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[Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide

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Gauwain Robards

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MessageSujet: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Dim 4 Juil - 18:08

Le courrier, laconique, délivré par hibou et signé de Nollan Emerson, aurait dû faire plaisir à Gauwain Robards.

N’était-ce pas ce qu’il souhaitait ? Etre remarqué par le service des Aurors, être reconnu ? D’autant que l’Auror en question avait un statut bien particulier, un bagage acquis outre-atlantique, un point de vue unique en tant qu’Américain, et une compétence reconnue par ses pairs, puisqu’on l’avait choisi pour être agent de liaison. Ce qui constituait un gage plus sûr encore : il avait attiré l’attention de Meredith, et elle ne disait que du bien de son tuteur. Oui, que Gauwain Robards reçoive une missive directe de cet homme, ça aurait dû le flatter.

…..ouais. Mais là, il fallait l’admettre, le ton du message, à la fois direct et finalement sibyllin, l’avait fait grimacer. C’était une convocation, ni plus ni moins.

Il n’avait pas eu l’impression de s’illustrer, lors de l’incident à la Galerie, auquel faisait référence le courrier. Ou du moins…. Il aurait voulu s’illustrer en aidant les autorités, en appliquant les protocoles habituels, en permettant de restreindre à un endroit les suspects potentiels… ….mais au final, il s’était trouvé confronté à cet étrange mec (le rabatteur, c’était ainsi qu’il le surnommait en son for intérieur), qui avait rendu vaine toute velléité d’interroger qui que ce soit. Gauwain avait donc aidé d’une façon différente, en amenant, aux côtés de Meredith, un des blessés à Sainte Mangouste.

Etait-ce pour cela qu’on le convoquait ? Pour n’avoir pas su maintenir sa barrière face à un civil apeuré, fut-il un civil d’un genre particulier et animé par des motivations suspectes ? Ou au contraire, pour lui demander plus d’informations sur cet incident, lui proposer de déposer ses souvenirs en pensine pour qu’ils puissent être examinés par les enquêteurs ?

Meredith lui avait promis qu’elle n’avait pas parlé de lui avec Emerson, et on n’avait pas demandé à sa petite amie de témoigner, en dehors de la déposition initiale dont ils s’étaient acquittés, le soir même de l’incident. Et si les souvenirs d’un témoin pouvaient présenter un intérêt, ç’aurait dû être ceux de sa petite amie, en tant qu’organisatrice, non ? …..cela dit, Gauwain avait passé son événement à observer. Les convives, les déplacements… Sans doute avait-il pu voir un détail d’importance, sans y prendre garde. Peut-être ses souvenirs pouvaient-ils être utiles malgré tout. Sauf que ça faisait plusieurs mois : les souvenirs ne s'étiolaient-ils pas, après tant de temps? Ou les Aurors avaient-ils réussi à remonter une piste spécifique et ne cherchaient-ils qu'une confirmation?

…..Ca le tuait, de ne pas savoir de quoi il retournait. Il avait l’impression que c’était quitte ou double.

Heureusement, l'horaire et le lieu de rendez-vous permettaient de ne pas laisser s’éterniser la situation.

Il se présenta à heure dite, le jour demandé, au Ministère. Vêtu d'un costume choisi avec Meredith. Vêtu impeccable. Tendu mais prêt à répondre aux questions, quelles qu'elles soient.

Le Ministère bruissait d'une agitation constante. Des sorciers de tous âges et de toute condition se présentaient, employés ou simples citoyens, cherchant des informations ou de l'aide. Des courriers et des notes fendaient l'air, trajectoires violettes qui frôlaient parfois l'un ou l'autre, dans un sifflement de papier. De temps à autres, des gobelins, manifestement tendus, bien loin des créatures représentées sur la fontaine centrale.

Gauwain se délestait de sa propre tension, en observant toutes ces allées et venues. On lui avait demandé de patienter dans une zone d'attente, tandis que l'Auror Emerson était informé de sa présence dans les murs.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Mer 7 Juil - 12:04

J’avais pas été très loquace dans la missive que j’avais envoyé au gars de Blondie. Pire encore, il n’avait aucun indice sur lequel s’appuyer pour prétendre à la résolution d’une sacré énigme. Comme à mon habitude, j’avais laissé planer le doute et j’avais planté un décor, peu propice aux pensées et interrogations. Interrogations, qu’il devra me poser pour tenter de comprendre quelque chose, à ce que je vais potentiellement lui confesser. Lui, s’attend sûrement à déposer une plainte ou faire un aveu sous serment, mais c’est pas le cas. Qu’il se rassure. Peut-être que ma chère protégée va me trouver quelque peu sadique, -et elle aura raison-, mais même elle, n’est au courant de rien. Elle ne sait pas ce qu’il va advenir de cette entrevue. Après, qu’il lui dise ou pas, il peut. Parce que je sais que la petite blonde a quelques arguments convaincants, en plus de sa verve d’ancien Serpent.

Je fumais une première clope, puis une deuxième, les pieds croisés sur mon bureau et mes mains épluchant certains rapports inhérents à l’incident de Février. Là, où ma chère Blondie, m’a appelé en renfort et où, je suis arrivé brillamment en retard. La faute à qui ? Aux éternels formulaires britanniques, qui n’ont rien à voir avec ceux du MACUSA. Ou peut-être, que je m’y étais jamais intéressé. C’est peut-être ça, la finalité de tout ceci. Par ce que le papier, je m’en contrefous. Je préfère les paroles aux actes. Je suis homme de terrain moi, pas homme de procédure. N’en déplaise à certains. Ou certaines.

- Nollan ? Quand ton rendez-vous arrive, je le fais patienter. Ou non ? Il rentre directement dans ton bureau ? Me demanda Maisie Ross, une petite sorcière dactylograhe à lunettes et replète. Toute de rose vêtue, jusqu’aux dite lunettes en forme de papillon. Connaissant Meredith, ta petite protégée, il n’arrivera pas en retard. Mais, qu’est-ce que je fais ?
- Fais-le attendre. Un peu. Pas beaucoup, mais juste assez. Tu vois ?
- Je vois. Et de disparaitre en coulisses ou côté cour, histoire que je termine d’enfumer mes poumons à loisir.

Dix heures. Qui sonnent à la grande horloge murale de mon bureau. Si j’en crois les bruissements d’étoffes diffus et les talons de Maisie, la petite rousse va chercher Gauwain Robards. Avec un petit sourire, je pressentais qu’elle s’était approchée. Et que, comme convenu, elle le faisait attendre. Un peu. Comme je l’ai voulu. Écrasant ma cigarette dans mon cendrier auto-nettoyant, je me préparais à accueillir le jeune homme Gallois qui ne savait pas encore de quoi il allait en retourner. Maisie Ross se mit à passer sa petite tête ronde et rousse, à travers la porte entrouverte de mon bureau. Indiquant par un signe de tête, que mon rendez-vous était bien présent. Et que le retard, il connaissait pas. Ça, c’était parfait.

- Entrez, Monsieur Robards. Monsieur Emerson, est disposé à vous recevoir. Encouragea la petite sorcière aux joues rondes, dans un geste de bonhomie doux. Comme l’aurait fait une mère ou une tante. Ou une grand-mère qui aimait pincer des joues de môme.
- Tu nous apporteras, deux cafés. Noir ? Un regard ambré, direction mon interlocuteur. Ouais noir. Et, deux parts de gâteau à la carotte.
- Entendu.

Puis, reportant mon attention sur mon vis-à-vis, qui me parassait prêt à exploser, je lui décochais un sourire engageant, appuyé négligemment contre mon bureau. Mon accent d’Amérique, toujours ressortant intensément par moments. C’était l’indication de mes racines, et du quartier de Brooklyn où j’avais grandi. Où les pâtisseries d’Henry Mistry étaient les meilleures du monde. Du moins, pour un gosse de quinze ans.

- C’est la seule sucrerie que je tolère par ici. Sinon, vous avez de ces trucs immangeables, vous les Britanniques. Faudrait m’expliquer le concept de votre ‘Jelly’, là. On dirait un truc, qui vient d’une autre planète. Un léger rire, pour détendre l’atmosphère avant de venir tapoter une épaule affaissée, signe d’un stress conséquent. Je suis pas encore cannibale. Sois tranquille, Gauwain, je vais pas te bouffer. Un sourire sur mes lèvres et dans mon regard ambré.

Et, une pause.
Pour le regarder.
Voyant sans difficulté aucune, les similarités et les différences.

- Sinon, pour commencer sans se prendre la tête. Ça va bien ? Toi, tu vas bien ? Et Meredith, ça va ? Ronan, ne la maltraite pas trop ? Ah. Ronan.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Sam 10 Juil - 13:10

La secrétaire était une femme ronde au sourire chaleureux et plein d’empathie. Ca n’apaisa pas les doutes du Gallois quant à ce qui motivait cette convocation. Pas plus que l’attitude débonnaire et sympathique de l’Auror.

Lors de l’incident à la Gallérie, Gauwain n’avait pas pris le temps d’observer. De regarder, véritablement. A présent, tous ses sens pouvaient se dédier à cette mission.

