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Les brumes du mois de mars | CLOS

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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyJeu 1 Avr 2021 - 22:48

Fin mars 1979 - Royaume-Uni


Dans la relation entre Neolina et Razvan, il était finalement bien peu fréquent que ce soit ce second qui se décide à faire le premier pas pour quoique ce soit. Pourtant, allez savoir, leur dernière discussion concernant Mihaela et toute l'inextricable situation dans laquelle ils étaient enfoncés malgré eux tous les trois, l'avait suffisamment pesée pour qu'il se sente profondément coupable des mots qu'il avait prononcé ce jour-là. Car Razvan ne serait pas Razvan s'il ne s'en voulait pas en permanence pour des choses qu'il avait dites ou faites, parfois un peu malgré lui. Il trouvait en fait, rétrospectivement, qu'il blessait souvent Neo par ses mots sans même le vouloir - car il n'aimait pas blesser les autres, c'était une vérité générale. Quoiqu'il en soit, il avait eu la sensation qu'après ce douloureux moment ils méritaient, l'un comme l'autre, un peu de calme et de répit.

Ils avaient certes convenus de chercher un endroit où ils pourraient emménager ensemble, l'invité farfelu sur le canapé de Neolina les empêchait, malgré lui, d'avancer réellement dans cette direction. Mais soit. Razvan était un homme dont la patience n'avait d'égal que son calme slave. Et puis de toute façon, il ne saurait reprocher à sa petite amie d'être animée d'une générosité profonde, qualité qu'il admirait tout particulièrement. Mais quoiqu'il en soit, il avait demandé un peu plus tôt dans la semaine si elle était libre pour le week-end. Oui bon, il n'allait pas débarquer chez elle comme ça, sans savoir si elle serait occupée ou non. Le roumain ne prendrait jamais le risque de la déranger en aucune façon, ou de la mettre mal-à-l'aise si elle recevait quelqu'un. Et c'est donc finalement à l'heure du rendez-vous qu'il lui avait fixé ce jour-là qu'il toqua à la porte de son appartement. Il entendit le croup s'agiter avant même de le voir mais de toute évidence, il ne ferait pas parti du paysage. Heureusement, par ailleurs.


Une heure plus tard, après qu'ils se soient salués tendrement, comme à leur habitude, Razvan les avait transplané tous les deux. En réalité, il ne le lui avait pas dit, mais il n'avait pas franchement envie de passer un énième week-end chez lui. Non pas qu'il n'était pas profondément sédentaire, mais ce n'était pas forcément le cas de Neolina. Et puis, ils se voyaient peu déjà. Pourquoi ne pas pleinement profiter de l'autre ?
Le médicomage avait transplané pour le Pays de Galles. Il avait eu l'occasion d'y aller quelques fois, mandaté par Sainte-Mangouste et le fait est qu'il avait largement préféré cela à l'Angleterre. Comme si l'atmosphère était totalement différente alors que les deux pays étaient tout de même foutrement proches. C'était étrange, teinté d'un peu de mysticisme même. Avec ses brumes du mois de mars au petit matin, qui ne se levait pas. Ces champs verts dans certains endroits, ses montagnes ébréchées à d'autres. Non vraiment, ce pays était intéressant et parlait un peu à l'austère roumain qu'il était toujours au fond de lui. Son brouillard lui rappelait celui qu'on voyait tomber sur la Transylvanie, et si les forêts n'étaient pas comparables, au moins y en avait-il quelques unes, déjà. Alors qu'il lui tenait la main en entrant dans un village tout sorcier de probablement mille ou deux mille habitants, Razvan lui dit finalement : « Je ne suis venu que quelques fois au Pays de Galles. Mais je me suis dis qu'un week-end loin de Londres nous ferait du bien ». Certes, pas de ville flamboyante, pas d'animation particulière. La nature pure et simple qui pour une fois, leur permettrait pourtant de respirer un air profondément pur et radicalement différent de celui de la capitale anglaise.


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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyVen 2 Avr 2021 - 0:23

Enfin un week-end. Un vrai week-end, du vendredi soir au lundi matin, quasiment trois jours de répit dans une vie à cent à l’heure qui ne s’embarrassait pas des horaires de bureau. C’était dire si Neo avait attendu ça toute la semaine, elle pourtant si investie dans son travail. Et ça n’était pas tant pour le repos que ce temps calme promettait que parce qu’elle savait qu’elle allait pouvoir le passer en bien charmante compagnie. Un soir où elle n’avait su s’empêcher d’aller le retrouver, son corps réclamant le sien ne serait-ce que pour sentir sa présence - mais pas que - le doux médicomage dont l’emploi du temps semblait enfin s’aligner avec le sien lui avait demandé ce qu’elle comptait faire de ce temps libre, et la réponse était rien. Rien du tout, non, Neo était libre comme l’air, libre de passer ces quelques 72 heures ou presque avec lui si c’était ce qu’il voulait. Et sous une chape de mystère qu’elle ne parvint pas à percer, Neo s’était vu proposer un rendez-vous matinal le samedi matin, qui attisa franchement sa curiosité sans qu’elle ne soit pourtant tentée de virer pénible pour savoir de quoi il retournait.

Malgré son enthousiasme, la roumaine n’était pas tellement du genre à faire des plans sur la comète, ou à fantasmer quoi que ce soit. Le simple fait de savoir qu’elle allait voir Razvan avait fait passer le temps terriblement lentement avec l’envie que tout aille plus vite, et l’avait fait se lever une heure avant le moment attendu avec une joie débordante. Anselmus n’était pas dans le salon, allez donc savoir où ce brigand était allé traîner dans une ville où il n’était même pas le bienvenu. Mais voilà, son ami anglais était grand, vacciné et tout le tintouin, il savait gérer sa propre vie, aussi ne s’inquiéta-t-elle pas de son absence, trop occupée qu’elle était à sauter joyeusement dans la douche en chantonnant un tube de Stubby - mal, mais peu importait. C’était qu’il fallait être à l’heure, parce que Razvan était ponctuel, et même si elle n’imaginait rien de particulier pour la journée, elle avait envie d’être jolie quand il arriverait. Sans en faire des tonnes, non, juste habillée sans avoir mis son gilet à l’envers, les cheveux à peu près disciplinés et une pointe de rouge à lèvre framboise pour habiller ses lèvres qui en seraient de toute façon bien vite débarrassé tant elle avait hâte de l’embrasser. Ce qu’elle fit à l’instant où elle lui ouvrit la porte, avec une tendresse et un empressement qui n’appartenaient qu’à elle, à eux même un peu.

C’était bien rare que Razvan vienne chez elle, aussi l’invita-t-elle dans son petit cocon sans réussir à se décoller plus de deux secondes de lui, avant d’apprendre qu’il y avait autre chose au programme. Quoi, elle ne savait pas, mais elle rassembla 3, 4 affaires en un temps record, son esprit moulinant alors qu’elle écrivait un petit mot à Ansel pour qu’il prenne soin de Gabi. Caresse à ladite bête avant qu’elle ne cale sa main dans le creux du bras de Razvan, qui les extrait de leur quotidien dans une nappe de fumée - et Merlin savait comme ils en avaient besoin.

Le froid du petit matin happa la sorcière, un froid comme elle les aimait, un peu humide et revigorant, alors qu’elle détachait finalement son regard des jolis traits de son slave d’amoureux pour le poser sur les alentours. L’endroit était tout simplement à couper le souffle, sans qu’elle ne puisse expliquer pourquoi. Peut-être était-ce l’ambiance matinale emplie de mystère, les montagnes qui semblaient les entourer, masses imposantes et protectrices autant que menaçantes, ou alors cette verdure à perte de vue qui manquait tant à Londres. Toujours était-il qu’elle en était presque bouche bée, et qu’il lui fallut un petit temps avant de réaliser que Razvan avait fait quelques pas. Elle cala sa main dans la sienne alors qu’ils avançaient vers un village, si pittoresque et mignon qu’il évoquait leur Roumanie natale sans pour autant en partager aucun trait véritablement. Le Pays de Galles, apprit-elle. C’était qu’après plus de 9 mois à Londres, Neolina n’avait pas tellement pris le temps de voyager, à son grand regret. Mais surtout, surtout, elle ne pensait pas que l’envie de le faire viendrait de Razvan, se convainquant qu’elle embarquerait Stubby ou Anselmus à l’occasion peut-être, mais pas son casanier de roumain. C’était dire si l’attention la touchait, elle qui pourtant n’avait pas besoin de démonstration d’affection flagrante pour se sentir aimée. Mais là, ça débordait, vraiment. « Tu as bien fait. » confirma-t-elle alors qu’elle ressentait déjà les bienfaits de cette escapade sur son moral qui, ces derniers temps, n’avait malheureusement pas toujours été au beau fixe. Finalement, alors qu’ils entraient dans la ville encore endormie, Neo s’arrêta tout à coup, l’attirant à elle avant de se pendre à son cou et lui délivrer un vrai baiser de femme amoureuse. Elle se sentait bien. Si bien qu’elle avait besoin de le partager. « Comme quoi, même après trente ans, on arrive encore à se surprendre. » dit-elle comme s’ils étaient un vieux couple, alors qu’il s’agissait d’autre chose. Se détachant finalement de lui, la roumaine décidément de bonne humeur lui lança un regard joueur. « Alors, qu’est-ce que vous me réservez, monsieur Vacaresco ? »
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyVen 2 Avr 2021 - 12:19

