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razvan || la curiosité dans le sang

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River H. Dawn

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COTÉ DU BIEN
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MessageSujet: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Jeu 19 Aoû 2021 - 13:28

ste mangouste | juillet 1976

« Par la barbe de Merlin, je n’ai jamais vu ça de ma vie ! »

Si ça c’est pas rassurant de la bouche d’un médecin. Enfin, d’un médicomage pardon, comme si le mot changeait quelque chose. Mais bref, la fille qui a tiré le rideau a le regard qui se promène partout sur ma peau, qui suit la lumière. La lumière oui. Il a beau être 2h du matin, on se croirait dans mon petit box comme en plein jour ou presque. Comme un jour nimbé de lumière pas naturelle, disons. Son visage est éclairé d’un reflet bleu turquoise, et je sens bien qu’elle aimerait s’assoir sur le bout du lit mais que ça ne se fait pas trop.

« Ça va aller ? Vous voulez un calmant ? »

Et moi je suis là, à faire le malin pour faire comme si ça n’était pas grave que j’ai les veines fluorescentes. Oui, les veines fluo, c’est quand même curieux. Disons que ça n’était pas tout à fait l’effet escompté, et que mes bras ressemblent à une carte routière qui brillerait dans le noir. En vrai, c’est un peu joli, mais je suis pas assez soûl pour ne pas m’inquiéter que ça devienne un effet permanent avec lequel j’aurais un peu de mal à vivre, quand même. Non mais les autres ont tous pris cette potion là, tous. C’est sensé éclairer un peu la peau, révéler des dessins façon tatouages éphémères qui se voient dans le noir. Pas révéler à tout le monde le réseau autoroutier où circulent mes globules, merci. Là où c’est franchement joli, c’est au niveau de mes pommettes. C’est que c’est bien irrigué par là, j’ai toujours cette teinte rose qui me donne des grands airs de faux timide mais là, on dirait juste que j’ai trempé mes doigts dans de la peinture ultra chimique et que je me suis fait deux traits de guerre bleu fluo. Non franchement, si j’étais sûr que ça partirait, je serai sans doute pas venu mais quand même… J’ai peut-être pas pour vocation de faire des missions d’infiltration mais de là à ressembler à un phare dans la nuit, non merci.

« Pardon. Je… Je reviens tout de suite. »

Elle est déjà partie. Pour une fille habituée aux bizarreries magiques, elle est quand même drôlement impressionnable. Donc je me retrouve là, comme un con, allongé sur le lit à observer le plafond, en tête-à-tête avec moi-même. Le type qui m’a transplané ici n’a pas vraiment eu envie de s’attarder, surtout quand on a commencé à lui demander pourquoi j’étais dans cet état là. Je ne sais pas trop ce qu’il y avait dans cette fiole, j’veux pas tant le savoir d’ailleurs mais à coup sûr, ça ne doit pas être bien net. Bref, me voilà à attendre tout seul, et à pas savoir bien expliquer ce qui se balade dans mes veines sur-bleutées. Pas besoin d’être Einstein pour comprendre que ma condition non magique est sûrement pour quelque chose dans cette réaction bizarre. Et comme ici, on est pas trop habitués à recevoir des gens comme moi, ça promet pour les soins.

C’est long. C’est vraiment long, comme si la doc s’était perdue dans les couloirs ou qu’elle était allée se planquer pour pas avoir à me donner une réponse qu’elle n’a pas. Marrant, je m’attendais à voir débarquer une tonne d’internes et de curieux mais non. Sainte-Mangouste, la nuit, c’est quand même triste. Au moins j’égaye un peu, avec ma lumière. Manquerait plus que je clignote, là ça serait la belle ambiance. Comme c’est long donc, mes yeux accrochent un bout de rideau que la fille a mal tiré en partant. La blouse de dos n’a même pas remarqué qu’il se passait un truc bizarre dans mon coin, tout affairé qu’il est à ausculter une patiente. Attendez quoi ? Oui oui, c’est bien un stéthoscope tout à fait moldu que le type a autour du cou. C’est bien la première fois que je vois ça ici parce que normalement, si tant est que les choses ici soient normales, les médicomages font tout à la baguette. Examen, diagnostic, soins, pourquoi se fouler quand on peut demander à un bout de bois de faire le boulot ? Alors forcément, ça m’intrigue. Beaucoup. Je le regarde faire, il a l’air de faire un check-up comme le faisait mon médecin de famille quand j’étais petit. Mais je n'ai pas trop le temps de m'attarder que déjà, une tête connue ressurgit, avec un air un peu plus sérieux. Tout de même.

« Monsieur Dawn, je vous prie de m'excuser. J’ai eu besoin de consulter mes collègues, du fait de votre… hum… condition. »
« Vous voulez parler de mon sang au sens propre ou figuré ? »

Elle a l’air tellement gênée, j'en rigole intérieurement. Parce que de façade, j'ai l'air tout à fait grave quand je dis ça.

