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Enfin, le début w/Razvan

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Neolina Siankov

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MessageSujet: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 1:06

Suis ton coeur, petite soeur.

Les mains tremblantes replièrent la lettre avec lenteur, le temps sans doute que les mots fassent leur effet. Quelques secondes après, la porte de l’appartement claquait, et Neolina dévalait les escaliers à une vitesse considérablement dangereuse pour une femme aussi maladroite. Ca n’avait pas d’importance. Il y avait urgence, une urgence sourde qui se réveillait enfin, après des mois à rester ensommeillée. Qui tétanisait sa raison, car il n’était plus l’heure d’être raisonnable. La raison lui avait fait perdre combien de mois après tout ? Peut-être aurait-elle pu se rendre compte que transplaner serait plus rapide, mais son coeur avait pris le pas sur sa tête, et Neolina se rua dans le froid sans réaliser qu’elle avait oublié de remettre son manteau. Qu’elle portait son vieux pull gris déformé par les lavages au-dessus d’un jean au bas encore trempé par sa récente balade. Le rose de ses joues, causé par le froid ou autre chose, était le seul point commun qu’elle pouvait avoir avec ses héroïnes de comédies hollywoodiennes toujours si impeccables. Mais c’était un mensonge de plus, car qui s’encombrait de détails pareils quand quelque chose d’aussi important se jouait ?

Alors que le vent lui mordait les tempes, Neo essayait de réfléchir à ce qu’elle pourrait bien dire. Jamais de sa vie les mots ne lui avaient semblé plus compter que ces derniers mois. Elle était bien placée pour savoir que quelques phrases pouvaient blesser plus que n’importe quel sortilège, car le pouvoir qui se nichait dans les mots était plus fort que le reste. Et en moins d’un mois, Neolina avait fait carton plein. Son coeur affolé portait encore les stigmates de chaque conversation douloureuse. Andrea. Razvan. Natanaël. Trois hommes qu’elle aimait, avait aimé, elle ne savait plus. Son coeur ne savait plus conjuguer, sans doute même que les temps n’étaient pas toutes les mêmes. Trois hommes en tout cas qu’elle avait blessés pour les protéger, pensait-elle, alors que ça n’était qu’elle qu’elle essayait au fond d’épargner. Comme si, trop épuisé, son coeur n’osait plus prendre de risques. Mais 5 petits mots, écrits d’une main bienveillante sur un papier trempé, avait réussi à lui donner la réponse qu’elle n’arrivait pas à trouver depuis des mois.

Iléana avait toujours su être concise, là où Neolina s’épanchait un peu trop. Preuve en était les six feuilles noircies d’encre qu’elle lui avait envoyées alors que le claquement de la porte après le départ de Razvan résonnait encore dans sa tête. La sienne lui était ouverte, lui avait-il gentiment dit après qu’elle lui ait justement fermé la sienne, métaphoriquement du moins. Et parce qu’elle en avait ras le coeur, Neo avait tout écrit, tout, de la façon la plus foutraque qui soit. Des mots qui n’avaient pas vocation à être lus, plus à évacuer tout ce qu’elle ressentait. Et pourtant, une heure après, son hibou s’envolait pour la Roumanie alors qu’elle s’endormait, épuisée d’avoir ainsi du affronter toute la complexité de sa propre pensée.

Aussi, lorsqu’elle était revenue de sa balade bien matinale, voir le hibou perché à sa fenêtre l’avait réveillée bien plus que l’heure passée dehors, à suivre son Gabi fou du regard. Elle savait que là-dedans se trouvait la réponse, ignorant juste qu’elle en était sa teneur. 10 jours à attendre, impatiemment, à se torturer. Toutefois, Neolina n’avait pas attendu pour prendre une triste décision, mettant fin à une jolie relation qui avait beaucoup compté pour elle ces derniers temps. Le regard triste de Natanaël n’avait fait que confirmer ce qu’elle pensait déjà, à savoir qu’elle finissait toujours par blesser les hommes qu’elle aimait. Mais voilà, le doux professeur avec qui elle avait partagé un bout de chemin méritait mieux que ça. Il méritait d’être aimé pleinement, entièrement, et ne pas partager les pensées d’une femme avec un autre. Aussi, quelle qu’aurait pu être sa décision, quels qu’auraient pu être les mots de sa soeur, Neolina avait de mettre fin à quelque chose de beau. Comme si à chaque fois, elle préférait arrêter avant la chute, avant que l’un ne puisse détester l’autre. Pour que les souvenirs restent beaux, peut-être.

Avec Razvan, c’était pire. Ils avaient décider d’arrêter avant même que cela ne commence. Suis ton coeur, petite soeur. Son coeur savait, avait toujours su, que c’était la connerie la plus monumentale de sa vie. Aussi trouva-t’il vite le chemin qu’il avait déjà emprunté des mois plus tôt, menant là où tout avait commencé à déraper. Et ce qui se jouait en Neo n’était pas très différent, à vrai dire. L’air lui manquait, et la peur lui enserrait fort la poitrine tandis qu’elle ralentissait un peu son pas dans les escaliers qui menaient à l’appartement du médicomage. Sauf que cette fois, il y avait autre chose. Un espoir, peut-être, qui ne faisait qu’amplifier encore plus sa peur qu’il ne soit trop tard. Figée sur le seuil, elle souffla afin d’essayer de calmer son coeur qui tambourinait fort, bien plus que sa main un peu fébrile qui cogna la porte. Son cerveau n’avait toujours pas trouvé les bons mots, mais après tout, était-ce le moment de parler ? Oui. Ne pas parler les avait conduits là où ils étaient aujourd’hui, et Razvan méritait de comprendre ce qui se passait, d’entendre des excuses après son odieux comportement de l’autre fois. Aussi, lorsqu’il ouvrit la porte, les mots lui vinrent soudain à l’esprit, avec une clarté désarmante. Tu as raison Razvan. Je n’aime pas les regrets. Mais Neo fut happée, plus que jamais, par la beauté de ses traits. Comme si enfin, elle était prête à le réaliser, à s’autoriser d’y penser. Happée aussi par toute la force de ses sentiments qu’elle ne freinait plus. Et les mots semblèrent bien dérisoires tandis qu’enfin, enfin oui, Neo osa enfin ce qui manquait à sa vie sans qu’elle le sache depuis si longtemps. Osa ce baiser qui apaisa son coeur autant qu’il le fit s’emballer. Tout ce qu’elle aurait pu, du dire, se cachait là, dans ce baiser.

Désolée.
Je t'aime.
Essayons.
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Razvan Vacaresco

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L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 1:43

Lorsqu'il avait besoin de réfléchir, Razvan avait tendance à s'isoler. Fut un temps où il s'isolait sur le toit de la maisonnette qu'il partageait avec son épouse, l'air pensif, pour regarder l'horizon qui s'étendait à l'infini. Il laissait toujours son regard noir vagabonder sur la cime des arbres, ça l'apaisait. Mais voilà, tout ce qu'il pouvait voir ici, c'était l'étendue de béton, de ces immeubles impersonnels, qui n'avaient pas le charme qu'il trouvait si facilement dans son pays. Comment penser, comment réfléchir, comme s'apaiser en ne voyant que la fumée des usines, l'atmosphère chargée du son des villes ? Il était levé de bonne heure ce jour-là alors même qu'il ne devait pas aller travailler. Un pressentiment peut-être, l'impression qu'il devait être debout sans savoir pourquoi. Au réveil, il redouta que la marque sur son bras ne s'éveille et ne lui rappelle à sa servitude par la douleur viscérale qui lui parcourait la peau. Alors debout devant sa vitre, il regardait l'horizon qui s'éveillait comme le peuple anglais. Le soleil pointait au loin, un rayon lui tapa le visage et il plissa les yeux sans se détourner pour autant. Quand diable allait-il tout claquer, partir sans le dire, partir sans un mot ? L'idée avait germé, douloureuse et dangereuse, après sa dernière conversation avec Neolina. Pas nécessairement à cause d'elle, mais à cause de tout. A cause de son état, de ses nerfs qui lâchaient prise, de son regard qui s'assombrissait malgré lui. Razvan avait envie de rentrer chez lui, à ses risques et périls. Mais aller chercher la liberté demande du courage. Et il avait perdu le sien il y avait bien longtemps. S'émanciper de la servitude demandait de la volonté - il en avait. Mais il n'était plus brave.

