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Le temps des silences | BILLIE

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Ronan Malone

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COTÉ DU MAL
La méchanceté s'apprend sans maître.

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MessageSujet: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptySam 9 Jan 2021 - 20:45

Ronan vivait un étrange, étrange début d'année. L'américain avait passé son noël avec sa sœur Esmee, laquelle vivait à Londres, où ils avaient tous les deux pu échanger, complices comme lorsqu'ils étaient enfants. Esmee avait toujours été la personne de la famille qu'il avait préféré. Marlon était bien gentil, mais ce n'était pas elle. Esmee le comprenait, Esmee savait ce qu'il y avait à savoir sur lui et lui parler sans craindre de jugement lui faisait du bien. Alors oui, Ronan avait passé de bonnes vacances de noël. Pourquoi, dès lors, ressentait-il ce creux dans son cœur ? Pourquoi ressentait-il un manque qu'il ne s'expliquait pas mais qui puisait sa source dans le fin fond de son corps pour lui rappeler qu'il était là ? Pourquoi n'arrivait-il pas à profiter, réellement, de ces fêtes de fin d'année ? La réponse lui vînt par courrier, finalement, courrier enflammé d'une amante qui l'était tout autant. Et la sensation qui lui parcouru le corps à la lecture de ce morceau de papier valait plus que n'importe quelle décharge.

Remonté comme une horloge, Ronan avait relu trois fois le parchemin, pour le plaisir non seulement de lire son écriture mais aussi de reparcourir ses mots. Billie Reed lui manquait lorsqu'elle n'était pas dans les parages, autant dire de ce fait qu'elle lui manquait souvent. L'américain ressentait un attachement bestial pour elle, il savait bien pourquoi il réagissait comme cela. Et là où il appréciait généralement ses comportements parfois un peu sauvages, cet étrange besoin de toujours la voir, de toujours la sentir, lui donnait du désarroi. Il n'avait pas parlé à Esmee de ses petites aventures avec une femme mariée. Cela ne causait-il pas assez de problèmes, au point qu'ils doivent se voir dans un hôtel ? Mais l'impatience de la retrouver effaçait aisément l'agacement que la situation faisait naître au fond de lui. Ou bien était-ce, terriblement, de la jalousie...?
Au jour indiqué par la lettre de Billie, Ronan se rendit bien entendu à l'hôtel indiqué. Ce serait mentir que de dire qu'il n'avait pas fait attention à sa tenue. Exit son bleu de travail ravagé par la peinture, l'américain avait pris un soin tout particulier à enfiler une chemise bien blanche et une veste bien noire au dessus d'un pantalon de la même couleur. Comme pour le reste, Ronan s'était même payé le luxe d'un éclat de parfum sur la peau de son cou. Il arriva avant elle, chose dramatique qui lui permettait terriblement de cogiter, impatient, aussi il l'était. Elle n'avait pas donné d'heure aussi ne savait-il pas s'il devait se fier aux pas qu'il entendait parfois dans le couloir. Ronan n'avait pas retiré sa veste mais avait monté un peu le chauffage de la chambre, comme s'il n'avait pas lui-même assez chaud comme cela. Pourtant, elle restait dans le noir. A quoi bon allumer la lumière, de toute manière ? La clarté du dehors encadrait sa silhouette élégante. S'il avait été l'oeil extérieur qui l'avait vu, il aurait trouvé un charme à cette carte postale et se serait proposé de l'immortaliser, sans doute. Oui, mais voilà, il était l'acteur de la carte postale. Posté devant la vitre, debout le dos bien droit, les mains croisées dans le dos, il regardait Londres d'un air pensif, ses pensées déraisonnablement tournées vers cette femme dont il ne pouvait curieusement plus se passer sans pouvoir se l'expliquer.


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Billie Reed

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Ce n'est pas la magie qui fait qu'un être est magique.

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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyLun 11 Jan 2021 - 21:50

Billie n’était pas le genre de femmes à prendre des vacances. La crainte de s’ennuyer prenait souvent le pas sur le besoin de mettre son corps, et son esprit, au repos. Mais voilà, Noël était arrivé, et Aidan avait proposé qu’ils partent, cette fois-ci en Grèce plutôt que dans leur résidence espagnole. Les années précédentes, elle avait refusé, toujours. Était-ce la culpabilité qui cette année l’avait fait céder ? Car oui, sortir Ronan Malone de sa tête était un exercice compliqué et ces derniers temps, Billie avait tout autant délaissé son mari que l’inverse était vrai. Mais elle l’aimait, pourtant. Dieu seul savait qu’elle l’aimait, vraiment. Ces vacances étaient sans doute l’occasion rêvée pour elle de renouer un peu avec cet homme qu’elle avait l’impression de perdre. Alors Billie avait cédé, et un Portoloin plus tard - quelle horreur, cette sensation… - le couple Reed s’était retrouvé sous le soleil grec. Retrouvé, oui, c’était le mot parfait. Loin de son atelier, de Londres, Aidan avait été l’homme le plus charmant qui soit. Face à la mer, dans la somptueuse villa que son mari avait louée, ils avaient fait l’amour avec l’insouciance et la passion de leurs débuts. Ainsi, donc, il semblait que Billie n’avait pas emmené Malone dans ses valises, et avait laissé jusqu’aux souvenirs de son amant à Londres. Du moins, c’était ce qu’elle croyait.

Après une première semaine digne d’une lune de miel, une tempête s’était abattue sur l’île. Impossible de sortir et cloîtrés, en tête à tête, le couple Reed s’était retrouvé cette fois à court de conversations. Sympathiser avec les voisins fut un échappatoire certain pour le sorcier, et Billie retomba dans ses vieux démons, s’enquérant de ses dossiers à coup de hiboux longue distance. Comment était-ce possible ? Comment tout ça avait pu dégénérer si vite ? L’image du séduisant peintre ressurgit bien vite, trop sûrement, et entre deux courriers professionnels, Billie ne sut résister à la tentation d’écrire à l’homme qui se languissait peut-être d’elle à Londres. Peut-être. L’incertitude la rendait folle. Et s’il s’était lassé de ne plus la voir ? Elle ne l’avait pas prévenu de son départ, pourquoi l’aurait-elle fait ? Il lui manquait, c’était indéniable, et son sourire se superposait parfois à celui d’Aidan quand il daignait lui en adresser un.