L’homme avait un visage jeune, sans rapport avec son âge réel, qu’il savait par Meredith. Ca n’était qu’une surface, une apparence, que venait démentir son attitude. Pas de naïveté ou de candeur, pas de timidité ou d’enthousiasme enfantin. Il émanait de lui quelque chose de posé, ainsi qu’une sorte de sérieux qui pouvait confiner à la dureté. Et pourtant, son langage corporel était détendu, informel : il ne siégeait pas mais se tenait appuyé contre son bureau. Pas d’entrée en matière protocolaire, pas de déroulé officiel d’entretien : il s’assura qu’ils aient des cafés et de quoi manger, et, souriant, continua sur sa lancée, parlant douceurs plutôt qu’enquête.

Gauwain haussa un sourcil incertain. Meredith ne le lui avait pas présenté l’homme sous ce jour, mais elle savait apprécier les pâtisseries, peut-être considérait-elle que ça faisait partie des atouts de son tuteur. Il tenta bon gré mal gré de se mettre au diapason, même si c’était déstabilisant (était-ce le but ? S’agissait-il d’un test ?)

« C’est pas forcément mon dessert préféré, je dois l’avouer. Mais…. On n’a pas que ça, vous avez goûté les scones ? »

Ou leur variante galloise, plus savoureuse. Mais il ne sentait pas de rentrer dans un débat culinaire, alors qu’il avait l’impression d’être sur le grill.

L’Auror américain n’eut que peu de mal à saisir la tension du jeune homme ; dans une démonstration amicale, il vînt tapoter son épaule (dans un geste qui trahissait des codes culturels américains et non britannique), et ajouta une plaisanterie. En retour, le Gallois finit par se détendre (un peu), et hocher la tête. D’accord, il n’allait pas se faire bouffer, pas littéralement du moins. Mais il commencerait à y croire lorsqu’il saurait de quoi il retournait réellement. Or, son interlocuteur semblait vouloir prendre des chemins détournés. Il haussa un sourcil :

« Ca va. Si je peux aider sur une enquête, ça ira encore mieux. »

Il préférait clairement aider plutôt que se faire remonter les bretelles, c’était donc la stricte vérité. En plus d’une façon de rappeler son sérieux. Cela dit, l’Auror l’avait aussi interrogé sur sa petite amie et… Ronan ? ……Le peintre ?

« Les journées de Meredith sont toujours chargées, mais on a des jours de vacances à venir, ça va faire du bien. »

Une pause, et puis, sans chercher à masquer une dose de surprise :

« Vous connaissez Monsieur Malone ? »


C’était une question prudente ; s’ils étaient intimes, il n’allait certes pas partage tout ce qu’il pensait du peintre. Déjà qu’il n’était pas certain de ce qui avait motivé sa convocation, il n’allait pas s’étendre sur les états d’âme de cet homme pétri d’émotions sombres et auto-centré, qui prenait son métier comme excuse pour se défouler sur les autres. Pour une raison mystérieuse, Meredith continuait de travailler pour lui, même si elle ressortait souvent de ses quelques heures de secrétariat les lèvres pincées, agacée. Au moins Gauwain réussissait-il à la faire rire en se moquant de la drama queen aux tubes de gouache. Et il l'aidait à faire passer sa tension de bien des façons, ce dont il ne se plaignait pas. Mais il restait convaincu qu’elle se porterait bien mieux chez un autre employeur, même en étant mue par l’amour de l’art.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Lun 19 Juil - 16:35

Maisie Ross avait eu l’air de faire son petit effet chez mon futur interlocuteur. En effet, la petite sorcière dactylographe était de ce genre. A mettre les gens à l’aise, leur parler, faire en sorte qu’ils soient comme chez eux. Ou qu’ils essaient. Même si je le savais, c’était toujours difficile. Pour Blondie, qui s’était pointée un jour de rentrée, elle n’était pas passée par la rondelette sorcière rousse. Elle avait voulu me voir directement. Alors que j’étais occupé par toute cette paperasse protocolaire que je peux détester. Mais, dans mon métier, j’ai pas vraiment le choix de produire rapports sur rapports et certains membres hauts placés me l’ont bien fait comprendre. Jetant un œil au petit ami de ma protégée, je pouvais sentir qu’il se détend. Parce que j’ai amorcé mon plan d’attaque sur des pâtisseries, plutôt que de rentrer dans le vif de sujet. Mollo l’asticot, ça, ce qui nous intéresse tous les deux, c’est pas pour tout de suite. Chaque chose en son temps. Fallait être un peu patient et j’avais envie de discuter. J’ai du temps.

- Ah ? T’aimes pas le gâteau à la carotte ? Maisie peut t’apporter autre chose. Il suffit de demander ! M’exclamais-je en riant, tout en butant sur le terme ‘scone’. Autant dire, que je faisais pas confiance aux Britanniques et leur nourriture pas franchement ragoûtante. Y’a mieux. Mais s’il me propose des ‘scones’, autant essayer. Pour pas mourir con. Des scones ? C’est quoi ça ? C’est pas un truc, avec un goût bizarre ? Je te dis, je vous fais pas confiance, à vous les Britanniques. Un nouvel éclat de rire, qui était là pour détendre cette atmosphère pour le moins tendue.

Même si mon vis-à-vis paraissait moins sur le fil ou sur la défensive, mon instinct de Limier, me criait tout l’inverse. Gauwain Robards, de sa petite identité, se pensait être là pour une enquête. Aider à résoudre certaines zones d’ombres ou des énigmes. Mais, je l’avais pas convoqué pour ça, qu’il se rassure. C’était pour ce quelque chose de plus personnel qui m’avait pris aux tripes quand je l’avais su et qui, soyons honnête, m’avait littéralement laissé sur le cul. Or, je faisais exprès de tirer en longueur, prétextant des desserts que je n’aimais pas et parler de sa petite amie. La jolie blonde, qui parvenait toujours à faire tourner les têtes. Têtes, qu’elle remettait rapidement à leur juste place. Là aussi, il avait pas à s’inquiéter.

- Je me doute. Mais t’en fais pas pour ça. Ça viendra bien assez vite. Une enquête de moralité, où tu devras témoigner. Chaque chose en son temps. Meredith te mettra bien un jour, sur une affaire. Parce que … Une murmure de confidence à son oreille. Elle vous imagine en binôme et vous allez tout exploser. Selon elle, j’en serais soufflé ! J’attends de voir, moi. Un éclat d’intérêt dans mon regard ambré avant un sourire, parce que Blondie, elle les méritait ses vacances. Surtout après l’incident. Celui à la Galerie d’Art. Ah, des vacances. C’est chouette, ça. Elle en a bien besoin. Tout comme toi.

J’étais clairement pas né de la dernière pluie, parce que je l’avais vue, cette surprise. Chez le grand brun qui en était presque à me reluquer avec des yeux ronds. Si je connaissais Monsieur Malone ? Je pouvais dire que ‘oui’. Et ça, ça stupéfixait toujours les gens qui me le demandaient. Surtout quand je rajoutais que le Peintre égocentrique et autocentré, c’était mon meilleur ami. Le gars que j’appréciais vraiment. Sincèrement et sans fausses notes. Même lui, il doit pas savoir ce que je peux lui trouver. A vrai dire, moi non plus.

- Ronan, je le connais très bien. C’est mon meilleur ami. On est sortis tous deux d’Ilvermorny. Lui, chez Serpent-Cornu. Moi, chez Womatou. Après, il a son caractère et si on creuse un peu, on l’aime bien. Peut-être que Meredith a su creuser la couche d’égocentrisme qui entoure le grand Artiste ? Un nouveau rire, avant un léger « toc » contre la porte de mon bureau. Maisie, entre.
- Deux cafés noirs et deux parts de gâteau à la carotte, comme tu me l’as demandé.
- Remballe une part, je crois qu’il aime pas le gâteau à la carotte. Cet affront, je te jure.
- Monsieur Robards ? Qu’est-ce qui vous tente ? Demanda ma petite secrétaire dactylographe préférée à mon invité, tandis que, restant debout, je plantais ma fourchette dans la part de gâteau. Un sourire présent sur mes lèvres, avant une gorgée de café entièrement noir.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Mar 27 Juil - 21:30

« Non, non, vous embêtez pas, j’ai pas super faim. Boire quelque chose, ça sera suffisant. Et à l’occasion, goûtez les scones, ouais. C’est plus sec, plus compact, ça accompagne bien le thé ou le café, avec un peu de crème. Vous verrez. »

Pas sûr que Nollan Emerson s’émerveille autant sur les petits gâteaux, s’il ne jurait que par des gâteaux plus moelleux et sucrés. Le Gallois lui offrit néanmoins un sourire encourageant, propre à inspirer confiance dans ses affirmations de ‘gastronome’ averti. La secrétaire de l’Auror était douée pour faire se détendre des interlocuteurs… ….l’Américain un peu moins. Du moins, peut-être pas autant. Car si une discussion sur les desserts britanniques et la pâtisserie anglaise avait de quoi faire sourire le jeune homme, Gauwain était parfaitement conscient d’une chose : son interlocuteur entretenait le suspens à dessein, semblait-il, et ça, ça maintenait le Gallois en état de vigilance. Il fronça un sourcil en apprenant qu’il n’avait pas été appelé pour témoigner. Mais alors…. Pourquoi ?

