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L'alcool qui délie les langues | MAUGREY

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Razvan Vacaresco

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L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Lun 22 Fév 2021 - 14:24

Lien vers le message laissé par Razvan à Maugrey Fol'Oeil.

Le 28 février 1979, à 20h00

Il pleuvait ce jour-là. Ce n'était pas foncièrement étonnant, pour un mois de février en plein coeur de la campagne écossaise. La nuit avait envahi les rues depuis quelques heures, quelques sorciers se pressaient pour rentrer chez eux. On entendait même du tonnerre au loin. Posté devant la Tête de Sanglier, Razvan fumait. Caché par le porche, la pluie ne l'atteignait pas mais le froid lui rongeait les os, lui qui pourtant, était habitué aux rudes hivers de son pays, la Roumanie. Il tira une taffe et laissa s'échapper de ses lèvres un filet de fumée dans la nuit. Le regard posé sur Poudlard, dont il ne voyait pas, bien entendu de lumière - en raison de la pluie et de la distance - il cogitait. Il cogitait depuis des heures en fait. Il avait refusé de voir Neolina aujourd'hui pour garantir son rendez-vous avec l'Auror le plus efficace du Ministère. Et s'il ne montrait rien, au fond de lui, il crevait de peur. Il crevait de peur pour plusieurs raisons. Revoir le visage lacéré de Maugrey lui ferait mal. C'était lui qui lui avait arraché l'oeil, c'était lui qui l'avait défiguré. Pourtant, si Razvan n'était pas certain d'être prêt à être ainsi mis face à ses propres regrets, il se sentait le besoin, en quelque sorte, d'alléger son fardeau. Il n'avait pas donné rendez-vous à Maugrey pour rien. Ce n'était pas pour se faire du mal. Le visage dur éclairé simplement par un Lumos, le regard brut du roumain se promenait dans la rue. Il n'y avait personne et pas de bruit, sinon celui incessant de la pluie contre la toiture et contre les gouttières. Un chat sans doute jeté dehors par son maître poussa un hurlement qui leva ses cheveux sur son crâne. A l'intérieur de la Tête de Sanglier, il n'y avait pas grand monde. Mais Razvan avait quand même demandé un box séparé des oreilles indiscrètes. Ce qu'il avait à dire pourrait sérieusement lui coûter la vie. Et son cœur jouait les tambours battants dans sa poitrine alors que son regard était vif. Il laissa s'échapper une autre gorgée de fumée, la dernière, avant de balancer négligemment son mégot dans une flaque d'eau juste en face de lui. « Nox » marmonna-t-il alors qu'il essuyait par habitude ses chaussures avant de rentrer dans le pub sorcier de Pré-Au-Lard.
Il n'avait pu l'inviter à Londres pour plusieurs raisons. Déjà parce que n'importe qui pourrait les voir et Razvan n'avait pas vraiment envie qu'un mangemort le voit en grande discussion avec un Auror. Ensuite, parce qu'il ne voulait pas que des oreilles indiscrètes écoutent leur conversation. Les gens n'étaient pas vraiment polis, c'était un fait, sans doute bien anglais par ailleurs. Il commanda un fond de Kirsch avant de s'asseoir en demandant bien au tenancier d'indiquer à Maugrey où le trouver. Le visage dans sa main, le roumain ne savait même pas comment il allait aborder le sujet. Ne pas tourner autour du pot lui semblait être nécessaire même s'il craignait, tristement que cela le conduise en prison.


Assit en face de l'Auror, Razvan avait les mains croisées, devant son Kirsch qu'il avait à peine touché. L'auror avait été un peu en retard mais il ne lui en voulait pas vraiment. De toute façon, le principal, c'était qu'il soit là. Et c'était pire que ce qu'il avait prévu, que diable, ce visage qu'il avait soigné était balafré, rendu horrible et inhumain par un sortilège que sa baguette avait lancé. Il avait honte, elle coulait sur lui comme l'eau de la pluie coulait sur le toit de La Tête de Sanglier. « Je ne vous ai pas demandé de venir pour parler de la pluie en Ecosse » avoua Razvan sans détourner pourtant le regard, « mais pour vous proposer quelque chose qui devrait vous intéresser ». Il voulait juste qu'une fois qu'il aurait déballé le tout, Maugrey ne l'envoie pas en prison sur le champ et sans procès. Peut-être buvait-il là sa dernière gorgée d'alcool en tant qu'homme libre ? « Mais j'aimerais votre parole » continua-t-il alors que son accent brutal tapait les sons qui sortaient de sa gorge, « que vous m'écouterez jusqu'au bout. S'il-vous-plaît ». Si malgré ce qu'il lui dirait il l'envoyait en prison... Au moins se serait-il racheté tristement une conscience.

