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Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares

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Lewis A. Hickmore

Lewis A. Hickmore


COTÉ DU BIEN
On n'emporte avec soi que le bien qu'on a fait.

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MessageSujet: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 29 Aoû 2021 - 23:12

 



I've never stopped.
, I simply forgot that I love you. However, every time I look at you I'm reminded of how I can never stop loving you.”

Les effluves diffuses de potions ratées et de produits ménagers flottaient harmonieusement dans l’appartement. Il faisait froid. Pas frais. Un froid mordant. Il détestait l’hiver autant qu’il appréciait la compagnie de ses congénères. Le nez plongé dans son oreiller, Lewis observait les aiguilles de l’horloge se rejoindre et se superposer avec lenteur. Le son monotone de la trotteuse l’invitait à gagner quelques précieuses minutes blottis dans la fraîcheur de ses draps. Il se fit violence et s’étira. Le craquement sourd de ses articulations gelées se perdait en échos dans le vide immense de son logement. De son perchoir, un rapace l’observait envieusement lever sa carcasse avec effort. Ses mollets à demi-nus furent les premiers à embrasser l’atmosphère réfrigérée qui baignait la chambre. Le reste s’y accomodait d’un frisson réprobateur. Il tira un pardessus laineux, dont la résistance lui parut anormale. Et il s’empressa de le poser sur son dos dénudé. Le feulement contestataire de son colocataire à poil lui décrocha un bâillement. Il le gratifia d’une tape amicale sur le sommet de la tête et ronronnant, le félin vola la place qu’il avait occupée une grande partie de sa journée. Il s’empressa de s’enrouler dans les premiers vêtements chauds qui lui tombèrent sous la main et s’enfila un restant de thé de la veille. Il mourrait d’envie de se glisser à nouveau dans ce lit qui l’appelait. Faute de mieux, il s'enivra de la quiétude des lieux, de l’instant en suspens, s’arma de sa baguette et ferma la fenêtre d’un sortilège informulé.

***

Il se serait bien donné un moment pour apprécier la zénitude. Si seulement l’après-midi ne s’était pas évanoui. Le chemin de traverse s’était vêtu d’un léger manteau alpestre. Le crépuscule lui offrait un aspect diamanté. L’air frigide fouettait son visage d’une bise engourdissante. Les quelques badauds présents progressaient dans une marche funèbre et tranquille, seul le bruissement étouffé et répété de leur pas animait la rue commerçante. Emmitouflé dans une couche non négligeable de tissus, le nez prêt à lui en tomber, son ombre solitaire battait le pavé d’un pas pressé et fastidieux. Trouver refuge dans une échoppe raisonnablement chauffée, c’est tout ce qu’il osait espérer. Réchauffer ses membres engourdis par le climat devenait sa priorité. Avec regret, il avait trouvé porte close. L’apothicaire où il prospectait d’ordinaire avait refusé de braver le blizzard annoncé. Il n’avait plus aucune carte à jouer. Éreinté par l’effort de se mouvoir dans cette mélasse collante, il s’était alors accordé une minute de répit à l’enseigne baveuse.

«Ce que vous avez de plus chaud. S’il vous plait.» Les mains de l’homme tremblaient sur le comptoir boisé. Son nez se débattait pour ne pas ouvrir les vannes aux muqueuses. Par Merlin c’était un vrai chaudron et il peinait à réchauffer ses extrémités. «Vous n’auriez pas l’adresse d’un potionniste à tout hasard ?» ajouta-t-il le museau pris tout en glissant quelques pièces argentées sur la console.

L’aubergiste lui tendit un bol fumant, et s’empressa de grapiller la ferraille. Le fumet du bouillon arracha un gargouillis à son estomac vide. Ses paumes s’embrassèrent, mais il ignora les cris énergiques de ses nerfs et sirota son met. «La boutique des élixirs. » Le vieux bougre massa langoureusement sa barbe soignée. «Mais si j’étais dans votre robe, je ne perdrais pas une noise de plus ici. Avec la tempête qu’ils annoncent, les courageux ferment boutique plus vite qu’il ne faut pour tirer une potion. » Le gargotier ruminait quelques mots qu’il ne peut distinctement comprendre. Il lui tourna le dos et déplia un parchemin taché de café. De son doigt boudiné, il pointa sur le canevas un lieu qui lui était inconnu jusque là. Lewis lapa les restes deson potage. Ses papilles échaudées peinèrent à y trouver du réconfort. Et il glissa un écu en guise de pourboire, avant de prendre la poudre d’escampette.

***

Le vent s’était renforcé. La brume floconnait. L’air comprimait ses poumons contre sa cage thoracique, le glaçait intérieurement. Il avançait à pas d’éruptif. Il prit un détour à gauche et fit un crochet à gauche. Le halo de la boutique se dessinait dans le grésil. La devanture flamboyait dans la noirceur de la nuit tombée. Glissant habilement sur la poudreuse, il se laissa porter jusqu’à la bâtisse singulière. Lewis poussa la porte et fut accueilli par un souffle fiévreux. L'odeur entêtante des mixtures lui arracha un raclement nasal. La poussière n’avait pas été faite, mais ajoutait un charme certain au lieu. De hautes étagères faisaient étalage d’une gamme de produits divers et variés. Le sol laminé craquait à chacune de ses foulées. Du coin de l'œil, il aspirait à repérer le propriétaire des lieux. La cloche avait teinté son arrivée, mais la factorerie était désespérément déserte. Pas un quidam à l’horizon, pas âme qui vive pour le servir. Les lèvres craquelées par les assauts saisonniers, il eut du mal à les humecter, tant sa salive l'avait déserté. Les bras tremblants, il les laissa retomber contre ses jambes trempées. Les muscles endoloris par les spasmes l’ayant secoué dans cette traversée sibérique, il agrippa fermement un flacon dont la teinte lui était familière. La tiède empreinte du verre lui arracha un frisson. Il tourna de trois quart et renifla. Il plaqua sa langue contre ses dents et siffla avançant droit sur une silhouette qui se profila devant lui. Il la percuta avec une force relative et leurs fronts s’embrassèrent. Sa main libre frotta l’endroit où une marque rouge, synonyme de leur accolade accidentelle, n’allait pas tarder à colorer sa chair pâlotte.

«Désol...» Il laissait ses paroles inachevées. Il le savait, il le sentait, il le reconnaissait. Pas besoin de lever le menton, de tomber dans son regard, d'admirer son derme ébène, son essence valait mille contemplations. Celui qu'il avait fuit et  pour qui il éprouvait d'honteuses émotions lui faisait face. « Désolé. » reprit-il d'un ton plus assuré. Il lui fallait sauver les apparences, ne montrer aucune fragilité, rester digne et droit.

Si seulement, il avait su dans quelle bouse de dragon il venait de mettre le pied, sans doute aurait-il rebroussé chemin. Mais maintenant que la potion était tirée, qu’elle soit douce ou amer, il allait devoir la boire.
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Dernière édition par Lewis A. Hickmore le Lun 4 Oct 2021 - 15:07, édité 3 fois
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Ares Zabini

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NEUTRE
Le silence est une opinion.

