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[FB] Poings de suspension w/Razvan

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Razvan Vacaresco

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MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: [FB] Poings de suspension w/Razvan [FB] Poings de suspension w/Razvan - Page 2 129196351Mar 29 Juin 2021 - 13:02

Est-ce que Razvan ressentait de la culpabilité devant sa douleur ? Mm...

Le fait est qu'Athos était venu ici de lui-même, que le roumain avait été choisi pour le mettre à terre et qu'il aurait pris le double ou le triple avec quelqu'un d'autre qui se serait sans doute en prime payé le luxe de l'agresser à terre. Histoire d'enfoncer le clou. Après tout, peut-être qu'il lui avait fait une fleur. Certes, certes, il n'y avait pas été de main morte mais enfin. Passer une demi-heure à le tabasser un peu partout aurait été cruel et il ne l'était pas. Assit sur son banc en face du jeune homme qui semblait peiner à recoller les morceaux du puzzle, le roumain se nettoyait en silence, avec une application certaine. Il avait déjà vu des jeunes venir pour le seul plaisir de se faire casser la gueule, généralement ça leur remettait suffisamment les idées en place pour que ça leur passe l'envie de recommencer. Il se demanda si ce serait le cas d'Athos, en laissant son regard noir le détailler silencieusement, lorsque ce dernier se fendit d'un juron, d'une question. Gémissements lucides d'un homme qui regrette, classique.

Et la supplication, forcément. Le silence dans lequel s'enfonça le roumain, alors qu'il retirait totalement ses bandages, répondit dans un premier temps à la supplication du jeune homme. Pour qui le prenait-il ? Pour un charlatan qui allait l'autoriser à sortir avec une gueule pareille ? Bravo le médicomage, merci bien ! Razvan était un peu vexé, pour le coup. Il pensait que le britannique le connaissait assez pour savoir qu'il avait une bonne conscience professionnelle et qu'il était assidu dans son travail. Apparemment, il le connaissait assez mal. « Tu penses vraiment que je vais te laisser sortir dans cet état ? » demanda-t-il à brûle-pourpoint. Il le connaissait mal... Silencieux à nouveau, le roumain poussa un soupir, s'approcha du lavabo, se jeta une rasade d'eau sur le visage et sur le corps comme s'il y avait une pellicule de transpiration qui s'était apposée alors que ce n'était absolument pas le cas. « La politique de la maison c'est de ne laisser sortir personne dans un état douteux. Ce serait suspect, non ? ». Les affaires sont les affaires, la question n'avait pour but que d'être purement rhétorique.
Le médicomage revint auprès du jeune homme, prit la serviette qu'il avait utilisée pour lui essuyer le visage et trouvé un coin qui n'était pas marqué par le sang pour l'imbiber d'une potion qui ferait disparaître ses hématomes. Il lui tamponna le visage tranquillement, aux endroits marqués par les coups, sans rien dire. « Tu sortiras d'ici comme si rien n'était » compléta-t-il d'un ton calme pour le rassurer encore. Il aurait voulu, vraiment, ajouter quelque chose sur son fils, lui dire qu'il pourrait aller le retrouver. Mais raccrocher sa conscience à ce sujet, ne serait-ce pas remuer le couteau dans la plaie ? Perspicacité, développement miraculeux d'un certain tact à trente-quatre ans, quoiqu'il en soit, il n'ajouta rien. Rien sur Tobias, sur les problèmes que semblait rencontrer Athos. Son visage était maintenant propre de tout hématome, son nez était réparé. Il ne restait plus qu'à encaisser la potentielle commotion cérébrale et à se débarbouiller, et il serait libre de faire ce qu'il souhaitait, que ce soit de rentrer chez lui, retrouver son fils, ou retourner se faire casser la figure.