Lettre coup de tête donc, rendez-vous indécent, attente insupportable. Le baiser échangé au jour de l’An lui sembla bien fade en comparaison de ceux que lui délivraient l’artiste. Et enfin, le supplice s’acheva, retour dans la capitale, retour au travail, à la vie quotidienne. Mais savoir qu’il était désormais dans la même ville qu’elle l’apaisa, un peu, et elle lutta toute la semaine pour ne pas débarquer dans son Atelier. L’hôtel, c’était une nouveauté, bien déraisonnable d’ailleurs, cliché au possible, l’infidélité à son paroxysme. Et pourtant, le samedi arrivant, Aidan disparut dans son antre à peine levé, et l’impatience de Billie lui brûla le ventre toute la journée. Elle prit un temps infini à se préparer, revêtant une robe noire qui ne convenait pas aux températures londoniennes, bordant ses lèvres d’un rouge à lèvre bordeaux provocant, se transformant en une femme fatale pour un homme qui, elle le savait, saurait pleinement apprécier ses efforts à sa juste valeur.

Big Ben sonna dix-sept heures quand elle entra dans le hall de l’hôtel, horaire parfait pour ce qu’on appelait vulgairement un cinq à sept. Deux heures seulement, ça ne suffirait pas. Alors qu’elle se dirigeait vers le comptoir, Billie fut prise d’une angoisse. Et s’il ne venait pas ? Et s’il était passé à une autre ? Le réceptionniste calma le rythme effréné de son coeur en lui donnant la clé, confirmant que Monsieur Malone l’attendait. Les palpitations furent bien différentes alors que dans l’ascenseur, elle glissa son alliance dans sa pochette, maudissant la cabine pour sa lenteur. D’un pas félin, décidé, le bruit de ses talons étouffés par la moquette, elle trouva la chambre et ouvrit sans frapper. Le spectacle était à la hauteur de l’attente.

Dans son superbe costume, Ronan était dos à la fenêtre, parfait contre-jour digne d’une de ses oeuvres, peut-être. Elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle savait, c’était que son corps l’appelait, ressentait le besoin physique de sentir sa peau contre elle. Là où elle s’était imaginée maîtresse fatale, joueuse presque, à dégainer une réplique digne des plus mauvais films du genre, Billie ne trouva rien à dire - un comble. S’il s’était retourné, elle aurait cédé, certainement, et aurait parcouru les quelques mètres qui les séparaient pour sceller leurs retrouvailles d’un baiser passionné. Mais il n’en fit rien, et aussitôt, la fierté de Billie reprit le dessus. Hum… Il la rendait folle, déjà. « Aussi sublime soit ta nuque, cette robe est faite pour faire tourner les têtes. » dit-elle en faisant quelques pas vers lui, laissant tomber son long manteau fourré au sol, dévoilant ainsi ladite robe. Ce fut un supplice de ne pas avancer plus, mais voilà. Billie, trop souvent, avait fait le premier pas. Si Ronan la désirait, il allait devoir y mettre un peu du sien.
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyLun 11 Jan 2021 - 22:12

Le temps s'étirait, semblait-il, de manière infinie. Ronan n'était pas du genre à attendre pendant des heures une personne, une femme, avec qui passer un bon moment parce qu'il était de ceux qui pensaient que cela lui faisait perdre du temps. Les jeux dangereux auxquels se livraient parfois les amants n'étaient pas sa tasse de thé. En général. Et quand Billie Reed n'était pas dans l'équation. Cette personne parvenait à tirer les plus stupéfiants actes de la part de cet homme qui se considérait comme quelqu'un de solitaire, tourné vers lui-même - ça lui prenait déjà assez de temps comme cela, pourquoi s'occuper de quelqu'un d'autre ? Oui mais voilà, Billie avait déboulé dans sa vie comme un boulet de canon, elle avait percé sa muraille et il se trouvait, vaincu, défait, face à une vitre qui lui renvoyait à la perfection son reflet. Le regard noisette de l'américain qui était lointain se fit plus présent et il regarda le visage renvoyé par la fenêtre. Un sourire un peu ironique se posa sur ses traits harmonieux alors qu'elle s'avançait un peu. L'ego surdimensionné de Ronan n'attendait que cela qu'elle comble la distance, admette sa faiblesse, se jette sur lui comme il rêvait qu'elle le fasse pour qu'ils scellent dans ce lit les retrouvailles éclatantes auxquelles il avait pensé pendant tout ce temps. Ne pas recevoir de lettre de sa part l'avait dérangé, il n'en avait envoyé aucune, bien qu'un brouillon avait été abandonné dans son Atelier. Il avait hésité à la lui envoyer, se disant, méchamment peut-être, que si son époux tombait dessus ce n'était pas son problème. Enfin, pensait-il... Billie serait sans doute furieuse et ne lui parlerait guère plus, là où il voulait encore qu'elle lui parle et encore qu'elle l'embrasse. Foutue sorcière. « Il se trouve que je vois parfaitement bien ta belle robe dans le reflet de cette vitre » répondit-il d'un ton malin, toujours en adressant un sourire narquois à ce reflet qu'il voyait si bien. Il se passa négligemment une main dans les cheveux, il avait appris depuis longtemps que souvent, les femmes appréciaient cela. La désinvolture, comme s'il n'en avait pas assez, était encore plus visible là. « Je vois aussi très bien le bordeaux sur tes lèvres » continua l'Artiste, les mains toujours croisées dans le dos. Il ne bougeait pas. Il voulait attendre. Il voulait qu'elle vienne à lui parce que c'était lui qui l'avait attendu pendant des jours et des jours avant de recevoir enfin une lettre de sa part. Ronan lui en voulait sans doute un peu de tant d'ignorance, eux qui avaient passé pourtant du temps ensemble, du bon temps, espérait-il. Peut-être n'en était-ce pas pour elle, peut-être qu'elle ne faisait qu'entretenir un adultère pour se donner l'impression d'exister, allez savoir. En avait-il réellement quelque chose à faire...?
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyLun 11 Jan 2021 - 23:25

D’abord, l’Atelier. Billie avait poussé la porte sans frapper, confronté l’artiste, et la tension était née en moins de temps qu’il ne fallait pour dessiner le premier trait sur une toile. Puis, son bureau, où c’était elle qui l’avait attiré à ses lèvres, cédé à ses pulsions, à leur envie commune. Et puis à nouveau irruption dans son Atelier, une fois, deux fois, et elle avait arrêté de compter. Billie avait cette impression d’être à la merci de Ronan, de lui être soumise sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Ce foutu hibou qu’elle lui avait envoyé, se battant contre la tentation, échouant, évidemment. Mais l’échec n’était pas dans ses habitudes. Dire qu’elle se sentait perdue était bien loin de ce qu’elle ressentait réellement.