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Mar 23 Fév 2021 - 22:41

La nuit s'annonçait agitée. La chaleur du château contrastait avec la tempête qui s'annonçait dehors. Fallait-il pourtant se mettre en route pour honorer l'invitation qui m'avait été adressée par hibou, une semaine plus tôt. Message bien mystérieux qui avait retenu mon attention autant par son expéditeur inattendu que par son contenu et son lieu de rendez-vous.
Profitant du déplacement en Ecosse pour passer voir le professeur Dumbledore, qu'on voyait peu au quartier de l'Ordre, j'avais néanmoins garder secrète l'identité de mon rendez-vous dont l'heure arrivait d'ailleurs à grands pas. M'excusant auprès de mon hôte et refusant les suçacides généreusement offerts, j'avais fini par me mettre en route sous la pluie, tête enfoncée dans le col de mon grand manteau de cuir, la jambe de bois pataugeant dans les chemins boueux du parc jusqu'à arriver à son entrée d'où je transplanai directement devant la Tête de Sanglier, en retard.
La Tête de Sanglier n'était pas lieu pour m'inquiéter mais là, hésitant un instant sur le seuil de la porte, mon oeil magique ne put s'empêcher de se tourner dans son orbite pour observer les ruelles un peu plus loin, en direction de la sortie du village. Bientôt, cela ferait un an. Triste anniversaire de la perte de mon oeil. Dans une ruelle à quelques centaines de mètres à peine, j'avais fini au sol, honteusement vaincu, attendant que la mort vienne me cueillir. Mon salut, je l'avais dû à la chance et à l'arrivée tardive mais salvatrice de deux membres de l'Ordre. Et bien sûr à l'opération délicate de Caradoc. La perte de mon oeil n'était pas la pire chose qui était arrivée ce soir là : je m'en étais finalement rapidement remis, bien que très largement handicapé pendant deux mois, et, à défaut de charmer les sorcières, l'oeil magique m'avait fait découvrir de nouvelles facultés dont je m'accommodais très bien. A cet égard, la perte de ma jambe avait été une épreuve bien plus difficile sur le court et le long terme. Par contre, la soirée de cette embuscade m'avait repoussé dans mes retranchements, allant jusqu'à m'obliger à user d'un sortilège impardonnable.
Mais je n'étais pas homme à m'émouvoir de ce genre de souvenirs à l'approche d'un lieu et j'avais traversé bien de fois les rues de Pré-Au-Lard pour les associer à d'autres souvenirs.
La lumière vacillante des bougies de la Tête de Sanglier m'accueillit quand le vent profita de l'ouverture de la porte pour s'engouffrer dans l'antre des malfrats et autres individus louches. Quitter la demeure d'un Dumbledore pour celle d'un autre n'était pas gage de trouver un foyer aussi chaleureux et lumineux. Mais finalement, j'étais sûrement bien plus assorti à ce lieu qu'au précédent. En une fraction de secondes, l'oeil avait analysé ses occupants. Aucun signe de mon rancard d'un soir. Un signe bref du tenancier m'indiqua le dernier des boxes et je m'y dirigeai directement, sans prendre de consommation.

