GRYFFONDOR : 39 pts | POUFSOUFFLE : 95 pts | SERDAIGLE : 159 pts | SERPENTARD : 77 pts
Retrouvez la dernière édition de la Gazette des sorciers !
Le Deal du moment : -41%
T-shirt Pokemon 25eme anniversaire Pikachu à ...
Voir le deal
9.99 €

Partagez

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Hermes Nott

Hermes Nott


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
| HIBOUX POSTÉS : 90
| AVATARS / CRÉDITS : Vianney / Ava by Agathe <3 / Icons by Renegade, Code by Drake
| SANG : Pur, de toute évidence


Caractéristiques du sorcier
| EPOUVANTARD : Une péripatéticienne dans sa tenue de Lilith.
| PATRONUS : Ne produit pas de Patronus
| POINTS DE COMPÉTENCE :

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan EmptyVen 16 Juil 2021 - 17:09

Une douce journée de mai 1979.


Toute occupée que soit une vie, surgissaient parfois des instants d’ennui.

Le temps était clément avec l’Angleterre depuis déjà une belle semaine. Soleil timide et bas qui réchauffait doucement le coeur du sang-pur qui commençait, tristement, à trouver son pays trop froid. Sa peau, habituée désormais à des climats plus exotiques, semblait réclamer la caresse de l’astre, à défaut de celle de femmes. Son humeur suivait, hélas, et les journées grisâtres le rendait plus morne et triste. Extrême dans bien des aspects de sa vie, Hermes appréciait les chaleurs qui tannaient la peau tout autant que le froid qui vous la mordait avec ferveur. Les canicules comme les blizzards. Peut-être un jour partirait-il. L’idée commençait à doucement faire son chemin, mais était aussitôt balayée chaque fois qu’il posait les yeux sur son domaine, sur l’empire qu’il avait réussi à forger sans l’aide de personne - à part peut-être la fortune familiale, mais ça n’était là que des moyens. Le reste, la réputation incroyable de son élevage, tout ça n’était dû qu’à son travail acharné. Levé aux aurores à peine sorti du joug de Poudlard, à entretenir ses quelques étalons, il avait travaillé d’arrache-pied là où certains de son rang se complaisaient dans l’attente et l’oisiveté la plus absolue qui soit. Décidément, très peu pour lui. Car en ce début d’après-midi, assis à même une marche sur l’une de ses nombreuses terrasses, Hermes s’ennuyait follement. Bien sûr, il aurait pu aller monter l’une de ses bêtes, préparer une soirée, finaliser quelques détails pour le rachat, ou encore saluer quelques vieux amis. Mais il s’agissait d’autre chose. Une pulsion en lui, dormante depuis trop longtemps, qui commençait à se réveiller.

Il l’avait senti en se levant, alors que sans aucune raison, il avait ressenti l’envie de gifler Verlaine. Hermes n’avait jamais maltraité ses elfes, du moins pas physiquement, et cette impulsion l’alerta aussitôt. Il fallait dire que l’Ordre était bien calme en ce moment, et ce depuis l’incident de la galerie. Leur Maître avait pourtant exprimé sa déception à ce propos, et ça n’était pas faute de prendre quelques initiatives mais… Hélas, les rangs semblaient avoir perdu de leur motivation, et Hermes ressentait une certaine lassitude à aller massacrer des villages moldus pour se passer les nerfs et satisfaire la soif de pouvoir du Lord. Il lui fallait autre chose. Et alors qu’il étirait ses jambes engourdies à force de ne rien faire, son esprit se perdit un peu tandis que son regard sombre suivait un de ses étalons qui galopait avec grâce dans les herbes parfaitement entretenues. Lui vint alors une idée qui étira sur ses lèvres un large sourire. Un sourire qui fit frémir Ronsard, son elfe jardinier occupé à tailler les haies juste à côté.

