup de malentendus, beaucoup d'actes manqués. Et pourtant, alors qu'il était avec elle dans cette allée quasiment déserte, Razvan voulait oublier que le reste du monde, de ses regrets existait. Il voulait oublier qu'il était un imbécile qui ne pouvait assumer ses choix parce qu'il n'était pas libre de les choisir. Sorcier asservi, il l'était jusque dans sa vie personnelle qu'il subissait alors qu'il mourrait d'envie d'aller plus loin avec elle, d'ignorer tous les avertissements qui planaient au dessus de sa tête. Il suivit passivement du regard la main de Neolina se poser sur lui et il eut l'impression que son cœur éclatait devant ce geste tendre qui voulait dire tant. Les mots, pourtant, il ne les comprit pas et pire, il eut l'impression qu'elle n'avait pas saisi l'importance de ce qu'il lui avait dit. Il ne comprit tristement pas parce qu'ils ne vivaient pas dans le même prisme et n'avaient pas la même philosophie de vie. Peut-être était-ce mieux. Mieux qu'il ne saisisse pas pour ne pas leur faire plus de mal quand bien même il souffrit énormément de ce qu'il entendit là. Razvan dû se faire violence pour ne pas poser sa main sur la sienne alors que celle-ci s'arrêtait sur sa joue.

Touché par ses paroles, pas dans le bon sens du terme pourtant, le contact de la main de la trentenaire semblait lui envoyer un message contradictoire et il ferma les yeux. Pour profiter de la douceur de sa main de laquelle il devrait se détacher parce qu'après tout, ils n'étaient pas faits pour être ensemble, non ? Elle ne l'aimait pas. Neolina ne l'aimait pas, se répéta-t-il avec encore plus de violence, quand bien même il était difficile pour lui d'admettre cela alors qu'elle caressait sa joue. Finalement, il rouvrit les yeux pour les poser dans ceux de son amie d'enfance. Il la rapprocha doucement de lui jusqu'à la coller contre son corps et abandonna sa bouche contre son front. Le baiser était à la fois glacé et vivant. « Je vais devoir y aller » lui dit-il en se détachant, « je suis de garde cette nuit aussi ». Mais se détacher d'elle était plus compliqué qu'il ne l'imaginait, tous les pores de sa peau et chaque parcelle de son corps ne voulait que profiter de la chaude présence de Neo contre lui. « Merci encore pour Mihaela. Et pour mon cadeau d'anniversaire » lui dit-il avant de réaliser qu'il avait finalement posé sa main sur celle de Neo pour la retirer à contrecœur de sa joue. « N'hésite pas à m'envoyer un hibou, peu importe la raison, si tu en as besoin » continua-t-il avant de détourner légèrement les yeux, gêné de toute cette fin de conversation, « j'y répondrai ». Toujours.

Lorsqu'enfin il réussi à se décoller d'elle, Razvan porta sa main dans la poche intérieure de son manteau pour en tirer un paquet de cigarettes. Il en fit glisser une entre ses lèvres avant de l'allumer avec un briquet. La nicotine ne soulagea pas le poids lourd qu'était désormais son cœur. Sans pouvoir s'en empêcher, il se retourna pour la regarder, le regard plein de regrets, avant de continuer sa route. Chacun de son côté.


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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptySam 19 Déc 2020 - 1:33

Le monde, tout comme le temps, n’existait peut-être plus à leur yeux. Mais ça n’empêchait qu’ils étaient bien réels, là, tout à côté, et les secondes s’égrenaient sans qu’ils ne puissent rien y faire. Neo aurait été bien incapable de savoir quelle heure il était, combien de temps s’était écoulé. Il lui semblait que ça ne faisait que 5 minutes, mais c’était certainement, et à raison, plus. Mais ça n’était pas assez, non, cela ne serait jamais en présence de Razvan, qui semblait lui échapper en ce moment, comme un animal sauvage qui se dérobait après une caresse. Peut-être la conversation était trop difficile. Sûrement même. Neo elle-même trouvait que c’était une torture et pourtant, elle n’était pas du genre à s’offusquer des mots, elle était même plutôt du genre à provoquer les discussions qui fâchaient. Pas vrai ? Ses escaliers s’en souvenaient. Et pourtant, oui pourtant, leur terrible malaise résidait dans le fait qu’ils avaient respecté cette ridicule promesse de faire comme si de rien n’était, et de tout sous-entendre plutôt que de parler clairement de ce qui c’était passé. Razvan le lui avait demandé et happé par l’instant, l’émotion, l’envie, le désir, la passion, Neo avait acquiescé. Comme une imbécile. Et sans doute parce qu’elle avait failli trop souvent à des promesses, elle essayait de tenir celle-là, et c’était l’idée la plus ridicule qu’on puisse avoir.

