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La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE

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Ronan Malone

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La méchanceté s'apprend sans maître.

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MessageSujet: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyVen 5 Mar - 18:10

Le tintement joyeux venait de s'éteindre et Ronan n'avait pas bougé d'un pouce, assit en face de Celeste Desvages, mais surtout, en face de son oeuvre. Inutile de dire qu'il ne parlait pas de Celeste, quand bien même elle semblait être une oeuvre d'art à elle seule. L'américain se permettait toujours de traîner lorsqu'il venait manger au restaurant français du Chemin de Traverse. Ne serait-ce que parce qu'il était une personnalité et qu'il estimait en avoir le droit. Mais également parce que justement, il y avait eu une vente de scellée entre le père de la jeune femme et lui-même. Rien à avoir avec les affaires sang-pures parfois malsaines, non, une simple vente comme on en voyait tous les jours, un tableau, contre de l'argent. Ronan avait devant lui un verre de vin soigneusement choisi qui valait une petite fortune qu'il pouvait de toute manière s'offrir. Le privilège du génie. « Le Chemin de Traverse se fait plus calme depuis l'annonce de fermeture des événements culturels par le Ministère » fit Ronan d'un ton pensif à la jeune femme. Il tenait son verre entre son index et son majeur, posés sur la table. « N'est-ce pas dommageable pour ton commerce ? ». Lui pouvait toujours vivre largement ne serait-ce qu'avec la vente d'une seule toile et vu son pécule et sa famille aux Etats-Unis, Ronan ne se faisait guère de soucis pour l'avenir. La guerre qui se jouait aux portes du monde sorcier ne lui faisait pas peur, sans doute davantage parce qu'il avait un grain de folie que parce qu'il était réellement en sécurité. Depuis qu'il était arrivé sur Londres, il avait rencontré des loup-garous disons, mal-famés, alors il se disait que bon, ils auraient plus à gagner à le recruter qu'à le tuer. Mais que voulez-vous.

En attendant que les choses bougent du côté de la guerre, Ronan fixait Celeste tout à fait attentivement en levant sa coupe pour la porter à ses lèvres. Il y avait eu bien peu de clients aujourd'hui, en tout cas, en comparaison de d'habitude. Autour d'eux, les tables se nettoyaient par la magie des sortilèges et tel un joyaux, sa propre toile ressortait d'autant plus au milieu de tout le luxe de ce restaurant français.
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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptySam 13 Mar - 21:13

Celeste s'estimait plus que chanceuse de détenir l'une des peintures faites par le grand Ronan Malone. Lorsque son père le lui avait offerte - un cadeau à plus de 400 gallions tout de même - l'idée de l'afficher dans son restaurant lui était apparue évidente. Celeste Desvages ou comment montrer à tout le monde qu'elle était née avec une baguette en or dans la bouche. Leçon une : exhiber les toiles admirables valant une fortune à la vue de tous. Pour autant, elle n'avait jamais osé imaginer que l'artiste d'une telle œuvre viendrait se sustenter dans son restaurant. Son orgueil en avait été flatté. Evidemment, elle était suffisamment lucide pour comprendre que c'était davantage pour la peinture placée face à lui que pour sa cuisine qu'il se trouvait ce jour-là, un verre de vin à la main. Elle s'en satisfaisait toutefois, pour deux raisons. Il dépensait de l'argent - le nerf de la guerre comme le disait si souvent son père - et surtout, sa compagnie n'était pas désagréable.

Elle l'écoutait attentivement relever une évidence que peu se hasardaient à noter en sa présence. Elle ne pouvait que lui donner raison. Depuis qu'elle avait emménagé à Londres, plus d'un an plus tôt, beaucoup de choses avaient changé. Avec la guerre, il y avait même eu des moments où sa mère avait essayé de la rappeler dans sa France natale. Non, Celeste, malgré les difficultés, elle tenait à rester où elle se trouvait. “Oui, ça l'est.” Répondit-elle doucement. Elle n'en était pas effrayée pour autant. Son père se trouvait toujours derrière elle pour être son filet de sécurité au cas où. “Lorsque j'ai traversé la Manche pour ouvrir mon restaurant ici à Londres, je savais que ce ne serait pas une tâche aisée.” Elle ne comptait donc pas fuir à la moindre difficulté. Cela allait sans dire. Et si vraiment elle rencontrait un problème, un vrai problème, elle saurait compter sur sa tante - en vérité, l'amie d'enfance de sa chère mère - et "manipuler" son père pour obtenir son soutien financier. “Je tiendrais bon. Cela peut sembler candide, mais j'ai une volonté de fer.” Elle ne manquait pas de confiance en ses actions, en ses ambitions. Elle aimait l'intérieur de son restaurant. Elle avait accompli une forme de miracle ici. Car peu de chefs étaient des femmes. “Souhaites-tu autre chose ? C'est la maison qui offre.” Cela serait peut-être perçu comme une folie. Mais s'il demandait un autre dessert ou un autre plat, elle lui servirait. Même à apporter pourquoi pas ?
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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyVen 19 Mar - 9:47