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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Ven 3 Sep 2021 - 10:31

De garde, le docteur Zabini avait passé 24 heures mouvementées à l’hôpital pour les maladies et blessures magiques. Sans qu’il n’eut le temps de s’en rendre compte, tant les urgences s’était enchainées en ce week-end hivernal, la nuit avait sauvagement chassé le jour. Puis, tout aussi rapidement la nuit s’était changée en jour. Il était déjà 17h30, l’heure de partir. La relève de garde pour les prochaines 24 heures étant arrivée. Heureusement car la fatigue commençait à se faire sentir et ses muscles lui faisaient un mal de manticore. Pris de sommeil, il avait du mal à se souvenir de l’ordre exact dans lequel il avait soigné ses patients.  Il ne rêvait que d’une chose, pouvoir se glisser dans son lit. Il se souvenait que tout avait commencé par un accouchement hors du commun. De la fumée sortait des oreilles, et de la bouche de la future mère chaque fois qu’elle poussait. Une réaction due à un sortilège qui avait mal tourné. Ne supportant pas la douleur de ses contractions, la sorcière avait tenté de se jeter un sortilège du peynekilleur.  Elle ne maitrisait pas le sortilège qui n’avait pas fonctionné et le résultat était très étrange. Un simple finite incantatem n’était pas suffisant à régler le problème et il avait fallu d’intervention de deux collègues du service de pathologie des sortilèges.  Après avoir mis au monde le petit sorcier et s’être assuré de son parfait état de santé, le médicomage s’était ensuite occupé de plusieurs empoisonnements, avant de s’occuper d’un homme qui avait perdu son nez dans un duel. Ou était-ce l’inverse ? Suivirent une désartibulation suite à un accident de transplanage et toute une série de patients avec de la fièvre, des hallucinations, de la morve violette qui coulait du nez. Une maladie hivernale que personne à l’hôpital n’avait encore jamais vue et qui semblait se propager rapidement dans l’hôpital.  Sans doute un nouveau virus. Heureusement, il semblait bénin.  La journée de l’antidotiste s’était terminée par le confection en urgence d’une potion pousse-os et d’un philtre de paix pour un homme estropié par un hippogriffe qu’il avait eu l’inconscience d’insulter.

Emmitouflé dans une grosse cape, Arès sortit de l’hôpital. Après de telles gardes, il aimait marcher plusieurs kilomètres pour se changer les idées et s’aérer avant de rentrer chez lui.  Il avançait devant l’hôpital en laissant la trace de son passage sur le manteau blanc qui camouflait le sol. Avec ce froid, digne des terres de la famille Vassiliev, qui lui piquait les narines, il ne marcha pas bien longtemps avant de se résoudre à transplanner directement sur le chemin de traverse.  Il ne tenait pas vraiment à tousser, avoir de la fièvre, des hallucinations et de la morve violette qui lui coulait du nez. Il aurait donné tout l’or de son coffre à Gringotts pour se jeter directement dans son lit dont il rêvait. Il ne pouvait pas se le permettre. Il lui fallait encore préparer des potions pour la boutique de sa sœur dont les réserves avaient commencé à s’amoindrir. Depuis son incarcération, il avait repris en main sa boutique. Une tâche qu’il avait pu faire seul lorsqu’il était injustement suspendu de son service. Depuis qu’il avait été réintégré, il avait embauché un vendeur. Il se chargeait cependant toujours, avec l’aide de sa mère, de confectionner les potions. Il savait très bien qu’Ava n’avait confiance dans les compétences en élixirs en personne d’autres que leur mère, Arès ou le professeur Slughorn.  Il monta rapidement dans son appartement, au-dessus de la boutique, pour poser sa grosse cape, avant de passer par la boutique pour descendre à la cave préparer ses potions. Dans la boutique la poussière lui chatouillait le nez « Le ménage fait partie de tes tâches Rufus » dit-il à l’adresse de l’employé.  « Si tu ne connais pas de sortilèges pour faire le ménage, demande à ta mère de t’en apprendre ou je ne sais pas, trouve-toi un elfe de maison ou même fait ça comme un moldu. »   Sans attendre la réponse, de jeune homme, il se dirigea dans la cave qui servait d’atelier à la boutique. Depuis l’escalier, il entendît le dénommé Rufus râler et le traiter de lutin de Cornouailles. Le mulâtre leva les yeux aux ciel. Il n’avait pas le temps d’aller lui demander de lui répéter en face, ce qu’il venait de dire

Durant trois heures, Arès contacta plusieurs potions, philtres, poisons et élixirs en tout genre
Peau de serpent cornu, bave de carpeau racines de mandragore, yeux de tritons, urine d’éruptif, cheveu d’or d’une sirène. Il avait tous les ingrédients pour concocter sa dernière mixture. Il le fît avec soin. Heureusement, celle-ci ne demandait pas plus de trente minutes de préparation. D’un geste soigné de la baguette il remua le contenu de son chaudron doucement, trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre puis six fois dans le sens inverse le liquide verdâtre pris finalement une couleur orangée. Sa potion était donc prête. En l’espace de trois heures et trente minutes, il venait de confectionner six potions différentes qu’il versait à présent dans des fioles. D’un geste très gracieux de la baguette, il fît léviter une cinquantaine de fioles et remonta les escaliers.  L’exercice était périlleux et toute son attention était portée sur les fioles qu’il dirigeait avec sa baguette.  Dans le magasin, il sentît quelque chose ou plutôt quelqu’un lui heurter le front de plein fouet. Un choc qui fût suffisant pour lui faire baisser sa garde et surtout sa baguette.  Le bruit du verre des cinquante fioles qui s’écrasèrent sur le sol résonnait en écho dans toute la boutique. Non ! Epuisé, il avait envie d’hurler voire de pleurer « Bouse de dragon » pesta-t-il au même moment où il entendit une voix s’excuser. Il s’apprêtait à insulter  le responsable de ce drame mais lorsqu’il croisa son regard, il fût incapable de dire un mot, pétrifié par sa beauté.  Son visage lui était familier mais il n’arrivait pas à se souvenir d’où il le connaissait. En tout cas, il le trouvait splendide. De quoi oublier sa colère.  « Ça ne fait rien » dit-il en adressant un sourire et une tape dans le dos au beau jeune homme qui lui faisait-face.  Il posa ensuite son regard sur le sol sur lequel il pointa sa baguette pour lancer un sortilège de récurage« Recurvite ». Pendant que petit-à-petit,  les liquides aux couleurs de l’arc-en-ciel qui avaient recouverts le sol s’évaporèrent, il se tourna vers le vendeur qui se trouvait derrière la caisse. «Prends-en de la graine Rufus » lui dit-il avant de lui dire qu’il pouvait rentrer chez lui.  La boutique allait fermer dès que ce charmant client serait parti. L’odeur des potions éclatées commençait à enivrer Arès et lui faire tourner la tête. Ou bien était-ce charmant sorcier maladroit ?


Dernière édition par Ares Zabini le Dim 12 Sep 2021 - 18:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Sam 4 Sep 2021 - 18:29

D’ordinaire, Lewis préférait s’alléger de toutes empreintes relationnelles, s’enfermer dans une solitude sempiternelle. Dans cette marche solitaire, il était assuré de ne nuire à personne. Plus important encore, il se protégeait émotionnellement des dangers d’une nouvelle rupture. Un traumatisme profondément ancré, la peur d’un vide, la terreur d’un rejet, le vertige de l’abandon. Seul et distant, il préservait ainsi son solde de sanité à l’abri d’une carapace hermétique aux attaques affectives. Et ce mec était apparu. Il avait mis en branle ce cloître qu’il s’était évertué à bâtir. La clarté d’un maléfice de jeunesse et la pureté d’un charme de bouclier lui avait fait naître pour ce caïd une inclination toute particulière. L’arrogance qui rayonnait et la pureté qui inondaient son être, avaient pourtant dressé une frontière infranchissable. Ils n’avaient rien en commun, rien à s’envier, rien à conquérir, mais fatalement il l’attirait. L’apostrophe de l’instant avait marqué ce cœur meurtri et dans le déni, il avait trouvé un allié. Ainsi, il s’était juré de ne plus croiser le chemin de celui qui un temps avait souhaité être son opposé.