Ainsi donc, Razvan lui échappa, après lui avoir délivré un tendre baiser dont lui seul avait le secret, posé sur son front frais. Il y avait dans ce contact tout l’amour du monde semblait-il, si seulement elle s’en rendait réellement compte. Fermant les yeux, elle l’écouta s’échapper sans trouver quoi dire pour le garder près d’elle. Les mots ne venaient pas, c’était comme ça, et lui qui débitait son discours comme si c’était mécanique. J’y vais. Merci. N’hésite pas. Et puis déjà, il était loin que comme une idiote, elle n’avait rien dit, comme désarçonnée qu’un moment si doux puisse être interrompu si brusquement, convoquant des souvenirs de l’autre fois où elle avait cru tellement avant de redescendre sur terre avec une telle violence qu’aucune de ses nombreuses chutes ne lui avaient fait ressentir. Déjà, Razvan était loin, et elle n’avait rien dit, rien. Même pas au revoir, rien du tout, et elle le voyait s’éloigner, sentant en son for intérieur que c’était la dernière fois avant longtemps. Son ventre se réveilla et elle eut envie de s’assoir par terre, et ne plus bouger, attendre. Son regard ne pouvait, ne savait pas se décoller de sa silhouette, et c’est alors qu’il lui lança un regard rapide, fugace mais tout de même. Un regard.

N’écoutant rien d’autre que ce que tout son être lui disait, le corps de Neo s’activa tout à coup et elle s’avança à grands pas, pour essayer de rattraper ses longues foulées et réduire encore, oui encore, cette foutue distance. Trottiner était au-dessus de ses forces, mais par un certain miracle, sans doute dû au pas trainant du roumain, elle arriva à sa hauteur et l’attira à elle pour lui délivrer, dans un pur élan de spontanéité, un baiser qui arrangerait peut-être tout. Ou rien. Un baiser qui avait le goût du passé, du présent, de leur futur aussi, c’était tout ce qu’elle voulait, Merlin. Tout, et rien d’autre. Il y avait semblait-il sur les lèvres de Razvan la réponse à tout, la solution à tous leurs problèmes, et qu’il avait fallu attendre pour qu’enfin, enfin oui, il y ait l’un des deux qui ose ! Et où cela les mènerait-t-il, hein ? Là où l’imagination de Neo l’avait déjà conduite mille fois avant, rien de plus.

Car oui, rembobi-non.

[…] elle arriva à sa hauteur, son regard frôlant son visage et ses lèvres qui semblaient l'appeler sans qu'elle n'ose répondre pourtant. « Je peux t’accompagner ? » demanda-t’elle, espérant qu’il accepterait, qu’il comprendrait pourquoi elle ne voulait pas le voir partir comme ça, pourquoi c’était aussi déchirant qu’il lui tourne le dos ainsi. Au moins cette fois n’y avait-il pas de porte. Alors qu’il fumait sa clope, Neo eut furieusement envie de lui en demander une, mais n’en fit rien, ça non. Savait-il au moins qu’elle fumait quand elle était anxieuse ? Elle ne savait plus. Et puis, savait-il au moins qu’elle était anxieuse ? « J’en ai besoin. » se justifia-t’elle avec sincérité, faisant écho à sa dernière phrase. C’était la stricte vérité, et toutes les autres choses qui auraient pu expliquer son envie de faire un bout de chemin avec lui sonnaient faux. Celle-là au moins… « On ne sait jamais, si je tombe. » fit-elle tout foirer en une demie-blague qui décrédibilisait le trop sérieux sous-entendu derrière tout ça. Son rire presque sincère forma un nuage de vapeur devant elle, qui rappelait presque celui que Razvan venait de recracher avec sa cigarette. Sans doute auraient-ils pu occuper leurs bouches à autre chose. Sans doute, oui.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptySam 19 Déc 2020 - 11:41