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MessageSujet: Re: [FB] Poings de suspension w/Razvan [FB] Poings de suspension w/Razvan - Page 2 129196351Dim 4 Juil 2021 - 23:42

Est-ce que tout ça en valait bien la peine ? Quelques minutes de douleur, pas plus, et voilà qu’Athos sombrait à nouveau dans les tourments qu’il avait cherché à fuir. C’était tout à fait paradoxal, car son corps tout entier avait envie de souffrir, et son esprit demi-rationnel ne pouvait s’empêcher d’imaginer le visage terrifié de son fils s’il le voyait dans pareil état. Pourtant, Athos ne s’était même pas vu - et c’était peut-être mieux comme ça. Quoique, peut-être que constater les dégâts lui aurait passé le goût de vouloir à nouveau se faire du mal - ou que quelqu’un lui en fasse. Et forcément, avec sa chance inouïe, il était tombé sur le seul visage amical en ces lieux pour lui ravager le sien. Mais après tout, peut-être qu’ils n’étaient rien, rien d’autres que deux mecs paumés qui se fréquentaient un peu. Après tout, le seul ami d’Athos était aux abonnés absents en ce moment, alors… Pas impossible qu’il ait été jusqu’à commettre une connerie supplémentaire.

Razvan essayait de le rassurer, mais ça ne marchait pas vraiment. Il allait le rafistoler, peut-être, mais pour combien de temps ? Combien de temps avant qu’il ne se ravage à nouveau la tronche à coup de whisky jusqu’à commettre une nouvelle connerie ? Même que le roumain lui posait des questions rhétoriques, à laquelle le sang-pur répondit d’un rire presque sarcastique. Tout était suspect dans ce bouge, le Ministère était même au courant et personne n’en avait rien à foutre. Que les ratés de cette ville se cognent, ça évitait aux autorités de le faire, pas vrai ? Alors qu’il se demandait quelle maladie il risquait de chopper avec cette serviette à moitié crasse, la potion apaisait les hématomes, et ne restait plus que la douleur lancinante fichée dans son crâne, bien loin, bien profond. Le froid s’insinuait par tous les pores de sa peau. Quelle idée de con que de se mettre torse nu, quand on voyait que Razvan avait tout focalisé sur son visage - c’était qu’il ne s’en remettait pas. Des gémissements de douleur franchissaient la barrière de ses lèvres, et plus sa mâchoire se crispait, plus il se demandait s’il se l’était cassée. Ou si Razvan lui avait cassé. « Comme si de rien n’était, ouais… » lâcha-t-il finalement en réussissant par un miracle certain à se redresser, alors qu’il avait la fort désagréable impression qu’on lui enfonçait la lame d’un long couteau dans les tempes. « T’es vraiment une foutue machine de guerre. » commenta-t-il sans un regard pour l’homme qui venait de lui casser la gueule avant de la réparer.

Finalement, Athos parvint à se relever, au prix d'un effort considérable, et tituba jusqu’à un lavabo dégueulasse sur lequel il s’appuya, relevant finalement la tête pour constater l’inévitable. Plus une trace de bleu sous tout le rouge qui zébrait encore sa peau, dont une terrifiante marque qui lui donnait l’impression d’avoir pleuré une larme de sang. Wow. Jamais de sa vie il n’aurait cru assister au spectacle de son visage maculé de son propre sang. D’un geste, il essaya d’ouvrir le robinet qui lui résista, tant les forces lui manquaient jusque dans ses paumes. « Et merde ! » gueula-t-il comme un déséquilibré. Nouveau regard, sombre, sur son reflet masqué par le sang séché. L’image s’imprégna sur sa rétine à jamais. L’image d’un mec brisé, en colère contre lui-même plus que contre son partenaire d’infortune qu’il apercevait en arrière-plan. Il faisait pitié. Et toute sa vie, il avait méprisé ce sentiment. « Tu t’rappelles, ici, y’a un an… » Il y avait un an, seulement oui. Un an avant, plein d’assurance, Athos avait fait ses preuves face à un Razvan de marbre qui lui avait confié l’une des missions les plus importantes de sa vie. « J’me ferais bien recasser la gueule si j’pouvais redevenir ce mec là. » Détournant le regard de la vision désolante, Athos s’appuya contre le lavabo, la tête basse de celui qui réalise enfin. « L’amour, c’est vraiment que des c… » Sa mâchoire se bloqua subitement, lui déclenchant une douleur qui traversa sa joue jusqu’au fond de sa gorge. C’était peut-être mieux qu’il ne finisse pas sa phrase.