Une heure plus tard, le soleil ne tapait plus sur la peau d’Hermes. Assis sur un lit de Sainte-Mangouste, il attendait patiemment, appuyé sur ses mains dont les paumes s’enfonçaient dans le matelas de mauvaise qualité. Fallait-il qu’il ait une bonne raison de venir dans un lieu pareil plutôt qu’appeler l’un de ses médicomages privés. À parcourir les couloirs pour trouver la personne qu’il cherchait, il avait craint d’attraper la dragoncelle ne serait-ce qu’en respirant. Royaume du petit peuple, faible et diminué, qui venait chercher de l’aide pour prolonger ces tristes vies qui étaient les leurs. Le lieu parfait pour l’homme qu’il était venu voir, et qui semblait ne pas avoir envie d’être trouvé. Mais les gallions ouvraient bien des portes, et quelques piécettes balancées sur le bureau d’un chef de service peu scrupuleux avaient suffi à ce qu’on lui garantisse une séance particulière avec un certain médicomage. Un sortilège d’oubliette plus tard, Hermes hésita à reprendre son offrande, mais gagea que le misérable avait au moins mérité ça - bien qu’il ne se souviendrait pas de l’identité de son généreux donateur.

Le temps commençait à se faire long, surtout qu’ici, il n’y avait strictement rien à observer. Rideaux tirés, luminosité basse, son regard noisette se baladait dans l’environnement à disposition et notait tous les défauts qui soient. Un bas de voilage imprégné d’une tache suspecte, des instruments en désordre, les draps froissés… Jusqu’à finalement entendre le son caractéristique d’un rideau tiré. Face au visage fermé et mat de Vacaresco, Hermes lui opposa un sourire qui se voulait franc et bienveillant. « Ah, Razvan ! » Son ton donnait l’impression qu’il était réellement satisfait de le voir et, en vérité, c’était plus ou moins le cas. « Cela fait une éternité. » Depuis la Roumanie, en réalité, Hermes avait été fort occupé et n’avait pas su trouver le temps de continuer à tourmenter cette pauvre âme. Quelle tragédie. « C’est donc ici que tu travailles… » S’appuyant plus sur ses mains avec désinvolture, il détailla le plafond craquelé qui faisait peine. Quel plaisir il aurait pris à lui proposer - comprendre, ordonner - de travailler à son unique service, si seulement il n’avait pas ces méthodes répugnantes. « Voilà une atmosphère bien lugubre. » - pour un homme qui l’était tout autant - « Le soleil nous accorde sa faveur, et je gage qu’une petite pause te ferait du bien, mon ami. » Pouvait-il exister un mensonge plus flagrant que ça ? Hermes ficha ses yeux noisette dans ceux d’une noirceur abyssale, son visage devenant tout à coup un peu plus sérieux. « Je te laisse… disons, 3 minutes pour t’extraire à tes obligations. » Puis, chuchotant tout à coup, penché un peu plus vers lui, comme sur le ton de la confidence entre deux vieilles âmes qui auraient tout partagé. « Après tout, tu n’es plus à un mensonge près, pas vrai ? » Peut-être était-ce là d’ailleurs leur seul point commun. Ça, et leur incroyable efficacité à ôter la vie à autrui. Mais au moins Hermes n’avait-il jamais fait le serment de sauver les gens, dans ce temple de tristesse ou ailleurs. Alors finalement, qui était le plus hypocrite des deux ?
Revenir en haut Aller en bas
Razvan Vacaresco

Razvan Vacaresco


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
| HIBOUX POSTÉS : 1091
| AVATARS / CRÉDITS : Pedro Pascal | dorystick | signa par okinnel | icons par undeadtodds et Ethereal
| SANG : Inconnu | Sans doute mêlé.


Caractéristiques du sorcier
| EPOUVANTARD : Antonin Dolohov
| PATRONUS : Un chacal doré.
| POINTS DE COMPÉTENCE :

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Re: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan EmptyLun 19 Juil 2021 - 21:54