Il était probablement bien surprenant en effet que ce soit Razvan à l'origine de leur petite escapade. Mais il ne pouvait pas se contenter d'être toujours porté par le vent. Et ce n'était pas comme si ça ne lui faisait pas plaisir de l'arracher à son quotidien londonien pour qu'ils passent un peu de temps ensemble. Tous les deux se voyaient une à deux fois par semaines, cela dépendait franchement des semaines de l'un et de l'autre. Et si le rythme de son propre travail tendait à décliner ces derniers temps, le médicomage travaillait à l'hôpital sorcier depuis suffisamment longtemps pour savoir que ça ne durerait pas. Il leur faudrait donc profiter de chaque entracte qu'ils pouvaient l'un et l'autre avoir. Le Pays de Galles avait à la fois le mérite de ne pas être trop loin et d'être un pays profondément sauvage. Au fond, Razvan aimait le calme plat de la campagne, l'air pur qu'on pouvait y trouver et cette espèce de liberté qu'on pouvait ressentir en posant simplement son regard sur les arbres. Quelle liberté sinon celle d'être enfermé dans une ville pour ceux qui y vivaient ? La preuve, ils devaient transplaner loin pour trouver du calme alors que chacun devrait pouvoir vivre la vie au rythme paisible que permettait la nature. Sans doute était-il trop casanier pour comprendre que tout le monde n'avait pas besoin de vivre la vie aussi lentement et que d'autres, avaient besoin de la vivre à cent à l'heure.

A dire vrai, il ressentait déjà les bienfaits de l'endroit alors qu'ils venaient juste d'arriver. Peut-être était-ce parce qu'il en avait terriblement besoin ou peut-être était-ce parce qu'il n'aimait pas la ville. Ou encore, peut-être était-ce aussi parce que la campagne lui manquait, que passer du temps avec Neolina lui manquait tout autant et que pour une fois, il ne regrettait pas d'avoir saisi une opportunité pour passer du temps exclusivement avec elle. Alors oui, il savait bien qu'elle préférait la vie active des villes là où il préférait la campagne. Mais il partait aussi du principe que ce serait le bon endroit pour se retrouver encore. Et surtout, il voulait quand même que ça lui fasse plaisir. Alors il avait beaucoup hésité, naturellement. Sauf qu'à trop hésiter, on ne fait plus trop rien, aussi. Il se demandait si ça lui convenait vraiment lorsqu'elle l'arrêta en tirant sur son bras pour le rapprocher d'elle et lui délivrer un franc et profond baiser, tout sincère. Le roumain se perdit un peu dans cette étreinte en la collant bien contre lui, comme s'ils étaient seuls au monde. Peut-être était-ce un peu le cas finalement, car quand on s'aimait aussi fort, le monde n'existait guère plus. Il gageait que Neolina arriverait plus facilement à le surprendre que l'inverse mais il ne partagea pas ce qu'il pensait, pour se contenter de lui renvoyer un sourire gentil et heureux. Il était toujours heureux de la voir de bonne humeur, peut-être que c'était réellement ça l'amour.

« Déjà, il faudrait qu'on aille déposer nos affaires à notre chambre » lui dit-il d'un ton taquin - ce pragmatisme, toujours présent décidément. « On est dans un village dont je ne suis pas capable de prononcer le nom » continua le roumain d'un ton un peu amusé - les noms gallois avec des "w" et des "y", voilà - « mais je sais qu'on est perdu au milieu des montagnes et comme tout petit village gallois, il a sa propre histoire ». Et il ne faisait pas référence au passé du village, bien que finalement, ça y jouait sans doute un peu aussi sur les légendes qui concernaient l'endroit. Il la prit par la main pour qu'ils continuent de s'avancer dans l'allée principale alors que ses habitants se réveillaient lentement, les rideaux se tiraient et la vie commençait. « Je suis venu ici en décembre quand j'ai été dépêché par Sainte-Mangouste pour régler quelques petits soucis » lui dit-il d'un ton tranquille, « et j'ai eu l'occasion de rencontrer des gens très gentils. Alors... ». Razvan avait eu quelques soins à faire sur certaines âmes de ce village, coupé du monde et presque coupé du monde sorcier. Il y avait rencontré la tenancière du cottage qui faisait aussi chambre d'hôte, et qui l'avait tant appréciée qu'elle lui avait gentiment proposée de venir quand il le désirait. Au bout de l'allée principale partait en perpendiculaire une petite rue qui n'avait rien des ruelles sales qu'on pouvait trouver à Londres. De toute évidence, elle sortait de la ville et le médicomage s'y engouffra en entraînant Neolina à sa suite. Ils marchèrent sans doute dix petites minutes avant d'arriver devant un cottage typique britannique. Le nom sur la plaque était tout aussi impossible à prononcer que le nom du village : « Tu imagines bien combien j'ai eu du mal à me diriger la première fois que je suis venu » lui dit-il d'un ton pince sans rire en toquant machinalement sur la plaque en fer. Il lui fit un petit sourire avant de toquer à la porte et de s'y engouffrer avec elle.


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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyVen 2 Avr 2021 - 17:46

Il ne fallait tout de même pas grand chose pour être heureux. Un joli paysage, une pointe de soleil et un bel amoureux, voilà qui suffisait pleinement à rendre ce moment unique, et l’ajouter à la collection de jolis instants vécus que Neo accumulait pour se les remémorer les jours de moins bien. Mais aujourd’hui, tout allait bien, oui, et il n’était pas question de songer aux choses compliquées alors qu’ici, la vie avait l’air si simple, si paisible. Etait-ce à ça qu’aspirait Razvan, au fond, plutôt que vivre dans cette capitale trop peuplée ? Pourquoi ne pas le faire dans ce cas ? Le fait était que Neo avait beau le comprendre sur bien des aspects de sa vie, certains restaient un mystère et le resteraient très certainement jusqu’à la fin des temps. Et finalement, c’était peut-être ça aussi qu’elle aimait, comme elle le lui faisait remarquer. Le fait de savoir que l’autre avait toujours en lui la capacité d’étonner l’autre - même si parfois, c’était douloureux - et qu’il restait en fait encore des choses à découvrir. Le juste équilibre dans cette amour-amitié intense, mais pas fusionnelle car après tout, quel intérêt de ne former qu’un quand on était deux ?

En tout cas, Razvan avait l’air heureux lui aussi, et l’éclat de son sourire renvoyait à Neo une décharge de joie qui ne s’expliquait pas. Ce fut d’un pas guilleret qu’elle le suivit dans les rues de la ville, vers leur chambre apparemment. L’esprit de Neo essayait déjà d’imaginer où ils dormiraient, entre autres, mais se força à ne pas aller trop loin pour n’être ni déçue, ni gâcher sa surprise. « Nos affaires, oui, oui, bien sûr… » répondit-elle du même ton, parce qu’elle avait bien l’intention d’inaugurer la chambre, et pas avec une sieste. Oui, Neo était décidément très en forme, la puissance du romantisme, que voulez-vous. Son joli rire cristallin fendit l’air et le silence après l’aveu de Razvan sur ses faiblesses côté langue. Essayait-il seulement de faire l’effort, non mais franchement ? « J’aimerais beaucoup te voir essayer… » s’amusa-t-elle alors que son regard frôlait les façades des échoppes où effectivement, elle remarqua cette orthographe un peu particulière qu’elle-même ne savait pas bien déchiffrer. Et puis, contre tout attente, Razvan était d’humeur bavarde, et Neo l’écouta avec amour parler de ce village dont il ne savait rien, et c’était tout à fait charmant. Beaucoup de gens pensaient que la roumaine était bavarde mais la vérité, c’était qu’elle parlait dans les silences, rien de plus. Et pour une fois que Razvan faisait la conversation pour deux, Neo se laissa porter par sa voix profonde alors qu’elle essayait d’imaginer l’histoire de ce village mystérieux et ses boutiques qui n’avaient rien à voir avec celles du Chemin de Traverse, ni de Pré-au-Lard. Elle eut envie de toutes les visiter, toutes oui, mais pour l’instant, ils semblaient presque être les deux seules âmes éveillées du village.