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MessageSujet: Re: [FB] Poings de suspension w/Razvan [FB] Poings de suspension w/Razvan - Page 2 129196351Sam 17 Juil 2021 - 23:19

Razvan s'était trop souvent fait casser la gueule pour en avoir quelque chose à faire de l'état dans lequel il en sortirait. La boxe était un exutoire, une punition qu'il méritait. Et même lorsque tout allait a priori bien dans sa vie, il avait eu besoin de ressentir la douleur pour faire sortir la peine de ce qu'il voyait dans son travail. Razvan ressentait avec trop d'intensité les émotions de sa profession pour se permettre de rentrer simplement chez lui pour se coucher auprès de la femme qu'il aimait. C'était le cas à l'époque, c'était toujours le cas maintenant, bien que les séances de boxe avait pris une allure différente lorsque l'on savait ce qui se cachait réellement derrière ses poings. Tous ceux qui venaient avaient quelque chose à se reprocher. Comme une règle tacite, ce n'étaient pas que des mecs qui cherchaient à combler leurs fins de mois. Le roumain accueillit dans un silence absolu le... Compliment que lui fit Athos. Une machine de guerre, oui, dans tous les sens du terme. Razvan était un boxeur efficace, un médicomage talentueux et un mangemort concis. Il faisait ce qu'on lui demandait sans trop rechigner et le faisait correctement en plus. Partout, tout le temps. On ne pouvait presque qu'être content de lui tant il était miraculeux qu'il soit aussi résigné dans sa vie. Alors oui, il était une machine de guerre, n'était-ce pas ça, un mangemort ? Quelqu'un qui vole des vies en continuant la sienne ? Le langage d'Athos n'était sans doute pas voulu pour être à double-sens mais il le comprit très bien tout seul. Et préféra ne rien dire, car le jeune homme ne savait pas réellement la teneur de ses engagements pour ces gens encapuchonnés. Il pouvait très bien avoir déjà croisé sa route de la sorte sans jamais le savoir et lui parler maintenant tranquillement comme s'il n'était pas un collabo. La honte ruisselait en même temps que les restes de transpiration dans son dos.

