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La damisela en apuros w/Clare

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Cosme Delarco

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ORDRE DU PHÉNIX
La meilleure défense, c'est l'attaque

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MessageSujet: La damisela en apuros w/Clare La damisela en apuros w/Clare 129196351Mer 17 Nov 2021 - 20:52

Août 1979.

«  Clare ! » La voix de l’espagnol, comme une complainte emplie de fougue, fut couverte par les bruits tonitruants alentours. « Claaaaaare ! » Cosme hurla à s’en arracher les cordes vocales alors que tout n’était que bruits confus et chaos indéchiffrable. L’ombre menaçante qui les surplombait tous jeta un froid sur sa silhouette au sang chaud et pourtant, il fonça dans la débâcle sans réfléchir. Comme mu par un feu qui ne couvait qu’en lui, rapide comme le serait un homme poursuivi par un Womatou, agile comme l’était l’animale. Cosme courrait comme si sa vie en dépendait, et le fait était que c’était le cas.

Clare était sa vie, dans un sens romantique, mais pas seulement. Pas toute sa vie, certes, car se résumer à n’être qu’avec quelqu’un n’avait jamais été dans sa vision des choses de l’amour. Preuve en était, ce besoin irrémédiable qu’il avait eu de parcourir le monde là où elle restait si bien ancrée dans cette ville qui avait certes du charme, mais qui n’était qu’un infime fragment de poussière de monde dans le coeur de l’espagnol. Alors il était parti, la laissant là, seule, songeant qu’ils pouvaient bien survivre à un été passé loin de l’autre. Mais dès qu’il avait su, Cosme était revenu au galop, bravant ses principes pour prendre le premier portoloin venu et arpenter encore, et encore, la devanture de la rue interdite à la recherche d’une brèche, d’une faille. Mais rien, rien si ce n’était sa culpabilité d’être parti précisément quand il aurait fallu rester. Toutes ces heures à tourner comme une manticore dans sa cage, Cosme ne pensait qu’à Clare. Jours et nuits, toutes celles qu’il passait éveillé à se ronger les sangs, observant la lune en se disant que peut-être elle faisait la même chose, en même temps. Qu’avait-il fait, para todos los dios ? La peur le rendait fou, l’impuissance le rendait amer - lui, homme doux par excellence - et le temps s’égrenait, lentement, alors qu’aucune issue ne se profilait. Chaque jour l’éloignait d’elle, qu’il sentait si proche et pourtant si loin, derrière ce mur invisible qu’il aurait fracturé de ses poings si seulement la magie marchait comme ça.

Pourtant, porté par un espoir qu’il se refusait de perdre, Cosme venait tous les jours, hélant les mutiques silhouettes masquées, hurlant sur les représentants d’un ordre qui n’était plus. Pourquoi n’agissaient-ils pas ? Porque ? Ses compétences magiques étaient trop faibles pour qu’il ne sache quoi faire qu’un sorcier talentueux n‘aurait déjà tenté. Ne restait que son obstination vaine, cet acharnement qui ne servait à rien sinon à le faire tenir encore debout. Sinon le faire se trouve là aujourd’hui, exactement là où il devait être, enfin.

Tout n’était que chaos, poussière, cris et corps jonchant le sol. L’instinct premier de Cosme l’aurait normalement poussé à aider tous ses prochains, mais sa seule priorité était désormais de sauver celle qui comptait. Son serment n’était pas encore fait, et Clare pouvait bien faire figure de prochaine privilégiée pour le moment. Et aucun serment que ce soit ne l’aurait de toute manière fait penser autrement. Pas une seconde il ne s’était autorisé à croire qu’elle était… Pas une fois, no. Y songer, c’était risquer de provoquer le destin et ça, il ne pouvait pas. Sans réfléchir, obéissant à un instinct primaire, Cosme esquivait toutes les âmes qui vivaient et les autres, sa baguette sortie comme une précaution inutile. Son souffle était encombré par la poussière des gravas qui le fit cracher un imposant moco sur le pavé alors qu’il continuait sa course sans ralentir.