Comme chaque journées, ou presque, depuis qu'il était médicomage, Razvan travaillait. A l'hôpital, qui par son impersonnalité rendait de plus en plus désagréables les journées de travail. Le roumain n'avait jamais aimé ça, les hôpitaux. Il avait l'impression d'y sentir la mort au détour de chaque couloirs. Et dans les hôpitaux sorciers, pas de calme comme dans ceux moldus. Des cris, humains, parfois animaux, parfois d'humains déformés par la douleur ou par la conséquence d'une maladie grave, lui vrillaient les oreilles plutôt sévèrement. La vérité, c'était qu'il était taillé pour être dans un cabinet, son cabinet, avec des patients qu'il connaissait et dont il avait l'habitude des pathologies. Pas de nouveaux visages qu'il ne reverrait jamais et des noms qu'il oublierait. Il avait besoin de ce lien avec le patient, comme si, bizarrement, ça l'aidait à les soigner mieux. C'étaient des fadaises, mais c'était ce qu'il ressentait, en son fort intérieur. Après avoir passé deux heures à ressouder et faire repousser toutes les côtes d'un adolescent aventureux dans les lacs d’Écosse, Razvan s'était finalement effondré dans le fauteuil de son bureau, avant de poser son menton sur sa main devant la pile de dossiers qu'il devait évaluer pour la fin de la journée. Le temps passait et l'idée se faisait plus prégnante dans sa tête de déposer sa démission. L'hôpital n'avait pour lui qu'un intérêt pécuniaire, mais le roumain avait adopté depuis longtemps un régime strict. Aussi, son compte à Gringotts était plutôt bien fourni. Ce n'était pas comme s'il était du genre à jeter son argent par les fenêtres de toute manière : il savait, mieux que personne, qu'on ne doit jamais se laisser aller et risquer de se retrouver sans rien. Les sociétés s'effondraient bien assez vite sous les assauts d'une menace étrangère. Et rien que pour cela, il avait adopté son régime d'écureuil.

Mais voilà qu'on était venu le prévenir d'un rendez-vous ajouté à la dernière minute, qui lui fit froncer les sourcils. Un soupir plus tard, pourtant, Razvan avait délaissé sa pile de dossiers, dont le premier était ouvert à la première page. Il ferait des heures supplémentaires ce soir. Son masque professionnel se fissura pourtant lorsqu'en faisant glisser le rideau, il fit face au visage juvénile d'Hermes. Les teintes de couleur semblèrent disparaître de la peau mate de l'homme alors qu'il fixait le mangemort, ravi apparemment de le trouver. Sans lui rendre sa salutation, le médicomage le regarda d'un air interdit faire son petit cinéma. Trois minutes ? « Pardon ? ». Razvan cru avoir mal compris, c'était dire combien il était parfois naïf. Son lieu de travail était non seulement l'endroit qui avait vu débouler Dolohov, mais était maintenant l'endroit où venait le chercher le Nott. Décidément, que de mauvaises nouvelles dans cet endroit insalubre. « Je vais perdre mon emploi si je pars de mon service » prétexta-t-il comme si Hermes en avait quelque chose à faire, « cela te passe sans doute au dessus, mais... ». Mais quoi, Razvan ? Quoi ? Hermes n'avait sans doute pas besoin de travailler pour vivre, si cela se trouve, il ne payait pas de factures. Cela dit, au moins, cela lui donnerait un bon coup de pied au derrière pour qu'il ouvre son cabinet, puisqu'il n'aurait pas le choix. Pourtant, le roumain voulait prendre son temps pour mûrir sa décision, pas être forcé de la prendre à cause d'un mangemort.  Et puis, il n'était pas stupide au point de croire qu'il voulait simplement prendre le soleil. Il commençait, lentement, à s'accoutumer aux jeux fourbes du jeune homme. Où qu'il l'emmenait, c'était pour le torturer. La Roumanie l'avait beaucoup dévoré. Cela avait longtemps été son havre de paix. L'endroit où il gardait de bons souvenirs, malgré un deuil et une fuite, c'était son pays. Tuer certains de ses compatriotes, voire des gens qu'il avait soigné et connu fut un temps, avait laissé une cicatrice vive dans l'esprit du médicomage qui, il le savait, serait ouverte de nouveau cette après-midi là.


(714)

______________________________
Les mauvais choix

Ché non lo posso sorpportare, questo silenzio innaturale tra me e te | Diodato
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Hermes Nott

Hermes Nott


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
| HIBOUX POSTÉS : 90
| AVATARS / CRÉDITS : Vianney / Ava by Agathe <3 / Icons by Renegade, Code by Drake
| SANG : Pur, de toute évidence


Caractéristiques du sorcier
| EPOUVANTARD : Une péripatéticienne dans sa tenue de Lilith.
| PATRONUS : Ne produit pas de Patronus
| POINTS DE COMPÉTENCE :

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Re: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan EmptyLun 19 Juil 2021 - 22:35

Le non n’était pas, et ne serait jamais, une réponse entendable.