Razvan le regarda tituber jusqu'au lavabo en laissant son regard se poser sur le jeune homme. Comme s'il étudiait une grenouille dans un bocal pour la disséquer plus tard, avec son œil avisé de médecin habitué à voir des horreurs. L'analyse et le pragmatisme n'étaient-ils pas le propre du roumain ? Il ne s'attendit pas, pourtant, à ce qu'Athos reconvoque un souvenir de leur passé commun. Il ne savait pas s'il était un homme du passé parce qu'il ne le connaissait pas assez pour cela. Mais voilà, il se rappelait oui, quand il était venu le voir, pour lui demander de trouver une solution pour Mihaela. Tout ça pour quoi ? Pour qu'un Razvan dépressif la renvoie en Roumanie parce qu'il n'était plus capable de s'occuper d'elle dans son état. Et si cela lui avait brisé le cœur, d'autant plus que la petite fille était très rancunière envers son père, il savait au fond de lui qu'il avait pris une bonne décision. Pouvoir rentrer après s'être pris une cuite dépressive sans s'inquiéter de la présence de sa fille lui avait fait du bien. Et il en avait usé et abusé, de ce pouvoir d'ailleurs. Lui qui n'aimait pas tant boire, bah tiens. Voilà ce qui lui était arrivé, au risque qu'une fois même, il manque de tomber sérieusement dans les escaliers qui menaient à son appartement. Il s'en était fallu de peu pour qu'il se brise la nuque. La petite phrase coupée du jeune homme le fit se pincer les lèvres.
Razvan comprenait, bien sûr qu'il comprenait. Qui d'autre qu'un veuf pour comprendre ce qu'il ressentait, vis-à-vis de ce sentiment dévastateur ? Il avait perdu sa femme, en avait vaguement aimé une autre avant de se prendre d'abord un mur avec Neolina. Les problèmes qu'ils avaient rencontré, en septembre puis en novembre, l'avait conduit dans une dépression dont il doutait, malgré lui, d'être totalement sorti. C'est que le roumain restait sur ses gardes face à son esprit à tendance mélancolique. Il se connaissait, savait qu'un rien pouvait lui faire un mal inimaginable. Si Neo décidait de partir, par exemple ou si lui, était forcé de la quitter. Car la possibilité demeurait, et s'il profitait d'autant plus des moments partagés à ses côtés, il avait toujours une petite voix dans la tête qui lui soufflait de faire attention. A trop marcher au bord du vide, on finit par tomber dedans. « Je sais ce que c'est » fit-il finalement d'une voix difficile après une bonne minute de silence, « plus que tu ne le crois ». Razvan n'était pas du genre à se confier sur sa vie, pas du tout en fait. Il préférait parler des vérités générales que des douleurs qu'il avait traversé : « On nous vend ça comme quelque chose de positif mais parfois, on en tire que du négatif... Pour peu qu'on soit malchanceux ». Il avait ajouté la fin plus pour lui-même qu'autre chose. Car fallait-il être malchanceux pour épouser une femme destinée à mourir en donnant la vie. Pour autant, le médicomage n'avait plus à se plaindre, maintenant. Mais il restait réaliste et s'il se donnait corps et âme dans cette relation, il avait toujours un regard sur l'enclume qui menaçait de lui tomber sur la tête. « Qu'est-ce qui t'arrive, Athos ? » demanda finalement Razvan d'un air concerné. Il avait toujours été meilleur pour écouter que pour parler. Peut-être que c'était une chance, sa chance, d'aider véritablement les autres au lieu de les enfoncer ?


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MessageSujet: Re: [FB] Poings de suspension w/Razvan [FB] Poings de suspension w/Razvan - Page 2 129196351Lun 2 Aoû 2021 - 21:05

L’amour et Athos, c’était toute une histoire. Une histoire en pointillés, faite de désillusions et de déceptions telles qu’il en était venu à bannir cette notion de sa vie. Finalement, ne l’avait-on pas toujours mal aimé ? Son père et ses abus, sa mère et sa faiblesse, Phil et ses mensonges, Shannon et ses absences… Les gens qui avaient aimé Athos l’avaient toujours blessé. Sauf Magda. Magda, c’était sa faute, du moins c’était ce qu’il se plaisait à penser. La première fois, il était parti, la seconde, il avait abandonné tout en restant à ses côtés. Quelle était la pire, finalement ? Mais au fond, même l’amour de Magda avait été, en vérité, quelque chose de toxique pour un homme comme lui. Sans doute parce qu’elle aimait une version de lui qu’il n’était pas vraiment, du moins pas tout le temps. Pire, peut-être que son amour avait justement fait naître cette part d’Athos qui n’avait aucune chance de survivre au temps et aux épreuves. La solitude le protégeait, et l’attachement le rendait vulnérable. Et il subsistait, et subsisterait toujours un attachement qu’il ne pourrait jamais rompre. Son fils était sans nul doute le seul être sur cette terre à l’aimer réellement pour ce qu’il était, sans le juger, sans projeter sur lui des espérances - pour l’instant du moins. Ce fils qui n’avait pas demandé à naître, ce fils dont ni l’un ni l’autre n’avait d’ailleurs voulu et qui pourtant, pourtant, que n'auraient-ils pas fait pour lui ? Pour ce petit être qu’ils cherchaient à protéger, chacun à leur manière, Magda en étant là pour lui, et Athos en l’éloignant. Rien au monde ne viendrait le persuader qu’il n’avait pas pris la meilleure des décisions, quoiqu’en pense celle qui désormais n’était plus que la mère de son fils. L’isolement l’avait blessée, détruite, mais il avait fait ça pour eux. Pour Tobias avant tout, c’était un fait. Et c’était la décision la plus adulte qu’il ait pris de sa jeune vie, et paradoxalement, la plus lourde de conséquences.