« Disons un petit peu les deux. »
« À part là maintenant, je vous jure que mon sang est tout à fait comme le vôtre, en fait. »
« Bien sûr, je n’ai jamais voulu sous-entendre que… »
« Puisque vous parliez de vos collègues, vous pourriez demander à celui derrière vous de prendre la relève ? »

Je sais, ça ne se fait pas de couper la parole mais là, sans vouloir jouer les mecs pressés, je préférerais qu’on s’occupe de mon cas plutôt que de me donner l’occasion de déployer tout mon argumentaire habituel sur pourquoi être moldu, c’est être normal. C’est qu’avec mon allure d’elfe de la nuit là, j’aurais un peu de mal à me faire entendre je pense.

« Mon collègue est occupé. Je pense qu’il sera plus simple de… »
« … qu’un mec qui s’y connait un peu en moldus s’occupe de moi, on est d’accord. Je peux attendre. »

Elle a l’air triste. Genre vraiment triste que je la jette. Mais franchement, j’aurais des regrets demain, peut-être. Ou pas. En attendant, elle disparait à nouveau derrière le rideau et moi, j’attends encore. C’est vraiment pas comme ça que je comptais passer la soirée, mais alors vraiment pas. Avec un peu de bol, je pourrais y retourner après ? Quand je serais, disons, un peu plus discret ? Donc j’attends, et je somnole presque quand j’entends le rideau se tirer à nouveau, pour dévoiler de face celui que j’ai réclamé en le voyant de dos. Je sais, je reconnais son stéthoscope. Réveillé d’un coup, je me redresse un peu, et m’appuyer sur mes mains fait encore plus ressortir mes veines fluo au niveau des coudes. Ca sera plus simple pour diagnostiquer, cela dit.

« J’espère que vous êtes brillant. Comme ça, on sera deux. »

Et j’espère surtout qu’il aura un peu plus d’humour que sa collègue effarouchée parce qu’elle, ma blague ne l’avait pas trop fait rigoler. Alors que bon, s’il y a bien quelqu’un ici qui devrait être flippé ça devrait être moi non ?
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Razvan Vacaresco

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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Dim 22 Aoû 2021 - 10:19

Cela ne faisait que deux ans et demi que Razvan était au Royaume-Uni. Deux ans et demi pendant lesquelles il lui était sans doute arrivé plus d'événements que dans l'entièreté du reste de sa vie. S'il n'était assurément plus l'homme qui avait pris d'urgence un portoloin pour Londres, le roumain ne ressemblait sans doute physiquement plus vraiment à ce qu'il était avant. Les cernes sous ses yeux s'étendaient telles deux plages violacées. Il ne comptait même plus les heures qu'il passait à l'hôpital tellement il en enquillait. Quarante-cinq, cinquante, cinquante-cinq ? A quoi bon compter de toute manière ? Ce n'était pas comme s'il avait quelqu'un qui l'attendrait chez lui de toute manière. L'appartement de Razvan était aussi silencieux que le pourrait être un appartement fantôme. C'était non seulement lié au fait qu'il n'y passait que quelques heures par vingt-quatre heures, mais c'était aussi lié au fait qu'il n'y avait pas une seule âme pour partager l'endroit avec lui. Le médicomage avait toujours eu la réputation d'être un homme solitaire et cela se confirmait d'autant plus qu'il n'avait même pas une chouette chez lui pour envoyer son courrier. Il se contentait d'aller à la poste sorcière pour le faire, parce qu'à quoi bon avoir cet animal chez lui s'il pouvait en trouver ailleurs ? Nul doute que son pragmatisme ne saurait supporter l'expression de pareil non-sens. En l'absence de tout intérêt à être chez lui, il acceptait donc de travailler plus que ses collègues. Pourquoi Razvan refuserait-il, lui qui n'avait, paraît-il, pas de famille ?
C'était donc de la faute à ses airs mutiques et sa non-capacité de communication sur sa propre vie privée qui l'avaient conduit à accepter la garde supplémentaire du jour, à Sainte-Mangouste, en remplacement d'un collègue qui devait assister à un mariage ou quelque chose dans le genre. Il fallait bien dire que le roumain avait assez peu écouté la cause, pour se concentrer sur le "oui" qu'il avait marmonné sans plus de cérémonies à son supérieur hiérarchique. Pour une fois, et c'était assez rare pour le souligner, il n'était pas seul dans le coin et n'avait donc pas à gérer une montagne d'idiots ayant réussi à se mettre dans des situations ubuesques par simple curiosité magique. Quoique la personne qu'il était en train d'ausculter, un né-moldu de vingt-deux ans, avait eu la merveilleuse idée de provoquer en duel un ressortissant japonais qui l'avait transformé en légume - prouesse dont il n'avait jamais été témoin auparavant. Et il semblait que la nuit était faite pour être intéressante, ou tout du moins curieuse, puisque sa collègue vint le déranger, visiblement sur demande d'un autre cas. Un cas oui, si l'on en croyait les descriptions qu'elle faisait du patient qui attendait patiemment que l'on daigne s'intéresser à lui. C'est la main posée sur son bras qui le fit détourner la tête : « Razvan ? » ; « Mmh ? » ; « J'ai un patient qui veut absolument que vous vous occupiez de lui. Il est moldu et il... euh... Il brille ». Il brille ? Razvan la regarda comme si elle était tombée sur la tête et haussa simplement les épaules : « D'accord, j'arrive ». Elle lui pressa gentiment le bras avant de s'échapper pour aller ailleurs. Belle idée, il aimerait bien faire de même, pour une fois, plutôt que d'être quémandé par quelqu'un - n'avait-il pas assez de travail comme cela ? Le roumain avait appris depuis longtemps que le monde était ingrat mais il était toujours stupéfait de le remarquer davantage.