Mais déjà l’Auror était parti sur un autre sujet de conversation, rebondissant sur un autre sujet léger avec un air débonnaire, partageant des confidences sur Meredith ; était-ce une manière d’endormir sa méfiance ? Quel était réellement le but de cette entrevue ? L’homme finirait bien par dévoiler son jeu, d’ici là, autant suivre le tempo du mieux possible, car, après tout, Gauwain n’avait rien à se reprocher. Il s’efforçait de respecter les lois, et il ne croyait pas qu’on puisse lui reprocher quoi que ce soit (….à part l’incident avec cet abruti de sang-pur, mais cela remontait à des mois, alors, à moins que le type aux cheveux pâles ait aimé déguster froides ses vengeances…). Malgré un juron intérieur en repensant à cet incident, il se força à sourire, restant confiant :

« On fonctionne bien, tous les deux. Alors ouais, je crois qu’elle a raison : on sera bons, sur le terrain. Si on nous met en binôme. Elle m’amène à me dépasser. »

Si jamais l’Auror Emerson était consulté sur le sujet, ça ne coûtait rien de lui glisser quelques mots à ce sujet. Ca restait à voir. Se trouver avec pour partenaire votre moitié pouvait être considéré comme un avantage autant qu’un inconvénient. Avantage, car il ne serait que plus motivé à être alerte, à devancer les attaques, à agir avant que la situation ne leur échappe, pour éviter de la mettre en danger ; avantage aussi, parce qu’ils se connaissaient par cœur, pouvaient travailler avec des communications non-verbales subtiles, deviner instinctivement les intentions de l’autre ; avantage, enfin, parce que dans un affrontement, ils se battraient avec une rage infinie, pour repousser mutuellement un danger. Et inconvénient parce que…. Eh bien… Il pouvait être difficile de penser stratégiquement, rationnellement, lorsque votre partenaire de vie était menacé ou torturé (ou si on leur demandait de recourir à certaines couvertures, certains stratagèmes qui risquaient d’aviver leurs jalousies respectives) ; mais si Gauwain avait son mot à dire, cet état de fait existerait qu’ils soient ou non en binôme, alors… Quitte à avoir de toute façon un inconvénient, le Ministère serait stupide de se passer des avantages conséquents, non ?

Il hocha la tête, lorsque l’Auror émit une approbation quant aux congés. Et cette fois, lui-même laissa son attention être captée par ce sujet plus informel (ce qui lui faudrait peut-être une pénalité, si tout ceci était un exercice pratique) :

« Meredith a un emploi du temps incroyablement chargé, et… on a choisi une filière exigeante. On savait que ces trois ans ne seraient pas de tout repos, et on ne se plaint pas : c’est pour ça qu’on est là. Pour être formés en accéléré et être opérationnels le plus tôt possible. Pour montrer qu’on peut tenir la pression malgré des journées chargées. Mais… Oui, les vacances vont faire du bien. »

Et allaient sans doute changer beaucoup de choses dans leurs vies, mais ça, l’Auror n’était pas obligé de le savoir.

Diplomatiquement, il s’abstint de tout commentaire concernant l’artiste qui laissait régulièrement sa petite amie dans un état de colère froide, que Gauwain se chargeait d’apaiser. Il se contenta d’un rire forcé, et pas vraiment convaincu, parce qu’il était à peu près persuadé que la drama queen aux pinceaux était au-delà d’un simple petit égocentrisme gentillet : il avait besoin que le monde le remette à sa place, et encore, à son âge, on ne changeait plus, donc sans doute se contenterait-il de se défouler sur les autres, plutôt que de gagner en humilité. Le fait qu’Emerson, qui paraissait enjoué, sérieux, équilibré et compétent, apprécie le monstre d’ego était un de ces petits mystères insolubles de la vie.

La secrétaire à l’air maternelle revînt, avec tout ce qu’il fallait pour une pause-café, agrémentée de gourmandises. Il grimaça, se massant l’arrière du crâne, comme l’Américain dénonçait son peu d’intérêt pour cette pâtisserie :

« Non, non, vous embêtez pas, ce sera très bien comme ça… ! »

Il n’avait pas dit ça pour créer de l’embêtement à cette femme. Elle avait l’air sympa, et il n’allait pas lui faire faire des allers et venues parfaitement dispensables (comme quoi, ça commençait à lui mettre du plomb dans le crâne, d’être en couple).

D'un coup, alors qu'il était en train de protester, il eut un flash. L'incident avec Isaac, il y avait des mois de cela, à la Red House. Est-ce que... c'était pour ça ? Il grogna : était-ce pour finir d'incriminer le gars qu'ils avaient neutralisé ou celui-ci avait-il d'excellents avocats qui leur reprochaient leur action ? Avec cette épiphanie, il craqua.

Lorsque la secrétaire pourvoyeuse de douceurs fut sortie, il demanda, de but en blanc :

« Je suis là pour quoi, en fait ? S'il vous plaît, je préférerais savoir. Si c'est pour avoir une recette que Meredith vous a fait goûter, vous vous trompez de gars. C'est son majordome qui cuisine tous ses déjeuners. Mais... j'ai pas l'impression que je sois là pour ça, n'est-ce pas ? »
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Nollan B. Emerson

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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Mer 28 Juil - 15:19

- Ça m'embête pas du tout. Je l'aurais pas proposé sinon. Commençais-je avec un petit rire, voyant qu'il était buté pour rester sur une seule boisson alors que certaines douceurs présentes à la cafétéria du Ministère de la Magie méritaient qu'on s'y attarde. Je serais bien un mauvais conseiller, si je te proposais qu'un café noir. Mais vu que tu m'as l'air d'être une sacré tête de pioche. Qu'est-ce que je peux y dire ? Le questionnais-je avec un rire bien plus franc. Alors que ces fichus 'scones' parvenaient à capter mon intérêt. Bon, je goûterais. Et je te dirais.

Assez parlé des 'scones' britanniques qu'on pouvait manger avec de la crème et boire avec du thé ou du café. On était pas là pour ça. Je l'avais convoqué pour cette autre chose qui nous concernait tous les deux. Bien que parler de Blondie détendait l'atmosphère facilement. La belle blonde avait ce pouvoir, en plus de celui de faire tourner des têtes. Les masculines, n'étaient pas en reste à mon étage et j'avais dû quelques fois recadrer certains types. Mais, ma protégée n'avait pas été en reste et s'était empressée de me dire qu'elle se débrouillerait bien seule avec tous ces mâles en rut, et j'avais bien fait de la croire. Efficace à coup sûr, ce qui me certifiait que j'avais bien fait d'accepter de la prendre sous ma juridiction alors que j'étais fraîchement débarqué d'Amérique. Elle m'avait tapé dans l’œil. Au sens propre comme au figuré. S'accordant parfaitement, avec mon interlocuteur. Ce qui les conduirait à faire des 'miracles' sur le terrain. La jolie demoiselle me l'avait déjà stipulé et son gars avait l'air de cet avis. Si, j'en croyais son aveu.

- Y'a l'air, oui. Et c'est tant mieux. Entamais-je avec un large sourire, mon regard ambré devenant acéré et soudainement plus sérieux. En revanche, je peux prévenir d'une chose : en couple, c'est bien. Ça a ses avantages, tout comme ses inconvénients. Il suffit d'une fois, où l'un ou l'autre se fasse capturer et malmener pour que celui survivant, ne parvienne pas à se contrôler. Une pause courte. Je préconiserais, peut-être, un autre binôme sur le terrain. Bien que Blondie, te pousse à te dépasser. Je suis heureux pour toi, tu sais. Et pour elle, aussi. Mais, faut réfléchir à ce que je t'ai dit. Et, sachez, que j'appuierais votre candidature si vous voulez vous illustrer tous les deux à la pratique. Un nouveau sourire. Je te le promets.

Meredith Hawthorne, en plus de ses études prenantes d'Auror et de mon tutorat avait voulu s'essayer à l'art de dompter un animal sauvage en la personne de mon meilleur ami, Ronan Malone. L'exercice était somme toute difficile, même pour un type aguerri comme moi, qui connaissait le loustic depuis des années. L'Artiste, il fallait le brosser dans le sens du poil, sinon on obtenait rien de lui, à part des remarques acerbes au goût acide de fiel. Autant dire, que j'avais vu la jeune femme dans mon bureau avec sa tête des mauvais jours, quand celle-ci, s'était confrontée au Génie. Heureusement, que Gauwain Robards était là, pour changer les idées noires de sa belle. Parce que moi, j'étais pas là pour consoler les états d'âme. J'étais là, pour montrer le réel et ce qu'il allait advenir à ma disciple, si elle s'engageait sur cette voie. Disciple, qui, avait clairement besoin de vacances. Comme je l'avais spécifié dans un court rapport à Miss McKallister, devenue sa psychomage.

- Ah ça. J'avoue, j'ai pas choisi pour vous. Vous l'avez fait en toute connaissance de cause. Je suis d'accord, pour s'autoriser des moments de répit. Avant le trop plein. Avant que ça déborde. Parce qu'après, on peut plus rien faire et on se trouve acculé. Alors, vous faites bien. Mais, ne l'oubliez pas. C'est tout ce que je demande. J'avais conclu ma tirade pleine de sagesse avec un sourire et une gorgée de café noir. Lançant par ailleurs, un clin d’œil à Maisie Ross qui était réapparue aussi prompte qu'un serpent, déposant des assiettes remplies de victuailles sucrées avant que mon vis-à-vis, ne daigne lui répondre. C'est bon, Maisie. On va s'en sortir. Tu peux nous laisser.