Fort heureusement, le roumain ne se risqua pas à s’opposer à lui en ce terme précis. C’était que le sang-pur n’avait pas pour habitude qu’on lui résiste, encore moins qu’on lui refuse quoi que ce soit. Privilège des gens bien nés, tout autant que des gens qui maniaient l’Imperium à la perfection, comme c’était son cas. Que dire alors quand un seul être combinait ces deux facteurs ? Sans compter sur son charisme et sa poigne certaine qui lui fournissaient toute une panoplie d’atouts à dégainer quand il attendait un oui - seule réponse possible à toute question posée par sa précieuse bouche. Pourtant cette fois, pas de question qui aurait pu laisser entendre qu’il y avait un faux choix à faire. Car malgré la douceur de sa voix, Hermes ordonnait, et attendait une obéissance de la part de cet être inférieur, toléré au sein de leurs rangs pour ses simples compétences plus que pour son sang si souillé.

Car voir son visage se décomposer en le découvrant n’avait pas suffi à satisfaire sa soif de pouvoir. Non content de lui avoir détruit le moral en lui faisant exterminer la populace qui l’avait exilé, le sang-pur voulait faire passer un message. Il y aurait eu des manières bien plus efficaces, plus frontales peut-être, mais ç’aurait bien mal connaître les méthodes du Serpentard qui incarnait absolument parfaitement la fourberie propre à sa maison. Hermes voulait le voir plier, sentir sa volonté faiblir jusqu’à devenir presque inexistante. Le détruire tant et si fort qu’un impardonnable ne serait même pas nécessaire pour le pousser à sa propre perte… Le naufrage des autres était un spectacle dont il se délectait secrètement, comme une drogue, une addiction. Et l’héritier Nott avait besoin de sa dose. Maintenir son emprise sur le slave était nécessaire, d’autant plus que l’insolent lui opposait encore une fois une forme de résistance bien mal venue, qui lui fit secouer la tête, comme un père qui constatait une énième bêtise d’un enfant dont il n’aurait pas voulu. « Razvan, Razvan, Razvan… » Sa voix était doucereuse, comme une couche de miel qui glissait dans la gorge. Miel empoisonné s’il en était. « Il y a tant de choses que tu pourrais perdre à cause de cette vie que tu as choisie. » La menace couvait à demi-mots, et la provocation était quant à elle transparente. Car Vacaresco n’avait jamais eu le choix de rien, quoiqu’à bien y réfléchir, il aurait pu se battre un peu. Sacrifier sa vie plutôt que ses propres valeurs, comme Hermes était prêt à le faire chaque jour. De toutes les différences qui les séparaient, celle-ci était peut-être la plus flagrante, et la raison pour laquelle il le jugeait si peu digne de respect - au delà de ses origines douteuses et de son caractère insipide.

Toutefois, il fallait bien reconnaître que pour une fois, le roumain avait été perspicace. Hermes se moquait parfaitement de lui faire perdre son précieux travail. Pire, ce fut à peine s’il avait songé aux conséquences d’un départ précipité du médicomage. L’avantage, sans doute, de n’être jamais obligé de rien, et de survoler sa vie en regardant les boursoufs au sol se démener pour gratter quelques gallions. Rien ni personne n’avait jamais lié Hermes à quoi que ce soit, à part peut-être les ordres du Maître qu’il ne contestait jamais. Inconscient donc de ce privilège inné, Hermes ne se sentit que plus supérieur en en ayant la brusque réalisation. Glissant tel un serpent le long du matelas pour retrouver le sol, il fit un pas vers l’homme qu’il dominait malgré leur exacte même taille. « Il ne te reste plus que 2 minutes. » Sa voix était tombé comme un couperet. « C’est bien assez pour trouver une excuse convaincante, tu ne crois pas ? » Après tout, n’était-ce pas ce qu’il était forcé de faire parfois ? Sortant sa baguette, Hermes releva la manche de Razvan du bout de celle-ci - le toucher, quelle horreur ! - et pointa sa peau à l’endroit où se cachait le tatouage qu’ils dissimulaient tous deux, pour des raisons bien différentes. « S’il se réveillait maintenant, n’est-ce pas ce que tu ferais ? » Il faudrait bien qu’un jour il comprenne. L’appel du Maître tout autant qu’un ordre d’Hermes n’attendaient qu’une seule et même réaction : l’obéissance pure. L’échine ployée. La soumission la plus absolue.


