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Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE

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Ronan Malone

Ronan Malone


COTÉ DU MAL
La méchanceté s'apprend sans maître.

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MessageSujet: Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE EmptyVen 26 Mar 2021 - 20:11

Mi-février, 14h33


Le temps irlandais avait pour réputation d'être changeant et indomptable. D'aucun dirait sans difficulté que le temps, d'une certaine manière, était tout à fait en accord avec le tempérament des habitants de l'île d'Emeraude. Ils étaient nombreux les descendants d'irlandais aux Etats-Unis et ils étaient tout aussi nombreux à se rendre sur la terre de leurs aïeux. Comme une manière de ne pas oublier ce qu'ils avaient vécu, la famine et la fuite. Pour autant et malgré l'origine irlandaise manifeste dans le nom de famille de Malone, ce n'était pas pour une quête étrange de ses origines que le peintre avait décidé d'aller pointer dans ce pays. Ronan y allait pour parler, discuter, se remettre peut-être d'une certaine façon du traumatisme qu'il avait lui-même vécu. Sans que cela ne soit comparable à une fuite due à une famine, la toile déchirée de son exposition semblait lui avoir également déchiré le cœur. Car c'était en confettis que ce dernier se trouvait dès à présent.

Il avait l'esprit trop embrumé par la torpeur dans laquelle il évoluait pour réellement se demander pourquoi elle ne s'était pas déplacée, ni pourquoi elle l'avait fait venir dans ce pays. Comme si elle voulait qu'il découvre tout le Royaume-Uni, c'était peut-être le cas, après tout. Mais quoiqu'il en soit, tout égoïste qu'il était et tout focalisé sur sa personne, Ronan Malone avait pris la poudre de cheminette depuis son Atelier sans penser au pourquoi du comment. Après tout, peut-être que Billie lui dira d'elle-même pourquoi elle ne se déplaçait pas pour le voir ? Elle avait été la seule personne à qui il avait osé répondre par courrier depuis janvier. Des lettres qui avaient quelques jours de retard, car l'humeur du peintre oscillait dangereusement entre la dépression et la morosité et ce n'était que lorsqu'il était morose qu'il daignait prendre une plume pour répondre quelques mots à son amante qui lui manquait pourtant. Leur relation n'était plus réellement qu'une relation charnelle et il devait bien admettre que c'était pour cela qu'il avait pris la décision de lui dire quelques mots sur ses états d'âmes. Lui qui n'aimait pas apparaître faible, lui qui aimait se montrer dans la toute puissance de ce qu'il était, se trouvait désormais démuni, totalement démuni par tout ce qui constituait sa vie. « Essuies-toi les pieds, là » grommela la tenancière du pub sorcier le plus célèbre de Dublin. Il se situait non loin des quais où il devait retrouver Billie. Sans rien dire et en obtempérant comme un garçon bien élevé - qu'il n'était pas, pourtant - Ronan déboucha dehors et fut immédiatement accablé par des cris de mouettes qui semblaient se disputer. Il leva un regard vers elles en sortant une cigarette, comme pour se fondre dans le décor, qu'il alluma avec une allumette pour passer inaperçu. Billie ne fut pas très difficile à trouver, elle qui était déjà présente et l'Américain glissa naturellement une main dans ses reins en arrivant à côté d'elle pour rapprocher sa bouche de son oreille : « Je t'emmène ailleurs ».

Dans la seconde qui suivait et après avoir à peine effleuré sa joue de ses lèvres, ils avaient transplané, direction la côte ouest du pays, dans ces régions où les falaises étaient hautes et la mer déchaînée. Le temps était menaçant mais pas encore tout à fait pluvieux et en arrivant, Ronan lâcha la sorcière pour s'éloigner un peu d'elle et recracher sa gorgée de fumée dans l'air glacial irlandais. Il fit quelques pas en direction de la mer, comme avec une étrange envie de s'y noyer, l'explosion des couleurs ternes, celles du ciel et celles de l'eau, tâchaient sa rétine qui n'arrivait plus réellement à créer ce qu'il désirait. Sa déprime était puissante et violente et qui sait, peut-être qu'elle pourrait l'aider. « Je n'étais jamais venu en Irlande » fit-il d'une voix traînante, « ça me semble plus fade que ce qu'on en dit ». Etrange moyen de faire la discussion mais la question des couleurs semblait toujours prégnante dans l'esprit du peintre. C'était fade ce qu'il voyait là. Ou alors, c'était sa rétine terne qui gâchait tout cela.