Razvan avait toujours vécu, semblait-il, comme si on lui imposait des choix. Il n'avait aucune liberté, rien du tout, rien depuis plus de sept ans. Le roumain avait dû composer avec la mort imposée de sa femme - certes, comme beaucoup de personnes avant lui. Soit. Mais il avait aussi dû composer avec un exil forcé de son propre pays - et déjà, c'était moins courant. Mais soit ! Soit ! Comme si tout n'était pas suffisant, on lui avait imposé dans sa vie également l'originalité de devoir revêtir sa cape de tueur terrible et glacial, lui qui avait pour vocation de sauver des vies. Razvan n'avait jamais le choix, tout comme il n'avait pas eu le choix que de repousser Neolina de toutes ses forces, de lui dire en juillet qu'il valait mieux ne pas "gâcher" leur amitié. Quelques années en arrière et sans le chantage qui pesait sur sa tête, il n'aurait pas tenu ce discours-là du tout. Surtout pas, sans doute se serait-il enfermé dans le silence pour la laisser prendre une décision et faire mine d'être d'accord avec elle si ce n'était pas celle qu'il attendait. Ou peut-être même qu'il n'aurait pas su sortir de ce lit et qu'il serait resté collé contre sa poitrine pendant toutes les heures qui avaient suivi leurs ébats, c'était possible. Mais voilà, jusqu'au fondement de sa vie amoureuse, le roumain n'avait d'autre choix que de subir ceux qu'on lui imposait. Et cela fatiguait lentement mais sûrement son bien-être émotionnel, le conduisant nécessairement jusqu'à une dépression nerveuse. Ce tendre baiser sur le front qu'il s'était autorisé était déjà trop pour le pauvre homme qui s'échappa, comme un animal sauvage, de l'étreinte de la main de Neolina.

En Roumanie, Razvan ne fumait pas tant que ça. Il fallait bien dire qu'il fumait plutôt des cigares mais qu'il avait davantage le temps, à l'époque, de les fumer et surtout, moins de moyens pour s'en acheter. Là où les quelques gorgées de fumée n'étaient là que pour passer le temps, la clope était maintenant devenue pour lui un terrible moyen de ne pas perdre pied. Le médicomage s'enfonçait dans quelque chose qu'il savait être mauvais pour sa santé, mais après tout, c'était son problème, non ? Il était seul, rongé par la culpabilité et la solitude, ce n'était pas comme s'il était entouré. Cette terrible pensée égoïste ne lui ressemblait pas, lui qui paradoxalement, faisait tout pour que sa fille grandisse dans un environnement correct, sans lui. En s'éloignant de son amie d'enfance, donc, tout ce qu'il avait su faire, c'était de sortir un paquet de cigarettes pour digérer la rencontre avec elle. Le regard qu'il lui jeta, tant plein de regrets que plein d'espoirs au fond, ne dura pas bien longtemps, probablement assez pour qu'elle le voit. L'inconscient de l'homme semblait la supplier de le rattraper, de le forcer à regarder la vérité en face, parce qu'il n'en était pas capable pour des raisons qui le dépassaient, lui. Razvan était las de cette existence qu'il subissait. Épuisé. Éreinté. Le roumain avait fait plusieurs mètres déjà avant que la voix de Neolina le happe en même temps qu'un bien triste espoir. Dis moi que je ne suis qu'un imbécile. Dis moi que la décision que j'ai imposé est débile. Dis moi qu'on ne peut pas continuer comme ça. Dis moi...

