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Panse mes maux | NEOLINA

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Razvan Vacaresco

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MANGEMORT
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MessageSujet: Panse mes maux | NEOLINA Panse mes maux | NEOLINA EmptyMer 21 Juil 2021 - 0:18

Les nuits écossaises étaient fraîches malgré l'été qui se dévoilait sur le Royaume-Uni. Elles  n'aidaient pas Razvan à mieux dormir. En fait, s'il avait pu constater une amélioration de ses nuits depuis qu'il avait le bonheur de s'endormir avec quelqu'un qu'il aimait, pour autant, tous les problèmes n'étaient pas réglés. Loin de là. A la fermeture de ses paupières que ce soit épuisé ou non, le roumain pénétrait de nouveau dans le monde de la nuit, des songes insupportables et des cauchemars. Les cauchemars étaient son presque quotidien depuis tellement d'années que le médicomage avait arrêté de les compter, quoiqu'il savait qu'ils étaient au moins aussi vieux que l'âge de sa petite fille. Et ils s'étaient amplifiés lorsqu'il avait été marqué, puis lorsqu'il avait commis l'irréparable. Parfois, il rêvait plusieurs fois de la même chose, de ces mêmes regards vides qu'il n'oubliait jamais. Parfois, c'était autre chose, mais c'était toujours foncièrement désagréable que de se rendre compte d'une insupportable sensation de déjà-vu pendant le sommeil. Comme si le cerveau, en arrière fond, disait bien que ça avait déjà été un mauvais moment à passer et qu'il faudrait passer de nouveau au travers. Razvan ne supportait plus de se réveiller, transpirant d'angoisse, le souffle court, avec le furieux besoin de sortir du lit pour ne pas faire une attaque de panique. C'est d'ailleurs ce qui arriva ce soir-là.

Razvan s'éveilla brusquement en sursautant légèrement et regarda la fenêtre par delà laquelle il percevait le ciel. Il ne se leva pas tout de suite, malgré les sueurs froides, malgré la sensation de malaise, et malgré les frissons qui lui parcouraient encore les bras. Au contraire, il attendit, comme pour vérifier que Neolina avait bien un rythme de respiration calme et posé, semblable aux gens endormis, avant de se glisser hors du lit. Il eut l'impression que ses jambes s'étaient transformées en coton et il trouva la salle de bain sans trébucher sur rien par une chance qui relevait sans aucun doute du miracle. Le cerveau du roumain réalisa en sortant de la chambre qu'il y avait un - foutu - croup dans cette maison mais se dirigea avec le plus de discrétion possible vers la salle de bain. Il alluma la lumière, qui lui agressa les yeux si fort qu'il la reteignit pour ne pas se brûler la rétine. Le médicomage laissa la porte entre-ouverte et s'appuya au lavabo. Razvan ne distinguait pas tout à fait son visage mais c'était sans doute mieux. Il savait ce qu'il y verrait, un monstre ravagé par la culpabilité, par le manque de sommeil et la fatigue chronique. Se déversa dans le lavabo l'eau claire qu'il se jeta sur le visage et dans la nuque. « Tu n'es qu'un vulgaire monstre ». « Espèces de lâches ! ». « Tu me fais honte ». Les voix appartenaient à différentes personnes mais raisonnaient avec une parfaite intensité dans sa boîte crânienne, se fracassaient contre, lui fendaient la conscience en quatre. En fait, ce songe sombre avait été particulier. Il avait vu le regard transformé par la haine du fantôme qu'il traînait derrière lui depuis sept années. Elle lui avait craché des choses d'une voix qu'il ne pensait pas lui entendre un jour. Comme si Mara avait réellement prononcé ces paroles, à lui dire qu'il lui faisait honte, qu'il était un monstre, un père ridicule et un raté. Qu'elle regrettait de l'avoir un jour épousé, parce qu'elle était morte à cause de lui et qu'à cause de lui toujours, leur petite fille était orpheline de ses deux parents. La voix de Mara était changée par la fureur mais le pire c'était finalement cet air totalement froid et psychopathique de son regard. Ses yeux auparavant ambres avaient pris une teinte comme la sienne. Sombre, sans fond, dure. Impersonnelle. Et son visage qui était le sien sans l'être, s'était imprimé dans ses yeux noirs et le hantait alors qu'il était appuyé contre le lavabo. Puis elle s'était transformée presque instantanément en fait, elle avait comme tourbillonné sur elle-même, sans changer d'apparence, bien qu'il savait cette fois-ci que ce n'était pas elle. La voix d'Hermes était sortie de ses lèvres et il avait pris ce moment d'égarement de son subconscient comme une profanation personnelle. Un violent haut-le-cœur le pris brusquement alors qu'il serrait le lavabo si fort que ses jointures étaient blanches. Nouvelle giclée d'eau, avant qu'il ne s’assoit du bout des fesses sur le bord de la baignoire, le visage dans ses mains, toujours irrémédiablement dans le noir.