Dernière édition par Hermes Nott le Lun 26 Juil 2021 - 14:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Razvan Vacaresco

Razvan Vacaresco


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
| HIBOUX POSTÉS : 1091
| AVATARS / CRÉDITS : Pedro Pascal | dorystick | signa par okinnel | icons par undeadtodds et Ethereal
| SANG : Inconnu | Sans doute mêlé.


Caractéristiques du sorcier
| EPOUVANTARD : Antonin Dolohov
| PATRONUS : Un chacal doré.
| POINTS DE COMPÉTENCE :

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Re: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan EmptyDim 25 Juil 2021 - 20:02

A quoi s'attendait-il ?

Les mangemorts savaient bien entendu qu'il travaillait à l'hôpital, c'était même ici qu'ils l'avaient embauché. Et c'était ici qu'on revenait le hanter. Hermes le prenait pour son passe-temps presque quotidien. Le roumain l'imaginait bien s'ennuyer chez lui et avoir la brusque illumination : "Pour faire passer le temps, allons torturer Razvan". Allons torturer Razvan, oui... Et le pauvre médicomage se retrouvait bien embêté devant le visage d'ange de cet homme si fourbe. La volonté de résistance abrupte du roumain se liquéfiait comme du beurre au soleil. Leur dernier passage en Roumanie l'avait traumatisé, le visage de cette petite fille était ancré dans les pupilles noires de cet homme bon qui faisait de si mauvaises choses. Et revoir le visage d'Hermes dans cet endroit, où les gens venaient se faire soigner, ne faisait que mettre davantage en valeur l'échec qu'il était lui-même. Sainte-Mangouste n'était plus un lieu pour lui. Cela ne pouvait pas rester son lieu de travail. Trop de monde, trop de mangemorts pour venir retourner la baguette dans la plaie. Il ne méritait pas de se demander s'il en verrait un franchir le pas de la porte de son bureau. Razvan méritait au moins de trouver la paix dans son métier, pas de penser à ce qui pourrait arriver si on venait le chercher ici. La voix doucereuse du mangemort en face de lui le fit déglutir largement. Il n'avait pas d'autre choix que d'obtempérer, de se faire renvoyer, de passer par la petite porte. Et il avait raison, il pourrait tout perdre à cause de ses choix. Tout, tout, tout.
De tous les défauts de Razvan, la lâcheté était peut-être le pire. Fallait-il être lâche pour espérer juste que les choses se calment, qu'on l'oublie, comme si on pouvait l'oublier lui, le médicomage des mangemorts. Parfois, dans ces nuits où il peinait à trouver le sommeil, le roumain s'imaginait ce que cela donnerait, son procès devant le Magenmagot. Lui, incapable de coopérer parce qu'il savait ce qu'il risquerait. Il irait en prison pour ce qu'il avait fait et il le mériterait en plus de cela. Et l’opprobre serait jetée sur lui, sur ce qu'il était. On ne le verrait que comme un fou, un malade mental, pas comme un homme qui avait voué sa vocation à sauver des vies. C'était peut-être ça le pire, plus que la prison, plus que les détraqueurs, plus que la folie. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était levé, deux doigts appuyés contre la table de chevet, en regardant ce visage si jeune déjà si ravagé par la folie. Il le savait bien, il n'y avait pas d'âge pour cela. Mais tout de même...