Mais non, la jeune femme ne lui dit aucune phrase de ce genre. Rien du tout. Et Razvan étant Razvan, il ne comprit pas ce qu'elle espérait sans doute qu'il comprenne, ne vit là que la représentation de la prolongation d'une torture qui lui dévorait tout l'être. « Bien sûr » lui dit-il pourtant alors que son cœur lui hurlait le contraire, consumé par les cendres que Neo soufflait avec violence. Elle en avait peut-être besoin, pas lui. Enfin, si, il en avait besoin, d'une certaine façon. Mais prolonger la torture pour le simple fait de la prolonger, il n'était pas certain que ce soit une bonne idée. Le médicomage se rassura en se disant qu'ils se sépareraient sans doute devant son immeuble puisqu'ils habitaient proches l'un de l'autre. Ou bien peut-être à la sortie du parc, si elle avait à faire. Tirant une taffe, il lui tendit la cigarette, invitation tacite à tirer une gorgée sur la sienne. Neo fumait peu, voire pas, il le savait bien. Pouvait-on dire qu'ils étaient assez proches pour qu'il se permette quelque chose de si intime ? Est-ce qu'il en avait seulement quelque chose à faire alors que son seul désir était de glisser sa main dans la sienne comme elle l'avait fait plus tôt, pour la lui serrer et laisser s'exprimer tout le désespoir qui l'envahissait ? La plaisanterie de la sorcière ne lui arracha pas un rire. Razvan était redevenu Razvan le mutique. Il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait dire pour engager la conversation sans que tout ne paraisse bizarre. Il ne savait pas comment réagir, comme un monstre au milieu d'un cirque qui voit les acclamations devant son propre physique sans savoir ce qu'il avait de drôle. Il ne savait pas quoi faire. Avant, les silences entre eux n'étaient jamais jamais lourds, mais depuis cet été ils étaient empreints de regrets, de tourments, de malaise. « Il y a quelque chose de particulier dont tu souhaitais me parler ? ». La phrase avait franchi la barrière de ses lèvres avant qu'il ne puisse réfléchir et l'en empêcher et le roumain se maudit d'une pareille erreur en redoutant ce qui viendrait par la suite. Il ajouta, comme pour adoucir les choses, comme pour lui dire qu'il y avait quelque chose dont il ne voulait surtout pas parler qu'il préférait qu'elle n'évoque pas : « Enfin, tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? ». Peut-être venait-il de s'enfoncer tout compte fait. Razvan finit sa cigarette avant de la faire tomber à ses pieds pour l'écraser. Une autre viendrait bien assez tôt de toute manière.


(991)

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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptySam 19 Déc 2020 - 19:58

Il pouvait se jouer bien des choses dans un simple silence. D’ordinaire, Neolina le comblait avec aisance, trouvant toujours quelque chose à dire, à exprimer, elle qui n’avait aucun mal à faire part de ce qu’elle pensait ou ressentait. Mais cette fois, les choses étaient bien différentes, et elle craignait tellement d’empirer la situation qu’elle regretta presque de prolonger l’instant. Mais Razvan, la connaissant toujours sur le bout des doigts, lui tendit les siens et l’invita à prendre sa propre cigarette. Ce qu’elle fit sans réfléchir, frôlant sa peau une fraction de seconde avant de porter, fébrile, le filtre légèrement humide à ses lèvres. La fumée envahit sa bouche, un peu sa gorge aussi, mais elle ne savait pas fumer correctement. Toussotant un peu, comme une gamine qui crapotait, elle la lui rendit sans un mot avant de recracher la vapeur nocive dans l’air, nuage qu’elle traversa la seconde d’après.

Le silence qui les entourait était aussi lourd que les secrets qui leur pesaient sur la conscience. Mais après tout, la simple présence de Razvan à ses côtés lui suffisait, du moins s’en contentait-elle. C’était mieux que rien, non ? Peut-être. Elle en avait besoin, elle le lui avait dit d’ailleurs. Besoin de lui dans sa vie, c’était indéniable, même s’il pensait peut-être à tort ne plus pouvoir en faire pleinement partie, mais il se trompait. Fallait-il le lui dire pour qu’il le réalise ? Mais pour ça, il fallait en avoir la force. La dernière conversation qu’elle avait provoquée, non, les deux dernières, s’étaient achevés par des larmes, des drames et elle n’était pas tellement prête à en affronter un troisième. Même si ce moment était empli de non-dits, au moins était-il paisible ou presque. Une étape nécessaire sur le chemin du retour à la normale, si une telle chose était possible.