"Vacaresco." saluai-je dans un marmonnement en m'installant sur le tabouret face à lui. Pendant un instant, seules les gouttes qui roulaient sur le cuir pour s'écraser au sol se firent entendre. Je ne savais quelle attitude adoptée. Fut un temps, j'étais plutôt ravi de rencontrer le médicomage, même si les occasions n'étaient jamais les plus joyeuses. Aujourd'hui, dans un contexte tout autre, bien moins aseptisé, je n'osais prendre mes aises trop rapidement : ce rendez-vous arrangé n'avait sûrement pas pour objectif de siroter un verre entre vieilles connaissances. "Quelque chose qui devrait vous intéresser"
Léger grognement, invitant le sorcier à continuer. En même temps, je glissai une main dans une des nombreuses poches de mon manteau de cuir pour en sortir un verre pas très propre et une flasque dont je versai une rasade d'un liquide ambré.
Ma parole. Quel pétrin vivait le médicomage pour avoir besoin de ma parole de l'écouter jusqu'au bout ? Pour sûr ma parole avait beaucoup de valeur, et c'était encore plus une raison de ne pas la donner facilement. Pourtant, un nouveau grognement s'échappa de ma gorge en même temps que mon visage fermé acquiesçait doucement. "Continue, je t'écoute."

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Mer 24 Fév 2021 - 19:58

Le morceau de bois qui servait de jambe à Maugrey avait tôt fait d'annoncer sa présence à Razvan. Et un frisson désagréable avait dévalé la colonne vertébrale du roumain, qui l'avait salué mécaniquement en retour, alors que l'Auror s'asseyait en face de lui. Il était conscient de peut-être profiter de ses derniers moments de liberté - et quoi de plus terrible que de noyer ce moment dans du mauvais Kirsch au lieu de le noyer dans une bonne tuica ? Jamais encore, il n'avait considéré Maugrey comme un ennemi, c'était même un patient qu'il appréciait beaucoup et qu'il respectait. Il savait pourtant que quelle que soit sa décision une fois qu'il aurait déballé ce qu'il avait à déballer, il aurait à minima perdu son respect. Plus personne ne le respectait de toute façon, et comment en vouloir à ces gens de toute manière ? Octavius lui avait dit ses quatre vérités, il lui avait aussi dit qu'il ne le dénoncerait pas parce qu'il pensait à Mihaela. Curieusement, c'est peut-être en pensant à elle que Razvan avait pris sa décision, parce qu'elle vivrait peut-être mieux sans un père qu'avec un père qui arrachait des vies. La culpabilité dégoulinait chaque matin de son miroir, elle dévalait son dos à chaque fois qu'il croisait le regard tendre de Neolina qui ne se doutait de rien. Elle aimait cette personne innocente qu'il était en Roumanie. Il se dégoûtait. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Le bruit du liquide qui tombe dans le verre fit détourner son regard coupable pour le reposer dans celui de son interlocuteur, exprimé par le seul œil valide de Maugrey. Il ne savait même pas par où commencer, lui qui était si bref, savait qu'il ne pourrait pas l'être. C'était trop grave, et trop monstrueux. Pour avoir toute l'attention de son interlocuteur, et surtout pour qu'il comprenne la gravité des paroles qui allaient suivre, Razvan dit de but en blanc : « Je suis un mangemort ». Il ferma brièvement les yeux, comme pour intégrer lui-même ce qu'il venait de dire à voix haute et qu'il n'avait au fond jamais prononcé. Comme il était terrible de dire les choses telles qu'elles étaient, noir sur du blanc. Je suis un monstre. Oui, soit, tu es quoi ? Je suis un tueur. Oui, soit, tu es quoi ? Mangemort, ça réunissait tout ce qui devait être réunit pour la traduction terrible de la chose. « Et ça me ronge depuis le premier jour » ajouta-t-il sans trembler, la voix grave, l'accent fort. Ça lui faisait une belle jambe - sans mauvais jeu de mot. Sa baguette en bois de noyer noir était davantage poussée du côté de l'Auror que de celui de son ennemi mortel. Preuve de la bonne volonté du roumain, en tout cas, c'était l'essence de ce geste.