***

Les bris de verre le ramenèrent à la raison. Il s’était perdu dans ses songes,  s’était pris à croire que le destin avait aspiré à poser ce décor. Ses excuses à demi bafouillées, le visage de son ancien camarade de scolarité se tordit en un rictus amusé. Le choc de leur rencontre fortuite rosit les oreilles du malhabile. Le juron et le sourire du potionniste se chargèrent de ses pommettes. Quant à sa tape dans le dos, elle le fit redescendre sur le plancher des centaures plus vite qu’un botruc de son arbre enchanté. Lewis tenait en horreur ce genre de familiarité, cette proximité malaisante. Il éconduisit un frisson métissé d'amertume et de désir. Et d’un pas vif, il prit ses distances, manquant de glisser sur l’amas de verre pilé. Sa poigne se referma abruptement sur la fiole bigarrée qu’il avait tenu avec fermeté jusque là.

Le chuchotement de la fissure annonçait la catastrophe à venir et l’ampoule vola en un éclat étouffé par la caresse de géant du sorcier. Les aiguilles de glace s’ancrèrent dans la paume du jeune homme avec la fureur d’un dard de Billywig. Ses lèvres se pincèrent et son faciès accusa le coup. Ce qu’il pouvait avoir une bouse de dragon à la place du cerveau en sa présence, il lui était impossible de penser, d’agir avec discernement.

« Merde ! » beugla-t-il à gorge déployée. Il secoua diligemment sa main empourprée en gémissant d’un râle endiablé. Les milles lames de cristal assiégeaient ses nerfs. Il n’avait pourtant pas souvenir d’avoir été assailli aussi violemment lors de ses multiples tentatives kamikazes. Son rythme cardiaque battait le tempo au son des tambours. Une sueur froide lui parcourait le dos. Il finit par s’accouder in extremis contre une étagère et arracha son écharpe de sa main vigoureuse. J’aurais pas fait mieux... Un courant d’air dans le creux de l’oreille. Il n’était rien d’autre qu’un coup de vent imaginaire, un mirage. « C’est clairement pas le moment ! » ragea-t-il contre lui-même. Cette part aigrie avec laquelle il avait appris à composer, avait la fâcheuse manie de pointer le bout de son bec à chaque emballement émotif, un rempart pro-actif. Il se focalisa sur le filet de sang et prit une inspiration. Il devait calmer ces wagons fiévreux, ces sensations qu’il haïssait et se préoccuper de son membre écharpé. Il leva le menton vers l’ancien Serpentard et le supplia silencieusement de ne pas l'approcher.

Ses doigts poisseux d’hémoglobine bandèrent agilement le creux de sa poigne. Il grinça des dents, sentant les épines strassées épouser ses vaisseaux. Un garrot de fortune, à défaut d’avoir un médicomage sous le coude, qui involontairement le pousserait à agir comme un hippogriffe. « A…h Hum désolé, je suis un peu engourdi par le froid. Je paierais pour… ma maladresse. » Il accompagna son mensonge d’un doigté pointant le désordre ambiant. Décontenancé par sa présence, l’envie de fuir à nouveau lui donnait l’énergie de bouger ce corps étourdi.
”I've never stopped, I simply forgot that I love you. However, every time I look at you I'm reminded of how I can never stop loving you.”
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 5 Sep 2021 - 21:03

Le dénommé Rufus ne se fît pas prier pour disparaitre. Seules quelques pauvres secondes eurent le temps de s’écouler entre l’instant où le gérant intérimaire de la boutique l’avait autorisé à rentrer et celui où il avait transplané loin de la boutique. En disparaissant, il avait laissé les deux anciens camarades de Poudlard seuls dans l’échoppe. Sans toutefois le reconnaître, le mulâtre n’arrivait pas à détourner son regard d’ébène du client dont la beauté ne le laissait pas indifférent. Jamais à cet instant il ne se serait douté que seize ans plus tôt, l’homme qui lui faisait face avait jeté le plus beau charme du bouclier qu’Arès n’ait jamais vu. Un charme d’une splendeur inégalé qui avait gracieusement détourné le maléfice de chauve-furie que le batteur de Serpentard lui avait jeté et l’avait retourné à l’envoyeur à la vitesse d’un vif d’or. Maléfice que le joueur de Quidditch avait esquivé comme un cognard et qui avait fini sa course directement dans la figure d’Apollon Picott, le concierge, qui leur avait filé à tous les deux une semaine de retenue. S’il l’avait reconnu, il aurait pensé que c’était sans doute la raison pour laquelle, lorsqu’il lui donna une tape amicale dans le dos, le sorcier s’écarta de lui avec des enjambées dignes d’un centaure. Il l’observa fuir en fronçant les sourcils. Dans sa hâte, le jeune homme serra si fort une fiole qu’elle se brisa entre ses doigts. Arès s’en rendît compte à l’expression de douleur qui se dessina sur le visage du jeune homme et au bruit de l’éclat de verre qui retentit une nouvelle fois dans la boutique. Visiblement cela allait devenir une habitude. Heureusement qu’Ava n’était pas là. Elle aurait sans doute été beaucoup moins indulgente que lui.
« Merde ! » Cette voix lui était, tout comme ce visage, familière. Il n’arrivait cependant toujours pas à le remettre. Le médicomage laissa son regard glisser du visage du bellâtre à sa main ensanglantée. Il observait les nombreux débris de verre ancrés dans sa chair. Il fallait les enlever avec un sortilège pour être sûr de les enlever entièrement et qu’aucun petit bout ne reste dans la peau et s’infecte. Il fallait ensuite désinfecter la plaie. Il était trop loin pour voir si un bandage allait suffire ou s’il allait falloir faire quelques points. Le sorcier arracha à main nu, les morceaux de verres. Le médicomage hocha frénétiquement la tête de gauche à droite pour signifier son refus. Il entendit le son de la voix du jeune homme mais fût incapable d’entendre ce qu’il venait de dire. Est-ce qu’il s’adressait à lui ? Evidemment, il n’y avait personne d’autres dans la boutique. A qui d’autre pouvait-il donc parler ?
A…h Hum désolé, je suis un peu engourdi par le froid. Je paierais pour… ma maladresse. » lança beaucoup plus distinctement le jeune homme tout en tentant de se bander la bain. Dicté par son instinct de médicomage, Arès s’avança à une allure d’éruptif vers lui en ignorant son regard qui le suppliait de se tenir à l’écart, regard qu’il n’avait pas su déchiffrer. « Ce n’est rien ! Par contre vous devriez me laisser voir votre main » dit-il tout en continuant d’avancer vers l’ancien aigle qui, blotti contre une étagère, ne pouvait pas reculer davantage. « Je suis médicomage.» commença-t-il pour rassurer le jeune homme, ignorant tout des vraies raisons qui paniquaient son ancienne victime. « C’est la boutique de ma sœur. Je lui rends service. » poursuivit-il pour justifier la raison qui pourrait pousser un médicomage à tenir une boutique de potions. Il était inutile de préciser que sa sœur était en détention provisoire à Azkaban. Soit, il le savait déjà, soit cela allait le faire disparaitre comme un deméguise. Il était à présent à quelques centimètres du jeune homme. De près, il était encore plus beau. Il lui adressa un nouveau sourire charmeur tout en tendant sa main pour qu’il lui donne la sienne. Il n’avait pas pour habitude de brusquer ses patients. « Votre visage m’est familier. On se connait ? demanda-t-il avant d’ajouter « Je suis Arès. Arès Zabini »
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Mar 7 Sep 2021 - 18:29

Lewis s’était laissé surprendre comme peu de fois dans sa vie. Depuis son adolescence et l’éviction de ses parents. Depuis qu’il avait délibérément occulté son passé moldu et déchiré les pages de son histoire, il fuyait l’inconnu, chassait l’imprévu dans le seul but de ne plus se laisser submerger par des émotions fortes. L’effroi. La panique. Le désir. L’attrait. Tous ces sentiments qu’il s’était évertué à exclure de l’équation, se dressaient comme une inconnue. Cloué dans ce piège qu’il avait lui-même fermé, les lèvres pincées par l’incompréhension de ce manège, il se mit à conjecturer, douter de sa propre capacité de discernement, d’analyse.  