Lorsqu'enfin, Razvan eut fini le tour qu'il avait commencé à faire, il tira le rideau du dit patient qui avait demandé sa présence. Sans rien montrer de sa propre curiosité ni de son étonnement, il plissa néanmoins un peu les yeux devant l'agression lumineuse qu'il avait sous les yeux. La boutade du jeune homme lui fit lever un sourcil et il esquissa un léger sourire. C'était une sacrée carte veineuse qu'il avait sous les yeux : « Dommage qu'on ne fait pas de prises de sang ici, ça aurait été simple de trouver une veine » répondit-il avec ses fautes de langue caractéristiques de son émigration récente. « Que vous est-il arrivé, exactement ? » demanda Razvan d'un ton tranquille en justement, mettant son stéthoscope en place pour écouter les battements de son cœur : « Et pas besoin de mentir, hein » ajouta-t-il parce qu'il avait l'habitude tristement de la rétention d'informations. Il voulu ajouter que ce n'était pas comme s'il n'était pas là pour ça, mais incertain sur la façon d'agencer les mots dans la langue de Shakespeare, il s'abstint.

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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Lun 23 Aoû 2021 - 22:21

Choisir son médecin de dos, c’est quand même une idée stupide, qu’on se le dise. Enfin, c’est pas tellement sa tronche qui m’inspire que ce qui est accroché autour de son cou, mais quand même. Mais disons que je m’attendais pas à un médecin de ce genre, parce qu’il avait les gestes doux, et qu’il a les traits durs. Presque comme taillés par un couteau sacrément costaud. Je l’aurais cru plus jeune que ça, même s’il n’a pas non plus l’air si vieux mais quand on a pas encore la vingtaine, tout le monde vous parait un peu vieux. Vu la tête qu’il fait, je doute réussir à dérider la bouche sous la glorieuse moustache. Ça c’est une moustache qui ferait pâlir beaucoup d’éphèbes avec qui je bosse, et qui arrivent pas à faire pousser quatre poils. Ok, je suis là à parler alors que j’en ai plus qui se baladent sur mon torse zébré de bleu que sur mes joues toutes lisses mais si je voulais, je pourrais avoir la même, enfin presque la même.

Sans dire que le type est hilare face à mon trait d’esprit, je le vois sourire un peu. Bon, déjà mieux que sa collègue en panique, c’est un bon point. Même qu’il surenchérit, ce qui a un peu le don de me plaire, et je lâche un rire bref parce qu’il m’a scotché. Ca fait quelques fois que je passe une tête ici, et c’est quand la première fois qu’on me parle comme si je n’étais pas une bête curieuse. Et pourtant, je suis quand même en train de briller comme une luciole, c’est dire. J’ai bien fait de changer quand même, possible que j’ai un certain flair. Mes parents ont toujours dit que j’avais l’instinct qui manque à mon frère, sauf que lui il a de quoi compenser. Et j’ai beau être un peu imbibé, j’ai quand même noté que son anglais était aussi approximatif que les plus avinés de la soirée que j’ai quitté. Par réflexe, j’ai même eu envie de le corriger, mais un coup de dents sur ma langue a suffi à la calmer. La lueur bleutée ne m’a pas trop aidé à cerner son origine, mais maintenant qu’il me colle pour plaquer son bout de métal froid sur le torse, je constate qu’il a un teint pas d’ici. Pas pâle comme une nuit de pleine lune. Déjà moi, j’ai la peau de mon père, pas si bronzée mais à côté des cachets d’aspirine de mes promos passées, ça dénote un peu. Même le rose de mes joues suffirait à me donner l’air plus vivant, et vaguement étranger alors que nan, sang quasi pur anglais, ou écossais vaguement, mais pour moi c’est du pareil au même. Le médicomage, lui, a un accent dur, comme les sourcils qu’il fronce légèrement parce qu’il a l’air un peu concerné par ce qui m’arrive. Un accent froid comme son pays, c’est ce que je déduis, mais je demande pas. Pourquoi faire ?

Ca me fait rire qu’il précise que je n’ai pas à mentir. Ca serait con quand même de jouer les malins alors que je suis une cible ambulante pour les Jack l’Eventreur apprentis. J’aime pas trop ça de toute façon, mentir, même si je suis souvent bien obligé pour ne pas choquer de fragiles sorciers. Cracmol, ça fait un peu moins flipper que moldu, allez savoir pourquoi. Je réfléchis quand même à comment présenter la chose, parce qu’en fait j’ai pas tellement d’infos. On m’a tendu un truc, on m’a dit que ça ferait le bel effet que je voyais sur les autres alors, effet Panurge garanti, j’ai bu. Ce que je me rappelle avant que la foule s’apprête à s’inquiéter de mon sort, c’est que les lèvres que j’ai embrassées étaient de ce joli bleu. Mais pas les veines de la fille.