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MessageSujet: Re: Panse mes maux | NEOLINA Panse mes maux | NEOLINA EmptyVen 23 Juil 2021 - 1:12

Les nuits de Neolina étaient le plus souvent paisibles. L’imagination fertile de la roumaine lui faisait régulièrement avoir des rêves improbables, mais qui lui laissaient des sensations bien agréables au réveil - plus encore depuis qu’elle se réveillait dans les bras de l’homme qu’elle aimait. Bien sûr, elle avait connu des périodes de cauchemars terribles, qui revenaient par moment quand elle traversait un moment compliqué. Et depuis 3 semaines maintenant, Neolina en vivait un et pourtant, ne rêvait pas. Il fallait dire que pour elle, le cauchemar était bel et bien réel. Le sommeil était une façon de s’en extraire, en quelque sorte, situation drôlement inversée mais hélas, la petite blonde mettait plus que jamais du temps à sombrer du côté de Morphée. L’inquiétude lui rongeait les sangs, et si elle essayait de ne pas faire ressurgir ce trouble une fois chez elle, dans les faits, l’exercice était compliqué.

La prise d’otage du Chemin de Traverse était sur toutes les lèvres. C’était un acte horrible et dévastateur, qui paralysait la communauté sorcière toute entière. Les Aurors étaient sur le qui-vive, tenus toutefois par la hierarchie qui leur ordonnait de ne rien tenter. Négocations en cours, crainte pour la vie des otages, tout ce beau monde était sur les dents, rongés par la frustration, la peur et l’incertitude. Neolina était dans le même état, son empathie prenant évidemment le dessus, le tout amplifié par le fait que son meilleur ami était bloqué là-bas. Elle avait beau savoir qu’il ne tenterait rien de stupide, et que la situation était a priori pacifique pour le moment, l’imaginer dans ce climat de tension et de peur lui faisait de la peine. Savoir qu’elle était impuissante à l’aider était bien pire. Impuissante tout court, d’ailleurs, car les missions s’étaient considérablement ralenties. La roumaine protégeait toujours le secret magique des frasques d’inconscients, une situation qui lui aurait tout à fait convenu si la guerre était finie. Si tout ça n’était que la normalité. Mais non. Les attaques des mangemorts n’étaient raréfiées que parce que leurs efforts étaient ailleurs, et cette constatation la terrifiait, tout autant que de sentir ses collègues sur le qui-vive. Tout le monde connaissait quelqu’un qui était bloqué là-bas. Même Dexter Walsh, l’inébranlable, peinait à cacher une nervosité qui ne lui ressemblait pas, et Neolina avait appris avec effroi qu’il était dans pareil état à cause de son frère. Cecil… Certes, elle ne le connaissait pas depuis bien longtemps, mais imaginer cette douce âme en proie à un tel stress lui faisait mal au coeur. Il lui arrivait parfois de passer devant sa boutique, fermée de ce fait, et de sentir une pointe s’enfoncer dans son coeur. Et si la boutique ne rouvrait pas ? Et si… ? Pareil pessimisme ne lui ressemblait pas, mais les journées étaient longues, et Neolina passait bien trop de temps chez elle à ruminer et cogiter plutôt qu’à se rendre utile. Que dire alors des nuits ?

