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L'alcool qui délie les langues | MAUGREY

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Razvan Vacaresco

Razvan Vacaresco


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
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MessageSujet: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY EmptyLun 22 Fév 2021 - 14:24

Lien vers le message laissé par Razvan à Maugrey Fol'Oeil.

Le 28 février 1979, à 20h00

Il pleuvait ce jour-là. Ce n'était pas foncièrement étonnant, pour un mois de février en plein coeur de la campagne écossaise. La nuit avait envahi les rues depuis quelques heures, quelques sorciers se pressaient pour rentrer chez eux. On entendait même du tonnerre au loin. Posté devant la Tête de Sanglier, Razvan fumait. Caché par le porche, la pluie ne l'atteignait pas mais le froid lui rongeait les os, lui qui pourtant, était habitué aux rudes hivers de son pays, la Roumanie. Il tira une taffe et laissa s'échapper de ses lèvres un filet de fumée dans la nuit. Le regard posé sur Poudlard, dont il ne voyait pas, bien entendu de lumière - en raison de la pluie et de la distance - il cogitait. Il cogitait depuis des heures en fait. Il avait refusé de voir Neolina aujourd'hui pour garantir son rendez-vous avec l'Auror le plus efficace du Ministère. Et s'il ne montrait rien, au fond de lui, il crevait de peur. Il crevait de peur pour plusieurs raisons. Revoir le visage lacéré de Maugrey lui ferait mal. C'était lui qui lui avait arraché l'oeil, c'était lui qui l'avait défiguré. Pourtant, si Razvan n'était pas certain d'être prêt à être ainsi mis face à ses propres regrets, il se sentait le besoin, en quelque sorte, d'alléger son fardeau. Il n'avait pas donné rendez-vous à Maugrey pour rien. Ce n'était pas pour se faire du mal. Le visage dur éclairé simplement par un Lumos, le regard brut du roumain se promenait dans la rue. Il n'y avait personne et pas de bruit, sinon celui incessant de la pluie contre la toiture et contre les gouttières. Un chat sans doute jeté dehors par son maître poussa un hurlement qui leva ses cheveux sur son crâne. A l'intérieur de la Tête de Sanglier, il n'y avait pas grand monde. Mais Razvan avait quand même demandé un box séparé des oreilles indiscrètes. Ce qu'il avait à dire pourrait sérieusement lui coûter la vie. Et son cœur jouait les tambours battants dans sa poitrine alors que son regard était vif. Il laissa s'échapper une autre gorgée de fumée, la dernière, avant de balancer négligemment son mégot dans une flaque d'eau juste en face de lui. « Nox » marmonna-t-il alors qu'il essuyait par habitude ses chaussures avant de rentrer dans le pub sorcier de Pré-Au-Lard.
Il n'avait pu l'inviter à Londres pour plusieurs raisons. Déjà parce que n'importe qui pourrait les voir et Razvan n'avait pas vraiment envie qu'un mangemort le voit en grande discussion avec un Auror. Ensuite, parce qu'il ne voulait pas que des oreilles indiscrètes écoutent leur conversation. Les gens n'étaient pas vraiment polis, c'était un fait, sans doute bien anglais par ailleurs. Il commanda un fond de Kirsch avant de s'asseoir en demandant bien au tenancier d'indiquer à Maugrey où le trouver. Le visage dans sa main, le roumain ne savait même pas comment il allait aborder le sujet. Ne pas tourner autour du pot lui semblait être nécessaire même s'il craignait, tristement que cela le conduise en prison.


Assit en face de l'Auror, Razvan avait les mains croisées, devant son Kirsch qu'il avait à peine touché. L'auror avait été un peu en retard mais il ne lui en voulait pas vraiment. De toute façon, le principal, c'était qu'il soit là. Et c'était pire que ce qu'il avait prévu, que diable, ce visage qu'il avait soigné était balafré, rendu horrible et inhumain par un sortilège que sa baguette avait lancé. Il avait honte, elle coulait sur lui comme l'eau de la pluie coulait sur le toit de La Tête de Sanglier. « Je ne vous ai pas demandé de venir pour parler de la pluie en Ecosse » avoua Razvan sans détourner pourtant le regard, « mais pour vous proposer quelque chose qui devrait vous intéresser ». Il voulait juste qu'une fois qu'il aurait déballé le tout, Maugrey ne l'envoie pas en prison sur le champ et sans procès. Peut-être buvait-il là sa dernière gorgée d'alcool en tant qu'homme libre ? « Mais j'aimerais votre parole » continua-t-il alors que son accent brutal tapait les sons qui sortaient de sa gorge, « que vous m'écouterez jusqu'au bout. S'il-vous-plaît ». Si malgré ce qu'il lui dirait il l'envoyait en prison... Au moins se serait-il racheté tristement une conscience.