La devanture familière de l’apothicaire attrapa finalement son regard empressé, qui ne put que remarquer les éclats de verre qui encadraient l’ancienne vitrine désormais en morceaux. Piétinant les débris de ses bottes déjà usées par les voyages, Cosme ouvrit d’un coup d’épaule la porte qui ne résista pas à sa fougue et gravit quatre à quatre les marches branlantes dont une - toujours la même - qui faillait céder sous son poids. «  Clare ! » Sa voix retentit dans la cage d’escalier vide, mais rien. Aucune réponse en écho, juste le silence avec l’apocalypse sonore en fond. Finalement, le bois moulu céda avant l’étage qu’il cherchait à atteindre, emprisonnant sa cheville et lui faisant un mal de chien alors que son corps, sous le coup de l’adrénaline, avait cherché à continuer sa course. «  Madre de puta ! » La salve de jurons fut ininterrompue alors qu’il se débattait comme un loup pris au piège, prêt à se ronger la peau pour s’échapper. La magie, pourquoi faire, hein ? Finalement, l’espagnol parvint à se dégager et recouvra sa liberté, ignorant la douleur dans sa chair tandis qu'il bondissait jusqu’à l’étage. Leur étage. Était-elle seulement là ? « Clare ! » appela-t-il une fois de plus, le nom roulant contre son palais déshydraté par sa course folle, alors qu’il s’appuyait sur sa cheville meurtrie pour prendre son élan et défoncer de son pied viable la serrure, comme le moldu qu’il était toujours resté au fond de lui.

L’appartement était en désordre total, envahi par une fumée épaisse causée par les affrontements à l’extérieur. Mais la pièce était petite, si petite qu’il ne s’en plaignait jamais car cela voulait dire être toujours près de Clare et aujourd’hui, la trouver plus vite. Ses yeux bruns captèrent immédiatement la silhouette recroquevillée de sa femme sous la table et Cosme se rua en sa direction, glissant contre le sol pour la rejoindre et toucher sa peau d’albâtre maculée de traces dont il n’osait imaginer la provenance. «  Clare ! Mi amor, je suis désolé. Désolé, désolé, si tu savais… » Alors que ses mains avaient pris en coupe son visage, les mots sortaient de sa bouche sans qu’il ne maitrise rien alors qu’il entrecoupait chaque phrase, presque chaque mot, de baisers sur ses joues, ses lèvres, son nez, son front, comme pour se ré-approprier ce visage qui lui avait tant manqué. «  Je t’aime tellement, tellement, mio dio, plus jamais je ne pars, plus jamais, je suis là. » Il était là oui, enfin. Ils étaient à nouveau deux. À jamais.
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Clare Delarco

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MessageSujet: Re: La damisela en apuros w/Clare La damisela en apuros w/Clare 129196351Ven 26 Nov 2021 - 15:36