Alors oui, bêtement, elle avait pensé qu’il arrêterait un temps son cinéma, sortirait de son rôle d’artiste ténébreux pour l’accueillir comme il se devait, mais non. Ronan était passé maître dans l’art de provoquer l’assistance, disait-on, le public même parfois, et Billie ne faisait pas exception à la règle. Elle apercevait vaguement son reflet, la lumière ne jouant pas en sa faveur, alors que lui se délectait de la situation, c’était insupportable. Ainsi donc, après les étreintes de la fin d’année, ce lâcher-prise certain, la distance qu’elle avait imposée semblait avoir remis un mur invisible entre eux. Bien sûr, c’était un jeu et elle le savait. Sinon, il ne serait pas là. Et aussi séduisant soit-il, aussi excitant soit ce petit échange, Billie refusait d’être à nouveau celle qui franchirait le pas. Elle ignorait la teneur de leur relation, refusait même d’y apposer une étiquette, mais chaque moment passé avec lui la définissait malgré eux. Hors de question qu’il gagne cette fois, il en allait aussi de la fierté de l’anglaise. Les egos monstrueux des deux amants semblaient s’affronter en silence, alors qu’elle ne répondit pas tout de suite à sa provocante remarque. Son regard d’artiste avait accroché la couleur, comme elle s’y attendait. Un appel pour ses lèvres, qui se refusaient à lui dans une attente douloureuse. Bien monsieur Malone. Puisqu’il en était ainsi…

Billie s’avança jusqu’à atteindre le lit, un peu plus loin de lui, et s’y assit en posant les mains en arrière, ses longs cheveux ondulés tombant un peu sur le couvre-lit luxueux.. « Tu peux embrasser cette vitre, si ça te suffit. » Elle aurait pu s’arrêter là, mais un sourire naquit sur ses lèvres qui n’en pouvait plus de son comportement vaniteux. « Après tout, nous n’avons que quelques heures. Si c’est comme ça que tu comptes les occuper, et bien… » Elle croisa les jambes, mouvement qui révéla un de ses bas en relevant un peu sa courte robe. Il voulait la rendre folle ? Elle savait aussi faire. « Je trouverai moi aussi un moyen pour m’occuper…. » Ce serait là dommage de payer une chambre pour s’adonner à un plaisir qu’elle pouvait s’octroyer chez elle. Mais puisque Ronan ne fonctionnait qu’à la provocation, et bien… Il allait être servi.
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMer 20 Jan 2021 - 0:01

La dynamique de la relation entre Billie et Ronan était fort particulière. Piquante. Instinctive. C'était sans doute pour cela qu'elle lui parlait autant. Billie devait s'adresser à son instinct animal plus qu'autre chose, ce n'était pas possible autrement. Ne pas arriver à se sortir un femme de la tête - aussi délicieuse fut-elle - relevait soit de la magie, un amortancia ou quelque chose du genre, soit de quelque chose de plus profond. Mais voilà, la profondeur de ses sentiments lui faisait peur. Ronan ne s'abandonnait pas à eux, alors qu'il ressentait intensément les choses. Ronan marchait à l'instinct, et n'était-ce pas tout le sens de leur relation ? Quelque chose qui n'avait pas de sens, intense, volontaire. La manière dont elle s'assit, il le vit très bien dans la fenêtre. Diable, cette femme savait y faire avec les instincts des hommes. Pas très étonnant, vu son agréable physique, aussi. Les phrases de l'Anglaise résonnaient agréablement dans ses oreilles. Non seulement parce qu'elle lui répondait. Mais aussi parce que précisément, que leur entrevue soit presque minutée y donnait beaucoup de charme, en tout cas, trouvait-il. Après tout, ils ne pouvaient pas se voir très souvent. Ils étaient pressés par le temps, les emplois du temps, la famille... Un nouveau soupçon de jalousie illumina brièvement le regard de Ronan qui la fixait toujours dans la vitre. « J'ai attendu bien longtemps » lui dit-il d'un ton provocant avant finalement, de se retourner pour la regarder dans les yeux, « c'est douloureux, non ? ». Et il s'en délectait, en plus de cela. Il n'était pas un objet que l'on appelait à sa convenance. Aussi insupportable fut-il, Ronan s'en voulait d'être à son service, voilà. Primitif, ça ne le dérangeait pas de l'être en général. Mais là... Ça défiait les sens.

Il s'approcha doucement d'elle d'une démarche plus féline qu'on ne pourrait l'attendre venant d'un loup-garou. « Ce serait bien dommage qu'on trouve chacun un moyen de s'occuper, tu ne crois pas ? » fit-il en levant un index qu'il fit glisser sur la peau douce de la joue de Billie. Il eut tout le loisir de laisser ses yeux caresser ses lèvres pleines mises en valeur par ce bordeaux très beau. Les couleurs lui donnaient presque plus chaud que le reste. Alors, allait-il se baisser pour l'embrasser ? La relever ? La faire tomber sur le lit ? Tous les scénarios semblaient se succéder dans sa tête sans qu'aucun ne soit réellement satisfaisant. Il voulu asséner une nouvelle provocation en lui demandant si elle avait passé de bonnes vacances, mais au fond, peut-être qu'il espérait qu'elle en ait passé de mauvaises. Qu'il ait assez hanté ses pensées comme elle l'avait hanté. Mais voilà, il était faillible. Comme beaucoup d'hommes. Ronan se pencha pour lui prendre les lèvres d'un bien chaste baiser qui ne lui ressemblait pas le moins du monde, avant de se relever, en glissant une main dans sa poche, l'air presque ennuyé. Alors, se relèvera, se relèvera pas ?