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MessageSujet: Re: Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE EmptyDim 28 Mar 2021 - 4:04

Le vent d’Irlande courait dans ses cheveux, et Billie regardait la vie des docks de la façon la plus détachée qui soit. Tout ça n’avait pas tellement d’importance au fond, elle ne faisait qu’attendre. Curieux lieu de rendez-vous s’il en était, mais au moins ici, les secrets avaient étrangement moins lieu d’être. Voilà déjà plus d’une quinzaine de jours que la business woman avait quitté sa capitale pour une autre, son patron lui ayant confié la lourde tâche d’aller séduire par son verbe et sa ténacité quelques investisseurs irlandais un peu récalcitrants. Et effectivement, ici, ça n’était pas Londres, et le charme de Billie avait beau opérer, il en fallait du temps pour faire signer ces farouches hommes au tempérament aussi hostile que leur terre. La jeune femme de caractère aimait cet endroit qui avait vu grandir une partie de sa famille, et en avait profité pour rendre visite à quelques cousins au passage, appréciant au final la distance imposée avec son époux qui, c’était triste à dire, ne lui manquait pas tant que ça. Bien sûr, il venait de temps à autre, privilège de sorcier alors qu’elle en était réduite à subir les rencontres plus qu’à les provoquer. Le dépaysement avait déclenché un léger regain d’intérêt d’Aidan à son égard, du moins le premier soir mais hélas, le mal était déjà trop fait pour que cela suffise au tempérament passionné de Billie. Ronan lui manquait, c’était un fait, et elle ne pouvait plus rien faire pour lutter contre cette terrible sensation.

Cette fois, la moldue n’avait pas commis la même erreur que lors de leur précédente séparation, et avait prévenu l’artiste impétueux de son absence. C’en était suivi quelques échanges plutôt enflammés, avant un silence certain de la part de l’artiste qu’elle avait d’abord pris pour elle, avant que les nouvelles d’Angleterre ne lui parviennent. Le monde de Ronan lui était bien étranger mais pourtant, la jeune femme fréquentait assez de gens à l’ego considérable, à commencer par elle, pour comprendre rapidement ce qui se jouait. L’événement à la galerie avait laissé une marque dans l’esprit de l’insondable peintre, qui semblait avoir un peu perdu de sa fougue lors de leurs derniers échanges. Cela la travaillait, bien sûr, même si elle ne l’admettait pas réellement. Retourner à Londres pour le voir était envisageable, mais elle se l’interdit pour éviter que tout ça ne devienne trop personnel, trop dangereux. Elle n’y était pas retournée pour son mari, alors pour son amant, cela aurait impliqué des choses que son coeur n’était pas prêt à affronter.

Elle n’avait toutefois pas pu s’empêcher de l’inviter à la rejoindre, évoquant à demi-mots la peine qu'elle devinait chez lui sans insister car par parchemin interposé, voilà qui lui semblait un peu déplacé. Le rendez-vous fut pris et ainsi, en ce début d’après-midi, après un copieux déjeuner auprès d’un investisseur qui aurait beaucoup aimé avoir les mêmes privilèges qu’elle accordait à Ronan, Billie attendait dans le froid de Dublin, une cigarette bloquée entre ses lèvres alors que quelques marins laissaient leur regard traîner sur elle sans qu’elle ne se sente menacée. Il fallait dire que même ici, la jeune femme ne s’était pas départie de ses sempiternels talons, et sa tenue contrastait amplement avec le lieu. Pas spécialement pour Ronan, mais un peu tout de même. Et lorsqu’elle sentit ses mains frôler ses reins, qui lui donnèrent l’impression de brûler tout à coup comme sous l’effet d’un tison, un sourire ourla ses lèvres tandis que l’instant d’après, dans un souffle, ils n’étaient déjà plus là.