Il était brave pour encaisser sans rien dire, pour baisser la tête en silence, avec résilience face aux choix que la vie lui imposait. Sauf que voilà, il ne l'était pas pour partir, claquer la porte de cet appartement sans le dire à personne, disparaître dans la nature pour qu'on entende plus jamais son nom en Angleterre. Et son regard cherchait cet horizon-là, celui qui lui donnerait le courage de dire que c'était assez. Il lui fallu de longues secondes. De longues secondes pour réaliser qu'on toquait à sa porte. Il décroisa les bras en se disant qu'il n'attendait personne. Qui d'autre sinon un mangemort pourrait venir le voir ? Il n'eut même pas envie de prendre sa baguette "au cas-où". Il n'en avait rien à faire. Mais ce n'était pas un mangemort qui se tenait sur le pas de la porte de son appartement.

Neolina. Un autre mauvais choix qu'il avait fait, parce qu'il n'était pas brave. Razvan ne prononça pas son prénom. Il n'afficha même pas sa surprise ni sa joie. Est-ce qu'il en eut seulement le temps ? Neo scella de ses lèvres un baiser auquel il s'abandonna. Ce besoin de se raccrocher à la réalité, de ne pas perdre de pied, de ressentir pour se sentir à nouveau vivant, c'était aussi ce qui se cachait dans ce geste anodin pour deux personnes amoureuses. C'était anodin, si difficile pour eux. Ses mains glissèrent sur ses hanches pour la faire entrer dans son appartement de laquelle il referma la porte avec son pied, avant de la pousser contre. Oh, il aurait pu lui en vouloir pour leur dernière discussion. Il aurait pu la blâmer d'avoir été triste et de l'avoir rendu triste. Mais il était au dessus de ça, est-ce qu'il était en état d'en vouloir à qui que ce soit ? Il mit finalement fin au baiser, plus par besoin de respirer que parce qu'il ne le voulait vraiment, en collant son front contre le sien, les yeux clos, les mains toujours perdues sur ses hanches qu'il tenait fermement. Et alors, où étaient toutes les belles excuses ? Où étaient tous les remords ? Où étaient tous les actes manqués de cet été ? Razvan eut envie de parler mais n'en fut pas capable. Il ne savait pas quoi lui dire. Que lui dire ? Se forcer, ne serait-ce pas risquer encore une maladresse ? Ce moment ne pouvait pas être gâché par une maladresse, alors qu'il avait l'impression d'avaler une bouffée d'air frais depuis le mois de septembre. Le médicomage lui arracha un nouveau baiser, plus doux, moins long. Ils avaient besoin de parler, assurément. Mais en avaient-ils envie ?


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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 2:52

La violence des sentiments s’alliait à la tendresse des retrouvailles. Enfin. Enfin Neo s’abandonnait dans ses bras qui semblaient n’attendre qu’elle. Ses doigts glissèrent dans la masse de cheveux bruns qui les engloutirent, tandis que sur la pointe des pieds, elle fermait les yeux à s’en fendre les paupières. De toute manière, les autres sens avaient pris le relai, tous tournés vers Razvan, et rien d’autre, ignorant le mouvement vers l’avant, le grincement de la porte, le bois contre son dos. Son odeur enivrante, naturelle, couverte de senteurs artificielles qui n’effaçaient pas celle persistante qui était la sienne, rien qu’à lui. Ses lèvres pleines, avides et gourmandes, qui n’appelaient qu’elle. Ses mains posées trop loin de sa peau, si près pourtant, le pull était de trop. Trop, c’était le mot qui convenait, trop d’amour, trop de hâte dans ce baiser qui reflétait l’attente, l’impatience. Ce enfin qu’elle ressentait si fort. Mais comment ne pas en faire trop après tous ces instants de pas assez ?

Ses pensées s’emmêlaient en même temps que leurs langues qui s’étaient trouvées, retrouvées. Elle l’aimait, mon dieu, c’était l’évidence. Comment avait-elle pu ainsi se voiler autant la face ? Elle ne l’aimait pas comme on aimait son plus vieil ami, quoi que l’amitié devait sans doute intensifier tout le reste, mais comme on aimait celui avec qui on voulait passer le reste de sa vie. Elle l’aimait au point de n’avoir pas besoin de lui expliquer, pas maintenant, pourquoi faire ? Il semblait avoir tout compris. Du moment douloureux où il l’avait quitté, là, dans son escalier, elle ne retenait plus désormais que sa déclaration qu’il semblait réitérer en répondant à son baiser, et si elle n’avait pas déjà tant pleuré pour eux, sans doute l’aurait-elle fait encore. Mais non, pas de pleurs malgré l’overdose de bonheur qui la submergeait, même lorsqu’il se détacha enfin d’elle. Son coeur rata un battement. Et si, passé la surprise, l’émoi, Razvan cogitait et la repoussait, encore ? À bout de souffle, les yeux toujours fermés, elle attendit. Et l’agréable sentence prit la forme d’un baiser, si doux que ses jambes flanchèrent presque alors qu’elle tenait bon pourtant, toujours sur la pointe des pieds pour atteindre celui qui lui avait semblé si longtemps inaccessible. Qu’ils avaient été bêtes, si bêtes de croire que c’était impossible. Son coeur battait fort, peut-être, mais  c’était celle fois une mélodie joyeuse, une envolée pleine d’espoir, des battements qui ne faisaient plus mal.

Cette fois, leur baiser prit fin presque naturellement, et Neo ouvrit finalement ses grands yeux qui brillaient d’une nouvelle lueur, cherchant les siens alors que ses doigts glissaient de sa nuque à ses joues, ses doigts qui crevaient d’envie de parcourir d’autres parcelles de peau mais Neo ne voulait pas refaire deux fois la même erreur. Car si l’après souffrait à nouveau d’une discussion tragique, elle ne savait pas si elle pourrait s’en remettre. Même là, maintenant, elle ignorait si elle saurait encaisser alors, après avoir goûté à nouveau à l’ivresse de leurs corps mélangés, elle savait déjà qu’il lui serait impossible d’accepter le moindre rejet. « Je regrette bien plus ces derniers mois que ce qui se passe, là. » Comme si enfin elle avait la force de poursuivre la conversation de l’autre jour, à laquelle elle avait mis fin parce que tout était confus. Maintenant, c’était clair. Suffisamment pour qu’elle ose. « Je regrette de t’avoir blessé. De t’avoir… » Non. Ne plus penser à ça, même s’il méritait ces excuses là. « Je ne veux plus parler au passé. » Elle ne posa la question en retour, était-ce bien nécessaire ? Lui montra juste la direction qu’elle souhaitait prendre pour l’avenir en déposant un tendre baiser, à nouveau, sur ses lèvres qui n’eurent pas le temps de lui répondre. Il lui avait dit que ça n’était pas possible. Pourtant, rien ne lui semblait impossible quand elle l’embrassait comme ça.
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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 3:27

Le sens de sa vie ne voulait plus dire grand chose, depuis plusieurs années. Razvan ne s'y retrouvait pas dans cet entremêlement de tristesse, de joie, de désespoir et de solitude. Il ne s'y retrouvait plus et perdu, il s'était laissé aller. Il s'était laissé aller en juillet. Et s'il avait cogité pendant une bonne semaine après ça, ce n'était sans doute pas assez. Pas assez, non. Comment avait-il pu passer à ce point à côté de ce bonheur qu'il touchait du doigt de l'avoir seulement à ses côtés ? Comment avait-il pu faire une croix sur ce que son cœur ressentait avec tant d'ardeur ? N'avait-il pas le droit, lui aussi, d'être heureux ? Le roumain avait laissé tomber l'idée d'une histoire avec Neo. Il avait abandonné l'espoir parce que l'espoir lui faisait plus de mal que de bien. Leurs doigts qui s'entrelaçaient toujours le torturaient avec tant de violence que lui-même ne le supportait presque plus. Razvan aimait peu, mais passionnément. Et elle, ne l'avait-il pas toujours aimé ? N'en avait-il pas fait la plus terrible démonstration lorsqu'ils étaient encore adolescents ? Il s'en souvenait et le souvenir de l'époque se superposait désormais à celui qu'ils construisaient ensemble. Il avait regretté. Pas de suite. Bien après, bien après, il avait regretté de rien avoir fait de plus à l'époque, de ne pas s'être montré brave. Comme d'habitude, il s'était laissé dériver. Douloureusement. Pour encaisser plus de douleur encore plus tard. Les cœurs se soignaient bien douloureusement. Et les leurs n'avaient fait que mettre de vulgaires pansements sur des plaies béantes qui n'avaient pas cicatrisées. Non, la nature de leurs sentiments n'avait pas changé depuis juillet. Rien n'avait changé, sinon des mots échangés, parfois virulents, des regrets ouvertement affichés, de la douleur difficilement admise.