Le temps s'étirait, s'étirait et tout ce qu'elle entendait, c'était les cris au dehors. Les rugissements de la bête. L'explosion des sortilèges qui se heurtaient les uns aux autres, qui touchaient des corps, peut-être mortellement, ou s'écrasaient contre des protego. Clare avait à la fois l'impression d'être totalement en dehors du combat comme totalement au centre. Un sortilège, à un moment, vint même s'éclater contre son mur. Sa couleur verte s'imprima dans sa rétine claire et elle serra d'autant plus ses maigres jambes devant elle. Et puis, elle fit quelque chose qu'elle n'avait jamais fait jusqu'à présent, elle essaya de se déconnecter de ce terrible moment. Sur ses joues coulaient toujours ses larmes, mais l'anglaise forçait son esprit à vagabonder ailleurs. Un très vieux souvenir lui revint en mémoire, à cette époque où elle était haute comme trois pommes et où sa mère, en lui coiffant ses cheveux mouillés par l'eau de la douche, lui chantait une douce chanson. Et c'est tout naturellement, ou presque, qu'elle se mit à chantonner, pour se rassurer, comme si sa mère était présente pour lui flatter délicatement les cheveux. Elle enfouit son nez dans le pull de son mari. Il aurait pu faire bien trop chaud pour porter un pull en plein été, mais sans sortilège, il faisait un froid de canard dans cet appartement. Et si loin qu'elle fut, pour autant, elle crut pendant un instant que son esprit lui jouait de mauvais tours et se reconcentra dans cette chansonnette. Jusqu'à sentir un contact contre elle qui, paradoxalement au soulagement qu'elle ressentit en ouvrant les yeux, la fit pleurer de plus belle. Clare se laissa aller sans un mot, pas même pour dire le prénom de son époux. Elle se réfugia contre lui, ignorant presque la myriade de baisers dont il la caressait, pour faire glisser ses mains contre ses flans et l'enlacer. L'enlacer comme s'il ne lui restait plus que cela, comme s'ils allaient tous les deux mourir là, sous cette table, dans cet appartement minuscule témoin maintenant des plus terribles atrocités. Les sanglots de l'apothicaire déchiraient la pièce. Comme si les combats n'étaient qu'un bruit léger au dehors. Mais Cosme était là, Cosme était contre elle et n'était plus simplement une odeur qui tendait à s'effacer sur un pull mais bien là devant elle, contre elle. Clare fit glisser une main dans ses cheveux ébènes, pour le sentir encore plus contre elle, et qu'il ne la lâche plus jamais. Elle qui lui avait toujours laissé son indépendance, à cet instant, elle ne voulait plus qu'il en ait. La jeune femme voulait rester contre lui, des heures, des jours qu'importe après tout. Pas seulement pour rattraper le temps perdu mais surtout, surtout, parce qu'elle avait besoin de se laisser aller farouchement au soulagement qu'elle ressentait. « Tu es venu... ». La voix était si faiblarde qu'elle ferait pitié à n'importe qui. La bouche contre son épaule, pour s’imprégner de lui. « Tu es venu ». Il était venu la chercher. Comment ? Ça elle s'en fichait bien. La voix chargée de larmes ne pouvait pas aller plus loin, alors même qu'elle ressentait avec puissance une vague d'amour incommensurable envers lui. Mais peut-être après tout qu'il ne fallait pas de mots et seulement ressentir l'étreinte profonde et puissante qu'elle lui donnait en cadeau.


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MessageSujet: Re: La damisela en apuros w/Clare La damisela en apuros w/Clare 129196351Mer 19 Jan 2022 - 1:14

Tous les mots del mundo n’auraient su décrire les sensations qui traversaient le corps de Cosme à cet instant précis. Le coeur de l’espagnol battait à tout rompre, comme si la peur peinait à se dissiper, ou peut-être parce que la vie y affluait de nouveau. Tout autour, plus rien n’existait, le chaos, la guerre, même ce dragon. Rien si ce n’était leur minuscule appartement dévasté et les mains de Clare qu’il sentait contre lui, malgré le tissu maculé de poussière, qui grimpèrent dans ses cheveux nimbés de sueur. Sa bouche trop avide ne se décollait d’elle que pour prononcer un flot ininterrompu de mots et d’excuses tout à la fois, mélange étrange d’espagnol et d’anglais impossible à comprendre, à retranscrire. Peut-être le silence aurait-il été de mise, peut-être aurait-il mieux valu se taire et profiter, mais Cosme n’avait jamais été très doué pour se taire. Alors ravagé par une décharge d’émotions trop fortes, sa langue ne savait rester quieta. « Je t’aime tanto, si fort, mi amor, tu peux pleure, je suis là, estoy aqui, no me moveré, je te promets. » Peut-être était-ce pour qu’elle lui pardonne, ou qu’il se pardonne à lui-même, peut-être un peu des deux.