Ce soir-là, Neo avait fini par sombrer à une heure bien tardive. Ses nuits étaient entrecoupées de moments où elle se réveillait, cherchant alors la présence réconfortante de Razvan pour se lover dans ses bras et essayer de se laisser à nouveau glisser dans le sommeil. Mais cette nuit là, elle ne trouva que des draps encore chauds de sa présence, imbibés d’une couche de sueur sous sa main qui le cherchait. Ça n’était pas la première fois. Car même si Razvan prenait toutes les précautions du monde à ne pas la réveiller quand il lui arrivait de s’éclipser au coeur de la nuit, la roumaine avait comme un sixième sens et souvent, se réveillait quelques minutes après lui. Comme si le sentir loin d’elle la troublait au point qu’elle ne pouvait plus continuer à rêver tranquillement. Souvent, Neo attendait son retour en somnolant, et l’accueillait quand il daignait revenir par une douce étreinte. Mais à cet instant, Neolina était parfaitement réveillée, une angoisse qu’elle ne s’expliquait pas logée au creux de sa poitrine. Elle avait besoin de Razvan, et peut-être lui aussi, après tout.

Ses pieds glissèrent sur le plancher froid, tout comme l’air ambiant. Enfilant un t-shirt qui trainait au pied du lit, et qui lui arrivait aux genoux puisque ça n’était pas le sien, elle incanta un Lumos dont elle baissa l’intensité pour ne pas risquer de brusquer ses yeux et esquiva les meubles au passage, partant en quête de son homme. Gabi n’ayant pas joyeusement cavalé sur le parquet en bas, elle s’imaginait bien qu’il n’était pas descendu, et elle se dirigea donc par instinct dans la salle de bain. La silhouette de Razvan se détachait dans le noir de la pièce, assis sur le bord de la faïence de la baignoire. Un mauvais rêve de plus, se douta-t-elle. Elle le sentait souvent s’agiter dans son sommeil, resserrer son étreinte sur elle parfois. Peinée par une telle vision, au point d’en oublier ses propres peurs sur le moment, Neolina le dévisagea quelques secondes avant d’avancer à pas feutrés, posant sa baguette sur le rebord de la baignoire avant de se poster devant lui, ses mains se glissant avec délicatesse dans sa nuque pour l’attirer gentiment contre elle. Son pouce près de sa veine sentit bien le rythme effréné de son coeur, et d’une voix tendre, un murmure, Neo brisa finalement le silence. « Qu’est-ce qui se passe, Iubire ? » Ses pieds nus contre le carrelage commençaient déjà à geler, mais elle s’en moquait bien. « Tu veux en parler ? » demanda-t-elle finalement, comme pour lui faire comprendre qu’ils pouvaient tout aussi bien rester comme ça, en silence. Il y avait des secrets chez Razvan qu’elle devinait, des blessures à vif qu’elle imaginait ressurgir en songe. Par pudeur, par respect, jamais elle ne lui imposait de lui en parler. Petit à petit, elle espérait qu’il se confie - ce qu’il faisait d’ailleurs. Mihaela, Mara, son exil… La vie de Razvan était faite d’épreuves qu’il avait traversé seul, et dont il n’avait jamais parlé. C’était une chose qu’elle acceptait. Après tout, n’avait-elle pas elle-même son lot de souffrances qu’elle taisait ?
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MessageSujet: Re: Panse mes maux | NEOLINA Panse mes maux | NEOLINA EmptySam 24 Juil 2021 - 23:29