Avec un petit sourire, la sorcière replète et ultra sympathique prit congé, nous laissant seuls. Pour entrer dans le vif du sujet, parce que je sentais que le gonze présent dans mon bureau était à deux doigts de me faire une syncope ou un évanouissement en règle. A choisir, j'optais pour l'évanouissement. Seulement, après ce que j'avais à lui dire. Plaçant une mèche de mes cheveux couleur auburn en arrière, j'eus un toussotement qui était à la limite d'un rire nerveux. Bien que Cole Bronson était un cuisinier émérite, et que j'étais pas contre pour tester certains de ses plats inventifs, Gauwain Robards était pas là pour ça et le faire encore languir aurait été bien trop sadique de ma part. Toujours silencieux, je fis une pirouette, relâchant assiette à mignardises et tasse de café, pour me diriger derrière mon bureau, donnant un coup de baguette souple pour déverrouiller le premier tiroir et en sortir une lettre. Que j'avais lu, de nombreuses fois. Trois fois, pour être exact.

- Lis ça. Et tu comprendras. Du moins, j'espère que tu sauras connecter les wagons de ton Poudlard Express entre eux. Murmurais-je en m'adossant contre mon bureau, bras croisés, attendant qu'il lise la lettre de ma mère.

~*~

Mon cher fils,

Je me permets de t'écrire ces quelques lignes, à l'occasion de ton trentième anniversaire. J'aurais pu le faire bien avant, mais je pense que cette période où tu te trouves en Angleterre, est propice à le faire. A t'avouer certaines choses, qui te concernent. Parce que tu as décidé de quitter ton Amérique natale, à cause de cette fiancée qui ne t'a pas apporté un dénouement heureux. Je croyais en l'amour d'Eden Shane, tout comme toi, j'ai osé espérer. Que tu puisses fonder une famille avec elle, or, elle en a décidé autrement.

Cependant, cela a été le déclic pour renouer avec ta famille maternelle. Je me rappelle, quand, petit, tu venais me demander après les réunions de famille, pourquoi on ne voyait jamais celle de mon côté. Pourquoi, les chaises étaient vides. Pourquoi, l'absence de ces oncles, qui pourtant, existent bel et bien. Tu dois savoir, qu'à dix-sept ans, être enceinte de toi dans cette famille n'a pas été bien vu. Et, dénouer des liens qui pourtant n'étaient pas excellents était de bien meilleur aloi. De toute manière, ma carrière d'artiste n'a pas été comprise par mes frères et encore moins par nos parents. Tu te demandes sûrement, où je veux en venir et ce que je veux te dire entre ces lignes.

C'est parce que tu t'es installé en Angleterre, à Londres, que tu dois savoir que tu n'es pas seul. Et, qu'il existe ce pan de famille que tu n'as jamais vraiment connu. Je te joindrais, une photographie plus tard, dans un autre courrier. Une photographie où je suis représentée avec tes oncles, juste avant notre entrée à Poudlard. Tu le verras, bien assez vite, Trystan et Owain étaient de mauvaise humeur. Mason, ton père, trouve cette entreprise absurde à vouloir déterrer des ombres du passé. A vouloir resserrer des liens rompus. Or, tu es assez grand et je crois qu'à trente ans, tu sais encore ce que tu fais.

Je n'en suis pas certaine, mais Trystan possède un jeune fils.
Je ne sais pas son prénom. Tu le découvriras par toi même.

Ta mère qui t'aime,
Ethel Emerson Robards


~*~

J'attendais qu'il finisse de lire la prose de ma mère, dont l'écriture d'ordinaire si appliquée était cette fois bien sommaire. La faute à ce secret, trop longtemps gardé.

- Je crois que Meredith, n'est pas la seule chose qu'on a en commun. Avais-je dit sur un ton où perçait une légère pointe d'humour, mon regard ambré rivé à mon interlocuteur et à toutes ses réactions. Qu'elles soient positives ou non.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Jeu 29 Juil - 9:11

Il savait bien, que faire équipe avec Meredith aurait ses inconvénients, ses difficultés ; bien qu’il soit convaincu que celles-ci n’auraient rien de commun avec les avantages, les atouts d’une telle situation, il était conscient que d’autres ne partageraient pas ce point de vue. Et entendre que Nollan Emerson, le tuteur idéal aux yeux de Meredith, était de ceux-là, ça donnait le ton. Le ton d’une déception à venir, à laquelle il ferait sans doute mieux de s’habituer dès à présent. Pour autant, l’Américain laissait la porte ouverte : il émettait un avis, sans que celui-ci soit péremptoire, et soutiendrait le choix des deux jeunes gens. Le Gallois hocha la tête, avec gratitude (parce qu’il n’était pas un expert en legilimensie et qu’il n’avait aucunement connaissance du fait que sa petite amie avait tapé dans l’œil de l’Américain, dans tous les sens du terme).

« Merci. Je-  J’entends ce que vous nous conseillez, je suis conscient de ces dangers ; mais qu’on soit ou pas en binômes, si quelqu’un touche à un seul de ses cheveux, et il jouera avec sa vie. Cela dit, je vous promets en retour qu’on va en discuter, peser le pour et le contre, avant de déposer une demande. De toute façon, la décision finale ne nous appartiendra pas.  C’est le monde du travail, non ? On ne choisit pas. »

Il miserait sa stratégie sur le fait que le Ministère souhaiterait sans doute minimiser les pertes d’agents qualifiés. On verrait si ça passait.

Nollan Emerson s’avérait être un puits de sagesse et son sourire amusé mettait en confiance. Mais sous ses airs détendus, il décrivait un risque, une réalité bien sombre et bien réelle. Se retrouver submergé, par la pression, par les horreurs, par l’incertitude de savoir si on vivrait un jour de plus, si vos proches seraient encore avec vous le lendemain matin. Laisser tout cela grandir, jusqu’à ce que les sentiments débordent, jusqu’à une explosion. Et l’Auror Emerson parlait à n’en pas douter en connaissance de cause. A nouveau, il eut un signe d’approbation, face à ces conseils, mais cette fois-ci, il y avait un respect exacerbé dans les yeux bruns.

« Je veillerai au grain, Monsieur. Qu’on n’atteigne pas le point de rupture, ni elle, ni moi. »

Une pause, et puis…

« Vous faites quoi, vous, pour ne pas exploser ? »

Quant à ce qui suivit… Ce fut un soulagement ; non seulement, de se voir dispensé de carrot cake, mais aussi, et surtout, d’enfin toucher du doigt ce pourquoi il était convoqué ce jour. Convoqué dans une ambiance sympathique, mais convoqué quand même. Le fait de ne pas savoir, d’élaborer des scénarios, était en train de le rendre dingue. Il se trouvait au bord d’un précipice, qui pouvait l’entraîner vers la lumière, autant que vers les ténèbres.

La réponse, la chute définitive, ou l’ascension, dépendrait d’une simple feuille de papier. Une lettre.

La lettre d’une mère à un fils, qui avait abandonné l’Amérique pour gagner l’Angleterre, parce que lui-même avait été abandonné par une femme. Il était aisé de comprendre que cette lettre avait été adressée à l’Auror, même si son prénom n’était pas explicitement cité ; Meredith avait confié quelques mots sur sa situation maritale. Il leva les yeux vers l’Auror, parce que hm- S’était-il trompé de missive, en lui partageant ainsi un document aussi intime ? Mais l’homme restait impassible, attendant que Gauwain poursuive sa lecture.

Cette lettre était adressée par une mère qui avait été mère-fille, qui avait coupé les ponts avec sa famille – s’agissait-il d’un avertissement ? Par rapport à Meredith et à leurs familles respectives ? Il faillit lui dire de ne pas s’inquiéter, quand ses yeux tombèrent sur un prénom. Trystan.

Le temps s’arrêta, lui bourdonna aux oreilles.

Il faillit en lâcher la feuille. Parce que les pièces s’emboîtaient, pour peindre un tableau qui n’avait aucun sens.

Il fronça les sourcils, leva les yeux en entendant le commentaire de l’Auror, amusé, tranquille. Lorsqu’il ouvrit la bouche pour répondre, ce fut avec incrédulité :

« Non- Mon père n’a qu’un frère, il- il n’a jamais été question de sœurs. »

Côté Robards, que des fils. Côté Jernigan que des filles. C’était d’une simplicité sans pareille.

Et pourtant, lorsqu’il levait les yeux vers l’autre homme, à présent…. C’était comme si une autre lumière avait été jetée sur ses traits. Les sourcils étaient familiers, la mâchoire, la stature, tout était un écho, de son père, de son oncle, de vieilles photos de son grand-père. Un écho déformé, mêlé d’autres influences, mais que l’on identifiait malgré tout. Comme si un voile avait été déchiré pour révéler la vérité derrière le théâtre d’ombres.

Il accusa le coup. Des informations se réactivèrent, de façon aléatoire, une phrase rieuse de Meredith sur le fait qu’elle avait un type, une photo déchirée sur un album familial, une enveloppe de documents scellée, qui avait fait pleurer sa grand-mère, des remarques cryptiques échangées entre adultes, alors qu’il n’était qu’un tout jeune garçon.