Athos ne s’attendait pas à avoir une réponse. C’était une phrase balancée par sa rancoeur, qui n’appelait rien d’autre que le silence que sa mâchoire blessée lui avait imposé. Mais Razvan à nouveau tenta de… le rassurer ? C’était étrange, cette relation qu’ils entretenaient. Proches sans l’être vraiment, capables de se confier des pans de leurs vies en occultant tout le reste. Capables de parler d’amour après s’être battus - enfin, que l’un ait battu l’autre, du moins. Athos n‘écouta que d’une oreille son discours bienveillant à souhait, la douleur dans sa mâchoire accaparant son esprit qui n’arrivait pas à se focaliser sur deux choses en même temps. Il s’arrêta toutefois sur un mot, et un souffle traversa son nez douloureux. C’était là tout le sarcasme qu’il était capable de produire. La malchance n’était pas un concept qu’il aimait. S’avouer malchanceux, c’était admettre qu’on ne contrôlait rien de sa vie. Et même si Athos s’était pris des revers plus violents que les coups de Razvan de la part de cette chienne - de vie, évidemment - il détestait se reposer sur ce concept pour justifier sa peine. Certes, chacun vivait son lot d’épreuves, et la suite dépendait de la capacité à les affronter, à réagir. Et s’il était si malheureux en ce moment, ça n’était pas la faute à pas de chance. Certes, le destin avait mis sur sa route un malade qui avait voulu tuer les deux personnes qui comptaient le plus à ses yeux, mais milles perspectives s’offraient à lui face à tout ça. Son silence, leur silence, son obstination à rester à Londres, ses envies de vengeance, tout ça l’avait mené où il était aujourd’hui. « Ça n’existe pas. » répondit-il d’un ton froid et triste en massant sa joue douloureuse. « La chance, on la provoque. » Dixit celui qui travaillait dans un casino et qui savait à quel point c’était vrai, si grand tricheur qu’il était. Tricheur au jeu, dans la vie aussi. Dès qu’on pouvait tricher, finalement, la chance n’existait plus.

Athos se détacha du lavabo au moment même où Razvan osait une question indiscrète, ce qui ne lui ressemblait pas. Son cerveau fonctionnant un peu, il avança jusqu’à la gourde d’eau du roumain et sans lui demander la permission, l’attrapa pour la caler au dessus de sa tête renversée, fermant les yeux au contact de l’eau glacée sur sa peau meurtrie. Son crâne semblait être transpercé de part en part, et chaque mouvement empirait la sensation. Mais il voulait se débarrasser de cette couche de sang poisse, ce qu’il fit en attrapant son t-shirt blanc qui bien vite devint le Saint-Suaire de sa douleur. Il n’avait pas envie de répondre, et pourtant… « L’amour m’a défoncé la gueule. » D’un geste qui lui arracha une grimace, il enfila son sweat, délaissant son t-shirt sale qu’il fourra dans une poche. « Et comme ce soir, tu vois, je l’ai cherché. » Sans se retourner, sans même un au revoir, le sorcier désabusé quitta le vestiaire la tête basse, affrontant les insultes et les moqueries dans la salle à demie-déserte faute de combattants. Il n’en saisit aucune, les mots coulant sur lui comme la sueur le faisait dans son dos et une fois les escaliers grimpés, le froid de la nuit vint lui fouetter le visage. Il crevait d’envie de rentrer, mais transplaner dans un tel état était trop risqué. Alors Athos marcha, comme l’ombre qu’il était devenu, rasant les murs pour se faire oublier. Après tout, c’était là son plus grand talent, et peut-être désormais le seul.

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