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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMer 20 Jan 2021 - 23:20

Cet homme la rendait folle. Folle, oui. C’était pure folie que de mettre en danger un mariage qui tenait depuis bien longtemps pour les beaux yeux d’un artiste imbuvable. Pour des désirs passionnels. Billie s’efforçait tant d’être raisonnable, exemplaire. Avait longtemps jugé l’attitude déplorable de ses collègues adultères, qui couchaient à droite à gauche sans même s’en cacher. Billie les trouvait faibles, et dans son spectre de femme, n’avait envisagé la chose que parce que c’était une fois de plus un cliché masculin perpétré depuis des millénaires. Un homme qui se comportait de la sorte, c’était un Dom Juan. Une femme par contre… Le mot était bien moins élégant. Et c’était un mot que désormais, on pouvait employer pour la qualifier. Et ça la rendait malade.

Parce que oui, il la rendait folle, mais pas seulement de désir. C’était un mélange de bien de sentiments, forts et un peu contradictoires parfois, parce qu’il l’exaspérait autant que… oh, autant que quoi Billie ? Mieux valait ne pas répondre à ça. Et là, clairement, il l’exaspérait. Sa théâtralité avait son charme parfois mais là, c’en était trop. Ce qu’il sous-entendait était blessant, sans doute même le faisait-il sciemment, et c’était inacceptable. Elle était tout de même celle qui prenait tous les risques dans cette relation, elle était celle qui était tiraillée entre deux hommes. Alors oui, la douleur, elle connaissait. Lui, il avait l’attente mais elle, elle se sentait prise entre deux feux, ne savait pas quoi faire, quoi dire, pour que ça s’arrête. Il faudrait d’ailleurs que ça s’arrête, et ce petit jeu malsain lui en donnait la preuve. Elle ne pouvait décemment pas continuer à se donner corps et désormais âme à un homme qui la traitait de la sorte. Au moins Aidan la respectait, à défaut de la toucher.

Elle eut envie de se lever. L’approcher. Le gifler et partir, sans se retourner, ne plus jamais lui écrire, ni pousser la porte de ce maudit Atelier. Mais elle resta assise, tremblant de rage, incapable de savoir réagir, elle qui savait pourtant si bien se maîtriser en temps normal. Mais plus rien n’était normal non, rien. Son coeur n’était pas fait pour être scindé en deux comme ça et ça faisait mal. Mal comme ce baiser qu’il délivra en répondant à sa provocation, un baiser bien trop tendre après ce qu’il avait osé lui asséner. Elle n’y répondit pas d’ailleurs, suivant son visage du regard alors qu’il se redressait. Ronan Malone voulait jouer mais Billie, elle, n’en avait plus la force. Pas alors qu’une fois encore, elle cédait à ses impulsions, et perdait la partie face à elle-même, à sa part lumineuse qui se recouvrait d’ombre. Il était insolent, et au fond d’elle, elle aimait ça. Mais il y avait des limites à ne pas franchir et cette fois peut-être avait-il été trop loin. Elle se leva, gracieuse, déterminée, les yeux farouchement plantés dans les siens alors qu’elle approchait ses lèvres des siennes. « Puisque l’attente te parait aussi insoutenable, tu n’as qu’à provoquer ta chance, au lieu de me provoquer, moi. » Son ton était sec, et n'invitait à rien d'autre qu'à se taire en retour. L’instant d’après, elle se détournait de lui pour rejoindre la salle de bain de sa démarche chaloupée, sans qu’elle ne la force vraiment. Claquant la porte, elle maudit silencieusement ces fichus sorciers et leurs sorts qui verrouillaient les portes ! Elle ne pouvait s’enfermer, s’isoler, rien. Alors, penchée en avant sur le rebord du lavabo, les yeux clos, elle offrit au miroir une vue qui aurait pu plaire à son impatient amant, s’il n’avait pas été aussi dur avec elle. S’il ne l’avait pas autant blessée. Car oui, même les femmes comme elles pouvaient souffrir, même si elles n’en montraient jamais rien.
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyDim 14 Fév 2021 - 22:16

Ronan n'était guère très étranger aux coups d'éclats pour avoir l'habitude d'en provoquer. Il aimait pousser à bout, ce vice de son caractère l'avait mené à la renommée d'une activité pourtant de laquelle il était bien difficile de percer. Mais que ce soit en affaires ou en relations personnelles, l'Américain se plaisait à provoquer. Toujours plus, toujours plus fort, voir de quel côté de la barrière l'autre en face allait finalement tomber. C'était sans doute un travers qu'avaient les gens qui se plaisaient à pousser les autres au suicide - mais Ronan n'en était pas (encore) là. Quoiqu'il en soit, il savait l'effet de ses petites phrases sur Billie Reed. Il savait qu'elle avait du caractère, du répondant, de la fougue et surtout, de la fierté. Autant que lui, sinon plus. Sans doute ne se rendait-elle pas compte qu'alors qu'elle se faisait dorer la pilule quelque part, lui était resté dans ce temps ombrageux tout londonien. Elle devait sans doute avoir l'impression qu'il était à son service et sa présence ici montrait bien qu'au fond, c'était un peu le cas. Malone était autant soumis à lui-même qu'au charme de cette femme de laquelle il arrachait difficilement son regard. Et ça le tuait, lui, le loup solitaire, d'en arriver là. Billie venait de lui asséner un bien violent uppercut qui, il fallait bien l'admettre, l'ébranla. Il la regarda s'enfuir dans la salle d'eau, furieuse, alors que planté comme un piquet, il n'avait pas bougé d'un pouce. Son regard sombre s'était accroché au dos de son amante qui trompait si allègrement son mari. Il aurait pu jouer sur cette corde sensible si toutefois il n'avait pas eu peur de la perdre pour de bon. Peur, oui. Pas de ces peurs irrationnelles que l'on ne peut pas comprendre, plutôt de cette angoisse, cette appréhension pour quelque chose qui a quand même bien cinquante pour cent de chances d'arriver. Ronan n'était pas fou, bien qu'il fût parfois impulsif.

Il s'approcha de la porte de la salle d'eau, la queue certainement pas entre les jambes. « Tu penses que je suis à ton service ? » demanda-t-il à travers la porte en sachant qu'il remuait salement la baguette dans la plaie, « que tu peux me sonner pour me faire venir comme un chien peureux ? ». Parce que oui, c'était comme ça qu'il prenait ce rendez-vous. Elle n'était pas venue à lui, elle l'avait fait venir quelque part. La différence était immense, surtout, surtout, après une longue séparation. Sans doute n'en aurait-il pas fait tout un fromage s'ils s'étaient revus entre temps, il aurait même trouvé cela foutrement excitant. Mais là, il avait l'impression d'être son jouet et si elle pouvait ressentir la même chose, même l'espace d'un instant, il en serait bien content. Ronan s'assit sur le lit, toujours en face de la porte close, sans prendre le risque de l'ouvrir parce qu'il tenait à l'intégrité de sa joue. « Pourquoi diable ne m'as-tu pas dis que tu partais ? » - l'incrédulité avait sa part dans sa voix grave et il n'essayait même pas de la cacher. Malone était vexé, blessé et comme toute bête sauvage, il avait au moins besoin d'une raison véritable pour avoir l'impression de comprendre un peu ce qui s'était passé.