Il n’était pas convoqué pour une enquête. Loin de là. Il se passa une main sur le visage, et but d’une traite son café noir.

« J’en veux bien un deuxième. Et un troisième. »

Il n’était pas contre non plus le couper de whisky ou de toute autre substance alcoolisée qui traînerait dans le coin, quitte à aller la piocher dans le dépôt de pièces à conviction.

« Alors vous- On est- ? Comment c’est possible ? On m’a jamais parlé d’une tante.  »

Cousins. Avec un Auror assermenté américain ; peut-être que c’était familial, concernant ce point. Mais…. Cousins ?! Cousins. Il allait avoir 20 ans, et il se découvrait un cousin, une tante, un oncle…. ….d’autres cousins ? Des cousines ?

« Et tes parents sont restés aux Etats-Unis ? Ils font quoi ? Et euh- t’as des frères et sœurs ? »
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Nollan B. Emerson

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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Ven 30 Juil - 12:45

J'avais été en binôme avec Blane Mantiss. Peut-être pas le meilleur choix, au vu de ce qu'il s'était passé par la suite. Mais, je pouvais dire au moins une chose à son sujet : il était foutrement efficace. On s'entendait comme deux frères sur le terrain, avec ce petit truc où y'avait pas besoin de se parler pour comprendre l'autre. Pour que l'association soit parfaite et qu'on brille par la pratique. Or, y'avait ma fiancée entre nous deux. Et, à croire, qu'Eden Shane avait un type de gars tout tracé dans ses veines, parce que je l'avais trouvée dans les bras de ce dernier. Quitte, à ce qu'elle en vienne à me tromper, après une rude journée. Autant dire, que ce que j'avais vu, m'avait pas franchement fait plaisir. Pire, j'avais foutu une droite à mon coéquipier de toujours et j'avais porté un blâme sur mes épaules. Blâme, donné par mon daron, le Sous-Chef des Aurors du MACUSA. Cette honte, quand j'ai dû garder mon calme devant la commission de discipline dirigée par Mason Emerson, mon père. Avec, à ma droite, le nez pété de Blane Mantiss et mes envies sourdes de meurtres.

Des envies que Blondie aurait certainement, si par le plus grand des malheurs, elle était pas affectée avec Gauwain Robards. Étant donné, qu'elle pouvait foutre autant les boules qu'un Nundu quand elle était agacée, -et Merlin savait que j'adorais les Nundus-, j'avais pas envie de me faire bouffer par elle. Parce qu'on lui avait mis dans les pattes, un autre binôme avec celui, qu'elle avait dans le privé. J'avais jamais vraiment assisté aux colères de la belle blonde, mais je savais que ces dernières étaient à la fois sourdes de glace et explosives de feu. Alors non, j'allais appuyer ce désir d'être avec le Gallois, parce qu'affronter une demoiselle, ivre de Colère, c'étaient pas dans mes projets futurs. Loin de là.

- Personnellement, j'ai pas envie que Meredith me tombe sur le dos, si j'ai pas appuyé votre candidature. Elle est encore plus féroce quand elle est énervée et si, elle apprend qu'elle est pas mise avec toi, je vais en entendre parler durant des jours, des semaines et des mois. La contrarier, est une très mauvaise idée. Et, j'ai pas envie de tenter le diable. C'est pas dans mon intention. Tentais-je en riant, mon regard ambré, ultra sérieux, en revanche.

J'avais distillé mes conseils avisés et remplis à la fois de sagesse et d'expérience. Même, si j'étais encore jeune, au vu des faits d'armes de mon cher père, j'en connaissais déjà un lourd rayon quand il s'agissait d'affronter les Ténèbres. Qu'il y avait une carapace solide à se faire, pour pallier aux Ombres, qui parfois, vous dévoraient en entier. Alors, je parlais par connaissance de cause, qu'il fallait pas attendre que tout déborde et vous pète à la gueule. Que vous fassiez une dépression parce que vous avez pas réussi à vous prémunir des Enfers, et que les flammes vous ont dévoré l'âme et les tripes. J'avais pas envie de 'ça' pour Blondie et encore moins pour lui. Il devait surveiller. La surveiller. Être vigilant pour deux.

- Parfait ! M'exclamais-je avec un sourire, convaincu qu'il tiendrait parole. Parce qu'il avait foncièrement pas le choix. Et qu'en couple, surtout vu ce qui les attendait, ils avaient pas d'autre échappatoire. Moi ? Pour pas exploser ? Répétais-je, incrédule. Avant, y'avait elle, Eden Shane. Qui, m'apportait un peu de légèreté dans ce monde fait de brutes épaisses et de toile opaque. Maintenant, y'a mon père ou mon 'caractère', parce qu'il s'est forgé avec les horreurs. Y'avait l'avant, mais y'a plus. Y'a mon père parfois. Ou y'a ce que j'écris dans un journal. Pour vider le trop plein et pour pas péter les plombs. Parce que, généralement, ça va vite. Il suffit d'une seule et unique fois, pour que tout dérape. Pour que tout te saute à la tronche et que tu peux rien faire. Parce que c'est trop tard. Parce que t'as pas su. Combien de collègues, pourtant excellents, étaient tombés 'au front', parce qu'ils avaient pas 'su' ?

Puis, je lui avais passé cette lettre. Celle de ma mère. Qui avait déterré, des secrets que je pensais pas avoir dans une famille aussi propre que la mienne. J'avais appris que j'avais deux oncles, que je n'avais jamais vus, pour cause de brouille familiale. Brouille, liée à ma mère, visiblement. Quoique, j'en étais pas certain. Je savais pas en fait. Cependant, je voyais que mon interlocuteur hésitait à poursuivre sa lecture, d'un geste encourageant de la main, je l'invitais à continuer. C'était pas ma rupture qui importait, c'était le reste. Assorti d'un petit commentaire de mon cru, lorsqu'il riva de nouveau ses iris bruns aux miens.

- Bah apparemment, je suis pas né de l'opération du Saint-Esprit, à ce que je sache. Répliquais-je en riant, lui laissant le temps de digérer. Parce que, j'avais fait la même gueule, à la première lecture de la lettre. Je pensais que ma mère, était fille unique et je me découvrais deux oncles. Visiblement plus âgés qu'elle. Ça avait de quoi perturber. Attends ... Commençais-je en me penchant à nouveau sur mon bureau pour y déloger deux verres à shots et une bouteille de whisky, dont une seule goutte parvenait à faire décoller l'âme. Je garde ça, lorsqu'on résout des affaires ou pour accepter ce genre de nouvelles. Je souriais, tout en lui versant une larmichette d'alcool ambré. Tiens. Cadeau.

Ouais, on était cousins.
J'en revenais toujours pas, lorsque je posais mon regard ambré sur lui, sur Gauwain Robards. Qui, en plus, était le petit ami de celle qui était ma disciple. Le microcosme sorcier était décidément bien petit, au vu de ce qui se passait. M'asseyant sur le rebord de mon bureau, jambes pendantes et verre d'alcool à la main, j’acquiesçais à son interrogation. Assurément, qu'on était cousins.

- Note qu'on est à égalité. J'ai jamais su pour mes oncles. Un léger rire, avant une gorgée d'alcool fort. Alors, pour t'expliquer. Ma mère, est une artiste. Un peu touche-à-tout. Une chanteuse de cabaret sorcier et une actrice de théâtre aussi sorcier, qui a brillé sur les planches à sa venue en Amérique. Et, qui a endossé plusieurs rôles, tous réellement convaincants. Un sourire. Elle m'a toujours dit, que je chantais bien. Que j'aurais pu faire comme elle. Mais moi, j'ai toujours voulu faire comme mon père. Lui, c'est le Chef des Aurors au MACUSA. Il l'est devenu, quand j'ai quitté l'Amérique. Une nouvelle pause. Et toi ? Meredith, m'a pas tout dit. Et puis, je préfère demander des détails au principal concerné, maintenant. Une nouvelle gorgée d'alcool avant un sourire, à la fois dans mon regard ambré et sur mes lèvres. Enchanté. Cousin Robards.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Ven 6 Aoû - 18:24

C’était…. Déroutant étant un piètre mot pour traduire la façon dont sa réalité venait d’être légèrement, mais profondément altérée. Il relisait les lignes, laissait les pensées se précipiter, à une allure folle. Et si tout cela était un faux ? Quel intérêt, les Robards avaient une ferme et un minimum de terres agricoles au fin fond du Pays de Galle, on ne montait pas d’arnaque pour convoiter ce genre de butin. Non, toute la lettre (et Nollan Emerson lui-même) avaient des accents de vérité.

On lui avait caché l’existence d’une tante, d’un oncle par alliance, d’au moins un cousin… Ca donnait le vertige. Si sa famille avait gardé le silence là-dessus (et TOUT LE MONDE avait dû garder le silence, n’est-ce pas ? Même son grand-père), sur quoi d’autre lui avait-on menti par omission ? Est-ce qu’il avait une petite sœur difforme enfermée à la cave ? Juste pour savoir, hein, avant qu’on ne la lui présente fortuitement pour Yule.