Il y avait peut-être un peu tout cela dans le regard du médicomage qui se perdit dans celui de la femme de laquelle il était éperdument amoureux. Les aveux de Neolina parlaient pour eux. Oh, lui aussi regrettait ces derniers mois, il regrettait septembre et son anniversaire compliqué, ces mots violents qu'il lui avait presque craché dans ces escaliers. Razvan regrettait. Elle aussi. Alors on recommence ? C'était ce qu'elle semblait lui demander, par ses lèvres douces, par sa phrase. Toutes les mille raisons pour lesquelles il l'avait repoussé semblaient bien loin dans son esprit, ce dernier tout porté sur la roumaine qu'il étreignait avec douceur, avec envie aussi. « Moi non plus » avoua-t-il sincèrement quoique rapidement, entre deux baisers, « je t'aime. Ça n'a pas changé ». Ça n'avait pas changé malgré le mal-être qu'il se traînait derrière lui comme un vulgaire boulet. Ça n'avait pas changé malgré la douleur. Ça n'avait pas changé malgré les disputes, malgré les regrets. S'il avait été raisonnable... S'il avait été raisonnable il aurait mit fin à tout cela. Mais il n'y arrivait pas, il n'y arrivait plus. La profondeur de ses sentiments creusait une trop grande abîme dans son cœur. Incapable de décoller à nouveau leurs lèvres pour parler encore - y avait-il quelque chose à ajouter ? - Razvan fit glisser ses mains dans le dos de Neo pour la décoller de la porte et la coller contre lui, sans jamais lâcher cette bouche de laquelle il semblait incapable de se lasser, avant qu'elles ne se glissent sous ce pull qui était de trop. Le contact de sa peau contre ses paumes le fit frissonner brutalement alors qu'elles parcouraient ses reins, s'enivraient de sa douceur. Comment s'en lasser un jour, comment ? C'était elle qui était revenue. C'était elle qui était brave pour deux, pour eux, pour leur donner une chance. C'était elle qui le mettait face à ses envies, qui le forçait à assumer ce dont il crevait d'envie. Ciel, il l'aimait tant.

(629)

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 4:08

Il l’aimait. Pour la première fois, elle était prête à l’entendre, prête à accepter que tout ça était possible, réel. Qu’ils y avaient droit tous les deux, après avoir connu leur lot de malheurs respectifs. Le passé les avait tiré en arrière avec violence, comme deux prisonniers dans la même geôle, que leurs chaînes retenaient à quelques centimètres à peine l’un de l’autre. Juste capable de se voir sans s’atteindre. Mais voilà, la distance n’avait plus lieu d’être car le passé était là où il devait être, derrière eux. Et si l’avenir avait toujours la forme d’un point d’interrogation effrayant, Neo voulait surtout profiter de l’instant présent, de maintenant, alors qu’il venait de faire disparaître ses craintes en quelques mots. Ca n’a pas changé. Mais eux, peut-être. Au moins semblaient-ils prêts à franchir un cap, à chasser les fantômes ou du moins, accepter qu’ils ne soient d’une présence silencieuse, et plus des griffes qui les maintenaient loin de l’autre.

L’aveu de Razvan était bien plus profond qu’une simple déclaration d’amour. Pour un homme qui contemplait autant les cendres de sa vie d’avant, admettre qu’il voulait avancer était la plus belle preuve d’amour qui soit. Et Neo ne pouvait s’empêcher de sourire enfin, en l’embrassant toujours, son coeur réchauffé à la simple idée que Razvan semblait aussi prêt qu’elle à vivre leur histoire. Bien sûr, elle avait peur. Mais on n’avait peur finalement que lorsqu’on avait quelque chose à perdre et par conséquent, c’était dire s’ils avaient aussi à y gagner. La peur serait sans doute là, toujours, mais elle ne la paralyserait plus. Neolina avait toujours été courageuse, avait affronté les drames de sa vie avec une dignité que beaucoup n’auraient pas eu. Et cette fois, ils seraient deux, et il lui semblait qu’à deux, ils auraient pu faire vaciller le monde.

Lorsque la main brûlante de celui qu’elle était pressé de redécouvrir en tant qu’amant caressa sa peau, Neolina n’avait toujours pas répondu. Comment l’aurait-elle pu ? S’agrippant à son col pour éviter de flancher, elle serra la laine de toutes ses forces tandis que ses lèvres la rendaient incapable de penser. Il fallait se décoller pour mieux se retrouver après, mais ça lui sembla impossible. Non. Rien n’était impossible, rien, pas quand il était là près d’elle. Il était sa force désormais. Rompant un énième baiser, sachant qu’il y en aurait sûrement milles autres après celui-là, Neo se noya dans les prunelles sombres où elle aurait presque pu apercevoir son reflet heureux. « Je t’aime Razvan. » L’embrassa encore, incapable de s’en empêcher. Retira son pull, premier vêtement à rejoindre le sol avant les autres. « Je t’aime tellement. » Ça y était, enfin. Elle l’avait dit, et même si c’était con, même si c’était inutile, elle eut envie de le répéter au moins vingt fois d’affilée pour qu’il n’oublie jamais. Ne le fit pas toutefois, tandis que l’effeuillage se poursuivait, et que ses mains fébriles tremblaient plus d’excitation et d’impatience que de peur. Ses doigts caressaient sa peau nue et ardente, se délectait des retrouvailles, effleurant le contour de ses muscles qu’elle aurait désormais tout le loisir de toucher, d’embrasser. Lors de leur dernière étreinte où leurs corps étaient supposés se dire adieu, Neo avait profité de chaque sensation, chaque geste, en pensant que ça serait la dernière fois. Plus jamais elle ne voulait revivre ça. Elle voulait s’endormir tout contre cette peau dont elle ne se lasserait jamais, en sachant qu’elle pourrait à nouveau y goûter le lendemain, et le jour qui suivrait, encore, et encore. Elle voulait se réveiller chaque matin dans ces bras, ses bras, et que sa première pensée soit une certitude qui l’aiderait à affronter même la pire des journées. Je l’aime.
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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 11:50

Trente ans. Imaginez, trente ans dans la vie de personnes qui en avaient trente-quatre et trente-cinq. Neolina et Razvan s'étaient finalement aimés de bien des façons. Amicalement, tendrement, amoureusement, follement aussi, peut-être. Peut-être que ce qui s'était passé en juillet avait été précédé de signes avant-coureurs qu'ils avaient ignorés parce qu'ils n'étaient "qu'amis". Il aurait pu se montrer surprit qu'elle l'embrasse de la sorte, qu'elle mette de côté ce qu'ils s'étaient dis quelques mois auparavant. Mais pour une fois, et une des rares fois, le roumain n'avait pas envie de se poser de questions. Il voulait profiter de l'instant, admettre une lueur de bonheur dans le paysage nuageux qui faisait son quotidien. Et quelle lueur... Les mots que prononça Neo étaient ceux qu'il avait espéré entendre dans cette cage d'escalier ce soir-là. Ils étaient ceux qu'il avait espéré qu'elle lui dise à chaque fois qu'ils s'étaient revus après cela. Ils étaient les mots dont il avait besoin pour s'apaiser un peu. Il ne pensait pas avoir autant besoin d'affection. Et pourtant, la douce chaleur qui se répandit dans son ventre parlait pour lui.