Il se sentait à l’étroit dans sa cage aveugle. Dos au mur et mutilé, aucune issue ne se profilait. En d’autres circonstances, Lewis se serait contenté de laisser son esprit divaguer, faire le vide et lâcher la bride au dragon qui le consumait secrètement. En somme, il aurait simplement cherché à s'extirper de ce bourbier par pulsion animale. D’ordinaire il n’était pas de ceux qui se rendait sans opposer la moindre résistance. Mais dans l’instant, il n’avait ni la force, ni l’envie, fatigué par ce marathon perpétuel. Dans un soupir éloquent, il lui avait concédé la victoire, il avait relâché une pression décennale, sans pour autant baisser la garde, les doigts toujours aux aguets prêt à dégainer, l'œil vif en quête d’un mouvement jugé malveillant. Lui donner l’opportunité de rattraper une erreur de jeunesse, voilà tout ce que cela représentait. Et tel un hippogriffe, il s’était agenouillé devant la bienveillance de ses propos.  

Avant qu’il n’ait pu consentir à tolérer une avance minime, le fourbe s’était lancé dans un sprint de tébo. En un battement de paupières, il s’était retrouvé à sa hauteur, une main prévenante aspirait à lui venir en aide. Son pouls s’était emballé, battait à tout rompre dans sa paume meurtrie. Il était là. Près. Bien trop près. Si bien que son corps s’était figé, incapable de répondre à ce geste engageant. Une poignée de centimètres de plus et la bêtise se serait emparé de lui. Le flot d’hémoglobine ruisselant entre ses phalanges témoignait de la tension irriguant ses fibres musculaires. Il l’écoutait sans comprendre. Il percevait les échos de son accent sans les déchiffrer. Seul son nom raisonnait. Il le connaissait. Lui, ne l’avait pas reconnu, bien que son expression trahissait un certain ressouvenir. Le temps avait laissé sa marque et l’ignorance avait remplacé la haine. Lewis ne l’avait pas oublié, lui. Son prénom lui avait fait raser des murs. Ses traits lui avaient donné des désirs d’ailleurs. Et il s’était dévoyé à croire que la distance et les saisons avaient eu raison de son affection.


Tu es conscient que ça ne sert à rien de lutter. Abandonne et j’aurais tantôt fait de nous débarrasser de lui.  D’une poigne qui n’était pas la sienne, il avait instinctivement agrippé sa baguette de chêne blanc encore en holster. Honteusement, il avait tenté de dissimuler son minois rongé par une guerre qu’il menait sur deux fronts. Physiquement, il résistait à l’appel d’Ares. Psychologiquement, il luttait contre son subconscient. « Oh ça va, tais-toi tu veux! »  grinca-t-il dans un sifflement à peine perceptible tout en lâchant prise sur son prolongement boisé. Il leva le menton et, avec force, referma son emprise sur l’avant-bras du médicomage. D’une mine de niffler prit sur le fait, Lewis se releva avec peine et admis silencieusement qu'il avait cruellement besoin d'un coup de pouce. Au contact de leur épiderme, le brasier le consumma intérieurement et son esprit s’apaisa.  « Lewis Hickmore, et ouais ton visage m’est familier aussi! » mentit-il pour couvrir ce secret jalousement gardé. Il ôta l’écharpe faisant office de bandage avec une délicatesse mesurée et lui laissa tout le loisir d’admirer la résultante de sa maladresse. La vue du sang coagulé mixé au calcin lui arracha et une grimace eut vite de blanchir son teint. Il détourna le regard et se perdit dans les mirettes du potionniste.

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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 12 Sep 2021 - 20:04

Arès était éperdument troublé par ce jeune homme. Tout chez lui le troublait. A commencer par cette beauté foudroyante qui, à côté, ferait passer Apollon pour un Troll. Ce charme naturel qu’il dégageait et qui exerçait sur le médicomage les effets d’un sortilège d’attraction. Sans oublier cette attitude incompréhensible : cette maladresse qui avait ruiné les heures de travail du médicomage et qui avait blessé la main du fonctionnaire. Cette façon de fuir qui n’avait aucun sens. Cette manière de tenir sa baguette comme si Arès allait l’attaquer et qu’il se préparait à se défendre. Puis, il y avait cette manie de murmurer des choses incompréhensibles et surtout inaudibles, comme s’il se parlait à lui même, ce qui franchement ne pouvait qu’inquiéter un médicomage.
Tandis que le blessé s’appuyait sur le guérisseur pour se redresser, ce dernier sentit un éclair lui traverser le cœur. A croire qu’Arès portait bien son nom, celui du Dieu de la guerre. Une sensation étrange, celle d’une douleur qui faisait plus de bien que de mal et qu’on voulait prolonger encore et encore. Il sentit également les battements de son cœur s’accélérer et n’avait alors aucun doute sur l’attirance qu’il éprouvait pour cet inconnu. Un inconnu qui ne l’était finalement pas tant que ça. «  Lewis Hickmore, et ouais ton visage m’est familier aussi! » .  Lorsqu’il entendit son nom, le sang d’Arès se glaça et il ne put s’empêcher de détourner le regard. Son nom résonnait dans sa tête ainsi que la voix de Selwyn qui lui ordonnait d’aller lui casser la figure. Il se rappelait très bien de la façon dont le Serdaigle avait déjoué son maléfice de chauve-furie et de leur semaine de retenue collective.  Il se rappelait aussi de la façon dont Isaac avait, quelques jours plus tard, terminé le travail inachevé du mulâtre. Il se rappelait surtout du rire sadique qui était sortit de la bouche de Selwyn avant qu’il ne se mette à cracher au visage mutilé de l’impur en disant « voilà ce que mérite les sangs de bourbe ». Arès avait détourné le visage car il avait honte. Honte d’avoir voulu être ami avec ce genre de sorciers. Honte d’avoir voulu faire du mal à un sorcier qui n’avait rien demandé.  Il était désolé. Terriblement désolé. Il voulait s’excuser mais le fallait-il alors que le sorcier ne semblait pas le reconnaître non plus ? Ne fallait-il pas plutôt faire profil-bas ?
Heureusement, le maladroit retira son bandage ce qui donna au médicomage tout le loisir d’observer sa blessure plutôt que de se replonger dans les fantômes du passé.  D’un geste délicat, le médicomage posa sa main gauche sur la main droite écorchée du sorcier en resserrant ses doigts sur le côté de ses paumes. Un contact qui ne laissait pas indifférent et une fois de plus accéléra les battements de son cœur. Il rapprocha la main de son visage pour l’observer. Cela n’était pas très beau à voir mais ce n’était rien de grave.  Il sentit le regard du jeune homme se poser sur lui et le rouge lui monter aux oreilles mais préféra faire comme si de rien n’était. « Je te préviens ça risque de piquer un petit peu, mais ça ne durera pas longtemps » dit-il d’une voix douce et rassurante en plongeant son regard d’ébène dans le sien. Puis sans prononcer le moindre mot, il pointa sa baguette sur la peau du jeune homme pour retirer les quelques morceaux de verre qui restaient prisonniers dans et surtout sous sa peau. Plusieurs morceaux de verres volèrent dans les airs avant d’aller se poser dans un petit récipient sur une étagère.  Le hasard faisait visiblement bien les choses, puisque le jeune homme s’était réfugié à quelques centimètres de plusieurs fioles d’essence de dictame. Il était donc inutile de recourir à un sortilège d’attraction  pour en attraper une.  Le potioniste se contenta de tendre le bras pour attraper une fiole au dessus de la tête du jeune homme. Il versa quelques goutes sur les plaies du jeune homme qui se refermèrent aussi tôt. Sa peau était comme neuve.  Arès laissa glisser son doigt sur sa peau douce pour vérifier que tout était rentré dans l’ordre.   « C’est mieux comme ça non ?» dit-il en lui adressant un sourire avant de retirer sa main qui supportait la main blessée. Il avait envie de serrer cette main dans la sienne et d’unir ses lèvres aux siennes mais ce n’était pas approprié. Il ne savait même pas si ce jeune homme était sensible au charme des hommes. Et puis, même si tel était le cas, voudrait-il vraiment embrasser un homme qui l’avait attaqué sans raison ? Un homme qui avait regardé sans rien dire son meilleur ami lui casser la figure ? Un homme qui avait regardé sans sourciller, l’un de ceux dont il voulait être ami l’humilier en lui crachant au visage et en l’insultant. Non certainement pas. « Je suis désolé.» murmura-t-il en baissant les yeux à nouveau, sans dire pourquoi il était désolé. L’essentiel c’est qu’il l’était, et sincèrement.  Arès était comme ça, guidé par ses émotions et avec le besoin inconditionnel de laisser parler son cœur. En ce moment dans son cœur, c’était la tempête. Un peu à l’image de celle de neige qui s’abattait sur le village et qu’il n’avait pas remarquée.