Et contre toute attente, Razvan brisa le silence avec une sorte de provocation à laquelle elle n’était pas préparé. Pourquoi diable lui disait-il ça ? Pourquoi ? Avait-il besoin d’entendre ces choses qu’il n’osait pas dire, lui qui avait pourtant demandé à ce qu’ils fassent comme si de rien n’était ? Neo retint son souffle, comme pour s’empêcher de prononçer ce qui lui brûlait la langue. Bien sûr qu’elle en avait, des choses à dire. A lui dire. Mais elle doutait de réellement pouvoir le faire sans que leur amitié désormais bancale ne s'en trouve détruite. Mais trop tard. Razvan avait en quelque sorte ouvert la boîte de Pandore, et Neolina ne savait pas ce qui allait en sortir ou du moins, comment cela allait en sortir. « Je sais. Enfin… » La vapeur qui sortit de sa bouche forma presque les points de suspension dans l’air frais, alors qu’elle n’osait même pas vraiment le regarder. « Tu as demandé à ce qu’on en parle pas. Et regarde où cela nous a mené… » À une déclaration, un soir qui aurait pu compter, dans une triste cage d’escalier. À une fuite, des paroles difficiles à entendre, un poids considérable pour leurs deux âmes.

Alors qu’ils étaient à nouveau au niveau de l’arche, le point de départ de cette étrange soirée, Neo posa sa main sur son bras en s’arrêtant, l’intimant à suivre et stopper ses pas à son tour. Quitte à lui dire les choses, ça ne se ferait pas en marchant. Elle chercha ses yeux dans l’obscurité renforcée par l’ombre du monument. « Je sais que c’est impossible, Razvan. Peu importe tes raisons, j’ai moi aussi les miennes. » Toutefois, Neo ignorait à quelle point les siennes justement étaient bien dérisoires par rapport à celles du médicomage. « Mais mon meilleur ami me manque. Cruellement. J’ai l’impression de t’avoir perdu et je ne peux pas, je ne veux pas… » Le reste de la phrase ne vint pas, car elle luttait fermement pour ne pas pleurer, et c’était déjà bien difficile. Imaginer ma vie sans toi.
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MessageSujet: Re: Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS Nos froides soirées d'hiver (La PLS) | CLOS EmptySam 19 Déc 2020 - 21:10

La volonté se trouvait parfois vite ébranlée par la terrible réalité qui s'imposait. Razvan n'avait pas demandé à ce qu'ils n'en parlent plus pour empirer les choses, au contraire. Il avait voulu ne plus parler de ce qui s'était passé cette après-midi là pour qu'ils ne souffrent pas, pour que leur amitié ne soit pas "gâchée" pour reprendre ses termes. Il tenait à sa meilleure amie comme dans des temps anciens, il tenait à sa femme. Neolina était la personne la plus importante de sa vie, peut-être après sa fille. Et encore. Cette promesse qu'il lui avait arraché au profit d'un énième moment volé, il l'avait arraché en pensant sincèrement que tout irait mieux après. Le roumain ne pensait pas, à l'époque, que son attachement envers elle était si puissant, si dévastateur, aussi. Il avait naïvement cru qu'il tournerait vite la page, que leurs ébats n'étaient que la traduction d'un besoin émotionnel et physique, pas celle d'un amour profond. Et pourtant, pour lui en tout cas, c'était ce qu'il ressentait. Le médicomage avait mit du temps à comprendre et du temps à accepter. Faire changer son amie de la case meilleure amie à celle de femme pour laquelle il avait des sentiments, c'était dur, bien dur. Ils s'étaient toujours réjouis d'avoir fait détourner les pronostics, ils s'étaient réjouis de prouver que l'amitié fille-garçon, c'était possible. L'était-ce réellement finalement ? Mais quand bien même il ressentait pour elle de tendres sentiments, Razvan voulait s'assurer qu'elle comprenait bien qu'il serait toujours son ami. Toujours, toujours, quand bien même il souffrait, quand bien même il avait lâchement tenté de couper les ponts avec elle. Il se rendit compte alors que la voix de Neolina lâchait un "enfin" à peine soufflé combien il avait été rude avec elle ce soir-là. Partir comme il l'avait fait, rongé par la colère. Il eut un sentiment étrange et diffus qui grandit dans son cœur à ce moment-là. Comme une espèce d'angoisse virulente. Razvan ne supportait pas de blesser les autres, surtout pas les gens qu'il aimait. Et diable, il l'aimait tellement. Il entendit à peine la phrase qui suivit bien qu'il savait le sujet de conversation. Incapable de dire un mot, bouche close, il continuait le chemin en sa compagnie, l'esprit ailleurs.