(707)

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Alastor Maugrey

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY EmptyMar 23 Fév 2021 - 22:41

La nuit s'annonçait agitée. La chaleur du château contrastait avec la tempête qui s'annonçait dehors. Fallait-il pourtant se mettre en route pour honorer l'invitation qui m'avait été adressée par hibou, une semaine plus tôt. Message bien mystérieux qui avait retenu mon attention autant par son expéditeur inattendu que par son contenu et son lieu de rendez-vous.
Profitant du déplacement en Ecosse pour passer voir le professeur Dumbledore, qu'on voyait peu au quartier de l'Ordre, j'avais néanmoins garder secrète l'identité de mon rendez-vous dont l'heure arrivait d'ailleurs à grands pas. M'excusant auprès de mon hôte et refusant les suçacides généreusement offerts, j'avais fini par me mettre en route sous la pluie, tête enfoncée dans le col de mon grand manteau de cuir, la jambe de bois pataugeant dans les chemins boueux du parc jusqu'à arriver à son entrée d'où je transplanai directement devant la Tête de Sanglier, en retard.
La Tête de Sanglier n'était pas lieu pour m'inquiéter mais là, hésitant un instant sur le seuil de la porte, mon oeil magique ne put s'empêcher de se tourner dans son orbite pour observer les ruelles un peu plus loin, en direction de la sortie du village. Bientôt, cela ferait un an. Triste anniversaire de la perte de mon oeil. Dans une ruelle à quelques centaines de mètres à peine, j'avais fini au sol, honteusement vaincu, attendant que la mort vienne me cueillir. Mon salut, je l'avais dû à la chance et à l'arrivée tardive mais salvatrice de deux membres de l'Ordre. Et bien sûr à l'opération délicate de Caradoc. La perte de mon oeil n'était pas la pire chose qui était arrivée ce soir là : je m'en étais finalement rapidement remis, bien que très largement handicapé pendant deux mois, et, à défaut de charmer les sorcières, l'oeil magique m'avait fait découvrir de nouvelles facultés dont je m'accommodais très bien. A cet égard, la perte de ma jambe avait été une épreuve bien plus difficile sur le court et le long terme. Par contre, la soirée de cette embuscade m'avait repoussé dans mes retranchements, allant jusqu'à m'obliger à user d'un sortilège impardonnable.
Mais je n'étais pas homme à m'émouvoir de ce genre de souvenirs à l'approche d'un lieu et j'avais traversé bien de fois les rues de Pré-Au-Lard pour les associer à d'autres souvenirs.
La lumière vacillante des bougies de la Tête de Sanglier m'accueillit quand le vent profita de l'ouverture de la porte pour s'engouffrer dans l'antre des malfrats et autres individus louches. Quitter la demeure d'un Dumbledore pour celle d'un autre n'était pas gage de trouver un foyer aussi chaleureux et lumineux. Mais finalement, j'étais sûrement bien plus assorti à ce lieu qu'au précédent. En une fraction de secondes, l'oeil avait analysé ses occupants. Aucun signe de mon rancard d'un soir. Un signe bref du tenancier m'indiqua le dernier des boxes et je m'y dirigeai directement, sans prendre de consommation.

"Vacaresco." saluai-je dans un marmonnement en m'installant sur le tabouret face à lui. Pendant un instant, seules les gouttes qui roulaient sur le cuir pour s'écraser au sol se firent entendre. Je ne savais quelle attitude adoptée. Fut un temps, j'étais plutôt ravi de rencontrer le médicomage, même si les occasions n'étaient jamais les plus joyeuses. Aujourd'hui, dans un contexte tout autre, bien moins aseptisé, je n'osais prendre mes aises trop rapidement : ce rendez-vous arrangé n'avait sûrement pas pour objectif de siroter un verre entre vieilles connaissances. "Quelque chose qui devrait vous intéresser"
Léger grognement, invitant le sorcier à continuer. En même temps, je glissai une main dans une des nombreuses poches de mon manteau de cuir pour en sortir un verre pas très propre et une flasque dont je versai une rasade d'un liquide ambré.
Ma parole. Quel pétrin vivait le médicomage pour avoir besoin de ma parole de l'écouter jusqu'au bout ? Pour sûr ma parole avait beaucoup de valeur, et c'était encore plus une raison de ne pas la donner facilement. Pourtant, un nouveau grognement s'échappa de ma gorge en même temps que mon visage fermé acquiesçait doucement. "Continue, je t'écoute."