Finalement, les maisons se firent plus rares et leurs pas les portèrent jusqu’à un adorable petit cottage tout ce qu’il y avait de plus anglais, enfin gallois, enfin, bref. L’endroit lui plut à la minute où elle posa les yeux sur sa façade, jugeant que c’était à la fois un lieu susceptible de lui plaire tout en satisfaisant la sobriété de Razvan. « Ne dis pas ça. Il faut bien que l’un de nous ait le sens de l’orientation, sinon… » Elle rit doucement en les imaginant se perdre dans un dédale de ruelles, avant de songer que finalement, elle pourrait bien se perdre n’importe où, tant qu’elle était avec lui. Mais pour l’instant, l’heure n’était pas à l’aventure, mais plutôt à la découverte de ce petit endroit à l’ambiance chaleureuse qui la saisit dès qu’elle passa la porte, où une voix qui portait bien les accueillit dès qu’ils eurent franchi la paillasson. « Oh mais c’est c’bon docteur qui nous vient là ! » Neo fut franchement surprise par cet accent rude mais joli à l’oreille, et qui collait à la perfection avec cet endroit rustique par le bois, mais agréale de par sa décoration chatoyante avec ces affiches vieillies qui donnaient du cachet au lieu. La gérante des lieux passa derrière son comptoir pour les accueillir, avec une certaine bonhommie. « Mais c’est qu’il est venu avec sa belle. Vous avez tiré le gros lot ma fille, vous savez ça hein ? » Amusée, Neo décocha un regard complice à Razvan, dans lequel se cachait une grosse dose de tendresse. « Oh oui, je le sais. »
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyVen 2 Avr 2021 - 21:01

Neolina et Razvan pouvaient souvent se targuer de ne pas avoir eu à passer par les étapes banales pour se mettre finalement en couple, une chose était au moins sûre : cela ne les empêchait pas de faire des activités à deux comme tout bon couple qui se respecte. Il fallait bien dire aussi qu'ils avaient toujours fait beaucoup de choses tous les deux, longtemps avant de se mettre ensemble. Alors ils étaient certes beaucoup plus jeunes, ils étaient certes amis et non pas amants, Sibiu savait que si on trouvait Neo quelque part, Razvan suivrait aussi. Ou alors, il ne serait pas loin et la réciproque était vraie. Et toutes les vieilles âmes de leur quartier avaient bien compris avant eux le fond de cette histoire. C'était peut-être le plus terrible au fond, voir l'évidence sans parvenir à la faire réaliser aux principaux concernés. Mais d'une certaine façon, l'un comme l'autre pouvaient remercier le destin de les avoir fait vivre des choses avant tout ça. Des choses qui avaient parfois conduit à des fins tragiques, il est vrai. Mais d'autres plus jolies, plus profondes, aussi. Après tout, leur relation ne marchait-elle pas si bien précisément parce qu'ils avaient tant attendu ? Difficile à dire. Ce n'était cependant pas à quoi son esprit pensait alors qu'il constatait l'air ravi sur le visage de sa petite amie. Il avait toujours aimé la voir sourire, maintenant davantage encore. Et savoir que c'était sa propre décision qui la rendait ainsi heureuse, ça le rendait tout aussi heureux. « Oh, tu pourras faire une sieste si ça te chante » fit-il mine de ne pas comprendre son ton. Comme si LUI n'allait pas comprendre le sous-texte des paroles de Neolina. Elle n'avait même pas besoin de dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas. Le médicomage essuya d'ailleurs le coin de la bouche de la sorcière, duquel avait débordé son léger maquillage. Elle avait la chance d'être à la fois belle avec et sans. Et il était bien incapable de dire quelle Neo il préférait. Sans doute qu'il aimait toutes les versions d'elle-même, parce que c'était ainsi l'évidence même.
Et c'était aussi le cas lorsqu'elle se moquait de lui ! Ce n'était pas comme s'il ne lui rendait pas la pareille de toute manière. En terme de vacheries, l'un et l'autre était parfaitement armé pour se combattre. « Essaie donc de lire ça » la mit-il religieusement au défi en pointant une pancarte, visiblement à destination des balais volants, où il était sobrement inscrit : "Cadwch mewn gêr isel". Non mais vraiment ! Fallait-il être ouvert d'esprit pour comprendre une logique derrière la langue galloise. Et Razvan, qui n'était pas la personne la plus ouverte d'esprit au monde - hélas - ne pouvait pas faire de miracles.

Le gîte où ils devaient passer leur week-end avait une prononciation moins barbare mais qui faisait peur à vue d'oeil, aussi préféra-t-il ne pas se lancer dans un exemple hasardeux pour ouvrir directement la porte et pénétrer dans le cottage. Ils furent accueillis par la vieille dame qu'il avait rencontré en décembre. Et apparemment, elle se souvenait de lui. Le roumain n'était pas du genre à rougir et heureusement, avec le compliment qu'il se prit, il aurait pu finir pivoine. Et que dire alors de la petite réponse de Neolina. Sans vraiment s'en rendre compte, il lui serra la main un peu plus fort, car son affection pour elle, en réalité, ne semblait pas avoir de limites. « Comment allez vous ? » lui demanda-t-il d'un ton profondément gentil, alors que des pattes d'oies s'inscrivaient aux coins de ses yeux marqués, « ah mais très bien ! Très très bien, vous faîtes des miracles mon garçon ! » fit la bonne femme avec un air mille fois plus accueillant que celui qu'avait Madame Lupescu dans ses bons jours, « alors, Vacaresco... Chambre 2, à l'étage à gauche ! ». Elle lui tendit une vieille clé un peu rouillée et il la remercia d'un hochement de tête avant d'entraîner Neolina à sa suite. Il la laissa passer en premier pour monter les escaliers - on ne se refuse pas la vue de si jolies jambes - et ne sut pas résister à faire glisser sa main un peu bas dans son dos une fois sur le palier. C'était typique d'une maison des années cinquante ou quarante, avec quelques vieux meubles et des papiers peints fleuris passés d'âge. C'était d'une certaine façon une étrange fenêtre sur un passé qui n'était bien entendu plus là. Razvan aimait bien cette tendance de certains de ne pas vouloir avancer dans le temps. Son propre appartement n'était pas la personnification de la modernité. Et lui non plus, d'ailleurs.

Pourtant la petite chambre qui était la leur pour ce week-end, était drôlement jolie et drôlement lumineuse, il avait insisté dessus. Car le roumain, paradoxalement à ce que l'on pourrait attendre de son incroyable austérité, détestait les endroits sombres qui n'étaient pas illuminés de la lumière du dehors. Il préférait largement travailler avec la lumière du jour qu'avec celle d'une lumière artificielle. Le médicomage posa son sac à côté de la porte en s'avançant dans la pièce en même temps que Neolina. Attenante à la chambre se trouvait une salle d'eau : « Tiens donc, nous avons une baignoire » fit-il d'un ton un peu provocant. C'est que c'était un luxe auquel il ne s'attendait pas, mais soit. Il referma la porte épaisse pour poser ses yeux noirs sur sa petite amie qui regardait la vue à la fenêtre et il s'approcha d'elle en faisant glisser ses mains sur ses hanches pour trouver finalement le chemin de son cou et le parsemer de baisers tendres. « Je t'aime ».


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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptySam 3 Avr 2021 - 1:16

Une sieste, bien sûr… C’était tout à fait ce que Neo en tête, avec son énergie débordante et l’envie de croquer la vie - et Razvan - à pleines dents ! Lui lançant un regard entendu, elle ne put évidemment pas se retenir de surenchérir. « Il va falloir me fatiguer avant, j’en ai peur. » Intenables quand ils étaient ensemble, ces deux-là. Déjà qu’ils n’avaient pas besoin de mots pour exprimer leurs désirs et pourtant, ils semblaient ne pas pouvoir s’en empêcher, dans cet espèce de petit jeu à la fois mignon et coquin qui s’était naturellement instauré dans leur belle relation, sans doute parce qu’elle était déjà forte le jour où ils étaient devenus un couple. Qu’est-ce que Neo aimait ça d’ailleurs, penser qu’ils étaient un couple, comme si c’était à la fois surnaturel et parfaitement logique. C’était un petit plaisir que de l’avouer aux autres, même si peu de gens finalement étaient au courant car Neo n’était pas du genre à étaler sa vie privée sur les toit. Mais Anselmus, Stubby, sa soeur aussi bien sûr, avaient eu droit à ce bel aveu qui lui avait déclenché un petit fourmillement dans le ventre chaque fois qu’elle l’avait dit, ou écrit. Ça ne lui avait jamais fait ça avant, et la sensation nouvelle était grisante.