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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Mer 15 Sep 2021 - 23:00

Des années durant, il avait essayé de le haïr. Pas pour ce qu’il était, mais pour ce qu’il tentait de représenter. Une caste magique supérieure dans laquelle il s’efforçait de trouver sa place. Une classe qui méprisait tout ce que le jeune argent et bleu était. Une société où la pureté écrasait l'indécence et la souillure. Et dans la bassesse d'un sortilège à dos tourné, il avait voulu asseoir cette hiérarchie endogamique. Et pourtant, il avait vu en lui cette part d'innocence et de bienveillance. Cela lui avait fait naitre pour le Serpentard, une curiosité qui avait eu vite de se travestir en un sentiment qu'il réprouvait plus que tout. Ce fut pour cela, qu’au gré des heures passées en retenue, il s’était évertué à la maudire. Qu’au fil des rendez-vous hospitaliers, il s’était interdit de le croiser. Qu’au cours de ses voyages à l’étranger, il s’était acharné à l’oublier. Pour au final renoncer. Sa modeste stature ne faisant pas le poids face à cette géante destinée, qui le poussait toujours plus en avant, toujours plus proche d'un précipice émotionnel.    

***
La bouche de travers, un sourcil arqué, il avait vainement cherché à réguler sa fréquence cardiaque. Ne pas se trahir, ne pas se dévoiler, ne pas faillir devant celui qu’il avait secrètement et honteusement désiré. Mais à chaque inspiration prise, à chaque centimètre grignoté, à chaque œillade volée, Lewis sentait son palpitant atteindre des sommets. Il se devait de faire front, ne pas avouer cette faiblesse. Il n’était pas prêt à affronter la réalité, pas prêt à lui montrer et lui avouer ce qu’il ressentait. Et il n’était pas certains de l’être un jour. Et pourtant il n’arrivait pas à décrocher son regard de ce visage. Si proche, il put percevoir les pigments d’ébènes se rosirent, empourprer ces traits et tâcher son teint.

La main du médicomage caressa le dos de la sienne et un nouveau frison lui parcouru l’échine. Il ressentait le besoin de la serrer avec force, mais l'élancement du calcin épousant son derme lui arracha une grimace douloureuse. Il avait beau y mettre toute la délicatesse du monde, la torture physique et psychologique était insoutenable. Si bien qu’il crevait d’envie de se jeter dans le creux de ses bras, tandis qu’une partie de lui mourrait d’impatience de parfaire ce minois angélique d’une droite bien méritée.  Fais quelque chose, ne reste pas là comme un demiguise prit au dépourvu. Il devait garder le contrôle et ne pas laisser libre court à son subconscient dévastateur. Immobile, accroché à ses pupilles, il avait trouvé un refuge dans lequel il pouvait se perdre en toute imprudence.

L'avertissement de l’apollon avait apaisé la tension un court instant avant qu’une brûlure ne vienne à crisper ses muscles encore transis par le froid. Le magizoologiste détourna le regard de ce spectacle cuisant. Ainsi, les lèvres pincées, il admirait le balai du verre volant en ordre serré, tout en émettant de temps à autre un soupir anxieux. Les minutes insoutenablement longues mirent fin au calvaire et déjà la fournaise faiblissait en intensité. Avec dextérité, le sang-pur agrippa une fiole dans une demi accolade. Cette proximité nouvelle charriait son lot d’ivresse et de fièvre mêlées d’anxiété et d’épouvante. La tiédeur de la décoction pacifia ses fibres nerveuses et le doigt du clinicien effleura sa paume dans un picotement agréable sur sa chair fraichement soignée. Un simple coup d’œil et Lewis pu admirer la perfection d’une cicatrice en pointillées se dessiner sur sa peau aseptisée. Il lui rendit son sourire et sentit le vide s’emparé de lui à l’instant où son bienfaiteur rompit son étreinte. « Mieux en effet, merci... » lui répondit-il en dégourdissant ses phalanges ankylosées. Ses joues s’étaient laissées prendre au dépourvu par un brasier généreusement rosé.  

Comme un besoin de ressentir à nouveau son contact, il passa son index sur la ligne de vie écharpée qu’Ares venait de reconstruire, suivant l’empreinte tactile laissée par le majeur du jeune homme. Les paroles murmurées par Zabini le sortir de son observation rêveuse. Il leva le menton et put constater le regard fuyant du sorcier. Candidement, Lewis se méprit et cru innocemment, qu’il faisait référence à ce souvenir gravé dans sa paume. Il n’était pas expert en la matière, mais à en juger par la coloration, le travail semblait être à la hauteur de la réputation du médecin sorcier. Et cette nouvelle addition ne jurait pas avec celle qu'il avait déjà collectionné. « Pas de quoi en faire tout un chaudron, ça m’apprendra à vouloir passer la charrue avant les hippogriffes. » ironisait-il pour détendre un peu l’atmosphère. « Et puis si quelqu’un doit réellement présenter des excuses, je crois plutôt que c’est à mon tour. » ajoutait-il tout en se raclant la gorge et s’approchant de son interlocuteur.  


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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 3 Oct 2021 - 22:09