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MOI, JE BUVAIS, CRISPÉ
COMME UN EXTRAVAGANT, - DANS SON OEIL, CIEL LIVIDE OÙ GERME L'OURAGAN, - LA DOUCEUR QUI FASCINE ET LE PLAISIR QUI TUE.
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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY EmptyMer 24 Fév 2021 - 19:58

Le morceau de bois qui servait de jambe à Maugrey avait tôt fait d'annoncer sa présence à Razvan. Et un frisson désagréable avait dévalé la colonne vertébrale du roumain, qui l'avait salué mécaniquement en retour, alors que l'Auror s'asseyait en face de lui. Il était conscient de peut-être profiter de ses derniers moments de liberté - et quoi de plus terrible que de noyer ce moment dans du mauvais Kirsch au lieu de le noyer dans une bonne tuica ? Jamais encore, il n'avait considéré Maugrey comme un ennemi, c'était même un patient qu'il appréciait beaucoup et qu'il respectait. Il savait pourtant que quelle que soit sa décision une fois qu'il aurait déballé ce qu'il avait à déballer, il aurait à minima perdu son respect. Plus personne ne le respectait de toute façon, et comment en vouloir à ces gens de toute manière ? Octavius lui avait dit ses quatre vérités, il lui avait aussi dit qu'il ne le dénoncerait pas parce qu'il pensait à Mihaela. Curieusement, c'est peut-être en pensant à elle que Razvan avait pris sa décision, parce qu'elle vivrait peut-être mieux sans un père qu'avec un père qui arrachait des vies. La culpabilité dégoulinait chaque matin de son miroir, elle dévalait son dos à chaque fois qu'il croisait le regard tendre de Neolina qui ne se doutait de rien. Elle aimait cette personne innocente qu'il était en Roumanie. Il se dégoûtait. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Le bruit du liquide qui tombe dans le verre fit détourner son regard coupable pour le reposer dans celui de son interlocuteur, exprimé par le seul œil valide de Maugrey. Il ne savait même pas par où commencer, lui qui était si bref, savait qu'il ne pourrait pas l'être. C'était trop grave, et trop monstrueux. Pour avoir toute l'attention de son interlocuteur, et surtout pour qu'il comprenne la gravité des paroles qui allaient suivre, Razvan dit de but en blanc : « Je suis un mangemort ». Il ferma brièvement les yeux, comme pour intégrer lui-même ce qu'il venait de dire à voix haute et qu'il n'avait au fond jamais prononcé. Comme il était terrible de dire les choses telles qu'elles étaient, noir sur du blanc. Je suis un monstre. Oui, soit, tu es quoi ? Je suis un tueur. Oui, soit, tu es quoi ? Mangemort, ça réunissait tout ce qui devait être réunit pour la traduction terrible de la chose. « Et ça me ronge depuis le premier jour » ajouta-t-il sans trembler, la voix grave, l'accent fort. Ça lui faisait une belle jambe - sans mauvais jeu de mot. Sa baguette en bois de noyer noir était davantage poussée du côté de l'Auror que de celui de son ennemi mortel. Preuve de la bonne volonté du roumain, en tout cas, c'était l'essence de ce geste.

Razvan déglutit devant le silence et il ajouta : « Je peux vous servir de...ehm... » - il peinait à trouver la formulation de quelque chose de si précis - « de taupe. Ou vous pouvez me jeter en prison. Ça fera une personne de plus à votre compteur et je peux signer des aveux si ça vous chante ». Il haussa les épaules, vaincu, vanné. Le médicomage se fichait bien de sa décision de toute façon. Être sa taupe ne le priverait pas d'une liberté qu'il ne méritait pas pourtant. L'envoyer en prison ne serait que la traduction d'une punition qu'il méritait mille fois. Il n'essaya même pas de justifier ce qu'il faisait, c'était injustifiable, non ? Alors, le grand Alastor Maugrey penserait sans doute à un piège et préférerait probablement choisir la deuxième option. Aveux directement dans la gueule de l'enquêteur, si c'est pas beau ! En réalité, il pourrait le traîner pour un procès, lui proposer un arrangement pour qu'il donne des noms. Trop effrayé par les représailles éventuelles sur sa fille comme sur Neolina, il faudrait une cuve de veritaserum pour qu'il pipe un mot devant le Magenmagot. Mais servir de taupe ? C'était tellement plus pratique, tellement plus discret aussi. Empoisonner un groupe de l'intérieur, le gangrener comme le poison... Radical. Razvan prit son verre de Kirsch et en bu une petite gorgée, il avait la gorge nouée. Nouée par l'angoisse. Nouée par le stress. Pourtant, l'homme ne détournait pas le regard. Maugrey, comme jamais, avait l'allure d'un bourreau.


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