Prise à son propre piège, Neolina fixa la pancarte désignée par Razvan en fronçant un peu les sourcils. Mais qu’était-ce donc que ce dialecte ? Bien sûr, elle aurait pu s’en sortir d’une pirouette, mais de bonne humeur, elle se prêta au jeu de bon coeur. « Cadveuch… mioun… guer izel ! » tenta-t-elle de la façon la plus approximative qui soit, écorchant la phrase à en défriser un mouton gallois. « Ahah, ça t’impressionne, avoue ! » C’était qu’elle osait en plus, avec son petit air effronté de même pas peur, sachant qu’il allait se moquer comme jamais, mais quelle importance ? Si ça le faisait rire, alors au moins aurait-elle le plaisir d’entendre ce qu’elle trouvait être l’un des plus jolis sons qui soient.

Au coeur de la petite auberge, Neo se sentait parfaitement à son aise, bien que la tenancière avait l’air du genre un peu sans gêne. Mais la roumaine aimait ce genre de personnalités, chaleureuse et aimante, comme elle le sentit à la façon qu’elle avait de les regarder. Sa sollicitude avait sans doute à voir aussi avec le fameux miracle que Razvan avait opéré sur elle, Ce qu’elle aimait cette part de lui qui prenait soin des autres par vocation, et non pas par vanité ou profit. Razvan était né pour être médicomage, et elle se souvenait encore du jour où ils en avaient parlé. Elle se souvenait de la flamme dans le regard de son ami, et de s’être dit que c’était la chose la plus évidente qu’elle ait jamais entendue de sa vie. Razvan avait un coeur de soigneur, un peu comme elle au fond, même si leurs façons de le faire divergeaient totalement, se complétant même quand on y songeait. C’était que tout ça avait à voir avec leurs personnalités, Razvan étant homme à agir et Neo femme à parler, à comprendre. Certains de ses collègues lui disaient qu’elle avait des talents de psychomage, mais elle haussait toujours les épaules en disant que de toute façon, les gens ne se souvenaient jamais de leurs conversations, ce qui faisait d’elle une espèce de gardienne de secrets à toute épreuve, et bien plus respectueuses que bien d’autres.

Après ces charmantes retrouvailles, Neo et Razvan ne demandèrent pas leur reste et grimpèrent à l’étage. La roumaine se laissa complètement charmer par le lieu et ses murs d’un autre temps, comme si l’endroit semblait avoir une vieille âme paisible et reposante. Quant à leur chambre, et bien... « C’est parfait... » dit-elle tout haut alors que la pièce qui serait leur pour le week-end était baignée de la douce lueur orangée du petit matin. Le lit avait l’air si confortable qu’elle eut envie de se jeter dessus, mais ce fut autre chose qui attira son attention alors qu’elle laissa glisser son sac au sol sans y prêter attention. Leur chambre donnait sur l’arrière du cottage, face aux magnifiques montagnes qui semblaient s’éveiller dans le soleil de l’aube, et le spectacle était prodigieux. C’est à peine si elle entendit la remarque de Razvan alors qu’appuyée contre le rebord de la fenêtre, elle laissa ses yeux se régaler de la vue. Et comme si l’instant n’était pas déjà assez beau, l’étreinte de Razvan vint parfaire le moment, tout comme sa tendre déclaration et ses baisers de velours. Blottie contre lui, Neo posa ses mains sur les siennes et savoura le moment, se privant même du merveilleux spectacle qu’elle avait sous les yeux en fermant les paupières pour se délectant de la moindre caresse de ses lèvres sur sa peau. Elle l’aimait tant. Tant et si fort qu’il lui parut inutile de lui dire. Le soupir de contentement qu’elle poussa parlait pour elle après tout. Et alors qu’il mettait déjà sa patience à rude épreuve en l’embrassant de la sorte, Neo se tourna finalement pour lui faire face, glissant ses mains sur les épaules couvertes par son manteau dont elle le débarrassa lentement avant de jouer un peu avec ses bretelles, les fameuses. « Tu sais que tu fais de l’ombre à ces montagnes ? » L’une de ses mains fit glisser sa bretelle gauche, longeant son bras lentement jusqu’à entrelacer ses doigts aux siens alors que son autre main s’attelait à essayer de retirer un de ses boutons. Après tout, il serait toujours la plus belle vue, où qu’ils soient. « J’ai très très envie de t’aimer sur ce lit, là tout de suite. » glissa-t-elle à son oreille avant de lui délivrer un baiser qui exprimait tout aussi parfaitement que des mots ce qu’elle ressentait. Ce besoin profond d’être avec lui, contre lui. Contre le reste du monde.
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptySam 3 Avr 2021 - 13:48

La fatiguer avant... Ce devait être dans ses cordes. Razvan ne renchérit pas autrement que par un clin d’œil un peu taquin. Après tout, ils avaient la chance d'avoir une relation purement décomplexée, profonde et sincère. Ce genre d'amour qu'on ne porte qu'à une seule personne dans notre vie, au point d'en perdre la tête quand c'est finit. Difficile de dire si c'était parce qu'ils se connaissaient depuis trente ans ou bien parce qu'ils étaient amis depuis longtemps. Il était fort probable que leur belle amitié ait un peu provoqué les choses, pris soin de faire se développer en sous texte quelque chose qui les avait happé pour la première fois un étrange matin de juillet. Car malgré toute la force de son déni pendant les mois qui avaient suivi, cette matinée l'avait si profondément hanté qu'il en avait été méchant avec elle, qui ne méritait pourtant pas cela. Et malgré le temps qui passe, malgré les souvenirs qu'ils construisaient maintenant à deux, le médicomage regrettait toujours un peu les terribles mots qu'il avait balancé ce soir-là. Pourtant, ils étaient vrais et profonds, et sans doute que c'était toujours un peu le cas. Car un amour pareil, ça nous prend aux tripes et nous déchire le coeur. Si le sentiment était négatif à l'époque, il était désormais positif. Mais il n'empêche que c'était toujours un peu la même base, ce même besoin de sentir l'autre, de faire glisser ses mains sur elle et d'embrasser sa peau douce. Il comptait bien faire cela ce matin, même s'ils se perdaient, ce qui n'était pas impossible. Trois mois tout de même qu'il n'était pas venu dans ce village gallois au nom typique et il ne faudrait sans doute pas compter sur les talents en langues de Neolina pour les aider. Pas qu'elle n'était pas douée en langues, mais le gallois quand même, c'était sacrément étrange. Razvan se contenta d'un léger rire devant sa tentative de prononciation, étant sûr à 99% qu'elle se trompait sur la manière de prononcer les lettres. Il ne ferait pas mieux de toute manière.

En réalité, il serait sans doute plus sage de demander à la tenancière replète de lui donner quelques cours de langue galloise. C'est que la belle nature du pays le touchait plus qu'il ne l'aurait cru possible. En fait, il y trouvait des traits communs avec la Roumanie sans que ce soit réellement pareil, sans doute était-ce parce que les montagnes étaient hautes et les gens attachés aux traditions qui étaient les leurs. Dans certains pays occidentaux, au goût de Razvan, c'était un peu l'effacement de cette tradition qui pêchait un peu, comme si tout ce qui appartenait au passé était nécessairement mauvais, à devoir être balayé sous couvert de modernité. Peut-être que son éducation avait été trop stricte sur ce point, il n'en savait rien. Mais c'était assurément un des points noirs qu'il trouvait à l'Angleterre. Quoiqu'il en soit, le sujet n'était pas là, Neo semblait ravie du cottage, aussi vieux parut-il. Comme quoi, malgré leurs différences, ils arrivaient parfois à trouver tous les deux le même point d'ancrage. « Je suis content que ça te plaise » avoua-t-il simplement. Car il était parfois délicat de savoir exactement comment contenter l'autre, mais heureusement pour les assister là-dedans, ils avaient au moins un long passé commun et une belle connaissance de l'autre. Razvan connaissait désormais une bonne partie des points faibles de Neolina, sinon tous, maintenant qu'ils étaient amants. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il vint se placer derrière elle pour la caresser de ses mains et faire courir un peu ses lèvres contre son cou blanc duquel il aimait tant respirer l'odeur. Ils n'avaient même pas besoin de se le dire pour savoir qu'ils s'aimaient. Et il ne s'en sentit pas vexé qu'elle ne lui réponde rien parce qu'après tout, ils n'avaient jamais eu besoin de rien se dire. Rien du tout. Les regards, les sourires, les soupirs. Toute leur attitude non-verbale était la preuve même qu'ils portaient pour l'autre une affection sans commune mesure. Lorsqu'elle se retourna et qu'il pu la regarder dans les yeux, il se laissa totalement faire alors qu'elle lui retirait son manteau et jouait avec ses fameuses bretelles. « Je ne suis pas vraiment une montagne pourtant » répondit-il d'un ton un peu amusé. Oh il avait compris ce qu'elle voulait dire, mais c'était plus facile de répondre en passant par le sens simple de la jolie phrase qu'elle lui avait dite. Son aveu suivant lui arracha un petit rire soufflé entre ses lèvres qui laissaient voir ses dents. « Une chance alors qu'on ait troqué la ceinture pour des bretelles » lui dit-il avant qu'elle ne se saisisse de ses lèvres. Il n'en fallut guère plus pour qu'il glisse ses mains dans son dos avant de la rapprocher de lui, non pire, pour la coller totalement contre son corps et sentir chaque reliefs du sien. Ils avaient toujours besoin de cette proximité lorsqu'ils étaient ensemble, peut-être aussi parce qu'ils ne se voyaient qu'une à deux fois par semaine. Mais là, ils avaient tout le week-end pour eux, et ils comptaient bien en profiter comme il faut. Il ne lui fallut pas vraiment de temps pour la pousser doucement sur le lit sans cesser de parsemer sa peau visible d'une myriade de tendres baisers, comme s'il fallait avec urgence qu'il redécouvre tout le temps son corps qu'il connaissait pourtant si bien. La meilleure traduction de ses sentiments se trouvait probablement dans chacun de ses gestes, lui qui aimait tant la caresser et l'embrasser, la sentir aussi, et se coller à elle.