Il fut pris d’un rire nerveux, et descendit le verre de whisky qui avait été posé devant lui, ignorant une petite voix interne qui lui rappelait le code du Ministère et le fait qu’on ne buvait pas de boissons alcoolisées dans les locaux et encore moins dans les heures de service (il n’était pas en service et la personne qui avait écrit ça, quatre siècle plus tôt, probablement, n’avait sans doute jamais eu de tante cachée aux Amériques). L’alcool lui lécha la trachée, lui réchauffa les entrailles et jeta dans son esprit une clarté limpide. Il se passa une main sur le visage, regardant l’Auror américain, très détendu.

Tu m’étonnes, qu’il avait voulu causer carrot cake le plus longtemps possible avant de mettre les pieds dans le plat. Et pourtant, à présent, Nollan Emerson offrait un visage souriant, et détendu. L’Américain sirotait son alcool avec un sourire, l’ayant salué de façon officielle. Et à vrai dire… son humeur était contagieuse.

Il hocha la tête, et leva son verre en retour :

« Eh ben….. Enchanté aussi, cousin Emerson. »

Ainsi, il avait une tante… actrice ? une chanteuse ?

Etait-ce l’origine de sa disparition de l’histoire familiale ? Son père n’avait jamais prêté beaucoup d’estime à Tante Blodwen, était-ce parce qu’il y voyait l’écho de sa propre sœur qui avait coupé les ponts ? Ou avait-elle fuit aux Etats-Unis justement après que sa famille ait annoncé ne pas vouloir de saltimbanque dans les rangs ? Connaissant son père et son grand-père paternel, les deux scenarios était tout aussi probables l’un que l’autre. Comme l’impliquait la lettre, la grossesse n’avait rien dû arranger.

La deuxième information, concernant l’oncle par alliance, l’impressionna. Il ouvrit des yeux ronds, stupéfait. Et ressentit une sorte de fierté par ricochet, ce qui était ironique, dans la mesure où il se connaissait un oncle depuis 3 minutes.

« C’est hm- impressionnant. Et…. Tu sais comment- Enfin… Ils ont coupé les ponts d’un mutuel accord ? »

On sentait, entre les lignes du courrier, des regrets. Et Gauwain connaissait son père. Son grand-père. Son oncle. Hum, ouais, il devinait aisément ce qui avait pu se passer.

« Ils sont comment, tes parents ? Leur caractère, je veux dire. Quant aux miens, eh bien… Ma mère tient une petite boutique de babioles et d’accessoires magiques pour femmes à Cardiff, et mon père… C’est le coordinateur du Ministère pour le Pays de Galle. Il s’occupe de suivre les affaires du territoire, et de relayer l’application des Décrets. Il est- plutôt rigoureux. «

Une nouvelle gorgée d’alcool brûlant.

« Il passe pour des réunions au Ministère mais…. Mes parents habitent Saint Davids. Seulement je te conseille de prévenir à l’avance, je suis pas sûr de la réaction de mon père. Enfin… Si tu as prévu de rencontrer les autres membres de ta… notre famille ? «

A n’en pas douter, Nollan Emerson n’avait pas besoin de lui, pour savoir tout cela. En tant qu’Auror, il devait avoir accès à tous les dossiers nécessaires sur lui et toutes les personnes nommées Robards dans l’ensemble de l’Europe. Pourtant… Aucun dossier ne l’aiderait à comprendre réellement comment fonctionnait son père.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Lun 9 Aoû - 10:06

En moins de trois minutes, j'avais obtenu un cousin. Qui en plus était, le petit ami de Blondie, ma protégée sur le sol britannique. Il fallait croire que le monde sorcier était clairement petit, parce que là, y'avait des preuves tangibles. Gauwain Robards, était mon cousin germain par alliance. Le fils, d'un oncle que j'avais jamais vu. Et qui, restait un fantôme, malgré les apparences. Après la lecture de la lettre de ma mère, je m'étais imaginé la tête de son frère. S'ils se ressemblaient. Lui, ma mère, et leur frère aîné. Je n'avais pas de référence, sur laquelle m'appuyer. Alors, j'idéalisais peut-être quelqu'un. Qui ne devait pas l'être. Vu que je savais pas, de quoi il en retournait. Cependant, j'avais déjà vu le Gallois, lors de l'attaque à la Galerie d'Art, où Ronan Malone avait exposé son art. Et, je savais. Je savais, qu'il y avait des similitudes, qu'on pouvait pas cacher. Qu'on pouvait pas passer outre. Et, que, jusque dans mes tripes, ça avait été établi. Le jeune homme ne m'était pas si inconnu que ça. Et fallait, que ça tombe sur le petit ami de Meredith Hawthorne. Le Destin, je vous jure ! Un vrai petit con, quand il s'y met.

Observant mon vis-à-vis à la dérobée avec mon regard ambré, je constatais avec un petit rire néanmoins, qu'il a descendu comme un verre de jus de citrouille, son whisky. Haussant un sourcil, j'en déduisis que j'allais pas le resservir de sitôt. Ou alors, qu'on allait continuer sur du café noir, histoire qu'il soit pas bourré comme un polonais quand il va retrouver sa blonde. J'aimerais pas être celui qui l'a rendu saoul. Parce que j'en connais une, qui va pas l'entendre de cette manière. Malgré le lien de parenté récemment avéré. Droite dans ses talons, l'ancienne Serpentard était un modèle de rigueur. Alors, savoir, que son ancien camarade de maisonnée s'adonnait au vice le plus odieux, allait la mettre en rogne. Et, j'avais clairement pas envie de voir ça. Toujours assis sur mon bureau, jambes pendantes et verre d'alcool à la main, j'avais salué mon cousin avec les politesses d'usage. Gauwain, me rendit la pareille. Et, je ne pus qu'esquisser un sourire en retour. C'était pas l'effet de l'alcool, c'est parce que j'étais heureux. D'avoir trouvé le restant de cette famille. Cependant, il fallait que ce soit, chez les mangeurs de Jelly.

- M'en voilà très honoré. Commençais-je en riant, tout en buvant une gorgée de mon breuvage. J'avais balancé que j'étais Auror, j'ai eu des félicitations. A croire que ça peut être dans les gènes. Parce qu'il se destine à ça, lui aussi. Et, que ça rend fier. Faisant tourner le verre entre mes doigts, je consentis à répondre. Du moins, c'étaient les informations sommaires que j'avais pu récolter. J'avais pas tout dans le détail. On m'a jamais expressément dit les 'choses'. Je crois pas que ça a été d'un mutuel accord Gauwain. Je crois que ma mère avait un esprit plus libre et n'avait pas envie de se faire enfermer dans une cage avec deux frères étouffants. Ça l'a rendue malade de partir. Mais y'a pas eu de larmes. Pas d'adieux. Elle a débarqué sur Ellis Island avec mon père et fin de l'histoire. Y'a jamais eu de mention de deux oncles et de famille élargie du côté de ma mère. Jusqu'à aujourd'hui, du moins.

Un sourire. Une nouvelle gorgée d'alcool.
En miroir.

- Mes parents ? J'aime les comparer à des goûts d'aliments. Ça me parait plus simple, pour justifier leurs caractères. Ma mère, elle est comme le Miel. Saveur douce, maltée mais sans amertume. Mon père, lui, on va du côté de la Réglisse. Inimitable et puissant. Qui peut être doux et amer, en même temps. Un rire. Si t'aimes pas la comparaison alimentaire, ma mère c'est l'entropie. Mon père, c'est celui qui remet l'ordre. Du moins, qui essaie.

Les parents du tout nouveau cousin, ils avaient l'air assez intrigants. Une mère portée sur les babioles et accessoires féminins. Y'a quoi dans sa boutique ? Je suis assez curieux là. Le père, en revanche, je l'avais peut-être déjà vu. Ou bousculé dans les couloirs du Ministère de la Magie, si j'étais en retard. On s'est peut-être déjà croisés sans que je le sache. Ou que je le sache justement. Sa photographie animée, je l'avais déjà vue. Présente en première de couverture sur son dossier. Et, le type avait pas l'air commode pour deux Noises. Je comprends facilement que l'adjectif 'rigoureux' colle au personnage de Trystan Robards.

- Je crois avoir vu traîner sa photo, lorsque je suis allé faire un tour dans les Archives du Ministère. Et vu sa tête, je crois qu'il faut pas lui la faire à l'envers. Et, si je débarque à Saint-Davids taper la causette, j'ai pas envie de me prendre un poing dans la gueule de sa part. Histoire de 'renouer les liens familiaux'. Un rire, mais un regard ambré très sérieux. Je compte bien débarquer un jour, pour montrer que j'existe. Qu'Ethel Robards, a bien eu un fils. Mais, j'aurais probablement besoin de ton aide. Un silence, pesant. Parce que, je le connais pas ton daron. Je sais pas comment il fonctionne. Je dois trouver la brèche, pour m'y faufiler et tenter une approche. Et, je me doute, que les violons larmoyants du Passé, ça va pas le faire s'émouvoir.