« Disons que j’étais en compagnie magique. En soirée. Tous les autres avaient des marques sur la peau qui brillaient, un peu comme ça. » Doigt qui suit une veine de mon avant-bras. « Je me suis dit, pourquoi pas ? »

Ca lui fait une belle jambe de savoir ça, alors qu’on a pas tellement abordé le fond du problème, le pauvre. Mais le truc, c’est que la magie et moi… C’est compliqué. Ca me fait autant peur que ça m’attire, du coup, désinhibé, il y a comme une sensation qui a pris le pas sur l’autre. Coup de chaud qu’un coup, que je ne m’explique pas. Je m’attends presque à voir les lignes sur mes mains devenir rougeâtres, mais non.

« Bon j’ai bu un truc. Une petite fiole, bleue comme ça. Je pensais vraiment que ça ferait comme les autres, je me suis pas dit qu’il fallait avoir de la magie dans le sang. »

Super l’info, une fiole, mais encore River ? Je me concentre comme pour résoudre une équation à 3 inconnues, parce que j’essaye de trouver le truc qui pourrait l’aider mais quoi ? Tout ce que je me rappelle, c’est l’avoir sifflé comme un shooter et être retourné vers les lèvres de la schtroumpfette. Réfléchis River, merde, risque pas de finir comme ça à vie parce qu’un autre bout de ton corps t’a dicté ta conduite à la place de ton cerveau.

« C’était acide. Comme un citron. Enfin, je dirai même, un citron qui aurait croqué un citron. »

Je sais même pas si mon coeur s’affole ou pas. Ça claque pas dans mes tempes, alors je dirai que non. Le truc curieux, c’est que j’ai pas vraiment peur. Je me dis juste que si ça reste comme ça, mes parents vont finir fous. Un fils sorcier et l’autre fluorescent, sale temps pour les Dawn.
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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Jeu 26 Aoû 2021 - 20:23

Toutes les curiosités du monde magique ne suffisaient plus à surprendre totalement Razvan. Oh, il haussait parfois les sourcils, mais pas de quoi le faire s'évanouir. Les choses étaient étranges dans le monde des sorciers et lui qui avait foulé le sol du monde moldu comme du monde sorcier, il s'était accoutumé finalement aux particularités des deux mondes. Peut-être même que voir toutes les bizarreries côté moldu l'avait poussé à mieux considérer celles du côté sorcier. De ce fait, le roumain ne partageait pas la surprise de sa collègue, quand bien même il voulait bien admettre que la luciole était un animal qui correspondait bien à ce jeune homme cloué dans un lit d'hôpital. Quoiqu'il en soit, le médicomage n'avait aucune idée du pourquoi, du comment. Des explications seraient nécessaires pour comprendre son état et lui proposer une solution correcte pour... Eh bien... Pour ne plus briller comme cela. Mais puisqu'il avait de l'expérience tout de même, question rétention d'informations qui conduit à des drames, Razvan s'était sentit obligé de préciser qu'il ne voulait pas de mensonge. Ce n'était pas comme s'il allait juger - même s'il était parfois du genre à juger un peu quand même. Les battements du cœur du jeune homme se mêlaient à ses explications dont il ne perdait pas une miette, pourtant. Le médicomage se relèva finalement tout en regardant son patient d'un œil intéressé. Compagnie magique, bon. Une fiole, soit. Des marques bleues, super. « Un citron qui a croqué un citron » répéta Razvan en se disant qu'il allait vraiment comprendre le sens de la phrase en la répétant alors que ce n'était pas le cas, « pour finir comme... Em... ». Il soupira de ses propres lacunes. « Chez moi, on dire licurici » lui dit-il en essayant d'expliquer mieux la chose parce que le pauvre ne devait pas parler un traître mot de roumain, « une insecte de lumière ». Ma foi, ce ne devait pas avoir trop de sens. Puis le pauvre garçon attendait sa solution.
Razvan sortit sa baguette et marmonna quelques mots slaves en tapotant le bras bleuté du jeune homme. « Je crois savoir ce que c'est » dit-il brusquement alors que la teinte d'une veine virait légèrement au violet, « c'est une drogue sorcière ». Il fit un pas sur le côté pour regarder son étagère pleine de potions et de plantes diverses. « Un conseil » dit Razvan en affichant un air un peu amusé, « les drogues c'est pas une bonne idée. Surtout des drogues sorcières ». Le pauvre ne devait pas savoir que c'était une drogue mais le message, c'était surtout : ne prend pas quelque chose dont tu ne connais ni l'origine, ni l'effet sur toi. SURTOUT QUAND TU ES MOLDU. Mais s'il le pensait bien fort, il ne l'ajouta pas, fouillant à la place dans son étagère comme un maniaque chercherait désespérément ce dont il voulait à l'instant T. « Où diable a-t-on mis mon sorbier ? » marmonna-t-il pour lui-même, en roumain, il ouvrit les tiroirs du bas, arriva finalement au dernier. Des papiers. N'y avait-il donc pas tout dans ce foutu hôpital ? Razvan s'arrêta brusquement en se passant deux doigts sur sa splendide moustache, le regard dans le vide. « Je reviens » dit-il abruptement à l'attention du jeune homme. Il voulait son sorbier, nom d'une pipe !
Le roumain revint dix bonnes minutes plus tard, avec non pas une écorce de sorbier, mais une boîte en bois de dix centimètres par cinq, remplie d'écorces. « Désolé de l'attente » s'excusa-t-il platement sans dénigrer pour autant son institution, « vous pouvez attendre que ça passe. Mais je ne sais pas combien de quantité vous avez bu alors... ». Il fit une pause de quelques instants et ajouta tout en tirant de sa boîte deux écorces : « Puis je pense que vous voulez sortir vite ». Et ne pas briller de mille feux non plus, tant qu'à faire.