Le sommeil de Razvan était aléatoire depuis de nombreuses années mais ces dernières semaines semblaient être pires que les autres. La raison ? Le Chemin de Traverse était bloqué par les mangemorts et le roumain, fréquemment réquisitionné pour faire de la surveillance. Sur les toits, dans les rues. Parfois, on lui demandait de délier des groupes, d'entrer dans des habitations. Ça le rongeait de maintenir ces gens dans l'angoisse. Ça le rongeait, cette simple idée qu'on puisse lui demander bien pire que de la simple surveillance... Et quoi de pire que de fréquenter quelqu'un que cet acte angoissait d'autant plus ? Razvan connaissait assez Neolina pour savoir qu'elle y pensait. Ne serait-ce que parce qu'elle connaissait des gens qui étaient là-bas. Lui, malheureusement, n'avait pas vraiment la mémoire des visages. Il serait bien mal-à-l'aise d'essayer de se rappeler du meilleur ami de Neo qu'il avait simplement aperçu à son mariage. Et cela remontait, maintenant...
Quoiqu'il en soit, le médicomage s'était extrait à sa douce présence. Hanté, comme toujours, par des songes qui l'empêchaient d'avoir une vie normale. Razvan avait toujours cet air fatigué sur le visage. Ce n'était pas seulement dû à la boxe et à son métier, bien que c'était ce qu'elle pensait, elle. Comment Neo aurait-elle pu imaginer que ce soit pour autre chose ? Pour des nuits coupées, entrecoupées de cauchemars où des gens qu'il avait assassiné revenaient le hanter ? Le roumain pouvait bien avoir des allures de fantôme, ce n'était pas lui qui faisait peur aux autres. C'étaient eux, ces morts, qui le terrifiaient profondément. Et là, assit dans la salle de bain, il vit du coin de l’œil la lumière du Lumos de Neolina se rapprocher de lui. Elle l'avait entendu se lever, elle l'avait suivi. Parce qu'elle était gentille, qu'elle n'aimait pas le voir dans cet état. Le pauvre homme ne se sentait pas de lui mentir encore maintenant. Pas en pleine nuit, pas alors qu'elle s'était réveillée après qu'il ait lui-même fui le lit conjugal. La douce lumière du sortilège de la sorcière s'évanouit naturellement lorsqu'elle lâcha sa baguette pour la poser sur la baignoire. C'était peut-être mieux qu'il ne voit pas l'expression de son regard s'il voulait... S'il voulait quoi ? Avouer ? Quelle blague. Si ce n'était pas aussi terrible, il en aurait ri. Mais pas là. Jamais là. La main douce dans sa nuque ne le détendit pas, mais il se laissa faire et posa sa joue contre son ventre. Entendre son cœur battre à l'intérieur de son corps, à mille lieux de tous ces cœurs qu'il avait à jamais arrêté, le rassura. Tout comme son odeur, d'ailleurs. Le parfum de Neolina le calmait toujours, depuis l'enfance. « Elle m'en veut ». Razvan marqua une pause. Il n'avait pas spécifié le sujet à juste raison. Il n'osait pas admettre ce qu'il pensait au plus profond de lui-même, comme si sa fierté ne se remettrait pas d'un tel aveu.

La Roumanie était un pays pieux. L'Europe de l'Est, terre de traditions, de légendes, où les temps semblaient parfois s'être arrêtés, au moins un peu. Il aimait son pays, qu'est-ce qu'il aimait son pays. Mais la Roumanie était aussi un pays croyant. Forcément, forcément. Et sa tante - que Dieu ait son âme - était une femme pieuse, qui voulait élever un neveu dans les règles de l'art roumain. Elle l'avait élevé pour qu'il soit croyant, Razvan ne l'était plus. Il avait trop subi la vie pour s'en remettre à une pseudo entité que certains nommaient Dieu pour avoir l'impression que quelqu'un les écoutait. Personne ne l'écoutait, personne ne le sauvait. Il était seul face à lui-même et face à ses choix désastreux. Pas d'ami lointain dans le ciel pour l'aider. Il était seul, les épaules voutées et maintenant même en rêve, sa morte venait le hanter. « Je sais qu'elle m'en veut ». Il n'osait tellement pas entrer dans les détails, dire précisément ce qui n'allait pas. Pourtant, c'était là, au bord de ses lèvres, ce besoin de déballer son sac, au moins en partie. Lui dire pourquoi Mihaela n'était pas là, lui dire à quel point sa situation en Angleterre s'était dégradée rapidement, au point même qu'il mette d'autant plus de temps à répondre à son courrier, à l'époque. Le roumain avait eu peur, peur qu'on lui fasse aussi du chantage à propos de cela. Alors il avait espacé ses réponses pour elle, mais avait au moins un peu compensé par la taille de ses lettres. Perdre l'amitié de Neo à l'époque l'aurait rapproché d'un précipice où il risquait aujourd'hui de tomber. Et heureusement, heureusement qu'elle était là, tout le temps, maintenant. Qu'ils soient dans le noir lui faisait du bien. Ses mains à lui, qui étaient restées perdues sur ses genoux se posèrent sur ses hanches sans la serrer pour autant. Il n'avait pas la force. Neo avait toujours été son rocher sur lequel il se reposait volontiers.