« Je suis désolé.» l’écho de sa propre voix résonnait dans tout le corps du mulâtre. Désolé, le mot n’était pas assez puissant pour dire définir ce qu’il ressentait. Il avait honte. Terriblement honte. Il s’en voulait à lui même. Il donnerait tout pour pouvoir remonter le temps et agir différemment : tenir tête à Selwyn et ne pas le laisser humilier de la sorte Lewis. Il fuyait son regard pour masquer tout le poids de sa culpabilité.  Au fond de lui, il espérait que le jeune homme ne lui en tenait pas rigueur mais il comprendrait s’il lui en voulait. Il comprendrait s’il voulait lui jeter un sort ou lui foutre son poing dans la figure. Il se demandait si c’était pour ça qu’il cherchait à le fuir. Avait-il peur de lui ? Le Zabini n’était pourtant aujourd’hui plus la brute qu’il était à Poudlard et l’ancien serdaigle n’avait vraiment rien à craindre de lui. La preuve : il était devenu médicomage. Il guérissait les autres et ne leur faisait pas de mal. Voilà peut-être quelque chose qu’il devrait aborder avec sa psychomage lors de sa prochaine séance. Cette profession n’était-elle pas une façon de se racheter ? De se libérer de sa culpabilité? La voix du client le sortit de ses pensées. « Pas de quoi en faire tout un chaudron, ça m’apprendra à vouloir passer la charrue avant les hippogriffes. »  Arès arqua les sourcils. Sa phrase ne faisait aucun sens. Il n’avait rien demandé et avait été une victime, a moins qu’il ne parlait pas de...« Et puis si quelqu’un doit réellement présenter des excuses, je crois plutôt que c’est à mon tour. » poursuivit-il en se raclant la gorge et en s’avançant vers lui. Arès sentit les battements de son cœur s’accélérer à nouveau à l’approche du jeune homme. Il l’imita et s’approcha également de lui. Ils n’étaient à présent qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Il étaient si proches qu’Arès pouvait sentir le souffle de la respiration de Lewis sur son visage et cela lui donnait terriblement envie de l’embrasser. Il se contenta de se pincer les lèvres pour retenir ses pulsions. « Je, euh... écoute,  je me souviens de toi.  On était à Poudlard ensemble et.» en prononçant ces mots, il posa son doigt sur son menton pour le lever afin de poser son regard sur le sien. Résistant toujours à son envie de l’embrasser, il poursuivit  sa phrase « J’étais con à cette époque, je voulais vraiment m’intégrer chez les autres serpentards, les autres sang-purs qui me rejetaient à cause de ma couleur de peau. Je voulais qu’ils m’acceptent et j’étais prêt à tout pour qu’ils m’acceptent.  Mais tu sais, ce n’était pas vraiment moi et.... je ne voulais pas t’attaquer. Et j’aurais pas du laisser Isaac le faire ensuite.  J’aurais dû prendre ta défense quand Selwyn t’a craché au visage.  C’est de tout ça dont je suis désolé et... » . Il ne s’arrêtait plus de parler. Arès avait cette tendance à beaucoup parlé lorsqu’il était stressé et à quelques centimètres des lèvres du jeune homme, il était plus que stressé.
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Lun 4 Oct 2021 - 0:32

Un instant suspendu dans le temps. Et durant quelques secondes, les deux jeunes gens partirent dans un ballet silencieux, s’avançant l’un vers l’autre sans un mot. Cette nouvelle proximité étrangement agréable, ne réveillait en Lewis aucune envie subite de meurtre, de fuite ou d’un quelconque sentiment néfaste à l’égard de son ancien camarade. Et l’ardente brise qu’il lui insufflait, une douce caresse sur son visage, libéra une fourmillement affriolant au creux de sa panse.  Le médicomage brisa la quiétude stimulante. Ainsi donc il se souvenait de lui. Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne savait guère si cela était une bonne ou mauvaise nouvelle. Mais, avant que son esprit ne puisse cogiter la chose, divaguer sur les raisons qui le poussaient à rester dans une échoppe qu’il avait manqué de réduire en un tas de verre brisé par élan de maladresse; une chose improbable coupa court à toute pensée existentielle. Il se sentit perdre pied à mesure que son rythme cardiaque s’emballait et partit en un galop de palominos. La délicatesse dont il faisait preuve, n’échappait pas au magizoologiste. Il le savait, il l’avait senti des années auparavant et tout venait à lui donner raison. Ares n’était en rien ce rustre puriste, cette brute.

Sa langue plaquée contre son palais, les mâchoires serrées, comme une envie subite et subtile de le faire taire par n’importe quel moyen. Il trouvait un certain charme à cette nervosité soudaine, mais le flot incessant de paroles allait finir par lui donner d'incurables maux de tête. Ses phalanges craquaient, les joints se blanchissaient, et son poing s'armait le long de sa jambe encore humide et froide. Il approchait son visage, flirtant dangereusement avec ses lèvres, son souffle irrégulier taquinant sa peau; son index se posait avec délicatesse sur ses lèvres. « Je le savais, ‘fin je l’avais deviné.»  susurra-t-il avec assurance, son regard toujours vissé au sien. « T’étais un con de puriste en mal d’amis... Ça arrive à tout le monde. On est tous passé par là et puis généralement on avance en mûrissant. Et puis tu es loin d’avoir un QI de doxy, si tes intentions avaient vraiment été de me faire mordre la poussière, un maléfice de chauve-furie sérieusement ?» lâcha-t-il tout en souriant. Certes, ce souvenir était amer et réveillait de vieilles rancunes, mais il ne pouvait altérer le passé, ce qui était fait l’était, il en était ainsi. Il préférait s'en amuser que de s'apitoyer sur une erreur d'adolescence dont son adversaire d’un temps n’était pas le réel instigateur.

Sujet à un sursaut d’assurance qu’il ne se connaissait qu’en présence de créatures, il se permit un ultime pas en avant. Quasi épaule contre épaule, leur front manquant de se heurter à nouveau, il n’était plus si mal à l’aise. Zabini avait brisé la glace, Lewis allait se charger d’en apporter une conclusion. C’est alors que son visage croisa le sien, son oreille effleurant la joue de l’ancien serpentard. Sa bouche s’arrêtant à quelques centimètres de son lobe auriculaire. « Je t’ai pardonné, il y a de cela bien longtemps..» finit-il par ajouter dans un gazouilli plus qu’une parole, un murmure aérien tout en faisant soigneusement marche arrière accompagnant le craquement du parquet. Il n’était jamais réellement parvenu à lui en vouloir. Bien sûr qu’il l’avait maudit, et ce à plus d’une reprise. Evidemment, qu’il avait eu du mal à comprendre le motif d’une attaque si injustifiée. Mais au final, il avait su au plus profond de sa chair, que les apparences pouvaient parfois se montrer trompeuses.

Suspendu à ses lèvres, les yeux perdus dans ses prunelles sombre, le cœur battant à lui en rompre la cage thoracique, il fut arraché à sa contemplation. Dans un vacarme sans commune mesure, la porte des élixirs manqua de sortir de ses gonds. Harcelée par les assauts impétueux du blizzard annoncé, elle n’avait su le contenir indéfiniment. Aussi soudain, un air prompt et glacé inonda l’échoppe, embrassant les pores découvert de l'ancien bleu et argent . D’un geste élégant Lewis tira sa baguette et d’un tour de poignet gracieux, le panneau de bois claqua. Un bruit de succion fit échos aux cliquetis du verrou. « Par le caleçon de Merlin...» jura-t-il tout en claquant des dents. Sans s’en rendre compte, il venait de condamner sa seule issue de secours.
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Lun 4 Oct 2021 - 23:23