Difficile de dire combien de temps ils restèrent au lit, eux qui devaient pourtant visiter le village et ses environs. Mais n'avaient-ils pas le temps de le faire ? Un week-end, deux jours c'était à la fois peu et suffisant. Suffisant pour profiter de l'autre et de ses sourires autant que pour se promener et profiter un peu sans s'inquiéter de quoique ce soit d'autre. La vérité, c'était que Razvan aurait pu rester la journée contre elle sans remords, parce que la vie ne s'arrêtait pas à la nuit tombée. Il en succédait simplement une autre, d'un autre type, plus excitante d'une certaine façon, dans la fraîcheur de la nuit. Mais voilà, il fallut bien redescendre et la tenancière leur lança un sourire accompagné d'un regard entendu. A dire vrai, il espérait juste que l'isolation était suffisante pour que tout le cottage ne les entende pas du week-end. Le ciel était gris mais ils étaient en plein milieu de journée. Le village était tout de même assez animé, mine de rien et ils n'étaient visiblement pas non plus les seuls touristes du coin. Les boutiques qui s'étendaient d'ailleurs çà et là parlaient pour elles. Alors qu'il lui tenait la main tendrement, Razvan posa ses yeux sur un petit garçon qui s'amusait avec l'eau d'une fontaine et la réalité le rattrapa brusquement. Le roumain eut envie de lui demander si elle souhaitait venir en Roumanie avec lui la semaine qui suivrait mais le moment lui paraissait mal choisi. Après tout, ils étaient là pour profiter de l'autre et décomplexer, par pour penser à ce sujet qui leur avait valu de se disputer. Pourtant, il leur faudrait en discuter et il savait bien qu'il valait mieux s'y prendre tôt pour ne pas la brusquer, mais... Le cœur n'y était pas et le cœur n'y était jamais de toute manière en ce moment quand il était question de Mihaela.


(1248)

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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptySam 3 Avr 2021 - 20:05

Razvan n’était peut-être pas une montagne, mais pourtant, il prenait bien de la place dans le coeur de sa roumaine. Elle qui pourtant par le passé avait déjà aimé ne savait pas comment il était possible qu’elle soit capable d’aimer autant, encore plus fort que tout ce qu’elle avait connu avant. Encore plus fort qu’elle ne l’aimait déjà, quand ils n’étaient qu’amis, même encore plus fort que la veille, comme si chaque journée passée à ses côtés ou même simplement à savoir qu’il ressentait la même chose qu’elle ne faisait qu’accroître l’intensité de ses sentiments. « Peut-être, mais tu leur voles la vedette. » répondit-elle comme si ça n’était pas déjà assez clair comme ça, déposant un baiser sur le carré de peau dévoilé par le col de sa chemise avant de lui dévoiler ses intentions pourtant totalement transparentes. Effectivement, les bretelles furent une aide précieuse pour gagner quelques secondes alors qu’il l’avait emmenée sur le lit qu’elle lui avait implicitement demandé à rejoindre, alors qu’elle se laissait aller à l’incroyable bien-être que déclenchaient chaque baiser, chaque caresse qu’il avait envers elle. Et ce ne fut que bien plus tard que Neo répondit à son je t’aime, au coeur de leur intense étreinte qui pourtant rendait toute déclaration inutile mais c’était comme ça, parfois, ça lui échappait.

Il leur fallut toute la volonté du monde pour s’extraire des bras l’un de l’autre, et Neo effaça d’un geste doux une légère trace de rouge à lèvres que Razvan avait dans le cou avant qu’ils ne descendent. Oh bien sûr, la tenancière n’était pas dupe et n’eut rien besoin de dire pour que tout le monde sache. Combien de temps étaient-ils restés là-haut ? Deux, trois heures? Impossible à savoir tant le temps s’écoulait différemment à ses côtés et au fond, Neo se moquait bien de savoir l’heure qu’il était, préférant vivre à leur rythme. En tout cas, le village était désormais réveillé, et les deux roumains retrouvèrent un peu de l’ambiance de leur Sibiu natale. Ici, les gens semblaient ne pas vouloir courir après la trotteuse, marchant d’un pas calme et tranquille, et les enfants jouaient dans les rues sans se soucier du danger qui pourtant rôdait à l’extérieur. Après tout, Londres n’était pas le seul terrain des jeux cruels des mages noirs et sans le vouloir, Neo se laissa envahir par une légère mélancolie à l’idée qu’un endroit pareil puisse voir un jour son calme troublé par la violence de ceux qui se battaient pour d’horribles idéaux. C’était que ses missions sur le terrain l’affectaient souvent plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. Mais elle n’avait pas envie de se laisser aller à des idées un peu grises alors qu’ils étaient venus pour se ressourcer justement, et Neo évacua ses pensées au plus vite en posant son regard sur les façades typiques de la région, aux noms définitivement imprononçables. « Tu veux qu’on aille manger un morc…oh ! » Neo oublia très vite sa faim alors qu’elle venait d’apercevoir une vitrine qui lui avait terriblement tapé dans l’oeil. Devinez quoi… une friperie, évidemment ! Entraînant Razvan à sa suite, la roumaine colla presque son nez à la vitre pour observer les pièces qui y étaient, dont une superbe petite robe printanière dans un esprit un peu japonisant, alors que Neo ne connaissait rien à cette culture là mais, c’était joli donc ça lui allait ! « On fait un tour ? Peut-être qu’on te trouvera une deuxième paire de bretelles ! » Disant ça, elle joua avec l’une d’elle que son manteau ouvert laissait apercevoir. « Tout de même, ça serait dommage de les abîmer. » Comme quoi, Neo n’avait finalement pas envie que d’y faire un tour pour elle, loin de là. Car à peine rentrée dans la boutique, la roumaine lâcha la main de Razvan pour aller farfouiller dans les rayonnages masculins, à la recherche d’une petite pépite. Et bingo ! Toute contente, Neo sortit du portant…

PAIR - Une très estivale chemise avec quelques palmiers bleus qui donnaient envie de prendre un portoloin pour les Seychelles. Ça n’était clairement pas le style de Razvan, mais après tout, puisqu’il aimait les chemises… Pourquoi ne pas mettre un peu de couleur dans sa vie ? « Tu l’essayes ? » demanda-t-elle avec un sourire, espérant qu’il se prêterait au jeu. Parce que même si ça ne lui allait pas, au moins garderait-elle en mémoire le souvenir de Razvan dans une chemise presque hawaïenne et ça… Ça n’avait pas de prix !

IMPAIR - Une magnifique veste violette à col de fourrure. Non vraiment, Neo trouvait ça magnifique ! Voilà qui ne pourrait que rehausser le teint mat de son beau roumain, et ajouter un peu de gaieté à sa garde-robe qui en manquait clairement - même si elle appréciait sa sobriété, évidemment. « Oh, ce que c’est joli ! » s’exclama-t-elle en admirant la pièce avant de la tendre à Razvan. « Ca ne coûte rien de la passer, pas vrai ? » dit-elle d’un petit air gentil, en espérant que ça le convaincrait de laisser tomber son gros manteau pour essayer sa trouvaille et qui sait... peut-être qu’une fois portée, ça lui plairait ?