Plus que deux minutes oui. Pour dire quoi ? Le contact de la baguette contre sa manche le fit frissonner sans qu'il ne dise quoique ce soit. Livide comme s'il n'était qu'un cadavre destiné à devenir un inféri, le roumain détourna ses yeux noirs de ceux plus chocolats du jeune homme. Qu'est-ce qu'il ferait s'il était appelé maintenant ? Rien. Parfois, Razvan ne pouvait se soustraire à ses obligations, parfois, il ne pouvait venir. Et le médicomage le payait bien assez cher après. Mais subir un doloris était plus agréable que de tuer des gens. Ou en l'occurrence, il préférait être torturé lui que d'arracher encore à quelques uns des vies. Il ne répondit pas. Parce qu'il ne s'humilierait pas davantage à lui dire qu'il viendrait s'il le pouvait. Il ne voulait pas subir son courroux dans l'intimité de son propre bureau. Le roumain déglutit et ce fut le premier pas vers l'abdication. Le trentenaire se détourna de l'homme pour ouvrir un tiroir, en sortir une liasse de papiers à remplir. Et il en remplit un, mis un nom au hasard sur lequel l'hôpital ne s'attarderait pas.


Dossier n°13331


Encadré à remplir par le médicomage- à remplir à l'encre noire en majuscules


Nom : VACARESCO

Prénom : RAZVAN

Âge: TRENTE-TROIS

Service : PATHOLOGIE DES SORTILEGES


Encadré à remplir par le médicomage concernant le patient pris en charge - à remplir à l'encre noire en majuscules


Nom : TÊTENLAIR

Prénom : AUBIN

Âge : QUARANTE-SEPT

Motif de la prise en charge immédiate au domicile du patient : INFECTION GRAVE LIEE A UN SORTILEGE INCONNU. ORIGINE PROBABLE : AMERIQUE.



Razvan signa le papier et contourna Hermes sans un mot pour quitter la pièce. Il le porta à son supérieur qui lui souhaita bon courage et il le laissa filer, comme ça. Tout simplement.


(739)

______________________________
Les mauvais choix

Ché non lo posso sorpportare, questo silenzio innaturale tra me e te | Diodato
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Hermes Nott

Hermes Nott


MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

MANGEMORTL'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
| HIBOUX POSTÉS : 90
| AVATARS / CRÉDITS : Vianney / Ava by Agathe <3 / Icons by Renegade, Code by Drake
| SANG : Pur, de toute évidence


Caractéristiques du sorcier
| EPOUVANTARD : Une péripatéticienne dans sa tenue de Lilith.
| PATRONUS : Ne produit pas de Patronus
| POINTS DE COMPÉTENCE :

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Re: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan EmptyLun 26 Juil 2021 - 14:32

La théâtralité faisait face à l’indifférence la plus totale.

Du moins, en apparence, car nul besoin d’être fin psychomage pour sentir à quel point Razvan était attentif au moindre mot de son patient factice. Et les mots, justement, étaient choisis avec un soin tout particulier. Il fallait savoir doser parfaitement, faire sentir la menace sans l’exprimer, jouer des double sens pour que de possibles oreilles ennemies se fourvoient quant à son intention profonde. Son ton était doux, ses phrases a priori innocentes et bienveillantes. Certes, la pression du temps pouvait peut-être induire une certaine impatience, une emprise même, mais cela mis à part… Le sang-pur aurait pu passer pour un ami impétueux qui venait sauver son comparse d’une morne journée. Les gestes, en revanche, ne trompaient pas. Il eut l’envie soudaine de révéler son tatouage pour apprécier la brusquerie de sa réaction, mais n’en eut pas le temps. Résigné, docile, et désespérément silencieux, Razvan mit à profit le temps qui lui était imparti pour obéir, avec un manque de panache tout à fait flagrant. Mais au moins courbait-il l’échine, et alors qu’il remplissait un parchemin, le visage d’Hermes dans son dos se tordit dans un rictus malveillant qui aurait fait trembler d’effroi le service pédiatrique de l’établissement.