Sa voix couvrit la sienne, tout juste s’il entendit un murmure alors qu’il embrassait ses joues salées tandis qu’elle se nichait contre lui. La savoir en vie lui donnait l’impression de pouvoir braver le monde, battre el dragón à mains nues même s’il le fallait. Tout, tout pour protéger cette femme qu’il aimait plus que sa propre vie. S’il avait pu dénicher un retourneur de temps, nul doute qu’il aurait pris sa place pour endurer ces terribles semaines où elle n’aurait souffert que de l’inquiétude. Ses yeux avaient bien remarqué sa maigreur, sa pâleur qui la rendait presque translucide, et faisait ressortir ce bleu traversé par quelques tornades de larmes à cet instant là. « Ma Lady Blue, todo va bien, calme-toi. » répéta-t-il à son attention alors qu’il essayait lui-même d’apaiser sa respiration haletante. Bientôt, il se cala sur son souffle, mordant sa langue pour éviter de la submerger d’un flot ininterrompu de mots dans tous les sens, tandis que s’échappait de sa gorge une mélodie de son enfance qu’il chantonna sans vraiment le réaliser, alors qu’il la berçait tendrement, ses bras l’encerclant pour la protéger du bruit et du danger qui rôdait non loin. Glissant sa jambe dans une position légèrement plus confortable - qui le fit tout de même grimacer, sa cheville le lançait vraiment - Cosme la rapprocha un peu plus de lui et sentit une étrange chose venir frôler son genou. Une chose que son esprit affuté identifia comme potentiel douloureux. Une chose qui venait de Clare, mais Clare et la douleur, c’était une combinaison impossible. Sans pour autant la bouger de la position qui semblait lui apporter du réconfort, l’espagnol fit glisser sa main le long de son dos, de son flanc, puis de sa cuisse. Et là… Hijos de puta ! Il s’en était fallu de peu avant qu’il n’hurle ça à voix haute, mais ça n’aurait fait qu’effrayer sa femme, et l’instinct protecteur était toujours plus fort que la plus dévastatrice de ses colères. Ses doigts tremblants appréhendèrent les contours des éclats de verre qu’il apercevait du coin de l’oeil, son menton toujours calé au-dessus de la tête de Clare qu’il n’osait pas bouger, presque de peur de la casser. Mais le liquide rougeâtre qui tâchait leur parquet déjà amoché l’alerta tout de même. « Clare, il faut soigner ça. Tu me laisses…? » Avec précaution, sa main droite se lia à la sienne tandis que l’autre cherchait sa baguette dans sa poche. « Je dois les retirer pour l’Episkey. » Après tout, il voulait retrouver sa vocation perdue à la rentrée. Il voulait devenir médicomage. Alors il serait capable, non ? Il le fallait. Ça n’était pas le moment de douter, et pourtant une pointe de peur envahit son coeur. « Et après, on part d’ici. Te le prometo. Je t’emmène loin, mais il faut que tu marches un peu. » Son regard chercha le sien pour y trouver le courage et la force de lui faire mal dans un futur proche. Pour le mieux, certes, mais faire mal à celle qu’on aimait et qui avait tant souffert, c’était un crève-coeur. Et le sien était déjà dans un piteux état, après avoir été rongé des mois durant par l’inquiétude - même si la présence de Clare valait tous les Episkey du monde sur son palpitant qui battait por ella.
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MessageSujet: Re: La damisela en apuros w/Clare La damisela en apuros w/Clare 129196351Sam 12 Fév 2022 - 10:10