(660)

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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Lun 30 Aoû 2021 - 16:58

Qu’est-ce que je galère à m’expliquer. Non franchement, d’habitude, les mots c’est pas trop mon problème mais là, je sens que ça commence à s’emmêler sérieusement. Métaphore foireuse et compagnie, je sais que ce que je dis n’a aucun sens, et je crois même que mes pensées commencent à faire pareil. Ca me vient même pas à l’esprit qu’il n’a sûrement rien compris à cette étrange exagération, à cette lemonphagie. Mais j’ai bien voulu insisté parce que je me rappelle avoir fait une grimace après avoir bu cette saleté en me disant que j’avais jamais bu un truc si acide. Si les lèvres bleues ne m’avaient pas appelé, happé, j’aurais sûrement mis mon bec sous le robinet pour essayer de faire passer ça. D’ailleurs là, ma langue est vraiment sèche et je cherche un peu de salive en la claquant sur mon palais, mais rien. La rivière est à sec.

Et alors que je me bats avec la mienne, je sens qu’il essaye de me dire un truc dans sa langue à lui. De toute façon, il me le dit lui même. Sauf qu’entre l’anglais et son idiome à lui, rien à voir. Du tout… Je ferme un oeil, peut-être moins pour me concentrer que parce que le bleu commence vraiment à m’éblouir. S’auto-éblouir, bel exploit River. Et je le regarde vraiment comme une bête bizarre, alors que c’est plutôt moi qui rentre dans cette case là. Mais de quoi il me parle ? Ca met un peu de temps à monter au cerveau, sûrement parce que chez nous on appelle ça une mouche de feu.

« Ah, une luciole !  » Ca me fait rire de m’imaginer en bestiole. « Manquerait plus que je décolle, mes parents feraient un infarctus.  »

Enfin, c’est pas comme s’ils allaient être au courant. Surtout pas d’ailleurs, parce que j’imagine même pas la claque que je me prendrais si mon père savait que je fraye dans ce monde là. Et si je revenais avec une bizarrerie qui se voyait. Bref, le médicomage me ramène dans le vrai monde et quand ma veine vire au violet, je trouve ça étrangement laid. Mais surtout, surtout, je me demande si je vais finir comme un stroboscope. S’il va trouver ce que j’ai. Si je vais finir ma vie à faire payer pour qu’on vienne voir ma monstruosité. Enfin, l’homme à la moustache semble avoir trouvé ce que j’ai. La drogue, hum. Pas comme si c’était ma première fois, mais bon, aucun rail ne m’a fait virer de couleur. Mais ça m’emmerde quand même, parce que la drogue, j’aime pas ça.

« Est-ce que toutes vos potions sont pas des drogues, finalement ?  »

Je sais pas pourquoi j’ai dit ça. Peut-être parce qu’il a ouvert un placard rempli de fioles, un arc-en-ciel dans du verre. Potentiellement, la moitié de ces trucs pourraient peut-être me tuer, ou me faire baver des paillettes, ou me transformer en salamandre. La magie, c’est vraiment de la merde. Mais c’est aussi super cool. Dans tous les cas, s’il me donne quoi que ce soit, je le boirai. Même de l’aspirine, c’est de la drogue, quand on y pense, alors… J’ignore un peu son paternalisme, parce que j’ai pire à la maison. Carrément pire même. S’il avait encore ce pouvoir sur moi, mon père m’aurait privé de sortie pour l’éternité, au moins. Te fais pas remarquer River. Ah bah là, c’était un peu raté.

L’homme finit par me laisser là, après avoir baragouiné des mots de chez lui. De toute façon, j’ai pas d’autre choix que d’attendre. Mais ça commence à faire long. J’ai toujours cru que la magie, ça réglait tout tout de suite. Pas besoin de mettre la table, de recoudre une plaie, de prendre l’avion pour faire le tour de la terre. Chez les magiques, tout va vite. Mais pas là. Et non, raté River, t’as mis ton nez moldu dans des affaires sorcières, et ça pose problème. Je voulais pas moi. Je voulais juste, je sais pas, m’amuser ? Lassé par tout ça, je me rallonge un peu et contemple ma main bleutée. Mon index suit les lignes, on dirait qu’elles sont chaudes et qu’elles bougent un peu, comme si le sang qu’y avait dedans se montrait. Mon sang est devenu bleu aussi, peut-être ? J’en sais rien. Alors je regarde la course des globules, j’en vois certains gagner, et je me mets à penser à Joe. Si Joe avait bu ça, il aurait eu le même truc que les autres et moi… On dirait que cette foutue drogue n’a fait que révéler que je n’ai rien à faire là. N’a fait que mettre en lumière à quel point ce que je fais, c’est pas bien. Les sorciers ne veulent pas de nous, pas de moi. Et Joe, est-ce qu’il pensera un jour comme ça ?