Dernière édition par Neolina Siankov le Sam 3 Avr 2021 - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptySam 3 Avr 2021 - 20:05

Le membre 'Neolina Siankov' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptySam 3 Avr 2021 - 22:34

Comment était-ce possible que le temps passe à la fois très vite et épouvantablement lentement lorsqu'ils étaient ensemble ? Comme s'ils défiaient les lois du temps et de la gravité, rien ne semblait trop insurmontable pour eux lorsqu'ils étaient à deux. Sinon se tirer des bras de l'autre pour retourner à la normalité de la vie. Il leur en avait fallu de la volonté pour ne pas décider de passer la journée au lit. Et pourquoi le regretteraient-ils de toute façon, eux qui retrouveraient bien ce soir l'intimité de leur chambre pour continuer de profiter pleinement de ce week-end de répit qu'ils s'octroyaient ? Il n'y avait bien qu'avec elle que Razvan prenait réellement du plaisir à sortir de chez lui. Car pour un homme qui connaissait si peu les loisirs et qui considérait surtout la vie sous l'aspect plus austère du travail et de la recherche, c'était tout de même un sacré exploit qu'il soit l'instigateur de cette escapade. Mais pour une fois et comme rarement, le médicomage ne regrettait pas. Il ne regrettait pas de n'être pas resté chez lui à travailler sur des dossiers, ou même à l'hôpital tiens, occupé à faire des heures supplémentaires.

Razvan n'eut pas le temps de dire Quidditch pourtant que Neo l'entraînait dans une friperie et allez savoir, il su que c'était la fin. Elle lui lâcha pourtant la main alors qu'elle se précipitait dans les rayons masculins et qu'il faisait l'inverse pour promener ses yeux dans les rayons féminins. Les friperies n'avaient jamais trop été son fort mais est-ce qu'il était particulièrement un homme à faire les boutiques ? Non. Razvan avait l'incroyable capacité d'être capable de ne pas user rapidement ses vêtements et ça lui allait parfaitement. Le manteau qu'il avait sur ses épaules en était un exemple, lui qui avait enduré déjà cinq hivers de pluie britannique. « Ce n'était pas la robe qui t'intéressait ? » fit-il d'une piètre tentative de l'éloigner des rayons pour hommes alors que le vendeur s'esclaffait derrière son comptoir. Vachement drôle, à croire qu'il voyait souvent ce genre de scène avec des couples qui venaient et l'un qui ne faisait même pas l'effort de faire semblant d'avoir envie d'être là. Si le médicomage était en train de boire quelque chose, il se serait peut-être étouffé devant la couleur violine de la veste que Neolina, toute contente, lui ramena de son petit air victorieux : « Humpf ! » - puis devant la tête qu'elle tirait - « bon ça va, je l'essaie si tu veux ». Il se délesta de son manteau si noir qui soulignait la couleur intense de ses cheveux pour le lui tendre et opérer un échange qu'il regrettait déjà. Mais bon, qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour la voir sourire, hein ? « Heum... » marmonna-t-il en se sentant franchement ridicule là-dedans, « c'est un peu... Un peu trop coloré, disons ». C'est que Razvan en bon roumain qu'il était, préférait largement la sobriété à... Disons... Ce genre de couleurs. Et ça n'avait rien à voir à un présupposé attribut genré du violet. Non non, c'était juste un peu trop flashy pour lui. Comprenez-le, il s'habillait presque exclusivement avec des couleurs sombres alors... « Je préférerais te voir enfiler la jolie robe qui t'a tapé dans l’œil » fit-il d'un ton provocant, « tu me dois bien ça, non ? ». Il se pencha derrière son oreille pour lui souffler d'un autre type de ton : « Peut-être que je peux même t'aider à l'enfiler ».

(585)

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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyDim 4 Avr 2021 - 17:12

Razvan eut beau essayer de détourner Neolina de son but, le fait était que quand la roumaine avait une idée dans la tête, c’était bien difficile de l’en déloger. Et là, elle avait vraiment envie de s’amuser un peu avec le look de Razvan, bien qu’elle doutait véritablement que la moindre tenue de cet endroit puisse lui plaire. C’était que les déclinaisons du noir au gris, avec pointe de marron, étaient tout de même son quotidien. « Après, après… » dit-elle sans même lui lancer un regard, toute occupée qu’elle était à chercher la perle rare. Et cette veste violette, vraiment, lui avait tapé dans l’oeil ! Evidemment, elle se doutait bien que son classico-classique roumain allait ronchonner devant pareille couleur - n’était-ce pas un peu le but d’ailleurs ? - mais elle savait surtout qu’il avait tout de même un peu de mal à lui résister. Non pas qu’elle en abusait, et puis après tout, il ne s’agissait que d’enfiler une veste, alors s’il fallait user de son regard mignon, ça n’était pas un problème. Et voilà, efficacité garantie, Razvan se débarrassait déjà de son manteau qu’elle attrapa avec un sourire à illuminer tout le magasin alors qu’il enfilait ce haut violine qui lui allait si merveilleusement bien qu’on aurait cru qu’il était fait pour le porter. « Oh, ce que ça te va bien ! » s’exclama-t-elle avant qu’il n’ait le temps de faire son rabat-joie. A vrai dire, ça n’était pas du tout son style, et Neolina ne l’imaginait pas du tout, mais alors pas du tout porter ça au quotidien, mais au moins l’avait elle vu une fois, et ça lui allait. « C’est que ça t’irait mieux avec un sourire… » le provoqua-t-elle en le tournant face à un miroir, se postant à côté de lui pour que le miroir lui renvoie celui qu’elle arborait, à la fois facétieux et profondément heureux. Sa petite jupe lavande s’accordait parfaitement avec cette veste, c’était vraiment joli. Aussi Neo fit-elle un cliché mental de ce moment, pour s’en rappeler plus tard sans même avoir besoin d’une pensive.

Evidemment, Razvan essaya de se dépêtrer de cette situation en faisant ce qu’il savait faire le mieux : penser aux autres avant lui-même. Aussi eut-il vite fait de détourner l’attention de Neo en lui rappelant cette petite robe qu’elle avait bien l’intention d’essayer. « Ce que tu es pressé, dis-moi ! »  Car pour le moment, elle ne s’avouait pas vaincue et comptait bien repartir en expédition pour trouver de quoi plaire à Razv… Enfin, c’était avant qu’il ne se penche près d’elle pour lui souffler un argument bien imparable. Une vague de chaleur qui avait pris naissance dans son ventre remonta jusqu’à ses joues, et la roumaine lui renvoya via le miroir un regard qui en disait bien long. « Tiens donc, comme c’est généreux de ta part… » Généreux oui, et pas du tout intéressé bien sûr. Filant jusqu’au comptoir, Neolina alpagua le vendeur qui semblait beaucoup s’amuser des expressions de Razvan, aussi à l’aise dans cette veste aviateur qu’au milieu d’un concert des Croque-Mitaines, qu’on se le dise. « Je peux essayer la petite robe en vitrine s’il vous plait ? » L’homme eut une absence de réaction qui la fit douter. « Enfin, en cabine mais, celle de la vitrine, bref… » Bref, oui, il avait compris, tout comme Neo comprit qu’il s’agissait d’un cracmol puisqu’il dut traîner ses fesses jusqu’à ladite vitrine pour en décrocher la robe, alors que Neo aurait pu le faire d’un sort, mais soit. Voilà qui lui laissa le temps de repartir à la chasse à la trouvaille. « Il faut bien qu’on te trouve une raison de m’accompagner aux essayages. » lâcha-t-elle d’un ton faussement innocent. Heureusement, le cracmol n’était pas super doué et rapide, aussi Neo eut le temps de farfouiller et trouver une veste - encore une ! - bien plus adaptée aux goûts de Razvan. « Ah ! Là, tu ne pourras pas te plaindre de la couleur ! » Elle mourrait d’envie de le voir là-dedans, et vola au passage un pull à col roulé moutarde qui irait merveilleusement avec et justifiait un petit déshabillage derrière le rideau. Timing parfait, le vendeur revint avec la robe et Neo lui fit un grand sourire - « Merci ! » - avant de filer direction la zone d’essayage. La cabine était petite, en tout cas pas adaptée pour deux, et voilà qui la renvoya à des souvenirs. « Ça te rappelle quelque chose ? » demanda-t-elle, taquine, alors qu’elle fermait le rideau. « Je doute qu’on soit aussi gênés qu’à l’époque cette fois… » minauda-t-elle un peu en déposant sa robe sur l’attache contre le mur avant d’enrouler ses bras autour de son cou, lui délivrant un tendre et profond baiser à l’abri des regards indiscrets.
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyDim 4 Avr 2021 - 19:46

Ah, c'est sûr qu'avec ce joli sourire que lui envoyait Neolina dans le reflet du miroir, c'était difficile de ne pas lui en renvoyer un du même genre. Elle avait l'air tellement satisfaite de l'avoir fait flancher pour porter ce truc immonde et trop coloré que Razvan ne trouvait même pas moyen de réellement empêcher un sourire de se peindre sur son visage. Car celui de sa petite amie était communicatif, tout comme ses rires, sa personnalité solaire aidant nécessairement à faire d'elle quelqu'un d'agréable. Sa personnalité était belle et douce et diable, comment ne pas l'aimer ? Il lui semblait qu'il pourrait se faire mille fois la réflexion sans parvenir à trouver la réponse, en existait-elle une d'ailleurs ? Pas sûr. Comment était-ce possible que personne avant lui n'ait pris sa place, comment était-ce possible qu'il n'y ait eu personne d'autre pour l'aimer ? Le roumain se posait souvent cette question en se faisant la réflexion qu'il ne la méritait pas, parce que Neo méritait mieux. Elle méritait quelqu'un qui ne lui mente pas par omission, quelqu'un qui lui renvoie ses sourires sans que ce quelqu'un soit presque un tueur de sang-froid. Ces pensées lui glaçaient toujours un peu le sang, sans doute parce qu'elles étaient épouvantablement vraies.