Je pensais CLAIREMENT pas me tromper en sortant ça.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Mar 17 Aoû - 20:15

Entendre que cette séparation n’était pas voulue par les deux parties n’était pas une surprise, quelque part. L’auguste maison Robards avait un petit patrimoine, qui paraîtrait risible aux yeux de Fenella de Vermandois ; cependant, c’était un héritage, sous la forme d’une entreprise d’artefacts de protection, qui allait invariablement, depuis trois générations, au fils aîné, et cette entreprise respectable s’accompagnait d’un mode de fonctionnement bien spécifique. En vingt années d’existence, il avait eu le temps de comprendre quelques petites choses sur sa famille paternelle, à commencer par le poids du devoir, des attentes, de ce qu’il convenait d’être pour mériter d’être dans ce sérail. Et encore, d’après son père, Gauwain avait été materné, donc qu’est-ce que ça devait être des décennies plus tôt !

Pas étonnant, quelque part, qu’une jeune femme de moins de vingt ans enceinte et se destinant à faire carrière, ait pu être poussée dans l’ombre. De force.

Elle avait dû s’y attendre : on devinait dans le choix des mots de Nollan Emerson que si la décision lui avait été imposée, elle ne s’était pas battue. Probablement parce qu’elle savait par avance, intimement, qu’il était vain de plaider sa cause. Il grimaça.

« Je suis désolé. Pour ta mère, enfin… Ca a pas dû être facile. Et c’est pas à moi de m’excuser pour ça, mais je pense que personne d’autre ne le fera, alors : je m’excuse. Au nom de la famille Robards. Pour ce rejet. Ca a dû être sacrément nul, de s’exiler dans ces conditions et… Ouais. »

Il s’éclaircit la gorge, gêné, et pour se donner contenance, prit une autre gorgée d’alcool brûlant. Puis, il réalisa quelque chose, fronçant un sourcil :

« Mais ce n’est pas ce qui t’a poussé à venir au Royaume-Uni. …..Et Meredith n’était pas au courant. »

C’était deux questions déguisées, sous forme d’affirmations. Attendant de savoir si l’Auror américain allait démentir et expliquer. Tout comme il racontait ce pan jusqu’ici invisible d’une famille paternelle pas si traditionnelle, dirait-on. Il eut un rire, malgré les circonstances.

« Non, c’est bon, la comparaison alimentaire, c’était très clair. Le miel et la réglisse, ça me parle. …Tu penses qu’à terme, ta mère voudrait renouer contact ? Que c’est la raison pour laquelle elle t’a confié tout ça ? »

Il avait l’impression que l’Americain avait plutôt pris du côté de sa mère, qu’il y avait dans son caractère plus de sucre, mais les apparences étaient parfois trompeuses : Meredith le lui avait dit, que sous ses dehors détendus, il pouvait être d’une redoutable efficacité. Un cœur de réglisse enrobé de miel, huh ?  

L’autre versant de cette révélation était que, si Nollan prenait la peine de lui révéler cela, s’il posait des questions, détendu mais concentré… C’était qu’il y avait une curiosité, non ? Une prudence, manifeste, mais derrière tout ça, quoi ? Une envie de renouer avec des racines, ou de rendre justice à sa mère ? Curieusement, le jeune homme percevait entre les mots ces deux possibles et l’un ne le dérangeait pas plus que l’autre.

Alors, il hocha la tête. Sans hésiter. Signalant qu’il apporterait un coup de mains, s’engageant muettement à porter assistance, à ce cousin des Amériques dont on ne lui avait rien dit.

« Ouais, non, les violons ne marcheront pas, jamais. Vaut mieux jouer les choses cash. Expliquer clairement et euh... Ne pas avancer masqué. Mais ça sera pas pour autant une partie de plaisir. Je pense que mon père ne va pas aimer remuer le passé s'il a tenu un mauvais rôle ou s'il est encore en colère contre ta mère. Vaudrait peut-être mieux un lieu neutre comme le Ministère, s'il apprend que tu es Auror, il ne se risquera pas à un esclandre. »
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Lun 23 Aoû - 18:27

Gosse, j’avais vu ma mère pleurer. Quelquefois. Sans me dire pour autant, de quoi il pouvait en retourner. Je savais pas moi, alors j’imaginais tous les scénarios possible. Que j’avais été un mauvais élève à l’école, qu’elle me faisait parfois à la maison ou lorsque j’avais été réparti chez les Womatou tout comme mon père, et qu’elle, en était pas fière. Parce qu’elle aurait préféré Poudlard et que je sois réparti chez les Blaireaux ? Elle pleurait pas parce que je m’imaginais être un mauvais élève, elle pleurait parce que mes oncles l’avait répudiée. Et que, par moments, le Passé s’invitait à table ou dans les yeux bleu océan de ma mère. Si j’avais su tout ça, je serais parti en croisade, pour vaincre les vilains grands frères qui lui avaient fait du mal. A Ethel Robards, ma mère. Mon père, lui, j’avais surpris quelques bribes de conversation entre eux deux, où là encore, j’avais pas compris qu’il y avait quelque chose de plus profond qui se tramait en eaux troubles. Mason Emerson, était pas homme qui plie facilement. Tout le contraire, de ma tendre mère.

Alors, quand j’entendis les excuses proférées par mon nouveau cousin, j’eus une pensée pour elle. Elle aurait sûrement aimé les entendre de la bouche de Trystan Robards. Mais ça, je savais que c’était impossible. Parce que j’avais là aussi compris, que le père du petit ami de Blondie était de la même trempe que mon paternel. Impitoyable et implacable. Et ce, même avec la toute bonne volonté du monde, il y aurait pas rédemption. Jamais. Je devais me contenter de ces justifications, qui me firent avoir un sourire de façade mais une torsion du cœur. Lui, c’était pas de sa faute. Et, déterrer le Passé commun à nos deux familles était pas de tout repos. Au contraire. Il me fallait bien encore un autre verre d’alcool, pour compenser le vide. L’exclusion de ma génitrice, de sa propre parenté. Les Robards.

- Pas grave. Avais-je sorti avec un sourire, qui, je l’espérais, était moins convenu qu’il n’y paraissait. Merci, de t’excuser Gauwain. Ça me touche. Même si, tu te doutes bien que c’est ma mère qui devrait les entendre ces excuses. Pas moi. Mais, je te remercie pour la forme. Vraiment. Terminais-je en lui donnant une accolade. A la fois amicale et fraternelle. Tout en sirotant une nouvelle gorgée d’alcool. Fort.

Fallait croire que cette journée, était faite pour ressasser le Passé. Parce que là, sa question, elle me vient en pleine figure. Comme un revers de médaille, que j’aurais pas prévu. Du moins, pas consciemment. Si, je suis présent sur le sol britannique, c’est à cause d’elle. D’Eden Shane. Qui m’a laissé le cœur et l’âme en vrac. Comme on le piétinerait, d’un talon d’escarpins. L’un des siens, du coup. Fronçant les sourcils, je scrute celui qui m’a posé cette interrogation. Blondie est au courant. Sans l’être réellement. Parce que c’était pas un truc que je partageais, lors d’un premier rencart. Ou d’un entretien. Vu qu’elle a voulu que je la prenne sous mon aile. Inspirant et expirant, fallait que je sois direct sans m’appesantir sur des détails. Que je jugeais pas être d’une importance capitale. Il devait ‘savoir’. Mais sans plus.

- Meredith, est pas vraiment au courant de mon Passé. Elle sait juste, que je devais potentiellement renouer avec quelqu’un, d’important. Une gorgée. Celle qui m’a fait partir, c’est une femme. Une ex-fiancée. Eden Shane. J’ai toujours sa photographie dans mon porte-feuille. Et pourtant, ça fait plus de trois ans, que c’est fini. Mais, c’est plus fort que moi. C’est pas facile d’oublier.

Je me suis mis à rire, face au fait qu’il ait pigé l’allégorie de la nourriture, concernant mes parents. J’avoue que quand je les présente à un quidam, j’utilise ce stratagème. Et, on comprend rapidement, comment mon père et ma mère se comportent. Du coup, c’était facile de les imaginer. Plus simple. Et comme ça, je m’attarde pas non plus sur des détails, qui ont peu de valeur en ce monde. Si ma mère voudrait renouer contact ? Elle l’a pas explicitement avoué, mais j’en ai bien conscience. Sauf, que c’était moi, qu’elle envoyait en première ligne. Pour tâter le terrain et voir ce qu’il lui en coûterait de revoir ses deux grands frères. Mais, moi, je devais passer avant. Histoire de faire le gilet pare-sorts.

- Je pense que ma mère aimerait les revoir. Mais, c’est moi qui passe le premier pour pouvoir voir de quoi il en retourne. Savoir, si ton père va me sauter à la gorge. Chose, que j’espère pas, pour des ‘retrouvailles’. Un rire, alors que j’avais bien envie de m’allumer une cigarette. En plus de mon verre d’alcool. Si j’avance pas masqué pour parler à ton père, il accepterait de me voir ? Ah et, si j’ai bien compris … je dois mettre sur le tapis que je suis Auror. Tout comme mon père. Histoire qu’il avale la pilule ?

C’était compréhensible. Fortement compréhensible.

- Me reste plus qu’à le convoquer au Ministère, c’est ça ? Que j’évite l’esclandre, si je passe à Saint-Davids. Un nouveau rire. Tu me montreras quand même ? Que je meure pas, sans l’avoir vue. Ce serait con.
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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Ven 27 Aoû - 18:19

Il y avait, c’était manifeste, un air de famille, à présent que Gauwain cherchait les ressemblances. Il tenait au trait d’un sourcil, à l’éclat dans les yeux de l’Auror, au dessin du visage : un ensemble d’éléments pas tout à fait identiques au reflet dans le miroir, mais indubitablement familiers.