Il avait été horrible de s'en aller de la sorte, encore plus de ne pas lui répondre pour la lettre de son anniversaire. Razvan avait eu un comportement infect. Et pourtant, Neolina l'avait attendu devant l'hôpital, Neolina lui avait gentiment proposé de porter un cadeau de sa part pour sa fille. Neolina, contrairement à lui, était restée disponible, à l'écoute aussi. Comme une vraie amie. L'horreur de son propre comportement lui monta à la gorge et il l'écouta, sans rien dire, interdit. Arrêté à côté d'elle, comme soumit à la volonté de la roumaine, il l'écouta, en détournant les yeux comme le lâche qu'il était au fond de lui. Il eut l'impression que des trémolos parcouraient sa voix et il était le seul responsable de cela. Responsable par la promesse qu'il avait obtenu dans un moment de faiblesse - bien que ce n'était pas calculé, du tout - responsable aussi par son propre comportement à la suite. « J'aimerais pouvoir te donner des explications, mais je ne le peux pas » lui dit-il d'un ton douloureux. Neolina ne pouvait pas savoir combien il voulait s'excuser pour cette décision qu'il avait presque imposée. Doucement, comme si la roumaine était une poupée de porcelaine, le médicomage l'attira à lui pour la serrer fort dans ses bras, de cette étreinte réconfortante qu'il donnait toujours lorsque l'autre allait mal. Razvan ne voulait pas qu'ils se quittent sur une telle détresse, il ne voulait pas qu'elle aille mal par sa faute. Il voulait qu'elle se sente bien, quand bien même son coeur avait éclaté. Parce que non, apparemment ce n'était pas parce qu'elle ne le voulait pas, qu'elle n'était pas avec lui. C'était parce qu'elle ne le pouvait pas. Et aussi horribles fussent leurs destins, au moins, cela ne relevait pas d'eux. Savoir que tout relevait peut-être de forces supérieures contre lesquelles ils ne pouvaient aller lui faisait curieusement du bien. C'était terrible, certes, mais ça l'était moins que de savoir que les sentiments n'étaient pas partagés. Alors qu'il la tenait dans ses bras, Razvan ajouta : « Je sais que j'ai eu un comportement lamentable à ton anniversaire. J'en suis désolé, vraiment » commença-t-il, profondément sincère, « mais tu resteras toujours mon amie d'enfance ». Le roumain commença à la bercer, doucement, alors que sa tête était posée sur la sienne qu'il maintenait doucement contre lui : « tu resteras toujours la personne la plus importante de ma vie et la relation la plus profonde pour moi ». Il n'était jamais très expansif dans ses paroles, Razvan avait toujours tendance à faire de sobres déclarations par les gestes. Là, Neolina obtenait les deux, quand bien même les regrets massacraient son coeur : « Tu ne m'as pas perdu, j'ai juste besoin... » - il s'arrêta quelques instants, le coeur lourd, ne sachant pas s'il devait finir correctement sa phrase, ou non - « j'ai besoin de temps ». Il s'était dégonflé. Il aurait voulu lui dire qu'il avait besoin de temps pour oublier ses sentiments, qu'il avait besoin de temps pour aller mieux, besoin de temps pour passer à autre chose, sachant, de toute manière, qu'il n'y arriverait pas. Mais il s'était dégonflé. Comme d'habitude.


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Le poison des remords

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