Mais il n'était pas là pour se torturer avec ces questions-là, d'ailleurs il détourna sa propre attention en même temps que celle de la sorcière par une petite phrase soufflée gentiment à son oreille et au sens légèrement plus profond que cela. « N'est-ce pas une de mes qualités ? » lui répondit-il naturellement en ajoutant à sa phrase un léger sourire en coin pour la parfaire. L'effet semblait être efficace puisque Neolina se faufila plus rapidement vers le comptoir que quelqu'un qui voudrait y transplaner pour réclamer la jolie robe qui était en vitrine. Lui continua de se promener entre les rayons en se faisant la réflexion que pour la plupart des choses exposées, les gens avaient manqué cruellement de goût en les achetant pour la première fois. Etait-ce une chemise arc-en-ciel qu'il voyait-là...? La trentenaire était bien entendu revenue pour lui sortir un argument quand même en béton afin de le convaincre de choisir quelque chose pour la suivre. Razvan n'empêcha pas une petite phrase de franchir la barrière de ses lèvres : « Tu vois, on aurait dû garder pour ça la veste violette ». Mais Neo en avait trouvé une autre, qui était déjà davantage quelque chose qu'il pourrait porter sans avoir trop honte. Soit, soit. Le pull à col roulé moutarde était peut-être de trop, mais soit. Il ne fallait pas trop pousser pour le convaincre de la suivre de toute façon. Il la suivit docilement cependant jusqu'aux cabines d'essayage. La bienséance voudrait qu'il attende dehors mais l'occasion était trop belle et même s'ils étaient un peu à l'étroit, au moins Neo était-elle sur la même longueur d'ondes que lui. « Ah mais on a probablement autant de temps qu'à l'époque » lui dit-il avant que ses lèvres ne soient prises par celles de sa roumaine. Un sourire s'y dessina naturellement alors que ses mains glissaient de sa taille à ses fesses. « Au fond, ça n'a pas tant changé, on est toujours des ado » plaisanta-t-il entre deux baisers. Il avait naturellement laissé tomber la veste et le pull qu'elle lui avait mis entre les mains alors qu'il la pressait contre le mur et contre son propre corps. « On risque encore de se cogner ce serait dommage ».


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Neolina Siankov

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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyDim 4 Avr 2021 - 21:08

Ce qu’elle aimait le voir comme ça… Aussi à l’aise, sûr de lui, taquin. Bien dans sa peau, en somme. Il fallait avouer qu'en vérité, elle l’avait toujours connu comme ça en sa présence, au point qu’elle ne comprenait pas souvent les remarques parfois pernicieuses des gens qui se plaignaient de sa rudesse ou de ses silences. Peut-être était-ce le pouvoir de Neo, que de le rendre comme ça. Toujours était-il qu’elle aimait retrouver ce Razvan qui lui avait tant manqué cet hiver, et découvrir des facettes de lui qui semblaient ne se dévoiler que dans un contexte amoureux. Comme il aurait été dommage qu’elle ne les découvre jamais, car cela ne faisait que le rendre encore plus beau qu’il ne l’était déjà, et elle ne parlait pas que de son physique. Razvan était sans nul doute la plus belle personne qu’elle connaisse, et cela n’avait pas juste à voir avec sa générosité, mais avec tout le reste aussi. Comment avait-elle pu mettre autant de temps à se rendre compte qu’elle l’aimait, alors que tout ça lui paraissait aujourd’hui si évident ?

Une fois dans cette cabine bien exiguë, Razvan et Neo délaissèrent un peu trop rapidement ce qu’ils étaient pourtant officiellement venus y faire. Voilà qui faisait une belle revanche sur ces fameuses 7 minutes au paradis qui avait vu se sceller leur premier baiser, le premier d’une longue série qui avait juste du attendre 20 ans avant de se poursuivre. Mais c’était que ces deux-là savaient se rattraper en la matière, et le baiser qu’ils s’échangèrent n’avaient rien à voir avec celui bien plus chaste de l’époque. Neo sentait déjà les mains de son ami-amant-amour courir le long de son corps tandis que Razvan lui arrachait un léger rire avec sa remarque. Des adolescents, ça oui, ils n’en étaient pas loin… Incapables de ne pas se toucher, incapables de se tenir même en semi-public - tout de même, cette cabine n’était pas bien insonorisée, et le rideau ne cachait pas leur pieds non plus. « Oh non, on est pires… » surenchérit-elle, plutôt très fière d’elle. L’expérience faisait que leurs étreintes étaient tout aussi passionnées, mais plus intenses sans doute encore que celles que la ferveur adolescente permettait. Pas besoin de partir en exploration d’un corps qu’on apprenait à connaître plus vite, y compris le sien, pas vrai ? D’ailleurs, Razvan lui provoqua un petit soupir qu’elle essaya de taire en mordant sa lèvre inférieure, mais le bruit de son dos contre la paroi un peu en toc ne fut pas bien discret. Est-ce que cela avait une quelconque importance ? Probablement pas. « Vraiment dommage, c’est vrai… » souffla-t-elle sans autre répartie alors qu’elle luttait pour ne pas faire trop de bruit.

L’issue de cette histoire semblait déjà écrite, tandis que les doigts de Neo avaient trouvé le chemin de la peau si chaude de Razvan sous sa chemise, dans le creux de ses reins. La situation était tout particulièrement excitante, elle si peu habituée à ce genre de moment pas tellement pudique, sans pour autant en ressentir la moindre honte. Gageant que c’était le moment parfait pour poursuivre un peu ce petit jeu et taquiner Razvan qui s’amusait quand même depuis quelques minutes à la rendre folle, la roumaine fit glisser les bretelles avec dextérité avant de lui ôter sa chemise entre deux baisers, ébouriffant au passage ses cheveux déjà rendus flous par leur première étreinte. Puis Neo descendit doucement, très doucement, parsemant sa peau de baisers ardents avant de lui lancer un regard qui en disait très, très long… et de se relever en tenant dans sa main le pull qu’elle avait ramassé. « Ne devais-tu pas m’aider à enfiler ma robe ? » demanda-t-elle d’un ton bas et provocant, son sourcil gauche légèrement relevé. « Pour ça, il faut me retirer le reste… » Comme si elle avait besoin d’expliquer. Son pull léger était clairement de trop au vu de la température qui venait de grimper de quelques degrés. Même sa jupe pourtant légère lui semblait être faite de laine tant elle avait chaud. Et avec une contradiction absolue, la sorcière l’attira brusquement à elle en le tirant par les passants de sa ceinture, sa jambe gauche calée derrière les siennes. « J’attends… » murmura-t-elle, ses lèvres à quelques millimètres des siennes.
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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyDim 4 Avr 2021 - 23:16

Est-ce qu'il ne restait pas quelques soupçons des adolescents qu'ils avaient été un jour au fond d'eux ? Après tout, eux si jeunes n'avaient pas été gênés de se retrouver dans cette armoire pour ces sept minutes au paradis. Ils avaient confiance en l'autre, ils étaient amis et surtout, Razvan était en couple. Participer à ce genre de jeu stupide lui avait déjà tapé sur le système à la base, mais alors finir dans un placard pendant qu'ils écoutaient tous dans l'attente qu'ils s'embrassent, c'était pire que tout. Ce qui était arrivé... Et ce qui arrivait encore maintenant, quoiqu'avec plus d'empressement, plus de proximité physique aussi. Le jeune Razvan qui avait rougi de toucher par inadvertance la poitrine de son amie quand elle était jeune, ne se faisait maintenant guère plus prier pour caresser ses fesses et le reste de son corps. Aucune vergogne. Lui qui était pourtant si réservé, ce n'était pas tant son genre de faire ce genre de choses dans un lieu où ils pourraient - et seraient sans doute - surpris. Mais c'était tellement excitant que la réserve disparaissait comme grâce à un coup de baguette magique. Il semblait en être de même pour elle qui se laissait aller à quelques soupirs, maîtrisés tout de même. Quelle tête ils tireraient si le cracmol ouvrait brusquement le rideau ?