Le passé, le présent et le futur ne semblaient guère plus exister. Clare avait manqué de virer complètement folle à être séquestrée dans cet appartement. Sortir prendre l'air ? Pour quoi faire ? Être mise en joue par des hommes et des femmes encapuchonnés ? Non, elle ne pouvait supporter une telle violence, elle qui transpirait la douceur. Elle ne pouvait supporter l'atmosphère étouffante qui lui rongeait le cœur. Elle ne pouvait faire tout cela. Cosme apparaissait dans tous ses songes, comme si son mari faisait tout, même dans ses rêves pour la protéger. La petite apothicaire se réveillait le matin avec l'étrange impression qu'il était là, qu'il l'avait entouré de ses bras forts et protecteurs pour lui faire oublier l'horreur. Dans les yeux bleus de Clare, habituellement très lumineux et vivaces, ne semblaient plus que vivre la terreur, le sang et la douleur. Ce qu'elle avait à la cuisse ne la touchait même pas, dans le fond, car la douleur psychologique était plus forte et horrible que n'importe quelle douleur physique. La jeune femme se fichait des cicatrices, parce qu'elle voulait oublier, plus que tout, ce qui s'était passé cet été-là. Et elle n'en était même pas sortie, encore, mais la présence de son mari à ses côtés suffisait à la convaincre, curieusement, que tout irait bien. Parce que son espagnol ne la laisserait jamais tomber, hein ? Il ferait toujours tout pour la protéger, hein ? Hein ? Ses mots, mélange étrange mais si beau de sa langue et de la sienne, ne faisaient que la convaincre encore plus qu'elle l'aimait vraiment, pour toujours, de façon strictement irrationnelle. Et elle hochait la tête comme un pantin cassé, silencieuse créature seulement parcourue de quelques sanglots déchirants.

Sans savoir qu'il faisait la même chose que ce qu'elle avait fait pour se calmer un peu plus tôt, Cosme se mit à chantonner une chanson qu'elle ne connaissait pas, alors qu'il la berçait tendrement. Les notes de musique filaient et s'enchaînaient dans la tête de la jolie anglaise qui retenait les sons en s'y accrochant pour se raccrocher à la réalité. Elle allait bien, elle était dans les bras de son mari et non, ce qu'elle entendait, ce n'était pas la triste musique funèbre qui annoncerait sa propre mort. Car la crainte de mourir l'avait submergée pendant tout ce terrible épisode. Jamais Clare n'avait eu peur de la mort. Pourtant, là, elle l'avait senti si proche d'elle qu'elle avait eu peur de mourir. Peur de mourir sans lui dire au revoir, sans lui dire un dernier je t'aime. Lorsqu'il s'interrompit, elle ne s'en rendit pas compte, perdue dans un songe où seuls les bras de son époux comptaient. Ses yeux clairs revinrent un peu à la réalité alors qu'elle cherchait les siens du regard. Soigner quoi au juste ? Les paroles de Cosme n'avaient finalement pas vraiment de sens, elle ne sentait pas réellement la douleur physique. Trop prise dans son état de choc, son système nerveux semblait totalement incapable de réaliser les choses correctement. « Je te fais confiance » souffla-t-elle doucement en serrant sa main contre la sienne. Clare avait toujours su qu'elle pouvait lui faire confiance, elle pourtant si revêche. Elle lui faisait confiance, mais lorsqu'il entreprit de retirer les morceaux de verre, son système nerveux sembla se remettre en marche et la douleur fut si vive et si aiguë qu'elle eut l'impression de broyer les doigts de son espagnol. Sa bouche s'ouvrit mais son cri resta coincé dans ses bronches alors que ses yeux bleus le regardaient comme s'il était la mort, ou un ange, peut-être les deux.

« Arghl ! ». Le son finit par sortir au bout d'un temps infini, toute bloquée qu'elle était par la décharge qui la ramenait dans son appartement, dans tout cet enfer que des Hommes avaient déchaîné sur Terre. « J'ai - ... Je... ». Elle voulu lui dire qu'elle avait mal mais elle n'y parvenait même pas alors que ses yeux clairs suivaient la course des morceaux de verre qui sortaient de sa peau pour ne la laisser que sanguinolente et transpercée de toute part. La tension de l'apothicaire sembla tomber tout d'un coup et elle se sentit plus molle et flasque que jamais. Les dernières couleurs sur ses joues achevèrent de disparaître et la dernière vision qu'elle eut fut le regard sombre de son tendre mari tout posé sur elle.


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