Elle l'aimait. Il l'aimait. Ils s'aimaient.

Quand pourrait-il vouloir décoller ses lèvres des siennes, lui qui avait tant rêvé de cela depuis juillet ? Trop prit dans les sentiments qui l'envahissaient, Razvan ne sut pas très bien comment ils firent pour trouver le lit. Trop pressés. Trop heureux. Lui comme elle ne se firent pas prier pour laisser leurs mains redécouvrir ce corps qu'ils connaissaient, pour l'embrasser de baisers. Ils avaient besoin de profiter de l'autre et c'est ce qu'ils firent, laissant leurs souffles se mélanger, leurs peaux se caresser. Une pellicule de transpiration s'invita sur leurs corps qui se retrouvaient enfin, se laissaient aller à ce qu'ils désiraient et leurs râles auxquels ils s'abandonnaient les libéraient. Razvan aurait pu lui dire mille fois de plus qu'il l'aimait, mais ses gestes, comme souvent, parlaient pour lui, ses milles baisers étaient expressifs. Tout dans la manière dont il la caressait, tout dans la manière dont il la regardait, parlait pour lui. Et alors qu'après de longues minutes plus proches qu'ils ne pourraient l'être, ils se décolla, il ne put s'empêcher de laisser quelques secondes supplémentaires s'écouler, son front collé contre le sien, souffle haletant certes, mais comblé. Le médicomage ne sut pas résister encore à la tentation de prendre ses lèvres, comme pour sceller réellement ce qu'ils venaient de faire, ce qu'ils venaient d'admettre, avec autre chose que des mots. A ce moment-là, il n'eut pas envie de fumer. Il n'eut pas envie de partir, seulement de se contenter de la présence de Neo, de sa chaleur douce et son souffle qui le berçait comme un enfant qui avait besoin de sa maman. Allongé finalement tout contre elle, la joue contre sa clavicule, Razvan avait abandonné une main sous son sein. Silencieux, ravi pourtant, il sentait son propre cœur se calquer sur celui de la personne qu'il aimait. « Tu m'as tellement manqué » avoua-t-il en reprenant, il le savait, les mots qu'elle lui avait livré ce matin-là de juillet. Il se souvenait de ces mots qu'il avait ressenti plus intensément que n'importe quel autre. Il se souvenait aussi de ce qui avait suivi. Mais qu'importait après tout. Qu'importait. Rien ne saurait gâcher ce doux moment qu'ils partageaient et dont ils avaient si terriblement besoin.


(556)

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 15:24

Ils avaient fini par trouver le chemin du lit, par un miracle qui ne s’expliquait pas. Quelques stops entre temps parce que la chambre paraissait trop loin, parce qu’il fallait rattraper le temps perdu, et que leurs corps n’acceptaient pas de se décoller un seul instant. Il lui avait semblé qu’à un moment, Razvan l’avait portée, elle ne savait plus trop, la tête lui tournait tant. La débâcle des sentiments, des sensations, et tandis qu’il explorait furieusement sa peau, à l’horizontale, elle lui avait dit à nouveau qu’elle l’aimait, plusieurs fois peut-être, sans réfléchir. Réfléchir les avait amenés à prendre les pires décisions, alors il fallait se laisser aller, et ce fut si parfaitement fait que Neo perdit toute notion du temps, oubliant presque jusqu’à son prénom, celui de Razvan, tant l’empire des sens avait pris le dessus sur tout le reste.

Allongée, frissonnante, Neolina serrait Razvan avec les quelques forces qui lui restaient. Elle sentait sous ses doigts ses muscles qui se détendaient doucement alors qu’elle-même avait l’impression de s’enfoncer dans le matelas. Elle n’était pas possessive, ne l’avait jamais été mais elle voulait le garder encore près d’elle, rien qu’à elle, plus certaine que jamais que c’était là tout ce qu’elle voulait. Là où, quelques mois plus tôt, elle savait qu’une discussion compliquée allait suivre, cette fois elle ressentait un vrai, un pur apaisement, amplifié évidemment par les échos de plaisir qui la traversaient encore. Savourant le poids de sa tête posé contre elle, ses doigts caressèrent machinalement quelques mèches trempées de sueur, qui ondulaient légèrement alors qu’elle jouait avec. De son autre main, elle dégagea son front humide sur lequel elle déposa un baiser, se délectant de sa peau un peu salée. Razvan, peut-être à dessein, reprit des mots qu’elle avait autrefois prononcés, et qui la firent sourire comme une imbécile heureuse. Ils avaient beau vouloir s’affranchir du passé, il semblait que l’un des deux en était quelque peu incapable. « Je sais. » souffla-t’elle, épuisée et trop comblée pour aligner trois mots de plus. Aussi bavarde était-elle, Neo était souvent bien silencieuse après l’amour, préférant savourer les souffles saccadés qui se calmaient tranquillement, ressentir pleinement les quelques frissons qui restaient.  « Mais je suis là maintenant. Je ne vais nulle part. » Ça non. Il faudrait un sortilège bien puissant pour décoller Neolina de celui qu’elle aimait, pour la faire quitter ce lit d’où elle n’avait aucunement envie de sortir.

Ouvrant un oeil, Neo aperçut les premiers rayons du soleil qui transperçaient les voilages et conférait à la scène une aura bien particulière. Ce ne fut d’ailleurs qu’au bout de quelques minutes, quand son cerveau retrouva un peu pied, qu’elle devint presque plus pragmatique que Razvan. Avec un petit râle d’une mignonnerie absolue, elle s’étira doucement, réveillant un peu ses muscles fatigués avant de glisser une jambe par-dessus la sienne, comme si elle craignait qu’il ne s’enfuit. Comme si… Elle enfouit sa tête comme une enfant dans la masse de ses cheveux, s’extrayant de la luminosité qui lui rappelait déjà que le temps filait. « Je vais avoir besoin d’un mot de mon médicomage… » dit-elle finalement d’un ton malicieux étouffé par les mèches brunes. « J’ai le front trop brûlant pour aller au travail, tu ne crois pas ? » Neo n’était pas du genre à rater le travail par plaisir. Mais là, pardon, il y avait prescription. Son coeur se réparait enfin, après tout ce temps. Et si pour ça, il fallait garder le lit et bien…
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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyDim 17 Jan 2021 - 18:37

Les derniers mois avaient été douloureux, traduction terrible de tout le malheur qui peut s'abattre sur quelqu'un. La solitude s'était faite plus difficile que d'habitude, le passé plus présent alors même qu'il semblait terriblement lointain. Les mots qu'ils s'étaient dis tous les deux, ceux qu'il avait lâché aussi, étant la quintessence de quelque chose de profondément complexe. Razvan ne devrait pas se laisser aller à ses sentiments pour Neolina. Il n'aurait jamais dû se laisser aller à l'aimer comme il l'avait aimé le temps d'une matinée. Il n'aurait pas dû lui avouer dans ces escaliers la teneur de ses sentiments. Mais voilà. Tout le monde n'est pas parfait et il était parfaitement conscient de ne pas l'être. Plus que jamais, il était faible dans ses bras et plus que jamais, il avait besoin d'elle. Une vague émotion lui enserra la gorge sans qu'il ne puisse la définir avec une absolue certitude. Etait-ce du soulagement ? Etait-ce de la joie ? Etait-ce la réalisation que le bout du tunnel existait et qu'il se présentait, parfois, sans qu'on l'y attende ? Le roumain ne s'était pas attendu à voir Neo ce matin-là, il ne s'était pas attendu à ce qui avait suivi non plus. Comme la première fois d'ailleurs, bien qu'au goût étrangement amer de leurs premiers ébats succédaient maintenant le bonheur et la joie. Je ne vais nulle part. Comme pour acquiescer à ses paroles, le médicomage la serra un peu plus contre lui. Quelques minutes passèrent sans qu'ils ne bougent d'un poil, profitant simplement de la présence et de la respiration de la personne qu'ils aimaient sincèrement. Bouffée d'air frais dans une vie enfumée, Razvan avait besoin de ce moment pour s'apaiser, la retrouver, profiter d'elle... Avant qu'elle ne disparaisse ? La crainte de la voir s'en aller était bien présente, alors même qu'ils s'étaient échangés des mots plus tôt qui ne valaient pas rien. Le regard flou, un peu pensif, il caressa la peau qui était sous sa main avec une douceur infinie.