Il n'était pas forcément dans les habitudes de Ronan de faire la conversation pour avoir le plaisir de la faire. S'il avait été élevé dans une famille riche, cette famille n'était pas noble. Aussi n'avait-il pas du tout les compétences qu'ont les personnes bien-nées de faire naturellement la conversation aux autres. Mais avec Celeste, les mots sortaient plutôt tout seuls, enrobés d'une bonne façon de parler parce que tout de même, il était bien élevé. Ronan écouta son interlocutrice lui répondre de sa voix douce et délicate qu'ont les personnes qui savent s'exprimer. Bien entendu, elle faisait partie de ces gens dont la classe sociale différait de celle de l'Artiste. Mais après tout, pourquoi pas. Pareille pluralité est naturelle. La jeune femme semblait douée d'une volonté réelle et il fallait au moins cela pour tenir face aux vents et marées que posaient la guerre au dessus des têtes des sorciers britanniques. Finalement, les chemins des deux sorciers étaient peut-être faits pour se croiser. Ronan avait quitté les Etats-Unis, ses Etats-Unis, pour venir s'installer en Angleterre. Celeste avait quitté la France, sa France, pour venir dans le même pays que lui. « Pourquoi avoir choisi l'Angleterre pour exporter tes traditions culinaires ? » demanda-t-il naturellement curieux. Car en effet, il y avait bien d'autres pays qui avaient un palais au moins aussi sensible aux charmes de la cuisine française. Ce n'était d'ailleurs pas pour rien que lui-même venait manger une fois par semaine à son restaurant.

Ronan reprit une gorgée de vin alors que la jeune femme lui demandait gentiment s'il désirait autre chose. Voilà quelqu'un qui savait le caresser dans le sens du poil. Proposer gratuitement des choses à un homme capable de se les payer, c'était la preuve de quelque chose. Déjà une preuve de savoir vivre, car les gens avec des moyens avaient naturellement le droit à tout. « En voilà une proposition intéressante » releva-t-il dans un léger sourire, « je dois bien admettre que je reprendrais bien un cannelé bordelais ».  Ronan avait la dent sucrée, en plus d'avoir la dent saignante. « Merci » ajouta-t-il finalement quelques secondes après. C'est que les remerciements n'étaient pas vraiment quelque chose de très naturel pour lui.
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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyMer 24 Mar - 18:02

Ce n'était pas la première fois qu'on lui demandait pourquoi. Pourquoi Londres plutôt que Milan ou New York par exemple ? Elle l'entendait bien souvent cette question. Avec ses bonnes manières et talents culinaires, elle saurait se faire une place dans le paysage. De plus, une étrangère qui essayait de remplir le ventre des honnêtes gens avait sans doute toutes ses chances. Elle ne répondait pas souvent, préférant garder le mystère sur les raisons qui avaient guidé sa voile à Londres plutôt que sur des rivages plus lointains. Toutes les destinations du monde lui tendaient les bras. Elle ne se déroberait pas ici. Dans cette conversation polie et cordiale, elle convint qu'elle pouvait faire un effort par respect pour un peintre d'un grand talent qui lui avait fait l'honneur de déjeuner dans son restaurant.  “Au départ, je souhaitais simplement échapper à un mariage arrangé qui ne me convenait guère.” Elle ne s'étendit pas davantage sur le sujet se focalisant sur la véritable demande qui lui avait été faite.  “Cependant, c'est la quête de mes racines qui m'a guidé jusqu'ici. Ma mère a grandi à Paris, mais mon grand-père est anglais.” Voilà son grand "secret" - avec des gros guillemets - elle possédait des origines britanniques. C'est pourquoi elle parlait aussi bien l'anglais que le français. Il existait une autre raison qui avait déterminé son choix final : une amie de Beauxbâtons de sa mère qui habitait là. Elle était davantage une aubaine, un prétexte fabuleux qu'une justification principale. Elise était une protectrice, une tante, mais elle se garda bien de le préciser. “Rien d'exaltant à raconter ou à écouter, je le crains.” Conclut-elle d'une voix posée.