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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMar 23 Fév 2021 - 0:15

Pour elle d’habitude si maîtresse de ses émotions, comme il était difficile d’être celle de cet homme. Une colère froide et sourde s’emparait d’elle, et la chaleur qu’elle ressentait était bien différente de celle qu’il déclenchait habituellement chez elle. Ses provocations incessantes avaient été la cause de leur premier dérapage, des suivants même. Ronan avait du mordant, il fallait l’admettre, et elle adorait ça. Sauf que le sujet aujourd’hui n’était plus le même et en sous-texte, enfin, ils abordaient leur problématique relation. Jusqu’à présent, ils avaient toujours esquivé la question, s’arrangeant pour mettre un voile sur cet annulaire où la bague qu’elle cachait en sa présence était toujours marqué légèrement. Ignorant les mensonges avec lesquels elle devait vivre, elle et elle seule. Ronan, lui, ne faisait que profiter de tout ça. Sans doute même que ça lui plaisait, de savoir qu’elle cédait à son charme animal. Alors la douleur, il pouvait parler. Ca n’était pas lui qui devait faire face à sa moitié et lui cacher tout un pan de sa vie, s’endormir dans ses bras en rêvant à d’autres. Quel enfoiré. Quel putain d’enfoiré. Qu’il ne passe pas la porte, car alors Billie ne saurait sans doute pas garder son sang-froid. La gifle partirait.

Mais non. Monsieur Malone était bien plus vicieux que ça. Derrière la porte close, elle entendit sa voix sèche lui parvenir. Ne pouvait-il pas juste lui donner une once d’affection, lui prouver qu’il tenait un tant soit peu à elle ? Apparemment, non. La fierté et l’ego de l’artiste étaient touchés par des sentiments imbéciles. Son égoïsme lui éclata en pleine tête alors qu’elle écoutait malgré elle. Qu’elle aurait aimé avoir une maudite baguette pour insonoriser la pièce, fermer la porte et attendre qu’il parte. Qu’il foute le camp et la laisse avec ses tourments, nom de Dieu ! Mais non, il fallait qu’il aille toujours plus loin, qu’il frappe toujours plus fort. À son service… Seigneur, réalisait-il au moins l’horreur de ce qu’il lui disait ? Tremblante, Billie ouvrit les yeux et dut affronter son reflet, l’étincelle de colère qui brillait dans ses iris bleutés, devenus sombres.

La dernière phrase acheva de lui briser le coeur. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit ? Pourquoi ? N’y tenant lui, Billie fit demi-tour et ouvrit la porte sans réfléchir, emportée totalement par le tourbillon d’émotions dévastatrices qui la submergeait. « Pourquoi ? » Sa voix claqua tout aussi fort que la poignée de la porte sur le mur. « Me dis-tu, toi, ce que tu fais de tes journées ? De tes nuits ? » Elle ne savait rien de la vie de Ronan. Rien du tout, et c’était sans doute mieux ainsi. Mais parfois, elle se surprenait à se demander ce qu’il faisait, et ne pas savoir lui crevait le ventre. Lui aussi s’endormait-il dans d’autres bras ? Elle n’avait pas le droit d’être jalouse, elle le savait. Mais ne pouvait s’en empêcher. Ne lui laissant pas le temps de la couper, Billie enchaîna. « Je ne t’ai rien dit parce que je voulais t’oublier, tu m’entends ? T’oublier oui ! » C’était douloureux, là il pouvait le dire. Mais c’était la vérité. « Je voulais que tu ne sois qu’une passade, une erreur monumentale avec laquelle je devrais vivre jusqu’à la fin de mes jours mais soit ! Soit ! C’est mon problème ça ! Et me voilà, là, à réitérer la même erreur, encore. Et tu sais quoi ? C’est la première fois que je la regrette. Alors bravo. Ou devrais-je dire merci. » Sa colère s’était calmée sur la fin, alors qu’elle réalisait elle-même ce qu’elle disait, ce que ça signifiait. Ce qu’elle ressentait. C’était fini, alors ?

Décidée à ne pas laisser cet imbécile lui retourner le cerveau, l’endormir avec ses belles paroles ou pire, la provoquer plus encore pour la faire souffrir une ultime fois, Billie se détourna de lui, eut l’impression au passage de s’arracher le coeur, et quitta la chambre du pas le plus décidé qui soit. Elle voulut claquer la porte de la chambre, mais rata le battant et n’eut pas la force de faire demi-tour. Surtout, ne pas se retourner, non. Il ne le méritait pas. Il ne la méritait pas.
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMar 23 Fév 2021 - 9:55