Peut-être que cela réveilla Neo qui s'étira comme un fléreur, pas assez pour qu'il la lâche, cependant. Les membres un peu engourdis, le roumain avait les pensées tournées vers elle, non pas vers lui. Sa main qui la flattait descendit jusqu'à la cuisse de son amie d'enfance - amante ? - pour la caresser plutôt à cet endroit. Les paroles malicieuses de la sorcière lui attirèrent un sourire un peu amusé et il leva sa main pour l'envoyer doucement à son visage et caresser ses joues, chaudes en effet. « Pour quelques jours de plus avec toi, je signe toutes les attestations que tu voudras » assura-t-il doucement avant que sa main ne reprenne sa place sur la cuisse blanche de Neolina. Razvan leva la tête, un peu, pour croiser son regard, « impossible de travailler dans cet état... ». Il était cependant trop fatigué, trop vidé d'énergie pour mettre le peu qu'il restait à d'autres ébats - en tout cas pour l'instant. « Même si je m'en veux peut-être de te donner de la fièvre » conclut-il avec une pointe de malice avant d'embrasser doucement son cou. Profiter des heures et des heures d'elle, rattraper pendant tout ce temps celui qu'ils avaient perdu. Comment dire non, comment refuser ?


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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyLun 18 Jan 2021 - 12:04

Être dans ses bras. Ne penser à rien, si ce n’était à ce bonheur intense de le retrouver enfin. Sentir son souffle qui caressait sa peau, sa main aussi. Il était parfois bien difficile de savourer la simplicité et pourtant, là, maintenant, cela paraissait l’évidence même. Le quotidien finirait bien par les rattraper, la réalité aussi mais en attendant, merci de leur laisser un peu de paix. Après tout, ne l’avaient-ils pas mérité ? Car même si depuis juillet, Neo semblait avoir tourné la page, tout le secret résidait dans ce verbe. Semblait oui, puisqu’elle avait même réussi à se persuader elle-même que ça n’était rien, qu’une passade, un instant d’égarement, alors qu’au fond d’elle, quelque chose était resté, comme un poids dans sa poitrine qui venait enfin de disparaître. Et ce n’était que maintenant qu’il n’était plus là qu’elle réalisait sa présence fantôme. Qu’elle réalisait qu’enfin, elle allait mieux, alors qu’elle ignorait aller mal.

Il leur faudrait parler, c’était évident. Le passé avait beau leur avoir fait du mal, c’était justement en n’en parlant pas qu’ils risquaient de tout rater. Les fameuses raisons silencieuses qui leur avaient fait perdre 6 mois ne s’étaient pas envolées, du moins pas du côté de Neolina. Elles étaient simplement devenues dérisoires par rapport à son envie, son besoin d’être avec Razvan. Relativiser était une chose, se voiler la face en était une autre. Et Razvan, par deux fois, avait été celui qui avait mit fin à ce qui n’avait même pas commencé. Elle ne lui en voulait pas, ne lui en voulait plus en tout cas. Mais ça n’était pas lui qui était revenu, qui avait bravé ses peurs. Il y avait donc des choses à éclaircir, oui. Des craintes à affronter, des choses à nommer, à assumer, ensemble cette fois. Mais il était trop tôt pour des conversations aussi complexes, qui auraient pu tout ruiner trop vite. Neo n’avait ni la force, ni l’envie, ni la lucidité d’ailleurs pour aborder pareil sujet. Le simple fait de s’être rappelée qu’elle devait travailler tenait du miracle, d’ailleurs.

Sur sa peau, Neo sentit le sourire de Razvan se dessiner, et ses lèvres y répondirent en miroir, par pur réflexe. Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas vu sourire, réellement sourire, et y mettre du coeur. C’était la plus belle chose qui soit. Lui si sérieux, si grave, si résigné, avait toujours été différent avec elle. Personne ne comprenait vraiment comment elle faisait, ni pourquoi elle passait autant de temps avec un homme aussi mutique. Mais ces gens là ne savaient pas que Razvan savait être drôle, charmant, doux… parce qu’il ne réservait ça qu’à ceux qui comptaient vraiment pour lui. Et Neolina en faisait résolument partie, aujourd’hui plus que jamais, et cette pensée lui déclencha un élan au coeur, vous savez, de ces sensations pleines de picottis agréables, qui couraient jusqu’à la nuque. « Quelques jours seulement ? » Elle surjoua un peu, de sa voix mi-somnolante, mi-taquine. Quelques jours lui semblaient bien insuffisants pour se repaître de Razvan, même s’ils avaient le temps, tout le temps du monde désormais. Mais la vie était suffisamment imprévisible pour que Neo ait envie de se satisfaire avant tout du présent, de ne rien vouloir en manquer. Elle redressa la tête au moment exact où il la relevait aussi, croisant son regard qui pétillait un peu. Blague à part, il faudrait vraiment qu’il lui signe ce petit mot. Mais ils pouvaient bien se permettre quelques longues minutes à profiter de l’autre, encore un peu. Le Ministère était tout à côté. « C’est vrai que c’est inadmissible. Tu vas être obligé de rester pour soigner les maux que tu m’as causés. » Elle attrapa délicatement son menton, pour rapprocher ses lèvres des siennes. « N’est-ce pas là votre devoir, monsieur Vacaresco ? » Son ton était plus joueur que solennel car pour un esprit qui cogitait, il y aurait toute une vague de sous-entendus qui aurait pu se cacher dans ses paroles. Heureusement, Neolina ne pensait à rien, et embrassa tendrement cette bouche qui lui donnait, comme il disait, la fièvre.
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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyLun 18 Jan 2021 - 13:41

Neolina ne pouvait soigner tous les maux. Même avec la délicatesse de son touché, même avec ses sourires enjôleurs, même avec sa douceur. Il y avait des démons dans l'esprit du médicomage dont il ne pouvait pas parler. Si ça n'avait pas été si grave, si ça n'avait pas été si terrible, il lui aurait dit toutes les mauvaises choses qu'il avait fait. Il ne l'aurait jamais repoussé, par deux fois, en juillet, en septembre, non il n'aurait jamais fait cela. Il avait pris ces décisions parce qu'à ce moment-là, il n'était pas encore tout à fait au bord du gouffre, il n'avait pas encore tout à fait sombré dans la dépression. Maintenant qu'il avait les pieds joints dedans, la partie rationnelle de son esprit lui quémandait du repos, de l'aide. De l'affection aussi. Sinon, qui sait ce qu'il aurait dit ? Qui sait s'il ne l'aurait pas repoussé encore, pour de bon cette fois-ci ? Maintenant pourtant qu'il avait retrouvé ses bras, Razvan avait l'impression, comme un adolescent énamouré, qu'il ne saurait plus la repousser, plus jamais. Neolina lui apportait quelque chose qui lui manquait sans qu'il ne le réalise maintenant. Le médicomage n'avait vécu qu'une seule histoire. Une seule histoire, avec feue Mara Ionescu. Le début d'une seconde semblait commencer son récit, de façon surprenante, nécessaire pourtant. Il avait trente-quatre ans. Ne pouvait-il pas rebondir, passer à autre chose, avancer ? N'y avait-il pas droit ? Etait-il condamné à souffrir toute sa vie... ?