Razvan déglutit devant le silence et il ajouta : « Je peux vous servir de...ehm... » - il peinait à trouver la formulation de quelque chose de si précis - « de taupe. Ou vous pouvez me jeter en prison. Ça fera une personne de plus à votre compteur et je peux signer des aveux si ça vous chante ». Il haussa les épaules, vaincu, vanné. Le médicomage se fichait bien de sa décision de toute façon. Être sa taupe ne le priverait pas d'une liberté qu'il ne méritait pas pourtant. L'envoyer en prison ne serait que la traduction d'une punition qu'il méritait mille fois. Il n'essaya même pas de justifier ce qu'il faisait, c'était injustifiable, non ? Alors, le grand Alastor Maugrey penserait sans doute à un piège et préférerait probablement choisir la deuxième option. Aveux directement dans la gueule de l'enquêteur, si c'est pas beau ! En réalité, il pourrait le traîner pour un procès, lui proposer un arrangement pour qu'il donne des noms. Trop effrayé par les représailles éventuelles sur sa fille comme sur Neolina, il faudrait une cuve de veritaserum pour qu'il pipe un mot devant le Magenmagot. Mais servir de taupe ? C'était tellement plus pratique, tellement plus discret aussi. Empoisonner un groupe de l'intérieur, le gangrener comme le poison... Radical. Razvan prit son verre de Kirsch et en bu une petite gorgée, il avait la gorge nouée. Nouée par l'angoisse. Nouée par le stress. Pourtant, l'homme ne détournait pas le regard. Maugrey, comme jamais, avait l'allure d'un bourreau.


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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Jeu 4 Mar 2021 - 21:37

« Je suis un mangemort. » Les mots résonnaient en même temps que mon cœur se serrait de la trahison. Pourquoi ? Depuis quand ? L’avais-je déjà croisé sous son masque ? Quand ? Qu’avait-il déjà fait ? Qui avait-il tué ? Et surtout comment avais-je pu être si naïf ? Comment pouvais-je avoir été soigné par cet homme, sympathiser avec lui et ne jamais rien remarquer ?
Sa démarche, sa voix, sa carrure. Chaque fois que j’avais été face à un mangemort me revenait à l’esprit, se brouillant dans mes souvenirs : il me semblait le voir partout et nulle part. Si seulement j’avais eu l’œil magique avant, lui aurait analysé avec précision et rapidité des éléments que, autrefois, dans le feu de l’action, je ne remarquais pas.
Vigilance constante. Les deux mots n’avaient jamais eu autant de sens et pourtant je ne les avais que trop mal appliqués.
Une multitude de questions se bousculait dans mon esprit et surtout mon caractère cartésien se battait avec mes impulsions les plus instinctives. L’œil magique avait déjà analysé la pièce au moment même où je l’avais pénétré et les informations s’alignaient dans mon cerveau. La baguette de Razvan était posée sur la table, à mi-distance entre nous deux, légèrement plus proche de moi, et ses mains n’esquissèrent aucun geste pour s’en rapprocher ou s’en saisir. D’un seul mouvement, je pouvais l’attraper de ma main gauche, récupérer la mienne logée le long de mon bras sous mon manteau, et braquer les deux armes sur le médicomage. Etait-ce ce que je souhaitais faire ?
Rien dans le corps de Razvan Vacaresco n’indiquait une tentative de se battre. L’embuscade était une piste à éloigner également : ni le box, ni le bar, et encore moins la stratégie de se révéler mangemort n’était intéressante pour un tel objectif. J’aurais eu le temps de le tuer plus d’une fois avant d’être moi-même inquiété.
Alors, comment réagir à cette information ? Le corps détendu mais les mâchoires serrées sous ma barbe, aucun mot ne me venait. Razvan fut le premier à briser le silence.
« Très tentant. » Un mangemort aussi facilement mis sous les barreaux, c’était tentant. Mais je n’étais pas du genre à choisir la facilité, sinon bien des mangemorts n’auraient pas été sous les barreaux à cette heure-ci mais plutôt plusieurs mètres sous terre. Sa proposition, au contraire, donnait à réfléchir. « Une taupe ? Il va me falloir plus que ça. » Proposition intéressante mais trop facile : les taupes ne m’avaient jamais plu, les agents doubles étaient certes utiles mais jamais fiables à cent pour cent. Sa parole ne serait pas suffisante et j’avais besoin de savoir jusqu’où il pouvait aller pour envisager cette possibilité.