Tout ce qui devait arriver arriva finalement, non ? N'était-ce pas d'une absolue logique que, hargneux comme deux chiens enragés, ils s'étripent l'un l'autre avec des mots qu'ils pensaient bien au fond d'eux ? Ronan pensait le ressentiment profond qui s'ancrait dans son coeur, parce que Billie pensait visiblement être la seule à pouvoir mener la barque où elle le voulait. Elle pouvait être la seule à lui donner rendez-vous et à disparaître aussi, tiens, puisque c'était l'objet de leur dispute. Le peintre était un animal de territoire, dire qu'il n'était pas jaloux qu'elle soit mariée serait épouvantablement faux. Mais il n'était pas stupide non plus. Lui, il n'était "que" l'amant, et puis c'est tout. Billie était folle de rage de toute évidence, il avait tapé juste avec ses mots. Mots qui, tout de même, ne cherchaient qu'une explication. On avait trop souvent traité Ronan comme un animal esclave. Il est dur le monde des loup-garous, ce n'était pas pour rien qu'il ne traînait avec personne de sa condition. Ces histoires de mâle dominant, trop peu pour lui. Sauf que voilà, dans la chose malsaine qu'était son cerveau, toute relation charnelle impliquait une forme de domination de l'autre. Ce n'était pas nécessairement toujours l'homme sur la femme. Il ne pensait pas les choses de ce point de vue-là. C'était sans doute même plus fourbe que cela. Quoiqu'il en soit, Billie avait bel et bien prit le dessus en le soumettant comme s'il était un caniche. Ça avait trop duré. Alors elle explosa, comme un ballon, elle lui dit tout ce qu'elle avait sur le coeur et tout ce qu'il n'avait pas besoin d'entendre. Et au final, alors qu'elle s'énervait de la sorte, il ne comprenait pas la source de sa colère. Billie n'était pas claire, elle semblait presque s'en vouloir davantage à elle-même pour ses sentiments qu'à lui pour son comportement. Toujours assit sur le lit, le regard assombri, il pensa qu'elle allait même laisser la trace de ses cinq doigts sur sa joue mais non, elle se contint. Il ne dit pas un mot, pour une fois (c'était suffisamment rare pour être noté), et elle finit par ragequit la conversation. Mais vraiment, sans abus de langage. Elle quitta la chambre en se pensant victorieuse, et un soupir blasé s'échappa des lèvres du peintre qui regretta qu'on ne puisse fumer dans la chambre.

Billie Reed était donc plus en colère contre elle-même que contre lui, soit. Soit. Sa colère venait de retomber comme une soufflé alors qu'il cogitait ses paroles. Ronan était maintenant face à sa fierté. Aller la chercher, n'était-ce pas se soumettre encore ? Aller la chercher, n'était-ce pas admettre qu'il avait tort (il n'avait pas tort, mais du point de vue de Billie, tout était de sa faute de toute manière) ? Finalement, ce qui le convint fut autre chose. Il lui faisait une sacrée faveur en étant pas en colère contre elle. Une sacrée faveur, alors qu'elle le traitait comme son employé qu'elle pouvait sonner comme elle le voulait. Alors qu'il cogitait sa réponse, l'Américain se leva et sortit de la chambre sans en claquer la porte, qu'il laissa entrouverte. Il posa ses yeux sur son dos qui s'en allait : « Tu n'avais qu'à m'en parler » lui dit-il d'une voix forte mais profondément calme, « si tu ne voulais plus qu'on se voit ». C'est quand même la base. Oui, c'était la base, c'était aussi un respect qu'il méritait parce qu'il n'avait jamais été irrévérencieux avec elle. Partir sans rien dire, pour l'oublier, bah tiens, belle preuve de sensibilité. Ronan combla l'écart qui les séparait avec les grandes enjambées que lui permettaient ses longues jambes et il attrapa son avant-bras pour qu'elle le regarde : « Je pensais que tu avais compris que j'étais assez libre pour que tu puisses me parler de ce genre de choses. J'ai dû me tromper. Qu'est-ce que tu croyais, que j'allais t'enchainer ? ». L'idée n'était pas mauvaise, mais dans un tout autre contexte. « Que j'allais te harceler ? ». Le fait est qu'elle le voyait peut-être comme pire que ce qu'il était. « Te faire regretter ? ». Elle n'avait pas confiance en lui, quoi de plus belle preuve encore qu'elle le considérait comme rien ? Ronan la regardait dans les yeux, calmement, le couloir était absolument désert, à peine éclairé d'une lumière tamisée. « Navré de te décevoir » conclut-il d'un ton froid, « mais ce n'est définitivement pas mon genre ». Si tu ne veux plus me voir, dis moi le clairement.


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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMer 24 Fév 2021 - 12:05

La moquette étouffait le claquement de ses talons, qui auraient conféré à la scène une atmosphère bien plus dramatique. Mais alors qu’elle fixait l’ascenseur au bout du couloir, Billie se sentait tel Orphée aux Enfers, s’obligeant à ne pas se retourner pour retrouver enfin son aimé. Sauf que la personne susceptible de la suivre n’était pas ce fameux aimé, au contraire. Il fallait qu’elle s’en éloigne, qu’elle arrête ses imbécilités égoïstes. Se retourner était pour elle la certitude de ne pas aller au bout de sa démarche, et il ne fallait pas, non. Il ne fallait pas céder une fois de plus à l’attraction dévastatrice que Ronan Malone exerçait sur elle.

Sa voix résonna dans le couloir, interrompant le flot de ses pensées un court instant alors qu’elle s’attendait au pire. Fermant les yeux, Billie continua à avancer en ignorant royalement ce qu’il disait. À peine si elle écoutait les mots prononcés. Elle savait bien qu’il allait la manipuler pour la blesser, ou alors jouer les doucereux pour la faire revenir et ainsi gagner. Gagner, oui, car tout entre eux ressemblait désormais à un combat. Et elle voulait quitter la partie, bon sang, ne le comprenait-il pas ? Qu’il continue à jouer seul, elle en avait terminé de ces futilités. Mais non, évidemment. Monsieur ne pouvait se contenter de la laisser partir sans avoir le dernier mot bien sûr. Elle n’entendit pas ses pas, maudite moquette, et eut un léger sursaut au coeur en sentant son emprise sur son bras. L’affronter, elle ne s’en sentait pas la force. Le regarder non plus. Pourtant, il faudrait bien. Ses paupières dévoilèrent le bleu troublé de ses yeux alors que Ronan l’assaillait d’une réflexion stupide.

Chaque question ne fit que la conforter dans l’idée qu’ils ne se comprenaient pas. Pourquoi fallait-il qu’il ramène tout ça à lui ? Pourquoi fallait-il qu’il la culpabilise de la sorte, alors qu’elle se sentait déjà lâche ? Lâche de tromper son mari plutôt qu’avoir une conversation avec lui. Lâche d’avoir tenté de fuir Ronan au lieu de lui parler, oui. Mais cette lâcheté n’avait rien à voir avec l’autre, tout à voir avec elle. Ne pouvait-il pas comprendre, non, qu’elle n’aurait pas la force de lui dire qu’elle ne voulait plus le voir, yeux dans les yeux ? Qu’à peine les mots lâchés, elle aurait cette irrémédiable envie d’attraper ses lèvres et se contredire ainsi dans la foulée ? Billie n’avait aucune résistance, aucun contrôle en sa présence. Et c’était bien là tout le problème. C’était bien pour ça qu’il fallait que ça s’arrête, maintenant. Cette co-dépendance ridicule, aussi bien l’un que l’autre, comme ils s’en étaient une fois parlé à l’horizontale. Elle avait évoqué ses propres difficultés à lui refuser quoi que ce soit, avait-il la mémoire si courte ? Et aujourd’hui, elle y était parvenu mais voilà qu’il jouait les martyrs, la mettant face à sa propre lâcheté. Ne jamais prendre un amant intelligent, ça devait être une règle qu’elle ignorait, elle autrefois si fidèle.