Peu importait le décor dans lequel ils atterrirent, peu importait la légère nausée que lui provoquait toujours ce terrible mode de transport magique, Billie eut envie de sceller les retrouvailles avec son amant comme il se devait mais déjà, le voilà qui s’éloignait. L’anglaise remarqua vite que ce paysage nostalgique semblait coller à la perfection à l’humeur de son amant. En revanche, cela allait bien moins à sa tenue. Lui laissant cet espace qu’elle savait nécessaire, Billie l’observa en pleine observation justement, ôtant ses chaussures avec élégance qu’elle prit dans sa main gauche avant de s’avancer un peu vers lui, comme s’il était un animal sauvage - c’était le cas, mais elle n’en savait rien. Sans ses talons, Billie avait perdu 10 bons centimètres, et à part à l’horizontale, il ne l’avait jamais vue sans. Mais voilà, l’instant était intime, bien plus que ce qu’il n’aurait fallu, et elle s’en moquait. L’humeur du peintre était ténébreuse, terrible, et jamais de sa vie elle ne l’avait vu si vulnérable. Et ça la peinait. « N’insulte pas la terre des irlandais, ils pourraient nous entendre… » plaisanta-t-elle à moitié en se posant à côté de lui, les vagues en contre-bas emportant son regard au loin. « Tout te semble fade en ce moment, pas vrai ? » Autant entrer dans le vif du sujet. Du haut de son mètre soixante, elle dut lever la tête pour observer son expression tourmentée, et de sa main libre, tourna son visage vers elle en attrapant son menton rendu rugueux par un rasage moins soigneux que d’habitude lui semblait-il. « Même moi ? » osa-t-elle demander en plantant son regard dans le sien, à la recherche d’une réponse que de toute façon, il prononcerait bien trop vite, sans une once de pitié à l’égard de ses sentiments. Elle savait. Elle avait l’habitude. Peut-être aurait-elle du lui dire ce qu’elle ressentait à ce moment-là, mais il lui semblait que le moment était mal choisi. Le moment serait toujours, au fond, mal choisi.
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MessageSujet: Re: Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE EmptySam 3 Avr 2021 - 14:57

Ronan avait l'impétuosité des animaux sauvages, Billie elle-même le lui avait déjà dit. Cela rendait sans aucun doute son caractère d'autant plus insupportable, car quoi de pire qu'un ego surdimensionné couplé à l'impétuosité d'un homme qui ne se prend pas pour n'importe qui ? Peu de gens pouvaient encaisser le mélange explosif de ses gènes et pourtant, son amante y arrivait très bien. Oh, ils se disputaient, c'était même facilement houleux entre eux mais leurs retrouvailles étaient dès lors d'autant plus intenses. Etait-ce bien sain, rien n'était moins sûr, mais quoiqu'il en soit il avait eu besoin, au plus profond de lui, de la retrouver aujourd'hui. Il aurait pu traverser bien plus que la mer d'Irlande pour arracher à leurs emplois du temps un moment en sa compagnie. Il lui semblait en effet qu'elle était la seule à pouvoir effacer d'un revers de main la ténébreuse humeur qui était la sienne depuis janvier. Ronan avait besoin de sentir sa présence, d'entendre ses mots, aussi durs puissent-ils être. Billie savait ne pas passer par quatre chemins et lui faire entendre ce qu'il avait besoin d'entendre. C'était à la fois douloureux et nécessaire, lui-même le ressentait ainsi. Pourtant, la première chose qu'il fit lorsqu'ils arrivèrent à l'endroit qu'il avait choisi, ce fut de s'éloigner d'elle, de ne plus sentir son corps ni sa présence contre lui. Au contraire, le peintre s'avança vers le bord de la falaise, comme avec une fougueuse envie de se jeter dans le vide. L'idée lui traversa l'esprit et c'est la voix de la sorcière qui lui fit oublier cette dangereuse et troublante idée.