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Ven 5 Mar 2021 - 10:51

Razvan avait appris à la dure que la vie pouvait être la pire garce qu'on pouvait rencontrer. Lui qui avait toujours aspiré à une vie tranquille, dans une bourgade tranquille, dans une famille tranquille, avait récolté tout le contraire ce qu'il avait toujours profondément désiré. Il se retrouvait à vivre dans un pays qui n'était pas le sien, dans une capitale immense, sans famille, sans sa fille. Il se retrouvait à être l'esclave de ce groupuscule terroriste qui se pensait supérieur par une chimère d'un sang-pur. Et maintenant, voilà que l'esclave tirait douloureusement sur ses chaînes, pour s'octroyer plus de liberté et moins de remords, aussi, peut-être. La terrible conclusion du cheminement de pensée du roumain, c'était surtout que maintenant au moins, s'il mourrait, il mourrait avec une partie de sa conscience tranquille. Il n'était pas stupide. Le roumain savait qu'à n'importe quelle sortie "sur le terrain", il risquait d'y passer, d'une manière ou d'une autre, attrapé par un Auror comme trahi par un autre mangemort. Se méfier de tout le monde, voilà, quoi de plus terrible comme mantra alors qu'il était un homme profondément bon qui voulait faire le bien, qui ne voulait pas de problèmes et qui ne voulait pas tuer des gens. Il était arrivé à un moment charnière de son évolution personnelle, pris entre l'envie d'être heureux sans être inquiété par le poids des cadavres qu'il traînait dans son dos. Il avait envie de simplement reprendre une vie de médicomage tranquille, avec Neolina et sa fille tiens, pourquoi pas. Mais non. C'était une douce chimère que de penser que ce serait possible comme c'était une douce chimère de penser que discuter avec Maugrey serait facile. Il n'en avait maintenant plus rien à faire de mourir, de finir en prison. Mihaela ne le voyait pas. Neo le pleurerait peut-être. Voilà, globalement, à quoi ressemblait l'entourage du roumain. Une petite fille absente et une petite-amie qui méritait mieux.

Razvan s'attendit à plus de rejet de la part de Maugrey. Le ton sarcastique qu'il lui sembla percevoir ne lui attira pourtant aucun mouvement, que ce soit vers sa baguette ou las. Il enfonça son dos dans le siège, les mains abîmées par la boxe abandonnées sur la table, bien à la vue de l'Auror pour ne pas risquer de déclencher de conflit inutile. Sa baguette loin de lui, il savait qu'il perdrait. « Ma parole ne vaut rien pour vous » fit-il d'un ton égal. Bien entendu qu'elle ne valait rien, n'était-ce pas une forme de trahison que d'admettre à un patient qui avait eu confiance en lui qu'il était en fait ce qu'il détestait le plus ? « Je... » - Razvan se tut. Il bégayait peu, c'était dire son état. « Croyez-le ou non, je ne participe pas à la guerre parce que c'est mon idéal ou parce que je le veux. Mon sang est sans doute le plus douteux de Londres ». Douteux en leurs termes, bien entendu. « Cela fait trop longtemps qu'on menace de tuer ma fille » lâcha-t-il finalement. Il donnait l'impression d'avoir pris dix ans, d'avoir le poids de la vie qui affaissait ses épaules. Ses cernes creusaient des sillons terribles sur un visage déjà éprouvé par la vie. « Et je ne supporte plus le chantage qu'on me fait » souffla-t-il encore du bout des lèvres en posant son regard, non pas sur sa baguette mais à son annulaire qui portait l'alliance de ce vieux mariage qui n'en était plus un, finalement. Comme souvent lorsqu'il était pensif, il tourna l'anneau avec son pouce. Qu'aurait dit Mara de le voir dans cette situation ? Elle qui avait un si fort caractère de son vivant, elle n'aurait jamais accepté que son époux se retrouve enchaîné par un chantage. Elle aurait remué ciel et terre pour résoudre le problème autrement qu'en distribuant la mort. Le fait est qu'il était plus faible qu'elle, il l'avait toujours été, et sous le regard bleu électrique de Maugrey, Razvan se sentait plus ridicule que jamais.