Main sur les hanches, toujours fâchée, complètement perturbée, Billie laissa échapper un soupir. « Tu es si égoïste, Ronan. » C’était tout de même l’hôpital qui se foutait de la charité, mais après tout… ces deux-là ne s’étaient pas trouvés pour rien. Son ton se faisait plus calme, quoi qu’un peu sec. « Même quand je te parle de moi, tu ne fais que penser à toi. Encore, et encore. » Et voilà qu’ensuite, il se plaignait qu’elle ne lui parle pas. « Il n’y a bien qu’au lit que tu te soucies de mes désirs. » Et ça lui allait. Après tout, n’était-ce pas la base de leur relation infidèle ? « Je ne t’en ai pas parlé parce que je ne sais pas te résister. Voilà, c’est dit, le grand Ronan Malone est irrésistible ! Content ? » Son regard semblait pouvoir cracher des étincelles tant elle était blessée, en colère, contre lui, contre elle, contre la situation. Faire une scène dans un couloir d’hôtel, pouvait-on imaginer plus cliché ?


Dernière édition par Billie Reed le Mer 24 Fév 2021 - 15:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMer 24 Fév 2021 - 15:09

Quoique vous en pensiez, Ronan avait bel et bien conscience de marcher sur des oeufs. La moindre phrase de traviole, la moindre moquerie ou provocation de trop, et il pouvait dire adieu aux jambes de sa jolie amante. Oh ce n'était pas seulement pour son physique que Billie lui plaisait, cela va sans dire. Sa répartie piquante, ça lui parlait, ses coups de colère aussi, la preuve il la poursuivait. Il y avait bien peu de femmes ayant pu se targuer de voir le peintre les suivre dans un couloir alors qu'elles venaient de s'époumoner (et pas de la façon à laquelle vous pensez). Quoiqu'il en soit, voilà, il mettait sa fierté suffisamment de côté pour la poursuivre même s'il se considérait comme gentil en le faisant. L'Américain ne cherchait pas forcément à avoir le dernier mot. La triste vérité, c'était que Billie était aussi égoïste que lui. C'est d'ailleurs ce dont elle l'accusa, phrase à laquelle il dû se retenir de sourire. Elle était tout aussi égoïste que lui à se mettre au devant de la scène, en le prenant pour responsable de sa morale matrimoniale. Mais il l'écouta parler, dans sa grande bonté d'âme. Et si les répliques étaient piquantes sur sa langue, il ne les lui lança pas. Parce que bon. Elle insistait, à se poser en grande victime de toute leur histoire de cul, à croire qu'elle ne voulait pas comprendre que lui aussi était doué de sentiments. Elle lui parlait d'elle en gueulant comme une harpie mal lunée, elle lui parlait d'elle en le traitant d'égoïste, en le réclamant comme on réclame son employé, en l'ignorant pendant plusieurs jours parce qu'elle voulait l'oublier. Et elle parlait d'égoïsme ? Sacrées bonnes femmes, toutes les mêmes, toutes les mêmes à se mettre en victime en permanence. C'était insupportable, insupportable mais voilà.
Ronan se trouvait à la croisée d'un chemin, restait à savoir qu'elle route il allait prendre. Les mains fourrées dans ses poches, il hésitait entre l'envie primaire de lui dire ses quatre vérités et de dire adieu à leur relation qui pourtant, aussi malsaine fut-elle, lui faisait tourner la tête suffisamment pour qu'il ait envie de la poursuivre. Le deuxième chemin, c'était de se coucher, gentiment, car viendra bien un jour où il lui sortirait ses quatre vérités de toutes manières. Et finalement, alors qu'il cogitait et ne savait pas sur quel chemin s'aventurer, c'est la pire raison possible qui l'emporta. Ce n'est pas pour les quelques sentiments qu'il avait pour elle qu'il accepta de se coucher. Ce n'est pas parce qu'il ne voulait pas la quitter en colère. Ce n'était pas non plus parce qu'il voulait d'une dernière soirée en sa compagnie (c'était une pensée irrespectueuse et terrible, certes). Non. La seule raison qui le fit se coucher, c'est parce qu'il se dit qu'on ne cassait pas avec lui, de un, c'était lui qui cassait avec les femmes qu'il fréquentait. Et de deux, que c'était aussi toujours par un certain plaisir sadique de briser le cœur qu'il le faisait. Cet odieux manipulateur leva donc les mains vers le ciel : « Je suis égoïste » - toi aussi - « je ne pense qu'à moi parce que je suis égocentrique » - que dire de toi - « et non, je ne suis pas content que tu me dises cela en me criant dessus ». Il rabaissa ses mains. « Je suis navré de t'avoir troublé par ma simple existence » fit-il sans pouvoir s'empêcher d'un trait d'ironie, « et je suis navré d'avoir gâché la soirée que tu avais en tête. Contente ? ». Fallait pas pousser...


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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyMer 24 Fév 2021 - 16:56

Comment pouvait-elle s’être entichée d’un tel homme ? Billie Reed, la fille au tempérament volcanique, qui se battait pour la cause des femmes en faisant de la sienne son combat quotidien ? Non seulement elle était devenue une épouse infidèle, mais soit - après tout, personne n’était pas parfait. Mais elle avait choisi pour amant un homme méprisable, méprisant, qui se souciait plus de ses toiles que de ses propres sentiments. Pourtant, elle savait. Dès le départ, elle avait su, dans cet Atelier où déjà il l’avait attirée comme un aimant. Elle savait que c’était un terrain dangereux, et un homme qui l’était tout autant. Et alors qu’il lui faisait face, là, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer la beauté de ses traits sauvages, sensible qu’elle était à la moindre de ses intonations. Comment pouvait-elle lui laisser l’opportunité de la blesser ainsi ? Tout était sa faute, à elle. Elle n’aurait pas du nourrir ces débuts de sentiments qui la tourmentaient aujourd’hui. Elle n’aurait pas du le revoir après avoir dérapé, n’aurait pas du pousser plusieurs fois la porte de son Atelier. Et elle n’aurait pas du reprendre la plume alors que son mari dormait tout à côté.