Le gérant était bien, bien loin physiquement et bien, bien loin dans les préoccupations du roumain, lequel avait l'esprit exclusivement tourné vers sa partenaire qui semblait déterminée à lui rendre la monnaie de son gallion. Elle était bien rapide à lui retirer sa chemise, et s'il avait eu la tête à ça, il se serait peut-être fendu d'un rire et d'une remarque à ce sujet. Mais voilà, le regard du médicomage avait pris trois teintes, si tant est que ce fut possible. Et il la suivit du regard alors qu'elle se baissait pour ramasser son pull, non sans lui lancer au passage un regard plein de sous-entendus. Razvan avait le cœur lourd et il relâcha brusquement un soupir qu'il ne pensait pas retenir à ce point, alors qu'elle réduisait drastiquement la distance qui les séparait en l'attrapant par son pantalon. De quoi souligner encore ses pensées qui n'étaient définitivement ni réservées, ni chastes. Cette façon qu'elle eut de se rendre encore plus désirable, cet air qu'elle avait sur le visage, cette attente qui transparaissait de ses mots, ça le rendait complètement fou. Il n'y avait guère plus de place pour les mots. Il aurait voulu lui répondre mais tout ce qu'il fut capable de faire c'est de lui retirer son haut avec la lenteur des gestes lascifs, avant de faire redescendre ses mains pour faire tomber sa jolie jupe qu'il préférait voir par terre. Le visage à quelques centimètres à peine de celui de Neo, le roumain ne lui vola pas un baiser mais ne quitta pas ses yeux du regard pourtant alors qu'il l'effeuillait lentement. D'un geste un peu autoritaire, il prit la robe pour la lui tendre et finalement, il eut la force et le courage de dire quelques mots : « Sept minutes au paradis alors, Mademoiselle Siankov ? ». Sa voix était rendue un peu rauque par la situation qui lui échappait complètement. Ils étaient incapables de se tenir, comme deux adolescents qui s'aimaient si passionnément que rien ne semblait capable de les séparer un jour. Ils étaient pas croyables. Ils s'aimaient tellement fort.


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MessageSujet: Re: Les brumes du mois de mars | CLOS Les brumes du mois de mars | CLOS EmptyLun 5 Avr 2021 - 1:26

La tension dans cette cabine était montée très vite, très fort. Peut-être était-elle déjà là à l’instant où il avait sous-entendu qu’il l’y rejoindrait, ou peut-être même ne s’était-elle même pas évaporée depuis qu’ils avaient quitté le lit et pourtant assouvi bien des désirs de la façon la plus passionnée qui soit. Mais Neo et Razvan étaient insatiables, incapables de se lasser du corps de l’autre et de cette proximité qui semblait leur faire perdre tous les deux la raison. Car oui, qui aurait pu penser que le sage Razvan et la douce Neolina seraient en train de se déshabiller l’un l’autre dans une cabine d’essayage avec la ferme intention de ne pas essayer le moindre vêtement justement ? Le regard que lui renvoyait Razvan était tellement intense et brûlant que Neo aurait pu s’enflammer à trop le fixer, mais la même flamme brûlait dans le sien alors qu’elle se mordait la lèvre à presque s’en faire saigner tant il lui était difficile de résister à une telle tentation. Son haut rejoignit celui de Razvan et chaque contact de ses doigts sur sa peau la faisait frémir, comme s’il ne l’avait pas touché depuis des semaines alors que ça se comptait presque plus en minutes qu’autre chose. De même pour sa jupe, et déjà, Neo s’acharnait à retirer le bouton de son pantalon qui finalement glissa le long de ses hanches. Ils étaient presque à égalité, presque oui, et Neo n’avait même plus la force de répondre à ses provocations car parler, c’était risquer de trahir ce qu’ils faisaient là-dedans, tant elle retenait son souffle pour éviter de laisser transparaître ce qu’elle ressentait si intensément.

Alors qu’il lui tendait la robe, Neolina jeta un regard insolent au morceau de tissu sans daigner s’en saisir. « Pas encore… » parvint-elle à murmurer, mais ses mots n’étaient peut-être pas si discrets finalement. Ses mains se dirigèrent plutôt vers sa brassière qu’elle dégrafa habilement, connaissant si parfaitement les faiblesses du médicomage qu’elle avait bien l’intention de pousser dans ses derniers retranchements. D’autorité, elle attrapa ses mains pour les poser sur cette partie d’elle qu’il avait découverte autrefois à travers son haut, et dont il pouvait désormais pleinement profiter, pour leur plus grand plaisir. « Puisque tu voulais du paradis… » acheva-t-elle finalement avant d’attraper ses lèvres des siennes avec gourmandise et empressement. C’est que là, Neo n’avait plus la patience nécessaire pour résister.

1-2 - Ce qui s’était passé dans cette cabine resterait dans cette cabine. Quelques minutes plus tard, Neo sortit de derrière le rideau, parfaitement rhabillée, le rose encore un peu aux joues et un reste d’incendie au creux de ses reins. Se postant avec aplomb devant le comptoir, elle y posa les 3 articles qu’ils n’avaient même pas essayés et affronta le regard du vendeur. Il savait. Elle savait qu’il savait. Mais il ne dit rien. « Ca fera 7 gallions et 8 mornilles. » La roumaine paya et ils purent sortir tranquille. Une fois dehors, l’air frais lui fit du bien et la sorcière ne put retenir son rire purement adolescent, c’était le cas de le dire. « Monsieur Vacaresco, voilà une première fois que je n’oublierai pas ! » lâcha-t-elle, taquine. « Alors, ça sera quoi la prochaine ? » demanda-t-elle, pressée de poursuivre son périple avec son amoureux dont elle prit la main, comme toujours.

3-4 - Ce qui s’était passé dans cette cabine resterait dans cette cabine. Et alors qu’ils se rhabillaient, une voix depuis le comptoir leur parvint. « J’espère que vous comptez acheter vos articles vu ce que vous avez fait là-dedans. » Surprise, Neo écarquilla les yeux et fixa Razvan, le rouge lui montant un peu aux joues. « Oups… » laissa-t-elle échapper avant de soupirer un grand coup et de sortir finalement. Se postant devant le comptoir, la roumaine n’eut pas le courage d’affronter le regard du vendeur. « 12 gallions. » demanda-t-il d’une voix sèche. Ça faisait cher pour des fripes, mais Neo n’eut pas le coeur de contester et paya avant de détaler sans demander son reste. Une fois dehors, la roumaine marcha vite pour dépasser le magasin et se cala contre un mur, à bout de souffle, alors qu’un rire nerveux s’échappait de ses lèvres. « Je pense qu’on est fichés pour tout le week-end ! » lâcha-t-elle dans un rire avant de prendre la main de Razvan dans la sienne. « Enfin, ça valait le coup… » Ah ça oui, ils s’en souviendraient ! Restait maintenant à trouver une activité à faire sans qu’ils ne soient, comme dire, tentés de dépasser encore une fois la limite.

5-6 - Alors que l’issue de cette séance d’essayage ne faisait aucun doute, et que Neo se laissait fondre dans ce baiser, une voix sévère leur parvint de derrière le rideau. « Si vous ne sortez pas de là dans les 10 secondes, j’ouvre. » Glacée sur place, Neo remonta sa jupe et était en train d’enfiler à la hâte son haut quand le vendeur mit sa menace à exécution. « Désolée, nous étions… » tenta-t-elle d’une voix timide. « Je ne veux rien savoir. Sortez d’ici ! »  gronda-t-il en attrapant les articles qu’elle tenait avec l‘intention de les payer pour se racheter. L’air toute penaude, Neo quitta la friperie, Razvan sur les talons, et marcha 4 bons mètres avant de s’arrêter et de fixer Razvan. A vrai dire, sa honte s’envola aussi vite qu’elle était venue, et elle pouffa tout à coup avant de reprendre un ton bien plus sérieux, et bien différent. « N’aurions-nous pas quelque chose à terminer, dis-moi ? » C’était que son désir était plus fort que la honte, voyez.


Dernière édition par Neolina Siankov le Lun 5 Avr 2021 - 1:26, édité 1 fois
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