(665)

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Jeu 6 Mai 2021 - 23:27

Un mangemort de moins dans la nature, un de plus à ma liste, voilà qui était séduisant. A cet instant, je ne lui souhaitais que le plus grand malheur et imaginer le médicomage dans l’univers des détraqueurs avait un aspect tentant. D’un autre côté, l’envoyer à Askaban était trop simple. Un mangemort de moins, ce n’était qu’un petit caillou dans les rouages des mangemorts. Je pouvais les enfermer un à un, Lord Voldemort n’avait qu’à claquer des doigts pour en marquer deux nouveaux de ce tatouage immonde. Mon regard se porta par réflexe vers son avant-bras gauche, bien évidemment couvert : devais-je désormais me méfier de toutes les personnes dont je ne voyais jamais les avant-bras nus ?
Le recrutement par la menace, voilà qui devait être efficace. Sûrement bien plus que les mauvaises campagnes de communication du Ministère auprès des jeunes sorciers à l’approche de leurs ASPICS. Quant aux méthodes de recrutement de l’Ordre, les serments inviolables que certains avaient conclu étaient bien gentillets à côté des procédés des mangemorts. « Sûrement pas le seul au sang douteux : j’imagine que pour un pantin de plus, les valeurs se mettent facilement de côté. »
Est-ce que j’avais su un jour qu’il avait une enfant ? Une part de moi ne comprenait pas, ne comprendrait jamais : je n’avais pas d’enfant, je n’avais pas une personne pour qui j’aurai pu faire tout le mal du monde et pour qui j’aurais pu sacrifier ma propre vie sans sourciller. Pour autant, la part majeure de mon être s’offusquait d’une telle facilité : faire le mal pour protéger une seule personne ? Tuer des dizaines d’innocents pour épargner une unique vie ? Et pourquoi ne pas chercher de l’aide, fuir, se protéger plutôt que de se laisser manipuler ? Mon esprit pouvait l’entendre sans le concevoir, ne pouvait que constater. L’amour d’un être pour un autre pouvait mener à faire les meilleures comme les pires choses.
Ma main se porta à mon verre et je le vidai d’une seule traite. L’alcool, fort et sec, brûla ma gorge mais détendit aussitôt ma mâchoire et ma langue caressa mes dents pour profiter jusqu’au bout du goût si particulier du whisky pur feu. Anesthésiant mon estomac qui s’agitait de la trahison, le verre n’était pas suffisant pour me la faire digérer et je m’en versais un nouveau depuis ma flasque pour mieux le déguster.
« T’es assez intelligent pour savoir ce que tu risques si n’importe lequel de tes copains apprend cette conversation… » déclarai-je avec un soupçon de menace. Le souhait de Vacaresco était louable : prendre le risque de trahir les mangemorts maintenant était bien plus dangereux pour lui comme pour sa fille que de leur tourner le dos à l’époque. Il existait bien pire que la mort.
« Tu pourrais me donner quoi comme informations ? » déclarai-je finalement de but en blanc. C’était bien beau tout ça, mais j’avais besoin de mesurer concrètement mes intérêts dans cette histoire. Des taupes chez les mangemorts, c’était pas tous les jours que j’en rencontrais. Par contre, j’avais bien plus l’habitude de mes indic’ pour le ministère, expérience sur laquelle je pouvais me baser. « Et surtout, qu’est-ce que tu attends de moi en échange ? »

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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Re: L'alcool qui délie les langues | MAUGREY L'alcool qui délie les langues | MAUGREY 129196351Mer 19 Mai 2021 - 2:51

Razvan n'avait pas peur de mourir.