Sans prendre la peine de s’excuser de sa brève absence, Razvan prit congé d’Hermes avec la rudesse qui était sienne, muré dans son mutisme désolant. Soupirant, le sang-pur résista à l’envie de lui donner une leçon immédiate, et le suivit quelques secondes plus tard. Adossé contre un mur, bras croisé, avec une décontraction que personne n’affichait dans un tel lieu, où la mort rôdait à chaque coin, Hermes attendit. Après tout, la mort ne l’effrayait pas. N’en était-il pas l’un des plus éminents émissaires ? Et lorsqu’enfin le visage triste et fatigué émergea du bureau sombre où il avait brièvement échappé à sa vigilance, il l’accueillit avec un sourire fort déplacé au vu de la relation qu’ils avaient. « Eh bien, ça n’était pas si compliqué ! » Il y avait une telle désinvolture dans sa voix. Car il aurait été bien facile de le féliciter d’avoir réussi à mentir, mais non. Mieux valait sous-entendre que personne ne prêtait attention à sa présence, que ce soit ici ou dans le vrai monde. Et alors qu’ils marchaient d’un pas vif pour l’un, traînant pour l’autre - du moins, du point de vue de celui qui était pressé - Hermes sifflota un air joyeux avant de rendre à une infirmière qu’ils croisèrent son sourire charmeur.

Finalement, ils émergèrent dans l'air moins frais que d'ordinaire de Londres. L’atmosphère était étouffante, sans doute car la chaleur n’était pas souvent une invitée de la capitale. Inspirant à plein poumons, Hermes donnait peut-être l’impression d’en faire trop. Mais il était un homme du dehors, et ce lieu sinistre aurait pu saper son moral s’il y était resté une minute de plus. « Tu vois, je ne t’avais pas menti. Le temps est avec nous aujourd’hui. » Nous… ce pronom qui les répugnait sans nul doute tous les deux, mais qu’Hermes utilisait à dessein pour faire se sentir mal celui que ça rendait probablement malade, là où il aurait pourtant du être honoré d’être associé à une si illustre personne. « Raison de plus pour prendre l’air. » D’un geste vif, il attrapa le poignet du roumain, surpassant son dégoût, et les transplana en un éclair.

Une fois la chape de fumée dissipée, Hermes s’assit avec élégance sur la chaise de fer forgée tout à côté de lui, sans prêter plus attention que ça à l’environnement. Le sang-pur les avait transplané dans la petite cour extérieure d’un charmant établissement sans prétention, où le soleil tapait doucement sur les parasols qui étendaient sur les petites tables leur ombre protectrice. « Allons allons, installe-toi. » Son geste accompagna ses mots, alors qu’avec un empressement étrange, le serveur les rejoignit. « Je vais prendre une citronnade. Bien fraîche, et un zeste de citron vert je vous prie. » Son regard coula vers Razvan, lui faisant bien comprendre qu’il n’avait pas intérêt à réitérer son petit jeu de la dernière fois. Car plus il résistait, plus la sentence serait terrible. L’ambiance était somme toute agréable, même si un oeil attentif aurait pu remarquer les expressions troublées des quelques clients alentours. Il régnait dans l’air quelque chose, comme à l’approche d’un orage. Une lourdeur particulière à laquelle Hermes ne prêta aucune attention. « Un peu de soleil te fera du bien, vraiment. Tu as l’air si pâle. Aurais-tu donc quelques soucis ? » Disant ça, Hermes avait sorti de la poche de sa chemise sa paire de lunettes de soleil, qu’il posa devant ses yeux pourtant sombres qui ne craignaient pas les rayons du soleil. N’avait-il pas l’air du parfait enfant de riche qui voulait profiter de sa fortune, et qui pourtant, s’acoquinait avec des hommes et des lieux plus modestes que lui ? Et alors qu’il retroussait l’une de ses manches, son tatouage se révéla aux yeux de tous. Loin d’en être gêné, il en ressentit une fierté toute particulière, alors qu’il sentait quelques regards inquiets se poser sur lui. Voilà la réaction normale. Voilà comment devait fonctionner le monde, et pas seulement entre les 4 murs de pierre d’une piteuse terrasse où se mêlaient sorciers et moldus. Godric’s Hollow. Quel répugnant village…
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty
MessageSujet: Re: Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan Empty

Revenir en haut Aller en bas

Toutes les vérités, rien que les vérités w/Razvan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Au temps des Maraudeurs :: Royaume-Uni :: Angleterre :: 
Godric's Hollow
-