L'américain n'était pas suicidaire pour trois sous - quoiqu'il fallait peut-être l'être un peu pour venir en Angleterre dans le but de participer à la guerre - mais voilà, il était un impulsif de nature et soumit aux tourments violents de son propre désespoir, toutes les plus stupides idées s'imposaient en lui. Ce n'était heureusement pas une pulsion, mais une simple idée, ce qui changeait beaucoup de choses. « Crois-tu qu'ils pourraient me hanter davantage ? » demanda-t-il simplement. Les irlandais pourraient venir le hanter pour ses paroles, il était pourtant certain que ce serait mieux que ce qu'il ressentait là. Qu'un de ses aïeux l'insulte dans une langue qu'il ne comprendrait pas serait plus facile à vivre que l'étrange sentiment qui lui vrillait le cœur et qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Ronan était un homme de réactions, pourtant, il n'avait jamais assisté à la destruction d'une de ses toiles. Si toile il avait détruit, c'était parce qu'il l'avait voulu, lui qui s'assurait toujours que ses œuvres finissent entre des mains connaisseuses, quitte à en vendre peu. Un imbécile avait pourtant piétiné son talent, et ça le rendait malade. Billie lui fit une légère bravade en tournant son visage vers elle pour qu'il croise ses yeux bleus qui habituellement, l'inspiraient tant. La couleur intense qu'il y trouvait avait ce quelque chose de réconfortant qu'il ne s'expliquait pas, peut-être était-ce parce qu'il n'avait d'elle que de bons souvenirs, ou presque. Pourtant, et malgré toute la rage qui transparaissait dans ses humeurs, la petite phrase de son amante le peina. Et il leva une main pour attraper la sienne qui lui tenait le menton pour la caresser avec une douceur dont il ne se savait presque pas capable - en tout cas, dans cet état. « S'il y a bien quelqu'un qui n'est pas fade, c'est bien toi » répondit-il parfaitement honnête avec elle. Billie rayonnait plus qu'elle ne se l'imaginait. Sans être sa muse, l'anglaise avait toujours eu ce quelque chose de curieux et particulier qu'il appréciait tant. Et elle pouvait bien être surprise de sa propre délicatesse, mais il n'était pas d'humeur à se battre avec elle. En fait, Ronan avait simplement envie de retrouver ce qui faisait qu'il était un génie. Peut-être que cela passait par une discussion avec elle, par quelques pas sur la terre de ses ancêtres, par une dispute qu'il mériterait d'une certaine façon, il n'en savait rien. « Qu'il est dur pour moi de trouver la beauté quelque part alors que tout me semble ennuyeux et insignifiant » continua-t-il d'une voix traînante, « je n'arrive plus à rien et ça ne m'est pas arrivé une seule fois avant cette année ». L'aveu était difficile pour lui mais nécessaire. Il n'arrivait pas à retrouver ce qu'il avait mis dans cette toile déchirée. Elle n'existait plus, son talent avait été emporté par la destruction de son œuvre et il le vivait mal. Ce n'était pas tant qu'il n'arrivait plus à produire mais il n'arrivait plus à reproduire. Reproduire ce qui manquait à sa vie était dangereux autant que terrible. C'était l'aveu d'une impossibilité pour lui d'avancer et de continuer à faire de sa passion son métier.

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MessageSujet: Re: Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE Les vents violents de la Wild Atlantic Way | BILLIE EmptyVen 9 Avr 2021 - 13:49