(794)

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MessageSujet: Re: Panse mes maux | NEOLINA Panse mes maux | NEOLINA EmptyMer 28 Juil 2021 - 2:09

Neo et Razvan n’avaient pas toujours besoin de mots pour se comprendre. C’était sans doute l’une des plus grandes forces de leur relation, et ce depuis leur plus tendre enfance. Il suffisait bien souvent d’un regard, d’un geste, pour qu’ils sachent ce qui se jouaient chez l’autre. Toutefois, l’absence de mots n’aidait pas toujours à saisir la profondeur de ce qui se jouait chez l’autre. Et s’ils n’avaient aucun mal à en poser sur leurs sentiments respectifs, il leur était parfois plus compliqué de dévoiler ce qui les peinait. Et c’était là une difficulté bien plus récente de leur relation, car vieillir, c’était aussi découvrir des souffrances qu’il était bien plus pénible de confier. Même lorsqu’ils n’étaient qu’amis, et pour des raisons sûrement différentes, Neo comme Razvan avaient toujours gardé une part de pudeur sur les maux qui les rongeaient. Elle, parce qu’il était impossible d’expliquer à un homme la plaie béante qui avait entaillé son coeur de femme. Lui, parce qu’il était certainement difficile de convoquer à chaque conversation le spectre de celle qui lui manquait tant. Du moins, c’était ce que Neo imaginait. Chaque fois qu’il effleurait le sujet, d’autant plus depuis qu’elle était devenue plus qu’une simple amie, la roumaine veillait à ne pas le brusquer. Ne pas trop creuser pour ne pas risquer de lui faire de la peine. Pourtant, il aurait sans doute mieux valu crever un peu l’abcès, chercher à mieux comprendre car ce pan complet de sa vie semblait le hanter, et quoiqu’il dise, quoiqu’il essaye de faire, il existait bien des fantômes dans cette maison. Ceux de deux absentes, et le plus terrible, c'était que l’un de ces fantômes était encore en vie.