Il élargit un peu son sourire contre la peau de Neo devant son ton théâtral, sans y répondre. Quelques jours, quelques mois... Ils avaient toute une vie à consacrer à l'autre si cette vie ne leur mettait pas des bâtons dans les roues comme elle aimait le faire. Elle, comme lui, avaient vécu des moments durs et trouver du repos semblait impossible. Razvan n'était pas encore sorti du tunnel et pour Neo, il ne savait pas, ne se risquerait pas à penser que tout allait bien dans le meilleur des mondes non plus. Elle lui avait confié avoir ses raisons pour ne pas vouloir d'une histoire avec lui, il s'en souvenait comme si c'était hier. Pourtant, elle était venue le voir ce matin, pour changer d'avis, le faire changer d'avis aussi peut-être. La sorcière attrapa son menton pour rapprocher son visage du sien et le regard du roumain fit un allez-retour entre ses yeux noisettes et sa bouche qu'il avait furieusement envie d'embrasser encore, encore, encore. Elle l'embrassa tendrement et il laissa une main glisser sur sa joue, attraper une mèche pour la cacher derrière son oreille. « Rester ne me semble pas être une bonne idée si je te donne des bouffées de chaleur » lui répondit-il d'un ton taquin alors qu'il se décollait doucement pour reprendre sa respiration, « et plus vite ce mot sera envoyé... ». Il ne finit pas sa phrase, à dessein et se décolla cette fois-ci promptement de la roumaine en attrapant son boxer pour l'enfiler et sortir du lit. Razvan ne savait même pas où il trouvait la force et la volonté de se décoller d'elle - sans doute dans l'idée plus alléchante encore qu'avec un petit mot de la part d'un médicomage, il pourrait d'autant plus profiter d'elle. C'est une fois à son bureau qu'il se saisit finalement d'une cigarette qu'il alluma avant d'ouvrir la fenêtre pour que l'air frais pénètre dans la pièce à l'atmosphère rendue si lourde par les souffles qu'ils s'étaient échangés. Il tira une taffe, puis une deuxième, alors qu'un papier en main, à demi-assit sur son bureau, torse nu, il commençait à rédiger un mot d'un excellent professionnalisme à l'attention du Ministère. « Tu m'excuseras pour l'écriture » dit-il avec sa clope toujours entre les lèvres, lui qui pourtant avait une si belle façon d'écrire, « mais de toute façon, un mot d'un médicomage, c'est fait pour être illisible ». Il tapota sa cigarette dans un cendrier pour ne pas tâcher la feuille, avant de reprendre une taffe pour finir son mot. Il le signa avant de le poser sur son bureau, la plume à côté. Razvan reposa son regard noir sur Neolina, sans bouger d'un pouce, toujours assit sur le bureau, comme si, indécemment, il l'attendait.


(706)

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyLun 18 Jan 2021 - 19:18

Razvan et Neolina avaient toujours eu l’habitude de se taquiner. C’était très certainement elle qui avait commencé, mais le roumain n’était pas tellement en reste quand il s’agissait de la faire tourner en bourrique. C’était comme un jeu, qui avait commencé il y avait de ça bien des années, et qui après une petite pause, ne s’arrêterait sans doute jamais. Sauf que voilà, des brimades innocentes, ébouriffages de cheveux et autres bêtises dignes des grands gamins qu’ils étaient parfois, aux mesquineries auxquelles ils se livraient maintenant, il y avait un grand pas qu’ils avaient décidé de franchir. Et après la gravité de leurs dernières conversations, celle plus légère et mutine à laquelle ils se livraient désormais était une véritable bouffée d’air frais. Et malgré les incessants baisers qu’ils s’échangeaient, comme si une force invisible les attiraient, Razvan eut une répartie bien plus aiguisée que la sienne alors que, bouche bée, faussement outrée, elle l’observait à regret s’éloigner d’elle.

Les regrets ne durèrent pas, car ses yeux purent alors se délecter d’une vue à nulle autre pareil. Sur son flanc, Neo posa la main dans le creux de son coude, observant avec ravissement les courbes sur lesquels, quelques mois plus tôt, elle s’était interdite de glisser le regard. Et quel dommage ça aurait été. Bon sang, comment avait-elle fait pour ne jamais réaliser la beauté de cet homme, qu’elle avait vu grandir et devenir séduisant, là, sous ses yeux ? Peut-être était-il là, le problème. Lorsqu’on a quelque chose sous les yeux, on n’en saisit pas les changements. Il avait fallu de la distance, et du temps passé loin de l’autre, pour qu’enfin Neo se rende compte d’une évidence. Razvan était d’une effroyable beauté, incarnant à merveille la froideur slave qui contrastait avec la chaleur qui émanait de sa peau, qu’elle frôla du bout des doigts alors qu’il s’échappait. « … plus vite tu rejoindras loin le lit. » termina-t’elle sa phrase, impatiente de sentir à nouveau son corps près du sien, voire tout contre si possible.

Alors que sa silhouette se découpait dans le contre-jour, assis nonchalamment sur le rebord de son bureau, cigarette aux lèvres et muscles dessinés par sa posture penchée, Neolina réalisa deux choses. Qu’elle ne lasserait jamais d’une telle vue, d’abord. Comment l’aurait-elle pu, alors que ses yeux suivaient ses gestes et remontaient le long de son bras, ses épaules, son dos, jusqu’à terminer sur ses fesses parfaites, sa petite faiblesse à elle ? Mais aussi et surtout, que son bel amant - oui, elle avait le droit maintenant - était parfaitement ignorant de l’effet qu’il produisait sur elle, et du charme indécent qu’il dégageait. Il parlait de bouffées de chaleur, hein ? L’air frais qui s’engouffrait dans la pièce ne suffit pas à faire redescendre la température. Détachant à regret son regard de lui alors qu’il écrivait, Neo repoussa le drap avec ses pieds et chercha du regard de quoi se couvrir, réalisant tout à coup que ses vêtements parsemaient le chemin parcouru quelques minutes plus tôt, mais rien autour du lit. Soit. Elle attrapa une chemise qui traînait sur le dossier d’une chaise, probablement celle qu’il portait la veille, et l’enfila en fermant uniquement les trois boutons du bas, recouvrant ainsi le haut de ses cuisses et son ventre, un peu. Monsieur en avait terminé de sa prose, et Neo le rejoignit, volant entre ses doigts sa cigarette sur laquelle elle tira sans même jeter un regard à la lettre. « Je t’excuse. » Elle recracha la fumée un plus loin de son visage et lui vola un baiser au passage avant de glisser le filtre à nouveau entre ses lèvres, et de filer en direction du salon, où elle retrouva sa baguette.

Quelques secondes plus tard donc, Neo était de retour près de lui, tout sourire, et alors qu’elle pliait la feuille entre ses doigts, elle lui lança d’un air innocent. « Et toi, ça sera quoi ton excuse ? Urgence médicale à domicile, coeur qui s’emballe, surveillance constante exigée ? » Puis elle lui lança un regard tout ce qu’il y avait de provocant avant d’envoûter la feuille d’un sort dans leur langue natale, suivi du nom de son destinataire. Le parchemin prit la forme d’un avion qui s’envola au dehors, direction le Ministère. Volontairement, elle se pencha - sans doute un peu trop, mince alors… - et observa le messager de papier s’éloigner dans le petit matin.
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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyLun 18 Jan 2021 - 21:22