Les mots sortaient de sa bouche à la vitesse du Poudlard Express. C’était plus fort que lui. Il ne pouvait plus s’empêcher de parler. Parler était sans doute le meilleur antidote en sa possession. Celui qui lui permettait de le guérir du poison de sa culpabilité et d’affaiblir l’amortentia qui semblait avoir remplacé le sang de ses veines. Parler autant était le seul moyen de résister à la tentation toujours plus grande de poser ses lèvres sur les siennes. Rien ne pouvait le faire taire, si ce n’était le visage de l’objet de son désir qui s’avançait à nouveau dangereusement sur lui et cet index posé sur ses lèvres comme pour lui intimer l’ordre silencieux de se taire. Ce qu’il fît aussitôt. Laissant ainsi s’exprimer le seul bruit de leurs respirations haletantes. Il sentait ce désir de l’embrasser allumer un braisier dans tout son être. Il sentait aussi que ce désir était partagé. Cela se voyait dans le regard du visiteur, dans sa façon de le toucher. De la haine à l’amour n’y-a-t-il pas qu’un pas ?  L’index du jeune homme toujours sur ses lèvres il l’écoutait parler à son tour. Il avait raison. Il avait été con. Très con. Mais sa dernière réplique le fît sourire.  Il laissa échapper un petit rire entendu à sa blague, repoussant ainsi son doigt qu’il aurait bien embrassé avant de baiser ses lèvres si attirantes. Visiblement, Lewis en avait envie aussi. Il venait de s’approcher encore plus près de lui. Il était si proche de lui qu’il pouvait sentir le lobe de son oreille effleurer sa joue puis ses lèvres caresser son oreille pour lui murmurer ces mots « Je t’ai pardonné, il y a de cela bien longtemps..» Arès cligna des yeux, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Ce secret avait réchauffé son cœur et il voulait à présent qu’il partage avec lui un secret qui prendrait sa bouche pour son oreille. Il voulait sentir à nouveau cette chaleur qui venait de l’enivrer. Timidement, Arès tourna la tête vers la gauche pour laisser ses lèvres remplacer son oreille et glisser contre celles de Lewis. Manque de peau, le jeune homme était plus rapide qu’un vif d’or et avait déjà reculé de quelques centimètres. L’ancien batteur n’avait jamais joué au poste d’attrapeur, mais il ne comptait pas le laisser filer entre ses doigts si facilement. D’une démarche ferme, il s’avança à son tour vers lui et attrapa sa main qui n’avait plus rien de mutilée pour la glisser dans la sienne. Il avança à son tour ses lèvres non pas en direction de son oreille mais bien de ses lèvres qu’il finit par détourner à cause de la tempête qui s’abattait sur la ville comme sur son cœur  et qui faisait claquer la porte de la boutique. Problème vite résolu par un sortilège parfaitement maitrisé du jeune sorcier. « Ce n’est pas prudent de sortir par ce temps.... j’habite au-dessus. Tu peux rester un peu si tu veux» dit-il en oubliant le baiser qu’il s’apprêtait à lui offrir ou plutôt en le réservant pour plus tard et en désignant l’escalier en colimaçon au fond de la boutique. Il rêvait déjà de se lover contre lui sur son canapé et qui sait, peut-être de le voir s'endormir contre son torse et se réveiller à ses côtés demain matin.  
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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Mar 5 Oct 2021 - 1:29

Si Lewis avait manqué une tentative avortée de baiser, s’il n’avait nullement sentit la main du médicomage agripper la sienne, si son regard s’était perdu avidement sur la porte qu’il venait de sceller; une part plus sombre et cachée de son subconscient n’avait pas lâché de vue celui qui représentait encore une certaine menace. Quand tu auras fini de jouer les sorcières effarouchées, peut-être qu’on pourrait enfin prendre baguette et chaudron en s’éclipsant fissa! Sa grippe se referma brutalement sur le membre d’Ares, d’un geste qu’il ne se prêtait pas, d’une force brute qu’il ne connaissait pas. Les phalanges du propriétaire craquèrent d’une tonalité peu favorable. Et le contact de sa paume se révéla à lui tel un électrochoc. Il bascula la tête en arrière, mordant au passage sa lèvre engourdie d’où finit par perler un liquide aux soupçons carmins, et se replia à tire-d’aile. Ses paupières se clorent un court instant et il prit enfin la dimension de ses paroles, de ses actes. Il venait de griller son secret, hurlant silencieusement ce qu’il étouffait depuis des années. Il s’était fait prendre à son propre jeu.

Un mouvement d’affolement l’enivra, ses signes vitaux explosèrent, son souffle trop irrégulier et rapide, il suffoquait. Son cheminement de pensées se perdait entre la raison et le désir, entre l’incertitude et l’anxiété. Si bien qu’il ne put retenir cette peur angoissante et oppressante de doucher ses récepteurs nerveux. Ses doigts furent pris de spasmes et il peina à le dissimuler à l’abri de ses poches trouées. Ses pupilles obscurcies d'une voile brumeux occultait son champs de vision et rendit sa fuite bien plus périlleuse. Son équilibre hasardeux supportait péniblement ses jambes flageolantes et manqua de le faire trébucher. Il savait ce qui s’en suivrait, s'il se laissait complètement couler. Il connaissait le modèle d’action de cette partie qu’il refusait d’envoyer au trépas. Il l’avait cultivé, l’avait laissé s’installer et prendre le contrôle quand la situation lui échappait. Et c’est ce qu’il se passait. Il perdait pied, submergé par un élan de sentiments qu’il haïssait et méprisait, bercé par l’inconscience de ses agissements, prit au dépourvu par un rouleau désordonné. S’il ne souhaitait pas attirer l’attention sur cet ennui sous-jacent, il ne devait pas couler. Sans ajouter un mot, sans même lui adresser un regard, il prit la direction de l’étage supérieur et goba quatre à quatre les marches qui le menèrent vers un échappatoire probable. Sans tourner le dos, sans inspecter ses arrières, il ouvrit la première trappe qui lui passa sous les doigts.

A présent, isolé, essoufflé, apeuré, comme chassé par des émotions qu’il ne pouvait combattre, il s’affala contre le panneau de bois et refugia son visage alarmé contre sa poitrine. Réfléchir lui était devenu si impossible, qu’il ne lui vint pas à l'esprit de penser aux conséquences de son comportement. Comment excuser un agissement animal, quand les réponses ne vous venaient tout bonnement pas. Il s’en remettra, ce n’est sûrement pas son premier rodéo d’hyppogriffe! Les poings fermés, il était prêt à matraquer cet ennemi invisible. Ses sens en alerte, soudainement éveillés, sonnaient le branle-bas de combat, émettant des signaux brouillés, si bien qu’il ne s’entendait plus gamberger, les chants de cet oiseau de mauvaise augure n’ajoutant qu’un challenge supplémentaire. «Si tu as autre chose de plus constructif à ajouter ne te prive surtout pas…» glissa-t-il les mâchoires crispées entre une inspiration hésitante, toujours en proie à une crise de panique. Dissimulé dans l'obscurité, il laissa rouler l'afflux iodé sur ses pommettes sirupeuses. Consolé par la nébulosité du lieu, il se pencha plus en avant, et laissa ainsi son corps subir les assauts d'une vague déroutante.

Travaillant une respiration convulsive, se berçant contre le seuil, le menton collé contre son torse, les paupières closes, Lewis se sentit revenir sur le plancher des centaures. Ses constantes semblaient peu à peu revenir à la normale. Les crampes et fourmillements avaient fini de chatouiller ses extrémités et sa respiration se régulait à chaque expiration prise. Il ne savait pas réellement combien de minutes s’étaient écoulées depuis cette esclandre aux tons dramatiques, mais il allait tôt ou tard devoir s'extirper de cette cachette de fortune. En appui sur ses talons, il serpentait contre la paroi boisée et prit un ultime moment pour vider son esprit embrumé. Il fit un demi-tour sur lui-même et plaqua son front écumé sur l’embrasure, grapillant autant de temps qu'il put. Sa prise glissante, presque hésitante sur l’anse enclencha le mécanisme sommaire et elle s'ouvrit, le découvrit, il allait devoir faire face le visage blême.
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Le silence est une opinion.

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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 10 Oct 2021 - 18:37

Si le médicomage avait attrapé avec douceur la main du magizoologiste, on ne pouvait pas dire que la réciproque était vraie. Arès sentit la main du jeune sorcier se refermer avec une force qui n’avait rien à envier à celle d’Isaac. Il serrait si fort sa main qu’il lui en fît craquer les phalanges et il ne put retenir une grimace de douleur. Heureusement cela faisait moins mal qu’un cognard et il était bien placé pour le savoir puisqu’il en avait pris un en pleine figure de la part du grand batteur Wellignton quelques mois auparavant. Etrangement, Arès aimait cette douleur, cette force avec laquelle son ancien rival l’empoignait. Pour dire vrai, cela ne faisait à ses yeux que le rendre plus viril encore et n’avait qu’un seul effet, renforcer son excitation. A cet instant présent, il le désirait tout entier. Il n’avait plus seulement envie de l’embrasser. Il avait envie qu’il utilise cette même force pour le plaquer contre le mur, faire voler leurs vêtements et danser leurs corps. L’étreinte bestiale de l’ami des créatures finit par se libérer et l’animal par reculer en se mordant la lèvre jusqu’au sang. Par réflexe, Arès pointa sa baguette sur les lèvres si désirables du sorcier « Episkey ». Plus la moindre trace de sang mais toujours si ce n’est davantage de désirs pour le médicomage.