Aussi, lorsque Razvan exprima tout de même ses angoisses, le flou du pronom employé la laissa dans une hésitation certaine quant à l’attitude à observer. Parlait-il de Mara, et projetait-il sur elle des remords qu’il était seul à éprouver ? Ou de Mihaela, et dans ce cas, la situation était bien différente. Les quelques visites en Roumanie, qui commençaient à se faire moins pénibles pour elle depuis qu’elle acceptait petit à petit la place qui allait devoir être la sienne, n’avaient fait que confirmer ce qu’il lui avait dit. Sa fille avait un comportement hostile à son égard, vivait cet exil comme un abandon - mais après tout, comment lui en vouloir ? Neo aurait aimé avoir la force de lui demander les détails, mais chaque fois une petite voix dans sa tête la stoppait. Après tout, il en parlerait quand il serait prêt. Peut-être ce soir, d’ailleurs. Alors qu’elle caressait avec douceur les cheveux humides plaqués dans sa nuque, Neo se demandait bien ce qu’elle pouvait répondre à ça. Toute question lui semblait déplacée, et choisir l’une ou l’autre des deux autres grands amours de Razvan pour poursuivre la conversation lui paraissait trop risqué. Alors elle fit ce qu’elle faisait le mieux : se concentrer sur lui, et lui seul. « Je crois que c’est surtout toi qui t’en veux. » répondit-elle finalement après un long moment de silence, d’une voix posée qui se voulait apaisante. Puis, lentement, elle se baissa, posant ses genoux nus sur le carrelage glacial pour se mettre à sa hauteur. Peut-être n’avait-il pas le courage, l’envie, la force - ou les trois à la fois - de la regarder, mais elle ressentait le besoin de saisir les émotions qui le parcouraient. Ses mains glissèrent sur sa peau imprégnée de la sueur de ses cauchemars pour venir caresser tendrement ses joues en miroir. « Tu fais de ton mieux Razvan. Et tu fais peut-être des erreurs, mais tout le monde en fait. » Du bout des lèvres, elle déposa un baiser sur son front, avant de venir y appuyer le sien. « Ne sois pas trop dur avec toi-même. » De ce qu’elle savait, Neolina trouvait cette culpabilité bien trop lourde pour les choix qu’il avait fait. Mais évidemment, elle en ignorait certains. Ceux qu’on avouait pas, même à celle qui avait promis de toujours être à nos côtés, et de toujours tout pardonner.
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MessageSujet: Re: Panse mes maux | NEOLINA Panse mes maux | NEOLINA EmptyHier à 21:48

Le temps faisait peser sur les épaules de Razvan une culpabilité qui semblait réellement décuplée. Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, comme si c'était dans la nature même de son caractère. Pourtant, il n'était pas comme cela quand il était plus jeune. Sans aller jusqu'à dire qu'il n'était pas mélancolique, le roumain ne s'en voulait pas pour tout et rien. La mort de sa femme avait finalement marqué un véritable tournant dans l'évolution de son caractère. Car il s'en était voulu, profondément. Que dire alors lorsqu'il avait dû partir ? Que dire encore, lorsqu'il avait été marqué...? Les dernières années de sa vie avaient marqué son visage de cernes irrattrapables, que Neolina avait découvert en arrivant par le train à Londres. Sur ce quai embrumé par la vapeur des locomotives qui dégueulaient leurs passagers. Il avait changé, quelque chose dans ses yeux avait évolué. Loin était le petit Razvan tout mignon de Roumanie. Y succédait un homme qui avait vécu, avait subi, des choses d'autant plus horribles qu'elles s'étaient succédées en l'espace de quelques années. Et pour l'aider à gérer tout cela ? Personne. Une amie, lointaine, à qui il ne pouvait confier des choses pour lesquelles il lui faudrait du temps à répondre. Il avait trop de pudeur de toute façon, pour coucher les choses sur un papier. Que dire d'en parler alors ? Car lorsque la roumaine avait franchi la porte de la salle d'eau, le médicomage lui-même avait su que c'était le moment ou jamais. Celui de poser des mots sur certaines choses de son vécu qu'il assumait mal. Sachant pourtant qu'il faudrait taire des choses, choses qui, évidemment, étaient un mensonge par omission. Et il n'aimait pas mentir à Neolina, il n'aimait pas cela. Mais jetez à cet homme la première pierre si vous avoueriez des choses pareilles à votre amant.
Car là était tout le soucis. Neo posait sur lui un regard compréhensif, un regard patient. Elle était tendre, l'aimait tel qu'il était. Ou en l'occurrence, tel qu'elle pensait qu'il était. Sans la zone d'ombre sur laquelle il ne parvenait pas à poser de mots. Ne l'aimerait-elle pas moins si elle savait ? Est-ce qu'il ne la dégoûterait pas comme il se dégoûtait profondément lui-même ? Razvan se détestait, il se dégoûtait, il le lui avait dit. Les mots avaient tapé fort dans ses oreilles lorsqu'il les avait confiés. Que dire, dès lors, de la vérité plus morbide ? Celle qui justifiait des morts pour sauver une seule personne, la personne la plus importante de sa vie avec Neolina ? Il craignait que l'aveu le plus acceptable la fasse fuir. Alors en dire plus ? Laissez-moi rire. La caresse de sa main dans sa nuque ne calmait pas ses pensées effrénées, ses yeux auraient pu sauter d'un bout à l'autre de la pièce s'il avait eu le courage de les garder ouverts. Mais dans la noirceur de sa salle de bain, il ne voyait rien. Peut-être était-ce mieux. Voir l'expression de son visage, qu'elle voit la sienne, n'en valait pas la peine. Razvan la sentit se baisser plus qu'il ne la vit, pour autant, il ouvrit les yeux quand même. Dans l'ombre, il distinguait tout de même son visage, ses traits qu'il aimait tant, concernés par son état. Son chaste baiser était délicat, mais il ne le méritait pas. Il ne méritait aucun de ses délicats gestes envers lui. « J'ai quelque chose à te dire » fit-il au bout d'un moment. Le front toujours posé contre le sien, il s'écarta en détournant son visage légèrement et se redressa un peu. Ses mains glissèrent sur ses bras à elle, comme pour garder tout de même un contact avec elle. N'était-elle pas sa nouvelle force, maintenant ? « J'ai besoin de te dire pourquoi je laisse Mihaela en Roumanie, mais... » - il fit une pause, pour déglutir. C'était plus difficile qu'il ne se l'était imaginé, finalement, de mentir par omission : « Ne me juge pas » - la caresse sur les bras de sa roumaine s'arrêta quelques instants - « s'il-te-plaît ».