Si Celeste n'avait pas eu le sens de l'hospitalité, elle ne serait sans doute pas devenue propriétaire d'un restaurant. Elle n'aurait pas excellé dans l'art culinaire avec autant de passion. Le talent en cuisine ne s'obtenait pas sans un semblant de volonté de faire plaisir. “Il me semble bien qu'ils nous en restent. Je t'en ramène de suite.” Dit-elle en se levant délicatement. Elle se dirigea ensuite vers les cuisines. Elle ne l'abandonnerait guère longtemps. En agitant sa baguette, elle fit venir à elle une jolie assiette et quelques cannelés bordelais. Les derniers. Elle les disposa ensuite au centre de manière élégante. Satisfaite, elle retourna en salle pour poser l'assiette juste devant son client. “ Et voilà pour toi.” Décidément, elle se sentait d'humeur généreuse. Il lui en demandait un, elle lui en offrait quatre. Du coin de l'œil, elle constatait que pratiquement toutes les tables étaient à nouveau propres. “ Si ce n'est pas indiscret puis-je te demander ce qui t'a donné envie d'honorer Londres de ton art et de ta présence ?” Non pas qu'elle s'en plaigne. S'il ne s'était pas installé ici, elle n'aurait peut-être pas cette œuvre qu'elle appréciait tant.  
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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyJeu 25 Mar - 17:42

Est-ce que la vie de Celeste Desvages intéressait foncièrement Ronan ? Sans doute pas. N'allons pas jusque-là, après tout, il était question d'un homme qui se souciait avant tout de lui-même avant de s'inquiéter des autres. Mais voilà, la question méritait d'être posée, car le Royaume-Uni était un pays en guerre qui n'avait guère beaucoup d'attrait. L'américain aurait dû savoir qu'en posant cette question, il en aurait sans doute une en miroir. Mais peut-être n'était-il pas assez intelligent pour le voir. Quoiqu'il en soit, il écouta avec une grande attention les paroles de la française sans s'émouvoir une seule seconde pour l'histoire de mariage arrangé. C'est que ce n'était pas vraiment le genre de chose qui l'émouvaient, voyez. Ronan était souvent considéré comme un insensible dans la vie de tous les jours et un être à fleur de peau quand il était question d'art. Tout n'était que dosage, un mauvais dosage, à chaque étage de sa propre personnalité. Il se douta bien au moment où elle le dit que ce n'était pas une information commune que la jeune femme ait des racines anglaises, aussi mit-il l'information de côté sans insister davantage. « Je vois » dit-il d'un ton pensif avant de se fendre d'un petit trait d'humour, « imaginez les pays que nous devrions visiter nous, américains, si nous nous mettions à la quête de nos propres racines ». C'est que son peuple était avant tout un mélange, plus ou moins réussi, de tout ce qui se faisait dans le monde. Ronan ne connaissait pas grand chose de son arbre généalogique, sinon que son nom de naissance était Malone, d'origine irlandaise. Pour le reste, c'était inconnu au bataillon, mais européen, assurément. « Tout n'est pas fait d'exaltation » lui répondit-il d'un ton tranquille, « il faut parfois savoir reconnaître la beauté dans la simplicité des choses ». Le peintre en connaissait un rayon niveau beauté, lui qui savait la déceler avec un certain talent chez tout le monde. Quelques regards, et quelques sourires et souvent l'homme était-il capable de trouver ce qui rendait une personne belle. Même le plus absurde des individus aurait une chance de trouver grâce dans son oeil d'artiste.