Autant dire que j’ai l’air mélancolique quand le rideau se rouvre. Mon médecin dont je ne connais même pas le nom ne m’a pas fait faux-bond, et me propose une solution qui me plait pas tant. Grimace, comme quand j’ai bu la drogue acide. J’ai jamais trop aimé attendre en général, alors là, c’est pas tant une option.

« Une fiole, grande comme ça.  » J’écarte mes doigts pour lui montrer, et voilà qu’ils se mettent un peu à trembler. J’essaye même pas de le cacher, pourquoi faire ? « Si vous savez régler ça, je la prendrai, votre drogue à vous.  »

C’est marrant, il m’inspire confiance et en même temps, pas du tout. Au final, il pourrait très bien me donner un truc pour tout me faire oublier, et ça, jamais de la vie. J’en saurais rien, mais ça me terrifie. Qu’on le veuille ou non, la magie, ça fait partie de ma vie. Peut-être trop parce que je force un peu, mais j’ai un frère qui est de ce monde là alors, merde, on peut pas m’arracher ça. On peut pas me reprocher d’essayer de comprendre des trucs, si ? D’ailleurs…

« C’est mon sang qui a fait ça ? Je veux dire, est-ce que c’est vraiment le sang le problème ?  » Pause tandis que j’accroche son regard, même si je comprends que me regarder de face quand je brille comme ça, c’est compliqué. « Mon frère, il est comme vous. Il saurait allumer ma cigarette du bout de sa baguette. Mais c’est mon frère, vous voyez et… on a les mêmes parents. Les mêmes yeux, la même fossette, on a même le même rhésus.  »

Peut-être qu’il comprend rien à ce que je raconte, en plus je parle vite. Parce que ça me peine, parce que j’aime pas montrer ça justement. Si c’était mon genre, j’aurais peut-être même lâché une larme. Est-ce qu’elle aurait brillé elle aussi ? Ca m’a rendu nerveux tout ça, plus nerveux que je l’étais déjà, et je fais danser ma jambe à l'équerre sur le matelas parce que je regrette de m’être enflammé avec mes questions.

« On peut pas fumer ici je parie, hein ? »

Ma question con appelle une réponse qui le sera aussi, je m’en doute. Mais la nicotine là, franchement, ça pourrait aider.
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Razvan Vacaresco

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MANGEMORT
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.

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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Lun 30 Aoû 2021 - 18:34

Pour un roumain perdu en terres anglaises, il pouvait parfois être ardu de saisir tout ce que disaient ses interlocuteurs, surtout lorsqu'il ne faisait souvent pas trop d'effort pour progresser dans la langue de Shakespeare. Son accent à couper au couteau donnait d'ailleurs une bonne idée de cela. Il n'essayait point de le camoufler ou de l'adoucir, à quoi bon ? Il n'avait rien d'un britannique. Sa sobriété naturelle faisait bien de lui un homme de l'Est là où les anglais semblaient davantage... Hauts en couleurs... Le spécimen qu'il avait sous les yeux ne démentait pas le cliché tout anglais, bien au contraire. Fallait-il être britannique pour finir dans cet état, ou en tout cas, fallait-il être moldu. Car le roumain savait, il était persuadé que c'était uniquement parce qu'il était moldu que la chose réagissait avec autant de vigueur dans son corps. La magie pouvait bien mal réagir lorsque le corps d'en face n'était pas habilité à en recevoir. Et ce n'était pas de la faute de ce garçon, c'était la génétique... Tout un tas de choses qui rendent les gens un peu fous quand on y pense. Il suffisait de voir les obsédés du génome, chez les sang-purs... Si maintenant des moldus se mettaient à désirer avoir de la magie dans leurs veines, il faudrait sans doute ouvrir un second Sainte-Mangouste. Mais ça, Razvan ne le partagea certainement pas à voix haute. « Luciole, voilà » acquiesça-t-il en se faisant la réflexion que la sonorité de ce mot était imbuvable, avant de s'esclaffer silencieusement à la boutade du gamin. Il aurait voulu ajouter que décoller sur un balai était peut-être plus sécurisé, mais son sixième sens de médicomage lui soufflait de ne pas lui donner trop de mauvaises idées. Ce garçon avait été assez téméraire pour boire une fiole non identifiée au cours d'une soirée sorcière. Sauter sur un balai volant ne semblait pas si farfelu dès lors.