La mélancolie et le spleen étaient des sentiments bien familiers pour Billie, qui affrontait régulièrement une forme de déprime contre laquelle elle avait appris, avec le temps, à ne plus lutter. C’était une part de son caractère qu’elle cachait aux autres, affichant cette façade de femme forte et déterminée que rien, jamais, ne pouvait arrêter. Mais voilà, l’humeur de la britannique n’était pas égale, jamais, et la dureté dont elle faisait preuve avait parfois quelques impacts sur ce qu’elle ressentait au fond d’elle. Toutefois, son pragmatisme l’empêchait de voir ça sous un prisme romantique, dans le sens déprimant que lui attribuaient les artistes. Et c’était un vocabulaire dans lequel semblait se complaire son amant, était-ce bien étonnant quand on connaissait le personnage ? Ronan aimait en faire des tonnes, que ce soit parfois dans ses peintures que Billie trouvaient trop chargées ou dans ses mots qui venaient souvent heurter la sensibilité de son amante. Ronan était un être de démesure, aussi n’était-ce pas bien surprenant que son épisode de déprime soit associé dans son esprit à une forme de deuil surnaturel. La seule chose qui le hantait pourtant à cet instant, c’était bien ses propres pensées que la jeune femme avait bien du mal à percer à jour, elle qui n’aurait jamais parlé de fantômes imaginaires pour incarner son mal-être. Mais s’il y avait bien une chose que Billie savait faire, c’était s’adapter aux autres. C’était ce qui la rendait si efficace dans son travail, ce qui faisait d’elle la commerciale implacable qu’elle était, et une oreille plutôt attentive si tant est qu’elle daigne accorder son intérêt à quelqu’un. Et Ronan en était le centre, à cet instant comme peut-être trop souvent en ce moment.

Elle ne répondit rien à sa question rhétorique, préférant se rapprocher et amorcer un premier contact avec lui, s’accoutumant à cette nouvelle sensation de sa barbe fournie sous ses doigts. Il lui semblait qu’il était encore plus beau comme ça, et elle n’aurait pourtant pas cru la chose possible. Et si la question de la jeune femme pouvait sembler narcissique, Billie essayait aussi et surtout de le ramener un peu à elle plutôt que de le voir se perdre dans les méandres de ses sombres pensées. Et si elle appréhendait un revers immédiat et brutal, la moldue fut bien surprise de voir son amant si tendre dans ses gestes, mais plus encore dans ses mots. Elle savait la sincérité de ses propos, en fut touchée plus qu’elle n’aurait du, un doux sourire dessiné sur ses lèvres ourlées de bordeaux. C’était qu’en général, ils s’échangeaient quelques gentillesses sur l’oreiller, et Billie mettait ça sur le compte des hormones qui jouaient en faveur de la douceur. Mais cette fois, c’était différent, et ça n’arrangeait pas les choses, au contraire. Elle sentait bien qu’elle tenait de plus en plus à lui, et c’était un problème sur lequel elle n’avait plus aucun contrôle désormais.

Les états d’âme de Ronan étaient d’une clarté exemplaire. Le peintre ne remettait pas en cause le monde qui l’entourait, mais sentait bien que le problème venait de lui. Et ne pas savoir mettre doigt sur la solution d’un problème qui vous dévastait, Billie connaissait bien. Il n’y avait qu’à voir la façon désastreuse dont elle avait géré le rejet de son époux - un bien beau désastre qui s’appelait Ronan Malone. La jeune femme sentait bien que la conversation était sur la corde raide, et qu’un rien pourrait la faire basculer et déclencher soit la colère, soit le désespoir chez celui qui lui semblait, à cet instant, être bien plus que son amant. Pourtant, Billie ne pouvait rester silencieuse face à de tels propos. Mais avant de parler, elle déposa sur ses lèvres un baiser bien plus chastes que ceux qu'ils échangeaient d'habitude, un baiser sans doute trop intime. « Tu arrives à m’avoir moi, c’est déjà ça. » lança-t-elle dans un sourire, ramenant une nouvelle fois le sujet vers elle pour éviter qu’il ne s’égare. Mais les pensées de la moldue allaient bien plus loin que ça. « Peut-être que tu penses trop. Je connais tes obsessions, je sais leur pouvoir quand tu es inspiré mais… Dans un moment comme celui-là, mieux vaut peut-être s’en éloigner. » Tout à fait ironique quand on savait qu’elle y cédait elle-même lors de pareils rendez-vous. Mais il n’était pas question d’elle cette fois, n’est-ce pas ?
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