Razvan faisait parti de cette espèce d'homme qui ne sait pas qu'il peut plaire. Celui qui est toujours stupéfait quand on lui fait remarquer que quelqu'un lui fait du gringue, celui qui ne comprend pas non plus comment on peut l'aimer. Il ne comprenait jamais vraiment pourquoi on venait parfois le draguer dans un bar le soir, mais hé, puisqu'il avait juste à attendre, il y allait. Sans comprendre le super-pouvoir, certes. Mais qu'y a-t-il à comprendre, au fond ? C'était déjà plus délicat concernant Neolina. Oh, elle lui avait répété qu'elle l'aimait plusieurs fois, et il s'était délecté de l'entendre. Ces mots avaient soulagé le poids qu'il ressentait depuis le mois de juillet où, persuadé qu'il était le seul à avoir des sentiments, il avait souffert. Ces mots avaient soulagé aussi le poids qu'il ressentait depuis septembre, où il lui avait dit, de façon brutale, ce qu'il ressentait... Sans obtenir de réponse. Alors diable, comment pouvait-elle l'aimer ? Posté sur le bureau, occupé à trouver les mots pour assurer à Neo un peu de temps libre en sa compagnie, Razvan ne réalisait donc pas que sa position rehaussait ce qu'il y avait de beau chez lui. La brutalité de ses traits, taillés dans le roc de Roumanie, autant que sa délectable façon de tirer une taffe sur une cigarette, non, il ne réalisait rien. Il agissait sans arrière pensées.
Lorsqu'il posa sa plume, il releva son regard vers Neolina qui s'était enroulée dans une chemise à lui - et qui lui allait diablement bien. Il eut tout le loisir de laisser son regard vagabonder sur ses belles courbes, celles de ses cuisses, autant que celles de ses seins. Elle lui retira sa cigarette et posée devant lui, il laissa ses yeux descendre plus bas que son visage, en se passant sa langue sur ses dents avant qu'elle ne lui arrache un fourbe baiser pour s'arracher à lui dans la foulée. Toujours assit sur le bureau, il ne se fit pas prier pour regarder son dos s'éloigner en finissant sa cigarette qui s'échoua dans le cendrier. Il se fit la réflexion, alors qu'elle était loin de lui, qu'il n'avait pas eu de réveil aussi agréable depuis longtemps. Depuis...

Neolina empêcha sa pensée de se finir en revenant, illuminant la pièce de son joyeux sourire. Il la regarda plier de ses doigts fins la petite lettre avant de l'ensorceler pour qu'elle ne quitte l'appartement à la vitesse de l'éclair. « Moi je ne travaille pas aujourd'hui » fit-il d'une voix un peu traînante, « alors ça peut attendre demain... ». Razvan n'avait guère plus trop envie d'écrire des excuses pour ne pas aller travailler - et puis au pire, il pouvait poser le nombre épouvantable de congés qu'il avait en trop, ceux de l'année précédente qui lui restait. Son regard sombre descendit sur son amante alors qu'elle regardait la petite lettre partir dans une position... C'est qu'elle l'allumait, ou il rêvait ? Comme dit précédemment, le roumain n'avait pas l'habitude de réaliser l'effet qu'il faisait sur les autres. Et il n'avait pas forcément l'habitude de réagir non plus quand on le provoquait de la sorte. Mais les autres n'étaient pas Neolina. Il descendit de son petit perchoir pour se placer derrière elle et se coller contre son dos, en faisant glisser ses mains de ses fesses à son ventre, avant d'enfouir son visage dans son cou qu'il parsema de plusieurs dizaine de baisers brûlants. « Vous avez le regard bien lointain, Miss Siankov » lui dit-il dans un murmure, avant que sa bouche ne remonte derrière son oreille, « à quoi donc pensez-vous ? ». Ses mains glissées sous sa chemise prenaient désormais bien du plaisir à remonter sur le torse de sa roumaine.


(622)

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyMar 19 Jan 2021 - 15:06

Qu’il était doux, cet instant. Et léger, comparé à l’ambiance pesante qui s’était abattue sur toutes leurs conversations depuis juillet. Alors qu’il aurait pu paraître bien étrange de voir son plus vieil ami désormais comme un amant, Neolina agissait avec tout le naturel du monde, s’amusant un peu à le tester sur des domaines où elle ne connaissait pas encore ses réactions. Neo n’avait jamais été du genre femme fatale, ayant découvert sa sexualité dans les bras d’un homme qui avait été son unique pendant de longues années. Elle se savait belle, mais certainement pas sexy, et avait de toute manière bien trop d’humilité pour l’admettre. Et avec Razvan, tout était à redécouvrir. Tout était à explorer, et c’était bien là ce qui rendait le moment d’autant plus excitant, alors qu’elle s’était tout de même penchée avec la ferme intention de ramener son roumain jusqu’à elle. Son roumain, oui. À cet instant, il n’appartenait qu’à elle, et un sourire certain s’invita sur ses lèvres en entendant qu’il était libre au moins pour la journée. Pour le reste, on verrait. Mais en attendant demain, ils étaient aujourd’hui, et aujourd’hui était le début d’un nouveau chapitre, dont la première page s’écrivait à l’instant.

Son regard toujours perdu dans le lointain, Neolina sentit tout à coup les mains de Razvan sur elle, sur sa peau nue qu’elle avait dévoilée à dessein, et elle le fit mentir en un quart de seconde en fermant les yeux pour profiter de la délicieuse sensation. À quoi pensait-elle ? À rien, rien d’autre que les baisers de Razvan dans son cou rafraichi par la brise. Que ses mains qui semblaient l’envelopper toute entière. Que sa voix qui lui parvenait dans un souffle, une voix qu’elle n’avait jamais connue aussi douce et chaude, lui sembla-t’il. Le fait qu’il passe au vouvoiement, comme elle l’avait fait elle-même un peu plus tôt, produisit son petit effet, et le roumaine se redressa un peu pour coller un peu plus son dos tout contre lui. Il était si brûlant, comment était-ce sorcièrement possible ? Peut-être était-ce lui qu’il fallait diagnostiquer. Glissant sa main à l’aveugle à l’arrière, elle la passa dans ses cheveux jusqu’à sa nuque alors que ses dents mordaient ses lèvres pour retenir un soupir. « À toi. » répondit-elle finalement de la même voix basse que lui. « Et à la dernière fois que tu as fait ça. » dit-elle en plaquant ses mains sur les siennes, au-dessus de sa chemise. Elle lâcha un léger rire, se retournant finalement pour lui faire face et lire dans ses yeux peut-être le même désir qui se réveillait encore chez elle, comme un début d’incendie qui embarquait tout sur son passage. Ses mains glissèrent de son cou aux muscles dessinés de son torse, sur lesquels elle devinait quelques cicatrices mystérieuses. « Tu te souviens ? » Comment aurait-il pu en être autrement ? Neolina avait longtemps gardé en tête ces sept minutes passées dans un placard, où elle avait embrassé son meilleur ami, où ça lui avait plu, même. Mais à l’époque, il y avait Mara, pauvre Mara ! Et pauvres idiots qu’ils étaient de ne pas s’être rendus compte. «Tu étais autrement plus gêné à l'époque... » Elle haussa un sourcil taquin et doucement, ses mains glissèrent encore un peu jusqu’à ses reins, à la naissance du bout de tissu qui allait très vite retourner rejoindre ses petits copains par terre.
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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyMar 19 Jan 2021 - 16:48

Il y avait bien des choses que Razvan regrettait. La vie qu'il menait, celle qu'il avait laissé, les occasions qui avaient filées, les morts qui s'accumulaient derrière lui, l'absence de sa fille, la mort de sa femme. Neolina. Oh oui, il regrettait des choses. Mais à cet instant, qu'est-ce qu'il pouvait regretter ? Il semblait que les bras de la roumaine avaient un étrange effet curatif qu'il ne s'expliquait pas. A ce moment, et bien qu'il parlait dans la langue qui était la leur, il ne pensait pas à la Roumanie, ni à la guerre, ni à sa tristesse. Neo semblait s'inviter naturellement pour chasser tous les démons de son beau sourire enjôleur, souligner encore tous les sentiments qui débordaient de son cœur. Il l'aimait, il l'aimait, et il n'y pouvait rien. Il l'aimait depuis longtemps et ça non plus, il n'y pouvait rien. Le cœur a ses raisons que la raison ignore, il paraît. Razvan ne pensait à rien d'autre qu'à son corps bouillant contre celui de la sorcière, qu'il s'amusait à caresser comme on caresse celui que l'on connait par cœur. Le connaissaient-ils si bien, le corps de l'autre, eux qui avaient finalement eu bien peu d'occasions de se découvrir - et de s'aimer ? Il laissa s'échapper un léger soupir en la sentant se redresser pour se coller davantage à lui. Malgré toute la meilleure volonté du monde, un léger frisson lui parcouru l'échine en sentant ses mains se promener dans ses cheveux. Un doux sourire aux lèvres, il se fit la réflexion que décidément, elle aimait beaucoup les lui empoigner, caresser de la sorte. Etait-ce donc ça, la petite obsession de Neolina ? Découvrir les quelques habitudes de l'autre était définitivement charmant, excitant aussi, en un sens. C'était un type de jeu auquel il n'avait plus joué depuis des années... Et c'était finalement plus agréable que dans son souvenir, merci l'expérience, sans doute.