Mais bon, c'était une drogue. Une drogue, tout ce qu'il y a de plus ordinaire et banale en soirée sorcière. En tout cas pensait-il. Razvan n'avait jamais été la plus jouasse des personnes et se promener dans une soirée, disons que... Bon, généralement, il fallait l'y traîner. Ce que Mara avait déjà fait lorsqu'ils étudiaient la médicomagie ensemble. Le trait d'esprit du jeune homme attira pourtant l'attention du roumain qui l'avait détournée pour chercher son sorbier dans son armoire. « A trop forte dose, probablement. J'ai jamais essayé le trop de sorbier » fit-il avant de retourner à son armoire, « je déconseille quand même ». Dans le doute, n'est-ce pas. Mais bon, son sorbier, justement, Razvan ne le trouvait pas et cela lui tapait sur le système de ne pas tout avoir à portée de main dans ce qui devait être le seul hôpital sorcier de Grande-Bretagne. Mais voilà, après avoir remué ciel et terre, il avait mis la main sur ce qu'il voulait. Mais pour doser correctement, encore faut-il savoir combien il avait bu de... Nom de dieu. Sans doute que la surprise se peignit en même temps sur ses traits tout slave. « Je vois » se contenta-t-il de répondre avant d'ouvrir sa boîte et de prendre deux écorces supplémentaires. Fallait-il un jugement de plus que ce simple geste ? « J'ai vu bien pire que ça, si je peux vous rassurer » répondit maladroitement Razvan. Il voyait bien que le gamin était frileux. De quoi ? « Vous ne restera pas une luciole toute la vie ». Il avait insisté un peu sur le nom de l'insecte. Sous ses airs austères, il apprenait plus vite qu'il ne le laissait croire. Mais voilà, ce jeune homme continua, comme pris par un besoin d'en savoir plus. Les questions des patients, le trentenaire en avait l'habitude. La médicomagie était une chose nébuleuse pour beaucoup de monde, très complexe. Il fallait beaucoup de sang-froid, être un bon potionniste, également un bon botaniste et finalement aussi un bon sorcier pour être un bon médicomage. Un métier très complet.  Razvan l'écouta attentivement alors qu'il mettait les écorces à infuser dans une potion violette : « La magie réagit pas bien sur les moldus » répondit-il, « et il faut être prudent alors sur ce la façon dont on corrige les choses ». Le roumain ne pouvait pas lui donner la même chose qu'à un sorcier, ni doser pareil. Il y avait des choses à ne pas faire. « J'ai toujours soigné moldus et sorciers » - il accompagna sa phrase d'un haussement d'épaule, « c'est pareil pour moi ». Pareil, dans le sens qu'il soignait quiconque passerait le pas de sa porte, ou en l'occurrence, de l'hôpital. La demande de son patient lui arracha un sourire un peu ironique : « Non, malheureusement ». Il marqua une pause pour retirer ses écorces et y ajouta quelque chose qui ressemblait à de la pâte, rouge : « J'ai déjà essayé et j'ai regretté ». La mixture vira d'une couleur similaire à celle qui luisait sur son patient. Razvan, silencieux, la transfusa dans une fiole opaque pour qu'il ne voit pas les quelques dépôts au fond et la lui tendit, tout en s'asseyant sur un tabouret à côté du lit. Montre en main pour voir l'heure à laquelle il lui donnait cela il ajouta : « Une gorgée toutes les cinq minutes ».


(889)

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MessageSujet: Re: razvan || la curiosité dans le sang razvan || la curiosité dans le sang 129196351Jeu 2 Sep 2021 - 23:22

J’ai l’habitude de faire face à mon stress. À mes angoisses. Sûrement parce que j’en parle pas, jamais. Pourquoi faire, en fait? C’est pas mon père à la main leste ou ma mère accro aux anxio qui sauraient m’aider, et Joe… Joe a pas besoin de savoir ça. Les copains, pas mieux, manquerait plus qu’ils sachent que leur capitaine a des failles pour plus le respecter sur le terrain ou pire, dans la vie. Et les filles, ah, les filles… Elles attendent pas tellement de moi que je leur confie mes doutes, mais plutôt que je leur fasse oublier les leurs. Alors mes peurs à moi, je les confronte tout seul, comme un grand trop grand. Et c’est souvent dans le noir, parce qu’en plein jour, elles perdent un peu de leur pouvoir. Mais là, c’est un entre-deux étrange, entre la pénombre alentours et moi qui rayonne… Mes peurs sont là, et elles étincellent. On a beau avoir déconné un peu avec ce gentil médicomage, son rire les a chassé quoi, trois secondes peut-être ? Mais quand il me laisse tout seul, vraiment tout seul, elles reviennent comme jamais. River, le mec normal, si normal qu’il cumule les clichés, devenu en un lever de coude une absurdité. Pourquoi je peux pas juste être comme les autres ? Pourquoi je veux pas juste être comme les autres ? Pourquoi je me retrouve un jeudi soir, à parler d’une plante étrange avec un inconnu chargé de me ramener parmi les normaux ?

Quand il revient, les peurs s’envolent un peu. Pas moi, c’est déjà ça, je n’aurais de la luciole que la bizarrerie lumineuse. Dieu merci, même si Dieu et moi, on est pas trop sur la même longueur d’ondes. Mais la trouille vient me ronger le sang bleu quand je le vois doubler la dose en apprenant ce que je me suis enfilé. Merde, River, les potions ça se boit pas comme des shooters, comment tu peux ne pas deviner ça ? Sauf que pour être normal dans ce monde là, j’ai fait comme tout le monde. C’est quoi mon putain de problème ? Malgré la faute d’anglais, le mec d’ailleurs essaye de me rassurer. J’ai un sourire un peu triste, mais un sourire quand même.