Elle s’attendait à le voir jubiler, fut surprise d’entendre sa si belle bouche proférer ce qui ressemblait à des excuses. Mais plus elle écoutait, plus il lui semblait évident que ça n’en était pas. Son besoin de supériorité resurgissait alors que dans un bel effet rhétorique, il lui renvoyait l’interrogation qu’elle lui avait balancé, de colère. Il était difficile de lui objecter quoi que ce soit, après tout, n’avait-il pas raison ? Il la troublait par le simple fait d’exister, et c’était une confession difficile à faire. Un léger rire sarcastique franchit les lèvres bordées de bordeaux. « Contente de quoi, Ronan ? Que tu me serves de belles excuses que tu ne penses même pas ? » L'ironie si mordante du peintre venait de tout détruire. Et pourtant, elle était certaine que ça lui avait arraché la langue de dire ça. « Joue donc les outragés autant que tu veux. C’est moi qui ai le plus à perdre dans cette histoire ! Mais ça, tu n’en as rien à foutre, pas vrai ? » Sa voix tremblait un peu sous l’effet de la colère, bien qu’elle ne criait pas comme il disait. Elle croisa les bras sur sa poitrine, totalement fermée à la conversation, s’efforçant de ne pas laisser son regard se perdre sur ces maudites lèvres qui l’attiraient tant. « Tout ce que tu risques de perdre, toi, c’est moi. Et vu la vision que tu as de moi, vu que tu penses que je te siffle comme un chien, alors… à quoi bon, hein ? » Décroisant les bras, elle aussi se livra à une gestuelle un peu théâtrale, qui laissait transparaître cet espèce de désespoir qui l’envahissait. « Qu’est-ce que tu veux Ronan ? Qu’est-ce que tu veux, bon sang ? Quand je t’écris, tu penses que c’est pour te faire obéir ! Quand je ne le fais pas, tu t’offusques de mon silence. Et toi, est-ce que seulement tu fais un pas vers moi, à part là, maintenant, dans ce couloir, quand tu penses que je vais partir ? » Il fallait toujours tirer sur la corde jusqu’à ce qu’elle soit sur le point de lâcher pour obtenir une réaction de cet homme. Et c’était si épuisant qu’elle ignorait si elle en avait encore la force. « Ca ne marche pas comme ça. Ca ne peut pas marcher comme ça… C’est… » Elle n’eut pas le courage de terminer cette phrase, et fit glisser sa main parfaitement manucurée sur son visage las de cette conversation qui n’en finissait pas. Sans doute parce qu’au fond, ni l’un ni l’autre ne voulaient que ça ne finisse, mais ils étaient bien trop fiers pour l’admettre.
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MessageSujet: Re: Le temps des silences | BILLIE Le temps des silences | BILLIE  EmptyVen 5 Mar 2021 - 15:37

Qu'il est difficile le temps des silences. Ces silences dans lesquels il peut s'écouler tout un monde, où mille messages peuvent passer dans les yeux de l'autre, où la haine peut éclabousser les murs de la plus perfide des manières. Il peut se passer un monde dans un silence, dans une seconde. La vie peut basculer d'un côté ou de l'autre du ravin, elle peut changer tous les paramètres. Là, là, il ne savait pas de quel côté il penchait avec Billie. Il avait cette envie irrépressible de prendre à nouveau ses lèvres, malgré sa fierté parce qu'il ressentait un besoin primal et animal de le faire. Le giflerait-elle ? Il valait mieux qu'elle s'abstienne. Il se jouait une joute de regard dans ce silence. Et Billie lui répondit, comme Billie le faisait toujours, avec cet air véhément qui lui plaisait tant. Mais voilà, les mots de Billie avaient un sens. Oui, elle avait sans doute plus à perdre que lui, car au jeu de qui s'attache le plus pour le mieux souffrir ensuite, ils étaient au moins côte à côte. Mais il n'était pas maqué, encore moins marié. Il était libre où elle était enchaînée dans un mariage qu'elle n'aurait jamais dû accepter. Comment accepter que l'on puisse s'enchaîner à quelqu'un pour le reste de son existence ? Ronan avait toujours essayé de comprendre l'institution sans y parvenir. C'était profondément stupide. Stupide, stupide, stupide. La sorcière enfonçait le clou avec rage et torrents et il n'y avait aucun barrage pour arrêter le flot de ses paroles qui continuaient à sortir comme ça. Ronan aurait voulu lui répondre que le seul pas qu'il pourrait faire risquerait de briser ce qu'elle chérissait tant. Parce que oui, elle chérissait son foutu mariage, son foutu mari, sa foutue réputation aussi. Envoyer une lettre sur son lieu de travail alors ? Pour que sa secrétaire la lise ? Envoyer une lettre chez elle, alors ? Pour prendre le risque que son abruti d'époux tombe dessus ? La situation était insoluble, il n'y avait rien à faire, rien du tout, hélas !

Quelle fasse glisser sa main sur sa joue lui réveilla un espèce d'instinct animal, déclencha un frisson furieux dans son dos qui remonta jusqu'à sa tête pour lui dresser les cheveux sur le crâne. Ronan pour une fois, ne répondit pas de son verbe assassin. Il n'essaya pas de détruire le reste de relation qui existait entre eux, parce qu'aussi forte fut sa rage, il n'en avait plus envie. Les paroles violentes quoique censées de Billie n'avaient pas attisé les braises de l'incendie de sa colère. Au contraire. Il posa sa main habituellement teintée de couleurs vives sur celles de la trentenaire pour l'écarter, sans la lâcher du regard et l'attirer brusquement à elle pour l'embrasser comme jamais il ne l'avait fait, pas même cette fois-là dans son bureau. Leurs retrouvailles étaient souvent foutrement intenses, parfois animales. Là c'était autre chose qu'un besoin terrible qui n'avait cessé de grandir, avait nourri. Ronan la poussa contre une porte de chambre qui n'était pas la leur sans s’embarrasser de craindre qu'elle fut occupée et actionna la poignée. Coup du destin ou non, la porte s'ouvrit sur une chambre vide, quoique préparée pour accueillir des gens et ce n'était clairement pas eux. A quoi bon ? A cette chambre, ils diraient bientôt adieu.


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