C'eut été particulièrement ironique pour un médicomage de ne considérer la vie que sous cet unique prisme. Non, la mort n'était rien d'autre que quelque chose qu'il combattait avec passion dans son métier. Mais de part ce dernier, il l'avait nécessairement beaucoup côtoyé. Et parfois plus violemment que d'autres, avec plus d'injustice, aussi. Sa profession, pourtant, n'était pas aussi tortionnaire que ses activités non-officielles auxquelles il devait se plier de force. Razvan n'avait pas peur de la mort parce qu'il la frôlait à chaque fois qu'il mettait son masque de fer. Alastor lui-même avait manqué de le tuer non pas une, mais deux fois. Une fois sur les toits de Londres, quand il l'avait presque abattu d'une tuile dans le flan. Et l'autre fois, dans cette ruelle où finalement, le mangemort lui avait arraché l’œil. Le roumain ne pouvait faire autrement que de le voir, cet œil d'une couleur bleue électrique, comme prête à juger son âme, à se venger de lui. Il le sentait, que cet œil n'était pas qu'un simple œil magique de verre. Il devait renfermer d'autres secrets. Et il pourrait sans doute lire les siens sans problèmes. Mais voilà, l'aveu lâché, Razvan n'avait guère plus de choses à cacher. Il se sentait mis à nu, ridicule, lâche aussi. Pas comme s'il ne se le répétait pas assez. La phrase provocante de Maugrey ne lui attira aucune réaction, si ce n'est un détournement des yeux, parce qu'il crevait de honte.

C'était dur que d'admettre sa propre faiblesse face à un homme qui vouait sa vie à combattre les gens qui avaient sur leur bras, le même tatouage funeste que lui. Mais il n'avait pas tort. Le roumain était devenu un pantin, un triste pantin qui ne pouvait rien faire d'autre que de faire ce qu'on lui demandait. Pourtant, voilà que la marionnette tirait un peu plus sur ses fils, en quête de liberté. L'homme en face prit une gorgée supplémentaire dans son verre et le médicomage suivi le mouvement avec son Kirsch. La suite du discours de l'Auror le fit déglutir plus fort que n'importe quel alcool fort mais ses questions le forcèrent à le regarder, sans provocation, ni rancœur. « Il ne leur viendrait certainement pas à l'idée que je puisse faire quoique ce soit contre eux » fit-il d'un ton amer. Le respect n'avait jamais existé pour un homme comme lui. Il était tellement soumis que personne, personne n'aurait un jour l'idée qu'il puisse les trahir. Il le savait pertinemment et mieux que personne, il suffisait de voir ce qu'on lui disait et comment on le traitait. Il ne leur viendrait pas à l'idée qu'il puisse faire cela. Et si personne ne plante la graine du doute, comment pourraient-ils l'apprendre ? « Je n'arrive plus à vivre avec ça ». Le roumain allait finir par se foutre en l'air s'il continuait sur la voie dangereuse qui le conduisait à culpabiliser jusqu'à simplement, être heureux, par moments d'intermittence. Il ne méritait pas de l'être avec le bonheur qu'il arrachait violemment aux autres. Il ne le méritait pas et il ne supportait plus de se faire ce genre de réflexions. La vie avait un goût de cendres qui lui asphyxiait la gorge. L'Auror avait cependant pointé du doigt un paradoxe intéressant. Mais le fait est que Mihaela, à l'heure actuelle, risquait autant qu'il agisse, ou non. « Je ne veux rien en échange, Maugrey » lui dit-il d'un ton plat, « je n'ai pas peur de la mort, ni de la prison. Je mérite l'un et l'autre de toute manière ». Belle lucidité, Razvan, bravo. On pouvait au moins lui donner ça, à ce pauvre homme. La lucidité des hommes ravagés par la culpabilité, qui lui grignotait sa santé mentale plus rapidement qu'il ne le voudrait. « Je ne suis pas au courant de tout. Mais je sais parfois quand une attaque va avoir lieu, et où. Je peux vous donner des informations sur... » - un homme passa à côté de leur table et le roumain attendit qu'il se soit largement éloigné pour continuer - « sur leur organisation, accessoirement ». La jambe de Razvan marquait un rythme rapide, il était inquiet. Être vu trop longtemps en compagnie d'un Auror pourrait lui attirer des problèmes. Et depuis qu'il avait goûté au Doloris, il ne désirait pas réessayer.

(778)

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Les mauvais choix

Ché non lo posso sorpportare, questo silenzio innaturale tra me e te | Diodato
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