Ses yeux suivirent d'ailleurs du regard la jeune femme qui se levait pour aller lui chercher un cannelé et il s'étonna un peu qu'elle ne sonne pas un employé pour le faire. C'est qu'il ne voulait pas nécessairement la soustraire à son enchanteresse présence - la sienne, pas celle de Celeste... - mais soit. Il avait mal calculé son coup. Il patienta en silence en laissant ses yeux noisettes parcourir la pièce à la recherche de quelque chose à critiquer. Elle revint pour le sustenter et il remarqua avec une certaine appréciation qu'elle lui en avait ramené non pas un mais quatre. Merveilleux. « Merci à toi » lui dit-il sans se gêner pour en prendre un. Ronan avait la dent sucrée, que voulez-vous. A peine avait-il avalé la bouchée que la française lui renvoya sa question de départ, sans doute avec un certain plaisir sadique. Il se passa brièvement la langue sur ses dents. C'est qu'il y avait là une raison officielle et officieuse, l'officielle étant qu'il voulait donner une dimension plus internationale à sa peinture et l'officieuse étant qu'il voulait participer à la guerre pour éradiquer cette vermine moldue. Sans se départir de son air affable, Ronan répondit : « Ah vois-tu, je suis quelqu'un qui aime le changement. J'ai exposé pendant des années dans les meilleures galeries d'Amérique du Nord. Comment passer maintenant à côté du vieux continent ? » demanda-t-il rhétoriquement en prenant un second cannelé, dans lequel il ne croqua pas encore, « j'entends rester ici quelques années avant de partir de nouveau. Peut-être irais-je à Florence, ou Budapest ensuite ». L'idée faisait son bonhomme de chemin. « Vois-tu, je suis certes un génie » —  il n'avait même pas honte de le dire — « il y a toujours des choses à apprendre et je ne doute pas que les peintres britanniques aient quelques intéressants coups de pinceau à m'apprendre ».


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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyMer 21 Avr - 19:56

Celeste n'aurait sûrement pas apprécié qu'il essaie d'en savoir plus sur ce mariage arrangé. Elle s'imaginait sans trop de mal que cette information lui faisait ni chaud ni froid et c'était mieux ainsi. Elle apprécia le trait d'humour usé par son interlocuteur. Elle pensait, peut-être bêtement, que les Etats-Unis n'avaient pas une histoire aussi riche que la France. Elle se trompait sans nul doute, mais accordait à la remarque de Ronan toute sa véracité. Elle n'avait jamais été à New York, Boston, Washington ou Los Angeles, toutes ces grandes villes, rien que par leur nom, lui provoquait une certaine curiosité. Oui, elle était tout à fait prête à croire qu'il y avait une plus grande pluralité des cultures là-bas qu'en France.  “C'est une richesse, je dirais. A Beauxbâtons, nous accueillons des élèves d'autres pays. Je considère cela comme une grande chance.” Sans cela, Celeste ne parlerait pas un mot d'espagnol. Qu'aurait été sa vie sans Maria ? Elle préférait ne pas y songer. Mais la conversation se poursuivait. Alors, elle n'eut guère le temps de se pencher sur la question. Elle se concentra à nouveau sur les propos de son prestigieux client. Cela sonnait bien à son oreille. Elle ne prétendait pas avoir une vie romanesque et étonnante. Un mariage désavantageux pour elle - pour une femme - n'était en rien exceptionnel malheureusement. Des origines d'un pays voisin d'autant moins. Elle ne ressemblait pas à une de ces héroïnes de légendes qu'on contait aux enfants le soir. Elle n'était nullement une Hélène de Troie ou une Guenièvre.  “C'est une excellente manière de voir les choses.” Dit-elle avec douceur. Elle n'avait pas d'argument contraire à partager et ne se voyait pas débattre sur ce terrain avec lui. En tant qu'artiste reconnu, il possédait sans nul doute des qualités qu'elle n'avait pas pour voir la beauté des choses. Ce serait comme discuter les compétences de Selena en tant que propriétaire d'une entreprise de chaudrons.

Les cannelés bordelais étaient pour Celeste une délice, à n'en pas douter. Elle préférait toutefois sa fameuse mousse au chocolat ou son Paris-Brest. Souvent, elle demandait aux futurs candidats pour le poste de commis en pâtisserie de reproduire l'un, voire les deux, de ces desserts. C'était à cela qu'elle reconnaissait le talent. Mais qui était-elle pour refuser à Ronan un cannelé voire plusieurs ? Il était le client, et donc le client était roi. Après avoir goûté l'un de ces friandises, il prit le temps de lui expliquer les raisons de sa présence à Londres. Elle l'écoutait sagement, laissant apparaître un sourire ici et hochant la tête là. Elle comprenait bien cette volonté de changement. Elle-même avait tout quitté pour un pays qu'elle connaissait que trop peu, à travers les récits d'un grand-père parfois trop avare en parole et d'une grand-mère qui perdait un tant soi peu la tête. Sa mère était aussi confuse et perdue qu'elle avant son arrivée à Londres. Par chance, elle avait été aidée par l'amie d'enfance de cette dernière et avait même la chance de nouer quelques amitiés fort utiles Selena et Rosmerta en tête. A présent, son restaurant fonctionnait bien, peut-être un peu moins suite aux annonces ministérielles, mais il se portait bien. “Apprendre des autres est une nécessité. Le monde est en constant renouvellement. Parfois, nous répétons l'histoire, mais il y a toujours de la nouveauté.” Elle en savait quelque chose Celeste. Elle avait appris auprès de plusieurs chefs parisiens avant de pouvoir se hisser en haut du panier. “La cuisine est assurément très différente de la peinture et je ne prétends pas savoir ce dont tu as besoin pour réaliser ton art, mais j'apprends constamment des autres. Allier tradition et modernité n'est pas une sinécure.” Car il s'agissait là du principe même de sa cuisine. Elle travaillait sur des recettes anciennes et les remettait au gout du jour, à sa sauce. “Pour ma part, c'est à Saint-Sébastien que j'espère me rendre d'ici quelques années.” Pour y créer un autre restaurant avec Maria sûrement. Il s'agissait d'un projet qu'elles avaient mentionné en l'air adolescentes durant leur temps à Beauxbâtons. Et si elles ne l'accomplissaient pas, elle devait au moins visiter cette ville et y déjeuner.
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MessageSujet: Re: La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE La couleur rouge sang d'un bon vin français | CELESTE EmptyMer 19 Mai - 3:51