Alors qu’il s’avançait à nouveau vers lui, en lui proposant de monter dans son appartement, Arès observa l’attitude du jeune homme. Une attitude qui n’avait rien d’ordinaire. Il paraissait pris d’une crise d’angoisse voire pire. S’agissait-il d’une crise maniaque ? Arès plissait les yeux et l’observait sans rien dire. Le médicomage était passionné par les potions depuis son plus jeune âge mais son deuxième choix de spécialisation, après antidotiste avait été psychomage. Il était évident que quelque chose n’allait pas dans la tête de ce jeune homme et Arès commençait à se demander si ce n’était pas d’ordre psychiatrique surtout lorsqu’il passa devant lui sans lui adresser le moindre regard et monta les marches à la vitesse d’un sortilège de Waddiwasi . Arès aurait aimé mettre ça sur le compte de l’enthousiasme, de son impatience à rejoindre son appartement et à laisser aller leurs corps mais il avait la conviction que ce n’était pas ça. Tout dans son comportement trahissait le comportement de fuite. Si c’était véritablement, une crise maniaque, Arès savait qu’il ne fallait pas le brusquer. Il ne se lança donc pas à sa poursuite, le laissant seul avec lui même pour retrouver ses esprits. Pendant ce temps, il arrangea la boutique. D’un geste élégant de la baguette, il ferma les stores et verrouilla les portes, avant de ramasser les dernières fioles jonchées au sol et de remettre en place les étagères. Il tira la caisse. Calculant le chiffre d’affaires du jour. Il déposa les pièces d’or, d’argent et de bronze au coffre puis monta l’escalier à son tour. Aucune trace de Lewis dans l’escalier. Aucune trace de lui devant son appartement. Il entendit le plancher grincer au dessus de sa tête. Avait-il poursuivit son ascension jusqu’au grenier ? Il monta les marches timidement sans faire de bruit pour ne pas l’effrayer. Le médicomage posa ses doigts sur la poignée près à l’ouvrir puis se ravisa. Il ne voulait pas le brusquer. Il allait encore lui laisser quelques minutes avant d’aller voir.

Il redescendit l’escalier tout aussi silencieusement jusqu’à son appartement dans lequel il entra, laissant la porte ouverte pour offrir à Lewis la possibilité de le rejoindre ou non. D’un geste de la baguette, il retira son pull et son T-Shirt. Arès avait l’habitude de toujours se balader torse nu dans son appartement. Symbole probable de son narcisse. Il aimait admirer son corps si bien sculpté. D’un geste de la baguette, il fît chauffer de l’eau pour préparer un thé à son invité, si jamais il daignait le rejoindre.
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Lewis A. Hickmore

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MessageSujet: Re: Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai. ↯ ft. Ares Il joue à l'oublier en sachant que ce n'est pas vrai.  ↯ ft. Ares 129196351Dim 10 Oct 2021 - 20:37

Accoudé à l’encablure d’une porte protectrice et stable, Lewis se remettait péniblement de cette traversée solitaire. Les muscles engourdis par les spasmes passés, le visage blême et humide d’une suée grisante, il pesa ses options comme un gobelin pèserait son or. Son cœur brûlait d’envie de se consumer de désir, de laisser libre court aux sentiments qu’il éprouvait, mais ne pouvait décemment se permettre une nouvelle frasque détonante. Quant à la raison, elle le poussait à s’éclipser, se volatiliser sans même demander son reste. Un transplanage le soulagerait de bien des maux, mais il n’était pas en mesure de se soumettre à un exercice aussi hasardeux. Et il finit par conclure que  le poids du regret serait un fardeau dont son esprit embrumé ne pouvait s’accabler. Se massant la nuque de ses doigts ankylosés, de sa manche il chassa la rosée de son épiderme poisseux et se laissa vagabonder au pays des songes. Livide, fantomatique, son regard se perdit dans l’escalier baigné d’une aura envoûtante. Il attendait une réponse, un signe, mais rien ne vint, pas même une apostrophe cynique.  

Il accorda une œillade par-dessus son épaule. Sans surprise, sa vue avait fini par s'accommoder à l’obscurité libératrice, révélant un cache misère où toiles d’araignées et reliques d’un autre temps cohabitaient harmonieusement. Il se serait bien attardé dans ce méli mélo d’objets corrodés par les années. Après tout, n’était-il pas lui-même l’une de ses âmes perdues, déambulant sans but et sans avenir, se ressassant inlassablement les événements d’antan? Courageusement il s’avança sur le seuil et agrippa discrètement le rebord échardé du panneau boisé et le referma sur ce trésor de souvenirs. Dans un grincement percutant, la clanche scella à tout jamais la pièce et le laissa pantois sur un perron plongé dans un nuage opaque. Adossé au mur lambrissé Lewis parcouru ses options une toute dernière fois tout en caressant la cicatrice qui trônait désormais au creux de sa paume. Comme pour se donner du baume au cœur, il inspira profondément et se jeta dans l’escalier.  

La première marche lui parut comme un supplice. La seconde, moins douloureuse, lui vint plus naturellement. Et hésitant, d'un pas lent il avala le reste de cette descente dans un silence morbide que le ricanement du bois rendait sinistre. Affolé par l'idée de subir à nouveau le gourou d'une psyché déboussolée, il concentrait son attention au travail de sa respiration, et se préparait inconsciemment à lui faire face. Sans s’en rendre compte, il déboula dans un halo lumineux. Une ouverture éclatante déchira la cage d’escalier d’où s’évadait un courant d’air enflammé. Le bruit singulier de l’eau portée à ébullition chantait et l’odeur qui émanait de l’appartement l’invitait à y pénétrer. Comme pour annoncer sa présence, il se racla la gorge. Le magizoologiste, par pure politesse, abattait son poing fermé sur le mur et attendait civilement qu’on vienne à l’accueillir.  

Ce qu’il vit ensuite, manqua de lui faire regretter son courage et sa détermination. En effet, Ares s’était allégé de quelques vêtements et lui apparut à demi-nu; ce qui, aux premiers abords ne l’offensa pas le moins du monde, mais lui arracha une grimace teintée d’appétit et de gène. Ses pupilles photographièrent la moindre parcelle dénudée avant de se raviser. Dans un ultime effort, et pour ne pas succomber à ses plus sombres envies, il plaqua ses mains sur ses orifices, comme un enfant découvrant l’art de la natalité. Il fit un demi-tour sur place, simple effort de dissuasion, il sentait déjà le feu lui monter au oreilles, tâchant son minois d'un soupçon rosé. Et sans ajouter un mot, par peur de bafouiller, il placarda son front contre la cloison, tout en tentant vainement d'effacer ces images délectables de ses pensées.   « La porte était ouverte... j'ai cru... 'fin... Hum, ça te dérangerais d'enfiler un truc ? » sa voix craqua éclopée par l'embarras. Lewis sentit l'atroce sensation de brasier l'envelopper. Il crevait littéralement de chaud et la vue d'un homme que le nature avait pourvu d'atouts non négligeables n'arrangeait en rien à la confusion qui régnait. Il agrippa d'une pincette la couche de vêtement dont il s'était chargé et ventila son buste frénétiquement.     

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