La trentenaire fit ressurgir un souvenir de leur lointain passé commun en posant ses mains sur les siennes qui se délectaient des attributs féminins de Neolina. Et contre son oreille, son sourire s'agrandit un peu avant qu'elle ne se retourne pour le regarder. Son petit regard lui arracha un rire, sincère, dénué de toute arrière pensée mélancolique. Pourtant, la référence à ce moment fugace de leur passé aurait pu lui attirer un voile dans le regard - c'était regarder cette époque où ils étaient innocents, où ils n'avaient pas vécu et où peut-être, tristement, ils avaient raté l'évidence... La taquinerie de Neolina ne le fit pas détacher son regard du sien : « Tu fais plutôt référence à la première fois où je t'ai fait ça » la reprit-il d'un ton un peu provocant - c'est qu'il s'y était donné à cœur joie plus tôt - « j'étais mortifié ». Razvan se rappela de son jeune lui qui avait tripoté une fille, et pas n'importe laquelle, dans une armoire alors même qu'il en fréquentait une autre. « Pour ma défense et mon honneur, je jure que je n'ai pas fait exprès. Je n'aurais jamais osé... » affirma-t-il avant de rapprocher ses lèvres de celle de la roumaine, pour les faire dévier au dernier moment jusqu'à son cou qu'il sentit sans embrasser pourtant, « et je me suis pris une sacrée gifle après ça ». L'homme eut un rire. Il était complètement sorti de sa mémoire sa vexation intense suite à ce que Neo lui avait dit. Non, Razvan se souvenait de ce baiser échangé dans l'armoire, du regard des autres et de l'expression furibonde de Mara. Le roumain leva une main pour baisser la fenêtre qui était ouverte et qui leur soufflait une brise fraîche sur deux corps qui n'avaient pas besoin d'être rafraichis, malgré leur température corporelle. Le médicomage entreprit de défaire les boutons qu'elle avait bien inutilement noué pour faire semblant de fermer sa chemise : « J'y ai beaucoup pensé, tu sais. A l'époque, mais surtout cette année » avoua-t-il doucement, tendrement, en défaisant le dernier bouton pour faire glisser la chemise de ses épaules d'un geste bien délicat pour des mains si abîmées.


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Le poison des remords

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Neolina Siankov

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MessageSujet: Re: Enfin, le début w/Razvan Enfin, le début w/Razvan EmptyMar 19 Jan 2021 - 19:39

Première fois, dernière fois, tout ça n’était qu’une question de vocabulaire, finalement. Et Neo n’avait pas tellement les pensées claires après ce qui venait de se passer, figurez-vous. Comment le lui reprocher ? Elle aurait pu se sentir bête - après tout, maladroite un jour, maladroite toujours n’est-ce pas ? - mais pas avec Razvan. Jamais avec Razvan. Dans ses bras, elle se sentait la femme la plus confiante du monde, la plus aimée aussi peut-être. Tout juste leva-t’elle les yeux au ciel, en réaction à sa petite provocation qui n’était pas passée inaperçue. « Je me souviens oui ! » dit-elle dans un rire finalement qui désamorça sa piètre tentative de passer pour une offensée. Sans être mortifiée, Neo elle-même n’avait su comment réagir, à la fois gênée et, il fallait bien l’admettre, un peu excitée par ce geste qu’il était le premier à faire à son égard. Hélas, toutes les autres premières fois s’étaient faites dans d’autres bras, mais elle ne doutait pas qu’ils sauraient s’en créer bien d’autres.

Et alors qu’il parlait d’honneur, et brandissait son innocence en étendard pour excuser son geste, qu’elle n’avait de toute manière jamais blâmé, Razvan se permit un petit comportement bien effronté alors qu’elle n’avait qu’une envie : goûter à nouveau à ses lèvres. Eh bien, monsieur Vacaresco… Si elle avait su ! Si elle avait su, oui, peut-être n’auraient pas perdu autant de temps à se contenter d’une belle et profonde amitié et que les deux minutes de plaisir dans cet armoire aurait donné lieu à vingt ans d’un amour sans pareil. Elle allait répondre, mais se perdit un peu dans son cou, enivrée par son odeur que la chemise qu’elle portait ne faisait qu’amplifier, et fut bien surprise de la suite. « Une gifle !? » Alors ça, il ne lui en avait jamais parlé. Sa main droite quitta le délicieux endroit où elle se trouvait pour passer sur sa joue, comme si la douleur était encore fraîche et qu’elle pouvait la balayer en un geste, c’était idiot. « En même temps, si mes souvenirs sont bons, c’était bien toi qui m’avait embrassée… » Sa voix était redevenue suave et joueuse. Oh que oui, ses souvenirs étaient bons. Oh que oui, elle avait ressassé ce moment encore, et encore, et encore. Oh que oui, il avait mérité sa gifle au final, parce que ce qui s’était passé dans ce placard était peut-être au départ une curiosité, mais était vite devenu bien plus que ça, alors qu’ils avaient intensifié leur baiser pendant la minute qui restait. « En fait, tu n’es  pas aussi respectable que je pensais… » poursuivit-elle alors qu’il en faisait la parfaite démonstration en frôlant son ventre de ses doigts pour la départir du peu de tissu qu’elle portait. Ciel, que c’était agréable.

Et s’il avait franchi le pas plus tôt, au bout de deux minutes seulement ? Est-ce qu’après la gifle, Razvan serait venu la retrouver, elle ? Elle y avait longtemps pensé. À l’époque, comme il disait, beaucoup moins cette année car le souvenir n’avait ressurgi que lorsque quelques minutes plus tôt, explorateur de son corps, il avait à nouveau posé ses mains avec bien plus d’assurance sur ses seins, qui eux aussi avaient eu tout le temps de changer, soit dit en passant. Mais à l’époque, oh… Neolina ne lui avait vraiment plus parlé pendant quelques jours, ne sachant trop quoi faire, et se sentant affreusement coupable. Ses dernières nuits d’août avaient été peuplées de rêves dont Razvan était le point commun. Razvan, et certains actes bien peu chastes. Il lui avait fallu du temps pour pouvoir le regarder dans les yeux après ça, pas comme maintenant où elle le dévorait du regard tandis qu’il la déshabillait du sien, et de ses mains aussi. La sienne était toujours sur sa joue, tandis que l’autre était descendue un peu parce qu’eh bien, quand on pouvait avoir accès à pareilles formes, on ne s’en privait pas. « Tu n’as peut-être pas été mon premier baiser, mais tu as été le premier qui a compté. » répondit-elle en toute sincérité, caressant sa joue de son pouce. Ceux d’avant, elle ne s’en souvenait pas, vraiment en plus. Il avait éclipsé tous les autres. Un frisson la parcourut, qu’elle ne put cacher. Etait-ce le froid, autre chose ? Impossible à dire. « Laisse-moi te créer plein d’autres souvenirs auquel tu pourras repenser… » dit-elle avant de l’embrasser avec toute l’intensité de ce qu’elle ressentait. « Et qu’on aura tout le loisir de rejouer quand tu veux. » Dans un sourire, elle le poussa sur le lit avec une certaine autorité, prête en effet à créer des souvenirs bien moins chastes que celui de cette petite armoire trop étroite, qui avait follement besoin d’être réactualisé au vu des récents événements.
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