Ronan avait certes voyagé pour exporter ses toiles, il n'en demeurait pas moins un américain des États-Unis d'Amérique avec ses défauts, comme ses qualités. Et en défaut pouvait-on notamment noter le merveilleux nombrilisme dont il faisait preuve, tant sur le plan personnel que général. Il se voyait et se considérait comme le centre du monde alors qu'il n'était certainement pas le noyau dur de la terre. Il se voyait comme un génie alors qu'il en existait d'autres. Et il était convaincu comme nombre de ses concitoyens, qu'il était le pur produit du meilleur pays du monde, si tant est qu'il existait une hiérarchie des pays à quelconque échelle. Ilvermorny était une belle école, où il avait apprécié étudier, quand bien même il passait surtout son temps libre armé d'un fusain et d'un parchemin à dessin. Beauxbâtons, il en avait entendu parler, un peu vaguement quand même, car ce qui se faisait de l'autre côté de l'Atlantique ne l'intéressait pas tant. Pourtant, il répondit naturellement : « Tu n'as donc pas étudié à Poudlard ? ». Sans doute pas, puisqu'elle lui parlait de la spécificité de l'école française et non pas anglaise. Pour lui qui entendait sans arrêt parler de l'école écossaise, c'était rafraîchissant de rencontrer quelqu'un qui n'était pas un pur produit de là-bas.

Car bien entendu, rencontrer des britanniques fiers comme des petits coqs le faisait doucement rire. Un château au fin fond d'un pays dont tout le monde se fichait, où il paraît que l'on mange de la panse farcie, quelle drôle, drôle d'idée. Bien loin de l'idée de simplicité qu'il se figurait, justement, quand il lui dit qu'il recherchait aussi cela. Et c'était ironique d'en parler justement à une jeune femme qui tenait un restaurant d'une cuisine si élaborée. Le cannelé entre ses doigts d'Artiste, Ronan ne perdait pas une miette de ce que Celeste avait à dire. Il fallait bien admettre qu'il était particulièrement agréable de converser avec elle. Elle avait de la conversation, elle savait se tenir. Une compagnie agréable pour un homme qui le méritait, se disait-il simplement. La française le rejoignait qui plus est dans ses propos ce qui avait le don de le ravir, cela va sans dire. L'esprit de Ronan, aussi étriqué fut-il, n'en demeurait pas moins ouvert aux frontières du possible et du lointain. « La cuisine me paraît être un art mouvant, en effet » répondit-il d'un ton tranquille après avoir croqué dans le second cannelé, « utiliser une base et l'adapter, créer, modifier, c'est tout autant de l'art que de la peinture jetée sur une toile ». Et il pensait sincèrement ses paroles, en plus de cela. « Saint-Sébastien ? Ou diable est-ce cela ? ». La culture géographique de l'Américain était malheureusement aussi étroite qu'on pouvait l'attendre de lui. Il engloutit le second cannelé avant de s'essuyer les doigts sur une petite serviette de table. « Puis-je te demander ce qui t'a passionné dans la cuisine ? » lui demanda-t-il d'un ton poli, « j'ai toujours trouvé ça fascinant d'en savoir plus sur ce qui pousse les gens dans leur passion. Cela traduit beaucoup de choses et d'une certaine façon, ça en dit long sur eux ». Ancien membre de la maison des Serpents Cornus, Ronan était naturellement quelqu'un de particulièrement curieux. Il fallait au moins cela, après tout, pour être un génie comme lui.


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