Et pourtant…. Nollan Emerson ne pouvait être plus éloigné de ce qui caractérisait la lignée des Robards. Tout dans son attitude disait la décontraction, l’informel, la bienveillance. La reconnaissance des sentiments, aussi, les siens mais surtout ceux des autres. Alors chez son père, chez son oncle, chez son grand-père paternel… Gauwain avait appris l’attitude détachée et inflexible, une certaine dureté qui ne s’encombrait pas de sentiments.

Ca ne signifiait pas que Nollan était trop doux. Ni tendre. Mais il disait les choses, mettait des mots sur ce qui aurait été caché, souriait là où on se serait attendu à un masque de dureté.

A commencer par sa mère, et le fait que dans cette histoire, elle avait, à n’en pas douter, souffert.  Il hocha la tête silencieusement, en réponse au commentaire de son cousin (que c’était étrange, de se découvrir ainsi des liens familiaux insoupçonnés ; un cousin, une tante…). Sans doute fallait-il un caractère fort, pour couper les ponts comme elle l’avait fait, pour se donner une chance de construire un avenir bien à elle, libéré du carcan des traditions et du poids des siècles ; mais il fallait, plus encore, un cœur doux, pour regretter les liens perdus, la compagnie de ceux qui paradoxalement lui avaient causé une grande douleur.

« A quoi elle ressemble, physiquement ? Je veux dire- T’aurais une photo d’elle ? »

Il avait posé cette question sans réfléchir, et pourtant c’était une question qui lui importait. Il avait besoin d’incarner cette idée de famille nouvelle. De mettre un visage sur les noms.

Qu’il en posait, des questions ! Des tonnes, semblait-il. Et l’Américain de lui répondre, avec une certaine patience (là encore, pas forcément une vertu du clan Robards, Nollan serait plus à son aise côté Jernigan), et ce malgré la surprise et un éclat de vieille douleur, qui se succédèrent dans le regard chaud. Cette dernière émotion culpabilisa le jeune homme ; il ne s’était pas attendu à telle réponse, n’avait pas eu l’intention de susciter pareille réaction. La tournure de phrase employée par Nollan pouvait tout à la fois signifier que la femme était morte, ou qu’ils avaient rompu ; quelle que soient les conditions dans lesquelles la vie les avait séparés, l’Auror américain en gardait encore des sentiments à vifs.

Gauwain ne posa pas de questions supplémentaires sur ce sujet.

Dans le cas présent, il était bien plus sage de ne pas ressasser le passé, mais de se tourner plutôt vers l’avenir, aussi incertain puisse-t-il être. Gauwain tenta de rire pour accompagner la plaisanterie de son cousin, concernant la possibilité que Trystan puisse lui sauter à la gorge, mais son rire sonna un tout petit peu crispé, parce que soyons honnêtes…. Les chances n’étaient pas négligeables que ça arrive, si Nollan se pointait le nez au vent, décidé à venger sa mère.

Hmmm…. Ouais non, mieux valait la jouer à la Serpentard. En montrant patte blanche, en s’assurant que Trystan Robards ait le temps de digérer l’information et surtout, qu’il réalise que provoquer l’ire de cet homme en particulier n’était pas dans son intérêt.

« S’il comprend que tu as un certain poids ici, oui, ce serait préférable de te dévoiler. Lui laisser le temps de comprendre ta démarche avant de le confronter, et ne pas le braquer. En appeler à sa raison plutôt qu’à son cœur ? »

Etait-ce vraiment de bons conseils ? Gauwain lui-même était loin d’être expert concernant son père et la meilleure manière de le gérer. Il avait de beau fiasco à son actif, tous obtenus l’année écoulée.

Ouais, bon, ça n’était pas très encourageant, tout ça. A la place de Nollan, Gauwain aurait fait la grimace. Alors, histoire d’avoir des éléments plus positifs à mettre sur la table, il compléta sa réponse avec un sourire plus confiant :

« Je peux te montrer Saint Davids en exclusivité, à vrai dire : tu ne serais pas le premier pour qui je joue les guides touristiques ! Si ça te dit, bien sûr ? Si on passe un jour où il n’y a personne, tu pourrais même voir la ferme de la famille de ma mère, en avant-première ! »
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Nollan B. Emerson

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MessageSujet: Re: [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide [Mai 1979] Nollan Emerson - Repeupler le vide 129196351Lun 30 Aoû - 16:07

C’était fou, comme on pouvait se persuader qu’il y avait des similitudes. Surtout, lorsque j’avais en face de moi, un pan de cette famille que je n’avais jamais rencontrée. On était pas des jumeaux à proprement parler, mais on se ressemblait. Indubitablement. Y’avait des traits caractéristiques au niveau du visage et peut-être, au niveau du regard. Lui, il l’avait chocolaté, moi, je l’avais ambré. Mais si, on partait dans les comparaisons culinaires, ç’aurait été plus caramel qu’ambre. Parce que j’étais doux, du moins aussi fondant qu’un caramel pouvait l’être. Gamin, j’en mangeais des tonnes. Et, vu que j’étais un client régulier, de la boulangerie juste à côté de chez mes parents, la petite fille du boulanger m’en filait gratis. C’était notre petit secret à tous les deux. Celui qui avait le bon ton d’être sucré et au goût d’enfance. Ça faisait longtemps que j’avais plus parlé avec Ellie Barlow. Depuis, mon départ, en fait. Et, il était clairement établi, que j’allais pas lui envoyer de courrier. Elle se souviendrait même pas de moi, probablement. Quoique, peut-être que si, le gosse à la chevelure auburn qui adorait faire les quatre-cents coups. Et, qui adorait les bonbons que vendait son père.

Ma mère, elle, elle préférait que je mange des trucs sains. Pas des mets remplis de sucre qui pouvaient altérer ma concentration. Ethel Robards, j’étais fier d’elle. Qu’elle soit ma mère. Même, si je l’ai vue pleurer et qu’elle ne s’en est jamais vraiment cachée, je reste son fils qui lui voue un amour inconditionnel. Parce qu’elle a su braver des tempêtes. Celles houleuses, de sa propre famille. De son propre sang. Et, qu’elle a toujours avancé, malgré tout. Malgré eux. Ces fantômes du Passé qui auraient pu la corrompre et lui ôter cette Lumière chaleureuse qu’elle a toujours eu. Mason, mon père, même s’il lui dit pas assez, je sais qu’il éprouve une certaine dose de contentement vis-à-vis des choix de sa femme. Lui, c’est le taiseux de la famille. Il parle bien plus avec les yeux, qu’avec sa langue. Et, c’est peut-être pas plus mal en définitive.

- Attends … Dis-je en attrapant mon porte-feuille, dans la poche arrière de mon pantalon. Et, d’en extraire une photographie en noir et blanc. Un cliché moldu qui ne bougeait pas. C’est elle. Ma mère, c’est elle. A l’avant-première d’une pièce de théâtre à Broadway. Où, elle y tenait le rôle principal. C’était en 1976. Un large sourire, tout en lui tendant la photographie. Parce que, oui, j’étais un fils fier de sa génitrice. Et, elle était belle ma mère. Épanouie, dans ce qu’elle faisait.

Puis, le sujet avait dévié tout doucement sur mon Passé. Celui, qui était pas vraiment mort et enterré. Celui, où il y avait encore les griffures d’Eden Shane sur mon cœur. C’était complexe, mais c’était comme ça. L’oublier, ça m’était pas facile. Parce que mon ex fiancée, elle avait marché quelques années à mes côtés. Et, ça se balayait pas si facilement ça. C’en était même pratiquement impossible. Et, c’était pour ça que j’avais quitté mon Amérique natale, pour la ‘suite’. L’herbe était plus verte ailleurs qu’on disait, et j’avais cette impression que c’était pas si faux. Vu le temps que je passais avec Gauwain Robards. Le petit ami de Blondie.

- Je vois. Ton père est une véritable tête de pioche. Ça va, ça va. Je me dévoilerais petit à petit. Le braquer, ça me fait penser automatiquement à mon père. Ils devraient bien s’entendre, tiens. J’en appellerais à sa raison et non à son cœur. Vu le gabarit, c’était certain que j’allais privilégier la Raison pure au Cœur meurtri.

Lentement je descendais de mon bureau, prenant un morceau de parchemin. Où d’une grande écriture, j’inscrivis mon adresse, avec un large sourire. Morceau que je pliais en quatre, pour le mettre dans la main de mon cousin. Là, était indiquée mon adresse. Où il pouvait me joindre. Pour qu’on s’organise cette virée au Pays de Galles. Qu’il y ait Trystan Robards, ou non.

- Je suis partant pour voir Saint-Davids ! Meredith, m’a dit que c’était à ton image. Alors, j’ai encore plus envie de la voir du coup. Je t’ai inscrit mon adresse personnelle, pour me contacter. Et, tu m’arranges un créneau et on se fait ça. Je pourrais me libérer. Ça me posera pas de problème ! Pas du tout.

Et ça, c’était peu de le dire.



- FIN -
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