« Dommage, j’aurais pu finir dans le prochain tome de Dragonneau. Ca doit valoir son pesant de gallions. »

L’humour, toujours, pour pas montrer que derrière il y a cette foutue peur. Pourtant, après ça, je m’épanche sur mes questions semi-existentielles. C’est que ça me travaille depuis tellement, tellement de temps. Depuis que j’ai compris que Joe et moi, on était moins frères qu’avant. J’ai pourtant tout bien écouté à l’école, la génétique tout ça. J’ai lu plein de trucs dans les grimoires de Joe, j’ai cherché une réponse, mais rien. En fait, je crois que personne ne la cherche à part moi. Pourtant, le propre de l’humain, c’est pas d’essayer de comprendre ? Les médicomages sorciers sont humains aussi, pourquoi ça les intrigue pas ? Peut-être parce que les deux mondes séparés, ça leur va. En tout cas, Docteur Moustache me répond en enfonçant bien grand la porte ouverte. Il a vraiment pas du comprendre ce que je racontais, ou juste il n’en sait rien. Ou peut-être qu’il est trop concentré à essayer de me soigner, ce que je peux pas lui reprocher, honnêtement. Mais j’aurais bien aimé qu’il me dise, au moins qu’il admette que non, il n’en savait rien ou que oui, c’était une affaire de sang, un brin d’ADN qui avait tourné dans l’autre sens, n’importe quoi. Juste une raison, une seule, qui explique que je luise comme ça, et que mon frère s’éloigne de moi.

Pourtant, il dit un truc que j’ai jamais entendu avant dans la bouche d’un sorcier. Pareil. C’est pareil pour lui. Franchement, ça me redonne un peu le sourire alors qu’en fait, il a tort. Il l’a dit lui-même juste avant, mais ça reste une phrase gentille. Tolérante. Merde, ça fait bizarre d’entendre ça. Ca me coupe la chique au point que je sais même pas quoi répondre. Si seulement mon père pouvait entendre ça. Si seulement le monde pouvait penser ça. Les deux mondes, d’ailleurs, avec un qui ignore tout de l’autre. Pendant ce temps là, je suis rien des manipulations qu’il fait, je crois que de toute façon, ma propre peau m’éblouit trop. Alors je me réfugie dans ce que je connais. La nicotine à laquelle j’ai pas le droit, bien sûr. Haussement d’épaules, je m’enfonce un peu plus dans le dossier du lit un peu relevé. Peut-être que ma fumée aurait été bleue.

« J’aurais essayé… »

Ah ça, essayer, on peut pas me le reprocher. J’ai le courage du griffon, et ce soir sa débilité d’ailleurs. J’essaye, comme je peux, mais je réussis pas souvent. A savoir si c’est le résultat qui compte, ou pas. Bref, j’attrape la fiole sans même plus être suspicieux, et la fait tourner entre mes doigts bleus comme si c’était le meilleur cru de la cave d’un de mes ex beaux-pères. Ca va avoir un goût dégueulasse, je le sais. Et apparemment, celle-là se boit pas en une fois.

« À la vôtre, hein ? »

Je trinque dans le vide, alors que la peur cachée derrière mon ironie ressurgit quand je porte le contenant à mes lèvres. C’est encore plus dégueulasse que je pensais. Amer comme jamais, l’inverse de la potion de tout à l’heure. Un café qui aurait bu un café. Un très mauvais café d’ailleurs. Ma grimace trompe pas, et je me demande comment je vais pouvoir réitérer l’exploit dans 5 minutes. Mais bon.

« Comment c’est possible que vous puissiez transformer quelqu’un en furet et pas être capable de rendre ça bon ? »

Ca peut passer pour de l’ingratitude, mais même pas. Toujours la foutue curiosité qui déborde, l’art de poser les questions qu’on ne se pose normalement pas. L’esprit de l’aigle, même si ce soir j’en ai un peu manqué. Mon rire s’envole un peu, j’en viens à me demander si j’ai les dents bleues. Je m’attends à voir la couleur s’estomper, mais rien. Que dalle. C’est bien ma veine, tiens. Veine, marrant ça.

« Ca doit être bien, pouvoir tout soigner comme vous le faites. C’est juste un peu dommage, j’veux dire, de garder ça pour vous. »

Ma main qui luit un peu moins passe machinalement sur la petite marque sur ma joue. Souvenir de papa en colère, souvenir de sa chevalière. Souvenir que j’ai pas pu effacer d’un coup de dictâme. Mais bon, c’est comme ça. Chez nous, la douleur marque plus qu’ici, sûrement.

« J’veux dire, ça pourrait être un échange de bons procédés. Vous nous filez des potions, et on vous apprend à vous servir d’un téléphone. »

Non mais franchement, les hiboux… J’ai jamais compris. Je comprendrais sûrement jamais. Sûrement parce qu’à force de tout savoir faire d’un coup de baguette, ils ont pas le courage de chercher à s’améliorer. Mais au moins, les sorciers arrivent à réparer un os en une nuit. Ca serait pratique ça, au rugby. Je me demande, tiens, s’il sait ce que c’est, le rugby.
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