Comme à chaque fois qu'il était gêné, il passa une main dans ses cheveux noirs, à l'arrière de sa tête, geste qui releva d'autant plus ses épis. Heureusement qu'il faisait sombre. Razvan aurait été mortifié qu'elle puisse lire toutes les expressions sur ses traits fatigués : « Quand je suis arrivé en Angleterre, je ne parlais pas bien anglais et, tu le sais, j'ai un statut de réfugié alors... » - alors ne te justifie pas Razvan, nom de dieu ! - « alors j'ai fait quand même profil bas. Je faisais mon travail, sans faire de vagues, ni me faire remarquer, enfin, voilà. Puis des gens sont venus me demander des services. Le genre de gens à qui tu ne dis pas non, tu vois ». Machinalement, il avait décollé ses mains de sa peau à elle. Si elle le rejetait pour cela, au moins cela serait moins violent : « Et j'ai dit non parce que j'étais naïf ». Naïf n'était pas un adjectif que l'on attribuerait instinctivement au roumain et pourtant il l'était. Il était foutrement naïf et cela lui avait causé tellement de tort, que ce soit en Roumanie ou en Angleterre, que c'était tout de même scandaleux qu'il n'ai pas appris de ses erreurs. Razvan pourtant, n'accordait pas sa confiance à n'importe qui mais le fait est qu'il n'était pas bon dans les petits jeux de la manipulation. Cela n'avait jamais été pour lui, que ce soit à Durmstrang ou dans sa vie adulte. Voilà où ça le menait. « Et ils avaient vraiment besoin de moi alors... Disons que c'est facile de menacer une gamine, non ? Surtout la gamine d'un réfugié ». Razvan avala difficilement sa salive, honteux comme un chien que l'on aurait disputé pour une bêtise. Et il avait le toupet de parler au passé alors que tout se poursuivait dans le présent. Honteuse, honteuse utilisation de la conjugaison roumaine. « Et j'ai accepté parce que j'étais seul, et que je ne pouvais pas accepter qu'il arrive malheur à Mihaela. Je - ... » s'interrompit-il  avant d'avoir un rire particulièrement sans joie, « je n'aurais pas pu supporter qu'on lui fasse du mal ». La suite était facile à deviner. Razvan s'était inquiété qu'on s'en prenne à elle, Razvan avait voulu la protéger et Razvan l'avait renvoyé en Roumanie, où elle était une petite fille orpheline de ses parents : de sa mère par la mort et de son père par la force des choses.


(1083)

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